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Full text of "La Seine-Inférieure historique et archéologique : Époques gauloise, romaine et Franque"

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LA    SEINE-INFÉRIEURE 


HISTORIQUE  ET  ARCHÉOLOGIQUE. 


i 

! 


LA 


SEINE-INFÉRIEURE 

HISTORIQUE  ET  ARGHÉOLOGIQUE 


PAR 


M.    L'ABBÉ    COCHET 


Oorrespoxideixit    de    l*Ix&stltu.t    de    ITranoe 


INSPECTEUR  DES  MONUMENTS  HISTORIQUES  ET  RELIGIEUX  DE  LA  SEINE-INFÉRIEURE 


ÉPOQUES  GAULOISE,  ROMAINE  ET  FRANQUE 


SECONDE    EDITION 


PARIS 

LIBRAIRIE  HISTORIQUE  ET  ARCHÉOLOGIQUE  DE  DERACHE.  ÉDITEUR 

48,  RUE  MOnTMARTRB,  48 


UDCCC  LXV1 


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11.      •  ' 


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A  MONSIEUR  LE  SÉNATEUR  PRÉFET 


IT 


A  MESSIEURS  LES  MEMBRES  DU  CONSEIL  GÉNÉRAL 


DE  LA  SEINE-INFÉRIEURE, 


Messieurs  , 

C'est  à  vous  qu'appartient  la  dédicace  d'un  livre  destiné  à  dire  ce  que  fut,  dans  le  passé, 
le  pay5^  que  vous,  administrez  avec  tant  de  sagesse  dans  le  présent,  avec  tant  d'intelligence 
et  de  sollicitude  pour  l'avenir.  C'est  vous ,  d'ailleurs ,  qui  avez  préparé  cet  ouvrage,  en  me 
donnant ,  ainsi  qu'à  mes  Collègues  et  à  mes  prédécesseurs ,  les  moyens  d'en  faire  naître  et 
d'en  rassembler  les  éléments. 

En  effet ,  c'est  à  l'aide  des  allocations  pour  le  service  des  monuments  historiques  que 
vous  inscrivez  à  votre  budget ,  depuis  plus  de  quarante  années ,  qu'ont  été  pratiquées  les 
nombreuses  recherches  dont  je  viens  vous  offrir  le  faible  résumé  et  le  trop  incomplet 
résultat.  J'aurais  voulu  rendre  ce  travail  plus  digne  de  vous  et  du  grand  pays  que  vous 
représentez;  mais,  tout  imparfait  qu'il  est,  j'ose  pourtant  espérer  qu'il  donnera  aux 
habitants  de  ce  département  une  juste  idée  des  richesses  historiques  qu'ils  possèdent ,  et 
aux  étrangers  une  opinion  favorable  de  la  fertilité  de  notre  sol  et  de  l'avancement  de  la 
science  dans  nos  contrées. 

Notre  département  marche  à  la  tête  des  départements  français  pour  l'industrie ,  le  com- 
merce ,  l'agriculture  et  le  développement  de  la  fortune  publique.  Il  est  aussi  l'un  des  plus 
riches  en  monuments  historiques  de  tout  genre ,  surtout  de  l'époque  du  moyen-âge.  Il 
convenait  donc  qu'il  ne  le  cédât  à  aucun  autre  dans  l'étude  des  arts ,  de  l'histoire  et  de 
l'archéologie. 

Grâce  à  vous,  Messieurs,  ce  pays  est  entré  de  bonne  heure  dans  la  voie  de  la  conservation 


1 


des  monuments  du  passé,  el  aujourd'hui  encore  il  est,  dé  toute  la  France ,  celid  qui  fait  le 
plus  pour  sauvegarder  ce  patrimoine  d'honneur  que  nous  ont  légué  nos  pèreâ ,  dotation  si' 
belle  qu'elle  est  à  présent  une  des  gloires  de  la  France  et  l'orgueil  de  notre  Normandie/ 

Dès  4818,  lorsque^tout  sommeillait  autour  de  nous  dans  les  provinces,  un  des  plus 
éclairés  préfets  de  ce  département  (1)  créait  une  Commission  d'antiquités  (2) ,  et  le  Conseil 
général  d'alors  se  signalait  par  l'acquisition  du  théâtre  romain  de  Lillebonne  (3),  que  vous 
avez  successivement  tiré  du  lit  de  sable  et  de  limon  où  il  gisait  depuis  tant  de  siècles. 

En  1822,  le  même  Conseil  rachetait  la  salle  capilulaire  de  Saint-Georges  de  Boscher- 
ville  (4),  un  des  chefs-d'œuvre  de  l'art  chrétien. 

A  la  fin  de  1831 ,  un  ancien  préfet  de  l'Empire  (5)  qui,  dès  1810,  avait  créé  à  Parme  un 
Musée  d'antiquités,  décida  l'existence  de  celui  de  Rouen  (6),  devenu  depuis  le  plus  riche 
de  la  France  départementale,  après  celui  de  Lyon,  et  peut-être  avant  lui  le  plus  véritable- 
ment  national. 

Ce  Musée,  Messieurs,  c'est  votre  oeuvre;  c'est  le  résultat  de  votes  généreux  cons- 
tamment renouvelés  pendant  trente-cinq  ans.  Aussi  vous  avez  droit  d'en  être  fiers ,  car, 
grâce  au  zèle  et  à  l'intelligence  de  ses  deux  conservateurs,  MM.  Deville  et  Pottier,  il  est 
devenu  un  des  plus  précieux  dépôts  de  la  science  et  l'une  des  meilleurs  sources  de  notre 
histoire.  Il  compte  à  présent  parmi  les  trésors  de  la  France  archéologique ,  et  les  étrangers 
l'envient  autant  que  nos  compatriotes  l'admirent. 

Depuis  1832 ,  vous  portez  réguUèrement  à  votre  budget  une  somme  importante  pour  des 
fouilles  et  des  recherches  archéologiques  qui,  en  augmentant  la  masse  des  connaissances 
acquises  et  en  éclairant  d'un  nouveau  jour  la  géographie  départementale,  n'ont  cessé  d'être 
pour  nos  collections  publiques  une  source  de  richesse  et  de  prospérité.  Ces  fouilles,  en  effet, 
répandent  et  entretiennent  partout  le  goût  des  études  historiques  :  elles  contribuent  puissam- 
ment à  la  découverte  et  à  la  conservation  des  monuments  les  plus  inconnus  de  notre  histoire 
locale. 


(1)  M.  le  comte  de  Kergariou,  préfet  de  la  Seine-Inférieure,  de  1815  à  1818. 

(2)  Créée  par  un  arrêté  du  28  février  181^.  —  Réorganiaée  le  29  novembre  1821  par  M.  le  baron  de  Vanssay, 
préfet,  de  1820  à  1828. 

(3)  Le  30  octobre  1818. 

(4)  En  octobre  1822. . 

(5)  M.  le  baron  Dupont-Delporte,  préfet  de  la  Seine-Inférieure    do  1830  à  1848. 

(6)  Arrêté  du  10  décembre  1831. 


-.7;.- 
,  •  Çipn  c^onteots  d'ouvrir  un  asile  pour  les  monuments  mobiles  et  exposés  à  périr,  vous  aveat 
aussi  ppjrté  votre  sollicitude  sur  les  admirables  églises  qui  couvrent  le  sol  de  notre  Haute- 
Normandiç  et  qui  font  au  loin  sa  renommée.  Depuis  1838,, vous  les  couvrez  de  votre  pro- 
tection, vous  les  entourez  de  vos  soins,  de  votre  surveillance  et  de  vos  encouragements" 
Yous  provoquez  l'émulation  et  le  zèle  des  communes  assez  heureuses  pour  posséder  ce 
précieux  dépôt  des  siècles,  et  vous  donnez  l'exemple  en  créant  en  leur  faveur  un  budget 
qui  s'élève  aujourd'hui  à  15,000  fr.  A  l'aide  de  ce  crédit  spécial,  vous  provoquez  et  vous 
répompOTsez  par  des  allocations  peu  élevées,  il  est  vrai,  mais  honorables  par  la  source 
d'où  elles  proviennent ,  les  sacrifices  que  s'imposent  les  administrations  locales. 

C'est  ainsi  que  vous  donnez  au  pays  un  bel  et  consolant  spectacle ,  et  à  la  France  entière 
un  exemple  et  un  modèle. 

Permettez-moi  de  vous  remercier ,  ici ,  de  tous  les  encouragements  que  vous  accorder 
depuis  bientôt  trente  ans  aux  modestes  et  persévérants  travaux  d'un  homme  qui  a  consacré 
ses  jours  à  l'histoire  et  aux  monuments  de  son  pays.  Vous  saviez  que  j'avais  voué  ma  vie  à 
l'Église,  à  la  Science  et  à  la  Normandie,  et  vous  avez  voulu,  par  une  adoption  qui  m'honore, 
me  consacrer,  sous  votre  haut  et  bienveillant  patronage ,  à  l'étude  de  notre  histoire  et  à  la 
conservation  de  nos  monuments. 

.  Depuis  tantôt  trente  ans  j'ai  continué  ma  tâche  et  essayé  de  répondre  à  votre  confiance  et 
à  celle  de  mon  pays.  Déjà,  et  à  diverses  reprises,  j'ai  eu  l'avantage  de  vous  offrir  mes 
premiers  travaux  sur  nos  églises  et  sur  nos  monuments  souterrains,  et  vous  avez  bien  voulu 
encourager  l'un  et  l'autre. 

Aujourd'hui  je  vous  présente  le  résumé  de  trente  années  d'études  sur  un  département 
qui  est  le  vôtre;  j'ose  espérer  que  vous  l'accueillerez  avec  faveur  et  que  votre  bienveillance 
habituelle  ne  fera  point  défaut  à  celui  qui  a  l'honneur  d'être , 

Messieurs , 
Votre  très  respectueux  et  très  dévoué  serviteur, 

L'Abbé  COCHET, 

Inspecteur  des  monuments  historiques  de  la  Seine-Inférieure- 
et  des  monuments  religieux  du  diocèse  de  Rouen. 


DIVISIONS  TERRITORIALES 


DE  LA  SElNE-lNFÉRlEURE 


AUX  ÉPOQUES  GAULOISE,  ROMAINE  ET  FRANQUE, 


ÉPOQUE  GAULOISE. 

A  Torigine  de  noire  histoire,  c'est-à-dire  au  temps  de  Findépendance  gauloise,  tout  le 
territoire  de  la  Seine-Liférieure ,  placé  sur  la  rive  droite  du  fleuve ,  appartenait  à  la  Gaule 
Belgique  (1)  ;  la  rive  gauche,  au  contraire,  relevait  de  la  Gaule  Celtique  (2). 

Les  seules  divisions  connues,  pour  la  partie  septentrionale,  sont  les  peuples  ou  cités  des 
Calètes  et  des  Vélocasses.  Vraisemblablement  la  rive  gauche  relevait  des  Lexoviens  et  des 
Aulerques-Éburoviques. 

La  capitale  des  Calètes,  à  Tépoque  de  Tindépendance ,  ne  nous  est  pas  révélée  par 
rhistoire.  Cependant  nous  sommes  tenté  de  retrouver  son  nom  sur  ces  monnaies  gauloises 
qui  portent  le  nom  de  Caledu  (3),  et  cela  d'autant  mieux  qu'une  tradition  dont  la  Chronique 
de  Fontenelle  et  Orderic  Vital  se  sont  faits  les  organes,  tradition  du  reste  qui  s'est  perpétuée 
jusqu'à  nous ,  donne  à  ce  chef-lieu  le  nom  Calet  ou  de  Cité  Calète  (4). 

(1)  «  A  Scaldà  (rEscaut)  ad  Sequanam  Belgica ,  »  dit  Pline,  «  Hist.  nat.,  »  lib.  iv,  cap.  17.  —  «  Galios  ab  Aquitanis 
Ganimna  flumen,  à  Belgis  Matrona  et  Sequana  dividit.  »  Gœsar,  «  Gomment,  de  bail,  gall.,  »  lib.  i,  cap.  1. 

(2)  «  A  Sequanà  ad  Garumnam  Geltica,  »  dit  encore  Pline  l'Ancien,  «  Hist.  nat.,  »  lib.  iv,  cap.  17.  —  Cœsar, 
«  Gomment.,  »  lib.  i,  cap.  1. 

(3)  Ed.  Lambert,  «  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise  du  nord-ouest  de  la  France,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des 
Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiii,  p.  143-44,  pi.  rv,  flg.  20, 21, 22  ;  pi.  ix,  fig.  de  12  à  19.  —  Deville,  «  Précis  analyt.  des  travaux 
de  l'Acad.  de  Rouen,  »  1839,  p.  183.  •—  «  Le  Mercure  de  France,  »  aoust  1739.  —  Fallue,  «  Glassem.  de  la  médaille 
gauloise  Senodon-Galedu  et  Recherc.  sur  Tanc.  cité  des  Galètes,  »  in-8'  de  6  p.,  Paris,  1855,  et  «  Revue  numismat.  » 
de  1855.  Deux  monnaies  gauloises  en  argent,  portant  le  nom  Galedv,  se  voient  à  Jumiéges,  chez  M.  Lepel-Golntet. 

(4)  Parmi  ceux  qui  soutiennent  ou  qui  constatent  cette  tradition ,  nous  citerons  :  «  Ghronicon  Fontanellœ  » 
(IX*  siècle),  cap.  10.  —  Orderic  Vital  (xii«  siècle),  a  Hist.  eccles.,  lib.  v.,  p.  554;  lib.  xii,p.864.  —Robert  du  Mont, 
«  Appendix  ad  Sigebertum,  »  ad  ann.  1 162.  —  M.  Glérot,  de  Rouen,  «  Mercure  de  France,  »  de  juillet  1733,  p.  1474.  — 
Gaylus,  «Recueil  d'Antiquités,  t.  vi,  p.  393.  —  Pinel,  «  Essais  histor.,  archéol.  etphys.sur  les  environs  du  Havre,  ■ 
p.  27.  —  A.  Le  Prévost,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm,,  »  t.  xi,  p.  1  et  2. —G.  Oursel,  «  Résumé  analyt.  des 
travaux  de  la  Société  havraise,  »  v',  vi*,  vu*  année,  p.  10.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  l"  édit.,  p.  98;  2*  édit., 
p.  112. —  Guilmeth,  «  Descript.  géog.,  hist.,  monum.  et  statist.  de  l'arrond.  du  Havre,  etc.,  »  1. 1",  p.  100.—  Id. 
«Notice  hist.  sur  la  ville  et  les  environs  de  Lillebonne,  «  p.  16-18.  —  Le  Prévost  et  Rondeaux,  «  Annuaire  statist.  du 


—  10  — 

La  cité  des  Vélocasses  nous  est  également  révélée  par  des  monnaies  gauloises  en  bronze, 
probablement  contemporaines  de  la  Conquête  et  portant  le  nom  gréco-cellique  de  ratv- 
MACOS  (1),  qui  est  bien  notre  Rouen,  en  grec,  PaToixayoç ,  en  latin,  Rotomagus. 

César  est  le  premier  et  presque  le  seul  qui  donne  quelques  détails  sur  les  Calètes  et  les 
Vélocasses,  originaires  de  la  Germanie,  comme  la  tribu  des  Belges  tout  entière.  De  concert 
avec  ces  derniers,  nos  pères  avaient  repoussé  du  territoire  commun  les  Cimbres  et  les 
Teutons  qui  envahirent  la  Gaule,  vers  le  vi^  siècle  avant  Jésus-Christ  (2);  mais  il  furent 
moins  heureux  devant  les  Romains. 

«  L'an  57  avant  l'ère  chrétienne ,  César  entra  en  campagne  contre  les  Belges.  Les 
Calètes  fournirent,  pour  la  défense  de  la  patrie,  10,000  hommes;  les  Vélocasses,  un  nombre 
égal  (3).  Les  Belges,  vaincus  dans  plusieurs  combats,  posèrent  les  armes.  L'année  suivante, 
César,  après  avoir  attaqué  les  Ménapiens  et  les  Morins  qui  s'étaient  soulevés ,  conduisit 
ses  troupes  en  garnison  chez  les  Aulerques  et  les  Lexoviens  (peuples  d'Evreux  et  de  Lisieux) 
et  dans  les  cités  voisines  du  théâtre  de  la  guerre.  Il  dut  traverser  nécessairement  le  pays  des 
Calètes  et  des  Vélocasses ,  s'il  ne  s'y  arrêta  pas. 

•  Les  Gaulois,  vaincus,  mais  non  soumis,  coururent  aux  armes  pour  défendre  leur 
indépendance  (l'an  52  avant  Jésus-Christ).  Vercingétorix ,  de  la  cité  des  Arvernes ,  était  à 
leur  tête.  Les  Vélocasses  avaient  envoyé  à  l'armée  fédérale  3,000  hommes  ;  les  Calètes , 
6,000  (4).  Les  Gaulois  furent  défaits  devant  Alesia.  L'année  suivante  (l'an  51  avant  Jésus- 
Christ  et  702  de  Rome),  les  Bellovaques  (peuples  de  Beauvais),  qui  passaient  pour  le  peuple 
le  plus  belliqueux  des  Gaules  (5),  lèvent  de  nouveau  l'étendard,  et  font  un  appel  à  tous  les 
peuples  belges.  Leurs  voisins,  les  Calètes  et  les  Vélocasses,  se  joignent  à  eux  (6).  Après  un 
combat  malheureux,  ils  sont  contraints  de  demander  la  paix.  Ce  dernier  effort  fut  bientôt 
suivi  de  la  soumission  totale  des  Gaules  (7).  • 

Ce  grand  événement  eut  lieu  l'an  702  de  la  fondation  de  Rome,  cinquante  et  un  ans  avant 
l'ère  vulgaire. 

La  population  du  territoire  de  la  Seine-Inférieure,  estimée  aujourd'hui  à  790,000  âmes, 

départ,  de  la  Seine-Infér.,  »  année  1823, 1. 1",  p.  558.  —  Mangon  de  la  Lande,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  » 
année  1826,  p.  212, 214.  —  Fallue,  «  Recherches  sur  l'ancienne  cité  des  Calètes,  »  p.  4,  et  «  Revue  numism.,  année  1855* 
—  Lesguillez,  «Notice  hist.,  statist.  et  topog.  surValmont,  »  p.  2.  —  Deville,  «  Notice  sur  Lillebonne,»  dans  le 
«  Bullet.  monum.,  »  t.  xxiii,  p.  567. 

(1)  Deville,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  60,  65,  pi.  i»^*,  fig.  1  et  2.  —  Id.,  «  Précis  analyt.  des 
travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  183.  —  aEpigraphie  de  laSeine-Inf.,  »  p.  33.  —  «•  Bullet.  monuçient.,  » 
t.  XXI,  p.  281,  336.  —  Ed.  Lambert,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiii,  p.  144,  241,  pi.  ix,  fig.  5,  7,  8.  — 
Mionnet,  «Descript.  des  médailles  antiq.,  »  1. 1,  p.  82;  «  Supplément,  »  i,  p.  149. 

(2)  «  Belgas  esse  ortos  a  Germanis  solosque  esse  qui,  omni  Galliâ  vexatâ,  Teutonos  Cimbrosque  intra  fines  sucs 
ingredi  prehibuerint.  »  CaDsar,  a  Comment,  de  bell.  gall.,  »  lib.  ii,  cap.  iv. 

(3)  «  Caletos  decem  millia-,  Vélocasses  totidem.  »  Id.,  ibid. 

(4)  «  Bellocassis  (Vélocasses)  terna  millia...  Caletos  sex.  »  Id.,  ibid.,  lib.  vu,  cap.  75. 

(5)  Id.,  ibid.,  lib.  viii,  cap.  6. 

(6)  o  Caletos,  Vélocasses.  »  Id.,  ibid.,  lib,  vm,  cap.  7. 

(7)  Deville,  «  Précis  analyt.  des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  184,  185. 


11 


devmt  être  de  138,000  au  temps  de  César.  Ce  calcul  a  été  fait  par  M.  DeviUe,  d'après  les 
contingents  que  les  deux  peuples  fournirent  à  la  Ligue  gauloise  (1). 

Après  un  silence  de  dix-neuf  cents  ans,  il  nous  paraît  curieux  de  rechercher  aujourd'hui  ce 
qui  nous  reste  de  ces  Calètes  et  de  ces  Vélocasses  qui  occupèrent,  pendant  plusieurs  siècles, 
le  pays  que  nous  habitons.  Que  retrouve-l-on  à  présent  de  cette  civilisation  gallo-belge  qui 
régna  si  longtemps  sur  cette  terre  fertile,  commerciale,  industrielle,  en  un  mot  l'une  des 
plus  riches,  des  plus  avancées  et  des  mieux  cultivées  de  l'Europe?  Hélas  !  de  tout  ce  passé, 
qui  ne  fut  pas  sans  gloire,  il  n'est  guère  parvenu  jusqu'à  nous  que  des  débris  mystérieux, 
véritables  énigmes  pour  nos  mœurs,  nos  idées,  notre  intelligence.  En  un  mot,  il  nous  est 
arrivé,  à  peu  près,  tout  ce  que  laisserait  derrière  elle  une  tribude  sauvages  après  une  longue 
occupation  du  sol.  Nous  allons  établir,  en  quelques  lignes,  le  bilan  monumental  et  archéolo- 
gique de  l'ère  gallo-belge. 

Plaçons  au  premier  rang  quelques  centaines  de  monnaies  d'or  et  d'arçent,  de  bronze  et 
de  potin.  Ces  lambeaux  de  métal ,  précieux  par  les  siècles  qu'ils  ont  traversés,  sont  rudes 
de  forme  et  grossiers  de  travail.  Ils  ne  présentent  point  de  dates,  peu  de  noms,  et  rarement 
des  figures  de  princes  ou  chefs  militaires.  On  y  surprend  assez  souvent  des  têtes  humaines, 
mais  ce  sont  des  types  sacrés  et  traditionnels,  servilement  reproduits  de  l'étranger  et  ré- 
pétés par  des  hommes  qui  ne  les  comprenaient  pas.  Les  images  les  plus  fréquentes  sont  le 
bige  macédonien,  le  cheval  de  guerre  et  le  sanglier  des  forêts,  principal  aliment  de  nos 
ancêù^s.  Deux  ou  trois  noms  de  peuples  ou  de  cités,  deux  noms  de  chefs,  sont  à  peu  près 
tout  ce  qui  nous  est  venu  de  cet  âge  de  luttes,  de  Combats,  de  labeurs  et  de  la  vie  la  plus 
durequ'on>it  jamais  menée  sur  notre  terre.  Les  noms  de  VELIOCAOI  pour  les  Vélocasses, 


MONNAIE  DBS  VÉLOCASSES. 

de  KAL,  de  KALET,  de  KALEDV,  et  de  KALETV  pour  les  Calètes  ou  Caletum  (2),  de 

RATUMACOS  DOUT  Rouen,  nuis  les  deux  nnms  de  SVTICOS  fit.  df.  SENODON.  snnt  fnn»  t^a 


■k  f 


MOnNAIB  OAOLOISE  DE  BOVEPr. 


MONRAIB  DES  CALÈTES. 


(1)  Deville,  «  Précis  analyt.  des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1835,  p.  244-52. 

(2)  «  NouanTxésitons  pas,  dit  M.  Deville,  à  attribuer,  avec  Bouteroue,  Lelewel,  de  Lagoy,  Edouard  Lambert,  ces 
légendes  au  pays  des  Calètes.  Peut-être  n'y  aurait-il  pas  trop  de  témérité  à  en  faire  ressortir  le  nom  gaulois  de  CaUt, 
CaUd,  pour  la  ville  de  Lillebonne.  »  Deville,  «  Notice  sur  Lillebonne.  »  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxiii, 
p.  567.  -  E.  Lambert,  «  Mém.  de  la  Soc.  de*  Antiq.  de  Nom.,  »  t.  xxv,  p.  456-536. 


—  12  — 

qui  représente  pour  nous  la  géographie  celtique  et  la  dynastie  gauloise  des  rois  du  Vexin 
et  du  pays  de  Caux. 

Et  encore  ce  numéraire  n'a-t-il  rien  de  très  autonome  ni  de  véritablement  aborigène  : 
c'est  une  importation  étrangère ,  une  imitation  de  la  Grèce ,  dont  les  types  sont  copiés 
non  pas  seulement  dans  leur  forme  et  leurs  motifs ,  mais  encore  jusque  dans  leur 
caractère  et  leur  consonnance  épigraphique-- Toutes  ces  terminaisons  à  peu  près  invariables 
en  i,  en  0 ,  en  u,  en  071,  et  surtout  en  os,  ne  révèlent-elles  pas  ,  dans  le  monnayage  de 
nos  ancêtres,  cette  langue  grecque  que  César  surprit  un  jour  sur  les  tablettes  du  camp 
des  Helvètes  (1)? 

(1)  «  In  caslris  Helvetiorum  tabulœ  repertœ  sunt  litteris  grœcis  confectœ etad  Gœsarem  relatœ.  »  «Comment.,  » 
lib.  I,  cap.  29.  Dans  le  livre  vi  des  «  Commentaires,  »  ch.  xiv.  César  dit  que  les  druides,  dans  presque  toutes  les  af- 
faires publiques  et  particulières,  se  servaient  de  caractères  grecs.  «  Cum  in  rellquis  ferè  rébus  publicisprivatisquè 
rationibus  grœcis  litteris  utantur.  »  H.  Protat,  «  3'  Étude  sur  les  inscript,  des  enceintes  sacrées  gallo-rom.,  »  p.  1. 
M.  Houbigant,  de  Nogent-les-Vierges,  dans  son  «  Recueil  des  Antiq.  bellovaques,  »  p.  116,  dit  qu'il  n'existe  pas  de 
monnaies  gauloises  plus  anciennes  que  celles  fabriquées  avec  des  Philippe  (360  ans  av.  J.-C),  ou  faites  à  leur  imita- 
tion, bien  grossièrement,  mais  sans  qu'on  ait  cherché  à  changer  la  tôte.  L'expédition  qui  a  répandu  les  Philippe  date 
de  279,  278, 277.  «  Mém.  de  la  Société,  académ.  de  l'Oise,  »  t.  iv,  p.  525.  Id.,  ibid.,  p.  45  et  453.— A  Louresse-Roche- 
minier  (arrondissement  de  Saumur),  on  a  trouvé  une  pièce  d'or  de  Philippe  II,  roi  de  Macédoine.  «  Il  ne  faut  pas 
s'étonner,  dit  M.  Godard-Faul trier,  de  la  découverte  en  Gaule  de  statôres  macédoniens  de  Philippe,  qui  furent 
imités  par  le  monnayage  national,  à  une  époque  correspondante  de  celle  des  grandes  migrations  gauloises  en 
Grèce.  »«  Répert.  archéol.  de  l'Anjou,  »  i'*  année,  mars  1860,  p.  69.  —  Ch.  Barthélémy,  «  Manuel  de  Numisma- 
tique, »  p.  87.  (Manuels  Roret.)  —  On  voit,  au  Musée  de  Rouen,  classée  comme  gauloise  et  trouvée  en  Gaule,  une 
monnaie  d'or  de  78  grains,  sur  laquelle  ont  voit  le  bige  macédonien,  et  au-dessous  le  nom  de  Philippos.  «  Catalogue 
illustré  et  manuscrit  du  Musée  de  Rouen,  »  par  A.  Deville,  n*  568.  —  a  La  langue  grecque,  dit  A.  Aymard,  du  Puy, 
était  généralement  usitée  (dans  la  Gaule  méridionale)  pour  les  contrats  publics  et  privés.  »  Aymard,  «  les  Origines 
de  la  ville  du  Puy,  »  dans  «  l'Annuaire  des  Congrès  scient,  de  France,  »  p.  375.  —  Comme  preuve  de  vulgarité  de 
la  langue  grecque  parmi  nous,  on  peut  citer  la  lettre  des  martyrs  de  Lyon,  écrite  en  grec  sous  Marc-Aurèle  (177)  ; 
«  Journal  général  de  l'instr.  publique,  »  du  18  décembre  1858,  p.  807  ;  et,  comme  preuve  de  la  durée,  on  peut  ajou- 
ter une  foule  d'inscriptions  chrétiennes  en  cette  même  langue,  inscriptions  qui  figurent  dans  le  beau  recueil  épi- 
graphique  publié  par  M.  Ed.  Leblant.  «  Inscript,  chrét.  de  la  Gaule,  »  1. 1",  p.  8-14  et  327,  pi.  i*^*,  fig.  i  ;  pi.  vi 
flg.  6;  cap.  XXVI,  fig.  150.  —  M.  Fauriel  dit  quelque  part  que  cette  coutume  dura  jusqu'au  vi*  siècle  de  notre  ère, 
mais  que,  après  le  vi*  siècle,  on  ne  trouve  plus  aucun  indice  de  l'usage  du  grec  (en  Gaule).  «  Hist.  de  la  Poésie  pro- 
vençale, r  1. 1",  p.  193-95,  cité  par  Sainte-Beuve  dans  le  «  Journal  général  de  l'inst.  publ.,  »  du  18  décembre  1858, 
p.  890.  —  L'assertion  de  M.  Fauriel  pourrait  bien  être  infirmée  parla  dissertation  où  M.  Rossignol  attribue  au  vu* 
siècle  la  fameuse  inscription  grecque  de  Saint- Pierre-l'Étrier,  trouvée  à  Autun,  en  1839.  «  Revue  archéol.  »  de  1855 
ou  1856.  —  Dom  Martin,  dans  la  «  Religion  des  Gaulois,  »  1. 1",  p.  39,  dit  que  les  Gaulois  écrivaient  leur  langue  en 
caractères  grecs,  x  Cela  est  prouvé,  dit  M.  de  Payan,  par  l'inscription  sépulcrale  de  Gordien,  martyr  à  Rome, 
messager  des  Gaules.  »  Cette  inscription  est  publiée  par  Mabillon  et  la  «  Roma  subterranea.  »  De  l'aveu  de  César,  de 
Pline  et  de  Strabon,  les  Gaulois  se  servaient  de  caractères  grecs  ;  cependant  ils  n'entendaient  pas  le  grec  :  César  en 
donne  la  preuve  dans  sa  lettre  à  Q.  Cicéron.  De  Payan-Dumoulin,  «  Ahtiq.  gallo-romaines  découvertes  à  Toulon- 
sur- Allier,  »  p.  54.  —  «  Sur  quelques  monnaies  gauloises,  dit  M.  de  Caumont,  ou  voit  des  légendes  barbares  à  carac- 
tères mal  formés,  et  il  parait  que  ceux  qui  ont  fabriqué -ces  médailles  ont  voulu  imiter  les  Philippe  de  Macédoine, 
et  leur  légende  Philippos.  •  «  Cours  d'antiq.  mon.,  »  1. 1",  p.  250.  —  «  Quoique  très  grossières,  dit  encore  le  même 
archéologue,  les  anciennes  monnaies  gauloises  offrent  quelque  ressemblance  avec  les  monnaies  grecques.  »  Id., 
ibid.,  p.  249.  —  «  Il  n'est  pas  rare,  ajoutent  tout  à  la  fois  MM.  de  Caumont  et  de  Crazannes,  de  rencontrer,  dans 
l'ouest  de  la  France,  des  monnaies  d'or  de  Philippe  II,  père  d'Alexandre.  »  «  Cours  d'antiquités  monumentales,  » 
p.  25.  —  De  Crazannes,  «  Essai  sur  les  antiquités  de  la  Charente-Inférieure,  »  p.  124.  —  Voir  encore  Henry,  <iHisl. 
de  la  Longue  française,  1 1",  p.  5.  »  —  Cousin,  «  Éludes  sur  les  champs  sacrés  d£  la  Gaule  et  de  la  Grèce,  p.  39  et 
54.  »  —  «  Mém.  de  la  Commission  d'archéologie  de  la  Haule-Saône,  t.  ii,  p.  202.  »  —  E.  Lambert,  Mém.  de  la  Soe.  des 
Antiq.  deNorm.,  »  t.xxv,p.  417-422, 


-  43  — 

Le  monnayage  ne  nous  paraît  pas  le  seul  emprunt  fait  à  l'Orient  par  l'industrie  de  nos 
pères.  Après  l'affinage  de  l'or  et  de  l'argent,  nous  voyons  arriver  le  bronze  dont  l'alliage, 
interrogé  par  la  chimie  moderne ,  a  été  trouvé  de  même  nature  que  le  bronze  égyptien  des 
Ptolémées  ou  des  Pharaons  (1). 

Ce  bronze  industriel  ainsi  mélangé  est  parvenu  jusqu'à  nous  sous  trois  formes  princi- 
pales: les  armes,  les  instruments  et  les  armilles.  L'armille  gauloise,  qu'elle  se  divise  en 
bracelets,  colliers,  brassards  ou  anneaux,  est  assez  fréquente  autour  de  nous;  mais  on  la 
rencontre  si  rarement  dans  la  Seine-Inférieure  que  nous  n'en  connaissons  aucune,  trouvée 
de  nos  jours,  sauf  peut-être  au  Hanouard,  près  Cany,  il  y  a  quelques  années.  Toutefois,  ces 
découvertes  ont  eu  lieu  avant  nous,  et,  sans  aucun  doute,  elles  se  reproduiront  dans  l'avenir. 

Des  épées  de  bronze  sont  sorties  du  lit  de  la  Seine ,  et  des  glaives  en  fer  ployé  nous  sont 
venus  des  sépultm^es  du  Hallais,  des  Caillettes  et  de  Moulineaux;  mais  il  serait  malaisé  de 
déterminer  positivement  la  date  de  ces  armes. 

Les  dépôts  de  hachettes  ou  de  celtœ  sont  assez  communs  de  nos  jours.  Outre  les  décou- 


C0II«8  EN  BRONZE,  TROUVÉS  DANS  LA  SEINE-lNrÉRIEURE. 

vertes  isolées,  nous  pouvons  signaler  six  ou  sept  groupes  de  eî^/ïtp,  récemment  aperçus  dans 


HACHETTE  EN  BRONZE  ,  TROUVÉE  A  A?iTIFER  ,  PRÈS  ÉTRETAT. 

(1)  En  1852,  M.  J.  Girardin,  professeur  de  chimie  à  Rouen,  ayant  analysé  une  des  hachettes  recueillies  à  Antifer, 
commune  du  Tilleul,  en  1842,  trouva  la  composition  suivante  : 

Cuivre 85  85 

Etain 14  15 

Fer  et  plomb.  .    .  traces 


Total.   ...  100  00 

•  Ce  bronze,  ajoute  M.  Girardin,  est  identique  à  celui  d'un  poignard  antique  rapporté  d'Egypte  par  Passalacqua, 
et  analysé  par  Vauquelin.  »  •  Précis  analyt.  des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1852,  p.  157.  —  Girardin, 
«  Analyse  de  plusieurs  produits  antiques,  »  2"  Mémoire,  p.  16.—  Déjà,  au  commencement  de  ce  siècle,  M.  Clarke, 
savant  chimiste  anglais,  avait  été  frappé  de  la  similitude  de  composition  qui  se  remarque  entre  le  bronze  de  Bre- 
tagne et  de  la  Gaule  avec  celui  de  la  Grèce,  de  l'Egypte  et  de  plusieurs  nations  de  l'Asie.  Il  regardait  même  les 
épées  de  bronze  de  nos  contrées  comme  de  pure  composition  grecque.  Voyez  «  Archœolo^ia,  »  vol.  xk,  p.  57.  — 


—  14  - 

notre  Seine-Inférieure  (I).  C'est  à  tel  point  que  nos  collections  publiques  en  possèdent 
presque  toutes ,  et  que  bon  nombre  de  particuliers  en  montrent  dans  leurs  bibliothèques 
et  sur  leurs  étagères. 


HACHETTES  CELTIQUES  DE  I.A  aKINE-lNFÉOIBDRl. 


Mais  il  est  une  substance  qui  fut  grandement  travaillée  et  qui  a  laissé  partout  l'empreinte 
de  sa  longue  durée  dans  la  main  de  l'humanité  :  nous  voulons  parler  de  la  hache  de  pierre , 
parfois  nommée  casse-tête,  qui  dut  servir  aux  usages  domestiques  aussi  bien  qu'au  service 
militaire,  et  jouer  un  rôle  dans  les  arts  de  la  paix  autant  que  dans  les  arts  de  ta  guerre  (2). 


<  PIERM  ,  TROUVÉE  PBË8   Dl  KBDFGHATEI.. 


H.  de  Gaumont,  Trappe  d'une  observation  si  bien  rondëe,  la  coosigna  dans  son  célèbre  cours  professé  à  Caen,  en 
1830.  De  son  cûté,  il  trouvait  aussi  les  plus  grandes  afflnités  entre  la  mëlallurgie  grecque  et  la  mëlallurgie  gau- 
loise. ■  Cours d'autiq.  mon.,»  m" partie,  pages  223-24,239. 

(1)  DépâCs  do  hachettes  dans  la  for^t  do  Roumare,  en  1S15.  •  Bullet.  mon.,  >  t.  yii,  p.  187;  —  àBlbeuf  ouaux 
environs,  en  1816,  ibid,,p.  187-88;  -au  Tilleul,  dans  le  vallon  d'Antifer,  18  en  1842-,  —  àTourville-lB-Chapelle,  30 
ou  40  en  1854  ;  —  au  Torp,  dans  la  forât  do  Brotonne,  un  bon  nombre  en  1820  ;  —  k  Harfleur,  au  moins  12  en  1846  ; 
—  h  GonTreville-t'Oreher,  à  deux  reprises,  au  moins  6 en  1845  et  39  en  [659;  au  Calidu  de  Caudebec,  en  I8&B; 
6ux  Grand  es- Ventes,  80  en  1863  —  Le  Musée  de  Neurchfklel  possède  des  hachettes  de  bronze  venant  des  environs 
de  cette  ville  et  de  ceux  d'Aumalo.  —  H.  Fallue,  dans  son  •■  Mém.  sur  les  aotiq.  de  la  forêt  et  de  la  presqu'île  de 
Bretonne,  ■  p.  45,  parle  d'une  fonderie  de  hachettes,  de  fourneaux,  de  lingots  de  métal,  etc. 

(2]  Dans  son  i  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou,  -  mars  1860,  p.  79-81,  M.  Godard-Faultrier  fait  voir  que  les  ha- 
chettes de  pierre  se  trouvent  dans  le  monde  entier.  —  (La  hache  de  silex  est  vieille  cominele  monde,  dit  avec 
raison  M.  Houhigant  dans  son  «  Becucil  d'antiq.  belloi-aques,  >  p.  32,  et  •  Hêm.  de  la  Bec.  acad.  de  l'Oiw,  •  t  ir, 


~  45  — 

Cette  hache,  que  portaient  dans  les  combats  les  peuples  primitifs  (1),  est  encore  aujourd'hui 
un  instrument  de  travail  1res  en  faveur  dans  les  Antilles  françaises.  C'est  au  point  qu'en 
1855  un  assortiment  d'outils  de  pierre  fut  envoyé  par  nos  colonies  à  l'Exposition  universelle 
de  Paris. 

La  hache  de  pierre  paraît  avoir  étendu  son  empire  sur  tout  l'ensemble  et  sur  toute  la 
diu'ée  de  la  civilisation  gauloise  (2).  Il  nous  semble  même  qu'elle  fut  usitée  par  les  Scandi- 
naves qui  envahirent  la  Normandie ,  et  nous  savons  par  l'histoire  qu'à  Hastings  elle  fut 
maniée  par  les  soldats  de  Guillaume  ou  par  leurs  adversaires  (3). 

Ce  qui  est  certain,  c'est  qu'elle  recouvre  encore  à  présent,  de  ses  mystérieux  (4)  et  innom- 
brables débris,  le  sol  de  notre  département.  On  en  trouve  à  peu.  près  partout,  dans  les 

(1)  Le  Musée-Bibliothèque  du  Havre  montre,  au  milieu  d'un  groupe  d'armes  et  d'un  trophée  océanien,  une  grande 
hachette  de  pierre  qui  n'a  pour  tout  emmanchement  qu'un  étui  d'étoffe  destiné  à  la  faire  tenir  dans  la  main  du 
guerrier  ou  de  l'artisan.  M.  le  D'  Pouchet  conserve,  dans  sa  belle  collection  d'histoire  naturelle,  à  Rouen,  une 
hache  de  silex  noir,  montée  au  bout  d'un  manche  de  bois,  d'une  forme  carrée  et  d'une  élégance  extrême.  Cette 
hache,  donnée  par  l'amiral  Gécille,  vient  de  la  Nouvelle-Zélande,  où  elle  fut  prise  en  1838.  —  Siébold,  voyageur  au 
Japon  et  aux  Indes,  a  rapporté  à  Leyde  des  armes  et  des  couteaux  de  pierre  venant  du  Japon  :  t  Cestra  lapidea 
quibuspro  cultris  Japoniœ  aborigines  utebantur.  »  M.  Houbigantnous  montre  les  haches  et  instruments  de  pierre 
chez  les  sauvages  et  chez  les  Kabyles  de  l'Algérie.  «Recueil  des  antiq.  bellovaques,  »  p.  32-41,  et  «  Mém.  de  la 
Soc.  acad.  de  l'Oise,  »  t.  iv,  p.  449,  —  M.  Boucher  de  Perthes  cite  les  haches  de  pierre  et  de  jade  de  la  Nouvelle- 
Zélande,  et  de  plusieurs  autres  peuples  sauvages  de  l'Océanie.  «  Antiq.  celtiques  et  antédiluv.,  »  t.  i*',  ch.  vu  et 
note  12, p.  521-23. —  Albert de  Mon témont.  « //i5/.  des  voyages  modernes^  »  t.  i*',  p.  332,  t.  v,  p.  180.  »  —  Govrey, 
•  Mém.  de  la  Commiss.  d'archéologie  de  la  Haute-Saône,  »  t.  i*',  p.  160.  —  A.  Thieriy.  tiHisi.  des  Gaulois,  v  ch.  i". 

(2)  M.  Schayes  dit  que  la  hache  de  pierre  des  Celtes  et  des  Germains  a  été  en  usage  jusqu'au  m*  et  au  iv«  siècle 
de  notre  ère.  «  Bull.de  l'Acad.  roy.  de  Belg.,  »  t.  xiii,  p.  199.  Il  est  question  de  hachettes  en  silex  dans  la  «  "Vie  de 
saint  Éloi,  »  par  saint  Ouen,  évoque  de  Rouen  au  vn"  siècle.  —  Lecointre-Dupont,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de 
l'Ouest,  f  t.  V,  p.  107.  —  Godard-Faultrier,  «  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou,  »  mars  1860,  p.  68-72.  —  En  Belgique, 
on  a  trouvé  des  haches  de  silex  dans  des  sépultures  de  l'époque  gallo-romaine.  Del  Marmol,  a  Fouilles  dans  un 
cimetière  de  l'époque  franque,  àSamson  (prèsNamur),  »  p.  18.  —  M.  Baudot  cite  une  hache  en  silex  trouvée  dans 
un  cimetière  franc  en  1859,  à  la  Bruyère  (Gôte-d'Or).  a  Revue  archéol.,  »  année  1861,  p.  484. 

(3)  D'après  Guillaume  de  Poitiers,  cité  par  MM.  de  Caumont  et  Namur,  on  se  serait  servi  d'armes  de  pierre  au 
XI*  siècle,  à  la  bataille  de  Hastings  :  •  Jactant  Angli  cuspides  et  diversorum  generum  teki,  sœvissimas  quoque  se- 
cures  et  lignis  imposita  saxa.  »  «  Cours  d'antiq.  mon.,  »  m*  partie,  p.  221,  et  •  Public,  de  la  Soc.  archéol.  de 
Luxembourg,  »  t.  v,  p.  167.  —  Godard-Faultrier,  «  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou,  »  i"  année,  p.  79.  —  Houbigant, 
«  Recueil  des  antiq.  bellovaques,  »  p.  39. 

<4)  Dans  l'ouest  et  le  midi  de  la  France,  les  paysans  appellent  les  haches  de  pierre  des  pierres  de  tonnère,  Go- 
dard-Faultrier, «  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou,  »  année  1860,  p.  78.  —  M.  Boucher  de  Perthes  constate,  à  propos 
des  anciennes  haches  de  pierre,  l'opinion  vulgaire  qui  les  appelle  pierres  de  foudre,  et  qui  y  attache  une  idée 
superstitieuse.—  «Un  Mémoire  lu,  en  1723,  à  l'Académie  des  Sciences,  par  M.  de  Jussieu,  prouve  que  chez  les 
Romains  les  mômes  pierres,  connues  sous  le  nom  de  ceraunia,  passaient  pour  avoir  une  origine  mystérieuse  et 
même  céleste.  *  Boucher  de  Perthes,  «  Antiq.  celtiques  et  antédiluv.,  »  1. 1",  p.  522.  —  L'abbé  Lebeuf  semble  môme 
y  croire  dans  un  article  inséré  dans  le  Mercure  de  France  de  septembre  1738,  p.  1986-87.  —  «  Partout  (dans  l'Aqui- 
taine), les  paysans  qui  les  rencontrent  donnent  à  ces  pierres  taillées  le  nom  de  pierre  d'orage,  »  dit  M.  Jouannet, 
dans  son«  Musée  d'Aquitaine,  »  année  1833.  —Vers  1860,  la  Société  d'histoire  et  d'archéologie  de  la  Moselle  a  reçu 
deux  hachettes  de  silex  provenant  de  la  forôt  de  Durenwald,  dans  le  pays  de  Bitche.  «Ces  pièces  portent  dans  ce 
pays  le  nom  de  donner  axte  (haches  du  tonnerre).  Les  paysans  croient  qu'elles  tombent  du  ciel  avec  la  foudre, 
qu'elles  s'enfoncent  dans  la  terre  et  qu'elles  ne  reparaissent  à  la  surface  qu'au  bout  de  neuf  jours.  Beaucoup  leur 
attribuent  le  pouvoir  de  guérir  les  vaches  malades.  »  —  «  Bulletin  de  la  Soc.  d'hist.  et  d'archéol.  de  la  Moselle,  » 
3*  année,  p.  213. 


plaines  aussi  bien  que  dans  les  vallées.  Moins  heureux  qu'au  Vauvray  (i)  et  qu'à  Cocherel, 
nous  n'en  avons  jamais  raicôntré  d'emmanchées  dans  des  cornes  de  cerf  (2).  Les  étangs  de 
Bray  ne  nous  ont  pas  livré  non  plus  .tatîl  un  niebilier.hipiâairè,~'  comme  les  habita.liQns 
lacustres  de  l'Helvétie  en  ont  donné  atix  antiquaires  de  la  Suisse  m(ïdeme  (3}/£e  bassin  ^ 
la  Seine  nous  a  longtemps  refusé  ces  ébauches  de  biches,  saturées  de  gangue^.et  de  Umoi^ 
que  prodiguent  à  la  science  étonnée  les  bancs  alluviaux  de  la  Somme  (4).  Toulpfois,  depuis 
deux  ans,  il  en  laisse  entrevoir  quelques-unes  dans  les  sablières  de  Sotteville  edde  Quevillyj 


nACIISTTESBN   SILEX  DILliriEN\ES  ou   ANTÉ-mSTODIQUeS. 

Pour  nous  consoler,  il  nous  reste,  sur  quelques  points  de  ce  département,  des  dépôts  de 
hachettes  à  divers  états  el  pour  ainsi  dire  en  travail  de  formation.  La  Cité  de  Limes  (5)  et 
surtout  les  Marettes,  près  Londinières  (6),  nous  ont  donné  des  quantités  considérables  de 
hachettes  de  silex  ébauchées ,  à  peine  dégrossies ,  ou  des  fragments  brisés  pendant  leur 

':       (I)  En  1842,  lors  <le  la  conrection  du  chemin  de  Tarde  RouenàParis,  oa  a  trouvé,  dans  la  traverse  de  Saint-Pierre- 
■    du- Vauvray,  une  grosse  pierre  celtique  recouvrant  des  squelettes  antiques,  accompagnés  de  poteries  gauloises  et 
!    de  silex  emmencliés  dans  des  cornes  de  cerf.  En1S45,j'ai  vu  ces  hacbettes  à  la  Bibliothèque  de  Louviers. 
'       (2)  Le  Brasseur,  ■  Hisl.  civile  el  ecclésiast.  du  comté  d'Évreiir,  »  p.  173.  —  Dom  Martin,  «  Relig-  des  Gaulois,  • 

t.  n,  p.  311-20.  —  A.  Le  Prévost,  ■  Notice  hist.  et  archéol.  du  départ,  de  l'Eure,  >  p.  3Ï,  et  •  Mém.  de  ta  Sbc.  d'agr. 

de  l'Eure,  °  t.  m,  p.  Ï56.  —  œ  La  Norm.  souterr.,  s  p.  6. 

(3)  ■  Magasin  pitt.  .  de  février  1855,  p.  37.  —  F.  Troj-on,  •  Slatist.  des  snliq.  do  la  Suisse  occident,  »  huit 
articles.  —  F.  Troyon,  «Habit,  lacustres,  «dans  la  o  Revue  archéol.,  .  nouvelle  série,  l"  année,  1860,  p.  26-43,  pi. 
I",  fig.1,2,  C,  7,  10,11,  12,  13.  —  F.  Keller,  .  Die  keltischen pfalilbanten  in den schweirerseen.  «Zurich,  1854, dans 
•  les  Mittlieilungen  der  antiquarischen  gesellschanin  Zurich.  ■  —  F.  Trayon,  m  Habit,  lacustres  des  temps  anciens 
et  modernes,  >  t  vol.  in-S°de  495  p.  avec  xvii  pi.  ot  380  fig.,  Lausanne,  1660-,  et  •  Mém.  et  Docum.  publ.  par  laBoc. 
d'hist.  delà  Suisse  romande,  ■  t.  xvii. 

(4)  Boucher  dePorthes,  «Antiq.  celtiqueset  onlédiluv.  ■>  —  Rigollot,  >  Mém.  sur  des  iustrum.  en  silex  trouvés  i 
Saint- Acheul,  ■  el  i  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.de  Picardie,  •  t.  xiv.  —  «  Bulletin  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Picar- 
die, .  année  1859,  n-  î. 

(5)  Foret,  -  Soc.  archéol.  de  l'arrondiss.  de  Dieppe,  n  p.  10.  —  Le  Dicte-Duflos,  -  Notice  sur  le  Camp  de  Gatonoy, 
*l  Camp  deCésar,  .danslesMem.delaSoc.acad.de  l'Oise,  »  1. 1",  p.  380,  pi.  1",  flg.2,*,  5,7,  9,11,12,13,16,19. 

—  t  Gâta),  de  laBibliot.  publ.  de  Dieppe  ■  p.  343. 

(6)  ■  La  Norm.  souterr.,  *  1"  édit.,p.  181i2*  édit.,  p.  205. 


—  17  . 


nACHETTBs  cAsaiEB  ou  ëbaocbëbs, 

Semblables  aux  débris  renconirâs  aux  Marettes  de  Londiniëi>oa. 

confection.  Il  est  difficile  de  croire  qu'il  n'y  ait  pas  eu,  sur  ces  deux  points,  des  fabriques 
de  hachettes  comme  il  dut  en  exister  au  camp  de  Catenoy,  exploré  par  M.  Ledicte-Duflos, 
antiquaire  du  Beauvoisis  (1).  Le  feu  parait  avoir  joué  un  rôle  dans  la  préparation  et  lataille 
de  ces  instruments  primitifs  ;  car  nous  avons  cru  remarquer  sur  les  pierres  préparées, 
réussies  ou  non,  une  teinte  blonde  et  cendrée  qui  est  celle  du  silex  quand  il  a  subi  l'action 
du  feu  (2). 

La  poterie,  cette  première  nécessité  de  l'homme,  sa  compagne  si  inséparable  en  ce  monde 
que  nos  pères  ont  pensé  qu'il  ne  pourrait  même  s'en  passer  dans  l'autre,  la  poterie,  dis-je, 
'  ée  qu'à  quatre  reprises  sur  notre  sol  gaulois.  Une  première  fois,  ce  fut  il 
irante  ans,  dans  la  vaste  enceinte  de  la  Cité  de  Limes  (3).  Les  trois  dernières 
sont  plus  récentes.  En  1 854,  elle  apparut  aplatie  et  contenant  des  os  brûlés, 
!re  du  Haîlais,  près  Bouelles  (4)  ;  un  an  plus  tard,  en  1855,  elle  se  montra 
sous  forme  d'urnes,  dans  les  tranchées  du  Château  de  Robert-le-Diable, 


13, 1  Notice  sur  le  Mont  de  Catenoy,  dit  Camp  de  César,  •  p.  I  i-16,  pi.  i",  —  «  Mém.  de  la  Boc. 
l",p.  379-84.  -a  Bulletin  de  la  Boc  des  antiq.  de  France,  »  année  1861,  p.  153.  -  Le  «Journal 
mpagnes,  >  du  1"  avril  1860,  p.  7,  annonce  ladÉcouverle  dedeui  ateliers  de  fabrication  d'instni- 
I  l'Indre-et-Loire.— M.  Jouanoet,  de  Bordeaux,  pense  également  avoir  découvert,  en  18^9,  àËcome- 
«,unefobriquedeliaclieilesde  pierre.  De  Caumont,  n Cours d'anliq.monum,,»  m* partie,  p.  ÏI9. 
ïe  d'Aquitaine,  »  année  1833.  —  H.  Houbigent  cite  encore  plusieurs  autres  bbrîques  on  France, 
isson,  dans  le  Bordelais,  etâConUn,  près  Douai,  en  lS24.i  Recueil  desautiq.  bellov.,  •  p.  39  et  40, 
:.  acad.de  l'Oise,  >  t.  iv,  p.  447-48.  —  OncroitégalenientèunefaliriqueàThury.en'ValoiB,  parce 
is  hachettes  siliceuses  et  des  flèches  à  l'état  de  formation.  >  Répert.  archéol.  de  l'Aube,  >  p.  163. 
lullrier  parait  croire  &  l'emploi  du  feu  dans  la  préparation  des  hachettes,  car,  dans  son  ■  Réper- 
^jou,  ■  mars  1860,  p.  99,  il  dit  qu'&  Saint-Lambert-des-Levées  (arrondissement  de  Saumur),  on 
lamp  de  la  ferme  de  la  Petoute,  des  foyers  entourés  de  grosses  pierres  rangées  en  cercle,  où  l'on 
d  nombre  d'éclats  de  silex  blond,  étranger  au  sol,  et  qui  étaient  évidemment  le  produit  des  armes 
abitantB  de  nos  contrées  avaient  faltriquées  en  ce  lieu. 

irchéol.  de  l'arrondiss.  de  Dieppe,  •  p.  10,13,14.  —  II.  Langlois,  >  DuCampdeCésaret  de  laCité 
voisin  de  la  ville  de  Dieppe,  »  p.  9.  —  ■■  Calai,  de  la  Bibliot.  publ.  de  Dieppe,  ■  p.  346. 
l.,  rom.,  franq.  et  norm.,  >  p.  397-410. 

i 


.-r-  .i^  - 

près  Moulineaux  (i);  la  troisième  manifestation  vient  d'avoir  lieu  à  la  Côte  des  Caillettes, 
près  Saint-Wandrille  (2). 


VASE-i  rASLLia  (FRANCE  BT 


art  DK  LIMBS. 


a  GELTiQLEa.— HocLunADx. 


^ 


POTERIES  CELTIQDES  DE  BODCI.LES  ET  DE  HOULINEAUX  (SEIIE-INFCRIEI'RE). 

(1)  "  Sépull.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  .  p.  1-38. 

(!)  ■  Revue  archéol.,  i  noiiv.  sérif ,  annf e  1861 ,  t.  ii,  p.  480-83.  -  «  Bull,  de  la  Soc.  des  (tnliq.  do  Norm,,  1. 1", 
p.  450-53. 


-■l\>- 


POTXUBI  CELTIQUES  (NOBMANUK  ET  ttCAIlDIZ). 

Ces  objets  meubles  sont  les  seuls  qui  nous  soient  venus  des  Calèles  et  des  Vélocasses. 
Complétons  le  tableau  en  ajoutant  les  immeubles,  c'est-à-dire  les  monuments  adhérents 
au  sol  et  qui  en  font  encore  partie.  Nous  en  connaissons  surtout  de  six  espèces  :  les  fosses 
ou  tuguria,  les  ferrières,  les  tertres,  les  pierres  vénérées,  les  fontaines,  les  camps  ou 
enceintes  fossoyées. 

Assez  généralement  on  est  porté  de  nos  jours  à  attribuer  à  des  habitations  gauloises  ces 
fosses  profondes  et  mystérieuses,  que  l'on  retrouve  dans  nos  taillis  et  dans  nos  forêts,  sur 
les  plaines  et  surtout  au  penchant  de  nos  collines.  Quelques-unes  d'entre  elles  portent  des 
noms  étranges,  d'autres  sont  accompagnées  de  traditions  et  de  légendes.  Ici  on  les  nomme 
fosses-à-loups,  ailleurs  mardelles  ou  margelles.  Chez  nous  ce  sont  des  Clos-Blancs  et  des 
'êckeux  (1).  Dans  la  vaste  enceinte  de  la  Cité  de  Limes,  plusieurs  de  cesexca- 
;  interrogées  par  l'archéologie  qui  a  cru  y  reconnaître  les  vestiges  de  tuguria 


MAiBons  GAULOISES  (COLONNE  AKiToninB). 

igîUe,  dans  les  ■  Hém.  de  la  Soc.  roy.  des  nntiq.  de  France,  ■  2'  Bérie,  t.  iv,  ji.  144,  année  1838 
ollection).  —  BordieretCharton,  ■■  Hist.  de  France  d'aprfis  les  monum.,  »  l.  1",  p.  13,  14,  109.— 
JelaSoc.  d'agric.  del'Aube,  >  t.  XXV,  p.  40-41.  —•  Notice  sur  tes  marges,  margellea  ou  mardelles,  >• 
!  Bussy,  in-8>  de  4  p.,  Uetz,  1802.— i  Bulletin  de  la  Soc.  d'archéol.  et  d'hisl.  de  la  Moselle,  ■  avril  1862. 


cdtiques(i).Oa,eaUquâlGed6raeurwfirde«6sipèi^B^igénéraleihe»t'(iuJcuMivsj^^cotastn^ 
en  bois,  en  roseaux  ou' empailles;  s'enfon^aianti]kltofondéraentd9ii8nleaJl.ilwi5  uknaoïami^ 
écrits  le  révèlent  (2),  et  les  plu*  anaieas/mfltiuthentS'le  déniiôntirept  (B]i  iOéétjà  il'étadei«|^ii»t 
fondie  du  sol  qu'il  appartient  de  résoudre  ce  curieux  problème-(fuéila^^ei«uî^'fe'eatlfibâè 
depuienioins  d'un  demi-sièclBjet<piidéjiïipr(Soccupe  partout  ieB«mi9'de'l'îàitiquitétoalie»ile. 


r.AVLOia    DÉFENDANT  SA  MAISON. 

De  son  côté,  l'histoire  nous  apprend  que,  dés  les  temps  les  plus  anciens,  les  Gaulois 
exploitaient  et  travaillaient  le  fer.  «  Apud  Gallos  magnac  ferrante ,  »  disait  César.  Il  nous 
semble  que  noire  pays  montre  encore  les  traces  éclatantes  de  cette  grande  et  primitive 
industrie.  Ici  ce  sont  des  fosses  profondes  accompagnées  de  buttes  énormes  qui  portent, 
selon  les  lieux ,  le  nom  de  Fosses  fenières  ou  de  Buttes  faisières  (4) ;  là  ce  sont  des  mon- 

(1)  Feret,  •  Soc.  arehéol.  de  l'nrrondiss.  de  Dieppe,  »  p,  iO,  13,  U.  —  Id.,  n  Mt'ni.  de  la  Soc.  des  anliq,  de  Norm.,  » 
«nnée  1826,  p.  1-tOO.  —  U.  Lnnglois,  »  Du  Camp  de  Cfsar  et  de  la  Cité  do  Limes,  ^  p,  9.  —  ■  La  Cité  de  Limes  ou  le 
Camp  de  César,  à  Braquemont,  près  Dieppe,»  p.  10. 

(2)  ■  Plusieurs  peuples,  dit  Viinive,  ne  construisent  d'fdiflces  qu'avec  des  branches  d'arbres,  des  roseaux  et  de  la 
boue.  C'est  ce  qui  a  lieu  en  Gaule ,  en  Espagne  et  dans  les  îles  Britanniques.  » 

(3)  La  colonne  Anlonine  et  un  bas-relief  antique  du  Louvre  servant  de  pif  destai  à  une  statue  de  Uelpomène.  — 
Par  labierfveillancedesfdileurs  de  «  THisl.  de  France  d'après  les  inonuni.,»  nous  pouvons  reproduire  ici  cesdeuï 
documents  historiques. 

(1)  Des  fossts  faisières  et  des  iulltt  faisiirrs  se  voient  encore  û  Valtetot-sur-Mer,  à  SaiiA-Léonard,  dans  le  Bols 
des  Hogues,  et  au  Bois  de  BoqucloD,  près  Ffcanip. 


_  (ja  — 

t^jne^de^sporiWicaohôesirfailBaflà iieisou-deB  bottches'dè  laitier,  formant  des  croûtes 
^iaifi8esi<aln  ffl«h.lile  ïio8iipluSiancibn&;vilJflgeS'i(l)j  Les-noii^  «harbons  qui  accompagnent 
peo^dptt'^loeft'Vdé^étè'lintompnfi^éiQOigtient^'feux  ardents  q^^^  alimentaient  ces  usines 
Ôteiftte'depuisi-desiiiièc^sjnr'iM.nM  /,■■■  v^' •  ■••  ■■  i.,i.--'.i  ■  i.  '■ 

■'\lm\lBiUésjpiXi6iiiniilii,vAgiei-ooim<^tkis,  GoaifaQ  on  Icâ  appelle  dans  le  pays  de  Caux, 
fiirenl  abondamment  semés  sgr  notre  sot;  et ,  malgré  de  fréquentes  destructions,  ces  émi- 
nences  sont  encore  nombreuses  parmi  nous.  Mais  il  estdifficiledeleur  assigner  une  orij^ne 
fixe  el  précisa;  nous  croyons  même  qu'il  y  aurait  erreur  et  témérité  à  leur  donner  une . 
source  unique,  une  provenance  commune.  Mais  si  quelques-unes  doivent  être  attribuées 
aux  Gallo-Romains,  aux  Francs  et  même  aux  hommes  du  Nord ,  nous  pensons  aussi  qu'un 
grand  nombre  peuvent  être  reporlées  jusqu'aux  Gallo-Belges, 

Mais,  pour  une  classification  de  ce  genre  faite  à  priori,  noire  science  se  reconnaît  impuis- 
sante ;  car  ce  n'est  que  dans  le  sein  de  ces  masses  de  terre  que  se  trouve  le  secret  de  leur 
origineet,pourainsiparler,  leur  acte  de  naissance.  Malheureusement,  quand  on  obtient  ce 
résultat  important  pour  l'archéologie  et  l'histoire ,  le  monument  lui-même  a  disparu  (2). 


MOTTES  OU  TUMVLI. 

t  le  monde  archéologique  s'est  montré  plus  rassuré  vis-à-vis  des  pierres  et 

ies  amas  de  laitier  et  as  scories  fi  Mod  treuil- en- Caux ,  au  Bosc-le-llard ,  à  Bell  encombre,  à 
B9-les-Eaux  et  à  Ferrifires-en-Bray, 

1  France,  en  général ,  mais  surtout  les  départements  du  Nord,  du  Pas-de-Calaia,  de  la  Somne, 
-dennes,  sont  couverts  de  ces  tertres  ou  monticules  Taits  de  mains  d'hommes,  de  forme  ronde, 
vA  portent  bien  dos  noms  différents,  selon  les  lieux  où  ils  se  trouvent,  mais  que  les  eavanta 
er  sous  ceux  de  tombelles  ou  lumutvs.  ■>  «  Bulletin  de  la  Soc.  acad.  de  Laon , .  t,  xi,  p.  81-8Î. 


—  3â  — 

des  fontaines,  surtout  lorsque  ces  monuments,  naturels  ou  artificiels',  oftt' éié  OU  SdAt  ettcôre 
entourés  de  légendes  sacrées,  de  traditions  mystérieuses,  et,  par-de(5sus  tout;  OhHqiiè'ftîs 
qu'ils  furent  l'objet  d'une  croyance,  d'une  pratique  superstitieuse  ou  d- un 'cullé  pHpiAm^. 

Les  dolmens,  les  menhirs,  les  allées  de  pierres,  fréquents  vers  la  Loire,  sdht  rareà  où 
inconnus  aux  bouches  de  la  Seine.  On  cite  cependant  un  ou  deux  dolmens  danfe  là  fortt  de 
Rouvray,  et  nous-même  avons  cru  en  reconnaître  un  reste  à  la  TornioleàQ  Piérreflque  (1) 
dont  le  nom  est  significatif. 

Les  autres  pierres  vénérées  sont  des  roches  frustes  et  à  peine  dégrossies,  des  pierres 
branlantes  ou  tournantes  à  demi-formées.  Les  unes  affectent  la  forme  d'un  siégé  feômme 
la  Chaire  de  Gargantua,  ou  d'un  vaste  parasol  comme  la  Pierre  Gante  de  Tancarville.  Tous 
ces  rochers,  enfants  de  la  nature  ou  de  l'art ,  sont  environnés  de  traditions  poétiques  et  de 
légendes  romanesques.  Ils  sont  aussi  le  théâtre  d'apparitions  nocturnes,  de  danses  féeriques 
et  de  cérémonies  cabalistiques  (2).  Leur  nom  même  indique  le  sens  caché  qu'on  y  attache  : 
c'est  la  Pierre  d'État,  la  Pierre  du  Bonheur^  le  Clos-Blanc,  la  Chambre-aux-Demoiselles, 
le  Fauteuil  des  Géants,  le  Tombeau  du  Géant,  la  Pierre  tournante,  le  Pain  bénit,  la  Roche- 
aux-Diables,  la  Pierre  d'Enfer  (3)  ou  la  Marche  du  Trésor  (4). 

Après  les  pierres,  et  peut-être  avant  elles,  l'élément  naturel  auquel  nos  pères  ont  rendu 
l'hommage  le  plus  long  et  le  plus  durable,  ce  sont  les  ruisseaux ,  les  mares  et  les  fontaines. 
Bon  nombre  de  ces  sources  sacrées  sont  parvenues  jusqu'à  nous,  entourées  de  prestiges  et 
de  croyances,  encore  l'objet,  non  de  la  vénération ,  mais  de  la  superstition  des  masses.  Ces 
eaux ,  l'objet  du  culte  de  nos  ancêtres,  auxquelles  les  païens  nos  pères  offrirent  tant  de 
monnaies,  tant  d'ex-voto,  tant  d'images,  devinrent  le  sujet  d'une  lutte  longue  et  acharnée 
à  la  naissance  du  christianisme.  L'apôtre  du  Christ  ordonnait  impitoyablement  de  combler 
ces  sources  et  ces  mares  vénérées  ;  et  chaque  fois  qu'elles  ont  échappé  à  la  proscription  géné- 
rale, ce  fut  probablement  après  avoir  été  sanctifiées  par  le  baptême  des  premiers  chrétiens. 


{{)  Canton  de  Griquetot,  arrondisBement  du  Havre. 

(2)  A  propos  d'un  grand  nombre  de  ces  pierres,  le  peuple  prétend  que,  la  nuit  de  Noël,  pendant  la  Grénéalogie  de  la 
Messe  de  minuit,  elles  tournent  en  se  promenant  autour  de  la  fosse  qui  les  contient.  M.  Veau-Delaunay  raconte,  dans 
les  a  Mém.  de  l'Acad.  celtique,  »  t.  iv,  p.  305-7,  qu'à  U  kilomètres  de  Blois,  entre  Pont-Levoy  et  Thenay  (Loir-et-Cher), 
on  trouve  dans  im  champ  une  pierre  qu'on  appelle  \sl pierre  de  minuit;  on  assure  qu'elle  tourne  tous  les  ans,  à 
minuit,  pendant  la  nuit  de  Noël.  —A  Vaudencourt  (Oise),  au  lieu  dit  la  Côte  du  Petit-Marais,  est  un  menhir,  dit 
la  pierre  tournante,  tournant  sur  lui-même  aux  nuits  de  Noël  et  de  Saint-Jean  l'Evangéliste.  —  Il  existe  encore  une 
autre  pierre  au  lieu  dit  la  Haute-Borne,  qui  tourne  la  nuit  de  la  fôte  de  saint  Jean-Baptiste.  —  Frion,  «  Nouv.  Précis 
de  statist.  sur  le  canton  de  Chaumont-en-Vexin,  »  p.  103.  —  M.  Graves  doit  en  parler  dans  sa  Notice  archéolog.  — 
A  Boury  (Oise)  sont  encore  des  pierres  dites  pierre*  tournantes.  ««  D'après  l'opinion  populaire,  dit  M.  Frîon,  ces 
masses  font  une  révolution  sur  elles-mêmes  dans  la  nuit  de  Noël.  »  Id.,  ibid.,  p.  112.  —  A  Trumilly  (Oise)  est  une 
pierre  frite  qui  tourne  sur  elle-même  à  certains  jours.  Woillez,  «  Répert.  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  182. 

(3)  A  Guines  (Pas-de-Calais),  le  vieux  port  romain  s'appelle  le  Trou  d*Enfer.  Dans  le  département  de  Saône-et- 
Loire,  on  trouve  le  nom  de  Trou  d*Enfer  appliqué  à  des  excavations.  Pratbemon ,  o  Mém.  de  la  Commiss.  d'archéol. 
de  la  Haute-Saône.  »  —  FI.  LeÛls,  a  Rech.  sur  la  configurât,  des  côtes  de  la  Morinie,  >»  p.  135. 

(4)  Guilmeth,  «  Hist.  de  la  ville  et  du  canton  d'Elbeuf,  «  p.  23. 


E»(ï|i?peffl4oprtfimi  nou&rewwBaissonaeesnMres^  ces  fontaines,  ces  eaux  sacrées,  vivantes 
aujdisïiarïies,;  à4eux  sigoes  certains  :  de  celles  qui  furent  supprimées  par  la  violence  ou  qui 
di^^r^tnatiiriellBn[>ent,le  peuple  a  conservé  le  souvenir,  et  leur  disparition  est  presque 
fpujûuî:^  leptpurée  de  légendes  et  de  traditioqs  mystérieuses  ;  celles  qui  coulent  encore 
reçpÎYCptj  à  certainea  fêtes  de  l'année,  des  baigneurs  de  tout  âge  et  de  tout  sexe,  surtout  de 
jt^çq  ïsnfents;  que  l'on  plonge  dans  ces  eaux  avec  autant  de  foi  que  dans  celles  du  baptême. 

Mais  il  est  des  temps  gaulois  un  débris  solennel  qui  est  arrivé  jusqu'à  nous  pour  nous  faire 
aàffûi:^r  la  puissance  du. bras  de  nos'  ancêtres  :  nous  voulons  parler  des  grandes  enceintes 
fosgiojfées,  de  ces  caropB  dits  de  César,  vieilles  cités  retranchées  qui  étonnent  les  générations 
présentes  absolument  comme,  au  tonps  de  Tacite  (1),  les  campements  des  Kymris  faisaient 
Vadnuration  des  Germains  des  bords  du  Rhin. 

Ces  vastes  désert?,  aujourd'hui  revêtus  de  taillis  et  de  joncs-marins,  furent  jadis  pleins  de 
peuples  et  de  troupeaux.  A  la  période  des  peuples  pasteurs,  dont  l'Orient  nous  a  conservé 
la  fidèle  image,  ces  enceintes  durent  jouer  un  rôle  au  milieu  des  migrations  et  de  la  marche 
perpétuelle  des  peuples  primitifs.  Nous  fûmes  tous  Orientaux  à  l'origine  des  choses,  et  les 
Arabes  du  désert  reprodiiisent  assez  bien  nos  premiers  pères.  Les  peuples  nomades  de  nos 
OOtQtréies  étiuent  sans  nul  doute  fds  de  cet  Orient  d'où  nous  venons,  et  il  est  vraisemblable 
qu^  la  langue,  la  civilisation ,  l'industrie ,  les  mœurs,  les  croyances  et  les  traditions,  vinrent 
avec  nos  ancêtres  des  lieux  où  le  soleil  se  lève. 


GITÏ   DE  LIMKS  OV  CAMP   DB  CKSAn,   A    BHAQUEMOnT,  mÈS  DIEPPE. 

la  Seine  et  les  bords  de  la  Manche ,  les  coteaux  qui  encaissent  nos  rivières 
ateaux  qui  dominent  nos  plaines,  ont  gardé  à  travers  les  siècles  des  terras- 
enceintes  qui  fatiguèrent  les  bras  des  générations  passées,  et  que  les  géné- 
Les  n'ont  même  pas  le  courage  de  détruire.  Ces  camps  restent  parmi  nous 

1»  Iat«  vestigia  manent  (Cimbronim)  utràque  ripa  castra,  ac  spatia  quorum  ambitu  nunc  quoque 
anusque  gentis  et  tam  magni  exercilûs  fldein.  •  Tacite,  n  Germania,  »  c.  xxxvii. 


—  24—' 

comme  de  gigantesques  berceaux,  que  les  enfants  conservent  et  vénéreiit  pour  marquer 
d'où  ils  viennent  et  indiquer  la  marche  qu*ont  suivie  leurs  aïeux  (1). 


ÉPOQUE  ROMAINE. 


►  •     '  : 


«  Sous  Auguste  ou  sous  Tibère ,  les  Calètes  et  les  Vélocasses,  qui  jusque-là  avaient  jfait 
partie  de  la  Belgique  (2),  furent  incorporés  à  la  Celtique ,  autrement  dite  Gauloise ,  dont 
les  limites  étaient  renfermées  primitivement  entre  la  Garonne,  d'une  part,  la  Seine  et  la 
Marne ,  de  l'autre  (3).  Cette  grande  province  prit  alors  le  nom  de  Lyonnaise  (4). 

«  Il  est  bien  probable  que  c'est  au  premier  des  empereurs  romains  issu  de  la  famille 
Julia,  que  la  capitale  des  Calètes,  dont  le  nom* gaulois  est  resté  incertain,  dut  celui  de 
Juliobona  (5),  qui  revit  dans  le  nom  de  Lillebonne  (6).  Rouen,  capitale  des  Vélocasses, 
conserva  son  nom  primitif. 

t  En  passant  de  la  Belgique  à  la  Lyonnaise  (7),  les  Vélocasses  et  les  Calètes  restèrent 
distincts  et  séparés.  Le  géographe  Ptolémée ,  qui  écrivait  sous  les  Antonins ,  nomme  les 
deux  peuples  et  cite  Rouen ,  VarofjLAyo^,  comme  la  cité  des  premiers,  et  Lillebonne ,  it/MoCoy*. 
comme  la  cité  des  seconds  (8).  C'est  le  premier  écrivain  de  l'antiquité  qui  prononce  le 
nom  de  ces  deux  villes. 

«  Assez  longtemps  après ,  sous  Dioclétien  (284-305),  la  Lyonnaise  fut  divisée  en  deux 
provinces,  première  et  seconde.  Rouen  devint  la  métropole  de  la  seconde  Lyonnaise': 
preuve  de  l'importance  que  cette  ville  avait  acquise  et  qu'elle  devait ,  sans  aucun  doute , 

(1)  Beaucoup  de  camps  sont  renfermés  dansia  Seine-Inférieure  ;  nous  citerons  ici ,  parmi  les  plus  remarquables  : 
la  Cité  de  Limes  ou.  le  Camp  de  César f  près  Dieppe;  le  Camp  du  Canada^  près  Fécamp;  le  Camp  de  Moriagne^  à 
Incheville,  près  Eu  ;  le  6?a/e/î>r,  à  Veulettes  et  à  Varengeville-sur-Mer;  les  Camps  de  Sandouville  et  de  Boudeville 
sur  la  Seine  ;  le  Camp  de  la  Bouteillerie,  à  Varneville-les-Grès  ;  celui  du  Bois-de4a'SaUe,  à  Touffreville-la-Corbeline  ; 
le  Mont  Grippon,  àBeaubecjle  Mont  Sainte-Catherine,  kRouen;  les  Vieux  Châtias,  à  Valmont-,  le  Dois  des  Mottes, 
à  Etoutteville-sur-Mer  ;  et  le  Camp  des  Cateliers  ou  les  Portes  de  la  Ville,  à  Varengeville-sur-Seine,  près  Duclair. 

(2)  a  A  Scalda  ad  Sequanam  Belgica,  »  dit  Pline  rAncien,  liv.  iv,  c.  xvii. 

(3)  César,  «  Gommentarii,  »  lib.  i,  c.  i  :  «Galles...  a  Belgis,  Matrona  et  Sequana  dlvidit.  »  —  «  A  Sequana  ad 
Garumnam  Celtica  eademque  Lugdunensis,  v  dit  Pline,  lib.  iv,  c.  xvii. 

(4)  On  assure  que  ce  fut  TanTde  J.-G.,  sous  son  6*  consulat,  dans  une  assemblée  tenue  à  Narbonne,  qu'Auguste 
créa  cette  division  des  Gaules  qui  dura  trois  siècles.  G.  Petit,  «  Essai  sur  un  tomb.  gallo-rom.  trouvé  à  Louviers 
en  1860,  »  p.  9. 

(5)  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  2. 

(6)  M.  E.  Gaillard  était  disposé  à  voir  dans  le  nom  de  Juliobona  un  bienfait  de  César  lui -môme.  Il  s'appuyait  en 
ceci  sur  un  mot  d'Hirtius  qui  dit  que  César  pacifia  les  Gaules  :  «  Honorificè  civitates  appellando  ;  »  et  M.  Amédée 
Thierry,  dans  son  «  Hist.  des  Gaules,  »  t.  ni,  p.  238,  explique  ce  passage  en  disant  que  le  proconsul  agréa  que 
certaines  villes  prissent  son  nom.  M.  Gaillard  complète  sa  démonstration  en  rapprochant  Juliobona  (Lillebonne)  de 
Julio-Magus  (Angers)  et  û'Àuffusto-Magus  (Senlis).  «  Notice  sur  la  statue  pédestre  de  marbre  blanc,  »  p.  6  et  38. 

(7)  «  Lugdimensis  Gallia  habet  Galletos,  »  dit  Pline,  lib.  iv,  c.  xvn. 

(8)  Lib.  II,  c.  vui. 


—  25  — 

_7ir  — 


^:(fu^]fim^n^^^^^  ?V^  "'^  grand  fleuve  navigable  et  h,  son  commw^e,  plutôt  qu'à 

sa  grandeiu*  relative.  En  effet,  son  enceinte  jromaine,  dôntqn  connaît  le  tracé  (1),  égale  à 
peine  en  superficie  ledixièniedecelledelavïlleactuelle;  le  contraire  a  eu  lieu  pourLillebonne. 

t  On  croit  que  c'est  lors  de  cette  nouvelle  circonscription  qu'on  ajouta  au  territoire  de 
Rouen ,  afin  de  donner  plus  de  relief  à  la  nquvelle  métropole ,  la  contrée  comprise  entre 
la  Seine  et  la  Rille  et  connue  depuis  sous  le  nom  de  Roumois  (2). 
MtL  )n  îîî^îf^-' -H^^^^^P: -^  Lyonnaise  fut  subdivisée  en  deux  provinces  :  Lyonnaise  deuxième 
^t  l^^onnfi^e  ti^qi^r^  -^^Vi^P  ^^*  encorp  la  métropole  de  cette  nouvelle  deuxième  Lyon- 
np^e  ,^cjui^  sft  trpuya  resi^^eiiji^^e  au  jijays  représenté  par  notre  Normandie  moderne.  Cette 
dernière  divisiojçi,  qui  i^deyait;plif s  varier^  avoir  eu  lieu  sous  Gratien  (375-83). 

j^.€  I^s  pe|iples^de^^  des  Calètes  ne  figurent,  à  aucun  titre  parti- 

cpiierp  d^np  1^§  événçperits  historiques  qui  signalèrent  la  domination  romaine  dans  les 
Croules  et  :^ont  ils  ^iirent  partajger  toutes  les  vicissitudes  politiques  et  militaires.  Cette 
portion  de  l'Empire  était  trop  peu  importante ,  à  défaut  d'événements  majeurs  arrivés  sur 
§^n  jtçrriloire ,  ppurffijxer  l'attention  des  annalistes. 

j«  Nous  savoirs  seulement ,  pour  citer  quelques  faits  en  passant,  qu'en  296,  l'armée  que 
Congtance-Chlore  destinait  à  son  expédition  de  la  Grande-Bretagne  descendit  la  Seine  au 
pays  des  Calîètes,  pour  rejoindre  sa  flotte  à  Boulogne  (3).  Elle  était  commandée  par  le  préfet 
du  prétoire  ;  Asclépiodote  (4).  C'est  à  cette  occasion  qu'Ammien-Marcellin  parle  des  camps 
de  Constance ,  Constanlia  castra ,  qu'il  place  vers  l'embouchure  de  la  Seine  (5)  et  que 
quelques  savants,  à  tort  ou  à  raison ,  croient  reconnaître  dans  les  camps  de  BoudeviUe  et 
de  ^andouville  (6). 

«  Dix  ans  auparavant ,  les  côtes  du  pays  des  Calètes ,  infestées  par  les  Saxons  et  les 
Francs  (7),  avaient  été  défendues  par  Carausius,  chef  de  la  station  romaine  de  Boulogne  (8), 
qui  sTvait  fini  par  s'associer  à  leur  pillage  et  qui  s'était  réfugié  dans  la  Graade-Bretagne, 
où  il  avait  pris  la  pourpre  (9).  > 

(1)  De  Gaumout,  «  Congrès  archéologique  de  France,  séances  génér.  tenues  en  1859,  »  p.  520.  —  «  Précis  analyt. 
des  trav.  de  TAcad.  de  Rouen,  »  année  1860-61,  p.  260.  —  n  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  ■ 
t.  XXIV,  p.  650.  —  «  La  Seine-Inférieure  au  temps  des  Romains,  »  p.  4. 

(2)  A.  Le  Prévost,  a  Annuaire  du  départ,  de  l'Eure,  »  1834. 

(3J  Eumène,  >  Panégyrique,  »  dans  le  «  Recueil  des  histor.  des  Gaules,»  t  i*',  p.  114  :  «  Exercitosquem  Sequana 
m  lluctus  invexerat,  »  dit  Eumène. 

(4)  Tillemont,  «  Hist.  desEmper.,  »  t.  iv,p.  31-32;  —  Lever,  «  Dissertât,  sur  Tabolit.  du  culte  de  Roth,  >p.24. 

(5)  Ammien-Marcellin,  liv.  xv. 

(6)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéol.  pour  servir  d'introduct  à  un  voyage  dans  la  Seine-Inf.  et  Tarrond.  des 
A^ndelys,  «  p.  6.  —  Id.,  dans  le  «  Précis  analyt.  de  TAcad.  de  Rouen,  »  année  1832,  p.  164. —  L.  Fallue,  «  Mém.  sur 
les  trav.  milit.  des  bords  de  la  Seine  et  de  la  rive  saxonique,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Norm.,  » 
t.  IX,  p.  294-95, 300. 

(7)  «  Ad  observanda  Oceani  littora,  quœ  tune  Franci  et  Saxones  infestabant,  positus.  »  Paul  Orose,  lib.  vu. 

(8)  Eutrope,  lib.  ix;  —  Fallue,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Norm.,  »  t.  ix,  p.  294-95. 

(9)  Deville,  dans  le  «  Précis  analyt.  de  l'Acad.  de  Rouen,  ■  année  1839,  p.  186^. 


C'est  également  vprs  le  ui«  $iècle.de  notre  ère  qu'il  faut  placer  sunéwrétiaHeat  quiii'a 
qu'un  caractère  privé,  mais  qui,  à  cette  distance  et.dans  la 4é}4reqse<iedooumeirts,« acquiert 
presque  l'importance  d'un  fait  public.  .   .,    ,  ! 

Une  inscription  sépulcrale  y  conservée,  dans  les  riches  galeries  da  Miasée  lapidaire  àë  LycÂi 
et  trouvée,  en  1846,  au  sein  de  cette  métropole  des  Gaules,  nous  apprend  qu^Hlioïriônis 
Aprilintiarus ,  originaire  de  la  cité  des  Véloeasses  {ex  civitaU  Vehcamum),  était >allé  à 
Lyon,  choisi  pour  être  un  des  colons  du  Lugdunum,  et,  après  avoir  éié  incorporé^ans 
le  collège  des  Utriculaires  de  cette  grande  cité^  y  était  mort  à  l'âge  de  quatre-vingt-cinq  ànsî 
Son  fils,  Aprius  lUioraarus,  lui  avait  dédié ,  sous  le  signe  deVasoia^  ce  monument  Ainèbre 
qui  est  venu  jusqu'à  nous  (1). 

Peut-être  nous  sera-t-il  permis  de  mentionner  aussi  le  passage  de  deux  Césars  gaulois; 
Posthume  et  Tétricus,  dont  les  médailles  sans  nombre  recouvrent  le  eol  de  nos  contrées. 
Ces  deux  grands  dignitaires  de  l'Empire,  qui  ceignirent  la  couronne ,  furent  gouverneurs 
de  la  seconde  Lyonnaise  et  résidèrent  à  Rouen  (2).  Posthume  régna  de  26i  à  267  ;  Tétricus, . 
de  267  à  273.  Tétricus,  ancien  sénateur,  ancien  consul,  gouverneur  de  la  seconde Lyonnadse, 
revêtit  la  pourpre  à  Bordeaux ,  puis  revint  à  Rouen  où  l'on  frappa  des  monnaies  en  son 
honneur  (3).  Quelques  auteurs  lui  attribuent  même  une  borne  milliaire  découverte ,  selon 
eux ,  aux  environs  de  Rotomagus,  dans  le  cours  du  xviie  siècle  (4). 

Les  invasions  saxonnes ,  au  lieu  de  se  calmer,  ne  firent  que  redoubler  dans  le  cours 
du  ive  siècle.  Les  rivages  de  la  Belgique  et  de  la  seconde  Lyonnaise  furent  tellera«ni  envahis 
par  ces  peuples,  qu'ils  en  prirent  bientôt  le  nom ,  et,  dans  l'histoire  de  ce  temps,  \e  Uttus 
saxonicum  marche  de  pair  avec  le  Trac  tus  arnwricm.  Ce  fut  à  tel  point  que  le  gouverne- 
ment impérial  dut  confier  à  im  dignitaire  spécial  la  défense  des  côtes  de  la  Manche. 
Ammien-^Marcellin  appelle  ce  haut  fonctionnaire  «  le  comte  de  la  côte  maritime,  »  et  le  poète 
Ausone ,  gaulois  de  naissance ,  lui  donne  le  titre  de  «  duc  de  la  rive  saxonique  i>  et  te  fait 
résider  à  l'embouchure  de  la  Seine  :  In  duahus  Belgicis  erat  unus  dux  Saxonici  liltoris, 
ad  os  lia  Sequanœ. 

«  La  grande  invasion  de  barbares,  si  éloquemment  décrite  par  saint  Jérôme  (5),  qui 
de  406  à  410  couvrit  les  Gaules  de  ruines,  n'épargna  pas  le  pays  des  Calètes.  Tout  porte 
à  croire  que  Juliobona,  détruite  à  cette  époque,  ne  put  se  relever  de  ses  cendres,  )>  et  que  les 
Calètes,  privés  de  leur  cité ,  furent  annexés  à  celle  des  Véloeasses,  Rouen ,  qui  dut  peut-être 

(1)  Cette  belle  pierre,  haute  de  1  m.  47  et  large  de  60  cent.,  porte  le  n"  465  du  Musée  de  Lyon.  Comarmond, 
«  Description  du  Musée  lapidaire  de  la  ville  de  Lyon,  »  p.  293,  pi.  v.  —  Thaurin,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des 
antiq.  deNorm.,  »t  xxiv,  p.  110-16. 

(2)  Bréquigtiy,  «  Hist.  de  Posthumus,  »  dans  le  s  «  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript,  et  Belles-Lettres,  »  t.  xxx.  — 
Thieury,  »  Saint-Gervais  de  Rouen,  »  p.  15-16. 

(3)  «  Mém.  de  l'Acad.  des  Inscript,  et  Belles-Lettres,  »t.  xxxi.  —  J.  Thieury,  «  Saint-Gervais  de  Rouen,  ■  p.  16. 

(4)  Farin,  •  Histoire  de  la  ville  de  Rouen.  » 

(5)  P.  Hieron.,  «  Epist.  xci,  ad  Ageruchiam.  » 


ài*4ttp  f^i-^toéjipar  suii^  de  la*  difficulté  du  fehbix ,  l'iàvantagô  de  ne  pas  voir  changer 

poï^ipam-an  cehû'derfonpeiipleij'ce  cités  gallo-romaines  (i). 

c  Pour  se  faire  une  idée  de  l'importance  de  la  capitale  dès  Caïètes  avant  cette  catastrophe, 

A  3itffit  d'esfbfoirâr  l'étefcfduë  ^e  terrain  qu'occupent  ses  ruines  et  les  débris  de  son  immense 

.'  Peu '.de  temps  après  lai  destruction  de  Lillebonne,  nous  voyons,  sous  Valentinien  III, 
da)4â3tà  455^  Rouen  figurer  comme  lieu  de  résidence  du  préfet  du  corps  des  Ursariens, 
prmf^tm  miUtunn^  Ursanensium^  (3).  Cette  circonstance  ferait  supposer  que  la  métropole  de 
la  seconde  LyonDaise  n'était  point  entrée  dans  la  ligue  des  provinces  armoricaines  (  Tractus 
armoricus,  dans  laquelle  on  comprend  généralement  toutes  les  côtes  qui  s'étendent  de  la 
Loire  à  la  Meuse),  ligue  qui  éclata  sous  Honorius,  l'an  408.  Ces  provinces,  convaincues 
de  l'impuissance  des  Romains  à  les  défendre  contre  les  excursions  des  barbares,  et  amou- 
reuses de  leur  liberté ,  chassèrent  les  magistrats  et  les  officiers  de  l'Empire  et  se  consti- 
tuèrent en  r^ubKqUe  (4). 

L'histoire  ou  plutôt  les  monuments  écrits  nous  apprennent  infiniment  peu  de  chose  sur 
l'état  des  villes,  bourgs  et  hameaux  de  notre  territoire  départemental  à  la  période  romaine. 
Cependant  nous  sommes  parvenu  à  tirer,  de  divers  éléments  historiques  combinés,  les  noms 
de  sept  villes  romaines  dont  une  chez  les  Vélocasses,  une  chez  les  Aulerques,  quatre  chez 
les  Calètes,  et  une  dernière  que  l'on  peut  aussi  bien  attribuer  aux  Calètes  qu'aux  Amhiani. 

Les  .Vélocasses  paraissent  avoir  possédé  trois  ou  quatre  villes  rangées  sur  la  voie 
romaine  qui ,  de  Troyes  et  de  Paris ,  gagnait  la  mer  à  Caracotinum.  Ces  villes  sont  : 
Botomagm  (Rouen),  Ritwmagus  (Radepont  ou  Fleury-sur-Andelle ) ,  Petromantalum 
(Magny  ou  Arthieul)  et  Briva-Isarœ  (Pontoise),  que  plusieurs  donnent  aux  Parmi.  De 


(1)  C*e$t  ainsi  que  Lutèce,'cité  desPamiï,  prit  à  cotte  époque  le  nom  de  Paris  ;  Samarobrivay  cité  des  Ambianiy 
celui  d* Amiens  ;  Genabum,  cité  des  Âureliani,  celui  d'Orléans  ;  Cépsaromagus,  citédes  Bellovaques,  celui  de  Beauvais; 
Noviomagus,  t;ité  des  Lexovii^  celui  de  Lisieux  ;  Ingena^  cité  des  i46nnca/ui,  celui  d'Avranches  ;  Mediolanum,  cité  des 
Santons,  celui  de  Saintes  ;  Limonum,  cité  des  Piclavii  ou  des  PictonSy  celui  de  Poitiers  ;  Auguslobona,  cité  des  Tri- 
casses,  celui  de  Troyes  ;  Avaricum^  cité  des  DituvigeSj  celnï  de  Bourges;  6>5flrorfunwm,  cité  des  Turones,  celui  de 
Tours  ;  MediolanuiHy  cité  des  Eburoviques  ou  Ebroïciens,  celui  d'Évreux,  etc.  Cependant,  nous  ferons  remarquer 
que  les  plus  anciennes  métropoles  de  la  Gaule,  celles  qui  furent -élevées  à  cette  dignité  sous  les  premiers  Césars,  ne 
changèrent  jamais  leurs  noms.  Ainsi  en  fut-il  de  Lugdunum,  de  RotomagttSy  de  Burdigalay  de  Vierma^  Ù^AreîaSy  de 
Narbona,  etc.  11  en  fût  à  peu  près  ainsi  d'un  bon  nombre  de  villes  du  midi  de  la  Gaule,  telles  que  Marseille,  Embrun, 
Nîmes,  Gap,3éziers,  Orange,  Avignon,  etc.  Il  faut  dire  aussi  que  ces  dernières  villes  avaient  gardé  leurs  noms 
gaulois  et  n'avaient  jamais  subi  le  baptême  de  la  conquête.  Ce  baptême  avait,  sans  doute,  quelque  chose  d'humiliant 
et  d'antipathique  aux  populations,  puisque  le  premier  acte  de  leur  vie  politique  et  indépendante  fut  de  secouer  le 
nom  romain  pour  reprendre  le  nom  antique  et  national.  Le  géographe  Sanson  croit  que  les  villes  elles-mêmes 
s'étaient  donné  ces  noms  latins  par  courtoisie,  crainte  ou  flatterie.  Banville  ajoute  que  ce  fut  sous  Auguste,  fils 
adoptif  de  Jules  César,  qu'avaient  paru  les  noms  nouveaux. 

(2)  Deville,  dans  le  «  Précis  analyt.des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  188. 

(3)  «  Notitia  dignitatum  Imperii,  »  dans  le  «  Becueildes  historiens  des  Gaules,  »  1. 1*%  p.  127. 

(4)  Zozime,  «  De  Gallis,  »  lib.  vi.  —  Devillô,  dans  le  «  Précis  analyt.  des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année 
1839,  p.  186-89. 


ces  différentes  édiles  des  Vélocasses,  une  seule ,  là  cité  mélrôpôlittUfte  j'apfiartiërit  «^r- 
d^hui  au  département  de  la  Seine-Inférieure:  '     .  ,.    ..,•  r  ni»  -^^  m  •-  (i  ).r».vï'»i 

Cette  cité  est  appelée  par  Ptolémée  Và>To^Ayory  par  TltinérairelfAnltoriittlj  Làmnê^um^i 
par  Ammien-Marcellin ,  Rotomagi;  par  la  Table  de  Petrtirigef,  Roiommfuè;  pdi^W  N^m 
des  dignités  de  TEmpire,  Rotomago,  et  parla  Notice  des  prtrvincès  Ôe- l'Empire, ^i&i^i^fl^ 
Rotomagensium.  '  '     '     .  *i    " 

La  ville  des  Aulerques  que  possède  le  département  de  la  SeineJnférièurereét  U^g^i 
ou  plutôt  Uggate,  mentionnée  par  Tltinéraire  d'Antonin  et  cpue  nous  fixons  à  Caudebec^^ 
lès-Elbeuf.  :     :    ■! 


f  . 


® 


CARTE  DE  LA  SEINE-INFERIEURE  AU  TEMPS  DES  ROMAINS. 


Les  quatre  villes  desCalètes  sont  d'abord  leur  métropole,  ivAioCom  (Lillebonne),  men- 
tionnée par  Ptolémée ,  et  appelée  également  Juliobona  par  l'Itinéraire  d'Antonin  et  la 
Table  de  Peutinger  ;  Lotum,  cité  par  l'Itinéraire  et  que  nous  plaçons  à  Caudebec-en-Caux  ; 
Caracolinum,  autre  ville  de  l'Itinéraire,  que  nous  fixons  aujourd'hui  à  Harfleur,  et  Gravinum 
de  la  Table  de  Peutinger,  que  nous  supposons  à  Grain ville-la-Teinturière ,  ou  tout  au  moins 
dans  la  vallée  de  la  Durdent. 


-TB»^,jlft)ftegpi^^ç  ville ,,i|*U:»'^^  monvraent  antique,. mais  seu- 

lement par  des  documents  mérovingiens,  est  Augustaqne  nous  plaçons  à  Eu  ou  à  Ouste , 
daas^ilûyallél  cterla  Bi?e3le.  Plusieurs  auteurs  Y^ppeWent  Augmta  Ambianormn,  ce  qui  la 
rwîg^lrtzjtes  Ambimi  dont  elle  était  au  moipa  frontière. 

cuOutore  -qe?  yijles  dont  nous  savons  les  noms,  l'archéologie  nous  a  révélé  bon  nombre  de 
stations  dont  les  plus  importantes  étaient  à  Maulévrier,  à  Barentin,  dans  la  forêt  de  Bretonne, 
à  Étalât  ^  à  Saiûte-Adresse ,  à  Dieppe ,  à  Sainte-Marguerite-sur-Mer,  à  Thiédeville ,  sur  la 
Saâ*ef,ià>  Cany^  à  Beauville4a-Cité,  à  Archelles,  près  Arques,  à  Dijeon,  près  Aumale,  à 
Héricourt-en-Caux ,  à  la  cité  de  Forteville,  près  Saint-Victor-FAbbaye,  à  la  cité  de  Dreulles, 
près  Cottévrard ,  à  la  ville  de  Hesdin ,  dans  la  forêt  des  Ventes ,  à  Fécamp  et  à  la  ville 
d'Orival,  près  Fécdimp,kSaussemare,  sur  le  Dun,  mais  surtout  à  Épinay,  près  Mortemer, 
et  à  Cailîy,  ainsi  qu'à  Saint-André-sur-Cailly. 

Les  limites  dans  lesquelles  se  renferme  la  Seine-Inférieure  actuelle  sont  :  au  nord ,  la 
Mandie ,  appelée  alors  Tractus  armoricus  ou  Tractm  armoricanus  ;  à  l'ouest ,  la  Seine , 
nçmmée  Sequana,  et  les  Lexovii  dont  la  cité  était  Novioniagus,  aujourd'hui  Lisieux  ;  au 
midi ,  les  Aulerques-Éburoviques  dont  la  cité  était  Mediolanum,  aujourd'hui  Évreux  ;  la 
pa^ie  des  Vélocasses  qui  est  devenue  le  Vexin  normand  et  le  Vexin  français^  A  l'est  enfin 
2taSpnt  les  Bdilovaques  dont  la  capitale  était  C césar omagus,  aujourd'hui  Beauvais,  et  les 
Ambiani  dont  la  cité  était  Samarobriva,  aujourd'hui  Amiens. 

.  C?est  au  déclin  de  l'Empire  romain  et  au  commencement  des  invasions  du  ve  siècle , 
4u'4pparaît  pour  la  première  fois  l'organisation  ecclésiastique  de  la  seconde  Lyonnaise.  Le 
christianisme  y  avait  été  semé  par  couches  irrégulières,  peut-être  dès  le  ii^  siècle ,  mais  à 
coup  sûr  dans  le  cours  du  m^.  Saint  Denis,  de  Paris,  semble  avoir  évangélisé  les  Vélocasses  (1  ), 
et  saint  Firmin ,  d'Amiens,  les  Calètes  (2).  Saint  Nicaise,  l'apôtre  et  le  martyr  des  Vélocasses, 
ne  pénétra  point  jusqu'à  Rotomagus  (3)  où  saint  Mellon  établit  son  siège  épiscopal,  puis  alla 
moiuir  en  311  au  milieu  des  Calètes,  dans  les  environs  de  Gravinum  (4).  Déjà,  avant  son 
décès  et  peut-être  comme  un  premier  fruit  de  ses  prédications,  sainte  Honorine  avait  arrosé 

(1)  Trigan  dit  que  saint  Denis,  de  Paris,  est  venu  à  Rouen  et  y  a  consacré  un  autel  et  une  église.  «  Histoire  ecclé- 
siastique de  Normandie,  »  1. 1";  —  au  Hanouard,  dans  la  vallée  delà  Durdent,  est  une  fontaine  de  saint  Denis,  où 
l'on  dit  que  le  saint  évoque  de  Paris  baptisa.  «  Les  Églises  de  Tarrond.  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t  n,  p.  122;  2*  édit. 
t.  n,  p.  117. 

(2)  La  légende  de  saint  Firmin,  dans  le  bréviaire  d'Amiens,  range  les  Calètes  parmi  les  peuples  que  cet  évéque- 
martyr  évangélisa.  A  Sommesnil,  dans  la  vallée  de  la  Durdent,  on  montre  une  fontaine  de  saint  Firmin ,  où  Tondit 
que  le  saint  évoque  d'Amiens  a  baptisé.  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1'*  édit.,  t.  ii,  p.  121  ;  2"  édit., 
L  u,p.  116.  Pour  renseignements  plus  complets  sur  ce  sujet,  voir  «  l'Histoire  de  saint  Firmin-le-Martyr,  l"évéque 
d'Amiens,  »  que  vient  de  publier  M.  Ch.  Salmon,  pages  32-38, 288-89. 

(3)  Martyrisé  àGany  (Eure),  vers  l'an  250.  Dadré,  «  Chronologie  historiale  des  arche vesques  de  Rouen,  »  p.  11-14. 

(4)  Pommeraye,  «  Histoire  des  archevêques  de  Rouen,  »  p.  44.  —  «  Gallia  christiana,  v  t.  xi,  p.  6.  —  Dadré, 
«  Chronologie  historiale  des  archevesques  de  Rouen,  »  p.  18-19.  —  Farin,  «  Normandie  chrétienne.  »  —  «  Les  Églises 
de  rarrondissement  d'Yvetot,»  1"  édit.,  t.  n,p.  105-109;  2*»  édit.,  t.  n,  p.  100*105.  —  «  La  Normandie  souterraine,  » 
l'^  édit.,  p.  47;2-édit,p.  57. 


—  aa  —  ' 

de  son  sang  la  voie  qui  conduit  de  Juliobom  à  Cij^acati^utft  {ji\^^ûf^^^^ 
deuxième  évêque  de  Rouen,  nous  apparaît  siégeant  au  milieu  des  pè^es  (iw.prfj]i[rjijçjr  Q 
des  Gaules,  tenu  à  Arles,  le  1er  août  344,  par  ordre  de  l'empereur  QoA5ta\Ptjï|^  ç$,  ^ufjvi^  f ut 
convoqué  tout  l'Occident  chrétien  (2).  C'est  le  premier  acte  ovi  figurjent  les  pp»tife§  de,I\qi^.[ 
La  seconde  Lyonnaise,  comprenant  d'abord  neuf  cités  et  neuf  peuples  (3),,n'ea  ifojîiptftit 
plus  que  sept  sous  Honorius  (4).  Née  à  cette  lamentable  époque,  l'org^misationecclés^as-ï 
tique  se  formula  sur  l'organisation  civile.  Sept  évêchés ,  ayant  leurs  sièges  dans  les  sept 
chefs-lieux  des  cités  antiques  :  Rouen ,  Bayeux  (5),  Avranches  (6),  Évreijx  (7)^  S^e?  î(8)f 
Lisieux  (9)  etCoulances(10),se  trouvèrent  constitués  sous  la  suprématie  du  preiniejr  d'entre, 
eux.  Rouen  était  la  métropole  de  la  province  et  avait  probablement  devancé  ies^  aulLre?  cités 


(1)  Martyrisée  à  Mélamare,  en  303.  —  Les  Bollandistes,  «  Acta  Sanctonim  mensis  februarii.  »  . 

(2)  Estrangin,  «  Études  archéologiques,  historiques  et  statistiques  sur  Arles,  »  p.  260. 

(3)  Ces  neuf  peuples  et  ces  neuf  cités  étaient:  RotwnagvSj  cité  des  Vélocasses;  /ti//ofeonff, cité  des  Caiêtes  ;  Méàio- 
lanuiHy  cité  des  Aulerques-Éburoviques  ;  Noviomagtis,  cïié  des  LexovienB  ;  Àrx^rmt^  cité  des  Vidufcsaases  ;  A\jtpi$^' 
todurum^  cité  des  Bajocasses;  îngena,  cxiè  &qs  Ahrincalui  ;  (7o5«c?ia,  cité  des  Unelli;  VaçoriUtni  ou  Ojcimium^  cité 
des  SoffH. 

(4)  «  Notitia  provinciarum  et  civitatum  Galliae,  »  dans  le  a  Recueil  des  historiens  des  Gaules,  t.  t'%  p.  f22.  » 

(5)  Bayeux,  Avgustodurum  BajocassiuiHy  Ait  évangélisé  par  saint  Exupère,  selon  quelquea-icns,  en  39(h  selon 
d'autres,  au  commencement  du  V  siècle.  Son  2*  évùque  fut  saint  Ruiînien,  et  son  3*  saint  Loup,  mort  vers  465,  a]u 
temps  d'iEgidius  et  de  Childéric.  «  Gallia  christiana,  »  t.  xi,  p.  346-347.  —  Du  Méril,  dans  les  «  Mémoires  de'laSocitSté 
des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiii,  p.  314-323.  —  J.  Desnoyers,  «  Topographie  ecclésiast.  de  U  France,  »  dans 
a  l'Annuaire  de  la  Soc.  de  l'Histoire  de  France,  »  année  1853,  p.  159.  —  Dans  une  dissertation  insérée  dans  la 
Bibliothèque  de  l'École  des  Chartes^t  xxu%  p.  281-322,  année  1863,  et  intitulée  :  Les  Origines  deVévêché  de  Bayeux j 
M.  J.  Lair  met  saint  Exupère,  i"  évèque,  au  iv*  siècle  ;  le  2"  évéque,  qui  est  anonyme,  est  placé  par  lui  au  iv*  ou 
au  V»  siècle.  —  Saint  Rufinien,  rangé  le  3%  est  classé  vers  434?  ou  442  î  —  Saint  Loup,  le  4*,  est  mis  en  434  ?  442  ? 
464  ?  472  ?       , 

(6)  Avranches,  Ingena  Ahrincalium  ou  Abrincensium,  voit  apparaître  son  premier  évoque,  Nepos  ou  Nepus,  au 
concile  d'Orléans,  en  511.  «  Gallia  christiana,  »  t  xi,  p.  466-468.  ->  J.  Dosnoyers,  «  Anmiaire  de  la  Soc.  de  l'Hist.  de 
France,  »  année  1853,  p.  162. 

(7)  Évreux ,  Mediolanum  Aulercorum  ou  Ebroïcensiumy  compte  pour  apôtre  saint  Taurin,  que  quelques-uns  font 
mourir  en  260,  d'autres  en  380  et  un  plus  grand  nombre  en  410.  Saint  Gaud,  son  successeur,  mourut  en  490.  «  Gallîa 
christiana,  »  t.  xi,  p.  565-566.  —  Baillet,  o  Topographie  des  Légendes,  »  p.  393.  —  Chassant,  «  Histoire  des  Évoques 
d'Évreux,  »»p.  1.  —  J.  Desnoyers,  «  Annuaire  de  1853,  »  p.  164. 

(8)  Séez,  Vagoriluin  ou  Oximium  Saïorum  ou  Sagiorum,  fut  évangélisé  par  saint  Latuin,  son  premier  évoque, 
que  quelques-uns  fontmourirvers400.  Le  sixième  pontife  est  Litarède,  ou  Litard,  qui  souscrit  au  concile  d'Orléans 
en  511.  —  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  565-66.  —  Galeron,  dans  les*  «  Mémoires  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  31.  «  Gallia  christiana,  »  t.  xi,  p.  674-675.  —  Baillet,  «Topographie  des  Lé- 
gendes, »  p.  491.  —  <r.  Desnoyers,  «  Annuaire  de  la  Soc.  pour  1853,  »  p.  166. 

(9)  Lisieux,  Neomagus  ou  Noviomagus  Lexàviorum,  ne  marque  son  premier  évoque,  Theudebaud,  que  de  538  à 
549.  «  Gallia  chrjstiana,  »  t.  xi,  p.  761-66.  —  J.  Desnoyers,  «  Annuaire  pour  1853,  »  p.  169. 

(10)  Coutances,  Cosedia  ou  Consianlia,  cité  des  Vnelliy  a  pour  premier  évoque  saint  Ereptiole,  que  quelques,-UHS 
font  disciple  de  saint  Germain  d'Auxerre,  tandis  que  d'autres  le  disent  converti  à  Rouen  :  il  mourut  en  475.  «  Gallia 
christiana,  »  t.  xi,  p.  863-64.  —  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  » 
t.xi,p.  t.—  L'abbé  Lecanu,  «  Histoire  des  Évêques  de  Coutances,»  p.  23.  —  «  Histoire  de  l'église  gallicane,  »  t.  !•'> 
p.  302,  édit.  de  1823.  —  Dom  Beaunier,  «  Recueil  hiat.,  »  t.  u,  p.  784.  —  Fallue,  a  Histoire  de  l'église  métropolitaine 
de  Rouen,  v  t.  iv,  p.  517-  —  J.  Desnoyers,  «  Annuaire  pour  1853,  ^  p.  171. 


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dSœf  eta£fîfeseA'ilôiit4*ê^liéi^  de  la  religion  chrétienne,  et  c'est  à  cette  double  circonstance 
c/^èWé^Wk  dû' tét  avantage 

^tmë'éHosèïjm  à  droit  de  surprendre  tous  ceiix  qui  s^occupent  d'histoire  et  surtout  de 
Fbî^TO  dés  églises,  c  est  que  Julio  bon  a,  qui  fut  une  capitale,  n'ait  pas  d'évêque  à  nous 
oitrlf  â  rét)oqué  romaine,  La  puissante  cité  des  Calètes ,  toute  mutilée  par  la  main  des 
Bâi'bai^és,  n^  pu  former  un  diocèse  au  berceau  de  la  monarchie  française.  Ceci  prouve , 
nijlàs  î  jusqu'à  quel  point  ce  fertile  pays  de  Caux ,  tout  couvert  d'établissements  romains, 
avàît  eu'  à  souffrir  des  invasions,  et  de  quelle  chute  profonde  était  tombée  leur  capitale, 
puisque  le  christianisme,  assez  fort  pour  sauver  l'ancien  monde,  ne  put  la  faire  sortir  de 
^m  tombeau.  Il  est  vrai  qu'au  vn^  siècle  nous  voyons  le  Castrum  des  Francs  tenter  une 
i>ésurrection  diocésaine  au  moyen  d'un  siège  éphémère  ;  mais  ce  dernier  effort  ne  servit 
^'à  démontrer  de  plus  en  plus  son  impuissance  à  sortir  de  la  fosse  profonde  où  les  bar- 
bares l'avaient  enseveli. 

lii^  puissance  romaine  allait  baissant  et  s'éteignant ,  dans  les  Gaules,  devant  les  in  valons 
smcëssives  des  peuples  du  Nord.  La  portion  d'outre-Seine  de  la  deuxième  Lyonnaise,  par 
sa  position  reculée  et  occidentale,  eut  moins  à  souffrir,  dans  le  cours  du  v^  siècle,  des 
incursions  des  barbares,  qui,  après  avoir  franchi  le  Rhin  et  ravagé  ses  bords,  étaient 
pressés  de  se  jeter  sur  le  midi  de  l'Empire ,  que  des  excursions  des  pirates  qui  désolèrent 
plus  d'une  fois  ses  côtes.  Mais  enfin  les  Francs  débordent  sur  la  Gaule  et  la  rangent  tout 
entière  sous  leur  domination.  La  seconde  Lyonnaise  fut  obligée  de  subir  le  joug  de  Clo\is, 
vers  l'an  497  (2).  Ici  finit  l'ère  des  Romains;  l'ère  des  Francs  va  commencer  (3). 

ÉPOQUE  FRANQUE. 

La  période  franque^se  partage  habituellement  en  mérovingienne  et  en  carlovingienne , 
division  qui  est  toute  chronologique  et  qui  représente  les  deux  grandes  familles  qui  régnèrent 
sur  les  Gaules  et  sur  une  portion  de  la  Germanie,  depuis  l'an  500  jusqu'à  l'an  iOOO. 

Mais,  parmi  nous,  la  donaination  franque  finit  au  x^  siècle ,  époque  où  la  conquête  nor- 
mande commence  pour  devenir  définitive  en  912*  Par  période  franque,  nous  entendons 
donc  pour  notre  pays  la  double  domination  mérovingienne  et  carlovingienne. 

Pendant  ce  cycle  de  quatre  siècles,  nous  commençons  à  posséder  quelques  documents 
écrits,  rares  encore,  mais  enfin  donnant  de  petits  détails  sur  le  pays  qui  nous  occupe. 

(1)  Deville,  dans  le  «  Précis  analytique  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  190. 

CQ Suivant  BuUet,  «Mémoire  sur  la  langue  celtique,»  Clovis,  après  avoir  réuni  toutes  les  tribus  franques,  ne 
comptait  dans  ses  États  que  30,000  combattants  de  sa  nation,  a  Bulletin  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Picardie,  o 
année  1859,p.  113.  —  D'aprèsM.  Guizot,  cité  par  M.  de  Caumont,  a  Cours  d'antiquités  monumentales,  »»t.  m,  p.  542, 
la  bande  de  Francs,  conduite  par  Clovis,  n'était  que  de  5  à  6,000  hommes.  -  La  nation  entière  des  Burgondes  se 
composait  à  peine  de  60,000  habitants.  De  Caumont,  ibid.,  t.  m,  p.  542. 

(3)  Deville,  dans  le  •  Précis  analytique  de  l'Académie  de  Rouen,  «année  1839,  p.  190. 


-  32  — 

L'ensemble  de  ce  pays,  qui,  à  partir  de  912,  s'appellera  la  Normandie,  qm,.  avant  497,  se 
nommait  la  Gaule  Lyonnaise,  porta  au  vie  siècle  le  nom  de  France  ou  de  iiéroving^e  (i). 
Cependant,  sous  les  descendants  de  Clovis,  notre  contrée,  devenue  le  royaume  occidental  des 
Francs,  prendra  le  nom  de  Neustria  ou  de  Neustrie.  C'est  ainsi,  en  effet,  que  la  nomment, 
au  vue  siècle ,  Frédégaire  et  les  hagiographes.  j 

Cette  Neustrie ,  qui  était  beaucoup  plus  étendue  que  la  Normandie  actuelle,  se  part^eajit 
en  pagi  ou  pays. 

Le  département  de  la  Seine-Inférieure  paraît  avoir  renfermé  trois  et  peut-être  quatre  àe 
ces  pagi  mérovingiens  ou  carlovingiens. 

Le  premier  est  \epagtis  Rotomagensis  dont  le  chef-lieu  était  à  Rouen ,  appelé  alors  Rotomu^, 
Rodmntis  ou  Rodomo.  Cepagus,  qui  était  limité  d'abord  par  la  Rançon  ou  rivière  de  Saiat- 
Wandrille,  allait  par  les  Baons,  Motteville,  Tôtes,  Saint-Victor-l'Abbaye ,  Cailly  et  Buchy, 
jusqu'à  la  vallée  de  l'Andelle  dont  il  descendait  le  cours.  Au-delà  de  la  Seine,  il  partait 
d'Elbeuf  pour  gagner  la  Rille  par  la  plaine  du  Neubourg.  Les  points  principaux  de  cepagus, 
ceux  du  moins  qui  sont  restés  dans  la  Seine-Inférieure,  étaient  les  deux  puissantes  abbayes 
mérovingiennes  de  Genieticum  etdeFontanelh  (Jumiéges  elSmnt-VfdJiàn\\e)yDuroclarum 
(Duclair),  Barentmum  (Barentin),  le  monastère  de  Pauliacum  (Pavilly),  Calliacum  (Cailly), 
LongumrPedamm  (Longpaon ,  aujourd'hui  Damétal),  Oscellum  (Oissel),  Burnent,  nommé 
plus  tard  Wellebou  et  Caldebec  {Elhenî  et  Caudebec-lès-Elbeuf  j  ;  mais  ces  deux  points  d\QVS 
appartenaient  en  grande  partie  au  pagtis  Ebroïcensis  ;  Arelaunum  (  le  palais  A'4i^elame 
avec  sa  forêt,  Arelaunensis  sylva  ),  aujourd'hui  Vatteville  et  la  forêt  de  Brotonne;  le  palais 
de  Vetera-Domus  que  l'on  ne  sait  trop  où  placer  (2),  et  enfin  Pistis  (le  palais  de  Pitres), 
qui  ne  fait  plus  partie  du  département. 

Le  second  pagus,  plus  grand  que  le  premier,  était  le  pagus  Caletensis,  qui  n'eut  pas  de 
capitale  proprement  dite  après  la  chute  de  Juliobona,  mais  dont  le  gouverneur  franc, 
connu  sous  le  nom  de  comte  de  Caux ,  cornes  Caletensis  ou  Calciacensis,  dut  résider  à 
Fécamp,  port,  abbaye  et  château,  qui  devinrent  le  séjour  de  prédilection  de  nos  premiers 
ducs  normands.  Les  points  principaux  àupagu^  Caletensis  étaient  alors  :  Harflor  (Harfleur), 
Villare  (l'Abbaye  de  Montivilliers),  Quite-fleda  (Vittefleur),  Vellaco?  (Veules),  VaUnont, 


(1)  A  quelle  époque  la  Gaule  commença-t-elle  à  porter  le  nom  de  France  ?  C'est  là  une  question  intéressante  et 
curieuse  qui  a  exercé  plusieurs  grands  érudits,  en  tête  desquels  il  faut  placer,  au  siècle  dernier,  l'abbé  Lebeuf  et, 
dans  le  nôtre,  M.  B.  Guérard,  hommes  éminents  auxquels  aucun  point  d'histoire  nationale  ne  fut  indifférent  ou 
étranger.  Sans  entrer  dans  le  cœur  d'une  question  aussi  ardue,  aussi  complexe,  nous  dirons  qoe,  pour  cette  çeconde 
Lyonnaise  que  nous  habitons,  le  nom  de  Francia  remplaça  celui  de  Gallia^  dès  le  milieu  du  vi*  siècle,  époque  où 
l'établissement  des  Francs  parmi  nous  devient  incontestable  et  définitif.  —  Voir  Lebeuf,  «  Dissertation  dans 
laquelle  on  recherche  depuis  quel  temps  le  nom  de  France  a  été  en  usage  pour  désigner  une  portion  des  Gaules  ;  » 
in-12, 1740. 

(2)  J'ai  vu  ouvrir  quelque  part  l'opinion  que  VeUra-Domus  était  le  vieux  manoir  près  Cailly.  C'est  l'abbé  Lebeuf, 
je  crois,  qui  émet  cette  idée;  je  la  crois  fondée,  surtout  s'il  y  a  deadéil^ris  aqiti^es  au  Yieux-Manoir. 


,1 


—  53  — 

Ttu' Jiji//i,_jnf.  /w    ...  '^\    .  ^        î „    .      .    __.  . 

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éyecnej,  enï^nLHinum  ou  Èvrardi  Ecclesia  (le  Bourg-Dun),  et,  pour  terminer,  les  abbayes 

éphémères  dé  Lôgium  et  de  Belcinac. 

Le  troisième  ;?a()fW5  était  le  pays  de  Talou,  pagusTalogiensis,  depuis  lecomlé  d'Arqués. 

Ce  pagm  apparaît  au  vii^  siècle,  et,  selon  quelques  savants  d'un  grand  mérite,  il  n'est  qu'un 

démembrement  du  pays  de  Caux  (1)  d'où  il  semble  sorti  comme  l'enfant  du  sein  de  sa  mère. 

Quoique  M;  Guérard  lui  assigné  poUr  chef-lieu  Envermeu  (2),  localité  mérovingienne  fort 

importante,  il  est  vrai,  cependant  nous  pensons  que  le  centre  principal  fut  Arcas,  le 

Caiirmd* Arques  auquel  succéda  plus  tard  la  ville  de  Dieppe,  connue  d'abord  sous  le  nom 

'de  Bertheville.  Les  points  principaux  du  pagus  furent  :  Edremau  ou  Evremou  (Envermeu , 

ai  riche  en  sépultures  mérovingiennes),  Warinna  (Bellencombre),  Britenevallis  (Bemeval- 

Ïe-Grand),  Septemolas  (Sept-Meules),  Torcy,  Luneracum  (Luneray),  Gauriactim  (Gueures), 

Vithicdm  CVilly-sur-Yère),  Longueville,  Saint-Victor  et  Auffay,  l'ancien  Isnelville. 

'  '  Le  quatrième  fagus  était  le  pagus  Bracensis,  ou  pays  de  Bray,  qui  paraît  avoir  fait  d'abord 

^jjârtië  àxx  pagus  Rotomagensis.  Ce  grand  territoire  géographique,  composé  de  la  longue  vallée 

dé  Bray  et  de  ses  affluents,  portait  peut-être  le  nom  de  pagus  dès  le  vu*  ou  le  vra*  siècle. 

Siàtîs  chef-lieu  connu,  il  me  paraît  avoir  eu  pour  points  principaux  :  Driencuria  (le  vieux 

VHentùurt,  depuis  Neufchâtel),  Mortemer-sur-Eaulne ,  Gornacum  (Gournay-en-Bray), 

NdifurH-Mercatum  (Neufmarché,  siège  d'un  concile  normand),  Buris  (Bures,  titre  de 

doyenné),  L(>ndtnarwr5  ( Londinières ),  Sanctus  Salvit^-in^Brago  (Saint-Saire-en-Bray), 

Aiisûiacum  (Auchy,  depuis  Aumale),  Monasterium  Oolerii  (Montérollier),  et  Cetta  SancH 

Sidonii  (Saint-Saëns). 

Enfin  le  cmqmème  pagus ,  celui  qui  apparaît  le  dernier  dans  l'ordre  chronologique  et  aussi 

par  son  importance,  est  lepagurs  Augensis,  depuis  le  comté  d'Eu*  Ancienne  ville  romaine, 

siège  d'un  château  et  d'un  vaste  archidiaconé ,  l'antique  Augusta,  connue  au  temps  des 

Francs  sous  le  nom  diAuga,  à'Augum,  d'Austa  ou  d'Auva,  dut  toujours  être  le  chef-lieu 

d'une  division  administrative.  D'abord  resserrée  entre  le  Vimou  et  le  Talou  (3),  la  juri- 

dietion  de  YOu  paraît  ne  s'être  étendue  que  de  la  Bresle  à  l'Yère.  Plus  tard,  au  temps  des 

(1)  M.  Guérard,  «  Provinces  et  pays  de  France,  »  dans  «  l'Annuaire  historique  de  la  Société  de  THistoire  de 
France,  »  année  1837,  p.  80  et  138.  —  A.  Le  Prévost,  «  Anciennes  divisions  territoriales  de  la  Normandie,  »  dans  les 
«  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  4-5. 

(2)  Guérard,  «  Annuaire  historique  de  la  Société  de  THistoire  de  France,  »  année  1837,  p.  138. 

(S)  Suivant  M.  Estaacelin,  qui  noiis  parait  avoir  raison,  le  comté  d'Eu  fit  anciennement  partie  du  Talou  dont  il 
ftitdétadié  à  l'époque  où  le  Talou  devint  le  comté  d'Arqués.  «  Histoire  des  comtes  d'Eu,  •  p.  19*20.  —  «  De  tout 
tomps,  dit  louis  Froland,  le  comté  d'Eu  a  finit  partie  du  noble  pals  de  Gaux.  »  «  Mémoires  ooucemans  le  comté- 
pairie  d'Eu,  »  p.  5.  —  Cependant  M.  Prarond,  d'Abbeville,  d'après  dom  Grenier  et  quelques  auteurs  picards,  lo 
croient  un  démembrement  du  Ponthieu.  Prarond,  «  Hisi  de  cinq  villes  et  de  trois  cents  viliafree,  ham.  et  ferm.,  » 
1**  partie,  p.  tinetLXV.  —  Gonsolter  aussi,  sur  la  topographique  firanque^  le  Mémoire  publié  par  M.  Semiohon^  de 

5 


L     ^ 


—  84  — 

comtes  normands ,  elle  s'étendit  jusqn'à  Penly,  au  lieu  où  le  Val-des-Gomtes  sépare  le 
comté  d'Eu  de  celui  d'Arqués.  Ce  pagus,  toutefois,  n'apparaît  gnàre  qu'à  l'époque  norm^t^âe: 
nous  le  proposons  timidemmt  et  ne  lui  donnons  guère  pour  points  principaux  que  Blangy^ 
Foucarmont  ou  l'ancien /iw<  Théodore,  le  Tréport,  Criel,  Curborius?  Virlakum  (Villy), 
Sept-Heules  et  Gemmapium  (Gamaches)  qui  n'est  plus  dan&fio^  département. 

Neufchàtel,  sous  le  titre  de  «  Quelques  pagi  picards  et  normands,  in-8«  de  36  p.,  Paris,  1862.- (Extrait  de  la  «  Revue 
archéologique  »  de  janvier  et  mars  1862,  t.  v  de  la  nouvelle  série).  ^  Bèsle  siècle  dernier,  à  propos  du  moi  dunum^ 
Tabbé  Lebeuf  avait  parlé  du  TaUou  ou  Teliau  d'une  manière  fort  embrouillée.  «  Mercure  de  France  >«  d*avril  1736, 
p.  619-747. 


VOJES  ROMAINES  DE  LA  SEINE-INFÉRIEURE. 


I 


PRÉLIMINAIRES. 


C'est  le  siècle  dernier  qui  a  commencé  sérieusement  parmi  nous  Tétude  des  voies  ro- 
maines. Déjà  cependant,  au  xviie  siècle,  Bergier  avait  inauguré  ce  mouvement  archéolo- 
gique par  son  important  ouvrage  sur  les  grands  chemins  de  l'Empire  (i)  ;  mais  ce  grain  de 
sénevé  ne  devait  rapporter  que  cent  ans  plus  tard  (2).  L'Ancienne  Académie  des  Inscriptions 
et  Belles-Lettres  ouvrit  le  recueil  de  ses  mémoires  à  des  dissertations  sur  cette  matière,  et 
un  érudit  normand ,  M.  l'abbé  Belley,  y  retraça  plusieurs  des  voies  de  sa  patrie  (3). 

L'Académie  de  Rouen ,  l'une  des  filles  de  l'Académie  française ,  ne  resta  pas  étrangère 
à  cet  élan  patriotique,  et  quoique  à  son  berceau,  la  jeune  Compagnie  vit  deux  de  ses  membres 
les  plus  éminents,  les  abbés  Saas  (4)  et  Terrisse  (5),  retracer  devant  elle  les  voies  romaines 
de  la  Normandie.  Précédemment,  ils  avaient  eu  le  courage  d'aborder  l'Itinéraire  d'Antonin 
et  la  Table  de  Peutinger.  A  la  même  époque ,  la  Picardie  donnait  un  bel  exemple,  et  son 
historiographe ,  dom  Grenier,  traçait  d'une  main  savante  et  vraiment  bénédictine  tout  ce 
réseau  de  la  seconde  Belgique  dans  une  mémorable  Introduction  qui  n'a  vu  le  jour  que 
depuis  vingt  ans  seulement  (6). 

(1)  Bergier,  «  Histoire  des  grands  chemins  de  TEmpire  romain ,  «  1  vol.  in-4*,  Paris,  1622. 

(2)  Id.,  2-  édition,  2  vol.  in-4%  Bruxelles,  1729. 

(3)  Uabbé  Belley,  «  Mémoires  sur  une  voie  romaine  qui  conduisait  de  Tembouchure  de  la  Seine  à  Paris  (16  Juin 
1744),  »  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  648-71 .  —  Id.,  «  Disser- 
tation sur  Juliobona,  ancienne  capitale  des  peuples  Caleti,  »  ibid.,  p.  623-47,  édit.  in-4».  —  Id.,  ibid.,  édit.  in-8*, 
t  xmui,  p.  300-42,  p.  273-299.  —  «  Mémoire  sur  une  voie  romaine  qui  passoit  de  Valognes  à  Vieux,  près  Caen,  et 
ensuite  &  la  ville  du  Mans  (2  juillet  1756),  »  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettrée,  » 
t.  xxvm ,  p.  475-80,  édit  in-4».  —  «  Observations  sur  deux  voies  romaines  de  Condate,  Rennes  en  Bretagne  et  jusque 
dans  le  fond  du  Cotentin  (19  août  1774),  »  dans  les  «Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  » 
t.  XLi,  p.  563-82,  édit.  in-4*'. 

(4)  Le  Père  Lelong  dit  que,  le  17  avril  1755,  l'abbé  Saas  lut  à  l'Académie  de  Rouen  «  un  Mémoire  sur  les  voies 
romaines  de  Normandie.  »  Ce  mémoire  était  alors  dans  les  archives  de  cette  Compagnie.  «  Bibliothèque  historique 
de  France,  »  t.  !•%  p.  10,  n»  85,  édit.  de  Fevret  de  Fontette,  en  1768.  — Cotton  des  Houssayes,  «  Eloge  hist-  de  l'abbé 
Saas  »  dans  les  «  Pièces  relat  à  l'Acad.  de  l'Immac.  Concept,  de  la  Sainte-Vierge  à  Rouen ,  pour  les  années 
1772-1775.  • 

(5)  «  Précis  analytique  des  travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  •  t.  v,  p.  308,  et  nos  «  Églises  de  l'arrondissement 

de  Dieppe,  «»  t.  i*»,  p.  235-36. 

(6)  Dom  Grenier,  «  Introduction  à  l'Hist.  gén.  de  la  Picardie,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antlq.  de  Pic,  • 
t.  m,  p.  422 à  518,  et  221  à  265,  in-4*. 


'.'i 


—-36  — 

De  nos  jours,  et  depuis  trente  ans  surtout ,  l'oeuvre  a  étérefprifeédetaosèdt&àfrec.iiBfe  i 
ferveur  nouvelle  et  des  succès  marqués.  Le  signal  de  ces  recherches  a' été  Awiné  pterhs': 
Sociétés  archéologiques  qui ,  à  l'exemple  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie  /si'^ 
sont  fondées  dans  presque  toutes  les  villes  importantes  de  hos  déparlemienls.  NottS'iA(6i'; 
querons  en  quelques  lignes  les  travaux  qui  sont  parvenus  à  notre  comiaissaùceu     ■      '  • 

Le  premier  des  écrivains  normands,  et  peut-être  des  écrivains  français,  que  iKniS  ayottfe 
à  signaler  ici ,  est  M.  de  Caumont  qui ,  dès  4830,  dans  un  Cours  d'antiqmtés  mormmeniatBs 
professé  à  Caen  et  qui  est  demeuré  célèbre,  essaya  de  débrouiller  le  chaos  des  voies 
romaines  pour  l'ouest  de  la  France ,  notamment  pour  la  Basse-Normandie.  Dians  cette 
première  étude,  importante  pour  son  époque,  il  s'attacha  surtout  à  montrer  l'intérêt  qtte 
trouvent  les  éludes  historiques  à  faire  revivre  pour  la  Gaule  Vltinéraire  d'Antonin  et  la 
Table  Théodosienne  (1).  En  même  temps  que  le  fondateur  de  nos  congrès  scientifiques 
publiait  ces  principes,  M.  Auguste  Le  Prévost,  les  mettant  en  pratique  dès  4832,  dotait  le 
département  de  l'Eure ,  sa  terre  natale ,  du  réseau  complet  de  ses  voies  antiques  (5).  Après 
lui,  un  des  doyens  de  l'archéologie  normande,  M.  de  Gerville,  de  Valognes,  reprenait,  pow 
le  Cotentin  (3)  et  la  Basse-Normandie  (4),  l'œuvre  de  l'abbé  Belley,  tandis  que  M.  MangOn 
de  La  Lande  tentait  un  travail  analogue  pour  le  pays  de  Caux  (5),  et  que  M.  Vaugeois,  de 
Laigle ,  esquissait  les  voies  de  l'arrondissement  de  Mortagne  (6). 

Pendant  que  M.  de  Gerville  révélait  les  voies  du  département  de  la  Manche,  M.  Chaudrufc 
de  Crazannes,  de  Castel-Sarrazin ,  restituait  celles  du  département  du  Gers,  d'après  les 
itinéraires  anciens  (7).  Mais,  en  4840,  M.  Graves,  de  Beauvais,  mieux  inspiré  et  appartenant 
à  une  meilleure  école  que  le  précédent,  rétablissait ,  d'après  les  monuments,  les  anciennes 
chaussées  de  l'Oise  (8).  En  4855,  il  complétait,  après  quinze  années  de  recherches  et  de 
vérifications,  son  premier  essai  déjà  si  digne  d'éloges  (9).  En  4845,  M.  Bizeul,  de  Blain, 
déroulait,  dans  le  Bulletin  monumental,  les  anciennes  voies  de  la  Bretagne  et  du  Mor- 

(1)  De  Caumont,  «  Cours  d'antiq.  momum.,  »  t.  n  et  ni.  Ère  gallo-romaine,  p.  90  à  154. 

(2)  A.  Le  Prévost,  •  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  in-8»  de  114  p.,  Évreux, 
1833,  et  «  Recueil  de  la  Société  d'Agriculture,  etc.,  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  297-326,  Évreux,  1832. 

(3)  De  Gerville ,  «  Becherches  sur  les  villes  et  les  voies  romaines  du  Cotentin ,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  t.  v,  p.  1-60. 

(4)  Id.,  «  Des  villes  et  voies  romaines  en  Basse-Normandie  et  de  leur  communication  avec  le  Mans  et  Rennes,  » 
in-8*  de  v  et  94  p.,  Yalognes,  1838.  —  Id.,  «  Supplément  au  Mémoire  sur  les  villes  et  voies  romaines  de  la  Basse- 
Normandie,  »  in-8*,  Valognes,  1841. 

é  (5)  Mangon  de  La  Lande  a  esquissé  les  voies  de  Lillebonne  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  t.  m,  p.  215-16. 

(6)  Yaugeois,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Normandie,  »  t  v,  p.  97.  —  De  Caumont^  «  Cours  d'antiq.  monum.,  > 
t.  n,  V  partie,  p.  135.  * 

(7)  Chaudruc  de  Crazannes,  «  Description  des  voies  romaines  du  département  du  Gers,  d'après  les  anciens  itiné* 
raires,  »  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  zv,  p.  407-20,  1838. 

(8)  Graves,  «  Essai  sur  les  voies  romaines  du  département  de  l'Oise,  »  avec  carte,  dans  le  «  Bulletin  monumen- 
tal, »  t.  VI,  p.  113-55,  1840.  .  ; 

^  Grtives,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  «  V  édèt^  p.  183-296* 


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bflttn  {l,),4Sittdi$.iqueyaW)é  Voisin  oous  donnait,  celles  qui  vont  aboutir  au  Mans  (2),  et 
qtsa  nons-uttèDûe  nous  essayions  celles  de  la  Seine-ilnférieure  et  de  la  Haute-Normandie  (3). 
ÏHoûlaiouche  qui,  en  4847,'  attaquait  si  vigoureusement  l'histoire  de  Rennes,  n'oubliait 
pais  iés  voies  de  l'antique  Condate  (4). 

Depuis  quelques  années  j  une  moisson  plus  abondante  encore  a  mûri  de  toutes  parts. 
Bfti858  eten  4859,  M.  Tudot, 'de  Moulins,  nous  a  présenté  un  excellent  tableau  des  voies 
rommoes  de  l'Allier^  toutes  hérissées  de  leurs  colonnes  milliaires  (5).  M.  Piette  a  retracé 
lôsichaussées  romaines  du  département  de  l'Aisne  (6),  tandis  que  M.  Terninck  entreprend 
celles  du  Pas-de-Calais  (7).  Dans  le  même  volume,  où  M.  Cousin ,  de  Dunkerque,  retrace 
troie  grandes  artères  de  l'ancien  Boulonnais  (8),  M.  Pigault  de  Beaupré  sonde  les  routes 
ailtiques  de  l'arrondissement  de  Dunkerque ,  et  celles  qui  rayonnèrent  jadis  autour  de 
Gassel ,  l'ancien  Castellum  Morinorum  (9). 

N'oublions  pas  l'artère  de  Toulouse  à  Agen,  retracée  par  M.  Chaudruc  de  Crazannes  (40), 
celles  delà  vallée  d'Aoste,  rétablies  par  M,  Aubert  (4  4),  et  enfin  les  Itinéraires  des  départe- 
ments de  la  Moselle  et  de  l'Yonne,  reconstitués  par  MM.  Abel  (42)  et  Victor  Petit  (43). 

Enfin,  excité  par  l'exemple  que  donnait  en  Allemagne  un  prince  de  sa  famille  (44),  Sa 


(1)  M.  Bizeul ,  «Happort  sur  les  voies  romaines  de  l'Anjou,»  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vii,  p.  494- 
502.  —  Id.,  •  Voies  romaines  de  la  Bretagne  et  du  Morbihan,  »  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t,  x,  p.  5-42, 201r258. 

(2)  L'abbé  Voisin ,  «  Mémoire  sur  les  voies  romaines  qui  venaient  aboutir  au  Mans ,  »  dans  le  «  Bulletin  monu- 
mental, »  t.  X,  p.  450-61. 

(3)  «  Voies  romaines  de  l'arrondissement  du  Havre ,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Nor- 
mandie ,  »  t.  XIV,  p.  150-69. 

(4)  Toulmouche ,  «  Histoire  archéologique  de  l'époque  gallo-romaine  de  la  ville  de  Rennes,  comprenant  les 
voies  qui  partaient  de  cette  cité  et  celles  de  leur  parcours,  »  décrit  les  voies  rom.  de  Condate  et  du  départ.  d'Ille- 
el-Vilaine,  de  la  page  230  à  284,  in-4%  Rennes,  1847.. 

(5)  B.  Tudot,  «  Études  des  voies  romaines  de  l'Allier,  »  dans  «  L'Art  en  province.  Revue  du  Centre ,  •  1858-59, 
in-4*  avec  texte,  carte  et  planches.  —  Id.,  a  Carte  des  voies  romaines  du  département  de  l'Allier,  »  in-4*  de  17  p., 
tvec  carte  et  2  planches. 

(6)  Piette,  «  Voies  romaines  de  Reims  à  Arras  et  de  Reims  à  Amiens,  »  dans  le  «  Bulletin  de  la  Société  acadé- 
n^que  de  Laon,  »  t  vm,  1858.  —  Id.,  «  Voies  romaines  de  l'Artois  et  de  la  Picardie,  »  dans  le  «  Bull,  de  la  Soc. 
acad.  de  Laon,  »  t.  vn,  viu  et  ix,  années  1858  et  1859.  —  Id.,  «  Les  voies  romaines  de  l'Aisne,  »  25  p.  in-8*,  dans  le 
«  Bail,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t.  x,  1860,  p.  159-182.  —  Id.,  n  Bull,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t  xi,  p.  266-294. 
Enfin ,  en  1862 ,  il  a  donné  ses  «  Itinéraires  gallo-romains  dans  le  départ,  de  l'Aisne ,  »  in-8*  avec  15  planches. 

(7)  A.  Terninck,  «  Promenades  archéologiques  sur  la  chaussée  romaine  d' Arras  à  Lens,  »  in-4«,  Arras,  1860. 

(8)  Cousin,  •  Trois  voies  romaines  du  Boulonnais,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise,  »  t  vi, 
p.  400-23,  avec  carte. 

^  (9^  Pigault  de  Beaupré,  «  Reconnaissance  des  voies  locales  existant  au  v*  siècle,  »  avec  carte,  dans  les  a  Mémoire! 
de  la  Société  Dimkerquoise ,  »  t.  vi,  p.  75-91. 
(W)  Chaudruc  de  Crazannes,  •  Recueil  des  trav.  de  la  Soc.  d'Agric,  Sciences  et  Arts  d'Agen,  i»  1. 1",  1860. 

(11)  Aubert,  «  Voies  romaines  de  la  vallée  d'Aoste,  »  dans  la  «  Revue  archéologique  d'août  1862,  »  t.  viu,  p.  65  à 
SO,  nouvelle  série  ;  avec  colonnes  milliaires,  inscriptions  et  ponts  romains. 

(12)  Abel,  «  Les  Voies  romaines  dans  le  départ,  de  la  Moselle,  »  in-8*  de  31  p. 

(1^  Victor  Petit,  «  Itinéraire  des  voies  gallo-rom.  qui  traversent  le  département  de  ITonne.  »  Paris,  1851,  in-8* 
de  52  p.,  avec  carte. 
(14)  8.  A.  R.  le  comte  GuiUamne  de  Wurtemberg,  gouverneur  d'Uhn  et  président  de  toutes  leiiSociétâe  aroàêo- 


—  38  — 

É    ■       •■ 

Majesté  l'Empereur  Napoléon  III  a  fait  un.  appel  à  tous  les  savants  de^a  Frai^ce  et  a  ^éé 
une  commission  topographique  spéciale,  afin  de  ressusciter  toutes  les  voies  f^omaines  (k 
ia  Gaule,  qui  revivront  ainsi  dans  un  monument  national  (1). ,  ,' 

Sous  cette  puissante  influence ,  la  plupart  des  Sociétés  archéologiques  dé  France  onjl 
stimulé,  par  un  pressant  appel,  le  zèle  de  leurs  membres,  et  elles  ont  proposé  des  prix^  pour 
les  meilleurs  mémoires  sur  les  voies  romaines  de  nos  provinces.  Nous  citerons  surtpirt 
comme  modèles  les  progi-ammes  publiés  dans  ces  dernières  années  parla  Société  ^des 
Antiquaires  de  Normandie  et  par  celle  des  Antiquaires  de  Morime. 

Ces  désirs  et  ces  vœux  étaient  sans  doute  dans  l'atmosphère  qui  nous  entoure  et  d?uis  Ts^ir, 
que  nous  respirons,  car  de  toutes  parts  on  a  vu  surgir  toute  une  forêt  de  travaux  sur  les 
anciennes  routes  de  notre  patrie.  Déjà  nous  aurions  peine  à  compter  ceux  qui  sont  écîos 
de  la  Méditerranée  à  l'Océan,  mais  surtout  entre  le  Rhin  et  la  Loire.  Qu'il  nous  suffis^  de 
citer,  parmi  nos  provinces  les  plus  empressées  à  répondre ,  le  Roussillon  (2),  l'Alsace  (3), 
la  Bourgogne  (4),  la  Champagne  (5),  le  pays  Charlrain  (6),  le  Vermandois  (7)  et  le  Cana- 
brésis  (8).  La  Belgique  elle-même  a  senti  le  mouvement  français,  et  déjà  plusieurs  de  ^ 
savants  tentent  de  compléter  le  réseau  gallo-romain  (9). 

C'est  aussi  pour  répondre  au  double  appel  de  la  science  et  du  pouvoir  que  nous  avons 
essayé  de  résumer  ici  ce  que  trente  années  de  travaux  et  de  voyages  dans  la  Seine-Inférieure, 
nous  ont  appris  sur  les  voies  romaines  de  ce  département. 

Quoique  nous  ayons  longtemps  étudié  nos  routes  et  nos  voies  antiques,  nous  confessons 
cependant  que  nous  sommes  encore  peu  avancé  dans  leur  connaissance.  Il  y  en  eut  sans 
doute  un  bon  nombre  dans  nos  régions  sous  la  domination  du  peuple-roi.  Jusqu'ici  nous 
n'avons  pu  en  reconnaître  que  quelques-unes  bien  marquées  et  bien  caractérisées  dans 
le  voisinage  de  la  Seine ,  où  nous  apparaissent  aussi  les  débris  des  villes  romaines  dont  le 
souvenir  nous  est  resté. 

logiques  de  rAUemagne,  qui,  en  1847,  avait  dressé  une  carte  romaine  de  l'ancienne  Souabe.  Moniteur  umvenel 
du  22  septembre  1864,  p.  1161 ,  col.  5. 

(1)  «  Le  Moniteur  universel»  du  18  juillet  1858;  du  27  février  1859;  du  24  mars  1860. 

(2)  «  La  Voie  romaine  de  l'ancien  Roussillon,  »  par  M.  Alart,  64  p.,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  agric,  scientlf. 
et  littér.  des  Pyrénées-Orientales,  »  xiv  vol.,  année  1859. 

(3)  Le  colonel  de  Morlet,  «  Notice  sur  les  Voies  romaines  du  département  du  Bas-Rhin,  »  in-8*  de  71  p.  8¥»c 
carte.  Strasbourg,  1861. 

(4)  Quantin ,  «  Mém.  sur  les  Voies  romaines  qui  traversent  le  département  de  ITonne,  »  Mss.  avec  carte;  «  Bttvue 
des  Sociétés  savantes,  »  2«  série,  t.  vi,  p.  423-24. 

.    (5)  PistoUet  de  Saint-Feijeux,  «  Notice  sur  les  Voies  romaines,  les  Camps  romains  et  les  Médailles  de  la  Hamte- 
Mame;  »  32  p.  et  i  pL,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  hist.  et  archéolog.  de  Langres,  »  t.  !•»,  1860. 

(6)  De  Boisvillette,  «  Études  sur  les  Voies  anciennes  de  la  cité  Camute,  »  Mss.  «  Revue  des  Soc.  sav.,  »  %•  série , 
t.  VI,  p.  423-24,  et  «  Journal  général  de  llnstruction  publique  »  du  12  mars  1862,  p.  175. 

(7)  M.  Gomarta  esquissé  les  voies  romaines  de  VAugusla  des  Vermandois ,  aiijourd'hui  le  Camp  de  Vermanâ, 
dans  les  «  Archives  histor.  et  littér.  du  Nord  de  la  France,  »  Z*  série,  t.  ix,  p.  310-11. 

(8)  Bruyelle,  «  Chaussées  romaines  du  Cambrésis-  »  —  Houzé,  «  Voies  romaines  de  l^brrondissement  d'Avesnos,  » 
dans  es  «  Mém.  de  la  Soc.  d'Émulat.  de  Cambrai,  »  t.  xxvi,  1"  partie,  1859. 

(9)  Roulez,  «  Observations  sur  les  Voies  romaines  de  la  Belgique,  »  în-4»  de  17  p.,  Oand,  1860. 


—  3Ô  — 

Nous  ne  dissimulerons  pas  au  lecteur  disposé  à  nous  suivre  dans  le  laborieux  itinéraire 
que  nous  allons  entreprendre^  que,  malgré  toutes  nos  peines,  nous  devons  appliquer  aux 
chaussées  roipaines  de  la  IJîormandie  ce  que  le  colonel  de  Morlet  disait  naguères  des  voies 
dié  rÀlsace. 

€  Ces  routes  antiques  n ayant  laissé  sur  le  sol,  sauf  deux  ou  trois  points,  aucunes 
marques  certames  de  leur  existence ,  il  a  fallu ,  pour  retrouver  leurs  traces ,  recourir  aux 
ù^àitiohs,  étu(iier  l'étymologie  des  noms  des  cantons  et  des  chemins  ruraux ,  et  surtout 
intOTOger  les  fragments  d'antiquité  qui  apparaissent  de  loin  en  loin  comme  de  véritables 
jalons  de  cette  restitution  topographique  (1).  d 

Pour  rappeler  ici  avec  quelque  méthode  ce  que  nous  en  savons,  nous  nous  placerons  au 
sein  des  deux  antiques  cités  que  renferme  le  département,  car  c'est  de  là  que  partaient  et 
c*est  là  que  venaient  aboutir  toutes  les  artères  de  communication  établies  dans  ces  contrées^ 
Nous  indiquerons  ensuite  les  chemins  qui  conduisaient  aux  villes  secondaires  et  aux  simples 
stations. 

Avant  d'entrer  en  matière,  donnons  quelques  notions  préliminaires  sur  les  divers  noms 
des  voies  romaines  et  sur  la  mesure  des  anciens  itinéraires. 

Les  noms  que  portent  les  voies  romaines  sont  divers  selon  les  pays  et  selon  les  temps. 
En  Normandie ,  ils  se  tirent  de  différentes  sources ,  variant  au  gré  des  localités  ou  des 
époques.  Ainsi,  les  uns  se  prennent  des  fondateurs,  des  possesseurs  ou  des  réformatexu^  de 
ces  voies,  et  l'on  dit  :  la  rue  Césarine  (2),  le  chemin  de  César  (3),  le  chemin  des  Romains  (4), 


(i)  Le  colonel  de  Morlet,  «Notice  sur  les  Voies  romaines  du  département  du  Bas-Rhin,  o  p.  6. 

(2)  A  Lillebonne  :  voir  «  LaNormandief  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  104;  2«  édit.,p.  118.  —  «  Les  Églises  de  Tar- 
Tondissement  dTvetot,  »  1"  édit.,  1. 1*',  p.  151  ;  2*  édit.,  t.  i*»,  p.  167. 

(3)  •  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  155, 167.  —  «  Les  Églises  de  l'arrondis- 
sement dTvetot,  »  1"  édit.,  1 1*%  p.  151  ;  2*  édit.,  t.  !•',  p.  167.  —  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  départe- 
■ttst  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  184.  —  De  Caumont,  «  Cours  d'antiquités  monumentales,  »  t.  ii,  p.  152.  —  A  Saveme, 
la  grande  voie  consulaire  qui  vient  de  Strasbourg  s'appelle  Kaiser  strasse.  Le  colonel  de  Morlet,  «  Notice  sur  les 
Voies  romaines  du  département  du  Bas-Rhin,  »  p.  118.  —  La  voie  romaine  d'Auxerre  à  Langres  est  appelée 
rmite  de  César.  Victor  Petit,  «  Itinéraire  des  Voies  gallo-romaines  dans  l'Yonne,  »  p.  51.  —lien  est  à  peu  près 
de  môme  des  autres  voies  antiques*,  id.,  ibid.,  p.  111.  —  A  Tours,  la  voie  se  nomme  te  chemin  des  Césars.  — 
L*abbé  Bourassé,  «  Congrès  archéol.  de  France,  séance  générale  de  1858.»  p,  675.  —  Le  testament  de  saint  Remy, 
de  Reims,  nomme  la  grande  route  militaire  de  Rome  à  Boulogne  via  Cxsarea.  Dom  Grenier,  Introduction 
dans  les  tMém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Pic.  1 1.  xi,  p.  40. 

(4)  «  Les  Églisesde  l'arrondissement  dTvetot,  »  i'*  édit.,  t.  i^,  p.  151,  257,  271  ;  V  édit.,  t.  i",  p.  167,  271,  284. 
—  QraveS)  «Notice  archéol.  sur  le  départ,  de  l'Oise, »  2*  édit,  p.  184.  —  A  Le  Prévost,  «  Notice  hist.  et  archéol. 
sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  76-77.  —  AMontpotier  et  à  Plessis-Barbuise  (Aube),  la  voie  deTroyes  à  Meaux 
«rappelle  le  chemin  des  Romains,  D'Arbois  de  Jubainville,  «  Répertoire  archéolog.  de  l'Aube,  »  p.  97.  —  A  Onjon 
(Aiil>e},  une  voie  romaine  est  appelée  chemin  des  Romains,  Ibid.,  p.  121.  —  La  grande  voie  militaire  qui  va  de 
Slrai^iourg  à  Saveme  (Très  Tahemm)  est  appelée  Romër  strasse,  à  Eilttolsheim.  Le  colonel  de  Morlet,  «  Notice  sur 
les  Voies  romaines  du  Bas-Rhin,  »  p.  18,  et  Romër  strasse,  près  Seltz,  p.  21.  —  Dans  la  Lorraine,  les  voies  antiques 
portmt  le  nom  de  Romerberg  et  de  Romerweg,  «Bulletin  de  la  Soc.  d'hist.  etd'archéol.  delà  Moselle,  »  3*  année, 
^  137.  ^  A  FoQiaine-lès-Luxeuil  (Haute-Saône),  la  voie  de  Mandeure  à  Luxeuil  s'appelle  le  chemin  des 
§U»naim,  •  Mém.  de  la  Commiss.  d'archéol.  de  la  Haute-8a6ne,  t  t.  ii  ,  p.  32. 


-^'40  - 

la  chaussée  Brune  haut  ou  d<9  ta  reine  Brunehaut  (i),  \e  pavé  du  Rot,  la  route 
Boyale,  le  chemin  du  Boi,  quemin-le-Roy  ou  le  pavement  du  Roy  nostre  sire  (2).  Les 
autres  n'ont  en  vue  que  le  terme  où  elles  aboutissaient ,  cette  ville  de  Rome ,  tête  et  cèntjre  de 
TEmpire,  vers  laquelle  tout  devait  tendre  et  converger.  C'est  ainsi  qu'à  Arques  on  dit  encore 
la  rue'de  Rome(S\  et  à  Grainville-la-Teinturière  (l'ancien  Gravinum),  la  ruette  de  Rome(i)y 
absolument  comme  à  Montans  (Tarn)  on  dit  le  chemin  de  Borne  (5).  Ailleurs,  on  ne  fait 
attention  qu'à  leur  largeur  ou  à  leiu*  élévation  au-dessus  du  sol ,  et  on  dit  :  la  grande-rue  (0), 
la  haute-rue  (7),  ou  le  chemin-haussé  (8).  Plus  loin ,  c'est  la  nature  de  leur  pavage  ou  4e 
leur  encaissement  qui  sert  pour  les  qualifier,  et  de  là  leurs  dénominations  vulgaires  de 
chaussée,  cauchie,  être,  étrée,  chemin  ferré  {strata  calceia),  où  l'on  retrouve  la  chaux  et 
le  silex  employés  dans  leur  confection  (9).  Enfin,  dans  quelques  localités,  on  ne  tient 
compte  pour  les  nommer  que  de  leur  antiquité  et  de  leur  longue  durée  ;  c'est  alors  la  vieiUe 

(1)  Estancelin,  «Hist.  des  comtes  d'Eu,  »  p.  11.  —  «Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Normandie,  »  t.  ni,  p.  ^7, 
t.  XIV,  p.  167.  —  €  Etretat,  son  passé,  son  présent  et  son  avenir,  »  ch.  m.  —  Cousin,  «  Mém.  de  la  Soc.  Dunker- 
quoise,  »  t.  vi,  p.  403,  404,  405,  406,  409,  414.  Dans  tout  le  Boulonnais,  l'Artois  et  la  Picardie,  le  nom  de  chaussée 
Brunehaut  ou  Burnehaul^  appliqué  à  des  voies  antiques,  était  très  commun  au  siècle  dernier.  M.  Cousin  le  trouve 
sur  des  titres  de  1769,  de  1613  et  môme  sur  une  charte  de  1205  :  calceia  Brunehaut^  id.,  ibid.  —  Graves,  «  Notice 
archéol.  sur  le  départ,  de  l'Oise,  »  2«  édit.,  p.  203,  210, 211, 216, 220,  222,  236,  239, 263,  265,  —  Prarond,  «  His*.  ide 
cinq  villes  et  de  trois  cents  villages,  »  1'*  partie,  p.  xxxiu.  —  Piette,  «  Bulletin  de  la  Soc.  académique  deLaon,  » 
t.  X,  p.  163.  —  L'opinion  commime  est  que  le  nom  de  Brunehaut  vient  à  nos  voies  de  ce  que  cette  célèbre  reine 
d'Âustrasie  a  fait  réparer,  de  son  temps,  les  routes  romaines  de  la  Lorraine,  de  la  Champagne  et  de  la  Bourgogne. 
Quoiqu'elle  n'ait  pas  régné  sur  la  Neustrie,  on  croit  communément  que  le  nom  de  Brunehaut  a  été  donné  à  lies 
chemins  par  assimilation.  Cependant,  au  Congrès  archéologique  de  France  tenu  à  Cambrai  en  1858,  des  antiquaires 
ont  émis  l'opinion  que  ce  surnom  n'aurait  rien  de  personnel,  et  que  c'est  Bumehaut  ou  Bomehaut  qu'il  faudrait 
lire  et  dire.  Cette  qualification  viendrait  alors  des  bornes  milliaires  qui  échelonnaient  ces  chaussées.  «  Congrès 
archéol.  de  France  ;  séances  générales  tenues  en  1858,  »  p.  452-53.  —  V.  Petit,  «  Itinéraire  des  voies  gallo-romaii^es 
de  l'Yonne,  »  p.  111.  —  A Porcheux  (Oise),  à  Beauvais,  à  Saint-Thibaut-la-Chaussée,  à  Liancourt,  etc.,  les  yoles 
antiques  sont  appelées  chaussées  Brunehaut  \  «  Répertoire  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  15,  17,  40,  450. 

(2)  a  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Normandie,  ■  t.  xix,  p.  152,  et  t.  xxrv,  p.  556.  —  «  Les  Églises  de  l'arrondisse- 
ment d'Yvetot,  Inédit.,  t.  i",  p.  22  et  100;  2*  édit.,  1. 1*%  p.  21  et  54.  —  Graves,  «  Notice  archéol.  sur  le  départ,  de 
rOise,  »  2-  édit.,  p.  187,  188,  189  et  278. 

(3J  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  ^  1. 1",  p.  193.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p,  61  ; 
5*  édit.,  p.  72.  —  «  Les  Églisesde  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  1. 1",  p.  151  ;  2*  édit,  1. 1",  p.  167.  —  AMpn- 
tans  (Tarn)  passe  le  chemin  de  Tolosa  à  Sagodunum  (Rhodez),  on  l'appelle  le  chemin  de  Rome,  A.  Jaoobs, 
«  Journal  gén.  de  l'inst.  pub.,  •  vol.  xxx,  p.  18,  9  janvier  1861. 

(4)  Les  «  Églises  de  l'arrondiFsemènt  dTvetot,  »  1"  édit.,  1. 1*%  p.  151  ;  2*  édit.,  1. 1*',  p.  167. 

(5)  A.  Jacobs,  t  Journal  de  l'Instruction  publique,  »  vol.  xxx,  n"  3  p.  18.  , 

(6)  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  2'  édit.,  p.  244.  —  A  Strasbourg,  la  voie  s'ap- 
pelle Grand'Bue^  AUweg  et  Hoch-Strass.  Le  colonel  de  Morlet,  «  Notice  sur  les  Yoles  romaines  du  Bas-Rhin,  »  p..  17 
et  18.  —  Près  Lauterbourg,  on  dit  aussi  Hoch-Strasse^  id.,  p.  21. 

(7)  Graves,  «  Notice  archéol.  sur  le  départ,  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  222.  ~  c  Mém.  de  la  Société  des  antiq.  de  l^r- 
mandie,  »  t.  xiv,  p.  161,  et  t.  xxrv,  p.  557.  ^ 

(8)  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  2*  édit,  p.  184.  ~  Tout  le  monde  connaît^  le 
célèbre  chemin  haussé  qui  traverse  la  campagne  à  quelques  lieues  de  Caen.  ~  Y.  Petit,  «  Itinéraire  des  voies 

^   reàialnes  de  r Yonne,  »  p.  lU. 

(9)  Beaucoup  de  pays  ont  pris  leur  nom  ou  leur  surnom  des  mots  latins  «/rato  et  calceia,  et  tous  sont  situés  sur 
des  voies  antiques.  Yoyez  Dumoustier,  «  Neustria  pia,  m  p.  851,  "853,  '854,  858.  —  L'abbé  Belley,  c  Mémoires  de 


—  41  — 

route,  le  vietuc  chemin,  V ancienne  chaussée,  etc.  (4).  C'est  de  là  sans  doute  que  sont  nées 
ces  Igputions  populaires  :  nieux  comme  les  rues  et  battre  l'antif,  pour  dire  battre  le  vieux 
çtemiii  (^). 

Nous  ne  songeoos  pas  ici  à  rappeler  tous  les  travaux  accomplis  ou  tentés  sur  les  mesures 
lilneraires,  des  anciens  ;  le  point  capital ,  pour  nous ,  et  celui  auquel  nous  devons  nous 

Jm  :    ■  j  .  . 

,  rAcadémiâ  dos  iBacriptioDS  at  Belles-lettres,  »  t.  xix,  p.  638, 639,  663, 668, 669,  670.— A.  Le  Prévost,  «  Notice  histo- 
rique et  archéoloffique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  74, 78,  79,  81,  82,  83,  86,  89, 91,  93,  94,  95, 96, 98,  lOl,  103. 
T09,  1 10. —  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  154,  155,  156,  161,  166,  167,  169. 
•U-  Loisel,  «  Mémoires  des  pays,  Tille,  comtes  et  comté  de  Beauvais.  »  Paris,  1617.  —  «  Étretat,  son  passé,  son  pré- 
;  eepjt,  son  avenir,  »  cU.  u  et  nï.  —  Cousin,  «  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise,  »  t.  vi,  p.  403,  404, 405, 406, 409, 
"  414.  -  «  Annuaire  statistique  de  la  Seine-Inférieure  pour  1823,  »  1. 1",  p.  568.  —  Graves,  a  Notice  archéologique  sur 
■  le  département  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  184,  185,  189,  275.  —  M.  de  Caumont  dit,  dans  son  *  Cours  d'antiquités 
monniQ.,  *  t  xi,  2*  partie,  p.  145»  que,  dans  une  charte  du  xu*  siècle,  la  route  de  Bayeux  au  Bac  du  port  était 
appelée  viam  caldatam. 

Le  silex  à  veines  rouges  est  encore,  dans  nos  contrées,  le  signe  caractéristique  des  voies  romaines.  Il  paraît  bien 
iqu'll  en  est  de  môme  dans  le  département  du  Nord-,  car  un  archéologue  lillois,  décrivant  les  voies  qui  de  Bavai 
allaient  à  Tongres,  à  Cologne,  à  Reims,  à  Soissons,  à  Amiens,  à  Tournai,  à  Gand,  etc.,  dit  qu'on  trouve,  en  plu- 
liears  endroits,  des  cailloux  et  du  silex  qui  paraissent  avoir  été  apportés  de  fort  loin.  «  Revue  archéologique  du  15 
Juillet  1859,  »  t.  xvi,  p.  244.  —  Il  en  est  à  peu  près  de  même  dans  la  Dordogne,  où  les  voies  romaines  de  Péri- 
gaeux,  d'Agen  et  de  Vésone,  toutes  en  calcaires  siliceux,  sont  appelées  chemins  ferrés^  cami  ferrai.  De  Gourgues, 
«  Congrès  archéologique  de  France  :  séances  générales  tenues  en  1858,  »  p.  644, 649  et  653.  —  Du  reste,  ce  système 
de  pavage  ou  ferrage  des  chemins  remonte  bien  loin,  puisqu'une  inscription  mutilée,  recueillie  à  Riez  (Basses- Alpes), 
attribue  à  l'empereur  Adrien  l'établissement  d'une  voie  en  silex,  t  YIA  SILICE  STRVTA.  •  Millin,  •  Voyage  dans 
le  midi  de  la  France,  i  t.  m,  p.  52.  —  Chaudruc  de  Crazannes,  «  Revue  archéologique,!  13'  année,  p.  43.  —  La 
figne  d*Augiutodunum  (Autun)  à  Breviodurum  (Ouzouer-sur-Trésée)  (Loiret),  par  Entrains,  est  désignée  dans 
l'Orléanais  par  le  nom  àecfiemin  ferré.  Partout  où  la  chaussée  est  intacte,  elle  a  6  mètres  de  largeur.  Marchand, 
«  Mémoire  sur  les  découvertes  de  ruines  romaines  de  la  station  de  Breviodurum  à  Ouzouer-sur-Trésée,  »  t.  !•», 
p.  15.  —  Sur  les  chemins  perréSf  perreys  et  ferrés ,  voir  M.  de  Caumont,  a  Cours  d'antiquités  monum.,  •  t.  ii,  V 
partie,  p.  149  et  150.  —  Au  Neubourg  et  dans  les  environs  est  une  voie  romaine  qui  porte  le  nom  caractéristique 
de  Vieux  Chemin  perré  d'Evreux,  Thaurin,  a  Mém.  sur  les  antiq.  découvertes  au  Neubourg  et  dans  les  par.  vol- 
aines,  •  p.21,in-8%  Evreux,  1860,  et  •Recueil  des  Mém.  de  la  Société  libre  d'Evreux,.  »  3«  série,  t.  nr.  —  Dès  1622, 
dans  son  «  Histoire  des  grands  chemins  de  l'Empire  romain,  »  Bergier  disait,  en  parlant  des  voies  antiques  : 
«  {2.  La  populace  des  champs  les  appelle  autrement,  chemins  ferrez,  soit  pour  la  dureté  et  fermeté  de  l'ouvrage 
qui  depuis  quinze  ou  seize  cents  ans  résiste  au  froissement  du  charoy,  ou  pour  la  couleur  des  petits  cailloux,  «ntiers 
on  par  fragments,  desquels  la  surface  desdits  chemins  est  composée;  qui  sont  pour  lapluspartde  couleur  noirastre, 
tirant  à  celle  du  ffer....  »  —  «  Hist,  »  liv.  v\  ch.  xxvi,  S  2,  p.  95, 96,  in-4*,  Paris,  C.  Morel,  1622.  -  La  voie  de 
Cambra!  a  Reims,  dite  iter  Barharicum  au  ix*  siècle,  aujourd'hui  vote  barbdtre  ou  chemin  des  barbares,  est 
nommée  strata  en  1252  et  calceia  au  xui*  siècle.  Piette,  a  Voies  romaines  du  département  de  l'Aisne,  dans  le  «  Bulle- 
tin de  la  Société  académique  de  Laon,  »  t.  xi,  p.  287.  —  Dans  la  Haute-Saône,  le  hameau  d'Estrelle  semble  avoir 
tiré  son  nom  de  la  voie  romaine  de  Besançon.  «  Mém.  de  la  Commiss.  archéol.  de  la  Haute-Saône,  »  t.  n,  p.  49. 
•— Gauthier,  évoque  de  Laon,  appelle,  en  1163,  la  voie  romaine  de  Reims  dite  chemin  des  Barbares,  viampetrosamt 
Uvoîe  pierreuse.  Piette,  «Bulletin  de  la  Société  académique  de  Laon,j»t  xi,  p.  282.  A  Corre  (Haute-Saône),  la  voie 
romaine  de  Luxeuil  èLangres  s'appelle  le  chemin  ferré.  «Mém.  de  la  Commiss.  d'archéol.  de  la  Haute-Saône,  t.n, 
p.5$.  -;-  La  grande  voie  d'Agrippa  qui  va  d' Autun  à  Troyes  passe  au  hameau  de  l'Etrée,  nommé  autrefois  tna  siroAa. 
Victor  Petit,  d'après  Courtépée,  Jollois  et  Pasumot,  dans  son  *  Itinéraire  des  Voies  gallo-romaines,  »  p.  13.  —  La 
tirte  rbmaine  de  Besançon  est  appelée  chemin  perré^  via  petra^  id.,  ibid.,p.  44. 

(I)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  76,  80.  —  Graves,  «  Notice 
archéologique  du  département  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  133,  295. 
(ft  Gdoin,  «  Réciréations  pliilologiques,  »  t*  v%  p.  155. 

6 


t  :j 


t  . 


—  4i  — 

en  tenir,  est  l'évaluation  pratique  du  mille  romain  dans  nos  contrées.  Qù^l  nous  suffire  de 
dire  qu'entre  la  Seine  et  le  Rhin ,  le  mille  romain  des  itinéraires  doit  se  traduire  dans 
l'application  par  lieue  gauloise  (1),  et  que  la  lieue  gauloise  {leuca  gallica)  représentait 
un  mille  et  demi  environ.  Or,  d'après  les  meilleurs  et  les  plus  récents  interprètes,  le  mille 
romain  est  estimé  à  768  toises  d'autrefois  ou  4,481  mètres  d'aujourd'hui  (^).  La  Ueue 
gauloise,  au  contraire,  qui,  avant  César,  était  de  2,415  mètres  selon  les  uns  (3)  ou  de 
2,468  mètres  selon  les  autres  (4),  paraît  avoir  été  réduite,  après  la  conquête,  à  1,140  toises 
ou  2,221  mètres  50  centimètres  (5).  C'est  sur  cette  donnée,  qui  paraît  obtenir  la  majorité 
des  suffrages,  que  nous  jugeons  les  distances  indiquées  par  les  itinéraires  dans  la  Seine- 
Inférieure. 

Ajoutons  un  mot  sur  le  classement  que  nous  avons  adopté.  Dans  le  travail  qui  va  suivre, 
nous  établissons  deux  catégories  de  voies. 

La  première  renferme  les  grands  chemins  indiqués  par  les  itinéraires  antiques,  dont  la 
trace  et  le  souvenir  ont  survécu  aux  siècles  comme  aux  révolutions.  De  ce  nombre  sont  les 
voies  qui  de  Lillebonne  se  dirigent  vers  Harfleur,  la  Seine,  Rouen  et  Grainville-la-Tein- 
turière;  puis  celles  qui  vont  de  Rouen  à  Paris  par  Pon toise  et  Radepont,  ou  par  Évreui 
et  Caudebec-lès-Elbeuf. 

La  seconde  catégorie  se  compose  des  voies  non  connues  par  l'Histoire ,  mais  qui  s'éta- 
blissent suffisamment  par  les  documents  historiques  postérieurs  à  la  conquête,  par  les 
cartes  géographiques,  par  la  tradition  et  les  monuments  qui  sont  restés  sur  le  sol.  Dans  ce 
nombre  figurent  les  voies  de  Lillebonne  à  Étretat  et  à  Fécamp  ;  celles  de  Rouen  à  Beauvais 
et  à  Arques-Dieppe  ;  celles  de  Caudebec-en-Caux  (Lotum)  à  Arques  et  en  Basse-Normandie, 
ou  de  Beauvais  à  Dieppe  et  à  Eu  [Augusta).  On  le  voit ,  pour  l'ordre  et  la  dignilé  des 

(1)  L'abbé  Belley,  «  Mémoires  de  rAcadémie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t  xix,  p.  636.  —  De  Gaumont, 
«  Bulletin  monumental,  »  t.  xxvi,  p.  342.  —  Cousin,  a  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise,  »  t.  vi,  p.  403.  Walcke- 
naôr  «  Géographie  ancienne  des  Gaules,  »  t  ui,  p.  XLvn. 

(2)  y/^alckenaôr ,  «  Géographie  ancienne  des  Gaules ,  »  t.  m ,  p.  xuv .  Introduction.  —  L'abbé  Belley ,  «  Mémoires 
de  TÂcadémie  des  Inscriptions  et  Bell  es- Lettres,»  t.  xix,p.  636.  --  •  Bulletin  monumental,  »  t  xxvi.p.  342.  — 
•  Congrès  archéologique  de  France  :  séances  générales  de  1858 ,  «  p.  453. 

(3)  En  1852,  M.  PistoUetde  Saint-Feijeux  publia  un  travail  intitulé:  a  Mémoire  sur  l'ancienne  lieue  gauloise.  » 
Ce  travail  avait  été  analysé,  en  1862,  par  M.Quicheratdans  la«  Revue  des  Soc.  sav.,  »  t  vu,  p.  350-54,  2*  série. 
D'une  expérience  faite  et  répétée  par  M.  de  Saint-Ferjeux ,  il  résulte  que  le  mille  romain  ou  lieue  gauloise  reprô* 
Sentait  exactement  2,415  mètres.  Cette  expérience  lui  a  réussi  dans  plusiArscas.  M.  Quicherat  regarde  l'expertise 
comme  très  plausible.  Voir  aussi  sur  ce  sijget  :  A.  Bertrand ,  a  Revue  archéol.  de  juin  1863,  »  et  Aurôs ,  «  Revue  des 
Soc.  sav.,  »»  3'  série  ,  t.  iv,  p.  446-452. 

(4)  ■  Bulletin  monumental ,  >  t.  xxvi,  p.  339  et  342. 

(5)  L'abbé  Belley,  «  Mémoires  de  r Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  636.  —  «  Mémotret 
de  la  Société  des  AnUquaires  de  Normandie  ,  »  t.  xiv ,  p.  157.  —  Cousin ,  «  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise ,  » 
t  VI,  p.  403.  -  «  Bulletin  monumental ,  »»  t.  xxvi,  p.  342.  —  M.  le  colonel  de  Morlet,  d'après  le  général  Creuly, 
donne  à  la  lieue  gauloise,  ou  mille  romain  de  nos  pays ,  2,218  m.  «  Notice  sur  les  Voies  rom.  du  Bas-Rhin ,  »  p.  17 , 
et  général  Creuly,  «Revue  archéologique  ,  année  1860,  »  p.  260.  —  J.  Quicherat,  «  Revue  des  Sociétés  sav.,  » 
2'  série,  t.  v,  p.  43.  —  Victor  Petit,  «  Itinéraire  des  Voies  gallo-romaines  dans  le  dét)art.  de  l'Yonne,  •  p.  10; 


q^ieapwnsi,  9otre,TOéihode  est  à  peu  près  celle  quIJlpien  a  adoptée  dans  son  Digeste. 
ffPnbUcae  viaB  nunc  militares,  nunc  consulares,  nunc  praetoriae  vocantur....  Vicinales  sunt 
jpj^^  p^  vicos  aut  iu  \icos  feront.  » 

Np  ^er,  —  YoiE  DE  JULIOBONA  (LILLEBONNE)  à  CARACOTINUM  (HARFLEUR).  —  ITER 
A  CARACOTUCO  AUGUSTOTONAM  CLHI.  M.  P.  SIC  :  JULIOBONA...  X.  M.  P.  (1). 


-,». 


Cette  voie,  que  nous  appellerons  la  première  section  du  grand  chemin  militaire  qui 
conduirait  de  la  mer  jusqu'à  Troyes  {Iter  a  Caracotino  Augustobonam)^  sortait  de  Lille- 
bonne  par  la  côte  de  Saint-Jean-de-Folleville ,  couverte  de  sépultures  antiques.  Elle  passait 
devant  l'auberge  des  Forges  (2)  à  Saint-Antoine4a-Forêt,  et  traversait  Mélamare ,  connu 
par  ses  briqueteries  et  ses  tuileries  exploitées  au  moyen-âge. 

Elle  descendait  la  côte  de  Sainte-Honorine  à  l'endroit  où  se  voit  encore  la  vieille  chapelle 
de  cette  sainte,  élevée,  dit-on,  sur  le  lieu  même  de  son  martyre;  car  c'est  là,  d'après  la 
tradition,  que  la  viei^e  chrétienne  aurait  versé  pour  la  foi  le  seul  sang  qui,  dans  l'anti-* 
quité,  ait  arrosé  la  terre  des  Calètes  (3). 

De  ce  point,  le  chemin  conduisait  à  la  Remuée  et  passait  devant  l'église  (4).  Depuis 
LiHebonne  jusqu'à  la  Remuée ,  c'est  chose  curieuse  que  de  suivre  cette  longue  file  de  ha* 
meaux ,  cette  double  haie  de  maisons  et  de  cours,  qui  bordent  la  voie  antique,  transformée 
aujourd'hui  en  route  départementale. 

De  la  Remuée ,  la  voie  arrivait  au  territoire  actuel  de  Saint-Romain-de-Colbosc.  Cette 
direction  est  tracée  presque  pas  à  pas  dans  les  chartes  du  xn^  siècle  ;  voici,  en  effet,  ce  qu'on 
lit  dans  la  charte  de  Richard-Cœur-de-Lion ,  confirmant,  le  20  mars  4190,  les  donations 
faites  par  son  père  à  l'abbaye  du  Valasse  :  «  Vous  saurez ,  dit-il ,  que  je  donne  et  confirme 
<  aux  moines  de  l'abbaye  de  Sainte-Marie-du-Vœu  toutes  les  donations  que  lui  a  faites  le 
€  Roi  mon  père,  savoir  :  la  terre  et  le  bois  qui  forment  la  forêt  de  Lillebonne,  telle  que 
€  la  partage  la  chaussée  qui  va  de  cette  ville  à  Saint-Romain  :  Terram  et  nemus  in  foresta 
€  InsulcR  Bonœ  sicut  calceia  dividit  quœ  protenditur  ab  Insula  Bona  ad  Sanctum 
€  Ramanum  (5).  > 

(1)  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  Franco,  »  t.  !•',  p.  108.  —  Fortia  d'Urban,  «  Recueil  des  Itiné- 
raires anciens,  »  p.  125. —  De  CaumoBt.  «  Cours  d'antiquités  monumentales,  »  t.  ii,  p.  50-60.  —  L'abbé  Belley , 
«  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635  et  648.  —  Fallue,  «Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  r  t.  xii,p.  117.  —  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  ■ 
t.  XIV,  p.  152.  -  Le  Prévost,  «  Notice  archéologique  de  l'Eure,  »  p.  73. 

(2)  £.  Gaillard,  «  Gazettte  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834. 

(3)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  du  Havre,  »  t.  i"  p.  84.  ^  «  Essai*  historique  et  descriptifsur  l'abbaye  de 
Ucaville,  »  p.  5-6.  —  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »t.  xiv,  p.  154. 

<4)  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule ,  »  p.  204.  —  «  Les  Églises  de  Tarrondissement  du  Havre,  «tu, 
.p.  3^. 

rs)  m  Neustria  pia,  »  p.  854. 


—  44  — 

Le  vaste  domaine  donné  par  Henrï  II  et  par  Mathilde  à  Fàbbaye  ]du  Valasse  éts&t  èdmé 
des  deux  côtés  par  des  voies  antiques.  Au  nord,  en  efifet^  était  la-voie  de  Lillebobnè2i 
Bolbec  :  «  Vous  irez ,  ajoute  le  prince ,  par  TOiselière ,  le  fief  de  Rames ,  Ërtnisdiivflle , 
€  Neuville,  et  la  grande  vallée  jusqu'à  Bolbec  :  Et  inde  per  Oiseleriam  et  Rames  et  I^mâùb- 
€  villam  et  per  Novamvillam  et  per  Magnam  Vallem  usque  ad  Bolbec;  et  inde  fer  vàliêO^ 
€  usqtie  ad  calceiam  ante  nominatam  (4).  i>  Cette  dernière  chaussée  n*est  autre  que  ià 
voie  romaine  de  Lillebonne  à  Étretat.  * 

En  4498,  Henri,  évêque  de  Bayeux,  écrivant  au  pape  Innocent  III,  fait  mention  dfe 
la  chaussée  de  Saint-Romain  :  «  Votre  Sainteté ,  lui  dit-il ,  saura  que ,  lorsqu'à  la  prière 
de  Rotrou,  archevêque  de  Rouen,  nous  avons  fait  la  dédicace  de  l'église  de  Sainte-Mari»- 
du-Vœu,  le  roi  Henri,  d'heureuse  mémoire ,  cédant  à  nos  prières,  a  bien  voulu  donner  août 
moines  de  cette  église  la  forêt  de  Lillebonne,  telle  que  la  partage  le  chemin  qui  va  de 
Lillebonne  à  Saint-Romain  :  Forestam  de  Bona  Insula  sicut,  calceia  qum  est  inter  Insulam 
Bonam  et  Sanctum  Romanum,  dividit  (2).  » 

Il  est  à  remarquer  que  cette  voie  ne  passait  pas  dans  le  bourç  de  Saint-Romain,  niais 
en  longeait  les  limites  et  touchait  à  l'égHse  aujourd'hui  ruinée  de  Saint-Michel-dtt-HaiselÇ; 
de  là,  elle  gagnait  Saint-Aubin-des-Cercueils,  passait  le  long  de  cette  antique  paroisse  et 
devant  une  auberge  connue  au  moyen-âge  sous  le  nom  de  La  Botte  (3).  Cette  hôtellerie^, 
fréquentée  il  y  a  un  siècle,  n'est  plus  qu'une  habitation  particulière  désignée  sous  le  nom 
de  La  Vieille-Botte. 

Cette  portion  de  voie  est  celle  qui  resta  le  plus  longtemps  intacte  et  bien  conservée,  les 
autres  ayant  été  modifiées  par  les  travaux  nécessités  pour  compléter  le  système  des  routes 
impériales.  C'était  d'elle  assurément  que  voulait  parler  notre  savant  compatriote,  l'abbé 
Belley,  lorsqu'en  4744,  déroulant,  devant  l'Académie  des  Inscriptions,  la  grande  voie  4ç 
Paris  à  la  mer,  il  disait  avec  raison  :  «  que  l'on  pouvoit  en  suivre  les  vestiges,  l'espace  de 
plus  d'une  lieue,  du  côté  de  Saint-Romain -de-Colbosc  (4).  » 

Si  les  choses  étaient  encore  aujourd'hui  ce  que  nous  les  avons  vues  en  4830,  nous  en- 
gagerions les  archéologues,  nos  confrères ,  à  visiter  ce  fragment  de  voie  antique ,  surtout 
depuis  le  coude  formé  par  la  route  départementale  pour  entrer  dans  Saint-Romain  jusqu'au 
cimetière  de  Saint-Michel  ;  ils  reconnaîtraient ,  comme  nous ,  ce  travail  qui  a  résisté  à  tous 
les  efforts  des  siècles.  En  admirant  ce  morceau  vraiment  romain ,  ils  seraient  un  moment 


•' 


(1)  t  Neustria  pia,  »  p.  854. 

(2)  «Neustria  pia,  »  p.  854. 

(3)  Ainsi  appelée,  à  cause  d*une  botte  de  postillon  qui  était  peinte  sur  une  plaque  de  tôle  et  qui  lui  servait  d'en- 
seigne. 

(4)  L'abbé  Belley,  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  •  t.  xix,  p.  658.  —  aMtooirès  4a 
la  Bociété  des  Antiquaires  de  Normandie,  «  t  xiv,  p.  155.  .  ^ 


—  45  — 

leotéè  tde  crokëi,  ^eiique-di!  Nagerèl,  que  les  nlinéi  de  Câlet  sérrirMït  aux  Romains  pour 
hiêk  la  ichanssée  de  Saln^Rômain-de^olbosc  (i). 

.  jiiLSaint*-Aubffl-dôé-Cerctteils!,  la  voie  rortiaine  était  bordée,  d'un  côté ,  par  un  tumulus 
détruit  depuis  vihjgt  ans  et  où  Ton  a  trouvé  des  têtes  et  des  ossements  humains  ;  de  l'autre, 
fwlrMe  cimetière  de  Tégliàè,  dont  les  nombreux  sarcophages  ont  fait  donner  à  ce  village 
le  swnom  des  Sar queux  ou  des  Cercueils  (%). 

Ces  cercueils  en  pierre,  qui  abondaient  au  siècle  dernier,  n'ont  pas  entièrement  disparu 
du  cimetière;  car,  en  1840,  nous  en  avons  vu  extraire  plusieurs  dont  les  fragments  sont 
r^tés  longtemps  autour  de  l'église  (3).  La  tradition  ajoute  que  ce  pourrait  bien  être  là  «  le 
tombeau  de  l'armée  romaine  qui  était  campée  à  Beaucamp ,  »  motte  superbe  du  voisin^e 
où  nous  avons  reconnu  des  débris  romains  (4). 

De  Saint-Aubin-des-Cercueils,  la  voie  venait  à  Gainneville,  puis  à  Orcher,  au  hameau 
jdu  Camp-Dolent.  Sur  le  territoire  d'Orcher,  la  voie  est  mentionnée  en  ces  termes  dans  une 
charte  donnée  par  Guillaume  d'Angerville  à  l'abbaye  du  Valasse  en  1222  :  Unam  acram 
4err(B  (qui  touche)  alio  latere  versus  ccUceiam  et  a  capite  versus  Harefloet  et  ab  altéra 
perte  versus  grahgiam  monachorum  de  Kadolent  (5).  > 

,  De  la  butte  du  Camp^-Dolent,  butte  qui  doit  être  sépulcrale  et  dont  le  nom  Douloureux 
e$l  très  significatif  (6),  la  voie  descendait  à  Honfleur  par  la  côte  à  présent  nommée  du 
paivaire. 

On  aperçoit,  sur  les  flancs  de  la  colline ,  la  cavée  profonde  creusée  par  celte  voie  antique. 


(1)  Nagerel,  «  Description  du  pays  et  duché  de  Normandie,  »  p.  5  et  6.  —  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  155.  —  De  Duranville,  «  Essai  sur  l'Histoire  de  la  côte  Sainte-Catherine,  »  p.  344. 

(2)  L'abbé  Belley  a  entretenu  l'Académie  de  ces  cercueils,  et  nous  avons  trouvé  sur  eux  une  note  précieuse  de 
M.  Pinel,  du  Havre,  note  que  nous  avons  publiée  en  1844  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Kèrmandie,  »  t.  xrvr,p.  156.  —  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  du  Havre,  »  t.  n,  p.  319-20. 

(3)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xrv,  p.  156. 

(4)  «  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  320.  —  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Norm. ,  »  t.  xrv ,  p.  156. 

(5)  Archives  du  Valasse,  au  dépôt  départ,  de  la  Seine-Inf.  —  «  Mém.  de  la  Soc.  des  antiq.  de  Norm.  »  t.  xrv^ 
p.  156. 

(6)  Le  (7amp-Z)ofen/,  à  Orcher,  est  une  motte  qui  doit  être  sépulcrale.  «  On  sait,  dit  M.  Le  Prévost,  que  le  nom 
He  Camp-Dolent  indique  toujours  un  souvenir  douloureux  attaché  à  la  localité  et  particulièrement  celui  d'une 
'Ifrande  bataille.  »  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,»  p.  64.  Notre  savant  confrère 
s'exprime  ainsi  à  propos  d'une  grande  enceinte  située  près  de  Couches ,  à  l'entrée  de  la  forêt ,  et  qui  est  appelée  le 
Camp-Dolent  y  p.  64.  Nous  savons  qu'à  La  Bonneville,  près  Évreux ,  on  a  trouvé,  en  1847,  des  hachettes  de  bronze 
dans  une  lande  appelée  le  Camp-Dolent.  A  ce  propos,  nous  ferons  remarquer  qu'à  deux  reprises,  en  1845  et  en 
1859,  on  a  recueilli  à  Orcher  des  dépôts  de  hachettes  en  bronze.  Enfin,  à  Bazinval-Soreng ,  près  Gamaches  (Seine- 
Inférieure)  ,  M.  Darsy  a  remarqué  un  lieu  appelé  le  Camp-Dolent .  Darsy,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
qnairesde  Picardie,  »  t.  xv,  p.  380.  —  M.  Graves  signale  dans  l'arrondissement  de  Beauvais,  sur  la  commune  de 
Boury,unlieu  dit  le  Camp-Dolent ,  où  l'on  a  trouvé  des  cercueils.  «  Notide  archéologique  sur  le  département  de 
rOisô,  »  2«  édit ,  p.  313.  —  M.  Prion  ajoute  qu'au  lieu  dit  le  Champ-Dolent ,  de  Boury ,  on  a  trouvé  un  sarcophage 
contenant  des  os,  une  épée  et  des  étriers.  Frion ,  «  Nouveau  Précis  statistique  sur  le  canton  de  Chaumont  en  Vexin,  » 
ip.  113.  ->  On  connaît,  dit  M.  Peign6-Delacourt,  plusieurs  anciens  champs  de  bataille  qui  ont  conservé  un  nom 
rappelant  les  événements  sanglants  dont  ils  fUrent  le  théâtre.  Tel  est  le  Camp-Dolent ,  situé  entre  Soissons  et  le 


—  ''^  — 

Oii  dirait  le  lit  desséché  dHine  rivière.  C'est  sur  te  versaat  de  cette  coUine,!  qui  ^^pen^de 
la  commune  de  Gonfreville-rOrcher,  dans  les  champs  du  Calvaire,  dans>le$  l^des^^J^ 
»|ont-Caber,  dans  les  jardins  de  Saint-Dignefort ,  que  M.  E.  Gaillard  plaçait  Carat^ottmniii)^, 
et  c'est  là  que  M.  Fallue  l'a  trouvé  en  1839  (2).  •  f 

U  est  vraisemblable  que,  dans  les  temps  anciens,  le  port  de  Harfleur  était  ver^  la  CQl«j 
de  Saint-Dignefort,  comme  il  y  était  au  xn^  et  xni^  siècles  ;  car  on  voit  dans  une  charte  dft 
Guillaume  d'Angerville,  seigneur  d'Orcher,  qu'il  donne  à  l'abbaye  de  Graville  le  prieuré  d^ 
Saint-Dignefort,  appelé  alors  la  chapelle  Sainte-Marie  auport  de  Harfleur  (3).  Il  est  i  croire 
que  c'est  de  ce  côté  que  fut  la  posée  des  navires  «  sedes  navium  :>  donnée  par  le  duc  Robeçt. 
à  l'abbaye  de  Montivilliers  (4),  puisqu'aujourd'hui  encore  ce  lieu  s'appelle  la  Pêcherie. 

Ici  nous  sommes  parvenu  au  but  de  notre  voyage.  Nous  avons  parcouru  dix  miUe  romains^ 
ou  plutôt  dix  lieues  gauloises,  et  nous  sommes  arrivé  au  Caracotinum  des  Itinéraires. 

No  2.  —VOIE  DE  JULIOBONA  'LILLEBONNE)  A  ROTOMAGUS  (rOUEN),  PAR  LOTUM  (CAUDBBfiC-Eïf- 
CAUX).  —  «  ITER  A  CARACOTINO  AUGUSTOBONAM  :  LOTUM  VI.  M.  P.  —  ROTOMAGO  XIH  (5)-  > 

Cette  seconde  section  du  grand  chemin  militaire,  qui  conduisait  des  bouches  de  la  Seinô 
au  centre  de  la  Gaule ,  sortait  de  Lillebonne  par  la  rue  ferrée  encore  connue  sous  le  nom 
de  rue  César ine  (6). 


monastère  de  Saint-Médard ,  et  le  lieu  qui  porte  le  môme  nom  et  touche  à  Pierrefonds  (Oise).  »  «  Recherches  sur 
le  lieu  de  la  bataille  d'Attila ,  en  451 ,  »  p.  26.  —  A  Rots  (Calvados),  on  trouve  dans  un  titre  de  1479,  «  dans  les  terres 
labourables  du  Bourgeul ,  les  deux  délies  du  Champ-DoUenl,  «  L'abbé  Do ,  a  Bullet  de  la  Soc.  des  antiq.  deNornb,  » 
i.  u,  p.  450,  4*  année,  1863. 

(1)  E.  Gaillard,  dans  la  «  Gazette  de  Normandie  >»  du  16  mars  1834. 

(2)  Sur  les  fouilles  faites  à  Harfleur  par  M.  Fallue ,  voir  :  «  Archives  du  Havre ,  »  livraison  de  mai  1840.  —  «  Ué^ 
moires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  t.  xii,  p.  117-30  et  pi.  1  et  2.  —  «  Revue  archéologique,  »  t.  xiv, 
p.  561-65.  —  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  157-59. 

(3)  a  Essai  historique  et  archéologique  sur  l'abbaye  de  Graville ,  »  p.  9.  —  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  t.  xiv,  p.  157. 

(4)  Dans  ime  charte  du  duc  Robert ,  donnée ,  en  1037,  à  l'abbaye  de  Montivilliers,  on  lit  :  «  Portus  de  Harosteei 
cum  teloneo  et  sedibus  navium.  »  Les  mêmes  expressions  sont  répétées  dans  les  bulles  deCélestin,  en  1102,  et 
d'Innocent  m,  en  1202.—  «  Antimoine  contre  l'abbaye  de  Montivilliers,  »  p.  55,  Mis.  de  1710.  —  Mémoires  de 
la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv ,  p.  157. 

(5)  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  1. 1*%  p.  108.  —  Fortia  d'Urban,  a  Recueil  deaI^Q6- 
raires  anciens ,  p.  125.  —  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettre»|  » 
k  XIX,  p.  635  et  648.  —  Fallue,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xu,  p.  117,  et 
t.  XIV,  p.  152.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  archéologique  sur  l'Eure,  »  p.  73. 

(6)  A  La  Normandie  souterraine,  »  U*édit.,  p.  110;2*édit.,  p.  118.  —  On  nous  assure  qu'il  existe  à  Rome  WM 
rue  des  Cesarini;  et  à  Reims  est  la  voie  Césarée,  —  Loriquet,  dans  la  «  Revue  archéologique,  >  année  1^60,  p.  149. 
—  Le  testament  de  saint  Remy  nomme  via  Cxsarea  la  voie  militaire  qui  allait  de  Rome  à  Boulogne  par  Beûtt, 
Beauvais  et  Amiens.  Dom  Grenier,  a  Introduct.  dans  les  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Pic,  »  in-4,  t.  ai,  p.  428. 
-*  A  Tours,  on  connaît  le  chemin  des  Césars.  Bourassé,  <c  Congrès  archéol.  de  Franee:  séaacesgôn.  de  186&1  » 
p.  675. 


—  47  — 

'''Après  avoir  loiigè  le  château ,  aux  pieds  duquel  s'appupient  les  bains,  elle  gravissait  la 
me  dé  Saint-Léonard,  où  de  curieuses  sépultures  ont  été  trouvées  vers  4807  (1),  et  où, 
m  4856,  on  a  rencontré  un  magnifique  dolium  contenant  quatre  vases  (2). 

De  Lillebonne  à  Caudebec,  la  voie  suivait  à  peu  près  la  route  départementale  no  4,  passant 
parla  Fresnaye  et  Auberville-la-Campagné.  Sur  ce  dernier  point,  elle  était  bornée  par  le 
<âtaelière  de  Saint-Amateur,  où  Ton  a  trouvé,  vers  4  8^,  le  cercueil  en  pierre  d'un  enfant  ; 
â  iôôté  du  squelette  étaient  des  médailles  et  une  espèce  de  collier  de  perles  (3). 

La  i^oute  traversait  ensuite  Caudebec-en-Caux  où ,  d'accord  avec  la  majorité  des  ar- 
chéologues ,  nous  placerons  volontiers  Lotum  (4),  que  M.  Gaillard  mettait  pourtant  à 
Caillouville  (5).  Elle  sortait  de  Caudebec  par  la  forêt  de  Maulévrier,  où  M.  Lesage  a  trouvé 
tes  restes  d'une  villa  romaine  (6),  traversait  Logium,  le  monastère  de  Wisle,  protégé  par 
sainte  Bathilde  (7),  Fontenelle,  le  Rotmarias  des  Francs  (8),  où  saint  Wandrille  vit ,  au 
TO®  siècle ,  les  restes  d'édifices  antiques  ruinés  par  les  barbares  et  devenus  le  repaire  des 
bêtes  fauves  (9). 

AttfnoyOT*âge,  les  chartes  de  Saint- Wandrille  appellent  encore  cette  route  antique  le 
Chemin  du  Roi.  Un  litre  de  4258  dit  :  Keminum  regale;  deux  actes  de  1270  portent  :  l'un, 
Kemino  regali;  l'autre,  Kemino  domini  régis  (40). 

Elle  mimtait  la  côte  à  Caillouville  où  l'on  voit  une  mare  miraculeuse  et  où  fut  une  chapelle 
de  Tous-les-Saints  (44),  passait  par  Vieux  où  l'on  a  découvert  des  débris  romains,  et  Saint- 
Thomas-la-Chausséequi  lui  a  emprunté  son  nom  (42).  Entre  ces  deux  points,  on  trouve  le 


(1)  L^)oullenger ,  «  Voyage  dans  le  département  de  laSeine^nférieure,  »  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Rouen. 

—  «  La  Normandie  souterraine,  »  \^  édit.,  p.  107  ;  ^«  édit.,  p.  121. 

(2)  «Revue archéologique,  »  xrv^ année,  p.  608-609. 

(3)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  151.  —  «  La  Normandie  souterraine,  » 
i'*édii. ,  p.  33;  2-  édit. ,  p.  40. 

(4)  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  420.  —  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  d«s 
loaoriptionB  et  Belles-Lettres,  »  t.  xnc,  p.  654-55.  —  a  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  t.  !•%  p.  i  et  2. 

—  Duplessis,  «  Description  géographique  et  historique  de  la  Haute-Normandie,  »  1. 1",  p.  7-85.  —  Fallue,  dans  la 
t  jKevne  archéologique,  »  t.  xiv,  p.  560-61.  ^  Rêver,  «  Mémoire  sur  les  ruines  de  Lillebonne,  »  p.  7. 

.  !(5)  B.  Gaillard,  dans  la  «  Gazette  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834. 

.<€)  PaUue,  «  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  forêt  de  Brotonne  et  de  la  villa  de  Maulévrier,  p.  6-19.  —  «  Mé* 
noires  delà  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  X. 

(7)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  654-65. 

(8).«  Neustris  pia,  >  p.  102. 

(9)  «  Monstrabantur  namque  in  eodem  loco  vestigia,  ImmQ  ruin»  œdificiorum  priscorum  accolarum  industria 
olim  exstructorum ,  sed  exterorum  hq^tium  feritate  belluina  solo  funditus  ©quatorum ,  et  in  ipso  quidem  loco  magis 
latyefsFamm  quam  hominum  habitatio  tune  temporis  videbantur.  »  «  Neustria  pia,  »  p.  132. 

(W)  «  Cartulaire  de  Saint-W^andrille ,  »  aux  archives  départementales  de  la  Seine-Inférieure  ;  copie  du  xvm'  siècle. 
-^•LwBgliaesde  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l"  édit.,  1. 1-,  p.  100-,  2-  édit., t.  !•',  p.  54. 
-ûl).«,Les.%li8es  de  l'arrondissement  d'Yvetot,»  1"  édit.,  t.  u,  p.  405-408;2«édit.,  t.i«%p.  75-80. 

(12)  «  La  paroisse  de  Saint-Thomas-de-la-Ghaussée,  dit  l'abbé  Belley,  qui  Qst^itviée  sur  le  grand  chemin,  a  |»na 
fins  doute  sa  dénomination  de  l'a^^erpu^/icta  duchen^in  romain.  »  «Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptioni  e| 


—  48  — 

camp  à  double  enceinte  que  cachent  les  bois  de  Varengeville,  camp  qui  dominait  le  cours 

de  la  Seine  (1). 

Il  est  fait  mention  de  cette  portion  de  voie  dans  la  Vie  de  saint  Ansbert ,  archevêque  de 
Rouen  au  yii^  siècle  ;  c'est  par  là  que  le  corps  du  saint  pontife  fut  rapporté  du  Hainaut 
dans  ce  monastère  de  Saint-Wandrille  qu'il  avait  tant  aimé  (2), 

La  voie ,  après  avoir  traversé  La  Vaupalière ,  qui  fut  peut-être  l'ancien  Paldriacus  de 
saint  Ansbert  (3),  descendait  à  Maromme  par  la  côte  de  la  Mayne  (4),  à  travers  le  bois 
de  La  Valette,  là  où  elle  est  encore  choisie,  de  préférence  à  la  route  départementale,  par 
les  piétons  qui  cherchent  à  gagner  Caudebec  et  Lillebonne  par  la  voie  la  plus  directe  et 
la  plus  courte  (5), 

De  Maromme ,  elle  gravissait  la  côte  de  Saint-Aignan  pour*  passer  dans  le  village  du 
Mont-aux-Malades,  devant  le  prieuré  de  Saint-Thomas-de-Cantorbéry. 

Au  point  où  nous  sommes,  nous  trouvons  la  voie  romaine  mentionnée  dans  plusieurs 
chartes  du  xiii^  siècle ,  qui  regardent  la  vieille  maison  des  lépreux.  La  route  est  toujours 
appelée  via  regia,  parce  qu'alors  elle  était  devenue  route  royale.  Monseigneur  Lorans  Le 
Ghambellant  l'appelle  Cheminum  régis,  Keminum  domini  régis  (6),  et  le  vicomte  de  Rouen 
la  nomme  Quentin  le  roi  (7). 

Enfin  elle  descendait  à  Rouen  par  la  côte  du  Mont-aux^-Malades ,  où  sa  pente  abrupte  est 
encore  bien  reconnaissable  le  long  du  cimetière  Saint-Gervais  (8).  Cet  antique  champ  de 
repos  est  aussi  vieux  que  Rouen  lui-même  ;  car  c'est  là  que ,  depuis  tantôt  deux  mille  ans, 
sont  venus  dormir  les  habitants  de  Rotomagus,  La  culture  et  l'industrie  les  réveillent  chaque 
jour  dans  leurs  auges  de  bois  ou  de  plomb,  de  pierre  ou  de  marbre  (9). 


Belles-Lettres ,  »  t  xix,  p.  635.-7  D'après  les  recherches  de  M.  de  Glanville,  cette  paroisse  s'appelait  Calcia^M  xiu* 
aiècle,  et  La  Chaussée  en  1207  et  1212.  a  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  33.  —  A.  Le  Prévost, 
dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xx,  p.  17. 

(1)  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  151.  —  Fallue,  dans  les  «  Mémoires  delà 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  IX,  p.  199-201. 

(2)  «Venerunt  in  Rotomagense  territorium  in  locum  ^i  dicitur  Pa/drioctis...  distans  a  cœnobio  ForUaneUensi  milli- 
bus  lY....  in  viapublica  etdelapidata  quœ...  Rotomagensem  deducit  ad  urbem.  »  «  Vie  de  saint  Ansbert ,  »  parle 
moine  Aigrade,  dans  les  «  Acta  sanctorum,  »  mensis  Februarii,  t.  ii,  p.  556.  ~  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mémoires 
delà  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  17.  —  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  dos 
Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635. 

(3)  En  décomposant  le  nom  de  La  Vaupalière,  on  y  trouve  le  mot  Val,  ajouté  peut-être  à  celui  de  Paldriacus. 

(4)  De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  25. 

(5)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  151. 

(6)  Charte  de  Mgr  Lorans  Le  Ghambellant  en  1278.  Archives  départementales,  canton  du  Mont-aux-Malades. 

(7)  Charte  du  vicomte  de  Rouen  sur  une  donation  de  M"*  Meheut  Piquet,  en  1236.  Ibid. 

(8)  Dans  une  charte  du  roi  Robert  I",  délivrée,  en  1006,  à  l'abbaye  de  Fécamp,  on  lit  :  «  Ecclesia  sancti  Protasil 
cum  manso...  quod  clauditur  ex  une  latere  muro  civitatis,  ex  tribus  partibus  cingitur  via  publica»  »  «  GaiUs 
christiania,  »  t.  xi.  Instrumenta,  p,  8« 

(9)  «  La  Normandie  souterraine,  >  1'*  ôdit.,  p.  37-41  ;  2*  édlt,  p,  45-47. 


a 


—  49  — 

La  voie  pénétrait  dans  Rouen  par  la  rue  Cauchoise.  La  ville ,  alors  carrée  dans  sa  formé  (1  ) 
et  circQnsçrite  d?ins,soi^  enceinte  parler  ruisseaux  de  iîoô^^?  etàelaHênelle,  ne  commençait 
]pêré  qu'au  Gros-Horloge ,  dont  le  beffroi ,  à  cheval  sur  la  rue ,  semble  encore  une  porte 
erïtâÊle  où  le  peuple  croit  reconnaître  «  l'image  de  Rouen  gardant  ses  troupeaux  (2).  > 
j^  Elle  traversait  la  Cité  par  la  rue  de  la  Grosse-Horloge  et  le  Parvis  de  la  Cathédrale, 
où  elle  était  coupée  par  la  voie  des  Bellovaques  et  des  Ambiuni  d'une  paît,  et  de  l'autre 
par  celle  des  Lexoviens,  des  Aulerques  et  des  Éburoviques. 

^  L'emplacement  de  la  cathédrale  actuelle  devait  être  occupé  par  un  temple  d'idoles , 
probablement  dédié  à  Mercure  comme  presque  tous  les  édifices  sacrés  des  carrefours 
antiques  (3), 

N^  S.  —  VOIE  DE  ROTOMAGUS  (rOUEN)  A  LUTETIA  (PARIS),  PAR  RITUMAGUS  (RADEPONT), 
r  PETROMANTALUM  (MAGNT)  ET  BRlVA-ISARJE  (pONTOISE). —  ITER  [a]  LOTOMAGO  (rOTOMAGO) 
•hIRïïUMAGO  (RADEPONT)  m.  p.  IX.  —  PETROMANTALUM  (ARTfflEUL,  PRÉS  MAGNY)  XIV.  BRFVA- 
'^  ïBàAM  (PONTOISE)  XIV.  —  LUTETIA  (PARIS,  XV)  (4). 

:  Noçs  ne  devrions  suivre  cette  troisième  section  du  grand  chemin  militaire  de  Troyes  à 
là  mer  que  jusqu'aux  limites  de  la  Seine-Inférieure,  et  dans  ce  cas  le  trajet  ne  serait  pas 
long  ;  mais  nous  ne  saurions  nous  dispenser  de  l'indiquer  jusqu'à  Paris,  ou  au  moins  jusqu'à 
PoBtoise.  Toutefois,  dans  les  déparlements  de  l'Eure  et  de  Seine-et-Oise,  nous  ne  marche- 
rons que  sur  la  foi  d'au trui. 

Après  avoir  quitté  fe  point  sacré  où  s'élève  aujourd'hui  l'église  métropolitaine,  la  voie 
suivait  la  rue  Saint-Romain,  le  long  des  murs  de  Yarchevêché,  qui  était  sans  doute  alors 
le  palais  du  gouverneur  ou  du  défenseur  de  la  cité.  Elle  franchissait  la  rue  Impériale  qui 
encaisse  à  présent  sous  sa  large  chaussée  tout  le  ruisseau  de  Robec ,  limite  antique  de  la 
dté-  Elle  quittait  Rouen  à  la  rue  Malpalu,  tout  près  de  l'église  Saint-Maclou,  et  longeait 

■  (t)  o  La  Normandie  souterraine,  »  l"  édit.,  p.  139-41  ;  2'  édit,  p.  157-60.  —  «  Congrès  archéol.  de  France: 
tfftances  générales  de  1859,  »  p.  520.  —  a  Méra.  de  la  Soc.  des  ant.  de  Normandie,  »  t.  xxiv,  p.  650.  —  «  Précis  ana- 
lytîqae  des  trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1860-61,  p.  260-61.  —  «  La  Seine-Infér.  au  temps  des  Romains,  »  p.  4 
Bt  plan. 

(2)  *  Congrès  archéologique  de  France  :  séances  générales  tenues  en  1859,  »  p.  520. 

(3)  Des  débris  romains  ont  été  trouvés,  en  1825,  au  pied  de  la  cathédrale  de  Rouen.  De  La  Quérière,  «  Précis 
u^lytique  des  travaux  de  TAcadémie  de  Rouen,  »  année  1825,  p.  313.  —  Sur  la  coutume  de  remplacer  les  temples 
ou  Ifeux  vénérés  des  païens  par  des  chapelles,  des  églises,  des  abbayes  et  môme.des  cathédrales,  voyez  a  Sépultures 
gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  107-109. 

tl)  Itinéraire  d'Antonin  et  Table  de  Peuti'nger,  dans  le  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France ,  » 
t.*t**,-p.  108  et  112;  —  Fôrtia  d'Urban,  «  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  »  p.  115.  —  A.  Le  Prévost,  dans  les 
«Mémoires  de  la  Société  d'Agriculture  de^l'Eure,  »  t.  m,  p.  297.  —  L'a))l?é  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  FAeà- 
démie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  648.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  archéologique  sur  l'Eure,  » 
p.  73. 


1 


—  50  ~ 

la  rue  Martainville,  \îeille  chaussée  élevée  sur  des  marais.  De  là,  elle  traversait  Carville  et 
Darnétal  pour  gravir  la  côte  du  Mont-Main.  «  Ce  dernier  nom  paraît  indiquer  une  pierre 
druidique,  et  Ton  y  trouve  encore  une  motte  ou  vigie  gallo-romaine.  Du  Mont-Main,  elle 
allait  passer  entre  le  Bourg-Beaudouin  et  la  Neuville-Champ-d'Oisel  ;  »  puis  descendait 
dans  la  vallée  de  TAndelle  pour  traverser  la  rivière  à  Ritumagm  ou  Lotomagus ,  station 
antique  que  Ton  fixe  indifféremment  à  Radepont  ou  à  Fleury-sur-Andelle  (4). 

A  Radepont,  d'après  M.  Le  Prévost,  la  route  antique  traversait  la  cour  d'une  ferme 
appartenant  à  M.  Sautelet,  située  au-dessous  et  en  face  du  passage  actuel.  De  cet  endroit, 
où  était  l'ancien  pont ,  elle  montait  la  côte  de  Grainville  par  une  cavée  aujourd'hui  devenue 
ravine.  Du  bout  de  l'ancienne  avenue  du  château  de  Grainville ,  elle  se  rendait  à  Brémulle, 
puis  à  Sainte-Marie-des-Champs,  près  Gamaches  (2),  où  M.  Gaillard  a  reconnu  une  crypte 
fort  ancienne  servant  de  cave  à  une  ferme  (3).  Elle  passait  l'Epte  à  Saint-Clair,  au  point 
très  significatif  de  la  ferme  d'Estrée  (4),  puis  se  rendait  à  Arlhieul,  près  Magny,  où 
MM.  Gaillard  et  A.  Le  Prévost  placent  l'antique  Petromantalum  (5).  M.  Graves,  au  contraire, 
décrivant  les  voies  romaines  de  l'Oise,  le  reporte  au  lieu  dit  1^  Haie-aiix-Gendarmes,  qui 
est  à  2  kilomètres  à  l'ouest  d'Arthieul  et  à  1,500  mètres  au  nord  de  Banthelu,  où  l'abbé 
Belley  (6),  d'Anville  (7)  et  M.  Lerat  de  Magnitot  (8)  fixaient  cette  station  antique  (9). 
M.  Graves  avait  été  amené  à  concilier  ainsi  les  opinions  de  ses  devanciers,  par  la  raison 
que  la  Haie-aux-Gendarmes  était  le  lieu  où  la  voie  romaine  de  Beauvais  à  Paris  rejoignait 
celle  de  Troyes  à  Harfleur.  Il  avoue,  toutefois,  que  sur  ce  point  on  ne  trouve  pas  d'anti- 
quités romaines  ;  «  mais,  ajoute-t-il ,  Petromantalum,  nommé  Petrum-Viacum  sur  la  Table 

(1)  Pour  Radepont,  nous  comptons  l'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  do  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles- 
Lettres,  »  t.  XIX,  p.  662-63,  et  d'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  557.  —  Pour  Fleury,  nous  avons 
M.  Bonnin ,  «  Antiquités  gallo-romaines  des  Éburoviques,  »  carte.  —  Pour  Fleury  et  Radepont,  A.  Le  Prévost, 
«  Notice  historique  et  archéologique  du  déparlement  de  l'Eure,  »  p.  25  et  74,  et  «  Mémoires  de  la  Société  d'Agri- 
culture de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  240  et  298,  et  Gadebled,  t  Dictionnaire  topographique,  statistique  et  historique  de 
l'Eure,.»  p.  208  et  416.  —  M.  Rêver  plaçait  la  station  à  Heuqueville,  et  M.  E.  Gaillard  à  Charlevdl  ;  voir  la  «  Notice  » 
de  M.  A.  Le  Prévost,  p.  25  et  74. 

(2)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  74-75. 

(3)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  9. 

(4)  L'abbé  Belley,  dans  les  «Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  633.  —  D'An- 
ville, «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  518.  —  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  do  Normandie,  »  t.  xiv, 
p.  152. 

(5)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  25-26  et  74.  —  Potin  de 
La  Mairie,  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1848,  p.  37. 

(6)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  six,  p.  664. 
»(7)  D'Anville,  a  Notice  de  Tancienne  Gaule,  p.  517-19. 

(8)  Graves,  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vi,  p.  128. 

(9)  Bien  des  essais  ont  été  tentés  sur  l'emplacement  de  Petromantalum;  Adrien  de  Valois  et  dom  Bouquet  le 
iixaient  à  Mantes.  —  D'Anville,  «  Notice,  »  p.  518.  —  Potin  de  La  Mairie,  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1848, 
p.  37. 


—  M  — 

de  Peulinger,  n'était  sans  doute  qu'une  colonne  milliaire  (1),  comme  semblent  le  penser 
MM.  Le  Prévost  (2)  et  de  Caumont  (8).  j> 

De  Petromantalum  (Arthieul),  la  voie  se  rendait  à  Briva-Isarœ  (Pontoise),  où  elle  tra- 
versait la  rivière.  Quoique  l'Itinéraire  ne  mentionne  pas  Briva-Isarœ  sur  la  ligne  de  Troyes 
à  là  mer,  on  ne  saurait  douter  du  passage  de  la  route  par  cette  station ,  qui  suivait  immé- 
diatement le  croisement  des  voies  de  Rouen ,  de  Beauvais  et  de  Paris  (4.) 

Entre  Petromantalum  et  Briva-Isarm,  la  voie  passait  à  Perché-en-Vallée ,  où  M.  Potin 
de  La  Mairie  croit  avoir  retrouvé  le  Saltus  Perthicus  de  la  Chronique  de  Fontenelle  (5). 
€  Les  titres  de  la  terre  de  Perché ,  écrivait  d'Anville  il  y  a  cent  ans ,  font  mention  de  la 
chaussée  de  Jules  César.  Il  y  a  des  endroits  qui  montrent  les  restes  de  l'ancien  pavé ,  et 
dans  d'autres ,  où  le  pavé  est  broyé ,  on  distingue  la  trace  de  cette  chaussée  par  quelque 
élévation  et  par  un  massif  profond  d'une  qualité  différente  du  sol  des  environs  (6).  i>  L'abbé 
Belley  (7)  et  Le  Brasseur,  d'Évreux ,  tiennent  à  peu  près  le  même  langage  (8). 

La  route  ne  tardait  pas  ensuite  à  gagner  la  rivière  de  l'Oise  qu'elle  traversait  sur  un  pont 
au  midi  de  la  ville  actuelle  de  Pontoise ,  près  de  l'emplacement  de  l'ancienne  abbaye  de 
Saint-Martin  (9);  encore  aujourd'hui  elle  s'appelle  la  chaussée  de  Jules-César  (10),  nom 
qu'elle  portait  déjà  au  xvn^  siècle  et  même  dès  le  xni^  ;  car  nous  lisons  dans  l'ouvrage 
d'Antoine  Loysel  que,  de  son  temps,  «  on  voyait  au  bord  de  la  rivière  des  restes  de  pilotis 
de  bois  si  vieux  qu'ils  en  étaient  pétriflés;  à  ce  pont  répondait  le  grand  chemin  appelé,  par 
les  titres  et  contrats  des  notaires  tant  anciens  que  modernes  du  pays,  la  chaussée  de  Jules- 
César  (il).  3)  Dans  une  lettre  de  Philippe-le-Bel,  de  1298,  à  son  frère  Louis,  comte  d'Évreux, 
il  est  question  de  V ancienne  chaussée,  qui  est  dite  chaussée' de  Jules-César  (12). 

De  Pontoise  à  Paris,  selon  A.  Le  Prévost ,  la  voie  n'offre  plus  aucune  incertitude,  prin- 
cipalement dans  le  voisinage  de  la  capitale  ;  on  en  remarque  surtout  une  assez  longue 


(I)  Graves,  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vt,  p.  128-29.  —  Id.,  «  Notice  archôolo  gique  sur  le  département  de 
l'Oise,  •  2*  édit.,  p.  200-201. 

.  (2)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  de  l'Eure,  »  p.  25-26. 

(3)  De  Caumont,  «  Cours  d'antiquités  monumentales,  •  t.  ii,  p.  129. 

(4)  L'abbé  Belley,  dans  les  ^  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  •  t.  xix,  p.  667-68.  — 
Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  édit.  de  1856,  p.  198.  —  A.  Le  Prévost,  t  Notice 
historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  75-76.  —  «  Bulletin  monimiental,  t.  vi,  p.  127-28. 

(5)  Potin  de  La  Mairie,  dans  la  «  Revue  de  Rouen,»  année  1848,  p.  37. 

(6)  D*Anville,  •  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  177. 

(7)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  668-69. 

(8)  Le  Brasseur,  «  Histoire  ecclésiastique  et  civile  du  comté  d'Évreux,  »  Preuves,  p.  9. 

(9)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  74.  —  L'abbé  Belley, 
dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p  669. 

(10)  Graves,  dans  le  «  Bull,  monum.,  »  t.  vi,  p.  128,  et  «  Notice  archéologique 'sur  le  départ.  deTOise,  »  2»  édit., 
p.  200. 

(II)  «  Mémoires  des  pays,  ville  et  comté  de  Beauvais  et  Beauvoisis,  »  par  A.  Loysel,  avocat.  Paris,  1617. 
(12)  L*abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  669. 


—  52  — 

portion ,  encore  fort  reconnaissable ,  entre  Ermont  et  Pierrelaye  (1  ).  D'Anville  nous  semble 
avoir  pressenti  ce  qu'ensuite  notre  savant  confrère  est  venu  établir,  quand  il  écrit  à  propos 
de  Briva-Isarœ  :  «  La  voie  romaine,  en  partant  de  Paris,  allait  traverser  ce  que  Ton 
appelait  autrefois,  dans  Fétendue  actuelle  de  la  ville  de  Saint-Denys,  le  boui^  de  l'Estrée , 
de  Strata,  séparé  de  l'ancien  Catalacum  ou  Catolocum  (2),  qui  est  le  quartier  qu'occupe 
l'abbaye  ;  cette  voie  arrivait  au  bord  de  la  rivière  d'Oise ,  un  peu  au-dessous  de  remplace 
ment  où  Pontoise  s'élève  aujourd'hui ,  et  vis-à-vis  du  prieuré  de  Saint-Martin  ;  on  assure 
qu'on  en  voit  des  vestiges  dans  un  vignoble ,  derrière  Saint-Ouen-de-l'Aumône ,  en  tirant 
vers  Éragné  (3).  y>  L'Académie  des  Inscriptions  avait  déjà  reconnu  ce  tracé,  que  l'abbé 
Belley  (4)  lui  signalait  seize  ans  auparavant. 

No  4.  —  VOIE  DE  ROTOMAGUS  (ROUEN)  A  LUTETIA  (PARIS),  PAR  UGGATE  (^CAUDEBEC-LÉS- 
ELBEUF),  MEDIOLANUM  (ÉVREUX)  et  DUROCASSIS  (DREUX).  —  ITER  A  ROTOMAGO  LUTETIAM 
USQUE  :  M.  P.  LXXVI  (SIC)  :  UGGADE  \^MIEUX  UGGATE)  M.  P.  IX.  —  MEDIOLANO  AULERCORUM. 
DUROCASSIS  XVU.  DIODURO  (joUARRE)  XXII.  LUTETIA  XVI  (5). 

Cette  voie,  que  nous  appellerons  delà  rive  gauche  de  la  Seine,  conduisait  de  Rouen, 
non-seulement  à  Paris,  Dreux  et  Évreux ,  mais  encore  vers  le  Mans,  Orléans  et  Tours, 
ainsi  que  l'a  très  bien  conjecturé  M.  Le  Prévost  (6).  Nous  observerons ,  comme  un  fait 
assez  singulier,  que  la  route  à  prendre  pour  ces  diverses  directions  semble  avoir  été  unique 
jusqu'à  Uggate  (Caudebec-les-Elbeuf  ),  extrême  limite  de  la  Seine-Inférieure,  le  seul  point 
par  conséquent  où  nous  ayons,  de  ce  côté ,  à  conduire  nos  lecteurs.  Pour  le  reste  de  l'Iti- 
néraire dans  le  département  de  l'Eure ,  nous  les  confierons  à  l'habile  direction  de  M.  Le 
Prévost  et  de  M.  Bonnin,  les  meilleurs  guides  que  nous  connaissions  pour  le  pays  des 
Aulerques-Éburoviques  (7). 

De  Rotomagus,  la  voie ,  prenant  son  point  de  départ  au  carrefour  sacré  sur  lequel  s'est 
élevée  plus  tard  la  cathédrale,  suivait  la  rue  Grand-Pont,  où  l'on  passait  la  Seine,  soit  en 

(1)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  74. 

(2)  M.  Alfred  Jacobs  écrit  Calolacum  dans  sa  «  Géographie  des  diplômes  mérovingiens.  »  «  Revue  des  Soc.  sav.,  • 
année  1862,  t.  vu  de  la  2*  série,  p.  56.  —  L'abbé  Lebeuf,  dans  une  dissertation  spéciale  sur  ce  nom,  écrit  Catolo- 
cum et  CaiuUiacum.  «  Dissertations  surl'Hisl.  ecclés.  et  civile  de  Paris,  »  p.  1  à  39,  in-12,  Paris,  1739.  —  On  voit  à 
Saint-Denis  la  rue  CatuUienne. 

(3)  D'Anville,  «Notice  de  l'ancienne  Gaule,  i  p.  176-77.  • 

(4)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  t.  xix,  p.  669-70. 

(5)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  i*',  p.  108.  —  Fortia  d'Urban, 
•  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  •  p.  114.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  départe- 
ment de  l'Eure,  »  p.  13,  et  a  Mémoires  delà  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  237. 

(6)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  83,  et  «  Mémoires  de  la 
Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  237. 

(7)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  p.  83.  —  Th.  Bonnin,  «  Anti- 
quités gallo-romaines  des  Éburoviques,  publiées  d'après  les  recherches  et  le?  fonilles,  »  in-f»,  Évreux  et  Paris,  1860. 


—  53  — 

bateau,  soit  sur  un  pont  de  bois,  le  premier  qui,  depuis  Tembouchure  du  fleuve,  pût  niettre 
en  communication  ses  deux  rives.  Elle  longeait  ensuite  le  faubourg  Saint-Sever,  longtemps 
appelé  Claquedent  ou  Êmendreville  ;  de  là,  elle  se  dirigeait  vers  Sotteyille  et  Quatre-Mares, 
terrains  tout  remplis  de  sépultures  antiques  (1),  puis  vers  Saint-Étienne  (2),  la  forêt  de 
Rouvray,  et  arrivait  à  Orival.  Elle  traversait  Elbeuf ,  où  les  antiquités  romaines  ne  font  point 
défaut.  Là,  elle  franchissait  l'humble  ruisseau  qui  séparait  le  territoire  des  Vélocasses  de 
celui  des  Aulerques ,  où  elle  pénétrait  par  Uggate ,  une  des  quatre  cités  connues  de  ce 
pagus.  Parvenue  à  la  limite  d'Uggate ,  elle  se  portait  de  l'église  actuelle  de  Saint-Jean 
d'Elbeuf ,  par  une  ligne  à  peu  près  droite ,  jusqu'à  Notre-Dame  de  Caudebec.  Ce  chemin , 
encore  connu  aujourd'hui ,  est  appelé  la  vieille  chaussée.  C'est  de  lui  qu'il  est  fait  mention 
dans  une  charte  du  17  février  4619,  passée  entre  le  duc  d'Elbeuf  et  les  habitants  de  Cau- 
debec. Il  est  dit,  dans  cette  pièce,  que  «  les  entrepreneurs  et  feseurs  de  pavement  du  bourg 
€  d'Elbeuf  pourront  démolir  la  vieille  chaussée  allant  dudit  Elbeuf  au  pied  de  l'église  de 
€  Caudebec,  afin  d'y  prendre  et  enlever  les  pierres,  grès  ou  gros  cailloux  (3). 

La  voie  que  nous  venons  de  tracer  est  celle  que  suivaient  constamment,  au  moyen-âge, 
les  pontifes  et  les  souverains  de  Normandie,  quand  ils  allaient  de  Rouen  au  Pont-de-l'Arche, 
à  Louviers,  à  Pintervitle  ou  à  Évreux.  C'est  elle  que  foulaient,  dans  leurs  nombreuses 
exclusions ,  Eude  Rigaud ,  le  grand  inspecteur  archiépiscopal  du  xni^  siècle  (4),  et  notre 
dernier  duc-roi ,  Jean-Sans-Terre ,  chaque  fois  qu'il  se  rendait  à  Roche-Orival  (5),  ou  au 
Pont-de-l'Arche.  M.  Emmanuel  Gaillard ,  que  l'itinéraire  de  ce  prince  amena  le  premier 
à  soupçonner  l'existence  delà  voie  antique,  s'est  montré  en  ceci  bon  observateur;  car  le 
moyen-âge  ji  construit  peu  de  routes,  et  il  a  cheminé  pendant  bien  des  siècles  sur  les 
débris  de  la  voirie  romaine  (6). 

A  Uggate,  où  nous  sommes  arrivé,  nous  avons  parcouru  les  neuf  milles  romains  ou 
lieues  gauloises  de  l'Itinéraire.  La  lieue  gauloise  de  l'Empire  étant  estimée  à  environ 
2,300  mètres,  nous  avons  parcouru  20,700  mètres  de  voie.  Cependant^  sur  les  routes 


(1)  «  La  Normaudie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  40-41  ;  2*  édit.,  p.  48-49.  —  Deville,  «  Découverte  de  sépultures  an- 
tiques à  Quatre-Mares,  »  et  dans  la  «  Revue  de  Rouen,»  année  1843,  1"  série,  p.  124  et  158. 

(2;  A  Saint-Étienne-du-Rouvray,  le  grand  chemin  qui  traverse  le  bourg  est  appelé,  dans  les  chartes  du  xui* 
siècle,  le  Chemin  du  Roi  (Queminum  Régis).  —  C'était  cette  route  que  suivaient,  au  moyen-âge,  les  pèlerins 
rouennais  qui  se  rendaient  à  Rome  et  à  Saint-Jacques  en  Galice.  L'usage  était  de  les  conduire  jusqu'au-delà  des 
murs  du  prieuré  de  Grammont.  Floquet,  «  Histoire  du  Privilège  de  saint  Romain,  »  t.  ii,  p.  610. 

(3)  a  Sépultures  gauloises,  romaine?,  franques  et  normandes,  «p.  108.  —  «  Précis  analytique  des  travaux  de  l'Aca- 
démie de  Rouen,  »  année  1856,  p.  269-305. 

(4)  Consulter  le  «  Regestrum  visitationum  archiepiscopi  Rothomagensis,  »  in-4-,  édité  à  Évreux  par  M.  Bonnin 
en  1846.  —  •  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  123. 

<5)  Le  château  de  Roche-Orival  s'appelle  aujourd'hui  le  Château  Fouet.  Ses  murs  et  ses  fossés  en  ruines  sont 
encore  visibles  sur  un  de  ces  rochers  qui  bastionnent  la  Seine  en  face  de  Gléon. 

(6)  A.  Le  Prévost,  •  Notice  historique  et  archéologique  du  département  de  l'Eure,  »  p.  HO.  —  «  Mémoires  de  la 
Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  334.  —  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  98. 


—  54  — 


actuelles,  la  distance  de  Rouen  à  Caudebec  est  estimée  à  22  kilomètres  (1  ).  Il  y  a  donc,  eft 
supposant  exacte  l'indication  antique,  une  différence  d'environ  1,300  mètres  provenant  des 
inflexions  de  terrain  et  rectifications  des  côtes  que  n'admettait  pas  la  voirie  ancienne. 


No  5.  —  VOIE  DE  JULIOBONA  A  MEDIOLANUM  (ÉVREDX)  ET  A  DUROCASSIS  (dREUX),  PAft 
BREVIODURUM ,  NOVIOMAGUS  ET  CONDATE ,  ET  PROBABLEMENT  JUSQU'A  SUUSDINUM  (LE  MANS). 
—  ITER  A  JULIOBONA  MEDIOLANUM  XXXIV  ;  ITER  A  JULIOBONA  DUROCASSIS  LXXVm  ;  BREVIO- 
DURUM VEL  BREVIODORUM  XVH  ;  NOVIOMAGUS,  PORTASSE  LEXOVUS  XVII  (2)  ;  XCI  SUINDINUM 
A  JULIOBONA;    MEDIOLANO    AULERCORUM   XH;    BREVIODURUM  OU  BREVIODURO   IV ;    JUUO- 

BONA  xvm  (3). 

Cette  voie  reliait  Lillebonne  et  les  Calètes  avec  la  Basse-Normandie,  les  bords  de  la  Loire 
et  la  Bretagne  armoricaine.  Les  diverses  directions  que  lui  donne  la  Table  de  Peutinger 
paraissent  indiquer  qu'elle  conduisait  aussi  du  Mans,  de  Jublains ,  de  Dreux ,  de  Lisieux 
et  d'Évreux,  au  port  de  Boulogne,  par  Juliobona  et  Gravinum.  Mais  nous  n'avons,  pour  le 
moment,  qu'à  retrouver  une  petite  portion  de  cette  voie  antique.  Ce  grand  chemin  de  nos 
pères,  que  nous  allons  retracer  de  Juliobona  à  Gravinum,  et  que  nous  aurons  à  rechercher 
de  Gravinum  aux  parties  septentrionales  de  la  Seine-Inférieure ,  n'occupe  que  quelques 
kilomètres  sur  la  partie  méridionale  de  ce  département.  Nous  ne  le  suivrons  que  de  Lille- 
bonne  à  la  Seine ,  limite  de  notre  pays  du  côté  des  Lexoviens. 

Cette  voie  sortait  de  Lillebonne ,  en  passant  devant  le  théâtre  de  cette  ville ,  et  longeait 
les  collines  sépulcrales  du  Mesnil ,  toutes  couvertes  de  cippes  funèbres  et  de  stèles  tumu- 
laires  (4).  Du  Mesnil  elle  venait  à  Saint-Georges-de-Gravenchon ,  où  M.  Fallue  a  trouvé 
des  débris  romains  et  où  il  signale ,  sur  la  colline  qui  fait  face  à  l'église,  un  tertre  entouré 
d'un  fossé  profond  (5).  De  là  elle  allait  à  Petitville ,  où  le  hameau  du  Bac  nous  rappelle  un 
passage  ancien  dont  le  péage  fut  concédé  par  Robert  Courte-Heuse  aux  chanoines  de 
Rouen  (6)  :  ce  qui  fit  donner  au  territoire  voisin  le  nom  de  Chapitre  qu'il  porte  encore 


(1)  a  Tableau  des  distances  en  myriamètres,  kilomètres,  etc.,  de  chaque  commune  du  département  de  la  Seine- 
Inférieure,  etc.,  »  publié  en  1856  par  ordre  de  M.  le  Préfet  ;  in-4%  Rouen,  Pérou,  1856. 

(2)  Fortia  d'Urban,  a  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  »  p.  116. 

(3)  Id.,  ibid.,p.  236.  —Voir  aussi  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  •  t.  !•', 
p.  112.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  91-92.  —  L'abbé 
Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  v  t.  xix,  p.  163. 

(4)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv.  p.  163.  —  «  La  Normandie  souterraine,  ■ 
!'•  édit.,  p.  106-115;  2-  édit.,  p.  113. 

(5)  Fallue,  dans  les  €  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  276.  —  E.  Gaillard,  dans 
la  a  Gazette  de  Normandie  »  du  16  mars  1834.  —  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  » 
t.  XIV,  p.  163. 

(6)  E.  Gaillard,  dans  la  «  Gazette  de  Normandie  >  du  16  mars  1834. 


—  55  — 

aujourd'hui  (1).  Du  bac  de  Petitville  on  descendait,  selon  quelques  antiquaires,  au  Vieux- 
Port,  et^  selon  nous,  à  Aizier,  où  venaient  se  rendre  toutes  les  voies  romaines  de  la  Basse- 
Normandie,  et  où  l'on  pense  qu'il  y  eut  un  gué  dans  les  temps  anciens  (2).  Ici  la  voie  se 
partageait  en  deux  directions,  l'une  allant  à  Évreux ,  et  l'autre  à  Lisieux. 

Nous  n'entreprendrons  point  de  retracer  ces  différentes  voies  sur  le  territoire  des 
Lexoviens  et  des  Aulerques-Éburoviques  ;  nous  renvoyons  nos  lecteurs  au  tableau  qu'en 
a  donné  M.  Le  Prévost. 

Notre  savant  maître  nous  en  présente  deux.  La  première  va  de  JuUobona  à  Noviomugus 
par  Pont-Audemer  et  Cormeilles  ;  elle  lui  paraît  fort  reconnaissable  entre  le  Vieux-Port  et 
Pont-Audemer,  où  elle  porte  le  nom  de  chemin  ferré  (3).  La  seconde  se  confond ,  jusqu'à 
Breviodurum,  avec  celle  de  Mediolanum  (Évreux).  «  D'Aizier,  dit-il ,  où  l'on  signale  des 
antiquités  romaines,  et  où  M.  Pattu,  ingénieur  en  chef  du  Calvados,  qui  a  fait  de  grandes 
études  sur  la  Seine,  pense  qu'il  a  pu  exister  un  gué  aux  temps  antiques,  la  route  passe  à 
Sainte-Croix  et  à  Bourneville,  au  hameau  de  la  Grand' Rue.  De  là  elle  longe  Étreville,  les 
fossés  du  château  de  Médine ,  la  ferme  de  la  Boque ,  et  enfin ,  traversant  le  hameau  de 
Rondemare,  elle  descend  à  la  Rille  par  Appeville-Annebaut,  pour  entrer  bientôt  dans 
Brionne ,  où  aboutissent  quatre  voies  romaines  (4).  3>  Brionne  est-il  le  Breviodurum  des 
Itinéraires,  comme  le  pensent  MM.  Viel,  A.  Le  Prévost  (5),  Gaillard,  Canel  (6)  et 
Gadebled  (7),  ou  bien  le  Canetum  des  vases  d'ai^ent  dédiés  à  Mercure ,  comme  le  suppose 
M.  Bonnin  (8)?  Nous  ne  déciderons  pas  cette  question  qui,  du  reste,  est  étrangère  à  notre 
sujet.  Nous  ferons  seulement  observer  que  l'opinion  de  M.  Bonnin  est  gratuite  et  qu'elle  a 
besoin  de  confirmation.  Nous  ajouterons  que,  depuis  quelques  années,  les  fouilles  de 
M.  Métayer  semblent  avoir  fixé  à  Berthouville  même  le  temple  de  Mercure  Canet  (9).  Il 
est  vrai  que  le  savant  archéologue  y  trouve  l'avantage  de  reporter  Breviodurum  à  Pont- 


(1)  «  Carte  de  la  Seine-Inférieure,  »  dressée  en  1830,  par  MM.  Girard  et  Garbonnié. 

(2)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  163.  —  Canel,  dans  les  «  Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  358, 365.  —  Fallue,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  x,  p.  455. 

(3)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  94.  —  D'Anville,  «  Notice 
de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  173-74.  —  Canel,  dans  les  «  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  356. 

(4)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  TEure,  p.  90-91.  —  Canel,  dans  les 
«  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  x,  p.  357-58. 

(5)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  23-24.  —  «  Mémoires  de 
la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  248. 

(6)  Canel,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  382-86. 

(7)  Gadebled,  «  Dictionnaire  topographique,  statistique  et  historique  de  l'Eure,  p.  97. 

(8)  Th.  Bonnin,  «  Antiquités  gallo-romaines  des  Éburoviques.  »  Carte. 

(9)  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxvni,  p.  249-261.  —  «  Annuaire  des  cinq  départements  de  l'ancienne  Norman- 
die, »  année  1862,  p.  509-512.  -  «  Revue  de  la  Normandie,  »  avril  1862,  p.  259-60. 


—  50  — 

Audemer, comme  le  voulaient  Tabbé  Rêver  (1),  Tabbé Belley  (2),  d'Anville  (3) et  quelques 
autres  géographes.  Mais  nous  avons  aussi ,  pour  placer  Breviodurum  à  Brionne ,  d'ex- 
cellentes autorités  :  Brionne,  en  outre,  possède  sur  ses  collines  un  vaste  cimetière  romain 
des  trois  premiers  siècles ,  lequel  indique  une  station  de  la  plus  haute  importance. 

No   6.    —  VOIE   DE  JULÏOBONA   (lILLEBONNE)    A    GRAVINUM  (GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE). 

i^^    SECTION   DE    LA    VOIE  DE   JULIOBONA    A    GESORUCUM.  —  IULIOBONA XVIH  M.   P. 

GRAVINUM X  (4). 

Une  grande  artère  paraît  avoir  coupé  le  pays  de  Caux  par  le  milieu  et  dans  toute  sa 
longueur.  Cette  voie ,  que  nous  suivons  parfaitement  depuis  le  moment  où  elle  a  touché 
la  rive  droite  de  la  Seine  jusqu'au  bord  de  la  Durdent,  limite  du  Grand-Caux,  devait  être  le 
chemin  militaire  qui  communiquait  de  la  Loire  .à  la  Bretagne.  Nous  pensons  qu'elle 
conduisait  de  Nœodunum  (Jublains),  de  Stiindinum  (5)  (le  Mans),  de  Cœsaromagus  (Tours) 
et  même  de  Genabum  (Orléans),  et  enfin  des  cités  de  Dreux ,  de  Lisieux,  de  Coutances  et  de 
Bayeux,  vers  Gesoriacum  (Boulogne),  par  Juliobana,  Gravinum  et  Atigusta (6),  traversant 
ainsi  la  Seine-Inférieure  dans  sa  plus  grande  longueur,  comme  le  fait  aujourd'hui  la  route 
départementale  no  32 ,  qui  va  de  Lillebonne  à  Blangy. 

Déjà,  au  siècle  dernier,  l'abbé  Belley  présupposait  cette  voie  (7)  que  la  Table  dePeutinger 
semble  indiquer,  quand  elle  dit:  <t  Juliobona  XVIII;  Gravinum  X;  Gesoriaco  quod  nunc 
est  Bononia  XXIV  (8)  » 

Mais  quittons  le  terrain  des  conjectures  pour  nous  renfermer  dans  l'étroit  domaine  des 
faits  historiques. 

De  cette  voie  qui,  de  la  Basse-Normandie  et  de  la  Bretagne,  conduisait  dans  le  nord  de 


(1)  Rêver,  «  Mémoire  sur  les  ruines  de  Lillebonne,  »  p.  6-7.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéolo- 
gique sur  le  département  de  l'Eure,  •»  p.  24.  —  Canel,  dans  les  «  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  » 
t.  X,  p.  382. 

(2)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  638-39. 

(3)  D'Anville,  «Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  173. 

(4)  Table  de  Peutinger,  dans  le  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  !•*,  p.  112.  —  Fortia 
d'Urban,  «  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  »  p.  236.  —  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des 
Inscriptions  et  Belles-Lettres,  •  t.  xix,  p.  368,  édit.  in-4*  ;  t.  xxxii ,  p.  282,  édit.  in-12.  —  Cousin,  dans  les  «  Mémoires 
de  la  Société  Dunkerquoise,  »  t.  vi,  p,  416-17.  —  De  Caumont,  «  Cours  d'antiquités  monumentales,  »  t.  ii. 

(5)  Nous  suivons  la  version  de  M.  Le  Prévost.  M.  Walckenaër  écrit  Subdinnum,  •  Géographie  anc,  hist.  et 
compar.  des  Gaules,  »  t.  l"*",  p.  389  et  400;  et  t.  m,  p.  60. 

(6)  Cousin,  dans  les  «i  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise,  t.  vi,  p.  416-48. 

(7)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  638,  639, 
653.  —  Cousin,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  Dunkerquoise,  »  t.  vi,  p.  416-18.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  histo- 
rique et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  84,  85, 88,  93,  98,  100. 

(8)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  1*',  p.  112. 


—  57  — 

la  Gaule ,  nous  prenons  en  ce  moment  le  tronçon  qui  mettait  Juliobona  en  communication 
avec  Gravinum.  Ce  dernier  point  sera  placé  par  nous  à  Grainville-la-Teinturière  jusqu'à 
meilleure  information. 

Cette  voie  sortait  de  Lillebonne  par  la  Trinité  (1),  Lin  tôt  (2)  et  Trouville,  où  l'on  suit 
sa  trace  à  une  bordure  de  sarcophages,  d'urnes  et  de  sépultures  antiques  qui  renferment  des 
ossements  et  des  cendres  (3).  A  Trouville  surtout,  on  a  fait  à  plusieurs  reprises  de  curieuses 
et  importantes  découvertes  de  sépultures  romaines  (4).  Outre  les  urnes  que  le  président 
Caillot  de  Coquereaumont  y  a  reconnues  sous  Louis  XVI,  nous  avons  vu,  en  4857, 
M.  Fleury,  maire  de  Rouen ,  y  recueillir  le  plus  précieux  vase  de  verre  antique  que  notre 
pays  ait  jamais  possédé  (5).  Dans  le  même  village  est  un  tumulus  placé  à  quelques  pas 
de  la  voie  (6). 

De  Trouville  la  chaussée  allait  à  Alvimare  (7),  à  Foucart  et  à  Fauville.  Entre  ces  deux 
dernières  localités,  Yagger  et  l'encaissement  sont  encore  très\îsibles  (8).  A  Fauville  était 
une  motte  non  loin  de  l'église  (9),  et  des  urnes  ont  été  plusieurs  fois  recueillies  sur  le  terri- 
toire de  ce  bourg  (10).  L'empierrement  du  chemin  est  encore  fort  reconnaissablc  entre 
Fauville  et  Normanville,  surtout  aux  abords  de  la  route  impériale  no  26,  qui  va  de  Fécamp 
à  Yvetot.  A  Normanville ,  nous  retrouvons  encore  un  tumulus  dont  la  tradition  veut  faire  le 
tombeau  d'une  armée  (41).  De  Normanville  elle  va  à  Beuzeville-la-Guérard  qu'elle  traverse 
au  hameau  de  La  Gauchie,  qui  évidemment  lui  a  emprunté  son  nom  ;  de  là  elle  touche  au 
territoire  d'Ourville  où  elle  semble  s'être  partagée  en  deux  branches  :  l'une  continuant 
vers  Gravinum  et  la  mer,  l'autre  se  dirigeant  sur  Arques  (12). 

D'Ourville  elle  descend  à  Grainville-la-Teinturière ,  bourg  qui  est  important  de  nos  jours 

(1)  «  Les  Églises  de  l'arrondi ssement  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  205. 

(2)  Mangon  de  La  Lande,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  année  1826,  p.  216. 

(3)  E.  Gaillard,  dans  la  «  Gazette  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834. 

(4)  f  La  Normandie  souterraine,  »  1-  édit.,  p.  127;  2*  édit.,  p.  145.  -  E.  Gaillard,  «  Conjectures  sur  le  royaume 
d'Yvetot,  «dans  le  .  Précis  analytique  des  travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1836,  p.  185. 

(5;  «  This  object  is  one  of  great  interest,  being  a  well  preserved  example  of  an  exceedingly  rare  effort  of  ancien t 
art.  u  «  The  Gentleman's  Magazine,  »  february  1860,  p.  142.  -  a  Bulletin  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie,  v 
t.  V%  p.  151-54. 

(6)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  «  p.  10. 

(7)  De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  89. 

(8)  E.  Gaillard,  dans  la  0  Gazette  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834. 

(9)  «  A  Fauville,  dit  M.  de  Glanville,  la  voie  romaine  est  connue  sous  le  nom  de  chemin  de  César.  »»  «  Promenade 
archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  p.  99.  -  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot.  h  1-  édit.,  t.  i",  p.  257; 
2-  édit,  t.  1-,  p.  271-72. 

(10)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  i",  p.  256-57;  2"  édit.,  t.  l",  p.  272.  -  «  La  Nor- 
mandia  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  128;  2*  édit.,  p.  147. 

(11)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  160.  -  De  Glanville,  «  Promenade 
archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  >  p.  220.  -  Les  églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  1"  édit.,  t.  i",  p.  300  ; 
2- édit.,  t.  I",  p.  314. 

(12)  Ce  qui  a  droit  de  nous  surprendre,  c'est  que  la  carte  dressée  par  la  Commission  de  la  topographie  des  Gaules 
place  à  Normanville  la  station  de  Gravinum. 

8 


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et  qui  le  fut  beaucoup  plus  dans  les  temps  anciens.  C'est  là  que  nous  placerons,  jusqu'à 
plus  ample  informé,  le  Gravinum  de  la  Table  Théodosienne.  Le  fait  est  que  la  distance  in- 
diquée de  cette  ville  à  Julio  bon  a  étant  de  dix  milles,  elle  se  trouve  précisément  la  même  que 
celle  de  LillebonneàGrainville.  On  rencontre  beaucoup  de  ruines  et  de  débris  dans  le  village 
et  dans  toute  la  vallée.  On  parle  surtout  de  carrières  curieuses  dont  la  plus  remarquable 
s'appelle  le  Trou^à-Pierrot.  Les  cultivateurs  prétendent  y  avoir  trouvé  souvent  des  vases 
remplis  d'anciennes  monnaies.  Les  rues  de  la  commune  portent  des  noms  comme  celles 
d'une  ville;  l'une  d'elles  entr'autres  s'appelle  la  rue  ou  la  met  te  de  Rome.  Non-seulement 
les  habitants  de  Grainville ,  mais  ceux  des  environs ,  conservent  la  tradition  d'une  cité 
déchue.  Ils  disent  que  «  César  avait  établi  là  sa  ville  aux  grains,  qu'elle  est  plus  vieille  que 
Jésus-Christ  et  qu'elle  a  été  détruite  par  les  Sarrazins  (Saxons  ou  Normands)  (1).  » 

No  7.  —  VOIE  DE  GRAVINUM  (gRAINVILLE)  A  AUGUSTA  (eu),  PAR  LA  STATION  DE  PORTUS  ET 
LA  VALLÉE  DE  DIEPPE.  —  2^  SECTION  DE  JULIOBONA  A  GESORIACUM.  —  JULIOBONA  XVm. 
GRAVINUM  X.  PORTUS  (VENETi)  X.  GESORIACUM  QUOD  NUNC  EST  BONONIA  XXIV  (2). 

• 

La  première  section  de  cette  voie ,  si  facile  à  suivre  de  Lillebonne  à  Grainville,  est  à  peu 
près  un  mystère  à  partir  de  cette  localité  jusqu'à  Dieppe  et  même  jusqu'à  Eu,  l'antique 
Augusta  par  où  elle  devait  passer  pour  se  rendre  à  Gesoriacum,  L'historien  de  la  Picardie, 
au  dernier  siècle,  a  tracé  à  travers  l'ancienne  Morinie  cette  grande  voie  qui ,  selon  lui, 
«  coupait  les  côtes  i^  et  qu'il  nomma  la  27^  branche  de  la  route  militaire  de  Rome  à 
Boulogne  (3).  De  nos  jours,  un  archéologue  de  la  Morinie  vient  d'indiquer  à  travers  le 
Boulonnais  la  suite  de  cette  voie  que ,  lui  aussi ,  il  fait  venir  de  Lillebonne,  d'après  la  Table 
de  Peutinger  et  ses  interprètes,  MM.  de  Caumont  et  Fortia  d'Urban  (4).  Seulement  l'indi- 
cation très  fautive  des  distances  l'embarrasse  beaucoup  ;  pour  nous ,  nous  ne  nous  en 
préoccuperons  pas,  notre  plan  nous  enfermant  dans  la  Seine-Inférieure. 

M.  Cousin,  deDunkerque,  rappelle  avec  raison  un  fait  que  nous  avions  remarqué,  non 
sans  étonnement ,  dans  l'édition  de  la  Table  Théodosienne  donnée  par  M.  Fortia  d'Urban , 


(1)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  161.  —  «  Les  Églises  de  rarrondissement 
d'Yvetot,  »  l'«  édit.,  t.  i",  p.  151  ;  2*  édit.,  t.  i",  p.  166-67.  —  Mentelle,  «  Encyclopédie  méthodique,  —  géographie 
ancienne,  »  «  verbo  Gravinum.  »  —  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  p.  360. 

(2)  Table  de  Peutinger,  dans  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  v  t.  !•',  p.  112. 
—  Fortia  d'Urban,  «  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  »  p.  236.  —  Cousin,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  Dunker- 
quoise,  »  t.  vi,  p.  416-417.  —  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  TAcadémie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  » 
t.  XIV,  p.  368. 

(3)  Dom  Grenier,  dans  son  «  Introduction  à  l'Hist.  gén.  de  la  Picardie,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Picardie,  »  t.  m,  p.  494-496,  in-4". 

(4)  Cousin,  «  Trois  voies  romaines  du  Boulonnais,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  Dimkerquoise,  »  t.  vi, 
p.  416-17. 


—  59  — 

et  dans  YOrbis  romanus  du  colonel  Lapie  qui  l'accompagne  ;  c'est  une  station  intermédiaire, 
du  nom  de  Par  tus,  placée  à  dix  milles  de  Gravinum,  dans  la  direction  de  cette  ville  vers 
Boulogne.  Cette  station  de  Portus  ou  Portus  Veneti,  comme  l'appelle  M.  Cousin ,  a  sans 
doute  figuré  sur  quelque  ancien  manuscrit  de  la  Table  Théodosienne  ;  en  tout  cas,  les  plus 
savants  auteurs  la  placent  au  bord  de  la  mer,  entre  Saint-Valery  et  Dieppe.  Dès  le  siècle 
dernier,  en  effet,  la  Carte  de  la  Gaule  antique,  dressée  par  d'Anville  (1),  indique  aussi  une 
station  à  dix  milles  de  Gravinum  et  dans  la  direction  de  Saussemare.  D'Anville,  qui  figure 
dans  sa  Cjarte  la  rivière  de  Saâne ,  arrête  le  tracé  de  la  voie  un  peu  en-deçà  vers  Veules,  à 
l'embouchure  du  Dun.  Cette  station  étant  indiquée  à  dix  lieues  gauloises  de  Gravinum , 
nous  sommes  porté  à  la  placer  à  Saussemare-sur-Dun  ou  à  Sainte-Marguerite-sur-Saàne. 
La  distance  de  dix  milles  romains  est  loin  d'être  une  mesure  fixe  et  invariable;  ainsi 
l'Itinéraire  compte  dix  milles  de  Juliobona  à  Caracotinum,  et  la  Table  en  admet  autant  de 
Juliobona  à  Gravinum;  or,  traduites  en  kilomètres,  ces  distances  ne  se  ressemblent  guère. 
Si  l'on  prend  pour  point  de  départ  les  dix  milles  de  Lillebonne  à  Harfleur,  nous  arriverons 
à  peine  jusqu'à  Saussemare;  si,  au  contraire,  on  se  base  sur  la  distance  de  Lillebonne  à 
Grainville,  nous  atteindrons  aisément  Sainte-Marguerite-sur-Saàne.  Nous  avouons  n'avoir 
pas  de  raison  suffisante  pour  préférer  une  position  à  l'autre.  Épineville,  Saint-Aubin-sur- 
Mer  et  surtout  Saussemare  renferment  des  antiquités  romaines  en  abondance.  Il  y  eut  là, 
sous  les  Césars,  un  établissement  important.  MM.  Estancelin  (2)  et  SoUicoffre  (3)  l'ont 
prouvé,  et,  depuis,  plusieurs  découvertes  ont  corroboré  leur  opinion  (4).  Sainte-Margue- 
rite fut  peut-être  plus  importante  encore.  La  villa  qui  couvre  de  ses  fondations  la  butte 
de  Noient  est  une  des  plus  remarquables  de  l'ancienne  Gaule.  Ce  fut  probablement  la  mai- 
son d'un  gouverneur  ou  d'un  surveillant  des  côtes.  De  la  villa  à  la  mer,  sur  l'espace  de 
4,000  à  1,200  mètres,  le  sol  est  jonché  de  débris  antiques  (5).  La  Saàne,  d'ailleurs,  est 
romaine  comme  la  Durdent,  et  il  ne  serait  nullement  surprenant  que  l'embouchure  de 
cette  rivière  ait  possédé  une  station  de  quelque  valeur,  quand  son  bassin  tout  entier  était 
couvert  d'habitations  (6).  Nous  placerons  donc  assez  volontiers  Portus  à  Sainte-Margue- 
rite-sur-Mer,  jadis  nommée  Sainte-Marguerite-de-Caprimont. 


(1)  D'Anville,  «  Gallia  antiqua  œvi  romani  ;  »  Carte  de  la  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule.  » 

(2)  L.  Estancelin,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  i",  p.  13,  année  1824. 

(3)  SoUicoffre,  «  Notice  sur  quelques  antiquités  trouvées  dans  une  fouille  près  de  la  mer,  à  Saussemare  ;  »  Mss. 
conservé  aux  Archives  de  la  Commission  des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure. 

(4)  «  La  Normandie  souterraine,  »  Inédit.,  p.  129j2*  édit.,  p.  147. —  «Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Y  ve  tôt,  » 
!'•  édit.,  1. 1",  p.  364  ;  2«  édit.,  1. 1",  p.  379. 

(5)  Feret,  *<  Catalogue  de  la  Bibliothèque  publique  de  Dieppe,  »  p.  345,  46  et  47.  —  Id.,  dans  le  «  Bulletin  monu- 
mental, »  t. IX,  p.  93-94.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  132; 2*  édit.,  p.  41  et  150.  —  Wylie,  «  Ar- 
chaeologia;  •  vol..  xxxv,  p.  100-113.  —  a  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  «t.  ii,  p.  57-59.  —  Vitet, 
•  Histoire  de  Dieppe,  »  édit.  1844,  p.  13, 432-36. 

(6)  «  La  Normandie  souterraine,  »»  !'•  édit ,  p.  46;  2*  édit.,  p.  56.  —  a  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques 
et  normandes,  »  p.  153-56. 


—  60  — 

Essayons  maintenant  de  refaire  la  voie  de  Gravinum  à  Portus  et  mêrae  jusqu'à  Dieppe* 
De  Grainville  partaient,  selon  nous,  au  moins  deux  voies  romaines  :  Tune  suivait  la  vallée 
en  descendant  jusqu'à  la  mer  par  Cany,  Vittefleur  et  Paluel  (1);  l'autre  se  dirigeait  par  la 
plaine  vers  Boulogne  et  le  nord  de  la  Gaule;  c'est  celle  que  nous  cherchons.  Elle  pouvait 
passer  par  Bosville  où  ont  été  trouvées  des  sépultures  antiques  (2),  par  Saint-Vaast-Diep- 
pedalle  où  la  tradition  place  la  ville  d'Eaumare  (3),  par  Anglesqueville-la-Bras-Long,  Er- 
menonville et  Houdetol  où  fut  un  castel  renommé  (4).  Elle  devait  passer  le  Dun  à  Saint- 
Pierre-le-Vieux  ou  au  Bourg-Dun  abondant  en  antiquités  romaines,  et  où  les  Francs  eurent 
une  abbaye  (5);  puis,  par  Longueil,  elle  arrivait  à  la  Saàne  où  nous  placerons  provisoire- 
ment Porttis  Veneti. 

De  la  Saàne,  la  voie  reprenait  sa  direction  sur  Dieppe  par  Blanc-Mesnil,  Hautot  et  le 
Petit  Appeville.  Au  passage  de  la  Scie,  dans  la  vallée  du  Petit-Appeville,  sa  direction  nous 
est  connue  depuis  vingt  ans;  nous  avons  suivi  son  cailloutis  dans  les  cavées  d'Appeville, 
dans  les  terres  de  M,  Grenet,  dans  celles  de  M.  Legros,  et,  enfin,  sur  le  versant  de  Dieppe, 
dans  le  chemin  creux  des  Fontaines  par  où  elle  arrivait  à  la  station  du  faubourg  de  la 
Barre  (6).  Elle  traversait  là  Dieppe  par  la  rue  des  Gués  {Vicus  Vadorum),  aujourd'hui  la 
rue  d'Ecosse.  Elle  dut  quitter  Dieppe  par  le  Pollet  et  la  rue  cavée  qui  conduit  au  camp  de 
César,  aujourd'hui  la  rue  de  la  Cité  de  Limes.  Elle  traversait  Puys  où,  en  1286,  on  l'appe- 
lait le  Chemin-du-Roi  (queminumDomini  Régis  apud  puteum  );  franchissait  V oppidum  dJi- 
tique,  puis,  par  les  villages  de  Braquemont,  Belleville,  Bemeval,*  Saint-Martin,  Biville, 
Penly  et  Tocqueville,  arrivait  à  Criel;  puis  de  Criel  elle  gagnait  Augusta,  d'où  elle  sortait 
par  le  faubourg  de  la  Chaussée  où  nous  la  laisserons  (7). 

Sur  cette  Hgne  de  villages,  les  recherches  ou  le  hasard  ont  révélé  une  foule  de  débris  de 
l'antique  civilisation.  Outre  son  Camp  de  César,  le  territoire  de  Braquemont  nous  a  montré 


(1)  d  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  161>63. 

(2)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  Inédit.,  1. 1",  p.  167;  2*  édit.,  t.  !•%  p.  182. 

(3)  Gauger,  «  Essai  historique  sur  Tancienne  ville  d'Eaumare  dans  le  pays  de  Caux,  »  in-S"  de  24  p.  Fécamp, 
1853.  —  Nous  profiterons  de  la  rencontre  du  nom  de  Saint- Waast  pour  consigner  ici  une  remarque  faite  par  un 
auteur  de  l'époque  franque.  Ulmar,  dans  son  récit  des  Miracles  de  révoque  d'Arras,  dit  que  les  Églises  qui  lui  sont 
dédiées  se  trouvent  toujours  sur  des  voies  publiques.  «  Gum  nusqu&m  invenies,  circuitis  Galliis ,  basilicam  suo 
dedicatam  nomine  nisi  in  publico  aggere.  »  Dom  Grenier,  qui  avait  beaucoup  étudié  la  Picardie,  dit  que  Tob- 
servation  est  vraie  pour  cette  province.  «  Introduction  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Pic,  »  t.  m,  p.  447. 

(4)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  ■  1"  édit,  t  i**,  p.  352  ;  2*  édil.,  t.  v%  p.  367-70. 

(5)  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1848,  p.  57.  —  «  Gallia  christiana,  •  t.  xi,  p.  124.  —  «Les  Églises  de  l'arrondisse- 
ment de  Dieppe,  »  p.  443.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  132;  2*  édit.,  p.  150-51. 

(6)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  161-62.  Note.  —  Vitet,  «  Histoire  de 
Dieppe,  »  p.  14.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  éditl,  p.  62;  2«  édit.,  p.  72.  —  «  La  Cité  de  Limes  ou  le 
Camp  de  César  à  Braquemont,  près  Dieppe.  »  —  •  La  Picardie,  »  vn*  année,  p.  241-255. 

(7)  D.  Lebeuf,  «  La  ville  d'Eu,  «  p.  4. 


—  61  — 

des  t;irtas  romaines  (4).  Belléville  possède  sa  Torniole  (2);  Berneval,  son  manoir  des 
Quarante-Acres  (3)  ;  Saint-Martin,  son  cimetière  gallo-romain,  ses  tuiles,  ses  monnaies,  ses 
hachettes  et  ses  plateaux  de  bronze  (4)  ;  Biville,  ses  cercueils  en  pierrre  de  Vergelé  (5)  ; 
Griel,  son  Baile  et  son  cimetière  franc  de  Chiffreville  (6). 

La  voie  ou  grand  chemin  d'Arqués  à  Eu  quittait  le  Bêle  par  la  rue  de  Rome,  tournait 
par  Archelles  sous  Saint-Étienne  et  le  Champ-de-Bataille,  passait  l'Eaulne  à  Martin-Église, 
traversait  la  voie  de  Beauvais  et  montait  la  côte  encore  nommée  le  mont  d'Eu,  puis  lon- 
geait la  plaine  par  Coquereaumont,  Wargemont,  Glicourt,  Tourville*-la-Chapelle  et  Guil- 
mécourt  (7);  franchissait  ITère  à  Saint-Sulpice,  gagnait  la  plaine  àBoscrocourt  et  des- 
cendait à  Eu  par  le  vallon  de  Saint-Pierre-en-Val  ;  tel  est  le  chemin  arquois  et  probable- 
ment aussi  le  chemin  antique. 

N®   8.  —  VOIE  DE  LILLEBONNE  A  ÉTRETAT. 

Le  géographe  d'Anville,  le  plus  habile  restaurateur  de  la  Gaule  au  dernier  siècle,  a  soup- 
çonné cette  voie  que  l'abbé  Belley  (8)  avait  aussi  devinée.  «  On  connaît,  dit  le  premier  de 
«  ces  deux  auteurs,  des  vestiges  de  voies  romaines  qui  partent  de  Lilebonne  {sic).  Il  y  en 
c  a  une  qui  se  termine  au  bord  de  la  mer,  à  Oistretat  ou  Estretat,  entre  la  pointe  nommée 
c  le  Chef-de-Caux  (9)  et  Fécamp,  et  que  l'on  pourrait  conjecturer  avoir  été  un  port,  statio, 
c  au  temps  des  Romains  (40).  »  Ce  que  d'Anville  conjecturait  il  y  a  un  siècle,  nous  l'avons 
établi  d'une  manière  positive  par  des  fouilles  et  des  explorations  faites  sur  les  lieux.  Nous  ne 
redirons  pas  ici  toutes  les  découvertes  faites  à  Étretat;  mais  nous  ne  pouvons  passer  sous 
silence  le  balnéaire  et  la  villa,  dont  les  débris  remplissaient  l'enclos  de  l'ancien  presbytère  ; 

(1)  Vitet,  «  Histoire  de  Dieppe,  »  p.  15.  —  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  54.  — 
Feret,  «  Soc.  archéol.  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  p.  12-14.  —  «  Catalogue  de  la  Bibliothèque  publique  de  Dieppe,  » 
p.  345  et  347. 

(2)  «  La  Normandie  souterraine,  »  2«  édit.,  p.  2T7.  —  Wylie,  dans  «  l'A-rchceologia,  •  t.  xxxv,  p.  100-113.  —Feret, 
«  Catalogue  de  la  Bibliothèque  publique  de  Dieppe,  »  p.  345. 

(3)  «  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  159-65.  —  L'abbé  Lecomte,  «  Notice  hist.  sur  Berneval  et  Saint- 
Martin,  »  p.  1-16.  —  «  Sépult  gauloises,  rom,  franq.  et  norm.,  »  p.  51-53.  —  «Bulletin  monum.,  »  t.  xxii, p.  95-104. 

(4)  a  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  53-68.  —  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxiii,  p.  94- 
104.  •  Catalogue  de  la  Bibliothèque  publique  de  Dieppe,  »  p.  347. 

(5)  Deux  cercueils  découverts  entre  Biville  et  Neuvillette  en  mars  1856;  «  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  » 
p.  40. 

(6)  «  Les  Églises  de  Tarr.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  287-288.  —  «  Le  Norm.  souterr.,  »  l'*  édit.,  p.  341  ;  2«  édit., 
p.  429-30. 

(7)  Dom  Grenier  dit  que,  de  son  temps,  la  voie  romaine  était  très  reconnaissable,  «  depuis  le  Four  à  Chaux,  entre 
la  ville  d'Eu  et  Harancourt  jusqu'à  Saint- Waast  et  Guilmécourt.  »  ~  a  Litroduction  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des 
Ântiq.  de  Pic.  »  t.  m,  p.  496. 

(8)  L*abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  «  t.  xix,  p.  640-653. 

(9)  Il  est  probable  qu'il  s'agit  du  cap  d'Antifer,  appelé  par  Mercator  le  Groing-de^Caux. 

(10)  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaulo,  »  p.  360,  verbo  Gravinum. 


—  62  — 

les  sépultures  franques  qui  recouvraient  les  pieds  de  la  Côte-dvr-Mont,  les  urnes  et  les  vases 
funéraires  exhumés  des  flancs  du  Grand-Val;  les  monnaies  d'Adrien,  de  Trajan,  de  Néron 
et  d'Antonin  ;  l'aqueduc  de  deux  kilomètres  qui  longe  les  cavées  du  Petit-Val;  les  médailles 
les  tuiles  à  rebords,  semées  jusque  sur  le  rivage;  les  brocs  en  bronze,  les  clochettes,  les 
cuillères  à  encens,  les  chaudières  d'airain ,  les  vases  de  terre  et  de  verre  trouvés  à  différentes 
reprises  et  dans  toute  l'étendue  du  village.  Il  est  donc  bien  prouvé  que  le  sol ,  à  défaut  de 
l'histoire,  proclame  solennellement  cette  occupation  (4). 

Maintenant,  la  baie  qui  est  la  plus  heureuse  de  la  côte  n'a  pas  dû  être  négligée  par  les 
anciens.  Sa  position  topographique  dut  attirer  l'attention  des  préfets ,  des  gouverneurs  et 
des  proconsuls,  comme  plus  tard  elle  attira  celle  de  François  I^r  (2),  de  Louis  XIV  (3),  de 
Louis  XVI  (4)  et  de  Napoléon  (5).  Depuis  bien  des  années,  Étretat  est  connu  par  ses  pêches 
et  par  sa  marine.  Sans  parler  des  contingents  qu'il  fournit  à  la  flotte  de  Philippe-le-Bel,  en 
4  295  (6),  et  à  celle  de  Philippe  de  Valois,  en  4  340  (7),  contingent  que  François  de  L'Hospital 
déclare  avoir  été  plus  fort  que  celui  de  Fécamp,  nous  voyons  naviguer  à  Étretat  les  franches 
nefs  des  abbayes  de  Sain t-Wandrille  (8),  de  Fécamp  (9),  duValasse(40)etde  Saint-Georges- 
de-Boscherville  (44).  Celle  de  Saint-Wandrille  avait  été  donnée  à  ce  monastère,  dès  4024, 
par  le  duc  Richard  II ,  pour  pêcher  toutes  sortes  de  poissons  et  par  tous  les  ports  de  la 
Normandie.  Certes,  il  est  peu  de  havres  de  la  côte  qui  puissent  fournir  de  tels  monuments 
de  leur  importance  maritime  à  une  époque  aussi  reculée.  Nous  croyons  donc  que  les 
Romains,  comme  les  barbares,  n'ont  pas  dû  négliger  la  baie  d'Étretat  (42). 

Nous  allons  établir  par  des  preuves  incontestables  l'existence  d'une  voie  romaine  de 
Lillebonne  à  la  mer.  Cette  voie,  en  sortant  de  Juliobojia,  suivait  la  vallée  où  fut  assise, 

(1)  Pour  les  fouilles  et  découvertes  faites  à  Étretat,  consulter:  o  Étretat  et  ses  environs,  »  Havre,  1839.  —  «  L'Étretat 
souterrain,  »  1"  et  2*  série,  Rouen,  1842  et  1844.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  "p.  331-338;  2-  édit., 
p.  417-425.— «  Sépult.  gauloises,  romaines,  franq.  et  norm.,  »  p.  39-49.  — «  Étretat,  son  passé,  son  présont,  son 
avenir,  »  l--*  édit.,  p.  14-17;  2-  édit.,  p.  14-18  ;  3-  édit.,  p.  20-42;  4«  édit.,  p.  24-42. 

(2)  Preuvry,  a  Histoire  de  la  ville  du  Havre.  »  —  F.  Biot,  «  Remarques  sur  la  ville  du  Havre.  »  —  a  Étretat,  son 
présent,  etc.,  »  ch.  xii,  !'•  édit,  p.  47;  2«  édit.,  p.  60;  3*  édit.,  p.  91  ;  4«  édit,  p.  118. 

(3)  F.  Leveziel,  «  Hist.  du  Havre,  »  Mss.  -  «  Étretat,  son  passé,  etc.,  »  1"  édit.,  p.  48  ;  2*  édit.,  p.  60-61  ;  3- édit., 
p.  9. 

(4)  Lamblardie,  ■  Mémoire  sur  les  cotes  de  la  Haute-Normandie.  »  —  «  Étretat,  son  passé,  etc.,  »  !'•  édit,  p,  49; 
2*  édit,  p.  61-63;  3«édit,  p.  91-94;  4«  édit,  p,  20-52. 

(5)  Id.,  ibid.,  1"  édit.,  p.  51 , 2-  édit,  p.  63-64;  3-  édit,  p.  94  ;  4*  édit,  p.  120-122. 

(6)  Id„  ibid.,  3*  édit.,  p.  80;  4-  édit,  p.  106-107. 

(7)  Id.,  ibid.,  1"   édition,  p.  43;  2«  édit, p.  56;  3«édit,.p.  80-81  ;  4*  édit,  p.  107-108. 

(8)  i  Apud  Estrutat  unam  navem  liberam  et  quietam  ad  omnem  piscationem,  per  omnes  portus  Nonnanni».  • 
Charte  de  Richard  II  à  l'abbaye  de  Saint-Wandrille.  «  Neustria  pia,  »  p.  166.  —  «  Étretat,  son  passé,  etc.  » 
1"  édit,  p.  42;  2*  édit,  p.  54  ;  3-  édit,  p.  78;  3'  édit,  p.  100-103. 

(9)  Fallue,  «  Histoire  de  la  ville  et  de  l'abbaye  de  Fécamp,  »  p.  267. 

(10)  «  Étretat,  son  passé,  etc.,  »  4"  édit.,  p.  42  ;  2»  édit,  p.  55;  3-  édit,  p.  79;  4-  édit,  p.  100-105. 

(11)  Deville,  «  Essai  historique  et  descriptif  sur  l'église  et  l'abbaye  de  Saint-Georges-de-Boscherville.  » 

(12)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t  xiv,  p.  165-66. 


~  63 


^Q  XJie  siècle,  la  riche  abbaye  du  Valasse.  Elle  bordait  pour  ainsi  dire  ce  parc  magnifique , 
"Ont  il  ne  reste  plus  ça  et  là  que  des  tourelles  aiguës  qui  semblent  des  jalons  destinés  à  en 
indiquer  l'enceinte.  Elle  traversait  Gruchet  et  le  bourg  de  Bolbec,  où  Ton  a  rencontré  des 
anticjxiltés  romaines,  notamment  une  belle  urne  en  plomb  (1).  Nous  pensons  qu'elle  mon- 
tait la,   oôte  parle  prieuré  du  VaUmix-Grès  et  gagnait  Beuzeville-la-Grenier.  C'est  ainsi  que 
lati^a^ctc  une  charte  de  l'impératrice  Mathilde,  quand  elle  pose  les  limites  de  ses  donations 
à  l'^l>l3aye  du  Valasse  :  «  Vous  aurez ,  dit-elle  aux  moines,  jusqu'au  chemin  qui  va  de  Bolbec 
à  MÎT* ville,  et  de  là  dans  les  terres  de  Beuzeville  jusqu'à  la  chaussée  (2).  »  Ailleurs,  parlant 
dcVa  oTiaussée  de  Saint-Romain,  elle  ajoute  :  <r  Vous  irez  de  là  jusqu'à  la  chaussée  (de  Bolbec) 
cp^  3^  viens  de  nommer,  d  C'est  Richard-Cœur-de-Lion ,  son  petit-fils,  qui  lui  fait  tenir  ce 
\aogsige  (3). 

^enri  II,  déterminant  lui-même  les  limites  de  ces  800  acres  de  terre  et  de  forêt  qui 

toimaent  aujourd'hui  les  quatre  fermes  de  Fongueusemare ,  cette  belle  et  antique  propriété 

^^  Vabbaye  du  Valasse ,  dit  que  les  limites  en  seront  formées  «  par  la  chaussée  qui  est  sur 

^^  confins  du  château  de  Thiboutot  et  de  la  paroisse  de  Gerville  (4),  chaussée  qui  n'est 

autre  que  le  prolongement  de  celle  de  Bretteville. 

Reprenons  maintenant  le  parcours  de  notre  voie  romaine.  De  Beuzeville-la-Grenier  elle 

louchait  aux  terres  de  Mirville  (5),  puis  arrivait  à  Bréauté,  où  son  encaissement  est  encore 

visible  au  hameau  de  La  Chaussée.  —  Là,  elle  côtoyait  un  tumulus  aujourd'hui  détruit  et 

des  sépultures  gallo-romaines  qui  se  sont  fait  jour  en  1856  (6).  De  Bréauté  elle  passait  à 

Goderville,  non  loin  du  château,  où  elle  était  bordée  par  la  fosse  au  Prêcheiicc.  C'est  là  que 


(1)  «  La  Normandie  soulorraine,  »  l'^'édit.,  p.  122;  2'  édit.,p.  140.  — Dcville,  «  Catalogue  du  Musée  départe- 
mental d'antiquités  de  Rouen,  »  année  1845,  p.  34.  —  Roach  Smith,  «  CoUectanea  antiqua,  »vol.  m,  p.  62. 

(2)  «  Habebitisde  foresta  mea...  quœsunt  ad  cheminum  qua  dirigitur  aBollebec  ad  Millevillam  et  exindejuxta 
terras  Bosevillad  usque  ad  Calceiam.  »  «  Neustria  pia,  »  p.  853. 

(3)  «  Dedi  forestam  sicut  Galceia  dividit  quae  protenditur  ab  Insula  Bona  ad  Sanctum  Romanum  *,  et  exinde  per 
vallem  Bollebec  ad  Calceiam  ante  nominatam.  v  «  Neustria  pia,  «  p.  854. 

(4)  Voici,  d'après  le  «  Neustria  pia,  »  le  texte  de  la  donation  de  Henri  II  et  de  Mathilde,  sa  mère  :  «  In  foresta 
etiam  Fiscannensi  800  acrasterrae  et  Belfayellum  (LeMahiel?)  et  boscum  sicut  via  Giraevillae  (Gerville)  dividit 
qu»  dirigitur  per  magnam  vallem  (  le  grand  val  d'Étretat)  usque  ad  tiliam  Aulupi  :  cujus  totius  terrae  divisœsunt 
i8t89:valli8  prsedicta,  vallis  de  Casa  Orgri  (la  vallée  de  Misère?),  vallis  de  Slumello  (la  Grande-Renelle  ? )  usque 
ad  Cantelupum  (l'ancienne  chapelle  de  Canteloup-sur-Écrainville  ),  et  exinde  per  vallem  quœ  dicitur  vallis  Se- 
quansB  usque  ad  Calceiam  (la  chaussée  de  Bretteville)  quœ  est  indivisis  de  Theboltot  (le  ch&teau  de  Thiboutot 
sur  Maniquerville  )  sicut  termini  Girœvillœ  dividunt  usque  ad  supra  dictam  viam.  •  «  Neustria  pia,  »  p.  853.— Nous 
ne  supposons  pas  que  l'on  doive  appliquer  à  cette  voie  de  Lillebonne  la  limite  assignée  par  le  roi  Robert  I*"  aux 
donations  faites  à  l'abbaye  de  Fécamp  en  1006:  «  Sylvse  unam  partem  a  publica  strata  usque  ad  mare  terminatam.  » 
«  Gallia  christiana,  »  t.  xi.  Instrumenta,  p.  8. 

(5)  A  Mirville  on  a  trouvé,  vers  1815,  une  fontaine  remplie  de  statuettes  romaines  en  terre  cuite,  représentant 
Vénus  etLatone.  C'était  évidemment  une  source  sacrée .  —  a  La  Normandie  souterraine,»  l'*édit.,  p.  168;  2*édit., 
p.  192.  —  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  82-83.  —  «  Mémoires  de  la  Société  des  An« 
tiquaires  de  Normandie,  »  année  1826,  p.  204. 

(6)  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  410-416. 


—  64  - 

M.  Lecoinle,  ancien  juge  de  paix,  l'a  vu  détruire  vers  1810.  Le  pavage,  enfoui  sous  plusieurs 
pouces  de  terre,  fut  soulevé  par  les  cultivateurs  qui  avaient  besoin  de  caillou  pour  ferrer 
les  chemins  vicinaux  (1).  A  Goderville,  à  Bréauté,  à  Bretteville,  les  habitants  des  campagnes 
appellent  indifféremment  cette  voie  antique  la  CAâ5W55^<?,  la  Gauchie,  le  Chemin  de  César,  le 
Chemin  de  Lillebonne  à  Étretat.  D'anciens  contrats  lui  donnent  le  nom  de  Chaussée  Bru- 
nehaut,  par  analogie  sans  doute  avec  les  anciennes  voies  que  cette  reine  mérovingienne 
fit  réparer  en  Lorraine,  en  Belgique  et  dans  toute  l'Austrasie  (2). 

Près  Goderville  était  le  tumulus  de  Bornambusc,  détruit,  vers  1830,  par  M.  de  Roche- 
maure,  et  dont  on  aperçoit  encore  les  ondulations  à  travers  la  culture.  De  Goderville,  le 
chemin  passait  à  la  Chaussée  ou  Cauchie  de  Bretteville.  Ici  se  trouvaient  naguère  deux 
tumuli  avoisinant  la  voie  :  un  seul  est  aujourd'hui  conservé.  Mais  le  plus  beau  tertre  que 
la  route  ait  jamais  connu  sur  sa  lisière  est  la  Motte  de  Cretot,  dont  les  sires  étaient 
grands-bouteillers  héréditaires  de  la  Normandie.  De  Bretteville,  la  voie  traversait  les  terres 
de  Sausseusemare  par  la  rue  d* Enfer,  le  Bout  de  Gerville  et  le  Marché-aux-Rai^s  dont 
le  pavage  a  été  mis  à  découvert  le  1 7  septembre  1 835  par  un  orage  épouvantable  qui 
déracina  les  arbres  et  bouleversa  les  chemins  de  la  contrée  (3). 

De  la  chàtellenie  de  Thiboutot,  elle  se  rendait  à  celle  des  Loges,  dont  elle  traversait  la 
forêt  au  hameau  des  Jî^w/air.  C'est  là  que  M.  Lachèvre,  de  Bordeaux,  l'a  vu  détruire  en  1815. 
On  brisa  le  pavage  enfoui  sous  50  centimètres  de  terre,  et  avec  les  débris  on  répara  les 
chemins  de  la  commune. 

Des  Loges  à  Bordeaux,  la  voie  était  bordée  par  des  sarcophages  de  pierre  et  des  vases  en 
terre  grise  qu'on  rencontre  jusque  dans  les  vieux  fossés  des  fermes  (4). 

De  Saint-Clair,  la  voie  descendait  à  Étretat  par  les  Fosses  et  la  rue  Peirense,  (5)  et  elle 
se  rendait  au  rivage  par  la  rue  de  Mer,  où  son  passage  a  été  découvert  en  1 835,  sous  2  mètres 
de  terre,  en  creusant  le  puits  du  sieur  Paumelle,  épicier. 

Plusieurs  cartes  anciennes  font  mention  de  cette  voie.  L'abbé  Belley  cite  celle  de  Nor- 
mandie, par  Guillaume  Dehsle,  en  1716;  elle  retraçait  une  ancienne  voie  sortant  de  Lille- 
bonne  par  Bolbec  et  allant  se  terminer  au  bord  de  la  mer,  du  côté  de  Fécamp. 

M.  E.  Gaillard  a  vu  chez  M.  Aug.  Le  Prévost  une  carte  de  la  première  moitié  du 
xvin^^  siècle,  qui  montrait  une  voie  partant  de  Lillebonne  et  allant  tout  droit  vers  Étretat. 
Du  reste,  le  géographe  avait  poussé  le  scrupule  jusqu'à  indiquer  avec  soin  les  diverses 
lacunes  qui  se  rencontraient  i5ur  cette  voie  de  Lillebonne  à  Étretat. 

(1)  A  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  167. 

(2)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  167. 

(3)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  168. 

(4)  «  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  48.  —  «  Étretat,  son  passé,  etc.,  »  3*  édit.,  p.  33-34;  V  édit., 
p.  39-41. 

(5)  Gautliier,  évoque  de  Laon  en  1163,  appelle  viam  petrosam^  voie  pierreuse,  la  voie  de  Reims,  dite  chemin  de  la 
barhane.  Piette,  «Bull,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  •»  t.  xi,  p.  282. 


—  65  — 

• 

Citons  encore  la  Carte  du  duché  et  gouvernement  de  Normandie  dressée  sur  les  mé-- 
moires  les  plus  nouveaux,  éditée  à  Paris  par  Crespy,  en  4  767. 

Enfin  Duperrier,  dans  sa  Carte  de  Normandie  dressée  en  1780  d'après  les  mémoires  les 
plus  récents  et  assujettie  aux  observations  de  Messieurs  de  V  Académie  royale  des  Sciences, 
trace  une  grande  route  de  Lillebonne  à  Étretat.  Lillebonne  alors  n'était  guère  qu'un  village 
qui  avait  perdu  jusqu'au  souvenir  de  sa  grandeur  passée  (1)  ;  Étretat,  nous  en  sommes  bien 
informé,  ne  comptait  pas  400  habitants  (2).  Il  n'y  avait  donc  que  la  force  de  la  tradition 
qui  pût  engager  Duperrier  à  reconnaître  ainsi  un  chemin  de  première  classe  entre  deux 
bourgades  également  ignorées  (3). 

No   9.  —  VOIE  DE  FÉCAMP   A  LILLEBONNE   ET  VERS   CANY. 

Fécamp  fut  aussi  une  station  romaine  et  une  cité  mérovingienne.  Comme  ville  mérovin- 
gienne, elle  est  connue  pour  avoir  été,  au  vn^  siècle,  le  séjour  des  comtes  de  Caux,  dont 
les  plus  célèbres  sont  Anségise  et  Waninge,  et  dont  les  hôtes  les  plus  illustres  furent 
Clotaire  III,  saint  Ouen  et  saint  Léger  d'Autun.  Son  antiquité  romaine  est  démontrée  par 
des  débris  trouvés  dans  le  quartier  de  la  Vicomte  et  dans  les  jardins  de  la  rue  de  Mer  (4), 
par  les  sépultures  antiques  de  Saint-Léonard  (5),  par  le  cimetière  romain  du  Val-aux- 
Vaches,  découvert  en  4848  et  exploré  en  1852  (6),  et,  enfin ,  par  son  Camp  du  Canada^ 
nommé  aussi  le  Camp  de  César  (7). 

Que  des  voies  romaines  aient  desservi  cette  station  et  l'aient  mise  en  rapport  avec  la 
métropole  et  les  villes  importantes  àwpagus,  cela  ne  saurait  faire  le  moindre  doute.  L'abbé 
Belley  (8)  en  avait  eu  le  pressentiment  dès  le  siècle  dernier.  L'embarras,  aujourd'hui,  est  de 
les  retrouver. 

Nous  avons  décrit  avec  beaucoup  de  soin  la  voie  romaine  qui  va  de  Lillebonne  à 
Étretat  (9).  Cette  route,  qui  inclinait  fortement  vers  Fécamp,  devait  avoir  un  embranche- 
ment aux  environs  de  Gerville  et  de  Thiboutot.  Elle  devait  se  rendre  à  Fécamp  par  Mani- 

(1)  «  Le  Fouillé  du  diocèse  de  Rouen,  »  de  1738,  donne  à  Lillebonne  216  feux. 

(2)  Le  même  Fouillé  donne  à  Étretat  78  feux;  celui  d'Eudes  Rigaud,au  xiii*  siècle,  lui  assigne  180  paroissiens. 

(3)  Le  nom  d'Étretat  peut  venir  de  siraia,  signifiant  voie  pavée  ou  voie  ferrée.  C'est  ainsi  que  des  voies  antiques 
ont  donné  leur  nom  à  Ëtréham,  à  Estrac,  à  Étran,  à  Ëtrépagny,  à  Étréville,  à  Ëtrée-Gauchie,  à  la  ferme  et  au 
monastère  de  TEstrée,  etc.  —  «  Étretat,  son  passé,  etc.,  »  3*  édit.,  p.  16. 

(4)  Fallue,  «  Histoire  de  la  ville  et  de  l'abbaye  de  Fécamp,  >»  p.-  9,  17  et  18.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »» 
Inédit.,  p.  86;  2«  édit.,  p.  98. 

(5)  a  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  86  ;  2*  édit.,  p.  98. 

(6)  «  La  «Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  88-%  ;  2-  édit.,  p.  101-109. 

(7)  Fallue,  «  Histoire  de  la  ville  et  de  l'abbaye  de  Fécamp,  »  p.  23-25.  —  «  Notice  sur  la  vie  et  les  écrits  de  Dora 
Fillastre,  »»  p.  29.  —  «  La  Normandie  souterraine,»  !'•  édit.,  p.  86-87  ;  2«  édit.,  p.  99. 

(8)  L'abbé  Belley,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-I  ettres,  »  t.  xix,  p.  640  et  643. 

(9)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xrv,  p.  164-69. 

9 


—  66  — 

• 

querville,  le  Haistrey  et  Saint-Léonard  (4).  A  Saint-Léonard ,  son  passage  est  marqué  par 
des  incinérations  romaines  que  rencontrèrent,  à  diverses  reprises,  les  briquetiers  Deneuve 
et  Guinery  (2). 

Cette  direction ,  que  nous  venons  de  suivre  de  Maniquervilie  à  Fécamp,  devait  être  aussi 
celle  de  la  route  qui  mettait  cette  dernière  ville  en  communication  avec  Caracotinum  par 
Montivilliers,  Épou ville,  Écuquetot,  Turretot,  Anglesqueville ,  Criquetot,  Cuverville,  Fon- 
gueusemare  et  Gerville. 

Les  communications  df  Fécamp,  vers  le  nord,  devaient  se  faire  par  la  Queue-du-Reiiard 
et  le  grand  vallon  désert  que  suit  aujourd'hui  la  route  impériale  n»  25 ,  qui  conduit  de 
Fécamp  à  Dieppe.  Le  cimetière  romain  que  nous  y  avons  exploré  en  1 852  (3),  les  sépul- 
tures qu'on  y  a  rencontrées  en  1848  et  dès  le  siècle  dernier  (4},  démontrent  assez  le  passage 
d'une  voie  antique;  mais,  sur  ce  point,  nous  avons  des  renseignements  positifs. 

Le  roi  de  France  Robert  I^r,  étant  à  Fécamp  en  1006,  et  confirmant  solennellement  les 
biens  donnés  par  les  ducs  à  la  puissante  abbaye  de  la  Sainte-Trinité ,  mentionne  une  partie 
de  forêt  comprise  entre  la  mer  et  la  chaussée  publique  :  «  Sylvae  unam  partem  a  publica 
«  strata  usque  ad  mai*e  terminatam  (5).  » 

Ce  qui  me  fait  assurer  avec  quelque  confiance  que  la  forêt  et  la  route  étaient  bien  situées 
au  nord-est  de  Fécamp,  c'est  que,  dans  un  acte  de  1026,  Richard  II  rappelle  de  nouveau 
cette  partie  de  forêt  et  l'indique  comme  située  entre  la  mer  et  la  ferme  des  Plantis  : 
<(  Partem  quoque  sylvae  a  loco  qui  dicitur  Fmtes  plantati  usque  ad  mare  (6).  »  Or,  la 
ferme  normande  de  «  FuMes  plantati,  »  encore  connue  aujourd'hui  sous  le  nom  des 
Plantis  (7),  est  située  à  l'orient  de  Fécamp.     ' 

Malheufeusement,  nous  ne  saurions  conduire  notre  voie  plus  loin  que  ce  point  géogra- 
phique. Nous  présumons ,  toutefois ,  qu'elle  se  dirigeait  vers  Gravinum ,  Grainville-la- 
Teinturière ,  Cany  ou  4e  nord. 

No  10.  —  VOnS  DE   LILLEBONNE   A  ARQUES ,  PAR   DUR  VILLE. 

La  voie  romaine  qui  allait  de  Juliobona  à  Gravinum ,  une  fois  arrivée  à  Ourville ,  se 
divisait,  selon  quelques  antiquaires,  en  deux  branches,  dont  Tune  se  dirigeait  vers 

(1)  De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  138. 

(2)  «  La  Normandie  souterraine,  »  !•••  édit.,  p.  86;  2-  édit.,  p.  98. 

(3)  «  La  Norin.  souterr.,  »  !'•  édit.,  p.  88  ;  2*  édit.,  p.  101-109.  -  «  Revue  de  Rouen,  •  année  1852,  p.  556-58. 

(4)  a  La  Normandie  souterraine,  >•  !'•  édit.,  p.  87;  2*  édit.,  p.  100-101. 

(5)  «  Gallia  cristiana,  »  t.  xi  ;  Instrumenta,  p.  8. 

(6)  «  Neustria  pi  a,"  »  p.  216. 

(7)  Fallue,  «  Histoire  delà  ville  et  de  l'abbaye  de  Fécamp,  »  p.  101.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit., 
p.  88  ;  2«  édit  ,  p,  100.       . 


—  67  — 

Grain  vil  le-la-Teinturière,  et  l'autre  vers  Arques,  par  Cliponville ,  Héricourt,  Doudevilie, 
S^nt-Laurent,  Bacqueville  et  Pierreville.  Pour  nous,  qui  sommes  assez  disposé  à  accepter 
une  voie  dans  la  direction  d'Héricourt-en-Caux ,  nous  croyons  que  la  bifurcation,  si  elle 
avait  lieu ,  devait  s'ouvrir  vers  Fauville ,  afin  que  la  route  se  dirigeât  de  ce  point  sur  Cli- 
ponWUe,  où  Ton  connaît  un  fragment  de  chaussée  romaine  (1);  puis  elle  descendait  à 
Héricourt ,  où  M»  le  marquis  Lever  plaçait  Gravinum  (2)  et  où  M.  Gaillard  soupçonnait 
un  chemin  antique  (3).  - 

A  partir  d'Héricourt,  nous  croyons  au  tracé  qu'on  nous  propose,  et,  pour  l'appuyer, 
nous  dirons  que  Héricourt  est  romain  et  franc  (4);  qu'à  Doudevilie  sont  des  incin.érations, 
des  mottes  et  des  débris  antiques  (5);  qu'à  Saint-Laurent-en-Caux  se  trouve  l'ancienne 
ville  de  Beauvais  (6)  ;  qu'à  Pierreville ,  enfin  ^  est  un  fragment  d'une  voie  romaine  enfouie  (7). 

Du  reste ,  une  fois  parvenue  à  la  hauteur  de  Doudevilie ,  la  voie  de  Juliobona  à  Arques 
devait  se  fondre  avec  celle  de  Lotum  -à  Arques  que  nous  allons  retracer. 

I 

No  44.  —  VOIE  DE  GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE  (GRAVINUM)  A  CANY  ET  A  LA  MER. 

Nous  ne  pouvons  croire  qu'il  n'ait  pas  existé  de  voie  antique  pour  desservir  la  vallée  de 
Ja  Durdent,  qui,  à  chacun  de  ses  groupes  de  population,  nous  entretient  de  la  civilisation 
romaine  et  de  son  passé  dans  nos  contrées.  Nous  savons  que  de  Grainville  une  voie  descen- 
dait à  Mauteville-sur-Durdent ,  où  elle  passait  au  hameau  très  significatif  de  la  Haute-Rue, 
Nous  pensons  qu'elle  venait  à  Cany,  où  nous  avons  exploré  un  magnifique  cimetière 
romain  en  1849  (8),  et  où  des  découvertes,  commencées  vers  4780,  se  sont  renouvelées 
plusieurs  fois  depuis  (9).  A  Cany,  enfin,  il  existe  un  iumulus;  des  médailles  romaines 
y  ont  été  recueillies  à  diverses  reprises.  Des  vestiges  d'habitation  se  voient  autour  de  l'ancien 
château  de  Cany-Caniel,  destiné  à  garder  le  passage  de  la  Quiteflède.  Dans  le  voisinage 

(1)  B.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  ^  p.  11. 

(2)  M.  le  marquis  Lever,  de  Roquefort,  près  Yvelot,  plaçait  Gravinum  h  GrèdiXime,  moulin  et  hameau  situé  à  2  kilo- 
mètres au-dessous  d'Héricourt  —  Cousin,  «  Trois  voies  romaines  du  Boulonnais,  »  dans  les  •  Mémoires  de  la  Société 
Dunkerquoise,  »  t  vi,  p.  418. 

(3)  E.  Gaillard,  «Recherches  archéologiques  dans  la  Seine-Inférieure,  »  p.  9. 

(4)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  t.  ii,  p.  102-110  ;  2«  édit.,  t.  ii,  p.  97-105.  —  i  La  Nor- 
mandie souterraine,»  Inédit.,  p.  47;2«  édit.,  p.  57. 

(5)  Leroy,  dans  le  «  Journal  de  Rouen,  i>  du  13  octobre  1859. 

(6)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit,  t.  i«%  p.  228;  2*  édit,  t.  !•',  p.  244. 

(7)  £.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  11. 

(8)  «  La  Normandie  souterraine,  »  i"  édit.,  p.  51-59-,  2*  édit.,  p.  61-70.—  •  Revue  de  Rouen,  »  année  1849,  p.  347- 
61,  407^29^454-67.  —  «  Notice  sur  un  cimetière  romain  découvert  en  Normandie  en  1849,»  in-S**  de  46  pages.  — 
•  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.xvii,  p.  399-437. 

(9)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.  162.  Ibid.,  t.  xvn,  p.  399-410.  —  «  La 
Normandie  souterraine,  >»  1'*  édit.,  p.  49-50;  2*  édit.,  p.  59-60.  —  Hourcastremé,  dans  les  n  Annales  françaises  des 
arts,  des  sciences  et  des  lettres,  »  t  viii,  n<»  3.  —  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1. 1",  article  Câny. 


—  68  — 

de  la  voie  se  trouvait  Crosville,  dont  la  motte  a  été  détruite  en  4834  et  où  Ton  a  trouvé  des 
tuiles,  des  mosaïques  et  des  monnaies  (1  ). 

Du  territoire  de  Crosville,  la  voie  arrivait  à  Vittefleur,  où  Ton  recueille  force  monnaies 
romaines  et  \où  nous  avons  fouillé,  en  4849,  un  édifice  pavé  en  mosaïque,  au  lieu  dit  La 
Rosée,  sur  la  route  de  Paluel  (2). 

De  Paluel ,  la  voie  conduisait  à  cette  grande  ville  de  Durdent,  que  les  habitants  de  la 
côte  racontent  avec  terreur  avoir  été  ensevelie  sous  les  eaux  delà  mer.  Ils  ajoutent  que,  dans 
les  grandes  marées,  à  la  basse  mer,  on  voit  parfois  apparaître,  sous  le  sable  et  le  galet,  des 
pans  de  mur,  véritables  ossements  de  la  cité  disparue.  C'était,  disent-ils,  afin  de  la  garder 
que  les  Romains  avaient  élevé  l'énorme  retranchement  du  Câtelier  de  Veulettes,  qui  domine 
la  plaine  du  côté  de  l'ouest  (3).  Ce  qui  est  certain ,  c'est  qu'en  4  854  on  a  trouvé  à  Claquedent, 
entre  Veulettes  et  le  Pont-Rouge,  un  tombeau  d'enfant,  fait  avec  des  tuiles  à  rebords  du 
ive  siècle  et  enseveli  sous  5  mètres  de  remblai  (4).  • 

N**   42.  —  VOIE  DE   ROTOMAGUS  (ROUEN)  A   CiESAROMAGUS   (BEAUVAIS). 

Existait-il  une  voie  de  Rotomagus  (Rouen)  à  Cœsaromagus  (Beauvais)  ?  Il  semble  peu 
probable  que  les  deux  puissantes  cités  des  Bellovaques  et  des  Vélocasses  n'aient  pas  commu- 
niqué entre  elles  par  la  voie  la  plus  courte.  M.  Graves,  qui  a  tant  élucidé  les  routes  des 
anciens  Bellovaques,  suppose  une  communication  (5),  et  M.  A.  Le  Prévost,  qui,  après  avoir 
tracé  les  voies  de  l'Eure,  n'est  pas  resté  étranger  à  celles  delà  Seine-Inférieure,  hasarde 
également  une  semblable  hypothèse  (6).  Escorté  de  ces  deux  autorités,  et  nous  appuyant 
aussi  sur  la  tradition  locale  et  sur  quelques  monuments  du  sol ,  nous  n'avons  pas  hésité  à 
retracer  sur  notre  carte  archéologique  une  tentative  de  voie  entre  Rotomagus  et  Cœsaromagus. 

Selon  toutes  les  vraisemblances,  cette  voie  sortait  de  Rouen  par  la  porte  et  la  rue  Beau- 
voisine,  dont  le  nom  nous  paraît  très  significatif.  Nous  pensons  que  de  là  elle  se  dirigeait , 
non  sur  Goumay,  mais  sur  Neufmarché ,  par  Ry,  Saint-Denis-le-Thibout  et  Bezancourt. 
Ry  est  une  très  vieille  localité ,  titre  d'un  ancien  doyenné ,  et  tout  rempli  de  souvenirs  et 
de  monuments  ;  à  Saint-Denis-le-Thibout  on  a  découvert  une  belle  sépulture  romaine 

(1)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,»  t  xiv,  p.  162.  —  «  La  Normandie  souterraine,  i» 
!'•  édit.,  p.  48  ;  2«  édit.,  p.  58.  —  a  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetol,  »  t.  I«^  article  Crosville. 

(2)  «  La  Normandie  souterraine,  »  i'^édit.,  p.  48;2«  édit.,  p.  58. 

(3)  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiv,  p.   163. 

(4)  «  La  Normandie  souterraine,  »  l"  édit.,  p.  33-,  2*  édit.,  p.  40. 

(5)  Graves,  <•  Carte  des  voies  romaines  de  l'Oise,  ^  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vi,  p.  150,  n*  29.  — 
«  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  2»  édit.,  p.  269-70.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et 
archéologique  sur  l'Eure,  »  p.  76-77. 

(6)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »p.77;  et  «  Mémoires  de 
la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  p.  301. 


—  69  — 

composée  d'un  dolium,  d'une  urne  en  verre  et  de  plusieurs  vases  intéressants  (1);  à  Bezan- 
court  se  rencontrent  des  débris  romains,  des  monnaies  impériales  en  argent  et  en  bronze; 
enfin,  le  Neufmarché  fut,  dans  tout  le  moyen-âge,  un  des  points  les  plus  importants  des 
bords  de  l'Epte.  Siège  d'un  concile  et  presque  patrie  de  saint  Germer,  ce  bourg  possède 
encore  les  restes  d'un  château-fort  qui  peut  avoir  ses  racines  sur  un  castrum  romain. 


No  13.  —  VOIE  DE  ROTOMAGUS  (ROUEN)  A  LUTETIA  (PARIS),   PAR  LA  SEINE  OU  ROUTE 

d'en  bas. 

Après  avoir  décrit  la  grande  voie  militaire  qui  condjuisait  de  Rotomagus  à  Lutetia  par 
Ritumagus,  Petromantalum  et  Briva-Isarœ,  M.  Le  Prévost  ajoute  :  «  Nous  pensons  qu'il 
«  pouvait  exister  une  seconde  communication  de  Rotomagus  avec  Lutèce  par  le  Pont-Saint- 
«  Pierre,  Heuque ville,  les  Andelys,  Gasny  [Vadiniacum\  La  Roche-Guyon  et  Meulan.  C'est 
«  cette  direction  que  saint  Nicaise  paraît  avoir  prise  en  cherchant  à  se  rendre  à  Rouen 
c  pour  y  porter  le  christianisme.  M.  Em.  Gaillard  a  eu  connaissance  de  la  découverte 
c  d'un  encaissement  de  voies  romaines  sous  l'emplacement  de  la  prison  située  au  Petit- 
«  Andelys  (2).  Nous  ne  faisons  figurer  dans  ce  tracé  le  Ponl-Saint-Pierre  qu'avec  doute , 
«  à  cause  de  l'absence  complète ,  jusqu'à  ce  jour,  de  toutes  traces  d'établissements  romains 
«  dans  cette  localité ,  tandis  qu'on  en  a  tant  trouvé  à  Romilly  (3).  3> 

Ceci  était  écrit  en  1833.  M.  Guilmeth  qui ,  en  1840,  publiait  à  Rouen  une  Histoire  de  la 
ville  et  du  canton  d'Elbeuf,  reproduisit ,  sans  dire  où  il  l'avait  pris ,  le  tracé  de  M.  Le 
Prévost.  Seulement,  le  copiste  tranche  et  affirme  là  où  le  maître  propose  et  fait  ses  réserves. 
Voici  le  texte  de  M.  Guilmeth  qui  n'ajoute  que  peu  de  chose  au  précédent  :    • 

€  Cette  voie  venait  aboutir  de  Darnétal  à  Pont-Saint-Pierre,  ou  plutôt  à  Romilly,  par 
«  Saint-Pierre-de-Franqueville,  Boos,  la  Neuville-Champ-d'Oisel ,  où  on  l'a  retrouvée  avec 
c  beaucoup  d'antiquités  romaines,  la  forêt  du  Long-Boel ,  et ,  enfin ,  le  triage  de  la  Chaussée 
«  qui  lui  doit  son  nom.  De  Romilly  ou  de  Pont-Saint-Pierre ,  elle  montait  à  Heuqueville 
c  où  M.  Rêver  a  recueilli  une  abondante  et  précieuse  moisson  d'antiquités  (4).  De  Heu- 
«  queville  elle  se  rendait  au  Petit-Andely  où  Ton  en  retrouve  encore  l'encaissement  sous 

• 

(t)  «  La  Normandie  souterraine,  *  1"  édit.,  p.  135-36;  2*  ôdit.,  p.  154-55.  —  A.  Deville,  «  Notice  sur  quelques  do- 
lium antiques,  »  p.  3-5.  —  •  Précis  analytique  des  travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1842,  p.  334-36.  —  «  Mé- 
moires de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  x,  p.  676.  —  Id.,  «  Catalogue  du  Musée  d'antiquités  de 
Houen,  »  pour  1845,  p.  8. 

(2)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  11. 

(3)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  75;  et  «  Mémoires  de 
la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  299. 

(4)  Sur  les  antiquités  romaines  de  Heuqueville,  voir  :  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le 
département  de  l'Eure,  »  p.  42-43.  —  Id.,  «  Mémoires  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  266-67.  — 
Bonnin,  «Antiquités  gallo-romaines  des  Éburoviques,  »  secl.  xvi,  pi.  i*'. 


—  70  — 

«  les  murailles  de  la  prison.  Elle  gagnait  ensuite  Gasny,  autrefois  Guéni  ou  Gné-Nicaise 
«  (  Vadum-Nicasn\  dans  les  environs  duquel  il  a  été  trouvé  tant  de  sarcophage^  en  pierre  ; 
«  puis  la  Roche-Guyon ,  Meulan ,  etc.  C'est  cette  direction  qu'avait  prise  saint  Nicaise  en 
«  cherchant  à  se  rendre  à  Rouen  pour  y  apporter  le  christianisme  (1).  i 

Je  me  fais  un  devoir  d'ajouter  que ,  dans  son  Histoire  de  la  ville  des  Andeiys,  publiée 
en  4864  (t.  i^r,  p.  314),  M.  Rrossard  de  Ruville  conteste  l'existfence  de  la  voie  proposée 
par  M.  Gaillard  et  tracée  par  M.  Le  Prévost.  Mais  je*  dois  dire  que  cet  auteur  me  paraît 
entièrement  dénué  de  critique  archéologique.     . 

No  14.  —  VOIE  DE   RITUMAGUS  (RADEPONT)  ET  DE  ROTOMAGUS  (ROUEN)  A  ARQUES-DIEPPE, 

DI*  LE   CHEMIN  DES   FÉES. 

Un  des  plus  vieux  chemins  qui  mettaient  en  rapport  le  pays  des  Vélocasses  avec  l'extré- 
mité septentrionale  du  pays  des  Calètes  est  le  chemin  des  Fées  (2),  que  les  habitants  de  nos 
contrées  disent  «  avoir  été  construit  en  une' nuit  (3).  i  Cette  route  me  semble  avoir  eu 
pour  destination  de  conduire  de  la  mer  à  la  Seine  sur  deux  points  différents  :  le  premier, 
à  Rotomagus  (Rouen)  ;  le  second ,  à  Ritumagus  (Radepont),  sur  l'Andelle. 

Nous  retracerons  ici  ces  deux  voies  que  nous  supposons  avoir  opéré  leur  jonction  à  la 
hautQur  de  Cailly,  du  Bosc-le-Hard  et  de  Cottévrard. 

M.  Guilmeth  pense  que  le  chemin  partant  de  Radepont  se  dirigeait  vers  Auzouville-sur-Ry, 
la  Vieux-Rue,  Morgny,Pierreval,  la  Rue-Saint-Pierre  et  Cailly  (4).  C'est  d'après  cette  opinion 
toute  conjecturale  que  des  tronçons  de  voie  ont  été  tracés  sur  notre  carte.  Cailly,  et  sous 
ce  nom  nous  comprenons  l'annexe  de  Saint-André ,  est  un  point  romain  fort  important 
On  y  voit  les  restes  d'un  théâtre  et  un  lieu  nommé  le  Capitole  (5).  On  y  a  rencontré  des 

(1)  Guilmeth,  «  Histoire  de  la  ville  et  du  canton  d'Elbeuf,  »  p.  165. 

(2)  «  Une  voie  ancienne  de  Boissons  àFismes(Aisne)  est  appelée  le  chemin  des  Dames.  »»  8.  Prioux,  «  Revue 
archéologique,  »  nouvelle  série,  2*  année,  février  1861,  p.  129,  et  avril  1861,  p.  296.— Près Rozoy  (Aisne),  àcôtédu 
tumulus  de  Parfondeval  à  Brunchamel,  est  le  chemin  des  Fées,  Piette,  «  Bull,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t  xi, 
p.  87.  —  A  Soisy-sur-Ecole  (  Seine-et-Oise  \  un  vieux  chemin  perré  porte  le  nom  dethemin  des  Fées.  Quicherat, 
t  Revue  des  Soc.  sav.,  »  3*  série,  t.  m,  p.  581. 

(3)  Feret,  dans  les  a  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  m,  p.  71,  année  1826.  —  «  Les 
Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  383-84.  —  Dans  son  voyage  de  la  Seine-Inférieure  en  1807,  l'ingé- 
nieur Leboullenger  trouve,  entre  Dieppe  et  Rouen,  trace  du  chemin  des  Fées.  —  Noël  de  La  Morinière,  dans  les 
«  Mémoires  de  l'Académie  celtique,  »  t.  iv,  p.  240-41.  —  La  grande  chaussée  romaine  qui  va  d'Amiens  à  Boulogne 
est  également  dotée  d'une  tradition  pareille.  «  Elle  a  été  créée  sous  Auguste  par  Agrippa,  dit  M.  Traullé,  mais  les 
campagnards  l'attribuent  au  Diable  qui  l'a  faite  en  ime  nuit  par  sa  rare  puissance.  »  Prarond,  «  Histoire  de  cinq 
villes  et  de  trois  cents  villages,  »  1"  partie,  p.  xxxrv,  édit.  1861.  * 

(4)  Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  etc.,  des  arrond.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  19. 

^5)  Le  nom  de  Capitole^  essentiellement  romain,  indique  la  demeure  d  un  fonctionnaire.  Il  y  avait  et  il  y  a  encore 
à  Toulouse  un  lieu  nommé  le  Capitole.  C'est  là  que  saint  Saturnin  subit  le  martyre.  Cologne  avait  son  Capitole,  car 
on  y  voit  encore  l'église  de  Sancta  Maria  in  Capitolio.  A  Angers,  le  palais  des  comtes  s'appelait  le  Capitole.  Au 
IX*  siècle  il  devint  la  demeure  de  l'évèque;  c'est  aujourd'hui  révôché.Godard-Faultrier,  «  Répertoire  archéologique 
de  l'Anjou,  «  année  1862,  p.  168. 


—  71  — 

construclioDS  considérables  et  de  fort  belles  mosaïques.  A  diverses  reprises,  on  y  a  recueilli 
des  bijouxui'or,  des  monnaies  gauloises  et  romaines  de  métaux  différents  (1). 

Toute  agglomération  importante  suppose  des  voies.  Un  grand  chemin  devait  donc  mettre 
Cailly  en  communication  avec  Rouen  et  avec  la  mer.  Or,  nous  pensons  que  c'est  par  cette 
même  voie  de  Cailly  que  le  point  antique,  qui  devint  plus  tard  la  capitale  du  Talou ,  com- 
muniquait avec  le  chef-lieu  de  la  seconde  Lyonnaise.  Seulement  nous  devons  avouer  que  le 
tracé  du  chemin  qui  reliait  Rouen  à  Cailly  nous  est  inconnu,  nos  études  et  nos  explorations 
ne  s'étant  pas  encore  portées  de  ce  côté. 

Mais,  à  partir  de  Cailly,  et  surtout  après  la  cité  de  Dreulles,  entre  le  Bosc-le-Hard  et 
Cottévrard,  nous  suivons  aisément  la  route  jusqu'à  la  mer.  De  Cailly,  en  effet,  le  chemin 
vient  par  Claville-Motteville,  par  Augeville  où  ont  été  rencontrés  deux  vases  de  bronze 
remplis  de  monnaies  romaines,  et  par  le  hameau  de  Dreid\*s  où  vivent  plusieurs  traditions 
motivées  sur  d'anciens  débris  (2). 

La  route  ensuite  se  dmgeait  par  Braquetuit,  Montreuil ,  Cressy,  Cropus,  Le  CâteUer,  les 
Cent-Acres,  Sainte-Foy  et  La  Chaussée,  dont  le  nom  est  très  significatif.  A  Montreuil, 
M.  César  Marette  a  reconnu  le  chemin  des  Fées  (3),  et  l'on  y  trouve  beaucoup  de  cercueils 
en  plâtre  près  l'église  (4).  Cressy  est  un  lieu  mérovingien  (5)  où  fut  autrefois  un  prieuré 
important  (6);  au  Câtelier  se  voit  une  motte  antique ,  et  on  y  rencontre  beaucoup  de  tuiles 
à. rebords  (7);  à  Sainte-Foy  il  exista  une  chanoinerie  (8);  entre  Sainte-Foy  et  La 
Chaussée,  j'ai  remarqué  que  les  bords  de  l'ancienne  voie  sont  semés  de  briques  et  de  débris 
romains  (9).  De  La  Chaussée  la  route  gagnait  Arques  par  Aubermesnil  et  Beaumais;  car, 

(J)  Sur  les  antiquités  de  Cailly  et  de  Saint- André-sur-Cailly,  voir  «  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  135  ; 
2"  édit,  p.  153-54.  —  Lévy,  «  Notice  sur  les  antiquités  romaines  trouvées  à  Cailly,  »  Rouen,  1822.  —  Id.,  dans  le 
«  Bulletin  de  la  Société  d'Émulation  de  Rouen,  •  année  1822.  —  A.  Le  Prévost,  dans  le  a  Précis  analytique  des 
travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1818,  p.  158.  —  L'abbé  Baston,  dans  le  «  Précis  analytique  des  travaux 
de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1815,  p.  88-90.  —  De  Glanville.'dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xiv,  p.  237. 
—De  Duranville,  dans  la  «  Kevue  de  Rouen,  »  année  1842,  2*sem.,  p.  115. —  «  Procès-verbaux  de  la  Commission 
des  antiquités  de  la  Seine-Inférieure,  »  22  mai  1838. 

(2)  Guilmeth,  *  Descript.  géograph.,  histor.,  statist.  et  monum.  des  arrondiss.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  280-81. 

(3)  G.^farette,   «  Le  Camp  de  la  Bouteillerie,  »  p.  13. 

(4)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  «»  t.  ii,  p.  521. 

(5)  Crisdacum,  en  672.  «  Acta  sanctorum  ordinis  sancti  Benedicti,  »  sœc.  ii  —  A.  Le  Prévost,  dans  les  a  Mé- 
moires de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  «t.  xi,  p.  6. 

(6)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii.  p.  407-408.  —  «  Catalogue  général  des  cartulaires  des 
archives  départementales,  »  p.  38-39,  Paris,  1847. 

(7)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,»  t.  ii,  p.  374. —Guilmeth,  «  Descript.  géograph.,  histor., 
statist.  et  monum.  des  arrondiss.,  »  t.  iv,  p.  19-20. 

(8;  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  381.-^  Duplessis,  «  Description  géographique  et  histo- 
rique de  la  Haute-Normandie,  »  p.  467.  —  Guilmeth,  «  Descript.  géograph.,  histor.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  32. 
,  (9)  «Le  nom  de  la  Chaussée,  Gauchie,  Calceia,  écrivions-nous  en  1848,  se  tire  d'une  voie  romaine  dont  on  re- 
trouve l'encaissement  dans  toute  la  longueur  du  village,  et  dont  on  suit  le  parcours  à  travers  le  Bois-Hulin,  à  une 
traînée  de  poteries  grises  et  de  tuiles  à  rebords  évidemment  antiques.  »  «  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  » 
t.  II,  p.  383-84. 


■     —  72  — 

dit  la  tradition,  «  c'était  pour  aller  au  Baile  d'Arqués  que  les  fées  quittaient  la  ville  de 
Rouen  (1). 

Pour  arriver  à  Dieppe ,  le  chemin  des  Fées  formait  embranchement  à  la  hauteur  de 
Beaumais,  puis,  traversant  Gruchet,  Roux-Mesnil  et  Janval,  il  descendait  à  la  station 
du  faubourg  de  la  Barre  par  la  cavée  du  chemin  des  Fontaines. 

No   15.  —  VOIE   DE   LOTUM   A   BREVIODURUM. 

Déjà  depuis  longtemps  M.  A.  Le  Prévost  avait  signalé  cette  voie  (2)  que  M.  Fallue  (3)  a 
inscrite  dans  un  de  ses  ouvrages,  et  que  M.  Bonnin  n'a  pas  hésité  à  retracer  dans  sa  belle 
carte  du  pays  des  Éburoviques  (4).  M.  A.  Le  Prévost  fait  partir  ce  chemin  des  cités  des 
Bajocassés  (Augustodurum)  et  des  Viducasses  (Araegenus),  et  le  conduit  dans  nos  contrées 
par  le  littoral  de  la  mer  et  de  la  Seine.  Pour  nous,  nous  le  prendrons  seulement  à  Pont- 
Audem'er,  et  nous  croyons  que  c'est  cette  voie  que  suivit  Guillaume-le-Conquérant,  lorsque, 
du  fond  du  Cotentin ,  il  se  rendit  en  toute  hâte  dans  le  Talou  pour  y  étouffer  la  révolte  de 
son  oncle ,  Guillaume  d'Arqués.  Voici  l'itinéraire  que  lui  fait  suivre  le  poète  Wace  : 

Baieuses  passa  et  puis  Caen ,  Quant  il  vint  al  Punt-Audumer, 

Semblant  fist  d'aller  à  Roem ,  A  Chaudebec  ala  passer  (5). 

M.  Le  Prévost  supposait  volontiers  que  le  duc  des  Normands  passa  par  Thibouville , 
Fourmetot,  Bourneville,  Sainte-Croix-sur-Aizier  et  la  forêt  de  Bretonne  (6).  Ce  vieux 
chemin  normand ,  qui  d'abord  avait  été  romain ,  traversait  Vatteville  encore  surnommée 
la  Rue,  où  il  est  toujours  appelé  la  Vieille-C haussée  (7). 

Si  Breviodurum  était  un  jour  reconnu  à  Pont-Audemer  (S\  comme  quelques-uns  le 


(1)  G.  Mareite,  «  Le  Camp  de  la  Bouteillerie,  »  p.  14. 

(2)  A.  Le  Prévost,  «Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  »  p.  95-96,  et  dans  les 
«  Mém.  de  la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  819-20.  • 

(3)  Fallue,  o  Mémoires  sur  les  antiquités  de  la  forôt  et  presqu'île  de  Brotonne,  »  p.  86-87.  —  «  Mémoires  de  la  So- 
ciété des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  x,  p.  440-445. 

C4)  Th.  Bonnin,  «  Antiquités  gallo-romaines  des  Éburoviques,  »  sect.  1,  pi.  1,  carte. 

(5)  Wace,  «  Le  Roman  du  Rou  et  des  ducs  de  Normandie,  »  édit.  Pluquet,  t.  ii,  p.  15.  —  A.  Le  Prévost,  «  Notice 
historique  et  archéologique  surle  département  de  l'Eure,  »  p.  95-96.  —  Fallue,  «Mémoire  sur  les  antiquités  de  la 
forêt  de  Brotonne,  »  p.  86.  —  E.  Gaillard,  dans  la  «  Gazette  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834.  —  «  Les  Églises  de 
l'arrondissement  d'Yvetot,  >»  1"  édit.,  t  u,  p.  278;  2*  édit.,  t.  ii,  p.  277. 

(6)  A.  Le  Prévost,  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de  l'Eure,  v  p.  97,  et  dans  les  «  Mé- 
moires de  la  Société  d'Agriculture  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  321. 

(7)  Fallue,  «  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  forêt  de  Brotonne,  »  p.  86,  et  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  Normandie,  »>  t.  x,  p.  454. 

(8)  L'abbé  Belley  supposait  aussi  Brevoduro  à  Pont-Audemer,  dans  les  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscrip- 
lions  et  Belles-Lettres,  »  t.xix,  p.  638. 


—  73  — 

supposent,  nous  dirions  que  cette  rue  de  Vatteville  et  d'Arélaune  était  la  voie  antique  de 
Lotum  à  Breviodurum.  M.  Bonnin  lui-même  semble  abonder  dans  cette  idée.  Sur  la  carte 
du  pays  des  Éburoviques ,  il  trace  au  pointillé  une  voie  romaine  allant  de  Bliquetuit  au 
Vieux-Port,  par  Vatteville  et  Aizier  (1).  Il  convient  d'ajouter  que,  pour  M.  Bonnin,  la  voie 
de  Juliobona  à  Noviomagus  par  Breviodurum  passait  la  Seine  au  Vieux-Port  (2). 

Ce  qui  est  certain ,  pour  l'itinéraire  qui  nous  occupe  en  ce  moment ,  c'est  que  cette  route 
de  Lotum,  de  Belcinac  et  d'Arélaune  vers  Pont-Audemer,  était  connue  dès  le  vm^  siècle; 
car  nous  lisons  dans  la  donation  faite ,  en  715 ,  par  Dagobert  II  à  saint  Bénigne,  abbé  de 
Fontenelle:  «  Ad  Petram  Fictam  (Pierrefique)  secus  primam  viam  publicam  quae  dicitur 
«  ad  Duos  Pontes  (3).  »  Dms  Pontes  serait,  selon  nous,  l'ancien  nom  de  Pont-Audemer. 

Le  département  de  la  Seine-Inférieure,  finissant  à  Vatteville  et  à  la  forêt  de  Brotonne, 
nous  n'avons  pas  à  établir  ici  la  voie  qui  se  portait  au-delà. 

No  16.  —  VOIE  DE  LOTUM  (CAUDEBEC-EN-CAUX)  A  ARQUES-DIEPPE. 

La  voie  de  la  Basse-Normandie,  qui  traversait  la  Seine  à  Caudebec ,  devait  se  diriger  vers 
le  centre  du  pays  par  le  plateau  qui  séparait  alors  les  Calètes  et  les  Vélocasses.  Le  principal 
témoignage  que  nous  ayons  de  cette  direction  est  toujours  celui  de  Guillaume-le-Conquérant 
au  xie  siècle ,  et  de  son  chantre  du  xn^.  L'anglo-normand  Wace  nous  apprend ,  en  effet , 
qu'au  sortir  de  Caudebec  Guillaume  se  dirigea  vers  Baons-le-Comte ,  d'où  il  se  rendit  au 
château  d'Arqués  : 


Quant  il  vint  à  Punt-Audumer, 
A  Chaudebec  ala  passer. 
De  Chaudebec  as  Bans-le-Cunte. 
Ke  vu  Lunges  paroles  munte  ? 


Tant  a  11  Dus  puint  a  hasté 
Tant  a  souvent  cheval  mué 
Ke  à  Arches  vint  à  sa  gant  (4). 


Il  est  vraisemblable  que  le  futur  roi  passa  par  Maulévrier ,  Toufireville-la-Corbeline , 
Yvetot,  Baons-le-Comte,  Étoutteville-sur-la-Mer,  Doudeville ,  le  Bourg-de-Saâne ,  Bacque- 
ville ,  Bertreville ,  Manéhouville ,  Charlesmesnil ,  et  qu'il  gagna  Arques  par  la  plaine  de 
Tourville  et  de  Beaumais ,  plaine  qui  domine  complètement  la  capitale  et  la  citadelle  du 
Talou. 

Maintenant  trouvons-nous  sur  ce  tracé  des  vestiges  de  voie  antique  ?  Nous  ne  pouvons 


(1)  Bonoin,  «  Antiquités  gallo-romaines  des  Éburoviques,  »  carte. 

(2)  Id.,  a)id. 

(3)  Fallue,  «  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  forêt  de  Brotonne,  »  p.  68,  et  dans  les  «  Mémoires  dé  la  Société 
des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  x,  p.  438-440. 

(4)  Wace,  le  «  Roman  du  Rou  et  des  ducs  de  Normandie,  »  t.  ii,  p.  15  et  16,  édit.  Pluquet. 

iO 


—  74  - 

guère  rattacher  à  cette  chaîne  du  moyen-âge  que  des  fragments  et  des  débris.  Citons  d'abord 
un  tronçon  de  voie  ferrée  à  Pierreville  (1),  dont  le  nom  même  est  une  indication  ;  au  Bourg- 
de-Saâne,  les  antiquités  abondent,  et  dans  le  trajet  de  ce  point  jusqu'à  Doudeville,  on 
rencontre  la  vill^  de  Beauvais  (2)  et  la  cité  de  Beauville  (3),  les  mottes  de  Vicquemare  (4), 
les  urnes  et  les  antiquités  de  Doudeville  (5)  ;  à  Étoutteville  est  le  grand  et  antique  terrasse- 
ment du  bois  des  Mottes  (6);  aux  Baons  on  a  recueiUi  quatre-vingt-dix-neuf  monnaies 
gauloises,  et  au  moyen-âge  ce  fut  le  siège  de  «  la  cort  du  Roy  nostre  sire  (7)  >  à  Touffreville- 
la-Corbeline  est  le  camp  du  bois  de  la  Salle  (8)  ;  à  Maulévrier  se  cachent,  au  milieu  de  la 
forêt,  les  ruines  d'un  castel  et  les  restes  d'une  villa  reconnue  naguère  par  M.  Lesage  (9). 
Voilà  quelle  devait  être,  selon  nous,  la  direction  de  l'antique  chemin  que  de  nouvelles 
recherches  parviendront  peut-être  à  retrouver. 

No  17.  —  VOIE   DE  BEAUVAIS   A   DIEPPE. 

Une  des  voies  qui  s'établissent  le  mieux  et  que  la  nature  elle-même  semble  avoir  indi- 
quée ,  c'est  la  voie  de  Beauvais  à  Dieppe ,  de  la  cité  des  Bellovaques  à  la  mer.  M.  Graves, 
le  grand  restaurateur  des  voies  antiques  du  département  de  l'Oise,  a  essayé  de  suivre  cette 
route  qu'il  retrace  dans  les  Hmites  de  l'ancien  Beauvoisis.  Du  chef-lieu  de  l'Oise  elle  se- 
dirigeait ,  d'après  lui ,  vers  Songeons,  Longavesne  et  la  chaussée  d'Ernemont,  où  elle  porte 
encore  le  nom  de  Vieille-Route  ou  de  chaussée  royale  de  Dieppe,  De  là  elle  passait 
Courcelles-Campeaux ,  puis  à  la  chaussée  de  Formerie.  Enfin  elle  entrait  dans  le  départe- 
ment de  la  Seine-Inférieure  par  Villedieu,  Frévent,  Le  Pierrement  et  Conteville  (10). 

(1)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  II. —  a  Pierreville  doit  son  nom  à  une  voie  romaine  dont  on 
retrouve  les  traces  parfaitement  conservées  dans  ce  hameau.  »  Guilmeth,  «  Descript.  géog. ,  hisC,  etc.,  des 
arrond.,  etc.,»  t.  iv,  p.  71. 

(2)  La  mile  de  Beauvais  est  au  hameau  de  CaUelot  à  Saint-Laurent-en-Caux.  —  a  Les  Églises  de  l'arrondissement 
d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.i",  p.  228-,  2»  édit.,  t.  i",  p.  244. 

(3)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  «  1"  édit.,  t.  i",  p.  231-232;  2«  édit.,  t.  i",  p.  247-48. 

(4)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  V%  p.  243  ;  2*  édit.,  t.  i",  p.  258. 

(5)  Leroy,  dans  le  «Journal  de  Rouen,  »  du  13  octobre  1859.—  Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  histor.,  statist.,  etc.. 
des  arrondi ss.,  ■  t.  ii,  p.  412. 

(6)  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l'*=  édit.,  t.  ii,  p.  281  ;  2*  édit.,  t.  ii,  p.28rf. 

(7)  «La  cort  du  Roy  nostre  seigneur  as  Bans,  »  charte  de  1281  à  saint  Wandrille.  ■—  De  Glanville,  «  Promenade 
archéologique  de  Rouen  àFécamp,  »  p.  251.  —  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  ii,  p.  279; 
2*  édit.,  t.  II,  p.  277. 

(8)  «Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l""*  édit.,  t.  ii,  p.  355;  2"  édit.,  t.  ii,  p.  351. 

(9)  Fallue,  <t  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  forêt  de  Bretonne  et  de  la  villa  de  Maulévrier,  »  p.  8-22,  pi.  ii  et 
Hi.  —  ft  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  x,  p.  376-86,  et  pi.  ii,  m. 

(10)  Graves,  dans  le  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vi,p.  137-38.  —  Id.,  «  Notice  archéologique  sur  le  département 
de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  213-14.  ~  Potin  de  La  Mairie,  «  Recherches  historiques  et  biographiques  sur  le  Bray-Pi- 
card  et  le  Bray-Normand,  »  t.  ii,  p.  40  et  44.  —  L'abbé  Barraud,  «  Beauvais  et  ses  monuments,  »  dans  le  «  Bulletin 
monumental,  »  t.  xxviL,p.  225. 


—  75  — 

De  Criquiers  et  de  Conteville ,  où  la  voie  antique  porte  le  nom  de  chaussée  Brunehmit  (1), 
nous  l'avons  retracée  sur  notre  carte  d'une  façon  à  peu  près  continue  par  la  longue  vallée 
de  l'Eaulne.  Nous  croyons  qu'elle  passait  par  Flamets-Frétils ,  par  Mortemer-sur-Eaulne , 
puissante  châtellenie  dont  le  nom  est  semé  dans  toute  l'Angleterre  et  la  Normandie  (2),  par 
la  station  romaine  qui  jonche  de  ses  ruines  les  champs  d'Épinay  (3),  par  Sainte-Beuve-en- 
Rivière,  par  Vatier\'ille  où  l'on  a  trouvé  des  monnaies  gauloises  en  or  (4),  par  Fesques, 
Lucy,  Clais ,  Fréauville  et  Londinières.  11  est  inutile  de  dire  ici  de  combien  d'antiquités 
gauloises,  romaines  ou  mérovingiennes  est  remplie  cette  portion  de  la  vallée.  On  en  trouve 
à  chaque  pas,  à  Fesques,  à  Lucy,  à  Clais,  à  Fréauville  et  à  Londinières. 

A  Fesques,  M.  Femel  a  connu  des  monnaies  gauloises  et  romaines,  des  armilles  de  bronze 
et  des  épingles  en  ivoire  (5).  A  Lucy,  outre  le  cimetière  mérovingien  que  nous  avons  fouillé 
et  les  statères  gaulois  que  d'autres  ont  recueillis  (6),  nous  croyons  avoir  trouvé  des  traces 
de  la  voie  elle-même ,  que  semble  nous  signaler  une  charte  de  Robert  Poulain ,  arche- 
vêque de  Rouen.  Par  cet  acte ,  délivré  en  i  21 7,  le  pontife  donne  ses  instructions  à  ses 
forestiers  et  à  ses  verdiers ,  chargés  d'exploiter  les  bois  de  l'Aliermont.  Il  leur  dit  que , 
lorsqu'ils  iront  vendre  ses  bois,  ils  pourront  prendre  la  voie  antique  qui  conduit  à  Lucy  : 
«  In  boscis  Novicastri  et  Luciaci  ipsi  censarii  possent  ire  per  viam  antiquam  ad  vendendum 
Hemus  apud  Novum-Castrum  (7).  » 

Clais ,  ancienne  propriété  du  Chapitre  de  Rouen  (8),  présente  un  cimetière  franc  au 
hameau  de  Bonnertie,  et  on  a  trouvé  sur  les  collines  de  Fréauville,  au  lieu  dit  les  Marettes, 
des  hachettes  de  pierre  en  si  grand  nombre  qu'on  ne  saurait  douter  de  la  présence,  en  ce 
lieu,  d'un  ateUer  de  fabrication  (9).  De  Londinières,  point  romain  et  mérovingien  (10)  s'il 
en  fiit,  la  voie  passait  au  hameau  de  Boissay  ou  de  Boisselet.  «  A  Boissay,  dit  M.  Guilmeth, 

(1)  Pape,  «  Notices  historiques  et  biographiques  sur  la  ville  et  le  canton  d'Aumale,  »  p.  102  et  113.  —  Potin  de  La 
Mairie,  t  Recherches  historiques,  archéologiques  et  biographiques  sur  le  Bray-Picard  et  le  Bray-Nonnand,  »  1. 1", 
p.  185. 

(2)  Guilmeth,  a  Descript.géograph.,  histor.,  statist.  et  monum.  des  arrondiss.,  »  t.  iv,  p.  165. 

(3)  Femel,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t  xi,  p.  173-74.  —  *  La  Norman- 
die souterraine,  »!'•  édit.,  p.  134;  2;  édit.,  p.  152-53.  —  Decorde,  a  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton 
de  Neufchâtel,  »  p.  200-202.  —  Guilmeth,  a  Descript.  géograph.,  histor.,  etc.,  •  t.  m,  p.  32. 

(4)  Voir  au  Musée  de  Rouen. 

(5)  Femel,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  174-75. 

(6)  «  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  245-52;  2*  édit.,  p.  297-304. 

(7)  Pommeraye,  «  Sanctœ  Rotomagensis  EcclesiaB  concilia  ac  synodalia  décréta,  »  p.  206. 

(8)  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  9  et  10.  —  La  Nor- 
mandie souterraine,  »  chap.  xvi. 

(?)  Des  hachettes  venant  de  Marettes  sont  au  Louvre,  au  Musée  de  Rouen,  aux  bibliothèques  de  Dieppe  et  de 
Neufchâtel,  à  Londinières  chez  M.  Cahinght,  et  chez  moi  à  Dieppe.  -  o  La  Norm.  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  181, 
2*  édit,  p.  205. 

(10)  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  181  ;  2*  édit.,  p.  285-295.  —  L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et 
archéologique  sur  le  canton  de  Londinières,  »  p.  157-63.  —  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  9  et  10. 


—  76  — 

a  route  présente  encore  un  encaissement  de  deux  pieds  d'épaisseur  (i).  i>  Du  hameau  de 
Boisselet ,  tout  rempli  de  débris  romains  (2),  la  voie  descend  p  ar  Wanchy  à  Douvrend  et 
à  Angreville.  Les  champs,  entre  Douvrend  et  Angreville ,  sont  marnés  de  tuiles,  de  poteries, 
et  peuplés  de  générations  antiques  (3).  Tout  le  monde  connaît  le  cimetière  mérovingien 
que  le  Camp-de-l' Arbre,  placé  au  bord  de  la  voie,  nous  a  révélé  en  1838  (4). 

€  A  Douvrend,  ajoute  M.  Guilmeth,  les  habitants  qui  ont  encore  wx  la  voie  dans  un 
bon  état  de  conservation  l'appellent  le  chemin  de  César  et  la  chatissée  des  Romains  (5).  » 
D' Angreville  elle  arrivait  à  Aubervillç-sur-Eaulne  et  à  Envermeu ,  où  elle  passait  entre  le 
cimetière  mérovingien  et  le  Câtel  ;  puis,  par  Tocquevillc  et  Bellengreville ,  elle  descendait 
à  Sauchay-le-Bas. 

A  Sauchay,  on  a  recueilli,  sur  les  bords  de  la  voie,  vers  1837,  deux  ou  trois  cents 
pièces  de  billon  du  m^  siècle  (6).  A  Ancourt,  qui  suit  immédiatement,  M.  Guilmeth 
assure  que  «  la  route  s'appelle  le  chemin  des  Romains  (7).  Sur  ce  point ,  deux  tertres  jadis 
édifiés  bordent  encore  son  alignement.  Par  le  PonhTrancard  et  Palchenl  elle  arrivait  à 
Martin-Église,  vieille  propriété  des  chanoines  de  Rouen,  qui  leur  fut  donnée  par  un 
archevêque  contemporain  de  Charlemagne  (8).  A  Martin-Église ,  les  antiquités  de  tout  genre 
abondent  :  ce  sont  des  statères  gaulois  en  or,  des  quinaires  romains  en  argent,  des  armes 
et  siurtout  des  vases  mérovingiens  autour  de  l'église  (9). 

A  Martin-Eglise ,  la  route  pouvait  être  double,  se  dirigeant  d'un  côté  vers  l'établissement 
romain  d'Archelles  (10),  conduisant  de  l'autre  à  Dieppe  par  Étran  dont  le  nom  indique  une 
voie  pavée,  et  par  les  établissements  romains  de  Ronne-Nourelle  et  du  Pollet  (H). 

(1)  Guilmctli,  a  Descript.  géograi»Ii.,  liistor.,  stalist.,  etc.,  des  arrondis?.,  <'tc.,  »  t.  iv,  p.  îiî. 

(2)  «  La  Normandie  souterraine,  »  l'"  édit.,  p.  181  ;  2^  édit.,  p.  205. 

(3)  «  La  Normandie  souterraine,  »  l-^^"  édil.,  p.  181;  2'  édit.,  p.  384. 

(4)  n  Revue  de  Rouen,  »  année  1838,  2"  sem.,  p.  209-10.  ~  De  Gaumont,  o  Coui*s  d'antiquités  monumentales,  » 
t.  VI,  p.  267.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  I'-  édit.,  p.  303-318  ;  2*  édit.,  p.  383- iOl. 

(5)  Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  242.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  304; 
2-  édit.,  p.  313-381. 

(6)  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  231.  —  «  La  Normandie  souterraine,  1"  édit.,  p.  178; 
2*  édit.,  p.  202. 

(7)  Guilmeth,  «  Dobcript.  géograph.,  histor.,  statist.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  165. 

(8)  A.  Le  Prévost,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  «  t.  ix,  p.  9  et  10.  —  «  La 
Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  178;  2*  édit.,  p.  202.  —  «  Les  Églises  de  rarrondissemenl  de  Dieppe,  ■  t.  ii, 
p.  120. 

(9)  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  371.  —  a  Revue  do  Rouen,  »  année  1848,  p.  57. 
—  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  02;  2*  édit., p.  72. 

(103  «  Bulletin  monumental ,  •  t.  xxii,  p.  324.  —  «  La  Vigie  de  Dieppe,  »  du  27  mai  185C.  —  «  La  Normandie  sou- 
terraine, »  l"édit.,  p.  61;  2"  édit.,  p.  71. 

(11)  Guilmeth,  «  Descript.  géograph.,  histor.,  statist.  et  monum.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  165.  —  »  La  Normandie  souter- 
raine, «  1'^  édit.,  p.  61-03;  2''  édit.,  p.  77-85. 


77  — 


No   18.  —  VOIE  DE   SAMAROBRIVA  (AMIENS)   A   AUGUSTA  (EU). 

Celte  voie  déjà  indiquée  par  Dom  Grenier,  qui  semble  avoir  tout  connu  (1),  sera  com- 
plètement retracée  un  jour  par  les  antiquaires  de  la  Somme ,  nous  n'en  saurions  douter 
un  moment. 

Déjà  quelques-uns  l'ont  essayé,  et  M.  Darsy,  dans  sa  Description  historique  du  canton 
de  Gamaches,  nous  parle  de  la  chaussée  d'Amiens  à  Eu,  et  il  en  retrouve  les  tronçons  sur 
le  sol  de  quelques  communes  de  l'ancien  Vimeu.  «  La  voie  d'Amiens  à  Eu,  écrivait-il  tout 
récemment ,  passe  sur  ce  territoire  près  de  Visse,  canton  de  Gamaches.  Dans  cette  localité, 
nous  avons  découvert,  en  1847,  de  nombreux  tessons  de  poterie  romaine;  nous  y  avons 
surtout  remarqué  de  la  poterie  rouge,  dite  terre  de  Samos,  dont  beaucoup  de  fragments 
étaient  ornés  de  reliefs  (2).  » 

Dom  Grenier,  qui  trace  cette  voie  depuis  Amiens  jusqu'à  Oisemont  et  Gamaches,  sup- 
posait volontiers  qu'elle  allait  jusqu'à  Dieppe. 

M.  Estancelin  s'étant  mis,  par  ses  explorations  dans  le  bois  VAbbé  et  la  vallée  de  la 
Bresle*,  à  la  recherche  de  l'ancienne  Augusta,  a  rencontré  une  chaussée  Brunehaut,  et  il 
la  signale  à  deux  reprises  dans  son  Histoire  des  comtes  d'Eu  et  dans  ses  communications 
à  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie.  Voici  en  quels  termes  s'exprime  notre  confrère 
dans  la  préface  de  ses  Comtes  d'Eu  :  «  Le  village  d'Aouste,  quoique  séparé  de  notre  an- 
cienne cité  par  la  vallée  de  Bresle ,  devait  être  un  faubourg  élevé  à  la  tête  de  la  chaussée 
qui,  pratiquée  à  l'entrée  du  marais,  allait  joindre  la  chaussée  romaine  dite  chaussée 
Brunehaut,  dont  on  trouve  des  vestiges  dans  la  plaine  qui  domine  Aouste  (3).  d  «  Notre 
collègue,  M.  Estancelin,  disait  en  1826  M.  de  Caumont  à  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  a  continué  ses  recherches  dans  la  vallée  de  Bresle,  qui  avoisine  le  bois  l'Abbé, 
et  il  y  a  trouvé  les  traces  d'une  voie  romaine  appelée  la  chaussée  Brunehaut,  laquelle  venait 
de  Picardie  et  ser\'ait  d'accès  à  la  ville  romaine  (4).  » 

Cent  ans  avant  M.  Estancelin,  le  premier  historien  d'Eu,  M.  Capperon,  ancien  doyen 
d'Oisemont  et  curé  de  Saint-Maxent,  avait  déjà  signalé  au  Mercure  de  France  la  voie  antique 
qui  de  Samarobriva  entrait  à  Augusta  par  la  porte  rebouchée  de  l'Empire  (5). 

(1)  Dom  Grenier,  «Introduction  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Pic,  •  t.  m,  p.  487-88. 

(2)  Darsy,  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Picardie,  »  t.  xv,  p.  264-265.  Sur  la  planche  de 
la  page  265,  M.  Darsy  a  reproduit,  fig.  3,4  et  5,  deux  fragments  de  vases  rouges  sur  lesquels  sont  écrits  à  la  'pointe 
les  mots  :  LVC...  et  COGNATA  TAVI...  Ibid.  C'est  aussi  l'opinion  de  M.  Prarond,  d'Abbeville.  Voir  «  l'Abbevillois,  » 
du  14  décembre  1858. 

(3)  L.  Estancelin,  «Histoire  des  comtes  d'Eu,  »  p.  11.  —  Gide,  «  Statistique  et  précis  hist.  sur  le  canton  d'Eu,» 
p.  14. 

(4)  De  Caumont,  dans  les«  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  m,  année  1826,  p.  xlvii. 

(5)  «  Mercure  de  France,  »  de  juillet  1730,  p.  1541-1549. 


—  78  — 

A  ces  observations,  nous  ajouterons  que  le  nom  de  Pons,  donné  à  l'un  dès  villages  voisins 
d'Eu  et  d'Aouste,  nous  paraît  indiquer  le  passage  de  la  voie  sur  la  Bresle.  Des  sépultures 
antiques,  trouvées  en  1724  au  pied  du  coteau  dit  le  Mont-Blanc  (1),  semblent  aussi  attester 
la  présence  d'un  chemin  public  ;  enfin ,  la  \deille  porte ,  encore  connue  sous  le  nom  de 
Porte-de-r Empire,  ouverture  qui  donne  sur  le  bois  l'Abbé,  paraît  être  le  dernier  vestige 
des  rapports  que  la  capitale  de  l'Empire  romain  entretenait  avec  toutes  les  villes  qui 
reconnaissaient  sa  juridiction. 


No  19.  —  VOIE  DE  BEAU  VAIS  A  AUMALE  ET  A  AUGUSTA  (EU). 

M.  Graves,  dans  sa  Carte  des  voies  romaines  de  l'Oise,  restitue  une  route  vers  la  mer, 
dans  la  direction  d'Aumale  et  de  la  vallée  de  Bresle,  allant  à  Eu  et  au  Tréport  (2).  Il  dit 
que,  dans  le  Beauvoisis,  cette  route  est  bien  connue  sous  le  nom  de  route  de  la  Mer, 
parce  qu'elle  a  servi  pendant  plusieurs  siècles  aux  relations  directes  de  Paris  avec  la  ville 
d'Eu.  Dans  son  Essai  publié  en  1840,  il  la  retrace  sous  le  no  8,  et  il  la  conduit  jusqu'à 
Dijeon  (3)  (Somme),  en  face  d'Aumale.  «  Près  de  Dijeon ,  dit-il ,  la  voie  présente  13  mètres 
de  largeur  et  3  pieds  de  profondeur.  Son  encaissement  repose  sur  d'énormes  silex 
entassés  (4).  »  Dans  sa  Notice  archéologique  sur  le  département  de  VOise,  dont  la  seconde 
édition  parut  en  1856,  l'auteur  ne  parle  plus  d'Eu  comme  principal  terminus  de  la  route. 
Cependant  il  laisse  entrevoir  que  le  vieux  chemin  conduisait  à  cette  antique  cité  (5). 
«  Cette  voie ,  ajoute-t-il ,  est  toujours  désignée  dans  les  titres  par  les  noms  de  grande 
chaussée,  de  chemin  du  Roi,  de  grand  chemin  royal,  de  route  de  Marseille  (Oise)  à  Aumale 
(Seine-Inférieure),  de  chaussée  Saint-Maur,  de  chaussée  de  Sarcus,  de  chaussée  de  Paris 
à  la  Mer.  On  l'appelle  aussi  chemin  de  Penthièvre,  parce  que  le  dernier  duc  de  ce  nom 
la  fit  rétablir  entre  Saint-Thibault  et  Fouilloy  pour  rendre  plus  facile  l'accès  de  son  duché 
d'Aumale  (6).  ï> 

Pour  nous,  nous  ne  connaissons  pas  exactement  la  direction  de  cette  voie  dans  le  parcours 
de  la  vallée  de  Bresle;  mais  nous  ne  serions  nullement  surpris  quand  elle  serait  descendue 
à  Eu  par  Saint-Germain-sur-Bresle ,  où  fut  martyrisé,  au  vi^  siècle ,  le  fervent  missionnaire 
écossais,  et  par  le  Vieux-Rouen ,  Blangy,  Montchaux  et  Gamaches. 

(1)  «  Sépultures  gauloises,  romaines,  franques  et  normandes,  »  p.  432-34.  —  Gapperon,  dans  le  «  Mercure  de 
France,  »  de  mai  1722,  t.  i*%  p.  73-81  ;  de  juin  1722  et  de  juin  1731,  p.  1209. 
(2;  Graves,  dans  le  •  Bulletin  monumental,  »  t.  vi,  p.  135  et  150,  n»  8. 

(3)  Commune  de  Morvilliers-Saint-Satumin  (Somme). 

(4)  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  TOise,  o  2*  édit,  p.  212.  —  «  Bulletin  monumental,  » 
1.  VI,  p.  135-36. 

(5)  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  211-13. 

(6)  Graves,  «  Notice  archéologique  sur  le  département  de  l'Oise,  »  2*  édit.,  p.  212-13. 


\ 

i 


-  79  — 

Celle  voie  étant  connue  en  Picardie  sous  le  nom  de  chaussée  BvunehaiU,  il  nous  sera 
peut-être  permis  de  lui  rattacher,  en  Normandie ,  le  fragment  de  chamsée  Bninehaut  qui 
se  trouve  à  lUois ,  dans  la  direction  d'Aumale  à  Épinay,  près  Mortemer.  Cette  branche 
détachée  indiquerait  assez  le  réseau  perdu  qui  dut  relier  entre  elles  les  stations  détruites 
de  Dijeon  (1)  et  d'Épinay  (2). 

No   20.  —   FRAGMENTS   DE  VOIES  ROMAINES  APERÇUS   OU   SOUPÇONNÉS   DANS   LA 

SEINE-INFÉRIEURE. 

On  connaît ,  dans  la  Seine-Inférieure ,  plusieurs  fragments  de  voies  dont  il  est  impossible, 
pour  le  moment,  de  donner  la  direction.  Nous  nous  contenterons  de  signaler  à  l'attention 
publique  ces  tronçons ,  que  d'autres  pourront  raccorder  à  l'aide  de  découvertes  nouvelles 
et  d'observations  ultérieures  : 

io  L'un  des  premiers  que  nous  indiquerons  se  trouve  à  lUois  (canton  d'Aumale),  où  il 
porte  le  nom  de  chaussée  Brune  haut.  Nous  avons  supposé  que  ce  fragment  pouvait  se 
rattacher  à  la  chaussée  Brunehaut ,  qui  de  Béarnais  se  dirigeait  vers  Dijeon  et  Aumale , 
et  qui  d'Aumale  serait  venue  à  la  station  d'Épinay,  près  Mortemer  ; 

2o  M.  Guilmelh  (3)  et  M.  l'abbé  Decorde  (4)  signalent  des  traces  de  voie  à  Roncherolles- 
en-Bray,.au  hameau  à^Lifremont,  là  où  les  antiquités  gauloises  et  romaines  abondent; 

3o  M.  E.  Gaillard,  dans  ses  Becherches  archéologiques  sur  la  Seine-Inféineure,  parle 
des  voies  romaines  ensevelies  à  Cliponville ,  à  Pierreville  et  à  AuzouvilIe-l'Esneval  (5).  Nous 
avons  rattaché  les  tronçons  de  Cliponville  et  de  Pierreville  aux  voies  qui ,  de  Juliobona  et 
de  Lotum,  se  dirigeaient  sur  Arques;  mais  nous  n'avons  aucune  donnée  sur  la  voie 
d'Auzouville-l'Esneval  ; 

4°  A  Varneville-les-Grès  (canton  de  Tôles),  M.  César  Marelle  (6)  signale  un  carrefour 
de  plusieurs  vieux  chemins,  et  il  paraît  soupçonner  la  direction  d'une  voie  antique  venant  de 
Pavilly  et  de  Barentin ,  lieux  très  anciennement  habités  ; 

5**  Un  autre  tronçon  de  celle  voie  de  Pavilly  vers  Arques  et  Envermeu  est  signalé  à 
Beautot  (canton  de  Pavilly),  où  il  est  connu  sous  le  nom  de  cauchie  ;  on  l'appelle  aussi  le 
chemin  de  Flandres,  et  on  croit  qu'il  allait  de  Pavilly  vers  Envermeu  (7)  ; 

6^  A  la  cité  de  Forteville,  entre  Saint-Maclou-de-Folleville  et  Saint-Victor-l'Abbaye,  on 


(1)  Fernel,  dans  les  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  177-78. 

(2)  Id.,  ibid.,  p.  173-74. 

v3)  Guilmeth,  o  Descript.  géograph.,  histor.,  etc.,  des  arrondiss.,  »  t.  m,  p.  121. 

(4)  L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Forges-les-Eaux ,  »  p.  228. 

(5)  E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  11. 

(6)  César  Marotte,  «  Le  camp  de  la  Bouteillerie  à  Vameville-les-Grès,  «  p.  13. 
f7)  G.  Marette,  «  Le  camp  de  la  Bouteillerie,  »  p.  14. 


—  80  — 

connaît  aussi  un  tronçon  de  voie  antique  qui  se  rattachait  peut-être  à  Tun  des  chemins  de 
Vameville-les-Grès  et  probablement  à  la  route  de  Pavilly  ; 

7"  Goumay-en-Bray  pourrait  bien  avoir  eu  sa  voie  antique ,  dont  la  direction  ne  hous 
est  pas  encore  connue.  Un  acte  de  1202  affecte  une  somme  «  pro  calceia  de  Chantemella  et 
porta  reparanda.  i>  M.  Potin  de  La  Mairie ,  qui  nous  a  révélé  ce  litre  (1),  pense  qu'il  s'agit 
de  la  chaussée  et  tour  de  Ferrières  ; 

8^  Dom  Grenier  soupçonne  une  voie  antique  de  Rouen  à  Amiens,  et  il  la  fait  passer  par 
Romescarap,  près  d'Aumale,  où  se  trouvait  l'établissement  romain  de  Dijeon  (2); 

9**  Enfin ,  il  m'a  été  également  signalé  un  bout  de  voie  romaine  à  Saint-Saëns ,  bourg 
tout  rempli  de  scories  de  fer  et  de  terrassements,  où  les  saints  et  les  hommes  de  guerre  se 
fixèrent  de  bonne  heure  :  les  uns  pour  y  asseoir  leurs  indestructibles  câteliers  ;  les  autres 
pour  y  laisser,  dans  des  fontaines  et  dans  des  églises,  la  trace  impérissable  de  leurs  pas. 


(1)  Potin  de  La  Mairie,  «  Recherches  historiques,  archéologiques  et  biographi(|\ies  sur  le  Bray -Normand  et  le 
Bray-Picard,  t.  i*',  p.  7. 

(2)  «  Introduction  à  l'Hist.  de  Pic.  »>  dans  les  •  Mém.  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Pic,  »  t.  m,  p.  486. 


RÉPERTOIRE 

HISTORIQUE   ET  ARCHÉOLOGIQUE 


DE  LA  SEINE-INFÉRIEURE. 


ARRONDISSEMENT    DE    ROUEN. 


GANTONS    DÉ    ROUEN. 


ROUEN. 

Nous  avons  à  parler  de  la  cité  des  Vélocasses,  de  la  métropole  romaine  de  la  seconde 
Lyonnaise,  du  Castrum  franc  du  Vexin  et  du  Roumois,  de  la  capitale  de  la  Normandie, 
de  rÉglise-mère  et  maîtresse  de  la  province.  Ici,  un  vaste  champ  s'ouvre  devant  nous.  Il 
nous  faut  esquisser  à  laides  traits  le  rôle  d'une  ville  qui  fut  toujours  grande  à  toutes  les 
époques  de  l'histoire.  Malheureusement,  pour  démontrer  cette  importance  ancienne,  les 
documents  écrits  nous  font  défaut.  Mais,  dans  le  silence  de  l'histoire,  nous  invoquerons 
l'archéologie,  science  née  d'hier,  et  qui  pourtant,  à  l'aide  de  documents  nouveaux,  encore 
rares  et  peu  ordonnés,  nous  découvre  des  horizons  inconnus  à  nos  devanciers. 

A  défaut  de  tout  autre  mérite,  notre  travail  aura  du  moins  celui  d'avoir  le  premier  puisé 
à  cette  source  mystérieuse  et  si  longtemps  cachée.  Avec  elle,  nous  essaierons  de  faire  jailHr 
des  entrailles  de  la  terre  une  ville  nouvelle  qui,  nous  l'espérons  du  moins,  pourra  intéresser 
nos  contemporains. 

Le  sujet  que  nous  avons  à  traiter  étant  assez  étendu,  nous  croyons  devoir  le  partager  en 
chapitres  spéciaux  qui,  tout  en  conservant  l'ordre  chronologique,  si  essentiel  dans  ce  genre 
de  travail,  diviseront  cependant  notre  œuvre  de  façon  à  empêcher  la  confusion  et  les 
redites  à  peu  près  inévitables  en  pareille  matière.  Ainsi,  nous  partagerons  cette  étude  du 
Rouen  des  Gaulois,  des  Romains,  des  Francs  et  des  Normands  en  huit  chapitres  qui 

ii 


L 


—  82  — 

traiteront  :  !<>  du  nom  de  la  ville  depuis  les  temps  les  plus  reculés  jusqu'au  xin^  siècle; 
2o  du  Rouen  des  Gaulois;  3®  du  Rouen  des  Romains;  4o  des  enceintes  de  la  cité;  5®  du 
Rouen  épigraphique ;  6®  du  Rouen  sépulcral;  7**  du  Rouen  numismatique  ou  monétaire; 
8o  du  Rouen  historique  et  chrétien. 

§  1er.  —  Le  Nom  de  Rouen. 

Nous  ne  nous  occuperons  pas  d'étymologie.  Nous  négligerons  complètement  cette 
science  -qui,  après  tant  d'années,  n'est  encore  qu'à  son  berceau  et  ne  sait  guère  que 
bégayer.  Cependant,  nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  dire  qu'à  nos  yeux  le  nom 
de  Rotomagus,  comme  celui  de  Rodobeccus,  doit  venir  du  radical  Roth,  dont  nous  igno- 
rons le  sens.  Le  jour  où  l'on  connaîtra  l'interprétation  du  mot  Magm,  qui  entre  dans  la 
composition  de  plusieurs  villes  des  Gaules,  ce  jour-là  on  aura  trouvé  la  véritable  significa- 
tion de  Rotomagus. 

Mais,  si  nous  laissons  de  côté  tout  essai  philologique  sur  le  nom  de  Rouen,  nous  devons 
cependant  une  mention  aux  auteurs  qui,  depuis  trois  siècles,  en  ont  fait  l'objet  de  leurs 
études.  Au  xyi^  et  au  xvn^  siècle,  qui  furent  l'aurore  de  notre  histoire,  nous  avons  Taille- 
pied  (1),  Denyaud  (2),  Pommeraye  (3)  et  Farin  (4);  au  xvni^,  nous  citerons  surtout 
Duplessis  (5),  Clérot  (6)  et  Servin  (7).  Le  xix^,  devenu  plus  sage,  a  deux  manières  de 
s'occuper  du  nom  de  Rouen.  Quelques-uns  sacrifient  encore  aux  anciens  procédés  étymo- 
logiques; tels  sont  MM.  le  docteur  LePrevost(8),Lesguillez(9),  Périaux  (10)  et  Houel  (il). 
Les  autres,  tout  en  rendant  hommage  aux  efforts  malheureux  de  leurs  devanciers,  ne 
s'occupent  guère  que  d'établir  la  véritable  orthographe  du  nom  de  Rouen  ;  de  ce  nombre 
sont  MM.  Lespine  (12),  Licquet  (13),  Marquis  (14),  Gosseaume  (15)  et  l'abbé  Langlois  (16). 


(1)  Taillepied,  «  Recveil  des  Antiqvitez  et  Singvlaritez  de  la  ville  de  Roven,  »  p.  1  à  16,  édition  do  1610. 

(2)  R.  Denyaud,  «  RoUiomagensis  Cathedra,  »  p.  3-9,  in-4"  mdcxxxiii. 

(3)  Pommeraye,  «  Histoire  des  Archevesques  de  Roven,  v  p.  1  et  2. 

(4)  Farin,  «  Histoire  do  la  ville  de  Rouen,  »  1"  édition,  t.  i",  p.  7-10;  3"  édition,  t.  i",  p.  4-5. 

(5)  Duplessis,  «  Description  géographique  et  historique  de  la  Haute-Nonnandie,  »  t.  ii,  p.  3-5. 

(6)  Clérot,  «  Mercure  de  France,  »  décembre  1737,  p.  2864, 2867-69. 

(7)  Servin,  •  Histoire  do  la  ville  de  Rouen,  »  t.  i",  p.  42-47. 

(8)  Le  docteur  Le  Prévost,  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouon,  »  année  1818,  p.  144-47. 

(9)  Lesguillez,  «  Lettres  sur  Rouen,  »  p.  24. 

(10)  P.  Périaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  rues  et  places  de  Rouen,  »  p.  xix-xxii. 

(11)  Houel,  •  Annales  des  Cauchois,  »  1. 1*',  p.  76-82. 

(12)  a  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  p.  8-9. 

(13)  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  religieuse,  morale  et  littéraire  de  Rouen,  »  p.  1-4. 

(14)  Marquis,  «  Bulletin  de  la  Société  d'Émulation  de  Rouen,  »  année  1820,  p.  43-51.  —  «  Procès-verbaux  de  la 
Commission  des  Antiquités,  «  p.  13. 

(15)  Gosseaume,  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1818,  p.  148-450. 

(16)  L'abbé  Langlois,  «  Le  Propre  de  Rouen  (1858).  »  —  o  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »» 
p.  9-10. 


—  83  — 

Quelques  enûn ,  comme  M^i^  Amélie  Bosquet  (1),  se  contentent  de  faire  l'historique 
des  essais  tentés  pour  cette  œuvre  de  reconstruction. 

Cette  mention  accordée  à  ceux  qui  nous  ont  précédé  dans  la  voie  si  difficile  où  nous 
nous  sommes  engagé,  il  nous  reste  à  établir  l'orthographe  du  nom  de  Rouen  pendant  les 
douze  premiers  siècles  de  notre  ère,  disons  même  depuis  l'origine  des  documents  histori- 
ques jusqu'à  l'avènement  de  l'orthographe  actuelle. 

Parmi  les  villes  du  nord  de  la  Gaule,  Rouen  offre  ce  phénomène  particulier,  que  son  nom  n'a 
point  varié  et  qu'il  a  su  garder  son  appellation  celtique,  la  seule  qu'il  ait  jamais  reçue,  la  seule 
qu'il  ait  jamais  portée.  Le  nom  celtique  ne  nous  a  pas  été  transmis  par  l'histoire;  nous  le  con- 
naissons par  des  témoins  de  métal  qui  sont  parvenus  jusqu'à  nous.  Des  monnaies  autonomes, 
contemporaines  de  la  conquête,  mais  portant  l'image  d'un  chef  indigène,  nous  présentent  le 
nom  de  Ratumacos,  mêlé  avec  celui  de  Suticos,  le  chef  des  Vélocasses  (2).  C'est  là  on 
n'en  saurait  douter,  le  plus  ancien  vestige  du  nom  comme  de  l'existence  de  notre  ville. 

Sous  la  domination  romaine,  il  nous  faut  descendre  jusqu'au  second  siècle  pour  entendre 
parler  de  Rouen. 

Le  premier  des  anciens  qui  nomme  notre  ville,  c'est  Ptolémée  (3),  dans  une  Géographie 
qui  fut  écrite  pendant  la  première  moitié  du  if  siècle.  Énumérant  les  peuples  qui  compo- 
sent la  Celtique  ou  Lyonnaise,  cet  auteur  dit  :  «  Post  quos  usque  ad  Sequanam  Venelio- 
cassii  quorum  civitas  Rotomagus.  » 

Le  second  document  antique  où  figure  le  nom  de  Rouen  est 'l'Itinéraire  d'Antonin, 
également  connu  sous  le  nom  d'^thicus.  Ce  monument  postal,  du  rv^  siècle,  place  Rouen 
sur  la  grande  voie  militaire  qui  de  Troyes  et  de  Paris  allait  à  la  mer,  en  suivant  le  cours  de 
la  Seine.  Sur  cette  ligne,  il  l'appelle  Latomagum,  tandis  que  lorsqu'il  en  fait  le  point  de 
départ  de  la  voie  qui  gagnait  Paris  par  Uggate,  il  le  nomme  «  Rotomago.  (4).  » 

La  Table  Théodosienne,  dite  aussi  de  Peutinger^écnt  Rattumagus  et  Litumagus,  variantes 
que  dom  Bouquet  applique  également  à  Rouen  (5).  Au  nom  de  Rattumagus  est  représenté 
le  double  château  qui  est  le  signe  des  métropoles. 

Ammien  Marcellin,  historien  du  iv®  siècle,  parlant  des  villes  de  la  seconde  Lyonnaise, 
cite  Rouen  et  Tours  :  «  Rotomagi  (6).  » 

(1)  A.  Bosquet,  «  La  Normandie  romanesque  et  merveilleuse,  »  p.  420-428. 

(2)  Deville,  «  Essai  sur  les  Médailles  gauloises  de  Rouen,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  »  t.  xi,  p.  60-69.  —  Id.,  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1839, 
Id.  183-90.  —  Ed.  Lambert,  «  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise  dans  le  nord-ouest  de  la  France,  »  dans  les 
■  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiii,  p.  241,  pi.  ix,  fig,  7,  8. 

(3)  Ptolemaei,  a  Geographia,  »  lib.  ii,  c.  8.  —  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules  et  de  la  France,  » 
t.  !•%  p.  73. 

(4)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  !•%  p.  108. 

(5)  Id.,  ibid.,  p.  112. 

(6)  Ammien  Marcel.,  «De  Gallis,  »  lib.  xv,  c.2.  —  Apud  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  etc.,  »  t.  i*s 
p.  546. 


—  84  — 

La  Notice  des  provinces  et  des  cités  de  TEmpire,  rédigée  sous  les  fils  de  Théodose,  après 
avoir  énuméré  les  sept  cités  de  la  seconde  Lyonnaise,  leur  donne  Rouen  pour  métropole  : 
«  Metropolis  civitas  Rotomagensium  (1).  d 

La  Notice  des  dignités  de  l'Empire,  également  dressée  sous  Arcade  et  Honorius,  place  à 
Rouen  le  préfet  des  soldats  Ursariens  :  <t  Praefectus  militum  Ursariensium  Rotomago.  j  Ce 
personnage  était  sous  les  ordres  du  Duc  des  rivages  nerviens  et  armoricains  :  €  Sub  dispo- 
sitione  spectabilis  Ducis  tractûs  Armoricani  et  Nervicani  (2).  i> 

Enfin,  saint  Paulin,  évêque  de  Noie,  dans  sa  lettre  à  saint  Victrice,  cite  aussi  :  «  Roto- 
magum,  »  dont  il  fait  une  magnifique  description  (3). 

J'ai  à  peine  besoin  d'ajouter  que  tous  ceux  qui  se  sont  occupés  de  géographie  ancienne 
se  sont  accordés  pour  appliquer  à  Rouen  ces  différents  textes.  Il  me  suffira  de  citer,  parmi 
les  interprètes  les  plus  accrédités,  Hadrien  Valois  (4),  l'abbé  Belley  (5),  d'Anville  (6),  Men- 
telle  (7),  Walckenaër  (8),  de  Caumont  (9),  Fortia  d'Urban  (10),  et  la  Commission  topo- 
graphique des  Gaules  (il). 

Nous  arrivons  à  la  domination  des  Francs.  Là,  le  nom  de  Rouen  va  subir  dans  les 
divers  monuments  des  altérations  provenant  de  l'ignorance  du  temps  et  de  la  barbarie  des 
hommes.  Nous  allons  exposer,  dans  l'ordre  des  siècles,  les  différentes  versions  par  les- 
quelles a  passé  le  nom  de  notre  ville. 

Au  vie  siècle,  le  père  de  notre  histoire  écrit  «  Rothomagum(12),  »  «  Rolhomagensem 
urbem  (13)  «  Rothofhagensem  episcopum  (14)  »  m  comitem  Rotomagi  (1 5) ,  et  enfin 
«  Rolhomo  (16).  d  Fortunat,  le  chantre  de  Poitiers,  dit  «  Rothomagense  sinu  (17).  »  En 
511,  au  premier  concile  d'Orléans,  saint  Godard  souscrit  «  Gildaredus,  episcopus  ecclesia3 
Rotomagensis  (18).  »  C'est  dans  ces  mêmes  termes  que  saint  Flavius  signe  les  trois  conciles 


(1)  Ammien  Marcel.,  «  De  Gallis,  »  p.  127.  —  Sirmond,  «  Conciles,  »  1. 1",  p.  122. 

(2)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  t.  i",  p.  127. 

(3)  «  S.  Paulini  opéra,  »  p.  101,  édit.  de  1685,  et  dans  le  a  8.  R.  E.  Concilia,  »  de  Pommeraye,  p.  1-6. 

(4)  Had.  Vales.,  t  Notitia Gallianun, »  p.  482-486, 

(5)  L'abbé  Belley,  «  Mémoires  de  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  657-62. 

(6)  D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  559-60. 

Mentelle,  •  Encyclopédie  méthodique  :  géographie  ancienne,  »  t.  m,  p.  17. 

(8)  Walckenaër,  «  Géographie  ancienne,  historique  et  comparative  des  Gaules,  »  t.  ii,  p.  434;  l.  m,  p.  50. 

(9)  De  Caumont,  «  Cours  d'Antiquités  monumentales,  »  t.  ii,  p.  32,  44,  88. 

(10)  Fortia  d'Urban,  «  Recueil  des  Itinéraires  anciens,  »  p.  115. 

(11)  «  Les  Voies  romaines  des  Gaules,  »  p.  7,  10,  in-8%  Paris,  1864;  Extrait  de  la  «  Revue  archéologique,  v 
de  1863. 

(12)  Grégoire  de  Tours  dans  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  t.  ii,  p.  233,  399. 

(13)  Id.,  ibid.,  p.  230,  326. 

(14)  Id.,  ibid.,  p.  418. 

(15)  Id.,  ibid.,  p.  282.  —  Chéruel,  «  Hist.  de  Rouen,  »  t.  !•••,  p.  ix. 

(16)  Id.,  ibid.,  t.  II,  p.  407. 

(17)  Fortunat,  lib.  vii,  c.  7,  dans  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  ii,  p.  510. 

(18)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules.  » 


-  85  — 

d'Orléans  de  533,  538  et  541  (i)  et  que  saint  Prétextât  souscrit  les  actes  du  concile  de 
Mâcon  en  585  :  «  Pretextatus,  episc.  ecclesiae  Rotomagensis  (2).  »  Enfin  le  concile  tenu 
à  Rouen ,  la  même  année,  par  Chilpéric  I^r,  termine  ainsi  ses  actes  :  «  Actum  Rotho- 
magi  (3).  > 

L'auteur  des  Gestes  des  Francs  écrit  tantôt  «  Rodomacum  (4),  3>  tantôt  «  Rothoma- 
gensis  episcopus  (5).  i>  Des  documents  mérovingiens,  cités  par  les  Bénédictins  disent  : 
«  Metropolis  civitas  Rotomagensium  »  et  «  civitas  Rodomagensium  metropolis  (6).  3> 

Les  auteurs  du  vii^  siècle  continuent  la  confusion  et  le  mélange. 

Hugues  de  Verdun  écrit  :  ce  Rotomagum  (7)  ;  »  saint  Ouen  lui-même ,  dans  la  Vie  de 
saint  É loi,  ne  craint  pas  de  dire  «  Rothomagae  civitas  (8).  »  Dagobert  1er,  dans  le  célèbre 
diplôme  délivré ,  en  629,  en  faveur  de  l'abbaye  de  Saint-Denis,  énumérant  les  principaux 
marchés  de  son  royaume,  cite  le  port  de  Rouen  «  Rothomo  porto  (9),  3>  et  Clovis  II,  dans 
un  autre  diplôme,  délivré  à  la  même  abbaye,  cite  la  sainte  église  de  Rouen  «  Sancta 
ecclesia  Rotminse  (iO)  ;  i>  enfin,  le  concile  tenu  à  Rouen,  par  saint  Ansbert,  en  689  ou  693, 
et  dont  les  actes  nous  ont  été  conservés  par  Aigrade ,  moine  de  Fontenelle  et  contemporain , 
appelle  la  ville  de  Rouen  «  Ratumago  urbe  (11).  » 

C'est  à  cette  période  qu'il  nous  faut  reporter  les  inscriptions  des  monétaires.  Routeroue 
cite  six  triens  mérovingiens  sur  lesquels  il  a  lu  le  nom  de  Rouen  ainsi  qu'il  suit  :  rotomo 
—  RODOMi  —  ROTOMO  CI  — ROTOMoio  —  ROTOMVS  —  ...OTOMVS  (12).  Leblanc  ne  fait  que 
répéter  rotomo  (13).  Deux  tiers  de  sol  d'or  recueillis  à  Rouen,  en  1846,  ont  donné  l'un  et 
Taulre  rotomo  ci  (14). 

Les  écrits  et  les  monuments  du  viii®  siècle  continuent  la  confusion  des  langues.  Nous 
avons  une  lettre  écrite  en  742 ,  par  le  pape  Zacharie  à  saint  Boniface  de  Mayence ,  dans 
laquelle  il  l'établit  son  légat  en  Gaule  et  en  Germanie.  Là,  il  lui  parle  de  trois  métropoli- 
tains qu'il  a  institués,  et  dans  le  nombre  il  cite  Grimon  de  Rouen  «  Grimonem  in  civitate 
quae  dicitur  Rodomos  (15).  »  En  768,  l'année  même  de  sa  mort,  Pepin-le-Bref  célébra  la 

ri)  Labbe  et  Cossart,  «  Sacro-sancta  concilia,  »  t.  iv,  p.  1783;  t.  v,  p.  503  et  588. 

(2)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  iv,  p.  108. 

(3)  Id.,  ibid.,  t.  iv,  p.  626. 

(4)  Id.,  ibid.,  t.  ii,  p.  561. 

(5)  ld.,ibid.,  t.ii,p.  570. 

(6)  Id.,  ibid.,  t.  ii,  p.  2,  4, 10. 

(7)  Dom  Bouquet,  t  Recueil  des  Hist,  »  t.  m,  p.  358. 

(8)  Id.,  ibid.,  p.  612. 

(9)  Id.,  ibid.,  t.  iv,  p.  627. 

(10)  Id.,  ibid.,  p.  638. 

(11)  Id.,  ibid.,  t.  III,  p.  618. 

(12)  A.  Bouteroue,  «  Recherches  curievses  sur  des  monnoyes  de  France,  »  p.  262-64,  361,  n"  159,  160,  pi.  v, 

n-  5,  6,  10. 

(13)  Leblanc,  «  Traité  hist  des  mon.  de  France,  »  2«  pi.  des  monét.,  n»  46,  p.  64. 

(14)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  379.  —  «  Épigraphie  de  la  Seine-Inf.,  »  p.  3i. 

(15)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist,  »  t.  iv,  p.  35. 


—  86  — 

Pâques  «  in  Rodomo  civitate  (i).  ï>  Charlemagne,  son  fils,  cite  en  779  «  Rodomo  > 
parmi  les  t  portus  et  civitates  »  commerçants  de  son  empire  (2).  En  795,  il  désigne  comme 
^  missus  Dominions  »  et  comme  gouverneur  de  Rouen ,  Willebert.  «  Rothomagensis  ar- 
chiepiscopus  (3).  »  Enfin,  en  801 ,  ce  grand  empereur  lui-même  passe  par  c  Rothomagum  (4).» 
Une  msnnaie  frappée  à  Rouen  par  le  restaurateur  de  l'empire  d'Occident,  et  citée  par 
Conbrouse ,  porte  rodomagvm  (5). 

Le  testament  de  Charlemagne,  dressé  en  811,  nomme  «  Rotumagus  »  parmi  les  vingt- 
deux  métropoles  de  son  vaste  empire  auxquelles  il  lègue  des  biens  (6).  Les  Gestes  de  Louis- 
le-Débonnaire  assurent  qu'en  818  ce  prince  passa  par  «  Rotomagum  (7).  t  L'édit  monétaire 
de  Pitres  promulgué  par  Charles-le-Chauve  en  864  indique  «  Rotomago  (8)  »  parmi  les 
neuf  ou  dix  hôtels  des  monnaies  de  l'empire  carlovingien.  Hugues  de  Flavigny,  qui  écrivait 
en  862 ,  donne  le  nom  de  c  Rotomagum  (9).  »  Parlant  de  la  Basse-Seine,  les  capitulaires 
la  qualifient  de  c  SequanœRodomensis  (10).  »  Riculfe,  dans  une  charte  délivrée  à  sa  cathé- 
drale, en  872,  se  nomme  lui-même  «  Rotomorum  archiepiscopus  (11).  • 

Les  Annales  de  saint  Bertin,  cette  grande  source  de  notre  histoire  piratique,  racontant 
les  différentes  invasions  subies  par  la  ville  de  Rouen ,  disent  tour  à  tour  t  Rotumam  t 
«  Rotomum  »  •  Rotumagus  »  et  t  Rotomagum  (12).  •  Un  contemporain,  cité  par  Duchesne, 
racontant  les  exploits  des  Normands  en  France,  écrit  c  Rotoma  (13).» 

Terminons  ce  siècle  d'agitation  par  les  monnaies  de  Louis-le-Débonnaire  et  de  Charles- 
le-Chauve  ,  où  nous  lisons  avec  une  grande  variété  :  rotvbiagvs  —  rotu-ma-gvs  —  rotv 

MAGVS  —  ROVMACVS   —  ROTHVHAGVS  CIVII  —  ROTAVHACVS  CrVII  —  ROTVHACVS  DIVI  — 

ROTHVHACVS  —  RCTVHACVS  —  ROTVNCVS  civi,  d'après  Ics  numismates  (14),  et  rotvmacvs 
civn ,  d'après  les  monnaies  elles-mêmes  existantes  ou  trouvées  à  Rouen  (1 5). 
Nous  touchons  enfin  aux  Normands,  et  c'est  alors  que  l'altération  est  à  son  comble.  Si 


(1)  Dom  Bouquet,  «Recueil  desHist.,  »  t.  v, p.  18,  36,  200. 

(2)  Id.,  ibid.,  p.  142. 

(3)  Id.,  ibid.,  t.  vi,  p.  90,  91. 

(4)  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  52,  214,  349. 

(5)  Conbrouse,  «  Catalogue  raisonné  des  mon.  nat.  de  France,  »  Carlovingiens,  p.  36. 

(6)  Dom  Bouquet,  •  Recueil  desHist.,  »  t.  v,  p.  302,37. 

(7)  Id.,  ibid.,  t.  vi,  p.  143, 178. 

(8)  Id.,  ibid.,  t.  vu,  p.  656. 

(9)  Id.,  ibid.,  t.  vu,  p.  246. 

(10)  Baluze,  «  Capitulaires,  »  1. 1*',  p.  378. 

(11)  Pommeraye,  «  Hist.  de  r Abbaye  royale  de  Saint-Ouen,  •  p.  399.  —  Périaux,  «  Dict.  ind.  des  rues  et  places 

de  Rouen,  »  p.  xvin-xix. 

(12)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.,  »  t.  vu,  p.  40, 59,  68, 152, 231,  272. 

(13)  «  GestaNorm.  inFranciâ,»  Duchesne.—  a  Script,  rer.  norm.  vet.,  »p.  i. 

(14)  Leblanc,  «  Traité  raisonné  des  mon.  de  France,  »  p.  102,  133,  n»  24.  —  Conbrouse,  «  Catal.  raisonné  des 
monnaies  nat.  de  France,  »  p.  3.  Carlovingiens,  p.  36. 

(15)  Au  musée  de  Rouen,  chez  M.  Billiard  et  au  musée  de  Boulogne.  —  «  Épigraphie  de  la  Seine-Inf.,  »  p.  34. 


—  87  — 

Rouen  est  encore  appelé  «  Rothomagus  »  «  Rotomagus  >  et  «  Rotomagum  »  par  quelques- 
uns  comme  Aimoïn  (1)  et  plusieurs  autres  (2),  il  est  aussi  nommé  «  Rodomus  »  et 
«Rodomo  »  par  Frodoard  (3),  «  Rotomo  »  par  Dudon  (4),  «  Rotomo  »  et  t  Rotomis  » 
par  Richard  I^r  (5),  et  jusqu'à  t  Rothum  »  et  •  Romo  »  par  d'autres. 

Le  xi«  siècle  suit  quelque  temps  les  errements  du  x^^  ;  mais  si  quelques-uns  écrivent 
encore  •  Bodomum ,  »  ils  y  joignent  Taltemative  «  vel  Rotomagum  (6).  »  Glaber  Raoul  et 
Guillaume  de  Jumiéges  disent  •  Rotomagum  (7)  »  et  «  Rotomagi  (8).  »  Toutefois  Dudon 
•  écrit  encore  «  Rotomo  •  et  t  Rotome  (9).  » 

Mais  c'est  sous  nos  ducs  que  le  chaos  orthographique  est  complet  pour  les  monuments 
numismatiques.  C'est  alors  qu'on  lit ,  ou  plutôt  qu'on  ne  lit  plus  ;  on  devine  sur  les  deniers 
des  Richard  et  des  Guillaume  de  Normandie  :  otomacatvs  —  rcddmcori  —  oiooomco  — 

ROTOMACIS.  —  ROTOMAGVS  —   ROTOMHCVS  —  ROTOMAUS  —  ROTOMAEIL   —  ROTOMA  ~ 
ROTOMAG  —  ROTOMACS  et  ROTOM  CFVITAS  (10). 

En  terminant  cette  dissertation,  nous  eussions  été  heureux  d'indiquer  les  plus  vieux 
monuments  écrits  où  se  trouve  le  nom  français  de  Rouen.  Jusqu'ici  nous  n'avons  pu  en 
rencontrer  que  deux,  dont  l'un  date  du  xii©  siècle  et  l'autre  probablement  du  xin^.  Le 
premier,  c'est  le  Roman  de  Rou,  par  Robert  Wace;  le  second,  ce  sont  les  Grans 
Chroniques  de  Saint-Denis.  Wace  dit  parfois  •  Ruen  (ii)  »  et  «  Roen  (12),»  mais  presque 
toujours  c'est  «  Roem  (13);  »  il  va  jusqu'à  dire  :  «  Roem  out  nun  Rotuma  (14).  »  Les 
Chroniques  de  Saint-Denis  écrivent  «  Roën  »  «  Roem  »  «  Rouam  »  et  enfin  «  Rouan  (1 5).  » 
A  l'orthographe  près,  c'est  bien  le  nom  moderne. 

§  IL  —  Le  Rouen  des  Gaulois. 
On  chercherait  vainement  dans  les  livres  le  nom  de  Rouen  au  temps  des  Gaules  indé- 

(1)  Dom  Bouquet,  «.  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  t.  m,  p.  25,  73. 

(2)  Ib.,  ibid.,  t.  vm,  p.  34,  218,  219,  223,  241,  258, 261,  280,  302,  303,  304,  316,  920. 

(3)  Id.,  ibid.,  t.  vm,  p.  168, 183, 188, 196-97, 282, 293,  318. 

(4)  Dudon,  apud  Duchesne,  «  Script,  hist.  norm.  veteres,  »  p.  75, 76. 

(5)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  dos  Hist.,  »  t.  ix,  p.  73-82  et  731. 

(6)  Id.,  ibid.,  t.  xi,  p.  70. 

(7)  Id.,  ibid.,  t.  x,  p.  10. 

(8)  Id.,  ibid.,  t.  x,  p.  187. 

(9)  Dudon,  «  De  Mor.  et  Act  norm.,  »  p.  76-81. 

(10)  Tobiesen-Duby,  «  Traité  des  monnaies  baronales,  »  t.  i",  p.  180-83,  pi.  180-83,  pi.  lxiv,  fig.  1, 2,  3,  4,  7,  10 
et  11.  —  Ducarel,  «  Anglo-norman.  antiquities,  »  pi.  m,  fig.  1  et  2.  —  Doville,  «  Revue  de  Rouen,  »>  année  1847, 
p.  379.  —  Lecointre-Dupont,  «  Lettres  sur  l'hist.  monét.  de  la  Normandie,  »  p.  23-28,  pi.  1,  fig.  1,2,  3,  4,  5,  10. 

(11)  R.  Wace,  «  Le  Roman  de  Rou,  »  édit.  Leprevost  et  Pluquet,  t.  i",  p.  313. 

(12)  Id.,  ibid.,  t.*i",  p.  19,  156. 

(13)  Id.,  ibid.,  1. 1",  p,  18,  58,  72,  123,  162, 169,  193,  200,  207, 217, 240,  247, 313  ;  t.  n,  p.  60, 234,  296,  356. 

(14)  R.  Wace,  «  Le  Roman  de  Rou,  »  1. 1",  p.  267. 

(15)  Dom  Bouquet,  t.  m,  p.  213,221;  t.  v,  p.  310,  312,  322. 


—  88  — 

pendantes.  Comme  nous  Tavons  déjà  dit ,  un  seul  morceau  de  métal ,  fruit  du  monnayage 
autonome  de  nos  ancêtres,  nous  révèle  tout  à  la  fois  l'existence,  le  nom  et  le  rôle 
de  cette  grande  cité.  Au  temps  où  les  Romains  envahissaient  la  Gaule,  Rouen  se 
nommait  Ratvma  ou  Ratvmacos.  Cette  ville  était  le  centre  d'une  tribu  que  César  appelle 
Vélocasses  et  qui  eux-mêmes  se  nomment  Eliocati  ou  Veliocati.  Enfin ,  l'un  et  l'autre 
avaient  pour  chef  le  guerrier  Svticos ,  dont  le  nom  et  l'image  sont  arrivés  jusqu'à 
nous.  Jusqu'à  présent,  c'est  là  tout  ce  que  les  monuments  gravés  nous  apprennent  sur 
le  passé  d'une  grande  cité  dont  la  naissance  a  précédé  l'ère  chrétienne  de  plusieurs* 
siècles. 

Le  Musée  de  Rouen  et  la  Bibliothèque  impériale  de  Paris  possèdent  quelques-unes  de 
ces  monnaies  de  bronze ,  qui  portent  le  nom  de  la  ville  et  du  pays,*  et  qui  reproduisent 
l'image  des  chefs  ou  des  rois  de  la  cité.  MM.  Deville  et  Lambert  ont  dit  sur  cette  matière 
tout  ce  que  l'on  peut  savoir  (i),  et  c'est  à  leurs  publications  que  nous  empruntons  les  trois 
monuments  que  nous  reproduisons  ici. 


MONNAIES  BOMAINES  DE  BOUEN  ET  DES  VÉLOCASSES. 


En  dehors  de  ces  débris  métalliques  et  épigraphiques,  nous  possédons  à  présent  quelques 
vestiges  de  la  cité  gauloise.  Grâce  aux  grands  travaux  qui  ont  labouré  ce  sol  depuis  quelques 
années,  M.  Thaurin  a  su  recueillir  des  débris  celtiques  que,  par  sa  bienveillance,  nous 
pouvons  reproduire  ou  enregistrer. 

Parmi  les  divers  monuments  de  Ratvmacos,  nous  en  distinguerons  surtout  de  trois 
sortes  :  les  haches,  les  vases  et  les  monnaies. 

Les  haches  sont  au  nombre  de  quatre  :  deux  sont  en  silex  (2)  et  deux  en  bronze.  Pour 


(1)  Deville,  «  Essai  sur  les  médailles  gauloises  de  Rouen,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  60  et  pi.  -  Id.,  «  Précis  analytique  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  183. 
Ed.  Lambert,  «  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise  dans  le  nord-ouest  de  la  France,  »  dans  les  «  Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xiii,  pi.  ix,  fig.  5,  6,  7, 8. 

(2)  Une  hache  en  silex  a  été  trouvée  en  1859,  rue  Napoléon  m,  à  cinq  mètres  de  profondeur.  (Thaurin,  «  Journal 
de  Rouen,  ■  du  4  juillet  1860.) 


la  forme,  comme  pour  la  malière,  elles  ressemblent  à  toutes  celles  que  l'on  rencontre 
dans  le  département  et  dans  le  reste  de  la  Normandie.  (On  en  jugera  par  tes  échantillons 
que  nous  ofirons  ici.) 


HACHE  EN  SILEX.  —  BOUBN. 


Les  vases  sont  au  nombre  de  deux,  bien  conservés,  que  nous  reproduisons;  puis  ils 
sont  accompagnés  d'un  certain  nombre  de  fragments,  qui  témoignent  de  vases  brisés  par 
le  poids  du  temps  et  des  terres.  Ces  vases,  qui  ressemblent  par  la  matière  et  la  forme  à 
ceux  des  Caillettes,  des  Damps,  duVaudreuil,  de  Sainte-Beuve,  de  Foucarmonl  et  de  la 
Cité  de  Limes,  ont  été  rencontrés,  de  4856  à  4  861 ,  dans  la  rwe /nt/j^ffl/e,  à  la  hauteur  du 
quartier  Saint-Louis ,  en  creusant  les  fondations  de  la  Gendarmerie  et  de  la  Caisse 
d'épargne.  Es  faisaient  partie  d'un  cimetière  à  crémation  qui  remonte  évidemment  aui 
anciens  Vélocasses. 


VASEB  OAtlLOU  BD  TBRKE  CUITB  (ROUBH). 

D'autres  fragments  de  vases  gaulois  ont  encore  été  rencontrés  çà  et  là,  aux  plus  pro- 
fondes entrailles  de  la  cité. 

12 


—  90 


o  o 


MOFflf  A.»  GAULOISE  Eli  BEOPIEB  (EOVBli}.  AMES  EN  BRONZE  TBOUTÉES  DANS  LA  SEINE  ;  LE  N*  1   A  BOUBN, 

LE  N"  2  A  0I88EL,  LE  N"  3  A  LA  BOUILLE  (1). 

§  in«  Im  flouEN  DES  Romains. 

Dans  rimpuissance  où  nous  sommes  de  rétablir  Ja  disposition  et  l'étendue  du  Rouen  ^ 
gallo-romain,  maintenant  enseveli  sous  une  couche  do  plusieurs  mètres  de  débris  et  tout 
recouvert  de  constructions  modernes,  nous  nous  contenterons  d'enregistrer,  par  rues  et 
par  quartiers,  les  découvertes  qui  y  ont  été  faites  depuis  i789;  car,  par  une  étrange 
coïncidence,  c'est  au  seuil  de  la  France  nouvelle  que  la  première  trouvaille  romiiiie  t  été, 
je  ne  dirai  pas  faite,  mais  constatée  et  décrite.  Tous  les  autres,  ou  à  peu  pr&8|  ippar- 
tieiment  à  notre  siècle,  et  surtout  au  temps  où  l'archéologie  a  pris  naisiaQca  panni  nous. 

C'est  M.  Torcy,  architecte  du  xvm^  siècle,  qui  a  consigné  la  première  observation. 
MM.  Le  Prévost,  Langlois  et  De  la  Quérière  ont  continué  l'œuvre.  Mais  c'est  surtout  à 
M.  Deville  que  nous  devons  nos  meilleurs  éléments.  Après  lui,  nous  adresserons  nos 

(1)  Une  épée  de  bronze  entièrement  pareille  à  celles-ci  a  été  trouvée  à  Miers  (Lot),  sous  un  dolmen  dit 
Pej^o  levadOf  fouillé  en  1846.  De  Bonstetten,  «  Essai  sur  les  dolmens  »,  p.  36,  pi.  ii,  fig.  3. 


1 


j^fw,  M.  Thaurin  a  recueilli  sur  plusieurs  points  sept  ou  huit  monnaies  gaidoisds,  I 

dpnt  une  est  en  électrum,  trois  en  fonte  et  le  reste  en  bronze.  La  plupart  sont  frustes»;  ' 

mais  quelques-unes  portent  le  type  et  la  légende  bien  connue  de  Germanv  indutillU, 
attribuée  à  Induciomar,  chef  des  Trévires.  (Nous  reproduisons  cette  pièce  ici.)  Les  prin-     • 
cîpaux  points  sur  lesquels  M.  Thaurin  a  recueilli  ces  précieux  morceaux  de  métal  sont  la 
Tàur  Saint-André,  la  Grosse-Horloge  et  le  quartier  Saint-Louis.  Malheureusement, 
parmi  les  pièces  rencontrées,  aucune  ne  porte  le  différent  de  Ratvmacos. 

Un  dernier  monument  que  l'on  pourrait  peut-être  revendiquer  pour  le  Rouen  des 
Gaulois,  c'est  la  belle  épée  de  bronze  trouvée  dans  la  Seine,  en  1860,  dans  les  draguages 
du  port  de  Rouen.  Elle  est  maintenant  déposée  au  musée  de  Rouen,  et  nous  en  devons  le 
dessin  à  l'obligeance  de  son  conservateur,  M.  A.  Pottier. 

1 


~  91  —    . 

remercîments  à  M.  Paul  Baudry,  qui  a  suivi  les  grands  travaux  de  Rouen,  et  à 
H.  Thaurin,  qui,  depuis  dix  ans,  a  fait  du  Journal  de  Rouen  un  registre  d'inscriptions 
archéologiques. 

Dans  l'impossibilité  où  nous  nous  trouvons  de  donner  du  Rouen  antique  un  tableau 
dTensemble,  résultant  de  découvertes  cfu'il  n'est  pas  encore  possible  de  résumer,  nous 
nous  contenterons  de  grouper,  par  rues  et  par  dates,  la  série  des  faits  archéologiques  qui 
se  sont  produits  de  nos  jours.  Toutefois,  en  vertu  des  études  qui  ont  été  faites  sur  Ten- 
cemte  antique,  nous  partagerons  la  ville  en  deux  portions  :  nous  appellerons  l'une  la  Cité, 
et  Tautre  le  Suburbium  ou  les  Faubourgs. 

Nous  avons  lieu  d'être  surpris  que  Rouen  n'ait  conservé,  à  aucune  des  parties  de  la  ville 
actuelle,  le  nom  de  Cité,  que  l'on  retrouve  partout,  dans  les  villes  romaines  de  la  Gaule, 
de  la  Bretagne  et  de  la  Germanie  (1  ). 

La  Cité.  —  Place  dé  la  Cathédrale^  ancien  Parvis.  —  En  février  1829,  lorsque  Ton 
creusait  au  pied  de  la  Tùw  de  Beurre  pour  fonder  un  contre-fort  destiné  à  consolider  le 
portail  de  la  métropole ,  M.  De  la  Quérière  assure  que  l'on  trouva,^  à  sept  mètres  de  pro- 
fondeur, un  mur  romain  en  brique  et  pierre,  passant  sous  la  Tour  elle-même  (2).  Outre  ce 
témoignage,  nous  avons  aussi  celui  de  M.  Deville,  qui  affirme  qu'à  la  base  de  cette  même 
Tour  de  Beurre,  à  vingt  pieds  de  profondeur,  il  a  recueilli,  au  milieu  des  murs  romains, 
des  monnaies  de  Néron  et  de  Domitien.  —  En  septembre  1830,  lorsqu'on  établit  au  côté 
nord  du  portail,  un  contre-fort  parallèle,  on  trouver,  près  de  la  Tour  Saint-Romain,  des 
restes  de  fondations  antiques  (3). 

(1)  Nous  sommes  très  étonné  de  ne  trouver  à  Rouen  aucun  nom  de  rue  ou  de  quartier  qui  conserve  ce  nom  de 
Citéf  si  commun  dans  toutes  les  anciennes  villes  romaines  de  la  Gaule  et  de  la  Grande-Bretagne.  Nous  ne  con- 
naissons môme,  dans  les  écrivains  des  trois  derniers  siècles,  aucun  texte  qui  puisse  faire  soupçonner  ici  cette 
enceinte  réservée,  ce  sanctuaire  municipal,  si  commun  ailleurs.  Tout  le  monde  sait  que  les  villes  de  Paris  et  de 
Londres  montrent  encore  le  quartier  de  la  Cité,,  qui  n'est  autre  que  Tancienne  ville  romaine  fortifiée.  On  connaît  à 
Limoges  une  rue  de  la  Cité.  —  Nous  avons  vu  à  Évreux  une  rtie  de  la  Petite-Cité,  (  «  Bulletin  monumental,  » 
t  txiv,  p.  42-43.)  —  Le  comte  de  Caylus  parle  de  la  Cité  de  Màcon  (  «  Recueil  d'Antiquités,  »»  t  vu,  p.  245.)  —  Le 
même  antiquaire  cite  à  Périgueux  le  quartier  de  VAndenne-Cité  (  «  Recueil  d'Antiquités,  >  t.  v,  p.  339)  ;  ce  que  le 
docteur  Galy  confirmait,  en  1858,  au  Congrès  archéologique  de  France,  en  lui  indiquant  dans  la  même  ville  le 
ViOUm  de  la  Vieille-Cité  (  t  Congrès  archéolog.  de  France,  »  année  1858,  p.  203).  —  Dans  son  «  Répertoire  archéolo- 
gique de  VAube,  t  (p.  133),  M.  d'Arbois  de  Jubainville  mentionne  la  Cité  de  Troyes-,  et,  dans  son  «  Répertoire  de 
rAnJoii,  »  M.  Godard-Faultrier  rappelle  à  plusieurs  reprises  la  Cité  d'Angers  (  «  Répertoire  archéologique  de 
TAnjou,  »  août  1860,  p.  264;  —  «  Mémoires  de  la  Société  d'Agriculture,  des  Sciences  et  Arts  d'Angers,  »  3«  vol., 
2*  aom.)  —  Le  «  Bulletin  de  la  Société  archéologique,  historique  et  scientifique  de  Soissons,  »  t.  xiii,  p.  St), 
^pUque  aussi  à  des  quartiers  de  cette  ville  les  noms  de  Cité  et  de  Petite-Cité.  —  Ce  nom  se  rencontre  parfois 
ailleurs  que  dans  des  villes  murées.  Nous  l'avons  retrouvé,  avec  accompagnement  de  ruines  romaines,  à  Beauville- 
la-Cité  (arrondissement  dTvetot).  { «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  132;  2*  édit.,  p.  150.  -  «  Les  Eglises 
de  rarrondissement dTvetot,  »  !'•  édit.,  t.  !•»,  p.  247-48.)  —  Entre  8aint-Michel-de-Brenne  et  Martigny,  dans  l'Indre, 
est  un  lieu  nommé  la  Cité,  où  l'on  a  trouvé  des  poteries  antiques,  des  urnes  de  verre,  des  fragments  de  bronze 
et  do  fer.  (De  la  Villegille,  «  Revue  des  Sociétés  savantes,  »2*  série,  t.  i-',  p.  152,  février  1859.) 

(2)  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  n,  p.  130. 

(3)  Id.,  ibid.,  «  Journal  de  Rouen,  •  du  19  septembre  1830  ou  1832. 


Rue  Saint-Romain,  enclave  de  t' Archevêché.  —  En  1825,  lorsque  l'on  creusa  le  puits 

du  paratonnerre  de  la  nouvelle  flèche  de  fer,  on  recueillit,  à  8  mètres,  des  tuiles  et  des 
briques  romaines ,  ainsi  qu'un  petit  bronze  du  Bas-Empire ,  portant  le  nom  de  Conslanti- 
nopolis  {!). 

Passage  Saint-Herbland ,  angle  des  rues  ^gSSU^E^Sj^^^^STSJJ^ïrk 

des  Carmes  et  de  la  Grosse-Horloge.  —  En  ^gga  ^Hi^  HMpBji^H^iH  w^S^m 
juin  1828,  lorsque  l'on  construisit  l'hôtel  zT^ 

Saint-Herbland ,  à  la  place  de  l'église  de  ce 

nom,  on  aperçut,  en  creusant  une  fosse  d'ai-  J2. 

sance ,  à  la  profondeur  de  plus  de  6  mètres ,  ^^ 

une  belle  construction  romaine.  Les  murs,  ''■^^ 

appareillés   de  pierre ,  étaient  chaînés  de  -^ 

briques.  Les  ouvertures  étaient  faites  avec  de  HB 

la  brique  (2).  Parmi  les  ouvertures  on  remar-  "J 

quait  l'entrée  d'un  jjrtc/Mrnmm,  ou  fourneau,  --_:--,.,—  „        ^   ^^^^.       ^..-—---j-y 

que  nous  reproduisons  ici.  M.  H.  Langlois  a  l\  /)M^    '4~r^-/'^|i!ji|/'('   -      ]( 

dessiné,  pour  les  cartons  de  la  Commission  V^^i^=^-^C^^^r^^"''^  ^'^^^ 
des  Antiquités,  ce  curieux  spécimen  antique.  "  ''  "    '       ,' 

„  ,      ,       _  „       ,  .  ,  „  EKTKÉK  D'UPC  rOURNEAl'BOMAINCnOlIEK,  1828). 

Rm  de  la  Grosse-Horloge ,  »o  14.  —  En 
1861,  en  creusant  la  cave  du  n»  14,  voisin  de  l'hôtel  Saint-Herbland,  on  a  trouvé  des 
débris  d'architecture  romaine,  des  tuiles  à  rebords,  plates  ou  convexes,  des  mortiers  et 
des  monnaies  frustes  (3). 

Rue  Massacre ,  près  de  la  rue  de  la  Grosse-Horloge.  —  En  1 84-2 ,  on  y  a  recueilli  des 
débris  romains. 

Rue  Saint-Etienne-des-Tonneliers ,  nos  14  et  15.  —  M.  De  la  Quérière  raconte  qu'en 
juillet  1822,  en  fondant,  dans  la  rue  des  Tonneliers,  les  maisons  qui  portent  les  nos  44  et 
15,  on  trouva,  à  la  profondeur  de  4  mètres,  une  construction  romaine  avec  un  hypo- 
causte.  On  en  détruisit  une  portion  ;  mais  une  grande  partie  passe  sous  la  rue  et  n'a  pas  été 
entamée.  Outre  ce  calorifère,  placé  au  sud,  on  en  a  rencontré  un  autre  dans  la  direction 
de  l'ouest.  Il  avait  de  plus  un  conduit  en  ciment  et  en  terre  cuite,  des  briques  ronniines  et 
de  grandes  dalles  pour  le  pavage.  Dans  les  déblais  voisins ,  on  a  recueilli  cinquante  ou 
soixante  monnaies  romaines ,  parmi  lesquelles  on  distinguait  un  Gatlien  en  aident  et  deux 
Constantin  en  bronze  (4).  —  L'opinion  qui  soutient  que  le  sol  de  S^nt-Etienne-des-Ton- 


(i)  De  la  Quérière,  ■  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  •  t.  ii,  p.  Ï6Î-63, 

(1)  ,■  Procès-verbaiu  de  la  Commission  des  Antiquités,  ■  p,  128,  et  ■  Archivée  de  la  Commission.  ■ 

(3)  ■  Journal  de  Rouen,  a  du  15  novembre  1861. 

(i)  De  la  Quérière,  <•  Description  historique  des  Uaisons  de  Rouen,  ■  t.  ii,  p.  243-44. 


—  93  — 

peliers  était  autrefois  une  île  ou  sous  les  eaux,  et  qu'il  n'a  été  réuni  à  la  terre  ferme  qu'au 
temps  de  nos  premiers  ducs ,  recevrait  peut-être  ici  un  premier  démenti. 

Rue  Impériale,  précédemment  rue  des  Prêtresses.  —  Au  printemps  de  1846,  lors  de 
la  confection  de  la  nouvelle  rue  Impériale,  aux  abords  de  l'ancienne  rue  des  Prêtresses  et 
au  niveau  des  eaux  de  Robec ,  j'ai  vu  découvrir,  à  2  ou  3  mètres  du  sol ,  une  très  belle 
construction  gallo-romaine.  C'était  une  maison  particulière ,  dopt  on  reconnut  la  salle 
longue  de  4  mètres  15  et  large  de  3  mètres  85.  Haute  d'environ  2  mètres,  elle  était 
encore  décorée  de  peintures  murales  représentant  des  lambris  et  des  panneaux  de  marbre 
simulés.  Ces  ornements  étaient  bien  conservés.  Le  pavage  se  conTposait  de  carreaux  en 
terre  cuite  de  60  centimètres  de  long  sur  40  de  large  et  5  centimètres  d'épaisseur  ;  il  repo- 
sait sur  les  piliers  d'un  hypocauste.  Des  conduits 
"     sortaient  du  calorifère  et  tapissaient  les  murs. 
M.  Deville  attribue  cette  maison  au  iii«  siècle 


I    I         ri         |~|         I     II         de  notre  ère.  Les  peintures  ont  été  dessinées 

par  lui  et  reproduites  en  couleur  par  les  soins  de 

P 'nP  Ol  Q  l'Académie.  M.  Girardin ,  qui  a  analysé  les  ma- 
tières colorantes ,  a  reconnu  qu'elles  avaient  été 


LLji         uI         LJ        LJ        .appliquées  à  la  cire  (1).    Les   cartons  de  la 


I — I         I — I         n        n         Commission  des  Antiquités  possèdent  également 
LJ        UmA         UJ        L-J         quatre  belles  planches  peintes  en  couleur  par 

M.  Deville,  et  représentant  les  murs,  le  pavage, 

HTP0GAU8TB  DB  LA  RUE  DBS  PRÊTRESSES      i    ,    /w.  •       i       •         ,       '    i    "O  ^ 

(ROUEN,  1846).  le  chauffoir  et  les  pemtures  de  cette  cuneuse 

habitation. 

Rue  Impériale ,  aux  abords  de  la  rue  Saint-Nicolas .  —  Au  bord  du  ruisseau  de  Robec, 
on  a  aperçu  les  fondations  d'une  habitation  romaine  avec  des  tuiles  et  des  poteries.  — 
Entre  la  rue  Saint-Nicolas  et  la  rue  Saint-Romain ,  on  a  rencontré,  en  1861 ,  des  tuiles  à 
rebords. 

Rue  de  la  Chaîne,  en  face  de  la  rue  Neuve-Saint- Amand. — En  1829 ,  M.  De  la  Quérière 
a  vu  trouver,  dans  le  jardin  de  l'ancienne  abbaye,  des  tuiles  et  des  briques  romaines  (2)  et, 
au  no  6  bis  de  la  même  rue,  M.  Thaurin  a  vu  extraire ,  en  1858 ,  des  tuiles  à  rebords,  des 
grandes  briques  et  des  conduits  de  chaleur  (3). 

L'ancienne  abbaye  Saint- Amand.  —  Toute  cette  abbaye,  ainsi  que  les  terrains  qui 
r^environnent ,  sont  remplis  de  restes  romains  sur  un  grand  espace  et  sur  une  forte 


(1)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  i**"  sem.,  p.  319-20.  —  Girardin,  «  Analyse  de  quelques  Produits 
d'art  d*une  haute  antiquité,  »  p.  2-10  et  pi.  1, 2,  3.  —  Id.,  «  Précis  analytique  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année 
1852,  p.  143-48,  pi.  1, 2,  3.  —  Liger,  «  Mémorial  de  Rouen,  >  des  7  et  11  mai  1846. 

(2)  De  la  Quérière,  «  Description  hist.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  131. 

(3)  a  Journal  de  Rouen,  »  du  3  avril  1858. 


L 


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^;>aisseur.  Non-seulement  l'abbaye  elle-même  a  été  construite  sur  un  édifice  gallo-român^ 
mais  aussi  plusieurs  de  ses  murailles  s'élevaient  perpendiculairement  sur  des  restes  eneoni 
très  solides  de  murs  antiques  chaînés  de  tuiles  (1).  Aussi  nous  allons  avoir  à  enregistrer 
plusieurs  découvertes  de  tout  genre ,  faites,  à  diverses  époques,  dedans  et  autour  de  Saint- 
Amand. 

Rue  Impériale,  hôtel  Saint- Amand.  —  En  1858,  on  a  rencontré,  dans  l'encânte  de 
l'hôtel ,  trente-six  monnaies  en  argent  et  en  billon  des  Philippe ,  de  Gordien  père ,  de 
Trébonien-Galle ,  de  Trajan-Dèce ,  de  Volusien ,  d'Elagabale,  d'Herennius,  d'OtaciBe  et 
d'Estrucille.  Ces  pièces  sont  entrées  au  Musée  de  Rouen  (2). 

Impasse  Saint' Amand.  —  En  juillet  1848, 
en  creusant  un  puits ,  on  a  trouvé ,  à  5  mètres 
de  profondeur,  de  grandes  et  belles  briques 
romaines,  et  un  mur  épais  de  1  mètre ,  com- 
posé de  fortes  pierres  alternées  d'assises  de 
briques  (3).  (Nous  reproduisons  ici  une  de 
ces  briques  ;  l'autre  vient  de  Saint-Lô). 

Rue  Impériale,  près  Saint-Am^nd.  —  En 
1856,  on  a  rencontré  des  débris  romains,  tels 
que  vases ,  tuiles ,  poteries  à  reliefs ,  bronzes 
d'Antonin ,  d'Adrien  et  de  Tétricus  (4).  »"««"  eomaiiies  (roubm,  ws). 

Rue  Impériale,  près  la  rue  du  Petit-Loup.  —  En  1846,  on  a  vu  une  muraille  romaine 
qui  se  prolongeait  sous  l'enceinte  de  l'abbaye  Saint-Amand.  Un  vase  de  terre ,  voisin  de  ce 
mur,  contenait  trois  cents  monnaies  de  bronze  de  Galîien ,  de  Victorin ,  de  Tétricus  et 
surtout  de  Garausius. 

Ru^  de  la  Roucherie  Saint-Chien.  —  En  1834 ,  en  étsd)lissant  un  aqueduc ,  on  a  trouvé 
des  murs  antiques ,  des  claveaux  et  des  briques  romaines  (5). 

Un  second  quartier  de  Rouen  tout  rempli  de  débris  romains,  c'est  celui  des  Carmes, 
notamment  la  place  et  la  rue  de  ce  nom.  Le  sol ,  ici ,  referme  un  monticule  élevé  où  les 
ruines  antiques  sont  compactes  et  entassées. 

Place  des  Carmss.  —  A  différentes  reprises,  cette  place  s*est  montrée  féconde  en  décou; 
vertes.  Une  première  fois,  ce  fut  en  1818,  lors  de  la  construction  de  la  maison  de  M.  Noury- 
Vallée,  alors  rue  de  la  Chaîne,  aujourd'hui ;>/acé  des  Carmes,  n®  31.  On  trouva  d'antiques 
fondations  en  briques  romaines  d'une  ti^ès  grande  épaisseur.  Lia  façade  de  la  maison  a  été 


(1)  a  Congrès  archéologique  de  France,  »  année  1859,  p.  535. 

(2)  Deville,  •  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  i*'  sem.,  p.  124. 

(3)  Deville,  «  Répertoire  Mss  du  Musée  de  Rouen,  »  t  n,  n*649. 

(4)  «  Journal  de  Rouen,  »  du  21  juin  1856. 

(5)  De  la  Quérière,  «Description  historique  des  Maisons  de  Roaen,  *  ^.  n,  p.  126.  —  Devtlle,  «  G^tMdgne  du 
Musée  départemental,  »  année  1845,  n*  43,  p.  21. 


—  95 


fm^àée  sur  cette  constraction ,  qui  était  énorme.  Près  de  là  s'est  trouvé  un  fragment  de 
eokmne  gigantesque  (4).  —  D'autres  travaux,  opérés  vers  1830,  ont  fait  recueillir  des 
crépis  coloriés  et  d'épais  mortiers  que  nous  avons  vus  chez  M.  Jean  Rondeaux. 

Mais  c'est  en  1839  que  les  plus  belles  découvertes  ont  été  faites  sur  la  place  des  Carmes, 
dans  la  direction  de  la  rue  des  Arsins.  En  démolissant  un  bâtiment  conventuel  pour  asseoir 
la  maison  qui  porte  le  no  34  (2),  on  a  rencontré  une  masse  de  débris  antiques.  A  4  mètres 
de  profondeur,  on  reconnut  une  épaisse  muraille  que  l'on  considère  comme  l'ancienne 
eDcante  militaire  de  Rotomagus.  La  base  du  mur  était  faite  avec  de  fortes  pierres  sculptées 
provenant  d'anciens  édifices ,  notamment  de  tombeaux.  C'est  là  que  se  trouvait  le  cippe 
fonéraire  de  Cassiola,  que  nous  décrirons  et  reproduirons  au  chapitre  des  sépultures.  On 
recueillit  dans  cette  fouille  une  quantité  considérable  de  pierres  taillées,  de  tuiles  à  rebords, 
de  poteries  de  toute  sorte,  de  monnaies  de  bronze  du  Haut  comme  du  Bas-Empire  (3). 

Mais  la  découverte  la  plus  précieuse ,  sortie  de  cette 
tranchée,  est  une  statuette  de  Mercure,  trouvée  le 
5  septembre  1839.  Cette  figurine  de  bronze  montre  le 
•dieu  du  commerce  debout ,  vêtu  de  la  clamyde  et  la 
bourse  à  la  main.  Nous  reproduisons  ici,  dans  sa 
grandeur  naturelle ,  cette  image ,  montée  sur  son  pié- 
destal aussi  en  bronze  et  de  forme  hexagone.  —  Cette 
jolie  pièce  a  été  achetée  en  1854,  par  le  Musée  de 
Rouen,  la  somme  de  500  fr.,  à  M.  Thaurin,  qui  l'avait 
sauvée.  Nous  en  devons  le  dessin  à  M.  E.  NicoUe. 

Nous  rattachons  au  groupe  romain  de  la  place  des 
Carmes  l'importante  découverte  qui  fut  faite  en  1789, 
par  M.  Torcy,  lors  de  la  construction  d'une  raffinerie 
dans  une  cour  de  la  rue  des  Carmes,  qui  porte  aujour- 
d'hui le  n^  85.  Le  vieil  architecte  a  raconté  lui-même 
sa  découverte,  et,  en  1818,  l'Académie  de  Rouen  a  eu 
l'heureuse  pensée  d'imprimer  son  récit,  qui  lui  fut 
communiqué  par  MM.  Rondeaux  et  Le  Prévost.  Dans 
ce  mémoire ,  M.  Torcy  raconte  qu'à  18  pieds  (6  mètres) 
du  sol  actuel ,  il  trouva  une  forte  muraille  greffée  sur 
une  plus  ancienne  encore,  et  qui  courait  dans  le  sens  de  la  rue.   C'était  un  mur  en 


^:\?M 


3  ^^V 


MKICITRK  un  BRONZB  (BOUBN,  1839). 


(IJ  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  i",  p.  76.  -  «  Procèg-verbaux  de  la 
Gmmimon  des  Antiquités,  »  p.  16.  —  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  religieuse,  morale  et  politique  de 
Rouen,  »  p.  8. 

(2J  Rue  Neuve-des-Arsins,  n»  30,  d'après  M.  Thaurin. 

(3)  De  la  Quériôre,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  u,  p.  Tl*^, 


—  96  — 

petit  appareil,  chaîné  de  briques  romaines.  La  porte,  haute  de  3  mètres,  était  à  10 
pieds  de  profondeur.  A  20  pieds  se  voyait  une  salle  pavée  en  pierre  dite  de  Chiquart ,  du 
bassin  de  Paris.  Ce  mur  se  prolongeait  sous  V hôtel  de  France.  Sur  son  tracé,  M.  Torcy 
crut  reconnsdtre  la  forme  de  deux  tourelles. 

Un  autre  mur,  placé  à  7  mètres  du  sol,  se  dirigeait  vers  Saint-Lô.  Cette  maçonnerie, 
également  romaine ,  avait  4  mètre  50  d'épaisseur. 

Un  troisième  mur,  enseveli  à  la  même  profondeur,  paraissait  se  diriger  également  vers 
V hôtel  de  France.  On  remarcpia,  encore  en  place,  une  grille  de  fer  maillé  d'environ  2  mètres 
de  laideur. 

Au  milieu  de  ces  ruines  souterraines  et  profondes,  on  distingua  un  cube  en  pierre  de 
Saint-Leu,  qui  était  sculpté,  et  où  Ton  crut  reconnaître  l'image  d'une  croix.  Il  s'y  trouvait 
aussi  des  charbons  en  abondance  et  du  blé  brûlé,  restes  d'un  vaste  incendie;  une  couche 
très  épaisse  de  côtes  de  cheval ,  sans  autres  ossements  du  même  animal  ;  un  vase  en  terre 
et  des  épingles  en  ivoire.  Le  nombre  des  monnaies  recueillies  s'élevait  à  quatre-vingts  : 
quarante-cinq  étaient  frustes.  Elles  étaient  en  argent,  en  bronze  et  en  étain.  Celles  qui  ont 
été  reconnues  ont  donné  les  noms  d'Antonin,  de  Posthutae,  de  Tétricus  et  de  Carausius  (i). 

Dans  cette  même  rue  des  Carmes,  on  a  trouvé,  en  1818,  un  vase  de  terre- avec  des 
épingles  en  ivoire. 

Le  troisième  centre  archéologique  de  la  cité  de  Rouen ,  c'est  l'ancienne  abbaye  de  Saint- 
Lô  et  les  terrains  environnants.  Il  existe  ici  la  même  élévation  de  terrain  que  dans  le  quar- 
tier des  Carmes,  et  le  sol  est  aussi  profondément  semé  de  débris.  Depuis  un  demi-siècle , 
l'abbaye  de  Saint-Lô  a  été  souvent  remuée  pour  des  appropriations  diverses ,  et  toujoiu^s 
elle  a  répondu  par  des  découvertes  nouvelles. 

M.  De  la  Quérière  nous  apprend  que,  dès  1817,  des  fouilles  y  furent  pratiquées  sous 
l'administration  de  M.  le  comte  de  Kei^ariou.  On  y  trouva,  au  milieu  d'un  amas  de  tuiles 
et  de  poteries  antiques ,  une  suite  d'appartements  romains  et  des  fragments  d'inscrip- 
tions (2).  En  1818,  on  y  constata  la  présence  d'un  aqueduc  et  de  murs  coloriés  dont 
M.  Jean  Rondeaux  a  conservé  chez  lui  les  crépis. 

En  1820,  on  trouva  de  la  paille  brûlée  et  des  ossements  de  cheval,  à  5  mètres  de  pro- 
fondeur. 

Vers  1824,  M.  Licquet  a  vu,  dans  l'enceinte  de  Saint-Lô,  de  belles  constructions  an- 
tiques, qui,  selon  lui,  se  reliaient  à  celles  qui  furent  trouvées,  en  1789,  dans  \dL  rue  des 
Carmes  (3). 

(1)  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  TAcadémie  de  Rouen,  »  année  1818,  p.  177-82.  —  De  la  Quérière, 
«  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  1. 1",  p.  83-87.  —  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  de  Rouen,  » 
p.  7  et  8. 

(2)  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  !•%  p.  77-78. 

(3)  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  de  Rouen,  »  page  8. 


—  97  — 

En  4847,  on  troma  dans  l'Ecole  normale,  qui  a  remplacé  le  monastère,  un  cercueil  de 
pierre  au  milieu  de  sarcophages  de  plâtre. 

Enfin ,  en  février  i  848 ,  M .  Deville  a  vu  extraire ,  rue  Saint^Lô ,  n®  26,  de  grandes 
et  belles  tuiles  romaines  épaisses  de  4  centimètres,  larges  de  32  et  longues  de  42. 
(  Voir  l'une  d'elles ,  page  94  ).  Là  se  trouvait  aussi  un  angle  de  mur  soigneusement 
travaillé. 

Nous  ne  voulons  pas  omettre  de  dire  que  la  tradition ,  comme  l'histoire,  fait  de  Saint-Lô 
un  point  historique  et  religieux  fort  important.  C'est  là ,  d'après  les  historiens  de  notre 
ville,  qu'aurait  existé  le  temple  de  Roth,  cette  divinité  topique  dont  saint  Mellon  aurait 
renversé  les  autels  (i). 

Nous  croyons  devoir  rattacher  au  quartier  Saint-Lô  les  découvertes  faites  dans  ses 
environs. 

Rue  Socrate,  nos  13-15.  — Vers  1825,  en  creusant  les  fondements  de  cette  maison, 
on  trouva  le  corps  d'un  homme,  accompagné  d'une  lance  et  d'un  casque,  et  les  squelettes 
d'un  cheval  et  d'un  cerf  (2). 

Même  rue,  m  26,  à  l'encoignure  de  la  rue  des  Fossés-Louis  VIII .  —  En  avril  1863, 
on  y  reconnut  des  murs  d'habitation,  couverts  de  peinture,  et  des  vases,  dans  une  demeure 
adossée  à  la  muraille  militaire. 

Rue  des  Fossés-Louh  VIIL  —  M.  A.  Pottier  raconte  qu'en  1851  il  vit,  dans  cette  rue, 
des  restes  de  colonnes ,  des  murailles  solides  et  épaisses ,  qu'il  croit  les  restes  de  l'enceinte 
militaire  (3). 

Rue  Saint-Lô  et  rue  Boudin.  —  En  1844,  lors  des  grands  travaux  de  creusement  occa- 
sionnés par  l'achèvement  du  Palais-de-Justice ,  on  trouva  de  nombreuses  constructions 
romaines.  A  5  mètres  du  sol  se  reconnaissait  une  voie  pavée,  et  le  terrain  était  tout 
rempli  de  débris  de  vases  et  de  monnaies.  M.  Deville  nous  a  laissé  le  récit  de  ces  décou- 
vertes (4). 

Le  Suburbium  ou  les  Faubourgs  de  la  CrrÉ.  —  Nous  appellerons  ainsi  tout  ce  qui , 
n'étant  pas  renfermé  dans  l'enceinte  de  la  Cité  romaine,  existait  pourtant  sous  les  Césars, 
et  fait  aujourd'hui  partie  du  territoire  conununal  de  Rouen.  Nous  procéderons  également 
par  rues  et  par  quartiers. 

Quartier  Saint-Maclou.  —  Rue  Malpalu.  —  En  1840,  on  a  trouvé  dans  cette  rue  un 
fragment  de  gobelet  en  verre  bleu,  qui  a  été  déposé  au  Musée. 

Rue  Napoléon  III,  près  l'ancienne  rue  Pigeon.  —  En  1860,  en  creusant  les  fondations 
d'une  maison,  on  trouva  les  piliers  d'un  hypocauste,  et,  dans  toute  la  fouille,  beaucoup  de 

(1)  Rondeaux  de  Sétry,  «  Notices  et  Extraits  des  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  du  roi,  »  t.  m,  p.  591-92. 

(2)  De  la  Quérière,  a  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  268-69. 

(3)  A.  Pottier,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1851,  p.  190-9U 

(4)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  «  année  1844,  !•'  sem.,  p.  187-188. 

13 


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tuiles  à  rebords  (1).  — En  1858,  en  fondant  la  maison  qui  porte  le  n®  19  de  la  même  rue , 
on  rencontra  de  nouveau  les  restes  d'un  hypocauste.  La  même  année,  perçant  un  puits, 
M.  Piednud  recueillit  une  statuette  romaine  en  bronze,  une  monnaie  de  bronze  de  Lucile, 
des  fondations  de  murs  romains  et  une  hachette  en  silex  (2).  —  En  1854  de  nombreux 
débris  ont  encore  été  constatés  dans  la  rue  Pigeon  (3). 

Rue  du  Chemin-Neuf,  au  pied  de  la  côte  Sainte-Catherine.  —  Vers  1840,  on  y  a  re- 
cueilli un  pied  de  vase  en  verre  blanc  très  irisé,  et  en  1864,  près  le  cimetière  du  Mont- 
Gargan,  ont  été  déterrés  des  tuiles,  des  poteries  et  des  mortiers  romains.  Là  se  trouvait 
un  grand  bronze  de  Marc-Aurèle  (4). 

Côte  Sainte-Catherine.  —  En  1 838 ,  près  de  l'ancien  fort,  on  a  trouvé  des  tuiles  ro- 
maines; en  1841 ,  un  bronze  de  Posthume,  et  en  1852,  des  tuiles  romaines  et  des  mon- 
naies impériales  en  bronze  et  en  billon  (5). 

Rue  Saint'Hilaire ,  n^  i02,  à  l' hôtel  Saint-François.  —  Vases  et  monnaies  trouvés  en 
1823,  en  1828  et  en  1865.  Nous  en  parlons  à  l'article  des  sépultures. 

Quartier  Saint-Ouen  ou  Beauvoisine.  —  Place  de  VHôtel-de-Ville.  —  La  place  de 
l' Hôtel-de-Ville ,  le  jardin  de  Saint-Ouen  et  les  alentours  de  l'abbaye  sont  remplis  de 
débris  romains.  On  en  a  rencontré  toutes  les  fois  que  l'on  a  remué  le  sol.  M.  De  la  Quérière 
se  souvient  d'avoir  vu  sortir  de  terre  des  tuiles  et  des  poteries  romaines,  lorsque  l'on  planta 
les  mâts  pour  tracer  le  plan  de  la  rue  Impériale,  alors  projetée  (6).  M.  Deville  assure  avoir 
placé  au  Musée ,  en  1 847,  deux  meules  à  broyer  rencontrées  près  du  pavillon  nord  de 
l'Hôtel-de-Ville  (7).  Dès  1835 ,  il  en  avait  déjà  été  trouvé  d'autres  sur  la  même  place 
publique.  Les  plus  belles  découvertes  paraissent  avoir  eu  lieu  vers  1853,  lors  de  la  cons- 
truction d'un  aqueduc.  Là ,  on  remua  une  masse  énorme  de  poteries  antiques.  Il  y  avait 
tant  de  terre  de  Samos  que  M.  Thaurin  put  y  recueillir  environ  vingt  noms  ou  marques  de 
potiers  (8). 

Les  grands  travaux  de  1861  à  1863,  lorsqu'ils  ont  atteint  ou  seulement  approché  les 
abords  de  Saint-Ouen ,  ont  toujours  montré  des  restes  antiques.  M.  Thaurin  cite  la  décou- 
verte de  monnaies  de  bronze  faite  dans  la  rue  des  Murs-Saint-Ouen.  C'étaient  des 
Domitien,  des  Trajan,  des  Adrien,  des  Faustine,  des  Julia  Domna  et  des  Posthume  (9). 
En  1862,  M.  P.  Baudry  a  vu  extraire  de  la  place  de  l'Hôtel-de-Ville  des  poteries  romaines, 

(1)  «  Journal  de  Rouen,  »  du  4  juillet  1860. 

(2)  Id.,  du  4  juillet  1860. 

(3)  Id.,  du  23  mars  1856  et  3  avril  1858. 

(4)  Id.,  du  15  mars  1864. 

(5)  Id.,  du  15  mars  1864. 

(6)  De  la  Quérière,  «  Description  hist.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  i",  p.  77. 

(7)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  386. 

(8)  «  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  159;  2«  édit.,  p.  181. 

(9)  «  Journal  de  Rouen  »  du  11  mars  1861. 


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des  vases  rouges  et  des  épingles  en  os.  A  Tangle  de  la  rue  de  la  Cigogne,  il  a  reconnu  des 
constructions  romaines  bien  conservées  et  entourées  de  poteries  rouges  et  noires.  Dans 
l'ancienne  rue  de  la  Perle,  il  a  vu  des  tuiles  à  rebords,  des  défenses  de  sanglier  et  des  objets 
en  os. 

Nous  avons  parlé  des  découvertes  faites,  en  1834,  dans  la  rue  des  Boucheries-Saint- 
Ouen.  La  même  année ,  on  rencontra  aussi  des  tuiles  à  rebords  dans  la  rus  des  Faulx  (1). 
Dans  ces  derniers  temps,  on  a  reconnu ,  à  4  mètres  du  sol ,  les  traces  d'une  voie  antique , 
et  autour,  des  poteries  romaines  de  toute  couleur,  des  monnaies  en  bronze  de  grand  et  de 
petit  module. 

Dans  le  clos  des  Marqueurs,  près  Saint-Nicaise,  on  a  recueilli  une  amulette  de  bronze 
et  des  monnaies  antiques. 

En  4  836,  lorsque  Ton  creusait  dans  l'hôtel  de  la  Recette  générale,  situé  rus  de  la 
Seille,  on  trouva  des  tuiles  à  rebords  et  autres  débris  romains  (2).  En  1840,  cette  même 
rue  a  présenté  un  vase  en  terre  grise  et  des  fragments  de  verre  blanc. 

Au  mois  de  septembre  1859,  pendant  que  Ton  creusait  les  fondations  d'un  bâtiment 
du  Lycée  vers  la  rue  Impériale,  on  trouva  des  poteries  romaines  et  des  bronzes  de  Trajan , 
de  Tétricus  et  de  Constans.  Dès  le  mois  de  juin ,  on  avait  recueilli  des  monnaies  romaines 
dans  la  cour  du  L^cée.  Enfin ,  dans  la  rus  du  Grand-Maulévrier ,  on  avait  recueilli  un 
Constance  II  et  un  Constantin-le-Jeune  (3). 

La  voie  qui  a  tracé  la  rue  Beauvoisine  était  aussi  semée  de  débris.  En  septembre  1840, 
en  creusant  la  terre  au  no  50,  on  trouva  des  poteries  et  des  monnaies  romaines  que  nous 
rapportons  à  des  incinérations  des  premiers  siècles  (4).  Dans  Tété  de  1858,  on  a  recueilli, 
dans  cette  même  rue,  un  paquet  de  monnaies  en  argent  et  en  billon  du  iv^  siècle.  On 
y  reconnut  des  Philippe,  des  Gordien,  des  Trajan-Dèce,  des  Otacille,  des  Etruscille,  des 
Herennius,  des  Trébonien-Galle ,  des  Volusien  et  des  Gallien  (5).  Enfin,  sur  là,  place 
Beauvoisine,  on  a  également  reconnu  des  poteries,  des  verreries  et  des  bronzes  antiques, 
qui  devaient  provenir  de  sépultures.  Nous  ne  parlerons  pas  des  cercueils  de  plomb  de  la 
rue  d'Ememont  ;  mais  il  n'est  pas  jusqu'aux  hauteurs  de  Bihorel ,  par  où  passait  la  voie , 
qui  n'aient  offert  des  monnaies  romaines. 

Si  de  Beauvoisine  nous  passons  à  Bouvreuil ,  les  découvertes  et  les  débris  nous  suivent. 
Le  lieu  le  plus  fertile  paraît  avoir  été  jusqu'ici  l'emplacement  du  château  de  Philippe- 
Auguste.  Dès  1838,  on  a  reconnu,  dans  l'enclos  des  Dames-Ursulines ,  une  muraille 
romaine  en  petit  appareil  chaîné  de  briques.  Elle  descendait  jusqu'à  7  mètres  de  profon- 

* 

(1)  De  la  Quériôre,  «  Description  hist.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  n,  p.  144. 

(2)  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  >  t.  ii,  p.  265. 

(3)  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  27  octobre  1859. 

(4)  «  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  p.  287.  ^  De  la  Quériôre ,  «  Description  historique  des 
Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  120. 

(5)  •  Journal  de  Rouen,  »  du  12  ju^let  1858. 


OXFORD 


—  400  — 

deur  et  courait  est  et  ouest  (1  ).  Au  pied  du  donjon ,  il  existe  une  muraille  romaine  construite 
sur  pilotis  et  prenant  naissance  à  8  mètres  du  sol.  Là  passaient  les  eaux  de  la  fontaine 
Gaalor,  devenue  plus  tard  le  ruisseau  de  la  Renelle.  En  1841,  lorsque  l'on  perça  la  rue 
Alain-Blanchard  et  que  l'on  démolit  la  tour  Bigot,  on  exhuma  beaucoup  de  débris  romains. 
D'abord  on  trouva  un  puits  tout  rempli  de  tuiles  et  de  poteries,  puis  on  m'a  parlé  d'un 
vase  en  terre  grise ,  d'un  moyen  bronze  de  Commode  et  d'un  vase  rouge  à  reliefs  représen- 
tant une  femme  nue  dans  la  pose  de  la  Vénus  de  Médicis  (2). 

Les  grands  travaux  opérés  en  1862  ont  révélé  de  nouveaux  vestiges.  Des  murailles 
romaines  se  sont  feit  jour  à  l'entrée  de  la  rue  de,  r Impératrice,  à  la  hauteur  de  la  rue 
Morand.  Un  mur  chaîné  de  briques  devait  se  relier  avec  celui  qui,  en  1838,  fut  aperçu 
à  6  ou  7  mètres  du  sol ,  dans  l'établissement  de  M^n^  Cousin ,  et  dont  le  dessin  existe  dans 
les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités.  Ce  dernier,  aussi  en  petit  appareil ,  était 
chaîné  de  grandes  briques  romaines  (3). 
Des  amphores  brisées  ont  été  recueillies  entre  la  rue  Morand  et  la  place  Solférino. 
Au  bas  de  la  rue  Bouvreuil ,  tout  près  de  la  rue  Saint-Laurent ,  un  Néron  et  d'autres 
empereurs  romains  ont  été  vus  en  juin  1862  (4). 

Les  environs  de  l'église  Saint-Laurent  furent  nécessairement  un  point  romain  très 
important;  car,  en  perçant  la  rue  de  VRôtel-de-Ville,  on  rencontra,  dans  l'ancien  pres- 
bytère, des  tuiles,  des  poteries  et  des  monnaies  romaines,  un  conduit  d'eau  en  pierre  et 
une  base  de  colonne  qui  est  entrée  au  Musée. 

Mais,  en  descendant  vers  la  Cité,  les  trouvailles  se  multiplient,  surtout  aux  environs 
de  Saint-Laurent.  En  1840,  dans  la  rue  du  Coquet,  on  recueillit  un  goulot  d'amphore  ? 
une  tuile  faîtière  et  des  fragments  de  creuset.  Dans  la  rue  Saint-Laurent,  on  a  reconnu  des 
constructions  antiques  et  des  débris  divers.  En  1810,  en  creusant  une  cave  au  n"  3  de  la 
rue  de  V Ecole,  on  découvrit  un  mur  antique  de  3  à  4  pieds  d'épaisseur,  se  prolongeant 
vers  la  rue  Bouvreuil.  Ce  mur  était  composé  d'assises  de  carreaux  en  terre  cuite ,  d'un  pied 
en  carré  et  maçonnés  à  bains  de  mortiers.  On  en  démolit  3  mètres  (5).  En  1831,  au  n°  14 
bis,  à  l'angle  de  la  petite  rue  Saint-Laurent,  on  trouva  un  mur  romain  épais  de  70  centi- 
mètres et  appareillé  de  moellon  chaîné  de  briques.  Auprès  se  trouvaient  des  monnaies 
d'argent  et  de  bronze  (6).  En  1847 ,  lors  de  la  construction  d'une  maison  dans  cette  même 
rue  de  l'Ecole,  et  auprès  de  la  petite  rue  Saint-Laurent,  les  ouvriers  trouvèrent  des 
monnaies  de  bronze  du  m*  siècle,  qu'ils  vendirent  à  M.  De  la  Quérière. 

(1)  De  la  Quérière,  «  Description  hist.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  199. 

(2)  Pareille  image  a  été  trouvée  à  Vie.  Voiries  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  France,  »  t.  viii, 
pi.  V.  —  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  w  p.  303. 

(3)  k  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités ,  »  p.  264. 

(4)  «  Journal  de  Rouen,  »  du  2  juillet  1842. 

(5  De  la  Quérière ,  «  Description  hîst.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  n,  p.  137. 
(6)  De  la  Quérière,  «  Description  hist.  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  137. 


—  iOl  — 

Parcourant  l'espace  recouvert  aujourd'hui  par  la  ville  et  qui  entoura  autrefois  la  Cité  du 
nord  à  l'ouest,  la  civilisation  romaine  ne  nous  fait  pas  défaut. 

Au  n®  27  de  la  rue  Saint-Patrice ,  nous  avons  un  mur  en  petit  appareil  chaîné  de 
briques.  Près  de  l'ancienne  église  mérovingienne  de  Saint-Martin ,  sur  son  emplacement 
même,  on  a  recueilli  une  meule,  des  poteries  et  des  tuiles  romaines.  En  4864,  j'y  ai  vu 
moi-même  des  monnaies  de  bronze ,  des  tuiles  à  rebords  et  des  poteries  rouges.  Le  quar- 
tier de  la  rue  des  Bons-Enfants,  voisin  de  la  rue  de  l'Impératrice,  a  montré,  en  4861  et 
en  4862,  des  constructions  romaines.  On  a  reconnu  trois  puits  entre  les  rues  Perdère  et 
de  la  Renelle.  En  face  de  la  ru£  Dinanderie ,  c'étaient  des  meules  à  broyer,  des  poteries  et 
des  monnaies  antiques,  notamment  deux  bronzes  de  Vespasien.  En  face  Y  hôtel  Fromentin, 
près  l'ancienne  Renelle,  on  a  remarqué  un  pilotis  en  bois  de  chêne,  environné  de  débris 
romains.  Aux  approches  de  la  rue  Saint-Lô  est  apparu ,  à  3  mètres  de  profondeur,  un 
mur  tout  ento\u*é  de  poteries  romaines. 

Nous  appellerons  l'attention  particulière  du  lecteur  sur  l'église  Saint-Jean  et  ses  envi- 
rons. Là,  les  épaves  antiques  étaient  plus  nombreuses  encore.  Beaucoup  de  découvertes 
ont  été  faites  dans  la  partie  prolongée  de  la  rue  aux  Juifs.  Une  voie  antique  est  apparue 
dans  le  voisinage  de  la  ru£  Massacre ,  ainsi  qu'une  pièce  de  Trajan-Dèce.  Au  Marché-Neuf, 
on  a  recueilli,  en  4862,  des  poteries  à  reliefs  en  terre  de  Samos,  et  une  lampe  portant  en 
saillie  le  nom  de  cresces  (4).  Le  sol,  sous  l'église  Saint-Jean,  était  semé  de  monnaies  en 
bronze,  et  le  cimetière  était  plein  de  poteries  de  toute  couleur;  il  s'y  est  rencontré  des 
boules  de  verre,  des  épingles  en  métal,  des  lampes  et  surtout  une  belle  boucle  d'oreille 
en  or,  imitant  un  poisson,  et  que  je  crois  du  rv*  ou  du  v^  siècle.  En  4864,  lors  de  fouilles 
faites  pour  fonder  des  maisons  de  la  rue  de  l'Impératrice ,  situées  entre  les  rues  Rollon  et 
Guillaume-le-Conquérant ,  on  a  rencontré  des  masses  de  débris  antiques ,  un  hypocauste 
et  une  salle  romaine.  En  4865,  un  nouvel  hypocauste  s'est  fait  jour  là  où  fut  autrefois 
Vkôtel  de  la  Pomme  de  Pin.  Dans  la  direction  de  la  rue  de  la  Grosse-Horloge^  on  a  vu 
sortir,  au  milieu  de  monnaies,  de  poteries  et  d'épingles  antiques,  une  belle  lampe  avec  un 
nom  et  un  sujet  en  relief.  Cette  lampe  a  été  acquise  par  M.  Thaurin. 

Puisque  nous  sommes  sur  le  tracé  de  la  rue  de  l'Impératrice,  suivons-le  encore  un  mo- 
ment dans  sa  descente  vers  la  Seine.  Dans  la  traverse  de  la  rue  de  la  Grosse-Horloge , 
nous  reconnaissons  plusieurs  couches  de  la  voie  antique,  composées  de  mâchefer  (2).  Le 
long  de  la  route  gallo-romaine ,  on  a  constaté ,  à  3  mètres  du  sol ,  des  murs  romains  avecf 
leurs  crépis  coloriés  de  rouge  et  de  bleu,  des  conduits  de  chaleur  et  des  fragments  de 
poterie.  En  juin  4862,  M.  Thaurin  a  recueilli  dans  cette  rue  une  statuette  en  terre  cuite 


(1)  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen, »  du  22  décembre  1862. 

(2)  Paul  Baudry,  «  Nouvelliste  de  Rouen,  »  du  1"  août  1862.  —  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  •  du  2  août 
1862. 


—  402  — 

représentant  l'Abondance.  Le  49  juillet  de  la  môme  année,  il  y  a  été  trouvé  un  grand  vase 
de  bronze  de  la  capacité  de  5  à  6  décilitres.  Les  monnaies  reconnues  dans  ces  débris  sont 
de  Néron,  de  Vespasien,  de  Titus,  de  Domitien  et  des  Antonins  (1). 

Entre  la  rue  de  la  Grosse-Horloge  et  la  rue  aux  Ours  se  sont  présentés  des  piliers 
dTiypocauste,  avec  de  la  poterie  romaine  et  une  monnaie  gauloise.  Devant  la  tour  Saint- 
André-aux-Fêvres,  on  a  recueilli  des  peintures  murales  et  des  conduits  de  chaleur.  Enfin, 
à  l'angle  de  la  rue  aux  Ours,  ont  apparu  des  assises  de  chemin ,  des  médailles ,  des  poteries 
rouges  et  des  meules  à  broyer,  logées  à  5  ou  6  mètres  du  sol. 

A  l'encoignure  de  la  rue  Saint-Vincent ,  autrefois  surnommé  sur  Rive ,  on  a 
ramassé ,  en  1862 ,  un  fragment  de  poterie  rouge  avec  nom  de  fabricant ,  et  en 
1863,  un  moyen  bronze  de  Maximien.  Près  l'église,  M.  Thaurin  a  recueilli,  au  milieu 
d'une  foule  de  débris  antiques,  un  fond  de  barillet  avec  la  marque  (p)  romeoevs  f 
(rontin?)  (2). 

n  n'est  pas  jusqu'à  la  rue  Saint-Eloi,  que  l'on  croit  avoir  été  sous  l'eau  à  cette  époque, 
qui  n'ait  donné  une  petite  tête  de  femme  en  marbre  blanc ,  aujourd'hui  déposée  au  Musée 
d'antiquités. 

Remontant  de  l'ile  Saint-Eloi ,  point  où  nous  sommes ,  vers  le  quartier  Cauchoise ,  où 
d'autres  richesses  nous  attendent,  nous  traversons  le  Vieux-Marché ,  à  l'angle  duquel 
M.  Lévy  et  surtout  M.  Thaurin  ont  recueilli  une  bien  riche  moisson  de  vases  samiens  à 
reliefs.  Cette  belle  découverte  eut  lieu ,  en  1 861 ,  à  l'entrée  de  la  ru£  Sainte-Croix^-des- 
Pelletiers.  Là,  près  d'un  tronçon  de  voie  antique,  étaient  des  tuiles  à  rebords,  des  stucs 
coloriés ,  un  chapiteau  de  colonne  en  pierre  et  des  poteries  de  toute  sorte.  On  y  remarquait 
surtout  de  beaux  restes  de  vases  rouges  à  reliefs  qui,  outre  une  grande  variété  de  sujets,  ont 
fourni  à  M.  Thaurin  les  noms  de  trente-cinq  à  quarante  potiers  romains.  Des  bronzes  de 
Domitien,  de  Trajan,  d'Adrien,  d'Antonin,  de  Marc-Aurèle,  de  Vérus  et  de  Commode, 
étaient  mêlés  à  ces  épaves  antiques  (3). 

Une  des  plus  belles  antiquités  qu'ait  données  le  sol  de  Rouen  est  un  médaillon  en  or  de 
l'empereur  Vérus,  recueilli  dans  la  rue  de  Lémery  en  1840. 

Nous  arrivons  au  faubourg  Cauchoise  ou  quartier  Saint-Gervais.  C'est  la  grande  nécro- 
pole de  Rotomagus;  mais  les  morts  n'y  étaient  peut-être  pas  seuls,  et  les  vivants  ne  les 
quittaient  probablement  pas  de  bien  loin. 

•  En  1848,  lors  de  la  fondation  d'une  maison  du  boulevard  Cauchoise,  au  nord  du  jardin 
de  la  Préfecture ,  on  trouva  des  vases  de  terre  et  de  verre ,  que  tout  porte  à  supposer  des 
sépultures  (4). 

(1)  «  Journal  de  Rouen,  »  du  27  juin  1862. 

(2)  «  Journal  de  Rouen ,  »  du  28  décembre  1863. 

(3)  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  «  du  2  août  1862. 

(4)  «  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  p.  284-85. 


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On  serait  tenté  d'attribuer  également  à  des  incinérations  les  froments  de  vases  en  terre 
cuite  reconnus  sur  l'emplacement  de  l'ancienne  poj-ïfl  Cauchoise.  Nous  ne  savons  {s'il  fau- 
drait donner  la  même  origine  à  des  monnaies  impé- 
riales et  à  une  statuette  d'Hercule  en  bronze  trou- 
vées, en  1838,  en  creusant  une  fosse  dans  la  rue 
Stanislas-Girardin. 

Nous  avons  classé  au  chapitre  des  sépultures 
toutes  les  découvertes  de  vases  et  de  monnaies  faites, 
avec  des  corps  et  des  cercueils,  dans  les  rues  Saint- 
Maur,  Saint-André-hors- Ville ,  Roulland ,  Louis- 
Auber  et  du  Renard.  Mais  nous  ne  savons  s'il  faut 
attribuer  une  destination  sépulcrale  aux  voûtes  et 
aux  caves  entières  reconnues,  dès  le  svn*  siècle, 
dans  le  cimetière  Saint-Gervais ,  dont  Farin  et 
Lebrun  Desmarettes  nous  ont  gardé  le  souvenir. 

Vers  1837,  lorsque  l'on  construisit  l'aile  septen- 
trionale de  l'église  Saint-Gervais ,  on  rencontra  des 
fondations  (1)  qui  pourraient  se  rattacher  à  des 
édifices  antiques,  autant  qu'à  l'ancien  prieuré  de 
Saint-Gervais,  où  mourut  Guillaume-le-Conqué- 
rant,  le  9  septembre  1087. 

Le  Musée  conserve  un  chapiteau  de  cette  fouille. 
Je  le  crois  gallo-romain.  Il  m'est  difficile  d'attribuer  ">*•*-'* 

à  autre  chose  qu'à  l'égUse  primitive,  bâtie  par  saint         „^^^^^  ^^  „„„„2^  („„„^„_  ,838,. 
Victrice ,  les  murs  en  petit  appareil  chaîné  de 

briques  reconnus,  en  1846,  par  M.  Deville  et  par  moi ,  au  bas  de  l'église  Saint-Gervais  (2). 
L'assise  de  ces  murailles ,  sur  des  tombeaux  antiques ,  semble  démontrer  leur  origine 
religieuse. 

Nous  touchons  enfin  au  terme  de  notre  pèlerinage  romain ,  et  tout  sera  dit  quand  nous 
aurons  mentionné ,  au  faubourg  Saint-Sever,  les  deux  seules  découvertes  que  nous  y 
connaissions.  La  première  est  une  monnaie  d'or  de  Justin,  recueilUe  aux  Chartreux, 
commune  du  Petit-Querilly.  La  seconde  est  une  chaussée  reconnue,  en  1840,  dans  le 
jardin  de  M.  À.  Pottier.  Il  a  recueilli ,  dans  la  même  tranchée ,  des  monnaies  de  Constance 
et  divers  débris  antiques. 


(1)  11.  Thleury,  •  Saint-Gervais  de  Rouea,  »  p.  75. 

(1)  Deville,*  Revue  de  Rouen,  >  sanée  1846,  1"  sem.,  p.  359.—  n  La  Normandie  soulerraine,  « 
2'  *dil.,  p.  45.  — Thieury,  ■  Sainl-Geiraîs  de  Rouen,  •  p.  15, 


—  404  — 

Les  Voies  romaines.  —  Quoique  nous  ayons  déjà  indiqué  ailleurs  (4)  les  voies  antiques 
qui  traversaient  la  Cité  de  Rouen  ou  qui  en  sortaient  pour  gagner  les  villes  du  voisinage , 
nous  allons  cependant  esquisser  une  fois  de  plus  le  réseau  romain  qui  rayonnait  autour  de 
la  métropole  de  la  seconde  Lyonnaise. 

Le  premier  de  tous  ces  chemins  était  celui  de  Rome ,  qui  se  rendait  à  la  capitale  du 
monde  par  Ritumagus  (Radepont),  Petromantalum  (Magny),  Lutetia  (Paris),  Agedicum 
(Sens),  Augustobona  (Troyes)  et  Lugdunum  (Lyon).  Il  quittait  Rouen  par  \di  porte  orientale 
ou  de  Robec,  longeait  la  chaussée  devenue  la  rue  Martainville,  passait  par  le  Nid-de-Ckien, 
Car  ville  et  le  Mont-Main. 

Le  second,  une  suite  du -premier,  conduisait  à  Fembouchure  de  la  Seine  et  au  bord  de 
l'océan,  par  Lotum  (Caudebec-en-Caux),  Juliobona  (Lillebonne)  et  Caracotinum  (Harfleur). 
Après  avoir  traversé  Rouen  par  la  Grande-Rue,  nom  qui  se  retrouve  dans  presque  toutes 
les  anciennes  villes ,  il  en  sortait  par  la  porte  Massacre  ou  Cauchoise,  continuait  par  la 
rue  de  la  Grosse-Horloge,  où  on  Ta  récemment  retrouvé  (2),  traversait  le  Vieux-Marché, 
longeait  les  rues  Cauchoise  et  Saint-Gervais,  toutes  bordées  de  sépultures,  pour  gravir 
enfin  la  côte  du  Mont-aux-Malades ,  où  les  cercueils  se  montrent  tous  les  jours  (3). 

Le  troisième ,  qui  conduisait  aussi  à  Rome  par  Paris,  suivait  la  rive  gauche  de  la  Seine 
et  passait  par  Uggatç  (Caudebec-lès-Elbeuf)  et  Mediolanum  (Évreux).  Il  sortait  de  Rouen 
par  la  rue  Grand-Pont,  la  porte  de  la  Roquette,  traversait  la  Seine  sur  le  pont  de  bois  qui 
précéda  le  pont  de  pierre  du  xii^  siècle ,  et  dont  l'existence ,  révélée  par  les  auteurs  carlo- 
\ingiens  (4),  ne  saurait  être  révoquée  en  doute  pour  l'époque  romaine. 

Un  quatrième  chemin ,  que  nous  n'avons  pas  encore  tracé ,  sortait  aussi  de  Rouen  par 
le  pont  de  la  Seine  et  le  faubourg  d'Émendreville ,  aujourd'hui  Saint-Sever.  C'était  la  route 
de  ce  que  nous  appelons  la  Basse-Normandie.  Par  elle ,  la  métropole  communiquait  avec 
les  cités  de  Crociatonum  et  A'Alauna,  par  Augustodurum  (Bayeux),  Araegenus  (Vieux), 
Noviomagus  (Lisieux)  et  Breviodurum  (Brionne  ou  Pont-Audemer).  Cette  voie,  qui  nous 


(1)  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  151-156,  et  t.  xxiv,  p.  320-350.  —  «  La  Seine-Inf.,  hisl. 
et  archéologique,  »  p.  41-76. 

(2)  Paul  Baudry,  «  Nouvelliste  de  Rouen,  »  du  2 août  1862.  —  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen ,  du  2  août  1862.  — 
Ces  deux  observateurs  s'accordent  à  nous  montrer  le  macadamisage  antique  des  rues  de  Rouen  comme  un  véritable 
béton  composé  de  cailloux  cassés  comme  de  grosses  noix ,  et  enveloppés  de  laitier  ou  mâchefer  mêlé  à  des  parcelles 
de  cuivre  et  à  des  os  d'animal.  Ce  mélange ,  broyé  par  les  siècles,  forme  un  mastic  plus  dur  qu'une  maçonnerie  :  la 
pioche  ne  peut  l'entamer. 

(3)  «  Journal  de  Rouen  »  du  9  février  1861. 

(4)  Au  IX'  siècle ,  Lothaire-le-Germanique ,  dans  ses  luttes  contre  Gharles-le-Ghauve ,  donne  ordre  au  comte 
Gérard  de  couper  tous  les  ponts  de  la  Seine ,  en  aval  de  Paris.  «  Girardus  quoque  pontes  quoscunque  reperit 
destruxit.  »  (Nith.  lib.  ii ,  ad  annum  841.  —  Fallue ,  t.  i«',  p.  110  et  192.)  —  Ce  fut  sur  le  pont  de  bois  de  Rouen  que 
Rollon  reçut  l'hommage  du  duc  de  Bretagne.  (Rondeaux  de  Sétry,  «  Notices  et  extraits  des  Manuscrits  de  la 
Bibliothèque  du  roi ,  «  t.  m ,  p.  593.)  —  En  1025,  Richard  II  donne  aux  moines  de  Jumiéges  le  droit  de  pèche  depuis 
le  Pont-de-l'Arche  jusqu'à  celui  de  Rouen.  «  A  Ponte  Archas  usque  ad  pontem  Civitatis.  » 


—  105  — 

est  surtout  révélée  par  la  Commission  topographique  des  Gaules  (i)  et  que  nous  rer 
grettons  d'avoir  omise  dans  notre  réseau,  bifurquait  près  Téglise  de  Saint-Sever  et 
passait  par  le  Grand-Couronne  et  Moulineaux,  où  les  anciennes  sépultures  ne  man- 
quent pas. 

Une  voie  que  nous  avons  déjà  retracée ,  mais  dont  nous  croyons  avoir  mal  indiqué  la 
sortie  de  Rouen ,  est  celle  qui  conduisait  à  Beauvais,  par  Ry  et  Neufmarché.  Nous  avons 
supposé  qu'elle  sortait  de  Rouen  par  la  porte  Beauvoisine,  à  cause  même  du  nom  de  la 
rue  ;  mais  aujourd'hui  nous  pensons  qu'elle  devait  quitter  la  cité  antique  par  la  porte 
Saint-Léonard  ou  de  Saint-Ouen ,  qu'elle  longeait  la  rue  des  Fauh,  la  riœ  Saint-Hilaire, 
où  l'on  trouve  des  incinérations  romaines,  et  enfin  le  bourg  de  Damétal  ou  de  Longpaon. 
C'est  la  route  que  dut  suivre  le  corps  de  saint  Ouen  quand  il  rentra  à  Rouen  sous  nos 
premiers  ducs. 

Yol  porte  de  Sainte-Apolline  au  carrefour  de  la  Crosse  servait  pour  la  Picardie  et  pour 
cette  portion  du  Beauvoisis  qui  prit  le  nom  de  pays  de  Bray.  Connue  sous  le  nom  â^ Aube- 
Voie  (Alba-Via)  dans  toute  la  traverse  du  faubourg  romain ,  l'antique  suburbium,  elle  était 
alors  bordée  d'incinérations  et  d'inhumations  que  nous  retrouvons  aujourd'hui  (2).  Elle 
montait  la  côte  par  Bihorel  pour  se  diriger  tout  d'abord  sur  la  station  romaine  de  Cailly 
et  de  Saint" André ,  par  le  Boisguillaume ,  Isneau ville  et  Quincampoix.  Arrivée  à  la  hauteur 
des  édifices  romains  que  nous  retrouvons  sur  la  plaine  et  dans  la  vallée  de  Cailly,  elle 
devait  bifurquer  pour  se  diriger  vers  Dieppe  et  la  mer  par  le  chemin  des  Fées,  vers  Amiens 
et  Boulogne  par  Neufchâtel  et  la  station  romaine  d'Épinay. 

Nous  ne  regardons  pas  comme  impossible  que  des  chemins  secondaires  aient  conduit 
alors  :  l'un  à  Paris,  par  Gany  et  les  Andelys,  la  route  de  Saint-Nicaise  ;  l'autre  à  Oissel ,  par 
Saint-Étienne,  Quatre-Mares  et  Sotteville,  localités  remplies  de  sépultures;  un  troisième 
enfin  put  mener  à  Duroclarum  (Duclair)  et  Gemeticum  (Jumiéges),  par  la  rue  du  Renard, 
toute  bordée  de  tombeaux  romains,  par  Bapeaume ,  Canteleu  et  la  forêt  de  Roumare.  Mais 
ici  nous  sommes  réduit  à  des  conjectures. 


§  IV.  —  L'Enceinte  romaine  de  la  Cité- 
Tous  ceux  qui  se  sont  occupés  de  Rouen  ont  cherché  à  retracer  sa  primitive 
enceinte.  Farin  et  du  Souillet,  son  continuateur,  ont  tenté  un  premier  essai  que, 
cinquante  ans  plus  tard ,  Duplessis  me  semble  avoir  assez  bien  réussi ,  pour  le  temps  de 
nos  premiers  ducs.  A  la  fin  du  xvni®  siècle  (1781-90),  M.  Rondeaux  de  Sétry  a  dressé 

(1)  A  Bertrand,  «  Les  Voies  Romaines  des  Gaules,  »  p.  7. 

(2)  «  Journal  de  Rouen  »  des  7  octobre  1856,  3  avril  1858  et  9  février  1861. 

14 


un  plan  que  les  découvertes  récentes  n'ont  lait  que  justifier.  La  critique  du  xixe  siècle, 

PLAN  DE  ROUEN  EOUS  lES  DUCS  DE  NORMANDIE 
AhxX*>  el  xr.  olêeiet. 


r^résentée  par  M.  Gosseaume,  vint  en  4819  donner  son  approbation  à  un  travail  que 
le  bruit  de  la  Révolution  avait  étouffé  dès  sa  naissance.  Enfin ,  l'archéologie  est  venue 
enr^strer  patiemment  des  découvertes  qui,  aujourd'hui,  ont  converti  en  certitude  les 
assertions  d'une  critique  uniquement  basée  sur  l'histoire.  C'est  pour  cela  que  nous  croyons 
pouvoir  présenter  avec  confiance  le  plan  publié  par  M.  de  Caumont,  comme  le  fruit  des 
recherches  anciennes  et  modernes. . 

Accordons  quelques  lignes  à  chacune  des  tentatives  faites  pour  la  reconstruclion  de  la 
Gté  de  Rouen. 

Déjà  Taillepied ,  à  la  fin  du  xvi*  siècle ,  avait  parlé  du  Port-Morand ,  placé  au-dessous 
du  parvis  de  la  Galende ,  et  de  ces  fabuleux  anneaux ,  faits  pour  attacher  tes  galères  (4), 


^1)  Taillepied  raconta  dans  son  •  Hecueil  des  Aatiquitei  et  BÎDgularilei  de  la  ville  de  Rouen  »  qne  les  navires  et 
bateaux  accédaient  près  de  Vaislre  Notre-Dame  ,  au  lieu  dit  le  Pori  Espy  ou  Port-Morand.  ■  Aussi  voit<rD  dedass 
les  caves  des  maisons  du  cartier  les  anneaux  oîi  on  attachoit  les  galâres  et  basleaux.  *  Il  ajoute  que  vers  la  porte 
Hartainville ,  au  lieu  dit  le  Ponchel,  ■  se  voyent  pareillement  les  anneaux  où  on  attachoit  les  bateaux  de  Seine.  ■ 
Edit.  de  158S,  p.  31;  èdit.  de  1610  et  de  1634,  p.  17.  -  Chose  plus  Étrange,  deux  auteurs  modernes  {VU.  Delà 
Quârière  et  Gosseaume]  paraissent  avoir  accordé  créance  à  cette  tradition  d'anneaux  un  peu  générale  parloat. 


-  407  ^ 

que  Toû  dit  avoir  vus  partout  et  que  Ton  ne  retrouve  plus  nulle  part.  Farin,  qui  écrivait  au 
milieu  du  xwfi  siècle,  reproduit,  pourla;?^a^^  de  ta  Calende,  les  assertions  de  son  devan- 
cier. Il  raentionne  les  terres  neuves ,  qui ,  asséchées  au  temps  des  ducs ,  permirent  à  la 
ville  de  s'annexer  les  îles  de  la  Roquette,  de  Saint-Clément  et  de  Saint-Eloi  (!)•  Farin  parle 
eoicoTe  des  portes  romaines  de  Sainte-Apolline  et  des  Boucheries-Saint-Ouen ,  détruites 
seulement  en  4539  (2). 

En  4740,  Duplessis  nous  représente  le  Rouen  primitif  comme  un  carré  long  allant ,  au 
nord,  du  pont  deRobec  à  la  porte  de  la  Poterne,  par  la  rue  de  V Aumône;  à  Touest,  ob 
longeait  le  Marché-Neuf  et  la  rue  Massacre  jusqu'à  la  rv£  aux  Ours;  la  ligne  du  sud , 
formée  par  la  rue  aux  Ouvs,  traversait  l'Hôtel-Dieu  de  la  Madeleine  jusqu'à  la  rivière  de 
Robec;  le  cours  de  cette  rivière  formait,  à  l'est,  la  quatrième  face  de  Rouen.  A  cette  chaîne 
de  murailles,  Duplessis  accorde  six  portes,  qui  étaient  h  porte  de  Robec  ou  de  Martainville 
^M  carrefour  des  Savetiers;  \di  porte  Saint-Léonard  au  coin  de  la  rue  de  F  Aumône,  près 
Saint'Amand;  la  porte  Beauvoisine  ou  Sainte- Apolline ^  au  carrefour  des  Carmes;  la 
porte  de  la  Poterne  ;  la  porte  Massacre  ou  de  la  Grosse-Horloge ,  qui  était  aussi  la  porte 
Cauchoise;  enfin  h  porte  aux  Fêvres,  qui  se  trouvait  près  de  la  Seine,  à  Fangle  de  la  rue 
aux  Ours  et  de  celle  des  Vergetiers;  on  la  nommait  aussi  h  porte  du  Qiuiy  (3). 

Nous  souscrivons  à  cette  division ,  que  M.  Rondeaux  vient  confirmer  quarante  ans  plus 
tard.  Le  plan  de  ce  dernier,  composé  en  4784,  ne  vit  le  jour  qu'en  4790,  dans  une  publi- 
cation éditée  aux  firais  de  l'État  (4).  Il  est  intitulé  :  Plan  de  la  ville  de  Rouen,  dans  sa 
première  enceinte,  aux  X^  et  XI^  siècles.  L'enceinte,  de  forme  à  peu  près  carrée,  est 
chsdnée  de  douze  tours  ou  tourelles  et  percée  de  six  portes  flanquées  chacune  de  deux 
tours  rondes.  Vers  la  Seine ,  le  mur  suit  à  peu  près  la  ligne  de  la  rue  aux  Ours  et  de  la 

Dans  sa  Vescriplion  hisiorique  des  Maisons  de  Rouen  (t  !•',  p.  124-25),  M.  De  la  Quôrière ,  après  avoir  perlé  àe  la 
maison  de  la  rue  Grand-Pont  qui  porte  le  n»  81,  ajoute  :  •  Cette  maison  nous  fournit  Toccasion  de  citer  un  passage 
du  mémoire  de  M.  Gosseaume,  intitulé  :  «  Recherches  sur  la  topographie  de  la  ville  de  Rouen  et  ses  accroisse- 
ments successif,  »  qui  se  trouve  dans  le  «  Précis  analytique  des  trav.  de  TAcad.  des  Scienc,  Bell.-Lett  et  Arts  de 
Rouen  »  pour  l'année  1819  (p.  151-166).  «  En  creusant  la  terre,  il  y  a  une  quarantaine  d'années  (vers  iTSlX  ptw 
établir  les  fondements  de  la  maison  de  M.  Lebnm,  fourreur  (c'est  la  seconde  à  droite  en  descendant  de  la  rue  du 
PetU'Salut  à  la  rivière),  on  trouva,  à  20  pieds  de  profondeur,  un  mur  de  parapet  encore  muni  de  sa  tablette  aux 
bords  arrondis  et  portant  de  gros  anneaux  pour  y  amarrer  des  barques.  « 

Je  ne  parlerai  pas  seulement  des  châteaux  de  Graville  et  de  Tancarville,  où  vit  \me  tradition  analogue.  On  la 
retrouve  même  en  Grèce,  et  M.  Léon  Heuzey  l'a  constatée  dans  une  ville  de  TAcamanie.  Après  avoir  décrit  le  petit 
port  d*GBmades  et  une  gare  à  vaisseaux  taillée  dans  le  roc,  il  ajoute  :  «  Les  paysans  m'ont  parlé  môme  de  grands 
anneaux  de  bronze  qu'on  y  trouvait  autrefois  attachés  au  roc  :  l'endroit  s'appelle  encore  E/^  T*f  Kp)rf  XAcer.  » 
(L.  Heuzey,  «  le  Mont-Olympe  et  l'Acarnanie ,  »  p.  449).  Le  môme  M.  Heuzy  nous  a  assuré  qu'en  Thessalie,  dans  la 
chaîne  du  Pinde ,  il  existe  un  pic  très  élevé  appelé  Karava ,  ce  qui  veut  dire  le  grand-bateau.  Les  habitants 
prétendent  que  là  s'est  arrêtée  l'Arche  de  Noé ,  et  que  l'anneau  en  bronze  auquel  elle  a  été  attachée  se  voit  au 
couchant  de  la  montagne. 

(1)  Farin,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  !'•  édit.,  p.  18-19;  Z*  édit,,  t.  !•',  p.  7-8. 

(2)  Id.,  id.,  1"  édit.,  p.  19;  3-  édit,  p.  8. 

(8)  Duplessis,  «  Description  géographique  et  historique  de  la  Haute-Normandie,  »  t.  ii,  p.  6-7. 
(4)  «  Notices  et  extraits  des  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  du  Roi ,  «  t.  m ,  p.  561-94  et  plan. 


—  408  ^ 

rue  de  la  Madeleine  jusqu'à  la  rue  Saint-Denû.  Dans  le  fleuve  flottent  les  trois  îles  de  la 
Roquette,  de  Saint-Clément  et  de  Saint-Éloi.  Vers  l'orient ,  le  ruisseau  de  Robec  limite 
la  ville  jusqu'au-delà  de  Saint-Âmand ,  à  la  hauteur  des  Baucheries^Saint-^Ouen.  Vers  lé 
nord ,  les  murs  s'allongent  par  la  rue  de  l' Aumône  et  V Abbaye  de  SaifU^Lô,  jusqu'à 
la  Poterne  et  XdiRenelle.  Le  ruisseau  de  Gaalor  ou  de  la  Renelle,  limitant  la  ville  à  l'occi- 
dent ,  passait  par  le  Marché-Neuf,  la  rue  Massacre,  la  rue  des  Vergetiers  et  le  Châtel  bâti 
par  Rollon  vers  910  (4). 

M.  le  docteur  Gosseaume,  dans  ses  Rechef  ches  sur  la  Topographie  de  la  ville  de  Rouen 
et  sur  ses  accroissements  successifs,  publiées  en  4819  (2),  reproduit  entièrement  la  démar- 
cation donnée  par  M.  Rondeaux ,  qu'il  ne  cite  pas ,  peut-être  parce  qu'il  ne  l'avait  pas 
connue.  Ce  travail  de  M.  Gosseaume,  fait  en  dehors  de  l'archéologie  et  au  berceau  môme  de 
cette  science ,  se  ressent  de  l'absence  de  documents  positifs.  C'est  un  essai ,  plein  d'hési- 
tation ,  tenté  à  l'aide  de  textes  et  dont  les  conclusions  sont  loin  d'être  pressantes. 

En  1844,  M.  Chéruel ,  dans  les  prolégomènes  de  son  Histoire  de  Rouen  pendant  l'époque 
communale,  esquissa  une  enceinte  de  la  cité  antique ,  conforme ,  en  tout  point ,  à  celle  de 
ses  prédécesseurs  (3). 

En  1846,  M.  Fallue  publia  dans  la  Revue  de  Rouen,  après  l'avoir  lu  à  l'Académie  de 
cette  ville,  un  Essai  sur  l'époque  de  la  construction  des  diverses  Enceintes  militaires 
de  notre  Cité  (4).  Il  n'apporta  sur  la  question  aucune  lumière  nouvelle ,  et,  comme  le  dit 
fort  bien  M.  Ch.  Richarci  dans  une  Réponse  également  lue  à  l'Académie  et  publiée  dans 
la  Revue,  «  Il  ne  fait  que  tracer  un  croquis  rapide ,  d'après  les  données  qui  se  trouvât 
partout ,  de  la  première  enceinte  fondée  par  les  Romains  et  conservée  par  nos  premiers 
ducs  (5).  » 

L'archéologie ,  dont  nous  avons  déjà  parlé ,  est  venue  à  son  tour  contrôler  les  assertions 
de  l'histoire ,  et ,  chose  bien  digne  de  remarque ,  la  série  des  découvertes  enregistrées  depuis 
cinquante  ans  ne  sert  qu'à  démontrer  le  bien  jugé  des  premiers  chroniqueurs. 

La  plus  ancienne  observation  souterraine  dont  on  ait  gardé  mémoire  date  de  1 789, 
mais  n'a  reçu  de  publicité  qu'en  1 81 8 ,  grâce  à  M.  A.  Le  Prévost  et  à  l'Académie  de  Rouen. 
Nous  voulons  parler  du  Mémoire  rédigé  par  M.  Torcy,  architecte ,  sur  des  découvertes  faites 
dans  la  rue  des  Carmes,  à  la  hauteur  de  la  rue  de  la  Chaîne  (aujourd'hui  place  des  Carmes), 
lorsqu'on  y  fondait  une  raffinerie  de  sucre.  Là,  on  trouva ,  jusqu'à  la  profondeur  de  6  à 
7  mètres,  d'importantes  murailles  en  petit  appareil  chaîné  de  briques  rouges.  Quelques- 
unes  se  dirigeaient  vers  Saint-Lô,  d'autres  vers  Vhôtel  de  France.  L'épaisseur  de  ces  murs 

(t)  «  Notices  et  extraits  des  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  »  t.  m,  p.  561-94  et  plan. 

(2)  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  819,  p.  150-166. 

(3)  Chéruel,  m  Histoire  de  Rouen  pendant  l'époque  communale,  »  t.  i^,  p.  6-7. 

(4)  *  Revue  de  Rouen ,  »  année  1846,  !•'  sem.,  p.  82-91. 

(5)  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  !•'  sem.,  p.  156-177,  201-215. 


—  109  — 

fit  juger  qu'ils  appartenaient  à  des  constructions  publiques,  plutôt  qu'à  des  édifices 
privés  (1).  ' 

En  1826, M.  Licquet,  retraçant,  d'après  ses  prédécesseurs,  les  enceintes.de  Rouen, 
s'autorisa  de  cette  découverte  et  de  murailles  rencontrées  à  Saint-Lô,  vers  1822,  et  aussi, 
en  1818,  dans  la  rue  de  la  Chaîne,  chez  M.  Noury  (2).  Il  en  fit  autant,  en  1835,  dans  son 
Histoire  de  Normandie  (3). 

Depuis  la  publication  des  Recherches  de  M.  Licquet,  en  1826, il  a  été  tenté,  sur  les 
enceintes  de  Rouen ,  divers  essais  que  nous  avons  déjà  cités  ;  mais  aucun  d'eux  n'a  tenu 
compte  des  découvertes  de  l'archéologie.  Toutefois,  les  observations  n'en  ont  pas  moins 
continué  d'être  faites,  par  MM.  De  la  Quérière ,  Pottier,  Deville  et  Thaurin.  C'est  ainsi  que 
MM.  De  la  Quérière  et  Deville  racontent  avoir  vu ,  en  1 839,  la  muraille  militaire  de  Rouen 
du  côté  de  la  ru£  des  Arsins  et  dans  la  direction  de  la  nie  de  r Aumône  (4).  «  A  l'angle 
nord-est  de  la /?/tf^î^  des  Carmes  et  de  \arue  de  r  Aumône,  à  4  mètres  du  sol,  dit  M.  Deville, 
on  a  rencontré  un  pan  de  muraille  antique  en  petit  appareil  avec  chaînes  de  briques.  Ce 
raur  avait  été  posé  sur  une  assise  de  fortes  pierres  mises  à  sec ,  dont  quelques-unes,  cou- 
vertes de  sépultures,  avaient  fait  partie  d'édifices  plus  anciens  ou  même  de  tombeaux.  Des 
débris  de  tuiles ,  de  briques ,  de  poteries ,  des  médailles  dont  la  plus  récente  était  de 
Constantin-le-Grand ,  une  statuette  en  bronze  de  Mercure ,  étaient  mêlés  à  ces  débris. 
C'est  là  aussi  qu'ont  été  trouvés  un  fragmeùt  de  colonnes  squamée  et  le  cippe  tumulaire 
de  Cassiola  (5).  »  Presque  tous  ces  objets  sont  entrés  au  Musée,  et  les  dessins  font  partie 
des  archives  de  la  Commission  des  Antiquités. 

En  1 846 ,  M.  Deville  exposait  dans  la  Revue  de  Rouen  que  les  travaux  de  la  rue  Royale 
lui  avaient  fait  voir,  à  l'extrémité  de  la  rue  des  Bonnetiers,  un  mur  romain  qui  suivait  le 
cours  de  la  rivière  de  Robec.  L'importance  de  ce  mur,  enseveli  à  4  mètres  sous  le  sol ,  lui 
avait  fait  penser  que  c'était  un  tronçon  de  l'enceinte  primitive  (6).  Le  même  M.  Deville, 
dont  la  critique  est  si  saine  et  presque  toujours  sûre ,  attribue  aussi  à  l'enceinte  romaine , 
et  même  à  une  des  portes  de  la  Cité,  des  claveaux  de  pierre  rencontrés,  en  1834,  dans  la 
rue  des  Boucheries-Saint-Ouen  (7). 

En  février  1848,  notre  zélé  confrère  crut  reconnaître  la  présence  du  mur  romain 

(1)  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Acadômie  de  Rouen,  »  année  1818,  p.  177-82.  —  De  la  Quérière, 
«  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen ,  »  1. 1*',  p.  83-87. 

(2)  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  religieuse  ,  morale  et  littéraire  de  Rouen,  «  p.  6-7. 

(3)  Id.,  «  Histoire  de  Normandie,  »  t.  i»',  p.  0-7. 

(4)  At^urd'hui  rue  Géricaxdt. 

(5)  Note  Mss.  de  M.  Deville.  —  «  Catalogue  du  Musée  d'Antiquités,  »  année  1845,  p.  14,  n»  31.  —  De  la  Quérière, 
•  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen ,  v  t.  ii ,  p.  127-28.  —  L'abbé  Cochet,  «  La  Normandie  souterraine,  » 
!'•  édit.,  p.  139-140;  2*  édit.,  p.  158-159. 

(6)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  1*'  semestre,  p.  323. 

(7)  Deville,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  des  Antiquités,  vannée  1845,  p.  21,  n*  43.  ^  De  la  Quérière, 
«  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen ,  »  t.  n ,  p.  126. 


—  410  ^ 

sur  deux  points  différents  :  d'abord  dans  le  quartier  Saint-Lô ,  aux  approches  de  la  rm 
Boudin;  ensuite  à  Saint-Amand,  près  de  la  rue  de  ce  nom.  Là,  à  4  mètres  du  sol,  il  vit 
une  épaisse  muraille  courant  de  Test  à  Touest.  Elle  était  en  pierre  avec  assises  de  briques. 
Sa  base  était  à  5  mètres  du  sol  actuel.  Pour  le  premier  de  ces  murs,  on  peut  voir  les  dessins 
qu'il  nous  en  a  laissés  dans  les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités. 

En  4851 ,  à  la  suite  des  fouilles  faites  dans  la  rue  des  Fossés-Louis  VIII,  M.  Pottier  crut 
reconnaître,  avec  plus  de  raison  selon  nous,  l'enceinte  romaine  dans  de  solides  et  épaisses 
murailles  qui  se  dirigeaient  vers  la  place  Eavrde-Robec  par  la  place  des  Carmes  et  Xhôtel 
de  Finance  (4). 

Dans  des  notes  insérées  par  M.  Thaurin  au  Journal  de  Rouen,  à  la  date  des  12  mai  et 
16  septembre  1 863 ,  j'apprends  que  cet  observateur  a  reconnu  la  présence  delà  muraille 
militaire  à  différentes  reprises,  notamment  en  1854,  dans  l'hôtel  Bimorel,  près  la  rue 
Géricault  (ancienne  rue  de  r Aumône);  en  1860,  à  l'encoignure  des  rues  des  Carmes  et 
des  FçsséS'Louis  VIII  et  dans  l'enclave  de  V hôtel  de  France.  Il  a  constaté,  à  la  base  de  ces 
divers  tronçons,  la  présence  de  pierres  couvertes  de  sculptures.  En  avril  1863,  dans  le 
jardin  d'une  maison  de  la  rue  Socrate,  no  56,  il  a  également  \n  un  mur  à  base  de  pierre 
chaînée  de  briques  romaines.  Enfin,  dans  une  tranchée  de  la  rue  Géricault  (2),  proche  la 
rue  des  Arsins ,  il  a  vérifié  une  fois  de  plus  l'assiette  de  l'enceinte  romaine  (3). 

Nous  croyons  avoir  épuisé  la  série  des  documents  rassemblés  par  nos  prédécesseurs. 
Nous  allons,  profitant  de  leurs  travaux  et  de  leurs  découvertes,  essayer  de  résumer  ce  que 
nous  savons  sur  cette  matière,  et  tenter  de  reconstituer  les  limites  de  la  Cité  de  Rotomagus 
telle  qu'elle  exista  du  iv^  au  x^  siècle  (4). 

La  ville  alors  formait  un  carré  long,  comme  presque  toutes  les  cités  romaines  de  la 
Gaule  qui  ont  conservé  leurs  murs  ou  dont  l'archéologie  a  pu  reconstituer  l'enceinte  (5). 

(1)  Pottier, «  Revue  de  Rouen,  »  année  1851  r 

(2)  Ancienne  me  de  VAumône. 

(3)  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  des  12  mai  et  16  septembre  1863. 

(4)  C'est  un  fait  généralement  reçu  que  Tenceinte  ducale  était  absolument  la  môme  que  celle  des  Romains  et 
des  Francs.  Rollon  songea  si  peu  à  la  changer  qu'il  en  fit  réparer  toutes  les  brèches  causées  par  le  temps  et  les 
invasions  danoises.  «  Destructum  relevât  murum,  réparât  propugnacula  fossaque  et  turribus  ejus  ambit  mœnia.  » 
Dudon  de  Saint-Quentin,  Apud  Duchesne  ,  p.  85.  —  Ghéruel,  «  Histoire  de  Rouen  pendant  Tépoque  communale,» 

t.  I",  p.  XL. 

(5)  Nous  croyons  pouvoir  affirmer  que ,  d'après  l'opinion  générale  des  archéologues ,  les  villes  romaines  étaient 
carrées.  Nous  pensons  même  que  le  lecteur  partagera  notre  opinion  quand  il  aura  parcouru  la  série  d'analogues 
que  nous  allons  citer.  —  Nous  dirons,  tout  d'abord,  que  M.  Tailliar,  conseiller  à  Douai,  qui  a  fait  une  étude  toute 
particulière  des  institutions  et  de  la  civilisation  romaine  dans  le  nord  de  la  Gaule ,  croit  que  les  villes  «étaient 
carrées.  («  Bulletin  monumental,»  t.  xxiii,  p.  303).  —  Dès  le  xvn'  siècle,  le  jurisconsulte  Loysel,  l'un  des  premiers 
historiens  du  Beauvoisis,  écrivait  que  «  la  CUé  qui  reste  dans  la  ville  (de  Beauvais)  étoit  très  ancienne  et  vraiment 
carrée  et  quasi  en  forme  de  trapèze.  »  (Loysel,  «  Mém.  de  Beauvais  et  Beauvoisis,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc. 
acad.  de  l'Oise,  »  t,  ii,  p.  12).  Les  antiquaires  de  Beauvais,  qui  ont  écrit  de  nos  jours,  non  contents  de  répéter  la 
même  assertion  («  Bull,  mon.,  »  t.  xxv,  p.  16),  ont  encore  reproduit  le  plan  vraiment  carré  de  la  ville  antique). 
«  Bull,  mon.,  »  t.  xxvii,  p.  59).  —  «  La  vieille  Cité  d'Argentorat  (Strasbourg),  écrivait,  en  1775,  l'antiquaire  Silbet- 


—  414  — 

Au  raidi ,  elle  étmt  fermée  par  le  fleuve  de  la  Seine  ;  à  Test ,  par  la  rivière  de  Robec ,  à 
Touest,  par  le  ruisseau  de  la  Renelle,  au  nord  était  un  fossé  profond  et  une  dépression  de 
terrain  cpii  permettait  aux  eaux  d'inonder  le  sot  et  d'entourer  la  ville.  —  Entrons  mainte- 
nant dans  les  détails. 

r 

Du  côté  de  l'orient,  la  rivière  de  Robec  coulait  alors  à  découvert  dans  le  lit  où  elle  est 
encaissée  maintenant.  Elle  commençait  à  fermer  la  Cité  et  à  en  baigner  les  murs  au  point 
nommé  la  place  Eau-de-Robec.  A  cet  endroit  existait  la  porte  dite  de  Saint-Léonard,  dont 
on  croit  avoir  retrouvé  les  claveaux  de  pierre,  en  4834,  dans  la  rue  des  Boucheries-Saint' 
Ouen  (4).  De  là,  le  mur  suivait  la  ru^  du  Père- Adam  et  passait  à  l'extrémité  de  la  rue  de 
la  Chaîne  et  de  la  rue  Saint-Nicolas.  Entre  ces  deux  rues,  j'ai  cru  reconnaître  encore  un 
ancien  mur  de  clôture,  présentant  en  saillie  une  tour  carrée  comme  celles  que  l'on  voit 
dans  les  enceintes  antiques  (2). 

A  partir  de  la  rue  Saint-Nicolas,  l'enceinte  suivait  jusqu'à  la  Seine  la  direction  de  la 
rue  des  Prêtresses  et  du  carrefour  des  Cordonniers,  où  était  une  porte  qui  porta  plus  tard 
les  noms  de  l'Orient  (3),  de  Robec  (4),  de  Malpalu  et  de  Martainville.  Aujourd'hui ,  cette 
direction  est  assez  bien  indiquée  par  la  rue  Impériale,  durant  la  confection  de  laquelle  on 

mann,  formait  un  quadrilatère  peu  considérable  eu  égard  à  la  ville  actuelle.  »  («  Hist.  topogr.  de  la  ville  de 
Strasbourg,  1775,  •  cité  par  «  TUnivers  »  du  15  août  1859).  Cette  assertion  est  justifiée  par  le  plan  de  la  Cité  romaine 
é'Argenioralum  y  publié  par  M.  de  Caïunont  en  1859,  et  qui  reproduit  un  carré  parfait.  («  Congrès  archéol.  de 
France,  séances  gén.  ten.  en  1859,  »  t.  xxiii,  p.  500).  —  «  Le  plan  de  la  ville  de  Bordeaux,  bâtie  par  les  Holnains 
l'on  de  J.-C.260,  »  publié  en  1792  par  M.  Billardon-Sauvigny  dans  la  traduction  des  «CEuvres  de  C.  8.  Sidonius 
Apoilinaris ,  év.  de  Clermont  >»  (t.  ii),  offre  un  carré  tout  entouré  de  murailles  bosselées  de  tours  aux  portes  et  aux 
angles.  —  Dans  sa  «  Statistique  monumentale  du  Calvados,  »  M.  de  Caumont  n'hésite  pas  à  déclarer  qu'à  Bayeux 
la  vUle  romaine  d'Augustodurum  était  carrée.  (T.  m,  p.  151-52).  —  a  La  Cité  romaine  de  Maux  avait  la  forme  d'un 
carré  long  dont  les  angles  étaient  arrondis  vers  le  nord.  »  Le  plan  présente  une  chaîne  de  murs  flanquée  de  tours. 
(«  Bull,  mon.,  o  t.  xxv,  p.  18-20).  —  M.  l'abbé  Voisin  et  M.  Hucher,  archéologues  manceaux ,  nous  assurent  que  la 
Cité  romaine  du  Mans  (Suindinum)  présentait  aussi  un  carré  long  échelonné  de  tours  rondes  et  traversé  par  im 
grand  chemin  :  «  Magnus  viens,  via  magni  vici  civitalis,  viens  de  veteri  Rom&.  »  (L'abbé  Voisin,  «  Bulletin 
mon.,  »  t.  xxv,  p.  597-603;  Hucher,  «Etudes  sur  l'hist.  des  Mon.  de  la  Sarthe,  »  plan  et  p.  18-19).  —  La  ville 
romaine  d'Evreux,  dit  M.  de  Caumont,  offre  la  forme  d'un  carré  allongé  irrégulier  ;  l'enceinte  murée  est  égale- 
ment échelonnée  de  tours  et  entourée  d'eau  courante.  («  Bulletin  mon.,  »  t.  xxiv,  p.  41-42;  «  Courrier  de  l'Eure,  » 
dn  14  juin  1858).  —  M.  Dupuis,  d'Orléans,  parlant  de  l'ancien  Genabum,  détruit  par  César  et  rebâti  par  Aurélien 
(270-75),  dit  que  l'enceinte  d'Aurélien  formait  un  carré  presque  parfait,  (a  Bulletin  de  la  Boc.  archéol.  d'Orléans,  » 
année  1859,  n»  32,  p.  87).  —  D'après  le  plan  restitué  de  la  ville  de  Tours,  on  voit  que  l'enceinte  de  CxsarodUmum 
était  carrée  et  munie  de  tours  comme  Dax  et  Londres.  (  a  Bull,  mon.,  »  t.  xxii,  p.  493).  — Enfin  la  ville  romaine 
de  Dax  (Aquœ-Tarbellicœ),  dont  la  clôture  murale  est  arrivée  jusqu'à  nous  telle  que  l'a  produite  le  iv  siècle  ,  a 
gardé  la  forme  quadrangulaire  ainsi  qu'on  peut  la  voir  sur -le  plan  publié  par  M.  de  Caimiont.  («  Bull,  mon.,  » 
t.  xxu,  p.  585).  —  Dans  son  «  Dictionnaire  archéol.  du  canton  de  Boissons,  »  M.  Leclercq  de  la  Prairie  dit  que 
l'enceinte  romaine  (d'Augusta  Buessionum)  formait  un  rectangle  régulier  dont  les  grands  côtés  avaient  400  mètres 
elles  petits  300  environ.  («  Bull,  de  la  Soc.  archéol.,  hist.  et  scientif.  de  Boissons,  »  t.  xv,  p.  165. 

(1)  Deville,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  des  Antiquités,  »  p.  21,  n»  43.  —  De  la  Quérière,  «  Description 
biBlfirique  des  Maisons  de  Rouen ,  »  t.  ii ,  p.  126. 

(2)  But  du  Père-Adam,  19. 

(^  «  Dux  ftigiens...  per  orientalem  portam  egressus  est.  »  Ord.  Vital. 

(4)  «  Cepit  Rothomagi  ignis  juxta  portam  Rodobeccse.  »  Chronicon  triplex  et  unum. 


—  112  — 

a  rencontré  bon  nombre  de  constructions  romaines.  La  Cité  d*alors  s*arrêtait  probable- 
ment à  la  hauteur  de  V église  Saint-Denis,  près  de  laquelle  venait  battre  la  Seine. 

Le  fleuve  formait  la  limite  au  midi.  On  varie  beaucoup  sur  l'étendue  de  son  lit  aux  temps 
anciens.  Les  plus  vieux  chroniqueurs  parlent  de  trois  îles  qui  flottaient  devant  Rouen  : 
Vile  de  la  Roquette,  où  fut  construite  plus  tard  Téglise  Saint-Martin-du-Ponl  ;  Vîle  de 
Saint-Clément,  qu'occupa  l'établissement  des  Cordeliers,  et  enfin  Vile  Saint-Éloi,  où  s*est 
élevée  l'église  de  ce  nom. 

Au  xe  siècle ,  à  l'époque  de  nos  ducs,  il  est  certain  que  la  Seine  s'étendait  jusqu'au 
Châtel  bâti  par  Rollon  en  910,  dont  l'église  Saint-Pierre  conserve  le  nom,  et  jusqu'à  la 
Vieille-Tour  élevée  par  Richard  I^r  vers  940. 

Malgré  les  découvertes  romaines  faites  à  Saint-Étienne-des-Tonneliers ,  nous  voulons 
bien  cependant  souscrire  à  l'opinion  générale  qui  place  le  mur  d'enceinte  un  peu  au- 
dessous  des  rues  Saint-Denis,  des  Fourchettes  et  de  la  Madeleine.  La  clôture  traversait  la 
rue  Grand-Pont,  qui  était  fermée  par  la  porte  de  la  Roquette,  par  laquelle  entra  Rollon 
avec  ses  Normands  (1).  Cette  ouverture  était  voisine  de  l'église  Saint-Martin-de-la- 
Roquette  ou  du  Pont.  De  là ,  toujours  échelonnée  de  tours ,  la  muraille  passait  un  peu 
au-dessous  de  la  rue  aux  Ours,  se  rendant  au  point  où  la  Renelle  se  déchargeait  dans  le 
fleuve.  Là  était  une  ouverture  nommée  la  porte  Saint-Clément  (2)  ou  aux  Fêvres,  près 
de  laquelle  s'éleva  l'église  Saint-André ,  et  où  Rollon  construisit  son  châtel  quand  il  se 
sentit  maître  de  Rouen  et  du  cours  de  la  Seine. 

A  l'occident ,  le  ruisseau  de  la  Renelle,  qui  n'était  autre  chose  que  la  fontaine  Gaalor, 
ceignait  les  murs  de  la  Cité.  Ce  ruisseau ,  que  nous  avons  toujours  connu  fermé ,  se  jetait 
à  la  Seine  vers  l'île  de  Saint-Clément  ou  des  Cordeliers ,  après  avoir  longé  la  rue  des 
Relies-Femmes ,  passé  devant  la  porte  Cauchoise  (3)  ou  porte  Massacre,  là  où  est 
aujourd'hui  la  Grosse-Horloge ,  qui  a  encore  gardé  la  forme  d'une  porte.  La  Renelle  arro- 
sait soit  la  rue  Massacre ,  soit  plutôt  celle  du  Tambour,  où  son  lit  est  encore  marqué  ; 
traversait  le  Marché-Neuf;  puis ,  à  travers  le  pâté  de  maisons  qui  sépare  la  rue  de  la 
Poterne  de  la  rue  Percière,  rejoignait  la  Poterne  elle-même  située  au  bout  de  la  rue  des 
Fosêés-Louis  VIII  et  près  de  l'église  Saint-Martin-sur-Renelle ,  que  Grégoire  de  Tours 
place  sur  les  murs  de  la  Cité  (4).  Cette  Poterne  était  aussi  une  des  six  portes  de  la  Citéj 
et  elle  correspondait  parfaitement  aux  portes  dites  au^  Fêvres  et  de  Saint-Léonard.  Là  se  • 

(1)  *  Porta  cui  innixaest  ecclesiaSti  Martini.  »—  Dudon,  apud  Duchesne,  «Script.  Rer.  Nom.  vet.,  »  p.  75.  — 
Chéruel,  «  Hiçtoire  de  Rouen ,  »  t.  !•',  p.  xxxvi.  —  Licquet,  a  Histoire  de  Normandie,  »  t.  !•',  p.  56. 

(2)  «  Portam  Sancti  Clementis,  »  dit  une  charte  de  Richard  citée  par  le  «  Gallia  Christ.,  »  t.  xi,  «  Instrum.,  »  p.  227. 

(3)  RaynaldusdeGarennft...  ad  Galcegiensem  portam  properavit.  Ord.  Vital. 

(4)  n  Basilica  Sti  Martini...  quœ  super  muros  civitatis  ligneis.  tabulis  fabricata  est.  •»  Greg.  Turon ,  «  Hist 
Franc,  »  lib.  v,  c.  5.  —  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  ii,  p.  233.  Licquet,  «  Recherches  sur  l'histoire  de  Rouen^  » 
p.  29.  —  Chéniel,  «  Histolr»  de  Rouen,  »  t.  !•%  p.  xrv.  —  Fallue,  «Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  83.  — 
Licquet,  «  Histoire  de  Normandie,  »t.  i*',  p.  15-16. 


—  448  — 

trouvait  une  tour  où  saint-Philibert  fut  enfermé  en  674  (4)  et  qui  prit,  auxT  siècle, le  nom 
d'Alvérède,  du  frère  d'Edouard-le-Confesseur  (2). 

C'est  au  septentrion  que  le  mur  de  la  ville  est  le  mieux  connu  et  qu'il  s'est  révélé  le 
plus  souvent.  Comme  nous  l'avons  dit,  il  s'est  montré,  en  4851 ,  dans  la  rue  des  Fossés^ 
Louis  VIII,  qu'il  suivait  dans  toute  sa  longueur.  On  l'a  reconnu,  en  4858,  au  no  26  de  la 
rue  Socrate;  de  4848  à  4833,  dans  l'enclavedeSaint-Lô  ;en  4 839, dans  la  rue  Géricault  et 
à  cet  angle  de  la  place  des  Carmes  qui  porte  à  présentie  nom  de  rue  des  Arsins.  M.  Thaurin 
croit  également  en.  avoir  recueilli  des  débris,  en  4859,  lorsqu'il  ramassa  une  base  de 
colonne  antique  à  l'angle  des  rues  des  Carmes  et  des  Fossés-Louis  VIII .  N'oublions  pas  de 
dire  qu'au  carrefour  formé  par  les  russ  des  Carmes,  Géricault  et  des  Fossés^Louis  VIII, 
se  trouvait  h  porte  Beauvoisine  ou  de  Sainte-Appolline.  De  la  rue  Géricault,  la  clôture 
suivait  la  rwtf  du  Petit-Mouton  pour  rejoindre  la  joorf^  Saint-Léonard. 

Cette  partie  de  l'enceinte,  moins  favorisée  du  côté  des  eaux ,  fut  munie  à  une  époque  d'un 
triple  fossé  dont  le  moyen-âge  avait  gardé  le  souvenir  dans  le  fossé  de  l' Aumône  (3)  et  le 
fossé  aux  Gantiers  (4),  devenus  plus  tard  deux  rues  de  la  ville  moderne.  C'est  cette  enceinte 
qu'elle  présenta  au  futur  vainqueur  de  Bouvines,  quand  il  voulut  réunir  à  la  couronne  de 
France  cette  commune  de  Rouai  au  cœur  superbe  et  accoutumée  à  commander  :  c  Duplices 
mûri ,  fossataque  tripla  profundo  dilatala  sinu  (5).  > 

Nous  espérons  avoir  retracé ,  d'après  l'histoire  et  l'archéologie ,  l'enceinte  de  la  Cité  de 
Rouen,  tant  qu'elle  fut  la  métropole  de  la  seconde  Lyonnaise,  le  boulevard  de  la  Neustrie 
et  la  ville  des  Danois  par  excellence.  Pendant  près  de  mille  ans ,  elle  vécut  resserrée  dans 
ces  étroites  limites  ;  mais ,  après  les  avoir  franchies  sous  l'égide  de  nos  rois ,  et  avoir  gardé 
cinq  ou  six  siècles  encore  une  chaîne  de  tours ,  tristes  témoins  de  la  guerrre,  elle  s'est  enfin 
émancipée  de  toute  clôture  et  n'a  pris  pour  limites  que  les  collines  qui  l'environnent. 
Seulement,  elle  garde  encore ,  comme  des  jalons  de  son  histoire ,  quelques  murs  ébréchés 
qui  racontent  le  moyen-âge. 

§  V.  —  Le  Rouen  épigraphique. 

Parmi  les  divers  monuments  antiques  sortis  du  sol  de  Rotomagus  ou  des  environs,  nous 
devons  mentionner  particulièrement  les  inscriptions.  Malheureusement,  elles  sont  rares, 

(1)  f  Histoire  de  l'Abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,  »  p.  24-27.  Mss.  de  1762. 

(2)  On  croit  reconnaître  les  restes  de  la  tour  d'Alvérède  et  de  la  prison  de  saint  Philibert  dans  une  maison  qui 
porte  le  n»  26  de  la  rue  de  la  Poienie ,  laquelle ,  avant  la  Révolution ,  était  V hôtel  de  Jumiéges. 

(3)  Donné  en  1224  par  le  roi  Louis  YIIl,  et  plus  tard  par  la  reine  Blanche,  à  Guillaume  de  Saàne  pour  en  faire 
la  demeure  des  pauvres  de  Rouen.  —  Farin,  «Histoire  de  Rouen,  »  t. !•%  p.  9,  édit,  in-4«.  —P.  Périaux,  «  Dic- 
tionnaire indicateur  des  rues  de  Rouen,  »  p.  9,  98-100.  —  «  Journal  de  Rouen,  »  du  15  décembre  1817. 

<4)  Farin  •  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  3*  édit.  in-4'* ,  p.  9.  —  Chôruel,  «  Histoire  de  Rouen,  »•  t.  !•'. 
(5)  Willelm.  Brito,  «  Philippidos.  » 

45 


—  iU  — 

et  il  y  a  peu  d'espoir  de  les  voir  se  multiplier.  Depuis  longtemps^ elles  ûe  twouvreait  {lus 
les  monuments  qu'elles  devaient  indiquer,  et  les  murailles  qui  les  renferment  encore  sont 
aujourd'hui  cachées  sous  les  constructions  de  la  ville  moderne.  Nous  allons  dter  quelques 
épaves  sorties  des  entrailles  du  Rouen  gallo-romain. 

Le  plus  ancien  monument  épignaphique  connu  et  reperdu  de  nouveau  est  une  borne 
jniUiaire  qui ,  en  1668 ,  était  conservée  chez  M.  Bigot ,  doyen  de  la^Gour  des  Aides,  «  honunê 
curieux  et  intelligent  de  l'antiquité,  »  au  rapport  de  Farin.  Elle  avait  été  trouvée  envirea 
trente  ans  auparavant  (vers  1640)  et  envoyée  à  Rouen.  Mais  aucun  auteur  contemporain 
n'indique  sa  provenance ,  que  M.  Lambert  revendique  aujourd'hui  pour  Bayeux  ou  les 
environs.  Cette  pierre,  qui  était  ronde  comme  toutes  celles  de  son  espèce,  avait  de  trois  à 
quatre  pieds  de  haut.  Ce  n'était  pas  le  piédestal  d'une  statue ,  comme  on  le  croyait  à  Rouen 
au  xviie  siècle ,  mais  une  simple  borne  milliaire  drpssée  au  temps  de  Télricus.  La  forme 
de  la  pierre  et  le  Ubellé  de  l'inscription  le  démontrent  suffisamment.  Elle  était  ainsi  conçue  : 
«  c.  PESVBio  TETRico  NOBiLissiMO  CiES.  P.  F.  A.  L,  I  ;  »  c'est-à-dire  :  •  Caïo  Pesubio  Tetrico, 
nobilissimo  Caesari,  Pio,  Felici,  Âugusto;  Leuca  prima  (1);  •  ou,  comme  le  veut  M.  E. 
Lambert  :  «  Augustoduro  (Bayeux) ,  Leuca  prima.  » 

Au  commencement  du  dernier  siècle ,  le  liturgiste  Lebrun  Desmarettes,  fils  et  frère  de 
libraires  de  Rouen,  disait,  en  parlant  du  cimetière  de  Saint-Gervais,  que  vers  1660,  lors(gie 
l'on  construisit  les  murs  qui  le  ferment  au  nord ,  on  trouva  trois  cercueils  de  pierre.  Sur  Fun 
de  ces  sarcopliages,  qu'il  avait  vus,  •  il  y  avait  une  inscription  de  quatre  à  cinq  mots  latins 
en  lettres  onciales  environ  de  la  même  grandeur  que  celles  de  l'inscription  qui  est  dans  le 
cimetière  d'Angers  (2)  » . 

A  la  fin  du  même  siècle,  Servin  mentionnait,  dans  son  Histoire  de  Rouen,  des  t  inscrip- 
tions trouvées  dans  cette  ville ,  où  existaient  des  vestiges  de  la  domination  romaine  (3)  » . 

En  dehors  de  ces  données  déjà  trop  éloignées*  pour  être  contrôlées  par  nous,  il  ne  nous 
reste  guère  que  deux  inscriptions  sépulcrales,  dont  l'une  a  été  trouvée  en  place,  tandis  que 
l'autre  était  déjà  déplacée  depuis  des  siècles. 

La  première  est  sur  un  cercueil  de  pierre  rencontré,  en  4833,  dans  la  rue  Roulland, 
au  sein  de  ce  quartier  Saint-Gervais  qui  fut  le  grand  cimetière  antique  de  Rotomagus.  Ce 
sarcophage,  long  de  2  mètres  44  centimètres,  large  de  68  centimètres  et  haut  de  65,  ne 
présente  aucune  décoration.  Seulement,  sur  la  façade  extérieure,  que  nous  reproduisons, 

il  donne  ces  quelques  mots  malheureusement  incomplets  :  « everini  eyeri  filï,  >  ce 

que  M.  Devîlle  complète  et  traduit  ainsi  :  «  Aux  dieux  mânes  d'Everinus,  fils  d'Everus  (4)  » . 

(1)  Farin,  «  Hist.  de  la  ville  de  Rouen,  »  édit.  de  1668,  t  !•%  p.  10;  édit.  de  1710,  t.  i-',  p.  10;  ôdit.  de  1731, 
t.  !•%  p.  5. 

(2>  Lebrun  Desmarettes,  «  Voyages  liturgique»  de  France,  »  p.  417. 
.    (3)  Serviû,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  p.  50. 

(4)  Deville,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  d'Antiquités,  »  année  1845,  p.  7.  —  De  la  Quérière,  «  Description 
historique  des  Maisons  de  Rouen ,  »  t.  ii ,  p.  238.  —  «  La  Normandie  souterraine,  •  l'«  ôdit,  p.  38;  2*  édit.,  p.  46. 


DM.  M 

CASSIOLiË 

PATiERNVS 

MAR,  POSVIT, 


--ils  — 

-  'fc'aîtttreîtiscription  ésttjeïle  de  Gassiola,  fetnme  du  gallo-romain  Pataernus:  Ce  monu- 
inent  ftméraire  consiste  en  un  cippe  carré,  haut  dé  2  mètres  et  large  de  77  centimètres. 
Cette  pierre  du  n«  siècle  était  entrée,  au  rve,  dans  la  muraille  militaire  de  Rotomagm.  C'est 
là  qu'eUe  a  été  retrouvée,  en  4839,  sur  la  place  des  Carmes,  à  l'angle  de  la  rue  Géricault, 
éxùB  cette  partie  qui  a  pris  le  nom  de  rue  des  Arsins.  Transportée  au  Musée,  elle  en  décore 
te  cour  principale  :  sur  un  côté  est  figurée  Vascia;  sur  l'autre  est  tracée  l'inscription  sui- 
vante en  beaux  caractères  (du  reste,  nous  reproduisons  le  cippe  lui-même)  : 

Les  cendres  de  la  défunte  étaient  enfermées  dans  une  niche  carrée, 
creusée  à  même  la  pierre  et  au-dessous  de  l'inscription.  On  voit 
encore  les  crampons  de  Ifer  qui  servirent  à  sceller  la  dalle  qui  fermait 
la  loge  de  l'urne  (1). 

On  nous  trouvera  peut-être  bien  hardi  et  bien  méticuleux  de  rat- 
tacher à  l'épigraphie  rouennaise  deux  inscriptions  antiques  trouvées 
à  Lyon  et  dont  une  seule  est  conservée  au  Musée  de  cette  métropole 
des  Gaules.  Toutes  deux  citent  les  Vélocasses  ou  leur  Cité.  L'une  est 
relative ,  à  ce  que  l'on  pense ,  à  l'un  de  ces  prêtres  que  la  tribu  des 
Vélocasses  entretenait  auprès  du  temple  de  Rome  et  d'Auguste  (2). 
L'autre  concernait  un  des  colons  de  Lyon ,  membre  du  collège  des 
utriculaires  et  originaire  de  la  cité  des  Vélocasses  (3). 

A  défaut  de  documents  plus  importants,  peut-être  nous  sera-t-il 
permis  de  ranger  parmi  les  monuments  épigraphiques  du  Rouen 
gallo-romain  ces  deux  mots  :  ave  et  misce,  qu'on  lit  sur  deux 
vases  antiques  trouvés,  en  1826,  dans  un  tombeau  de  la  rue  du 
Renard  (4). 

Nous  voudrions  pouvoir  donner  ici  la  liste  des  potiers  romains 

sortis  des  entrailles  de  Rouen  depuis  que  l'on  observe  ces  frêles 

monuments.  Mais  M.  Thaurin  n'ayant  pas  encore  publié  sa  collection,  qu'il  estime  à 

environ  deux  cents  noms,  nous  avons  le  regret  de  ne  pouvoir  donner  que  les  marques 

de  :  cjaraAN...  —  vmiF  —  clivailao  —  mocxino  (5)  —  parni  —  cacabiof  —  mascitom  — 

CINNATIM  —   PRIMVSF.    —   OF.    MICA    OU    MIGAR.    —    CV...    —    OF.    SEVERPVD.    —    ...R 


CIPPB    ROMAIN 
ROUBIf  (1839). 


(1)  Deville ,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  d'Antiquités,  »  année  1845,  p.  4.  —  a  La  Normandie  sou- 
terraine, •  1'*  édit.,  p.  140  ;  2«  édit.,  p.  158-59.  —  De  la  Quériére,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  » 
t.  u,  p.  328. 

(2)  A.  Bernard,  «  Le  Temple  d'Auguste  et  de  la  nationalité  gauloise,  »  p.  5-6,  in-4%  Lyon ,  Perrin,  1863. 

(3)  Gbmarmond ,  «  Descript.  du  Musée  lapidaire  de  la  ville  de  Lyon,  »  p.  293,  pi.  v. 

(4)  H.  Langlois,  «  Mém.  sur  des  tombeaux  gallo-romains  trouvés  à  Rouen ,  »  dans  les  t  Mém.  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  Normandie,  »  année  1827-28,  p.  238,  et  dans  le  «  Bulletin  de  la  Société  d'Émulation,  »  année  1828 . 
p.  160  et  pi.,  fig.  B.  — Deville,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  des  Antiquités  de  Rouen,  n  année  1845,  p.  19. 
'  — *La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  159. 

(5)  «  La  Normandie  souterraine,  »  l'*édit.,  p.  159. 


—  «6  — 

RICCOI.  M.  — :    CRACÎSAF  —  LUPPAF  —  OFMACCAR  —    IIVIN   —   SA...  —  MOX...  (1).    ' — ' 

NATiN  (2).  —  MOxivs  (3).  —  PATERCLiNi  OF  (4l  —  BYRDO,  les  seuls  qui  soient  parvenus  à 
notre  connaissance. 

Nous  regrettons  également  de  ne  pouvoir  publier  les  inscriptions  gravées  sur  un  cachet 
d'oculiste  romain,  recueilli,  en  1863,  par  M.  Thaurin,  dans  les  grands  travaux  de 
Rouen  (5). 

Le  Musée  départemental  possède  trois  anses  d'amphore  que  l'on  croit  provenir  de  Rouen, 
et  sur  lesquels  on  remarque  une  inscription  moulée  en  relief,  mais  malheureusement 
effacée.  Nous  avons  cru  lire  sur  c^s  trois  débris  :  c.  imil  ?  —  c.  m...ss.  ?  p  mis.  Svp.?  —  Sur 
une  anse  d'amphore,  que  possède  M.  Paul  Baudry,  on  Ut  :  m...ssi  dior?  —  Ces  marques 
rappellent  les  estampilles  analogues  que  l'on  trouve  sur  les  anses  d'amphore  par  tout  le 
monde  romain. 

§  VI.  —  Le  Rouen  sépulcral. 

Comme  toutes  les  cités, comme  toutçs  les  métropoles  de  la  Gaule,  Rouen  eut  ses  cime- 
tières placés  en  dehors  de  la  ville  et  sur  le  bord  des  grands  chemins.  Trois  des  principales 
voies  nous  fourniront  la  prciuve  de  cette  assertion.  Mais,  en  dehors  dégroupes  isolés,  nous 
pouvons  citer  à  Rouen  une  vaste  nécropole  qui  couvre  toute  la  base  d'une  colline  et  qui 
borde  le  grand  chemin  militaire  qui  conduisait  à  la  mer,  à  travers  le  pays  de  Caux. 

A  Rouen,  comme  dans  toutes  les  villes  romaines,  on  se  trouve  en  présence  de  deux  systèmes 
appliqués  à  la  sépulture  de  l'homme  :  la  crémation  et  l'inhumation.  La  crémation  paraît 
avoir  duré  ici,  comme  ailleurs,  environ  trois  siècles  ;  l'inhumation  romaine  persévéra  deux 
siècles,  et  fut  continuée  par  les  Francs,  dans  les  mêmes  heux,  au  moins  jusqu'au  ix«  siècle. 
Malheureusement,  l'inhumation  franque,  si  féconde  pour  l'archéologie,  a  laissé  peu  de 
traces  à  Rouen,  et,  jusqu'à  présent,  nous  ne  connaissons  d'elle  que  d'assez  rares  débris. 

Avant  d'entrer  dans  les  détails,  on  nous  permettra  une  remarque  qui  ressort  de  nos  ob- 
servations. A  Rouen,  la  sépulture  humaine  a  reculé  avec  la  ville.  Les  incinérations  ro- 
maines étaient  aux  portas  de  la  Cité,  et,  pour  ainsi  dire,  contiguës  aux  demeures.  C'est 
ainsi  que  nous  les  retrouvons  dans  la  rue  Saint-Hilaire,  dans  la  rue  Beativoisine,  à  la 
Rougemare  et  dans  tout  le  quartier  Saint-Louis,  à  la  porte  Cauchoise  et  aux  abords  de  la 
Préfecture.  Ce  mode,  d'a'.Ueurs,  demandait  peu  de  place,  et  n'était  sujet  à  aucun  inconvé- 
nient hygiénique.  L'inhumation,  au  contraire,  surtout  à  une  époque  où  elle  n'était  pas 
successive,  exigeait  un  très  grand  espace.  Aussi,  voyons-nous  les  cercueils  couvrir  de  leurs 

(1)  Recueillis  par  M.  Paul  Baudry. 

(2)  Chez  M.  Edmond  Lévy. 

(Z)  «  Journal  de  Pouen ,  »  du  22  décembre  1862. 
(4)  Recueilli  par  M.  Pottier. 
.  (5)  «  Revue  de  la  Normandie,  »  3«  année ,  p.  5-6,  numéro  de  janvier  1864. 


—  417  ~ 

iBfiombrablee  légions  la  base  de  nos  collines.  Tout  le  quartier  Saint-Gervais  en  est  rempli; 
On  tn  rencontre  dans  le  cimetière  actuel,  dans  les  mes  RoMand,  du  Renard,  Louis- 
Auber,  Tabouret,  Saint-André-hors-Ville  ;  on  en  trouve  dans  la  rue  Saint-Maur  et  au 
elos  de  Campuley,  dans  le  couvent  d'Emeraont  comme  au  Champ^u-Pardon.  Nous  pour- 
rions étendre  notre  thèse  jusqu'au-delà  de  la  Seine  et  montrer  des  habitants  de  Rotomagus 
dans  les  sarcophages  de  bois,  de  pierre  ou  de  plomb,  de  Sotteville  et  de  Quatre-Mares. 
Mais  il  est  temps  de  passer  à  Tordre  des  faits. 

Epoque  gauloise.  —  D'heureuses  tranchées,  pratiquées  en  4856,  pour  l'établissement 
tfHn  hôtel  de  la  Gendarmerie  impériale,  et,  en  4864,  pour  les  fondations  de  la  Caisse 
d'Epai^ne,  ont  révélé,  dans  la  rue  Impériale  et  par  tout  le  quartier  Saint-Louis,  un  cime- 
tièrft  gaulois,  probabl^nent  contemporain  de  César  et  de  J.-C.  Les  épaves  qui  en  sont 
sorties,  et  qui  ont  été  gardées  par  M.  Thaurin,  consistent  surtout  en  des  urnes  de  terre 
grossière,  d'une  pâte  pierreuse  et  d'une  teinte  enfumée.  Les  deux  vases  les  mieux  conser- 
vés, que  nous  avons  donnés,  page  89,  sont  semblables  aux  urnes  du  Vaudreuil,  de 
Moulineaux  et  de  Sainte-Beuve-en-Rivière.  Beaucoup  d'autres  vases  accompagnaient 
ceux-ci  ;  mais  ils  ne  sont  venus  qu'à  l'état  de  fragments. 

Outre  ces  vases,  M.  Thaurin  assure  avoir  recueilli  dans  ce  cimedère  une  hachette  et  des 
monnaies  gauloises  (4). 

Epoque  romaine.  —  On  sait  que  la  sépulture  romaine  se  partage  en  deux  modes  :  l'in- 
cinération et  l'inhuniation.  Nous  avons  dit  que  les  incinérations  se  trouvaient  aux  portes 
de  Rouen,  tandis  que  les  inhumations  étaient  reculées  jusqu'au  pied  des  collines.  C'est  ce 
que  nous  avons  hâte  de  montrer. 

La  rue  Saint-Hilaire  était  une  grande  voie  qui  conduisait  dans  la  vallée  de  Bray,  à 
Groumay,  à  Beau  vais  et  à  Amiens.  Il  n'est  donc  pas  surprenant  qu'en  4823  le  sieur 
Thiélocque,  aubergiste  à  l'image  de  Saint-François,  aujourd'hui  le  n*"  402,  ait  trouvé,  en 
creusant  une  cave,  plusieurs  vases  en  terre  et  en  verre,  deux  monnaies  romaines  et  des 
ossements  (2).  De  toute  cette  découverte,  il  reste  encore  au  Musée  départemental  un  flacon 
de  verre  parfaitement  conservé.  En  mars  et  avril  4865,  une  trouvaille  plus  importante  a 
été  faite  entre  la  rue  Saint-Hilaire  et  Yimpasse  Sainte-Claire.  M.  Thaurin  a  recueilli  dans 
la  tranchée  une  urne  en  terre  jaune,  en  forme  de  pot-au-feu,  renfermant  un  barillet  de 
verre  tout  rempli  d'os  brûlés.  Sous  ce  barillet ,  tout  entouré  de  clous  provenant  de  la  caisse 
funèbre ,  était  un  grand  bronze  d'Ântonin.  Le  barillet  présentait  au  fond  la  marque 
frontinienne  Froni  proti  (3). 

Outre  les  incinérations  des  Yélocasses,  faites  à  la  façon  des  indigènes,  le  grand  cime- 

(1)  Thaurin,  «  Journcil  de  Rouen  »  du  12  décembre  1861. 

(2)  «  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  p.  66.   —  De  la  Quériôre,  «  Notice  sur  diverses  anti- 
quités de  la  ville  de  Rouen,  »  t.  i*',  p.  5.  —  Id.,  f  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  >  t  u,  p.  248. 

(3)  a  Revue  de  la  Normandie,  »  de  mai  1865,  p.  317-318.  —  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  11  mai  1865. 


tière  du  quartier  Saint-Louis,  placé  à  quelques  pas  de  TAube-Vofe  qui  côndufedtà'Câflly; 
à  Dieppe,  à  Epinay,  et  peut-être  en  Beauvaisis,  contenait  encore  des  incinérations  pwe*- 
inent  romaines.  M.  Thaurin  a  recueilli  là  des  urnes  de  plusieurs  sortes.  Il  y  atait  mèasé 
des  os  brûlés  jusque  dans  les  cruches,  circonstance  que  nous  avons  surtout  remarquée  auî 
Loges  et  à  Barentin.  (Nous  donnons  ici  une  de  ces  cruches). 

Quand  nous  avons  dit  que  ce  cimetière  pouvait  et  dex^it  s'étendre 
jusqu'à  la  rue  Beauvoisine ,  à  travers  la  place  de  la  Rougemare , 
nous  avions  pour  garantie  de  notre  assertion  une  découverte  faite 
au  no  50  de  cette  rue.  Au  mois  de  septembre  4840,  en  creusant 
une  fondation,  on  rencontra  des  vases  de  terre  et  de  verre.  Il  s'y 
trouvait  également  des  monnaies  romaines,  notamment  un  Hélio- 
gabale.  Dès  cette  époque,  M.  Deville  pressentait  déjà  un  cime- 
tière (1). 

Nous  croyons  pouvoir  attribuer  à  la  même  source  sépulcrale  cbuche  awoc 

,  .       .  •     ,  .  .     ,  j  .  j  CONTENANT    DES    OS 

des  poteries  et  des  verrenes  rencontrées  avec  des  monnaies  du  brûlés. 

Haut-Empire.  Un  flacon  de  verre  contenait  encore  du  liquide. 

La  voie  Blanche,  qui  est  devenue  plus  lard  la  rue  Beauvoisine,  était  bordée  de  sépul- 
tures jusqu'au  bas  de  la  colline.  En  1852,  on  a  trouvé,  rue  d*Ernemont,  dans  l'enclos  du 
couvent  de  ce  nom,  un  cimetière  romain  des  iv^  et  v«  siècles.  A  50  ou  60  centimètres  du 
sol,  on  a  reconnu,  au  milieu  de  tuiles  à  rebords  et  de  moyens  bronzes  romains,  douze  du 
quinze  squelettes  sans  sépulture,  puis  huit  cercueils  en  plomb,  dont  trois  grands,  deux 
moyens  et  trois  petits.  Ils  contenaient  des  hommes,  des  femmes  et  des  enfants.  Ils  étaient 
orientés  est  et  ouest  et  les  coffres  de  plomb  avaient  été  enfermés  dans  des  bières  de  bois 
dont  on  retrouvait  les  clous.  Dans  notre  Normandie  souterraine,  nous  avons  décrit  ces 
sarcophages  de  plomb  dont  les  fragments  sont  au  Musée.  Un  de  ces  cercueils  offrait  cinq 
médaillons  en  plomb  et  l'autre  treize  ;  tous  représentaient  des  tètes  de  Méduse'.  Une  croix 
de  Saint-André  était  tracée  à  la  pointe  vers  la  tête  de  l'un  des  trois  enfants  (2)« 

Le  grand  cimetière  gallo-romain  du  quartier  Saint^Louis  contenait  aussi  des  inhuma- 
tions. En  août  1860,  il  a  été  trouvé,  rue  Impériale,  au  nord  de  la  Gendarmerie,  un  sque- 
lette humain  inhumé  dans  un  coffre  de  bois.  Près  de  la  tète,  il  présentait  une  fiole  de 
verre  qui  contenait  un  petit  bronze  de  Tétricus  ou  de  Victorinus  (3). 

Pour  mémoire,  nous  rangerons  parmi  les  sépultures,  quoiqu'il  figure  mieux  avec  les 
inscriptions,  le  cippe  de  Gassiola,  recueilli,  en  1839,  sur  Isl  place  des  Carmes.  Gassiola 
était  une  dame  romaine  qui  habitait  Rouen  au  u**  ou  au  nr  siècle  de  notre  ère.  Mise  sur 

1)  «  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  1. 1*^  p.  287.  —  De  la  Quériôre,  «  Description  histo- 
rique des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  u,  p.  120. 

(2)  «  La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édit.,  p.  30  ;  2*  édit.,  p.  47-48. 

(3)  o  Journal  de  Rouen,  »  du  12  décembre  1801. 


—  MQ  — 

)e!t>âoher  m\oï\  la  coutume  de  ce  temps,  ses  cendres  furent  recueillies  par  Palaeinus,  t^oit 
oradi  V^  tea  déposa  dans  une  urne  qu'il  enferma  dans  l'ouverture  carrée  d'un  pilier  tumu- 
Ia0%i^que  noos  avons  reproduit  page  115.  Elleâ  restèrent  là,  un  siècle  ou  deux,  sous  la  pro- 
teotiofi  de  YAscia,  puis,  un  jour  du  iv^  siècle,  la  pierre  fut  enlevée  pour  les  besoins  sacrés 
de  la  défense,  et  placée  dans  la  muraille  militaire  derrière  laquelle  s'enfermait  Rotomagus. 
Mais,  longtemps  auparavant,  elle  avait  orné  une  des  collines  sépulcrales  de  Rouen,  comme 
les  tombeaux  de  Lillebonne,  de  Paris,  de  Sens,  d'Autun,  de  Bayeux,  de  Mayence  et  de 
toutes  les  villes  de  la  Gaule  (1). 

•^Nous  ne  devons  pas  oublier  des  cercueils  de  bois  et  de  plomb  trouvés  rue  Saint-Uilaire, 
à  côté  d'incinérations  du  Haut-Empire.  Ces  cercueils,  accompagnés  de  vases  en  terre  et  en 
ver*^^iaème  d'une  statuette  de  Vénus,  ont  été  aperçus  en  1828,  en  1839  et  en  1865  (2). 

Mais  la  voie  la  plus  riche  en  sépultures,  c'était  la  route  du  pays  de  Caux,  cette  rue  Cau- 
choise qui  a  donné  son  nom  à  tout  un  quartier  qui  n'est  autre  que  la  grande  nécropole  de 
Rotoni9gus.  C'est  là  que,  pendant  plusieiœs  siècles,  les  habitants  de  la  vieille  cité  romaine 
ou  franque  sont  venus  se  reposer.  Cette  coutume,  qui  dure  encore,  paraît  avoir  commencé 
avec  la  domination  romaine,  jusqu'ici  aucune  sépulture  gauloise  n'ayant  été  reconnue  dans 
ce  quartier. 

:  Les  incinérations  étaient  plus  rapprochées  de  la  ville  ;  les  inhumations  s  en  éloignaient 
davantage.  C'est  ainsi  que  nous  croyons  pouvoir  attribuer  à  l'ustion  romaine  les  poteries 
et  les  verreries  rencontrées,  en  1 840,  sur  le  boulevard  Cauc/toise,  au  nord  de  la  Préfec- 
ture (3).  On  y  remarqua  un  vase  de  verre  en  forme  de  barillet.  Sur  l'emplacement  de  la 
porte  Cauchoise,  on  a  trouvé  des  fragments  de  vases  en  terre  cuite. 

Il  ne  serait  pas  impossible  de  revendiquer  pour  une  incinération  romaine  une  olla  en 
terre  grise,  rencontrée  rue  Porte-^uayRats,  en  décembre  1862.  Ce  vase,  conservé  par 
IL  Thaurin,  nous  parsut  le  vrai  pot-^thfeu  cinéraire  des  Calètes  et  des  Vélocasses. 
;  Dès  la  fm  du  xyii®  siècle  et  au  commencement  du  xyiu^,  les  habitants  de  Rouen  étaient 
frappés  du  grand  nombreetdel'importancedes  sépultures  antiques  que  renfermait  le  quartier 
Saînt^Gervais.  Farin  en  parle  dans  son  Histoire  de  Rouen{4f),  et  le  liturgiste Lebrun  Desma- 
rettes  a  cru  devoir  leur  consacrer  une  mention  dans  ses  Voyages  liturgiques  de  France  (5). 
Tous  deux  meotîonnent  de  la  découverte  de  cercueils  de  pierre  dont  ils  furent  les  témoins. 

(1)  Deville  «  Catalogue  du  Musée  de  Rouen,  »  année  1845,  p.  14.  -    •  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édil., 
'p.  140  ;  2*  édit,  p.  158-59.  —  «  Bulletin  monumental,  »  t.  vni,  p.  444. 
^  <3)  «  Revue  de  la  Normandie,  »  de  mai  1865,  p.  S17,  318.  ' 

(3)  •  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  t.  l**",  p.  280*9<h 

(4)  Farin,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  édit.  du  Souillet,  t.  ii,  v*  partie,  p.  2. 

(5)  Lebrun  Desmarettes  raconte  que  vers  1660,  en  fouillant  derrière  l'église  de  Saint-Gervais,  du  côté  de  la  mon- 
lagiie,  pcnK  faire  au  cimetière  un  mur  de  clôture,  «  on  trouva  sous  terre  des  voûtes  et  des  caves  entières  ;  et  qu'en 
faisant  des  fosses  pour  enterrer  des  morts  on  y  trouva  trois  cercueils  de  pierre  anciens  qu'il  y  a  vus;  à  l'un  des- 
quels il  y  avoit  une  inscription  de  quatre  à  cinq  mots  latins  en  lettres  onciales,  environ  de  la  même  grandeinr  que 
celles  de  l'urne  du  cimetière  de  Saint- Julien  d'Angers.  »  «  Voyages  liturgiques  de  France,  »  p.  417. 


'     _  120  — 

En  1781,  lorsque,  par  suite  de  la  déclaration  de  Louis  XVI,  on  commença  à  inhumer 
en  dehors  des  villes,  les  contemporains  racontent  que  l'on  trouva  à  Saint-Gervais 
des  cercueils  sous  forme  d'auge.  Ils  étaient  vides,  quoique  fermés  d'un  couvercle 
aplati  (1). 

Mais  c'est  dans  notre  siècle  surtout  que  les  découvertes  ont  été,  sinon  plus  nombreuses, 
du  moins  mieux  observées,  mieux  enregistrées  et  aussi  mieux  critiquées.  Dès  1806,  époque 
de  la  réouverture  de  l'Académie,  M.  Périaux  crut  devoir  attirer  l'attention  de  ce 
corps  savant  sur  des  tombeaux  de  pierre  découverts  près  le  cimetière  Saint-Gervais  (2). 
En  1813,  au  début  même  de  sa  carrière  administrative  et  archéologique,  M.  Auguste 
Le  Prévost  eut  la  bonne  idée  de  signaler  les  nombreux  tombeaux  de  pierre  qui  se 
voyaient  autour  de  la  crypte  de  Saint-Gervais  et  de  l'emplacement  du  château  des 
ducs  (3). 

Le  développement  pris  par  le  faubourg  Cauchoise,  depuis  1815,  a  multiplié  ces  trou- 
vailles, et  la  création  de  la  Commission  des  Antiquités,  en  1818,  a  singulièrement  servi  à 
nous  les  conserver.  La  paix  a  fait  marcher  de  pah'  l'industrie  et  la  science. 

En  1825 ,  dit  M.  De  la  Quérière ,  M.  Journeaux ,  fabricant,  rue  Saint- André-hors-Ville, 
près  la  rue  Saint-Maur,  jetant  les  fondements  de  sa  maison,  trouva,  à  3  mètres  du  sol, 
un  squelette  aux  pieds  duquel  était  un  vase  blanc  très  mince.  Dans  les  jambes  du  mort 
était  une  pile  de  27  quinaires  en  bronze ,  très  minces  et  encore  agglomérés.  Ces  pièces 
étaient  du  Bas-Empire ,  et  presque  toutes  de  Constaniin-le-Jeune  ;  quelques-unes  portaient 
le  nom  de  Constantinopolis .  »  Il  est  probable  que  la  sépulture  était  du  iv^  siècle  (4). 

M.  H.  Langlois  raconte  qu'en  1826,  auprès  d'une  maison  de  la  rue  du  Renard,  qui 
porte  le  n°  20 ,  on  trouva  plusieurs  cercueils  dont  un  renfermait  un  squelette  qui,  parmi 
les  ossements  de  ses  mâchoires,  possédait  cinquante  quinaires  en  bronze,  dont  deux  de 
Tétricus(5). 

En  1827  et  en  1828,  lors  de  la  construction  de  la  maison  qui,  dans  cette  même  rue 
du  Renard,  est  voisine  du  n©  20,  on  découvt*it  des  cercueils  en  plomb  qui  furent  jugés, 
avec  raison,  appartenir  au  iv^  siècle  de  notre  ère.  L'un  deux,  qui  a  été  conservé  au 
Musée  de  Rouen,  était  le  tombeau  d'un  enfant,  renfermant  des  vases,  des  perles,  des 
colliers,  des  bracelets,  des  monnaies  de  Julie Mammée,  des  deux  Posthume  et  de  Tétricus. 


(1)  p.  Périaux,  «  Observation  relative  à*  d'anciens  Tombeaux  de  pierre  découverts  près  le  cimetière  Saint- 
Gervais,  0  dans  le  «  Précis  analytique  des  trav.  de  TAcadémie  de  Rouen,  »  année  1806,  p.  8-9. 

(2)  A.  Le  Prévost,  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1813,  p.  100. 

(3)  Périaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  »  p.  105, 275. 

(4)  De  la  Quérière,  «  Notice  sur  diverses  Antiquités  de  la  ville  de  Rouen,  »  p.  5  et  6.  —  Id.,  «  Description  histo- 
rique des  Maisons  de  Rouen ,  «  t.  ii,  p.  239-40. 

(5)  H.  Langlois,  «  Mémoire  sur  des  tombeaux  gallo-romains  découverts  à  Rouen  dans  le  cours  des  années  1827 
et  1828,  «  p.  4-6.  —  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen ,  »  t.  ii,  p.  236.  —  «  Mémoiresde 
la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  années  1827-2B,  p.  240. 


9•^»•9^m^9—m^ml9m^mt•' 


—  121  — 

M.  Langlois  a  très  bien  décrit  ces  sépultures  et  a  parfaitement  reproduit  ce  qu'elles 
contenaient  (1). 

«  Vers  1830,  dit  M.  De  la  Quérière,  on  trouva,  dans  la  cour  de  l'ancien  presbytère  de 
Saint-Gervais ,  aliéné  à  la  Révolution ,  des  cercueils  de  pierre  et  un  cercueil  en  plomb , 
contenant  des  ossements  (2).  » 

Le  3  juin  1831,  on  découvrit,  dans  la  rue  Saint-Gervais,  un  cercueil  en  plomb  renfer- 
mant les  ossements  d'une  femme ,  avec  deux  vases  de  verre  et  des  monnaies  de  Tétricus. 
Un  des  vases  était  à  la  tête  et  l'autre  aux  pieds  (3). 

En  1833,  dans  la  rue  Roulland,  à  la  maison  qui  porte  le  n<*  12,  apparurent  deux  tom- 
beaux en  pierre  avec  couvercle  circulaire.  La  face  de  l'un  était  décorée  de  deux  têtes,  de 
boucliers  et  d'enseignes  entrelacées.  L'autre  porte  seulement  cette  inscription  incomplète  : 

«   ...  EVERINI  EVERI  FILI.  » 

Ces  deux  grandes  auges,  longues  de  2  mètres  11  centimè- 
tres à  2  mètres  44  centimètres ,  sont  larges  de  68  à  74  cen- 
timètres et  hautes  de  60  à  65  centimètres  (4).  (  Nous  repro- 
duisons le  tombeau  d'Everinus.  ) 
CERCUEIL  BOMAiN  EN  piEBRB  Eu^août  1837,  toujours  daus  cette  même  rue  Roulland, 

(BouEN,  1833).  récemment  ouverte ,  et  près  du  n»  12,  on  rencontra  encore 

deux  sarcophages  placés  l'un  à  côté  de  l'autre.  L'un  était  en 
marbre  rouge ,  l'autre  en  pierre  de  Vergelé  ;  tous  deux  étaient  d'un  seul  morceau  et  creusés 
en  auge.  Le  cercueil  de  marbre,  long  de  2  mètres  et  large  de  72  centimètres,  provient 
des  carrières  de  Thorigny  (Calvados),  comme  celui  de  saint  Romain,  évêque  de  Rouen 
au  vn©  siècle.  Les  couvercles  de  ces  deux  cercueils  se  composaient  de  dalles  plates.  L'un 
d'eux  contenait  une  femme  ayant  des  fioles  de  verre  à  chaque  côté  de  la  tête  ;  au-dessous 
du  crâne  et  près  des  hanches  étaient  des  gobelets  blancs  et  fins.  Le  cercueil  de  pierre  en 
renfermait  un  autre  en  plomb  orné  de  nœuds  et  de  bâtons  brisés.  Ce  sarcophage,  qui 
contenait  le  corps  d'un  enfant ,  n'a  qu'un  mètre  de  long  et  est  recouvert  de  dessins. 
M.  Deville,  et  nous  partageons  son  avis,  attribue  ces  sépultures  au  ive  ou  au  v«  siècle  (5). 

(1)  H.  Langlois,  «  Mémoire  sur  des  Tombeaux  gallo-romains  découverts  à  Rouen  en  t827  et  1828,  »  in-8  de  28  p. 
et  pi.  —  Id.,  «  Séance  publique  de  la  Société  d'Émulation,  »  année  1828,  p.  158-180  et  2  pi.  --  «  Mémoires  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  •  t.  iv,  p.  236-52  et  pi.— De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons 
de  Rouen,  »  t.  n,  p.  235-36.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  i"  édition,  p.  37  ;  2^  édition,  p.  45. 

(2)  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t  n,  p.  247. 

(3)  «  Catalogue  du  Musée  départemental  d'Antiquités,  »  année  1845,  p.  41.  —  De  la  Quérière,  «  Description  histo- 
rique des  Maisons  de  Rouen,  »  t.n,  p.  246.  —  a  La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édit.,  p.  38;  2*  édit.,  p.  46. 

(4)  «  Catalogue  du  Musée  départemental  d'Antiquités,  »  année  1845,  p.  6  et  7.  —  De  la  Quérière,  «  Description 
historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  ii,  p.  238-39.  —  «  La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édit.,  p.  38  ;  2*  édit.,  p.  46. 
—  a  Épigraphie  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  31. 

(5)  Deville,  •  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  191-93.  —  Id.,  »  Cata- 
logue du  Musée  départemental,  »  année  1845,  p.  30-31.—  De  la  Quérière.  «  Description  historique  des  Maisons  de 
Rouen,  »  t.  n,  p.  237-38. 

16 


—  422  — 

Près  de  là  ont  été  recueillis  un  flacon  de  verre  à  cou  de  cygne  et  des  épingles 
en  os. 

Nous  sommes  persuadé  que  ce  savant  antiquaire,  qui  a  si  bien  décrit  et  sauvegardé  ces 
reliques  du  passé,  attribuait  à  la  même  époque  le  sarcophagede  pierre  qui,  en  juillet  1 84i, 
fut  trouvé,  à  2  mètres  de  profondeur,  dans  la  rue  Louis~Aiiber.  ïl  contenait  le  squelette 
d'un  homme,  accompagné  d'une  fiole  de  verre  dite  lacrymatoire.  A  côté  de  lui  étaient  deux 
sarcophages  en  plomb  entourés  de  clous  en  fer.  Comme  le  précédent,  ils  étaient  orientés 
est  et  ouest  fi).  Le  dessin  du  cercueil  de  pierre  est  déposé  aux  archives  de  la  Commission 
des  Antiquités. 

En  1 846,  lorsque  l'on  creusa  les  fondations  de  l'extrémité  occidentale  de  l'aile  droite  de 
l'église  Saint-Gervais,  on  trouva  tout  un  mur  romain,  probablement  du  temps  de  saint 
Victrice,  fondé  sur  des  sarcophages  de  pierre  (2).  Cette  particularité  s'est  souvent  renouvelée 
ailleurs. 

Eu  \  863,  lors  de  l'installation  du  gaz  devant  la  même  ^Use,  on  coupa  des  cercueils  de 
pierre  aux  abords  de  l'édifice. 

Enfin,  dans  la  rue  Tabouret,  contiguë  à  la  rampe  Saint-Gervais,  on  voit  depuis  long- 
temps, lé  long  de  la  chaussée,  deux  cercueils 
de  pierre  qui  paraissent  antiques  et  qui  an- 
noncent que  la  nécropole  s'étendait  de  ce 
côté.  Au  printemps  de  1864,  en  creusant 
dans  cette  même  rue  une  citerne  et  une  cave, 
un  menuisier  a  trouvé  deux  sarcophages  de 
pierre  entièrement  rides  (3). 

Nous  sommes  assez  embarrassé  de  dater 
les  sépultures  trouvées,  de  1861  à  1864, 
pendant  les  travaux  de  déblai  opérés  dans  le 
clos  de  Campuley,  près  la  rue  Maladrerie. 
Là,  les  corps  avaient  été  mis  en  terre  dans 
des  cercueils  de  bois  dont  on  retrouve  les 
longs  clous,  les  pentures  et  les  couplets  des 
couvercles.  Nous  reproduisons  un   de  ces 


Ci'  -  ... 

dans  les  sépultures  de  Tourville-la-Rivière  (4).  «Jo»  ^e  Campuiey.  ) 

(1)  Devilte,  •  Catalogue  du  Husée  départemental,  <>  année  1845,  p.  1&. 

(2)  .  Resnie  de  Rouen ,  .  année  1844  ,  1"  sem. ,  p.  259.  -  .  La  Nonnandie  souterraine ,  »  1"  édit. ,  2"  édit , 
p.  45. 

(3)  ■  Journal  de  Bouen  ,  s  du  S  septembre  1864. 

(4)  e  Notice  sur  des  Sépultures  gallo-romaines,  des  iv  et  v  siècles,  trouvées  à  Tourville-la-IUviâre,  ■  p.  10.  - 
•  Revue  de  la  Normandie,  ■  2<  année,  p.  251. 


123 


Ce  qui  nous  ferait  incliner  très  fort^ers  l'époque  antique  de  ces  bières,  c'est  que 
M.  Thaurin  assure  qu'auprès  d'elles  on  a  trouvé  récemment  un  sarcophage  en  pierre  et 
une  monnaie  d'argent  de  Garacalla  (1). 

Nous  croyons  devoir  également  rattacher  au  centre  rouennais  du  rv©  et  du  y«  siècle  les 
cercueils  en  bois,  en  pierre  et  en  plomb,  trouvés,  en  4842  et  en  1843,  à  Sotteville  (2)  et 
à  Quatre-Mares.  Ces  tombeaux  bordaient  aussi  une  ancienne  voie.  Pour  la  description  de 
ces  sépultures,  nous  renvoyons  à  notrearticlesur  Sotteville,  à  \di  Normandie  souterraine  (3), 
h  la  Revue  de  Rouen  (4)  et  aux  Notices  de  M.  Deville  (5). 

Époque  franque.  — Jusqu'à  présent,  Rouen  nous  a  donné  peu  de  sépultures  que  Ton 
puisse  attribuer  avec  certitude  au  temps  des  Francs ,  surtout  à  la  période  mérovingienne. 
Cela  tient  sans  doute  à  ce  que  les  cimetières  de  cette  époque  ont  été  déjà  fouillés  ou  bien 
nous  sont  restés  inconnus.  Nous  allons  exposer  en  peu  de  mots  ce  que  nous  connaissons 
sur  cette  matière. 

En  1847,  des  fouilles  faites  dans  l'enceinte  de  l'École  normale,  enclave  de  l'ancienne 
abbaye  de  Saint-Lô,  firent  voir,  à  1  mètre  du  sol,  un  cercueil  de  pierre  qui  contenait  le 
corps  d'un  homme  et  celui  d'un  enfant  Aux  alentours  on  a  rencontré  des  ossements 
humains  et  des  tombeaux  en  plâtre.  M.  Deville  a  dessiné ,  pour  la  Commission  des  Anti- 
quités, le  sarcophage  de  Saint-Lô.  Nous  sommes  tenté  de  croire  qu'il  est  mérovingien- 

Saint-Lô  est  une  très  ancienne  église  :  on  va 
même  jusqu'à  dire  qu'elle  fut  bâtie  par  saint 
Mellon ,  sur  l'emplacement  d'un  temple  àe 
Rolh. 

Nous  croyons  très  fort  que ,  dans  le  cime- 
tière qui  entoure  l'église  Saint-Gervais,  il  doit 
se  rencontrer  bien  des  cercueils  francs.  Nous 
serions  porté  à  attribuer  à  cette  époque  les 
tombes  de  pierre  que  l'on  aperçoit  dans  la  rue 
Tabouret.  Mais  ce  que  nous  pouvons  affirmer, 
c'est  que  les  fossoyeurs  de  Saint-Gervais 
ont  parfois  vidé  des  tombes  franques.  Nous 
n'en  voulons  d'autre  preuve  qu'une  boucle 
wccLBBNBmoNEE,ÉPÉEETHACHBENFBR(wOTii).    cu  brouzc ,  uuc  hachc  dc  fcr  et  une  épée 


(1)  «  Journal  de  Rouen,  »  du  12  décembre  1861. 

(2)  a  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités ,  »  année  1842.  —  Thaurin ,  «  Journal  de  Rouen ,  »  du 
22  décembre  1862. 

(3)  «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  40-41  ;  2*  édit.,  p.  48-50. 

(4)  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1843,  !•'  semestre,  p.  124-30, 158-67,  et  pi. 

(5)  Deville,  «  Découvertes  de  Sépultures  antiques  à  Quatre-Mares,  »  in-8  de  19  p.  et  2  pi.,  Rouen ,  1843. 


—  424  — 

longue  de  90  centimètres ,  possédées  par  M.  Louis  Leclerc  et  reproduites  par  M.  Jules 
Thieury  (1).  Ces  objets,  qui  proviennent  du  cimetière  Saint-Gervais ,  sont  nécessairement 
mérovingiens.  Le  lecteur  en  jugera  par  les  dessins  que  M.  Thieury  nous  permet  de 
reproduire. 

M.  Thaurin  raconte  qu'en  juin  1861 ,  en  creusant  les  caves  d'une  filature  de  la  rue 
d'Elbeuf^  près  la  rue  de  la  Mare-du-Parc ,  M.  Julien  trouva  beaucoup  de  cercueils  en 
pierre  de  Vergeté  ;  ils  contenaient  des  squelettes  accompagnés  de  vases ,  de  sabres ,  de 
couteaux  et  de  haches  de  fer.  Il  y  avait  aussi  des  boucles  et  des  fibules  en  bronze; 
malheureusement,  le  tout  à  été  perdu  et  dispersé.  M.  Thaurin  n'a  pu  recueillir  qu'une 
plaque  de  ceinturon  en  bronze  (2). 

Mais  la  sépulture  mérovingienne  par  excellence  est  le  sarcophage  de  saint  Romain , 
mort  évêque  de  Rouen ,  le  23  octobre  639.  Ce  tombeau,  devenu  aujourd'hui  une  relique, 
était  primitivement  dans  la  crypte  de  Saint-Godard,  où  le  bienheureux  fut  inhumé.  A  pré- 
sent, il  forme  le  maître-autel  de  l'église  qui  lui  est  dédiée  depuis  1802.  C'est  ime  auge  de 
marbre  rouge,  probablement  tirée  des  carrières  de  Thorigny,  dans  le  Calvados.  Malheu- 
reusement ,  il  est  trop  engagé  pour  que  nous  ayons  pu  le  décrire  et  le  dessiner  ;  mais  autant 
qu'il  nous  est  permis  d'en  juger,  nous  pensons  qu'il  a  tous  les  caractères  de  son  époque. 
Cependant  il  se  pourrait  que  ce  fût  un  cercueil  antique  dans  lequel  on  aurait  enfermé  le 
saint  évêque  (3). 

Epoque  mcERTAiNE  ou  inconnue.  —  Nous  rangerons  dans  cette  catégorie  toutes  les 
sépultures  qui  ne  nous  ont  pas  offert  les  éléments  suffisants  de  classification.  Nous  place- 
rons en  tête  celle  qui  fut  trouvée,  en  1509,  près  la  porte  Cauchoise,  du  côté  des  Domini- 
cains. Farin  (4),  du  Souillet  (5)  et  autres  l'attribuent  à  Ricon  de  Valmont,  sur  la  foi  d'une 
inscription  qui  peut-être  n'a  pas  été  bien  lue.  Ils  disent  que  le  fémur  du  squelette  allait 
jusqu'à  la  ceinture  d'un  homme  ordinaire  et  que  le  crâne  pouvait  contenir  un  boisseau 
de  blé. 

C'est  encore  une  sépulture  mystérieuse  que  celle  qui,  vers  1822,  fut  trouvée  dans  la 
rue  Socrate,  en  creusant  les  fondations  des  maisons  nos  13  et  15.  D'après  M.  De  la  Quérière, 
on  aurait  rencontré,  dans  la  tranchée,  les  squelettes  d'un  cerf,  d'un  cheval  et  d'un  homme, 
avec  casque  et  fer  de  lance  (6). 

Vers  1842 ,  dans  la  rue  d'Ecosse,  en  démolissant  un  ancien  mur  de  la  ville,  on  aperçut 
un  tombeau  qui  ne  fut  pas  violé ,  mais  refermé  par  les  visiteurs. 

(1)  J.  Thieury,  «  Saint-Gervais  de  Rouen,  »  p.  20-21. 

(2)  «  Journal  de  Rouen,  9  du  2  mai  1865. 

(3)  Deville,  c  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie  de  Rouen,  »  année  1839,  p.  91-92.  -r-  «  La  Nonnandle 
souterraine,  »  2*  édit.,  p.  46. 

(4)  Farin,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  !'•  édit.,  1. 1*%  p.  27. 

(5)  Du  Souillet,  «  Hist.  de  la  ville  de  Rouen,  »  1. 1*',  p.  11. 

(6)  De  la  Quérière,  «  Description  historique  des  Maisons  de  Rouen,  »  t.  n,  p.  268-C9. 


—  125  — 


§  VII.  —  Rouen  numismatique  ou  monétaire. 

Dans  ce  chapitre ,  nous  considérons  Rouen  sous  un  aspect  tout  nouveau.  Jusqu'à  pré- 
sent, plusieurs  ont  parlé  soit  des  monnaies  frappées  à  Rouen ,  soit  des  monnaies  recueillies 
dans  cette  ville  ;  mais  personne ,  à  ce  que  nous  sachions ,  n'a  songé  à  réunir  en  un  seul 
tableau  tous  les  éléments  de  l'histoire  numismatique  de  Rouen  aux  temps  anciens.  Nous 
allons  essayer  d'esquisser  rapidement  et  en  quelques  traits  ce  que  nous  avons  appris  des 
monnaies  trouvées  ou  frappées  à  Rouen.  Cette  grande  ville  nous  paraît  avoir  eu  son  atelier 
monétaire,  depuis  les  temps  gaulois  jusqu'à  nos  jours.  Seulement,  pour  ne  pas  sortir  du 
cadre  de  cet  ouvrage ,  nous  nous  arrêterons  au  xi®  siècle ,  qui  nous  semble  la  limite  d'une 
civilisation  nouvelle. 

Epoque  gauloise.  —  Rouen ,  capitale  des  Vélocasses ,  a  frappé  les  monnaies  de  ce 
peuple  dès  le  temps  de  son  indépendance.  Toutefois ,  nous  ne  pouvons  lui  attribuer  avec 
certitude  que  les  pièces  épigraphiques.  Nous  lui  en  donnerons  de  deux  sortes  :  celles  qui 
portent  le  nom  de  Ratvmacos  ,  et  celles  qui  n'offrent  que  le  nom  d'EuocATi  ou  Veliocati, 
qui  est  celui  de  la  tribu. 

Mionnet(4),  Conbrouse(2),  el  de 
La  Goy  (3),  MM.  de  La  Saussaye(4), 
Lambert  (5)  et  Deville  (6),  sont  d'ac- 
cord pour  attribuer  à  Rouen  les 
pièces  de  bronze  sur  lesquelles  on 

MOÎ.NAIE8  GAULOISES  DE  ROUEN.  ^^^  à  p^VCrS  UUC  têtC  jCUnC  Ct  dla» 

démée,  présentant  autour  le  nom  de  Svticos,  qui  doit  être  celui  du  chef  des  Vélocasses. 
Au  revers,  on  voit  une  bige  lancée,  et,  sous  un  S,  on  lit  :  Ratvma  ou  Ratvmacos.  La  Biblio- 
thèque impériale  possède  une  autre  variété  du  genre.  Là  le  nom  de  Ratvmacos  se  lit  autour 
d'une  tête  de  femme,  et  au  revers  figure  un  cavalier  en  course. 

Nous  attribuons  encore  à  Rouen  une  troisième  variété 
monétaire.  Autour  d'une  tête  juvénile ,  on  lit  :  Svticos  ,  et , 
au-dessus  d'un  cheval,  le  mot  Eliocati  ou  Veliocati.  C'est 
toujours  le  nom  du  chef  des  Vélocasses  avec  le  nom  du 
peuple  substitué  à  celui  de  la  cité. 


MOIflf AIE  DES  VÉLOCASSES. 


(1)  Mionnet,  «  Description  des  Médailles  antiques,  »  t.  i«%  p.  82,  n-  219, 220  et  221.  -  Id.,  «  Supplément,  •  1. 1*', 
p.  149,  n»  154. 

(2)  G.  Conbrouse ,  «  Catalogue  raisonné  des  Monnaies  nationales  de  France ,  »  p.  39. 

(3)  De  La  Goy,  «Notice  sur  l'attribution  de  quelques  Médailles  des  Gaules,  »  p.  46. 

(4)  De  La  Saussaye,  «  Revue  numismatique,  »  année  1838,  p.  307,  et  année  1840,  p.  256. 

(5)  Lambert ,  «  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise  du  nord-ouest  de  la  France ,  »  et  «  Mémoires  de  la  Société 
des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xin,  p.  144,  241,  pi.  ix,  flg.  5,  6,  7  et  8. 

(6)  Devillè,  «  Essai  sur  les  Médailles  gauloises  de  Rouen,  •  in-4  de  10  p.  et  pi.  —  id.,  «  Mémoires  de  la  Société  dos 
Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  61-69.  —  «  Précis  analytique  des  Trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  annéel839,  p.  183. 


Les  monnaies  gauloises  trouvées  à  Rouen  sont  jusqu'ici  en  bien  petit  nombre. 

Nous  ne  connaissons   même   avec   certitude  que   celles  qui    ont  été  recueillies  par. 

M.   Thaurin,   dans   les   derniers    travaux    entrepris    à    Rouen,   de   i855    à    4864. 

M.  Thaurin   nous  ayant  permis  de  visiter   sa  collection ,  nous  y  avons  vu  de  huit 

à  dix  pièces  gauloises  recueillies  sur  plusieurs  points,  notamment  dans  le  quartier 

Saint-Louis  et  près  de  la  Grosse-Horloge.  Une  de  ces  pièces  est  en  élecUiim ,  trois 

sont  en   potin  et  le  reste   est   en    bronze.    Plusieurs 

sont  frustes,    et  les   seules  que  nous  ayons   pu    lire 

portent    ïa    légende    bien    connue    de    Germanv   In- 

DVTiLui ,    attribuée    par    Conbrouse    à    Induciomar , 

chef   des    Trévires.    (  Nous    reproduisons    ici    cette 

MoiiitAiE  GArLonB.  pièce). 

Epoque  romaine.  —  Nous  ne  saurions  douter  un  seul  instant  que  Rouen  n'ait  possédé 
son  atelier  monétaire  à  l'époque  romaine ,  surtout  pendant  les  trois  derniers  siècles  que 
cette  cité  était  érigée  en  métropole;  mais ,  jusqu'à  présent,  nous  ne  connaissons  aucune 
pièce  portant  le  difTérent  de  Rouen.  Nous  attendrons  donc  que  la  science  numismatique 
soit  plus  avancée  et  qu'elle  puisse  distinguer,  parmi  les  innombrables  médailles  impériales, 
celles  qu'elle  peut  revendiquer  pour  la  seconde  Lyonnaise. 

En  attendant  ce  triage  scientifique,  nous  allons  donner  la  liste,  bien  incomplète,  des 
monnaies  romaines  sorties  du  sol  de  Rouen.  Pour  nous  guider  dans  cette  tentative,  nous 
n'aurons  guère  que  les  observations  faites  dans  ce  siècle ,  notamment  par  M.  Deville ,  qui  a 
bien  voulu  nous  léguer  les  siennes,  et  celles  de  MM.  Thaurin,  De  la  Quérière  et  P.  Baudry, 
qui  les  ont  livrées  au  public. 

Donnons  d'abord,  par  ordre  cbronolc^que,  les  noms  des  empereurs  et  des  im- 
pératrices sortis  du  sol  de  Rouen;  nous  ferons  ensuite  quelques  observations  sur  la 
matière. 

Ces  Césars  sont  :  Auguste,  —  Claude,  —  Néron,  —  Vespasien,  —  Domitien,  —  Trajan, 

—  Plotine,  —  Hadrien,  —  Antonin,  —  Faustine,  —  Lucius  Verus  (un  médaillon  en  or), 

—  Marc-Aurèle,  —  Commode,  —  Septime  Sévère,  —  JuUa  Domna,  —  Géta,  —  Caracalla, 

—  Hélic^abale  ou  Elagabale,  —  Alexandre  Sévère,  —  Sallustia  Orbiana,  —  Gordien  UI , 

—  Philippe  père  et  fils,  —  Otacille,  —  Trajan-Dèce,  —  Elruscille,  —  Herennius  Etruscus, 

—  Trébonien-Galle,  —  Volusien,  —  Valérien,  —  Gallien, —  Posthume,  —  Victorin, — 
Tétricus  père  et  fils,  —  Quintillus,  — Aurélien,  — Dioctétien, — Maximien,  — Garausius 
(287-293),  —  Constance-Chlore,  —  Constantin-le-Grand,  —  Crispus,  —  Gratien, — Justin 
(518-527,  sol  d'or  aux  Chartireux). 

Comme  partout,  les  monnaies  de  bronze  sont  les  plus  communes  à  Rouen.  Celles  d'ar- 
gent y  sont  assez  fréquentes,  surtout  les  pièces  altérées  et  à  bas  titre  des  tyrans  gaulois  du 
uP  siècle.  L'or  y  est  fort  rare.  Quant  au  bronze,  il  se  rencontre  sous  toutes  les  formes  : 


—  127  — 

grand,  moyen  ou  petit  module.  Les  quinaires  sont  également  abondants  :  il  s'en  est  pré- 
senté plusieurs  dépôts,  notamment  dans  les  sépultures. 

Les  empereurs  dont  les  noms  reviennent  le  plus  souvent  sont  les  mêmes  que  par- 
tout ailleurs.  Ce  sont,  pour  le  très  Haut-Empire,  Hadrien,  Trajan,  Antonin,  Faus- 
line  et  Marc-Aurèle;  ensuite,  pour  le  temps  des  guerres  intestines  du  me  siècle,  les 
Gordien ,  les  Gallien ,  les  Volusien  et  les  Valérien  ;  mais ,  comme  dans  le  reste  de  la 
Gaule,  aucune  image  n'est  plus  prodiguée  que  celles  des  Posthume ,  des  Philippe  et  des 
Tétricus. 

Les  Posthume  et  les  Tétricus,  nous  le  savons,  parsèment  le  sol  de  la  Normandie,  de  la 
Belgique,  de  la  France  et  de  l'Angleterre.  Mais  nous  croyons  avoir  une  raison  particulière 
de  les  posséder  à  Rouen.  Nous  supposons  avec  quelques  écrivains  modernes  que  ces 
tyrans  gaulois  ont  habité  notre  ville  et  qu'ils  y  ont  possédé  un  important  atelier  moné- 
taire (1). 

Les  monnaies  de  Constantin,  de  ses  fils  et  de  leurs  successeurs  du  iv^  siècle  sont  éga- 
lement communes  à  Rouen.  Mais  il  est,  au  beau  milieu  de  l'empire  romain,  une  période 
assez  éclaircie  qui  fournit  peu  ou  point  de  monnaies.  C'est  celle  qui  va  de  Commode  (192) 
à  Gordien  (238).  Il  y  a  là  une  lacune  d'un  demi-siècle  assez  difficile  à  expliquer.  Comme 
dans  toute  la  Gaule  occidentale,  notamment  dans  la  seconde  Lyonnaise,  la  série  impériale 
s'arrête  à  Gralien.  Les  Césars  qui  suivent  ayant  à  peine  régné  sur  nos  contrées,  leurs  mon- 
naies de  bronze  ne  s'y  trouvent  plus.  Nous  y  rencontrons  encore  leur  or;  mais  l'or  était 
moins  une  monnaie  qu'une  marchandise  :  dans  les  transactions,  il  se  prenait  au  poids, 
sans  égard  pour  l'image. 

Il  est  une  monnaie  rare  ou  presque  inconnue  ailleurs,  et  dont  on  a  trouvé  à  Rouen 
plusieurs  dépôts.  Nous  voulons  parler  de  Carausius,  cet  usurpateur  gaulois  qui,  en  287, 
revêtit  la  pourpre  dans  la  Bretagne,  et  régna  quelques  années  sur  les  deux  rives  de  la 
Manche  (2).  Nous  ne  doutons  pas  que  Carausius  ne  soit  venu  à  Rouen,  qu'il  ait  occupé 
cette  ville  et  qu'il  y  ait  battu  monnaie.  Pour  renverser  sa  puissance,  ou  plutôt  celle  d'Al- 
lectus,  son  successeur,  il  fallut  tout  une  expédition  maritime  préparée  par  Asclepiodote  (3), 
préfet  du  prétoire  des  Gaules,  et  commandée  par  l'empereur  Constance-Chlore.  Au 
rapport  d'Eumène  (4),  ce  fut  dans  la  Seine,  en  296,  que  se  réunit  la  flotte  destinée  à  trans- 
porter l'armée  expéditionnaire  de  la  Bretagne.  Elle  était  campée  dans  les  fameux  Castra 

(1)  Houel,  «  Annales  des  Cauchois,  »  t.  !•',  p.  233,235.  —  Thieury,  «  Saint-Gervais  de  Rouen,  »  p.  15-16. 

(2)  Des  monnaies  de  Carausius  ont  été  trouvées  en  1789  dans  la  me  des  Carmes^  au  n"  85,  et  en  1846  dans 
Tabbaye  de  Baint-Amand,  où  il  s*en  rencontra  plus  de  deux  cents  dans  un  vase  de  terre. 

(3)  Le  nom  d'Asclepiodotus  figure  comme  décurion  sur  une  inscription  de  Septime  Sévère,  trouvée  en  1861  dans 
un  Camp  de  César,  voisin  d'Alexandrie,  en  Egypte.  «  Revue  archéolog.,  »  de  septembre  1864,  p.  213,  nouvelle  série, 
deuxième  année. 

(4)  «  Exercitus  quem  Bequana  in  fluctus  invexerat.  »  Eumen.  in  Constantium ,  apud  Bouquet ,  «  Recueil 
des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France ,  »  t.  i" ,  p.  714.  —  Houel ,  «  Annales  des  Cauchois ,  »  t.  i", 
p.  250,  258. 


—  128  — 

• 

Constantia  dont  parle  Ammien  Marcellin  (1),  et  dont  quelques-uns  croient  retrouter  les 
traces  dans  les  grandes  enceintes  de  Boudeville  et  de  Sandouville  (2). 

Les  points  de  Rouen  sur  lesquels  ont  été  recueillis  les  principaux  groupes  monétaires  de 
la  période  romaine  sont  :  la  rue  des  Carmes,  où  Ton  en  compta  quatre-vingts  en  1789;  — 
la  rue  Saint- André-hors-Ville,  où  Ton  remua  une  pile  de  vingt-sept  quinaires  de  bronze 
en  1825;  —  la  rue  du  Renard,  où  des  tombeaux  présentèrent,  en  1827  et  en  1828, 
des  monnaies  éparses  et  des  bronzes  percés  ;  —  la  ru^  Beauvoisine,  en  1840  et  en  1848  ; 
—  V abbaye  de  Saint- Amand,  qui  montra,  en  1858,  trente-six  pièces  d'argent,  des  bronzes 
en  1856  et  trois  cents  bronzes  en  1846;  —  là,  rue  de  V Ecole,  ai  1847;  —  la  place  de 
VEôtel-de-Ville,  en  1853  et  en  1861  (3),  —  et  le  Virnoo-Marché,  en  1861.  En  1864, 
dans  la  fondation  d'une  maison  voisine,  à  ce  que  nous  pensons,  de  la  rue  de  V Impératrice, 
il  a  été  trouvé  un  vase  de  métal  contenant  quarante-trois  belles  monnaies  romaines  ; 
quatre  étaient  en  bronze  et  trente-neuf  en  argent.  Toutes  étaient  parfaitement  conservées. 
La  série  commençait  à  Trajan  (117)  pour  finir  à  Volusien  (254),  époque  probable  de 
l'enfouissement  du  trésor.  Plusieurs  de  ces  jrièces  appartenaient  à  des  impératrices  et 
quelques-unes  d'entre  elles  étaient  rares,  telles  que  Plotine  et  Sallustia  Barbia  Orbiana. 
Avec  ce  trésor  monétaire  se  trouvait  un  joli  miroir  en  argent  encore  poli  et  muni  d'une 
anse  fort  élégante. 

Epoque  mérovingeenne.  —  Les  ateliers  monétaires  qui  existaient  à  Rouen  sous  les 
Romains  continuèrent  à  fonctionner  au  temps  des  Francs.  Sur  ce  dernier  point ,  le 
doute  n'est  pas  possible.  Nous  avons  des  témoins  parlants  et  solennels.  Nous  allons 
d'abord  recueillir  les  aveux  des  numismates  ;  nous  ferons  ensuite  parler  les  monnaies 
elles-mêmes. 

Dès  1666,  Claude  Bouteroue,  dans  ses  Recherches  cvrievses  des  Monnayes  de  France, 
nous  fait  connaître  six  triens  de  francs  portant  le  nom  de  Rouen.  Le  premier  qu'il  donne 
présente,  autour  d'une  tête,  Rotomo,  et,  au  revers,  le  nom  de Melewo,  entourant  une 
croix  sortant  d'un  vase  et  surmontée  d'un  monogramme  du  Christ  Bouteroue  croit  que 
Melrito  était  un  comte  ou  monétaire  de  Rouen.  Le  second  triens  présente ,  autour  d'une 
tête,  RoTOMOio,  et,  au  revers,  autour  d'une  croix  pattée,  le  nom  du  monétaire  Peccane  m. 
Sur  le  troisième  triens,  on  lit  d'un  côté,  autour  d'une  tête,  Rodomi-t-tvs,  et  de  l'autre, 
autour  d'une  figure  assise  tenant  une  colonne,  Wizolenvs.  Le  quatrième  oflre,  autour 
d'une  tête  diadémée,  Rotomoci,  et,  au  revers,  autour  d'une  croix  encadrée  d'un  grenetis, 
CiNOALD.  Sur  le  cinquième,  une  tête  royale  est  entourée  de  Rotomvs,  et  une  croix, 
posée    sur  les  degrés,   est  environnée  de  a...ne   m.   (peut-être  Allone  Monetario). 

(1)  Ammien  Marcellin,  «<  De  Gallis,  »  lib.  xv,  c.  ir,  apud  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  i",  p.  546. 

(2)  E.  Gaillard.  «  Recherches  archéologiques,  p.  6-7,  et  «  Précis  analytique  de  l'Académie,  »  année  1832,  p.  164. 
—  Fallue,  t  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  300. 

(3)  a  Journal  de  Rouen,  »  du  U  mars  1861. 


—  129  — 
Enfin  ,  le  sixième  montre ,    autour  d'une  tête  perlée ,   ...  otomvs  ,  et,  au  revers , 

T  MISDVSSVDIT  (1). 

Après  Bouteroue,  Leblanc,  numismate  du  dernier  siècle ,  parle  aussi  de  l'atelier  moné- 
taire qui  fonctionnait  à  Rouen  sous  la  première  race  (2)  ;  mais  il  ne  reproduit  qu'une  seule 
pièce  qui  en  soit  sortie ,  quoiqu'il  en  ait  certainement  connu  d'autres.  Cette  monnaie  n'est 
autre  que  le  triens  de  Melrito  (3),  déjà  donné  par  Bouteroue,  et  que  ce  dernier  attribuait 
à  l'an  585 ,  au  règne  de  Chilpéric  I^p  (4). 

Mais  notre  siècle  me  paraît  avoir  découvert  beaucoup  plus  de^  monétaires  rouennais  que 
les  deux  précédents.  Le  temps  et  l'observation  devaient  amener  ce  résultat.  Un  Catalogne 
de  Légendes  de  Monnaies  mérovingiennes,  publié,  en  1840,  par  M.  Cartier,  d'Amboise, 
nous  fournit  la  liste  suivante,  dont  la  richesse  dépasse  tout  ce  qui  précède  (5).  Nous 
y  voyons  figurer  les  monétaires  Anoaldus  ou  Aigualdus,  Baudacharius,  Bertchramnus, 
Chagnoaldus,  Cniloacus,  Desiderius,  Emebertus,  Sillon ,  Savelone,  Tauldolinus,  Vizoleus 
et  Vulzolenus.  C'est  un  mélange  de  noms  romains  et  barbares,  comme  la  société  d'alors  : 

ANOALDO  ou  AIGUÀLDO  f  ROTOMO,  —  BAVDACHARIVS  f  ROTOMO  CIV.  MO.,  —  BERTCHUAMNO 
MO  f  ROTOMO  CIV.,  —  CHAGNOALDO  MON  f  ROTOMO  CIVITATI ,  —  CNILOAC  f  ROTOMO  CI ,  — 
DESroERIO  -|-  ROTOMO ,  —  ERNEBERTO  M  f  ROTOMO  CI ,  —  SILLON  M  f  RODOMO  CI ,  — 
SAVELONE  MONETA  f  BCATOMAGO,  —  TAVLDOLINO  f  R.  TOMO  CI ,  VIZOLEVS  f  ROTOMO  CI ,  —  et 
VVLZOLENYS. 

La  belle  collection  de  monnaies  françaises  recueillie  par  M.  Lecarpentier,  d'Honfleur, 
et  que  sa  veuve  vient  de  donner  à  la  ville  de  Rouen ,  renferme  huit  triens  méroringiens 
sortis  des  ateliers  monétaires  de  Rouen.  L'un  d'eux  nous  paraît  avoir  ceci  de  remarquable, 
qu'il  semble  prouver  que  l'église  cathédrale  de  Rouen  possédait  aussi  son  hôtel  des 
monnaies  ;  la  seule  légende  est  celle-ci  :  Ecl.  Rot.  (Ecclesia  Rotomagensis).  Sur  les  sept 
autres  noms,  deux  ou  trois  semblent  déjà  connus,  comme  Ancoaldus,  Peccane  et  peut-être 
Neletus.Mais  les  noms  de  Macoaldus,Verrichila,Bertherilus  etPonaritoaldus,me  paraissent 
nouveaux.  Voici,  du  reste,  ces  légendes  :  neleto  f  rotom  ,  —  pecane  m  f  rotomo,  — 

ANCOALDO  f  ROTOMO  CI ,  —  PONAIOTOAL  f  ROTOMO  C ,  —  M  ACOALDOMO  f  RODOMO  CIVATE , 
—  VERRIGHILA  MO  —  ROTOMO  CI  (6). 

En  dehors  des  documents  légués  par  les  livres  ou  les  collections  numismatiques,  notre 
Musée  d'antiquités  possède ,  sur  les  ateliers  mérovingiens  de  Rouen ,  deux  documents  d'un 
prix  inestimable.  Ce  sont  deux  tiers  de  sol  d'or,  trouvés  à  Rouen,  en  1846,  et  portant  le 

(!)  Cl.  Bovterove,  c  Recherches  cvrievses  svr  les  Monnoyes  de  France  depvis  l'établissement  de  la  monarchie,  » 
p.  262-264,  361 ,  n-  159, 160,  pi.  v,  n«  5,  6,  10. 

(2)  Leblanc,  «  Traité  historique  des  Monnaies  de  France,  »  p.  64. 

(3)  Id.,  ibid  ,  1 2*  planche  des  Monnaies  mérovingiennes,  t  n»  46. 

(4)  Bovterove,  •  Recherches  cvrievses  svr  les  Monnoyes  de  France,  »  p.  262-264. 

(5)  Cartier,  «  Revue  numismatique,  »  année  1840,  p.  214-242. 

(6)  «  Catalogue  de  la  Collection  Lecarpentier,  »  dressé  par  M.  Rousseau,  p.  6,  Mss. 

17 


—  130  — 

nom  de  cette  ville.  On  lit,  sur  l'un  et  sur  l'autre, 
RoTOMo  CI.  (Nous  reproduisons  ici  ces  pièces 
curieuses.)  Mais  l'un  des  deux  donne  le  nom 
du  monétaire  qui  l'a  frappé  :  Bert(cha)mnio  (1). 
Il  nous  semble  que  ce  nom  de  Bertchamnius,  que         tbiens  MÉRovirrcunis  (mouBN,  isifi). 

l'on  peut  traduire  par  Berthram  ou  Berthrand ,  a 

la  plus  grande  analogie  avec  Bertchramnus ,  déjà  cité  par  M.  Cartier,  d'Amboise  (2). 
On  est  tenté  de  rapprocher  ce  même  personnage  mérovingien  avec  le  leude  qui  pos- 
sédait et  habitait  Cailly  à  la  fin  du  vii^  siècle ,  lorsque  saint  Leufroi  y  fit  son  appa- 
rition (3). 

Une  dernière  trace  de  ce  seigneur  monétaire  du  pays  de  Rouen  est  peut-ôtre  le  Iriens 
que  renferme  le  cabinet  des  médailles  de  notre  Bibliothèque  impériale.  Au  milieu  de 
plusieurs  tiers  de  sol  frappés  à  Rouen ,  que  nous  n'avons  pu  copiei',  il  nous  a  été  du  moins 
donné  d'en  voir  un  sur  lequel  on  lit,  autour  d'un  buste,  Rotomo,  et  autour  d'une  croix 
pattée ,  Bertom  (4). 

Epoque  carlovingienne.  —  Enfin,  nous  arrivons  à  l'époque  carlovingienne.  Là,  l'hôtel 
des  monnaies  de  Rouen  nous  apparaît  non-seulement  dans  le  fait,  mais  aussi  dans  le 
droit.  Le  célèbre  édit  de  Pitres,  qui  pendant  tant  de  siècles  régla  la  matière  monétaire  dans 
l'Europe  occidentale ,  indique  Rouen  comme  un  des  ateliers  monétaires  que  Charles-le- 
Chauve  maintenait  dans  son  empire  par  un  essai  de  centralisation  qui  n'a  pas  réussi.  Cet 
édit,  ou,  si  l'on  veut,  ce  capitulaire,  daté  de  864 ,  semble  insinuer  pourtant  que  l'hôtel  de 
Rouen  était  une  dépendance  ou  une  succursale  de  celui  de  Quentowic  (5). 

M.  de  Fré ville  assure ,  d'après  Leblanc,  que  les  pièces  carlovingiennes  frappées  à  Rouen 
et  à  Quentowic  avaient  pour  symbole  un  navire  (6),  sans  doute  pour  indiquer  que  ces  deux 
ateliers  étaient  dans  des  ports  de  mer,  comme  le  proclamait  si  bien  le  diplôme  de 
Dagobert  1er  à  l'abbaye  de  Saint-Denis.  Toutefois ,  nous  devons  dire  que  de  toutes  les 
monnaies  connues  de  la  ville  de  Rouen,  aucune,  jusqu'à  présent,  n'a  présenté  le  mystérieux 
navire. 

De  la  lignée  carlovingienne,  nous  possédons  des  monnaies  frappées  à  Rouen  par 
Charlemagne,  Louis-le-Débonnaife  et  Charles-le-Chauve.  Jusqu'à  ce  jour,  toutes  ,ces 
pièces  sont  en  argent.  Conbrouse  cite  un  denier  de  Charlemagne,  portant  le  nom  de 


(1)  Deville ,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  379. 

(2)  Cartier,  a  Revue  numismatique,  »  année  1840,  p.  214-242. 

(3)  Dom  Bouquet,  o  Recueil  des  Historiens  de  France,  »  t.  m,  p.  644.  —  •  Acta  sanct.  ord.  8.  Benedict.,  »  sœc.  m, 
part.  1,  p.  583. 

(4)  «  Epigraphie  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  34,  et  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxi,  p.  314-15. 

<5)  «  Moneta  fiât...  in  Quentowico  ac  Rotomago  (quse  moneta  ad  Quentowicum  exantiquA  consuetadioe  pertinel).» 
Baluze,  a  Capitulaires,  »  t  ii,  p.  178.  —  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  de  France,  »  t.  vu,  p.  657. 
(6)  De  Fréville,  «  Mémoire  sur  le  Commerce  maritime  de  Rouen,  »  1. 1",  p.  34. 


—  131  — 

RoTOHAGVN  (l).  La  Bibliothèque  de  Rouen ,  plus  heureuse,  renferme,  dans  ta  collection 
Lecarpentier,  un  denier  d'argent  frappé  à  Rotomacvm  et  portant  ta  légende  impériale  : 
Caholvs  imp.  Avg.  (2).  Le  même  Conbrouse  donne,  pour  Louîs-Ie-Débonnaire,  les  trois 
versions  suivantes  :  Rotv-macvs,  —  Rotv-hagvs,  —  vel  Rotvi-igvs  (S).  Nous  savons 
d'ailleurs  que  le  Musée  de  Boulogne  possède  un  denier  de  Louis-le-Débonnaire,  sur 
lequel  ont  lit  très  visiblement:  Rotomagvs  (4).  Leblanc  en  reproduit  encore  deux  autres 
du  même  souverain.  Sur  une  pièce,  on  voit  dans  le  champ  :  Rov  ]  macvs;  sur  l'autre', 
OD  lit  à  l'exei^e  :  Rotvacts  (5).  La  collection  Lecarpentier  offre  la  devise  impériale  : 
Ltdovicvs  imp.,  sortie  des  ateliers  de  Rotv-macvs. 

Des  deniers  de  Louis-le-Débonnaire  ont  été  trouvés  à  Rouen,  dans  la  rue  de  l'Impéra- 
trice, en  d864  et  en  4863  (6).  Malheureusement,  on  ignore  s'ils  avaient  été  frappés  dans 
cette  ville. 

Charles-le-Chauve  est  plus  nombreux  et  plus  varié  que  ses  prédécesseurs.  Voici  les 
différentes  légendes  données  par  Conbrouse  :  Rotvhacvs  civii ,  —  Rotvhacvs  civk  vel 

ROTVHACVS  DIVl ,  —  ROTILHACVS  vel  RCTVACVS ,  —  RoTVNCVS  C1\I  (7). 

Le  Musée  de  Rouen  possède  un  joH  denier  d'argent  de  Charles-le-Chauve ,  qui  a  le  rare 
mérite  d'avoir  été  trouvé,  en  1837,  dans  celle  même  ville,  où  il  avait  été  frappé  mille  ans 
auparavant.  Autour  d'un  monogramme  de  Charles,  on  lit:  Gratia  dei  REX,et  au  revers. 


OINIERS  CABLOVIFfGIGNS  (ROUIn). 

autour  d'une  croix  pattée  :  f  Rotvnacvs  civn.  Sur  une  autre  pièce  toute  semblable ,  on  lit 
Ro'HMACVS  civil  ;  nous  ignorons  la  provenance  de  cette  dernière.  Nous  avons  vu  chez  un  ' 
marchand  d'antiquités  de  Rouen  (8)  un  denier  d'ai^ent  au  monogramme  de  Cliarles,  sur 
lequel  on  lit  :  Gratia  di  rex  —  Rotvmacvs  civn. 

En  ■1846,  on  trouva  à  Imbleville  (canton  de  Tôtes) ,  un  groupe  de  soixante-cinq  deniers 
oboles  en  aident,  à  l'effigie  de  Charles-le-Chauve,  presque  tous  sortis  des  ateliers  de 

(1)  G.  Conbrouse,  '  Catalogue  raisouné  des  Monnaies  nationales  de  France  :  Carlovinglens ,  •  p.  36, 
(?)  ■  Catalogue  de  la  collection  Lecarpentier,  >  dres^  par  M.  Rousseau. 

(3)  G.  Conbrouse,  •  Catalogue  raisonné  des  Monnaies  nationales  de  France  :  Carlovingiens ,  •  p.  M. 

(4)  *  Epigrapbie  de  la  ëeine-Inrérieuro ,  •>  p.  34. 

(5)  Leblanc,  <  Traité  historique  des  Monnaies  de  France,  ■  p.  102,  133,  n"  34. 
(6j  Tbaurin,  ■  Journal  de  Rouen,  "  du  16  décembre  1863. 

(7)  G.  Conbrouse ,  i  Catalogue  raisonné  des  Monnaies  nalionalea  de  Fronce  :  Carlovingiens,  ■>  p.  3ti. 

(8)  U.  Billiard ,  rue  Ganterie  ,26. 


—  132  — 

Rouen.  Il  est  probable  que  ceux  que  nous  produisons  ici  proviennent  de  cette  cacbeiie , 
dont  une  partie  est  entrée  dans  notre  musée. 

Enfin,  la  collection  léguée  à  la  ville  de  Rouen  par  M.  Lecarpentier  contient  neuf  deniers 
ou  oboles  d'argent  de  Charles-le-Chauve.  Sur  toutes  ces  pièces,  on  lit  d'un  côté:  Gratu 
D I  REX ,  entourant  le  monogramme  de  Charles.  Mais  le  nom  de  Rouen  y  est  orthographié 
de  trois  manières  différentes:  une  fois  on  lit  Rotvhacvs  civi;  deux  fois,  Rotmacvs  civii, 
et  six  fois ,  RoTvNACvs  civii. 

Période  normande.  —  Il  est  clair  que ,  pendant  la  période  ducale  de  la  dynastie 
de  Rollon,  Rouen  fut  le  grand  hôtel  monétaire  des  Normands.  On  ne  lui  donne  guère 
d*autre  succursale  que  la  ville  de  Bayeux(l).  Un  instant  nous  avions  cru,  d'après 
quelques  auteurs  du  dernier  siècle  (2),  que  le  bourg  royal  de  Lillebonne  (vicus  regalis) 
avait  aussi  possédé  un  hôtel  des  monnaies  au  ix^  siècle.  On  croyait  avoir  lu  son  nom 
sur  un  denier  du  Conquérant;  mais  cette  prétention  sjest  évanouie  à  la  lumière  et  à  la 
critique  des  numismates  du  xix^  siècle  (3).  Si  nous  regrettons  cette  découverte  pour 
l'honneur  de  notre  pays,  nous  nous  en  réjouissons  dans  l'intérêt  de  la  vérité,  que  nous 
cherchons-^ 

Notre  numismatique  normande,  baronale  pendant  un  siècle  et  demi  (de  912  à  1066), 
devint  royale  pendant  les  cent  quarante  années  que  notre  province  posséda  l'Angleterre  et 
se  posséda  elle-même  (1066-1204). 

Jusqu'à  présent,  on  ne  cite  pas  de  monnaies  de  RoUon,  qui  pourtant  a  dû  en  frapper. 
La  plus  ancienne  monnaie  normande  connue  est  revendiquée  pour  Guillaume-Longue- 
Epée.  M.  de  Longpérier  l'a  critiquée,  et  M.  Deville  accepte  son  jugement.  On  sent  de  quel 
poids  est  l'opinion  de  pareils  hommes.  On  lit  sur  ce  denier  d'argent,  qui  se  ti'ouve  à  la 
Bibliothèque  impériale  :  Willelmvs  —  Rotomacvs  (4). 

Les  autres  monnaies ,  toujours  en  argent,  sont  des  trois  premiers  Richard.  On  éprouve 
bien  quelques  difficultés  à  les  classer  chronologiquement  ;  cependant ,  les  habiles  numis- 
mates de  notre  époque  ne  renoncent  pas  à  cette  tâche ,  devant  laquelle  reculaient  leurs 
prédécesseurs. 

C'est  ainsi  que  M.  Lecointi^e-Dupont  n'hésite  pas,  d'après  MM.  Lelewel  (5)  et  de  Long- 
périer (6),  à  attribuer  au  duc  Richard  I^r  un  denier  que  Tobiésen-Duby  donnait  à  Richard- 

(1)  Le  concile  ou  plutôt  la  diète  tenue, à  Lillebonne,  en  lOSO,  sous  la  primauté  d'honneur  du  Conquérant,  ne 
parle  que  de  deux  maisons  monétaires  de  Rouen  et  de  Bayeux.  <«  Monetarias  domos  Rotho'magenses  et  Bajo- 
censés.  «  Martenne,  «  Thésaurus  Anecdotorum,  »  t.  iv,  col.  119. 

(2)  Tobiésen-Duby,  «  Traité  des  Monnaies  des  Barons,  »  t.  i*',  p.  182,  pi.  lxix,  fig.  6.  —  Ducarel,  «  Anglo- 
Norman  antiquities.  » 

(3)  M.  Lecointre-Ehipont,  de  Poitiers,  d'après  M.  de  Longpérier,  de  Paris.  Voyez  «  Lettres  sur  l'Histoire 
monétaire  de  la  Normandie,  »  p.  28-29. 

(4)  Deville ,  «  Revue  de  Rouen ,  »  année  1846 ,  p.  359-64. 

(5)  Lelewel,  a  Numismatique  du  Moyen- Age,  »  1. 1",  p.  142. 

(6)  De  Longpérier,  «Revue  numismatique,  »  année  1843,  p.  60. 


-  133  — 

Cœui*-de-Lion  (1).  Cette  pièce,  qui  se  trouve  à  Paris,  présente  le  temple  carlovingien  avec 
ces  noms  :  Richardvs  —  Rotomacvs  (2).  ^ 

m 

En  1842,  M.  Deville  acheta,  pour  le  Musée  de  Rouen,  un  denier  d'argent  qui  venait 
d'elfe  trouvé  à  Sotteville-lès-Rouen.  Il  ne  balance  pas  à  Tattribuer  à  notre  Richard  I^r  (3). 

M.  Lecointre-Dupont  réclame  pour  Richard  II  une  monnaie  d'argent  qui  se  trouve  à 
Saint-Pétersbourg  et  sur  laquelle  on  lit  d'un  côté  :  Rcard  :  Marchis  (Marchio)  ;  de 
l'autre:  Rotoma  Romans  ,  et  dans  le  champ:  Eps.;  comme  s'il  y  avait:  Sanctus  Romanus 
Episcopus  (4).  Nous  trouvons  un  plus  grand  intérêt  à  citer  un  denier  d'argent  que  le  Musée 
de  Rouen  possède  depuis  1845  et  qui  provient  de  Lîllebonne.  M.  Deville  attribue  à 
Richard  II  cette  pièce,  sur  laquelle  on  lit  d'un  côté  :  Richardvs  c  (Comes)  et  de  l'autre  : 
RoTOM.  civriAs  (5). 

On  donne  encore  à  nos  ducs  Richard,  sans  désignation  de  numéro,  les  pièces  suivantes  : 
un  denier  possédé  par  M.  de  Saulcy ,  dont  l'analogue  a  déjà  été  édité  par  de  Roze  et 
Tobiésen-Duby  :  Rihardv  —  Domocori  ;  un  autre  denier  déposé  au  cabinet  des  médailles  de 
Paris  Rhardvs  —  Roudeco  (6);  enfin,  les  deux  pièces  données,  par  Tobiésen-Duby,  comme 
des  trois  premiers  Richard  :  Richardvs  —  otomacatvs  et  Richardvs  —  dioogmco  (7). 

Deux  savants  distingués ,  MM.  Deville  et  Lecointre-Dupont  n'hésitent  pas  à  donner  à 
Robert  1©^,  père  du  Conquérant,  la  monnaie  normande  qui  porte  le  nom  de  saint  Romain. 
Cette  pièce  baronale ,  qui  semble  plutôt  appartenir  à  un  évêque  qu'à  un  duc ,  présente  d'un 
côté  une  croix  archiépiscopale  et  Se.  Roman.  (Sanctus  Romanus)  ;  de  l'autre ,  un  portail 
d'église  avec  la  légende  :  Rotomag  (8). 

Nous  sommes  en  plein  xi^  siècle,  et  il  nous  tarde  de  parler  du  Conquérant.  Des  monnaies 
de  Guillaume,  sorties  des  ateliers  de  Rouen,  nous  sont  signalées  par  Ducarel,  Tobiésen- 
Duby  et  M.  Lecointre-Dupont.  Ducarel  en  donne  deux  qui  se  trouvaient  alors  en  Angleterre  : 
WiLELMVS  -^  RoTOMALis  et  WiLELMVS  —  RoTOMAEiL  (9).  Tobiéscn-Duby  en  donne  une 
possédée  par  M.  de  Roze  et  qui  porte  les  légendes  :  Wilelmvs  —  Rotomacis(10).  Enfin, 
M.  Lecointre-Dupont  en  cite  une  seule  tirée  de  notre  cabinet  des  médailles  ;  elle  porte  : 

WiLELMYS  —  ROTOMCS  (11). 


(1)  Tobiésen-Duby,  «Traité des  Monnaies  des  Barons,  »  t.  i",  p.  180-83,  pi.  lxix,  flg.  1,2,  3,  4,  5. 

(2)  Lecointre-Dupont ,  «  Lettres  sur  l'Histoire  monétaire  de  la  Normandie,  »  p.  23,  pi.  i,  fig.  !'•. 

(3)  Deville ,  «  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure ,  »  p.  332-334. 

(4)  Lecointre-Dupont,  «  Lettres  sur  l'Histoire  monétaire  de  la  Normandie,  »  p.  24,  pi.  i,  fig.  2. 

(5)  Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  379. 

(6)  Lecointre-Dupont,  «Lettres sur  l'Histoire  monétaire  de  la  Ndrmandie,  »  p.  25, pi.  i,  fig.  4,  5,  6. 

(7)  Tobiésen-Duby ,  «  Traité  des  Monnaies  des  Barons ,  »  t.  i",  p.  180-83,  pi.  lxix,  flg.  1,  2, 3,  4,  7,  10  et  11. 

(8)  Lecointre-Dupont,  a  Lettres  sur  l'Histoire  monétaire  de  la  Normandie ,  »  p.  24,  pi.  i,  fig.  3.  —  Deville  , 
«  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  p.  359-64. 

(9)  Ducarel ,  a  Anglo-Norman  antiquities,  »  pi.  m,  fig.  1  et  2. 

(10)  Tobiésen-Duby,  «Traité  des  Monnaies  des  Barons,  »  1. 1",  p.  183,  pi.  lxix,  fig.  7,  8  et  9. 

(11)  Lecointre-Dupont,  «Lettres  sur  l'Histoire  monétaire  de  la  Normandie,  »  p.  24-25,  pi.  i,  fig. 


—  434  — 

Les  découvertes  de  monnaies  normandes  sont  rares  à  Rouen  comme  partout  aiUeiurs. 
]W.  Thaurin  en  cite  deux  :  Tune  au  Vieux-Marché  en  1854,  et  l'autre  au  Lycée  en  4859. 
Ces  deux  pièces  d'argent  appartenaient  à  la  première  moitié  du  xi^  siècle  (1). 

Il  ne  nous  est  pas  possible  de  terminer  ce  travail  sur  le  Rouen  monétaire ,  sans  citer 
une  précieuse  découverte  de  monnaies  normandes,  faite,  vers  1847,  dans  l'enceinte  de 
l'ancienne  abbaye  de  Saint-Lô.  La  pile  de  monnaies  d'argent  qui  se  montra  dlovs  fiit 
recueillie  par  M.  Thomas,  avocat  et  numismate  distingué  de  notre  ville.  Ce  savant  collecteur 
considérait  ces  pièces  comme  des  premiers  temps  de  la  domination  normande. 

Il  est  probable  que  ces  rares  et  curieuses  pièces,  qui  du  reste  sont  entréçes  dans  notre 
collection  publique,  ressemblaient  beaucoup  aux  cinquante-deux  deniers  normands  anépi- 
graphiques  et  barbares  que  possède  aujourd'hui  la  ville  de  Rouen,  dans  la  belle  collection 
Lecarpentier.  Les  monnaies  rudimentaires  de  cette  civilisation  Scandinave,  d'où  nous 
sommes  issus ,  rappellent  beaucoup  les  premiers  essais  nunaismatiques  de  la  Gaule  elle- 
même.  Elles  montrent,  bien  mieux  que  ne  pourraient  nous  le  dire  les  historiens  d'alors,  à 
quel  degré  d'abaissement  et  d'oubli  tout  art  était  tombé  parmi  nous.  A  leur  aspect ,  on  com- 
prend de  suite  quelle  tâche  ont  accomplie  nos  premiers  ducs  normands,  quand  ils  ont  fait 
reculer  de  ce  sol  la  barbarie  que  leurs  pères  y  avaient  implantée.  Un  archéologue  couronné 
disait  naguère  aux  représentants  de  l'industrie  française  qu'un  fragment  d'art,  échappé  à  la 
main  du  temps,  pouvait  aisément  démontrer  toute  la  civilisation  d'une  période.  Nous  ferons 
à  nos  monnaies  l'application  de  cette  parole,  qui  équivaut  à  dire  que  les  arts  sont  frères,  et 
nous  nous  écrierons,  en  voyant  les  beaux  travaux  du  xi^  et  du  xn^  siècle  :  «  Recolile  quam 
magna  Northmanni  fecôre  I  » 

§  VIII.  —  Rouen  historique  et  chrétien. 

Sous  ce  titre ,  nous  voulons  réunir  en  im  seul  chapitre  tout  ce  que  nous  savons  du 
mouvement  chrétien  à  Rouen,  depuis  le  commencement  de  cette  sainte  religion  jusqu'au 
xie  siècle.  Malheureusement,  sur  ce  sujet  en  général,  et  sur  les  temps  anciens  en  par- 
ticulier, l'Histoire  dit  peu  et  les  monuments  encore  moins.  Nous  nous  efforcerons  pourtant 
de  faire  marcher  de  pair  les  uns  et  les  autres. 

La  cité  des  Vélocasses  nous  paraît  avoir  reçu  le  christianisme  au  im  siècle ,  très  peu  de 
temps  avant  de  devenir  la  métropole  de  la  seconde  Lyonnaise.  Saint  Mellon  est  considéré 
à  la  fois  comme  son  premier  apôtre  et  son  premier  évoque ,  saint  Nicaise  n'ayant  jamais 
pénétré  dans  cette  ville,  vers  laquelle  il  se  dirigeait. 

Mellon,  né  à  Cardiff,  dans  la  Bretagne,  arriva  à  Rouen  vers  260,  envoyé  par  le  pape 
Etienne  I«r.  On  ne  sait  presque  rien  de  sa  mission ,  et  les  actes  de  sa  vie ,  écrits  longtemps 
après  sa  mort,  semblent  plutôt  un  recueil  de  traditions  que  les  faits  critiqués  d'une  histoire 

(l)  Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  27  octobre  1859. 


—  135  — 

contemporaine.  Ce  qui  résulte  de  plus  clair  de  son  apostolat ,  c'eçt  que ,  pendant  cinquante 
ans,  il  combattit  énergiqnement  l'idolâtrie.  Il  passe  pour  avoir  détruit  les  temples  les  plus 
renommés,  notamment  ceux  de  Diane  et  de  Vénus,  et  celui  de  Roth,  la  grande  divinité 
topique  de  Rotomagiis  (i).  Il  construisit  parmi  nous  le  premier  oratoire  chrétien,  là  où 
s'élève  aujourd'hui  l'église  Notre-Dame,  sur  un  terrain  que  lui  aurait  concédé  le  Romain 
Praecordius,  qu'il  avait  guéri  ou  ressuscité  (2). 

Vers  la  fin  de  sa  carrière,  saint  Mellon  étant  allé  évangéliser  la  station  antique  de 
Gravinum,  mourut  dans  ce  pays  idolâtrique,  le  22  octobre  de  l'an  344.  Nous  avons  cru 
retrouver  à  Héricourt  la  crypte  chrétienne  qui  fut  peut-être  le  premier  asile  de  cette  église 
naissante.  Plus  tard ,  le  corps  de  saint  Mellon  fut  levé  de  terre  et  rapporté  à  Rouen  pour 
être  placé  dans  l'église  souterraine  de  Saint-Gervais,  dont  nous  parlerons  tout  à  l'heure. 

n  paraîtrait  cependant  que  des  germes  du  christianisme  avaient  été  semés  à  Rouen ,  au 
temps  de  saint  Denis  de  Paris,  dont  nous  ne  saurions  fixer  l'épiscopat,  mais  qui  doit  être 
antérieure  celui  de  saint  Mellon.  Un  ancien  historien  raconte  que,  quand  sainte  Clotilde 
fit  restaurer,  de  526  à  530,  l'abbaye  des  Saints-Apôtres,  qui  semblait  avoir  été  un  de  ces 
monastères  fondés  par  saint  Victrice ,  dont  parle  saint  Paulin  de  Noie,  on  trouva,  dans  les 
fondations  même  de  Tautel,  une  inscription  attestant  qu'il  avait  été  consacré  par  le 
bienheureux  Denis  de  Paris  (3).  Ce  même  monastère  devint  plus  tard  la  grande  abbaye 
de  Saînt-Ouen. 

Vers  342,  saint  Avitien  ou  saint  Avidien  succéda  à  saint  Mellon  et  paraît  avoir  occupé 
le  siège  pendant  dix  années.  A  la  prière  de  Constantin-le-Grand,  il  se  rendit  à  Arles,  en  344, 
avec  son  diacre  Nicétius,  afin  d'assister  à  ce  premier  grand  concile  des  Gaules  et  de  l'Occi- 
dent Il  souscrivit  les  actes  de  cette  auguste  assemblée  (4).  Après  sa  mort ,  il  fut  inhumé 

(1)  Tout  le  monde  a  parlé  de  l'idole  et  du  temple  de  Roth  que  les  uns  font  détruire  par  saint  Mellon,  d'autres 
par  saint  Romain.  Sans  pouvoir  donner  de  motifs  déterminants,  nous  penchons  pour  le  premier.  On  est  allé 
jusqu'à  indiquer  Id  place  du  temple  de  ce  dieu  gallo-romain.  On  désigne  ordinairement  le  terrain  occupé,  au 
moyen-Age ,  par  Téglise  et  Tabbaye  de  Saiut-LÔ.  Ce  point,  en  effet,  est  couvert  de  débris  antiques  d'une  haute 
importance  et  d'une  grande  profondeur.  Parmi  ceux  qui  tiennent  pour  cette  tradition,  nous  citerons  :  M.  Ron- 
deaux, «  Notices  et  extraits  des  manuscrits  do  la  Bibliothèque  du  Roi,  »  t.  m,  p.  591-92.  —  Ser\'in,  «  Histoire  de  la 
ville  de  Rouen,  ■  1. 1",  p.  42-47.  —  P^riaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  rues  et  des  places  de  Rouen,  »  p.  xiv-xv, 
141,  275.  —  Lever,  «  Dissertation  sur  l'abolition  du  culte  de  Roth,  »  in-S"  de  52  p.,  Paris  1829.  —  Il  y  avait  à 
Sainl-Lô,  avant  l'abbaye  de  ce  nom,  une  église  de  Saint-Sauveur  ou  de  la  Trinité. 

(2)  Servin,  I Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  p.  45,  52.  —  Duplessis,  «  Description  géogr.  et  hist.,  v  t.  ii,  p.  23. 
—  Rondeaux  de  Bétry,  «  Notices  et  extraits  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  t.  m,  p.  591. 

(3)  On  lit,  en  effet,  dans  une  vie  de  sainte  Clotilde,  écrite  par  un  contemporain  et  publiée  par  Mabillon  et  dom 
Bouquet,  qu'en  526,  lorsque  cette  pieuse  reine  voulut  reconstruire,  dans  un  faubourg  de  Rouen,  un  ancien 
monastère  détruit  par  le  malheur  des  temps,  on  trouva,  dans  les  fondations  de  l'autel,  une  inscription  gravée  sur 
pierre  attestant  que  l'oratoire  avait  été  dédié  aux  douze  apôtres  par  saint  Denis,  de  Paris.  —  Dom  Bouquet, 
«  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  m,  p.  401.  —  Trigan,  «  Histoire  ecclésiastique  de  Nor- 
mandie, »  t.  i*^  p.  11. 

(4)  m  Avitianus,  episcopus  :  Nicétius,  diaconus,  de  Civitate  Rotom'agensium.  »  Labbe  et  Copsart,  «  Sacro-Sanct. 
Concil.,  »  t.  I*',  p.  14-29.  ♦ 


—  136  — 

dans  le  cimetière  public,  d'où  son  corps  fut  plus  tard  transféré  dans  la  crypte  de  Saint- 
Gervais,  qui  montre  encore  son  tombeau. 

Nous  avons  peu  à  dire  de  ses  successeurs  :  saint  Sever  (325-340)  ;  Eusèbe  (340-365) 
qui ,  en  346,  assista  au  concile  de  Cologne,  dont  il  avait  provoqué  la  réunion  (1) ;  Marcellin 
(365-385),  et  Pierre  (385-393). 

Mais  une  grande  lumière  se  fait  autour  de  l'épiscopat  de  saint  Victrice.  Soldat  d'abord , 
puis  évoque,. absolument  comme  saint  Martin  de  Tours,  son  ami  et  son  contemporain,  ce 
grand  pontife  occupa  le  siège  de  Rouen  pendant  vingt-quatre  ans,  de  393  à  447,  Lié 
d'amitié  avec  le  thaumaturge  des  Gaules  et  avec  saint  Paulin  de  Noie ,  il  eut  le  bonheur 
de  se  rencontrer  avec  ces  deux  grands  hommes  dans  la  métropole  de  Vienne,  au  pays  des 
Allobroges  (2).  Il  était  connu  de  saint  Ambroise  qui,  en  396,  lui  adressa  une  caisse  con- 
tenant des  reliques,  notamment  celles  de  saint  Gervais  (3)  et  de  saint  Protais,  que 
l'illustre  docteur  avait  découvertes  lui-même  et  de  ses  propres  mains,  en  386  (4). 

De  l'épiscopat  de  saint  Victrice,  il  nous  reste  de  nombreux  vestiges  dans  l'Histoire  et 
dans  les  monuments.  Le  45  février  404,  le  pape  Innocent  l^^  lui  adressa  unedécrétale  qui 
figive  en  tête  des  actes  de  l'église  de  Rouen  (5).  Saint  Paulin  lui  envoya  deux  lettres,  la 
xvm*  et  la  xxxvm^  de  sa  collection  (6).  Là ,  nous  trouvons  sur  notre  métropole  des  détails 
précieux  pour  ces  temps  reculés.  On  peut  dire  que  c'est  bien  la  Genèse  chrétienne  de 
Rouen.  Victrice  avait  envoyé  à  l'évêque  de  Noie,  par  le  diacre  Paschase  et  le  catéchumène 
Urson,  une  première  lettre  que  nous  n'avons  plus.  Paulin,  à  son  tour,  lui  adressa  la  sienne, 
en  399,  par  le  prêtre  Candidianus,  qui,  de  Rome,  était  allé  à  Noie  et  repartait  pour  Rouen. 

Dans  ce  monument  épistolaire  des  temps  héroïques  de  l'égUse  chrétienne,  Paulin  loue 
Victrice  d'avoir  fait  de  Rouen  une  Jérusalem  nouvelle  parles  temples  qu'il  a  élevés,  par 
les  monastères  qu'il  a  fondés,  par  les  chœurs  qu'il  a  organisés.  C'est  tout  un  nouveau 
monde  que  sa  parole  a  fait  sortir  du  sol  sauvage  et  reculé  des  Gaules.  •  Grâce  à  vous,  lui 
dit-il,  le  nom  de  Rouen,  à  peine  connu  jusqu'alors  des  chrétientés  du  voisinage,  est 
parvenu  jusqu'à  nous  et  est  cité  avec  respect  dans  les  régions  les  plus  éloignées  (7).  • 

La  seconde  lettre ,  datée  de  l'an  404 ,  nous  apprend  que  saint  Victrice  avait  fait  à  son 

(t)  «  Eusebio,  episcopo  Rothomagensium...  consentiente  et  mandante,  »  Labbe  etCossart,  t.  ii,  p.  6-15. 
(2}  «  Meminisse  enim  credo  dignaris,  quia  sanctitatem  tuam  olim  ViennaB  apud  beatum  patrem  nostrum  Mar- 
tinum  viderim.  »  Delorme,  «  Description  du  Musée  de  Vienne  (Isère),  »  p.  272. 

(3)  D'après  un  inventaire  du  xv*  siècle,  cité  par  le  «  Flambeau  astronomique,  »  de  1724,  l'église  Saint-Gervais  de 
Rouen  possédait  encore  de  son  patron  «  un  petit  os  du  chef  avec  sang  caillé  enfermé  dans  un  petit  cofiDret  de 
cristal.  »  Thieury,  «  Saint-Gervais  de  Rouen,  »  p.  7. 

(4)  t  Sancti  Ambrosii,  opéra,  »  epist.  lxxxv,  p.  885,  édit.  de  1549,  et  t.  ii,  col.  874,  epist.  xxu,  ad  sororem  suam, 
édit.  des  Bénédict.,  1690.  —  Licquet,  *  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  17-18.  —  Thieury,  «  Saint-Gervais 
de  Rouen,  »  p.  1-7. 

(5)  Voir  les  «  8.  Rot.  E.  Concilia,  »  de  Pommeraye,  p.  2  à  6,  in-4".  —  Id.,  a  Histoire  des  Arch.  de  Rouen,  • 
p.  50.  —  Bôssin,  «  Concilia  Rotomag.  provinciœ,  »  p.  3-6. 

(6)  «  Sancti  Paulini,  opéra,  ■  p.  98-105,  226-230. 

(7)  «  Sancti  Paulini,  opéra,  •  p.  101-102,  in-4%  Parisiis,  1685.  —  Licquet,  «  Recherches  sur  Rouen,  »  p.  15-16. 


—  i37  — 

tour  le  pèlerinage  des  Saints-Apôtres,  mais  que  de  Rome  il  n*avait  pu  se  rendre  à  Noie,  ce 
que  lui  reproche  affectueusement  son  ami'(i). 

Cependant,  si  nous  avons  perdu  les  lettres  de  saint  Victrice,  nous  avons  de  lui  un 
traité  de  la  Gloire  des  Saints  {De  laude  Sanctorum)  (2).  Ces  saints  étaient  surtout  ceux 
dont  saint  Ambroise  lui  avait  envoyé  les  reliques  (3).  C'est  là  qu'il  nous  raconte  lui-même 
la  construction  de  l'oratoire  et  du  martyrium  des  saints  Gervais  et  Protais,  qui  furent  son 
œuvre.  Dans  un  enthousiasme  chrétien,  dont  nous  n'avons  plus  d'exemple  qu'au  xu^ 
siècle^  Victrice  ne  se  contente  pas  de  prêcher  et  de  quêter  pour  la  construction  du  saint 
édifice  :  il  met  lui-même  la  main  à  l'œuvre.  De  ses  doigts  sacrés  il  roule  des  rochers  et  il 
chaîne  des  pierres  sur  ses  épaules  vénérables  ;  il  arrose  de  ses  sueurs  le  sol  et  les  assises 
du  temple  :  «  Juvat  manibus  volvere  et  grandia  humeris  saxa  portare.  Sudorem  meum 
terra  bibat,  utinàm  sanguinem  biberet  (4).  "• 

Nous  croyons  avoir  revu,  en  1846,  les  fondements  et  une  partie  des  assises  de  l'éghse 
élevée  par  saint  Victrice.  Ce  fut  lorsque  l'on  éleva,  au  portail  actuel,  l'extrémité 
occidentale  du  bas-côté  sud  de  l'église  Saint-Gervais  ;  on  rencontra  alors  des  murs 
romains  construits  en  petit  appareil  et  chaînés  de  briques  rouges.  Comme  pour  mieux 
répondre  à  leur  destination  et  pour  symboliser  leur  usage,  ces  fondations  reposaient  sur 
des  cercueils  de  pierre,  entassés  et  accumulés  dans  le  sol.  M.  Deville  et  moi  n'avons  pas 
hésité  alors  à  regarder  ces  constructions,  entièrement  romaines,  comme  pouvant  appar- 
tenir à  l'éghse  bâtie  par  saint  Victrice  (5). 

Je  suis  également  disposé  à  attribuer  à  ce  grand  saint  la  crypte  de  Saint-Gervais,  le 
plus  ancien  monument  chrétien  de  Rouen  et  du  diocèse,  probablement  même  de  la 
Normandie.  Cette  crypte,  longue  de  11  mètres  40,  large  de  5  mètres  25,  et  haute  de 
5  mètres  30 ,  fut  construite  en  un  petit  appareil  qui,  en  grande  partie,  disparut  au  moyen- 
àge.  Des  briques  romaines  sont  entrées  dans  sa  construction.  La  voûte  est  un  berceau  et 
le  chevet  se  termine  en  abside  circulaire.  A  droite  et  à  gauche  du.  presbyterium  sont  des 
ouvertures  carrées,  espèces  d'armoires  ou  sacraires  qui  se  voient  dans  tous  les  martyrium. 
A  l'entrée,  et  comme  les  gardiens  de  cette  maison  de  martyrs ,  sont  les  tombeaux  de  saint 
Mellon  et  de  saint  Avitien,  premiers  évoques  de  Rouen,  transportés  ici  et  déposés  sous  des 
arcosolia  de  forme  essentiellement  romaine.  On  pénétrait  autrefois  dans  cette  crypte  par  un 
passage  voûté  en  tuf  qui  venait  du  chœur.  Cette  entrée  a  été  bouchée  et  détournée  en  1680. 

(1)  «  Qui  ad  Urbem  per  tanta  terrœ  spatia  perveneras,  »  epist.  xxxviii,  p.  226. 

(2)  L'abbé  Lebeuf,  «  Recueil  de  divers  Ecrits  pour  servir  d'éclaircissements  à  l'Histoire  de  France,  t.  u,  p.  xiv- 
Ln,  m-12,  Paris,  1788.  —  «  Discours  de  saint  Victrice  à  la  louange  des  Saints,  »  in-12,  Auxerre,  1768,  traduction 
par  l'abbé  Morel.  —  Licquet,  «  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  17-18.  —  Thieury,  «  Saint-Gervais  de 
Rouen,  »  p.  6-9. 

(3)  Ils  étaient  au  nombre  de  quatorze,  tous  extraits  de  l'église  de  Milan. 

(4)  «  De  Laude  Sanctorum,  •  c.  xn,  p.  lu,  édit.  de  Lebeuf. 

(5)  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  l"  sem.,  p.  259.  —  «  La  Normandie  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  37  ;  V  édil., 
p.  45. 

18 


—  438  — 

Jusqu'é  plus  ample  infomié,  je  suis  disposé  à  attribuer  à  saint  Victrice  ou  à  son  temps 
cette  confession,  dont  la  bienveillance  de  M.  Thieury  me  permet  de  donner  le  plan  géomé- 
trique et  une  vue  intérieure  qui  a  tous  les  caractères  de  cette  époque. 

FLAn  OÉOMÊTBIQL'E. 


CBTPTK  DI 


Je  n'hésite  pas  non  plus  à  rapporter  au  siècle  de  saint  Victrice,  et  à  l'art  romain  des 
derniers  temps,  les  trois  chapiteaux  de  pierre  qui  décorent  l'abside  eitérieure  de  Téglise. 


Ces  chapiteaux ,  qui  ne  sont  plus  k  leur  place ,  proviennent  évidemment  d'un  édifice  plus 
ancien  que  l'église  actuelle.  L'un  d'eux  est  corinthien,  D,  l'autre  représente  des  fleurs,  F, 
le  troisième  figure  des  aigles,  G.  Par  la  matière  et  par  la  forme,  ils  appartiennent  é\idem- 


S~%iû£urjf  ■*•  ^,€Au^ 


CBAPITKAUX  mtHfUna  D1  L'AHIDB  DK  BAim-OBkTAlS  DB  BOOBN. 

ment  à  l'art  gallo-romain,  comme  ceux  de  Duclair,  de  Lillebonne  et  du  Musée  de 
Rouen  (1).  Quant  à  l'abside  pentagone  et  aux  colonnes  rondes  qui  en  décorent  les  angles, 
je  ne  puis  leur  assigner  aucune  date  ;  mais,  au  premier  coup  d'œil,  on  est  tenté  de  croire 
qu'elle  est  le  reste  d'une  construction  circulaire. 

Retournons  maintenant  à  saint  Victrice  et  aux  évoques  de  Rouen. 

Le  zèle  de  notre  pontife  était  si  grand,  que  sa  vaste  province  lyonnaise  ne  lui  suffîsait 
pas.  n  porta  l'Évangile  chez  les  Gaulois  les  plus  reculés  et  les  plus  sauvages,  les  Horins  et 
les  Nerviens,  qui  le  considèrent  comme  un  de  leurs  apôtres  (2).  Sa  renommée  de  savoir 
et  de  vertu  était  si  haute ,  que  les  évêques  de  la  Grande-Bretagne  l'appelèrent  dans  leur  lie 

(1)  J'ai  déjà  développé  cette  idée  dans  une  note,  publiée  en  1S59,  dans  l'ouvrage  de  M.  J.  Tbieury,  intitulé  : 
«  Saiat-Gervdis  de  Rouen  ;  église  et  paroisse,  .  p.  1 1*14,  note  qui  a  été  reproduit»  ta  même  année  dans  la  i  Revue 
de  l'Art  cbrètien,  ■  (t.  ui,  p.  231-34}  et  tirée  à  part,  à  Dieppe  et  à  Amiens,  à  cinquante  exemplaires. 

(S>AprèB  avoir  loué  saint  Victrice  d'avoir  quitté  la  miliea  terrestre  pour  la  milice  céleste,  saint  Paulin  le  ro- 
mercie  d'avoir  évangélisé  les  Morins  et  les  Nerviens,  ■  tarra  Morinorum  situ  extrema,  •  et  d'avoir  liit  des  mis» 
slonn,  ■  in  remotisstmo  Nervici  litloris  tnctu.  ■  Ponuneraye  otCodln,  ■  S.  R.  E.  Concilia,  ■  p.  11. 


—  140  — 

pour  y  trancher  une  difficulté  qui  divisait  Tépiscopat  romano-breton  (1),  à  la  veille  d'être 
envahi  par  les  hordes  saxonnes  d'Hengist  et  de  Horsa ,  d'Ella  et  de  Cissa. 

Pendant  le  reste  du  v*  siècle,  l'histoire  de  l'église  de  Rouen  ne  se  compose  guère  que  du 
nom  de  six  évêques  :  saint  Innocent  (417-426),  Sylvestre  (426-442),  Melson  (442-451), 
Germain  (451-462),  Crescence  (462-488),  et  saint  Godard  (488-525).  Nous  savons  qu'en 
461 ,  Germain  signa  les  actes  du  premier  concile  de  Tours,  en  qualité  d'évêque  métropo- 
litain de  Rouen  (2),  et  qu'en  511  saint  Godard  souscrivit  ceux  du  premier  concile  d'Or- 
léans (3),  convoqué  par  Clovis,  au  baptême  duquel  il  avait  assisté  (4). 

Personne  n'ignore  que  ce  dernier  fut  inhumé  dans  une  église  des  faubourgs  {ecclesia 
suburbana\  alors  appelée  l'église  de  Sainte-Marie ,  et  qui  plus  tard  porta  son  nom  (5).  Un 
des  actes  les  plus  remarquables  de  son  pontificat  fut  l'ordination  et  la  consécration  de 
saint  Lô,  élu  évêque  de  Coutances  dès  l'âge  de  douze  ans  (6). 

Au  vi*^  siècle,  de  grands  événements  politico-ecclésiastiques  attirèrent  sur  l'église  de 
Rouen  une  attention  générale ,  ravivée  de  nos  jours  par  de  palpitants  récits  mérovingiens. 
Nous  voulons  parler  du  grand  drame  de  Prétextât  avec  Chilpéric,  Frédégonde,  Mérovée, 
Brunehaut  et  l'épiscopat  mérovingien.  Prétextât  avait  été  précédé  par  saint  Flavius  ou 
Filleul ,  qui  assista  successivement  à  trois  conciles  d'Orléans,  tenus  en  533  (7),  (538  (8) 
et  541  (9).  Nous  pensons  qu'à  l'exemple  de  saint  Godard,  il  combattit  énerçiquement 
l'idolâtrie  et  propagea  le  christianisme.  Nous  regardons  comme  une  preuve  de  son  zèle 
à  baptiser  les  infidèles,  la  fontaine  de  Saint-Filleul,  qui  existe  encore  dans  un  fauboui^  de 
Rouen  (10).  C'était  sans  doute  un  de  ces  derniers  boulevards  où  le  paganisme  s'était  re- 
tranché avec  le  culte  des  eaux  et  des  fontaines  et  dont  notre  pieux  évêque  aura  fait  un 
baptistère. 

Ce  fut  évidemment  sous  le  long  épiscopat  de  saint  Filleul,  qui  fut  aussi  trésorier  de 

(1)  Licquet,  «Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  17.  —  «  NamquodadBritannias  profectus sum, quod  ibi 
moratus  sum,  ■  diuil,  lui-môme,  dans  son  Traité  «  De  Laude  Sanctorum,  »  c.  i  ;  Lebeuf,  t.  ii,  p.  xv. 

(2)  «  Germanus,  episcopus  Rothomagensis  civitatis,  interAii  et  subscripsi.  »  Labbe  et  Cossart,  •  Sacro-Sancta 
Concil.,  »  t.  IV,  p.  1653. 

(3)  «  Gildaredus,  episcopus  ecclesiî©  Rotomagensis  metrop.,  subscripsi.  »  Labbe  et  Cossart,  «  8acro*Sancta 
Concilia,  »  t.  iv,  p.  U09.  —  Dom  Bouquet,  a  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  iv,  p.  103.  - 
Licquet,  «  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  24-25. 

(4)  Pommeraye,  «  Histoire  des  Archevêques  de  Rouen,  »  p.  85. 

(5)  Licquet,  «  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  25.  —  »  Normanniœ  nova  Chronica,  »  p.  1  et  2.  —  Boll., 
«  ActaSanctor...,  »  mens,  junii,  t.  ii,  p.  68.  —  Thieury,  «  Armoriai  des  Archevêques  de  Rouen,  »  n*  14.  --  Périaux, 
«  Dictionnaire  des  Rues  de  Rouen,  »  p.  275. 

(6)  •  Nonnanniœ  nova  Chronica,  »  p.  1.  —  Fallue,  a  Histoire  de  l'Eglise  métropolitaine  de  Rouen,  »  1. 1",  p.  41. 
—  Pommeraye,  «  Histoire  des  Archevêques  de  Rouen,  »  p.  86. 

(7)  «  Flavius,  episcopus  Rothomagensis,  subscripsi.  »  Labbe  et  Cossart,  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t.  iv,  p.  1783. 

(8)  «  Flavius,  episcopus  ecclesiœ  Rothomagensis,  subscripsi.  »  ttid.,  t.  v,  p.  503. 

C9)  a  Flavius,  in  Christi  nomine  Rothomagensis  ecclesiœ  episcopus,  consensi  et  subscripsi.  »  n)id.,  t.  v,  p.  588. 
(10)  La  rue  Saint-Filleul,  dans  le  faubourg  Cauchoise  et  l'ancienne  rue  deBasiême,  Périaux,  «  Dictionnaire  indi- 
cateur des  Rues  et  Places  de  Rouen,  p.  xxx  et  94.  —  Thieury,  «  Saint-Gervais  de  Rouen ,  »  p.  90-92. 


—  144  — 

Clotaire  ler,  de  524  à  530,  cpie  sainte  Clotilde  fonda  ou  releva^  dans  un  faubourg  de  Rouen , 
le  monastère  des  Saints-Apôtres,  qui  devint  plus  tard  l'abbaye  de  Saint-Ouen.  C'est  alors, 
suivant  un  auteur  contemporain ,  que  l'on  aurait  trouvé,  dans  les  fondations  du  vieil  ora- 
toire, une  inscription  attestant  une  dédicace  déjà  faite  par  saint  Denis  de  Paris  (4). 

Entre  saint  Filleul  et  saint  Prétextât ,  plusieurs  placent  saint  Evode  ou  Yved  (542-550), 
que  quelques-uns  mettent  au  v^  siècle,  entre  saint  Innocent  et  saint  Sylvestre  (2).  L'épis- 
copat  d'Evode  n^a  laissé  d'autres  souvenirs  que  celui  de  son  zèle  à  combattre  le  paganisme, 
cette  grande  plaie  des  temps  barbares.  C'est  pendant  une  de  ses  courses  apostoliques  contre 
l'idolâtrie  qu'il  est  mort  aux  Andelys,  le  8  octobre  550,  d'où  il  fut  rapporté  à  Rouen. 

Prétextât  paraît  avoir  occupé  longtemps  la  chaire  de  Rouen ,  de  550  à  586  selon  les 
uns,  de  542  à  586  selon  les  autres.  Quoi  qu'il  en  soit ,  il  est  resté  le  héros  d'un  drame 
sanglant  qui  jette  un  reflet  de  terreur  sur  la  ville  des  temps  mérovingiens. 

Parrain  de  Mérovée,  le  fils  de  Chilpéric  V\  roi  de  Soissons,  il  maria  solennellement  dans 
sa  cathédrale,  en  576,  son  jeune  filleul  avec  la  célèbre  Brunehaut,  exilée  à  Rouen  et  déjà 
veuve  d'un  roi  austrasien.  Chilpéric,  furieux,  accourt  à  Rouen  pour  saisir  les  deux  époux 
qui ,  recourant  au  droit  d'asile ,  se  réfugient  dans  la  basilique  de  Saint-Martin ,  construite 
en  bois  sur  les  murs  mêmes  de  la  ville  :  «  Basilicam  Sancti  Martini,  quœ  super  muros 
Civitatis  ligneis  tabulis  fabricata  est,  »  dit  Grégoire  de  Tours. 

Cité  devaût  ses  pairs  les  évoques  de  France.,  réunis  à  Paris  en  577,  Prétextât  ne  put  se 
disculper  complètement,  et  il  fut  envoyé  en  exil  à  Jersey,  où  il  resta  jusqu'à  la  mort  de 
Chilpéric.  L'année  même  de  son  décès,  en  584,  ce  roi  avait  tenu  et  présidé  à  Rouen  une 
diète  ou  assemblée  générale  (3).  Revenu  triomphant  dans  sa  ville  épiscopale.  Prétextât  en 
sortit  en  585  pour  se  rendre  au  deuxième  concile  de  Mâcon  (4),  comme  il  avait  assisté  au 
troisième  concile  de  Paris  en  557  (5)  et  au  deuxième  de  Tours  en  567  (6). 

A  son  retour  de  Bourgogne ,  il  eut  à  endurer  les  assauts  de  Frédégonde ,  cette  terrible 
exilée  du  Vaudreuil ,  qui  vint  exprès  à  Rouen  pour  lui  faire  une  scène.  N'ayant  pu  abattre 

(1)  Dans  une  vie  de  sainte  Clotilde,  écrite  au  vi*  siècle,  publiée  par  Mabillon  et  reproduite  par  dom  Bouquet, 
on  Ut  &  Tannée  526,  que  cette  reine  :  «  Renovavit  ab  ipsis  fundamentis  quoddam  mirse  magnitudinis  monasterium 
quod  in  suburbio  Rotomagensis  civitatis,  propè  muros  ejusdem  urbis,  tempore  beati  Dionysii  aedificatum  ftiit  et 
tb  eodem  apostolico  viro  dedicatum  in  nomine  duodecim  Apostolorum,  die  kalendarum  septembris,  sicut  in  quâdam 
petrà,  quae  erat  in  fundamentis  al  taris  reposita,  sculptum  erat.  Ibi  etiam  adgregavit  non  modicam  congregationem 
Clericorum  Deo  servientium.  »  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  delà  France,  »  t.  m,  p.  401. 

(2)  Lecointe,  «  Annal.  Eccles.  Francor.,  »  1. 1*',  p.  680.—  «  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  9.—  Licquet,  «  Recherches 
8ur  l'Histoire  de  Rouen ,  »  p.  23.  —  Farin,  «  Histoire  de  Rouen,  »  3'  partie,  p.  134,  in-4.  —  L'abbé  tfalais,  «  Calen- 
drier normand,  v  p.  65. 

(3)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens,  »  t.  iv,  p.  625.  —  Bessin,  «  Concilia Rotomag.  prov.,  »  p.  7.  —  Licquet, 
«  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  30.  —  Gregor.  Turon,  «  Hist.  Franc.  » 

(4)  Là  saint  Prétextât  récita  les  prières  et  signa  ainsi  les  actes  :  «  Prœtextatus,  episcopus  ecclesise  Hothoma- 
gensis,  subscripsi.  vLabbeet  Cossart,  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t.  v.,  p.  987. 

(5)  «  Prsetextatus,  in  Christi  nomine  epic.  eccles.  Rothomag.  consensi  et  subscripsi.  »  ttid.,  t.  v.,  anno  557. 
(6}  Plrœtextatus,  etsi  peccator,  in  Christi  nomine  epic.  eccles.  Rothomag.,  secundum  patrum  instituta  relegi 

consens!  et  subscripsi ,  die  xx  kalendas  decembris,  Turonas,  »  Ibid.,  t.  v.,  p.  865. 


—  142  — 

son  courage,  elle  se  concerta  avec  Mélance ,  l'évoque  intrus  de  Rouen  et  Tennemi  juré  de 
Prétextât.  Elle  offrit  alors  deux  cents  sous  d'or  à  l'un  de  ses  esclaves  pour  la  délivrer  de  son 
ennemi.  Le  malheureux  sicaire  ne  se  montra  que  trop  docile,  et  le  jour  de  Pâques  de 
l'an  586 ,  pendant  que  l'évoque  entonnait  dans  sa  cathédrale  une  antienne  de  l'office  du 
matin ,  il  le  perça  au  cœur  avec  un  de  ces  grands  couteaux  de  fer  que  nous  rend  partout 
la  ceinture  des  Francs  :  «  Homicida  qui,  extracto  balthei  cidtro,  sub  ascello  episcopum 
percussit  (1).  » 

Du  reste ,  l'intrus  Mélance  paraît  avoir  occupé  légitimement  un  siège  récemment  tmt 
du  sang  d'un  martyr,  car  l'histoire  de  l'Eglise  d'Angleterre  a  conservé  le  souvenir  d'une 
lettre  que  lui  avait  adressée ,  en  604 ,  le  grand  pape  saint  Gr^oire  pour  lui  recommander 
les  missionnaires  de  la  Grande-Bretagne  (2). 

N'oublions  pas  de  dire  que  pendant  cet  épiscopat ,  demeuré  célèbre  dans  l'histoire  de 
France  comme  dans  celle  de  l'EgUse ,  Rouen ,  alors  gouverné  par  un  comte  (3) ,  reçut  la 
visite  de  deux  rois  mérovingiens,  de  Sigebert,  d'Austrasie,  en  575,  et  de  Chilpéric,  de 
Soissons  (4). 

Le  vne  siècle ,  l'âge  d'or  de  l'Eghse  de  France,  est  aussi  la  grande  auréole  de  l'Eglise  de 
Rouen.  C'est  alors  qu'elle  vit  apparaître  sur  son  siège  trois  grands  hommes  et  trois  grands 
saints ,  Romain ,  Dadon  et  Ansbert.  Romain ,  le  plus  pieux  de  tous  nos  pontifes ,  lutta 
énei^quement  contre  l'idolâtrie,  et  paraît  en  être  demeuré  vainqueur,  puisqu'il  traîne  der- 
rière lui  un  dragon  enchaîné  comme  trophée  de  sa  victoire  (5).  Ce  ne  fut  pas  seulement 
chez  les  Calètes  reculés  (6),  mais  aussi  au  sein  même  de  sa  métropole,  qu'il  détruisit  les 
temples  et  autres  lieux  idolâtriques.  C'est  à  lui  que  l'on  doit  la  fermeture  et  peut-être  la 
destruction  des  autels  consacrés  à  Vénus  (7),  à  Apollon  et  à  Mercure,  dont  le  sol  nous 
rend  les  images.  Son  plus  beau  triomphe  fut  la  démolition  du  grand  amphithéâtre  romain 

(1)  Gregor.  Turon.,  «  Hist.  Franc,  »  lib.  vni ,  c.  3.  —  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t  u , 
p.  226-27,  233,  331,  399;  t.  ni,  p.  72,  73,  77-78.  —  a  Les  grans  Chroniques  de  Saint-Denis,  »  ibid.,  t.  m,  p.  Î15, 
221.—  Le  Pore  Binius  prétend  que  saint  Prétextât,  de  Rouen,  assista  au  cinquiôme  concile  d'Orléans,  en  549. 
«  Sacro-Sancta  Concilia ,  «  t.  v.,  p.  813. 

(2)  L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  »  p.  57. 

(3)  «  Comitem  Rothomagensem,  «  dit  Grégoire  de  Tours,  apud  Bouquet,  t.  ii,  p.  282.  —  Chéruel,  «  Hist  de  Rouen,  • 

t.  !•%  p.  IX. 

(4)  Gregor.  Turon.,  lib.  iv,  c.  52,  apud  dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t  ii, 
p.  230. 

(5)  Ce  dragon  symbolique,  que  le  moyen-&ge  reconnaissant  a  donné  aux  conquérants  chrétiens,  est  connu  à 
Rouen  sous  le  nom  gargouille.  On  en  trouve  d'analogues  aux  pieds  de  saint  Waast  d'Arras,  de  saint  Marcel  de 
Paris»  de  saint  Amould  de  Metz,  etc« 

(6)  «  Maxime  apud  ultimes  Gaietés,  »  dit  la  légende  de  l'ancien  bréviaire  de  Rouen. 

(7)  Une  tradition,  consignée  par  plusieurs  auteurs,  prétend  qu'un  temple  de  Vénus  a  existé  sur  l'emplacement 
occupé  plus  tard  par  l'abbaye  Saint- Amand.  Une  autre  tradition  affirme  également  qu'avant  ce  monastère,  élevé 
en  1030,  par  Gosselin  et  Emmeline,  il  existait  un  établissement  monastique  construit  par  Clovis  II  et  dont  Tautel 
aurait  été  consacré  par  Saint-Amand.  (Monialibus  ibidem  Deo  deservientibus).  H.  Langlois,  «  Revue  de  Rouen,  • 
année  1834,  t.  m,  p.  345. 


—  143  — 

qui  dans  la  guerre  avait  servi  de  Castrum  pour  la  défense ,  dans  la  paix  avait  été  témoin 
des  jeux  de  la  scène,  et  qui  n'était  plus  alors  que  le  repaire  des  superstitions  et  le  réceptacle 
des  plus  grossiers  plaisirs. 

Ce  colossal  débris  de  la  puissance  et  de  la  religion  romaines ,  assez  bien  décrit  dans  les 
manuscrits  du  moyen-age,  est  invariablement  placé  par  eux  dans  un  faubourg  et  au  nord 
de  la  Cité  :  «  Juxtà  urbem  ipsam  a  septentrionali  latere ,  »  «  penès  urbis  maenia,  »  «  penès 
murorum  Civitatis  confinia.  s  II  était  construit  en  pierre  de  taille,  renfermait  dans  son 
enceinte  un  temple  de  Vénus,  et,  dans  les  parties  basses  de  l'édifice,  des  fornices'et  des 
lupanars  :  «  Lapideo  opère  constructa  in  modum  amphitheatri  muralis machinae  altitude, 
in  quâ  subterranaeum  spelaeum  angustum  iter  introeuntibus  praebebat.  »  «  Domus  illa 
subterranea  latebrosis  fornicibus  cingebatur.  Hanc  domicilium  Veneris  propter  scortantium 
usus  appellabant.  Verum  desuper  intra  ambitum  mûri  exterioris  spatiosa  patebat  arèa ,  in 
cujus  medio  fanum  artifici  opère  constructum  eminebat,  in  quo  ara  editiori  loco  stabat  et 
desuper  titulus  Veneris.  » 

Nous  en  répétons  la  description  en  vers  latins  : 

c  Est  ibi  nam  castrum  murali  robore  firmum,  Vel  quos  impur!  juvat  ingluvies  Epicuri 

In  quo  fœdarum  domus  atra  latet  meretricum,  Sorde  lupanari  semper  sitiunt  maculari. 

Fornicibus  variis  cœcis  obstrusa  latebris.  In  medio  castri  palet  area  more  theatri, 

niic  obscœni  rivales ,  seu  parasiti ,  Quo  fanum  Veneris  titulus  spurcae  mulieris  (!)•  > 

«  Extat  à  prisco  tempore  énorme  aedificium  templumque  quod  constat  in  vèneratione 
profanae  Veneris.  Est  autem  ibi  et  lupanar  in  quo  meretricum  deget  phalanga  non  modica , 
inlecebrosam  adprimè  exercentes  vitam.  j> 

Ce  théâtre ,  ou  peut-être  cet  amphithéâtre,  était  situé  au  nord  de  la  ville,  sous  les  murs 
de  la  Cité.  Ce  devait  être  quelque  chose  comme  le  grand  théâtre  circulaire  de  Tours ,  qui 
était  enchâssé  dans  l'enceinte  même  des  murs,  dont  il  rompait  la  Ugne.  Ce  temple  des 
plaisirs  devenait  au  besoin  un  Capitole  pour  la  défense.  Cette  circonstance  nous  avait  fait 
penser  d'abord  que  le  théâtre  de  Rouen  aurait  bien  pu  être  placé  dans  le  voisinage  de  la 
place  des  Carmes  et  de  l'église  Saint-Lô ,  là  où  tant  et  de  si  épaisses  murailles  ont  été  ren- 
contrées depuis  soixante  ans.  C'était  d'ailleurs  vers  ce  quartier  que  saint  Romain  avait  fixé 

<1)  Noos  devons  la  meilleure  version  de  tous  ces  textes  latins  à  M.  Auguste  Lévy,  membre  de  l'Académie  de 
Rouen,  qui  depuis  cinq  années  a  publié  sur  Rouen  quatre  brochures  que  Ton  consultera  utilement  et  dont  nous 
nous  faisons  un  devoir  de  donner  ici  les  titres  :  1«  «  Etude  scientifique  et  archéologique  sur  le  territoire  de  la  ville 
de  Rouen  dans  les  temps  les  plus  reculés,  »  in-S**  de  49  p.,  Rouen,  Péron,  1860.  Extrait  du  «Précis  analytique  de 
l'Académie,  »  année  1859-60.  —  2''  «  Deuxième  Etude  scientifique  e^  archéologique  sur  la  ville  de  Rouen  et  les 
rives  de  la  Seine,  »  in-8*  de  19  p.,  Rouen,  Boissel,  1861.  «  Précis  analyt.  de  l'Académie,  »  année  1860-61.— 
3*  «  Troisième  Etude  scientifique  et  archéologique  sur  les  rives  et  l'embouchure  de  la  8eine,  »  in-S"  de  27  p., 
Rouen,  Boissel,  1862.  «  Précis  analyt.  de  l'Académie,  »  1861-62.  —  â*'  «  Quatrième  Etude  scientifique  et  archéologique 
sur  les  rives  de  la  Seine  et  les  côtes  de  la  Manche  ,  »  in-8«  de  29  p.,  Rouen,  Boissel,  1863.  Extrait  des  «  Bulletins 
de  la  Soc.  d'Emul.  de  Rouen,  >  année  1863. 


•. 


—  144  — 

sa  demeure  (i),  et  c'est  là  qu'il  trouva  son  tombeau,  dans  la  crypte  de  Sainte-Marie,  qyi 
possédait  déjà  le  cercueil  de  saint  Godard. 

Mais  des  observations  nouvelles  nous  font  penser  que  le  temple-colysée  détruit  par  saint 
Romain  devait  être  dans  le  quartier  Bouvreuil,  entre  la  rue  du  Cordier  et  la  rue  Morand, 
mais  préférablement  près  de  cette  dernière.  Nous  ne  serions  nullement  surpris  qu'il  eût 
occupé  l'emplacement  qui  devint,  en  i 204,  le  château  de  Philippe-Auguste.  Le  nombre  et 
l'importance  des  murailles  antiques  rencontrées  dedans  et  autour  de  la  maison  des  Dames- 
Ursulines ,  nous  font  grandement  pencher  de  ce  côté. 

Saint  Ouen,  fils  et  frère  de  saints  (2),  béni  dès  son  enfance  parle  grand  saint  Colom- 
ban  (3),  nous  a  laissé  de  son  passage  de  curieux  documents  dans  sa  Vie  du  bienheureux 
Eloi ,  de  Noyon ,  qui  est  toute  une  peinture  de  l'époque.  On  voit  dans  ce  livre  quels  auteurs 
on  lisait  à  Rouen ,  quelles  habitudes  païennes  se  perpétuaient  au  sein  des  classes  popu- 
laires. Les  noms  de  Neptune,  de  Pluton,  de  Diane,  de  Minerve  et  des  Génies,  étaient  loin 
d'être  oubliés  par  les  populations  grossières  de  jios  campagnes.  Ces  sermons  de  l'évêque 
missionnaire  sont  le  miroir  d'une  époque  de  transition  où  le  christianisme  était  au  haut  de 
la  société  et  le  paganisme  au  bas.  Ces  deux  hommes  illustres  maintenant  unis  dans  le  ciel 
et  sur  nos  autels ,  étaient  étroitement  liés  sur  la  terre.  Elus  évêqueç  en  même  temps ,  tous 
deux  furent  sacrés  à  Rouen  le  21  mai  640,  et  probablement  dans  la  même  église  (4).  Il 
n'est  pas  impossible  que  le  nom  de  saint  Eloi ,  laissé  à  Tune  de  nos  anciennes  églises,  ne 
soit  un  témoignage  de  ce  grand  événement. 

Après  saint  Victrice ,  saint  Ouen  passe  pour  le  plus  lettré  de  nos  évoques.  Il  assista  au 
premier  concile  de  Chalon-sur-Saône  en  656  (5),  et  il  tint  lui-même  une  assemblée  dans 
la  ville  de  Rouen.  D'après  les  PP.  Labbe  et  Cossart,  il  aurait  déjà  assisté,  conune  évêque 
de  Rouen,  au  concile  de  Clichy ,  dès  633  (6),  et  à  celui  de  Paris ,  en  638  (7). 

Ministre  de  Dagobert  I^r,  comme  saint  Romain  l'avait  été  de  Clotaire  II ,  il  ne  fut  peut- 
être  pas  étranger  à  la  rédaction  du  diplôme  du  premier  de  ces  rois ,  qui  donna  à  l'abbaye 
de  Saint-Denis  les  droits  que  le  fisc  prélevait  au  port  de  Rouen  sur  les  vins ,  la  garance  et 
le  miel ,  les  grandes  marchandises  de  l'époque  (8). 

(1)  «  Vhôtel  de  saint  Romain  était  vis-à-vis  le  bout  (de  Téglise)  au  couchant  du  cimetière  Saint-Godard.  On  voit 
même  les  armes  de  sa  famille  à  un  pignon,  semblables  à  celles  qui  existaient  encore  il  n*y  a  pas  longtemps  dans 
le  Vexin.  ■  Rondeaux  de  Sétry  (en  1781),  «  Notices  et  Extraits,  »  t.  m,  p.  593. 

(2)  L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  »  p.  29. 

(3)  L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  »  p.  76. 

(4)  L'abbé  Malais ,  a  Calendrier  normand ,  »  p.  29,  36,  78. 

(5)  «  Audoênus,  episcopus  ecclesiae  Rothomagensis,  his  constitutionibus  subscripsi.  u  Labbe  et  Cossart,  «  Saero- 
Sancta  Concilia,  »  t.  vi,  p.  392. 

(6)  ft  Dado ,  episcopus  Rothomagensis  ecclesias  ,  cons.  et  subscripsi.  »  «  Sacro-Sancta  Concilia ,  •  t.  v, 
p.  1855. 

(7)  «  Dado  obtulit,  »  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  1856. 

(8)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  iv,  p.  627.  —  De  Frôville,  «  Mémoire  sur  le  comment 
maritime  de  Rouen,  »  1. 1",  p.  26. 


—  145  — 

Décédé  à  Çlichy,  près  Paris,  le  pontife-chancelier  fut  ramené  à  Rouen  et  inhumé  dans 
Tabbaye  de  Saint-Pierre  et  de  Saint-Paul ,  qu'il  avait  restaurée  et  qui  prit  son  nom  au 
x«  siècle.  De  toutes  les  créations  du  vii^  siècle ,  celle  qui  a  le  plus  duré  et  qui  a  doté 
Rouen  de  son  plus  riche  monument,  c'est  bien  la  fondation  bénédictine  qui  perpétue  parmi 
nous  le  nom  de  saint  Ouen.  Du  reste,  plus  de  quatre-vingt-dix  églises  paroissiales  de  la 
Normandie  conservent  aussi  le  nom  de  ce  grand  pontife  (4), 

Trompé  par  Ebroïn,  Tévêque-ministre  fit  enfermer,  en  674,  dans  la  prison  voisine  de 
la  Poterne,  saint  Philbert,  abbé  de  Jumiéges,  dont  l'innocence  fut  bientôt  reconnue.  Aussi, 
plus  tard ,  ce  cachot  devint-il  un  oratoire  dédié  au  patriarche  des  bords  de  la  Seine  et 
l'hôtel  des  moines  de  Jumiéges.  On  y  montre  encore  un  reste  de  la  Gaule  mérovin- 
gienne (2). 

Ansbert,  moine  et  abbé  de  Fontenelle,  gouverna  l'Eglise  de  Rouen  de  683  à  695. 
Réunissant  des  artistes  habiles,  il  fit  faire  à  saint  Ouen  une  magnifique  châsse,  le  5  mai 
686.  Il  soulagea  la  famine  de  son  diocèse ,  ouvrit  le  troisième  concile  de  Rouen  en  689  ou 
en  693  (3),  et  mourut  exilé  à  Aumont,  dans  le  Hainaut,  d'où  il  fuf  triomphalement  rap- 
porté à  Fontenelle. 

Ne  terminons  pas  ce  qui  regarde  le  vii«  siècle  sans  mentionner  la  visite  que  firent 
à  Rouen ,  en  690 ,  deux  hommes  modestes  alors  devant  le  monde ,  mais  depuis 
grands  devant  Dieu  et  devant  les  hommes.  Nous  vqulons  parler  de  saint  Saëns  et 
de  saint  Leufroi,  ces  deux  civilisateurs  de  nos  contrées,  alors  sauvages,  et  dont  les 
noms  doivent  être  écrits  en  lettres  d'or  dans  nos  cœurs  comme  ils  le  sont  dans  le 
ciel  (4). 

Le  vm«  siècle  est  une  époque  de  décadence  et  de  mutisme.  L'histoire  nous  fait  à  peine 
connaître  les  noms  barbares  de  nos  archevêques ,  car,  à  partir  de  cette  époque ,  le  titre 
d'évêque  cesse  à  peu  près  complètement  et  celui  d'archevêque  s'établit  régulièrement.  Nous 
n'avons  guère  que  les  noms  de  Grippon  (695-743),  de  Roland  (743-722),  de  saint  Hugues, 
de  Jumiéges,  cousin  de  Pépin  (722-730),  et  de  Radbert  (730-742).  Le  passage  des  saints 
nous  console  de  ce  silence.  En  722 ,  saint  Guilbaud  (^Willibaldus)  s'approcha  de  Rouen  et 
campa  sur  la  Seine  aux  environs  de  cette  ville  (5).  l\  était  accompagné  de  saint  Richard , 

(1)  L*abbé  Malais ,  «  Calendrier  normand,  »  p.  76.  • 

(2)  a  Histoire  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,  »  Mss.,  p.  24-27.  — Cet  ancien  hôtel  de  Jumiéges 
forme  aujourd'hui  la  maison  n"  26  de  la  rue  de  la  Poterne.  On  y  voit  un  reste  de  mur  antique. 

(3)  En  689,  d'après  dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  m,  p.  618.-  Licquet,  «  Recherches  sur  l'Histoire  de  Rpuen,  » 
p.  44,  45,  46.  —  En  692 ,  d'aprè^  Labbe  et  Cossart ,  «  Sacro-Sancta  Concilia ,  »»  t.  vi ,  p.  1240-42.  —  En  693  ,  d'après 
Pommeraye  et  Bessin ,  qui  assurent  qu'il  s'y  trouva  quinze  évêques  et  quatre  abbés  ;  «  8.  R.  E.  Concilia  ac 
décréta,  •  p.  18-19.  —  Bessin,  a  Concilia  Rotom.  provinc,  »  p.  12-13.  —  Saint  Ansbert  souscrit  ainsi  :  «  Ansbertus, 
archlepiscopus,  subscripsi.  » 

(4)  Ghéruel ,  «  Histoire  de  Rouen  pendant  l'époque  communale ,  »  t.  !•',  p.  xxxiii. 

(5)  De  Fréville ,  o  Mémoire  sur  le  commerce  maritime  de  Rouen ,  »  t.  i*',  p.  29-30.  —  Ducange ,  «  Glossarium  » 
verbe  «  mèrcimonium.  * 

d9 


—  446  — 

son  père,  et  de  saint  Winebaïul,  son  frère.  Lui-méine  avait  été  le  compagnon  de  Tapôtre 
des  Germains  (1). 

Grimon»  nommé  pai*  Charles-Martel,  fut  institué  et  reçut  le  pallium  des  mains  de  saint 
Boniface ,  légat  du  pape  Zacharie ,  pour  la  Gaule  et  la  Germanie  {î2).  Rainfroy ,  élu  en  748, 
gouverna  si  mal  son  Eglise ,  qu'il  fut  déposé  en  753,  pour  faire  place  à  saint  Remy,  frère  de 
Pepin-le-Bref  et  oncle  de  Charlemagne  (3).  Nous  savons  que  celui-ci  envoya  à  Rome  des 
moines  de  Rouen  pour  y  puiser  le  chant  romain,  celui  des  Gaules  étant  devenu  un  chaos. 
Une  lettre  du  pape  Paul  I^  à  Pepin-le-Bref  nous  révèle  ce  curieux  détail  (4). 

Remy  fut  remplacé  par  Hugues  (762-769),  fils  naturel  de  Charles-Martel  ou  de  Pejrin,  Ce 
fut  sous  lui  que  Pepin-le-Bref  vint  à  Rouen  pour  y  célébrer  la  Pâques  de768(5).Magenard 
ou  Ménard,  fils  naturel  de  Charlemagne,  fut  un  de  ses  missi  dominici  (6).  En  779,  il  reçut 
dms  sa  métropole  son  illustre  père,  qui  parcourait  alors  les  villes  et  les  cité$  de  son 
royaume  (7).  Le  concile  de  Francfort,  tenu  en  794,  le  chargea,  en  sa  qualité  «  d'évêque 
métropolitain ,  »  de  la  délicate  mission  de  remplacer  Gerbod ,  qui  avait  usurpé  le  si^e 
d'Evreux  (8). 

Vers  Tan  800 ,  il  fut  remplacé  dans  ses  fonctions  de  pontife  par  Willibert,  qm ,  dès  795 , 
remplissait  déjà  celles  de  missus  dominicus(9).  Willibert,  gouverneur  de  Louis-le-Débon- 
naire  et  institué  son  tuteur  par  le  testament  de  Charlemagne ,  reçut  ce  grand  monarque  à 
Rouen,  en  800,  lorsqu'il  parcourait  les  rivages  de  l'Océan  et  des  fleuves,  menacés  par  les 
Normands  (10).  C'est  dans  cette  ville  qu'un  envoyé  de  son  fils  Louis-le-Débonnaire(41) 
put  rejoindre  le  roi  des  Francs. 

Le  ixe  siècle,  cet  âge  de  troubles  et  d'agitations  par  excellence,  s'inaugure  pour  nous 
par  un  legs  de  Charlemagne.  Dans  le  testament  de  cet  empereur,  rédigé  en  8H,  l'Eglise  de 
Rouen  figure  parmi  les  vingt-deux  métropoles  de  son  empire,  qui  eurent  part  à  ses  libéra- 
Ktés(12).  En  8i8,Louis-le-Débonnaire  vint  à  Rouen  visiter  l'archevêque  Willibert,  qui  avait 
été  son  tuteur  et  son  gouverneur  (43).  D  est  probable  que  ce  fut  ce  même  pontife  qui  tint  à 

(1)  L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand ,  »  p.  43,  81. 

(2)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  iv,  p.  95.  —  Chéruel ,  «  Histoire  de 
Rouen ,  »  1. 1",  p.  xxx. 

(3)  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  384. 

(4)  Bessin,  <i  Concilia  Rot.  provincise,  »  p.  14.      ^ 

(5)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  v,  p.  8,  18,  36,  200. 
*  (6)  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  142  ou  742. 

(7)  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  142. 

(8)  «  Magenardo,  metropolitano  episcopo.  »  Labbe  et  Gossart;  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t  vu,  p.  1067. 

(9)  «  Willibertus,  Rotomagensis  archiepiscopus ,  missus dominicus.  »  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historien» 
des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  vi,  p.  90-91.  —  Baluzo,  «  Capitul.  Reg.  Franc,  »  t  i",  p.  3,  78.  —  Licquet,  «  Ri* 
cherches  sur  THistoire  de  Rouen ,  »  p.  49-50. 

(10)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  v,  p.  52,  214,  349. 
(il)  Chéruel ,  «  Histoire  de  Rouen  pendant  l'époque  communale ,  »  t.  r%  p.  xxxi. 

(12)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  v,  p.  102,  370, 372,  379. 

(13)  Id.,  ibid.,  t.  v,  p.  143,  178. 


i 


—  U7  — 

Rouen  le  synode  général ,  dont  les  actes  nous  restent  et  que  nos  historiens  placent  au  temps 
de  Louis-le-Débonnaire  (i).  Ce  fut  probablement  lui  aussi  qui  reçut  Béra,  comte  de  Barce- 
lone, envoyé  à  Rouen  comme  prisonnier  de  guerre  (2).  En  824,  l'empereur  revient  une 
seconde  fois  à  Rouen  et  y  reçoit  le  patriarche  Grado,  ambassadeur  de  Michel,  empereur  de 
Gonstantinople.  Pendant  les  conférences  qui  eurent  lieu  dans  cette  \ille,  on  traita  du  culte 
des  saints  et  des  images  (3). 

Si  Willibert  était  dévoué  à  Louis-le-Débonnaire,  Ragnoard,  son  successeur,  ne  le  fut  pas 
moins.  Après  avoir  siégé  au  sixième  concile  de  Paris,  en  829  (4),  et  à  celui  de  Worms,  en 
833  (5),  nous  voyons  ce  pontife,  à  la  diète  générale  de  Thionville?  (Theodonis  villa),  réha- 
biliter et  restaurer  l'inforttmé  Louis-le-Pieux,  que  le  fougueux  Âbbon,  de  Reims,  avait  fait 
déposer  par  la  factieuse  assemblée  de  Compiègne  (6).  Ragnoard,  estimé  des  grands  hommes 
de  son  temps ,  figure  pour  dix  livres  sur  le  célèbre  testament  d'Anségise ,  abbé  de  Fonte- 
nelle  (7). 
Après  le  vénérable  Gombaud,  conseiller  et  ami  du  roi  Louis,  nous  voyons  Paul  !«*,  un 

des  nUssi  deminid ,  assister  au  second  concile  de  Soissons ,  en  853  (8).  Mais  il  nous  faut 

revenir  un  moment  sur  nos  pas. 
En  840,  Charles-le-Chauve,  poursuivant  Lothaire,  son  ambitieux  frère,  qui  avait  fait 

couper  les  ponts  de  la  Seine ,  trouva  moyai  de  franchir  le  fleuve  sur  vingt-huit  navires  de 

commerce,  réunis  aux  environs  de  la  ville  (9).  Ce  fut  vers  cette  époque  (875)  que  ce  même 

roi  donna  aux  moines  de  Saint-Ouen ,  pour  le  luminaire  de  leur  église,  la  moitié  du  revenu 

du  port  de  Rouen  (10). 
Le  14  mai  841  apparaissent  les  Normands,  conduits  par  Ogier-le-Danois ,  qui  pillent  et 

brûlent  la  ville ,  après  avoir  égorgé  les  prêtres  et  les  habitants  (11).  Heureusement  qu'avant 

(1)  Dom  Pommeraye,  «  S.  R.  E.  Concilia  ac  syn.,  •  p.  33-37.  Dom  Bessin,  «  Concilia  Rotomag.  provinci®,  » 
p.  8-11. 

(2)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vi,  p.  145,  178.  —  Chéruel,  «  Histoire  de  Rouen,  »  l.  !•',  p.  xxxm. 

(3)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vi,  p.  435.  —  Chéruel,  «  Histoire  de  Rouen,  t.  !•',  p.  xxxm. 

(4)  «  Ragnoardus  Rothomagensis.  »  Labbe  et  Cossart,  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t.  vn,  p.  1592-1668. 

(5)  «  Ego  Ragnoardus,  Rothomagensis  episcopus,  subscripsi.  ■  Id.,  ibid.,  t.  vu,  p.  1681. 
(6;  «  Ragnoardus,  archiepiscopus.  »  n)id.,  t.  vii,  p.  1697. 

(7)  Fallue,  «  Histoire  de  l'Eglise  métropolitaine  de  Rouen,  »  t.  i*',  p.  240.  —  Thieury,  «  Armoriai,  »  n»  33. 

(8)  «  Paulus,  Rothomagensis  sanctse  «oclesise  archiepiscopus,  relegi  et  subscripsi,  »  Labbe  et  Cossart,  «  Sacro- 
Sancta  Concilia,  »  t.  vm,  p.  91. 

(9)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  ii,  p.  19.  —  Quoi  qu'en  ait  dit  M.  Deville  dans  ses 
«  Recherches  sur  l'ancien  pont  de  Rouen,  »  (  «  Précis  analyt.  de  l'Acad.,  »  année  1831,  p.  166-73),  nous  croyons, 
avec  M.  Le  Prévost  (  «  Le  Roman  de  Rou,  ■  t.  !•',  p.  210)  et  M.  Fallue  (  «  Histoire  de  l*Bglise  de  Rouen,  »  t.  !•% 
p.  110  et  192),  que  Rouen  possédait  un  pont  de  bois  à  l'époque  carlovingienne,  avant  l'arrivée  des  Normands.  C'est 
ce  môme  pont  qui  est  mentionné  par  Richard  II,  en  1025,  et  par  Gossetin,  le  vicomte,  en  1035.  c  A  ponte  Archas 
ua^e  ad  pontem  civitatis.  » 

(10)  «  Neustria  pia,  »  p.  7.  —  De  Fréville,  «  Mémoire  sur  le  commerce  maritime  de  Rouen,  »  1. 1",  p.  45-46. 

(11)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  vii,  p.  59,  68, 152, 372,  401.  —  Licquet,  «  Recherches 
sur,  l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  67-68.  —  Depping,  «  Histoire  des  Expéditions  maritimes  des  Normands,  •  p.  70,  édit. 
1843. 


—  148  — 

leur  arrivée ,  la  terreur  et  la  piété  des  peuples  avaient  sauvé  les  reliques  de  saint  Ouen  tt 
les  autres  corps  saints  de  la  ville  (4  ).  Les  pirates  reviennent  en  845  (2),  en  852  (3) ,  en 
855  (4)  et  en  861  (5).  En  864,  Charles-le-Chauve  tient  à  Pitres  trois  diètes  générales  pour 
aviser  un  moyen  de  combattre  le  fléau  du  nord.  Nous  y  voyons  figurer  Wénilon  (6)  qui , 
dès  859 ,  avait  siégé  parmi  les  juges  d'un  autre  Wénilon ,  archevêque  de  Sens,  accusé  du 
crime  de  haute  trahison  (7). 

En  875 ,  le  même  pontife  rouennais  souscrit  au  concile  de  Soissons  (8),  et  en  876,  il 
assiste  à  celui  de  Troyes,  tenu  contre  le  célèbre  Hincmar,  de  Reims  (9).  A  une  autre 
époque,  vers  868,  Wénilon  et  Hincmar,  réunis,  avaient  courageusement  présenté  à  Louis, 
de  Germanie,  les  remontrances  de  Tépiscopat ,  rassemblé  au  palais  de  Kiersy,  sur  sa  con- 
duite envers  Charles-le-Chauve  (10). 

De  855  à  868,  Tévêque  Luitade  écrivit  à  Wénilon  à  propos  du  diacre  Wulfade  (11). 

Une  nouvelle  apparition  de  pirates ,  mais  plus  salutaire  que  toutes  les  précédentes,  a  lieu 
en  876.  Cette  fois,  c'est  le  Norwégien  RoUon ,  le  futur  maître  de  la  cité  et  de  la  province, 
qui  attache  ses  barques  à  la  porte  de  la  Roquette,  près  de  l'église  Saint-Martin  (12).  On 
parle  encore  d'une  dernière  invasion  de  Danois  en  juillet  885  ;  mais  alors  Rouen  dut  avoir 
moins  à  souflrir,  car  il  était  devenu  le  quartier  général  des  Normands.  C'était  la  ville  la 
plus  Scandinave  de  l'occident.  Aussi ,  les  auteurs  contemporains  l'appellent  la  ville  des 
Danois  par  excellence  (Rothum,  Danorum  urbem  )  (13).  Nous  touchons  ici  au  début  de 
leur  empire  et  à  un  changement  de  maître. 

Pour  terminer  l'esquisse  de  ce  malheureux  siècle,  nous  signalerons  la  présence  de  notre 
archevêque  Jean  au  concile  de  Pontigny,  en  876  (14),  au  moment  même  où  le  païen  Rollon 
envahissait  sa  ville  et  son  diocèse  ;  puis  nous  citerons  un  illustre  exilé ,  saint  Léon ,  de 

(1)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  vu,  p.  271.  •* 

(2)  Id.,  ibid.,  p.  731,  348.  —  Licquet,  «t  Recherches,  »  p.  69. 

(3)  Id.,  ibid.,  p.  343.  —  Conduits  par  Sidroc  etGodefroy. 

(4)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vn,  p.  43.  —  Conduits  p^SidçQç.et  Bernon.  —  Licquet,  «  Recherches,  »  p.  71. 

(5)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vu,  p.  27. 

(6)  «  Wanilo,  humilis  Rotomagonim  episcopus,  subscripsi.  ■  Labbe  et  Cossart,  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t  viu. 
p.  755-760.  —  «  Wenilo,  Sanctae  metropolis  ecclesiœ  Rothomagensis  episcopus,  subscripsi.  »  Id.,  ibid.,  p.  783-785. 
—  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vu,  p.  657.  —  Pommeraye ,  «  8.  R.  E.  Concilia,  »  p.  24-32. 

(7)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  vu,  p.  639. 

(8)  «  W^enilo  ,  Rotomagensium  archiepiscopus,  subscripsi.  »  Labbe  et  Cossard,  t.  ix ,  p.  279. 

(9)  Dom  Bouquet ,  «  Recueil ,  »  t.  vu ,  p.  96 ,  214. 

(10)  Lettres  d'Hincmar,  dans  Dom  Bouquet ,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules ,  »  t.  vu ,  p.  519.  —  Labbe  et 
Cossart,  «  Sacro-Sancta  Concilia,  »  t.  vin,  p.  1939. 

(11)  Pommeraye,  «  S.  R.  E.  Concilia,  »  p.  22-23. 

(12)  Servin ,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen ,  »  1. 1",  p.  93-96.  -  Depping,  «  Histoire  des  Expéditions  maritimes 
des  Normands,  •  lib.  m,  c.  3,  p.  268-70. 

(13)  Wit.  Chind.,  apud  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens,  »  t.  viu,  p.  216. 

(14)  «  Joannes,  Rothomagensis  ecclesiœ  archiepiscopus,  subscripsi.  »  Labbe  et  Cossart ,  «  Sacro-Sancta  ConciU»  » 
t.  IX ,  p.  289. 


—  i49  — 

Carentan,  archevêque  de  Rouen  en  888  et  en  889.  Ce  prélat,  obligé  de  fuir  son  siège,  se 
réftigia  chez  les  Basques  pour  leur  porter  l'Evangile ,  et  il  y  retrouva  la  palme  du  martyre. 

Le  x«  siècle,  comme  le  commencement  duxi^,  est  dans  l'histoire  de  Rouen  plus  mili- 
taire que  monastique.  Le  x«  siècle  est  rempli  par  cinq  pontifes,  dont  deux  ont  laissé  un 
nom  :  le  premier  est  Francon  qui,  en  942,  baptisa  RoUon  sous  le  nom  de  Robert  et  qui , 
en  94  8 ,  réintégra  avec  une  pompe  solennelle  le  corps  de  saint  Ouen  dans  l'église  des 
Saints-Apôtres  qui  bientôt  lui  empruntera  son  nom  (4);  le  second  est  Robert  de  Normandie, 
qui  fonda  la  cathédrale  et  baptisa  saint  Olave ,  le  premier  roi  chrétien  de  la  Norwége  (2). 
Nous  ne  devons  pas  non  plus  oublier  Witon  qui ,  de  concert  avec  l'archevêque  Hervé  de 
Reims,  travailla  à  la  conversion  des  Normands.  Des  documents  qui  nous  sont  restés 
attestent  ce  zèle  commun  (3).  Ce  fut  aussi  ce  pontife  qui ,  vers  l'an  900 ,  tint  à  Rouen  le 
cinquième  concile ,  dont  les  actes  sont  parvenus  jusqu'à  nous  (4). 

Fait  assez  étrange,  le  Cotentin  fut  si  paganisé  par  l'invasion  Scandinave,  qu'en  944 
l'évêque  Théodoric  apporta  à  Rouen  le  corps  de  saint  Lô ,  et  fixa  dans  cette  ville  son  siège 
épîscopal,  qui  y  demeura  Jusqu'en  4056  (5). 

Mon  sujet  m'oblige  à  ne  mentionner  qu'au  pas  de  course  le  sanglant  combat  livré  par 
Guillaume-Longue-Epée  contre  Riulf,  comte  du  Cotentin,  dans  un  champ  qui  a  conservé 
le  nom  de  pré  de  la  Bataille  (6).  J'en  dis  autant  de  la  bataille  acharnée  que  gagna,  en  953, 
sous  les  murs  mêmes  de  la  Cité,  Richard-sans-Peur  sur  Othon,  empereur  d'Allemagne. 
Le  lieu  en  est  encore  connu  aujourd'hui  sous  le  nom  de  Rougemare  (7).  Inscrivons  égale- 
ment au  tableau  de  l'histoire  politique  l'arrivée  de  Harold ,  premier  roi  chrétien  de  Dane- 
marck,  se  réfugiant  à  Rouen  contre  les  embûches  de  Suénon ,  son  fils  (8) ,  et  la  captivité 
dans  nos  murs  du  roi  Louis  d'Outre-Mer,  en  945  (9).  Cet  événement  était  la  suite  d'une 
intervention  tentée  dans  un  but  semi-politique  et  semi-religieux. 

En  943,  après  la  mort  de  l'archevêque  Gontard(40),  et  sous  la  minorité  du  premier  des 
Richard,  une  nouvelle  invasion  Scandinave  et  un  mouvement  païen  s'étaient  manifestés  à 
Rouen  et  dans  le  pays  de  Caux.  Cette  réactipn  était  conduite  par  Turmod ,  grand  seigneur 

(1)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules,  »  t.  ix,  p.  139. 

(2)  Dom  Bouquet,  a  Recueil  des  Historiens,  >»  t.  x,  p.  188,  213  et  368. 

(3)  Id.,  ibid.,  t.  vin,  p.  163. 

(4)  Pommeraye,  «  8.  R.  E.  Concilia ,  v  p.  44-47. 

(5)  Pénaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  •  p.  lxxiv,  lxxvi  et  141.  —  L'abbé  Malais, 
«  Calendr.  norm.,  •  p.  62. 

(6)  Périaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen ,  »  p.  126.  —  Servin,  «  Histoire  de  la  ville 
de  Rouen,  »  t  !•',  p.  108-110. 

(7)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  ix,  p.  53.  —  Servin ,  «  Histoire  de  la  ville  dt  Rouen ,  •  1. 1^,  p.  133.  —  Périaux , 
*  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  »  p.  lxxv  et  230.' 

(8)  Servin,  «Histoire  de  la  ville  de  Rouen.  »  t.  i*',  p.  116. 

(9)  Dom  Bouquet,  «  Recueil,  »  t.  viii,  p.  168,  293,  320-21  ;  t.  ix,  p.  12  ,  92.  —  Servin ,  «  Histoire  de  la  ville  de 
Rouen ,  »  t.  !•»,  p.  122,  129. 

(10)  Dom  Bouquet ,  «  Recueil ,  »  t.  ix ,  p.  12. 


-  450  — 

normand,  qui,  un  moment,  força  les  jeunes  ducs  et  les  Rouennais  eux-mêmes  à  sacn£er 
aux  idoles  (1). 

Mais  nous  n'aurons  garde  d'oublier  les  lettres  de  Fulbert,  de  Chartres,  adressées  à  notre 
archevêque  Robert  (2);  le  quatrième  concile  de  Rouen,  tenu  par  ce  pontife  (3),  et  les  deux 
assemblées  ouvertes  à  Fécamp  en  990  (4)  et  en  4027  (5),  et  enfin  l'arrivée  à  Rouen,  en 
990,  du  cofps  de  saint  Sever  d'Avranches  qui,  s'arrêtant  à  Emendreville  (6),  imposa  bi^tôt 
son  nom  à  ce  faubourg. 

Nous  enregistrerons ,  comme  un  fait  honorable  pour  notre  ville ,  les  visites  que  firent 
deux  rois  Scandinaves.  Le  premier  est  Harald  ou  Hériol,  roi  de  Danemarck;  le  second 
est  Lacman  ou  Lancina ,  roi  de  Suède  (7). 

Mais  nous  regarderons  comme  plus  p^récieux  encore ,  par  ses  conséquences  religieuses , 
le  passage  des  trois  visiteurs  suivants  : 

Le  premier  est  Etheked  II,  roi  saxon  de  l'Angleterre,  le  même  qui,  vers  979,  avait 
exempté  des  droits  de  coutume  les  bateaux  de  Rouen  qui  portaient  des  marsouins  au 
marché  de  Londres  (8).  Il  arriva,  en  1013,  accompagné  de  ses  deux  fils ,  Al verède  et 
Edouard  (9).  Il  n'est  pas  impossible  qu'Alverède  ou  plutôt  Alfred  ait  donné  son  nom  à  la 
célèbre  tour  que  possédait  à  la  Poterne  l'abbaye  de  Jumiéges(lO).  Edouard-le-Confesseur, 
élevé  en  Normandie  et  normand  par  le  cœur,  adopta  plus  tard  son  neveu  Guillaume,  fils 
de  Robert,  et  fut  ainsi  le  principe  de  la  conquête  de  l'Angleterre. 

La  même  année  était  venu  à  Rouen ,  avec  une  escadre  victorieuse  de  la  Bretagne , 
Olaûs,  Olaf  ou  Olave ,  roi  de  Norwége,  qui,  pris  de  dégoût  pour  les  idoles,  et  ayant  goûté  les 
instructions  de  Robert,  fut  baptisé  par  cet  archevêque.  Revenu  en  Norwége,  il  y  implanta 
le  christianisme  et  mourut  martyr  pour  la  foi  (11). 

(1)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  »  (d'après  Frodoard),  p.  196-97.  —  Chéruel ,  «  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  »  t.  i*% 
p.  XLvn.  —  Depping,  «  Histoire  des  Expéditions  maritimes  des  Normands,  »  p.  a08«309. 

(2)  Pommeraye,  «  8.  R.  E.  Concilia,  »  p.  64-65. 

(3)  Id.,  ibid.,  p.  61-62.  —  Bessln,  «  Concilia  Rot.  prov.  » 

(4)  Pommeraye,  «  S.  R.  E.  Concilia,  »  p.  59-61. 

(5)  Id.,  ibid.,  p.  62-63. 

(6)  «  Hementrudisvilla,  Bemeltrudisvilla  ou  Hermeltrudœvilla.  »  Duplessis ,  «  Description  géographique  et  his- 
torique de  la  Haute-Normandie ,  »  t.  u ,  p.  20. 

(7)  Willel.  Gemet.,  «  Hist.  Norman.,  »  lib.  v,  c.  xi,  apud  Ducbesne ,  p.  254.  —  Depping,  «  Histoire  des  Expédi- 
ions maritimes  des  Normands,  »  p.  432-443.  —  Dom  Bouquet,  a  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  t  x,  p.  187-88 , 
213,  308.  —  Si  M.  Chéruel  affirme  («  Histoire  de  la  ville  de  Rouen ,  »  t.  i*%  p.  lxi),  M.  de  Fréville  émet  des  doutes 
sur  ces  visites.  (»  Mémoire  sur  le  Commerce  maritime  de  Rouen ,  »  t.  i*',  p.  88.) 

(8)  Noël  de  la  Morinière ,  «  Hist.  gén.  des  pèches,  »  1. 1*%  p.  377. 

(9)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  x,  p.  187.  —  Périaux,  c  Dictionnaire 
indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  »  p.  236-37. 

(10)  Périaux,  «  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  »  p.  208.  ^  L*auteur  dit  que  dans  une  cave 
de  la  rue  de  la  Poterne  on  voit  encore  des  vestiges  de  cette  tour,  où  saint  Philibert  avaii  été  enfermé. 

(11)  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  t.  x,  p.  188.  —  Depping,  c  Histoire  des 
Expéditions  maritimes  des  Normands,  »  p.  327,  édit.  1843.  D'après  Depping,  ce  chefbarbare  se  serait  fait  baptieer 
trois  fois,  à  Londres,  aux  Sorlingues  et  à  Rouen. 


—  451  — 

Les  derniers  visiteurs ,  quoique  plus  modestes ,  durent  exercer  une  grande  influence 
monastique.  Nous  voulons  parler  des  moines  de  l'Orient,  et  surtout  du  Sinaï,  qui ,  de  1006 
à  1030,  ne  cessèrent  de  visiter  Rouen,  qu'ils  appelaient  «  Civitas  Normannorum  nobilis- 
sima,  >  et  nos  ducs,  dont  ils  avaient  entendu  loiier  la  piété  et  la  munificence  (1)  Le  plus 
câèbre  de  tous  ces  émigrants  fdt  saint  Siméon,  mort  reclus  à  Trêves  le  l«r  juin  1035,  et 
qui  apporta  à  Rouen  les  reliques  de  la  grande  martyre  d'Alexandrie.  Rachetés  par  Gosselin, 
vicomte  d'Arqués  et  de  Rouen,  ces  restes  précieux  furent  déposés ,  en  1030,  au  monastère 
de  la  Trinité,  dont  le  mont  prit  bientôt  le  nom  de  Sainte-Catherine  (2). 


CANTON    DU    GRAND-COURONNE. 


LE  GRAND-COURONNE. 

Epoque  romaine.  —  On  a  signalé  sur  le  Grand-Couronne  des  restes  de  voie  antique. 

Epoque  pranque.  —  En  1832,  M.  Pinard  de  Bois-Hébert  remit  à  la  Commission  des 
Antiquités,  pour  le  Musée  départemental  récemment  fondé,  un  style  en  bronze,  trouvé 
dans  un  cercueil  de  pierre  découvert,  en  1815,  sur  un  terrain  placé  le  long  de  la  grande 
route  et  en  face  de  l'église.  Cette  sépulture  contenait  de  plus  un  fer  de  lance ,  ce  qui  nous 
la  fait  croire  franque  plutôt  que  romaine.  Toutefois,  dès  1815,  TAcâdémie  de  Rouen, 
saisie  de  cette  découverte  par  M.  de  Bois-Hébert,  son  secrétaire ,  se  préoccupa  du  style 
antique.  L'objet  fut  dessiné  par  M.  Marquis  et  analysé  par  M.  Vitalis ,  qui  le  trouva  com- 
posé de  zinc  et  de  cuivre  rouge.  Beaucoup  d'autres  cercueils  de  pierre  accompagnaient  le 
sarcophs^e  qui  contenait  le  style. 

PERIODE  NORMANDE.  —  Daus  dcs  actcs  normands  du  xi^  siècle,  Couronne  est  appelé 
t  Corolm  »  et  t  Torhulmum.  » 

«Préc.analdesTrav.del'Acad.deHouen,»an.l815,p.88.    |    «  Procès-verb.  de  laCom.  dép.  des  Antiq.,  »  1. 1*',  p.  164. 
«Cartal.derAb.delaTrinitédnHont-de-Rouen,»  p. 422.    I    LePrevost,ftMéin,delaSoc.desAntdeNor.,»tzi,p.20. 

MOULINEAUX. 

Epoque  gauloise. —  Au  mois  de  septembre  1855,  le  propriétaire  du  château  de 
Robert-le-Diable ,  faisant  combler  les  énormes  fossés  de  la  vieille  forteresse  normande , 
rencontra  un  cimetière  gaulois  que  je  crois  contemporain  de  César  et  de  Jésus-Christ. 

(1)  Dam  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de  la  France,  »  p.  10.  —  «  Normannia  Nova  Chro- 
nica,  »  p.  3  et  4. 

(2)  Id.,  ibid.,  p.  372.  — Périaux,  a  Dictionnaire  indicateur  des  Rues  et  Places  de  Rouen,  »  p.  43.  -  L'abbé 
Malais,  «Calendr.  nonn.,  v  p.  37. 


—  152  — 

Malheureusement,  je  n'ai  pu  assister  à  l'extraction  des  objets,  ce  qui  me  prive  de  toute 
observation  sur  un  point  précieux  d'archéologie  nationale.  Je  suis  arrivé  juste  à  temps 
pour  récolter,  soit  sur  place ,  soit  chez  quelques  habitants  du  pays ,  les  vases  et  autres 
objets  de  fer  échappés  à  la  pioche  et  à  l'incurie  des  terrassiers.  Sur  une  trentaine  de 
vases  sortis  de  Moulineaux ,  j'en  ai  pu  sauver  environ  quatorze,  tant  entiers  qu'en  morceaux. 
Douze  de  ces  vases  étaient  assurément  celtiques,  d'une  forme  simple  et  d'une  terre 
grossière.  Presque  tous  imitent  le  pol-à~/leur  de  nos  jardins  :  l'un  d'eux  est  couvert  de 
cercles  en  relief;  un  dernier  ressemble  à  une  coupe  à  boire.  —  Nous  reproduisons  ici 
huit  de  ces  vases,  que  nous  avons  so^neusement  et  minutieusement  décrits  dans  nos 

4/. 


r/r 


r&SK8  CIHÉKAIRES  G 


—  153  — 

SéptUtwe$  gauloises,  romaines,  frangues  et  normandes.  Là,  nous  avons  donné  une  mono- 
graphie du  cimetière  celtique  de  Moulineaux. 

Par  le  type,  par  la  cuisson,  par  la  teinte,  par  la  pâte  grossière  et  pierreuse,  la  céra- 
mique de  Moulineaux  est  entièrement  semblable  à  la  plus  ancienne  que  Ton  trouve  en 
France,  eo  Allemagne  et  en  Angleterre. 

Ces  vases  contenaient  des  os  brûlés  d'adultes,  et  quelques-uns  en  contiennent  encore. 
Dans  les  urnes  se  sont  rencontrées  des  Cbules  en  fer  comme  au  Vaudreuil.  Les  autres 

objets  de  métal  étaient  un 
^'  fer  de  lance ,  dont  on  peut  ici 

apprécier  la  forme,  et  une 
épée  brisée  en  plusieurs  mor- 
ceaux, mais  qui  reposait 
dans  un  étui  de  fer.  Cette  épée 
avait  été  ployée  au  moment 

TABES,  trtE  ET  L&NCB  BIf  rBH  (moclirk&uz ,  I85i).  ^      ■' 

de  son  mnumation ,  absolu- 
ment comme  celle  de  Bouelles.  Le  dernier  objet  de  fer  était  un  cercle  grossier  qui  ceignait 
l'ouverture  de  l'une  des  urnes. 

Une  personne  du  pays,  qui  a  saivi  le  travail  des  ouvriers,  m'a  assuré  que  les  urnes 
étaient  par  groupes,  à  2  mètres  de  profondeur,  et  qu'elles  ét^ent  entourées  d'un  mur  sans 
mortier,  composé  de  moellons  et  de  silex. 

Époque  romaine.  —  Le  cimetière  gaulois  de  Moulineaux  dut  servir  également  aux 
Vélocasses  devenus  Romains.  C'est  ainsi  que  nous  pouvons  expliquer  la  présence  d'une 
urne  en  terre  grise,  en  forme  àe pot-au-feu,  absolument  semblable  aux  lu-nesdesCalètes. 
Cette  oWfl,  encore  pleine  d'os  brûlés,  avait  ceci  de  particulier  que  son  col  était  ceint  d'un 
petit  cercle  de  fer,  qu'elle  a  conservé  jusqu'aujourd'hui.  Nous  attribuons  aussi  à  l'art  ro- 
main la  petite  tétine  rougeâtre  ou  gottetfe,  sortie  de  ce  champ  de  repos,  où  il  a  été  trouvé 
des  os  d'enfants  non  incinérés. 

Époque  feanque.  —  Un  cimetière  franc  dut  exister  à  Moulineaux.  Nous  avons  vu  à 
Elbeuf ,  dans  la  collection  de  M.  Gustave  Grandin ,  des  vases  de  terre  et  des  armes  de  fer 
provenant  de  Moulineaux,  auxquels  on  ne  peut  donner  d'autre  attribution  qu'one  origine 
mérovingienne. 

Période  normande.  —  Moulineaux  possède  une  forteresse  célèbre  sous  le  nom  de  châ- 
teau de  Rohert-le-Diable.  Nous  avons  connu  les  ruines  de  ce  vieux  castel,  qui  affectait  la 
forme  d'un  carré  long,  flanqué  d'une  tour  ronde  à  chacun  de  ses  angles.  Toutes  les  ma- 
çomieries  que  nous  y  avons  connues  avaient  la  physionomie  du  moyen-âge.  Des  fossés 
profonds  entouraient  ce  fort  quadrangulaire.  Ils  sont  ai  grande  partie  comblés  depuis  \  855. 

Des  légendes ,  des  traditions ,  des  histoires ,  se  rattachent  à  ce  château  posé  sur  le  haut 
de  la  colUne,  adossé  à  une  forêt  et  dominant  te  cours  de  la. Seine.  Les  historiens  d'au- 


—  454  - 

jourdliuî  Tattribuent  au  fils  dénaturé  de' GuUlaume-le-Conquérant,  Robert-Courte-Heuse, 
qui  fut  duc  de  Normandie,  de  1087  à  1096,  et  qui  mourut  en  1134. 

Ce  qui  est  certain,  c'est  que  le  duc-roi  Jean-Sans-Terre  créa  ou  agrandit  cette  forte- 
resse, de  1200  à  1203.  C'est  de  Moulineaux  qu'il  partit  pour  assassiner,  dans  la  tour  de 
Rouen,  son  neveu  Arthur  de  Bretagne.  On  sait  aussi  qu'il  renversa  cette  citadelle  plutôt 
que  de  la  laisser  prendre  par  Philippe-Auguste. 


L'abbé  Ck)chet,  «  Sépultures  gauloises ,  romaines , 
franques  et  normandes ,  »  p.  1  à  38. 

Id.,  a  Notice  hist.  et  descript.  sur  l'église  de  Mouli- 
neaux, »  in-8"  de  8. p.  et  2  pi.,  Rouen,  Pérou,  1845. 


L*abbé  Cochet,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1845, 2* 
sem.,  p.  161-169. 

Deville,  «  Notice  hist.  sur  Robert-le -Diable,  fils  du 
duc  de  Normandie,  »  in-4%  Rouen,  Baudry,  1836. 


LA  BOUILLE- 
EPOQUE  GAULOISE  OU  ROMAINE.  —  En  janvier  1862,  le  pêcheur  Carlet,  de  Moulineaux, 
tira  du  fond  de  la  Seine,  à  peu  près  en  face  de  Caumont,  une  belle  épée  en  bronze,  qui  fiit 
immédiatement  acquise  par 

le  Musée  de  Rouen.  Cette  i 

belle  lame,  épaisse  d'un 
centimètre,  est  large  de  trois 
et  longue  de  soixante-cinq. 
Elle  est  reproduite  ici  sous 
le  no  3.  Le  métal  se  compose 
de  3  parties  d'étain  sur  97 
de  cuivre.  —  Montfaucon  en 
figure  une  pareille  dans  son 
Antiquité  expliquée,  à  la  fin 
du  tome  rv. 


ÉPéES  BN  BRONZE  TROUVÉES  DANS  LA  SBIPIE,  A  ROUEN  (iV"  I), 
A  OI88BL  (Pf^  2),  A  LA  BOUILLE  (N^  3). 

SAHURS. 


Période  normande.  —  Dans  une  charte  donnée  vers  4060,  le  duc  Guillaume  de  Nor- 
mandie désigne  ainsi  Sahurs  :  «  In  territorio  Roloraagensi...  super  Sequanam  in  loco  qui 
dicitur  Salhus.  » 

«  Mémoires  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  20. 


VAL-DE-LA-HAYE. 

ÉPOQUE  GAULOISE.  —  Dans  la  forêt  de  Roumare,  au  lieu  dit  la  Cavée-de-Biesaard ,  on 
a  trouvé  des  hachettes  en  bronze  dont  un  spécimen  est  déposé  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  incertaine.  —  Le  même  Musée  de  Rouen  possède  aussi  une  marmite  en 
bronze  à  trois  pieds,  trouvée  au  Val-de-la-Haye  en  1847.  Elle  ressemble  à  celles  de  Vatte- 


—  155  — 

ville,  de  Tourvaie4a-Chapelle,  de  Lfllebonne,  des  Loges ,  d'Ancretteville-sur-Mer  et  de 
Caudebec-lès-EIbeuf.  (Voir  ces  diverses  localités.) 

LE  PETIT-COURONNE. 

Époque  gauloise.  —  Des  pien'es  druidiques  couchées  existent  sur  la  portion  de  la  forêt 
de  Rouvrày  qui  dépend  de  cette  commune. 

Peut-être  faut  il  classer  dans  ce  triége  le  menhir  nommé  la  pierre  d'Etat,  qui,  en  1840, 
fut  enlevé  de  la  forêt  pour  être  transporté  au  cimetière  monumental  de  Rouen ,  afin  d'y 
décorer  la  tombe  de  l'antiquaire  normand  M.  Hyacinthe  Langlois. 

&OQUE  EOHÂINE.  —  Noël  raconte ,  dans  ses  Essais,  qu'en  1760  une  fouille  faite  dans 
la  forêt  de  Rouvray  ramena  à  la  surface  des  instruments  aratoires  et  des  monnaies  de 
Trajaiijâ'Adrien,  d'Antonin  et  de  Marc-Aurèle. 

Noèl,  «Beûond  Essai  sur  le  département  de  la  Seine-Iiiférieure ,  »  p«  180. 

OISSEL. 

Epoque  gauloise  ou  romaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  contient  une  belle  épée  en  bronze, 
qui ,  en  1853,  a  été  pêchée  dans  la  Seine,  en  face  d'Oissel  (1).  [Voir  l'épée  reproduite  sous 
le  no  2,  p.  154]. 

Époque  franque.  —  Le  sol  d'Oissel  s'est  montré  surtout  fertile  en  sépultures  que  je 
crois  devoir  attribuer  à  l'époque  franque.  Des  sarcophages  se  sont  révélés  sur  plusieurs 
points  et  à  diverses  époques. 

La  portion  du  territoire  d'Oissel  qui  s'est  spécialement  montrée  féconde  s'appelait  autre- 
fois V abbaye  de  Saint-Wandrille  ;  elle  portait  naguère  le  nom  de  rue  des  Wandrilles  et 
aujourd'hui  elle  porte  celui  de  Sainte-Wandrille  (sic)  (2).  Il  est  probable  que  c'est  là  un 
reste  du  prieuré  que  possédait  ici  le  grand  monastère  mérovingien  de  Fontenelle.  Déjà  au 
siècle  dernier,  cette  terre  était  devenue  la  propriété  du  célèbre  d'Amboumay,  qui,  en  1774, 
y  découvrit  plusieurs  cercueils  en  plâtre  et  en  pierre.  M.  Rondeaux  de  Sétry  rédigea  sur  cette 
trouvaille  une  notice  intitulée  :  Mémoires  sur  les  Tombeaux  qui  se  trouvent  sur  la  paroisse 
d'Oissel.  Cette  note  manuscrite  a  été  déposée  de  nos  jours,  par  M.  Jean  Rondeaux,  aux 
archives  de  la  Commission  des  Antiquités.  Il  y  parle  de  cercueils  de  plâtre  contenant 
chacim  un  corps  bien  orienté,  la  tête  posée  sur  un  caillou  et  les  mains  jointes  sur  la  poi- 
trine. Aucun  objet  d'art  n'étant  signalé,  nous  sommes  tenté  de  penser  au  moyen-âge. 

n  est  vraisemble  que  de  nouveaux  cercueils  se  sont  fait  jour  au  même  endroit ,  quel- 

(1)  Des  épées  en  bronze,  semblables  à  celles  de  Rouen  ,  de  La  Bouille  et  d'Oissel,  sont  conservées  dans  les 
divers  musées  de  TAllemagne.  Ils  viennent  d*étre  publiés  par  M*  Lindenschmit  dans  son  «  Die  alteplhûmer 
unserer  heidnischen  vorzeit ,  »  U,  band,  erstes  hefl,  tafel  3  et  5. 

(2)  Dans  une  fondation  faite  en  1754  par  M.  Tabbé  Horcbolle,  pour  Técole  des  filles  d'Oissel ,  on  dit  :  le  triége 
de  Saint'WandriUe ,  la  rue  Saint- Wandrille,  et  triége  des  jardins  des  Trois-Comets  de  Saint- Wandrille. 


—  456  — 

• 

ques  années  plus  tard ,  car  Noël  de  LaMorinière  parle  de  sépultures  reconnues  en  1785 
et  attribuées  par  lui  au  ixe  siècle.  En  1820,  de  nouveaux  tombeaux  se  montrèrent  Os 
furent  visités  par  M.  Hyacinthe  Langlois,  et  ils  sont  cités  plus  tard  par  M.  Guilmeth. 
Enfin ,  la  dernière  découverte  de  la  rue  des  WandriUes  date  de  1854.  Mise  au  jour  par 
le  cantonnier  communal,  elle  a  été  enr^istrée  par  les  feuilles  publiques. 

D'autres  points  du  territoire  d'Oissel  ont  encore  donné  d'anciennes  sépultures  ;  mais 
celles-là ,  nous  avons  tout  lieu  de  les  croire  franques.  Les  premières  furent  tax)uvée6 ,  en 
1832,  dans  le  quartier  des  Roches.  On  tira  de  terre  deux  cercueils  de  plâtre  demeurés  en 
bon  état.  L'un  d'eux  contenait  une  arme ,  sabre  ou  épée ,  placée  à  côté  des  squelettes , 
dans  un  auget  taillé  à  même  la  pierre. 

En  1862,  au  lieu  dit  le  Bosquet,  on  a  extrait  du  sol  cinq 
ou  six  sarcophages  en  plâtre  gâché,  renfermant  des  osse- 
ments, qui  probablement  avaient  déjà  été  dérangés.  Une 
coupe  de  verre ,  un  fragment  de  scramasaxe  et  un  morceau 
d'alêne  en  fer  recueillis  par  M.  de  Girancourt,  me  font  sup- 
poser que  c'est  là  un  cimetière  franc.  coupe  en  vb«rb(ois8bl,i86î). 

Au  siècle  dernier,  une  discussion  scientifique  s'est  élevée  au  sein  de  l'Académie  des 
Inscriptions  et  Belles-Lettres ,  entre  deux  de  ses  Membres  les  plus  érudits ,  à  propos  du 
mot  Oscellus,  que  beaucoup  d'écrivains  traduisent  par  Oissel.  En  février  1 744,  l'abbé  Le- 
beuf  lut  à  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres  un  travail  intitulé  :  Mémoire  sur  la 
situation  de  Vlsle  d'Oscelle,  connue  sous  le  nom  d'Oscellus  dans  les  Monuments  historiques 
du  IX^  siècle.  L'auteur  concluait  contre  Oissel ,  en  faveur  à'Oscel ,  près  Paris.  Cette  con- 
clusion ne  passa  pas  sans  réclamation.  Au  moins  d'avril  suivant ,  M.  Bonamy,  également 
de  l'Académie  des  Inscriptions,  lut. à  la  Compagnie  un  Mémoire  sur  Vlsle  d'Oscelle  ou 
d'Oissel,  où  il  se  prononce  en  faveur  de  l'île  normande.  Peu  de  temps  après ,  le  savant 
chanoine  d'Auxerre  répondit  par  une  dissertation  intitulée  :  Supplément  au  Mémoire  sur 
la  situation  de  Vlsle  d'Oscelle,  connue  sous  le  nom  d'Oscellus  dans  les  Monuments  histo- 
riques du  IX*  siècle.  • 

En  présence  des  pièces  produites  par  de  pareils  adversaires,  nous  n'oserions  nous  pro- 
noncer, et  nous  laissons  ce  soin  à  plus  habiles  que  nous.  Toutefois,  nous  ne  voulons  pas 
négliger  une  remarque  qui  peut  parfois  aider  à  l'éclaircissement  de  la  question. 

En  parcourant  le  tome  vn  du  Recueil  de  nos  historiens ,  commencé  par  dom  Bouquet, 
nous  avons  vu  plusieurs  fois  mentionnée  l'isle  d'OsceUus ,  comme  campement  et  hivernage 
des  Danois,  des  pirates  ou  des  païens.  Ces  événements  eurent  lieu  surtout  en  851 ,  en  858 
et  en  861.  En  858,  Charles-le-Chauve  les  attaqua  et  tomba  malade  au  siège  de  l'ile.  En 
863 ,  il  se  débarrassa  des  pirates  au  moyen  d'xme  rançon  de  cinq  mille  livres  d'ai^ent 
Toujours  ce  lieu  est  indiqué  :  <  Insulam  loci  qui  Oscellus  dicitur  —  insulam  Sequanae 
dictam  Oscellum.  »  Ainsi  parlent  les  Annales  de  Saint-Bertin  et  Charles-le-Chauve  lui- 


—  457  — 

TâèAL  C'est  pourquoi  les  Bénédictins  supposent  toujours  quil  s'agit  d'Oissel.  Mais  Loup 
de  iFerrières ,  contemporain ,  précise  mieux  les  lieux  :  il  place  l'isle  d'  «  Oscellus  sub  Me- 
lodoni  oppidOy  »  que  nous  supposons  être  non  pas  Melun ,  mais  Meudon. 

La  question  est  revenue  de  nos  jours.  C'est  M.  Auguste  Le  Prévost  qui  Ta  réveillée , 
soit  dans  ses  travaux  sur  le  département  de  TEure ,  soit  dans  un  Mémoire  adressé  à  la 
Société  des  Antiquaires  de  Normandie.  En  48124,  notre  savant  confrère  publia  un  Mémoire 
sur  la  position  de  l'Ile  nommée  Oscellus  dans  les  Récits  relatifs  à  l'invasion  des  Normands. 
Après  avoir  résumé  les  travaux  de  ses  deux  devanciers ,  M.  Le  Prévost  examina  les  lieux 
d'hivernage  des  Normands  pendant  les  années  856,  857,  858  et  859.  Il  indique  tour  à 
tour  Jumi^es ,  Rouen ,  Pitres  et  Jeufosse;  puis ,  arrivant  à  Oscellus ^  il  se  prononce  pour 
Oscel,  près  Bougival  (Seine-et-Oise). 

Dans  son  Histoire  des  Expéditions  maritimes  des  Normands,  publiée  en  4826  et 
rééditée  en  4844  (  p.  448-20),  M.  Depping  arrive  tout  naturellement  à  la  question  de  ttle 
i'OscelluSy  et  il  se  prononce  pour  Oissel.  Les  raisons  qu'il  donne  de  sa  détermination , 
c'est  qu'il  n'existe  pas  près  Paris  d'île  d'Oscelle  ou  d'Osselle;  ensuite ,  que  le  nom 
d'Oissel  lui  paraît  d'origine  Scandinave,  parce  qu'il  y  a  en  Danemark  un  lieu  nommé 
Oessel ,  et,  dans  le  golfe  de  Finlande,  un  île  d'Oessel.  U  incline  encore  en  faveur  d'Oissel 
à  cause  d'une  expédition  des  Normands  sur  Paris ,  racontée  par  Aïmoin ,  et  du  siège 
maritime  que  Charles-le-Chauve  fit  de  l'île  à' Oscellus. 

Pour  nous  qui  sommes  contraint  de  laisser  la  chose  incertaine,  nous  croyons  que  le 
secret  de  cette  question  est  au  sein  de  la  terre ,  et  que  des  fouilles  bien  pratiquées  dans 
l'île  d'Oissel  aideraient  beaucoup  à  décider  la  question. 

PraiODE  NORMANDE.  — En  4030,  dans  la  charte  de  fondation  du  monastère  de  Sainte- 
Trinité  du  Mont-de-Rouen,  il  est  question  d'une  île  du  nom  d'Oscellus,  que  nous  croyons 
très  fort  être  celle  d'Oissel  :  «  In  pago  Rotomagensi  insulam  super  alveum  Sequanae 
quam  dicunt  nomine  Torholmum,  alio  quidem  vocabulo  Oscellum  » .  En  4080,  im  plaid 
lut  tenu  dans  la  cour  de  Guillaume-le-Conquérant  à  propos  de  la  possession  de  cette 
même  ile  d'Oissel  :  c  Quae  insula  Oscelli  vel  Turhokni  dicitur  » .  Elle  fut  adjugée  de 
nouveau  au  monastère  de  la  Trinité-du-Mont. 

Le  25  juin  408i,  ce  même  Conquérant  date  une  charte  d'Oissel.  Nous  croyons  que 
c'est  à  cette  époque  qu'il  faut  placer  le  concile  tenu  par  Guillaume  et  les  évêques  de  Nor- 
mandie, pour  décider  une  question  relative  au  fer  rouge  et  à  l'épreuve  du  feu ,  pendante 
entre  l'abbé  de  Fontenelle  et  l'archevêque  de  Rouen. 

Nos  ducs  eurent  probablement  un  château  à  Oissel.  On  en  montre  les  restes  dans  la  pro- 
priété de  M.  Turgis.  En  4432,  le  manoir  d'Oissel  s'appelait  «  la  prison  et  le  parc  du  roi 
nostre  sire.  »  Au  xvm©  siècle ,  il  y  avait  encore  parc  et  geôle.  Le  fermier  du  château  actuel 
trouve  dans  sa  cour  des  buttes,  des  terrassements  et  des  constructions.  Les  noms  de  vigne, 
d'allées  et  de  garenne  semblent  conserver  trace  de  cette  splendeur  passée. 


—  168 


^ 


BIBLIOGBAFHIE. 


Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules  et  de  la 
France,  »  t.  vti,  p.  73,  77,  154,215,  351,  517, 640. 

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Frère,  «  Manuel  du  Bibliographe  normand,  t.  ii ,  p.  482. 

L'abbé  Lebeuf,  «  Mém.  sur  la  situation  de  llsle  d'Os- 
celle,  connue  sous  le  nom  d'Osoellus  dans  les  Mon.  hist 
du  n*  siècle ,  »  dans  les  «  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript, 
et  Belles-Lettres,  »  t.  xx,  p.  91-108. 

Id. ,  a  Supplément  au  Mém.  sur  la  situation  de  Tlsle 
d'Oscelle ,  connue  sous  le  nom  d'Oscellus  dans  les  Mon. 
hist.  du  IX*  siècle,  •  dans  les  «  Mém.  de  TAcad.  des  Insc. 
et  Belles-Lettres,  »  t.  xx,  p.  134-149. 

Bonamy,  «  Mém.  sur  llsle  d'Oscelle  ou  d'Oissel,  »  dans 
les  o  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript,  et  Belles-Lettres ,  » 
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t.  {•%  V  partie,  année  1824,  p.  510-534. 

De  Caumont,  «  Ibid.,  »  t.  i«,  p.  xcvi, 

fl  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi.  p.  19. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  départementale 
des  Antiquités  de  la  Seine-Inférietire,  »  p.  185-86. 
Guilmeth ,  «  HisU  de  la  ville  et  du  canton  d*Elbeaf ,  « 
p.  182. 

«La Nonn.  Bout.,  »  1«  ôdit.,p.  348;  2*  ôdit>  p.  431. 

«  La  Normandie  »  (de  Rouen),  du  21  septembre  1854. 

«  Notice  sur  des  Sépultures  romaines  du  iv  et  du  v 
siècle,  trouvées  à  Tourville-Ia-Riviôre ,  »  p.  4. 

«  Revue  de  la  Normandie,  »  2*  année,  p.  244. 

«  Essai  historique  et  descriptif  sur  l'église  d'Oissel ,  » 
in-12de4p.,  Elbeuf,  1852. 

Deville,  «  Hist.  du  château  d'Arqués,  »  p.  376-81. 

Depping,  «  Hist  des  Expéd.  marit  des  Norm.,  »  édit 
de  1844,  p.  418-420. 


LE  GRAND-QUEVILLY. 

Période  normande.  —  Au  milieu  du  xi®  siècle,  ce  lieu  est  nommé  Ckevillei  dans  tous 
les  actes  publics. 

«  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  •  t.  xi,  p.  20. 

LE  PETIT-QUEVILLY. 

Époque  romaine.  — Le  territoire  du  Petit-Quevilly  offre  parfois  des  monnaies  romaines. 
En  1836 ,  on  y  a  recueilli  un  grand  bronze  d'Alexandre  Sévère,  et,  en  1862 ,  un  denier 
d'argent  de  l'empereur  Titus.  Dès  1828 ,  M.  Houel  avait  rencontré,  dans  le  parc  des  Char- 
treux, une  monnaie  de  Philippe,  et  plus  tard^  dans  le  grand  enclos  des  Chartreux,  on  a 
trouvé  un  aurem  de  Justin. 

Thaitrin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  22  décembre  1862.    |    «  Procès-verbaux  de  la  Gommiss.  des  Antiq^  »  p.  128. 

SAINT-ÉTIENNE-DU-ROUVRAY. 

Époque  gauloise.  —  Menhirs  de  la  forêt  de  Rouvray.  (Voir  l'article  de  Petit-Couronné). 

Époque  romaine.  —  Sur  le  territoire  de  Saint-Etienne,  on  trouve  parfois  des  monnaies 
romaines.  On  m'en  a  cité  plusieurs  recueillies,  en  1862,  dans  le  quartier  dit  de  la  Chapelle. 
Vers  l'ancien  manoir  des  Hannivel ,  on  a  recueilli  plusieurs  bronzes  antiques  qui  m'ont  été 
présentés.  Malgré  l'état  fruste  de  quelques-unes ,  j'ai  cru  reconnaître  un  Auguste  au  revers 
de  l'autel  de  Lyon ,  un  Claude  I^^^  un  Dioclétien  et  un  Posthume.  Il  y  avait  aussi  une 
monnaie  d'argent  qui  m'a  paru  consulaire  et  sur  laquelle  j'ai  cru  lire,  autour  d'une  tète  de 
femme:  ...oletvs  lariscolvs. 


—  159  — 

En  1864,  on  a  trouvé  près  de  rétablissement  industriel  de  MM.  Scheppers ,  un  squelette 
dont  la  tête,  était  accompagnée  de  deux  épingles  à  cheveux  en  bronze.  Ces  épingles  parais- 
sent antiques. 

Une  voie  antique  dut  passer  par  Saint-Etienne.  M.  Rondeaux  en  parle  dans  sa  notice 
manuscrite  sur  ce  village.  Des  chartes  de  il 37  à  1150  citent,  à  Saint-Etienne,  via 
publica;  en  125^,  on  dit  a  vico  Sancti  Stephani ;  en  1285,  quemimim  domini  Régis,  et 
en  1288,  le  chemin  du  Roy. 

Époque  franqub.  —  Le  cimetière  qui  entoure  l'église  de  Saint-Etienne  et  les  terrains 
adjacents  paraissent  avoir  été  un  lieu  de  sépulture  à  l'époque  franque.  Dès  1817,  M.  JaUn, 
en  creusant  la  citerne  de  sa  maison,  qui  était  l'ancien  vicariat,  trouva  des  ossements  et  des 
sarcophages.  Deux  cercueils  de  pierre  apparurent  également  en  1850,  en  creusant  les  fon- 
dements de  la  mairie. 

Depuis  longtemps,  le  fossoyeur  en  rencontrait  dans  le  cimetière,  surtout  aux  environs 
du  portail.  En  août  1 863 ,  un  nouveau  cercueil  ayant  été  aperçu  et  les  journaux  du  dépar- 
tement en  ayant  parlé ,  je  me  transportai  à  Saint-Etienne ,  où ,  au  moyen  de  quelques 
fouilles,  je  constatai  la  présence  de  quatre  cercueils  en  pierre  de  Vergelé  ou  de  Saint-Leu. 
Une  fois ,  le  couvercle  était  en  place  et  il  avait  la  forme  d'un  toit  très  aplati.  Ces  sarco- 
phages, plus  étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête,  avaient  tous  les  caractères  de  la  période 
mérovingienne.  L'un  d'eux  possédait  au  fond  et  vers  les  pieds  un  trou  en  forme  d'enton- 
noir. Souvent  réoccupés  au  moyen-âge,  ils  ne  contenaient  plus  rien  des  corps  ni  des 
objets  qui  leur  avaient  été  primitivement  confiés.  Les  déblais  nous  ont  donné  seulement 
un  fragment  de  vase  mérovingien.  J'ai  mesuré  un  des  cercueils  que  nous  avons  laissés ,  et 
il  m'adonne,  pour  l'intérieur,  2  mètres  de  longueur,  8  centimètres  d'épaisseur,  30  centi- 
mètres aux  pieds ,  55  à  la  tête ,  et  48  centimètres  de  profondeur  ;  le  trou  était  à  60  centi- 
mètres des  pieds.  Celui  que  nous  avons  tiré  de  terre  pour  le  Musée  de  Rouen,  mesuré  au 
dehors,  nous  a  donné  2  mètres;  à  la  tête,  72  centimètres;  aux  pieds,  41  ;  hauteur,  55  centi- 
mètres; épaisseur,  8.  Orientés  est  et  ouest,  tous  sont  à  1  mètre  30  centimètres  du  sol. 

En  mars  1865,  en  creusant  la  cave  de  la  maison  d'un  boulanger  située  au  bord  du  grand 
chemin,  en  face  de  la  propriété  de  M.  de  Guercheville,  on  a  trouvé  deux  nouveaux  cer- 
cueils en  pierre,  l'un  en  roche  d'Orival,  l'autre  venant  du  bassin  de  Paris.  Tous  deux,  plus 
étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête,  appartenaient  aussi  à  l'époque  franque  ;  ils  avaient  été  visités 
et  ne  renfermaient  plus  que  des  ossements  épars  ou  inhumés  plus  récemment. 

La  même  fouille  a  mis  au  jour  un  cercueil  de  plâtre  coulé  contenant  un  squelette  aux 
pieds  duquel  on  a  recueilli  deux  vases  noirs  ornés  de  dessins  mérovingiens ,  une  plaque  de 
ceinturon  en  bronze ,  une  pince  à  épiler,  et  trois  objets  de  bronze  découpés  à  jour,  que  je 
prends  pour  les  terminaisons  ou  les  ornements  d'un  ceinturon. 

Dans  d'autres  parties  de  la  tranchée ,  on  a  constaté  la  présence  de  cinq  ou  six  inhuma- 
tions sans  cercueil  :  l'une  d'elles  a  donné  une  plaque  de  ceinturon  de  forme  ronde. 


—  i60  — 

Pour  les  preuves  écrites  de  l'existence  de  Saint-Etienne,  les  antiquaires  croient  en 
trouver  trace  dans  un  diplôme  de  Charles-le-Chauve,  où  figure  une  localité  du  nom  de 
Stritellam,  €tratellam  ou  Strutellam,  suivi  des  mots  Sancti  Stephani.  Si  l'on  est  tenté 
d'attribuer  à  Saint-Etienne  ce  texte  de  851,  relatif  à  une  donation  faite  à  l'abbaye  de 
Fontenelle ,  c'est  que  ce  monastère  posséda  toujours  un  fief  et  un  patronage  à  Saint- 
Etienne. 

Période  N0RMAia)E.  —  Dans  une  charte  délivrée  par  Richard,  en  1031  ou  en  1035,  on 
voit  la  donation  ou  la  restitution  de  la  villa  de  Saint-Etienne  à  Saint-Wandrille. 

Époque  NOjiBiANDE  ou  incertaine.  —  On  est  tenté  de  rapporter  à  l'époque  normande 
des  fossés  et  terrassements  connus  sous  le  nom  de  fossé  Guillaume  et  de  fossé  Roger.  Ces 
noms  ont  toute  la  forme  Scandinave  ;  mais  ils  peuvent  baptiser  quelque  chose  de  plus 
ancien  qu'eux. 

«  Journal  de  Rouen,  »  des  6  et  18  août  1863,  et  des    i        «  Le  Pays  de  Gaux,  »  du  8  août  1863. 
13  février  et 2  mai  1865.  I       «  Revue  de  la  Normandie,  »  t.  v,  p.  185. 

SOTTEVILLE-LÈS-ROUEN. 

Temps  PRÉmsTORiQUES.  —  Le  Musée  d'Antiquités  de  Rouen  renferme  deux  hachettes 
en  silex  de  la  famille  de  celles  que  nous  nommons  diluviennes.  On  assure  qu'elles  provien- 
nent des  sablières  de  Sotteville  où  elles  auraient  été  ùrouvées  en  i860. 

Époque  gauloise.  —  M.  le  docteur  Dumesnil,  directeur  de  l'asile  de  Quaùre-Mares , 
possède  une  hachette  de  pierre  trouvée  dans  cet  établissement  vers  1853. 

Époque  ROMAINE.  —  En  novembre  1842,  les  travaux  du  chemin  de  fer  firent  décou- 
vrir, dans  le  voisinage  du  cimetière  de  Sotteville ,  un  cercueil  de  plomb ,  entouré  de  tuiles 
à  rebords.  Il  renfermait  un  squelette  possédant  sur  lui  deux  bracelets  en  jais  et  des  anneaux 
de  bronze. 

En  1852,  on  rencontra  à  Sotteville  des  constructions  romaines ,  et ,  au  centre  de  l'une 
des  murailles ,  une  monnaie  de  plomb  à  l'effigie  de  Flavius  Vespasianus ,  père  de  Titus  et 
de  Domitien.  Au  milieu  des  poteries  qui  entouraient  ces  ruines ,  on  recueillit  également 
des  bronzes  de  Trajan ,  d'Adrien  et  d'Antonin-le-Pieux. 

Ce  qui  peut  aider  à  expUquer  la  présence  de  ces  restes  antiques ,  ainsi  que  ceux  de 
.  Quatre-Mares ,  c'est  le  passage  de  la  voie  romaine  qui  allait  de  Rotomagus  (  Rouen  )  à 
Lutetia  (Paris)  par  r/jjr^af^  ( Caudebec-lès-Elbeuf ). 

Mais  c'est  au  hameau  de  Quatre-Mares  qu'ont  été  faites  les  plus  belles  découvertes.  En 
mars  et  en  avril  1843,  les  ouvriers  occupés  à  chercher  du  remblai,  pour  le  service  du 
chemin  de  fer,  trouvèrent ,  à  deux  ou  trois  meures  de  profondeur,  trois  cercueils  romains, 
dont  deux  étaient  en  pierre ,  et  le  troisième  en  plomb ,  enveloppé  dans  un  cercueil 
de  bois. 


—  161  — 

Les  deux  cercueils  de  pierre  étaient  d'une  seule  pièce ,  en  forme  de  carré  long  avec 
couvercle  bombé.  L'un  contenait  un  homme  ;  l'autre ,  une  femme.  Le  sarcophage  de  la 
femme  enveloppait  un  cercueil  de  plomb.  Le  coffre  de  l'homme  a  présenté  des  vases  de 
verre  qui  ftœent  brisés  par  les  terrassiers.  Le  cercueil  de  la  femme ,  parfaitement  intact ,  a 
donné  six  vases  placés  aux  pieds  :  un  était  en  terre,  quatre  en  verre  et  le  sixième  en 
cristal;  il  y  avait  de  plus  deux  monnaies  romaines ,  dont  une  de  Constantin-le-Grand.  La 
tête  de  la  femme  a  donné  trois  épingles  à  cheveux  en  ivoire  et  une  en  jais  ;  aux  pieds 
étaient  un  fuseau  en  ivoire  et  une  fiole  de  verre  bleu.  La  plupart  des  objets  avaient  été 
renfermés  dans  une  caisse  de  bois ,  recouverte  d'osier  revêtu  de  cuir.  Celte  boîte  fermait 
au  moyen  d'une  serrure  dont  on  a  retrouvé  la  clef.  Outre  les  objets  déjà  mentionnés,  le 
cofifre  contenait  un  bracelet  en  jais  et  une  semelle  de  cuir  provenant  d'une  sandale  dorée. 
Le  dernier  cercueil  trouvé  à  Quatre-Mares  était  en  plomb ,  enveloppé  de  planches  de 
bois.  A  la  tête  du  corps  était  une  fiole  de  verre  ;  aux  mains,  un  bracelet  en  jai3,  et  enfin 
une  monnaie  de  Tétricus. 

Ces  sépultures  ont  été  soigneusement  décrites  par  M.  Deville  dans  la  Revue  de  Rouen, 
et  par  nous  dans  la  Normandie  souterraine.  Presque  tous  les  objets  sont  entrés  dans  notre 
Musée  départemental. 

Ces  monuments  ne  sont  pas  les  seuls  que  Quatre-Mares  nous  ait  donnés.  En  1852,  dans 
le  jardin  de  l'asile  des  aliénés,  on  a  recueilli  des  débris  antiques,  parmi  lesquels  nous  cite- 
rons une  meule  à  broyer,  conservée  par  le  docteur  Dumesnil ,  et  un  fragment  de  poterie 
rouge ,  où  M.  Thaurin  a  lu  le  nom  du  potier  moxivs. 

Epoque  franque.  —  En  1846,  le  Musée  de  Rouen  fit  l'acquisition  d'un  scramasaxe  ou 
sabre  franc ,  recueilli  à  Quatre-Mares,  dans  des  sépultures  en  pleine  terre. 

Période  normande.  —  En  1842,  on  a  trouvé  à  Sotteville  un  denier  d'argent  de  Ri- 
chard 1er,  duc  de  Normandie.  Cette  pièce  rare  a  été  acquise  par  le  Musée  de  Rouen. 

N'omettons  pas  de  dire  que  ce  tut  sous  nos  ducs  du  xi^  siècle  que  naquit  à  Sotteville 
saint  Gontard ,  d'abord  moine  et  prieur  de  Fontenelle ,  puis  30^  abbé  de  Jumiéges ,  où  il 
est  mort  le  24  novembre  1095. 


bibliographie. 


Deville,  «  Répert.  du  Musée  d'antiq.  de  Rouen,  »  t.  ii, 
p.  22,  n*  613,  Mss. 

Id.,  «  Découvertes  de  Sépultures  antiques  à  Quatre- 
Blares,  »  in-8*  de  19  p.  et  2  pi.,  Rouen,  1843. 

Id.,  •  Revue  de  Rouen, année  1843, 1«'  sem.,  p.  124- 
130, 158-167. 

Deville,  «  Catal.  du  Musée  départ.,  •»  année  1845,  p.  16. 


Girardin,  c  Bulletin  monumental ,  »  t.  xiii,  p.  180-81. 

a  La  Norm.  sout.,  »  l'^édit.,  p.  40,  2*  édit.,  p.  48. 

Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  22  décembre 
1862. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  » 
t.  !•',  p.  333-334. 

Uabbé  Malais,  a  Calendrier  normand,  »  p.  77. 


21 


—  162  — 


CANTON    DE    DUGLAIR. 


DUCLAIR. 

Epoque  gauloise.  —  Des  armes  de  pierre  ont  été  trouvées  à  Duclair.  M.  Cavoret,  mé- 
decin ,  possède  une  hache  en  silex ,  et  M.  Delahaye ,  ancien  conseiller,  a  recueilli  dans  son 
jardin  une  hache  en  serpentine. 

Epoque  romaine.  —  A  diverses  reprises ,  il  a  été  rencontré  à  Duclair  des  monnaies 
romaines.  Les  environs  de  l'église  sont  surtout  féconds  dans  ce  genre  de  découvertes. 
M.  Deville  a  reçu, pour  le  Musée,  un  grand  bronze  de  Commode  trouvé  derrière  l'église. 

Nous  ne  craignons  pas  d'attribuer  à  l'époque  romaine  de  la  décadence ,  ou  tout  au 
moins  au  début  de  la  période  mérovingienne,  des  chapiteaux  de  marbre  qui  décorent  les 
deux  colonnes  du  clocher  adossées  au  chœur.  Ces  chapiteaux,  en  style  corinthien ,  sont 
décorés  au  sommet  d'une  croix  grecque,  signe  chrétien  des  premiers  temps.  Un  de  ces 
chapiteaux  est  entier,  mais  l'autre  a  été  mutilé;  l'un  d'eux  surmonte  une  colonne  de 
pierre  du  xi^  siècle ,  mais  l'autre  est  greffé  sur  une  colonne  de  marbre  rouge  provenant 
probablement  de  quelque  édifice  antique.  Nous  reproduisons  ici  le  mieux  conservé  de  ces 
deux  chapiteaux.  )  Quatre  ou  cinq  colonnes  monolithes  en 
marbre  rouge  et  gris  supportent  des  portions  romanes  de 
l'édifice.  Leur  hauteur  varie  de.  4  mètre  80  centi- 
mètres à  2  mètres  10  centimètres  ;  leur  diamètre  est 
de  35  centimètres.  Ce  sont  de  belles  pièces  antiques 
que  l'on  est  étonné  de  trouver  ici,  mais  dont  il  serait  diffi- 
cile de  préciser  la  date,  parce  que  les  chapiteaux  manquent. 
Encore  moins  saurait-on  en  indiquer  la  provenance  pri- 

•  .•  CHAPITEAU   MEBOVINGIEN 

millVe.  (ÉGLISE  DE  duclair). 

Quelques-unes  de  ces  pièces,  dessinées  par  51.  A.  Darcel,  lors  de  la  visite  de  la  Société 
française  en  1860,  ont  été  gravées  et  publiées  par  M.  de  Caumont. 

Epoque  franque. — A  la  rigueur,  il  ne  serait  pas  impossible  que  chapiteaux  et  colonnes 
provinssent  de  l'ancienne  abbaye  de  Duclair ,  fondée  peut-être  dès  le  siècle  de  saint 
Victrice ,  prospère  au  temps  de  saint  Ouen ,  de  saint  Wandrille  et  de  saint  Philbert,  et 
irrévocablement  détruite  par  les  Normands. 

L'église  de  Duclair,  dédiée  à  saint  Denis  et  heureuse  sous  le  gouvernement  de  Lidoald , 
dépendait  alors  de  l'abbaye  de  Fontenelle.  Cette  maison ,  qui  a  laissé  peu  de  traces  dans 
l'histoire ,  est  surtout  connue  par  un  acte  de  partage  qui  faillit  diviser  un  moment  les 
deux  plus  saints  personnages  de  Jumiéges  et  de  Fontenelle.  Voici  le  fait  : 

En  671,  saint  Ouen ,  de  Rouen,  ayant  été  chargé,  par  Childéric  II,  de  partager  la  forêt 


—  163  — 


de  Jumiéges  entre  saint  Lambert,  abbé  de  Fontenelle,  et  saint  Philbert ,  abbé  de  Jumiéges, 
ûe  put  cependant  faire  si  bien  les  parts  égales  que  quelqu'un  des  intéressés  ne  crût  avoir 
à  se  plaindre.  Saint  Lambert  se  trouva  lésé  et  protesta.  La  question ,  remise  à  l'étude  par 
ordre  du  roi ,  fut  tranchée  par  saint  Ouen  de  cette  manière  :  la  portion  contestée  fut 
abandonnée  au  monastère  de  Duclair.  t  Sancti  martyris  Dionysii  basilicae  apud  Duro- 
clarum  ad  Sequanam,  cui  Lidoaldus  praeerat,  assignavit  partem  abundantem.  » 

Un  événement  intéressant  s'est  passé  à  Duclair  au  ix^  siècle.  Un  jeune  enfant  nommé 
Dodiger,  fils  de  Hildebold ,  fut  miraculeusement  guéri  par  les  reliques  de  saint  Riquier  de 

Centule  :  «  Parvulus  nomine  Dodigerus cujus  pater  vocatur  Hildeboldus  in  pago  Rodo- 

mago,  de  praedio  Durclaro,  subjacens  ministerio  Gemmeticensi.  » 

L'archéologie  mérovingienne  vient  de  faire  son  apparition  à  Duclair,  et  nous  croyons 
être  sur  la  voie  de  la  découverte  du  cimetière  de  «  Duroclarum ,  »  au  temps  de  Lidoald , 
d'Hildebold  et  de  Dodiger.  Dans  les  premiers  jours  de  mai  1864,  des  terrassiers,  élai^s- 
sant  un  chemin  dans  le  taillid  de  M.  À.  Martin ,  voisin  de  la  rivière  et  du  bourg,  ont  trouvé, 
à  40  centimètres  du  sol ,  un  soldat  franc  avec  son  couteau ,  son  scramasaxe ,  une 
boucle  et  une  vrille ,  le  tout  en  fer.  Nous  avons  vu  ces  objets  à  la  préfecture  de  Rouen. 

Epoque  incertaine.  —  Nous  ignorons  à  quelle  époque  nous  devons  rapporter  l'établis- 
sement qui  occupa  autrefois  la  côte  de  Duclair  qui  porte  à  présent  le  nom  de  Câtel.  Cette 
côte,  où  est  aujourd'hui  le  cimetière,  présente  encore  la  trace  d'anciens  terrassements 
qui  peuvent  remonter  à  un  Castellum  romain,  comme  à  un  Cewfrwm des  Francs,  réoccupé 
par  les  Normands. 

BIBUOGRAPHIE. 


Had.  Vales.,  «  Notitia  Galliarum,  »  p.  482. 

HabilloD,  «  Annales  ord.  S.  Benedict,  »  1. 1",  p.  506. 

Id.,  «ActaSS.  ord. s.  Benedict.,  »  sœc.  ii,  p.  226. 

«  Hist.  de  l'abbaye  royale  de  St-Pierre  de  Jumiéges,  » 
p.24,Mss.  de  1762,  chez  M.  Lepel-Gointet,  à  Jumiéges. 

«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  121. 

Duplessis,  «  Desc.  géogr.  et  hist.  de  laHaute-Norm.,  » 
t.  i^,  p.  266. 

Le  Prévost,  a  Mém,  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Norm.,  » 
t.  XI,  p.  17. 


A  Bosquet,  «  La  Normandie  roman,  et  merveil.  » 

Fallue,  tt  Mém.  de  la  Société  des  Antiq.  de  Norm.,  * 
t  ;l,  p.  198-98. 

Thaurin ,  «  Journal  de  Rouen ,  »  du  27  juillet  1863 
et  du  13  mai  1864. 

De  Duranville,  «  Duclair,  »  in-8'  de  12  p.,  Rouen, 
Pérou ,  1850. 

Id.,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1850. 

«Congrès  archéolog.  de  France,  séances  générales  de 
1860,  »  p.  602  et  603. 


SAINT-MARTIN-DE-BOSCHERVILLE. 

Epoque  romaine.  —  Vers  1850,  M.  Curmer,  faisant  creuser  profondément  dans  sa  pro- 
priété de  Boscherville,  trouva  des  vases  antiques  renfermant  des  os  brûlés,  et,  à  côté  de 
ces  urnes ,  était  un  fer  de  javelot. 

Epoque  franque.  —  Saint-Georges-de-Boscherville  était  le  titre  d'un  des  huit  doyennés 
du  Grand-Archidiaconé. 
Période  normande.  •-  Au  plus  bel  épanouissement  de  la  puissance  normande ,  à  la 


veille  de  cette  phénoménale  conquête  de  l'Angleterre,  expédition  aussi  hardie  mais  plus 
heureuse  que  les  croisades ,  nous  voyons  apparaître  sur  les  rives  de  notre  Seine  une  su- 
perbe basilique,  aujourd'hui  le  plus  beau  fleuron  de  l'architecture  ducale  de  la  Norman- 
die. Nous  voulons  parler  de  la  magni-  ^ 
fique  abbaye  de  Saint-Georges ,  église 
pure  et  monostyle,  dont  nous  donnons 
la  représentation  d'après  l'artiste-anti- 
quaire  qui  s'est  fait  son  Hérodote. 

Cette  belle  conception  romane,  que 
notre  Midi  envie  à  la  France  septen- 
trionîde,  a  vu  le  jour  entre  1050  et 
106(>.  Raoul  de  Tancarville,  chambellan 
et  gouverneur  du  futur  conquérant  de  la 
Grande-Bretagne,  la  fonda  sur  la  roche 
native  et  lui  donna  la  forme  d'une  croix  : 
«  Id  verà  petrâ....  in  modum  crucis.  • 
Cette  grande  église  est  arrivée  jusqu'à 
noiis  toujours  vivante  et  toujours  admi- 
rable, et  nous  espérons  qu'elle  parvien- 
dra jusqu'à  nos  dernière  neveux.  Notre 
siècle  se  fait  un  devoir  et  presque  une 
religion  de  transmettre  intact  aux  gé- 
nérations à  venir  ce  fier  témoin  de  la 
grandeur  normande.  *"""*  ""  8A.NT.cE<»RGEfl.DE.BosciitnviixE. 

BIBUOCKAPHIE. 


■  La  Nonn.  sout.,  »  1"  édit.,  p.  \3à;  }•  édit.,  p.  154. 

■  Neustriapia,  >  p.  601-693. 

>  Gallia  ChriEliana,  »  l.  xi,  p.  567-270. 

Duplessis,  «Desc.  gêog.  ethist.  de  laHaule-Norm.,  > 
l.  Il,  p.  295-297. 

Deville,  «  Essai  hist.  et  descr.  sur  !  "église  et  l'abbaye  de 
Si  George3-de-Bo6cherville,»iii-4'',avecpl.,  Rouen,  1827. 


Id., «Notice  sur  deux  chapiteaux  delabbayede  Saint- 
Georges,  »  in-S-  de  4  p.  et  2  pi.,  Rouen,  1826,  et 
n  Bull,  de  la  Société  d'Emulation ,  année  1826 ,  >  p. 
74-76. 

Nodier,  Taylor ,  etc.,  n  Voyages  pittor-  et  romant. 
dans  l'anc.  Frapco,>  H.-Norm-,  »  t.  l",  p.  43-45,  pi, 
109-122. 


QUEVILLON. 

Epoque  j-ranque  (?).  —  En  1858 ,  en  plantant  des  arbres  à  la  cô/e  du  Moulin ,  on  a 
trouvé  une  vingtaine  de  squelettes.  —  En  1851 ,  en  creusant  les  fondations  de  l'école  des 
filles,  on  a  rencontré  également  des  sépultures.  —  Vers  1830,  j'ai  entendu  dire  à  M.  Pi- 
quefeu  qu'au  lieu  dit  la  Haie-de-Soquence  on  avait  trouvé,  vers  1820,  une  suite  de 
sépultures  logées  dans  la  craie  d'un  coteau. 


-  165  - 

EroQUE  INCERTAINE.  —  Dans  le  vallon  qui  va  du  château  de  la  Rivière-Bourdet  à  Can- 
teleu ,  on  cite  le  Puits-aiix-Anglais  ^  et,  dans  la  forêt  de  Roumare,  le  Puits-Eperon. 

A  la  côte  du  Moulin ,  on  remarque  des  murs  arasés  qui  semblent  les  restes  d'un  parc 
ou  d'une  garenne. 

Au  lieu  connu  sous  le  nom  de  Bellaitre,  on  a  trouvé  des  ossements  humains  en  1854. 

HÉNOUVILLE. 

Epoque  gauloise.  — En  1860,  un  cantonnier,  cassant  du  caillou  sur  la  propriété  de 

M.  Langlois  du  Plichon,  avocat  à  Rouen,  trouva  dix  monnaies  gauloises  en  or,  enfermées 

Aans  une  tirelire  en  silex  (1).  Chose  étonnante  et  qui  semblerait  prouver  que  ce  dépôt  est 

gaulois  et  simultané ,  c'est  que  toutes  étaient  semblables.  Elles  étaient  bombées,  présen- 

\aiit  une  face  lisse  au  côté  convexe  et  un  cheval  au  côté  concave.  Deux  de  ces  monnaies 

ont  été  offertes  par  le  propriétaire  au  Musée  de  Rouen. 
Epoque  romaine.  —  Au  bord  de  la  route  départementale  no  4,  au  lieu  dit  la  Caboteriez 

on  m'a  signalé  et  je  l'ai  vu  moi-même ,  en  1862 ,  des  murs  romains  chaînés  de  briques.  — 

Le  Musée  de  Rouen  possède  des  fragments  de  meules  à  broyer  en  poudingue,  trouvés,  en 

1862,  au  hameau  de  La  Fontaine. 
Epoque  mcERTAiNE  :  romaine  ou  franque  (?).  —  Sous  Louis  XVI ,  un  tombeau  antique 

a  été  trouvé  à  Hénouville.  En  1775,  une  note  sur  ce  sujet  a  été  communiquée  à  TAca- 

démie  royale  de  Rouen.  Elle  est  restée  manuscrite  dans  les  archives  de  cette  Compagnie. 

»  Précis  analytique  de  l'Académie  de  Rouen ,  »  t.  m ,  p.  29. 

SAINT-PIERRE-DE-VARENGEVILLE. 

Cette  commune  se  compose  des  deux  anciennes  paroisses  de  Notre-Dame  et  de  Saint- 
Pierre-de-Varengeville.  C'est  le  nom  de  la  dernière  qui  l'a  emporté ,  depuis  la  suppression 
de  Notre-Dame  en  1823.  Autrefois,  l'agglomération  totale  était  connue  tantôt  sous  le  nom 
de  Varengeville-sur-Seine  ou  sur-Duclair,  tantôt  sous  le  nom  de  Varengeville-la-Chaussée. 
Du  reste ,  ce  point  géographique  nous  présente  des  antiquités  de  plusieurs  époques. 

Epoque  gauloise.  —  A  la  période  gauloise ,  nous  croyons  pouvoir  rapporter  la  roche 
célèbre  connue  sur  tous  les  bords  de  la  Seine  sous  le  nom  de  chaire  ou  chaise  de  Gar- 
gantua. Cette  roche  naturelle ,  placée  sur  le  penchant  de  la  colline  qui  regarde  le  fleuve , 

(l)  Les  cachettes  de  monnaies  antiques  dans  des  silex  creux  ne  sont  pas  sans  exemple.  Nous  savons  qu'au  Grand- 
Aûdely,enl837,  on  a  trouvé  soixante  monnaies  gauloises  en  argent  cachées  dans  ime  pierre  percée  à  dessein.Vingtp 
huit  de  ces  pièces  ont  été  vendues  à  la  Monnaie  de  Rouen,  qui  en  a  cédé  vingt-septau  Musée  d'antiquités.— M.  A. 
^  Prévost  cite  vingt-six  médailles  gauloises  en  alliage  composé  d'or  et  d'argent,  trouvées  dans  un  caillou  troué 
conime  une  grossière  tirelire,  au  bord  de  la  forêt  du  Long-Boël ,  près  le  Bourg-Baudouin.  (  «  Mém.  de  la  Société 

•i'Agric.  de  l'Eure,  »  t.  m,  p.  259.  )  A  Saint- André-sur-Cailly,  plusieurs  monnaies  romaines,  en  argent,  sont  sorties 

d'oii  caillou  creusé  comme  un  tronc.  —  En  1830,  on  a  également  trouvé  un  silex  rempli  d'anciennes  monnaies  à 

It  NeutiUe-Champ-d'Oisel. 


—  166  — 

borde  et  domine  la  route  départementale  qui  conduit  de  Rouen  à  Duclair.  De  bizarres 
traditions  s'y  rattachent.  Elles  ont  été  recueillies  pai-  M"®  Bosquet  et  consignées  par  elle 
dans  les  pages  de  sa  Normandie  romanesque  et  merveilleuse. 

Ce  curieux  monument  naturel,  connu  dès  le  xii*  siècle,  portait  déjà  un  nom  mervdlleux 
et  il  était  appelé  e:  Curia  gigantis  (1).  » 

Nous  croyons  pouvoir  reporter  à  la  civilisation  gauloise  la  vaste  enceinte  fortifiée  qui 
borde  la  Seine  et  que  cachent  les  bois  de  Varengeville.  Ce  camp  est  défendu  du  côté  de  la 
plaine  par  un  triple  fossé.  L'un  des  vallum  est  très  profond  et  le  fossé  principal  est  d'une 
grande  hauteur.  Au  Midi,  la  vallée  de  la  Seine  est  l'unique  défense,  et,  vers  l'Ouest,  un 
seul  retranchement  borde  le  vallon  de  VAsnerie. 

M.  Fallue,  qui  a  décrit  ce  camp,  lui  donne  une  surface  de  200  acres.  Il  l'appelle  la  VUle- 
deS'Câteliers.  Pour  nous,  qui  l'avons  visité  en  1862,  nous  l'avons  entendu  nommer  le 
Câtelier  et  les  Portes^de-la-Ville. 

Nous  croyons  qu'à  diverses  reprises  on  a  trouvé ,  dans  cette  enceinte ,  des  monnaies 
romaines. 

Epoque  romaine.  —  Une  voie  antique  traverse  le  village  de  Varengeville ,  et  c'était 
sur  ses  bords  qu'étaient  assises  les  deux  églises  de  Saint-Pierre  et  de  Notre-Dame.  Aussi 
appelait-on  parfois  ce  groupe  de  population  Varengeville-la-Chaussée.  Cette  chaussée  n'é- 
tait autre  que  la  voie  romaine  allant  de  Rotomagus  (  Rouen  )  à  Juliobona  (  Lillebonne  ). 
Sortant  des  Vieux,  elle  montait  la  côte  par  la  chapelle  Saint-Gilles  et  se  rendait  ensuite  à 
Saint-Thomas-la-Chaussée.  Les  portions  qui  restent  sont  encore  pavées  en  silex  rouges. 

Très  fréquemment  on  trouve  des  monnaies  romaines  sur  le  territoire  de  Varengeville. 
J'ai  connu ,  chez  M.  le  curé  de  Pissy,  un  moyen  bronze  d'Antonin  trouvé  à  Varengeville 
en  1860.  En  1862,  lors  du  défrichement  d'un  bois,  on  a  rencontré,  au  milieu  de  poteries 
et  de  murs  antiques,  plusieurs  monnaies  de  bronze ,  parmi  lesquelles  on  a  reconnu  un 
Néron.  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  meule  à  broyer  provenant  de  Varengeville,  et 
une  autre  trouvée  au  hameau  de  La  Fontaine. 


Duplessis,  «  Desc.  géogr.  et  hist.  de  la  H.-Norm.,  » 
p.  806-807. 

Fallue ,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t  x, 
p.  199-201  et  290. 


/ 


Deville ,  «  Cat.  du  Musée  départ.  d'Antiq.,  »  année 
1845,  p.  20. 
Thaurïn,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  29  juillet  1863. 
A.  Bosquet,  «  La  Norm.  roman,  et  merveill.,  »  p.  193. 


VILLERS-CHAMBELLAN  (  section  de  villers-écales  ). 

Epoque  incertaine.  —  Vers  1836,  lorsque  l'on  fit  la  route  départementale  no  31 ,  de 
Duclair  à  Barentin ,  on  traversa  le  chœur  de  l'ancienne  église  de  Villers.  On  rencontra 

(1)  On  trouve ,  en  effet,  aux  Archives  départementales  de  la  Seine-Inférieure ,  une  charte  de  l'abbaye  de  Ju- 
miéges,  délivrée  par  Guillaume  Garlande,  en  1188,  par  laquelle  celui-ci  donne  aux  moines ,  pour  être  défrichés, 
Lxi  arpents  du  bois  GoUebost  et  la  moitié  du  bois  de  Gennevilie.  Cette  moitié  «  à  Cutid  gigcmtis  incipit  usque  ad 
fossam  Caterinam,  » 


—  1ft7  — 

îdors,  Eoit  dans  l'église ,  soit  dans  le  cimetière ,  une  douzaine  de  cercueils  de  pierre  dont 
il  est  malaisé  de  donner  la  date. 

Période  normande.  —  C'est  à  cette  époque  au  moins  que  nous  devons  faire  remonter 
l'origine  du  vieux  château  de  Villers-Chambellan.  Nous  croyons  que  son  surnom  lui 
vient  d'un  sire  de  Tancarville,  chambellan  des  ducs  de  Normandie-  L'un  d'entre  eux  fut 
assiégé  dans  cechâteau  par  Etienne  de  BloiSienll^?.  La  forteresse  normande  occupait  la 
pointe  de  la  colline ,  et  sa  redoutable  assise  se  dresse  encore  imposante  sur  une  des  cou- 
pures du  coteau.  Les  fossés  profonds  n'ont  pas  été  comblés,  et  d'énormes  murs  sortent 
encore  de  dessous  Therbe. 

Cette  majestueuse  forteresse  était  complète  sous  Louis  XIV  :  c'est  mnsi  qu'elle  figure 
dans  la  collection  des  dessins  de  Gaignières.  De  nos  jours,  ce  dessin  a  été  édité  par  M.  de 


GflATBAn  DE  TILLEAB-CHAMiltLLAN   (d'APRÈS  LA   COLLECTION  CAICNIÉUBS). 

Glan\Fille,  et  c'est  par  sa  bienveillance  que  nous  le  reproduisons.  C'est  à  peu  près  tout'ce 
qui  reste  de  ce  géant  féodal. 

DeGlanviUe,«Prom.archéoI.deRouenÈFéc.,«p.33-36.    |    Orderic  Vital,  «  Hist.  eoclêsiasl,,  ■  lib.  sm. 

LES  VIEUX  (section  de  saint-paer). 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Rouen  à  Lillebonne  passait  par  Les  Vieux,  oiS 
^e  traversait  à  gué  la  rivière  aujourd'hui  nommée  l' Austreberte.  II  nous  paraît  hors  de 
doute  que  la  localité  elle-même  ait  tiré  son  nom  de  ce  passage  antique,  car,  dans  tous  les 


—  168  — 

anciens  titres,  Les  Vieux  sont  appelés  Les  Wées,  Les  Weez,  Les  Wis,  Les  Wifs,  tous 
dérivés  du  latin  Vada. 

Époque  incertaine.  —  Dans  les  Annales  des  Cauchois,  M.  Houel  signale  aux  Vieux 
l'existence  d'un  chêne  énorme  appelé  V arbre  des  Fées. 

«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  151 .    |    Houel ,  «  Annales  des  Cauchois,  »  t.  i*',  p.  37. 

m 

SAINTE-MARGUEMTE-SUR-DUCLAIR. 

Époque  gauloise.  —  En  4852,  on  a  trouvé  à  Sainte-Marguerite  une  hache  en  silex ,  à 
présent  chez  M.  le  docteur  Gueroult,  à  Caudebec. 

LE  TRAIT. 

Époque  romaine.  —  La  collection  de  M.  Lepel-Cointet,  de  Jumiéges,  contient  les  débris 
d'un  vase  noir,  sur  lesquels  ont  lit  :  t  Fragments  d'un  vase  contenant  les  546  médailles.  » 
Ces  morceaux  ont  une  physionomie  romaine  des  derniers  temps.  Le  vase  a  été  trouvé  en 
1827  ou  en  1828,  en  déracinant  un  arbre  de  la  forêt  du  Trait,  à  peu  près  vis-à-vis  le 
passage  de  La  Mailleraye.  Les  monnaies  qu'il  contenait  étaient  en  bronze  et  en  billon 
saucé.  Il  y  en  avait  du  n^  et  surtout  du  me  siècle.  M.  Cointet  possède  plusieurs  de  ces 
pièces. 

Période  normande.  —  En  face  de  l'église  du  Trait,  au  delà  de  la  route  départementale 
et  au  bord  de  l'ancienne  rive  de  la  Seine ,  on  voit  les  ruines  d'un  vieii^  château  qui  fut 
construit  sur  un  tertre ,  et  dont  les  murs  ont  encore  de  3  à  4  mètres  de  hauteur.  On  y  a 
trouvé  récemment  une  cave  voûtée  en  petit  appareil,  qui  paraît  fort  ancienne. 

Ce  qui  nous  autorise  à  reporter  le  manoir  du  Trait  à  l'époque  normande ,  c'est  qu'il  est 
mentionné  dans  une  charte  de  Guillaume  Longue-Epée,  délivrée  en  930. 

En  1150,  l'église  de  Saint-Martin  du  Trait  fut  donnée  à  l'abbaye  de  Jumiéges  par 
Simon,  comte  d'Evreux,  et  Mathilde,  sa  femme.  Cette  église,  alors,  n'était  qu'une  chapelle 
dépendant  de  l'église-mère  qui  était  à  Jumiéges.  C'était  là  qu'il  fallait  présenter  les  enfants 
au  baptême  et  faire  ses  Pâques  :  «  Ita  ut  in  mabre  ecclesia  accipiant  Christianitatem  et 
per  rv  festivitates  in  anno  ad  matrem  ecclesiam  conveniant  scilicet,  in  Pascha,  etc.  » 

«  Cartulaire  de  Jumiéges,  »  aux  archives  départ.       j    p.  60,  Mss.  in-folio,  de  1762,  conservé  à  Jumiéges  chez 
«  Hist.  de  l'abbaye  royale  de  St-Pierre  de  Jumiéges ,  »    |    M.  Lepel-Cointet. 

YAINVILLE. 

Époque  mcERTAiNE.  —  L'église  d'Yainville ,  qui  date  du  xi«  siècle,  est  assise  sur  un 
terrassement  fort  antique,  nommé  le  fossé  de  Saint-Philbert.  Ce  fossé,  qui  se  compose 
d'un  vallum  et  d'un  retranchement,  isole,  par  sa  base,  toute  la  presqu'île  gémétique» 


—  169  — 

C'est  dire  qu'il  va  dTainville  à  Saint-Paul  ou  au  Taillis.  En  1862,  en  traçant  la  route 
départementale  no  10,  du  Lendin  à  Duclair,  on  a  coupé  une  partie  de  cet  ancien  fossé. 
J'ai  remarqué  dans  la  tranchée  une  masse  de  terre  noire ,  cendrée  et  charbonnée.  Précé- 
demment, ou  avait  trouvé  dans  ce  fossé  une  hache  en  fer. 

M-  Fallue  cite  des  ossements  et  des  vases  trouvés  auprès  de  l'église  dTainville.  Il  nous 
est  impossible  de  déterminer  ce  dépôt. 

FalIue,  •  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  ix,  p.  2d2. 

JUMIÉGES. 

Époque  gauloise.  —  Nous  ne  savons  s'il  faut  attribuer  à  l'époque  gauloise  des  fosses 
nombreuses  que  l'on  voit  dans  le  bois  de  Jumiéges ,  surtout  du  côté  du  Mesnil.  Il  en 
est  une  que  l'on  nomme  la  Fosse-Piquet,  dans  laquelle  on  dit  que  sont  cachées  des 
cloches.  Nous  en  dirons  autant  de  ces  excavations  de  la  côte  qui  bordent  la  presqu'île 
et  que  les  habitants  appellent  des  trous  fumeux,  à  cause  des  vapeurs  qui  paraissent  en 
sortir. 

Nous  ignorons  également  s'il  faut  faire  remonter  aux  âges  reculés  les  pratiques  supers- 
titieuses dont  cette  terre  abonde.  Nous  sommes  assez  disposé  à  le  faire.  C'est  ainsi  que , 
pour  nous,  doit  dater  d'un  temps  de  grande  ignorance  et  de  grande  simplicité  la  coutume 
de  nouer  les  fièvres  à  des  branches  de  genêts.  Par  suite  de  cette  croyance,  nous  avons 
remarqué  dans  le  bois  de  Jumiéges ,  sur  la  route  qui  conduit  à  Saint-Paul  et  à  Duclair, 
dans  le  voisinage  d'une  chapelle  consacrée  à  la  Mère  de  Dieu ,  une  série  de  genêts  dont  les 
branches  avaient  été  nouées  par  des  pèlerins.  Les  arbres  d'alentour  renferment  également 
dans  leurs  rameaux  des  images  de  saints,  manière  chrétienne  de  sanctifier  des  arbres  jadis 
honorés  d'un  culte  profane. 

Époque  romaine.  —  Vers  1857,  un  bûcheron,  en  abattant  un  chêne  dans  le  bois  de 
Jumiéges,  trouva  un  vase  contenant  des  monnaies  romaines  en  bronze,  dont  M.  le  curé 
offrit  quelques-unes  à  M.  Lepel-Cointet. 

On  nous  a  assuré  que  dans  le  bois  de  Jumiéges  il  existe  un  camp.  Nous  n'avons  pas 
vérifié  le  fait;  mais  ce  que  nous  savons,  c'est  que,  dans  la  Vie  de  saint  Philbert,  il  est 
rapporté  que  ce  saint  abbé  fonda  son  monastère  dans  un  lieu  où  les  anciens  avaient  établi 
un  castrum  ou  un  camp  :  c  Ibidem,  castrum  condiderant  antiqui.  >  Par  anciens»  le 
vn«  siècle  entendait  bien  certainement  les  Romains. 

Époque  franque.  —  §  1er.  Le  Nom.  —  L'époque  franque  est  la  grande  épopée  de  Ju- 
miéges. C'est  là  que  son  existence  brille  et  que  son  nom  apparaît.  Mabillon,  dans  ses 
Annales  (t.  ler,  p.  432)^  et  dans  les  Actes  des  Saints  de  TOrdre  de  Saint-Benoit  (t.  n, 
p,  816-25),  tous  documents  puisés  à  d'anciennes  sources,  l'appelle  c  Gemeticum,  in  pago 
Rotomagensi.  >  Des  trions  et  des  deniers  mérovingiens ,  frappés  à  Jumiéges  même  por- 

23 


—  170  — 

tent  GEMEDico  et  gemeliaco.  (Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  t.  ix, 
p.  102-12).  —  Une  donation  de  Charles-le-Chauve  à  l'église  de  Rouen  porte  Geminiato. 
(Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  t.  xi,  p.  18).  —  Dudon  de  Saint- 
Quentin,  le  premier  historien  normand,  écrit  Gimeias  et  Gemegias.  (Dudo,  De  Mor.  et  Act. 
Norman.,  lib.  n  et  m,  apud  Duchesne ,  p.  75,  84  et  101.  —  Had  Vales.,  Notitia  Galliar., 
p.  241).  —  Guillaume  Calcul,  qui  écrivait  à  Jumiéges  même,  revient  à  Vorthographe 
primitive,  qui  est  Gemmeticum.  (Wilhelm.  Calcul,  Gemet.,  Hist.^  lib.  ii,  apud  Duchesne  ^ 
p.  219,227,  236).  —  Enfin,  Orderic  Vital,  le  dernier  de  nos  historiens  nationaux, 
donne  également  Gemmeticum.  (Apud  Duchesne,  p.  507). 

§  IL  L'HiSTomE  et  les  Monuments.  —  D'après  les  Bénédictins  eux-mêmes ,  la  fonda- 
tion de  l'abbaye  de  Jumiéges  fut  attribuée,  par  les  écrivains  du  moyen-âge,  d'abord  à 
Dagobert  1er,  en  638 ,  puis  à  Clovis  II  et  à  sainte  Bathilde ,  en  654  et  en  655 ,  et  enfin  à 
Clotaire  III ,  en  660.  Nous  nous  prononcerons  volontiers  pour  664  avec  la  majorité  des 
auteurs  bénédictins,  notamment  avec  les  savants  religieux  qui,  en  1762,  rédigèrent  Y  His- 
toire rnsniiscnle  de  l'Abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,  laquelle  est  arrivée 
jusqu'à  nous.  Ce  fut  sur  les  ruines  d'un  établissement  romain ,  qu'à  l'exemple  de  saint 
Colomban  de  Luxeuil  et  de  saint  WandrégiwSile  de  Fontenelle,  saint  Philbert  établit 
sa  sainte  maison,  sans  doute  afin  de  purifier  une  terre  longtemps  profanée  par 
l'idolâtrie. 

A  l'imitation  des  saints  fondateurs  de  ce  temps,  il  éleva  trois  églises:  il  dédia  celle- 
du  milieu,  à  Notre-Dame;  celle  du  nord,  à  saint  Denis  et  à  saint  Germain;  celle  du  midi, 
à  saint  Pierre,  avec  une  chapelle  consacrée  à  saint  Martin  (1).  Il  éleva  ensuite  une  masse  de 
bâtiments  monastiques  où  l'on  remarquait  deux  dortoirs  longs  de  290  pieds  et  laides  de  50. 
Afin  de  parer  aux  nécessités  d'un  âge  de  barbarie  et  de  violence,  où  la  force  régnait  en 
reine ,  il  entoura  l'ensemble  de  ses  constructions  d'une  ceinture  de  murailles  flanquées  de 
petites  tours  carrées,  à  l'instar  des  cités  et  des  forteresses  romaines.  (Monasterium  maenibus 
quadratis  turritisque  cinctum). 

La  maison  prospéra  tellement,  qu'on  raconte  que  sous  saint  Aicadre,  successeur  de 
saint  Philbert,  on  y  compta  jusqu'à  quinze  cents  religieux.  Une  pieuse  légende  assure 
qu'il  en  périt  quatre  cent  soixante-deux  en  trois  jours  ou  en  un  seul  seulement.  Le  pre- 
mier cent  succomba  à  l'heure  de  prime  ;  le  second,  à  l'heure  de  tierce  ;  le  troisième ,  à 
l'heure  de  sexte;  le  quatrième,  à  l'heure  de  none;  le  reste,  à  l'heure  des  vêpres.  Le  même 
chroniqueur  ajoute  qu'ils  furent  inhumés  dans  des  cercueils  de  pierre,  trait  caractéristique 
du  temps. 

Après  saint  Aicadre  ou  saint  Aicaire,  les  plus  illustres  abbés  furent  saint  Thierry,  saint 

(1)  Mabillon  donne  quatre  églises  ou  oratoires  à  Jumiéges  ;  Adrien  Valois ,  sans  doute  sur  la  foi  d'auteurs 
anciens,  lui  en  accorde  cinq  et  quatre  à  Fontenelle.  Toutefois,  sainte  Austreberte  n'en  éleva  que  trois  à  Pavil  1 
comme  saint  Condé  à  Beloinac. 


—  171  — 

Gontard,  saint  Eucher,  évêque  d'Orléans,  et  saint  Hugues,  archevêque  de  Rouen,  qui 
mourut  dans  ce  monastère  le  9  avril  730.  Les  hôtes  les  plus  célèbres  furent  saint  Saëns  et 
sainte  Austreberte. 

L'histoire  nous  a  conservé  mémoire  de  deux  personnages  illustres  exilés  à  Jumiéges- 
L'un  fut  saint  Sturme,  abbé  de  Fulde  en  Allemagne,  en  759;  l'autre  fut  Tassillon, 
duc  de  Bavière,  envoyé  par  Charlemagne  en  794,  avec  Théodore,  son  fils.  On  pré- 
tend qu'ils  y  moururent  et  que  leur  double  tombeau  donna  naissance  à  la  fable  des 
Énervés. 

Dans  le  cours  du  xi^  siècle,  Jumiéges  fut  pris,  saccagé  et  brûlé  par  les  Normands  con- 
duits par  Ogier-le-Danois,  par  Hastings  ou  par  RoUon.  A  partir  d'Ogier,  en  841 ,  les  visites 
et  les  incendies  se  succèdent  en  851,  856,  862, 876  et  884.  On  raconte  qu'en  876  Rollon 
y  déposa  un  instant  le  corps  de  sainte  Ermentrude  ou  Amaltrude.  Cette  grande  demeure 
n'était  plus  qu'un  monceau  de  ruines  quand  Guillaume  Longue-Epée  la  releva,  en  928, 
avec  une  piété  extraordinaire. 

De  nos  jours ,  on  croit  reconnaître  encore  une  partie  des  constructions  de  cette  époque. 
Quelques  portions  de  l'église  Saintr-Pierre,  notamment  des  chapiteaux^  des  colonnes ,  des 
arcades  et  des  médaillons,  reproduits  récemment  par  M.  de  Caumont,  sont  estimés  du 
x^  siècle  par  quelques  archéologues.  Il  en  est  même  qui  vont  jusqu'à  attribuer  à  la  Res- 
tauration normande  les  deux  grandes  tours  romanes  du  portail ,  les  plus  anciennes  assuré- 
ment de  la  Normandie;  nous  ne  pouvons  les  suivre  sur  ce  terrain. 

Mais,  parmi  les  monuments  de  l'existence  mérovingienne  ou  carlovingienne  de  Ju- 
miéges, nous  ne  devons  pas  oublier  les  monnaies  d'or  ou  d'argent  frappées  à  Jumiéges, 

avec  le  nom  de  saint  Philbert.  La  Bibliothèque  impériale  pos- 
sède quelques-unes  de  ces  monnaies,  et  nos  plus  célèbres 
numismates,  tels  que  Bouteroue,  Cartier,  Conbrouse  et  de 


Longpérier,  n'ont  pas  oublié  de  nous  les  faire  connaître.  Les 
deux  pièces  plus  connues  jusqu'à  présent,  comme  sorties  de 

TIERS  DE  SOL  D'OR  (jUMlÊGES).  ,.  ,        r   ■  i»    i  i  •  i  i    j> 

notre  atelier  gémétique,  sont  d  abord  un  tiers  de  sol  d  or  ap- 
partenant à  M.  Cartier,  et  présentant  d'un  côté  :  f  gemedico  cal.  (Gemedicum  Caletorum); 
de  l'autre  :  f  sco  filber  (Sancto  Philiberto);  —  puis  un  denier  d'argent ,  ayant  encore 
d'un  côté  un  vase  avec  cette  légende:  gem...  m.,  et,  de  l'autre,  on  lit  autour  d'une  tête 
ceinte  d'un  diadème  :  gwmber.  v  m.  (Grimbertus  monetarius).  M.  Cartier  cite  une  troi- 
sième monnaie  portant  d'un  côté:  +gemeliaco,  et,  de  l'autre:  avsonfvs  mon.  (Moneta- 
rius); et  une  quatrième,  sur  laquelle  on  lit  :  nectarivs  m  —  gemeliaco  f. 

§  in.  Traditions  et  Légendes.  —  Peu  de  terres  sont  plus  légendaires  que  Jumiéges. 
Cela  se  comprend:  une  presqu'île  reculée  et  sauvage,  devenue  en  un  moment  le  centre 
d'un  grand  mouvement  religieux  et  social ,  dut  nécessairement  conserver  longtemps  le 
souvenir  des  grands  événements  qui  s'accomplirent  autrefois  dans  son  sein. 


__  172  — 

La  plus  ancienne  de  toutes  ces  légendes  est  celle  du  Loujh-Vert,  dant  la  procession,  la 
complainte  et  la  croix  vivaient  encore  il  y  a  quelques  années ,  comme  le  Chêne-àr-V Ane 
dure  encore  aujourd'hui.  Elle  remontait  probablement  jusqu^auvra^  siècle,  puisqu'elle  se 
rattache  aux  origines  mêmes  du  monastère.  Il  y  est  question ,  en  effet,  de  saint  Philbert 
et  de  sainte  Austreberte.  On  raconte  que  l'âne  de  Jumiéges,  qui  portait  les  messages 
à  Pavilly,  ayant  été  dévoré  par  un  loup  auprès  d'un  chêne  encore  connu  sous  le  nom 
de  chêne  à  l'àne ,  l'assassin  fut  condamné  par  les  saints  à  faire  le  service  jusque  sa 
mort. 

Nous  ne  savons  si  l'on  doit  attribuer  à  la  même  époque  le  feu  de  Saint-Jean  qu'on  allu- 
mait à  Jumiéges  lors  de  la  procession  du  Loup-Vert. 

Nous  avons  dit  un  mot  de  saint  Aicadre  et  de  sa  vision ,  de  la  mort  instantanée  et  de 
l'inhumation  de  ses  quatre  cents  religieux.  Mais  la  légende  la  plus  célèbre  est  celle  des 
Énervés  et  de  leur  tombeau.  Une  histoire  étrange,  dont  l'origine  ne  remonte  guère  qu'au 
xu^  ou  au  xnie  siècle ,  comme  les  statues  qui  l'appuient ,  prétend  que  les  deux  fils  de 
Glovis  II  et  de  Bathilde ,  suppliciés  par  un  énervement  affreux ,  furent  jetés  à  la  Seine  dans 
un  esquif  et  abordèrent,  mourants  ou  morts,  à  l'abbaye  dotée  par  leur  père.  Là,  en  leur 
qualité  de  fondateurs,  ils  auraient  été  inhumés  dans  le  chœur  de  la  grande  église,  où  des 
statues  sépulcrales  marquèrent  longtemps  le  lieu  de  leur  repos.  Mais ,  hélas  !  ces  images 
sont  du  xiii*  siècle,  comme  l'histoire  elle-même. 

Ce  fait  des  Énervés  ne  tient  pas  devant  la  critique  moderne.  Mabillon  l'avait  déjà  rejeté 
il  y  a  deux  siècles ,  et  il  avait  cru  reconnaître  dans  cette  tradition  l'histoire  poétisée  de 
Tassillon,  duc  de  Bavière,  et  de  Théodon,  son  fils,  morts  et  inhumés  à  Jumiéges  au  temps 
de  Charlemagne. 

Ce  n'est  pas  seulement  le  cycle  mérovingien  ou  carlovingien  qui  possède  des  légendes 
à  Jumiéges  :  l'âge  normand  n'en  est  pas  dépourvu.  La  restauration  du  monastère  n'est  pas 
moins  entourée  de  mystères  que  sa  fondation.  On  raconte  qu'en  928,  Guillaume  Longue- 
Epée,  étant  à  chasser  dans  la  forêt  de  Jumiéges,  rencontra  deux  vieux  cénobites  qui  res- 
semblaient à  des  fantômes  errant  sur  les  ruines.  Ce  duc  dédaigna  l'hospitalité  qu'ils  lui 
ofi&*aient;  mais  quelques  instants  après,  ayant  manqué  de  périr  sous  la  dent  d'un  sanglier, 
il  vmt  lui-même  demander  une  hospitalité  chrétienne  qui  se  termina  par  la  reconstruction 
de  l'abbaye. 

Au  xie  siècle,  lorsque  la  presqu'île  de  Jumiéges  était  ravagée  par  les  rats  et  les  mulots , 
on  invoqua  saint  Valentin,  évêque  de  Terni,  en  Italie,  qui  poussa  tous  les  mulots  à  la 
Seine.  On  montre  encore  la  route  et  l'abîme  où  ces  rongeurs  allèrent  se  noyer.  On  appelle 
l'un  le  chemin  et  l'autre  le  trou  des  Iles. 

Période  normande.  —  Nous  aurions  trop  à  dire,  s'il  nous  fallait  décrire  ici  la  grande 
basilique  gémétique  construite  par  les  Normands  du  xi«  siècle  et  consacrée  par  le  bien- 
heureux Maurille  le  l^r  juillet  de  l'an  1067.  Cette  abbatiale  romane  n'est  plus  qu'une  ruine 


—   173  - 

que  notre  siècle  salue  avec  le  plus  profond  respect  :  nous  en  donnons  ici  une  l^ëre  es- 
quisse. Pour  sa  description,  nous 
renvoyons  au  moyen-âge,  auquel 
l'œuvre  apparlienl.  Cependant,  nous 
croyons  devoir  une  mention  histo- 
rique et  monumentale  à  Robert 
Champart,  vingt-huitième  abbé.  Ce 
moine  de  Juraiéges,  après  avoir  été 
évêque  de  Londres,  archevêque  de 
Cantorbéry  et  ministre  d'Edouard- 
le-Confesseur,  revint  mourir  dans 
son  ancien  monastère  en  1052. 
BviNEs  DE  ..'ABBAYE  «E  jrM«o«  (I8Î5].  In^umé  daus  le  chœur  de  l'église 

qu'il  avait  bâtie,  il  a  été  retrouvé  de 
nos  jours  dans  son  cercueil  de  pierre  qui  trône  encore  au  milieu  des  ruines.  C'est  une 
auge  plus  étroite  aux  pieds  qu'à  la  tête,  et  qui  présente ,  pour  le  chef,  l'entaille  carrée 
de  cette  époque. 

Le  même  Robert ,  revenant  mourir  en  Normandie ,  rapporta  avec  lui  deux  précieux 
manuscrits  anglo-saxons,  qu'il  donna  probablement  à  sa  chère  abbaye  de  Jumiéges. 
L'an  est  un  Missel,  et  l'autre  un  Bénédictionnaire  ou  Ponti/icaL  Ce  sont  deux  ma- 
noscrits  à  miniatures,  composés,  de  980  à  990,  dans  l'abbaye  de  New-Minster,  à 
Winchester.  Le  Missel  fut  fait  pour  le  monastère  de  Sainte-^thredryte,  à  Ely;  le  Béné- 
dictionnaire fut  composé  pour  iflthelgard,  archevêque  de  Cantorbéry,  et  il  renferme 
la  formule  du  couronnement  des  rois  anglo-saxons  :  il  a  dû  servir  au  sacre  d'Edouard-le- 
Confesseur.  Mais  si  le  Missel  est  resté  à  Jumiéges  jusqu'à  la  révolution ,  le  Bénédiction- 
naire en  fut  distrait  de  très  bonne  heure,  peut-être  même  dès  le  xi^  siècle,  car,  au 
xiie,  il  figure  parmi  les  livres  de  la  Cathédrale  de  Rouen.  Réunis  de  nouveau  par  suite 
du  grand  cataclysme  de  4789,  ils  enrichissent  à  présent  la  Bibliothèque  publique  de 
Rouen. 

Epoque  incertaimb.  —  Je  ne  sais  à  quelle  époque  on  peut  attribuer  le  long  terrasse- 
ment qui  isole  de  la  terre  ferme  toute  la  presqu'île  de  Jumi^es.  Ce  retranchement  se 
compose  d'un  creux  et  d'un  rejet  de  terre,  que  le  temps  n'a  pu  combler  ni  abattre.  Cette 
ligne  fortifiée,  qui  va  d'Yainville  à  Sainl-Paul,  est  nommée  dans  le  pays  le  fossé  de  Saint- 
Philbert.  Est-ce  un  système  de  défense?  est-ce  une  hmile  territoriale?  C'est  ce  que  nous 
ne  saurions  dire. 

H.  Deshayes,  dans  son  Histoire  de  l'Abbaye  de  Jumiéges  (p.  220],  assure  que  la  terre 
éboulée  recouvre  des  pierres  taillées  et  des  silex  sous  mortier.  Il  ajoute  que  de  nombreux 
charbons  indiquentque  ce  mur  a  été  attaqué  par  le  feu.  De  son  côté,  M.  Fallue,  dans  ses 


—  174  — 


Camps  de  la  Seine  et  de  la  Rive  saxonique,  dit  que  Ton  a  trouvé ,  dans  ce  vallum  gémé- 
tique ,  des  squelettes  humains ,  des  vases  et  une  hache  de  fer. 

Je  suis  également  très  peu  renseigné  sur  l'attribution  à  donner  à  des  crevasses  que  Ton 
rencontre  çà  et  là  dans  le  bois  qui  couvre  la  colline  de  Jumiéges.  Le  peuple  appelle  les 
unes  des /r(m5 /wm^iT ,  et  les  autres  des  trous  de  fer.  Quelques-unes  sont  entourées  du 
prestige  de  cacher  des  trésors. 

Enfin,  il  serait  également  malaisé  de  dater  un  bateau  chargé  de  bois,  que  Ton  a  ren- 
contré au  hameau  de  Conihout ,  à  5  mètres  de  profondeur. 


BIBLIOGftAnua. 


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Sanct.  ord.  S.  Benedict.,  »  t.  ii,  p.  816-825* 

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c.  V,  et  lib.  II,  p.  916-17,— apud  Duchesne,«  Hist.  norm. 
script,  antiq.,  »  édit.  de  1619. 

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Duplessis,  «  Desc.  géogr.  et  hist  de  la  Haute-Norm.,» 
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Jumiéges],  »  in-8*'  de  46  p.  et  grav. ,  Rouen ,  Baudry, 
1825  et  1838,  et  a  Bulletin  de  la  Société  d*Emul.,»  année 
1824. 

Id.,  a  Essai  sur  les  Énervés  de  Jumiéges,  »  in-8*  de 
96  p.  et  grav.,  Rouen,  1838. 


Noôl  de  la  Morinière,  •  BsMis  rar  le  département  de 
la  Seins-Inférieure,  »  t.  u,p.  164-72. 

Nodier,  etc.,  «  Voyages  pittor.  etromant.  dans  Fane. 
France  :  Haute-Norm.,  »  t.  !•%  p.  39  à  53,  et  pi.  6  à  18. 

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t.  IX,  p.  196-98,281,  262. 

o  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  >•  t.  ix,  p.  102- 
112;  t.  XI,  p.  16  et  18. 

De  Longpérier,  «  Annuaire  hist.  de  la  Soc.  de  THisfl. 
de  France,  «  année  1841,  p.  122. 

G.  Conbrouse,  a  Catalogue  raison,  des  Mon.  nation, 
de  France,  »  mérovingiens,  p.  79,  pi.  26,  fig.  8. 

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1860,  »  p.  606-611. 

L'abbé  Prévost ,  «  Vie  et  Miracles  de  saint  Valen- 
tin,  »  in-18  de  28  p.,  Rouen,  1860. 


HARTEAUVILLE  ou  HEURTEAUVILLE  (  section  de  jumiéges  )• 

Le  village  de  Heurteauville,  placé  sur  la  rive  gauche  de  la  Seine ,  est  adossé  à  la  forêt 
de  Brotoone.  C'est  un  ancien  marais  dépendant  de  Jumiéges ,  que  le  fleuve  sépare  du 
centre  principal.  Quoique  profondément  isolé ,  ce  village  a  présenté  des  monuments  d'une 
haute  antiquité. 

Epoque  gauloise.  —  En  1830,  on  a  trouvé  dans  la  tourbe,  à  3  mètres  de  pro- 
fondeur, onze  hachettes  en  bronze,  dont  quelques-unes  furent  offertes  au  Musée  de 
Rouen.  —  En  1835,  la  même  collection  départementale  reçut  de  M.  Doucet,  maire  du 
Trait ,  plusieurs  objets  provenant  de  la  Harelle  de  Heurteauville.  Les  pièces  principales 
consistaient  en  une  hache  de  bronze ,  en  im  vase  de  bronze  de  forme  ronde ,  en  un  bout 


175  - 


de  lame  d'épée  aussi  en  bronze,  enfin  en  un  javelot  bien  conservé  et  du- même  métal. 
Tous  ces  objets  étaient  profondément  ensevelis  dans  Talluvion. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  également  une  plaque  en  plomb , 
découverte  à  Heurteauville ,  et  qui  sem- 
ble avoir  affecté  autrefois  la  forme  d'un 
hausse-col.  Cette  pièce  présente  en  relief 
trois  poissons  qui  ressemblent  à  des  dau- 
phins. Ce  type  se  rencontre  parfois  à 
Tépoque  franque  ;  cependant ,  M.  Deville 
a  rangé  cet  objet  dans  ime  montre  gallo- 

romaÎTiA  fi\  objet  en  plomb  (heurte autille ,  1835). 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  départementale  Fallue,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Norm.,  t.  x,  p.  143. 

des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure,  ■  p.  214   et  «  Harelle  de  Harteauville ,  »  in-8  de  54  p.  Paris, 

217.  Crapelet,  1845. 


YVILLE. 

Époque  romaine  (?).  —  En  4833,  M.  E.  Gaillard  a  reconnu  à  Yville  une  enceinte  for- 
tifiée, qu'il  appelle  un  camp  romain.  Pour  se  fonder  dans  cette  attribution ,  le  zélé  archéo- 
logue cite  une  soixantaine  de  monnaies  romaines  trouvées  sur  cet  emplacement  et  achetées 
par  M.  le  marquis  de  Gasville,  qui  avait  promis  d'en  offrir  quelques-unes  au  Musée 
départemental. 

••  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  »  p.  218. 

ANNEVILLE-SUR-SEINE. 

Époque  romaine.  —  Vers  4  848 ,  lorsque  l'on  exécuta  le  chemin  de  grande  communi- 
cation no  45 ,  de  Duclair  à  Bourg-Achard ,  on  trouva ,  dans  la  traverse  d'Anneville ,  des 
substructions  et  des  tuiles  à  rebords.  En  face  de  ces  débris  antiques,  on  voit,  dans  la 
prairie,  un  tertre  qui  a  une  certaine  élévation.  En  4860,  en  travaillant  à  ce  tertre,  on  a 
recentré,  au  milieu  de  tuiles  et  de  débris  antiques,  une  monnaie  d'or  de  Trébonien 
Galle,  qui  fat  estimée  500  fr. 

MAUNY. 

Époque  romaine.  —  M.  Gaillard  mentionne  une  maison  romaine  au  triége  du  Câtelier. 

Époque  franque.  —  Yers  4854 ,  le  fermier  de  M.  Decamps,  au  Val-des-Letuc ,  trouva, 

en  défrichant  un  coteau  qui  borde  la  Seine ,  une  vingtaine  de  cercueils  en  pierre.  Ces 

(l)  Sur  un  sarcophage  romain  trouvé  à  Lambèse  (Algérie),  on  voit  aussi  figurer  deux  poissons  ou  dauphins  dans 
^^ attitude»  «Recherches  sur  Lambèse,  »  par  le  coloneljDelamare ,  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
France,  »  t.  xxi,  p.  23,  pi.  1,  fîg.  16.  —  Des  dauphins  semblables  décorent  le  joli  plateau  d'arg«5nt  trouvé  à  Lille- 
txmne,  le  26  octobre  1864. 


—  176  — 

cercueils  contenaient  des  corps  et  probablement  des  objets  d'art.  Sur  ce  dernier  point ,  on 
est  réduit  à  des  conjectures  ;  mais  on  assure  dans  le  pays  que  Texplorateur  recueillit  des 
objets  précieux,  parce  que,  dit-on,  il  s'est  enrichi. 

Époque  incertaine.  —  M.  Gaillard  mentionne  d'anciens  puits  existant  dans  les  forêts 
de  Mauny  et  du  Trait. 

E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  5. 


CANTON    DE    PA\TX.LY. 


PAVILLY. 

Époque  gauloise.  —  M.  Tabbé  Jacquemet,  curé  de  Limésy,  possède  deux  hachette»  de 
pierre  trouvées  sur  Limésy  en  1861.  —  Le  Musée  de  Rouen  renferme  des  monnaies  en 
argent,  en  bronze  et  en  potin,  trouvées  dans  la  même  localité. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  a  connu  des  monnaies  du  Haut  et  du  Bas-Empire , 
provenant  de  Pavilly. 

Des  voies  antiques  durent  traverser  Pavilly,  venant  :  les  unes,  de  Rouen  et  se  dirigeant 
vers  Lillebonne  et  Fécamp;  les  autres,  sortant  de  Duclair  et  s'avançant  vers  Saint-Saëns 
et  Arques-Dieppe. 

Époque  franque.  —  Yers  662  ou  664,  saint  Philbert,  de  Jumiéges,  fonda  à  Pavilly, 
appelé  alors  Pauliacum  ou  Pauliacus,  un  monastère  de  femmes,  sur  im  terrain  cédé  par  un 
seigneur  franc  nommé  Âmalbert.  La  fîUe  de  ce  leude,  nommée  Âure  ou  Âurée,  y  fit  pro- 
fession vers  663  et  y  mourut  plus  tard  en  odeur  de  sainteté.  La  première  abbesse  de  cette 
maison  fut  sainte  Âustreberte,  fille  de  sainte  Framechilde,  qui,  après  avoir  reçu  le  voile  des 
mains  de  saint  Omer,  de  Thérouenne ,  gouvernait  en  paix  le  monastère  de  Port-le-Grand, 
sur  les  bords  delà  Somme.  Gonmie  toujours,  elle  établit  à  Pavilly  trois  églises  dont  Tune 
fut  dédiée  à  la  Sainte-Vierge ,  l'autre  à  saint  Pierre  et  la  troisième  à  saint  Martin.  La  sainte 
abbesse  mourut  le  10  février  703  ou  704  et  fut  inhumée  dans  Téglise  Saint-Pierre.  Son 
tombeau  fut  levé  par  saint  Hugues,  archevêque  de  Rouen  au  vm^  siècle,  un  ange  ayant 
appris  que  la  pierre  du  cercueil  se  détériorait. 

La  seconde  abbesse  fut  sainte  Bénédicte,  sous  laquelle  vécut  sainte  Jutienne»  YxmA  des 
vierges  les  plus  célèbres  de  ce  monastère. 

Cette  première  abbaye  ayant  été  détruite  par  les  Normands  du  ix^  siècle ,  on  en  cons- 
truisit une  seconde,  en  i090,  pour  quatre  religieux  bénédictins.  Celle-ci  dura  jus- 
qu'en 1717. 


—  477  — 

Nous  ignorons  la  véritable  place  où  fut  bâtie  la  maison  de  sainte  Austreberte.  L'église 
prieurale,  qui  porte  son  nom,  est  un  curieux  édifice  roman  qui  doit  dater  de  la  fin  du 
w  siècle.  C'est  la  chapelle  des  anciens  Bénédictins. 

Une  des  preuves  de  l'importance  mérovingienne  de  Pavilly ,  c'est  le  titre  de  doyenné 
qu'a  toujours  porté  cette  localité ,  placée  dans  le  Grand-Ârchidiaconé  de  Rouen. 

En  1850,  l'établissement  de  conduits  à  gaz  fit  découvrir,  devant  le  portail  de  l'église 
j>aroissiale ,  trois  cercueils  de  pierre  que  je  visitai.  Ils  étaient  entiers ,  d'un  seul  morceau, 
et  plus  étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête;  longs  de  1  mètre  72,  ils  mesuraient  30  centimètres 
au  bas  et  55  au  sommet  ;  ils  étaient  percés  d'un  trou  au  fond  et  à  la  hauteur  du  genou. 
La  pierre  qui  les  composait  venait  de  Yergelé  ou  de  Saint-Leu.  Je  les  jugeai  de  l'époque 
firanque.  L'un  d'eux  était  placé  sous  les  fondations  de  l'église,  dont  quelques  parties  re- 
montent très  haut.  J'avais  remarqué  la  même  particularité  à  Saint-Gervais  de  Rouen. 

BIBLIOGRAPHIE. 


MabilloD,  «  Annales  ord.  8.  Benedit  i  1. 1*%  p.  469. 

Surins,  a  De  probatis  sanctorum  historiis,  »  t.  1*% 
p.  949-955. 

Had.  Vales.,  «  Notitia  Gallianim,  i  p.  441-42. 

«  La  Vie  parfaicte  et  immaculée  de  saincte  Austre- 
herte,  •  par  le  père  Martin,  p.  437. 

«  Neustria  Pia,  i  p.  326-28. 

«  Gallia  Ghristiana,  »  t.  xi,  p.  132. 


Duplessis,  «  Dese.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute-Nonn.,» 
t.  II,  p.  267-70. 

«  Histoire  de  Tabbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Ju* 
miéges,  »  p.  16-17,  Mss.  de  1762,  chez  M.  Lepel-Gointet 
.  L*abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  »  p.  13, 35,  53, 
59,  66. 

«  Revue  de  Rouen,  »  année  1850,  p.  653. 

a  Revue  de  la  Normandie,  »  année  1863,  p.  495. 


SAINTE-AUSTREBERTE. 

Époque  incertaine.  —  Dans  ce  village,  au-dessous  de  l'église  paroissiale,  il  existe  une 
fontaine  vénérée  qui  porte  le  nom  de  Sainte-Austreberte,  abbesse  de  Pavilly  au  vm  siècle. 
On  y  vient  en  pèlerinage  toute  Tannée ,  mais  surtout  le  lundi  de  la  Pentecôte.  Ce  jour-là 
on  y  allume  un  feu  de  joie.  —  Une  tradition  prétend  que  c'est  là  que  sainte  Austreberte 
et  ses  religieuses  lavaient  le  linge  des  moines  de  Jumiéges. 

BUTOT. 
Époque  romaine.  —  Il  a  été  trouvé  à  Butot  une  monnaie  romaine  en  or. 

BEAUTOT. 
Époque  incertaine.  —  Par  Beautot  passe  le  chemin  des  Fées. 

SAINT-OUEN-DU-BREDIL. 

Epoque  incertaine.  —  On  m'a  assuré  que ,  dans  le  bois  du  Breuil ,  on  voit  des  terras- 
sements qui  ressemblent  à  un  ancien  camp. 

23 


^  478  — 

Périodr  normande  (?)  —  Au  côté  nord  de  la  nef  de  Saint-Ouen-du-Breuil ,  le  fos- 
soyeur a  trouvé,  en  1850,  des  cercueils  de  pierre.  Un  nouveau  sarcophage  a  été  vu  en 
4860.  Il  est  possible  que  ces  sépultures  soient  franques;  mais  nous  les  croyons  plus  vrai- 
semblablement normandes  des  xi^  et  xn^  siècles. 

GUEUTTEVILLE. 

Éboque  romaine  (?) —  En  terrassant  dans  le  parc  du  château  de  GueutteviUe ,  M.  de 
Montaignac  a  rencontré  une  lampe  en  terre  cuite  qu'il  croit  romaine. 

FRÉVILLË. 

Époque  romaine.  —  En  4884,  M.  Duboc,  maire  de  Fréville,  signala  à  la  Commis- 
sion des  Antiquités  les  anciens  chemins  de  ce  pays  où  il  croyait  reconnaître  des  voies 
romaines. 

«  Procès- vei:baux  de  la  Ck>mmission  des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  204. 

LIMÉSY. 

Époque  gauloise. — M.  l'abbé  Jacquemet,  curé  de  cette  paroisse,  possède  une  inté- 
ressante collection  archéologique  dans  laquelle  on  voit  deux  hachettes  en  silex  trouvées  à 
Limésy  même  :  Tune,  en  1859;  l'autre,  en  4861.  Déjà  on  en  avait  trouvé  deux  autres 
dès  1852. 

Mais  la  plus  belle  et  la  plus  célèbre  découverte  gauloise  de  Limésy  eut  lieu  en  IMO, 
dans  un  terrain  connu  depuis  longtemps  sous  le  nom  de  Chamjhdu-Trésor  (1).  Là,  on  dé- 
couvrit un  grand  nombre  de  monnaies  celtiques  en  argent.  Deux  de  ces  pièces  sont  entrées 
au  Musée  de  Rouen;  mais  trente-quatre  ont  été  achetées  par  M.  A.  Le  Prévost,  qui  les  a 
offertes  à  M.  Lambert,  de  Bayeux.  Ce  dernier  les  a  décrites  dans  son  remarquable  Essai 
sur  la  Numismatique  gauloise  dans  l'Ouest  de  la  France.  Sur  ces  curieuses  pièces,  dont 
nous  reproduisons  plusieurs  spécimens  à  la  page  179,  on  lit  les  noms  d'ATEVLA  vlatos, — 
de  SOLIMA,  —  de  togirix  et  de  santonos  togirix. 

Époque  romaine.  —  Il  existe  à  Limésy  la  tradition  d'une  ancienne  ville  qui  aurait 
porté  le  nom  de  Limoux  ou  Limouse.  Une  autre  tradition ,  encore  plus  étrange ,  prétend 
que  dans  le  Champ-du-Trésor  est  caché  le  trésor  de  quatre  rois. 

(1)  Il  existe  un  Champ-du- Trésor  prés  le  pont  d'Ouilly  (Calvados).  En^l845 ,  on  y  a  trouvé  un  statôre  gau- 
lois en  or.  (Lambert,  ■  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxv,  p.  476.  )  —  Aux  environs  de  Vendôme, 
M.  de  Pétigny  signale  un  Champ-du-Trésor  qu'il  croit  un  point  celtique.  (  «  Hist.  archéol.  du  Vendômois,  » 
p.  22.  ) 


—  m  — 

Ce  que  nous  pouvons  assurer, 
c'est  que  le  terrain  labouré  qui 
porte  un  nom  aussi  ambitieux  est 
rempli  de  débris  romains.  Une 
fouille,  pratiquée  en  1863,  nous  y 
a  révélé  une  muraille  antique  d'une 
grande  épaisseur.  Les  travaux  faits, 
vers  4848,  pour  la  confection  de 
la  route  départementale  n"  13, 
qui  va  de  Barentin  à  Veules , 
ont  montré  dans  ce  champ  des 
tuiles  à  rebords  et  des  cons- 
tructions en  pierre  tuffeuse. 

Quand  un  sol  antique  est 
'  bien  étudié,  il  produit  toujours 
beaucoup  pour  la  science.  C'est 
ainsi  que  la  terre  de  Limésy 
s'est  montrée  féconde  par  l'at- 
tention de  ses  habitants. 
Les  procès-verbaux   de  ta 
Commission  départementale  des 
i  Ântiquitésnousapprennentqu'en 
Il823  M.  Legrelle,  de  Limésy, 
fit  connaître  que  quatorze  mon- 
-„    ^  naies  d'argent  avaient  été  trou- 
f^^d}})  vées  dans  sa  commune ,  sur  la 
propriété  de  M.  Vincent  Duclos. 
La  Commission  ne  spécifia  pas 
les  pièces. 

M.  l'abbé  Jacquemet,  curé  de 
Limésy,  a  recueilli  dans  sa  pa- 
roisse plusieurs  monnaies  ro- 
maines ,  notamment  une  consu- 
'  laire  en  argent,  sur  laquelle  on 
lit  :  Q  ATORAS  j  lA.  Un  denier  de  Trajan  est  entré  au  Musée  départemental.  —  Vers  4860, 
une  meule  à  broyer  en  poudingue  a  été  recueillie  chez  M.  Ballue. 

Epoque  franque.  —  Pendant  le  tracé  de  la  route  dont  nous  venons  de  parler,  on  trouva, 
dans  la  ferme  de  M-  Leclerc,  plusieurs  cercueils  de  pierre.  Ils  étaient  à  50  centimètres  du 


MOnNAlU  GACLOIBBB  (CIHÉaT  El  CAILLV,  18!10-3I). 


—  480  — 

sol ,  orientés  est  et  ouest.  Ils  contenaient  des  ossements  humains  et  quelques  objets  de 
fer.  La  forme  de  dos-d'âne  qu'affectait  leur  couvercle  nous  fait  penser  à  l'époque 
franque. 

Une  tradition  d'abbaye  ou  d'église  transférée  s'attache  à  cette  terre  ;  mais  c'est  là  un 
accompagnement  presque  obligé  des  ruines  franques  ou  romaines. 

Période  normande.  —  Au  hameau  de  Brunville  existe  la  tradition  d'un  vieux  château. 
Les  terrassements  en  sont  encore  visibles. 


«  Revue  de  la  Normandie,  »  année  1863 ,  p.  495. 
«  Procès- verbaux  de  la  Commission  départementale 
des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure ,  «  p.  68. 


Ed.  Lambert,  uMémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xui,  p.  Î5Î,  pi.  ix,  ig.  9, 11, 23;  pi.  x, 
fig.  1,  12-17,  23-27;  pi.  xi ,  fig.  2,  4-7, 16. 


BARENTIN. 

Barentin  est  un  point  où  les  antiquités  ne  sont  pas  rares.  Nous  y  connaissons  deux 
cimetières  romains  à  incinération;  nous  y  avons  connu  des  constructions  antiques,  et  nous 
avons  tout  lieu  d'y  soupçonner  un  cimetière  franc. 

Époque  romaine.  —  Le  premier  cimetière  romain  découvert  à  Barentin  a  été  aperçu , 
en  1838,  sur  la  côte  même  de  Téglise,  dans  la  direction  de  l'ouest.  En  tirant  du  caillou, 
des  ouvriers  rencontrèrent  des  vases  de  terre  et"  de  verre ,  des  fibules  en  bronze  et  en  ar- 
gent et  quelques  autres  objets.  Le  Musée  de  Rouen  fut  assez  heureux  pour  obtenir  quel- 
ques-unes de  ces  épaves  qui  avaient  été  dispersées,  mais  dont  M.  Lalizel,  maire  du  lieu, 
avait  recueilli  une  portion.  Dans  les  montres  de  notre  collection  départementale,  j'ai 
compté  une  dizaine  d'objets  provenant  de  ce  premier  cimetière  de  Barentin;  ce  sont  trois 
vases  de  verre  et  six  vases  de  terre ,  parmi  lesquels  se  voient  des  urnes  et  des  vases  aux 
offrandes  et  aux  libations.  La  pièce  la  plus  curieuse  est  une  petite  tablette  à  écrire ,  en 
marbre,  semblable  à  celles  que  nous  avons  trouvées  à  Lillebonne,  à  Fécamp  et  à  Epinay, 
près  Mortemer.  Encouragé  par  cette  découverte ,  M.  Deville  tenta  quelques  fouilles  sur  la 
côte  même  de  l'église  de  Barentin.  Nous  savons  qu'elles  ne  furent  pas  sans  fruit;  mais 
nous  ne  saurions  donner  aucun  détail,  notre  confrère  n'ayant  pas  publié  le  résultat  de  son 
exploration. 

Un  second  cimetière  romain,  beaucoup  plus  important,  apparut  en  4857.  Du  5  janvier 
au  10  mai  de  cette  année,  M.  Lame,  avocat  et  propriétaire  à  Bondeville,  fit  défricher  un 
bois  connu  sous  le  nom  assez  significatif  de  la  For  telle  ou  de  la  For  ter  elle  (1).  Ce  bois  est 

• 

(l)  Nous  ne  savons  au  juste  ce  que  signifie  le  nom  de  Fortelle  ou  de  ForiereUe  ;  mais  nous  ne  serions  nullement 
surpris  qu'il  s'y  rattachât  l'idée  d'une  ancienne  fortification  quelconque.  En  attendant  le  mot  de  l'énigme ,  nous 
allons  dire  tout  ce  que  nos  lecteurs  nous  ont  fourni  de  rapprochements  sur  ce  sujet  Nous  savons  qu'à  Aeilly 
(Oise)  il  existe  un  lieu  dit  la  ForiereUe.  (Frion,  «  Nouveau  Précis  de  Statistique  sur  le  canton  de  Ghaumont  en 
Vexin,  >  p.  178). —  A  Morienval,  dans  le  même  département,  au  lieu  dit  la  Fortelle ^  on  a  trouvé  des  débris 
romains.  (Woillez,  «  Répertoire  archéologique  de  l'Oise,  »  p.  177).  —  A  Houlbec-Cocherel,.  canton  de  Vemon 


—  18j,— 

situé  dans  un  vallon  solitaire,  à  deux  kilomètres  du  boui|[,  dans  la  direction  de  Fres- 
quiennes  et  de  Pissy-Poville.  Il  est  au  bas  de  la  côte  du  Câtillon  et  au  bord  du  chemin  de 
fer  de  Rouen  au  Havre.  Chose  étonnante  !  ce  bois  perdu  est  tout  parsemé  de  buis ,  planta- 
tion que  plusieurs  personnes  attribuent  à  l'époque  romaine  (i).  Très  longtemps  les  ouvriers 
n'ont  cessé  de  rencontrer  soit  des  constructions,  soit  des  incinérations.  Je  n'estime  pas  à 
moins  de  plusieurs  centaines  le  nombre  des  vases  funéraires  qu'ils  ont  rencontrés  et 
détruits.  De  cette  masse  énorme  d'objets  céramiques ,  il  n'est  guère  échappé  que  sept  à 
huit  vases  de  terre  enfermés  dans  un  doHum ,  que  M.  Lame  a  conservés  chez  lui  et  dont 
il  m'a  permis  de  prendre  le  dessin.  (Je  les  reproduis  ici).  Parmi  eux  se  trouvait  un  joli 
petit  flacon  de  verre  à  deux  anses  en  cou  de  cigne. 


BABlil^TIN,    I8S7, 


COUFBB  EN   TBnilB  BOUGE.  —  VASR   HUMAIN.  —  FLACON   EN    VBRRE. 

^ure),  est  un  Heu  dit  la  Grande-Fortelle.  Od  sait  qu'à  Gocherel,  on  a  (rouvf  des  antiquités  en  1685,  ■  Notes  et 
lléiD.  de  H.  Aug.  Le  Prévost ,  ■  t.  ii,  p.  269.  —  M.  Darbois  de  Jubaiuville  cite  à  Lusigny  (Aube)  une  enceinte 
«oUque  et  CArrëe  qui  porte  le  nom  da  la  Forteik.  («  Répertoire  archiiologiquc  de  l'Aubo,  »  p.  115).  —  Sur  la 
roala  de  Beauvais,  dans  la  direction  de  Pontoise,  M.  Graves  indique  un  point  nommé  la  Fortelie.  («  Notice  arcbéo- 
logique  sur  le  département  de  l'Oise ,  ■  3*  ^dit.^p.  309).  —  Dans  l'église  de  Neufmoutier  (Seine-et'Marne),  on  voit 
l'épitaphe  de  Marie  Lepieard ,  femme  de  Gralien  Lepronier,  seigneur  de  la  Korlelle,  en  1661.  (■  Bulletin  du  Comité 
de  la  langue,  de  l'Histoire  et  des  Arls  de  lu  France,  n  t.  iv,  p.  72).  —  Pi.  la  Forldle  de  Pierrefonds  (Oise),  on  a 
trouvé  une  voie  anUque  et  des  débris  romains.  (-  Répertoire  archéologique  de  l'Oise,  «p.  ILS).  —  EnllnùCouvron, 
dans  l'Aisne  ,  on  a  dérricbé,  en  1855 ,  un  bois  nommé  la  Forlelle ,  où  se  trouvaient  des  retranchements.  On  y  a 
découvert  des  poteries  à  relief,  des  amphores  et  des  tuiles  à  rebords.  (Pietle ,  <  Bulletin  de  la  Société  académique 
de  Laon,.t.  \i,  p.  292). 

(I)  On  considère  généralement  la  présence  de  la  vigne  et  du  buis  dans  nos  taillis  comme  un  vestige  de  la  civili- 
sation romaine.  Beaucoup  d'archéologues  ayant  insisté  sur  cette  remarque,  nous  avons  cru  devoir  en  Taire  l'obser- 
vation &  propos  du  bois  de  la  Fartrrelle  dont  le  coteau  Tunébre  est  tout  couvert  de  buis  sauvage.  —  En  1864,  allant 
visiter  les  débris  romains  trouvés  k  Liilebonne,  sous  les  bois  de  Folleville,  lors  du  tracé  de  la  route  des  bords  de  la 
Seine  en  1863  ,  j'ai  remarqué  des  haies  de  jardins  et  des  clôtures  de  masures  Imites  avec  des  buis  à  haute  tige 


Averti  de  cette  découverte  dans  les  journaux,  muni  de  la  permission  du  propriétaire  et 
d'une  allocation  de  M.  le  Préfet,  j'ai  fouillé  le  bois  de  la  Forterelle,  du  9  au  23  juin 
1858.  J'ai  défriché  un  terrain  d'environ  30  mètres  de  long  sur  20  de  large,  et,  dans  «et 
espace ,  j'ai  renconlré ,  à  la  profondeur  de  50  à  60  centimètres ,  deuK  cent  quarante  vaaes 
romains  partagés  en  quatre-vingt-huit  groupes  de  sépultures.  Malheoreusement,  presque 
tous  ces  objets  étaient  brisés  par  les  racines  des  arbres  :  le  Musée  de  Rouen  n'eo  a  guère 
recueilli  que  vingt  à  vingVcinq  entiers. 

Dans  ce  mobilier  funèbre  se  trouvaient  des  urnes  contenant  des  os  brûlés  entourés  de 
vases  aux  libations.  Les  urnes  étaient  de  toute  forme.  Il  y  en  avait  de  très  belles  en  verre 
dont  quelques-unes  affectaient  la  forme  de  plateau.  (Nous  les  reproduisons  ici).  Le  genre 


PLATBAUX  ROHAIKS  FCN^AIHBS  (B&BBKTIK,  1868). 

dominant  était  Voila  rus^ue  ou  pot-au-feu  en  terre  grise  si  commun  dans  le  pays  de 
Caux.  Le  dolium  renfermant  des  urnes  et  autres  vases  funèbres  ont  été  plus  fréquents 
qu'ailleurs,  car  nous  n'en  avons  pas  compté  moins  de  treize,  tant  entiers  que  fracturés. 

Les  sépultures  de  la  Forterelle  m'ont  paru  former  deux  catégories  :  les  sépultures  sim- 
ples et  les  sépultures  de  marque.  Les  premières  ne  se  composaient  guère  que  de  deux  ou 

pouBsés  sans  culture.  Nulle  part  en  Normandie,  Je  n'avais  vu  pareille  chose.  Le  bois  qui  sunnonte  la  roule  est  tout 
rempli  de  buis  qui  y  croit  nalurellemant.  —  Dans  sa  «  Notice  historique  et  archéologique  sur  le  département  de 
l'Eure,»  H.  A.  Le  Provost  dit  que  danslarorët  de  Beaumout-le-Roger  les  lieux  où  se  trouvent  des  débris  romaioE 
sont  très  reconnaissables  par  les  buis  qui  y  croissent.  (■  Recueil  de  la  Société  d'Agric,  etc.,  da  l'Eure,  ■  t.  ni, 
p.  27i).  —M.  de  Btabenrath  confirme  cette  assertion  en  disant  qu'auteur  de  la  BuUe-rfu-fioiï.quieat  danslaforit 
de  Beaumont,  on  a  trouvé,  en  lft3D,  des  mines  romaines,  (s  Notice  sur  les  Pouillea  récemment  tailes  dans  une 
partie  de  la  Torét  de  Beaumont- la- Roger  (Eure),  i>  p.  3  et  5,  et  dans  le  •  Recueil  de  la  Bocièti  d'Agriculture,  etc., 
de  l'Eure ,  >  numéro  de  juillet  I830j.  —  Dans  son  <  Mémoire  sur  les  Camps  de  la  Beine  et  de  la  Rive  sa»a- 
nique,  ■  M.  Pallue,  parlant  de  la  motte  appelée  la  Gite,  qui  se  trouve  à  la  cAte  de  Rançon ,  près  Saint-Wandrille, 
assure  qu'elle  est  toute  couverte  de  buis.  («Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNorm.,  ■  t.  ix,  p.  276).  —  M.deCaumoat 
abonde  beaucoup  dans  ce  sens ,  et  dans  son  «  Cours  d'Antiquités  monumentales  ■  (  3*  partie ,  t.  in ,  p.  IIB  ) ,  il 
affirme  que  les  Jardins  romains  étaient  plantés  de  buis  taillés  et  découpés  avec  beaucoup  d'art.  Il  cite  Pline-le- 
Jeune  qui ,  décrivant  sa  villa,  assure  que  le  buis  décore  le  Ju^in  soub  toutes  les  formes  :  ■  Xy^us  dlstinctus 
buxo...  Bestiarum  etOgies  buxus  inscripslt...  buxus  in  formas  mille  descripta.  •  (Pline,  ■  Bpist,  ■•  lib.  v.^tt.  vi). 


—  18S  — 

bws  vases,  une  urne,  une  cruche  et  un  petit  vase;  les  secondes  formaient  un  groupe  de 
quatre  ou  ciiaq  vases  protégés  par  un  dolium,  du  bois,  de  la  tuile  ou  des  silex. 

Les  vases  aux  ofh'andes  et  aux  libations,  dont  nous  reproduisons  ici  quelques-uns, 
étaient  généralement  élégants.  Une  coupe  rouge  nous  a  donné  le  nom  du  potier 
LiQKBiii.  Des  urnes  de  verres  nous  ont  montré  au  fond,  au  milieu  des  cercles  concentriques 
un  U  et  une  f. 


UariKS  KT  FLAGOm  DB  VBnKE  [BABCHTIN,  ISSS'). 

Les  objets  métalliques  n'ont  pas  fait  défaut  à  Barentin.  Les  plus  nombreux  étaient  les 
clous  en  fer  provenant  des  caisses  de  bois  qui  renfermaient  les  urnes  et,  le  mobilier  fu- 
nèbre. Quelques  clous  avaient  fait  partie  du  bâtis  sur  lequel  on  avait  brûlé  le  corps.  Ceux- 
là  étaient  dans  les  urnes,  taudis  que  les  autres  étaient  autour. 

J'ai  également  recueilli  à  côté  d'une  urne  une  fibule  de  bronze  recouverte  d'émail ,  un 
anneau  de  cuivre  propre  au  doigt  d'un  jeune  sujet,  une  petite  clochette  en  fer  placée  au 
fond  d'un  vase  de  terre  et  sous  une  urne  de  verre  (on  attribue  généralement  ces  clochettes 
à  des  troupeaux).  Du  fond  d'une  urne,  j'ai  aussi  extrait  deux  grands  bronzes ,  l'un  fruste 
et  l'autre  d*Ântonin-le-Pieux,  et  deux  beaux  miroirs  en  bronze  étamé  :  l'un  était  carré  et  ' 
l'autre  circulaire. 

Le  cimetière  de  la  Forterelle  est  une  mine  riche  et  féconde  que  des  circonstances  fâ- 
cheuses ne  nous  ont  pas  peimis  d'explorer  dans  son  entier.  Nous  savons  que  M.  Lemarié , 
avocat  de  Houen,  qui  a  été  autorisé  à  continuer  les  fouilles,  a  encore  rencontré  dans  ce 


—  484  — 

bois  bon  nombre  de  vases  romains  dont  il  n'a  pu  sauver  que  quelques  échantillons  en 
teiTe  et  en  verre.  En  1 863,  nous  avons  remarqué  dans  sa  petite  collection  quelques  an- 
neaux de  bronze  et  deux  statuettes  en  terre  blanche  malheureusement  brisées  par  les 
ouvriers.  L'une  est  une  Latone  assise,  et  l'autre  une  Vénus  Anadyomène. 

Nous  sommes  tenté  d'attribuer  à  l'époque  romaine,  et  peut-être  à  ce  cimetière  isolé , 
les  hameaux  du  Grand  et  du  Petit-Câtillon ,  placés  au-dessus  du  bois  de  la  Farterelle, 

Ces  deux  cimetières,  si  importants  qu'ils  soient,  ne  sont  pas  les  seuls  témoins  du  Ba- 
rentin  des  Gallo-Romains.  En  4863 ,  lors  de  la  rectification  de  la  côte  qui  conduit  vers 
Rouen ,  les  ouvriers  ont  trouvé  de  beaux  murs  en  tuf  entourés  de  tuiles  à  rebords  rouges 
et  blanches. 

Époque  franque. — Sous  le  viaduc  et  à  la  côte  qui  avoisine  la  chapelle  de  Saint-Hellier, 
on  a  trouvé,  vers  4847,  plusieurs  sépultures  franques.  De  tout  leur  mobilier,  il  n'a  été 
recueilli  qu'un  beau  scramasaxe  qui  m'a  été  remis,  en  4858,  par  M.  Neveu,  propriétaire 
du  terrain. 

Période  normande.  —  Dans  une  charte  de  Richard  II ,  délivrée  à  l'abbaye  de  Fécamp 
en  4006,  ce  duc  donne  au  monastère  :  «  Ecclesiam  Barentini  villae...  sitamin  territorio 
Rotomagensi.  > 


Le  Prévost,  •  Mém.  de-  la  Soc.  des  Arit.  de  Norm,,  ■ 
t.  u,  p.  19. 
9  Procès- verbaux  de  la  Gomm.  des  Antiq.,  »p.  260-61. 
Devllle,  «  Gat.  du  Musée  dép.  d'Ant,  »  année  1845,  p.  28. 


«  La  Normandie  souterr.,  »  Inédit,  p.  135;  2*édit., 
p.  154. 
«  Journal  de  Fécamp,  »  du  16  mai  1857. 
«  Journal  de  Rouen,  »  des  13  et  18  juillet  1858. 


CANTON    DE    MAROMME. 


MAROMME. 

Epoque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Rouen  à  Lillebonne  traversait  Haromme  dans 
sa  largeur ,  depuis  la  côte  de  Saint-Aignan  jusqu'à  celle  de  la  Mayne  conduisant  à  La 
Vaupalière. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen    1      L'abbé  Gochet,  c  Mémoires  de  la  Société  des  Ânti- 
à  Fécamp,  »  p.  25.  |    quaires  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  151,  et  t.  xxiv,  p.  325. 

CANTELEU. 

Epoque  romaine.  —  Au  sommet  de  la  colline  boisée  qui  domine  Bapeaume  et  Déville , 
dans  un  taillis  voisin  d'une  ferme  appartenant  à  M.  H.  Barbet ,  de  Rouen,  M.  de  Glanville 
a  pratiqué,  en  1853,  une  fouille  archéologique.  Sur  une  butte  couverte  de  halliers,  il  a 


—  185  — 

trouvé  une  construction  carrée  mesurant  40  mètres  sur  chaque  face.  Les  murs ,  épais 
de  1  mètre  60  centimètres ,  étaient  en  silex  et  avaient  été  recouverts  de  crépis  coloriés. 
Dans  l'intérieur  de  ce  petit  monument,  que  l'on  est  porté  à  supposer  romain, M.  de  Glan- 
viUe  a  recueilli  deux  monnaies  en  argent  de  Maximien  et  de  Constantin. 

Époque  franque.  —  Tout  semble  indiquer  que  ce  petit  édifice  a  servi  de  sépulture  à 
l'époque  franque ,  car  il  a  été  trouvé  dans  son  enceinte  deux  crânes  accompagnés  d'osse- 
ments bouleversés.  Parmi  ces  débris  humains  se  trouvait  un  pot  noir  évidemment 
mérovingien. 

En  1863 ,  sur  le  versant  de  la  Seine  et  dans  la  propriété  de  M.  Prat ,  en  fondant  un 
mur  et  en  établissant  im  chemin  d'accès,  des  ouvriers  aperçurent  plusieurs  cercueils  de 
pierre  dont  ils  laissèrent  au  moins  deux  sans  les  visiter.  Ils  assurent  que  celui  qu'ils 
vidèrent  ne  contenait  que  des  ossements  humains  encore  en  place.  Ce  sarcophage,  long  de 
1  mètre  80  à  l'intérieur,  est  large  de  68  centimètres  à  la  tête  et  de  30  aux  pieds.  Le  cou- 
vercle a  la  forme  d'un  toit.  Tout  annonce  un  cercueil  franc. 

DÉVILLE. 

Époque  FRANQUE.  —  En  1843  ou  en  1844,  lors  des  tranchées  creusées  pour  le 
chemin  de  fer  du  Havre,  on  trouva,  sur  une  des  collines  de  Déville,  un  cercueil 
de  pierre  long  de  1  mètre  75  et  dont  le  couvercle  était  en  dos-d'âne.  Ce  sarcophage 
contenait  un  squelette.  La  forme  du  couvercle  nous  engage  à  l'attribuer  à  l'époque 
franque. 

Nous  n'hésitons  pas  à  reporter  à  la  même  période  le  vivier,  en  partie  desséché 
aujourd'hui,  qui  porte  le  nom  de  mare  de  Saiiit-Romain.  On  dit  que  les  grenouilles 
ne  peuvent  y  vivre.  Cette  mare  était  dans  l'enceinte  même  du  manoir  de  nos  ar- 
chevêques, manoir  qui  doit  remonter  aux  temps  mérovingiens,  peut-être  même  aux 
temps  gallo-romains.  Ce  qui  prouve  la  haute  antiquité  de  cette  propriété  pontificale, 
aliénée  seulement  à  la  Révolution  de  1789,  c'est  que  le  taillis  qui  la  surmonte  se 
nomme  encore  le  Bois-V Evêque.  Il  est  évident  que  ce  bosquet  a  pris  son  nom  à 
l'époque  où  nos  métropolitains  ne  portaient  que  le  titre  d'évêque,  c'est-à-dire  avant  le 
vm®  siècle. 

n  existe  encore  à  Déville  une  eau  merveilleuse  connue  sous  le  nom  de  fontaine  de 
Saint'Siméon.  Cette  source  est  l'occasion  d'un  pèlerinage  très  fréquenté.  Nous  sommes 
porté  à  supposer  que  le  nom  de  Saint-Siméon  lui  vient  du  célèbre  solitaire  de  ce  nom 
qui ,  au  xie  siècle ,  apporta ,  du  Smaï  à  Rouen ,  les  reliques  de  la  grande  sainte  Catherine 
d'Alexandrie.  Mais ,  «i  ce  vocable  appartient  à  l'époque  normande ,  il  est  probable  que  la 
vénération  de  la  source  remonte  plus  haut. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  12-23. 

24 


—  186 


LE  MONT-AUX-MALADES  (section  du  mont-saint-aignan ). 

Époque  gauloise.  —  En  1861,  deux  hachettes  en  silex  ont  été  recueillies  au  hameau 
du  Bosc  :  elles  sont  entrées  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  romaine.  —  La  voie  antique  qui  allait  de  Rotamagus  (Rouen)  à  Juliobona  (Lil- 
lebonne  )  et  à  Caracotinum  (  Harfleur  )  traversait  le  plateau  et  le  village  du  Hont-aux- 
Malades.  Dans  les  actes  du  xm^  siècle  relatifs  au  prieuré  et  à  la  léproserie  de  Saint- 
Thomas-le-Martyr,  la  route  est  appelée  le  Chemin  du  Roi,  Quentin  le  Roy  (1236), 
Cheminum  Régis  et  Keminum  domini  Régis  (1278).  Des  monnaies  romaines  du  Haut  et 
du  Bas-Empire  ont  été  recueillies  au  Mont-aux-Malades. 

M.  Thaurin  assure  qu'en  fouillant  au  Mont-aux-Malades ,  on  a  trouvé ,  sur  divers  points 
et  à  diverses  reprises ,  des  restes  de  construction ,  des  tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  de 
bronze  d'Adrien  et  des  Antonins. 


De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen 
à  Fécamp,  »  p.  315-316. 
«  Journal  de  Rouen ,  »  du  8  septembre  1864. 


«  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,* 
t.  xiy,  p.  150,  et  t.  xxiv,  p.  325. 
Thaiu*in,  «  Arch.  rouenn.,  »  p.  3,  Rouen,  Brière,  1862. 


BONDEVILLE. 

Époqub  gauloise.  —  Vers  1850,  il  a  été  recueilli  à  Bondeville  une  hachette  de  pierre 
que  conserve  M.  de  Girancourt,  conseiller  général  de  Blangy. 

HOUPPEVILLE. 

Époque  incertaine.  —  En  mars  1822 ,  M.  Arsène  Maille  écrivit  à  la  Commission  des 
Antiquités  une  lettre  relative  à  des  tombeaux  trouvés  dans  la  forêt  Verte.  Comme  nous 
pensons  que  la  forêt  Verte  dépend  d'Houppeville ,  nous  classons  ici  ce  renseignement  fort 
incomplet. 

Dans  cette  même  forêt  Verte ,  on  trouve  çà  et  là  des  puits  et  des  restes  de  mursûlles. 
On  en  connsdt  notamment  au  lieu  dit  la  Barette.  H  y  aussi  des  puits,  des  vieux  murs  et 
des  terrassements  au  triége  de  la  Grosse-Butte.  On  croit  volontiers  que  ce  sont  les  restes 
d*un  vieux  château. 

«  Procès- verbaux  de  la  Ck)mmission  départementale  des  Antiquités,  »  p.  44. 


LA  VAUPALIÈRE. 

Époque  roicaine.  —  La  Vaupalière  était  traversée  par  la  voie  romaine  qui  allait  de 
Rouen  à  Lillebonne  et  à  Harfleur. 

Époque  franque.  —  Nous  sommes  assez  disposé  à  voir  le  village  de  La  Vaupalière 
dans  le  Paldriacus  du  vn^  siècle ,  où  s'arrêtèrent ,  en  revenant  du  Hainaut  à  Fontenelle , 


487 


les  restes  mortels  de  saint  Ansbert ,  évêque  de  Rouen  :  •  Venerunt  in  Rotomagense  ter- 
ritorium  in  locum  qui  dicitur  Paldriacus...  distans  à  caenobio  Fontanellensi  millibus  iv... 
in  via  publicâ  et  dilapidatâ  quse...  Rotomagensem  deducit  ad  urbem.  »  Là ,  les  reliques 
guérirent  une  femme  possédée  du  démon,  et,  comme  elles  ne  voulaient  pas  quitter  l'en- 
droit, Berthald  et  Radamaste,  seigneurs  du  lieu,  se  firent  moines  de  Fontenelle  et 
y  portèrent  leurs  biens.  En  souvenir  de  ces  prodiges ,  on  éleva  une  croix  sur  le  bord 
du  chemin. 


Boll.  «  Acta  Sanct.,  »  mens,  februar.,  t.  ii,  p.  356. 
L'abbé  Belley ,  «  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635. 


LePrevostyftMém.  de  laSoc.  des  Ant.deNor.jwt.  xi,p.l7. 
L'abbé  Cochet,  «Mém.  de  la  Soc.desAntiq.de  Norm.,» 
t.  xrv,  p.  150,  et  t.  xxiv,  p.  325. 


ROUMARE. 

Époque  gauloise.  —  Le  Bulletin  monumental  nous  apprend  qu'en  1845  on  trouva, 
dans  la  forêt  de  Roumare,  un  dépôt  de  ces  hachettes  en  bronze  qui  sont  communément 
attribuées  aux  Gaulois.  Analysées  par  M.  Girardin,  de  Rouen,  elles  ont  présenté  78  par- 
ties de  cuivre  sur  20  d'étain  et  2  de  zinc  ou  plomb. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  statuette  de  Mercure  en  terre 
cuite  venant  de  la  forêt  de  Roumare. 

Époque  franque.  —  Il  est  vraisemblable  que  le  nom  de  cette  localité ,  comme  celui 
de  la  forêt,  a  été  emprunté  au  seigneur  franc  Rotmarus  ou  Rothmarîis,  qui  vivait  au 
vne  siècle  et  qui  possédait  Fontenelle  au  temps  où  Wandrégisile  vint  de  Luxeuil  fonder, 
dans  nos  contrées,  sa  célèbre  colonie  bénédictine.  Ce  qui  me  paraît  appuyer  cette 
conjecture,  c'est  que  ce  lieu  portait,  au  xi^  siècle,  le  nom  de  Rotmensk  m^ara  et  de 
Rôtmensis  pagus.  M.  Le  Prévost  inclinait  également  à  voir  dans  le  nom  de  Rotmarus  le 
radical  de  Roumare. 

Période  normande,  —  Nous  ne  devons  pas  dissimuler  que  Dumoulin  et  quelques  autres 
encore  prétendent  que  Roumare  vient  de  RoUon.  Nous  laissons  le  lecteur  libre  de  choisir, 
mais  nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  placer,  au  nom  de  cette  commune,  un  fait  célèbre 
dans  l'histoire  de  la  Normandie.  Ce  fut,  dit-on,  à  un  chêne  de  la  forêt  de  Roumare  que 
Rollon  suspendit  des  bracelets  et  des  chaînes  d'or  auxquels  n'osa  toucher  aucun  de  ces 
Normands  renommés  pour  leur  esprit  de  brigandage  et  de  piraterie. 


A.  Le  Prévost,  aMém.de  la  Soc.  des  Antiq.de  Norm.,» 
t.  XI,  p.  26  et  27. 


Dumoulin,  «  Hist.  gôn.  de  la  Normandie,  »  p.  29. 
Girardin ,  «  Bulletin  monumentcd,  »  t.  xii,  p.  187. 


SAINT-THOMAS-LA-CHAUSSÉE  (section  de  roumare). 
Époque  robiaine.  —  Au  xm*  siècle,  cette  localité  s'appelait  La  Chauchée  et  Calcia.  Il 


—  488  — 

est  évident,  dit  avec  raison  Tabbé  Belley,  que  le  nom  et  le  surnom  de  cette  paroisse  pro- 
venaient de  Yagger  publicus  du  chemin  romain. 


Kabbé  Belley,  «  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635. 

A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,»  t.  XI,  p.  17. 


De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen 
à  Fécamp,  »  p.  33. 

L*abbé  Cochet,  t  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  » 
t.  XIV,  p.  150-51,  et  t.  XXIV,  p.  325. 


PISSY-POVILLE. 
Période  nor>iande.  —  En  4006,  l'église  de  Pissy  est  appelée  •  Ecclesiam  de  Piscei.  » 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  19. 

PO  VILLE  (section  de  pissy-poville). 

Époque  romaine.  —  Il  est  évident  qu'à  Poville  il  y  eut  autrefois  une  villa  romaine 
d'une  grande  importance.  Elle  était  placée  derrière  l'ancien  presbytère  qui,  depuis  la  Ré- 
volution ,  est  devenu  une  ferme.  Dans  le  champ  labouré ,  la  charrue  rencontre  des  murs 
que  l'on  détruit  de  temps  à  autre.  Parmi  les  débris  qui  en  ont  été  extraits ,  j'ai  reconnu 
des  tufs  de  petit  appareil ,  des  tuiles  à  rebords  et  des  plaques  de  ciment  rouge  d'une 
grande  épaisseur.  On  m'a  assuré  que  l'on  trouvait  également  des  poteries  et  des  monnaies 
de  bronze. 

Dès  4837,  M.  Deville  avait  connu  à  Poville  des  fragments  de  tuiles  et  de  briques  ro- 
maines, des  meules  et  des  poteries  antiques.  Il  m'a  parlé  de  vases  extraits  du  sol  à  la 
profondeur  d'un  mètre.  Il  est  probable  qu'ils  proviennent  d'incinérations. 


CANTON    DE    CLÈRES. 


GLERES» 

Époque  gauloise.  —  M.  Deville  nous  signale  une  hachette  en  silex,  trouvée,  en  1831 , 
à  Clères  ou  aux  environs. 

Époque  romaine.  —  Malheureusement,  il  ne  spécifie  pas  mieux  le  lieu  de  provenance 
d^une  meule  à  broyer,  de  figurines  en  terre  cuite  et  de  monnaies  romaines  en  argent  et  en 
bronze. 


—  189  — 

Époque  franque.  —  En  1838,  M.  César  Marette  priait  la  Commission  des  Antiquités 
de  faire  pratiquer  des  fouilles  à  Clères ,  à  la  côte  du  Gibet ,  où  avaient  été  trouvés  des 
cercueils. 

FONTAINE-LE-BOURG. 

Époque  romaine.  —  Un  article  de  M.  César  Marette,  inséré  dans  le  Journal  de  Rouen  ^ 
du  17  juin  1838,  parle  de  débris  romains  trouvés  à  Fontaine-le-Bourç ,  et  d'une  voie 
antique  qui  allait  de  Rouen  à  Arques.  —  Il  serait  difficile  de  classer  les  tombeaux  en  pierre 
calcaire  dont  parle  M.  César  Marette.  —  Ce  que  nous  savons  d'autre  part,  c'est  que  le 
Musée  de  Rouen  possède  une  meule  à  broyer  en  poudingue,  trouvée  à  Fontaine-le- 
Bourg, 

Époque  franque  probablement  (?)  —  Vers  1855,  on  transféra  le  cimetière  communale 
la  côte  que  longe  la  route  départementale  no  33,  qui  va  d'Isneauville  à  Bellencombre.  En 
creusant  ime  fosse ,  on  y  découvrit  un  corps  avec  un  couteau  et  deux  quinaires  d'ai^ent. 
Ces  monnaies  ont  été  remises  à  M.  Delamare-Deboutteville. 

Période  normande.  —  L'église  et  la  baronie  de  Fontaine  furent  toujours  possédées 
par  l'abbaye  de  Fécamp.  Au  xi^  siècle  Fontaine  s'appelait  Wast.  Une  charte  de  Richard  III, 
dit:  «  Ecclesiam  Sanctae  Mariae  quae  dicitur  Wastus.  »  De  ce  nom  il  reste  encore  le  hameau 
de  la  Wastine. 

Dans  la  vallée  arrosée  par  la  Cailly,  on  montre  les  restes  d'un  vieux  château  normand 
qui  fût  le  siège  d'une  baronie  relevant  de  l'abbaye  de  Fécamp. 

L'église  de  Fontaine  renferme,  dans  son  abside  circulaire,  des  colonnes  de  pierre  dont 
les  curieux  chapiteaux  appartiennent  au  style  roman  primitif. 

Époque  incertaine.  —  On  m'a  assuré  que  lorsque  l'on  a  creusé  dans  le  cime- 
tière les  fondations  des  chapelles  neuves,  on  trouvé  des  frises  de  colonnes  et  des 
mosaïques. 

CLAVILLE-MOTTEVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Vers  1830,  M.  César  Marette  trouva  à  Claville  une  hachette  en 
silex  qu'il  offrit  au  Musée  de  Rouen. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  départementale  des  Antiquités ,  »  p.  162. 


GOUVILLE  (section  de  claville-motteville). 

Époque  franque.  — Au  printemps  de  1861,  M.  A.  de  Germiny^  receveur  général  de 
la  Seine-Inférieure ,  faisait  labourer  un  champ  inculte  situé  au-dessus  de  l'église  démolie 


—  190  — 

de  Gouvilley  et  sur  le  penchant  d'une  colline  appelée  la  Côte-aux^Prêtres.  A  25  centimètres 
du  sol ,  la  charrue  rencontra  deux  cercueils  de  pierre  rangés  côte  à  côte,  puis  un  troisième 
placé  en  pointe  à  70  centimètres  de  la  surface;  tous  trois  étaient  entiers,  d'un  seul 
morceau ,  et  fermés  avec  des  couvercles  tectiformes.  Plus  étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête , 
ils  présentent  au  fond  un  trou  percé  avec  intention.  Ces  sarcophages ,  épais  de  6  centi- 
mètres ,  ont  2  mètres  de  long  sur  37  centimètres  de  profondeur,  35  centimètres  de  lar- 
geur aux  pieds  et  73  à  la  tête.  Chacun  d'eux  contenait  trois  corps ,  dont  deux  étaient 
orientés  est  et  ouest  comme  les  auges  elles-mêmes ,  tandis  que  le  troisième  était  dans 
le  sens  opposé.  Chacune  des  auges  contenait  un  pot  en  terre  noire  décoré  d'ornements  à 
l'estampille. 

Les  seuls  objets  recueillis  avec  ces  vases  sont  six  perles  d'ambre ,  deux  perles  en  pâte 
de  verre,  et  un  anneau  de  bronze  auquel  sont  attachées  deux  chaînettes  de  cuivre  longues 
de  12  et  15  centimètres  chacune.  (Nous  reproduisons  ici  la  chaînette  et  l'un  des  vases  de 
Gouville). 


ANNBAU  BT  CSAINBTTB  »B  CUIVmB.  —   (GOUTILLB,  I86t).  —  ¥A8B  DB  TBBRB. 

Nous  attribuons  ces  sépultures  à  l'époque  franque,  et  nous  en  avons  longuement  déduit 
les  motifs  dans  une  Noie  pubUée,  en  1863,  par  la  Revue  de  la  Normandie.  Nous  y  ren- 
voyons le  lecteur. 

a  Revue  de  la  Nonnandie,  •  1"  année,  p.  5-18.  i    ville,  entre  Cailly  et  Fontaîne-le-Bourg,  en  18ôl,  »  in-8* 

«  Note  sur  trois  Cercueils  de  pierre  trouvés  à  Gou-    |    de  16  p.,  Rouen,  Gagniard,  1862. 


LES  AUTHIEUX-RATIÉVILLE. 

Epoque  eranque.  —  Vers  1857,  un  propriétaire  du  hameau  de  Cressieusemare,  défri- 
chant la  côte  des  Fredeaux  qui  fait  face  à  l'élise  des  Âuthieux,  trouva,  à  peu  de  pr oibndeur 
du  sol,  quatre  cercueils  en  pierre  de  Saint-Leu,  qui  contenaient  chacun  deux  corps.  Ces 


—  191  — 

ssffcophages,  longs  de  1  mètre  90  et  larges  de  35  à  70  centimètres,  possédaient  un  trou  au 
fond.  Leur  couvercle  avait  la  forme  d'un  toit. 

  la  même  époque ,  dans  un  champ  labouré  de  Cressieusemare ,  la  charrue  rencontra 
encore  trois  ou  quatre  cercueils  semblables  et  dans  les  mêmes  conditions. 

LA  HOUSSAYE-BÉRENGER. 

Époque  romaine  (?).  —  Les  bois  voisins  de  La  Houssaye  renferment  des  puits ,  des 
mares,  des  meules  à  broyer  et  divers  objets  d'antiquité. 

César  Marette,  «  Le  Camp  de  la  Bouteillerie,  »  p.  13.      |    «  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  516. 

LE  VAL-MARTIN  (section  du  bocasse). 

Époque  romaine.  —  Il  a  été  recueilli  au  Val-Martin  une  monnaie  de  Romulus,  fils  de 
Maxence. — M.  C.  Marette,  de  Clères,  parle  d'un  chemin  ferré  qu'il  a  connu  au  Val-Martin , 
et  d'un  chemin  des  Fées  dont  il  a  entendu  parler.  (C.  Marette ,  le  Val-Martin-sur-Clères  : 
Recherches  sur  cette  ancienne  commune,  in-8o  de  8  p.,  Rouen,  Pénaux,  1838). 

ANCEADMEVILLE. 

Époque  franque.  —  Anceaumeville ,  nommé  à  la  période  normande  t  Anselmivilla,  t 
a  donné,  en  4851 ,  deux  cercueils  de  pierre  placés  sur  la  colline,  au  bord  de  la  tranchée 
du  chemin  de  fer  de  Dieppe.  Averti  de  cette  découverte ,  j'ai  visité  ces  sarcophages  en 
pierre  de  Saint-Leu  et  fait  transporter  l'un  d'eux  au  Musée  de  Rouen.  Ils  ne  contenaient 
que  des  ossements;  mais,  autour  d'eux,  j'ai  reconnu  des  débris  de  vases  et  des  objets  en 
fer  et  en  bronze.  Je  les  attribue  à  la  période  carlovingienne. 

«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  19. 
«  Revue  de  Rouen,  >  année  1851,  p.  191-92. 


«  La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édition,  p.  341; 
2*  édition,  p.  429. 


MONT-CAUVAIRE. 

Époque  romaine.  —  M.  César  Marette  a  donné  au  Musée  de  Rouen  un  fragment  de 
meule  à  broyer,  trouvé  au  Mont-Cauvaire ,  vers  1830.  Le  Musée  de  Rouen  possède  aussi 
ime  monnaie  de  Néron  provenant  du  même  village. 

Époque  franque.  —  En  1846,  M.  Feret  de  Neuville,  propriétaire  à  Rouen,  fit  prati- 
quer, à  la  côte  du  Tôt,  quelques  fouilles  dans  une  terre  inculte,  et  il  y  découvrit  tout  un 
dmetière  franc.  Plusieurs  cercueils  de  pierre  apparurent  à  la  surface  ;  d'autres  sépultures 
^  montrèrent  sans  cercueil.  M.  Feret  rassembla  toute  une  petite  collection  qui  passa 
plii&  tard  entre  les  mains  de  M.  G.  Gaumont,  de  Jumiéges.  Elle  fait  aujourd'hui  partie 


—  192  — 

du  Musée  gémétique  fondé  par  M.  Cointet.  Voici  l'inventaire  des  objets  que  nous  ; 
avons  vus  en  1861  :  douze  vases  en  terre  noire  ou  blanche,  trois  scramasaxes  longs  dé 
35  à  45  centimètres,  sept  couteaux  de  fer,  huit  boucles  de  ceinturon  en  fer,  trois  boucles 
de  ceinturon  en  bronze  et  trois  agrafes  avec  plaques  ciselées,  deux  ornements  de  ceinturon 
découpés  à  jour,  deux  ûbules  de  bronze,  une  terminaison  de  ceinturon,  et  enfm  des  perles 
de  verre  et  de  pâte  de  verre  pour  collier  et  bracelet 

Epoque  incertaine.  ^  A  la  côte  dite  des  Châteaux,  située  en  face  de  la  petite  église 
du  Tôt,  on  trouve  une  enceinte  fossoyée,  de  forme  oblongue,  que  les  gens  du  pays 
croient  un  camp  romain.  On  lui  donne  communément  le  nom  de  Ckâtel  ou  de  Câlet. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commis,  des  Antiq.,  ■  p.  162.    i       «  La  Nonoandie  BDUterraine  ,  ■  1"  édition  ,  p.  341  ; 
CësarMarelte,sLeCainpdelaBouteillerie,>,p.lGetl9.    |    S* édition,  p.  4S9. 

MONVILLE. 

Depuis  cinquante  ans,  Monville  a  présenté  sur  plusieurs  points  des  monuments  antiques 
,  de  toutes  les  époques.  Mais  ces  différentes  découvertes  ayant  eu  lieu  par  hasard  et  sans 
le  concours  de  la  science,  il  devient  assez  difficile  de  leur  donner  une  attribution  quelque 
peu  certaine. 

Époque  romaine.  —  En  1822,  la  Commission  des  Antiquités  reçut  de  M.  le  baron  de 
Monville  une  lettre  qui  l'informait  qu'à  Monville  on  avait  trouvé,  en  1817,  des  médailles 

romaines,  des  tessons  de  poterie  rouge,  des  froments  de 

marbre  et  un  vase  en  cuivre  rouge  contenant  des  os  brûlés 
et  des  anneaux  de  cuivre  et  de  silex.  Fort  heureusement , 
ce  vase  de  métal  a  été  conservé  et  est  parvenu  jusqu'à 
nous.  Nous  l'avons  retrouvé ,  en  4863,  dans  le  cabinet  de 
M.  Jean  Rondeaux,  à  Saint-Etienne.  Notre  honorable  con- 
frère a  bien  voulu  nous  en  communiquer  un  dessin  que 
nous  reproduisons.  Ce  vase  étrange  a  dû  posséder  deux 
oreillons  et  une  anse,  comme  un  sceau  à  l'eau  bénite.  Des 
vases  semblables  ont  été  trouvés  en  Allemagne. 
Époque  franque.  —  En  1822,  M.  le  baron  de  Monville  signalait  également  à  la  Com- 
mission des  Antiquités  la  découverte  de  plusieurs  tombeaux  d'une  seule  pièce,  dont  un 
contenait  trois  corps. 

M.  Dubuc,  médecin  à  Monville,  m'a  assuré  que  vers  1838,  à  la  côte  du  Bosguerard,  on 
avait  trouvé ,  à  deux  reprises  différentes ,  des  cercueils  de  pierre.  La  première  fois  ,  ce 
fut  dans  un  bois  ;  la  seconde ,  au  bord  de  la  vieille  route  du  Bosguerard. 

L'ancien  cimetière  qui  entoure  l'église  de  Monville  était  un  lieu  de  sépulture  dès 
l'époque  franque.  En  1858 ,  lorsqu'on  creusa  les  fondations  de  la  nouvelle  nef,  on 
trouva  plusieurs  cercueils  en  pierre  de  Vei^elé  ou  de  Saint^Leu.  Ces  sarcophages. 


—  193  — 


orientés  est  et  ouest,  étaient  plus  étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête.  Quelques-uns  conte- 
naient des  vases  en  terre  noire  ou  rougeâtre, 
À.  ^fl^^H^^^^^^  que  j'ai  facilement  reconnus  pour  appartenir 

^     ^l^^^^H^^^^  Qjj^  temps  mérovingiens.    (  Nous   reprodui- 

sons ici  un  de  ces  vases.)  Outre  ces  vases, 
on  a  recueilli  des  boucles  en  fer  et  en 
bronze,  des  haches,  des  sabres  et  des  cou- 
teaux en  fer. 

A  la  côte  de  Cardonville ,  sur  le  versant  de 
la  Cailly ,  M.  Feret  de  Neuville  a  trouvé ,  vers 
1846,  des  cercueils  de  pierre  et  des  ornements 

YASE  EN  TEBRE  NOIBE  (M0?<VII.LK,   1858).  mérOvingiCUS. 

«  Procès- verbaux  de  la  Gommiss.  des  Antiq.,  »  p.  47.    I        «•  Bulletin  monumental,  »  t.  xxvi,  p.  808. 
«  La  Normandie  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  136, 340, 341  ;    I       Thaurin,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  4  juillet  1859  et 
î'  édit.,  p.  155,  428,  429.  *    du  15  juillet  1860. 


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ESLETTES. 

Époque  romaine.  —  A  la  côte  des  Alleurs^  on  a  trouvé ,  dans 
le  premier  tiers  de  ce  siècle ,  une  pierre  gravée  antique ,  sur 
laquelle  on  lisait  :  mar.  vie.  (Marti  Victori). 

Au  Heu  dit  le  Bout-de-la-Ville ,  on  a  recueilli,  en  1846 ,  un 
petit  godet  de  verre  irisé. 

En  i  847,  la  confection  du  chemin  de  fer  de  Dieppe  fut  l'occa- 
sion de  la  découverte  d'un  cimetière  antique.  Ce  champ  de  repos 
dut  servir  à  l'époque  romaine  et  à  l'époque  franque.  Nous  ne 
l'avons  pas  fouillé  ;  mais  nous  reconnaissons  aisément  ces  deux 
périodes  dans  les  monuments  qui  en  sont  sortis.  Ces  monuments, 
entrés  au  Musée  de  Rouen ,  ont  été  de  plus  dessinés  avec  le  plus 
grand  soin  pour  les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités. 
Voici,  dans  cet  inventaire,  ce  que  nous  réclamons  pour  les  Ro- 
mains :  d'abord  ,  l'anse  de  fer  d'un  coffret ,  un  sifflet  en  os,  un 
barillet  de  verre  marqué  fro,  un  autre  marqué  front,  s.  c,  une 
urne  de  verre  pomiforme ,  un  vase  carré  en  verre ,  des  mon- 
naies de  bronze  d'Adrien  et  de  Maximien ,  et  enfin  une  épée 
ployée  dans  son  fourreau  de  fer.  (Nous  la  reproduisons  ici.) 

Époque  franque. — Nous  devons  attribuer  à  la  période  franque 
la  partie  la  plus  riche  de  ce  cimetière.  Ces  épaves  consistaient 
surtout  en  douze  cercueils  en  pierre  de  Saint-Leu,  dont  les  pieds 

25 


—  194  — 

étaient  tournés  vers  le  sud-est.  Chacun  d'eux  contenait  un  et  quelquefois  deux  squelettes. 
Ces  cercueils  renfermaient  des  vases  de  terre  placés  aux  pieds ,  une  coupe  de  verre ,  une 
hache,  deux  sabres,  trois  lances,  des  couteaux,  des  boucles  et  deS  plaques  de  ceinturon  en 
fer.  Ces  dernières  étaient  damasquinées.  Il  y  avait  aussi  des  boucles  et  des  fibules  en  bronze. 
Nous  regrettons  beaucoup  de  n'avoir  pu  faire  graver  le  petit  Musée  d'Eslettes ,  si  soi- 
gneusement recueilli  et  si  habilement  dessiné  par  M.  Deville. 

Deville,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1847,  p.  770.  1       «La  Norm.  sout.,»  !'•  édit.,  p.  35-36  ;  2'  édit.,p.  41-44. 

«  Le  Tombeau  de  Childéric  I*%  »  p.  77-78.  |       «  Sépultures  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  i»  p.  407. 

BOSGUERARD-SAINT-ADRIEN. 

Époque  romaine.  —  Au  hameau  du  Capsart  ou  Campsart,  au  lieu  dit  le  CamineaUy 
on  a  trouvé,  dans  des  défrichements  pratiqués  en  1854,  une  quantité  de  tuiles  à  rebords. 
On  m'a  parlé  aussi  de  terrassements  existant  au  même  endroit. 

Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  une  jolie  clef  en  bronze  venant  du  Bosguerard.  Nous 
ne  saurions  dire  si  elle  est  romaine  ou  franque  ;  mais  elle  est  assurément  fort  ancienne. 

YQUEBEUF. 

Époque  gauloise.  —  Dans  une  note  qu'il  a  bien  voulu  me  laisser,  M.  Deville  assure 
qu'on  a  trouvé  à  Yquebeuf  des  monnaies  gauloises. 

Époque  romaine.  —  Le  même  antiquaire  affirme  qu'on  y  a  également  rencontré  un 
bracelet  en  or  et  des  monnaies  d'or  d'Adrien. 

CAILLY. 

C'est  un  point  antique  que  Cailly,  une  véritable  station  romaine,  surtout  si  nous  y  re- 
lions le  village  de  Saint-André ,  son  annexe  et  sa  dépendance  naturelles.  Dans  l'antiquité^ 
ces  deux  localités  n'en  firent  certainement  qu'une  seule,  et  cette  ancienne  mansion  n'eut  pas 
moins  de  développement  que  les  autres  stations  gallo-romaines  de  nos  contrées.  Du  reste, 
aujourd'hui  même ,  chez  les  archéologues  et  dans  les  renseignements  qu'on  obtient,  la 
confiision  est  constante  et  perpétuelle.  Aussi,  nous  n'hésitons  pas  à  dire  au  lecteur  qu'il 
doit  lire  les  deux  articles  de  Saint-André  et  de  Cailly,  parce  qu'ils  se  complètent  l'un 
par  l'autre. 

ÉPOQUE  gauloise.  —  En  1821,  un  groupe  de  monnaies  gauloises  fut  trouvé  à  Cailly. 
Huit  d'entre  elles,  étant  arrivées  dans  les  mains  de  M.  Lambert ,  de  Bayeux ,  ont  été  re- 
produites et  interprétées  par  lui.  —  A  la  page  suivante,  nous  en  reproduisons  cinq  qui 
portent  le  nom  de  togirix. 


195 


MONNAIES  GAULOISES  (CAILLY  ET   LIMÉST,   1820-21). 


En  1836,  le  Musée  de  Rouen 

fit  l'acquisition  de  deux  pièces 

gauloises  sorties  de  Gailly.  L'une 

était  en  potin  et  l'autre  en  bronze. 

En  i838,  il  reçut  encore  sept 

monnaies  de  bronze,  dont  cinq 

représentaient  des  sangliers. 
Époque  romaine.  —  Ce  qui  a 

surtout  attiré  l'attention  publique 

sur  Gailly ,  ce  fut  une  découverte 

faite  en  octobre  i  82i ,  et  qui  fut 

racontée  et  décrite  par  M.  Lévy 

dans  une  séance  publique  de  la 

Société  d'Emulation,  en  1822,  et  insérée  dans  les  Bulletins  de  cette  Compagnie.  On  avait 

trouvé  à  Cailly  27  monnaies  romaines  en  or,  toutes  du  Haut-Empire  et  fleur  de  coin. 

Le  célèbre  Mionnet ,  à  qui  elles  furent  remises,  estima,  comme  les  plus  intéressantes ,  un 

Vespasien ,  un  iElius  César  et  un  Commode  dont  le  revers  était  rare. 
Les  autres  pièces  étaient  aux  effigies  de  Domitien,  d'Antonin-le-Pieux , 
de  Lucius  Verus,  de  Marc-Aurèle  et  de  Faustine  la  mère.  Quinze  d'entre 
elles  ont  été  gravées  par  les   soins    de   la  Société  d'Emulation. 

Le  même  terrain  avait  donné  plusieurs  médailles  frustes  en  bronze  et 
de  divers  modules.  Elles  étaient  d'Auguste,  de  Nerva,  d'Adrien  et  de 
plusieurs  autres  empereurs  du  second  siècle.  Avec  ces  monnaies  se  trou- 
vait un  collier  d'or,  long  de  dix  pouces  et  deux  lignes,  composé  de 
36  amandes  d'or  bombées  sur  le  devant ,  tandis  que  sur  les  parties 
plates  passaient  des  agrafes  qui  enchâssaient  ce  joyau.  —  Nous  repro- 
duisons ici  cet  objet  précieux  que  nous  croyons  égaré.  —  A  côté  de  cet 
écrin  étaient  un  fragment  de  vase  rouge  à  reliefs ,  une  figurine  de  cheval 
en  terre  blanche ,  absolument  semblable  à  celles  que  l'on  a  trouvées  à 
Caudebec-lès-Elbeuf  et  à  Toulon-sur-Allier.  On  a  recueilli  également  un 
morceau  d'os  carré,  orné  de  cercles  concentriques,  et  un  petit  vase  de 
bronze  de  forme  quadrangulaire ,  porté  par  quatre  pieds  imitant  des 
pattes  de  lion.  —  Enfin ,  un  dernier  objet  plus  curieux  encore  que  les 
précédents  accompagnait  ce  groupe  précieux.  Nous  voulons  parler  d'une 
balance  ou  romaine  en  bronze  longue  de  20  centimètres ,  composée 
d'un  tube  creux  foré  par  un  bout ,  tandis  que  de  l'autre  est  un  anneau 
dans  lequel  passe  un  double  crochet.  Deux  crochets  sont  soudés  sur  le 
levier  :  l'un  pour  porter  le  poids  de  la  balance ,  l'autre  pour  le  soulever. 


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Cette  romaine,  dans  son  tube  actuel ,  possède  vingt-deux  marques,  et  pouvait  peser  des 
.objets  de  vingt-deux  onces.  Une  queue  s'y  adaptait 
pour  compléter  le  système  (i).  —  Nous  donnoDs 
ici  cette  pièce  au  quart  de  sa  grandeur. 

La  découverte  que  nous  venons  de  raconter  est 
la  plus  brillante  de  toutes  et  celle  qui  eut  le  plus  de 
retentissement;  mais,  vers  1858,  en  traçant  le  che- 
min de  grande  communication  n"  44 ,  qui  va  de 
Pavillyà  Cailly,  on  trouva,  dans  la  direction  de  Saint- 
Germain  ,  un  cimetière  à  incinération  des  trois  pre- 
miers siècles.  Cette  renconU^  eut  lieu  à  la  sortie 
même  du  boui^,  dans  une  tranchée  profonde  pra- 
tiquée à  U-avers  un  verger.  Malheureusement,  personne  ne  présida  à  l'extraction  ni  à  la  con- 
servation des  vases.  Chacun  en  prit  ce  qu'il  voulut.  En  1861 ,  nous  avons  racheté  à  Cailly,  soit 
au  cantonnier,  soit  à  des  brocanteurs ,  de  six  à  huit  vases  provenant  de  ce  cimetière.  Ce 
sont  des  urnes  grises  pour  les  os  brûlés  et  de  petits  pots  pour  les  libations  et  les  offrandes. 
Quant  aux  monnaies  antiques,  elles  sont  si  nombreuses  à  Cailly  et  à  Saint-André  qu'on 
en  trouve  chaque  année  et  que  tout  le  monde  en  possède. 

Outre  les  constructions  nombreuses  que  Ton  rencontre  à  chaque  pas,  nous  devons 
s^aler  d'une  manière  particulière  le  tertre  encore  couvert  de  ruines  et  qui  servait  de  châ- 
teau au  moyen-âge.  Ce  tertre  s'appelle  le  Capitale,  nom  particulier  et  très  significatif. 

(i)  Cette  romaine  n'est  pas  la  seule  qui  ait  élÉ  trouvée  daDS  le  département.  Une  s'est  montrée  ,  en  1862 ,  dans 
la  rve  de  l'Impératrice  pendant  les  grands  travaux  de  Rouen.  Elle  a  été  recueillie  par  M.  Thaurirr;  elle  était  entre 
la  rue  de  la  Grosse-Horloge  et  le  Marché-Neuf,  avec  des  monnaies  romaines.  En  mai  1863  nous  en  avons  rencontré 

une  troisième  dans  un  édifice       ^ -^^N o«*0 "* 

anUque  situé  à  Arclielles,  près 
Arques,  Cettedemière.qui  a  été 
minutieusement  et  savamment 
décrite  parM,Pottier,bibliotbé- 
caire  de  Rouen,  dans  la  •  Revue 
de  la  Normandie,  •  numéro  de 
juin  1863,  est  beaucoup  plus  belle 
et  plus  complète  que  la  balance 
de  Cailly,  Du  reste,  nous  met- 
tons le  lecteur  à  marne  de  juger 
et  de  comparer ,  puisque  nous 
reproduisons  ici  la  romaine 
d'Archelles.  —  Deux  ou  trois 
balancesde  ce  genre,  également 
en  bronze,  existent  aussi  auMu-  | 
gée  de  Rouen;  mais  nous  igno- 
rons le  lieu  de  leur  provenance  : 
noua  croyons  même  qu'aucune 

na  SIS  IfTOS.  ci™,  c.  dSpar-  „^„  „  „„„„  i.oovB.  A  .mklw  "i.  «W».  ««  ■•". 

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3 


_  197  ~ 

Nous  rappellerons  pour  mémoire  qu'à  l'époque  romaine  beaucoup  de  cités  avaient  donné, 
par  flatterie,  à  leur  point  principal,  le  nom  de  Capitole.  On  cite  de  ce  nombre:  Constan- 
tinople,  Milan,  Autun,  Nîmes,  Besançon,  Toulouse,  Reims,  Angers  (1),  Cologne,  etc. 

Des  voies  romaines  traversaient  et  desservaient  Cailly.  L'une  d'elles  devait  conduire  à 
Rouen.  Une  seconde  venait  de  Ritumagus  (Radepont) ,  et  de  là  se  rendait  à  Dieppe.  Nous 
l'avons  retracée  en  tête  de  cet  ouvrage. 

Époque  franque.  —  Ce  qui  prouve  l'importance  du  bourg  de  Cailly  aux  temps  méro- 
vingiens, c'est  qu'il  était  un  des  huit  doyennés  du  Grand-Archidiaconé  dont  Rouen  était 
Iç  chef-lieu.  (Decanatus  de  Calliaco). 

Outre  ce  titre ,  nous  possédons  un  document  plus  précieux  encore.  Nous  savons  qu'à  la 
fin  du  vn*  siècle  ou  au  commencement  du  vm®,  Cailly  fut  visité  par  saint  Leufroy,  qui 
devint  plus  tard  le  fondateur  du  monastère  de  la  Croix  au  diocèse  d'Evreux.  Ce  bien- 
heureux disciple  de  saint  Saens,  ayant  quitté  le  monastère  de  Varenne  (Varinna)  que  nous 
plaçons  à  Saint-Saëns  ou  à  Montérollier,  cherchait  à  gagner  la  ville  de  Rouen.  Chemin 
feisant,  il  passa  par  Cailly  et  y  séjourna  quelque  temps  chez  un  homme  de  Dieu,  appelé 
fi^rtran  :  t  Egressus  petivit  locum  qui  dicitur  Calliacus  ubi  Dei  hominem  Bertramnum 
uivenit.  »  —  On  peut  consulter,  à  ce  sujet,  la  Vie  de  saint  Leufroy,  par  un  auteur  du 
^^  siècle,  éditée  par  Mabillon  et  par  dom  Bouquet. 

-^t7us  sommes  assez  disposé  à  attribuer  au  bourg  de  Cailly  un  triens  mérovingien  dont 
M   Cartier  nous  donne  ainsi  la  légende:  colleno — colliaco  vico. 

Éi^OQUE  INCERTAINE.  —  A  la  côte  du  Floquet,  on  a  trouvé  des  monnaies  d'argent  dont 

on  n'a  pu  me  donner  la  date.  On  parle  à  Cailly  d'un  souterrain  nommé  la  Cave-au-Diable; 

^Q  assure  qu'il  a  1  kilomètre  de  longueur  et  qu'il  va  jusqu'au  Boh-Blanc. 

Outre  le  château  de  Cailly  bâti  sur  un  tertre  élevé  dont  nous  venons  de  parler,  on  m'a 

tr-etetiu  aussi  d'un  autre  castel  de  prairie  du  coté  de  Saint-Germain.  La  motte  est  moins 

^        .  mais  on  y  voit  également  des  murs  arasés. 


8oc. 
21 

Do 
des 


BIBLIOGBAPHIE. 


des 


X>. 


Lévy,  «  Bulletin  de  la  Société  libre  d'Émulation ,  * 
année  1822,  p.  35-51  et  2  pi. 

De  Glanville,  «  Note  sur  quelques  Médailles  gauloises 
inédites,  lue  dans  une  séance  de  la  Société  française ,  » 
in-8»  de  4  p.  et  pL,  Rouen,  1848. 

Id.,  o  Bulletin  monumental,  »  t.  xiv,  p.  637-40. 

a  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,» 

t.  XXIV. 

Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et 
de  la  France,»  t.  in,  p.  644. 

Mabillon  ,  «  Acta  sanct.  ord.  S.  Benedict.,  »  t.  m , 
p.  583. 

N  \  ^o^ard  Faultrier,  «  Congrès  archéol.  de  France,  »  t.  xxvi,  p.  32-33.  —  Au  vur  siècle,  le  Capitole  était  le 
Y7^^  <^4s  Comtes  ou  Consuls  d'Angers.  Au  ix*,  l'évoque  en  prit  possession.  Ce  devint  plus  tard  l'évèché.  Les  anciens 
•CW^H  l*appellent  «  Capitolium  sancti  Maurici.  »  Voir  aussi  E.  Breton,  «  Introduct.  à  l'Hist.  de  France,  »  p.  103. 


ert,  a  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise 
^^ord-Ouest  de  la  France,  »  dans  les  «  Mém.  de  la 
^    J^ntiq.  de  Norm.,  »  t.  xiii,  p.  252,  pi.  ix,  fig.  20, 
PU.  x,  fig.  18-22. 

i^Tanville,  «Notice  historique  sur  Cailly,  »  in-8'' 
Houen,  Pérou,  1848. 

^evue  de  Rouen,  »  année  1848,  p.  387-88. 
^ès-verbaux  de  la  Commission  départementale 
t<iuités  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  36,  39,  41. 
(Sevti   -    »     «  Notice  sur  les  Antiquités  trouvées  à  Cailly 
^  ^  T^^^*if)>»  iiï-8"  de 20  p. et2 pl.,Rouen,  Baudry,  1822. 

e  Numismatique,  »  année  1840. 


—  198  — 


SAINT-ANDRÉ-SUR-CAILLY. 

Saint-André-sur-Cailly  dut  être  anciennement  une  dépendance  de  Cailly,  et  il  dut  former 
avec  ce  bourg  une  station  romaine  d'une  assez  grande  importance.  Ce  qui  en  prouve 
chaque  jour  la  valeur,  ce  sont  les  découvertes  faites,  depuis  soixante  ans,  soit  à  Cailly, 
soit  à  Saint-André.  Nous  allons  essayer  d'en  donner  un  résumé. 

Époque  gauloise.  —  Nous  rapportons  naturellement  à  l'époque  gauloise  toutes  les 
monnaies  celtiques,  et  il  en  a  été  trouvé  un  certain  nombre  à  Saint-André.  M.  Deville  a 
recueilli  poiir  le  Musée  une  monnaie  gauloise  en  bronze  anciennement  trouvée.  H  en  a 
également  moissonné  plusieurs  en  argent  portant  la  légende  bien  connue  :  atevla-vlatos. 
Mais  le  dépôt  principal  paraît  avoir  été  rencontré  en  1848.  Cette  année-là  120  pièces 
gauloises  sont  sorties  de  terre.  Généralement,  elles  étaient  en  bronze;  une  seule  était  en 
potin.  Certaines  pièces  de  bronze  pesaient  de  67  à  72  grammes,  une  atteignait  75,  une  autre 
78.  Analysées  par  M.  Girardin,  leur  composition  a  été  trouvée  de  87,  5  de  cuivre  sur  12,5 
d'étain.  Ces  monnaies,  achetées  en  grande  partie  parM,  de  Glanville,  de  Rouen ,  ont  été 
décrites  par  lui  dans  un  mémoire  spécial  lu  à  la  Société  française  d'Archéologie,  réunie  à 
Trouville  le  5  septembre  1848.  M.  Lambert  pense  que  ces  monnaies,  sur  lesquelles  on 
voyait  des  têtes  humaines,  le  cheval ,  le  sanglier  et  le  coq,  appartenaient  aux  Gallo-Belges. 
Une  pourtant  avait  été  frappée  à  Lisieux.  Le  savant  numismate  normand  vient  de  publier 
14  de  ces  pièces  dans  la  seconde  partie  de  son  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise  du 
Nord-Ouest  de  la  France. 

D'autres  dépôts  gaulois  doivent  avoir  été  rencontrés  à  Saint-André,  car,  en  1861,  j'aî 
recueilli,  chez  un  forgeron  de  Cailly,  plusieurs  pièces  en  potin  provenant  du  même  sol. 
En  1863,  j'ai  vu  chez  M.  l'abbé  Jacquemet ,  curé  de  Limésy,  40  pièces  gauloises  en  potin 
provenant  aussi  de  Saint- André;  36  d'entre  elles  offraient  un  sanglier. 

Ce  que  je  sais  encore,  c'est  que,  en  1850,  le  Musée  de  Rouen  acheta  25  monnaies  gau- 
loises provenant  de  Saint-André-sur-Cailly. 

Epoque  romaine.  —  La  grande  richesse  de  Saint-André,  c'est  la  domination  romaine, 
qui  paraît  avoir  établi  ici  une  de  ses  florissantes  stations.  Les  débris  de  ce  grand  établis- 
sement ,  ensevelis  pendant  douze  à  quinze  siècles,  se  font  jour  depuis  cinquante  ans.  Les 
premières  manifestations  ont  été  observées  au  commencement  de  ce  siècle  par  M.  l'abbé 
Bas  ton,  célèbre  théologien  de  Rouen.  En  1810,  ce  savant  chanoine  lisait  à  l'Académie  de 
Rouen  un  mémoire  sur  les  découvertes  faites  à  Saint-André-sur-Cailly,  ville  autrefois  flo- 
rissante, disait  le  secrétaire  de  la  Compagnie.  M.  l'abbé  Baston  avait  trouvé,  sous  quelques 
pouces  de  terre ,  un  pavé-mosaïque ,  puis  il  avait  rencontré  des  cercueils  de  pierre  et  en 
avait  ouvert  quelques-uns.  Dans  ces  sarcophages,  il  avait  aperçu  jusqu'à  trois  têtes  réunies 
et  de  petits  vases  en  terre  grise.  Nous  croyons  ces  cercueils  plutôt  francs  que  romains. 


\ 


—  199 


L'Académie  terminait  par  un  vœu  adressé  à  M.  le  Préfet  pour  fouiller  ces  antiques  mo- 
numents. Ce  vœu  fut  sans  doute  entendu  par  M.  le  comte  de  Kergariou,  préfet  de  1815  à 
1819,  car,  en  1817,  M.  Auguste  Le  Prévost  lisait  à  la  même  Académie  un  second  mé- 
moire sur  des  fouilles  qui  furent  presque  immédiatement  suspendues.  M.  Le  Prévost 
parlait  alors  de  Cailly  comme  d'une  station  et  non  plus  simplement  comme  d'une  villa 
romaine. 

De  cette  fouille  de  1 81 7,  pratiquée  au  hameau  du  Boulvet,  Boulevey  ou  Boutlevé,  il  nous 
est  resté,  soit  chez  M.  Jean  Rondeaux,  soit  aux  archives  ^e  la  Commission  des  Antiquités, 
un  plan  de  constructions  antiques  d'une  haute  importance.  Au  milieu  de  murs  dont  le  dé- 
veloppement sur  une  seule  face  n'était  pas  moindre  de  200  mètres,  on  remarque  un  pavé- 
mosaïque  grossièrement  reproduit  et  dont  nous  donnons  ici  une  légère  esquisse. 

A  côté  de  là  se  trouvaient  des  cercueils  de  pierre 
sur  lesquels  nous  aurons  à  revenir. 

En  1835,  M.  Gaillard  entretint  la  Commission 
des  Antiquités  de  plaques  d'airain ,  couvertes  d'ins- 
criptions ,  qui  auraient  été  trouvées  à  Saint-André- 
sur-Cailly  et  vendues  à  un  chaudronnier  de  Rouen. 
Information  prise,  il  n'a  pas  été  possible  de  s'as- 
surer du  fait. 

M.  Deville  a  recueilli  pour  le  musée  un  certain 
nombre  d'objets  romains  provenant  de  Saint-André. 
Il  nous  a  cité  notamment  des  cubes  de  mosaïque , 
des  tablettes  en  marbre  blanc  et  violet,  un  peson 
en  bronze  et  une  bulle  en  verre  avec  bande  d'émail 
en  spirale. 

Après  cela,  on  ne  sera  pas  surpris  d'apprendre 
que  les  monnaies  antiques  abondent  sur  un  sol  aussi 
romain.  La  principale  découverte  qui  m'a  été  citée 
est  celle  de  deniers  d'argent  qui  étaient  renfermés 
dans  une  tirelire  en  silex. 

Cailly  et  Saint-André-sur-Cailly,  étant  deux  loca- 
lités riches  en  monuments  antiques,  il  ne  serait 
peut-être  pas  trop  téméraire  de  leur  attribuer  une 
découverte  de  monnaies  romaines  qui  fut  faite  au 
commencement  du  siècle  dernier.  Nous  connais- 
sons ce  fait  par  une  lettre  du  R.  P.  de  Grainville, 
de  la  Compagnie  de  Jésus ,  insérée  dans  les  Mémoires  de  Trévoux  du  mois  de  juillet  1714 
(p.  1249-1268).  Ce  père  y  raconte  que  «  l'on  a  déterré  par  hazard,  à  quelques  lieues  de 


MOfiAlgUE  ROMAINE   (SAINT-ANDRÉ- 
SUR-CAILLY,    t8l7). 


y 


^  200  — 

Rouen,  un  gros  pot  de  fer  où  il  y  avoit  près  de  six-vingts  marcs  de  médailles  d'argent, 
toutes  fort  curieuses  et  quantité  pleines  de  terre.  Elles  allaient  de  Septime  Sévère  à 
Posthume  et  à  Gallien.  i  Le  Père  Jésuite  donne  ensuite  une  description  des  plus  intéres- 
santes. 

M.  de  Duran ville  possède  42  monnaies  romaines  dont  10  en  bronze  et  2  en  argent.  Une 
pièce  d'argent  est  de  Marc-Aurèle,  et  l'autre  de  Claudius  Albinus.  Les  bronzes  sont  d'An- 
tonin,  de  Faustine  et  de  Marc-Aurèle. 

En  1847,  on  trouva  à  Saint-André  un  lot  de  monnaies  antiques  bien  conservées.  La 
plupart  d'entre  elles  furent  acquises  par  M.  Deville  pour  le  Musée  départemental.  Sur  le 
nombre ,  7  furent  détachées  pour  être  analysées  par  M.  Girardin.  Voici  quelle  était  la 
composition  du  métal ,  d'après  notre  habile  chimiste  :  une  pièce  d'Antonia  Augusta  était 
un  véritable  laiton,  offrant  84  parties  de  cuivre  contre  19  de  zinc  ;  Domitien  présentait 
89  de  cuivre  contre  9  d'étain  et  de  plomb;  Trajan  donnait  85  de  cuivre  ,  12  d'étain  et 
5  de  plomb  ;  Marc-Aurèle  offrait  85  de  cuivre ,  9  d'étain  et  5  de  plomb  ;  Commode  don- 
nait 89  de  cuivre,  10  d'étain  et  1  de  plomb  ;  Alexandre  Sévère  était  composé  à  peu 
près  de  la  même  manière;  mais  Philippe  père  avait  89  de  cuivre,  8  d'étain  et  3  de 
plomb. 

Outre  la  tradition  de  ville  détruite  qui  existe  à  Saint-André ,  je  ne  dois  pas 
omettre  le  théâtre  antique  que  l'on  reconnaît  très  bien  au  hameau  du  Bouleveyj 
et  qui  déjà  a  été  signalé  par  M.  de  Duranville  à  l'attention  dès  archéologues.  Ce 
théâtre,  que  nous  avons  vu  et  reconnu  en  1863,  est  adossé  au  nord-est  et  devait 
mesurer  100  à  120  mètres  de  pourtour.  L'ouverture,  au  midi,  n'est  pas  moindre  de 
50  mètres. 

Dans  cette  même  manifestation,  M.  de  Duranville  nous  apprend  que  des  fouilles  faites 
sur  une  butte,  en  1842,  ont  amené  la  découverte  de  pavés  blancs  et-  de  canaux  en  terre 
cuite. 

M.  G.  de  Valory  ayant  continué  ses  fouilles  jusqu'en  1848,  M.  de  Glanville  raconte 
qu'il  trouva  d'abord  deux  bases  de  colonnes  en  pierre  dont  la  hauteur  totale  devait 
être  de  4  mètres  32  centimètres.  Elles  formaient  le  péristyle  d'un  édifice,  car  l'entre- 
colonnement  était  en  pierre.  Venait  ensuite  une  grande  salle  pavée  de  dalles  épaisses  de 
4  centimètres  et  larges  de  68  ;  puis  suivait  une  série  de  petits  appartements  dont  les  murs 
étaient  peints  en  rouge  et  en  bleu.  Il  s'est  rencontré  un  hypocauste  avec  son  fourneau.  Au 
milieu  des  tuiles  et  des  poteries,  on  a  recueilli  un  fragment  d'inscription  illisible.  Sous  le 
pavage  régnait  un  canal  pour  l'écoulement  des  eaux. 

En  décembre  1863,  nous  avons  visité  le  résultat  de  cette  exploration,  pratiquée  dans 
un  bosquet  du  château  de  Saint-André.  Nous  avons  encore  trouvé  le  sol  jonché  de  débris 
de  colonnes ,  chapiteaux ,  fûts  et  bases.  Des  murs  en  petit  appareil ,  chaînés  de  briques 
romaines ,  se  montraient  aussi  à  la  hauteur  de  plus  de  2  mètres.  Il  y  a  dans  les  bosquets 


—  201  — . 


du  château  les  restes  d'une  très  importante  construction  romaine  qui  mériterait  d'être  ex- 
plorée scientifiquement  et  avec  méthode. 

Dans  notre  inspection  de  décembre,  nous  avons  appris  avec  douleur  que,  pendant  l'hiver 
de  1862,  des  terrassiers  sans  ouvrage  avaient  fouillé  dans  le  champ  de  la  Butte  ^  situé  au 
Boutlevé ,  le  long  de  l'ancienne  route  de  Dieppe ,  et  y  avaient  découvert  un  magnifique 
hypocauste  parfaitement  conservé.  Désireux  de  n'obtenir  que  des  briques  pour  en  faire  du 
ciment,  ils  démolirent  les  murs,  le  pavage  et  les  piliers.  Les  piliers  étaient  à  60  centimètres 
l'un  de  l'autre  ;  le  pavage,  en  pierre  de  liais,  était  à  70  centimètres  du  fond.  Une  couche 
de  démolitions,  épaisse  de  45  centimètres,  séparait  le  dallage  du  sol  arable,  qui  n'avait 
guère  que  25  centimètres.  Dans  les  déblais,  ils  trouvèrent  des  masses  de  tuyaux  de  cha- 
leur, dont  quelques-uns  étaient  encore  accompagnés  de  crampons ,  des  tuiles  convexes , 

des  tuiles  à  rebords ,  des  écailles  d'huîtres,  du  charbon 
et  autres  débris.  M.  Tulle ,  instituteur  à  Saint-André , 
a  bien  voulu  conserver  une  note  et  un  dessin  de  ces 
découvertes.  Nous  ne  saurions  assez  le  remercier  de 
cette  attention. 

En  1 864 ,  il  a  été  recueilli ,  dans  un  labour  de 
Saint- André,  un  pavé  de  marbre  de  10  centimè- 
tres en  carré,  présentant,  gravée  en  creux,  une 
tète  de  Mercure  bien  caractérisée  avec  ses  deux 
ailes  et  son  caducée.  Ce  caducée  ressemble  beau- 
coup à  celui  du  Mercure  en  argent  de  Berthouville. 
Nous  reproduisons  ici  ce  pavé  à  moitié  de  sa 
grandeur. 

Époque  franque.  —  Quoique  personne  ne  nous  ait  dénoncé  positivement  des  monu- 
ments francs  à  Saint-André ,  cependant  la  critique  scientifique  nous  porte  à  attribuer 

à  cette  période  les  cercueils  découverts,  en  1810,  par 
M.  l'abbé  Baston,  et  dessinés  en  1817  par  les  soins  de 
MM.  Rondeaux  et  Le  Prévost.  M.  Baston  nous  assure 
qu'ils  contenaient  tous  un.  petit  pot  en  terre  grise ,  et 
que  quelques-uns  renfermaient  plusieurs  têtes.  Ce  sont 
là  des  traits  caractéristiques  de  l'époque  franque.  Mais 
ce  qui  est  encore  plus  déterminant,  c'est  la  forme  de 
ces  auges  plus  étroites  aux  pieds  qu'à  la  tête ,  l'irrégu- 
larité de  leur  placement,  et  enfin  leur  présence  dans 
l'enclos  et  presque  sur  les  ruines  d'une  villa.  Du  reste ,  nous  donnons  ici  le  croquis  de 
ces  tombeaux ,  et  nous  espérons  que  leur  vue  entraînera  de  notre  côté  le  lecteur  un 
peu  exercé. 

26 


PAVÉ  ROMAIN  EN  MARBRE 
(SAINT-AN  DRÉ-SUR-CAILLY,   1864). 


CERCUEILS  EN  PIERRE  (SAINT-ANDRÉ- 
SUR-CAILLT,  1810-17) 


—  202 


BIBLIO€EAPHIE. 


L'abbé  Baston,  «  Dissertation  sur  les  Antiquités  dé- 
couvertes dans  la  plaine  de  Saint-André-sur-Cailly,  » 
Mss.  dans  les  archives  de  TAcadémie  de  Rouen. 

Id.,  «  Précis  anal,  des  Trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  » 
année  1810,  p.  87. 

A.  Le  Prévost,  «  Note  sur  les  restes  d'un  Etablisse- 
ment antique  à  Saint-André-sur-Cailly,  »  Mss.  dans  les 
archives  de  l'Académie  de  Rouen. 

Id.,  «  Précis  anal,  des  Trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  » 
année  1818,  p.  158-160. 

Desnoyers,  «  Annuaire  des  cinq  départements  de  la 
Normandie,  »  année  1861,  p.  559. 

Œrardin,  »  Analyses  de  plusieurs  produits  d'art  d'une 
haute  antiq.,  »  p.  23-27,  et  «  Précis  analyt.  de  l'Acad. 
de  Rouen,  »  année  1852,  p.  163-166. 

De  Glanville ,  «  Notes  sur  quelques  Médailles  gau- 


loises inédites  lues  dans  une  séance  de  la  Société  fran- 
çaise, tenue  à  Trouville-sur-Mer  le  5  septembre  1848,» 
in-S-jde  4  p.  et  pi.,  Rouen,  Pérou,  1848. 

Id.  «  Bulletin  monumental,  t.  xiv,  p  637-40. 

«1  Procès-verbaux  de  la  Commission  départementale 

des  Antiquités,  »  p.  222. 

De  Duranville,  «  Amphithéâtre  romain  à  Saint-André- 
sur-Cailly,  »  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  •  année  1842, 
2"  sem.,  p.  114-116. 
«  Revue  de  la  Normandie,  »  «•  année,  1863,  p.  494. 

E.  Lambert,  «  Essai  sur  la  Numismatique  gauloise 
du  Nord-Ouest  de  laFrance,«2*  partie  dans  les  «Mém. 
de  l'Acad.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxu,  p.  477,  492, 
508,  509,  510,  pi.  IV,  15;  v.  29-34;  xii,  1,  2,  3,  4,  etc. 

Le  Prévost ,  «  Précis  anal,  des  Trav.  de  l'Acad.  de 
Rouen,  »  année  1815,  p.  89. 


QUINCAMPOIX. 

ÉPOQUE  ROMAINE.  —  Au  niois  de  janvier  1865,  M.  Lenoir,  défrichant  un  taillis  voisin  du 
bois  de  la  Muette,  trouva,  au  hameau  de  Crèvecmr,  une  incinération  romaine  du  second 
siècle.  Elle  se  composait  d'un  do/mw  en  terre  cuite  dont  les  débris  jonchent  encore  le  sol, 
et  d'une  belle  urne  cassée  en  verre  verdâtre  toute  remplie  d'os  brûlés.  Cette  urne,  de  la 
grandeur  et  de  la  forme  de  celles  de  CauviUe  et  d'Yébleron,  est  marquée  au  fond  d'un 
ornement  en  relief  au  centre  duquel  est  la  lettre  D. 

«  Revue  de  la  Normandie,  »  t.  v,  p.  316. 


CANTON  DE  BUCHY. 


LE  VIEUX-MANOIR. 

ÉPOQUE  FRANQUE.  —  Nous  ignorons  si  l'on  trouve  des  antiquités  au  Vieux-Manoir  ; 
mais  le  nom  de  cette  localité  nous  a  fait  penser  malgré  nous  à  un  palais  de  nos  rois  carlo- 
vingiens,  nommé  Vetus-Domus  et  Vetera-Bomm.  Déjà  ce  nom  avait,  dès  le  xvrae  siècle, 
attiré  l'attention  de  M.  l'abbé  Lebeuf,  dans  une  discussion  qu'il  eut  à  ce  sujet  avec 
M.  Clérot,  de  Rouen  ,  discussion  que  nous  allons  analyser.  Toutefois,  si  le  palais  carlo- 
vingien  ne  pouvait  être  mis  au  Vieux-Manoir,  faute  de  débris  connus  et  constatés,  nous 
serions  très  disposé  à  le  placer  à  CaiUy  ou  plutôt  à  Saint-André-sur-Cailly,  où  les  ruines 
abondent.  Voici  maintenant  l'historique  du  royal  monument  carlovingien. 


—  203.  — 

Deux  auteurs  du  ixe  siècle  ont  parlé  du  pelatium  de  Vetera-Domus.  Le  premier  est 
Joseph ,  précepteur  de  Louis-le-Bègue ,  dans  le  récit  qu'il  nous  a  laissé  de  la  translation 
des  corps  de  saint  Regnobert,  de  Bayeux,  et  de  saint  Zenon,  son  diacre.  Il  raconte,  à  ce 
propos ,  qu'en  846  le  roi  Chai*les-le-Chauve  était  à  une  villa  fiscale  appelée  Vetus-Domus  : 
€  Villa  quae  dicitur  Vetera-Domus  (1).  >  Il  s'y  trouvait  avec  la  reine  Hermentrude  et 
le  duc  de  Bretagne  Herispoë ,  dont  il  recevait  alors  les  hommages.  Comme  il  y  souffirait 
d'un  violent  mal  de  dents,  la  reine  l'engagea  à  invoquer  les  bienheureux  dont  les  reliques 
passaient  dans  le  voisinage.  Le  roi ,  leur  ayant  adressé  son  vœu  et  ses  offrandes ,  fut  entiè- 
rement guéri.  La  reine  alors  envoya  un  voile  d'étoffe  précieuse  pour  couvrir  la  châsse  des 
saints.  C'est  à  la  prière  de  Paul,  archevêque  de  Rouen,  dont  il  avait  été  le  condisciple  à 
Tours,  que  Joseph  nous  a  laissé  ce  récit. 

La  seconde  mention  nous  est  donnée  par  Héric,  moine  d'Auxerre,  qui  avait  été  précep- 
teur de  Lothaire,  fils  de  Louis-le-Débonnaire.  Cet  écrivain ,  racontant  les  miracles  opérés 
par  les  reliques  et  l'intercession  du  grand  saint  Germain,  expose  qu'aux  environs  de  Rouen 
il  existe  une  villa  fiscale  et  royale,  que  les  habitants  appellent  Vetus-Domus,  à  cause  de  son 
antiquité  :  t  In  pago  Rothomagensi  regius  fiscus  est  quem  incolae  propter  palatii  antiqui* 
tatem  Veterem-Domum  nuncupant.  »  Près  de  là  est  une  chapelle  dédiée  au  bienheureux 
(îermain  et  célèbre  par  plus  d'un  miracle  :  «  Capella  palatio  contigua  Beati  Germani 
famosa  nomine,  illustris  et  meritô.  »  Un  jour  que  le  roi  Charles-le-Chauve  était  venu  dans 
ce  palais  avec  toute  sa  cour  pour  y  recevoir  les  hommages  de  Herispoë,  duc  des  Bretons, 
une  foule  de  pauvres  et  d'infirmes  s'y  rendit  également.  Au  milieu  du  tumulte ,  une  jeune 
fille  muette  entra  dans  la  chapelle  et  y  passa  la  nuit.  Dans  son  sommeil,  le  saint  évêque 
lui  apparut  et  la  guérit  de  son  infirmité.  Ce  miracle ,  connu  du  roi  et  de  toute  la  cour,  fit 
grand  bruit  dans  la  contrée. 

Tels  sont  les  textes,  tels  sont  les  faits  que  le  ix^  siècle  nous  a  signalés  ;  voyons  ce  qu'en 
ont  fait  les  mo  demes. 

Le  premier  qui  mit  la  question  à  l'ordre  du  jour  est  l'abbé  Lebeuf  lui-même ,  dans  un 
article  inséré  au  Mercure  de  France  du  mois  de  mars  1733.  A  cette  époque ,  le  savant 
abbé  tenait  pour  le  Vieux-Manoir  ou  pour  Cailly,  près  duquel  se  trouvait  l'Eglise  de  Saint- 
(xermain-sous-Cailly. 

M.  Glérot,  de  Rouen,  répondit  à  cet  appel  au  mois  de  juillet  suivant,  et,  dans  son  ar- 
ticle, il  tenait  pour  le  Vieux-Rouen,  sur  la  Bresle,  à  huit  kilomètres  d'Aumale. 

Au  mois  d'octobre  de  la  même  année,  l'abbé  Lebeuf  développait  de  nouveau  son  opinion 
en  faveur  de  Cailly  ou  du  Vieux-Manoir. 

Les  choses  en  restèrent  là  dans  le  Mercure. 

Mais  la  cause  fut  reprise  plus  tard  devant  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres. 

(1)  «  Veteres-Domos,  »  dit  la  version  suivie  par  Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens,  »  t.  \ii,  p.  366, 


L 


—  204  — 

Introduite  dans  ce  sanctuaire  de  la  science ,  la  question  changea  de  face.  Devant  ses  pairs , 
l'abbé  Lebeuf  abandonna  complètement  Cailly  et  les  environs  :  il  se  tourna  vers  Tourville , 
village  du  Roumois,  à  6  lieues  (28  kilomètres)  de  Rouen  et  à  4  lieues  de  Saint-Victor-de- 
TEpine ,  dont  Téglise  est  dédiée  à  saint  Germain  d'Auxerre.  Ce  qui  fait  incliner  ainsi  le 
savant  abbé ,  c'est  qu'il  pense  que  le  roi  était  alors  près  de  Lisieux  ou  de  son  diocèse. 

On  comprend  qu'en  présence  d'une  pareille  volte-face  nous  abandonnions  nos  auteurs, 
nous  contentant  de  faire  des  vœux  pour  le  Vieux-Manoir,  ou,  mieux  encore,  pour  Cailly 
et  surtout  Saint-André ,  qui  nous  paraissent  réunir  toutes  les  conditions  nécessaires  pour 
une  villa  antique  et  un  palatium  franc.  Comme  nous  l'avons  dit,  près  de  Cailly  se  trouve 
l'ancienne  paroisse  de  Saint-Germain,  dont  l'église  a  disparu  de  nos  jours. 

En  1865,  nous  avons  visité  le  vieux  manoir  où  l'on  nous  a  signalé  près  l'église  une  vaste 
place  communale  dite  le  Parquet.  Cette  place ,  qui  semble  avoir  succédé  à  un  ancien  châ- 
teau ,  est  tout  ce  qu'il  y  a  de  remarquable. 

Dans  l'impuissance  où  nous  sommes  de  nous  prononcer,  nous  nous  contentons  de 
donner  l'histoire  et  la  bibliographie  de  la  question. 


BIBLIOGRAPniE. 


L'abbé  Lebeuf,  «  Remarques  sur  quelques  endroits  de 
la  9*  lettre  du  voyage  de  Normandie,  »  dans  le  o Mercure 
de  France,  »  de  mars  1733,  p.  451-52. 

Id.,  «  Extrait  d'une  lettre  écrite  d'Auxerre  à  l'occasion 
des  Conjectures  de  M.  Clérot ,  avocat  au  Parlement  de 
Rouen,  sur  l'ancien  palais  royal  appelé  Vetera-Domus,» 
inséréesdans  le  «Merc.  de  France,  »  de  juillet  1733;  dans 
le  ttMercure  de  France,  »  d'octobre  1733,  p.  2136-2140. 

Clérot,  a  Conjectures  sur  le  lieu  où  étoit  situé  le  pa- 
lais royal  appelé  Vetera-Domus ,  «  dans  le  «  Mercure 
de  France,  »  de  juillet  1733,  p.  1472-1483. 


«  Sur  la  situation  de  deux  anciens  Palais  des  rois  de 
France  :  Vetus-Domus  et  Bonogilum,  »  dans  les  t  Mém. 
de  l'Acad.  des  Inscript  et  Belles-Lettres,»  t.  xxv,p.  123., 

Dom  Bouquet ,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules 
et  de  la  France ,  »  t.  vn.  p.  355, 366. 

Labbe,  «Novae  Bibliothecœ  manuscriptor,  etc.,»  1. 1*^, 
p.  548-49. 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  t.  xi,  p.  17. 

Héric,  Apud  Bolland. ,  «  Acta  Sanc. ,  »  mens  jul., 
t.  VII,  p.  267. 


BOSC-ÉDELINE. 

Époque  gauloise.  —  M.  Guilmeth  assure  que,  vers  1820,  un  cultivateur  du  Bosc-Édeline 
trouva,  en  labourant,  un  silex  creusé  et  taillé  en  forme  de  tirelire:  cette  pierre  creuse 
contenait  plus  de  quarante  médailles  gauloises  en  or,  coulées  en  forme  de  boutons  et 
représentant  des  croissants  et  des  têtes  de  cheval.  M.  Thierry,  ancien  magistrat  à  Rouen , 
a  conservé  cette  précieuse  tirelire  jusqu'en  1834.         ' 

C'est  pour  cela,  sans  doute,  que  M.  Lambert,  dans  son  Second  Essai  sur  la 
Numismatique  gauloise  du  Nord-Ouest  de  la  France ,  assure  qu'un  statère  d'or  a  été 
trouvé  au  Bosc-Edehne. 


Guilmeth,  «Desc.géogr.,hist.,stat., etc.,»  t.  III,  p.  122. 
E.  Lambert,  «  Essai  sur  la  Numismat.  du  Nord-Ouest 


de  la  France,  v  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq. 
de  Norm.,  »  t.  xxi,  p.  325. 


—  205  — 


BOSC-BORDEL. 


Époque  romaine.  —  Lors  de  la  confection  du  chemin  de  grande  communication  n^  7, 
deBuchy  à  Sénarponl,  on  a  trouvé,  dans  la  traverse  du  hameau  d'Esquinemare ,  des 
poteries  grises  et  des  tuiles  à  rebords. 


PIERREVAL. 

Période  norbiande.  —  Dans  une  de  ses  chartes ,  le  duc  Robert  mentionne  ce  village 
comme  une  des  propriétés  de  Téglise  de  Rouen,  et  il  lui  donne  le  nom  de  «  Petrae  Vallis.  » 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  19. 

ERNEMONT-SUR-BUCHY- 

Période  normande. —  Au  xi©  siècle,  Ernemont  est  mentionné  sous  le  nom  d'  «  Emoldi 
Mons,  •  comme  propriété  de  la  Cathédrale  de  Rouen. 

a.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  t.  xi ,  p.  19. 

MORGNY-L\-POMMERAYE. 

Epoque  franque.  —  Vers  1850,  M.  de  Moipiy  fit  défricher  un  taillis  voisin  du  château 
de  Mondétour,  dans  un  lieu  nommé  la  Côte-aux-Morts.  Pendant  le  défrichement,  on  décou- 
vrit un  grand  nombre  de  cercueils  de  pierre ,  dans  lesquels  se  trouvaient,  avec  des  corps , 
un  certain  nombre  d'objets  en  terre  cuite  et  en  verre.  Les  ouvriers  brisèrent  plusieurs  de 
ces  cercueils ,  et ,  par  un  respect  malentendu  pour  les  morts,  on  enterra  de  nouveau  tout 
ce  que  contenaient  ces  sépultures ,  probablement  franques. 

SAINTE-CROIX-SUR-BUCHY. 

Epoque  incertaine.  —  A  la  naissance  d'un  vallon,  on  remarque  des  terrassements 
considérables  qui  ont  une  forme  circulaire.  Ce  sont  des  retranchements  élevés  et  accom- 
pagnés de  fossés  profonds.  La  hauteur  de  la  fortification  peut  être  10  à  12  mètres.  La 
forme  de  la  forteresse  est  circulaire.  Un  corps  avancé  se  remarque  au  côté  du  midi.  Dans 
le  pays,  on  nomme  ce  terrassement  important  le  Grand-Bel  ou  le  Châteav^dvrBeL  Cela 
peut  provenir  d'un  ancien  château  aussi  bien  que  d'un  petit  camp.  Impossible  de  le  dater. 
On  m'assure  qu'on  y  a  trouvé  des  briques  romaines. 


—  206  — 

REBETS. 

Epoque  franque.  —  Il  y  a  quelques  années ,  lorsque  Ton  reconstruisait  une  partie  de 
l'église  de  Rebets,  dont  le  portail  est  roman  du  xi^  siècle ,  on  a  toouvé  deux  cercueiis  de 
pierre  dont  l'un,  sans  ossements,  contenait  un  couteau  et  une  boucle  de  ceinturon; 
l'autre  renfermait  deux  jeunes  sujets  de  treize  à  quatorze  ans,  accompagnés  de  perles  et  de 
deux  vases  noirs. 

Au  mois  d'octobre  1864,  le  sieur  E.  Duvivier,  labourant  un  champ  appartenant  à 
M.  d'Arboval ,  trouva  avec  sa  charrue  quatre  cercueils  de  pierre  :  Tun  d*eux  est  en  pierre 
de  Saint-Leu,  et  les  trois  autres  en  pierre  du  pays.  Dans  ce  nombre,  deux  appartiennent  à 
des  enfants.  Un  ou  deux  seulement  contenaient  des  ossements  ;  mais  des  restes  humains 
gisaient  dans  le  sol  d'alentour. 

Époque  incertaine.  —  A  peu  de  dislance  du  village  de  Rebets ,  on  voit  une  enceinte 
circulaire  entourée  de  retranchements. 

SAINT-MARTIN-DU-PLESSIS  (section  d'étoutteville-sur-buchy). 

Époque  incertaine.  —  On  m'a  signalé  sur  le  territoire  de  cette  ancienne  paroisse  un 
terrassement  circulaire  imitant  le  Château-du-Bely  qui  est  rue  Sainte-Croix.  On  l'appelle, 
à  cause  de  cela ,  le  Petit-Bel. 

HÉRONCHELLES. 

r 

Epoque  franque.  —  Sur  le  bord  du  chemin  de  grande  communication  n®  46,  de  Buchy 
à  Vascœuil,  on  a  trouvé,  en  1864,  im  ancien  cimetière  sur  la  propriété  de  M.  Bridou.  Au 
milieu  des  sept  têtes  qui  y  ont  été  comptées ,  on  a  recueilli  une  fibule  franque  en  cuivre 
imitant  une  double  croix;  elle  est  chez  M.  de  Saulcy,  à  Paris. 


CANTON    DE    DARNETAL. 


DARNÉTAL. 

Époque  gauloise.  —  Peut-être  pourrons-nous  revendiquer  pour  l'époque  gauloise  le 
lieu  dit  la  Table-de-Pierre ,  que  l'on  montre  au-dessus  de  la  côte  de  Saint-Jacques, 
M.  Lesguillez ,  qui  nous  fait  connaître  ce  détail ,  dit  que  cette  table  servit  longtemps  à 
l'époque  féodale  pour  y  tenir  plaid ,  hommages  et  justice. 


—  207  — 

Epoque  robiaine.  —  La  voie  antique  qui  conduisait  de  Rouen  à  Paris  traversait  une 
partie  du  territoire  de  Damétal,  avant  de  gravir  la  côte  du  Mont-Main.  —  Sur  le  bord  de 
cette  voie,  un  cultivateur  nommé  Dauphin  a  trouvé,  en  juillet  1865,  im  cercueil  de  plomb 
long  de  1  mètre  80  et  contenant  un  squelette  humain  bien  conservé.  Je  suis  porté  à  penser 
que  ce  sarcophage  placé  à  2  mètres  50  du  sol  était  romain  du  Bas-Empire. 

Epoque  franque.  —  La  paroisse  de  Long-Paon  existait  sous  les  rois  carlovingiens ,  car 
nous  voyons  Charles-le-Chauve  donner  ou  confirmer  à  l'église  de  Rouen  «  Longum 
Pedanum.  »  Au  temps  de  Rollon,  on  rappelle  «  Longa  Petentis  villa.  » 

Période  norbiande.  —  Dès  le  commencement  de  la  période  normande,  cette  église  de 
Long-Paon  fut  le  théâtre  d'un  événement  religieux  qui  fit  grand  bruit.  Le  l^r  février  948, 
lorsque  Ton  rapportait  solennellement  de  Condé-sur-Noireau  les  reliques  de  saint  Ouen, 
dans  Tabbaye  qu'il  avait  fondée  à  Rouen ,  elles  s'arrêtèrent  tout  à  coup  à  Long-Paon  (Lon- 
gum Penanum) ,  d'où  elles  ne  purent  être  enlevées  que  par  une  procession  solennelle 
venue  de  Rouen  et  présidée  par  l'archevêque  Francon  et  Rollon,  premier  duc  de 
Normandie. 

C'est  encore  à  l'époque  normande  que  nous  sommes  tenté  de  rapporter  la  butte  du 
Roule,  ainsi  que  la  cave  et  le  château  du  Roule,  restes  antiques  que  l'on  voit  sur  la  côte 
du  Roule  y  à  l'entrée  du  bois  de  ce  nom.  Le  peuple,  séduit  sans  doute  par  l'analogie  de 
l'appellation,  dit  que  ce  sont  les  ruines  d'un  château  bâti  par  Rollon. 

Du  reste,  le  règne  de  Rollon  fut  marqué  à  Damétal  par  un  de  ces  actes  de  haute  justice 
qui  ont  fait  son  renom  dans  l'histoire.  Dudon  de  Saint-Quentin  et  Guillaume  de  Jumiéges 
racontent  qu'un  paysan  de  Long-Paon  (Longa  Petentis  villa),  ayant  simulé,  avec  sa  femme, 
xm  vol  de  fers  de  charrue,  ils  furent  immédiatement  pendus  par  ordre  du  duc  qui  avait 
découvert  la  fraude.  C'est  par  erreur  que  Wace,  et  après  lui  Dumoulin  et  la  Chronique  de 
Martin  Lemégissier,  placent  ce  fait  à  Longueville,  près  Dieppe. 

BIBLIOGRAPHIE. 


Farin ,  «  Nonnandie  chrestienne ,  »  p.  596-98. 

A.  Le  Prévost,  «Ménié  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  » 
t.  XI,  p.  18. 

Robert  Wace,  «  le  Roman  de  Rou ,  »  p.  99-101  ;  Note 
de  M.  Le  Prévost. 

Dudon ,  ft  De  Mor.  et  Act.  normann.,  »  p.  85 ,  apud 
Duchesne. 


Guillaume  de  Jumiéges,  •  Histor.  normann.,  »  lib.  ii, 
c.  XX,  p.  232,  apud  Duchesne. 

Lesguillez,  a  Notice  historique,  topographique  et  sta- 
tistique sur  la  ville  de  Damétal ,  «  p.  11, 88, 91, 119-123, 
in-8%  Darnétal,  1835. 

De  Duranville ,  «  Darnétal  et  ses  monuments  reli- 
gieux, i  p.  7  et  8. 


LE  BOIS-GUILLAUME. 

Époque  romaine.  —  Dans  le  quartier  nouvellement  bâti  et  nommé  la  Californie  ^  on  a 
trouvé,  vers  1850,  des  monnaies  d'or  et  d'argent  à  l'effigie  des  Antonins. 

Tliaurin ,  a  Journal  de  Rouen,  »  du  12  décembre  1861. 


208  — 


PRÉAUX. 

Époque  romaine  (?)  —  A  Préaux  est  le  hameau  du  Bout-de^larVillCj  où  Ton  rencontre, 
en  labourant,  beaucoup  de  débris. 

Période  normande  (?)  —  Sur  Préaux  se  trouvent  encore  les  restes  imposants  d'un 
vieux  château. 

FONTAINE-SOUS-PRÉAUX. 
Époque  romaine.  —  En  1838,  on  trouva  à  Fontaine  une  monnaie  de  bronze  d*Auguste. 


SAINT-DENIS-LE-THIBOULT. 

Époque  romaine.  —  En  1835,  M.  Louis  Quesnel,  de  Rouen,  trouva,  dans  une  de  ses 
prairies  de  Saint-Denis ,  un  beau  dolium 
en  terre  cuite  placé  à  2  mètres  de  pro- 
fondeur. L'ouverture  de  ce  dolium  avait 
été  agrandie  carrément,  puis  bouchée 
avec  du  ciment.  Il  contenait  une  urne 
carrée  en  verre,  haute  de  32  centimètres, 
semblable  à  celles  de  Can ville,  d'Yébleron 
et  d'Elbeuf.  Cette  urne  renfermait  les  os 
brûlés  d'im  adulte;  un  de  ces  os  était 
transpercé  avec  un  clou.  Ce  fer,  resté 
adhérent,  semblait  indiquer  que  le 
défunt  avait  été  cloué  sur  un  bâtis 
avant  d'être  mis  sur  le  bûcher.  Le  do- 
lium et  Fume ,  déposés  au  Musée  dépar- 
temental, ont  été  deux  fois  reproduits 
par  la  gravure;  nous  les  reproduisons 
une  troisième. 

A  peu  de  distance  de  ce  dépôt,  les  ouvriers  ont  encore  rencontré  ime  autre  urne  en 
verre  qu'ils  ont  brisée.  Elle  était  semblable  à  la  première  ;  mais  rien  ne  la  protégeait.  Ces 
deux  découvertes  nous  paraissent  prouver  qu'il  y  avait  là  un  cimetière  antique.  Du  reste, 
la  tradition  s'en  est  conservée  dans  le  pays. 

Période  normande.  —  C'est  probablement  à  la  période  normande  qu'il  faut  attribuer 
le  tertre  et  les  restes  du  château  de  Saint-Denis-le-Thiboult,  que  l'on  aperçoit  sur  le  pen- 
chant de  la  colline  qui  fait  face  à  l'église. 


^.DiocwiiTt .  onsi. 


DOLIUM  EN  TERRE  CUITE  ET  URNE  DE  VERRE 
(SAINT-DBNIS-LE-THIEOULT,  1835). 


—  209  — 

Du  reste,  il  y  avait  à  Saint-Denis  deux  châteaux  ou  un  château  en  deux  portions.  Dans 
la  vallée  sont  de  grands  murs  qui  me  paraissent  du  xm^  siècle,  et  siu*  le  penchant  de  la 
colline  est  ime  motte  de  250  pieds  de  circonférence.  Au  milieu  est  im  puits  maçonné 
appelé  le  puits  de  la  Motte.  En  face,  de  l'autre  coté  de  la  rivière,  est  une  tour  en  ruine 
appelée  la  Houssaye. 

M.  Quesnel,  de  Rouen,  qui  possède  le  château  renouvelé  de  Saint-Denis,  y  a  trouvé, 
en  1830,  des  tombeaux  en  pierre  dans  son  jardin  potager. 

En  1843,  j*ai  vu  démolir  une  tour  circulaire  de  150  pieds  de  circonférence.  On 
l'appelait  les  Malesaises  ou  le  Vaudichon. 


Deville,  «  Notice  sur  quelques  Dolium  antiques,» 
p.  3,  in-8*  de  15  p.  et  pi.,  Rouen,  1842. 

Id.,  «  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie 
de  Rouen,  »  année  1842,  p.  335-36. 

Id.,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  i  t.  x ,  p.  675-78,  et  atlas,  pi.  iv. 


BIBLIOGRAPHIE. 

Deville,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  des 
Antiquités  de  Rouen ,  »  année  1845. 

«  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités  de 
la  Seine-Inférieure ,  »  p.  34. 

«  La  Normandie  souterraine,  »  V*  édit.,  p.  136; 
2«édit.,*p.  154-55. 


SAINT-JACQUES-SUR-DARNÉTAL. 

Période  normande.  —  Dans  une  charte  délivrée  vers  1060,  le  duc  Guillaume  appelle 
Saint-Jacques-sur-Damétal  :  •  Villam  Sancti  Jacobi...  in  territorio  Rotomagensi.  » 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  t.  xi,  p.  21. 

* 

SAINT-MARTIN-DU-VIVIER. 

Période  normande.  —  C'est  sur  Saint-Martin-du-Vivier  que  se  trouve  la  source  de  la 
rivière  de  Robec,  appelée  «  fluviolum  Rodobechi  dans  une  charte  délivrée,  en  1030> 

par  Gosselin-le-Vicomte ,  pour  l'abbaye  de  la  Trinité  du  Mont-de-Rouen. 

•  ■  ,     ■ 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  19. 

ISNEAUVILLE. 

Époque  franque.  —  Vers  1835,  il  a  été  trouvé,  au  versant  de  la  colline  que  surmonte 
l'église  d'Isneauville ,  là  où  s'élève  la  nouvelle  école ,  des  tombeaux  en  pierre  avec  vases  et 
ossements*  D'après  un  vase  en  terre  cuile  entré  au  Musée  de  Rouen ,  M.  Deville  a  jugé 
que  ces  sépultures  appartenaient  aux  temps  barbares.  Suivant  les  documents  que  nous 
nous  sommes  procurés ,  il  y  avait  cinq  ou  six  cercueils  de  pierre  renfermant  des  vases,  des 
boucles  et  des  sabres  en  fer. 

M.  Lesguilliez,  de  Damétal,  a  bien  voulu  me  communiquer  le  fait  suivant ,  dont  il  a  été 
témoin,  et  qui  n'a  probablement  jamais  été  publié:  <c  En  août  4814,  âes  ouvriers  tiraient 

27 


—  210  — 

du  caillou  sur  le  penchant  d'une  colline ,  à  rentrée  d'un  bois  qui  dépend  du  hameau  de  la 
Muette  et  à  peu  de  distance  d'un  chemin  qui  conduit  vers  Houppeville.  Presqu'à  fleur  de 
terre,  ils  rencontrèrent  trois  cercueils  de  pierre,  placés  côte  à  côte.  Deux  d'enlre  eux 
fiirent  brisés ,  un  seul  resta  intact.  Leur  grandeur  était  différente.  Le  premier,  assez  petit, 
semblait  appartenir  à  un  enfant  de  douze  ans;  le  second,  de  taille  moyenne,  devait  être 
celui  d'une  femme;  le  troisième,  le  plus  grand  de  tous,  avait  appartenu  à  un  homme,  et 
même  à  un  guerrier.  On  a ,  en  effet ,  tiré  de  ce  cercueil  un  sabre  en  fer  très  oxydé  et  deux 
petits  vases  de  terre.  Ces  deux  vases,  de  la  capacité  d'un  quart  de  litre,  étaient  l'un  blanc 
et  l'autre  noir.  »  —  Les  cercueils ,  le  sabre  et  les  vases,  me  paraissent  indiquer  la  sépulture 
d'une  famille  franque. 

RY. 

Époque  franque.  —  On  ne  saurait  douter  de  l'existence  de  cette  localité  à  l'époque 
franque,  puisque  les  plus  anciens  documents  nous  la  montrent  comme  le  siège  de  l'un 
des  huit  doyennés  du  Grand-Archidiaconé  dont  Rouen  était  le  centre.  (Decanatus  de  Rivo.) 

LE  HÉRON. 

Epoque  incertaine.  —  En  1832,  M.  de  Stabenrath  signala  à  la  Commission  des  Anti- 
quités l'existence  d'une  butte  ou  motte  sur  la  commune  du  Héron. 

«  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités  de  la  Seine-Inférieure ,  »  p.  169. 


CANTON     DE     BOOS. 


BOOS. 

Époque  gauloise.  —  En  1863,  on  a  trouvé  dans  le  bois  deBoos  une  hachette  en  silex. 

Époque  incertaine.  —  M.  Bultel,  conseiller  d'arrondissement,  qui  connaît  parfaite- 
ment le  pays  qu'il  habite ,  m'a  assuré  que  dans  ce  même  bois  de  Boos  il  existe  les  restes 
d'un  ancien  château-fort.  La  motte  s'y  voit  encore  ainsi  que  l'ancien  puits.  Aux  alentours, 
un  chemin  a  conservé  le  nom  de  Chemin-dt^Puits. 


—  211  — 

FRANQUEVILLETTE  (  section  de  boos  ). 

Époque  incertaine.  —  M.  E.  Gaillard  assure  qu'à  Franquevillette,  près  Boos ,  il  existait 
des  fossés  limitant  la  forêt  du  Long-Boël.  Cette  assertion  est  basée  sur  une  information 
faite  par  le  Parlement  en  1633,  dans  laquelle  on  déclare  que  des  fossés  et  traces  de  fossés 
formaient  autrefois  la  clôture  des  Rouges-Carrières ,  qui  s'appelait  anciennement  forêt 
du  Long-Boël. 

GOUY. 

Époque  incertaine.  —  En  1826,  M.  F.  de  Saulcy,  aujourd'hui  sénateur,  membre  de 
llnstitut  et  président  de  la  Commission  topographique  des  Gaules ,  écrivait  ce  quit  suit  à 
la  Commission  des  Antiquités  :  t  Tout  près  du  petit  village  de  Gouy  se  trouve  un  coteau 
dont  le  sommet  offre  un  plateau  de  27  acres  environ.  De  plusieurs  tombelles  qu'on  y 
voyait  autrefois ,  une  seule  subsiste  aujourd'hui.  C'est  un  grand  carré  de  trente  pas  de 
diamètre  entouré  d'un  petit  fossé.  A  cent  trente-cinq  pas  de  ce  tertre,  on  voit  une  éléva- 
tion de  six  à  sept  pieds  de  haut  et  de  cinquante  pas  de  longueur,  également  défendue  par 
un  fossé.  Sur  toute  la  surface  du  plateau,  on  rencontre  çà  et  là  de  petites  buttes  longues 
de  six  pieds  et  hautes  de  deux  ou  trois.  La  tradition  du  pays  veut  qu'il  y  ait  eu  un  cam- 
pement en  cet  endroit.  » 

Époque  franque  (?).  —  Sur  le  plateau  du  PlessiSy  on  nous  a  dit  qu'il  avait  été  trouvé 
une  hache  et  un  angon  en  fer. 

M.  Deville  nous  a  parlé  d'une  enceinte  carrée  d'une  superficie  de  6,000  mètres. 

«  Procès-verb.  de  la  Comm.  dép.  des  Antiq.,  »  p.  94.     |     E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  7. 

YMARE. 

Epoque  incertaine.  —  Sur  les  limites  des  communes  d'Ymare  et  de  Pitres,  près  d'un 
carrefour  où  passent  plusieurs  chemins,  il  existe  une  table  de  pierre  posée  sur  deux  autres 
placées  à  champ.  On  assure  que  ceux  qui  passent  dessous  guérissent  de  la  fièvre  et  de  la 
morsure  des  chiens  enragés.  Cette  table  paraît  moderne ,  mais  elle  peut  en  remplacer  une 
plus  ancienne. 

QUÉVREVILLE-LA-POTERIE. 

.  Époque  franque.  —  Dans  les  mois  de  novembre  et  de  décembre  1 865 ,  les  ouvriers 
delà  voirie,  occupés  à  tracer  le  chemin  de  grande  communication  n^  43,  de  Grand-Cou- 
ronne à  Forges,  rencontrèrent  des  sépultures  anciennes  dans  un  taillis  nommé  la  Vente" 
de-Thémare.  Des  vases  accompagnaient  les  squelettes.  Quelques  firagments  de  cette  poterie 
nous  ayant  été  communiqués ,  nous  les  avons  jugés  de  la  période  franque. 


Les  travaux  de  la  route  ayant  continué  en  1864,  on  a  rencontré  ,  dans  la  seule  traverse 
du  chemin,  au  moins  vingt  corps,  dont  une  douzame  présentaient  aux  pieds  un  vase  de 
terre  noire,  dont  nous  reproduisons  ici  trois  spécimens  gravés  par  M.  Brévière. 

Le  19  mars  1864,  une  fouille  ayant  été  tentée  par  M.  de  Girancourt  et  par  moi ,  nous 
avons  trouvé  deux  corps  couchés  parallèlement  à  70  centimètres,  et  orientés  est  et  ouest. 
L'un  d'eux  ne  possédait  rien  ;  mais  l'autre ,  qui  était  jeune ,  nous  a  donné  un  vase  noir, 
placé  aux  pieds ,  et  deux  fibules  de 
bronze ,  de  forme  ansée,  posées  sur 
la  poitrine.  Avec  ces  fibules  se  trou- 
vait une  chaînette  de  bronze,  longue 
d'environ  12  centimètres ,  et  que 
nous  reproduisons  ici.  Déjà,  à  Lon- 
dinières  et  à  Envermeu ,  nous  avions 
trouvé  des  cbaiuettes  ;  mais  leur 
place  ne  nous  est  apparue  nulle  pari 
plus  clairement  qu'à  Quévrevilie. 
L'endroit  où  nous  avons  rencontré 
cette  pièce  nous  engage  à  la  ratta- 
cher, dans  notre  dessin,  aux  deux 
fibules  elles-mêmes,  qu'elle  était 
probablement  destinée  à  relier.  L'at- 
tache en  fer,  comme  l'ardillon  lui- 
même  ,  aura  sans  doute  disparu. 

Dans  le  cimetière  bui^onde  de  Charnay,  M.  Baudot  a  recueilli  également  des  fibules 
ansées,  encore  liées  entre  elles  par  des  chîdoettes  de  cuivre.  (  Mémoires  sur  les  SéptU- 
lures  des  Barbares  de  l'époque  mérovingienne,  découvertes  en  Bourgogne,  dans  les  Mé- 
moires de  la  Commission  des  Antiquités  de  la  Côte-d'  Or,  t.  v,  p.  1 82-83,  pi.  xv,  fig.  1 , 2,  3.) 

La  forme  des  vases  et  des  fibules  nous  fait  croire  que  ces  sépultures  appartiennent  à  ta 
période  carlovingienne. 

Sur  la  colline  qui  fait  face  à  la  Vente-de-Thémare,  les  ouvriers  ont  rencontré  un  autre 
squelette  accompagné  d'un  grand  bronze  de  Posthume. 


SAINT-PIERRE  et  NOTRE-DAME-FRANQUEVILLE. 

Période  normande.  —  Nous  pensons  qu'à  la  période  normande  ces  deux  villages  ne 
formaient  qu'une  seule  localité,  dont  l'église  fut  donnée  par  le  duc  Robert  à  Notre-Dame 
de  Rouen.  Elle  est  désignée  alors  sous  le  nom  de  *  Villa  Francbaevillulœ  vocatae.  • 

A  Le  Prévost ,  ■  Hémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  t.  xi ,  p.  19. 


—  213  — 

BELBEUF. 

Époque  gauloise.  —  M.  Bultel ,  maire  de  La  Neuville ,  m'assure  qu'il  existe  à  Belbeuf 
une  pierre  druidique. 

LE  MESNIL-RAOUL. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  allant  de  Rouen  à  Radepont  passait  par  le 
Mesnil-Raoul.  —  Le  Musée  de  Rouen  a  recueilli  une  cuiller  romaine  en  bronze ,  trouvée 
au  Mesnil-Raoul  vers  i  835. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Anliq.,  »  p.  211. 

AMFREVILLE-LA-MI-VOIE. 

Époque  romaine.  —  Au  lieu  dit  le  Clos-Madame^  il  a  été  trouvé,  en  1806,  des  objets 
de  bronze  et  des  monnaies  romaines,  dont  plusieurs  étaient  en  or. 

Au  commencement  de  4862,  à  l'extrémité  de  l'avenue  de  M.  de  Neuvillette,  on  a  re- 
cueiUi ,  dans  un  trou  recouvert  d'une  pierre ,  un  lot  de  monnaies  antiques  pesant  2,500 
grammes.  Six  de  ces  pièces ,  achetées  par  M.  le  curé  du  lieu ,  ont  donné  les  noms  d'An- 
tonin-le-Pieux  et  des  deux  Faustine. 

Époque  franque.  —  Sur  le  territoire  de  la  Mi-Voie,  on  a  reconnu,  à  diverses  re- 
prises, des  sépultures  antiques  que  j'ai  tout  lieu  de  croire  franques.  On  en  cite  aux 
RùugeS'Fosses  et  aux  Mal-Franques  ;  mais  les  principales  ont  été  rencontrées  au  Mont- 
Haguet.  En  1846  et  en  4849,  on  a  trouvé  deux  ou  trois  cercueils  de  pierre  plus  étroits 
aux  pieds  qu'à  la  tête.  Us  contenaient  des  ossements  et  des  objets  de  fer.  On  cite  particu- 
lièrement un  sabre  et  une  épée.  D'autres  sépultures  sans  cercueil ,  mais  avec  vases  de 
terre  et  de  verre,  ont  été  extraites  des  flancs  du  Mont-Haguet. 

Époque  incertaine.  —  On  raconte  que  l'église  fut  d'abord  commencée  sur  le  Mont- 
Saint'Julien ,  mais  que  la  nuit  la  maçonnerie  se  trouvait  transportée  sur  le  Mont-Saint- 
Remify  où  elle  est  aujourd'hui. 

A.  Durand,  «  Journal  de  Rouen,  »  des  25  octobre  1859;  26  janvier,  22  février  et  20  octobre  1860;  17  juillet  1861; 
20  janvier  et  24  février  1862. 

MESNIL-ESNARD. 

Epoque  incertaine.  —  En  1828,  M.  le  hiaire  du  Mesnil-Esnard  annonçait  à  la  Com- 
mission des  Antiquités  qu'il  avait  trouvé ,  dans  son  jardin,  un  squelette ,  dont  aucun  objet 
ne  déterminait  la  date. 

On  m'a  montré  aussi  une  petite  statuette  de  bronze,  que  l'on  dit  provenir  du  Mesnil- 
Esnard. 

«  Procës*verbaux  de  la  Commission  départementale  des  Antiquités,  »  p.  119. 


214 


BLOSSEVILLE-BON-SECOURS. 

Époque  romaine.  —  Près  de  l'église  de  Blosseville-Bon-Secours,  on  a  trouvé,  en  1846, 
une  quantité  considérable  de  tuiles  à  rebords. 

Dans  le  faubourg  d'Eauplet,  il  a  été  recueilli,  en  1836,  une  monnaie  de  Dio- 
clétien. 

Époque  franque  (  ?  ).  —  Dans  la  direction  du  nord-ouest  de  l'église  de  Bon-Secours , 
on  voit ,  sur  le  bord  de  la  colline  qui  regarde  Rouen,  un  terrassement  considérable,  auquel 
le  peuple  donne  le  nom  de  Thuringe.  Ce  retranchement,  accompagné  d'un  fossé  profond, 
a  été  en  grande  partie  détruit  par  la  culture.  Ce  qui  subsiste  encore  est  le  reste  d'un 
camp ,  à  peu  près  entier  il  y  a  peu  d'années ,  et  qui  est  figuré  complet  sur  d'anciens  plans 
de  Rouen.  Comme  nous  l'avons  dit ,  ce  camp ,  ainsi  que  le  quartier  où  il  est  situé ,  porte 
le  nom  de  Thuringe.  Suivant  les  chroniques  fabuleuses  de  la  Normandie ,  le  château  de 
Thuringe  aurait  été  occupé,  dès  le  vm^  siècle,  par  le  terrible  Robert-le-Diable,  fils  du  duc 
Aubert. 

Période  normande.  —  Gosselin,  vicomte  d'Arqués  et  de  Rouen ,  parlant  du  terrain 
acheté  pour  asseoir  l'abbaye  de  la  Trinité  du  Mont,  depuis  Sainte-Catherine,  cite  un  Câte^ 
lier  :  «  Ipsam  partem  de  Castellario  quse  nostrae  emptioni  vicina  est.  » 


«  L'Histoire  et  Ghroniqve  de  Normandie,  »  par  Martin 
Le  Megissier,  folio  2,  verso,  édit.  de  1516  et  1588. 
«  Revue  de  Rouen,  »  année  1846. 1"  sem.,  p.  322-23. 


Fallue,  a  Mém.  de  la  Société  des  Antiq.  de  Norm.,  » 
t.  IX,  p.  185  et  201. 
A  Bosquet,  «  La  Norm.  rom.  et  merv.,  »  p.  1,  14,  44. 


LES  AUTHIEUX-PORT-SAINT.OUEN. 

Epoque  incertaine.  —  Au  hameau  de  Saint-Adrien ,  situé  au  bord  de  la  Seine  et  à 
rentrée  d*un  petit  vallon ,  des  terrassiers  ont  découvert  dans  le  flanc  de  la  colline  une 
longue  et  large  grotte  qui  ne  compte  pas  moins  de  2  à  300  mètres.  Les  parois  de  cette 
vaste  caverne  sont  noircies  sur  plusieurs  points. 

D'après  les  chiffres  qu'on  lit  sur  la  craie  des  murs,  elle  aurait  été  ouverte  en  1810  et 
en  1758. 


SAINT-AUBIN-CELLOVILLE. 

Epoque  incertaine.  —  En  1833,  M.  le  maire  de  Saint-Aubin-Celloville  signala  à  la 
Commission  des  Antiquités  les  restes  d'un  camp  existant  sur  sa  commune. 

Epoque  romaine. — Des  meules  à  broyer  en  poudingue  ont  été  trouvées  à  Saint-Aubin. 
L'une  d'elles  est  au  Musée  de  Rouen.  * 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités ,  »  p.  191. 


—  215  — 

SAINT-AUBIN-EPINAY. 

Époque  gauloise.  —  En  1862,  il  m'a  été  remis  une  hachette  en  silex  provenant  de 
Saint-Aubin-Epinay. 

Epoque  romaine  ou  franque.  —  Dans  une  terre  appelée  le  Champ-du-Coffre ,  on  a 
trouvé  des  cercueils  de  pierre  avec  des  vases. 

Je  tiens  de  M.  LesguiUiez ,  l'historien  de  Darnétal,  la  note  suivante,  qu'il  rédigea  en 
1832  :  «  Il  y  a  quelques  années,  on  trouva,  dans  les  bois  de  Saint-Aubin-la-Rivière ,  à  peu 
de  distance  du  chemin  qui  conduit  à  Saint-Jacques-sur-Darnétal,  des  tombeaux  semblables 
à  ceux  d'Isneauville.  »  Nous  engageons  le  lecteur  à  se  reporter  à  l'article  Isneauville. 

A  la  fin  de  1863 ,  des  ouvriers ,  établissant  le  chemin  de  grande  communication  n®  7, 
de  Darnétal  à  Sénarpont,  trouvèrent ,  à  la  côte  de  Saint-Aubin-la-Rivière,  des  sépultures 
que  je  crois  franques.  De  toute  leur  découverte ,  ils  n'ont  conservé  qu'un  scramasaxe  qui 
témoigne  suffisamment  de  sa  date  et  de  sa  provenance. 

LE  MONT-MAIN. 

Epoque  gauloise.  —  M.  André  Durand  m'assure  avoir  connu  autrefois,  dans  les  taillis 
du  Mont-Main,  une  table  de  pierre  qu'il  croit  druidique. 

Époque  romaine.  —  La  voie  antique  qui  allait  de  Rouen  à  Paris  passait  par  Darnétal 
et  gagnait  la  plaine  par  la  côte  du  Mont-Main. 

Époque  incertaine.  —  Dans  une  cour  sise  au  hameau  de  la  Haute-Motte ,  il  existe  la 
trace  d'un  ancien  château  dont  on  retrouve  parfois  les  murs.  On  reconnaît  aujourd'hui  la 
base  d'une  butte  entourée  de  fossés  formant  vivier. 

E.  Gaillard ,  «  Recherches  archéologiques ,  »  p.  4-5. 

LA  NEUVILLE-CHAMP-D'OISEL. 

« 

L'important  village  de  la  Neuville-Champ-d'Oisel ,  assis  sur  les  défrichements  de  la 
forêt  du  Long-Boël ,  se  compose  principalement  d'une  longue  rue  qui  fut  autrefois  une 
voie  antique  allant  de  Rouen  à  Paris  par  Radepont  et  les  Andelys.  La  surface  de  cette 
grande  commime  étudiée  par  son  maire,  M.  Bultel,nous  a  fourni  les  renseignements 
suivants  : 

Époque  gauloise.  —  En  4863,  M.  Gaillard,  adjoint  de  la  commune,  a  recueilli  une 
petite  hache  en  silex  au  lieu  dit  le  Brulin,  près  la  forêt.  En  1864,  ce  môme  propriétaire , 
I  faisant  travailler  près  de  sa  maison  sise  au  Glos-Chapitre ,  au  bord  d'une  ancienne  voie , 
a  trouvé  deux  hachettes  en  silex  très  bien  polies ,  l'une  entière  et  l'autre  cassée. 

Époque  ROMAmE.  —  La  présence  d'une  voie  romaine  est  populaire  à  la  Neuville.  Le 
hameau  de  la  Chaussée  est  là  pour  attester  son  passage  que  confirment  les  anciens  titres , 


L.. 


—  216  — 

sous  le  nom  de  chemin  du  Roy.  La  stratification  de  la  route  antique  composée  de  silex  et 
de  mâchefer  a  été  aperçue  au  Clos-Chapitre  et  à  80  centimètres  sous  le  sol,  lorsque  Fon 
construisait,  en  1830,  la  route  départementale  no  8,  de  Rouen  aux  Andelys.  Cette  voie 
venait  de  Rouen  par  Damétal  et  Franqueville. 

Des  tuiles  à  rebords  et  des  murailles  ont  été  reconnues  sur  plusieurs  points  et  dans  des 
défrichements  successifs.  On  m'en  a  cité  près  de  la  mare  dite  des  Corps^Saints,  aux  triées 
du  Parquet  et  du  Clos-Madame.  Ce  dernier  point  semble  plus  riche  que  les  autres.  Une 
tradition  assure  qu'il  était  fréquenté  par  les  fées.  Vers  1830,  on  y  trouva  une  tirelire  en 
silex  remplie  de  pièces  probablement  antiques. 

En  1864,  M.  Lanne,  défrichant  les  bois  du  Parquet^  a  rencontré  des  carrés  de  murs 
auprès  de  trois  anciennes  mares. 

A  différentes  reprises,  M.  Rultel  a  recueilli  des  monnaies  romaines  sur  le  territoire  de  la 
Neuville.  La  seule  qu'il  m'ait  remise  avait  été  recueillie,  en  1865,  dans  un  défrichement. 
C'était  un  moyen  bronze  de  Constantin  ou  de  ses  fils. 

Époque  FRANQUE.  —  En  1861,  des  ouvriers,  défrichant  un  terrain  appartenant  à 
M.  Avenel ,  de  Rouen ,  trouvèrent  des  vases  francs  provenant  d'inhumations  de  la  période 
mérovingienne.  Rien  des  poteries  furent  brisées,  le  reste  fut  emporté  par  les  visiteurs.  Un 
de  ces  vases  se  voit  aujourd'hui  à  Rouen ,  chez  M.  Leclerc. 


CANTON     D'ELBEUF. 


ELREUF. 

La  ville  d'Elbeuf ,  qui  fait  aujourd'hui  partie  du  même  département  et  du  même  dio- 
cèse, appartenait  autrefois  à  deux  pays  et  à  deux  évêchés  différents.  La  paroisse  de  Saint- 
Etienne  était  du  diocèse  de  Rouen  et  du  pays  des  Vélocasses  ;  la  paroisse  de  Saint-Jean , 
au  contraire,  relevait  de  l'évêché  d'Evreux  et  des  Aulerques-Eburoviques.  L'église  et  la 
paroisse  de  Saint-Jean  sont  une  création  ecclésiastique  du  moyen-âge.  Nous  pensons 
qu'aux  temps  antiques  son  territoire  fit  partie  de  la  ville  romaine  àHJggate,  à  laquelle  a 
succédé  le  Caudebec  des  Normands.  Saint-Jean  fut  donc  aux  temps  chrétiens  un  démem- 
brement de  Caudebec. 

Le  lecteur  comprendra  qu'en  pareil  cas  il  devient  malaisé  de  détacher  complètement 
Elbeuf  de  Caudebec.  Nous  le  ferons  pour  nous  conformer  à  la  géographie  et  à  la  topo- 
graphie modernes.  Mais  cette  distinction,  difficile  au  point  de  vue  archéologique,  entraî- 
nei^  nécessairement  un  peu  de  confusion  dans  les  termes  et  dans  l'indication  des  décou- 


217 


vertes.  Cependant,  autant  que  faire  se  pourra,  nous  rendrons  à  César  ce  qui  appartient  à 
César,  c'est-à-dire  que  nous  tâcherons  de  bien  préciser  l'état  des  lieux  et  des  monuments. 
Epoque  gauloise.  —  Notice  Musée  départemental  d'antiquités  possède  dans  ses  montres 
deux  médailles  gauloises  provenant  d'Elbeuf.  L'une  est  eu  or  et  a  été  achetée  en  1846; 
l'autre,  en  aident,  a  été  acquise  en J 843.  Cette  dernière  présente  d'un  côté  un  sangUer 
sous  un  Cheval,  et,  de  l'autre,  un  sanglier  sous  une  tête  d'homme. 
En  1 864,  j'ai  vu  chez  M.  Gosselin,  pharmacien,  une  hache  en  silex  recueillie  rue  de  V Hospice. 
Epoque  romaine.  —  Quelques  auteurs ,  n'ayant  égard  qu'aux  distances  des  Itinéraires , 
ont  essayé  de  placer  à  Elbeuf  la  station  romaine  d'Uggade  ou  U g  gâte,  qui  se  trouvait  à 
vm  milles  de  Rotomagus  (Rouen).  De  ce  nombre  est  le  Recueil  des  Historiens  des  Gaules, 
pubUé  au  siècle  dernier,  et,  de  nos  jours,  sont  MM.  Licquet  et  Emmanuel  Gaillard.  Mais 
ils  se  contentaient  de  poser  une  question,  que  nous  croyons  aujourd'hui  tranchée,  en 
faveur  de  Caudebec.  Du  reste,  la  civilisation  romaine  n'a  pas  été  sans  laisser  beaucoup  de 
traces  sur  le  territoire  d'Elbeuf,  surtout  dans  la  paroisse  Saint-Jean,  faubourg  d'une 
antique  station.  Ce  quartier  s'est  ressenti  du  centre  qu'il  avoisinait. 

D'abord ,  la  voie  romaine  qui  de  Rouen  conduisait  à  Paris ,  par  Mediolanum  (Evreux)  et 
Uggate  (Caudebec),  traversait  Elbeuf  avant  de  pénétrjer  dans  cette  dernière  ville.  D'autres 
routes  secondaires  devaient  également  en  sillonner  le  sol. 

On  comprend  dès  lors  qu'il  n'est  pas  surprenant  de  trouver  sur  leur  parcours  des  restes 
de  sépultures. 
C'est  ainsi  que  M.  Guilmeth  assure  qu'aux  abords  de  la  rue  Royale,  sur  la  propriété  d'un 

boulanger,  on  a  trouvé  une  belle  urne  carrée  en  verre,  toute 
rempUe  d'os  brûlés.  Non  loin  de  là  étaient  des  monnaies  ro- 
maines. Nous  savons  également  qu'en  1 838  et  en  1 839,  M.  Join- 
Lambert,  faisant  creuser  une  cave  dans  cette  même  rue  Royale, 
trouva  un  grand  nombre  d'objets  antiques  dont  il  n'est  guère 
resté  aujourd'hui  qu'un  col  de  dolium  avec  ses  deux  anses, 
et  une  belle  urne  carrée  en  verre  bleu ,  encore  remplie  d'os 
brûlés.  Cette  pièce,  haute  de  33  centimètres  et  large  de  15, 
est  munie  d'une  anse  rayée.  Au  moment  de  sa  découverte, 
elle  était  fermée  avec  une  tuile  à  rebords.  Aujourd'hui ,  elle 
est  devenue  la  propriété  de  M.  Jean  Rondeaux ,  qui  nous 
a  permis  de  la  reproduire.  Le  même  M.  Rondeaux  possède 
CRNB  DE  TBRRB  (ELBEUF,  1839).     q^^q^q  yj^^Q  mculc  à  broycr  en  poudingue  provenant  d'Elbeuû 

En  1 823,  trois  monnaies  de  Dioclétien  ayant  été  trouvées  à  Elbeuf,  le  maire  de  cette  ville  les 
envoyaàla  Commission  des  Antiquités.  Une  pièce  était  en  argent;  les  deux  autres, en  bronze. 

En  1864,  des  ouvriers,  creusant  un  puits,  rencontrèrent  un  bel  aureus  de  Nerva-Trajan, 
qu'ils  vendirent  à  M.  Aug.  Poussin. 

28 


—  èl8  — 

Époque  franque.  —  La  côte  occidentale  d'Elbeuf  porte  le  nom  de  Saint-Haut,  Saint- 
Hauct  ou  Saint-Auct.  Ce  nom  lui  vient  d'une  ancienne  chapelle  placée  jadis  sur  son 
sommet,  presque  à  l'endroit  où  Ton  voit  aujourd'hui  un  grand  calvaire  de  fonte.  Vers 
1820,  on  défonça  l'enceinte  dé  cette  chapelle,  à  présent  complètement  disparue,  et  l'on 
trouva  douze  cercueils  de  pierre,  contenant  tous  des  ossements  humains.  Quelques-uns  des 
squelettes  ont  donné  des  couteaux  de  15  à  20  centimètres,  un  sabre  long  de  46  centimètres 
et  large  de  4,  un  vase  de  terre  et  des  chaînettes  de  cuivre  de  plusieurs  dimensions. 

Lorsque  l'on  défricha  le  terrain  qui  entoure  la  chapelle,  on  rencontra  environ  cin- 
quante sarcophages  de  pierre  avec  des  squelettes,  des  vases,  des  boucles,  des  agrafes, 
des  sabres  et  autres  armes.  On  assure  que  dans  l'un  des  vases  on  a  recueilli  une  monnaie 
romaine  en  argent  et  un  bronze  d'Antonin-le-Pieux. 

Période  normande.  —  Au  temps  des  ducs  de  Normandie,  Elbeuf  commençait  à  prendre 
son  nom  moderne.  Aussi ,  dans  une  charte  de  l'abbaye  de  Saint-Taurin  d'Evreux ,  délivrée 
par  Richard  I«r  et  confirmée  par  Richard-Cœur-de-Lion ,  on  lit  :  «  In  Ebroïcensi  page 
ecclesias  de  Wellebou.  » 

BIBLIOGRAPHIE. 


A.  Le  Prévost, aMém.  de  laSoc.desAntiq.deNorm.yO 
t.  XI,  p.  29. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  départ,  des  Antiq. 
de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  4142, 69. 

Ballin,  «  Notice  sur  la  ville  d'Elbeuf,  »  p.  5,  in-S"  de 
22  p., Rouen,  1834. 

Id.,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1834,  p.  102-112, 140. 

a  La  Normandie  souterraine ,  »  !'•  édit.,  p.  137-38, 
343  44;2-édit.,p.  156  et  432. 


a  Sépultures  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  95-lOQ. 

Guilmeth,a  Hist.  de  la  ville  et  du  canton  d'Elbeuf,» 
in-8«de684  p.,  Rouen,  Berdalle,  1840. 

Petit,  «  Histoire  de  la  ville  d'Elbeuf,  de  Caudebec, 
d'Orival,  de  Saint- Aubin  et  des  autres  communes  du 
canton,  »  in-S*  de  288  p.  avec  carte  et  gravures, 
Elbeuf,  Levasseur,  1858. 

Parfait  Maille,  «  Recherches  sur  Elbeuf,  »  3  vol. 
in-18,  Elbeuf,  Levasseur,  1859-63. 


CAUDEBEC-LÈS-ELBEUF- 

Nous  touchons  ici  à  une  ville  ou  plutôt  à  une  station  romaine  qui  a  les  honneurs  d'une 
mention  antique,  et  dont  le  nom  figure  dans  l'Itinéraire  d'Antonin.  Cette  ville ,  c'est 
Uggade,  que  de  meilleures  versions  écrivent  Uggate^eiqmyphcée  sur  la  route  de  Rouen  à 
Paris ,  par  Evreux ,  se  trouvait  située  à  vm  milles  de  Rotomagus  et  à  xrv  milles  de  Medio- 
lanum.  On  a  longtemps  discuté  sur  l'emplacement  d'Uggate.  Jusqu'à  ces  dernières  années, 
on  le  mettait  généralement  au  Pont-de-l'Arche.  Dans  une  dissertation  spéciale  que  nous 
avons  écrite  sur  ce  sujet  en  1856,  nous  avons  cru  devoir,  après  discussion  approfondie 
des  diverses  opinions,  placer  Uggate  à  Caudebec-lès-Elbeuf ,  et  nous  l'y  maintenons  encore 
aujourd'hui,  après  une  nouvelle  expérience  de  dix  années. 

'  Le  motif  principal  sur  lequel  s'appuie  notre  opinion*  ce  sont  les  découvertes  de  toute 
sorte  faites  sur  le  territoire  de  Caudebec  et  qui  se  continuent  encore  chaque  jour.  Nous 
les  avons  développées  en  détail  dans  nos  Sépultures  gauloises ,  romaines,  franques  et  nor- 
mandes. Nous  allons  les  exposer  sommairement  ici. 

Époque  gauloise. — Le  sol  de  Caudebec  a  donné ,  à  diverses  reprises,  des  monuments 


—  319  — 

gaulois  mêlés  aux  débris  romains.  En  1846,  ce  fut  une  monnaie  gauloise  en  or  qu'acheta 
le  Musée  de  Rouen.  D'autres  monnaies  celtiques  en  bronze  ont  été  rencontrées  à  diverses 
époques.  M.  Lambert  en  cite  de  bronze  portant  le  nom  Lexoviatis ,  ce  qui  indique  la  cité 
^  Lexoviens.  Nous,  avons  également  connu  des  hachettes  en  silex ,  sorties  du  sol  de  Gau- 
4ebec,  et  nous  y  avons  vu  de  la  poterie  qui  a  tous  les  caractères  celtiques.  Enfin,  M.  Guil- 
meth  cite  des  hachettes  de  bronze. 

En  1863,  il  a  été  recueilli  une  monnaie  de  bronze  bien  connue  sous  le  nom  de  Ger^ 
manu  Indutillii ,  attribuée  à  Indociomar,  chef  des  Trévires.  Nous  parlerons  plus  loin  des 
poteries  gauloises. 

Époque  romaine.  —  Mais  ce  sont  les  restes  romains  que  l'on  trouve  à  chaque  pas  dans 
Caudebec.  c  Personne  n'ignore,  écrivait  en  1776  M.  Dupont,  d'Elbeuf,  qu'à  plus  de 
mille  toises  à  la  ronde,  autour  de  l'église  de  Caudebec,* on  ne  sauroit  labourer  ou  fouiller 
un  peu  avant  dans  la  terre  sans  y  rencontrer  des  fondements  de  maisons  ou  de  bâti- 
ments. >  Cette  assertion  du  xviii*  siècle  est  constamment  vérifiée  par  le  xix®.  Chacun  sait 
avec  quelle  prodigieuse  activité  on  construit  dans  la  ruche  elbeuvienne.  Le  seul  boui^ 
de  Caudebec  voit  s'élever  de  quatre-vingts  à  cent  maisons  chaque  année.  Eh  bien ,  dans 
toutes  ces  constructions,  on  ne  cesse  de  rencontrer  des  murs,  des  puits,  des  monnaies, 
des  tuiles,  des  poteries,  des  meules,  des  ossements,' du  charbon,  de  la  terre  noire,  en 
un  mot  tout  le  limon  de  l'humanité.  Les  quartiers  de  Caudebec  où  les  découvertes  anti- 
ques abondent  sont  d'abord  les  environs  de  l'église,  puis  la  Vignette^  la  Mare-aux-Bœufs ^ 
le  Bout-dU'Gard  et  le  Bout'de4a^VUle.  Cela  forme  une  étendue  de  plus  de  1,000  mètres 
d'un  côté  et  de  l'autre  de  l'EgUse.  Depuis  tantôt  cent  ans ,  les  trouvailles  n'ont  pas  cessé 
sur  c^te  terre  privilégiée.  Il  n'est  personne  ici  qui  ne  possède  une  vieille  monnaie  ou  un 
fragment  de  poterie.  Les  meules  à  broyer  y  sont  si  [communes ,  que  les  trameuses  s'en 
servent  pour  appuyer  leurs  toumettes. 

M.  Guihneth,  qui  a  passé  quelque  temps  à  Elbeuf  pour  y  écrire  l'histoire  de  cette  ville 
et  de  son  canton,  publiée  par  lui  en  1840',  s'est  livré  à  une  enquête  sur  les  découvertes 
journalières  de  Caudebec.  D  a  enregistré  dans  son  Uvre  la  trouvaille  d'épingles  à  cheveux 
et  de  flûtes  en  os;  de  styles,  de  spatules,  de  bagues  et  d'anneaux  en  bronze;  de  statuettes 
en  terre  cuite  de  Latone  et  de  Vénus  ;  d'un  Mercure ,  d'une  Minerve  et  d'un  Mars  en 
bronze  ;  de  vases  de  toutes  couleurs  et  de  toutes  formes ,  de  milliers  de  tuiles  et  de  pote- 
ries. Enfin ,  il  énumère  une  série  de  cent  soixante-dix-sept  monnaies  romaines  qui  ont 
pa&sé  sous  ses  yeux. 

Dans  les  archives  et  les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités,  M.  Deville  a  conservé 
le  souvenir  d'une  belle  découverte  faite  en  1844.  Elle  était  placée  dans  la  rue  Le  Riche,  à 
300  mètres  de  l'église.  Elle  consistait  en  un  beau  bassin  maçonné  et  chnenté ,  long  de 
6  mètres  60  et  large  de  5  mètres  90.  Au  midi  étaient  deux  puits  en  maçonnerie ,  et  au 
nord  un  seul.  Autour  de  là ,  rayonnaient  des  murs  dans  tous  les  sens.  Cette  fouille  révéla , 


outre  les  substnictions,  des  monnaies  du  Haut  et  du  Bas-Empire,  des  tuiles  et  deé  brïques, 
des  vases  en  terre  noire  et  en  terre  rouge  ;  plusieurs  présentaient  des  marques  de  potier. 

En i 846,  il  a  été  trouvé  à  Caudebec,  dans  un  vase  de  terre  de  couleur  ardoise,  un 
dépôt  de  huit  mille  cent  monnaies  de  billon  pesant  trente  grammes.  Six  mille  huit 
cents  étaient  de  Posthume  ;  le  reste  était  de  Gallien ,  de  Gordien  III,  des  Philippe,  de 
Trajan-Dèce  et  de  Claude-Ie-Gothique.  L'enfouissement  devait  [dater  du  m*  siècle.  La  va- 
leur vénale  du  dépôt  était  de  1,300  fr.  Une  Cornelia  Supera  a  été  achetée  500  fr.  pour  le 
Musée  de  Rouen. 

Mais  c'est  à  Louviers,  chez  M.  Lalun,  architecte, 
quesetrouveleMuséed't7iy(/ate. 
Pendant  quatre  années,de1840 
àl  844,  cet  amateur  n'a  cessé  de 
coUeclionnerune  foule  de  choses 
précieuses  qui,sans  iui,auraient 
été  perdues.  Nous  avons  remar- 
qué dans  cette  collection   six 
meules  à  broyer  en  poudingue, 
trois  hipposandales    en   fer ,  ,^^, 
soixante  morceaux  de  poterie , 
dont  plusieurs  sont  à  reliefs  (nous  en  donnons  un  fragment  marqué  à  l'Hercule  et  au 
nom  de  cinnami);  une  plaque  en  bronze  présentant  en  relief  uue^figure  de  femme,  que 
nous  reproduisons  ici,  et  un  beau  seau  de 
bronze  recueilli  au  fond  d'un  puits.  {Nous 
reproduisons  ici ,  au  quart  de  sa  grandeur  , 
cette  jolie  pièce,  haute  de  65  centimètres  et 
large  de  44  à  son  ouverture.  ) 

Mais  le  morceau  le  plus  important  du  ca- 
binet de  M.  Lalun,  c'est  un  fragment  d'ins- 
cription en  marbre 
trouvée  en  1840  et 

ITJ,     /7    y    qui  porte  le  nom 
\\\M     il  4  de  l'empereur  Ha- 
-tlVi^   Ji    drien.  — Une  au- 
tre inscription  sur 
pierreaété  recueil- 
lie par  M.  Concorde 
«AGH.B'ipwcBiPTio^iBOMAiNE  (flOus  la  dounous 

(CAODEHEC).  '    ,  _ 

CI,  mais  sanspou-       ■■*"  dohain  bn  ssoiiBit  (cacdeb*g,  isu). 


! 


—  22i  — 


voir  lui  trouver  aucun  sens).  M.  Concoixle  possède  également  des 
vases  et  autres  objets  antiques  provenant  de  Caudebec. 

En  dehore  de  ces  diverses  collections  et  du  Musée  de  Rouen,  qui 
a  donné  l'hospitalité  à  différents  débris  romains,  nous  devons  citer 
la  collection  de  M.  Gustave  Grandin ,  d'Elbeuf.  Indépendamment  des 
tuiles,  des  meules  et  des  vases  antiques ,  on  y  remarque  une  statuette 
de  bronze ,  que  M.  Grandin  dit  provenir  de  Caudebec.  Elle  représente 
une  esclave  nue ,  assise  à  terre  et  travaillant  des  tissus  de  toile 
"oMAiwB  ^CAUDEBM)!'' ou  dc  laiuc.  Ce  serait  assurément  le  plus  ancien  monument  de 

l'industrie  textile  de  ce  pays. 
Parmi  les  personnes  qui  ont  collectionné  des  débris  d'Uggate ,  nous  devons  citer 
M.  Gosselin,  pharmacien  à  Caudebec.  C'est  dans  la  Fosse-aux-Moules  qu'il  a  fait  ses 
meilleures  conquêtes.  Nous  citerons  dans  le  nombre  une  belle  terrine  en  terre  blanche 
portant  le  nom  de  pracilis  et  un  beau  vase  en  terre  brune  qui,  sur  sa  panse,  pré- 
sente au  pointillé  blanc  (glo)ria.  De  cette  Fosse-anoo-Moules ,  qui  fut  probablement  le 
dépôt  des  détritus  d'Uggate,  il  est  sorti  depuis  plusieurs  années  des  masses  d'osse- 
ments d'animaux,  d'huîtres  et  de  moules,  mélangés  à  des  morceaux  de  vases  sans 
nombre  et  de  toute  couleur,  à  des  restes  de  fer  et  de  bronze,  à  des  tuiles  et  à  mille 
débris  de  tout  genre. 

Le  Musée  d'Elbeuf  y  a  recueilli  deux  objets  curieux,  une  lampe  en  terre  cuite  et 
un  camée  ou  pierre  rouge  antique  sur  laquelle  est  gravé  un  Mercure. 

De  nombreuses  marques  de  potiers  ont  été  [lues  sur  les  fragments  céramiques  sortis  du 
sol  de  Caudebec.  Nous  citerons  les  suivantes  :  assvta.  —  cinnami  —  logirni.  —  daminim. 

—  LVGETOF.  —  OF  M...  WOI...  —  SV..!  —  IVIIN.  —  CRACISAF.  —  OF  NATVG...  —  DOCCIVS.  — 
...BVS.  FE.  —  VOTOF.  —  ALBVS.  —  PRVOCI.  —  GOIFVI.  -^  ÇASSIGNETI.  —  ...VLICCI.  M.  — 

DVRiv  OU  BVRiv.  —  Enfin,  sur  des  anses  d'amphores,  on  a  lu  :  ...lu  —  mel...  —  q'  imf. 

Dans  ses  notes ,  M.  Deville  m'a  signalé  l'existence  de  grandes  pierres  aperçues  rue  de 
l'Église,  en  1845,  un  vase  de  bronze  très  élégant,  recueilli  la  même  année,  et  des 
monnaies  en  argent  de  Marc-Aurèle ,  de  Gallien  et  de  Constantin-le-Grand. 

Mais  la  plus  importante  découverte  de  Caudebec  est  bien  celle  qui  a  eu  lieu  dans  la 
rue  Revel ,  lors  de  la  construction  d'une  maison  particulière.  En  mai  i  864 ,  M.  Berrier, 
creusant  les  fondations  de  sa  cave ,  rencontra  un  édifice  antique ,  que  M.  le  maire 
de  Caudebec  me  pria  de  venir  explorer.  Pendant  quatre  jours ,  je  fouillai  ce  monu- 
ment souterrain,  qui  me  parut  un  édicule  sacré,  une  cella  ou  un  laraire  public  ou 
privé. 

L'édifice ,  construit  en  moellon  de  petit  appareil  chaîné  de  briques  sur  un  côté  seule- 
ment, présente  une  salle  carrée  de  5  mètres  25  de  long  sur  4  mètres  50  de  large.  Les  murs, 
dans  beaucoup  d'endroits ,  ont  encore  2  mètres  et  2  mètres  50  de  hauteur.  Le  fond  de  la 


salle  est  à  3  mètres  50  au-dessous  du  sol ,  qui  s'est  peu  relevé ,  d'où  nous  devons  conclure 
que  l'appartement  a  été  construit  à  moitié 
enseveli.    (Nous  donnons  ici   le    plan   de 
l'édifice). 

On  y  pénétrait  de  deux  manières  :  à  l'angle 
du  sud-est,  par  un  escalier  dont  il  reste 
quelques  marches;  à  l'angle  du  nord-ouest, 
par  un  couloir  ou  souterrain  voûté,  large 
de  i  mètre  20  et  profond  de  i  mètre  55.  Là, 
le  passage  formait  un  angle  pour  se  diriger 
vers  le  nord ,  où  sa  trace  disparaît. 

A  l'entrée  de  ce  couloir  se  trouvait  une 
porte  large  de  95  centimètres,  entièrement  [ 

garnie  de  fer.  Nous  avons  retrouvé ,  au  pied 
du  passage,  un  gond,  une  serrure,  un  verrou, 
une  poignée,  une  clé  et  une  garniture  de  lames 
de  fer,  soigneusement  décorée,  comme  la 
ferronnerie  d'Épinay,  que  l'on  voit  au  Musée 
de  Neufchâtel  et  que  nous  reproduisons  dans 
cet  ouvrage. 

Ce  que  l'on  voyait  de  plus  remarquable  dans  cet  édifice>  c'étaient  onze  niches  hautes  de 
72  centimètres ,  laides  et  profondes  de  54.  Il  y  en  avait  trois  à  l'ouest,  quatre  au  nord  et 
quatre  à  l'est.  Nous  croyons  que  ces  niches  ont  contenu  des  statues  de  pierre:  nous  avons 
encore  retrouvé  le  fragment  de  l'une  d'elles  dans  les  déblais.  Dans  celte  jolie  salle,  nous 
avons  reconnu  en  place  quatre  bases  de  colonnes  ou  pilastres  carrés ,  dont  deux  étaient 
placées  contre  le  mur  et  deux  au  milieu.  Nous  croyons  ces  pierres  des  colonnes,  à  moins 
que  ce  ne  soient  des  supports  d'autels  disparus. 

Le  pavage  subsistait  encore  en  partie  seulement.  Il  se  composait  d'un  blocage  de  moellon 
de  25  à  30  centimètres  d'épaisseur.  Il  est  probable  qu'il  avait  reçu  un  pavé  plus  soigné 
qui  aura  disparu. 

Ce  bel  appartement  avait  été  recouvert  de  peintures  dont  nous  avons  retrouvé  les  mor- 
ceaux. La  décoration  se  composait  d'un  fond  rouge  sur  lequel  régnaient  des  bandes 
blanches,  vertes  et  bleues.  Ces  peintures  étaient  appliquées  sur  des  mortiers  de 
bauge. 

Le  toit  de  l'édifice  se  composait  de  tuiles  à  rebords  et  de  tuiles  fdtières ,  qui  remplis- 
saient l'intérieur.  Un  feu  violent  avait  tout  dévoré  :  sur  le  pavage  de  la  salle  régnait  une 
couche  de  cendres  et  à^  charbons. 

Dans  la  masse  des  déblais  qui  sont  sortis  de  ce  monument,  j'ai  reconnu  une  hache  et . 


—  223  — 

des  clous  en  fer,  un  peson  en  terre  cuite,  des  meules  à  broyer,  des  fragments  de  verre, 
des  vases  en  terre  noire  et  en  terre  rouge  {un  de  ces  derniers  a  donné  la  marque  :  dp 
MASCIT...),  et  quatre  bronzes,  dont  va  grand  et  trois  petits,  sur  lesquels  on  Ut  les  noms 
d'Antonin-le-Pieux  et  de  Gordien  111.  (Nous  donnons  ici  les  dessins  de  plusieurs  objets 
sortis  des  fouilles  de  la  rue  Revel.  ) 


PlAGUsnT  d'une  ■TATUmTTB  de  piehre. 


POI014ÉÏ    ET   TROU   DK  SERKCHE   I 


:lË  ,    HACHE     IT     COUPLET    EN    FER 
(ÉDincr  BOMAin  DE  GAUDIBBC). 


Je  termine  eo  disant  que  ce  bel  édifice ,  d'un  caractère  particulier,  me  semble  devoir 
être  un  de  ces  édicules  sacrés,  pareils  à  ceux  que  M.  Grignon  a  déterrés  dans  la  station 


—  224  — 

romaine  qu'il  a  exhumée,  par  ordre  du  roi,  de  1772  à  1774.  (Bulletin  des  fouilles  faites, 
par  ordre  du  Roi,  d'une  ville  romaine,  sur  la  petite  montagne  du  Châtelet,  entre  Saint- 
Dizier  et  Joinville,  en  Champagne,  découverte  en  1772,  p.  v  et  vi,  et  Secofid  Bulletin,  etc., 
p.  CI  et  cii,  in-8«,  1774  et  1775). 

Un  mois  à  peine  après  la  découverte  de  Tédifice  romain  de  la  rue  Revel ,  un  tisserand 
trouvait  à  quelques  mètres  de  là ,  dans  la  rue  Alfred ,  un  cimetière  gaulois  du  i^r  siècle 
de  Tère  chrétienne.  Sur  un  espace  de  4  à  5  mètres  en  tout  sens ,  il  a  rencontré  à 
60  centimètres  de  profondeur  une  douzaine  d'urnes  en  terre  grossière  et  en  forme  de  pot 
à  fl^ur.  C'était  le  type  et  la  terre  des  urnes  du  Vaudreuil,  des  Damps  et  de  Moulineaûx. 
Ces  urnes  contenaient  des  os  brûlés,  quelques-unes  ont  donné  des  miroirs  en  bronze 
étamé ,  des  fibules  en  bronze ,  une  fiole  en  terre  bleue ,  une  petite  hache  en  fer  et  des 
monnaies  romaines.  La  plupart  de  ces  vases  sont  entrés  dans  la  collection  archéologique 
d'Elbeuf  où  l'on  pourra  les  visiter.  Nous  avons  décrit  cette  découverte  dans  la  «  Revue  de 
la  Normandie,  »  t.  v,  p.  382-384. 

Outre  la  voie  antique  de  Rouen  à  Evreux,  qui  traversait  Uggate  et  dont  nous 
avons  traité  à  la  page  52  de  cet  ouvrage ,  on  accorde  encore  à  cette  station 
romaine  des  voies  secondaires  conduisant  à  Condate  (Condé-sur-Iton),  à  Breviodurum 
(Brionne  ou  Pont-Audemer) ,  à  Lotum  (Caudebec),  à  Arœgenus  (Vieux)  et  à  Ccesa- 
romagUrS  (Beauvais). 

Le  point  central,  où  les  antiques  chemins  ôl  Uggate  bifiirquaient ,  est  devenu  l'église  de 
Notre-Dame  de  Caudebec.  Les  grands  murs  que  l'on  trouve  dans  le  cimetière  et  autour 
de  l'église  de  Caudebec  nous  font  supposer  volontiers  que,  suivant  une  coutume  païenne, 
il  se  trouvait  là  un  temple  dédié  à  Jupiter  ou  à  Mercure,  le  dieu  des  chemins,  temple 
auquel  aurait  succédé  l'église  chrétienne.  Cette  succession  n'est  pas  sans  antécédents  dans 
les  Gaules,  comme  dans  tout  l'empire  romain. 

Tout  fait  supposer  qu* Uggate,  ravagée  une  première  fois  parles  Saxons  en  282,  aura 
été  entièrement  détruite  sous  Gratien ,  en  383.  La  première  raison  que  l'on  donne  de 
ceci ,  c'est  que  les  monnaies  de  cet  empereur  sont  les  dernières  que  l'on  ait  découvertes 
dans  ce  sol ,  si  éminemment  numismatique  ;  la  seconde ,  c'est  que  son  nom  ne  figure  plus 
sur  la  Table  de  Peutinger,  dressée  sous  le  règne  de  Théodose-le-Grand ,  vers  l'an  392  de 
notre  ère.  Ce  que  l'on  peut  affirmer,  c'est  qa' Uggate,  comme  toutes  les  villes  de  la  Gaule 
romaine,  périt  dans  les  flammes.  Les  cendres  et  les  charbons  trouvés  partout  sur  ses 
débris,  proclament  bien  haut  cette  vérité,  à  défaut  de  l'histoire. 

M.  Guilmeth,  que  nous  ne  citons  toujours  qu'avec  réserve,  prétend  que  les  der- 
niers habitants  d'Uggate  furent  évangélisés  une  première  fois,  vers  410,  par  saint 
Victrice  de  Rouen,  et  une  seconde  fois,  en  430,  par  saint  Taurin  d'Evreux.  Nous 
lui  laissons  la  responsabilité  de  cette  assertion  que  rien  ne  dément ,  mais  que  rien 
n'appuie. 


Époque  franque.  —  M.  Ballin  et  M.  Guilroelh  pensent  qu'après  la  conquête  des 
Fraocs,  le  territoire  occupé  par  Caudebec  et  par  Elbeuf  prit  le  nom  de  Brunent  ou  de 
Boulent.  Ils  assurent  qu'au  ix'  siècle  ce  nom  était  encore  porté  par  les  deux  localités 
industrielles ,  et  ils  leur  appliquent  la  défense  que  fit  aux  moines  un  concile  de  cette  époque 
de  se  vêtir  de  draps  de  Brunent ,  comme  trop  luxueux. 

Ce  qui  démontre  mieux  pow  nous  l'existence  et  même  l'importance  de  Caudebec  à 
l'époque  franque,  ce  sont  les  nombreux  tombeaux  de  pierre  et  de  plâtre  que  l'on  trouve 
depuis  cinquante  ans  autour  de  l'église.  A  différentes  reprises ,  on  a  découvert  et  extrait 
quelques-unes  de  ces  auges  de  pierre,  dont  plusieurs  se  voient  dans  la  cour  du  presby- 
tère. Toutes  les  personnes  du  quartier  déclarent  en  posséder  dans  leurs  cours  et  dans  leurs 
jardins. 

En  1832,  lorsque  M.  Santerre  fit  construire  la  maison  de  M.  Zouin,  médecin,  il 
trouva  cinq  cercueils  de  pierre  orientés  est  et  ouest,  et  contenant  encore  des  restes 
humains. 

En  septembre  1855,  un  conduit  pratiqué  pour  l'installation  du  gaz,  dans  la  rue  de 
VÉglise ,  a  fait  voir  sept  ou  huit  de  ces  sarcophages  qui  se  touchaient  presque  tous.  Ils 
n'étaient  guère  qu'à  60  centimètres  du  sol,  orientés  les  pieds  à  l'est  et  la  tête  à  l'ouest. 
Leur  longueur  totale  était  en  moyenne  de  2  mètres  15  centimètres;  leur  laideur,  de 
52  centimètres;  leur  profondeur,  de  27.  Généralement,  ils  étaient  en  deux  morceaux, 
coname  le  couvercle  lui-même,  qui  était  légèrement  tectiforme. 

Tous  ces  cercueils  avaient  été  réoccupés  au  moyen-âge.  Un  seul  pourtant  avait  échappé  ; 
aussi,  celui-là  a-t-il  fourni  quelques  objets  intéressants  et  déterminants  de  la  date  des  inhu- 
mations. Nous  reproduisons  ici  les  principales  pièces  qui  en  ont  été  tirées,  et  qui  se  com- 
posaient d'une  boucle  carrée  en  bronze,  d'un  anneau  du  même  métal  orné  de  quatorze 
grains  saillants  au  pourtour,  de  deux  peries  dont  une  en  verre  bleu  et  l'autre  en  pâte  de 
verre,  d'un  cure-oreilles  et  d'un  cure-dents  en  bronze ,  et  enfin  de  deux  fibules  rondes 
en  or  et  argent  décorées  de  verroteries  rouges  rehaussées  de  paillons.  Nous  donnons 
ici  une  de  ces  deux  broches,  parfaitement  pareilles  et  entièrement  identiques  à  celles  de 
Parfondeval 


LÈS-ELBElJF,    ISf 


AHKEAt-  £n  BHOnSI  DKMTBLÉ.       —        Gtimi-ORKILLBS  ET  CI'KE-D 


226  — 


La  terre  dans  laquelle  reposaient  ces  cercueils  est  noire  et  charbonnée ,  remplie  de  dé- 
bris romains ,  tels  que  tuiles  à  rebords ,  médailles  de  bronze  et  poteries  antiques.  Il  est 
évident  que  les  conquérants  ont  reposé  sur  les  restes  des  vaincus. 

Je  ne  doute  pas  non  plus  que  le  quartier  voisin  des  rues  Alfred  et  de  LouvierSy  au  point 
où  se  trouve  la  fabrique  de  M.  Pelletier-Samson ,  n'ait  été  la  grande  nécropole  d'Uggate, 
non-seulement  aux  temps  gaulois  et  romains,  mais  aussi  à  l'époque  franque.  Vers  i  820 , 
M.  Goujard  trouva,  entre  les  deux  rues,  dix  à  douze  cercueils  en  pierre  et  en  plâtre.  En 
1838,  M.  Pelletier  rencontra  dans  son  enclos  trois  cercueils  de  plâtre,  placés  côte  à  côte. 
En  1846,  en  construisant  la  fabrique,  on  aperçut  un  squelette  près  duquel  était  un  vase. 
Il  me  paraît  clair  qu'il  y  eut  des  inhumations  franques  dans  la  rue  de  bouviers.  Dans 
la  cour  du  sieur  Saint- Amand,  la  maison  est  assise  sur  des  morts.  En  1861 ,  on  m'a 
remis  trois  scramasaxes  trouvés  dans  des  fondations.  Ils  sont  aujourd'hui  au  Musée 
d'Elbeuf. 

Période  normande.  — Au  xe  siècle,  Richard  I^r,  rétablissant  l'abbaye  de  Saint-Taurin 
d'Evreux ,  lui  donna  les  églises  de  Caudebec ,  alors 
rangées  dans  l'Evrecin.  «  Ecclesias  de  Caldebec  in 
Ebroïcensi  pago.  » 

Epoque  incertaine.  —  Le  9  mars  1861 ,  il  a  été 
trouvé  à  Saint-Pierre-lès-Elbeuf ,  territoire  nouvel- 
lement détaché  de  Caudebec,  une  marmite  en 
bronze  â  trois  pieds  et  deux  anses ,  dont  nous  re- 
produisons ici  le  dessin.  Jusqu'à  cette  heure ,  nous 
ne  pouvons  dater  ce  vase ,  pas  plus  que  ses  pareils 
rencontrés  à  Lillebonne ,  aux  Loges ,  à  Vatteville , 
à  Ancretteville ,  au  Val-de-la-Haye  et  à  Tourville- 
la-Chapelle. 

Il   existe  à  Saint-Pierre-lès-Elbeuf,  assez  près 
de  l'église  Saint-Louis ,  un  hameau  connu  sous  le 
nom  de  Bretèque.  Il  paraît  que  ce  nom ,  comme  celui  de  Deffends ,  indique  toujours 
une  fortification  au  moyen-âge  (1). 


MARUITE  EN  BRONZE  (SAIRT-PIERRE- 
LÉ8-ELREUF|  1861). 


(1)  A  Maillebois,  près  Chartres  (Eure-et-Loir),  est  le  hameau  de  la  Dreteschc,  —  Ducange  dit  à  propos  de  Bretu- 
chia  ,  Breteschiœ:  «  Castella  lignea  quihus  castra  et  oppida  muniebantur.  »  Annuaire  d'Eure-et-Loir  pour  1849, 
page  229. 


BIBU06SAPH1B. 


B'AnviUe,*  Notice  de  l'aocienna  Gaule,  >  p.  698-S9. 

DupoDt,  «  Notes  manuscrites  sur  Elbeuf,  •  1774-1782. 

■  Annales ,  >  de  U.  Genu,  curé  de  Caudebec,  de  17t0 
à  1715.  Hes. 

A.  Le  Prévost,  iMéoi.  de  la  Soc.  des  Antiq.de  Norin.,' 
t.  ïi,  p.  2». 

Lambert,  ■  Hém.  de  ta  Soc.  des  Antiq.  de  Nonn.,  <• 
t.  UT,  p.  517,  pi.  IV,  flg.  5. 

Guilmetb,  ■  Hist.  de  la  ville  et  du  canton  d'Elbeuf,  ■ 
in-a*  de  684  p.,  Rouen,  Berdalle,  1840. 

«  Revue  de  Rouen,  i-  année  1845,  l"  sem. ,  p.  321; 
année  1846,  2'  sem.,  p.  370-71.' 

DeviUe,  «Note aor  une  découverte  de  MÉdaiUaarom.,-. 
dans  le  *  Précis  anal,  de  l'Acad.  de  Rouen,  ■  année  1847, 
p.  360.C8. 

Id-,  •  Catalogue  duMusée  départemental, i>aunée  1845, 
p.  20-W. 

L'abbé  Cocbet,  *  La  Normandie  souterraine,  '  1"  édit., 
p.  137-38,  159;  2*  édit.,  p.  155-56,  181. 

«Sépultures  ga)il.,rom. ,n«iiq.  etnorm., >  p.95-121. 


*  Antiquités  romaines  et  Tombeaui  Trancs  trouvée  à 
Caudebec- lès-Elbeuf,  »  dans  le  ■  Précis  anal,  de  l'Acad. 
de  Rouen,  »  année  1856,  p.  269-395,  avec  pravures. 

I  Note  sur  des  Marmites  en  bronze  conservées  dans 
quelques  collect  arcbéol.,  ■  p.  1-7. 

<  Revue  de  l'Art  chrétien,  >  t.  vi,  p.  127-32. 

■  Note  sur  un  édifice  gallo-romain,  présumé  temple 
ou  laraire  découvert  et  exploré  &  Gaudebec-Iës-Blbeuf 
en  mai  1864 ,  *  dans  le  ■  -Bulletin  des  Travaux  de  la 
Société  Industrielle  d'Elbeuf,  >  année  1864,  p.  83-96, 
avec  gravures. 

■  Revue  de  la  Normandie,  >  t.  v,  p.  382-84. 
Miard,  •  Journal  d'Elbeuf,  ■  du  30  septembre  1855. 
Id.,  «  Notes  manuscrites  sur  Caudebec -lès-Blbeuf,  » 

1830-I8e0. 

Petit ,  <■  Histoire  de  la  ville  d'Elbeuf,  de  Caudebec , 
d'Orival,  de  Saint-Aubin  et  des  autres  communes  du 
canton,  <>  in-8-  de  288  p.,  ELbeuf,  Levssaeur,  1858. 

P.  Maille,  ■  Recherclies  sur  Elbeuf ,  »  3  vol.  in-I8, 
Blbeiif ,  1SSS.63. 


LA  LONDE. 
Epoque  romaine.  —  On  trouve  à  La  Londe  des  fragments  de  meules  à  broyer  en  pou- 
dingue. Le  Musée  de  Rouen  et  M.  l'abbé  Jacquemet,de  Limésy,  en  possèdent  des  échantillons. 
Période  normande. — L'église  de  La  Londe  renferme  une  abside  circulaire  du  xie  siècle. 

ORIVAL. 
Epoque  romaine.  —  Par  Orival  passait  la  voie  romaine  qui  allait  de  Rouen  à  Paris, 
par  Uggate  (  Caudebec-lès-Elbeuf ). 

Epoque  franque.  —  J'ai  appris  en  1861  qu'au  lieu  dit  le  Roule-Hedwin,  situé  entre 
Orival  et  Oissel,  on  a  trouvé  dans  la  craie  des  sépultures  sises  au  versant  de  la  colline  et 
au  bord  de  la  forêt  de  La  Londe.  Une  d'elles  a  donné  un  scramasaxe. 

En  septembre  1862,  le  sieur  Fontaine,  de  Tourville,  pratiqua  une  fouille  en  cet  en- 
droit. Il  trouva  quatorze  ou  quinze  squelettes  enfouis  dans  des  fosses  de  craie;  il  y  avait 
des  hommes,  des  femmes  et  des  enfants.  Sur 
le  nombre,  deux  fosses  seulement  ont  donné 
des  objets  de  Musée.  C'étaient,  outre  un  frag- 
ment de  vase  tranc  ,  un  sabre  en  fer,  long  de 
40  centimètres  et  possédant  encore  ses  rai- 
nures, puis  une  belle  agrafe  en  bronze  ciselé 
etétamé.  Cette  plaque  élégante,  décorée  d'un 
natté  magnifique,  est  devenue  la  propriété  de 
*  '  jj  ^jg  Girancourt,  qui  a  bien  voylu  nous  gra- 

AWAwu  iH  uo^^K  cHix£  («UTAL.  iseï).       liûer  du  dessin  que  nous  reproduisons  ici. 


—  228  — 


Période  normande.  —  C'est  sur  une  des  roches  d'Orival  qui  bastioiment  la  Seine  dans 
la  direction  d'Oissel ,  et  à  peu  près  en  face  de  Cléon ,  que  se  trouvait  le  fameux  château 
de  Roche-Orival ,  aujourd'hui  connu  sous  le  nom  de  château  Fouet. 

Cette  forteresse,  commencée  par  Richard  Cœur-de-Lion ,  l'ami  des  rochers  et  le  roma- 
nesque fondateur  du  Château-Gaillard^  fiit  perfectionnée  et  agrandie  par  Jean-Sans-Terre. 
Ce  duc-roi  y  vint  jusqu'à  vingt-quatre  fois  en  cinq  ans,  de  1199  à  1203.  Nous  connais- 
sons trois  ou  quatre  chartes  signées  par  lui  à  la  Roche-d'Orival.  Mais  la  dernière  année , 
quand  il  vit  qu'il  fallait  désespérer  de  la  Normandie ,  il  démolit  son  œuvre  pour  l'empê- 
cher de  tomber  entre  les  mains  du  vainqueur, 

La  place  et  les  racines  du  château  subsistent  encore.  C'est  un  vrai  nid  d'aigle  impre- 
nable et  inaccessible  de  tous  côtés,  sauf  par  une  langue  de  terre  vers  la  plaine.  De  ce  coté, 
un  fossé  et  une  coupure  profonde  existent  encore.  Ces  retranchements  étaient  destinés  à 
isoler  la  citadelle.  Les  épaisses  murailles  des  tours  et  du  donjon  se  reconnaissent  encore  à 
leur  appareil  de  pierre  du  xiie  siècle.  Ce  château  avait  de  l'importance  au  siècle  dernier. 
M.  Rondeaux  de  Sétry  nous  en  a  laissé  une  bonne  description.  Il  portait  déjà  le  nom  de 
château  Fouet.  En  1620,  un  marquis  de  La  Londe  voulut  en  relever  les  murs  ;  le  Parle- 
ment de  Rouen  s'y  opposa.  De  temps  à  autre ,  on  trouve  des  débris  au  château  Fouet. 
Vers  1846,  M.  Deville  acheta,  pour  le  Musée  de  Rouen ,  un  fragment  de  vase  en  bronze 
provenant  de  ces  ruines. 


»  Rotuli  Normanniœ  in  turri  Londinensi  asservati,» 
1. 1",  p.  45  à  60,  publiés  en  1835  par  M.  Duffus-Hardy. 

L*abbé  Cochet,  «  Notice  hist.  et  descript.  sur  l'église 
de  Moulineaux ,  »  in-S"  de  8  p.,  Rouen,  1845. 


L'abbé  Cochet,  «  Notice  sur  desSépultures  romaines  du 
IV'  et  du  V*  siècle,  trouvées  à  Tourville-la-Rivière,  »  p.  5. 
Id.,  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1845, 2*  sem., p.  161-69. 
Id.,  «  Revue  de  Normandie,  »  année  1863,  p.  245. 


TOURVILLE-LA-RIVIÈRE. 

Epoque  romaine.  —  Depuis  1842,  époque  du  percement  du  tunnel  de  Tourville-la- 
Rivière,  il  a  été  trouvé  dans  cette  localité  im  grand  nombre  d'antiquités  gallo-romaines. 
Elles  consistaient  en  vases  de  terre  et  de  verre  et  en  objets  de  métal ,  provenant  tous ,  à  ce 
qu'il  m'a  semblé,  de  sépultures  antiques.  On  m'a  signalé  surtout,  parmi  les  découvertes, 
un  ou  deux  cercueils  en  plomb ,  rencontrés  depuis  trois  ans,  et  des  dépôts  de  monnaies 
de  bronze ,  qui  m'ont  paru  remonter  au  iii«  et  au  iv^  siècle  de  l'ère  chrétienne. 

M.  de  Girancourt,  conseiller  général  du  canton  de  Blangy,  ayant  fait  l'acquisition  de  la 
plus  grande  et  de  la  plus  belle  partie  de  ces  objets,  obtint  aussi  du  propriétaire, 
M.  Grenet,  de  Rouen ,  la  permission  de  fouiller  le  terrain  d'où  provenaient  ces  antiquités. 
Avec  un  désintéressement  qu'on  ne  saurait  assez  louer,  M.  de  Girancourt  voulut  bien  as- 
socier le  département  aux  fouilles  qu'il  se  proposait  de  pratiquer  et  aux  découvertes  qu'il 
espérait  faire. 

M.  le  Préfet  de  la  Seine-Inférieure  ayant  bien  voulu  m'accorder  une  allocation ,  j'ai  pu 


—  229  — 

prendre  à  cette  exploration  une  part  active.  Malheureusement,  le  résultat  matériel  n'a  ré- 
pondu ni  à  nos  efforts ,  ni  à  nos  espérances,  ni  à  nos  sacrifices.  Néanmoins ,  nous  avons 
pu  obtenir  ce  résultat  scientifique  et  géographique  :  que  nous  avons  constaté  à  Tourville- 
la-Rivière  l'existence  d'un  cimetière  gallo-romain  de  la  transition ,  c'est-à-dire  du  iv«  et 
du  ve  siècle  de  notre  ère. 

Ce  cimetière  est  situé  au  versant  d'une  colline  qui  regarde  l'orient ,  entre  Tourville  et 
Sotteville-sous-le-Val ,  à  l'endroit  où  le  chemin  de  fer  de  Rouen  à  Paris  débouche  du 
tunnel ,  dans  la  direction  du  Pont-de-l' Arche.  Outre  les  travaux  de  la  voie  ferrée,  l'exploi- 
tation d'une  sablière  a  encore  contribué  à  montrer  l'étendue  de  ce  champ  de  sépul- 
tures. D  n'avait  pas  moins  de  200  mètres  de  long  sur  150  de  large.  C'est  dans  cet  espace 
qu'ont  porté  nos  sondages  et  nos  fouilles  pendant  les  mois  de  mai  et  de  juin  de  l'année 
1862. 

Les  sépultures  consistaient  surtout  ici  en  des  inhumations.  Cependant ,  nous  avons  ren- 
contré une  urne  remplie  des  os  brûlés  d'un  adulte.  Cette  urne ,  en  terre  grise ,  avait  la 
forme  d'irn  pot-au-feu.  C'était  \olla  rustique  des  Gallo-Romains ,  si  commune  dans  le  pays 
des  Vélocasses  et  des  Calètes.  Cette  incinération  avait  ceci  de  remarquable ,  qu'elle  était 
dans  les  terrains  supérieurs ,  et  qu'au-dessous  d'elle  nous  avons  trouvé  une  inhumation 
romaine. 

Ici,  les  inhumations  consistèrent  surtout  dans  des  cercueils  de  bois  d'une  grande  épais- 
seur :  les  planches  ne  devaient  pas  avoir  moins  de  10  à  12  centimètres,  si  j'en  juge 
par  les  clous  en  fer  destinés  à  les  relier  et  à  les  consolider.  Quelques-uns  de  ces  cercueils 
fermaient  à  l'aide  de  couplets  en  fer  dont  nous  avons  recueilli  plusieurs  spécimens.  Il 
s'est  également  rencontré  des  anneaux  en  fer  dont  la  destination  n'est  pas  facile  à 
déterminer. 

Outre  les  cercueils  de  bois,  j'ai  aussi  à  signaler  la  présence  de  deux  cercueils  en  plomb 
apparus  de  1860  à  1862.  L'un  d'eux  pesait  jusqu'à  cent  kilogrammes.  On  remarquait  à  la 
tête  du  couvercle  la  figure  d'une  croix  de  Saint-André ,  gravée  avec  un  instrument  aigu. 
Cette  figure  a  été  également  observée  à  Rouen,  en  1843 ,  sur  les  cercueils  de  Quatre- 
Mares ,  et ,  en  1 852 ,  sur  ceux  du  couvent  d'Ernemont.  A  Angers ,  où  de  pareilles  croix 
ont  été  reconnues  en  1849,  on  les  considère  comme  des  signes  chrétiens.  Je  n'oserais 
conclure  aussi  promptement. 

Les  corps  renfermés  dans  ces  cercueils  de  bois  ou  de  plomb  étaient  accompagnés ,  aux 
pieds,  à  la  tête  et  autour  du  corps,  de  vases  en  terre  et  en  verre ,  dont  la  majeure  partie 
reproduisait  des  lagènes  et  des  coupes  à  boire.  Les  coupes  de  verres  étaient  en  quantité 
incroyable  :  nous  n'en  avons  pas  compté  moins  de  cinquante  entières  ou  par  fragments  ; 
farès  peu  étaient  intactes ,  presque  aucime  ne  possédait  un  pied.  Toutes  étaient  saturées  au 
dedans  et  au  dehors  d'un  tartre  rougeâtre  semblable  à  du  sang  caillé  ou  à  de  la  lie  de  vin 
desséchée. 


—  230  — 

Les  vases  de  terre  se  composaient  de  bols,  de  pots  et  de  cruchons.  La  pâte  était 
blanche,  rouge,  noire  ou  grise. 

Une  coupe  de  verre  contenait  une  vingtaine  de  quinaires  en  bronze  de  Posthume  et  de 
Tétricus.  La  main  d'un  mort  tenait  encore  un  grand  et  un  moyen  bronze  de  Maximien. 
Les  phalanges  des  doigts  sont  fortement  verdies  par  l'oxyde.  J'ai  reconnu ,  parmi  les  mon- 
naies, des  Gallien ,  des  Claude-le-Gothique  et  des  Constantin-le-Jeune. 

On  nous  a  dit  qu'un  des  cercueils  de  plomb  contenait  une  mère  et  son  enfant ,  et  que 
l'enfant  était  accompagné  d'un  biberon  en  verre.  On  ajoute  que  près  de  ce  cercueil 
étaient  des  masses  de  quinaires  en  bronze  de  Posthume  et  de  Tétricus  (i),  et  que  ces 
pièces  se  trouvaient  enfermées  dans  des  boites  de  métal. 

Je  ne  terminerai  pas  la  description  de  ce  cimetière  sans  citer  un  curieux  bracelet  eo 
verre  noir,  d'une  seule  pièce,  que  j'ai  recueilli  moi-même  au  poignet  d'un  défunt,  ou 
probablement  d'une  défunte.  Ce  même  sujet  portait  au  doigt  un  anneau  de  bronze. 

Le  bracelet  de  verre,  surtout  lorsqu'il  est  entier,  est  chose  rare  et  curieuse;  mais  ce 
qui  ne  l'est  pas  moins  pour  moi ,  c'est  un  vase  en  fer  haut  de  13  centimètres  et  ayant  la 
forme  d'une  lagène.  C'est  bien  assurément  le  premier  de  cette  espèce  qui  me  tombe  sous 
les  yeux ,  et  je  suppose  volontiers  que  cet  objet  est  rare  pour  tout  le  monde. 

Grâce  à  la  bienveillance  de  M.  de  Girancourt,  je  peux  reproduire  ici  toute  la  série  des 
vases  romains  de  Tourville  que  ce  généreux  gentilhomme  a  sauvegardés.  J'y  ajouterai 
quelques-uns  de  ceux  que  j'ai  recueillis. 


t  tbhue  caiSE.  v*sb  romain  en  fbd. 

(l)|H.  H.  I^Dglois  raconte  que,  sur  uDaquelelta  romam  du  Bss-Ëmpire ,  irouvé  i  Rouen ,  en  1827  ou  en  18!8,  dans 
la  rue  du  Itenard,  qmrti&T  Saint-Gervais,  «plus  de  cinquante  petites  monnaies  de  suivre,  presque  toutes  à  l'effigie 
de  Tétricus  père  et  Ole ,  mais  Tort  singulières  par  leur  excessive  ténuité ,  se  trouvaient  parmi  les  ossernsnts  des 
m&cboires.  Biles  y  étaient  encore  ai  bien  disposées,  qu'il  était  impossible  de  douter  qu'on  en  eût  rempli  la  boacb* 
du  cadavre.  •  Quatre  de  ces  pièces,  reproduites  par  M.  Langlois,  prouvent  que  k;' étaient  des  quioairea,  (E.Lon- 
glois,  «Mém.  sur  des  Tombeaux  gatlo-romaina,»  p.  10,  pi.  2,  flg.  v.J  —  En  1825,  dans  la  rue  Sainl-André-hort- 
Ville  prés  la  r\ie  SairU-Maur,  H.  Journaux  trouva,  à  sept  ou  huit  pieds  sous  terre,  un  squelette  ayant  entre  les  tibias 
une  plie  de  vingt-sept  petites  pièces  de  cuivre  oxydées  et  agglomérées.  Aui  pieds  était  nn  vaw  de  verre  blanc  tril 
mince.  Ces  monnaies  étaient  presque  toutes  à  l'eiligie  de  Constantin -le- Jeune  et  à  la  marque  de  Comlanlint^lis. 
(De  laQuérière,  •  Notice  sur  diverses  antiquités  de  la  ville  de  Rouen,  ■  p.  5  et  G,  in>B*,  Rouen,  t8t&]. 


.  231  — 


:  ITOl'HVIM.K-T.A-RIVIÊIIB,  ISC?'. 


VANES  KOMAim  IN  TBHKR  (TOUITILLE-Lj 


«  TERHE  ROUfiB  (TOUnVILLG-t.A'UTliBE.   IMt). 


2â3  — 


VASU  BOMAINS  KN  TEMIK  (XOIinVILU-LA-BlTItHl,  IS61). 

30 


TBRRK   ItOIK. 


CODPLSTS  EN  FBR. 
l.TourttlMa-RiTJère.  —  H'I.  Raaen,Clo9-C>nipaIeT. 


ÉPOQUE  FRANQUE.  —  En  4  857 ,  à  la  côte  de  la  Callmette ,  située  au  Col-de-Tmrville , 
juste  en  face  du  cimetière  romain ,  un  cercueil  de  pierre  fut  brisé  en  labourant  Ce  cer- 
cueil, dont  j'ai  vu  les  morceaux,  ne  contenait  qu'un  squelette. 'Ce  sarcophage  m'a  paru 
appartenir  à  l'époque  franque. 


■  Revue  de  la  Normandie ,  a  année  1863 ,  p. 

■  Notice  sur  des  SépuUures  romaines  du  r 


V*  siècle,  trouvées  à  Tourville-la-Rivière, 
19  p.  et  3i  grav. 


ARRONDISSEMENT  DE    DIEPPE. 


CANTON    DE    DIEPPE. 


DIEPPE. 

Epoque  romaine.  —  Comme  ville ,  Dieppe  ne  date  guère  que  du  moyen-âge.  C'est  au 
xn*  siècle,  après  la  conquête  de  l'Angleterre  par  les  Normands,  que  son  port  prend  im 
grand  développement  commercial  et  maritime;  car  la  marine,  le  commerce  et  le  transit 
sont  la  véritable  raison  d'être  de  Dieppe.  Ce  passage  des  hommes  et  des  choses,  qui  com- 
mence à  Guillaume-le-Conquérant ,  prend  un  accroissement  considérable  sous  le  règne  de 
Henri  II  Plantagenet. 

Le  nom  de  Dieppe,  qui  lui  vient  de  sa  rivière  {Deppa,  deep,  profond),  apparaît  pour  la 
première  fois  au  x*  siècle ,  et  pour  la  seconde  au  xi*,  dans  la  charte  de  Gosselin,  vicomte 
d'Arqués  et  de  Rouen,  donnée,  en  1030,  pour  la  fondation  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du- 
Mont ,  depuis  Sainte-Catherine-lès-Rouen.  Les  chroniqueurs  dieppois  font  tous  remonter  la 
fondation  de  leur  ville  à  Charlemagne ,  qui ,  avec  l'existence ,  lui  aurait  donné  le  nom  de 
Bertheville,  en  l'honneur  de  sa  mère  ou  de  sa  fille.  Cependant  cette  assertion,  qui  ne  se 
fait  jour  pour  nous  qu'au  xvi*  ou  au  xvii*  siècle,  est  dénuée  de  preuves  et  de  monuments 
contemporains. 

Toutefois,  comme  séjour  de  l'homme,  comme  localité  bâtie  et  habitée,  Dieppe  revendique 
une  plus  haute  antiquité. 

La  période  gauloise  fait  à  peu  près  défaut  sur  Je  sol  ;  à  moins  que  Ton  ne  rattache  à  cette 
civilisation  une  pierre  dite  Pierre  du  bonheur  y  qui  paraît  avoir  existé  au  Pollet.  La  droite  et 
la  gauche  de  la  baie  sont  gardées  par  deux  monuments  celtiques,  le  Câtelier  de  Varenge- 
ville,  qui  passe  pour  être  le  tombeau  du  petit  doigt  de  Gargantua  ^  et  la  grande  enceinte  de 
la  Cité  de  LimeSy  des  ruines  de  laquelle  un  historien  du  moyen-âge  prétend  que  Dieppe  fut 
bâtie  :  €  Ex  ruinis  Lymarum  civitatis  condita  est  Deppa.  » 

Mais,  quittant  le  domaine  des  conjectures  pour  celui  des  monuments  positifs,  nous  pour 
vons  montrer  à  Dieppe,  de  chaque  côté  de  la  vallée ,  deux  points  romains  fort  intéressants. 

Le  premier  est  au  faubourg  de  la  Barre ,  station  de  l'ouest  de  la  vallée.  Le  pied  du  mont 


—  236  — 


VASES  ROMAINS  TBOUVÉS  A  DIBPPE  Bfl  f  760, 

D'après  un  dessin  do  temps. 


de  Caux  est  rempli  de  débris  antiques,  surtout  au 
point  encore  appelé  la  Cour  aux  Etuves  (1).  Dès  le 
siècle  dernier,  des  découvertes  de  piliers  et  d'hy- 
pocaustes  furent  faites  en  cet  endroit  et  ont  été 
consignées  dans  les  chroniques  locales  et  dans  le 
Mercure  de  France  de  1760.  Ce  dernier  recueil 
inséra  une  note  d'un  habitant  de  Dieppe ,  que  nous 
soupçonnons  fort  être  M.  Desmarquets ,  qui  devint 
plus  tard  Fhistorien  de  la  cité.  Un  dessin  accom- 
pagnait la  description.  Nous  sommes  heureux  de 
le  reproduire  d'après  le  Mercure  lui-même. 

Mais  c'est  en  1826  que  fut  découvert  et  exploré  le  cimetière  romain  de  la  cavée  de  Caude- 
Côte.  M.  Feret,  qui  fouilla  ce  champ  de  repos  pour  M^^  la  duchessfe  de  Berry,  a  reconnu  l'en- 
ceinte murée  et  a  recueilli  un  certain  nombre  d'urnes  et  de  vases  aux  offrandes  qui ,  après 
avoir  orné  longtemps  le  château  de  Rosny ,  sont  venus  prendre  place  dans  le  Musée  de 
Rouen  et  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe.  Les  monnaies  de  bronze  accompagnant  ces  cinquante 
vases  romains  de  Caude-Côte  étaient  un  Marc-Aurèle  et  deux  Faustines.  Toutes  trois  furent 
trouvées  au  fond  d'une  urne. 

Au  faubourg  de  la  Barre  aboutissaient  deux  voies  romaines  :  l'une  venant  de  Rouen 
(Rotomagus)  et  de  Radepont  (Ritumagus),  appelée  aussi  le  chemin  des  Fées^  ce  qui  lui  don- 
nerait presque  une  origine  gauloise;  l'autre,  venant  du  pays  de  Caux  qu'elle  traversait  dans 
presque  toute  sa  longueur,  passait  par  deux  de  ses  villes  principales,  Juliobona  (LiUebonne)  et 
Gravmwm(Grainville-la-Teinturière),  etse rendait  à  Gesoriacum(fio\x\ogae)pdLTAugusta(^\x). 

Cette  voie  traversait  la  vallée  de  Dieppe,  alors  remplie  par  les  eaux  de  trois  rivières  et 
de  la  mer,  au  moyen  d'un  gué  dont  le  nom  est  resté  longtemps  attaché  à  la  rue  d' Ecosse  ^ 
autrefois  la  rue  rue  des  Gués  ou  des  Wées  (Vicum  vadorum). 

De  l'autre  côté  de  la  vallée  la  voie  rencontrait  la  station  de  l'Est  ou  du  PoUet,  dont  les 
débris  sont  plus  parlants  que  ceux  du  Port-d'Ouest.  Malgré  les  érosions  de  la  mer  et  des 
eaux  terrestres,  il  reste  encore  le  long  de  la  Retenue  une  suite  d'habitations  romaines  qui 
n'a  guère  moins  d'un  kilomètre  de  longueur. 

La  trace  des  habitations  est  parfaitement  marquée  avec  des  murs,  des  tuiles  à  rebords, 
des  poteries  rouges ,  noires  et  grises ,  des  monnaies  de  bronze ,  et  surtout  des  débris 
d'huîtres,  de  moules,  de  pateUes  et  de  poissons  de  toute  espèce.  Depuis  1820  que  l'on 
observe  ce  dépôt  antique ,  on  n'a  cessé  d'y  recueillir  des  débris  de  toute  espèce  ;  j'y  ai 


(1)  Nous  croyons  qu'Etuves  peut  signifier  hypocamies  antiques.  —  A  Bruyères  (Aisne),  est  la  rue  des  Etuves, 
«  Bullet.  de  la  Soc.  Acad.  de  Laon  »,  t.  xi,  p.  28.  —  A  Boissons,  la  rue  des  Vieilles- Etuves  est  sur  une  chaussée  ro- 
maine toute  remplie  de  débris  antiques.  «  Bullet.  de  la  Soc.  arch.,  hist.  et  scient,  de  Soissons  v ,  t.  xv,  p.  145.^ 
A  Bourges ,  près  de  la  rue  des  VieUles- Etuves  sont  des  antiquités  romaines. 


—  S37  — 

reconnu  les  marques  des  potiers  pont...  et  rviN...,  et  j'ai  observé,  au  lieu  dit  la  Tour  de 
Jérusalem ,  une  couche  de  déblais  antiques  qui  n'a  pas  moins  de  6  mètres  de  profondeur. 
Cette  position  romaine  est  connue  des  archéologues  sous  le  nom  de  station  de  Bonne' 
Nouvelle.  Elle  était  longée,  dans  toute  son  étendue,  par  la  voie  qui ,  de  Dieppe,  se  rendait  à 
Casaromagus  (Beauvais)  par  Envermeu ,  Londinières,  Epinay-Sainte-Beuve  et  la  vallée  de 
ITEauhie. 

Le  cimetière  de  cette  station  ancienne  était  probablement  au  haut  de  la  colUne ,  sur  le 
territoire  actuel  de  la  commune  de  NeuviUe-le-Pollet.  Nous  l'avons  découvert  et  exploré  en 
i845;  mais  nous  devons  renvoyer  le  lecteur  à  l'article  relatif  à  cette  commune.  Sur  les 
côtes  qui  entourent  Dieppe,  on  a  trouvé  des  monnaies  d'argent  de  Domitien,  de  Posthume 
et  d'Etruscille. 

Epoque  franque.  —  Un  cimetière  franc  a  été  découvert  au  hameau  d'Epinay,  aujour- 
d'hui Saint-Pierre,  en  janvier  1847,  lors  de  la  confection  de  la  tranchée  du  chemin  de  fer 
qui  borde  le  chemin  d'Àrques.  Cinquante  squelettes  environ  ont  été  reconnus.  J'ai  constaté 
la  présence  d'un  cercueil  en  plâtre,  de  trois  sarcophages  en  pierre  de  Vergelé  et  de  cinq  ou 
six  vases  en  terre  noire  ayant  la  forme  de  l'époque  mérovingienne.  Ces  vases ,  qui  sont 
aujourd'hui  au  Musée  de  Rouen ,  ont  été  dessinés  dans  la  Revue  de  Rouen  et  dans  la  Nor- 
mandie souterraine.  Je  crois  ce  cimetière  plus  carlovingien  que  mérovingien.  Je  donne  ici 
le  dessin  de  deux  vases  et  d'un  des  cercueils  de  pierre. 


VASES  FRAKCB  DK  BAinT-PIBlBK-D'él'INAY  (uIRPPE),   ISt?. 


CBBCDKII.  DE  PIBMB  THOUTË  A  BISPPB  BR  1H7. 


Je  reproduis  également  deux  des  crânes  francs  d'Ëpinay,  aujourd'hui  déposés  au  Jardin 
des  Plantes,  dans  le  Musée  anthropologique  de  Paris  : 


GKANBS  FKftHCa  DB  SAINT-PUMB-D'ÉPINAT  (UBPPB). 

En  face  et  dans  la  prairie  est  une  butte  en  terre  de  forme  carrée  et  haute  de  5  à  6 
mètres.  On  l'appelle  la  Butte  des  Salines  ou  la  Butte  de  Saint-Pierre.  A  quelle  époque 
remonte-t-elle?  Nous  t'ignorons. 

Le  hameau  d'Epinay,  appelé  Spinetumen  1982,  possédait  des  sahoes  au  xive  siècle. 
On  les  appelait  les  Mares  d'Espinoy.  • 


BIBLIOGKIPHIB. 


■Uonuments antiques  trouvas i  CotecAte ,prâsDieppe,* 
dans  le  >  Mercure  deFrance,  ■  de  juillet  1760,p.  103-110. 

Pr.  Pasumot,  ■  Sur  la  découverte  des  urnes  ciné- 
raires de  Colec6t8,  •  dans  la  «  Uercure  de  Francs,  ■ 
de  février  1761,  p.  100-101. 

i  Notice  sur  Dieppe,  Arques  et  quelques  monuments 
circonvoisins,  ■■  par  P.-J.  Peret,  in-8*,  Paris,  1824, 

■  Souscription  pour  la  recberche  et  la  découverte  des 
antiquités  dans  l 'arrondissement  de  Dieppe,*  par  P.-J. 
Feret,  in-B-  de  18  pages,  Bouen,  1816. 

o  Société  archéolo^.  de  l'arrondissement  de  Dieppe,» 
par  P.-J.  Feret,  in-8'  de  32  pages,  Rouen,  1828, 

a  Histoire  de  Dieppe ,  ■  par  L.  Vitet,  1"  édit.,  3  vol. 
ln-8*,  1833;  2-  édit ,  1  vol.  intS,  Paris,  Gosselin,  1844. 

■  Promenades  autour  de  Dieppe  ,  •  un  vol.  in-I8 , 
Dieppe,  1838;  2*  édit.  eu  1839,  avec  6  pi. 


•  Notice  sur  les  fouilles  de  Neuville-le-Pollet,  en 
1845,  par  H.  I'al>bé  Cochet,  iii-8*  de  18  pages  avec 
planche,  Rouen,  1843.  . 

■  Sépultures  anciennes  trouvées  &  Saint-Pierre- 
d'Epinay,  en  1847,  ■  par  U.  l'abbé  Cochet,  in^^-  de  18 
pages  et  une  planche,  Rouen,  1847. 

•  La  Normandie  souterraine ,  ■  par  H.  l'ahbë  Cochet , 
1"  édition,  page  61-73,  3ia-330!  2*  édition,  page  71-75, 
403-416. 

>  Histoire  des  Bains  de  Dieppe,  ■  par  P.-J.  Feret, 
in-S°,  Dieppe,  1857. 

<i  Catalogue  de  la  Bibliothèque  de  Dieppe,  rédigé  en 
1857,  >  p.  341-348,  iu-8%  Dieppe,  1857. 

■  Guide  du  baigneur  dans  Dieppe  et  ses  environs ,  > 
par  H.  l'abbé  Cochet,  p.  73-105,  in-18,  Dieppe  1860. 


NEIMLLE-LE-POLLET. 

ÉPOQUE  ROMAINE.  —  Pfès  de  l'éghse  de  Neuville  (1),  dans  les  jardins  appartenant  à 
Mme  Levasseur  et  à  M.  Vincent  Duval,  maître  maçon,  j'ai  découvert,  en  1845,  un  cimetière 
goilo-romain  qui  a  été  exploré  de  nouveau  en  1846  et  en  1850.     - 

{l)  Des  villages  du  nom  de  Neuville  (Nova  villa)  se  trouvent  auprès  des  cités  antiques  de  Lyon  et  de  Troyea. 
Nous  croyons  que  dans  ces  deux  dernières  localités  se  voient  aussi  des  restée  romains.  M.  do  Caumonl ,  qui 
reproduit  les  bains  de  Neuville  ,  près  Troyes ,  est  disposé  a  attribuer  la  création  de  cette  localité  au  a*  siècle  de 
notre  ère.  ■  Bulletin  monumental,  ■  t.  xxxi.p.  12  et  13. 


—  239  — 

Ce  cimetière  à  incinération,  qui  n'avait  pas  moins  de  25  mètres  de  long  sur  10  de 
large,  devait  remonter  au  i^r  et  au  ii^  siècle  de  notre  ère.  Il  en  est  sorti  plus  de 
cinq  cents  vases  en  terre,  en  verre  ou  en  bronze.  Ces  vases  étaient  partagés  par  groupes 
de  sépultures  dont  quelques-unes  en  contenaient  jusqu'à  quinze  ou  vingt.  Le  nombre  de 
groupes  n'était  pas  inférieiu-  à  soixante. 

Outre  les  vases,  j'ai  recueilli  des  cuillères  en  argent  et  en  bronze,  des  bagues  en  cuivre, 
une  clochette ,  des  clés  et  des  ciseaux  en  fer,  et  enfin  des  monnaies  de  bronze  de  Marc- 
Aurèle,  de  Commode,  d'Antonin,  de  Faustine  et  d'Adrien. 

Sur  des  vases  rouges,  j'ai  lu  les  noms  des  potiers  verocandi,  tocca,  anticvi  et  ciisianie; 
sur  des  barillets  de  verre,  j'ai  reconnu  les  marques  des  verriers  F.  fro,  fron,  froni,  froti, 

FRNTINIANA,  S.  C.  et  DACCIVS  F. 

J'ai  donné  la  description  et  la  reproduction  des  objets  du  cimetière  de  Neuville  dans  la 
Revue  de  Rmen,  le  Bulletin  monumental,  les  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie  et  la  Normandie  souterraine.  Les  vases  et  autres  objets  qui  sont  sortis  de  ces 
fouilles  ont  été  déposés  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe  et  au  Musée  départemental  de  Rouen. 

De  1840  à  1850,  il  a  été  trouvé,  dans  la  plaine  qui  sépare  le  village  de  Neuville  du  hameau 
de  Puys,  qui  en  dépend,  un  vase  de  bronze  contenant  environ  trois  cents  monnaies 
romaines  en  billon  qui  appartenaient  presque  toutes  aux  Césars  du  me  siècle. 


BIBLIOGRAPHIE. 


«  Notice  sur  les  fouilles  de  Neuville-le-PoUet ,  en 
1845,  »  par  M.  1*abbé  Cochet,  In-S**  de  18  pages  avec 
plandie,  Rouen,  Péron,  1845. 

«  La  Normandie  souterraine,  >  par  M.  Tabbé  Cochet , 
!»•  édit,  p.  61-73  -,  2*  édit.,  p.  71-75,  et  pi.  ii  et  m. 

«Bulletin  monumental,  »  t.  xi,  p.  609-616  et  planche. 


«  Revue  de  Rouen,  »  année  1845, 2«  sem.,  p.  201-209  el 
planche,  et  p.  369.  —  Id.,  année  1850,  p.  107. 

c  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Nor- 
mandie, »  t.  xvm,  p.  126-133  et  planche. 

m  Guide  du  Baigneur  dans  Dieppe  et  ses  environs ,  » 
par  M.  l'abbé  Cochet,  p.  280-292,  édit.  de  1860. 


CANTON    D'OFFRANVILLE. 


OFFRANVILLE. 


Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  dit  qu'il  existe  à  Offranville  une  motte  ou  vigie.  — 
Description  géographique,  historique,  statistique  et  monum.  des  arrondiss. ,  t.  rv, 
p^  115. 


—  240  — 

HAUTOT-SUR-MER. 

Époque  franque. — ^  En  1843,  j'ai  vu  extraire  d'une  masure  appartenant  au  sieur 
Prunier,  de  Dieppe,  un  cercueil  en  pierre  du  pays,  que  Ton  doit  reportera  Tépoque 
franque,  soit  mérovingienne,  soit  carlovingienne.  Cette  sépulture  était  placée  en  dehors 
des  cours,  du  côté  de  la  mer.  —  On  m'a  signalé  près  de  l'église,  sur  la  propriété  d'un 
nommé  Leroux ,  un  terrain  rempli  de  débris ,  de  cercueils  et  de  sépultures.  Ce  fiit  un  ancien 
cimetière. 

Période  franque  ou  normande.  —  Dans  le  bois  de  Hautot ,  placé  entre  le  village  et  la 
vallée  de  la  Scie ,  on  voit  des  pans  de  murs  encore  élevés,  des  terrassements  considérables 
et  des  fossés  non  encore  comblés.  Ce  sont  les  restes  du  vieux  château  de  Hautot-sur-Mer, 
qui  eut  autrefois  autorité  sur  les  bouches  de  la  Scie  et  même  sur  une  portion  de  la  ville  de 
Dieppe.  Les  chroniqueurs  dieppois  disent  que  ce  château  fiit  élevé  par  Charlemagne.  Il 
tombe  en  ruine  depuis  des  siècles,  et  dès  1583  le  duc  de  Longueville,  son  propriétaire,  en 
abandonna  les  pierres  aux  Minimes  de  Dieppe. 

LE  PETIT-APPEVILLE  (section  de  hautot). 

Époque  romaine.  —  Au  Petit-Appeville  passe  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lillebonne 
à  Dieppe;  les  silex  se  reconnaissent  encore  dans  la  Cavée  des  Fontaines.  En  1841,  j'ai 
trouvé  sur  le  bord  de  cette  voie  une  meule  à  broyer  en  poudingue ,  aujourd'hui  à  la 
Bibliothèque  de  Dieppe. 

POURVILLE  (section  de  hautot). 

Époque  romaine.  —  Pourville,  Pouhierville  ou  Portville,  situé  au  bord  de  la  mer  et  à 
l'embouchure  de  la  Scie ,  tire  son  nom  de  l'ancien  port  du  rivage.  On  y  trouve  beaucoup  de 
tuiles  romaines  et  des  murailles  antiques,  surtout  dans  l'ancien  presbytère.  En  1846,  une 
chute  de  rocher  a  fait  voir  sous  la  falaise  du  nord,  à  la  hauteur  du  corps-de-garde,  quatre- 
vingts  médailles  d'or  des  Césars  du  iv®  et  du  v®  siècle.  Je  connais  un  Honorius  qui 
provient  de  cette  découverte.  En  1861 ,  nouvelle  découverte  de  dix-huit  monnaies  d'or  de 
Valentinien  ler,  de  FI.  Valens,  de  Théodose,  d'Arcadius  et  d'Honorius.  En  avril  1862,  j'ai 
fait  des  fouilles  à  Pourville,  soit  dans  l'enceinte  de  l'ancienne  église,  soit  au  bord  de  la  mer, 
au  lieu  dit  le  Jardin  des  Douaniers  ;  partout  j'ai  trouvé  à  1  mètre  de  profondeur  une 
couche  de  terre  noire  épaisse  de  60  centimètres  contenant  des  tuiles  à  rebords,  du 
charbon ,  des  poteries  et  des  médailles  romaines.  Il  s'y  est  rencontré  même  des  vases 
sainiens  à  relief. 

Époque  franque.  —  Sur  la  côte  de  l'ouest,  près  du  chemin  qui  conduit  à  Varengeville, 
est  un  champ  situé  sous  le  Pâtis  de  Saint-Thomas.  Un  éboulement  de  terrain  a  montré , 


—  241  — 

vers  1829,  cinq  ou  six  cercueils  en  pierre  de  Vergelé  contenant  des  squelettes,  dont  un 
possédait  une  épée.  Un  de  ces  cercueils  a  été  apporté  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe.  En 
1862,  j'ai  fouillé  ce  même  terrain  et  j'y  ai  trouvé  des  ossements  humains  et  une  sépulture 
possédant  encore  une  agrafe  de  ceinturon  en  fer  avec  plaque  et  contre-plaque.  C'était 
évidemment  un  cimetière  franc. 

VARENGEVILLE-SUR-MER. 

Epoque  gauloise.  —  Sur  la  falaise  la  plus  avancée  de  VarengeviUe  s'élève  une 
énorme  butte  en  terre,  dont  la  forme  un  peu  allongée  ressemble  assez  à  un  tertre  de 
nos  cimetières.  Le  peuple,  qui  symbolise  tout,  dit  que  c'est  la  tombe  du  petit  doigt  de 
Gargantua.  Le  nom  que  porte  ce  tertre  antique  est  celui  de  Câtelier^  nom  que  nous 
retrouvons  à  Veulettes,  près  Cany,  et  sur  plusieurs  points  de  la  Seine.  Comme  à  Veu- 
lettes ,  nous  croyons  que  le  Câtelier  de  VarengeviUe  n'est  que  le  débris  d'un  ancien  camp 
tombé  à  la  mer,  et ,  dans  les  restes  de  ce  fossé  si  élevé ,  nous  pensons  voir  la  trace  d'un 
rempart  en  terre. 

Epoque  romaine.  —  M.  Deville  me  signale  au  Musée  de  Rouen,  comme  provenant  de 
VarengeviUe,  une  meule  à  broyer  en  poudingue  et  une  pièce  d'argent  des  Antonins. 

Période  normande.  —  L'église  de  VarengeviUe ,  dédiée  à  saint  Valéry,  est  bâtie  au 
bord  de  la  falaise  et  à  l'extrémité  du  vUlage.  Une  tradition  prétend  que  c'est  le  saint  abbé 
de  Leuconaûs  qui  a  voulu  qu'elle  fût  placée  là.  Les  habitants  désiraient  la  voir  au  milieu  de 
la  paroisse  ;  mais  ce  que  l'on  construisait  le  jour  était  porté  la  nuit  sur  le  rivage  où  eUe 
est  aujourd'hui. 

La  tradition  du  pays  prétend  aussi  que  l'égUse  de  VarengeviUe  fut  autrefois  une  abbaye 
et  que  les  moines  demeuraient  autour  d'elle.  Le  fait  est  que  le  cimetière  est  rempli  de 
décombres  et  de  fondations  et  que  l'on  y  trouve  des  cercueUs  de  pierre. 

SAINTE-MARGUERITE-SUR-MER. 

Epoque  romaine.  —  Sainte-Marguerite-sur-Mer  ou  sur-Saâne ,  anciennement  appelée 
Caprimont  ou  Sainte-Marguerite-de-Caprimont ,  est  un  des  points  de  la  Seine-Infé- 
rieure ,  les  plus  riches  en  antiquités  romaines.  La  villa  est  connue  de  tout  le  monde 
savant. 

Aperçue  dès  182Ô  par  la  charrue  du  laboureur,  eUe  a  été  signalée  à  l'attention  de  la 
Commission  des  antiquités  et  des  archéologues,  par  M.  SoUicoffre,  de  1821  à  1825.  FouiUée 
par  M.  Feret,  de  Dieppe,  de  1840  à  1847,  la  villa  de  Sainte-Marguerite  s'est  montrée  une 
des  plus  intéressantes  du  nord  de  la  France.  EUe  présente  dans  sa  partie  centrale  une  galerie 
carrée  soutenue  par  des  colonnes  circulaires.  Autour  de  cette  cour  fermée  règne  une  suite 
de  galeries  et  d'appartements  dont  plusieurs  étaient  chauffés  avec  des  hypocauàtes  et  pavés 

31 


—  242  — 

enmosaîque.Unptan  de  iaîitWoa  été  publié  par  M.de  Caumont,  dans  son  Bullelinmonu- 
mental  (  t.  ix ,  p.  92-97  ).  Nous  le  reproduisons  ici. 

Après  l'habitation  principale, 
on  découvrit  les  dépendances  qui 
consistaient  en  des  jardins  clos  de 
murs,  en  une  fontaine  avec  son 
bassin  carré  et  ses  conduits  en 
bois,  dans  un  édifice  circulaire 
consacré  à  des  bains,  dans  un  bel 
et  long  portique  pavé  et  lambrissé 
en  mosaïque  qui  put  servir  à  la 
promenade  et  à  la  conversation, 
et  enfin  en  un  petit  temple  carré 
avec  son  enceinte  murée. 

Tout  cela  occupait  une  colline 
isolée  appelée  la  Butte  de  Noient ,  ' 

se  trouvait  en  vue  de  la  mer  et  au  fond  d'une  baie  magnifique.  —  Sur  le  penchant  de  cette 
même  colline ,  dans  un  champ  appelé  la  Roquelle,  nous  avons  trouvé,  en  4862,  des  restes 
de  constructions  et  six  colonnes  alignées,  au  pied  desquelles  se  iroTivaient  des  urnes 
brisées.  Ces  colonnes ,  qui  n'étaient  autres  que  des  stèles  funéraires ,  étaient  en  pierre , 
sauf  une  seule  qui  était  en  briques  rondes  revêtues  de  stuc. 

Dans  le  jardin  de  la  villa,  on  a  trouvé  en  1840  des  sépultures  franques  ou  saxonnes , 
oii  les  squelettes  étaient  accompagnés  de  vases  aux  pieds,  et ,  sui-  le  corps ,  de  sabres ,  de 
boucles,  de  couteaux ,  de  fibules,  de  ciseaux ,  de  bagues  et  de  colliers  en  perles  de  verre. 

Les  objets  provenant  de  ces  sépultures,  les  marbres,  les  stucs  et  autres  débris  produits 
par  les  fouilles  de  Sainte-Marguerite ,  sont  déposés  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe ,  où  se 
trouvent  également  quatre  belles  vues  coloriées  de  la  villa,  ainsi  qu'un  plan  en  relief  de  ces 
ruines  curieuses.  Le  plan  et  les  vues  sont  l'œuvre  de  M.  Amédée  Feret. 

Sainte-Marguerite  nous  a  montré  encore  beaucoup  d'autres  antiquités  romaines.  Nous 
citerons  surtout  une  belle  urne  en  verre  bleu,  contenant  des  os  brûlés,  rencontrée  près  du 
château  d(î  M.  de  la  Tour.  Des  masses  de  tuiles  et  de  poteries  se  trouvent  également  sur 
l'espace  d'un  kilomètre ,  depuis  la  Butte  de  Noient  jusqu'au  corps-de-garde  des  douanes, 
et  à  l'ancienne  batterie. 

Epoque  franque.  —  Les  Barbares,  francs  ou  saxons,  ont  passé  à  Sainte-Mai^erite  et  ont 
occupé  les  bouches  de  la  Saâne.  Nous  avons  déjà  dit  qu'il  avait  été  trouvé  des  traces  de  leur 
séjour  dans  les  sépultures  armées  du  jardin  de  la  villa.  Un  autre  dortoir  s'est  fait  jour  à  la 
batterie  même,  au-dessous  comme  autour  du  corps-de-garde.  Sous  répaulement,qui  est 
tombé  à  la  mer,  s'est  rencontré  un  cimetière  franc-mérovingien,  découvert  et  exploré  par 


—  243  — 

M.  Sollicoffre,  en  i822.  On  y  vit  alors  des  cercueils  de  pierre ,  des  boucles ,  des  fibules,  des 
sabres,  des  couteaux  et  des  médailles  d'ÂntoninetdeLucille.  Fouillé  en  1840parM.  Feret, 
il  lui  donna  divers  débris  et  des  cercueils  en  pierre  de  Vergelé ,  dont  un  a  été  apporté  à 
Dieppe.  Depuis  ce  moment,  le  cimetière  a  disparu  tout  entier.  Je  m'en  suis  assuré  en  1862. 
Nous  donnons  ici  le  dessin  des  objets  de  bronze  trouvés  en  1840  dans  les  jardins  de  la 
villa.  Ces  pièces  franques  ou  saxonnes ,  déposées  aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe, 
ont  été  éditées  en  Angleterre  par  les  soins  de  notre  ami  M.  Wylie,  qui  veut  bien  nous 
permettre  de  les  reproduire  : 


AGBAFKS  ET  PLAQUES  DE  CBlMTVaON  ER  BIIOBZE  (SAinTE-MARGWEIlITlt,  IB40). 


■AGUE.  [SAINTE-MAHGUEilITE,  1840.) 


KOVCLEB  EN   BRDKIB. 


PERLE   En   PATE   DE    VERHE. 


(SAINTE-IIARGIIERITK.  IMO.) 


FIBULE  xn  BBOniF. 


BIBLIOGKAPBIB. 


Dnplassis,  ■  Description  géographique  et  historique 
de  la  Haute-Normandie,  ■  t.  i",  p.  316-47,  3BB. 

•  ProcËs-vorbaux  de  laCommission  des  Antiquités  de 
la  Seine-Inférieure,  »  de  1821  à  1850.  Mss. 

SoUicofTre ,  •  Précis  analytique  des  travauji  de  l'Aca- 
démie de  Rouen, >  années  1821  et  tB23. 

A.  Le  Prévost,  ■  Notice  sur  diverses  antiquités  dé- 
«MUvertes  dans  le  département  de  la  Seine-Inférieure  : 
à  Bai nte-Margue rite,  etc.,  ■•  dans  le  >  Précis  analytique 
de  l'Académie  de  Rouen ,  ■  année  1B20. 

A.  Le-Prevost,  ■  Antiquités  découvertes  à  Sainle-Mar- 
guerlte-sur-8aine,>  dans  le  <.  Précis  »  de  1824,p.  166-169, 
etdansles>  Archives  de  la  Normandie,  ■  1. 1",  p.  166-69. 

Gai  lion.  "  Antiquités  découverte  s  ù  Sainle-Marguerite- 
Bur-Saâne,  près  Dieppe  [avec  une  note  de  M.  A.  Le  Pré- 
vost), •  Archives  ann.  de  la  Normandie,  •  1"  année 
(1824),  p.  166-69. 

P,-J.Feret,  «NoticesurDieppe,  Arques, etc.,»  p.  2-5, 


Vil«t, .  Histoire  de  Dieppe,  ■  p.  432-4«,  «dit,  IBM. 
De  Caumont,  ■  Cours  d'antiquités  monumentales,  • 

t,  VI. 

P.-J.  Feret ,  •  Bulletin  monumental,  >  t.  ix ,  p.  S9-97 
et  planches. 

Wy  1  ie ,  ■  A  ccoun  t  of  Teutonic  remains  apparen  tly  Saxon 
fbund  near  Dieppe,  •  p.  10-16,  in-4*,  I«ndoii,  1853, 

Wylie,  «  Archœologia,  ■  vol.  xixv,  p.  108-113. 

P.-J.  Ferel,  «  Histoire  des  Bains  de  Dieppe,  ■>  p.  90- 
93,  133-136. 

L'abbé  Cochet,  ■  les  Églises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe, -t  II, p.  57-64. 

L'abbé  Cochet,  •■  la  Normandie  souterraine,  »  fédit., 
p.  33-34,  132;  2*  édit.,  p.  11-42,  150. 

L'abbè  Cochet,  >  Guide  du  Baigneur,  •  édition  1860, 
p.  121-132. 

André  Durand,  •  Journal  de  Bouen,  •  octobre  1860. 
—  Id.,  "  Vigie  de  Dieppe,  •  du  23  octobre  1860. 


QUIBERVILLE-SUR-MER. 

Époque  incertaine.  —  Les  habitants  de  Quiberville  ou  Guiberville  racontent  que  leurs 
pères  voulurent  construire  l'église  dans  le  fond,  près  de  la  Grande-Mare;  mais  ce  que  l'on 
bâtissait  le  jour  était  porté  la  nuit  près  de  la  falaise ,  où  est  l'église  actuelle. 

A  Quiberville ,  on  prétond  que  la  ville  était  autrefois  dans  la  terre  des  Huit-Acres* 

OUVILLE-LA-RIVIÈRE. 

Époque  romaine.  —  M.  Feret  m'a  assuré  avoir  vu  des  antiquités  romaines  près  du 
château  d'Ouville  et  dans  le  bois  qui  entoure  la  chapelle  ruinée  de  Sainte-Apolline.  M.  De- 
ville  m'a  signalé  &  Ouville  des  tuiles  à  rebords  et  des  médailles  romaines. 

Époque  franque.  —  En  avril  1854,  des  ouvriers  occupés  à  planter  des  arbres  à  ta  côt« 
du  Beuzeval ,  hameau  de  Tous-les-Mesnils ,  commune  d'Ouville ,  découvrirent  un  cercueil 
en  pierre  de  Vergelé ,  contenant  les  restes  d'une  jeune  fille,  ayant  une  perle  en  verre  bleu , 
une  fibule  de  bronze  et  des  boucles  d'oreilles  de  cuivre  avec  pendants  d'or.  —  Nous 
donnons  ici  un  dessin  du  cercueil,  de  la  perle  et  de  la  boucle  d'oreille. 


CERCUtlI.   B\   PIEBRK   I 


ss 


«tt^ 


il.ËE   EM    VEDDG   BLEl'. 


En  juillet  1 854 ,  je  fouillai  autour  du  sarcophage  et  j'y  découvris  un  cimetière  mérovin- 
gien contenant  environ  cent  fosses  et  autant  de  squelettes  violés  ou  intacts.  Je  recueillis 
dans  celte  fouille  une  hache  en  fer,  des  scramasaxes,  des  couteaux  et  un  grand  nombre  de 
boucles  et  d'agrafes  en  fer,  toutes  damasquinées.  Cette  exploration  a  été  racontée  et 
plusieurs  des  objets  ont  été  reproduits  dans  mes  Sépultures  gauloises ,  romaines,  franques 
et  normandes.  —  J'en  donne  ici  une  nouvelle  édition. 


■i.t<;rEs  DAMASQuinÉEB  E\  augbnt  (ouyille,  l»A). 


.'Js  'Je  'le 


(OVTILUt,   ISM). 


VASES  FBAKCB  E 


—  246  - 


Le  produit  de  la  fouille  est  au  Musée  départemental  de  Rouen. 


L'abbé  Cochet,  «  les  Eglises  de  l'arrondi ssement  de 
Dieppe,  »  t.  Il,  p.  78-89. 

L'abbé  Cochet,  «la  Normandie  souterraine,  Jt2'êdit., 
p.  436-440. 


BIBLIOfiBAPniB. 

L'abbé  Cochet ,  ■  Sépultures  gauloises ,  rom&ines 
franques  et  normandes ,  ■  p.  131-156. 

L'abbé  Cochet,  ■  Guida  du  Baigneur,  •  édition  1860, 
p.  179-182. 


LE  BOURG-DUN. 

Antiquités  romaines  et  franques.  —  Ce  dut  être  toujours  un  point  important  que 
le  Bourg-Dun ,  qui  a  pris  son  nom  de  sa  rivière  ou  qui  le  lui  a  donné.  Ce  lieu  est  appelé 
Dunum  au  vme  siècle,  dans  la  Chronique  de  Fontenelle.  Au  temps  des  Francs,  un  m(H 
nastère  s'établit  dans  notre  localité ,  et  il  est  désigné  sous  le  nom  d'Evrard-S^lise  : 
€  Evrardi-Ecclesia  ou  Ebrardi-Ecclesia.  »  Enfin,  l'église  elle-même  est  appelée  :  «  Abbatia.» 
Le  peuple  a  conservé  à  son  vieux  moutier  le  nom  à'abbaye. 

Mais ,  avant  d'aller  plus  loin ,  disons  de  suite  que  le  Bourg-Dun  dut  être  occupé  dès 
l'époque  romaine.  Ea  effet,  nous  avons  possédé  longtemps  un  aureus  de  Valentioien  h^, 


—  247  — 

trouvé  au  Bourg-Dun  vers  1844  :  il  est  entré  dans  la  collection  de  M.  le  doyen  de  Fon- 
taine-le-Dun.  Enfin ,  en  1847,  un  autre  berger  a  déterré  avec  sa  houlette  un  vase  antique 
contenant  environ  trois  cents  monnaies  à  l'effigie  des  Césars  du  me  siècle.  {Revue  de  Rouen  ^ 
année  1848,  p.  57.) 

A  propos  des  savantes  discussions  qui ,  au  xviiie  siècle ,  eurent  lieu  dans  le  Mercure  de 
France  sur  le  mot  Dunum,  Tabbé  Lebeuf  dit  qu'il  a  passé  le  Dun  le  7  septembre  1717. 

BIBLIOGRAPHIE. 


«  Ghronicon  FontanellsB)  ■  c.  vit, 

«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  124. 

Le  Prévost ,  «  Mémoire  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  7. 

Duplessis ,  «  Description  géographique  et  historique 
de  la  Haute-Normandie,  »  1. 1",  p.  331-363. 

Guilmeth  ,  «  Description  géographique  ,  historique , 
statistique  et  monumentale,  »  t.  iv,  p.  116-121. 


«  Vitet,  «<  Histoire  de  Dieppe,  »  édit.  1844,  p.  444-446. 

L'abbé  Cochet ,  «  les  Eglises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  1. 1",  p.  263-72. 

L'abbé  Cochet,  «  la  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit., 
p.  132;  2«  édit.,  p.  150. 

L'abbé  Cochet,  «  Guide  du  Baigneur,  »  édition  1860, 
p.  166-174. 


SAINT-AUBIN-SUR-SCIE. 

Antiquités  romaines  et  franques.  —  Au  bas  de  la  côte  de  Saint-Aubin ,  rectifiée  en 
1846  pour  la  route  impériale  no  27,  de  Rouen  à  Dieppe,  on  a  trouvé  un  cimetière  franc  qui 
fut  entièrement  gaspillé  par  les  terrassiers.  Je  sais  qu'on  y  a  rencontré  des  vases  et  des 
armes;  mais  je  n'ai  pu  recueillir  de  ces  épaves  qu'une  épée  en  fer  tout  à  fait  mérovingienne. 

A  cette  même  côte ,  j'ai  reconnu  un  four  à  chaux  tout  rempli  de  tuiles  à  rebords.  Je  le 
suppose  de  l'époque  romaine  ou  mérovingienne. 

Enfin,  en  1853,  au  lieu  dit  le  Hamelet^  et  toujours  sur  le  bord  de  la  route  impériale  no  27, 
on  a  trouvé  un  cimetière  franc  où  j'ai  reconnu  neuf  ou  dix  fosses  contenant  des  vases  de 
terre  placés  aux  pieds  des  morts ,  puis  des  couteaux ,  des  boucles  et  des  plaques  de  cein- 
turon en  fer  damasquiné ,  le  scramasaxe  d'un  soldat ,  et ,  au  cou  d'une  femme ,  un  collier 
en  perles  de  verre  de  cinquante-quatre  grains ,  et  une  perle  d'ambre  autour  de  la  tête.  J'ai 
retracé  cette  découverte  dans  ma  Normandie  souterraine. 

La  Baronnie  du  Jardin  et  la  Chapelle  des  Vertus.  —  Sur  cette  commune  se  trou- 
vait la  baronnie  du  Jardin  dont  la  forteresse  est  démolie  depuis  longtemps.  Les  chroniqueurs 
dieppois  la  font  remonter  jusqu'à  Charlemagne.  En  1030,  Renaud,  vicomte  d'Arqués, 
donna  cette  baronnie  à  l'abbaye  de  Fécamp,  qui  la  posséda  jusqu'à  la  Révolution. 

Les  gens  du  pays  appelaient  ce  hameau  le  Gardin;  à  présent,  ils  le  nomment  les  Vertus. 

Ce  dernier  nom  lui  vient  d'une  chapelle  dédiée  à  Notre-Dame  des  Vertus. 

'         BIBLIOGRAPHIE. 

statistique  et  monum.  des  arrond. ,  »  t.  iv,  p.  207-209. 

L'abbé  Cochet ,  «  les  Eglises  de  rarrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  ii,  p.  91-94. 

L'abbé  Cochet ,  «  Guide  du  Baigneur,  »  édition  1860, 


L'abbé  Cochet ,  «La  Nonnandie  souterr.,  »  l'*  édit., 
p.  344-46  ;  2-  édit.,  p.  433-34. 

Duplessis ,  «  Description  géographique  et  historique 
de  la  Haute-Normandie.  » 

Ooilmeth,  «  Description  géographique.,  historique, 


p.  185-88. 


-  248  — 

MARTIGNY. 

Epoque  franque.  —  Martigny,  en  latin  Martineium^  paraît  dater  de  l'époque  franque, 
comme  une  dépendance  du  château  d'Arqués.  Il  a  dû  être  donné  à  l'abbaye  de  Saint- 
Wandrille  dès  les  temps  mérovingiens/En  tout  cas,  il  lui  fut  restitué,  en  1024,  par  le  duc 
Richard  II.  Un  hameau  porte  ici  le  nom  de  Saint-Wandrille ,  comme  on  voit  à  GonneviUe- 
les-Hameaux  et  à  Saint-Vaast-Dieppedalle,  la  Côte  de  Saint-Wandrille. 

Duplessis,  «  Description  géographique  et  historique    1       L'abbé  Cochet ,  «  lès  Eglises  de  rarrondissement  de 
de  la  Haute-Normandie,  »  t.  i«%  p.  577.  |    Dieppe,  »  1. 1",  p.  118-20. 

ARQUES. 

Arques  est  un  point  archéologique  fort  intéressant.  A  toutes  les  époques ,  il  eut  une 
importance  marquée ,  et  il  offre  de  plusieurs  périodes  des  monuments  que  nous  allons 
inventorier. 

Temps  préhistoriques.  —  En  1863,  M.  J.  et  M.  Hardy,  de  Dieppe,  ont  recueilli 
dans  une  tranchée  de  la  Côte  de  Gruchet^  et  au  miUeu  d'un  sol  vierge,  un  silex  taillé  qui  a 
toute  la  physionomie  des  hachettes  dites  diluviennes ,  d'Amiens  et  d'Abbeville.  La  coupe 
du  terrain,  placée  au  troisième  tiers  de  la  coUine,  avait  été  pratiquée  vers  1850  pour  l'ou- 
verture du  chemin  de  grande  communication  no  54,  d'Ouville  à  Derchigny-Graincourt 
Nous  avons  cru  devoir  enregistrer  cette  découverte  dans  la  Revue  de  la  Normandie. 

Période  gallo-romaine.  —  La  domination  romaine  paraît  avoir  préféré  pour  ses  éta- 
blissements le  coteau  d'Archelles  à  celui  d'Arqués.  C'est  au  pied  de  la  forêt  d'Arqués , 
appelée  au  moyen-âge  Haia  Archiarum ,  sur  la  pointe  de  coUine  qui  porte  le  châtelet 
d'Archelles  et  la  maladerie  de  Sainte-Etienne ,  à  peu  de  distance  du  lieu  où  fut  livrée  la 
bataille  de  1589.,  que  l'on  rencontre  les  débris  romains  les  plus  nombreux  et  les  plus 
solennels. 

Dès  1 840,  à  l'époque  où  Ton  traça  sur  le  coteau  d'Archelles  le  chemin  de  grande  com- 
munication no  1 ,  de  Dieppe  à  Neufchâtel ,  on  trouva  une  couche  épaisse  de  terre  noire , 
véritable  limon  humain  entièrement  rempli  de  charbons ,  de  cendres ,  d'ossements ,  de 
tuiles  à  rebords,  de  tufs,  de  poteries  antiques  et  de  monnaies  romaines  en  bronze  de  plu- 
sieurs époques. 

M.  Condor,  l'agent-voyer  qui  conduisait  les  travaux,  recueillit,  pour  la  Bibliothèque  de 
Dieppe,  plusieurs  objets  anciens,  entre  autres  un  chandelier  ou  pied  de  lampe  en  bronze 
et  une  lance  du  même  métal ,  tirée  de  la  rivière  d'Arqués. 

En  1853,  les  découvertes  furent  plus  considérables  et  plus  abondantes.  Le  sieur  Turle, 
maçon  d'Arqués,  voulant  construire  à  Archelles  une  petite  maison ,  trouva  un  monument 
antique  composé  de  grandes  pierres  de  tuf  et  de  Vergelé.  Il  s'en  fit  comme  une  carrière  de 
pierre  ;  il  tira  de  la  terre  assez  de  matériaux  pour  élever  une  maison.  Toutes  ces  pierres 


—  249 


étaient  taillées,  et  plusieurs  présentaient  des  moulures,  des  soudures  de  plomb,  des  agrafes 
de  fer,  et  jusqu'à  des  feuilles  d'eau  imbriquées ,  décoration  commune  au  temps  de  Cons- 
tantin. Outre  les  pierres ,  le  sieur  Turle  a  trouvé  une  voie  cailloutée  de  3  mètres  de  largeur 
et  une  foule  de  débris  en  fer,  en  poterie ,  en  tuiles  de  toutes  sortes  et  en  monnaies  de  bronze 
du  Haut  et  du  Bas-Empire.  M.  Jean ,  juge  à  Dieppe ,  y  a  recueilli  des  Posthume  et 
des  Tetricus.  M.  Deville  possédait,  venant  d'Archelles,  des  monnaies  d'Antonin  ,  de  Pos- 
thume et  de  Maximin. 

A  diverses  époques,  M.  Chapelle,  menuisier  d'Arqués,  a  ramassé  à  Archelles  des  po- 
teries à  reliefs ,  des  meules  à  broyer  en  poudingue  et  en  lave  d'Auvergne ,  et  différents 
débris  qu'il  a  donnés  à  la  BibUothèque  de  Dieppe. 

Mais  les  plus  belles  découvertes  ont  été  faites  en  1863.  Au  printemps  de  cette  année , 
nous  avons  exploré  le  verger  de  M.  Turle ,  devenu  la  propriété  de  M.  Charles  Durand ,  de 
Dieppe.  Là ,  nous  avons  reconnu  les  restes  d'un  édifice  qui  nous  paraît  avoir  été  fort 
important.  Son  usage  est  encore  indéterminé;  cependant,  nous  ne  serions  pas  surpris  s'il 
avait  eu  une  destination  religieuse.  En  tout  cas ,  il  dut  se  composer  de  pilastres  et  de 
colonnes  noyées ,  car  nous  en  avons  rencontré  plusieurs  tronçons  dans  les  fouilles.  La 
pierre  de  Saint-Leu  joua  un  grand  rôle  dans  l'appareil  ;  plusieurs  morceaux  avaient  encore 
conservé  leurs  scellements  en  plomb.  Des  frontons  sculptés  durent  décorer  ce  monument. 
Outre  les  tuiles  à  rebords ,  les  étuves  et  les  poteries  sans  nombre  qu'ont  données  ceS 

fouilles,  je  dois  signaler  la  présence  de  plus  de  soixante  monnaies  de  bronze 
semées  dans  le  sol.  Il  s'y  trouvait  des  Posthume ,  des  Valérien  et  des  Septime 
Sévère;  mais  la  plupart  étaient  du  Haut-Empire,  notamment  de  l'empereur 
Trajan. 

Je  ne  dois  pas  omettre  la  découverte  d'un  hameçon  en  bronze ,  bien 
conservé,  et  que  je  reproduis  dans  sa  forme  et  grandeur  naturelles.  Déjà 
des  hameçons  de  ce  genre  ont  été  trouvés  par  moi  dans  les  villas  romaines 
des  environs  d'Etretat,  et  par  M.  Feretdans  une  métairie  antique  fouillée  à 
Braquemont,  près  Dieppe,  en  4827.  {Société  archéologiqvs  de  Varron^ 
dissement  de  Dieppe,  p.  15). 
La  pièce  la  plus  importante  qui  soit  sortie  de  cette  exploration  est  une  romaine  en 
bronze ,  complète  et  bien  conservée ,  avec  ses  poids,  ses  contrepoids  et  ses  crochets.  — 
Nous  reproduisons  à  la  page  suivante  cette  belle  pièce ,  qui  est  entrée  au  Musée  dépar- 
mental ,  et  dont  M.  Pottier  a  donné  une  excellente  description  dans  la  Revue  de  la 
Normandie  (2e  année ,  p.  353-357).  C'est  à  lui  également  que  nous  devons  le  dessin  qui 
a  servi  pour  cette  gravure. 

Du  côté  d'Arqués ,  on  signale  moins  d'antiquités  romaines.  Cependant  M.  Chapelle  a  vu 
des  masses  de  tuiles  à  rebords  dans  une  prairie  appartenant  à  M"*  d'Évêquement  et  placée 
à  l'entrée  du  bourg  d'Arqués.  Quelques-uns  aussi  présument  que  le  château  d'Arqués 

32 


HAMEÇO!«  EN 

BROi'MZE 

(arques,  1863). 


TlOmaine  en  bronzb  (arques,  I8A3). 


pourrait  être  assis  sur 
un  castrum  romain.  Le 
systëoie  est  le  même  que 
.  chez  les  anciens;  mais 
ce  n'est  pas  là  une  dé- 
monstration d'origine. 
Vers  1840,  on  a  trouvé 
au  pied  du  château  une 
monnaie  de  bronze  de 
Posthume,  et  au-dessus 
on  a  recueilli  une  meule  < 
à  broyer.  Une  voie  ro-  ' 
maine  traverse  le  bourg 
d'Arqués,  et  elle  y  est 
encore  connue  sous  les 
noms  très  significatifs  de  Chaussée  et  de  rue  de  Rome.  De  quel  côté  se  dirigeât-elle? 
Nous  l'ignorons;  cependant,  nous  pensons  qu'elle  allait  d'une  part  à  Beauvais,  de  l'autre, 
à  Rouen  et  à  Dieppe. 

Période  franque.  —  De  la  période  franque,  on  ne  connaît  pour  Arques  qu'un  tiers  de 
sol  d'or  du  vil"  ou  du  viue  siècle,  trouvé  vers  1835  et  déposé  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe. 
Pour  les  monuments  écrits,  on  ne  sait  que  le  nom  d'Arcas ,  cité  en  751  dans  un  diplôme 
de  Pépin ,  délivré  à  la  grande  abbaye  de  Saint-Denis. 

Période  normande  et  anglo-normande  (912-1203).  —  Celte  époque  a  laissé  à  Arques 
une  trace  impérissable  dans  les  ruines  du  vieux  château  et  de  son  donjon,  où  le  xie  siècle 
apparaît  avec  tous  ses  traits  caractéristiques. 

Un  château  ou  une  forteresse  quelconque  dut  exister  à  Arques  en  944,  car  Flodoard  parle 
de  sa  garnison.  Cependant,  la  citadelle  d'Arqués  est  attribuée  par  Robert  Wace  et  Guillaume 
de  Jumiéges  à  Guillaume,  comte  de  Talou ,  qui  l'aurait  élevée  de  1040  à  1053. 

La  tour  carrée  du  donjon  est  le  monument  le  plus  certain  de  cette  période,  et  peut-être 
est-il  la  seule  construction  du  célèbre  rebelle  qui  «  fit  desus  Arches  une  tur.  »  Ses  cintres 
romans  et  son  appareil  de  tuf  démontrent  clairement  cette  époque. 

Le  reste  du  château ,  qui  forme  une  chaîne  de  murs  échelonnés  de  tours  rondes  ou 
carrées,  pourrait  avoir  une  origine  plus  ancienne.  Mais  les  revêtements  en  silex  et  en  briques 
•  Touges  ne  démontrent  que  des  constructions  du  xnie,  du  xve  et  du  XYie  siècle.  A  partir  du 
xviie  siècle,  on  laissa  le  château  tomber  comme  il  voulut.  Dès  cette  époque,  les  Bemardîneâ 
d'Arqués  en  pruent  des  pierres  pour  leur  couvent,  et,  au  xvrae,  les  particuliers  et  les  gentils- 
hommes de  la  contrée  en  enlevèrent  pour  leurs  maisons  et  pour  leurs  châteaux.  On  peut 
dire  que  le  bouig  d'Arqués  est  bâti  avec  les  ruines  du  vieux  castel. 


—  951  — 

Dans  son  Dictionnaire  raisonné  de  F  Architecture  française  du  xi«  au  xvii«  siècle , 
M.  VioUet-Leduc  donne  (t.  m,  p.  69-77)  une  excellente  description  du  vieux  château 
d'Arqués ,  qu'il  propose  comme  le  type  militaire  normand.  A  l'aide  d'une  puissante  éru* 
dition ,  ce  savant  archéologue  a  su  rétablir  les  détails  et  l'ensemble  de  cette  curieuse 
forteresse ,  dont  il  donne  plusieurs  spécimens  gravés. 

En  1864,  il  a  été  recueilli  à  Archelles,  dans  le  jardin  de  M.  Ch.  Diu^and,  un  denier 
d'argent  de  la  période  normande  de  Guillaume-le-Conquérant. 

Les  Rues  d'Arqués.  —  Quelques-unes  des  rues  d'Arqués  portent  des  noms  historiques. 
Ce  sont  la  rue  de  Rome  et  la  rue  de  la  Chaussée ,  le  Bout  de  la  Ville  et  le  Carrefour  du 
Bel,  la  rw  Lombardie  et  la  rn^  des  Bourguignons. 

BIBLIOGEAPHIE. 


Feret,  «Notice  sur  Dieppe,  Arques,  etc.,  »  p.  119, 163, 
Paris,  1824. 

Feret,  a  Promenades  autour  de  Dieppe,  »  2*  édit.,  p.  16 
à  137,  6  lithographies. 

Le  Prévost,  a  Notice  sur  Arques,  »  in-8»  de  20  p., 
Rouen,  1824,  et  «  Précis  analytique  de  l'Académie  de 
Rouen,  »  année  1823. 

Wace,  •  le  Roman  du  Rou,  »  édit  Pluquet  et  Le  Pré- 
vost, V.  8,568-76,  Rouen,  1827. 

Guilmeth,  «  Description  géographique,  historique, sta- 
tistique et  monumentale  des  arrond.,  »-t.  iv,  p.  167-210. 

Vitet,  «Histoire  de  Dieppe,  »  édit.  1844,  p.  396-419. 

L*abbé  Cochet,  «  les  Églises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  ••  1 1",  p.  193-228,  et  t.  ii,  p.  108-118. 


L'abbé  Cochet,  «Guide  du  Baigneur,  »  édition  1857, 
p.  224-228. 
L'abbé  Cochet,  «Guide  du  Baigneur,  »  édition  1860, 

p.  205-228. 

L'abbé  Cochet,  «  la  Normandie  souterraine,  »  l'*  édit., 
p.  61-62;  2* édit.,  p.  71-72. 

«  Bulletin  monumental,  »  t.  xxii,  p.  324-327;.  t.  xxx, 
p.  200. 

«  Revue  de  la  Normandie  ,  »  t.  u ,  p.  353-57,  494; 
t.  III,  p.  5. 

Viollet-Leduc,  «  Dictionn.  raisonné  de  l'archiL  fran- 
çaise du  XI*  au  xvi«  siècle,  »  t.  m,  p.  69-77. 

«  Voyage  pitt.  et  romant.  dans  l'anc.  France.  »  — 
H.-Norm.,  1. 1",  p.  119-125,  pi.  76  à  81. 


ROUXMESNIL-BOUTEILLES. 

La  conunime  de  Rouxmesnil-Bouteilles  se  compose,  depuis  1823,  de  deux  anciennes 
paroisses ,  dont  nous  allons  parler  tour  à  tour. 

RouxMESNiL.  —  Dans  la  plaine  où  est  situé  ce  village,  on  trouve  des  fondations  dont 
quelques-unes  paraissent  fort  anciennes. 

Bouteilles.  —  Bouteilles,  aujourd'hui  simple  hameau ,  fut  autrefois  un  centre  industriel 
fort  important.  Nous  y  trouvons  des  débris  de  toutes  les  époques. 

Antiquités  romaines.  —  De  l'époque  antique  nous  connaissons  trois  points  à  Bouteilles. 
Le  premier  est  la  ferme  de  Clément,  à  la  rue  des  Bouteilles ^  où  l'on  a  trouvé  des  tuiles  à 
rebords  en  creusant  un  puits.  Il  y  en  avait  jusqu'à  la  profondeur  de  4  et  5  mètres.  Le 
second  point  est  la  prairie  qui  entourait  l'église.  En  1857,  nous  y  avons  trouvé  des  tuiles  à 
rebords  jusqu'à  3  mètres  de  profondeur.  Enfin ,  au  fond  du  VaUde-Bouteilles,  M.  Lemaître, 
cultivateur,  a  rencontré,  vers  1806,  une  très  belle  urne  en  verre  bleu  remplie  d'os  brûlés 
et  concassés. 

Antiquités  franques.  —  Je  classe  parmi  les  antiquités  franques ,  si  elles  ne  sont 


—  252  — 

romaines 9  les  anciennes  salines  de  Bouteilles,  dont  une  partie  fat  donnée,  en  672,  à 
Tabbaye  de  Fontenelle ,  avec  Féglise  paroissiale  elle-même. 

Les  Salines.  —  On  montre  encore  à  Bouteilles  des  prairies  que  l'on  nomme  les  Salés  : 
ce  sont  les  derniers  restes  des  anciennes  salines  de  ce  village ,  fort  importantes  du  xi©  au 
xive  siècle,  et  qui,  connues  dès  l'époque  firanque,  n'ont  entièrement  cessé  qu'au  xviiie  siècle. 
Presque  toutes  les  abbayes  de  Normandie  possédaient  des  salines  à  Bouteilles.  Celle  de 
Beaubec  en  avait  plus  que  toutes  les  autres.  Ces  droits  et  ces  propriétés  sont  écrits  dans  un 
cartulaire  du  xrv©  siècle,  possédé  par  M.  de  Blangermont,  à  Martigny,  près  Arques. 

L'archevêque  de  Rouen,  seigneur  de  Bouteilles  depuis  H97,  en  vertu  de  l'échange  d'An- 
dely  avec  Richard-Cœur-de-Lion ,  possédait  la  plus  grande  partie  des  salines  de  Bouteilles 
et  des  droits  sur  toutes.  Ces  droits  sont  consignés  dans  la  Coutume  de  Bouteilles,  insérée  au 
cueilloir  ou  coutumier  de  1396,  qui  est  à  la  Bibliothèque  publique  de  Dieppe  et  dont  une 
copie  existe  aux  archives  départementales. 

MARTIN-ÉGUSE. 

Martin-Église ,  appelé  Martini  Ecclesia  au  ixe  et  au  xe  siècle ,  paraît  devoir  son  nom 
et  son  origine  à  l'époque  mérovingienne,  si  dévote  envers  saint  Martin.  Mais ,  avant  les 
Francs,  ce  lieu  était  habité. 

Antiquités  gauloises  et  romaines. — ^A  Martin-Église  on  a  trouvé,  en  1847,  un  stalère 
gaulois  en  or  (  cheval  et  tête  laurée  ),  qui  a  été  acheté  par  M.  Jean ,  de  Dieppe.  (  Revue  de 
Rouen  y  année  1848,  p.  57.)  En  1864,  il  a  été  décrit  et  reproduit  par  M.  Lambert, 
qui  l'attribue  au  Belgium.  La  voie  romaine  de  Dieppe  à  Béarnais  passait  par  ce  village , 
ainsi  que  la  vieille  route  d'Arqués  à  Eu ,  que  je  soupçonne  fort  d'être  antique.  On  y  a  trouvé 
des  tuiles  à  rebords,  et,  en  1857,  j'ai  recueilli  dans  le  cimetière  un  quinaire  d'argent  de 
Constantin-le-Grand. 

Antiquités  franques.  —  Dans  le  cimetière  de  Martin-Église,  le  fossoyeur  a  trouvé ,  à 
diverses  reprises ,  de  1 846  à  1 862 ,  des  vases  funéraires  de  l'époque  franque ,  des  perles 
d'ambre  et  de  verre,  restes  des  colliers  de  ce  temps,  et  des  débris  d'armes  tels  que  lances , 
sabres  et  épées,  qui  m'ont  été  remis  par  M.  le  curé. 

Ceci  n'a  rien  de  surprenant,  car  la  terre  de  Martin-Église,  avec  son  moulin,  son  église 
et  ses  dîmes,  fut  donnée  au  Chapitre  de  Rouen  le  7  mars  875 ,  par  Riculphe ,  archevêque 
de  Rouen.  Cette  donation  a  été  confirmée  d'abord  par  Charles-le-Chauve ,  et  ensuite  par 
le  roi  Robert  1er  et  Guillaume-le-Conquérant ,  en  1080. 

ÉTRAN  (section  de  martin-église \   • 

A  la  commune  de  Martin-Église  est  réunie,  depuis  1823,  l'ancienne  paroisse  d'Étran. 
Étran  n'est  plus  qu'un  hameau  rangé  sur  la  voie  antique  qui  allait  de  Dieppe  à  Beauvais. 


—  253  — 

Dans  la  ferme  principale  on  trouve  parfois  des  tuiles  à  rebords.  Jusqu'en  1831,  Étran 
posséda  une  église  dont  les  ruines  ont  été  reproduites  en  1 830  par  M.  Jaime ,  dans  deux 
jolies  lithographies  coloriées. 

L'éghse  d'Étran  était  romane  du  xi©  siècle ,  dans  sa  nef  et  dans  son  clocher.  Le  chœur 
était  une  addition  du  xvie.  On  pense  que  l'église  se  terminait  par  une  abside  qui  suivait 
inunédiatement  la  tour,  comme  à  Yainville ,  près  Jumiéges ,  et  à  Newhaven ,  en 
Angleterre. 

BIBLIOGRAPHIE. 


Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »t.  xi,  p.  10-11. 

Guilmeth,  «  Description  géographique  ,  historique  , 
statist  et  monum.  des  arrondiss.,  »  t.  iv,  p.  161-164. 

L'abbé  Cochet,  «  la  Normandie  souterr. ,  »  1"  édit., 
p.  62  ;  2*  édit.,  p.  72. 

L'abbé  Cochet,  «  Sépultures  gauloises ,  romaines , 
franques  et  normandes,  »  p.  355-56,  371. 


L'abbé  Cochet,  «  les  Eglises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  ii,  p.  120-135. 

L'abbé  Cochet,  «  Guide  du  Baigneur,  »  édition  1860, 
p.  229-232.  —  Édit.  1865,  p.  195-215. 

E.  Lambert ,  a  Essai  sur  la  numismatique  gauloise,» 
2*  partie;  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiq.  de 
Normandie,  »  t.  xxv,  p.  493,  544,  pi.  vi,  flg.  6. 


ANCOURT. 

Époque  romaine.  —  Ancourt,  dit  en  latin  Aencuria^  et  dans  les  anciens  titres  Aiencorty 
Encourt  et  Elencourt ,  est  un  vieux  village  rangé  sur  la  voie  romaine  qui  conduit  de 
Dieppe  à  Beauvais.  Les  vieillards  appellent  cette  route  le  chemin  des  Romains.  Vers  i  834, 
quand  on  fit  la  route  départementale  n**  5 ,  de  Dieppe  à  Beauvais ,  on  a  trouvé ,  dans  la 
traverse  d'Ancourt,  des  tuiles  à  rebords,  des  terres  noires  et  des  poteries  antiques.  Fré- 
quenunent ,  on  rencontre  à  Ancourt  des  monnaies  romaines  que  Ton  appelle  des  sous  à 
ta  Vierge.  Dans  le  cimetière  qui  entoure  l'église,  on  a  vu  parfois  des  vases  gallo-romains. 
Les  derniers  ont  été  aperçus  en  1843.  Mais,  dès  1835,  j'en  avais  connu  qui  provenaient 
de  ces  anciennes  sépultures.  M.  Deville  nous  assure  qu'on  y  a  trouvé  trois  urnes  en 
1822. 

Époque  incertaine.  —  Ancourt  possède  deux  mottes  qu'il  nous  est  difficile  de  classer. 
La  première  est  au  haut  delà  côte  dite  le  Mont  d'Ancourt ,  à  quelques  pas  de  la  route  de 
Dieppe.  Ce  tertre  isolé  dans  un  champ  et  entamé  par  la  charrue  pourrait  bien  être 

sépulcral. 

La  seconde  motte^  beaucoup  plus  considérable  que  la  première ,  est  dans  la  vallée  et  au 
bout  de  l'église  dont  elle  n'est  séparée  que  par  un  chemin.  Cette  butte  ronde  est  large  et  fort 
élevée.  Un  fossé  profond  l'entoure  de  tous  côtés  ;  ce  fiit ,  peut-être ,  une  motte  féodale  ? 

Dans  la  terre  du  nommé  Blondel,  on  a  trouvé,  vers  1850,  un  cercueil  en  pierre  que 
nous  ne  pouvons  classer. 


Vitet,  «  Histoire  de  Dieppe,  »  édit  t844,  p.  389-393. 
Uabbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  rarrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  n,  p.  137-143. 


Guilmeth,  a  Description  géographique,  historique  , 
statistique  et  monumentale  des  arrondissements,  »  t.  iv, 
p.  163-67. 


254  — 


GRÈGES. 

Époque  gauloise.  —  M.  Deville  m'assure  qu'en  1847,  entre  Palcheul  et  Grèges ,  il  fut 
trouvé  une  médaille  gauloise  en  or. 

Époque  romaine.  —  Grèges ,  dont  le  nom ,  suivant  Duplessis ,  semble  indiquer  une 
croix,  est  un  vieux  village  situé  au  milieu  d'une  plaine  où  l'on  a  rencontré  et  fouillé  plusieurs 
fois  des  constructions  gallo-romaines.  M.  Feret  les  a  explorées  notamment  en  1 827, 1828  et 
1829.  n  reste  encore,  sur  ce  territoire,  des  villas  inexplorées,  aperçues  dès  1778,  lors  de 
la  confection  de  la  route  impériale  n**,  25 ,  du  Havre  à  Lille.  Le  Musée  de  Rouen  possède 
plusieurs  objets  provenant  des  fouilles  de  Grèges  :  ce  sont  des  fibules  en  bronze,  des 
anneaux ,  des  clous ,  des  hameçons  de  bronze  et  un  miroir  en  acier.  Tous  ces  objets , 
recueillis  par  la  duchesse  de  Berry,  qui  soldait  les  fouilles ,  avaient  été  déposés  au  château 
de  Rosny. 

A  l'époque  franque ,  Grèges  est  appelé  Gregium  dans  une  charte  donnée  par  Gharles- 
le-Chauve  à  Notre-Dame  de  Rouen. 


A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiq. 
de  Normandie,  •  t.  u,  p.  3. 


L'abbé  Cochet,  «  les  Eglises  de  Tarrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  n,  p.  135-137. 


GRAINCOURT-DERCfflGNY. 

Époque  romaine.  —  Graincourt.  —  Graincourt,  appelé  Greencourt  au  xnie  siècle,  est 
situé  dans  une  plaine  où  se  trouvent  des  tuiles  à  rebords ,  des  médailles  romaines  et  des 
constructions  antiques ,  notamment  dans  les  terres  possédées  par  la  famille  Varin  de  Saint- 
Ouen.  En  1774  et  en  1827,  on  a  trouvé,  au  bord  du  grand  chemin,  des  habitations 
romaines. 

Derchigny.  —  L'ancienne  paroisse  de  Derchigny  n'est  plus,  depuis  1833,  qu'une  section 
de  Graincourt.  La  vieille  orthographe  appelait  ce  lieu  Arsigny,  Erchéni,  Dersigny, 
Dersignei ,  Ersigny  et  Berchégny. 

En  1853,  un  cultivateur  de  Derchigny,  en  labourant  une  terre  de  M.  de  Glercy,  située 
au  bord  de  la  route  impériale  no  25,  aux  environs  de  l'ancienne  maladerie  deSaint-Gathald, 
trouva  un  vase  en  terre  rempli  de  huit  cents  monnaies  romaines  en  bronze,  grand,  moyen 
et  petit  module.  Ces  pièces,  assez  mal  conservées,  étaient  toutes  frappées  à  l'efiQgie  des 
empereurs  du  nie  et  du  ive  siècle.  Nous  y  avons  reconnu  les  types  et  les  noms  de  Dioclétien, 
de  Maximîen-Hercule,  de  Constance-Chlore,  de  Maximien-Galère,  de  Licinius,  de  Maximin- 
d'Aza  et  de  Constantin-le-Grand. 


Kabbê  Cochet,  a  les  Eglises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  ii,  p.  155-59. 

Uabbé  Cochet,  «  Sépultures  gauloises,  romaines, 
franques  et  normandes,  •  p.  54,  56-57. 


Guilmeth  ,  «  Description  géographique ,  historique , 
statistique  et  monumentale  des  arrondissements,  » 
t.  IV,  p.  162. 


BEXLEVILLE-SUR-MER. 

Époqoe  incertaine.  —  Dans  un  petit  vallon  qui  conduit  à  la  mer  et  que  l'on  appelle  le 
Fond-de-Bellevilte,  on  trouve,  au  penchant  de  la  colline,  une  butte  en  terre  en  forme  de 
cône  tronqué  et  entourée  d'un  fossé  largement  creusé.  Ce  tertre  s'appelle  la  Torniole,  et  il 
a  été  fouillé,  en  \  827,  par  M.  Feret,  de  Dieppe,  qui  y  a  trouvé  les  restes  d'une  cuiller  en  bois 
carbonisée,  des  fragments  de  poterie  grossière  et  une  espèce  de  perle  hémisphérique  ornée 
de  traits  qui  ressemblent  à  des  caractères  magiques.  M.  Feret  en  fait  une  amulette,  et  M.  le 
comte  Guillaume  de  Wurtemberg,  un  fuseau  de  fîleuse,  Ces  objets  sont  déposés  à  la  Biblio- 
thèque de  Dieppe.  M.  Feret  les  suppose  saxons  ;  rien  ne  le  prouve.  Notre  ami  M.  Wylie , 
archéologue  anglais,  a  entretenu  la  Société  des  antiquaires  de  Londres  de  la  Torniole  et  de 
ses  fouilles.  Grâce  à  lui,  nous  pouvons  reproduire  ici  une  vue  du  terrassement  antique 
et  de  la  perle  hémisphérique  qui  y  a  été  rencontrée. 


PEU  LE  HËHISrKÉBIQUB 


TUMULUS  HB  LA  TOBKIOLE  A  BELLK VILLE- SDR-UBB. 

L'abbé  Cochet,  •  les  Eglises  de  l'arrondiBsemeDt  de  i  Wylie,  n  Account  or  Teutonic  remaios  appareatly 

Dieppe,  D  L  II,  p.  150-155.  Boxoa  found  near  Dieppe,  >>  p.  1-9. 

L'abbé  Cochet,  «  Itt Normandie  soulerraine,>  2'  édit.,  1  Wylie,  «  Arcliœlogia,  ■>  ïoI.  ixsv,  p.  f8-53. 

p.  277-381.  I  Ferat,"Cotaloguedela  Bibliothèque  do  Dieppe,"  p.  345 

BERNEVAL-LE-GRAND. 

Époques  franque  et  normande.  —  Berqpval ,  appelé  Bnlenevalle  par  Dagobert  1er, 
Pépin-le-Bref  et  Charlemagne;  Brinevallis,  par  Louis-le-Débonnaire,  et  BertinevalUs,  par 
Charles-Ie-Chauve,  est  un  des  plus  anciens  points  historiques  de  la  côte.  Donné  à  l'abbaye 
de  Saint-Denis,  en  France,  par  son  royal  fondateur  lui-même,  ce  village  lui  fut  restitué  par 


—  256  — 

Pépin-le-Bref ,  et  confirmé,  à  trois  différentes  reprises ,  par  Charlemagne,  Louis-le-Débon- 
naire  et  Charles-le-Chauve.  On  peut  voir,  dans  les  diplômes  mérovingiens,  dans  les  monu- 
ments de  l'histoire  de  France  et  dans  les  historiens  du  grand  monastère,  les  différents  actes 
qui  concernent  cette  importaote  localité. 

Sa  valeur  était  telle,  qu'à  l'époque  normande  elle  tenta  deux  fois  la  cupidité  d'envahisseurs. 
Confisquée  parles  premiers  pirates,  elle  fiit  rendue  par  RoUon,  le  jour  même  de  son  baptême. 
Usurpée  de  nouveau  au  xe  siècle,  par  un  évêque  nommé  Aillemundus,  elle  fut  restituée  à 
Gozlin,  abbé  de  Saint-Denis,  par  Richard  1er,  le  18  mars  968 ,  dans  une  assemblée  de 
princes  et  de  prélats ,  tenue  à  Gisors ,  en  présence  de  Hugues  Capet,  duc  des  Français. 

A  partir  de  ce  moment,  l'abbaye  de  Saint-Denis  garda  l'église  de  Notre-Dame  de  Bemeval 
jusqu'en  1790 ,  et  la  terre ,  jusqu'en  1 284 ,  qu'elle  aliéna  avec  la  baronnie. 

Bemeval  est  une  terre  qu'on  peut  appeler  diplomatique,  car,  outre  les  diplômes  mérovingiens 
qui  la  regardent  et  que  l'on  conserve  aux  archives  de  l'Empire,  nous  avons  encore  sur  ce  village 
une  belle  charte  normande  de  Guillaume-le-Bastard,  antérieure  à  la  conquête  d'Angleterre  et 
dans  laquelle  figure  le  célèbre  Dapifer  (1).  Cette  charte,  d'une  magnifique  écriture,  est  pré- 
cieusement conservée  chez  Me  Marcel ,  notaire  au  Havre,  qui  la  tient  du  chartier  de  Valmont 

La  gorge  maritime  du  Petit-Berneval  est  probablement  l'ancienne  pêcherie  dont  il  est 
fait  mention  dans  les  diplômes  de  l'abbaye  de  Saint-Denis.  On  dit  que  ce  fut  autrefois  un 
petit  port  pour  les  pêcheurs,  et  que  de  là  partit,  en  1402,  Bertin  de  Bemeval,  pour 
suivre  Jehan  de  Béthencourt  à  la  conquête  des  Canaries. 

Le  Manoir  des  Quarante-Acres.  — Le  château  ou  manoir  deBerneval,  dont  il  est  parlé 
dans  les  chartes  anciennes ,  est  aujourd'hui  détruit.  Mais  le  laboureur  en  trouve  dans  les 
champs  les  traces  encore  existantes.  Ce  castel  était  situé  au  heu  appelé  les  Quarante-Acres, 
entre  Berneval  et  Saint-Martin-en-Campagne. 


BIBLIOGBAPHIK. 


Dom  Bouquet,  «  Rerumgallic.  et  francis.  scriptores,  » 
t.  IV,  p.  716. 

a  Cartulaire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis ,  »  t.  ii,  p.  559. 

Dom  Félibien,  «  Histoire  de  l'abbaye  de  Saint-Denis, 
pièces  justificatives,  »  n"»  33,  34,  52,  73,  93. 

Mabillon,  a  Ann.  ord.  S.  Ben. ,  »  t.  m. 

Le  Prévost,  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normasdie,  »  t.  xi,  p.  8  et  9. 

«  Diplomata  et  charlœ  MerovingicdQ  œtatis,  »  w  xlv 
et  XLvi,  p.  78  et  81. 


Archives  de  l'Empire.  «  Diplômes ,  »  n"  45  et  46.  — 
Chez  M.  Marcel,  notaire  au  Havre,  charte  de  Guillaume- 
le-Conquérant ,  duc  de  Normandie. 

L'abbé  Cochet ,  «  les  Églises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  ii,  p.  159-168. 

L'abbé  Lecomte  ,  «  Notice  sur  Bemeval-le-Grand  et 
Saint-Martin-en-Campagne ,  »  p.  1  à  16,  in-18,  Rouen, 
1844. 

L'abbé  Cochet,  «  Sépultures  gauloises,  romaines, 
franques  et  normandes,  »  p.  51-53. 


(1)  Le  Dapifer  de  Guillaume  était  Gérard,  Gérald,  Girold  ou  Gérold  de  Tancarville ,  père  de  Raoul  de  Tancar- 
ville,  chancelier  du  Conquérant  et  fondateur  de  l'abbaye  de  Saint-Georges-de-Boscherville  vers  1050.  Dans  la  charte 
de  fondation  délivrée  par  le  duc  Guillaume  et  par  Raoul  le  Chambellan,  on  lit  parmi  les  témoins:  «  Teste  Girtido 
Dapifero ,  »  et  parmi  les  signatures  «  signum  Giraldi  Dapiferi.  »  Deville  «  Essai  sur  Tabb.  de  Saint-Georges,  ■ 
p.  67,  68,  71  et  72.  M.  Deville  traduit  Dapifer  par  sénéchal ,  et  d'après  Houard,  il  croit  que  le  sénéchal  était  le 
premier  des  officiers  justiciers  de  la  province,  p.  71. 


—  257  — 

BRAQUEMONT. 

Braquemontest  peut-être  le  point  le  plus  ancien  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  puisqu'il 
possède  la  Cité  de  Limes,  enceinte  gallo-belge,  l'une  des  principales  de  ce  département. 
Nous  trouverons  à  Braquemont  des  monuments  des  trois  périodes  gauloise ,  romaine  et 
franque ,  et  des  institutions  du  moyen-âge. 

Période  gauloise.  —  Nous  ne  craignons  pas  d'attribuer  à  la  période  celtique  la  grande 
enceinte  fortifiée  de  Braquemont ,  qui  porte,  il  est  vrai,  le  titre  de  Camp  de  César,  nom 
générique  appliqué  à  toutes  les  enceintes  antiques  de  la  France ,  de  l'Allemagne  et  de  l'An- 
gleterre ,  mais  qui  est  mieux  désigné  dans  les  écrits  et  dans  la  tradition  sous  le  nom  de 
Limes  ou  de  Cité  de  Limes. 

Le  nom  de  Limes  apparaît  dès  le  xive  siècle  dans  Matthieu  Paris  (1),  et  en  1466  sur 
la  pierre  tumulaire  de  Martin-Église ,  où  Regnault  Orel  est  déclaré  curé  de  Limmes  et 
ddien  d'Envermeu. 

Deux  aveux  du  xvie  siècle,  provenant  de  l'abbaye  de  Longueville,  conservés  aux 
Archives  départementales,  citent  en  1576  le  Val  de  la  Cité  de  Lymes  et  en  1582  la  Cité 
de  Lymes,  Le  terrier  de  la  paroisse  de  Neuville-le-PoUet ,  dressé  en  1600,  mentionne  le 
terreur  (terroir)  de  la  Cyté  de  Lymes. 

Depuis  deux  cent  cinquante  ans ,  les  géographes ,  dans  leurs  cartes  comme  dans  leurs 
livres,  ont  donné  tour  à  tour  à  notre  enceinte  les  appellations  de  Câtel,  de  Camp  de  César , 
de  Camp  des  Romains,  de  Limes,  de  Cité  de  Limes,  et  même  de  Cité  d'Olyme. 

Ce  vaste  camp ,  qui  contient  encore  55  ares  de  superficie ,  en  renferma  beaucoup 
plus  autrefois.  Une  partie  est  tombée  et  tombe  tous  les  jours  à  la  mer.  Sa  forme  est 
à  peu  près  celle  d'un  triangle  dont  un  côté  est  irrégulier.  D'une  part,  il  est  protégé  par 
la  mer  et  une  falaise  de  100  mètres  de  hauteur;  de  l'autre ,  par  le  vallon  de  Puys.  Il  ne 
touche  à  la  terre  de  Braquemont  que  par  la  partie  la  plus  étroite ,  et  alors  il  est  défendu 
par  un  énorme  rempart  haut  de  15  mètres  et  construit  entre  deux  fossés  très  profonds. 
Du  côté  du  Puys,  la  crête  est  également  fossoyée  ;  mais  le  rejet  de  terre  est  moins  élevé  et 
le  fossé  est  moins  creux. 

Le  milieu  du  camp  est  coupé  dans  toute  sa  largeur  par  un  petit  vallon  naturel  qui , 
autrefois ,  aboutissait  au  rivage ,  et  qui ,  aujourd'hui  se  trouve  un  peu  plus  élevé  par  suite 
de  la  chute  des  terres. 

(1)  Cet  historien  anglais,  racontant  une  expédition  de  Philippe-Auguste  en  Normandie,  à  Tannée  1203 ,  cite  le 
château  de  Limes  d*une  manière  qui  ne  nous  permet  pas  d'en  déterminer  la  position.  Voici  ses  expressions  : 
«  Rex  francorum  subito  irruit  cùm  impetu...  Cœpit  in  manu  forti  villam  de  Augi ,  cum  castello  de  Limis  et 
alla  castella  plurima.  Gastellum  Radepunt  obsedit....  acies  suas,  ad  Gurùai  convertit.  »  Matth.  Paris,  mon 
abb.  angli,  Historia  major,  p.  144,  in-folio,  Paris,  1644  ;  id.,  ibid.,  p.  199,  édit.  1589.  —  Nous  ne  savons  s'il  faut 
attribuer  à  ce  CasteUum  les  restes  d'une  forteresse  que  vit  à  la  crête  du  vallon  l'abbé  de  Fontenu  dans  sa  visite 
de  1730  (t.  X,  p.  409). 

38 


Trois  portes  donnent  accès  dans  ce  camp  :  l'une  communique  à  la  plaine  et  les  deux 
autres  à  la  vallée.  Deux  d'entre  elles  ont  longtemps  livré  passage  à  la  route  royale  qui 
allait  de  Dieppe  à  Eu ,  et  nous  pensons  que  par  là  passait  la  vote  militaire  qui  conduisait 
de  Lillebonne  à  Boulogne. 

Enfin,  dans  l'enceinte,  on  remarque  un  rejet  de  terre  formant  fossé,  lequel ,  coupé  de 
place  en  place,  semble  une  suite  de  petits  tertres.  Les  archéologues  leur  ont  donné  le  nom 
de  tumuli. 

Cette  description  donnée ,  il  me  reste  à  faire  l'histoire  de  cette  enceinte ,  des  travaux 
qu'elle  a  inspirés  et  des  fouilles  qui  y  ont  été  pratiquées. 


CrTË   DS  LIMES  ou  CAMP  DE  CÉSAR,   A   BBAQCEUONT,  FBËI  DIErPB. 

Le  premier  travail  que  nous  connaissions  sur  la  Cité  de  Limes  est  celui  de  l'abbé  de 
Fontenu,  lu  en  1731  et  en  1732  à  l'Académie  des  Inscriptions  et  Belles-Lettres,  et 
imprimé ,  en  1736,  dans  les  Mémoires  de  la  même  Académie,  t.  x,  p.  403-35.  Il  est  inti- 
tulé :  Dissertations  sur  quelques  camps  connus  en  France  sous  le  nom  de  Camp  de  César, 
Ire  et  2e  partie  (1),  avec  plan.  L'abbé  de  Fontenu  avait  visité  Limes  en  1730. 

(ï)  Ce  nom  de  Camp  de  César,  qa\  me  parait  universel  en  France,  Test  égalcmenten  Allemagne  et  en  Angleterre. 
Dès  le  siècle  dernier,  l'abbè  de  Fontenu  avait  reconnu  cette  vérité  et  l'avait  proclamée  devant  l'Académie  des 
Inacri  plions  et  Bell  es-Lettre  s.  Lui-même  en  avait  cité  plusieurs  i  le  Camp  de  Braquemont  tout  dabord,  puis  celui  de 
Saint- Lcu-d'Esseran,  près  Paris,  et  celui  de  Picquignj-snr-la-Soninie,  et  enfln  le  Camp  de  César  du  port  d  Tk,  en 
Bretagne,prÈs8aint-Brieun.(nMém.derAcad.deslDBcr.etBe!les-Lel(res,.t,x,p.430,  431,432,  436,418.)— A  Songé, 
dans  le  'Vendùmois,  est  un  Camp  de  César,  déjà  décrit  par  Caylus  {■  Recueil  d'Antiq.,  >>  t.  iv,  p.  ITÏ)  et  men- 
tionné de  nouveau  par  M.  de  Pétigny  dans  son  «  Histoire  Arobéologique  du  'Vendûniois,  »  p,  57.  —  A  Wissant, 
près  Boulogne,  on  trouve  un  petit  campauquel  on  donne  le  nom  de  Camp  de  César  (l'abbé  Haigneré,  ■  Etude  sur 
le  Porlw  llius  de  Jules  César,  »  p.  G7,  69,  72.  ^  A  Dieudonné  (  Oise  )  est  un  lieu  dit  le  Camp  de  César  (  Woille», 
.  Répertoire  archéol,  de  l'Oise,  n  p.  1S9).  ~  A  Lesmont  (Aube),  M.  Darbois  de  Jubainville  signale  des  terrasse- 
ments ineiactement  décrits  par  le  comte  de  Caylus  (■  Recueil  d'Antiquités,  ■  t.  vi,  p.  346)  et  qui  portent- le  nom 
de  Camp  de  Céiar.  (Rép.  archéol.  de  l'Aube,  p.  44.  —  S"-GeinmeE-Bur-Loire  est  placée  dans  une  Ile  que  l'on  appelle 


—  259  — 

Au  moment  de  sa  publication ,  ce  Mémoire  devint  l'objet  d'une  polémique  scientifique  qui 
dura  cent  cinquante  ans  sans  apporter  beaucoup  de  lumière  à  la  question.  Le  moment 
n'était  pas  encore  venu. 

Ces  travaux  sont  une  letttre^sur  Limes  adressée  par  M.  Le  Cat,  médecin  de  Rouen,  à  M.  de 
la  Faye,  lettre  qui  parut  dans  le  Journal  de  Verdun  de  1737,  p.  252.  On  y  parle  de  puits 
existant  au  bord  de  la  mer,  et  l'on  cite  une  bague  d'or  avec  grosse  pierre  fine  trouvée 
en  1713. 

Le  second  travail  est  une  lettre  de  M.  Pasquier  de  Wardanché ,  ancien  ciu*é  de  Sainte- 
Agathe-d'Aliermont,  intitulée:  Lettre  cm  P.  B.  L,sur  l'ancienne  Cité  de  Limes,  près  Dieppe, 
en  Haute-Normandie.  Elle  parut  dans  le  tome  m  des  Mémoires  de  Trévoux^  août  1751 , 
p.  1906-1909.  Il  y  est  question  de  la  tombe  et  de  l'inscription  de  Regnault  Orel  à  Martin- 
Église.  On  y  voit  aussi  que  M.  Le  Cat,  de  Rouen,  avait  déjà  dessiné  ce  précieux  monument 
qui  servait  de  pierre  d'autel. 

La  troisième  manifestation  est  un  travail  de  dom  Toussaint  Duplessis ,  moine  de  Saint- 
Germain-des-Prés ,  qui  fut  inséré  dans  le  tome  iv  des  Mémoires  de  Trévoux ,  décembre 
1751 ,  p.  2644  à  2656.  Il  est  intitulé  :  Lettre  du  P.  T.  Duplessis,  sur  la  prétendue  Cité  de 
Limes,  près  Dieppe. 

Enfin,  l'année  suivante,  parut  encore,  dans  les  Mémoires  de  Trévoux^  t.  ii,  p.  940-952, 
avril  1752,  un  travail  de  M.  Le  Cat ,  qui  était  adressé  à  M.  Pasquier  de  Wardanché.  Il  est 
intitulé  :  Lettre  sur  la  prétendue  Cité  de  Limes. 

Le  même  M.  Le  Cat  avait,  dès  l'année  précédente,  soumis  des  Observations  sur  la  prétendue 
Cité  de  Limes  ou'Camp  de  César,  près  Dieppe^  à  la  naissante  Académie  de  Rouen ,  qui  les 
conserva  dans  ses  archives ,  et  qui  en  fit  paraître  l'analyse  dans  le  tome  ii  de  son  Précis , 
p.  166-168. 

A  cette  époque,  la  discussion  se  termina  pour  le  xviiie  siècle,  et  il  nous  faut  descendre 
jusqu'en  1825  pour  entendre  parler  de  nouveau  de  la  Cité  de  Limes. 

Cette  année-là,  en  effet,  M.  H.  Langlois  lisait  à  la  séance  publique  de  la  Société  d'Ému- 
lation  de  Rouen  une  notice  sur  Limes  et  sur  les  recherches  que  venait  d'y  pratiquer 

le  Camp  de  César.  (Godard-Faultrier,  o  Répert.  archéolog.  de  l'Anjou,  »  année  1862,  p.  296).  —  A  Meurcourt (Haute- 
8aône  )  est  une  enceinte  fortifiée  que  Ton  nomme  le  Camp  de  César  (  «  Mém.  de  la  Gommiss.  de  la  Haute-Saône,  » 
t.  II,  p.  46).  —  Au  Gongrès  archéologique  de  1862,  M.  Godard-Faultrier  signale  le  Camp  de  César  à  Fremur,  près 
d'Angers.  (Congrès  arcbéol.  de  France,  t.  xxvi,  p.  51-52.)  —  A  Ghassay  (Côte-d'Or),  près  Soutenay,  est  un  point 
nommé  Camp  de  César,  où  Ton  prétend  que  Gésar  a  battu  les  Helvètes  au  début  de  la  campagne  des  Gaules.  (Gh. 
Aubertin,  «  Revue  des  Soc.  savantes,  »  3*  série,  t.  m,  p.  126.) 

Les  procès- verbaux  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Londres  nous  révèlent  des  Camps  de  César  sur  trois  points 
différents  du  Royaume-Uni  ;  ils  nomment  «  Cœsar's  camp  on  Wimbledon  Gommon ,  »  —  Gœsar's  camp  at  Eings- 
ton-Hill,  »  —  Gaesar's  camp  at  Goombe-Wood.  »  Proceedings  of  the  Society  of  antiquaries  ofLondon,  vol.x,  p.  82 
83,  85.  —  Enfin,  on  le  rencontre  jusqu'en  Egypte,  et  à  quatre  kilomètres  d'Alexandrie  est  l'emplacement  de  l'an- 
cienne Nicozie  et  d'un  camp  romain  dit  Camp  de  César.  En  1860,  on  y  trouva  une  inscription  de  Septime- 
Sévère  (199).  «  Revue  archéologique»  de  septembre  1864,  p.  211,  nouvelle  série,  5*  année,  n*  ix. 


—  260 


M.  Feret,  de  Dieppe.  Ce  Mémoire  de  18  pages  in-S*»,  accompagné  de  2  planches,  est 
intitulé  :  Du  Camp  de  César  ou  Cité  de  Limes,  monum£nt  voisin  de  la  ville  de  Dieppe,  par 
P.-J.  Feret,  Rouen,  Baudry,  1825. 

L'année  suivante,  en  1826,  M.  Feret  publiait  lui-même,  dans  les  Mémoires  de  la  Société 
des  Antiquaires  de  Normandie ,  le  résultat  de  ses  fouilles  et  de  ses  études  sur  l'enceinte  de 
Limes.  Son  travail,  qui  contient  101  pages,  est  intitulé  :  Recherches  sur  le  Camp  de  César 
ou  Cité  de  Limes,  monument  voisin  de  la  ville  de  Dieppe,  d'après  sa  position,  son  mod€  de 
défense  et  les  fouilles  qu'on  y  a  pratiquées, 

A  partir  de  ce  moment,  plusieurs  auteurs,  et  M.  Feret  lui-même,  ont  parlé  de  la  Cité  de 
Limes  à  diverses  reprises  et  dans  différents  ouvrages.  Nous  donnons  de  suite  cette  biblio- 
graphie pour  n'y  plus  revenir. 


L.  Vitet,  «  Histoire  de  Dieppe ,  »•  partie  iv%  ch.  I•^ 

P.-J.  Feret,  «  Souscription  pour  la  recherche  et  la  dé- 
couverte des  antiquités  dans  TaiTondissement  de 
Dieppe,  »  in-8'  de  t8  pages,  Rouen,  1826. 

P.-J.  Feret,  «  Société  archéologique  de  l'arrondisse- 
ment de  Dieppe,  »  in-8«  de  31  pages,  Rouen,  1828. 

Fallue,  «  Mémoire  sur  les  travaux  milit.  ant.  des  bords 
de  la  Seine  et  de  la  rive  saxon.,»  p.  138-145,  in-8",  Caen, 
1835 ,  et  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  »  t.  ix. 

Guilmeth ,  «  Description  géographique ,  historique , 
statistique  et  monumentale  des  arrond.,  »  t.  iv,  p.  150, 
160. 


L'abbé  Cochet,  «  les  Églises  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  t.  ii,  p.  143-46. 

J.  Reynaud,  «  le  Magasin  pittoresque,  v  t.  xvii,  année 
1849,  p.  172-75. 

Feret,  «  Histoire  des  Bains  de  Dieppe ,  »  p.  85-88. 

Bordier  et  Gharton,  «  Histoire  de  France  d'après  les 
monuments,  »  1. 1*',  p.  14-15. 

L'abbé  Cochet,  «  Guide  du  Baigneur,  »  édit.  1860, 
p.  253-268  ;  édit.  1865,  p.  237-259. 

L'abbé  Cochet,  «  la  Cité  de  Limes  ou  le  Camp  de  César, 
à  Braquemont,  près  Dieppe,  »  in-8"  de  15  p.  avec  gra- 
vures, Amiens,  1861,  et  «  la  Picardie,  «  t.  vu,  p.  241-255. 

Ducarel,  «  Antiq.  anglo-normandes,  »  p.  7  et  8,  pi.  m. 


Nous  ne  prétendons  pas  que  tous  ceux  qui  ont  écrit  sur  cet  ancien  monument  aient 
adopté  les  idées  émises  par  M.  Feret;  mais  chacun  les  a  respectées,  sauf  un  seul  qui  les  a 
combattues  sans  fondement  et  sans  motif,  et  surtout  sans  pouvoir  rien  établir  à  leur  place. 
Cet  écrivain,  c'est  M.  Fallue,  dans  un  travail  intitulé  :  Mémoire  sur  les  travaux  militaires 
antiques  des  bords  de  la  Seine  et  sur  ceux  de  la  rive  saxonique,  in-8o  de  150  pages,  Caen, 
1835;  et  inséré  dans  les  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  tome  ix, 
pages  180-327. 

Depuis  1 825 ,  la  Cité  de  Limes  a  été  reproduite  plusieurs  fois  par  la  gravure,  soit  par  des 
historiens,  soit  par  des  archéologues.  On  la  trouve  dans  le  Magasin  pittoresque  et  dans 
\ Histoire  de  France  de  MM.  Bordier  et  Charton.  A  présent,  cette  vieiUe  enceinte  figure  en 
tête  des  monuments  historiques  et  nationaux  de  la  France.  N'oublions  pas  de  signaler  le 
beau  plan  en  reUef  exécuté  en  1858  par  M.  Amédée  Feret,  et  déposé  par  lui  à  la  Bibliothèque 
de  Dieppe.  Sur  ce  précieux  tableau,  les  fouilles  et  les  découvertes  ont  été  indiquées 
soigneusement. 

C'est  de  ces  fouilles  qu'il  nous  reste,  à  présent,  à  faire  l'histoire. 

MM.  Feret  frères  les  ont  commencées  eux-mêmes,  à  leurs  propres  frais,  vers  1822,  et 
les  ont  continuées  ainsi  jusqu'en  1 825.  A  partir  de  l'arrivée  de  la  duchesse  de  Berry  à 


—  261  — 

Dieppe,  ces  fouilles  furent  entreprises  par  souscription  et  sous  les  auspices  de  la  Société 
archéologique  de  Dieppe.  Nous  citerons,  parmi  les  plus  fructueuses,  les  campagnes  de  1826 
et  de  1827  qui ,  malheureusement,  furent  les  dernières.  Le  récit  en  a  été  donné  par  M.  Feret 
dans  les  deux  opuscules  que  nous  avons  cités  plus  haut.  Nous  allons  esquisser  ici  l'ensemble 
de  ces  découvertes. 

% 

Trois  points  ont  été  étudiés  par  l'explorateur  dieppois  :  les  petits  tertres  qu'il  appelle 
tumuli,  les  cavités  cachées  dans  les  fossés  intérieurs  que  l'on  désigne  sous  le  nom  de  tuguria 
et  enfin  le  territoire  voisin  de  la  falaise  nommé  les  câtelets,  le  câtel  ou  le  câtelier  (1);  c'est 
là  qu'il  a  découvert  un  monument  et  un  tombeau  romain. 

Les  tertres  de  gazon ,  que  M.  Feret  regarde  comme  des  tombels  primitifs  et  qui  rappellent 
en  effet  les  sépultures  des  Germains  de  Tacite ,  contenaient,  dans  leur  sein,  des  charbons  de 
bois ,  des  débris  de  vases  gaulois,  des  tuiles,  des  anneaux  de  cuivre,  des  restes  de  fer,  des 
coquillages ,  et  surtout  des  ossements  d'animaux. 

M.  de  Blainville,  consulté  sur  ces  os  exhumés  par  la  pioche  des  travailleurs ,  les  reconnut 
pour  des  restes  de  chevreuils,  de  renards,  de  chiens,  de  bœufs,  de  moutons  et  de  sangliers. 
La  poterie  que  nous  avons  vue ,  et  dont  un  bel  échantillon  existe  à  la  Bibhothèque  de 
Dieppe ,  est  de  cette  pâte  noire  et  brune  qui  caractérise  partout  la  céramique  primitive. 
Elle  ressemble  aux  poteries  antiques  de  Vauvray ,  de  Cocherel  et  du  Vaudreuil  (Eure) ,  de 
Fontenay-le-Marmion  (Calvados),  de  Port-le-Grand  (Somme),  de  Bouelles  et  de  Mouli- 
neaux  (Seine-Inférieure).  Nous  donnons  ici  le  principal  vase  sorti  de  la  cité  de  Limes. 

M.  Feret  croit  que  ces  tertres  un  peu  informes ,  et  qui  res- 
semblent à  un  fossé  découpé ,  constituaient  autrefois  le  cime- 
tière des  premiers  Celtes ,  habitants  de  la  Gaule-Belgique. 
Cette  attribution  demanderait  peut-être  une  démonstration 
plus  complète  et  mieux  établie. 

Pendant  les  années  1826  et  1827,  M.  Feret  rechercha  et 
crut  trouver,  dans  les  fossés  intérieurs ,  les  habitations  et  les 
demeures  de  ceux  qu'il  présumait  inhiunés  dans  les  tombels. 
Plusieurs  tuguria  fiirent  fouillés,  et  leur  enceinte  fut  rétablie 
au  moyen  de  l'étude.  Les  maisons  des  anciens  Gaulois  étaient 
généralement  circulaires ,  construites  en  pierre  sèche  et  légè- 
rement enfoncées  dans  le  sol.  M.  Feret  estime  que  celles  de 
la  cité  de  Limes ,  plus  oblongues  qu'on  ne  le  croit  communément ,  étaient  fabriquées  avec 
du  bois,  de  la  craie,  des  pierres  sèches  et  de  la  bauge.  Les  murs  de  bauge  et  les  construc- 
tions en  bois  ont  traversé  dans  les  Gaules  l'ère  des  Romains  et  le  moyen-âge  pour  arriver 
jusqu'à  nous. 


VASB  GAULOIS  (CITÂ  DE  LIMES). 


(i)  Dès  1387,  le  terrier  de  Neuville  mentionne  la  Falise  du  CasteL 


—  262  — 

Nous  présumons  que  c'est  de  la  fouille  des  tuguria  que  proviennent  les  sept  haches  de 
silex  que  conserve  la  Bibliothèque  de  Dieppe.  Ces  pièces ,  trouvées  à  différents  états  de 
formation ,  ont  fait  supposer  à  M.  Feret  qu'il  y  avait  eu  à  Limes  une  fabrique  de  ces 
ustensiles  primitifs. 

La  dernière  découverte  de  M.  Feret ,  dans  la  cité  de  Limes ,  est  un  petit  édifice  romain 
ayant  la  forme  d'un  carré  long  et  ressemblant  assez  à  un  temple  ou  aune  Cella  antique.  Ce 
qui  nous  a  suggéré,  pour  cet  édifice,  l'idée  d'un  temple  ou  d'un  tombeau,  c'est  qu'au  milieu 
des  débris,  qui  remplissaient  l'enceinte  ravagée,  M.  Feret  a  trouvé  des  têtes  éparses  et  un 
squelette  entier  posé  encore  comme  l'avait  été  le  défunt  lui-même.  Son  attitude  était  tdtte , 
qu'elle  n'avait  pu  lui  être  donnée  que  par  des  mains  religieuses.  La  tête  était  à  l'occident, 
les  pieds  à  l'orient ,  les  bras  joints  sur  la  poitrine.  Deux  médailles  furent  trouvées  sur  le 
squelette,  l'une  vers  la  cuisse,  l'autre  près  de  la  tête  :  cette  dernière  semblait  être  tombée 
delà  bouche.  La  première  était  de  Constantin-le-Jeune  (340),  la  seconde  de  Flavius  Constans 
(350).  Dans  l'édifice  et  autour  on  a  trouvé  une  suite  de  soixante-douze  monnaies  romaines, 
allant  depuis  Auguste  jusqu'à  Flavius  Valons  (378).  Chose  plus  étrange  encore,  on  a  recueilli 
également  vingt-quatre  monnaies  gauloises  en  bronze,  dont  une  présente  un  coq  et  l'autre 
l'aigle  de  la  cité  de  Lexovii  (Lisieux)  (aisiambos-oloxovios). 

Près  du  Romain  du  Bas-Empire,  dont  nous  venons  de  parler,  on  a  rencontré,  à  plus  d'un 
mètre  au-dessous  des  fondations,  im  casque  en  bronze  qui  se  rattache  peut-être  à  sa  dé- 
pouille mortelle.  Non  loin  de  lui  se  trouvaient  cinq  passoires  en  bronze,  provenant  peut- 
être  de  l'équipement  d'un  soldat  en  campagne. 

M.  Feret  pense  que  ce  cadavre  pourrait  bien  être  celui  d'un  officier  de  la  miUce  impériale 
au  temps  de  Gratien  (382),  le  dernier  empereur  dont  on  trouve  la  monnaie  de  bronze  dans 
nos  contrées. 

De  cet  ensemble  de  découvertes,  nous  croyons  devoir  conclure  que  l'enceinte  de  Limes , 
élevée  par  les  Gaulois  indépendants,  fut  réoccupée  par  les  Romains  à  l'époque  des  invasions 
barbares. 

Il  me  reste  à  consigner  ici  une  tradition  plus  celtique  que  romaine. 

Le  peuple  attribue  la  Cité  de  Limes  aux  fées.  Il  montre  sur  les  gazons  de  la  côte  des  ronds 
de  verdure  qu'il  appelle  les  Danses  des  Fées.  Il  dit  qu'à  la  pleine  lune  de  septembre  ces 
génies  viennent  chaque  année  ouvrir  une  foire  annuelle  et  brillante.  Enfin  pour  y  arriver 
elles  auraient  fabriqué  une  voie  particulière.  C'est  ainsi,  en  effet,  que  l'on  appelle  le  chemin 
qui  va  de  Dieppe  à  Rouen  et  Radepont.  Ce  Chemin  des  Fées  aurait  été  construit  en  une 
nuit,  d'après  la  tradition  de  nos  campagnes. 

Période  romaine.  —  Nous  avons  parlé  tout-à-l'heure  des  antiquités  romaines  trouvées 
dans  les  fouilles  de  la  Cité  de  Limes.  Nous  avons  dit  qu'un  édifice  avait  été  mis  au  jour  ainsi 
que  la  sépulture  d'un  guerrier  du  Bas-Empire ,  avec  son  trésor  et  son  équipement.  H  nous 
reste  à  parler  de  la  fouille  faite,  en  1827,  dans  la  plaine  qui  sépare  Braquemont  de  Grèges 


—  263  — 

et  de  Graincourt.  A  400  mètres  au  nord  de  la  borne  militaire ,  qui  limitait  la  garnison  de 
Dieppe,  en  1 771 ,  M.  Feret  a  trouvé  des  maisons  romaines  avec  leurs  dépendances  agricoles. 
Parmi  les  débris  sortis  de  cette  fouille  et  réfiigiés  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe,  nous  citerons 
des  vases  en  terre  noire,  des  restes  de  poteries  de  toutes  couleurs,  des  meules  à  broyer,  des 
clous,  des  hameçons,  des  tuiles  à  rebords,  des  tuiles  convexes  et  une  Latone  en  terre  cuite. 
Tout  à  côté  s'est  rencontrée  une  sépulture  renfermant  plusieurs  vases  en  terre  noire  et  une 
urne  en  verre  contenant,  avec  des  os  brûlés,  une  monnaie  d'Antonin-le-Pieux.  Les  archives 
de  la  Commission  des  Antiquités  conservent  un  bon  plan  des  ruines  romaines  mises  à  jour 
dans  cette  exploration  de  1827. 

Période  franque.  —  De  cette  époque ,  Braquemont  ne  peut  produire  que  des  titres 
écrits,  et  dans  ces  titres  on  ne  ht  que  le  nom  du  village  et  sa  donation  au  Chapitre  de  la 
cathédrale  de  Rouen.  Cette  donation  eut  heu  sous  Charles-le-Chauve,  probablement  en  même 
temps  que  celles  de  Grèges ,  de  Martin-Eglise ,  de  Clais  et  de  Londinières.  Le  titre  original 
parait  perdu.  Mais  la  plus  ancienne  copie,  qui  est  une  charte  du  duc  Robert  1er,  conservée 
dans  un  cartulaire  de  la  cathédrale  et  pubhée  par  les  auteurs  du  Gallia  Christiana^  nomme 
te  village  ^vdLnc\iexaox\i^  villa  Brachemontis  elvillam  Brachemunt.  Braquemont  constituait 
trois  prébendes  pour  le  Chapitre  de  Rouen ,  prébendes  qui  ont  duré  jusqu'à  la  Révolution. 
Le  titulaire  de  la  seconde  prébende  s'appelait  le  Chanoine  prébende  de  Braquemont,  et  il 
présentait  à  la  cure  comme  seigneur-patron. 

Coutumes  anciennes.  —  On  conserve  encore  à  Braquemont ,  à  Belleville ,  à  Grèges  et 
dans  quelques  villages  environnants ,  la  coutume  des  Brandons ,  disparue  presque  partout 
ailleurs  dans  ce  diocèse.  Cet  usage  consiste  à  allumer  des  feux  dans  les  champs  le  soir  du 
premier  dimanche  de  Carême,  appelé  autrefois  le  Dimanche  des  Brandons.  Cette  coutume, 
qui  fut  universelle,  paraît  remonter  à  une  très  haute  antiquité  (1). 


Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie ,  »  t.  xi,  p.  10. 

Duplessis ,  «  Description  géographique  et  historique 
de  la  Haute-Normandie,  »  t.  i",  p.  370. 

Pommeraye,  «  Histoire  de  l'Église  cathéd.  de  Rouen.  » 


L'abbé  Cochet,  «  les  Églises  de  Tarrondissement  de 
Dieppe,  »  tu,  p.  143-150. 

£.  Lambert,  «  Hém.  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Norm.,  * 
t.  XXV,  p.  486-534,  pi.  iv,  flg.  13. 


(1)  Avant  le  xv«  siècle,  tout  le  peuple  de  Senlis  se  rendait  à  la  butte  d'Aumont,  à  Aumont,  le  dimanche  des  Bran- 
dons (Woillez,  •€  Répertoire  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  197).  —M.  l'abbé  Malais  assure  que  l'usage  subsiste  encore  aux 
environs  de  Lisieux  «Calendrier  normand,»  p.  15.  —  Dans  une  dissertation  insérée  dans  les  «  Mémoires  de 
TAcadémie  celtique ,  »  (t.  ii,  p.  450),  Dulaure  dit  qu'à  la  Tombe  et  à  Courcelle,  près  Montereau ,  on  célèbre  la 
PUe  des  Brandons  le  premier  dimanche  de  Carême.  —  A  Sinsin ,  près  Namur,  on  allume  un  grand  feu  sur  les 
collines  le  soir  du  premier  dimanche  de  Carême.  Le  feu  est  dirigé  contre  les  sorcelleries,  maléfices,  coliques, 
maladies,  etc.  (Hauzeur,  «  Antiq.  gallo-germ.,  gallo-rom.et  franq.  de  la  rive  droite  de  la  Meuse,  »  p.  61.) 


—  264  — 


•*>■- 


CANTON    DK    LONGUEVILLE. 


LONGUEVILLE. 

Époque  romaine.  —  On  a  trouvé  à  Longueville  quelques  monnaies  romaines. 

Époques  franque  et  normande.  —  Le  nom  de  Longavilla^  qui  indique  une  origine 
romane,  n'apparaît  dans  aucun  acte  ancien.  Cependant,  le  titre  de  doyenné  qu'a  toujours 
porté  ce  pays  prouve  qu'il  existait  au  moins  dès  l'époque  mérovingienne  (vu©  siècle),  temps 
de  la  création  des  doyennés  ruraux. 

Longueville  fut  aussi  le  siège  d'un  castrum  très  puissant  dont  l'origine  est  inconnue , 
mais  dont  les  restes  recouvrent  la  colline  orientale  du  bourg.  Au  x®  siècle ,  cette  forteresse 
appartenait  à  la  célèbre  famille  normande  des  Giffard ,  qui  lui  laissa  son  surnom ,  et  qui,  au 
xie  siècle,  obtint,  par  la  conquête  de  l'Angleterre ,  le  comté  de  Buckingham. 

C'est  à  tort  que  Robert  Wace ,  et  après  lui  Dumoulin  et  la  Chronique  de  Normandie  de 
Martin  Le  Mégissier,  placent  à  Longeville-la-Giffard  le  fait  de  ce  laboureur  et  de  sa  femme 
qui  furent  pendus  par  Rollon ,  pour  avoir  voulu  tromper  sa  justice.  C'est  à  Longpaon  de 
Darnétal  qu'a  eu  lieu  cette  terrible  exécution  du  xe  siècle. 

Époque  incertaine.  —  Près  des  ruines  du  château  de  Longueville,  du  côté  du  nord- 
ouest,  et  au  bord  de  la  route  départementale  no  32 ,  sont  des  terrassements  énormes  qui  ne 
paraissent  pas  se  rattacher  au  système  général  du  château.  Un  terrassement  de  ce  genre 
se  remarque  auprès  du  vieux  château  de  Mortemer  (arrondissement  de  Neufchâtel). 

VAUDREVILLE  (section  de  longueville). 

Vaudreville  est  une  ancienne  paroisse  à  présent  réunie  à  Longueville.  M.  Guilmelh , 
d'après  Duplessis,  l'appelle  Wadrevilla,  puis  il  ajoute  que  ce  nom  a  beaucoup  de  ressem- 
blance avec  celui  de  Verclives,  près  Écouis,  appelé  Wadre-Locus  dans  un  titre  du  vii«  siècle. 

Le  même  auteur  dit  que,  dans  la  cour  de  la  ferme  qui  fut  autrefois  la  maladerie  de 
Longueville ,  il  existe  une  motte  ronde  entourée  d'un  fossé. 


Robert  Wace ,  «  le  R(Hnan  de  Rou  et  des  Ducs  de 
Normandie ,  »  p.  99-101. 

«Hist.  et  chronique  de  Normandie,  v  imprimée  par 
Martin  Le  Mégissier,  p.  18. 


Dumoulin,  a  Hist.  générale  de  Normandie,  »  p.  29. 

Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  statist.  et  mon. 
des  arrondiss.  de  Dieppe,  du  Havre,  etc.,  »  t  iv,  p.  17 
et  18. 


BERTREVILLE-SAINT-OUEN. 

Époque  franque.  —  M.  A.  Le  Prévost  pense  que  Bertreville-Saint-Ouen ,  autrefois 
Bertreville-sous-Vénise ,  pourrait  bien  être  celui  qui  est  désigné  par  les  noms  de  ScibertP- 


—  265  — 

viila  et  de  Scibertivillam.  D'après  la  charte  de  Robert  h^  en  faveur  de  la  cathédrale  de 
Rouen,  Bertreville,  en  effet,  devait  être  dans  le  comté  de  Talou  :  «  In  comitatu  Talou.  » 

A.  Le  Prévost,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi ,  p.  10. 

LE  BOIS-ROBERT. 

Époque  franque.  —  Au  mois  d'avril  1 860 ,  en  traçant  un  chemin  communal  à  la  côte 
dite  de  Saint-Germain ,  destiné  à  conduire  de  Téglise  du  Bois-Robert  à  la  route  départe- 
mentale no  32,  on  trouva  vers  le  milieu  delà  colline  des  sépultures  franques  de  l'époque 
mérovingienne.  Plusieurs  fosses  ont  été  aperçues  taillées  dans  la  craie  et  orientées  est  et 
ouest ,  comme  la  plupart  de  celles  de  cette  époque.  Une  d'elles ,  qui  contenait  deux  corps , 
a  présenté  des  plaques  de  ceinturon  en  fer  damasquiné ,  une  fibule  en  bronze ,  des  perles 
d'ambre  jaune  et  de  pâte  de  verre. 

On  m'a  dit  alors  que  vers  1820,  en  tirant  de  la  craie  pour  faire  de  la  chaux,  il  avait  été 
trouvé  des  sépultures  avec  des  boucles  et  des  armes  de  fer. 

a  Bulletin  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Nor-         «  Bulletin  monumental ,  »  t.  xxvii,  p.  807. 
mandie,»  année  1860,  1"  année,  p.  116-117. 

LE  CATELIER-PELLETOT. 

Époque  romaine.  —  Le  \illage  du  Câielier,  dont  le  nom  doit  venir  du  latin  Castellum 
ou  Castellarium,  est  situé  sur  la  chaussée  antique  qui  de  Dieppe  conduisait  à  Rotomagus 
(Rouen)  et  à  Ritumagtis  (Radepont).  Devant  l'église  est  un  tertre  ou  motte  circulaire  en  terre, 
ancien  Castellum  qui  doit  avoir  donné  au  pays  le  nom  qu'il  porte.  La  tradition  prétend 
que  ce  tertre  fiit  surmonté  d'une  forteresse.  Cela  est  très  possible  ;  mais  ce  qui  est  plus 
certain  encore,  c'est  qu'autour  de  cette  motte  et  dans  les  environs,  on  a  rencontré  des 
tuiles ,  des  briques ,  des  poteries  et  des  monnaies  antiques. 

«  Les  Eglises  de  Tairond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  374-375.    |  Guilmetb,  «Descr.géogr.)  bist.,  stat.  et  mon.,t  t. iv,  p.20. 

PELLETOT  (section  du  catelier-pelletot  ). 

Époque  INCERTAINE.  —  Pelletot,  ancienne  paroisse  et  ancien  château,  siège  d'une 
grande  famille  féodale ,  n'est  plus  qu'une  section  du  Câtelier.  Les  restes  du  château-fort 
sont  encore  près  de  l'église  avec  un  tertre  entouré  de  fossés  remplis  d'eau. 

ft  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  375.       |     Guilmetb,  «  Descr.  géogr.,hi8t.,  mon*  etstat,  »  t.  iv,  p.20. 

LA  CHAPELLE-DU-BOURGAY. 

Époque  romaine.  —  J'ai  souvent  entendu  dire  à  M.  Nell  de  Bréauté  que,  sur  le  territoire 
de  la  Ghapelle-du-Bourgay,  M.  Feret  et  lui  avaient  trouvé  des  débris  de  tuiles ,  de  poteries 

34 


L 


et  de  constructions  romaines.  Moi-même  j'ai  vu  des  tuiles  à  rebords  dans  les  terres-qui 
entourent  le  château  de  la  Chapelle. 

LA  CHAUSSÉE-BOIS-HUUN. 

Epoque  romaine.  —  La  Chaussée  ou  la  Gauchie ,  dont  le  nom  se  tire  du  latin  Calceia, 
indique  le  passage  de  la  voie  romaine  qui  allait  de  Rotomagus  (Rouen)  et  de  Rittmagm 
(Radepont)  à  la  station  romaine  d'Arques-Dieppe.  C'est  l'ancien  Chemin  des  Fées  qui,  dit  la 
tradition,  conduisait  à  la  Cité  de  Limes. 

Sur  la  partie  de  ce  vieux  chemin  qui  est  située  entre  Sainte-Foy,  le  Bois-Hulin  et  la 
Chaussée ,  j'ai  reconnu  souvent  sur  la  berge  et  dans  les  cavées  des  tuiles  et  des  poteries 
romaines. 

•  Les  Églises  de  l'arrondi ssement  de  Dieppe,  •  t.  ii,  p.  383-84. 

SAINT-CRESPIN.  . 

Époque  oallo-romaine.  —  M.  Guilmeth  rapporte  qu'à  Saïnt-Crespin ,  dans  une  terre 
appelée  la  Queue-Batgneresse ,  H.  d'Imbleval  père,  ancien  maire  de  Longueville,  a  trouvé, 
vers  1830,  des  tuiles  antiques  et  des  hachettes  de  pierre  dont  une  en  serpentine. 

Guilmeth,  •  Descript.  géogr.,  hist,  stat.  et  mon.  des  arrond.,  «  t.  iv,  p.  ÎO. 

DÉNESTANVILLE. 

Époque  ROMAINE.  —  En  1862ouen1863,  un  terrassier  de  cette  commune,  nommé  Au- 
gustin Grout,  en  abattant  un  arbre  à  la  côte 
Smnt-Mickel,  a  trouvé  sous  ses  racines  une 
jolie  lampe  romaine  en  bronze.  Elle  a  la  forme 
d'une  navette ,  pose  sur  un  piédouche  hexa- 
gone et  est  surmontée  de  deux  têtes  d'oiseaux 
(un  coq  et  un  paon).  Le  trou  pratiqué  au 
milieu,  pour  laisser  pénétrer  l'huile,  est  formé 
avec  une  alla  dont  les  anses  offrent  deux 
anneaux  de  suspension.  Nous  reproduisons 
cette  pièce  qui  est  d'une  rare  beauté. 

A  diverses  reprises  j'ai  entendu  dire  que 
l'on  avait  trouvé  des  vases  et  autres  antiquités 
à  la  côte  Saint-Michel. 

Périodes  franque  et  normande.  —  Tout 
au  bord  de  la  Scie  et  à  ^lelques  mètres  à 
peine  du  chemin  de  ^fer  de  Dieppe,  on  re- 


% 


—  267  — 

marque  sur  le  territoire  de  Dénestanville  une  motte  de  vaHée  qui  disparaît  chaque  joui^. 
Déjà,  en  1847,  lors  de  la  construction  du  chemin  de  fer,  elle  a  été  fortement  entaillée  pour 
établir  le  nouveau  lit  de  la  Scie.  Ces  premiers  travaux  avaient  laissé  voir  des  murailles  que 
Ton  apercevait  de  la  voie  ferrée. 

Pendant  les  années  1861  et  1862,  des  ouvriers  ont  démoli  cette  motte  afin  d'y  chercher 
des  matériaux  pour  la  bâtisse.  Ds  en  tirent  tous  les  jours  des  tufs  et  des  silex  qui  ont  fait 
partie  de  fondations  qui  pourraient  bien  remonter  à  l'époque  franque  ou  à  la  période  nor- 
mandç.  Dans  ces  démolitions  on  trouve  des  lits  de  cendres  et  de  charbon  dont  on  ne  peut 
donner  facilement  la  raison  :  j'ai  extrait  de  ces  débris  un  chapiteau  en  tuf  qui  doit  remonter 
au  moins  au  xe  siècle.  Ces  curieux  débris ,  tout  appareillés  de  tuf,  ne  sont  probablement 
que  la  base  d'une  forteresse  dont  le  sommet  dut  être  construit  en  bois.  Ils  me  rappellent 
ces  châteaux-forts  de  la  Bretagne  et  de  la  Normandie  que  l'on  voit  figurer  sur  la  Tapisserie 
de  Bayeux. 

Vers  1840,  lorsqu'on  traça  le  chemin  de  grande  communication  no  3,  qui  va  de 
Dieppe  à  Saint-Victor-l'Abbaye,  on  trouva  des  squelettes  au  ipieA  de  la  côte  Sainte 
Michel.  Les  anciens  du  pays  racontent  qu'il  existait  autrefois  sur  cette  côte  une  chapdfe 
de  Saint-Michel  autour  de  laquelle  on  venait  se  faire  inhumer  de  bien  loin.  Ils  disent  que 
les  seigneurs  de  Bacqueville,  de  Lammerville  et  autres  lieux  s'y  faisaient  transporter  après 
leur  mort. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  *  t.  ii,  p.  362. 


SAINTE-FOY. 

Époque  romaine.  —  Sainte-Foy  est  sur  une  antique  voie  qui  tour  à  tour  porta  le  nom 
de  Chaussée  et  de  Chemin  des  Fées.  Cette  route  allait,  selon  les  temps,  à  Limes,  à  Arques 
ou  à  Dieppe. 

Époqub  normande.  —  Dans  une  ferme  voisine  de  l'église ,  on  trouve  beaucoup  de  fon- 
dations que  quelques-uns  attribuent  à  une  ancienne  collégiale  qui  aurait  été  supprimée  au 
xii«  siècle.  —  En  1109,  Gautier  Giffard,  comte  de  Buckingham  confirme  à  l'église  de 
Saûite-Foy  la  terre  de  Keppes,  en  Angleterre,  avec  redevance  annuelle  et  féodale  de  10,000 
harengs. 


«  Les  Églises  de  l'arrônd.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  381. 
Noêlde  LaMorinière,  a  Hist.  gén.des  Pêches,  »  p.  380-81. 


Dugdale,  «  Moaast.*anglic„  »  tiii,  p.  m. 


HEUGLEVDLLE-SUR-SCIE. 

Époque  franque  (?)  —  Dans  le  bois  du  Mont-Pinsan  sont  les  restes  d'un  vieux  château 
dont  les  ruines  peuvent  et  doivent  remonter  à  l'époque  normande,  peut-être  même  à  celle 
des  Francs-Carlovingiens. 


—  ^68  — 

Sur  une  colline  placée  en  face  du  Mont-Pinson  et  du  fief  des  Gverrots,  j'ai  remarqué 
dans  une  futaie  et  dans  un  taillis  une  suite  de  remparts  en  terre  accompagnés  d*un  vallum. 
On  est  tenté  de  croire  que  c'est  là  le  reste  d'un  camp  ou  d'une  enceinte  fortifiée. 

MANÉHOUVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Dans  la  vallée  de  la  Scie,  en  face  de  l'église  de  Manéhouville , 
on  voit,  dans  une  ferme ,  une  énorme  motte  circulaire  haute  de  4  à  5  mètres  et  qui  ne 
compte  pas  moins  de  100  mètres  de  circonférence. 

«  Les  Eglises  de  rarrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  360. 

CHARLES-MESNIL  (section  de  manéhouville). 

Epoque  franque  (?).  —  Le  chemin  de  fer  de  Rouen  à  Dieppe  passe  depuis  1847  sur  la 
motte  où  fut  autrefois  assis  le  château  de  Charles-Mesnil,  appelé  primitivement  le  Mesnil- 
Hoquet.  Une  yue  de  ce  château,  prise  vers  1700,  existe  encore  à  Paris  dans  la  Collection 
Gaignières.  Un  peu  plus  loin  que  le  vieux  tertre,  et  à  quelques  pas  des  restes  de  la  collégiale 
fondée  en  1399-1402,  est  une  source  vénérée  connue  dans  le  pays  sous  le  nom  de  Sainte 
Ribert.  Une  tradition ,  appuyée  par  la  légende  même  de  saint  Ribert,  prétend  que  ce  pieux 
missionnaire  y  a  baptisé  au  vii^  siècle.  Aujourd'hui  encore  on  vient  boire  Teau  de  la  source 
et  y  plonger  les  enfants  malades.  Aussi  l'appelle-t-on  vulgairement  la  Baignerie  de  Saint- 
Ribert. 

«  Les  Eglises  de  rarrondissement  de  Dieppe ,  «  t.  ii,  p.  355-359. 

MUCHEDENT. 

Époque  romaine.  —  Pendant  l'année  1861,  en  prenant  du  remblai  pour  le  chemin  de 
grande  communication  n**  22,  d'Auffay  au  Tréport,  des  terrassiers  ont  trouvé  à  la  Céte  du 
Moulin  un  certain  nombre  de  squelettes  inhumés  sans  cercueils.  Tout  d'abord  on  nous  a 
assuré  qu'on  n'avait  rencontré  avec  eux  aucun  objet  d'art;  mais  les  déblais  ayant  continué, 
en  1862,  il  a  été  vu  auprès  des  corps  des  vases  de  terre  dont  la  forme  m'a  paru  romaine 
des  bas  temps.  Ce  pourrait  bien  être  un  cimetière  du  v«  siècle. 

M.  Deville  nous  a  parlé  d'ailleurs  de  tuiles ,  de  briques  et  de  poteries  romaines ,  décou- 
vertes à  Muchedent. 

Période  normande.  —  La  charte  de  Gosselin,  vicomte  d'Arqués,  donnée  en  1030,  pour 
la  fondation  de  l'abbaye  de  Sainte-Trfnité-du-Mont  de  Rouen ,  appelle  ce  lieu  Mucedent. 
n  est  probable  que  ce  nom  remonte  à  l'époque  franque. 


Deville,  «  Cartulaire  de  l'abbaye  de  la  Sainte-Trinité- 
du-Montde  Rouen,  v  dans  les  «  Documents  inédits  de 
l'Histoire  de  Rouen,  »  p.  422. 


A.  Le  Prévost,,  «  Mém.  de  la  Société  des  Antiqfuaires 
de  Normandie,  «  t.  xi,  p.  H. 


19^ 


269  — 


TORCY-LE-GRAND. 


Ei^oouE  FRANQUE.  —  Torcy  passe  pour  avoir  été  évangélisé  par  saint  Ribert,  abbé  de 
i^Ucoinaûs,  aujourd'hui  Saint-Valery-sur-Somme ,  que  quelques-uns  croient  avoir  été  un 
cnorévêque  ou  évêque  régionaire  du  vue  siècle.  La  fontaine  sacrée,  qui  porte  le  nom  de 
^  ^aii^^t,  semble  un  témoignage  perpétuel  du  fait  avancé  parla  tradition.  Cette  fontaine, 
P  ^céô  à  mi-côte  dans  un  taillis ,  à  l'occident  du  Grand-Torcy,  est  encore  vénérée  par  les 
^pulsitions.  Ce  qui  indique  une  origine  fort  ancienne. 

^*^OOUE  INCERTAINE.  —  En  faccdu  château  de  Torcy,  dont  les  ruines  recouvrent  encore 
ne  îx^  ^g  jj^  Varenne,  on  rencontre  au  «  sommet  de  la  côte  dite  du  Câtelier^  dans  un 
/s     t€i.iUis  appartenant  à  M.  le  vicomte  Emm.  Dambray,  un  vaste  fossé  dont  le  tracé  forme 

^^Xîii-cercle  sur  la  pointe  du  coteau.  » 

a,.j.^    *^-*^^=0.clh,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des    1       «  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  390. 
'^  -    de  Dieppe,  etc.,  »  t.  rv,  p.  30  et  32.  |       Colange,  «  Vigie  de  Dieppe,  »  du  12  novembre  1861, 


>^ 


de 

if 


CANTON    DE     BELLENCOMBRE. 


BELLENCOMBRE. 

Le  bourg  de  Bellencombre  renferme  aujourd'hui ,  outre  Tancienne  paroisse  de  ce  nom , 
les  paroisses  et  conununes  supprimées  de  Saint-Martin-sous-Bellencombre,  de  la  ïïeuze  et 
des  Authieux-sur-Bellencombre.  Ce  territoire,  ainsi  agrandi,  renferme  beaucoup  d'anti- 

i4^  *  M  quités  de  toutes  sortes  ;  mais  jusqu'à  présent  il  ne  nous  a  pas  été  facile  de  les  classer  ni  de 

f/^'  M  les  déterminer  toutes. 

i^  ^  Époque  gauloise.  —  En  1840,  on  a  trouvé  près  du  château  de  Bellencombre  une  mon»- 

naie  gauloise  en  bronze  que  possède  le  Musée  de  Rouen.  Les  bois  qui  entourent  Bellen- 
combre possèdent  une  grande  quantité  de  terrassements  qui  proviennent  pour  la  plupart 
d'anciennes  ferrières,  forges  ou  mines  de  fer  présentement  abandonnées.  Mais  si  les  extrac- 
tions de  fer,  communes  dans  ce  canton ,  remontent  jusqu'aux  Gaulois  et  aux  Romains , 
comme  le  démontrent  les  tuiles ,  les  poteries  et  les  médailles ,  elles  descendent  aussi  jus- 
qu'au moyen-âge.  Nous  avons  des  preuves  de  l'existence  de  forges  et  de  mines  de  fer  dans 
ce  pays  depuis  le  xive  jusqu'au  xvii*  siècle. 


—  ^70  — 

Vers  1836,  des  hachettes  en  silex  et  en  bronze  et  des  mounaiea  gauloises  ont  été  trouvées 
sur  la  plaine  qui  avoisine  le  château. 

Époque  romaine.  — M.  Guiljneth,  qui  nous  a  transmis  ce  dernier  détail»  assure  que  dans 
le  même  champ  et  à  la  même  époque  il  a  été  rencontré  des  constructions  romaines.  Il  dte 
particulièrement  une  salle  pavée  en  pierre  de  liais. 

Époque  franque. — On  m'a  signalé  à  Bellencombre  deux  cimetières  de  l'époque  firanque. 
Ils  sont  situés  sur  une  colline  près  de  l'église,  et  on  y  a  trouvé  des  ossements  avec  vases  et 
armures. 

C'est  sans  doute  à  l'époque  franque,  ou  tout  au  plus  tard  à  la  période  normande,  qui  che^ 
nous  lui  est  contemporaine ,  que  l'on  doit  faire  remonter  l'origine  du  vieux  château  de 
Bellencombre.  Cette  vieille  forteresse ,  qui  dut  porter  primitivement  le  nom  de  Warùma , 
est  assise  sur  une  motte  énorme  encore  entourée  de  terrassements  et  de  fossés  profonds. 

Époque  incertaine.  —  Entre  Bellencombre  et  l'ancienne  église  de  Saint-Ouen  est  une 
motte  circulaire  en  terre  qui  porte  dans  le  pays  le  nom  de  Câtelier. 

SAINT-OUEN-SUR-BELLENCOMBRE  (section  de  la  crique). 

Époque  incertaine.  —  Non  loin  de  l'ancienne  église  de  Saint-Ouen  et  à  côté  d'une 
mare  s'élève  un  tertre  circulaire  entouré  d'un  fossé. 

BEAUMONT-LE-HARENG. 

Époque  gauloise.  —  Un  amateur  d'antiquités  m'a  assuré  avoir  recueilli  sur  le  terri- 
toire de  Beaumont  des  couteaux  en  silex ,  qu'il  a  déposés  au  Musée  de  Neufchâtel. 

Époque  incertaine.  —  Au  hameau  du  Val-Gilles  ^  dans  un  taillis  appartenant  aux 
hospices  de  Rouen ,  on  trouve  des  maçonneries  au  sommet  d'une  colline.  Les  vieillards 
disent  qu'il  y  avait  là  la  chapelle  du  Bois-ParqueL  Auprès  se  trouve  un  puits  aujourd'hui 
comblé.  Dans  les  environs  est  la  Mare^tuc^Sangsues^  près  de  laquelle  la  charrue  a  déterré 
autrefois  des  cercueils  en  plâtre  renfermant  des  ossements  humains.  M.  Buzot ,  de  Saint- 
Saëns,  y  a  reconnu,  en  1850,  un  carré  de  murailles  long  de  22  mètres  et  large  de  40. 
Auprès  des  murs  se  trouve  une  motte  circulaire  avec  fossé  ayant  100  mètres  de  circon- 
férence. 

SAINT-HELUER. 

Époque  gauloise  (?).  —  Non  loin  de  l'église  paroissiale  est  une  fontaine  vénérée  dite  dé 
Saint-Hellier.  On  prétend  que  saint  Hellier,  solitaire  et  martyr  du  vi®  siècle,  s'y  est  reposé 
et  rafraîchi.  Lel6  juillet,  jour  de  sa  fête,  on  vient  y  plonger  les  enfants  malades.  Toute 
l'année  on  y  apporte  des  rubans  et  des  cierges. 


—  274  — 

ORIVAL  (section  de  saint-hellier). 

Époque  romaine  (?  ).  —  Dans  le  cimetière  qui  entoure  l'église  d*Orival,  centre  d'un 
pèlerinage  considérable  à  Saint-Paër,  on  trouve  en  creusant  les  fosses  beaucoup  de  tuiles  à 
rebords.  En  juin  1860,  j'en  ai  vu  un  grand  nombre  extraites  d'une  fosse  récemment 
creusée. 

Époque  franqus.  —  En  1848  ou  en  1838, en  creusant,  au  côté  nord  de  l'Eglise,  la 
tombe  d'un  garde  forestier,  on  a  trouvé,  sous  la  gouttière ,  la  sépulture  d'un  guerrier  franc. 
Eki  1840,  M.  DevUle  acheta  pour  le  Musée  de  Rouen  ces  objets  qui  avaient  été  conservés. 
Ils  consistent  en  une  hache  francisque ,  en  un  sabre  ou  scrâmasaxe,  le  tout  en  fer;  en  une 
plaque,  une  contre-plaqué  et  une  terminaison  de  ceinturon  en  cuivre  ciselé. 

«  Balletin  de  la  Soc.  des  Antiquaires  de  Normandie,  »    I      «  Catalogue  manuscrit  et  illustré  du  Musée  de  Bouen ,  » 
!'•  année^  p.  122-23.  |   rédigé  par  M.  Deville. 

CRESSY. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  nous  assure  qu'il  a  été  trouvé  à  Cressy  des  tuiles  et  des 
poteries  romaines. 

Époque  franque.  —  A  l'époque  franque ,  Cressy  était  la  propriété  de  l'abbaye  de  Fon- 
tenelle ,  à  laquelle  il  avait  été  donné  par  Childéric  II  en  672 ,  en  la  personne  de  saint 
Lambert,  son  deuxième  abbé  :  «  Crisciaco ,  in  pago  Tallou.  i> 

En  730  ou  734,  Teutsinde,  abbé  du  même  monastère,  cédait  au  comte  Rathaire  ce  même 
fief  de  Cressy  :  «  Crisciaco  cum  adjacentiis.  3> 

Période  normande.  —  Plus  tard,  sans  doute  au  xie  ou  au  xne  siècle,  Cressy  devînt  kt 
propriété  des  chanoines  de  Saint-Lô  de  Rouen ,  qui  y  établirent  un  prieuré*  De  ce  prieuré 
il  reste  aux  archives  départementales  de  la  Seine-Inférieure  deux  curieux  et  intéressants 
cartulaires,  allant  de  1235  à  1472.  Cressy  est  alors  appelé  Cresciaco  et  Cressenium. 


«  Acta  Baact.  ord.  S.  Benedic,  »  siec.  ii. 
M  Chronicon  Fontanellœ,  «  c.  x. 
A.  Le  PreYOst,  «  Mém.  de  la.  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  6-7. 


«  Les  Eglises  de  rarrondissenieiit  de  Dieppe ,  »  t.  n, 
p.  407  et  408. 

a  Catalogne  général  des  Gart.  des  archiv.  départ.,  » 
p.  38-39,  in-4%  Paris,  1847. 


POMMERVAL  ou  POMMERÉVAL. 

Époque  romaine.  —  M.  Guilmeth  dît  que  Ton  a  recueilli  à  Pommeréval  des  médailles  et 
âe&  tuiles  antiques. 
Époque  incertaine.  —  Près  de  Téglise,  on  montre  l'assiette  et  les  ruines  d'un  vieux 

i 

ch&teau  dont  il  n'est  pas  aisé  de  donner  l'origine. 

Guilmeth,  «  Desc.  géog.,  hist.,  mon.  et  stat.,  •  t.  iv,  p.  273.  |   a  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  42(^. 


LES  GRANDES-VENTES. 

Époque  gauloise.  —  Dans  la  forêt  d'Eawy,  à  la  vente  dite  de  la  Mare-du^Four,  des  ter- 
rassiers ont  trouvé,  pendant  l'été  de  1863,  quatre-vingts  hachettes  en  bronze,  dont  nous 
reproduisons  ici  deux  spécimens 
gravés  par  M.  Brévière.  Ces  hachettes 
étaient  cachées  sous  un  de  ces  tas 
de  cailloux  si  fréquents  sur  nos  col- 
lines. Quelques-unes  avaient  servi  et 
avaient  été  ébarbées  et  aiguisées; 
d'autres  étaient  comme  au  sortir 
du  moule.  Deux  ou  trois  seulement 
avaient  des  anneaux  de  suspension. 
L'administration  forestière  a  dû  of- 
frir la  majeure  partie  de  ces  objets  au 

Musée  de  Saint-Germain-en-Laye.  * 

Quelques  pièces  ont  été  distribuées 

aux  Musées  de  Rouen ,  de  Caen ,  du  i 

Havre,  de  Dieppe,  de  Neufchâtel  et  uAcaKiTEs  eh  bbokzb  (^obét  b-*awt,  isas). 

de  Fécamp. 

Epoque  romaine.  —  H  .parait  bien  que  les  Gallo-Romains  avaient  aussi  des  établisse- 
ments dans  la  plaine  où  germa  plus  tard  la  forêt  des  Ventes,  d'Eatoy  ou  de  Beaubeqvet  (  de 
Ventis  Âquosis  ou  de  Bello  Bequeto).  Dans  la  partie  essartée  et  cultivée  qui  va  des  Ventes 
à  Equiqueville,  on  rencontre  en  abondance  des  tuiles  à  rebords.  C'est  au  point  que  les  ma- 
çons en  font  du  ciment  C'est  surtout  au  hameau  du  Châtelet  ou  des  Châtelcts  que  ces 
débris  abondent.  On  montre  un  quartier  où  fut,  dit-on,  la  ville  de  Hesdin,  dont  les 
bûcherons  même  et  les  charbonniers  ont  gardé  souvenir> 

tLaNorinaiidiesout.,>l"M.,p.  132; 3* éd., p.  151.    {       Guilmeth,  •  Descript.  géogr.,  hist.,  mon.  et  stat.,  > 
■  Les  Eglieea  de  larrood.  de  Dieppe,  *  t.  ii,  p.  214.      [    t.  iv,  p.  275, 

ROSAY. 

Époque  franque.  —  Vers  1862,  sur  une  des  collines  qui  encaissent  la  vallée  de  k 
Varenne,  on  a  trouvé,  aux  environs  de  Rosay,  des  sépultures  franques  qui  ont  donné  aux 
forestiers  d'Eawy  une  lance  et  une  hache  en  fer.  Elles  ont  été  remises  par  eux  à  M.  Livet 
de  Barville,  inspecteur  des  eaux  et  forêts  à  Saint-Saëns. 


—  273  — 

LE  MESNIL-FOLLEMPRISE. 

Eï^oque  franque  (?).  —  Dans  le  vallon  de  FoUemprise,  et  non  loin  du  chemin 
qui  conduit  à  Bures,  est  un  lieu  appelé  le  Cimetière  des  Huguenots.  Il  n'est  pas  sans 
exemple  que  Ton  ait  appelé  ainsi  les  cimetières  antiques ,  notamment  les  cimetières 
franco     Ci). 

COTTÉVRARD. 

.       ^^  Que  romaine.  —  Sur  Cottévrard  est  le  hameau  [de  Dreulles  ou  de  Druel ,  terrain 

.  5^Xi.>{  où  coula  autrefois  un  ruisseau  disparu.  Le  nom  de  Ruelou  de  Druel  semble  indiquer 

.  ^  ^^.\i  courante.  On  parle  dans  ce  pays  d'une  ville  ou  cité  de  Dreulles  qui  aurait  été  au- 

£^      ^^   le  centre  du  pays  (2).  Un  vieux  chemin  du  hameau  porte  le  nom  de  chemin  de  César. 

j        ^^'^te  qui  conduit  à  Yvetot  présente  beaucoup  de  coupures  ou  de  cavées  qui,  suivant  la 

.  ,^*ion,  furent  {ailes  par  César  pour  dresser  des  embûches  à  ses  ennemis .  Entre  Cottévrard 

^      ^^c-le-Hard,  au  bord  du  bois  de  la  Motte,  on  rencontre  une  énorme  butte  circulaire 

^^  laquelle  on  prétend  qu'il  existe  un  souterrain. 
Aç^    ^ï^s  1830,  on  a  recueilli  à  Cottévrard  et  à  Dreulles  des  monnaies  romaines  de  grand  et 
V^Vit  bronze.  Quelques-unes  étaient  de  Néron  et  de  Commode,  vingt-sept  de  Titus ,  mais 
\ytV  p^us  grand  nombre  de  Trajan-Dèce. 

T^ous  pensons  que  le  chemin  de  César,  qui  passait  à  Dreulles,  était  la  voie  romaine  allant 
de  Rilumagus  et  Gailly  (Calli/icum)  à  Arques,  Dieppe  et  la  mer. 


Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist ,  mon.  et  stat.,  • 
t.  IV,  p.  280-81. 
«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe ,  »  t.  u ,  p.  430. 


«Mém.delaSoc.desAntiq.  deNorm.,»  t.xxrv,p.352. 
M  Histoire  de  l'abbaye  royale  de  St-Pierre  de  Jumiéges,  » 
Mss.  in-4%  de  1762,  chez  M.  Lepel-Cointet,  à  Jumiéges. 


LE  BOSC-LE-HARD. 

Époque  gallo-romaine.  —  Le  terrain  sur  lequel  est  assis  le  bourg  du  Bosc-le-Hard  est 
formé  d'une  couche  épaisse  de  scories  de  fer  qui  forme  en  certains  endroits  une  couche  im- 


(1)  A  Bray,  hameau  de  BuUy  (Oise),  on  a  trouvé,  en  1828,  au  lieu  dit  le  Cimetière  des  Huguenots,  des  haches  en 
silex  dans  des  sarcophages.  (  «  Répert.  archéolog.  de  TOise ,  »  p.  195.) 

(2)  Nous  faisions  peu  de  cas  de  cette  tradition  jusqu'à  ce  que  nous  l'ayons  rencontrôe  dans  une  histoire  manuscrite 
de  l'abbaye  de  Jumiéges,  rédigée  au  siècle  dernier.  Le  savant  bénédictin  qui  écrivit  sur  pièces  cette  précieuse  his- 
toire nous  montre  clairement  que  la  tradition  relative  à  Dreulles  n'est  pas  sans  quelque  fondement.  Voici  cette  note 
curieuse  qui  nous  apprend  au  moins  à  ne  pas  traiter  trop  légèrement  les  traditions  locales.  «  Une  bulle  d'Eugène  III, 
an  1147,  confirmée  Saint-Martin  de  Druelle  ou  Dreulle,  les  églises  la  Trinité  du  Bosc-Béranger  et  de  Saint-Georges 
à  Grosmesnil  (ces  trois  dernières  églises  sont  dans  le  territoire  de  Cottévrard,  dont  Dreulles  étoit  alors  le  chef- 
lieu).  Dans  la  suite  le  titre  de  paroisse  a  été  transféré  à  Saint-Nicolas  de  Cottévrard  :  le  Bosc-Béranger  est  devenu 
tme  paroisse  en  titre,  Druel  a  dégénéré  en  simple  chapelle  comme  étoit  Grosmesnil.  L'abbaye  de  Jumiéges  présente 
à  la  cure  de  Cottévrard,  à  celle  du  Bosc-Béranger  et  à  la  chapelle  de  Druelle,  à  cause  d'un  fief  qu'elle  possède  à 
Cottévrard.  La  chapelle  de  Grosmesnil  ne  subsiste  plus.  »  —  »  Hist.  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,  » 
p.  113,  Mss.  de  1762. 

35 


—  274  — 

pénétrable  au  pic  et  à  la  bêche.  En  creusant  des  puits,  on  a  constaté  une  masse  de  laitier  de 
plusieurs  mètres  de  profondeur.  Cette  stratification ,  sur  laquelle  ont  germé  l'église ,  les 
maisons  et  le  vieux  château ,  renferme  un  espace  de  plusieurs  hectares. 

Il  est  évident  que  c'est  là  le  résultat  de  forges  et  de  mines  séculaires.  Mais  combien  de 
temps  ont  duré  ces  extractions?  à  quelle  époque  ont-elles  commencé?  C'est  ce  que  nous 
ignorons.  La  présence  de  tuiles  à  rebords  mêlées  à  ce  minerai  et  la  rencontre  de  quelques 
monnaies  romaines  font  supposer  que ,  dès  le  temps  des  Césars ,  l'exploitation  du  fer  a  dû 
exister  au  Bosc-le-Hard  comme  à  Montreuil,  à  Saint-Saëns,  à  Forges  et  à  Bellencombre. 
Mais,  comme  dans  ces  derniers  endroits,  l'industrie  a  pu  et  dû  s'y  prolonger  jusqu'au 
moyen-âge.  A  plusieurs  reprises  on  a  découvert  sur  le  territoire  du  Bosc-le-Hard ,  notam- 
ment à  Augeville,  des  vases  et  des  monnaies  romaines. 

Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth ,  après  avoir  mentionné  également  les  forges  du 
Bosc-le-Hard,  parle  aussi  d'une  motte  circulaire  qui  aurait  été  autrefois  entourée  de  fossés 
à  présent  comblés.  Ce  tertre  serait  placé  sur  le  chemin  de  Saint-Saëns. 

«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  427.       |     Guilmeth,«Desc.géogr.,hist.,mon.etslat.,»t.iv,p.285. 

AUGEVILLE  (section  du  bosc-le-hard). 

Époque  romaine.  —  M.  Guilmeth  dit  qu'à  Augeville,  vers  1822,  sur  la  propriété  de 
Pierre  Roussel ,  on  aurait  trouvé  en  labourant  plusieurs  antiquités  romaines ,  notamment 
un  vase  en  terre  contenant  un  grand  nombre  de  médailles  romaines  de  différents  modules. 

Nous  aussi  nous  avons  entendu  parler  de  cette  découverte  qui  eut  lieu  dans  une  terre 
voisine  d'une  grande  épine  qui  séparait  autrefois  les  dîmages  d' Augeville  et  djm  Bo^c-le- 
Hard  (i);  mais  on  nous  a  dit  que  le  vase  ouies  vases  étaient  en  bronze.  On  nous  a  montré 

(l)  C'était  une  coutume  assez  générale  dans  l'ancienne  Normandie,  d'indiquer,  par  des  épines,  les  limites  des 
dimages,  et  par  suite  les  divisions  paroissiales.  Quoique  cet  usage  ait  eu  cours  au  moyen-âge,  nous  n'en  sommes 
pas  moins  disposé  à  croire  qu'il  vient  de  fort  loin,  et  qu'il  pourrait  bien  dater  de  l'institution  des  paroisses  et  de 
rétablissementdes  dimes.— Nous  connaissons  dansTarrondissementde  Dieppe  et  dans  celui  du  Havre  un  bon  nombre 
de  vieilles  épines  qui  divisent  encore  les  communes.  Nous  en  avons  remarqué  plusieurs  dans  la  plaine  qui  sépare 
Criquetot-l'Esneval  de  Saint-Romain-de-Golbosc.  —  «  Entre  Belbeuf  et  Franqueville ,  dit  M.  André  Durand ,  est  le 
triage  de  \Si  Haute-Épine,  nom  qui  provient  d'une  ancienne  épine  qui  avait  deux  cent  cinquante  à  trois  cents  ans, 
et  qui  séparait  les  deux  dîmages.  »  «  Journal  de  Rouen,  »  du  25  octobre  1859.  —  Dans  la  plaine  qui  sépare  Monté- 
roUier  de  Neufbosc,  j'ai  remarqué  quatre  épines  plusieurs  fois  séculaires.  On  m'a  signalé  notamment  VÉpine  des 
quatre  Abbés  qui  limitait  les  dîmages  de  Montérollier ,  de  Neufbosc ,  de  Mathonville  et  de  Sainte-Geneviève.  Le 
9  novembre  1832,  M.  Boucher  de  Pertbes  présenta  à  la  Société  d'Émulation  d'Abbeville  le  fragment  d'une  aubépine 
{mespilus  oxiantha)  abattue  en  1830,  et  qui  servait  de  borne  à  un  champ  situé  à  une  demi-lieue  d'Abbeville  ,  dès 
l'année  1201.  (Prarond,  «  le  Pilote  de  la  Somme,  »  du  7  septembre  1858).  —  Un  morceau  du  môme  arbre  est  conservé 
au  Musée  d'Amiens,  et  est  ainsi  étiqueté  :  «Fragment  d'aubépine,  abattue  en  l830,àSaint-Nicolas-Iès-Abbeville. » 
Le  Catalogue  ajoute  les  détails  suivants  :  «  Dès  l'année  1201  cette  épine  servait  de  borne  à  un  champ  situé  &  une 
demi-lieue  d'Abbeville,  sur  la  route  de  Boulogne.  Elle  est  marquée  dans  de  vieux  titres  comme  délimitant  ce 
champ  avec  trois  autres  arbres  de  même  essence.  •  «  Catalogue  du  Musée  départemental  et  communal  d'Amiens,  « 
p.  13,n*56,  édit.  1848. 


—  275  — 

quelques-unes  des  monnaies  qui  en  sortirent;  elles  étaient  en  billon  saucé,  et  nous  y  avons 
reconnu  un  Posthume  et  un  Gallien  de  petit  module. 

Ouilmeth,«Desc.géogr.,hist.,mon.etstat.,i>t.iv,p.284   |     «  Mém.de  la  Soc.  des  Aaliq.  de  Norm.,  ■  t.  xxiv,  py352. 


CANTON    DE    TOTES. 


TOTES. 

Époques  franque  et  normande.  —  Peut-être  ce  lieu  est-il  le  Toscarias  donné  en  672 
par  Childéric  II  à  l'abbaye  de  Fontenelle.  Alors  ce  serait  ce  même  Toscarias  qui ,  en  734 , 
aurait  été  cédé  par  l'abbé  Teutsinde  au  comte  Rathaire. 

En  1030,  lors  delà  fondation  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen,  Gosselin, 
vicomte  d'Arqués ,  donne  au  monastère  rouennais  «  in  pago  Talou  villae  quae  dicitur  Totes 
partem  illam  quae  ad  Gozelinum  pertinebat.  ]^ 

M.  Le  Prévost  est  tenté  d'attribuer  à  Ralançon ,  hameau  voisin  de  Tôtes ,  le  Balciduum 
ou  Balcinium  qui,  en  734,  fut  cédé  au  comte  Rathaire  par  Teutsinde ,  abbé  de  Fontenelle. 
Nous  serions  plus  disposé  à  appliquer  ce  nom  au  village  de  Beaunay. 

BIBLIOGRAPHIE. 


Deville ,  «  Gartulaire  de  l'abbaye  de  la  Trinitô-du- 
Mont  de  Rouen ,  »  dans  la  «  Collection  des  mon.  inédits 
de  l'Histoire  de  France,  »  p.  422. 

A.  Le  Prévost,  c  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  6. 

Mabillon,  «  Acta  sanc.  ord.  S.  Benedict.,»  sœc.  ii. 


«  Ghronicon  Fontanellœ,  v  c.  x ,  dans  les  «  Mémoires 
de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,»  t.  xi, 
p.  7. 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti 
quaires  de  Normandie,  t.  xi,  p.  11. 

«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  v  t.  xi,  p.  7. 


BERTRIMONT. 

Époque  incertaine.  —  Dans  une  ferme  qui  avoisine  l'église  de  Bertrimont  est  une  motte 
en  terre  légèrement  remparée  de  silex ,  si  ma  mémoire  est  fidèle.  On  lui  donne  le  nom  de 
Fer  té  y  Firmitas. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe ,  »  t.  n,  p.  492-93. 

VARNEVILLE-AUX-GRÈS. 

Époque  incertaine.  —  Yarneville-aux-Grès  ou  lès-Grès  renferme  un  certain  nombre 
d'antiquités  :  peut-être  ont-elles  été  mieux  observées  ici  qu'ailleurs ,  grâce  à  M,  César 


—  276  — 

Marette,  de  Clères,  qui  nous  en  a  donné  l'inventaire  dans  sa  brochure  intitulée:  Le  Camp 
de  la  Bouteillerie  à  Varneville. 

Ce  camp  de  la  Bouteillerie  y  que  nous  avons  visité,  en  4847,  est  une  enceinte  circulaire 
garnie  de  doubles  fossés  et  située  dans  un  bois-taillis.  Ce  camp  peut  contenir  un  peu  plus 
d'un  hectare  (deux  acres  ou  deux  acres  et  demie,  dit  M.  Marette).  La  profondeur  des  douves 
est  d'environ  4  mètres.  Aucune  trace  de  maçonnerie  n'a  été  trouvée  sur  la  motte  ni  dans 
les  douves.  Cette  enceinte  a  beaucoup  de  ressemblance  avec  celle  du  Dois-4e^la-Salle ,  à 
ToufTreville-la-Corbeline.  On  est  porté  à  considérer  la  Bouteillerie  comme  un  stativa  des 
Romains  ;  mais ,  jusqu'à  présent ,  cette  assertion  est  sans  preuve. 

Époque  roauine.  —  Toutefois ,  le  sol  de  Varneville  contient  plusieurs  traces  de  la  civi- 
lisation romaine. 

Dans  le  cimetière  qui  entoure  l'église ,  le  fossoyeur  ramène  parfois  des  tuiles  à  rebords. 
Près  du  Camp  de  la  Bouteillerie ,  la  charrue  retourne  souvent  des  fragments  de  briques 
romaines.  Les  bois  voisins  de  la  Houssaye  recèlent  des  puits,  des  meules  en  pierre  et  des 
objets  qui  indiquent  le  passage  de  l'homme  antique. 

Dans  le  quartier  du  Fond-de-la-Ville ,  on  a  trouvé  des  tuiles  à  rebords  en  nombre  consi- 
dérable, et  récemment  encore  on  a  rencontré  deux  tombeaux  sous  forme  d'auge.  Près  de  là 
est  la  Ville-à'Guets  ou  la  Ville-aux-Guets ,  que  les  gens  du  pays  disent  avoir  été  une 
ancienne  ville  destinée  à  surveiller  la  contrée. 

Le  territoire  de  Varneville  est  sillonné  par  des  voies  antiques  qui  se  croisent.  La  Cauchie 
de  Beautot,  qui  peut-être  allait  de  Pavilly  (PauUacum)  vers  Envermeu  (Edremau),  traversait 
le  Chemin  des  Fées  qui  de  Rouen  allait  au  Bel  d'Arqués  et  à  la  Cité  de  Limes. 

•  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  t.  ii,  p.  351, 2»  édit. 
a  Les  Églises  do  l'arrond.  de  Dieppe,  »  l.  ii,  p.  520-29. 


César  Marette,  «  Le  Camp  de  la  Bouteillerie  à  Varne- 
ville, y  in-12,  de  23  pages,  Rouen,  Périaux,  1838. 


BIENNAIS  (section  d'étaimpuis). 

Époque  incertaine.  —  Sur  Biennais  on  trouve ,  dans  une  fermé  placée  à  la  naissance 
d'un  vallon ,  une  petite  source  sacrée  où  de  nombreux  pèlerins  viennent  boire  et  se  baigner 
le  3  juin ,  jour  de  la  fête  de  sainte  Clotilde. 

«  Les  Églises  de  Tarrondissement  de  Dieppe ,  »  t.  ii ,  p.  523. 

MONTREUIL-EN-CAUX. 

Époque  gallo-romaine  {?).  —  Dans  les  bois-taillis  situés  entre  Montreuil  et  Saint-Victor- 
TAbbaye,  on  voit  des  terrassements  et  Ton  rencontre  des  débris  provenant  de  forges  et  de 
ferrières  qui  remontent  peut-être  à  l'époque  gallo-romaine. 

Epoque  franque.  —  M.  A.  Le  Prévost  est  disposé  à  appliquer  au  village  de  Montreuil- 
en-Caux  le  Monasteriolum ,  qui  est  compté  par  Charles-le-Chauve  parmi  les  biens  de  la 


—  277  —    ' 

cathédrale  de  Rouen.  Ce  bien  était  alors  situé  dans  le  pays  de  Talou  (in  pago  Talano), 
positi(^n  que  le  site  de  Montreuil  ne  contredit  pas. 

Ce  qui  prouverait  jusqu'à  un  certain  point  l'antiquité  de  Montreuil,  c'est  que  dans  une 
ferme  voisine  de  l'église  on  a  trouvé,  vers  1840  et  1846,  plusieurs  cercueils  en  plâtre.  Je 
crois  qu'il  en  a  été  également  rencontré  dans  le  cimetière. 

«Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  Il,  p.  9.    1        «  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édition,  p.  323; 
«  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  h,  p.  521.       l    2*  édition,  p.  408. 

SAINT-VICTOR-L'ABBAYE. 

Époque  romaine.  —  On  a  rencontré  une  certaine  quantité  de  tuiles  romaines  le  long  du 
coteau  situé  sous  l'abbaye  et  sur  les  flancs  duquel  on  a  établi,  vers  1850,  le  chemin  de 
grande  communication  n®  3,  allant  de  Dieppe  à  Clères. 

Époque  incertaine.  —  Derrière  l'église  et  dans  l'enceinte  même  de  l'abbaye  se  voit 
une  motte  en  terre  fort  élevée.  Il  paraît  bien  qu'elle  était  autrefois  plus  grande  ou  qu'il  y 
en  avait  plusieurs  autres,  car  j'ai  lu  dans  un  titre  du  Chapitre  de  Rouen,  qu'en  1650  les 
mottes  de  Saint-Victor  contenaient  plus  de  quatre  acres ,  et  que  le  reste  avait  été  détruit 
à  cette  époque. 

SAINT-MACLOU-DE-FOLLEVILLE. 

Époque  romaine.  —  Sur  le  territoire  de  cette  commune  se  trouvent  les  fermes  du 
Breuil  (1)  et  de  la  Rivière ,  dans  les  terres  desquelles  on  reconnaît  beaucoup  de  murailles , 
d'ossements,  de  poteries  et  de  tuiles  à  rebords.  On  y  rencontre  aussi  des  tas  de  charbons 
et  de  scories  de  fer ,  indices  d'anciennes  forges  et  ferrières  disparues.  Les  habitants  du 
pays  disent  qu'il  y  avait  là  l'ancienne  Cité  de  Forteville. 

En  1841  et  en  1861,  j'ai  vu  au  Breuil  une  quantité  de  débris  et  de  poteries  antiques,  au 
milieu  de  terres  noires  placées  dans  une  futaie  au  bord  du  chemin  de  grande  communication 
no  3,  de  Dieppe  à  Clères. 

On  raconte  dans  le  pays  que  les  bois-taillis  qui  vont  vers  Montreuil  sont  remplis  de 
terrassements  et  de  débris  provenant  de  ferrières  gallo-romaines. 

On  a  cru  reconnaître  à  Saint-Maclou-de-FoUeville  un  tronçon  de  voie  romaine  allant 
dans  la  direction  de  Pavilly. 

<■  Les  Eglises  de  Tarr.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  519-520.     ~    «  Mém.  de  la  8oc.  des  Ântiq.  de  Norm.,  w  t.  xxiv,  p.  362. 

(  1)  D'après  les  meilleurs  étymologistes,  Breuil  est  synonyme  de  bois.  Il  nous  semble  que  M.  Le  Prévost  l'enten- 
dait ainsi.  C'est  aussi  l'explication  qu'en  donne  Ducange.  On  peut  également  consulter  le  docteur  Pratbernon, 
«  Mém.  de  la  Commission  d'Archéolog.  de  la  Haute-Saône ,  v  t.  i*%  et  M.  Longchamps  dans  les  mômes  «  Mémoires,  '» 
t.  Il,  p.  4.— M.  de  Bochambeau,  dans  son  «  Etude  sur  les  origines  de  la  Gaule  appliquée  à  la  Vallée  du  Loir,  » 
p.  17,  dit  que,  d'après  les  capitulaires  de  Charlemagne  et  de  Charles- le-Chauve,  le  Breuil  est  une  espèce  de  parc  ou 
de  bois.  Il  y  a  un  Breuil  àLunay,  près  Vendôme,  p.  17.-^  M.  de  Petigny  dit  que,  dans  le  Vendômois,  le  nom  du 
Breiûl  est  souvent  accordé  à  des  monuments  gaulois.  (  u  Ilist.  archéol.  du  Vendômois,  »  p.  24.  ) 


—  278  — 

LA  PIERRE  (section  de  saint-maclou-de-folleyille ). 

Époque  incertaine.  —  De  rancienne  paroisse  de  La  Pierre  il  reste  encore  le  château 
du  XYie  siècle ,  dans  l'enceinte  duquel  est  une  motte  de  coteau. 

«  Les  Eglises  de  rarrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  519. 

AUFFAY. 

Époque  incertaine.  —  Le  nom  latin  d'Auffay  est  Alfagium,  Altifagus  ou  Altafagus; 
mais  cette  dénomination ,  qui  est  celle  d'aujourd'hui,  paraît  avoir  prévalu,  au  xie  et  au 
xiie  siècle,  sur  celui  d'Isnerville,  Isneauville  ou  Isnelville,  qui  paraît  avoir  été  le  nom  pri- 
mitif. (Olim  Isnellivilla  vocabatur,  dit  Ordéric  Vital  ). 

Le  sol  d'Auffay  contient  çà  et  là  une  foule  de  débris  anciens  ;  mais,  jusqu'à  présent ,  il  ne 
nous  a  pas  été  possible  d'en  déterminer  l'époque  ni  la  nature. 

Je  puis  citer  la  motte  élevée ,  espèce  de  donjon  couvert  de  murailles ,  où  fut  assis  le 
vieux  château  des  Gillebert  d'Auffay,  fondateurs  du  prieuré  de  ce  bourg  et  bienfaiteurs  de 
l'abbaye  de  Saint-Evrould.    . 

Orderici  Vitalis,  «Histor.  eccleslast.,  »  lib.  vi,  n»  8,    j       l.  Mars,  t  Auffay  ou  le  vieil  Isnelville ,  «  p.  1  à  10, 
t.  m,  p.  36  et  42,  édit.  Le  Prévost.  j    Rouen,  1857. 

BIVILLE-LA-BAIGNARDE. 

Époque  incertaine.  —  Le  surnom  de  Baignarde  a  été  donné  à  ce  village  à  cause 
d'une  ancienne  mare  dite  de  Saint-Onuphre ,  où  les  adultes  se  baignaient  et  dans  laquelle 
on  plongeait  les  enfants.  Cette  mare ,  à  présent  comblée ,  était  située  au  bord  de  la  route 
impériale  no  27,  à  peu  de  distance  de  l'église. 

Dans  ces  derniers  temps,  il  restait  encore  à  Biville  une  coutume  un  peu  superstitieuse, 
c'était  le  feu  de  Saint-Onuphre  que  le  clergé  allumait  le  19  juin  de  chaque  année.  Ce  feu, 
alimenté  avec  des  baguettes  dérobées  par  les  pèlerins,  est  éteint  depuis  quelques  années. 

«  Les  Eglises  de  Tarrondissement  de  Dieppe,  »  t.  u,  p.  509-512. 

BEAUNAY. 

Époque  incertaine.  —  Près  de  l'église  de  Beaunay,  au  penchant  de  la  colline ,  est  une 
motte  énorme  entourée  de  fossés  et  plantée  de  hêtres ,  que  l'on  voit  de  fort  loin.  On  dit  que 
c'est  le  siège  d'un  ancien  château. 

Époque  franque.  —  Vers  1849,  on  a  trouvé  dans  le  cimetière  de  l'église  de  Beaunay  un 
cercueil  en  plâtre.  Il  était  long  de  2  mètres  et  large  d'environ  50  centimètres.  Il  a  été  enfoui 
de  nouveau  sans  avoir  été  brisé. 

Je  suis  porté  à  voir,  dans  Beaunay,  le  nom  de  Belciduum  ou  Belcinium  que  Teutsinde, 


279 


abbé  de  Fontenelle|,  céda  au  comte  Rathaire  en  734.  Au  xie  siècle ,  Beaunay  s'appelait 
Belnaium  ou  Belvaium. 


«  Les  Eglises  de  l*arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  504-505. 
«  La  Normandie  sout.,  »  V  édit.,  p.  623;  2«  édit,  p.  408. 
Ord.  Vital.,  >»  Hist.  ecclesiast.,  »  lib.  vi,  t.  m,  p.  37. 


A.  Le  Prévost,  »  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  7. 
I.  Mars,  «  Auffay  ou  l'ancien  Isnelville,  »  p.  3. 


CALLEVILLE-LES-DEUX-EGLISES. 

Epoque  franque,  —  Les  auteurs  du  Gallia  Christiana  soupçonnent  à  Calleville  Texis- 
tence  d'un  ancien  monastère  détruit  par  les  Normands.  Dans  leur  carte  de  la  province  de 
Rouen,  dressée  par  le  géographe  Nolin  en  1767,  ils  placent  une  abbaye  en  ce  lieu.  Ils  se 
fondent,  dans  ce  soupçon,  sur  les  appellations  de  Grand  et  de  Petit-Montiei^  que  portaient 
les  églises  de  celte  localité.  Mais,  si  pour  eux  l'établissement  était  incertain ,  il  ne  l'est  pas 
moins  pour  nous. 

«  Gallia  Christiana  nova,  r>  t.xi,  p.  131.  |     «  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  496. 

VARVANNES. 

Époque  incertaine.  —  En  1830,  dans  un  caveau  placé  sous  un  vieux  mur  du  château 
de  Varvannes,  on  trouva  trois  figurines  en  terre  cuite  vernissées  de  vert.  Une  des  statuettes 
représentait  un  homme  à  cheval  et  les  deux  autres  des  personnages  à  pied.  On  les  prit 
pour  des  jouets  d'enfant  dont  on  ne  savait  indiquer  la  date.  Ayant  vu  les  dessins  de  ces 
pièces  aux  archives  de  la  Commission  des  Antiquités,  je  suis  porté  à  les  croire  du 
moyen-âge. 

ANGLESQUEVILLE-SUR-SAANE. 

Epoque  franque.  —  Nous  pensons  que  c'est  ce  village  qui  est  désigné  sous  le  nom 
à'Anglicevilla,  dès  1509 ,  dans  la  charte  de  Raoul  de  Varenne  et  d'Emma,  son  épouse, 
insérée  au  cartulaire  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen. 

BIBLIOGRAPHIE. 


A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  11,  p.  14. 
Deville,  «  Cartulaire  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont 


de  Rouen ,  »  dans  la  «  Collection  des  mon.  inédits  de 
l'Histoire  de  France ,  »  p.  436,  440. 
«  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  499. 


IMBLEVILLE. 

Époque  romaine.  — On  trouve  à  Imbleville  des  débris  romains,  comme  sur  presque 
tous  les  points  de  la  vallée  de  la  Saâne. 

Epoque  franque. — En. 4 840, on  a  trouvé,  renfermés  dans  un  pot  de  terre,  soixante- 
cinq  deniers-oboles  de  Charles-le-Chauve.  Plusieurs  de  ces  pièces  d'argent  avaient  été 
frappées  à  Rouen. 


—  280  — 

THIÈDEVILLE-SUR-SAANE. 

Epoque  romaine.  —  Les  habitants  de  Thiédeville  ont  conservé  la  tradition  d'une  ville 
ou  plutôt  d'une  villa  romaine  qui  aurait  existé  sur  le  territoire  de  leur  village.  Ils  l'appellent 
"a  ville  de  Thiède,  et  ils  prétendent  qu'elle  aurait  existé  au  lieu  dit  les  Terres-Noires.  Il  est 
remarquable  que  le  nom  de  terres  noires  se  trouve  en  une  foule  d'endroits ,  et  que  partout 
il  indique  des  restes  romains  (1).  M.  E.  Gaillard  rapporte  qu'à  Thiédeville  les  tuiles  romaines 
sont  si  abondantes,  qu'il  a  vu,  en  1832,  faire  avec  elles  un  commerce  de  ciment. 

M.  Guilmeth,  de  son  côté ,  raconte  que ,  dans  le  fameux  hiver  de  1829-30 ,  un  éboule- 
ment  survenu  à  la  suite  d'une  fonte  de  neige  amena  la  découverte  d'objets  antiques  qui 
malheureusement  furent  tous  dispersés  ou  détruits.  Dans  le  nombre  se  trouvaient  des 
ossements  humains. 

Très  souvent ,  dans  les  champs  labourés ,  on  rencontre  des  monnaies  du  Haut-Empire. 
On  nous  en  a  présenté  plusieurs  parmi  lesquelles  nous  avons  reconnu  des  bronzes 
d'Adrien. 

M.  Deville  nous  a  parlé  de  statuettes  en  bronze  trouvées  à  Thiédeville. 

BIBLIOORAPDIB. 


E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiq. ,  »  p.  11  et  12. 
Guilmeth,  «  Description  géographique,  historique, 
statistique  et  monumentale  des  arrond.,  »  t.  iv,  p.  83. 


€  Sépult  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  155. 

«  Les  Eglises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  u,  p.  501. 

«  La  Normandie  sout..,  »  !'•  éd.,  p.  132;  2* éd.,  p.  150. 


CANTON     DE     BAGQUEV1L.LE. 


BACQUEVILLE. 

Epoque  romaine.  —  M.  Deville  signale  ici  une  voie  romaine  allant  vers  Doudeville. 
Epoque  franque.  —  Bacqueville  fut  un  des  trois  doyennés  de  l'ancien  archidiaconé  du 
Petit-Caux,  ce  qui  tend  à  reporter  son  origine  jusqu'à  l'époque  franque  (vue  siècle).  Ce 

(1)  Nous  pouvons  à  peu  près  affirmer  que  tous  les  lieux  où  l'on  trouve  le  nom  de  terres  noires  présentent  des 
débris  antiques  et  spécialement  des  restes  romains.  Nous  nous  contenterons  de  citer  ici  les  terres  noires,  à  Quatre- 
Mares',  près  Louviers,  où  l'on  a  recueilli  une  suite  de  monnaies  romaines  depuis  Auguste  jusqu'à  Grispus  (317-27). 
(  K  Bull,  monum.,  «  t.  xxiii ,  p.  259.)  —  Les  terres  noires^  dans  le  quartier  de  la  Visitation,  à  Angers ,  où  M.  Godard- 
Faultrier  a  trouvé  un  cimetière  romain  en  1848  et  1849.  (Godard-Faultrier,  «  Rép.  archéol.  de  l'Anjou,  »  p.  42 ,  fév. 
1861.)  -  Les  noires  terres,  kGiel,  canton  de  Pulanges  (Orne),  point  tout  rempli  d'antiquités  romaines,  et  où  l'on 
dit  que  Ait  autrefois  une  ville.  (  De  Caumont,  n  Cours  d'antiq.  mon.,  »  2*  partie,  t.  ii,  p.  244.)  —  Les  terres  noires, 
  Sampuy,  près  Mérouville  (Eure-et-Loir;,  où,  en  1857,  on  a  rencontré  force  antiquités  romaines.  (  «  Bulletin  de  la 


J 


—  281  — 

fut  aussi  le  siège  d'une  châtellenie  célèbre  qui  doit  avoir  sa  racine  chez  les  Francs  ou  chez 
les  Scandinaves.  Noël  de  La  Morinière  dit  que  ce  lieu  est  appelé  Bascheryth  villa  dans 
d'anciens  titres  qu'il  ne  cite  pas. 

Noël ,  a  Premier  Essai  sur  le  département  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  199. 


PIERREVILLE  (section  de  bacqueville). 

Epoque  romaine.  —  M.  E.  Gaillard  a  connu  à  Pierreville  un  fragment  de  voie  romaine. 
Cet  antiquaire  et  M.  Guilmeth  sont  portés  à  attribuer  le  nom  même  de  Pierreville  à  la  nature 
perrée  du  chemin.  Pour  nous,  nous  rattachons  ce  tronçon  isolé  aux  voies  qui  de  Lotum 
et  de  Juliobona  se  rendaient  à  Arques  et  à  Dieppe. 


aVoies  romaines  de  la  Seine-Inférieure,»  dans  les«  Mém. 
de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxiv,  p.  348,  355. 


E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  11. 
Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist,  mon.  et  stat.,  »  t.  iv,p.  71 . 


LAMBERVILLE. 

Epoque  franque.  —  Au  mois  de  juin  1859,  j'ai  trouvé  auprès  du  clocher  de  Lamber- 
viUe,  qui  est  de  la  transition  du  xiie  siècle,  un  cercueil  en  pierre  de  Vergelé  plus  étroit  aux 
pieds  qu'à  la  tête  et  orienté  de  l'est  à  l'ouest.  J'attribue  à  la  période  franque  cette  sépulture 
déjà  vidée  par  les  fossoyeurs.  Ce  sarcophage,  d'une  seule  pièce ,  ressemblait  pour  la  forme 
à  celui  d'Ouville-la-Rivière.  (Voir  page  244.)  Sa  longueur  était  de  1  mètre  90  centimètres , 
sa  largeur  variait  de  35  à  60  centimètres. 

A  la  même  époque,  j'ai  reconnu  et  exploré  sur  le  penchant  d'une  colline  voisine  de 
l'église ,  et  à  peu  de  distance  de  la  Vienne ,  un  cimetière  mérovingien  qui  a  renfermé  et 
qui  renferme  encore  un  bon  nombre  de  sépultures.  Les  premières  sépultures  avaient  été 
aperçues  vers  1854,  lors  des  travaux  de  nivellement.  On  avait  trouvé  alors  des  épées,  des 
sabres,  des  lances,  des  objets  de  fer  et  de  bronze,  qui  ont  été  égarés  depuis.  Seuls  quelques 
vases  de  terre  avaient  échappé,  et  ils  me  furent  remis  par  M.  le  curé,  qui  les  avait 
sauvés. 

Dans  les  sondages  que  j'ai  pratiqués,  j'ai  recueilli  des  vases  de  terre  placés  aux  pieds, 


Soc.  des  Antiq.  de  France,  »  n»  3,  p.  148,  année  1857.)  —  La  terre  noire,  k  Terminiers  (Eure-et-Loir) ,  où  sont  des 
débris  antiques.  (  «  Bulletin  de  la  Soc.  archéol.  de  l'Orléanais,  »  n"  34,  p.  183,  année  1859.)  —  Le  champ  noir,  à 
Luxeuil  (Haute-Saône),  appelé  aussi  champ  des  Romains.  (  «  Mém.  de  la  Commiss.  d'archéologie  de  la  Haute-Saône,» 
t  II,  p.  9.)  —  Les  terres  noires^  à  Maisons,  canton  d'Auneau  (Eure-et-Loir),  où  l'on  a  rencontré,  en  1843,  des  restes 
romains  considérables.  (  «  Annuaire  d'Eure-et-Loir,  pour  1849,»  p.  336-37.)  —  A  Caudebec-Iôs-Elbeuf,  dans 
le  quartier  de  la  Vignette,  est  le  triége  des  terres  noires  tout  rempli  de  débris  romains.  (  P.  Maille  ,  Recherches 
sur  Elbeuf,  »  t.  m,  p.  54  et  252.  )  —  Et  enfin  le  célèbre  cimetière  romain  de  Terre-Nègre,  à  Bordeaux,  dans 
l'Aquitaine. 

36 


—  282  — 

des  couteaux,  des  haches,  des  pierres  à  feu,  des  boucles  en  fer  et  en  bronze ,  des  agrafes 
ciselées ,  des  fibules  et  des  colliers  en  perles  de  verre  ou  d'ambre  jaune.  En  un  mot ,  j'y 
ai  trouvé  tout  le  butin  d'un  cimetière  franc. 

En  juin  1862,  j'ai  fait  de  nouvelles  fouilles  dans  le  cimetière  franc  de  Lamberville  et 
j'y  ai  fait  de  nouvelles  découvertes.  J'ai  extrait  huit  vases  de  terre,  tous  placés  aux  pieds 
des  morts.  L'un  d'eux  possédait  un  bec  triangulaire.  Je  donne  ici  le  dessin  de  trois  vases 
de  la  dernière  campagne.  —  J'ai  recueilli  quatre  agrafes  en  bronze  ciselé  et  étamé.  Il  y 
avait  des  plaques  et  des  contre-plaques  de  ceinturon.  J'ofire  le  dessin  de  trois  d'entre  elles  ; 
je  reproduis  également  la  gravure  d'une  teiminaison  de  ceinturon  ornée  de  croix ,  d'une 
épingle  à  cheveux  trouvée  autour  d'une  têle ,  et  d'un  beau  style  en  bronze  rencontré  dans 
les  déblais  de  sépultures  plus  anciennement  violées.  Ce  style  porte  aussi  une  croix.  Tous 
ces  objets  sont  en  bronze  étamé.  J'ajoute  l'image  de  deux  fibules  circulaires  en  bronze  qui 
peut-être  furent  décorées  d'émail.  Je  joins  à  tout  cela  un  ornement  de  cuivre  ciselé  qui 
omail  le  fourreau  d'un  sabre  recueilli  dans  la  fouille  de  1859. 

Le  24  décembre  1864,  des  ouvriers  occupés  à  défricher  un  bois  appartenant  àM.Goyer, 
sur  la  rive  droite  de  la  Vienne  et  au  penchant  d'une  colline ,  trouvèrent  un  cercueil  en 
pierre  de  Vei-gelé  ou  de  Saint-Leu ,  long  de  1  mètre  95  (au-dedans),  lai^e  de  50  (tête),  et 
de  25  (pieds),  profond  de  40;  il  était  à  50  centimètres  du  sol;  couvercle  en  arête  ou  dos- 
d'âne  ;  squelette  seul  et  sans  objets. 


ORNEMEKT  DE  SABBE. 


.  283  — 


M.AQVE    tT  CO  NT  ne-PL  AQl'E    H 


INAlSOn   DE  CEin 


asBiS 


Le  nombre  des  corps  rencontrés  dans  les  deux  explorations  est  de  dix-huit  à  vingt. 
Quelques-uns  étaient  orientés  est  et  ouest;  d'autres,  nord  et  sud.  —  Il  reste  encore 
d'autres  découvertes  à  faire. 


a  Bulletin  moDumental ,  >  t.  xxvi ,  p.  SOT. 
■I  Bull,  de  la  Soc.  des  Antiq,  deNorm.,  «  l"année,p.  51. 
■  Archives  et  procès-verbaun  de  la  Commission  des 
anliquitâs  de  la  Seine- Infé rieure ,  °  à  Houen,  Mss. 


a  Notice  hist.  et  arcliéol.  i 
et  r^glise  de  Lamberville ,  ■ 

•  La  Picardie,  ■  d'août  18< 


r  les  antiquités  franques 
in-S"  de  14  p.  avec  gra- 


I.  p.  337-348. 


{!)  Les  épingles  à  cheveux  sont  fréquentes  sur  les  têtes  des  morts  antiques.  En  I8G0,  MM.  deSaulcy  et  A.  Bertrand 
ont  recueilli  trois  épingles  en  bronze  sur  la  têtedes  Gaulois  ou  desGauloise3d'Auvena)'(Cûte  d'Or).  (<>  Revuearchéo- 
logique,  °  nouvelle  série,  2' année,  p.  S-6,  pi.  i",  &g.  1,  3,  4.)  — Sur  la  tële  d'une  dame  romaine  du  Bas-Empire, 
trouvée  à  Quatre-Mares,  près  Houen,  en  1B43,  M.  Deville  a  constaté  la  prfsence  de  quatre  épingles  k  cheveux,  dont 
trois  en  ivoire  et  une  en  jais.  («  Revue  de  Rouen,  ■  année  1843,  l"  sem.,  p.  124-29;  — «La  Normandie  souterr.,  > 
2'  édit.,  p.  49.)  —  Hais  nulle  part  ces  épingles  ne  sont  plus  fréquentes  ni  plus  curieuses  que  dans  les  sépultures 
fï'anques,  saxonnesou  burgondes.  Parmi  les  différents  exemples  que  nous  pourrions  citer,  nous  nous  contenterons 
de  deux  qui  illustrent  parfaitement  le  fait  de  Lamberville-  Le  premier  spécimen  est  la  belle  épingle  d'argent  doré 
trouvée  à  Envermeu  en  1850.  Elle  était  sur  la  tête  d'une  femme  richement  parêei  elle  a  25  centimètres  de  long. 
Nous  donnons  ici  un  dessin  de  cette  riche  pièce  du  Musée  de  Rouen  plusieurs  fois  reproduite.  (  ■  La  Normandi* 


8M  ARCENT  DOBB  (EnVBRMBVt  lUO). 


284  — 


SAINT-MARDS. 


Période  normande.  —  Dans  la  charte  de  Robert  1er  en  faveur  de  l'élise  de  Noti'e- 
Dame  de  Rouen,  Saint-Mards  est  désigné  comme  appartenant  au  comté  de  Talou  : 
«In  comitatu  Talou,  ecclesiam  de  Sancto  Medardo.  »  On  dit  que  dans  le  cimetière  et 
autour  de  l'église  on  trouve  beaucoup  d'épaisses  murailles  et  jusqu'à  cinq  ou  six  puits 
maçonnés. 

Temps  incertains.  — ■  Dans  une  Histoire  archéologique  du  Vendômois,  publiée  en  1848, 
travail  élégamment  et  savamment  écrit,  M.  de  Pétigny  prétend  (p.  12, 13  et  22)  que  le 
nom  de  Saint-Marc  ou  de  Saint-Mars  se  trouve  toujours  sur  les  limites  des  anciennes 
divisions  ecclésiastiques.  Ici  son  opinion  se  trouverait  jusqu'à  un  certain  point  justifiée , 
puisque  notre  Saint-Mards  se  trouve  sur  les  marches  du  Talou  et  du  pays  de  Caux,  sur 
les  frontières  des  archidiaconés  d'Eu  et  du  Pelit-Caux.  Nous  ne  voulons  cependant  rien  en 
conclure,  car  l'œuvre  de  notre  savant  confrère  ne  manque  pas  d'assertions  hasardées  et 
sans  critique. 

A.  Le  Prévost ,  "  Mémoires  de  la  Société  des  Anti-     |       ■  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  ■  t.  ii . 
quaires  de  Normandie ,  >  t.  \i,  p.  9.  |    p,  iâO-iSS. 

HERMANVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Ce  village ,  dédié  à  saint  Martin ,  posséda  autrefois  une  fontaine 
vénérée  à  présent  rebouchée.  Elle  portait  le  nom  de  Saint-Martin ,  comme  le  feu  de  carre- 
four que  l'on  faisait  la  veille  de  sa  fête. 

'  Les  Églises  de  J 'arrondissement  de  Dieppe ,  ■  t.  ii ,  p.  459. 

■■  Odil.,  p.  300-301  ;  2'  édil.,  p.  318-79,  pi.  .tu,  Dg.  1  ;  —  Roach  Smitli,  "  Collectanea  antiqua,  »  vol.  u, 
i\.)—  La  seconde  épingle,  aussi  en  argent  et  aussi  longue  que  la  nùtre,  a  été  recueillie,  en  1S48, 


à  Marseille  (Oise),  au  milieu  de  sépultures  m  g  enn      C  mme  à  Envermeu ,  la  Torme  de  la  tâte  est  celle  d'un 

oEsesu  dont  l'œil  sérail  Formé  avec  un  grena    N       d  n  o  dessiu  do  cette  belle  pièce,  qui  a  été  reproduite 

en  France  par  M.  Mathon  et  la  Société  acadfm  u  d  0  («Mém.  delaSoc.  acad.  de  l'Oise,  ■>  t  iii,p.27-W, 
pi.  w),  et  en  Angleterre  par  M.  Wylie  et  la  S  é  de  A  quaires  do  Londres  (  ■  Proceedings  of  the  Society  of 
Antiquarios  London,  ■>  vol.  iv,  p.  530).— Tout  récemment ,  notre  ami  Roach  Smith  vient  de  publier  une  curieuse 
épingle  k  cheveux  qui  a  été  trouvée  dans  un  cimetière  saxon  du  Kent;  elle  est  en  argent,  ornée  de  vcrroleriec 
rouges  et  imite  un  oiseau  (<•  Collectanea  anliqua,  •  vol.  vi,  p.  142,  plate  xxv,  lig.  I). 


285  — 


OMONVILLE-EN-CAUX. 


ODE  NORMANDE.  —  Dans  le  cartulaire de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen, 
Oirxo  ri  ville,  rangé  dans  le  pays  de  Caux  (Caletensis  pagi),  est  appelé  Amundivilla  par  Raoul 
de  >?V^arenne  et  Emma,  sa  femme,  qui ,  en  1063,  offrent  l'église  et  le  village  au  monastère 


rou 


I>ovill 

deFt 
sur  1 


ais. 


,  «  Cartulaire  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont 
^»  dans  la  «rColiection  des  documents  inédits 
istoire  de  France,  •  p.  436,  437,  439. 


A.  Le  Prévost ,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  14. 


V 


i\v 


AUPPEGARD  ou  LE  POUGARD. 

|UE  GAULOISE.  —  En  1809,  Noël  de  La  Morinière,  qui  était  de  Dieppe  et  qui  dans 

^  J  ^^^iiriesse  avait  peut-être  connu  les  mottes  d'Auppegard,  publia  un  Mémoire  sur  la  motte 

^  ^^o^^À^gard  qui  parut  dans  le  tome  iv  des  Mémoires  de  V Académie  celtique  (p.  231-244). 

*^^  s    ciette  notice ,  Noël  donne  la  description  de  ce  curieux  monument  qui  a  disparu  :  car, 

^  ^  ^S6,  j'en  ai  recherché  la  trace  entre  Colmesnil  et  Auppegard,  et  je  n'ai  plus  aperçu 

^    ^  '^.s  champs  labourés  qu'une  ondulation  de  terrain  qui  marque  encore  l'assiette  d'un 

e  tertre  circulaire. 

éminences  n'ont  pas  dû  être  détruites   en  une  année.   Ce' que  nous  savons, 

<jue  Mme  la  duchesse  de  Mortemart,  qui  en  était  propriétaire,  au  droit  de  son 

le  marquis  de  Manneville,  en  commença  la  destruction  en  1777.  Noël  assure 

^^  ^^lo  fut  obligée  d'employer  la  mine  pour  démolir  cette  œuvre  gigantesque  de  nos 

V  y^^-  n  raconte  toutefois  que  l'opération  fut  un  moment  interrompue  par  suite  d'une 

O^^u^   insupportable  qui  sortait  du  fond  de  V excavation^  ce  qui  paraît  peu  vraisem- 

Wotmant  le  résultat  de  l'exploration ,  Noël  dit  que  les  ouvriers  trouvèrent  des  fers  de 
^\qae,  des  fragments  de  fer  oxydé  et  aplati  qu'ils  prirent  pour  des  morceaux  de  marmites , 
et  un  grès  long  de  1  mètre  apporté  là  de  main  d'homme. 

Noël  raconte  que  le  lundi  de  Pâques  on  se  réunissait  autour  de  la  motte  du  Pougard^ 
comme  on  se  réunit  autour  du  Barrow  de  Tindwold-Hill ,  dans  l'île  de  Man,  le  jour  de  la 
Saint-Jean  d'été.  Il  ajoute  que  dans  cette  assemblée  on  plaçait,  au  bas  de  l'éminence,  cent 
œufs  dans  un  panier.  Un  homme  prenait  chaque  œuf  qu'il  portait  l'un  après  l'autre  sur  la 
rtiotte,  et,  quand  il  les  avait  déposés  un  à  un ,  revenait  les  placer  de  même  dans  le  panier 
où  il  les  avait  pris.  Pendant  ce  temps,  un  autre  homme  allait  à  Racqueville  et  eji  revenait. 
L'enjeu  était  une  pièce  de  cidre. 

Noël  ne  peut  quitter  la  motte  du  Pougard  sans  risquer  quelques  hypothèses.  Il  croit  que 


L. 


—  286  — 

c'était  un  autel  victimaire.  Il  rattache  à  ce  tertre  le  Chemin  des  Fées ,  «  qui ,  dit-il ,  passait 
dans  le  voisinage.  » 

Y  avait-il  une  ou  plusieurs  mottes  à  Auppegard  ?  Nous  sommes  porté  à  penser  qu'il  y  en 
avait  deux  ou  trois  comme  au  parc  d'Hallebosc^  près  Bolbec.  Dans  son  Essai  sur  la  Seine- 
Inférieure  ,  écrit  en  i  795 ,  Noël  dit  <r  qu'il  a  vu  en  passant  les  monticules  dits  mottes 
d' Auppegard.  »  Généralement,  nous  avons  entendu  parler  de  trois  mottes  que  l'on  nom- 
mait aussi  de  Colmesnil^  parce  qu'elles  sont  voisines  de  Colmesnil-Manneville. 


Noël,  «  Premier  Essai  sur  le  département  de  la  Seine- 
Inférieure,  o  p.  199. 


Noël,  «  Mém.  de  l'Acad.  celtique,  »  t.  iv,  p.  231-241, 
«  Les  Eglises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  u  U  ii,  p.  460. 


BOURG-DE-SAANE  (section  de  saane-saint-just ). 

Epoque  mcERTiaNE.  —  Le  territoire  du  Bourg-de-Saâne  (1)  est  rempli  de  débris 
antiques.  Je  cite  notamment  une  énorme  butte  de  terre  séparée  de  la  colline  par  une 
coupure  profonde.  Ce  terrassement  se  nomme  les  Châtelets ,  Castella  antiques ,  où  la 
paroisse  de  Saâne  allait  autrefois  en  procession  le  jour  de  l'Assomption. 

«  Les  Eglises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  584. 

BRACHY. 

Epoque  romaine.  —  Brachy,  comme  tous  les  villages  des  bords  de  la  Saâne,  offre  des 
ruines  et  des  débris  antiques.  On  m'a  signalé  à  Brachy  une  abondance  de  tuiles  et  de 

(1)  A  propos  du  nom  de  Saâne  et  de  Bourg-de-Sadne  appliqué  à  une  localité  placée  sur  cette  rivière,  il  ne  serait 
pas  indifférent  d'examiner  si  nos  cours  d'eau  ont  donné  leur  nom  aux  pays  qu'ils  arrosent,  ou  si  eux-mêmes  l'ont 
reçu.  Nous  croyons  que  l'un  et  l'autre  cas  doivent  se  rencontrer.  Assurément,  l'Ou,  leTalou,  le  Vimou  ont  pris  le 
nom  des  rivières  d'Où,  de  la  Telle  et  de  la  Visme.  Mais  ce  sont  là  des  pays,  des  pagi,  comme  on  disait  autrefois; 
tandis  que  le  Bourg-de-Saâne,  ou  comme  on  dit  aujourd'hui  Saâne-Saint-Just ,  me  parait  aussi  propre  à  donner 
son  nom  qu'à  le  recevoir.  J'en  dis  autant  du  Bourg-Dun,  appelé  Dunum  dans  un  diplôme  du  vu»  sièle.  (  «  Mém. 
de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t  xi,  p,  7.  )  J'étendrai  mon  analogie  à  la  Warenne,  sur  les  bords  de  laquelle  on 
trouve  le  hameau  de  Warenne,  et  dont  le  nom  de  Warinna  paraît  avoir  été  le  vocable  primitif  de  Saint-Saëns  et 
de  Bellencombre ,  siège  de  la  célèbre  famille  anglo-normande  des  Warenne.  —  La  ville  d'Eu  était  nommée ,  au 
vu*  siècle,  Austa  ou  Attga,  et  sa  rivière  Auva  Dans  la  vie  de  Saint-Germain-l'Ecossais,  qui  est  du  x*  siècle,  on  lit: 
«  Transite  Auda  amne.  »  (BolL,  Acla  Sanct.,  t.  i«%  mens,  maii,  p.  268-69.)  Dans  celle  de  Saint-Loup,  de  Sens,  qui 
est  plus  ancienne,  on  voit  :  «  Fluvium  Ausciam  et  Augum  flumen.  »  (Boll.,  Acta  Sanct.,  t.  !•%  mens,  sept.,  p.  259.) 
Au  XI*,  Ou  signifiait  indifféremment  la  rivière ,  le  pays  ou  la  ville  ;  «  Ou  est  ewe ,  Ou  est  chastel ,»  écrivait  Robert 
Wace.  (  «  Le  Roman  de  Rou,  »  vers  11,502.)  Orderic  Vital  va  jusqu'à  dire  :  «  Aucum  flumen  quod  vulgo  dicltor 
Ou.  >»  —  Durdent  est  un  nom  moderne:  au  xi*  siècle,  ce  petit  fleuve  cauchois  s'appelait  Guitefleda.  (Orderic. 
Vital.,  «  Hist.  ecclesiast.,  »  lib.  xn,  t.  iv,  p.  396,  édit.  Le  Prévost.  —  Les  Eglises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  l'*  édit, 
t.  1",  p.  192;  2*  édit.,  t.  1",  p.  206.)  A  notre  avis,  ce  nom  vit  encore  dans  celui  de  Vittefleur,  Tune  des  princi- 
pales localités  que  cette  rivière  arrose.  —  La  Fontenelle,  la  Rençon,  la  Bolbec,  la  Cailly,  la  Clères,  le  Bec-aux- 
Cauchois,  le  Bec-de-Mortagne,  le  Bec-Vauquelin,  le  Bailly-Bec,  et  tant  d'autres  petits  ruisseaux ,  me  paraissent 
rentrer  entièrement  dans  la  thèse  que  je  soumets  à  l'examen  du  lecteur. 


cocà 
Ile 


W  C^  AMl^ 


1*^^ 


-  287  — 

t^^/qfues  romaines,  et  des  débris  parmi  lesquels  se  trouvaient  des  meules  à  broyer,  rondes, 
*omJt>ées  et  percées  d'un  trou. 

environs  de  Brachy  il  a  été  trouvé  une  anse  d'amphore  en  terre  rouge ,  à  présent 
à  la  Bibliothèque  de  Dieppe.  On  lit  sur  ce  fragment  de  céramique  romaine  : 
-  MELISSE  (i).  Je  reproduis  ici  le  fac-similé  de  cette  inscription  antique  : 

a  Entre  Brachy  etGreuville,  dit  M.  Guilmeth,  la 

tradition  place  une  ville  romaine  que  les  habitants 

appellent  Bosvie  ou  Béarnais.  Elle  s'étendait ,  dit-on , 

depuis  Brachy  jusqu'à  la  Croix  de  Beauvais,  sur  Greu- 

vilie.  On  assure  qu'il  a  été  rencontré  entre  ces  points 

beaucoup  de  fragments  de  poteries,  ainsi  que  des  meules 

à  broyer.  » 

^UE  FRANQUE  —  Brachy  formait  un  des  trois  doyennés  de  l'ancien  archidiaconé  du 

aux.  A  ce  titre  seul,  il  doit  remonter  à  la  période  mérovingienne.  Mais  nous  n'en 

^s  pas  réduit  à  des  conjectures  :  nous  trouvons  le  nom  de  Brachy  (BraciacumJ  dans 

\^  ^  ^^^onique  de  Fontenelle ,  lorsqu'elle  rapporte  la  cession  qu'en  fit,  en  730  ou  734, 

^^^^^sixide,  abbé  de  Fontenelle,  au  comte  Rathaire.  Brachy  est  placé  sur  la  Saâne  a  Super 

^^^^>o   Sedana,  »  comme  il  est  en  effet,  et  dans  le  pays  de  Talou  «  In  pago  Tellau,  »  ce 

^Ç^^  Tious  paraît  moins  sûr. 


EIÎJJJ 


D*AMPHORB  ROMAIIVR  (BRACHY 
OU  EIHVIROKS,   1846). 


6' 


^  Chronicon  FontanellaB,  »  c.  x. 
^-  Lie  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
<ÏViîi\res  de  Normandie,  v  t.  xi,  p.  7. 

Guilmeth,  «Desc.géogr.,hist.,mon.  etstat.,i  t.  iv,p.87. 


«  Les  Églises  de  l'arrondissement  de  Dieppe,  »  t.  ii, 
p.  465. 
a  La  Normandie  souterraine,  »*  2*  édit.,  p.  180-81. 
«  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  etnorm.,  »  p.  154-55. 


c 


(l)  Comme  nous  l'avons  observé  dans  notre  a  Normandie  souterraine»  (i'"  édit.,  p.  159;  2"  édit..  p.  181  ),  cette 
marque,  avec  ses  variantes,  se  retrouve  partout  dans  l'ancien  monde  romain.  A  notre  connaissance,  cette  empreinte 
est  sortie  bien  des  fois  des  débris  de  cette  civilisation ,  aussi  bien  en  Gaule  que  dans  la  Grande-Bretagne.  C'est 
ainsi  que  M.  Thaurin,  de  Rouen,  a  recueilli  dans  le  sol  de  la  cité  des  Vélocasses  et  a  placé  dans  sa  collection  une 
anse  rouge  avec  marque  entièrement  semblable  à  la  nôtre.  La  Seine-Inférieure  nous  en  a  donné  un  troisième 
spécimen  dans  les  épaves  de  l'ancienne  Uggate ,  aujourd'hui  Caudebec-lès-Elbeuf ,  épaves  réfugiées  à  Louviers, 
dans  le  cabinet  de  M.  Lalun.  (  «  Sépultures  gaul  ,  rom  ,  franq.  et  norm.,  »  p.  104.)  —  Un  autre  fragment  tout  pareil 
a  été  ramassé,  en  1851,  dans  les  fouilles  du  camp  de  Dalheim,  et  il  figure  au  Musée  de  la  Société  archéologique 
du  Luxembourg  {|«  Public,  de  la  Soc.  archéol.  du  Grand-Duché  du  Luxembourg,  »  t.  vu,  p.  175.  ) —  Notre  ami 
Rooch  Smith  signale  aussi  plusieurs  anses  d'amphores ,  avec  marque  semblable,  rencontrées  dans  la  ville  de 
Londres.  (  «  CoUectanea  antiqua,  »  vol.  1,  p.  150  ;  —  «  Catalogue  of  the  Muséum  of  London  antiquities ,  »  p.  14  ;  — 
«  Illustrations  of  roman  London,  »  p.  88.)  —  M.  Thomas  Wright  reproduit  de  son  côté  les  analogues  sortis  du  sein 
de  la  Grande-Bretagne.  (  «  The  Gelt,  the  Roman,  and  the  Saxon,  »  {'"  édit.  p.  475  ;  2»  édit. ,  p.  481-82  )  —  Mélisse, 
répété  deux  fois,  se  voit  au  Musée  de  Metz  sur  une  anse  d'amphore  tirée,  en  1860,  du  puits  de  Haute-Perthe  ,  près 
Thionville.  (  «  Bulletin  de  la  Soc.  d'hist.  et  d'archéol.  de  la  Moselle  ,  »  3'  année,  p.  132.)  —  Enfin,  M.  Guillaume 
Froehner,  dans  son  intéressant  et  précieux  recueil  des  «  Inscriptiones  terrse  coctœ  vasorum,  »  p.  59,  donne,  d'après 
Chifûet,  Momsen,  Janssen  et  autres,  des  marques  portant  les  noms  de  Camilli  et  de  Mélisse  trouvées  en  Franche- 
Comté,  en  Suisse,  daus  les  Pays-Bas  et  sur  les  bords  du  Rhin.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  trois  anses  d'am- 
phore que  l'on  croit  trouvées  à  Rouen,  et  où  l'on  retrouve  à  peu  près  la  même  marque.  M.  Paul  Baudry  en  a  recueilli 
une  en  1864,  où  l'on  trouve  m...  issi  dior. 


—  288  — 

LE  GOUREL  (section  de  brachy). 

Époque  romaine.  —  Dans  la  vallée  de  la  Saâne,  près  Gueures,  on  voit  sur  le  Gourel 
de  nombreuses  traces  de  retranchements ,  fossés,  barrages ,  etc.  On  y  a  recueilli  des  tuiles 
à  rebords  et  des  monnaies  romaines. 

Période  normande.  —  L'église  du  Gourel,  où  le  tuf  joue  un  grand  rôle,  renferme  à 
l'entrée  deux  arcosolia  (1)  qui  rappellent  les  sépultures  chrétiennes  des  premiers  siècles. 

Guilmeth,  «Desc.géog.,  hist.,  mon.  etstat.,»  t.iv,p.  97.   |       «  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  467. 

GUEURES. 

Époque  franque.  —  Gueures,  placé  sur  la  Saâne  (super  fluvio  Sedana),  comme  le  dit 
un  titre  du  viiie  siècle ,  était  rangé  par  quelques-uns  dans  le  comté  de  Talou,  quoiqu'il  nous 
paraisse  avoir  toujours  fait  partie  du  Petit-Caux. 

Nous  croyons  reconnaître  le  nom  de  Gueures  dans  le  Moriacum  donné ,  vers  730 ,  au 
comte  Rathaire,  par  Teutsinde,  abbé  de  Fontenelie.  Nous  le  voyons  plus  sûrement  dans  le 
Gauriaco  de  la  charte  délivrée  par  Pepin-le-Rref  à  l'abbaye  de  Saint-Denis  en  750  ou  754 , 
et  aussi  dans  le  Moriaco  de  la  charte  confîrmative  délivrée  par  Charlemagne  en  775.  Cette 
opinion  a  déjà  été  émise  par  notre  savant  maître  M.  A.  Le  Prévost.  —  Chose  étonnante, 
toutes  ces  pièces  du  viiie  siècle  mettent  Gueures  dans  le  Talou  :  «  In  pago  Tallou.  »* 


a  Ghronicon  Fontanellse,  »  c.  x. 
Félibien,  «  Histoire  de  Tabbaye  de  Saint-Denis,  » 
pièces  justificatives  xxxui  el  ui. 
«  Diplomata  et  cbartœ  merov.  setatis,  »  p.  81 . 


A.  Le  Prévost ,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  •  t.  xi,  p.  7  et  8. 
«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t  n,  p.  465. 
«  Sépultures  gaul.,  rom.,  franq.  etnorm.,  »  p.  154. 


VÉNESTANVILLE. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  m'assure  que  l'on  a  trouvé  à  Vénestanville  un  cercueil 
en  plomb,  et  que  dans  ce  même  lieu  on  a  recueilli  une  statuette  en  bronze  et  des  médailles 
romaines. 

Époque  franque  ou  normande.  —  Dans  la  plaine  qui  va  vers  Greuville  et  Gruchet, 
on  voit  un  petit  bosquet  dans  lequel  existe  une  belle  motte  circulaire  haute  de  5  à  6  mètres 
et  entourée  d'un  fossé  profond  de  2  à  3  mètres.  On  nomme  ce  lieu  le  Bois  de  ia  Motte, 
Nous  pensons  que  c'est  la  base  d'un  ancien  château-fort  qui  aura  été  en  bois.  La  tradition 
parle  d'une  cloche  d'argent  et  d'un  César  cachés  dans  la  terre. 

(1)  Nous  ne  saunons  donner  la  date  exacte  des  arcatures  du  Gourel  :  maïs  les  arcosolia  sont  d'origine  fort 
ancienne.  Ce  sont  les  tombeaux  primitifs  de  l'Église  chrétienne.  Nous  en  avons  la  preuve  à  Rome,  dans  les 
arcosolia  des  catacombes,  et  dans  ceux  que  l'on  voit  au  puits  de  la  Platonia.  Ces  derniers  passent  pour  être  les 
sépultures  des  premiers  papes.  On  assure  que  saint  Damasse  les  fit  réparer.  —  A  Rouen ,  nos  deux  premiers 
évoques,  saint  Mellon  et  saint  Avitien ,  furent  inhumés  dans  la  crypte  de  Saint-Gervais ,  sous  d'antiques  arcosoHa 
que  Ton  montre  encore.  On  veut  voir,  comme  spécimen  de  ce  genre  d'antiquités  chrétiennes  et  primitives,  un  des 
deux  tombeaux  de  la  crypte  rouennaise,  reproduit  par  M.  J.  Thieury,  dans  son  «  Saint-Gervais  de  Rouen,  »  p.  23 


—  289  — 


i:^\ 


\,^;^.'iv 


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GREUVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Entre  Greuville  et  Luneray,  on  a  trouvé  une  hache  en  silex. 

Époque  franque.  —  a:  La  xiie  année  du  règne  de  Chiidebert  II  (706),  un  leude  franc, 
dominé  Jourdain ,  donna  au  monastère  de  Fontenelle  la  terre  de  Greuville ,  alors  rangée 
^^ïïs  le  comté  de  Tallou.  »  «  Anno  xiP  praefati  régis  Gressus-Villam  in  pago  Tellau  Jor- 
*^ï^s  contulit.  » 

En  715,  le  prêtre  Leutbert  offrit  au  monastère  de  Fontenelle  ce  qu'il  possédait  à  Greu- 
^^6,  «  Gressus.  » 

Dans  une  charte  de  Charles-le-Ghauve,  dénombrant  les  propriétés  de  la  métropole  de 
^ouea^  nous  voyons  figurer  :  «  Gressum  cum  adjacentiis  suis,  d  Mais,  cette  fois,  le  lieu 
^^i  placé  dans  le  pays  de  Caux:  «  in  pago  Cultis.  d  Ces  confusions  de  pagi  sont  fréquentes 
^^s  ies  diplômes  mérovingiens. 


< 


% 


^^s  JÊ^lises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  473-75. 
revost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
Normandie,  »  t.  XI,  p.  6  et  7. 


«  Chronicon  Fontanellaî,  »  c.  ii  et  vu. 
Feret,  a  Société  archéologique  de  l'arrondissement 
dé  Dieppe,  »  p.  23. 


p^ 


LUNERAY. 

UE  GALLO-ROMAINE.  —  D'iutéressants  monuments  d'antiquité  ont  été  trouvés  à 
,  en  1827.  Ce  fut  en  labourant  au  hameau  du  Ronchay  (1)  que  le  cultivateur  Jean 
e  rencontra  une  belle  sépulture  romaine  à  incinération.  Averti  de  cette  trouvaille , 
t,  de  Dieppe,  tenta  au  Ronchay  quelques  fouilles  qui  furent  sans  succès.  Toutefois, 


K  "propos  du  nom  de  Ronchay,  que  porte  le  hameau  de  Luneray  où  ont  été  trouvées  tant  d'antiquités  romaines, 
^^^f  ai  que  les  noms  de  ronces  et  d'épines  sont  presque  toujours  de  bons  indices  archéologiques.  Nous  traiterons 
^  îiie^rs  des  épines,  mais  parmi  les  points  antiques  où  entre  le  nom  de  ronce,  nous  citerons  la  Ronce  y  près  Gau- 
0iont(Eure),  où  l'on  a  trouvé  des  statuettes  de  Latone.  («  La  Normandie  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  168;  2»  édit.,  p.  192.) 
^  Le  hameau  des  Ronches,  à  Théville,  près  Cherbourg  ,  où  l'on  a  découvert,  en  1857  ,  deux  paires  de  meules  à 
broyer.  («  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxii,  p.  193.)  —  Un  autre  hameau  des  Ronches,  à  Gonneville, 
près  Cherbourg,  où  passe  une  voie  romaine.  (De  Pontaumont,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  t.  xxii, 
p.  185.)  —  La  raison  de  ceci,  c'est  que  toutes  les  fois  qu'il  y  eut  des  ruines  antiques,  là,  leshalliers  et  les  buissons 
se  formèrent.  Ainsi,  lorsque  Tintendant  Foucault  et  M.  Belain  voukirent,  en  1705,  faire  des  fouilles  à  Vieux,  près 
Caen,  pour  y  rechercher  VArœgenm  des  Viducasses,  «  ils  trouvèrent  des  choses  très  anciennes  sur  une  petite  élé- 
vation couverte  de  ronces.  »  (L'abbé  de  Longuerue,  dans  le  «  Mercure  de  France,  »  d'avril  1732,  p.  632.)  —  En  1829, 
M.  de  Stabenrath  étant  sur  le  point  de  faire  de  nouvelles  fouilles  au  Vieil-Évreux ,  remarqua  «  que  les  buissons 
étaient  excrus  sur  les  ruines  romaines.  »  (  De  Stabenrath ,  «  Rapport  sur  les  nouvelles  fouilles  faites  aux  Vieil- 
Évrenx,  »  p.  5  )  —  M.  E.  Fleury  cite  des  ruines  romaines  au  lieu  dit  le  Buissonnet,  près  Blanzy  (Aisne).  (Fleury, 
«  Bull,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t.  x,  p.  50.)  —  Lorsqu'on  1837,  M.  le  comte  de  Ghastellux  découvrit  la  belle  villa 
romaine  du  ftow  des  Chanials,  à  Saint-Germain-des-Champs,  près  Avallon  (Yonne),  il  avait  remarqué  depuis 
longtemps  «  sous  d'épaisses  cépées  des  tas  de  pierres  dont  les  morceaux  informes  avaient  im  grand  développe- 
ment. »  («  Bulletin  de  la  Soc.  d'études  d'Avallon,  »  1"  année,  1859,  p.  81).  —  Les  ronces,  les  buissons,  les  épines 
sont  si  bien  connues  pour  être  les  amies  des  ruines,  que  dans  une  Déclaralion  du  Comté  dEu,  rendue  vers  1658, 
on  dit  que  «  Richement  est  un  village  où  il  y  a  des  ruines  et  où  il  ne  reste  plus  que  de  petits  buissons.  »  (L'abbé 
Decorde ,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  217). 

37 


—  S90  — 

la  découverte  première  était  magnifique  ;  elle  fut  offerte  par  le  laboureur  à  la  Bibliothèque 
de  Dieppe,  où  elle  se  trouve  aujourd'hui. 

Ce  groupe  antique  se  composait  d'un  grand  nombre  d'objets  parmi  lesquels  nous  distin- 
guerons cinq  vases  de  terre  et  cinq  vases  en  verre. 
Le  principal  vase  de  verre  était  une  grande  urne 

carrée  haute  de  35  centimètres  et  large  de  25 ,  i 

d'une  épaisseur  énorme,  et  encore  remplie  d'os 
brûlés.  Nous  en  donnons  ici  le  dessin  réduit  au 
quart  de  sa  grandeur. 

Cette  grande  pièce,  l'un  des  plus  beaux  morceaux  , 

de  verreantique  qui  soit  connu,  étaitaccompagnée  ^ 

d'une  autre  urne  en  verre  également  carrée,  mais 
plus  petite,  etprésentantaufond  une  croixdeSainU 
André  en  relief.  Nous  reproduisons  ici  ce  fond  de 
vase  marqué  d'une  croix.  Une  croix  de  ce  genre  se 
trouve  au  fond  d'un  des  beaux  vases  romains  trou- 
Etf  ^j.  vés  à  Bartlow-Hill's  (Essex) 

"j   ~^~  ~      en1832.  —  Avec  ce  vase,  qui 

a  I  était  sans  doute  cinéraire,  se 

:;  •  trouvaient  trois  fioles  com- 

us                           munémentappeléeslacryma-  ^^ 

g  Si  toires-  _ 


b  "  Ces  derniers  vases  étaient     ^^^  cabbéb  en  vebhe  (hiwebay,  isîtj. 

contenus  dans  une  grande  urne  grise  dont  il  reste  des  fragments;  ils  étaient  de  plus  accom- 
pagnés d'une  autre  amphore  en  terre  grise  parfaitement  intacte,  de  trois  vases  en  terre 
cuite  et  d'une  petite  écuelle  en  terre  rouge  du  genre  de  nos  Jerrines.  Enfin ,  dans  cet 
ensemble,  se  trouvait  une  figurine  en  terre  blanche  communément  désignée  sous  le  nom 
de  Latone. 

Tous  ces  objets  avaient  été  renfermés  dans  un  coffret  en  bois  dont  on  a  retrouvé  la  ser- 
rure ,  les  ornements  et  les  garnitures  de  bronze. 

Avec  toutes  ces  pièces  évidemment  romaines ,  il  a  été  recueilli  une  de  ces  hachettes  en 
silex  généralement  attribuées  aux  Gaulois.  Elle  est  déposée  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe. 

On  m'a  assuré  qu'au  Ronchay ,  dans  le  voisinage  du  lieu  de  la  découverte ,  existaient 
autrefois  des  fossés  circulaires ,  restes  d'une  enceinte  antique.  M.  Guilmeth  a  également 
consigné  cette  tradition. 

Le  même  M.  Guilmeth  parle  de  monnaies  antiques ,  entre  autres  un  Claude ,  trouvées  à 
Luneray,  ainsi  que  des  tuiles  et  briques  romaines.  D  cite  deux  rencontres  d'incinératioDS, 
tandis  que  nous  n'en  avons  connu  qu'une  seule. 


—  294  — 


/ 


suiteur,  toujours  un  peu  suspect  pour  nous ,  assure  que ,  dans  la  plaine  qui 

entre  Luneray  et  la  Gaillarde,  il  existe  plusieurs  puits  fort  profonds  dont  l'existence 

de  mystérieux  souvenirs  :  <r  On  prétend,  dit-il,  qu'ils  renferment  des  trésors  et 

fées  viennent  y  danser  la  nuit.  j> 

paraît  bien  qu'il  a  été  fait  à  Luneray  d'autres  découvertes  d'antiquités  que  celles  de 

ou  bien  tous,  les  produits  n'en  sont  pas  entrés  dans  la  Bibliothèque  de  Dieppe ,  car 

logue  du  Musée  d'Antiquités  de  Rouen  pour  1845  mentionne  (page  28)  plusieurs 

ies  roumaines  comme  venant  de  Luneray,  Pour  le  détail  des  objets  ,.nous  lisons  sur  un 

ogue  manuscrit  et  illustré,  tenu  par  M.  Deville,  que  dès  1836  il  acquit  pour  la  collée- 

^partementale :  lo  une  tête  gauloise  en  terre  cuite;  2o  six  pieds  de  verres  antiques; 

fragments  de  gobelet  en  verre  violet  avec  dessin  blanc  ;  4o  deux  fragments  de  vases 


^^  "^^rre  blanc  ;  5o  une  coupe  en  cuivre;  6o  deux  coupes  en  terre;  7o  une  urne  cinéraire 
.  x!/ ^rre  avec  os  brûlés  et  médaille  d'Antonin;  8»  enfin  des  clous,  des  hameçons  et  des 
^^*^\^  à  rebords. 

ISn  juillet  1864,  lors  de  l'élargissement  d'un  chemin  au  hameau  de  Ronchay ,  près 
Canteleu ,  le  cantonnier  a  découvert  une  incinération  romaine  composée  d'une  urne  en 
forme  de  cruche ,  d'une  assiette  et  de  plusieurs  vases  en  terre  grise. 

Époque  franque.  —  Le  nom  de  Luneray  nous  apparaît  à  l'époque  mérovingienne.  En 
715 ,  le  prêtre  Leulbert  donne  au  monastère  de  Fontenelle  les  propriétés  qu'il  possède  à 
Luneray  (Luneraco),  rangé  alors  dans  le  pays  de  Talou* 

BIBLIOGRAPHIE. 


r  Feret,  «  Société  archéologique  de  l'arrondissement  de 
Dieppe,  »  in-8%  1828,  p.  22-24. 

LL,  «  Gâtai,  de  la  Biblioth.  de  Dieppe,  »  p.  333, 334,  335. 

Guilmeth,  «Description  géograph.,histor.,  monum.et 
statist.  desarrondiss.,  »  t.  rvr,  p.  89-91. 

Deville ,  «  Catalogue  du  Musée  départemental  det 
antiq.  de  Rouen,  »  5«  édit.,  année  1845,  p.  28. 


«  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit.,  p.  133; 
2«  édit,  p.  151-152. 

«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  u,  p.  471, 473» 

«Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,»  p.  154. 

«  Chronicon  Fontanell» ,  »  c.  ix. 

Â.  Le  Prévost ,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  7. 


CANTON    D'EN  VERME  CI. 


ENVERMEU. 

Envermeu  fat  toujours  un  point  antique  très  important.  M.  Guérard  en  fait  à  tort,  selon 
nous,  la  capitale  du  Talou.  Nous  pensons  que  cet  honneur  appartint  constamment  à  Arques 
Bi  à  son  château. 


^ 


—  292  — 

Ce  qui  a  pu  tromper  un  înstant  M.  Guérard,  c'est  qu'Envermeu  est  en  plein  pays  de 
Talou,  et  qu'il  fut  le  titre  d'un  doyenné  de  l'ancien  archidiaooné  d'Eu. 

Époque  romaine.  —  Envermeu ,  situé  sur  le  bord  de  la  voie  antique  qiîi  allait  de  Dieppe 
à  Beauvais,  renferme  des  anquités  romaines.  Dans  un  pré  situé  entre  l'Eaulne  et  la  route 
départementale  no  5,  se  voit  un  tertre  appelé  le  CâteL  C'est  là  probablement  que  ftit  le 
château  des  sires  d'Envermeu ,  si  puissants  au  XP  siècle.  Orderic  Vital  parle  des  sires 
d'Envermeu ,  dont  l'un  fut  conquérant  de  l'Angleterre ,  et  l'autre  devint  évêque  de  Bayeux 
et  successeur  du  fameux  Odon.  Ce  sont  eux  aussi  qui  fondèrent  le  prieuré  de  Saint-Lau- 
rent dont  nous  parlerons  bientôt. 

Vers  4832,  en  faisant  la  route  départementale  n°  5,  on  trouva  dans  la  traverse  d'Envermeu 
un  certain  nombre  de  tuiles  à  rebords.  En  1836  ,  des  monnaies  de  bronze  de  Néron,  de 
Faustine ,  d'Antonin  et  de  Commode ,  furent  recueillis  au  Bois-Dangereux  et  remises  à 
M.  Guilmeth. 

M.  Feret  nous  a  assuré  que  sur  l'emplacement  de  l'ancien  prieuré  de  Saint-Laurent , 
situé  au  bord  de  l'Eaulne,  il  avait  reconnu  des  murailles  romaines  en  petit  appareil  chaîné 
de  briques.  H  s'ensuivrait  que  le  monastère  du  xre  siècle ,  fondé  par  les  seigneurs  d'En- 
vermeu  et  uni  par  eux  à  la  puissante  abbaye  du  Bec-Hellouin,  aurait  succédé  à  un  établis- 
sement antique.  M.  Guilmeth  dit  qu'on  trouve  à  Saint-Laurent  une  motte  ou  un  Câtel.  Ce 
qui  est  certain ,  c'est  que  la  Bibliothèque  impériale  possède  un  beau  cartulaire  de  Saint- 
Laurent  d'Envermeu ,  qui  a  apparj^enu  au  célèbre  Houard ,  de  Dieppe. 

Epoque  franque.  —  Le  nom  d'Envermeu  nous  est  révélé  à  l'époque  •fran que.  et  à 
l'époque  normande.  Vers  730  ou  734,  Teutsinde ,  abbé  de  Fontenelle,  cède  au  comte 
Rathaire  la  moitié  d'Envermeu  dans  le  pays  de  Talou  :  «  In  pago  Talou...  medietatem 
de  Edremau  qui  fait  Gesonis.  » 

Une  charte  du  roi  Robert ,  délivrée  au  chapitre  de  la  cathédrale  de  Rouen  et  confirraative 
des  biens  de  cette  puissante  corporation,  cite,  dans  le  comté  de  Talou ,  le  fief  d'Envermeu 
déjà  donné  en  présence  du  duc  Richard  :  <r  In  praefato  comitatu  Talou...  partem  alodii.. 
in  Edremau  praesente  Richardo...  » 

Enfin,  au  xiie  siècle,  Orderic  Vital  appelle  Envermeu  Ebremau  et  Ebremou. 

Un  grand  fait  archéologique ,  accompli  de  1850  à  1859,  a  montré  toute  l'importance 
d'Envermeu  aux  temps  mérovingiens.  En  1850,  en  traçant  la  route  départementale  no  32, 
qui  va  de  Bolbec  à  Blangy,  on  a  trouvé,  à  500  mètres  nord-est  de  l'église ,  dans  un  champ 
appelé  la  Tombe  (1),  un  cimetière  mérovingien  des  plus  complets. 

J'ai  exploré  ce  cimetière  neuf  fois  en  dix  ans,  de  1850  à  1859,  et  j'y  ai  reconnu  un 

(1)  En  France  et  à  l'étranger,  nous  trouvons  souvent  le  mot  tombe  employé  pour  désigner  une  terre,  et  alors  on 
y  découvre  ou  on  y  a  déjà  découvert  des  antiquités  ou  des  sépultures.  A  Paris,  on  appelait  autrefois  le  Fief-des- 
Tombes  le  plateau  de  la  montagne  de  Sainte-Geneviève  et  ses  deux  versants  de  l'est  et  du  midi,  qui  sont  tout  peuplés 
de  cercueils.  (Le  Blant,  «  Inscript,  chrét.  de  la  Gaule,  »  1. 1",  p.  278.)  —  A  Vicq,  près  Montfort-rAmaury  (Seine-et- 


—  293  — 

champ  de  sépultures  de  forme  à  pai  près  circulaire ,  d'un  diamètre  d'environ  90  mètres 
sur  une  longueur  d'au  moins  120  mètres.  Je  n'y  ai  pas  visité  moins  de  huit  cents  fosses 
générrfement  alignées  du  sud  au  nord  et  orientées  de  l'est  à  l'ouest.  Il  ne  s'y  est  rencontré 
que  deux  cercueils  en  pierre  de  Verçelé.  Les  objets  que  j'en  ai  tirés  sont  sans  nombre  :  ils 
se  composent  principalement  de  vases  en  terre ,  en  verre  et  en  bronze  ;  d'armes  en  fer 
parmi  lesquelles  il  faut  distinguer  deux  angons,  quatre  épées,  des  boucliers,  des  sabres  ou 
scramaxases,  des  poignards,  des  couteaux  de  toute  taille,  des  fers  de  lances,  des  haches 
francisques  et  des  pointes  de  flèches. 

Les  monnaies  consistaient  en  monnaies  gauloises  en  or,  en  monnaies  romaines  en  bronze 
ou  billon  saucé,  en  monnaies  franques  en  argent  des  premiers  temps  mérovingiens ,  et  en 
un  denier  d'argent  de  Gharlemagne.  Les  objets  d'ornement  étaient  en  fer,  en  bronze ,  en 
argent  et  en  or,  en  verre ,  en  émail  ou  en  silex.  Je  cite  dans  le  nombre  :  des  épingles  à 
cheveux,  des  styles  en  bronze,  des  boucles  d'oreilles  en  or,  argent  et  bronze;  des  bagues 
ou  anneaux  en  bronze,  argent  et  or;  des  bracelets  en  argent,  en  bronze  et  en  verre;  des 
colliers  en  perles  de  verre ,  de  pâte  de  verre,  d'ambre  ou  d'agate  ;  des  coffrets  en  os  et  en 


Oise),  la  charme  a  rencontré  plusieurs  fois  des  sarcophages  dans  un  champ  appelé  le  Champtier-de-la- Tombe. 
C'est  un  ancien  cimetière  iï*anc.  (A.  Moutié,  «  Rapport  sur  les  fouilles  pratiquées  à  Vicq  en  1851,  i  p.  4.)  — 
M.  d'Arbois  de  Jubainville  nous  apprend  qu'à  Lévigny  (Aube) ,  on  a  découvert  un  cimetière  mérovingien  au  lieu 
dit  les  Tombes,  (  «  Répert.  archéol.  de  l'Aube,  »  p.  50.  )  —  Au  Tombois  de  Barbonval  (Aisne),  on  a  trouvé  des 
sépulcres  taillés  en  plein  rocher.  («  Bull,  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t.  x,  p.  xxx.) — Sur  un  point  appelé  le  Champ- 
des-Tombes,  près  la  cliapelle  de  Saint-Eucaire ,  à  Pompey  (Meurthe),  on  a  rencontré,  en  1852,  un  cimetière  méro- 
vingien renfermant  au  moins  six  cents  corps.  Une  tradition  disait  que  dans  cette  terre  reposait  saint  Eucaire  et, 
avec  lui,  deux  mille  deux  cents  chrétiens  mis  à  mort  en  Van  342.  (a  Journal  d'Archéologie  de  Lorraine,  »  année 
1852,  n**  2  et  3.)  --  AVedrin,  près  Namur  (Belgique),  M.  Del  Marmol  a  fouillé  un  cimetière  mérovingien  dans  un 
lieu  précédemment  appelé  le  Tombois.  (Del  Marmol,  «  Cimet.  de  l'époque  franque,  »  p.  1;  et  «  Annales  de  la  Soc. 
archéol.  de  Namur,  »  t.  m.)  —  A  Boos  (Lozère),  un  pré  appelé  les  Tombes  est  rempli  de  cercueils  de  pierre  des 
temps  mérovingiens.  («  Congrès  archéol.  de  France;  séances  génér.  de  1857,  »  t.  xxi,  p.  .166.)  — Près  Montereau- 
sur-Seine  est  un  village  dit  la  Tombe^  dans  lequel  est  une  terre  dite  le  Champ-Mort.  Avant  la  Révolution ,  on  y  a 
trouvé  un'e  hache  Irancisque  et  des  vases.  (Dulaure,  «  Mém.  de  l'Acad.  celt.,  »  t  ii,  p.  446-47.)  — A  Ory-la-Ville, 
on  a  rencontré  de  nombreux  sarcophages  au  lieu  dit  les  Tombes,  («  Répert.  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  199).  —  A 
Lagny-le-8ec  (Oise),  sont  des  cercueils  de  plâtre  au  lieu  dit  la  Fosse-des- Bières  (ibid.,  p.  re6.)  —  A  Villeneuve- 
sous-Théry  (Oise),  on  cite  également  des  sarcophages  au  lieu  dit  le  Sépulcre  (ibid.,  p.  163.)  —  A  Mareuil-sur-Ourcq, 
on  a  découvert  des  cercueils,  en  1832,  au  lieu  dit  la  Pièce-des- Tombes  (  ibid.,  p.  162.)  —  A  Chavignon  (Aisne), 
l'ancien  cimetière  est  sur  un  monticule  appelé  le  Mont-des-Tombes  (de  Caumont,  «  Cours  d'Antiq.  mon.,  »  t.  iv, 
p.  302.)  —  A  Barbonval  (Aisne),  M,  Fleury  a  trouvé  un  cimetière  antique  au  Tombois.  («  Bull,  de  la  Soc.  acad.  de 
TAisne.)  —  En  Belgique,  beaucoup  d'endroits  portent  le  nom  de  Tombe-,  à  Spontin  est  to  Terre-aux- Tombes  ;  à 
Emptines  sont  les  Tombes;  à  Percheresse, on  dit  al  Tombe  ;  à  Fillée,  c'est  la  Terre  al  Tombe.  (Hauzeur,  «  Antiq. 
gallo-germ.,  gallo-rom.  et  franq.  de  la  rive  droite  de  la  Meuse ,  »  p.  39,  42,  51,  88.)  —  Un  acte  de  1764  mentionne  à 
Crécy  (Somme)  un  fief  en  la  Couture  de  la  Tombelle-au-Praslin.  («  La  Picardie ,  »  vi*  année,  p.  473.)  —  A  North 
Wroxhall  (Wiltshire)  est  un  champ  nommé  Coffin-Ground.  («  Gentleman's  Magazine,  »  août  1860,  p.  157.)  —  Enfin, 
en  Suisse  et  en  Savoie ,  certaines  localités  portent  dans  leur  nom  trace  de  sépultures  antiques.  Les  anciens  cime- 
tières de  la  Balme  et  du  Petit- Bormand  s'appellent  Chamy  (grand  rapport  avec  Chamay ,  en  Bourgogne ,  où 
M.  Baudot  a  exploré  un  cimetière  burgonde);  les  cimetières  de  Cartigny  et  de  Fontaine-Vive  s'appellent  le  Champ- 
des- Tombeaux ,  et  celui  d'Archamp,  la  Vigne-des-Morls.  (Gosse,  «  Notice  sur  d'anciens  cimetières  trouvés  soit  en 
Savoie ,  etc.,  »  p.  5.) 


—  294  — 

bronze  repoussé,  des  fibules  en  or,  en  aident  et  en  bronze;  des  boucles  et  des  plaques 
de  ceinturon  en  fer  damasquiné  et  en  bronze  étamé  el  ciselé;  des  fennoirs  de  bourses 
en  or,  en  bronze  et  en  fer;  des  aiguilles  en  bronze,  des  ciseaux  ou  pinces  en  fer,  des 
vrilles  en  fer,  des  pierres  à  rafiler  et  des  silex  à  battre  le  feu'  des  plateaux  et  des  poê- 
lons en  bronze,  des  seaux  ou  baquets  en  bois ,  dont  quatre,  cerclés  de  fer,  étaient  montés 
et  garnis  de  cuivre  ciselé  et  doré;  des  chaînettes  en  fer  et  en  bronze,  des  clefs  de  cof- 
fret et  de  maison  en  fer  el  en  bronze  ;  des  éperons  en  fer,  des  boucles  et  des  mors  de 
cbevaux ,  trouvés  avec  les  squelettes  des  animaux ,  des  bois  de  cerfs,  des  porcelaines,  des 
coquillages,  etc. 

Ce  cimetière  a  été  une  source  infinie  d'observations  et  de  découvertes,  non-seuleraent 
sur  la  sépulture  des  Francs,  mais  sur  leur  costume,  leurs  usages  et  leurs  armes. 

Les  objets  sortis  de  ces  diverses  fouilles  se  voient  un  peu  partout,  spécialement  au 
Musée  de  Rouen,  au  Musée  du  Havre ,  au  Musée  de  Caen ,  au  Musée  du  Louvre ,  au  Musée 
d'artillerie  de  Paris,  au  Musée  d'armures  de  Bordeaux ,  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe,  etc. 

Nous  donnons  ici  et  dans  les  pages  suivantes  un  tableau  des  principaux  objets  que  nous 

a   rmirniK  IVvnlnmlmn  An  rimatihva  tnimv'inmpn  d'Fiivtirintiii.  r.'pil  un  nplJI   miisiiii  franf 


VASS9  DE  TERRE. 


UKBOS   BT   MAMPCLB8   DB   BOUCLIBM. 


r^ln. 


,-    .  ,         ^^J..^.J.,.>^^m,.,r^J„MX!r^l^ 


rr.hS   DE   LANCES. 


BT  ANNEATIX  DE  CHEVAL. 


l       ^ 


COFFRETS   ET   CLEFS  DE   COFFIIET. 


AICmU.BS  EN  BRONZE. 


OHKII.I-On  l>B  IF  AU. 


\ 


ÉFIMCLES  EN  BKONZE. 


CHAlKtlTi:. 


sr.HOiBS  DU  BUUBSES  01!  Av;-ONiËREs. 


(       OXFORD       J 


I 


I>l^cE!>  A  ÉrrLEii  f 


ALÊNE  ET  CUILLER   E 


CLfiS   EN   FEII. 


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BOUCLES  ET  AGBAFK  DE  CEIUTURON  EN  BROnSE. 


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PETITES  BOUCLES  EN  BROnZE. 


TEnMinAISONS  DE  CBIKTIRON  EF)  BEON!!!: 


B  CEINTUaon   EN  RHONze. 


B01IT0?IS  En  BB0EI2K. 


aBNBMIi:>TS   DE   CEINTUBOn 


303  ■ 


ATTACmis  Kn  BRONi 


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M 


»    _  « 


FIBIJLES  KM  BlonZE  ET  EK  Otl 


—  304 


OQO 


BAGUES   ET   AHM^MiX   EN   BRONKE. 


MOnNAiEH  rnAnoues  bii  abgent. 


PERLES  EN  VEHRE  kX  EN  PAU  D>  VEBKB  POUR  GOLUERB  KT  B:'ACU.LT>. 


ÉnnaLs  a  ghbvbuz  r\  AnGR\T  voat. 


M  BnOKEB,    AHGI 


BIBLIOGK4PHIE. 


nisToinE  LOCALE. 

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RoQch  Smith,*  Colleclaneaantiqua,»vol.i 
plats  xux;  vol.  ni,  plate  xïiv,  p.  217. 

•  Bull,  du  coni.,  de  la  langue,  de  l'hist.  etdes  arts  da 
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Wylie,  n  Some  account  of  Uia  merovingian  cemetery 
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DOUVREND. 

Époque  bohaime.  —  Douvrend  est  surtout  connu  par  ses  antiquités  mérovingiennes. 
Cependant,  son  sol  recèle  et  a  produit  des  monuments  plus  anciens  que  les  Francs  :  c'est 
d'abord  la  voie  antique  qui  allait  de  Dieppe  à  Beauvaîs,  et  qui  est  appelée  le  chemin  de 
César  et  le  chemin  des  Romains;  puis  la  vieille  route  qui  conduisait  à  Bailly  et  que  l'on 
nomme  le  chemin  des  Morts. 

Dans  la  traverse  de  Douvrendelle,  on  a  constaté  les  restes  d'une  métairie  romaine.  Dans 
les  terres  labourées  que  traverse  la  route  départementale  n»  5 ,  de  Dieppe  à  Beauvais,  on 
a  remarqué  une  grande  quantité  de  tuiles  à  rebords.  Vers  1815,  au  lieu  dit  le  Clos-Blanc, 

39 


—  306  — 

on  a  recueilli  et  reconnu  quatorze  ou  quinze  monnaies  de  bronze  en  petit  module ,  de 
Gordien-Pie  et  de  Constantin  ;  un  moyen  bronze ,  un  vase  antique ,  quelques  fibules ,  une 
petite  hache ,  une  pique  et  plusieurs  tombeaux  en  pierre  calcaire  ayant  forme  d'auge. 
M.  Mathon  assure  que,  vers  4859  ou  1860,  on  a  recueilli  à  Douvrendun  médaillon  en 
bronze,  où  l'on  voyait  Rome  assise  sur  un  faisceau  d'armes. 

Enfin ,  sur  la  colline  qui  domine  Douvrend  vers  le  nord ,  est  une  enceinte  retranchée 
d'environ  4  hectares. 

Epoque  franque.  —  Depuis  1838,  Douvrend  est  célèbre  parles  divers  objets  qui  y 
furent  découverts  lors  de  la  confection  de  la  route  départementale  no  5,  de  Dieppe  à  Beau- 
vais.  MM.  de  Caumont ,  Feret ,  d'Auffay  et  Guilmeth  ont  parlé  de  ces  découvertes.  Nous 
avons  résumé  leurs  travaux,  décrit  et  reproduit  les  monuments  dans  le  chapitre  xxi  de 
notre  Normandie  souterraine.  Vers  la  même  époque ,  MM.  Wylie  et  Roach  Smith  ont 
entretenu  l'Angleterre  des  antiquités  de  Douvrend. 

Les  monuments  de  Douvrend  dont  nous  voulons  parler  proviennent  tous  d'un  cimetière 
franc  qui  contenait  près  de  deux  cents  squelettes,  et  qui  fut  rencontré  au  hameau  de  Beau- 
vent,  au  heu  dit  le  Camp-de-l' Arbre.  Les  objets  qui  en  sortirent  sont  à  présent  déposés 
soit  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe ,  soit  au  Musée  départemental  de  Rouen.  Toutes  ces  pièces 
ont  été  trouvées  par  les  ouvriers,  car  il  n'a  été  pratiqué  aucune  fouille  scientifique  à 
Douvrend. 

Les  principaux  monuments  sortis  du  cimetière  mérovingien  de  Douvrend  sont  deux 
fibules  et  une  épingle  en  argent  doré,  conservées  au  Musée  de  Rouen,  pièces  vraiment  admi- 
rables. Rouen  possède  encore  une  belle  coupe  de  verre  à  ondes  ,  un  vase  en  terre  et  une 
monnaie  de  bronze,  percée,  que  l'on  dit  de  Claude  au  revers  d'Agrippine.  Tout  cela  a  été 
acheté  350  fr.  par  M.  Deville  en  1839. 

Les  objets  possédés  par  la  BibUothèque  de  Dieppe  sont  :  une  boule  de  cristal,  un  cercle 
de  seau  en  cuivre  doré ,  onze  fers  de  lances  dont  un  est  barbelé ,  cinq  haches  francisques, 
trois  couteaux  en  fer,  quatre  fers  de  flèches,  une  aiguille  en  argent,  une  bague  en  or 
avec  chaton  en  onyx  représentant  un  personnage  debout,  un  plateau  en  bronze,  un  baril 
en  bois  garni  de  cuivre,  des  boucles  en  bronze  et  six  vases  en  terre  noire,  grise  et  blanche. 

Nous  reproduisons  ici  quelques-uns  des  monuments  de  Douvrend. 


FER  DE  LAISCE  A  CROCHET.  ROl'LE  DE  CniSTAL. 


AIGUII.LB  En  ABCBKT. 


ET  AHAUtCVES  EH  PBANCE,  ] 


Sur  le  caractère  et  le  mérite  de  ces  différents  objets,  on  peut  consulter  : 


"  La  Normandie  souterraine,  "  l"  Édit.,  p.  303-319, 
pi.  I  et  XV  ;  î'  tel-,  p.  383-401 ,  pi.  ï,  Kv.  XVII  et  xviii. 
RoachSinilh,K  Collectanea  aDtiqua,-vol.  ii,p.  IGS-TO, 

pl..niLV. 

A.  D'Âuffoy,  '  Revue  de  Rouen,  >  année  1838, 2*  sem., 
p.  109-110. 


lJoGaumont,«  Cours  d'an liq.  mon,,  u  t.  vi,  p,267. 

Furet ,  «  MCinorial  dieppois,  ■  des  13  avril  et  21  août 
1838. 

Id.,  •  Catal.  de  la  Biblioth.  de  Dieppe,  >  p.  345-346. 

Wyiie  ,  "  Remaries  on  the  angon,  •  dans  •  l'Archœo- 
logia,  ■  vol.  XXIV,  p.  18-55. 


En  dehors  des  monuments,  nous  savons  par  les  documents  écrits  que  Douvrend  existait 
à  l'époque  franque.  Nous  en  trouvons  la  preuve  dans  une  charte  de  Robert  ler,  roi  de 
France,  délivrée  en  faveur  du  Chapitre  de  la  cathédrale  de  Rouen.  Cette  charte ,  confir- 
mative  des  biens  de  la  métropole,  n'est  sans  doute  qu'une  reproduction  d'un  diplôme  de 
Charles-le-Chauve  et  peut-être  de  Charlemagne.  On  y  lit  :  €  In  comitatu  Talou...  de  Dou- 
vrend citeriorem  parlera  cum  Angerivilla.  » 

Epoque  incertaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  deux  cuillers  en  bronze  trouvées 
à  Douvrend  en  1838  :  l'une  est  ronde  et  l'autre  est  a 


Guilmeth,  •  Description  géographique,  historique,    1        •  LesEglisesde  l'airond.deDieppe,  >  Lu,  p.l8S-90. 
moDum.  et  statistique  des  arrond.,  etc.,  "  t.  iv,  p.  242.  A.  Le  Prévost,  '  Hém.  de  la  Société  des  Antiquaires 

«  La  Norm.sout..,  ■  t"éd.,  p.  302-i -,  2°  éd.,  p.  383-84.    I    de  Normandie,»  t.  xi,  p.  10. 

ANGREVIIXE  {section  de  douvrend). 

Epoque  franque.  — Angreville,  aujourd'hui  simple  section  de  Douvrend,  était  une  très 
ancienne  propriété  du  Chapitre  de  Rouen,  auquel  il  fut  donné  sans  doute  dès  le  temps  de 
Charlemagne,  avec  Douvrend,  Londinières  et  Martin-Église.  La  charte  de  Robert  1er  dit; 
c  Angerivilla ,  et  ecclesiam  quœ  in  ulteriori  ripa  aquœ  (l'Eaulne)  sita  est;  s  et,  dans  une 
autre  version  :  *  Ansgerivillam ,  »  toujours  «  in  comitatu  ou  in  pago  Talou.  » 

A.  Le  Prévost,  •  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  |  ■  La  Normandie  souterraine,  ■  1"  édit. ,  p.  303-301  ; 
de  Nonnandie,  .t.  xi,  p.  10;  t,xxiv,p.  557. 


—  308  — 


L'ALIERMONT. 

Périodes  gauloise,  romaine  et  franque.  —  L'Aliermont  est  ce  plateau  boisé  qui, sur 
une  longueur  de  plus  d'un  myriamètre,  s'étend  de  la  Béthune  à  l'Eaulne.  Au  xii©  siècle, 
l'acte  d'échange  entre  l'archevêque  Gautier  et  Richard-Cœur-de-Lion  l'appelle  Alacris  Mons. 
C'est  le  nom  que  nous  lui  avons  toujours  connu.  Ce  plateau,  autrefois  forestier  et  qui  parait 
avoir  été  surtout  essarté  au  xiii©  siècle,  possède  encore  la  forêt  d'Arqués,  les  bois  de 
Croixdalle  et  cinq  paroisses.  Quatre  de  ces  paroisses,  alignées  à  la  file  l'une  de  l'autre,  sont 
reliées  entre  elles  par  une  magnifique  et  spacieuse  voie  qui,  en  quelques  endroits ,  n'a  pas 
moins  de 25  à  30  mètres  de  laideur.  Ce  n'est  peut-être  pas  une  voie  romaine;  mais,  à  coup 
sûr,  c'est  une  route  mérovingienne.  Elle  a  toujours  été  considérée  comme  remontant  aux 
premiers  âges  de  la  monarchie.  Cette  route ,  sur  un  parcours  de  plusieurs  kilomètres ,  est 
bordée  d'un  double  rang  de  maisons  régulièrement  alignées  comme  dans  la  rue  d'une 
ville.  La  file  des  demeures  est  parfois  alternativement  coupée  par  des  massifs  de  pommiers, 
par  des  jardins ,  par  des  métairies  ou  des  fabriques  d'horlogerie. 

On  connaît  sur  ce  plateau  des  restes  de  tous  les  âges.  En  1848,  on  y  a  recueilli  des 
hachettes  en  silex.  Çà  et  là  on  y  trouve  des  traditions  presque  druidiques.  On  nous  y  a 
signalé  des  meules  à  broyer  et  des  champs  remplis  de  tuiles  à  rebords.  Il  ne  serait  pas 
impossible  que  le  manoir  possédé  par  les  archevêques  de  Rouen  du  xiii^  siècle  n'ait  succédé 
à  un  palatium  franc  ou  à  une  villa  romaine.  —  Voir,  sur  l'Aliermont  : 


Guilmeth,  «Desc.  géog.,  hist. ,  mon.  etstat.,»  t.  iv,  p.  222. 
«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  194-212. 
«  Le  Manoir  des  Archevêq.  de  Rouen  sur  l'Aliermont,  » 
in-8'*de  10  p.,  Rouen,  1849. 


«  Revue  de  Rouen,  »  de  1849,  p.  57-66. 
a  Bull,  mon.,  »  t.  xv,  p.  76-89. 
Decorde,  «  Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton  de  Lon- 
dinières,  »  p.  98-112, 194-200. 


SAINT-NICOLAS-D'ALIERMONT. 

Époques  romaine  et  franque.  —  Saint-Nicolas-d'Aliermont  est  traversé  dans  toute  sa 
longueur  par  une  grande  et  large  voie  qui  pourrait  être  romaine ,  mais  qui ,  certainement , 
remonte  aux  temps  mérovingiens. 

On  m'a  signalé  sur  cette  commune  plusieurs  points  où  l'on  trouve  en  abondance  des 
tuiles  à  rebords  :  on  m'a  parlé  notamment  d'un  champ  qui  se  trouve  au  bout  d'Aval  et  qui 
est  rempli  de  substruclions. 

A  mes  yeux ,  il  serait  très  possible  que  le  riche  manoir  que  les  archevêques  de  Rouen 
possédaient  au  xiiie  siècle  à  Saint-Nicolas-d'Aliermont,  et  dont  l'enclos  est  encore  connu 
aujourd'hui  sous  le  nom  de  Mané^  ait  succédé  à  un  palatium  des  rois  francs  ou  à  une  villa 
du  fisc  gallo-romain.  Ce  qui  plaiderait  en  faveur  de  cette  hypothèse,  c'est  qu'en  1197  nos 
ducs-rois  possédaient  encore  l'Aliermont  et  son  manoir. 


«  Le  Manoir  des  Archevêq.  de  Rouen  sur  l'Aliermont,» 
in-8-  de  10  p.,  Rouen ,  1849. 


«  Revue  de  Rouen,  »  année  1849,  p.  57-66. 
«  Bulletin  monumental ,  »  t.  xv,  p.  76-89. 


rî09  — 


SAINT-JACQUES-D'ALIERMONT. 

Époque  gauloise.  —  En  4848,  M.  Le  Maréchal,  propriétaire  à  Saint-Jacques-d'Alier- 
mont,  faisant  recueillir  du  caillou  sur  ses  terres  labourées,  trouva  au  moins  six  haches  en 
silex  dont  il  m'a  donné  quelques-unes  et  le  reste  à  M.  Hardy,  de  Dieppe.  J'ai  recueilli 
dans  ce  village ,  appelé  par  Eudes  Rigaud  Tristisvilla ,  la  tradition  qu'une  femme  riche , 
passant  autrefois  près  de  la  grange  dîmeresse  avec  un  chariot  à  six  .chevaux  chargé  de 
trésors,  le  terre  s'entr'ouvrit  et  l'infortunée  disparut  dans  l'abîme.  Depuis,  une  mare 
profonde  existe  en  cet  endroit. 

L*abbé  Decorde,  «Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton  de  Londinières,  »  p.  112. 


SAINT  VAAST-D'ÉQUIQUEVILLE. 

Époque  franque.  —  Saint- Vaast-d'Équiqueville  est  une  ancienne  propriété  du  Chapitre 
de  Notre-Dame  de  Rouen ,  auquel  il  fut  donné  sans  aucun  doute  dès  l'époque  franque.  La 
charte  de  Robert  1er,  qui  rappelle  cette  donation,  n'est  guère  qu'une  confirmation  du  passé: 
«  Sanctum  Vadastum  cum  appenditiis ,  d  et  aussi  :  «  Sanctum  Vadastum  cum  ecclesiâ  et 
molendinis  ;  »  le  tout  est  situé  «  in  comitatu  Talou  »  et  «  in  pago  qui  dicitur  Talou.  y> 

La  cathédrale  de  Rouen  posséda  Saint-Vaast  jusqu'à  la  Révolution.  Le  doyen  du  Cha- 
pitre venait  parfois  résider  dans  la  vieille  maison  de  pierre  qui  est  contiguë  à  l'église.  On 
l'appelle  le  Doyenné  ou  la  maison  du  doyen. 

L'ancienne  paroisse  de  Saint-Pancrace  d'Équiqueville,  supprimée  à  la  Révolution,  fait  à 
présent  partie  du  village  de  Saint-Vaast-d'Équiqueville. 

Époque  incertaine.  —  Dans  la  prairie  et  au  bord  de  la  Béthune,  est  un  tertre  sablon- 
neux en  partie  détruit  et  qui  pourrait  bien  être  un  tumulus  antique. 


A.  Le  Prévost,  o  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie ,  »  t.  xi ,  p.  10. 


a  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  215. 
Pommeraye,  «  Hist.  de  la  Gathéd.  de  Rouen,  »  p.  297. 


ÉQUIQUEVILLE  (section  de  saint-vaast-d'équiqueville). 

Époque  gauloise.  —  En  1861 ,  entre  Saint-Vaast  et  les  Grandes-Ventes,  on  a  trouvé 
un  quart  de  stalère  en  or  contemporain  de  Jules  César.  D'un  côté  est  un  cheval  avec  son 
aurige;  de  l'autre,  sont  des  symboles  imitant  des  rayons  solaires.  Cette  pièce  appartient 
à  la  contrée  maritinîe  du  Belgium. 

Époque  romaine.  —  M.  Guilmelh  dit  que  l'on  trouve  à  Équiqueville  beaucoup  de  tuiles 
et  d'objets  romains,  surtout  dans  la  plaine  qui  va  vers  les  Grandes-Ventes,  au  triage  des 
Ckâtelets.  Le  même  M.  GuiUneth  fait  observer  qu'au  commencement  de  l'Itinéraire 
d'Antonin  figure  un  lieu  appelé  Ecucotitium,  ce  qui  a  quelque  rapport  avec  le  radical 
d'Équiqueville. 


—  310  — 

Une  chose  plus  certaine,  c'est  qu'en  i  851 ,  en  faisant  le  chemin  de  grande  communication 
iio  22,  allant  d'Auffay  au  Tréport,  on  trouva,  à  la  côte  d' Ëquiqmville ,  des  vases  en  terre 
rouge  fine  et  choisie,  que  j'ai  tout  lieu  de  considérer  comme  des  urnes  antiques ,  sans  ce- 
pendant en  être  certain.  On  m'a  dit  avoir  rencontré  au  même  endroit  des  ossements 
humains.  Je  m'y  suis  rendu  :  j'ai 

rapporté  des  débris  de  vases  et  

deux  bclics  fibules  ansées  en  bronze 
que  je  crois  romaines.  Plus  tard, 
on  m'a  remis  un  bracelet  en  bronze 
assez  grossier,  que  l'on  m'a  as- 
suré provenir  du  même  endroit 
Nous  reproduisons  ici  les  deux 
fibules. 

Parmi  les  découvertes  qui  fu- 
rent faites  à  la  côte  d'Equiqueville  ^ 

en  1852,  nous  devons  citer  encore  ^^^^^  ^.^ 

deux  objets  de  métal  dont  s'est  en-  .  . 

richi  le  Musée  de  Rouen.  Ils  se  nnuLEa  de  «roîmk. 

composent  :  \"  d'une  cuiller  en 

bronze  ;  2"  d'une  lampe  aussi  en  bronze  et  â  quatre  becs  inégaux,  portant  un  anneau  fixe 
inférieur  destiné  à  suspendre  un  godet  propre  à  recevoir  les  gouttes  d'huile  qui  s'en  échap- 
paient; la  partie  supérieure  qui  servait  à  suspendre  la  lampe  est  coupée. 

Période  normande.  —  L'ancien  nom  de  ce  village  est  Skekevillay  d'après  Guillaume 
de  Jumiéges  qui  assure  que  Gonnor,  duchesse  de  Normandie  au  xe  siècle,  était  originaire 
de  ce  lieu.  11  parait  bien  que  nos  premiers  ducs  avaient  une  terre  à  Equiquevitle  ou  aux 
environs ,  puisque  ce  fut  ici ,  dans  une  partie  de  chasse,  que  Richard  1er  épousa  Gonnor, 
s  More  danico.  » 

Guil.  de  Jumiéges,  •  Hist.  des  Ducs  de  Nonnandie ,  »  I  statistique  et  monumentale  des  airondissem.,  •  p.  9!4- 

liv.  8,  ch.  36,  trad.  de  M.  Guizot.  |  ■  Catalogue  illustré  et  Mss.  du  Musée  de  Rouen.  • 

■  LesEeUsesdel'arrond.  de  Dieppe,"  t.  ii,  p.  aiî-15.  E.  Lambert,  •Hém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNonn.,- 

Guilmeth  ,  •  Description  géographique ,  historique ,  I  t.  xxv,  p.  48G,  pi.  iv,  flg.  11  bis. 


SAINT-AUBIN-LE-CAUF. 

Epoque  gauloise  {?).  —  Saint-Aubin-le-Cauf  est  dominé  au  midi  par  une  colline  haute 
et  nue  que  l'on  appelle  le  Mont-Raz  ou  les  Monts-Raz.  Sur  cette  côte  dénudée  est  une 
pierre  qui,  dit-on,  détourne  la  foudre. 

E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  >  p.  9. 


—  311  — 

En  i  848,  en  ramassant  des  cailloux  dans  un  labour,  une  femme  rencontra  une  monnaie 
gauloise  de  la  période  symbolicpie  présentant  le  cheval  et  une  couronne  de  laurier.  M.  Lam- 
bert a  décrit  et  reproduit  cette  pièce  dans  son  Second  Essai  sur  la  mimismatique  gan- 
toise du  nord'Ouest  de  la  France. 

E.  Lambert,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  «  t.  xxv,  p.  493  et  534,  pi.  vi,  fig.  5. 

BELLENGREVILLE. 

Époque  GAULOISE.  —  Au  château  de  la  Veauvaie ,  qui  dépend  de  cette  commune,  on  a 
trouvé,  en  1842,  une  hachette  en  silex  conservée  par  M.  de  Bellengreville. 

Époque  incertaine.  —  Dans  une  prairie  située  sur  les  bords  de  l'Eaulne  se  voyait 
autrefois  l'église  de  Bellengreville,  et,  à  côté  d'elle ,  la  fontaine  dite  de  Saint-Germain  ,  à 
laquelle  on  faisait  des  pèlerinages. 

■  Les  Eglises  de  rarrondissement  de  Dieppe,  •>  t.  ii,  p.  228. 

SAINT-SULPICE-DE-BELLENGREVILLETTE  (section  de  bellengreville). 

Époque  gallo-romaine.  —  M.  Guilmeth  assure  que,  dans  l'ancien  cimetière  de 
Saint-Sulpice  ou  de  Bellengrevillette ,  on  a  trouvé,  en  août  1843,  des  poteries  an- 
tiques ,  des  monnaies  romaines,  des  hachettes  en  bronze ,  et ,  près  de  là,  deux  cercueils 
en  pierre. 

Guilmeth,  «  Description  géograph.,  histor.,monum.  etslatist.  des  arrond.,  »  t.  iv,  p.  230. 

BAILLY-EN-RIVIÈRE. 

Epoque  romaine.  —  Bailly-en-Rivière  est  une  localité  remplie  d'antiquités  de  toutes 
sortes.  On  rencontre  partout  des  constructions  arasées.  On  a  recueilli  à  diverses  reprises 
des  tuiles,  des  poteries  et  des  monnaies  romaines.  Parmi  ces  dernières,  on  nous  a 
cité  des  Trajan,  des  Nerva,  des  Antonins  et  des  Posthume.  On  nous  a  parlé  égale- 
ment de  trois  puits  rebouchés  avec  des  débris  romains.  Ce  pays  est  également  rempli 
de  traditions.  Le  chemin  qui  conduit  de  Bailly  à  Douvrend  s'appelle  le  chemin  des 
Morts. 

La  principale  et  la  plus  riche  découverte  que  nous  ayons  à  citer  est  celle  qu'a  faite ,  en 

1852,  feu  M.  Armand,  instituteur  à  Bailly.  En  creusant  les  fondations  de  sa  maison,  cons- 

i  truite  à  l'entrée  du  bourg,  sur  le  bord  de  la  route  départementale  no  32 ,  il  a  trouvé ,  à 

70  centimètres  du  sol ,  une  grande  chaudière  en  airain  contenant  au  moins  six  vases  de 


1 


—  312  — 

bronze  dont  plusieurs  étaient  plaqués  d'argent.  Je  cite  parmi  les  mieux  conservés  :  une 


BKOnZE  FLAQUK  D'ARGENT,  TnoVVÉlI  A 


chaudière  ronde  de  cinq  litres  de  capacité  ;  un  poêlon  avec  manche  pouvant  contenir  de 
quatre  à  cinq  litres  ^  un  pol;  une  assiette  plate ,  plaquée  d'argent  au  dedans  comme  au 
dehors  ;  un  plateau  bien  conservé.  Toute  cette  belle  vaisselle  antique  est  entrée  au  Musée 
de  Rouen,  auquel  la  famille  Armand  a  bien  voulu  l'offrir  à  notre  prière  (1).  — Nous  repro- 
duisons au  simple  trait  quelques-uns  des  objets  de  Bailly.  —  M.  Armand  fils  a  bien 
voulu  nous  communiquer  plusieurs  renseignements  sur  Bailly  et  les  environs. 

Epoque  fbanque.  —  Vers  1815,  on  traça  un  nouveau  chemin  pour  aller  du  boui^  de 
Bailly  au  hameau  de  Brétigny,  qui  en  dépend.  Parvenus  à  quelques  mètres  sous  le  bois  de 
Brétigny,  les  ouvriers  trouvèrent,  dans  un  coteau  marneux,  «  cinq  ou  six  squelettes 
accompagnés  de  vieux  sabres  longs  et  laides.  »  Je  crois  reconnaître,  dans  ce  trait,  des 
Francs  comme  ceux  d'Envermeu  et  de  la  vallée  de  l'Eaulne.  Je  dois  la  connaissance  de 
cefaitàM.  L.  Armand,  natif  de  Bailly,  qui  prépare,  à  Neufchâtel,  une  histoire  desoa 
village. 

•c  Revue  de  Rouen,  ■  année  1S53,  p.  622.  i       *  Les  Ëglisesde  l'arraDd.  de  Dieppe,*  t.  u,  p. 241. 

o  Sépultures  gaul.,  rom.,  Tranq.  et  narm.,  •  p.  55.         | 


SAINT-AIGNAN  (section  d'avesnes). 

Époque  romaine.  —  Dans  les  champs  qui  vont  de  Saint-Aignan  vers  le  hameau  de 
Mélincamp,  on  a  trouvé,  vers  1835,  un  dépôt  de  monnaies  romaines. 


(1)  u.  de  CaumoQt  a  reproduit  dans  son  ■  Bulletin  monumental,  ■  t.  ixix.  p.  53,  deux  casseroles  do  brome  exis- 
tant au  Musée  de  Rennes  dans  la  colkcHon  Aimant.  L'une  d'elles  est  haute  et  profonde,  avec  anse  ronde  ;  l'aotra 
est  plate  et  ovate^avec  anse  carrée. 


—  31S 


SAINT-OUEN-SOUS-BAILLY. 


Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  dit  qu'au  sommet  d'une  des  côtes  qui  dominent  la 
vallée  de  la  Bailly-Bec,  on  remarque  de  curieux  terrassements  qui  pourraient  bien  provenir 
d'un  ancien  camp. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  mon.  et  stat.  des  arrond.,  etc.,  »  t.  iv,  p.  240. 


AUOUEMESNIL. 

Epoque  GAULOISE. —  En  1863,  M.  Defrance,  maire  d'Auquemesnil ,  m'a  remis  une 
hachette  en  silex  trouvée  dans  ses  terres. 

Époque  incertaine. — Vers  1830,  il  a  été  trouvé,  à  Au- 
quemesnil,  un  marteau  en  pierre,  de  forme  arquée,  percé 
par  le  milieu  d'un  trou  circulaire  et  pointu  à  chaque  ex- 
trémité. Cette  pièce  est  très  lisse  et  très  belle  ;  elle  a  et 
offerte  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe  par  M.  Defrance,  d'Au- 
quemesnil. —  Nous  en  donnons  ici  le  dessin. 
On  ignore  la  nature  de  la  pierre.  On  ne  sait  non  plus  à 
MARTEAU  EN  piEBRB.  qucUc  époquc  l'attribucr.  M.  Feret,  de  Dieppe,  la  croit 

Scandinave.  Ce  que  nous  savons  de  plus  sûr,  c'est  que  M.  Houbigant,  de  Nogent-les-Vierges^ 
possède  des  haches  ou  marteaux  semblables  trouvés  dans  les  rivières  d'Oise  et  de  Therrain. 

•  Catalogue  de  la  Biblioth.  publiq.  de  Dieppe,  »  p .  347.    |       «  Revue  de  la  Normandie,  »  année  1864,  p.  2. 


SAUCHAY. 

Epoque  romaine.  —  La  commune  de  Sauchay  est  divisée  en  deux  sections  :  Sauchay- 
le-Haut  et  Sauchay-le-Bas.  Sauchay-le-Bas ,  situé  dans  la  vallée  de  l'Eaulne,  est  parcouru 
dans  toute  sa  longueur  par  la  voie  romaine  de  Dieppe  à  Beauvais,  transformée  aujourd'hui 
en  route  départementale  no  5,  entre  les  deux  mêmes  villes. 

On  a  trouvé  à  Sauchay,  à  diverses  reprises,  d'autres  antiquités  romaines.  M.  Guilmeth 
cite  des  briques,  des  tuiles  et  des  poteries,  recueillies  avant  1838. 

Vers  1842,  nous  avons  vu  chez  M.  Wiotte,  alors  juge  de  paix  d'Envermeu  et  habitant  de 
Sauchay-le-Haut,  une  collection  de  monnaies  romaines  du  m®  siècle.  Ce  digne  magistrat 
les  avait  rachetées  à  des  ouvriers  de  Sauchay-le-Bas  qui,  vers  1837,  avaient  découvert  une 
cachette  de  350  pièces  environ.  Ces  monnaies  étaient  de  moyen  module,  en  bronze  saussé , 
et  représentaient  pour  la  plupart  des  Gordien ,  des  Philippe ,  des  Aurélien  et  autres  Césars 
da  ce  temps.  Généralement,  elles  étaient  bien  conservées. 

40 


—  314  - 

Époque  franque  ou  normande.  —  Sous  l'église  de  Sauchay-le-Bas,  qui  a  des  restes 
romans,  est  creusée  une  crypte  avec  un  autel  qui  doit  remonter  bien  haut. 

Guilmeth,«'Desc.g<:'Ogr.,hist.,mon.etstat.,»t.iv,p.232.  |        «  La  Normandie  sout.,».  Inédit.,  p.  178; 2* édit, p.  202. 
«  LesÉglisesdel'arrond.de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  231-32.      |        «  Mém.  de  la  Soc.  des  Àntiq.  de  Norm.,»  t.  xxiv,p.358. 

GUILMÉCOURT. 

Époque  romaine.  —  D'après  Dom  Grenier,  on  voyait  encore,  il  y  a  cent  ans,  les  restes 
d'une  voie  antique  dans  Saint-Vaast-de-Guilmécourt,  dont  le  vocable  du  reste  indique  un 
chemin  public. 

Dom  Grenier,  «Introduct.  à  Thist.  de  Pic.  »  dans  les  «  Mt'îm.  de  la  Soc.  des  Antiq,  de  Pic,  »  t.  m,  p   49G. 

BIVILLE-SUR-MER. 

Époque  romaine  (?). —  L'ancien  Biville  s'est  déplacé.  Entre  le  village  actuel  et  la  mer, 
on  nous  a  assuré  que  l'on  rencontrait  en  labourant  beaucoup  de  substructions ,  de  caves , 
de  tuiles  à  rebords  et  des  poteries.  On  appelle  ces  champs  le  Vieux-Biville.  On  dit  qu'une 
voie  antique  passait  par  cet  endroit.  La  tradition  et  les  monuments  semblent  concorder  sur 
le  déplacement  de  ce  village. 

Epoque  franque.  —  En  mars  1856,  au  hameau  de  Neuvilletie,  à  Biville-sur-Mer, 
M.  Becquet  découvrit  avec  sa  charrue  trois  cercueils  en  pierre  de  Vin^gelé.  Ils  étaient 
orientés  est  et  ouest  et  possédaient  encore  une  partie  de  leurs  couvercles.  Un  de  ces  cer- 
cueils renfermait  un  squelette  entier  et  trois  tètes  isolées.  Autour  de  ces  sarcophages,  nous 
avons  trouvé  des  débris  de  vases  romains  et  mérovingiens.  Nous  croyons  que  ces  cercueils 
appartiennent  à  l'époque  franque. 

«  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  434-35.  |        «  Les  Églises  de  Parrond.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  259. 

TOURVILLE-LA-CHAPELLE. 

Époque  gauloise.  —  En  1854  on  a  trouvé,  à  Tourville-la-Chapelle,  trente  ou  quarante 
hachettes  en  bronze,  dites  celtiques.  Elles  étaient  en  groupe  et  ensevelies  à  50  centimètres 
de  profondeur  dans  l'argile.  J'en  possède  deux  petites.  Six  sont  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe, 
et  deux  autres  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  incertalne.  —  En  1847  il  a  été  trouvé,  à  Tourville-la-Chapelle,  à  1  mètre  de 
profondeur,  une  marmite  en  bronze,  à  trois  pieds,  et  une  anse  mobile  qui  devait  être  en  fer. 
Cette  pièce,  qui  a  été  achetée  25  fr.  par  le  Musée  de  Rouen,  ne  saurait  facilement  être  datée. 


«  Catalogue  de  la  Biblioth.  publiq.  de  Dieppe,  »  p.  343. 
«  Catalogue  illustré  du  Musée  de  Rouen ,  »  Mss. 
«  Revue  de  l'Art  chrétien ,  »  t.  vi ,  p.  128. 


«  Gentleman's  Magazine,  »  de  sept.  1861,  p.  254-55. 
«  Note  sur  des  Marmites  en  bronze  conservées  dans 
des  col.  archéol,  »  p.  4. 


^ 


SAINT-MARTIN-EN-CAMPAGNE. 

Saint-Martin-en-Canipagne  est  un  lieu  fort  riche  en  antiquités ,  soit  gauloises ,  soit  ro- 
maines. Je  les  ai  toutes  énumérées  dans  un  article  spécial  inséré  :  1  •  dans  mes  Sépultures 
gauloises,  romaines,  franqucs  et  normandes ,  p.  51-68  ;  2o  dans  VAChœneum  français; 
30  dans  le  Bulletin  monumental  y  t.  xxii,  p.  95-104.  Je  vais  les  abréger  ici. 

Ces  découvertes  nous  sont  connues  depuis  1837.  Elles  ont  lieu  sur  deux  points  prin- 
cipaux :  au  hameau  de  Vassonville  et  au  quartier  du  Boiit-de-lor-Ville. 

Epoque  gauloise.  —  A  Vassonville,  en  1837,  on  a  trouvé  plusieurs  hachettes  en  silex 
dont  je  possède  une,  et  M.  l'abbé  Lecomte,  du  Havre,  une  autre.  En  18-40,  on  y  a  décou- 
vert une  monnaie  gauloise  en  or,  possédée  encore  à  présent  par  M.  l'abbé  Lecomte  : 
elle  présente  d'un  côté  un  cheval  lancé ,  et  de  l'autre  sont  des  symboles  en  pointe. 
M.  Lambert  a  décrit  cette  pièce ,  qu'il  attribue  à  l'époque  symbolique. 

Époque  romaine  —  En  1830,  M.  Laignel  a  rencontré  un  vase  antique  contenant  de  cinq 
à  six  cents  monnaies  de  bronze.  On  y  areconnu  des  Adrien,  des  Commode,  des  Trajan,  des 
Marc-Aurèle,  des  Antonins,  une  Crispine  et  une  Fausline. 

Tout  près  de  là  se  trouvaient  une  grande  urne  en  verre,  de  la  poterie  et  trois  beaux  bas- 
sins en  bronze  qui  passèrent  entre  les  mains  de  M.  Wiotte ,  juge  de  paix  d'Envermeu.  Ils 
sont  encore  aujourd'hui  chez  son  fils,  le  docteur  Wiotte,  qui  habite  Sauchay-le-Haut.  Nous 
avons  décrit  et  reproduit  ces  trois  pièces  de  bronze  étamées  à  l'intérieur  et  dont  une  seule 
possède  des  anses. 


i   BRIINSE  TIIOUVÉS  A  S*INT-MARTI1-En-C\«PAGNK 


En  1856,  encore  à  Vassonville ,  le  nommé  Joly  trouva,  en  détruisant  une  maison,  une 
meule  à  broyer  en  poudingue  qui  est  à  présent  à  la  Bibliothèque  de  Dieppe. 

En  1855,  danslequartier  du  Bout-de-la-VUle,  un  laboureur  rencontra  dans  son  champ 
des  keurteux ,  puis  des  vases  en  terre  grise ,  rouge  et  noire.  Ayant  reconnu ,  dans  cette 


—  316  — 

poterie,  des  vases  funéraires  gallo-romains,  j'y  fis  une  fouille  en  4856.  J'y  rencontrai ,  k 
50  centimètres  du  sol ,  deux  groupes  de  sépultures  à  incinération.  Le  premier  groupe 
contenait  vingt-cinq  vases  et  le  second  quinze.  Ils  étaient  entourés  de  cailloux  et  avaient 
été  renfermés  dans  des  caisses  de  bois. 

Cinq  de  ces  vases  étaient  cinéraires  et  contenaient  des  os  brûlés ,  les  autres  étaient  pour 
les  offrandes.  Ils  se  composaient  de  cruches  blanches,  rouges  et  noires,  d'assiettes  et  de 
plateaux  en  terre  de  Samos  et  de  petits  pots  en  terre  noire.  Il  n'y  avait  guère  que  trois 
vases  de  verre  avec  anse  rayée,  deux  coupes  pour  les  libations  et  une  fiole  pour  les  offrandes. 
Les  autres  objets  étaient  une  perle  côtelée  en  verre  verdâtre  et  une  boîte  en  bronze 
pour  les  parfums.  Il  n'y  avait  que  deux  noms  de  potier  :  Cabatilih  et  SoLr(Mr)OF!.  — 
Nous  reproduisons  ici  une  partie  des  objets  sortis  des  sépultures  romaines  de  Swnt- 
Martin. 


DIRE   ET  «nlSK. 


n   TKKIIE  XOVOB,   DITK   DE   SAHOd 


'4 


VASES  DE  TBBBK. 


II  ne  nous  reste  plus  qu'à  citer  quelques  ouvrages  qui  parlent  de  Saint-Martin-    -Cam- 
pagne et  de  ses  antiquités.  Ce  sont  : 


«  Les  Églises  do  rairond.  de  Dieppe,  ■>  t  ii,  p.  364-578. 

L'abbé  Lecomte,  "  NoUuelilst.  sur  Berne  va  l-ie-Grand  et 

Saint-MarltD-ea-CampagDe,>ia-12de9l  p.,Bouen,184t. 


E.  Lambert,  ■  Mùm.  de  la  Soc.  dos  V-.i 
t.  uv,  p.  486,534,  pi.  w,  flg.  lu. 


(t)Pouré1ucidârcettepiècedebronzedont  nous  reproduisons  l'anatoi^e  trouvée  à.^rcLS- 
■ur-Aube,  de  1833  à  1838,nous  devons  dire  que  lout  d'abord  nous  ne  l'avons  pas  comprise. 
DéjAnausenavionavu  trois  pareilles  à  Louviers,  chez  M.  Lalun,  dansun  cabinet  tout  meu- 
blé de  reliques  romaines  recueillies  à  Caudebec-lës-Elbour[UggntD),  de  134G  à  1850.  Plus 
lard  nous  eu  avions  rencontre  une  semblable  b  Paris,  dans  la  collection  de  M.  L.  Coûtant. 
Cette  dernière  provenait  dts  foui  II  es  de  l'église  de  Gêrès,  près  Bar-sur- Aube.  Nous  n'y  avions 
tgftleroent  rien  compris,  pas  plus  qu'à  la  Jolie  boite  de  bronze  énmillâ,  trouvi^e  dans  des 
tépnltures  romaines  du  iv*  siècle,  à  Arcis-sur-Aube,  et  reproduite  par  M,  Canut-Cliardon. 
(■  Notices  hisl.  et  topograph.  sur  la  ville  d'Arcis-sur-Aube,  'p.  87,  pi.  viii,  llg.  41.)  — 
(Nous  donnons  ici  et  plus  haut  cette  curieuse  image.)G'est  M.  Troloppe,  sa  vantarchéalogue 
de  Lincoln,  qui  a  beaucoup  étudié  l'art  ancien  à  Pompefa  et  à  Herculanum,  qui  nous  a 
aiauréquecet  objet  était  une  bette  &parf\ims,  laquelle  se  fixait  parfois  sur  la  poitrioe  eo  guise  d 


—  318  — 


PENLY. 


Période  normande.  —  Sur  Penly,  appelé  dans  des  titres  du  moyen-âge  Penlieu  et 
Peiilyu,  se  trouve  un  vallon  appelé  le  Val-des-Comtes.  D'après  la  tradition,  ce  val  était ii 
séparation  du  comté  d'Arqués  et  du  comté  d'Eu,  des  pays  dHOu  et  de  Taloii^  du  pagus  Au- 
gensis  ou  Aucensis  et  du  pagus  Talogiensis.  Peut-être  cette  démarcation  remontait-elle  à 
l'époque  franque,  ou  tout  au  moins  à  la  période  normande  du  xe  siècle. 

«  l^s  Églises  de  larrond.  de  Dieppe  ,  »  t.  ii,  p.  262.     |       D.  Lebeuf ,  «  La  Ville  d'Eu  ,  »  p.  26. 


CANTON     D'EU. 


EU. 


ÉPOQUE   GALLO-ROMAINE. 


Nous  plaçons  à  Eu  une  ancienne  ville  romaine  et  nous  lui  donnons  le  nom  d!Augusla. 
Nous  allons  dire  sur  quoi  s'appuie  notre  opinion:  comme  toujours,  nous  donnerons  les 
documents  écrits,  puis  nous  passerons  aux  monuments  archéologiques. 

Textes.  —  Le  plus  ancien  document  qui  concerne  cette  ville  est  une  vie  de  saint  Valéry, 
abbé  de  Leuconaûs  (aujourd'hui  Saint-Valery-sur-Somme),  écrite  au  vu©  siècle  par  l'abbé 
Ragimbert  ou  Ribert,  le  successeur  de  notre  saint.  On  y  dit  que  ce  pieux  missionnaire 
€  pervenit  ad  locum  qui  dicitur  Amta  alias  Augusta  juxtà  Auvae  fluvium.  »  Quelques-uns 
mais  à  tort,  ont  cru  qu'il  s'agissait  ici  du  Bourg-d' Ault ,  où  il  n'y  a  pas  de  rivière.  Pour 
nous,  il  s'srgit  bien  d'Eu  ou  d' Ouste ^  qui  est  voisin  et  qui  fait  corps  avec  lui. 

Dans  ce'  m^me  vu©  siècle ,  Théodoric  ou  Thierri  1er,  roi  des  Francs  (673-690) ,  donna  à 
saint  Séï^e  o«  ààint  Sauve,  évoque  d'Amiens  (695),  c  Augusta,  villa  Ambianorum,  in  page 
Winenàco  podmL  >  Ce  texte ,  cité  par  Adrien  Valois ,  dans  sa  Notitia  galliarum ,  nous  est 
répéta  wr  3!friJOTincelin ,  dans  son  Histoire  des  Comtes  d*Eu,  page  9.  Dans  la  vie  de  ce 
même  iroit  Sal^e,  d'Amiens,  éditée  par  les  Bollandistes ,  au  xi  janvier,  et  reproduite  en 
partie  par  dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.,  >  t.  m,  p.  621 ,  on  lit  que  ce  pontife  se  retira 
à  Augusta ,  villa  qui  lui  avait  été  donnée  par  le  roi  Thierry  :  t  In  Vinnemacum  pagum... 


—  3d9  — 

viDam  quam  Theodoricus  famosissimus  rex,  Augustam  nomine,  dederat,  illic  resedit.  > 
Tous  les  interprètes  s'accordent  à  appliquer  cette  donation  à  AtiMa ,  village  picard ,  voisin 
d'Eu,  et  qu'à  l'époque  antique  nous  confondons  volontiers  avec  cette  dernière  ville. 

Nous  pensons  que  c'est  également  à  Eu  que  l'on  doit  appliquer  le  nom  d'/gusta ,  classé 
par  Pépin  parmi  les  localités  du  Talou  c  in  pago  Tellao ,  »  où  l'abbaye  de  Saint-Denis 
possédait  des  biens  en  750.  En  775,  Charlemagne,  son  fils,  ne  fait  que  confirmer  au 
monastère  le  même  Augusta,  déjà  cité  par  son  illustre  père. 

Après  avoir  cité  les  textes  de  Pépin  et  de  Charlemagne  ,  notre  savant  maître  M.  A.  Le 
Prévost  n'hésite  pas  à  appliquer  Augusta  à  Ouste  ^  près  Eu,  qui  pour  nous  ne  fait  qu'un 
avec  cette  ville. 

A  une  époque  plus  récente,  à  la  période  carlovingienne ,  un  auteur  du  x^  siècle  parle  du 
château  d'Eu  comme  existant  en  925.  Frodoard  ou  Flodoard  raconte  qu'Héribert,  comte  de 
Vermandois,  avec  les  soldats  de  l'église  de  Reims  et  assisté  du  comte  Arnoulf  et  des  Francs 
maritimes,  attaqua  un  «  Castrum  secus  mare  situm  (quod)  vocatur  Auga.  Franci  oppido 
oppugnando  potiti  mares  cunctos  interimunt ,  munitionem  succendunt;  »  puis  Héribert  y 
conduit  Charles-le-Simple  qui  y  reçoit  l'hommage  des  seigneurs  normands. 

La  Chronique  de  Verdun  raconte  le  même  fait  et  dit  :  «  Castrum  Augum.  » 

On  voit  qu'au  x^  siècle  le  nom  à'Auga  avait  remplacé  celui  à' Augusta,  Froland  dit  avec 
raison  que  chez  les  vieux  écrivains  le  nom  d'Eu  était  Auga^  Augum  et  Aucum  :  «  Dans  les 
auteurs  anglais,  ajoute-t-il ,  c'est  Ou.  » 

En  effet,  l'anglo-normand  Robert  Wace  donne  le  nom  d'Ow  à  la  ville,  à  la  rivière  et 
au  comté  : 

Ou  port  Vimou  è  Normandie  Ou  est  ewe ,  Ou  est  chastel 

Uo  palz  d'alire  avoerie  Kisiet  sur  Tewe  d'Oa  mull  bel. 

M.  Estancelin  concorde  parfaitement  avec  son  compatriote  Froland  pour  les  noms 
d'Ow,  dWugum  et  diAuga.  Lui  aussi  en  fait  une  contraction  A' Augusta^  et  il  en  reconnaît 
l'affinité  et  même  f identité  avec  le  village  d'Ouste,  qui  est  aux  portes  et  sous  les  murs 
de  la  ville. 

M.  Estancelin  croit  avec  raison,  selon  nous,  que  le  comté  d'Eu  ne  fut  créé  que  vers  996 , 
et  que  ce  fut  à  celle  époque  seulement  que  naquit  le  pagus  Angensis  ou  Pagus  Aucensis. 
Ce pagus  normdinà  aurait  été  alors  détaché  du  Talou  dont  il  faisait  partie  depuis  l'époque 
franque. 

N'oublions  pas  de  dire  qu'au  siècle  dernier  (de  1722  à  1732\  une  discussion  s'ouvrit, 
ddïïs  les  pdigcs  du  Mercure  de  France^  sur  l'étymologie  et  l'origine  du  nom  d'Eu;  l'abbé 
Lebe\if,  Claude  du  Moulinet  et  iM.  Capperon  ,  d'Eu ,  y  prirent  part  tour  à  tour. 

Pour  clore  ce  que  nous  avons  à  demander  aux  documents  écrits  et  à  la  philologie,  nous 
dirons  que  le  village  picard,  qui  sous  les  murs  d'Eu  a  gardé  jusqu'à  nous  le  nom  d'Ouste 


—  S20  — 

et  d'Aoïislûy  nous  paraît  cire  le  dernier  débris  parlant  du  nom  latin  d* Atigus fa,  que  portait 
la  station  romaine  à  laquelle  Eu  a  succédé.  Chacun  de  nous  sait  que  le  mot  Aouste  est  une 
simple  traduction  à'Augtista.  Plusieurs  villes  des  Gaules  auxquelles  échut  ce  nom  patrony- 
mique des  Césars  en  ont  gardé  la  trace.  Aoste  ou  Aouste^ddius  le  Piémont,  s'appelait  ^w^w^to 
Pnztoria;  Saint«Quentin  en  Vermandois  se  nommait  Augtista  Veromanduorum  ;  aussi  un 
ancien  géographe  remarque  qu'un  des  faubourgs  de  la  ville  actuelle  porte  encore  le  nom 
d'AoK^le.  Il  n'est  pas  jusqu'au  mois  à! Août  qui  ne  soit  une  traduction  littérale  de  celui 
que  les  Romains  nommaient  Augmtus. 

A  présent ,  il  s'agit  de  savoir  s'il  se  trouve ,  sur  le  territoire  d'Eu  et  des  environs , 
des  monuments  antiques  suffisants  pour  démontrer  l'existence  d'un  point  ou  d'une  ville 
romaine. 

Monuments.  —  Je  dois  citer  en  première  ligne  la  tradition  constante  et  persévérante 
de  cité  antique  qui  existe  dans  ce  pays  et  qui  a  été  consignée  dans  les  écrits  des  historiens 
et  des  chroniqueurs  locaux.  Ces  derniers  ont  été  jusqu'à  en  faire  la  capitale  des  Essui^ 
ch  ez  lesquels  hiverna  Roscius,  Questeur  de  César. 

Les  plus  anciens  débris  que  l'on  ait  recueillis  à  Eu  sont  deux  hachettes  de  pierre,  achetées 
en  4840  par  le  Musée  de  Rouen. 

La  porte  principale  de  la  ville  du  moyen-âge  portait  et  porte  encore  le  nom  de  rue  et  de 
porte  de  l'Empire.  C'est  probablement  un  dernier  vestige  des  rapports  que  la  capitale  de 
l'empire  romain  entretenait  avec  toutes  les  villes  qui  reconnaissaient  sa  juridiction.  Nous 
rapprochons  la  rue  de  V Empire  à  Eu  de  la  rue  d'Arqués  appelée  la  rue  de  Rome,  du  sentier 
de  Grainville-la-Teinturière  nommée  la  ruette  de  Rome ,  et  enfin  de  la  voie  et  porte  de 
Lillebonne  dite  rue  et  porte  César ine. 

Plusieurs  voies  romaines,  en  effet,  se  rendaient  à  Eu  ou  traversaient  cette  ville.  Nous 
citerons  d'abord  la  grande  voie  militaire  qui  allait  de  Juliobona  (Lillebonne)  et  Gravinum 
(Grainville)  à  Gesoriacum  ou  Rononia.  Ce  chemin ,  tracé  sur  la  Table  Théodosienne ,  venait 
d'Arques-Dieppe  à  Augusta  (  Eu  ) ,  qu'il  traversait  pour  se  diriger  vers  la  Picardie  et  le 
Boulonnais.  Le  faubourg  de  la  Chaussée,  rangé  sur  cette  route  antique,  en  est  pour  nous 
le  dernier  débris. 

Nous  avons  retracé  le  parcours  de  cette  voie  sur  le  territoire  de  la  Seine-Inférieure , 
comme  nous  avons  exquissé  les  deux  voies  antiques  qui  conduisaient  ici  de  Samarobriva 
(Amiens)  et  de  Cœsaromagus  (Beauvais).  Ces  deux  dernières  sont  fort  connues  en  Picardie 
et  dans  la  vallée  de  Bresle,  où  elles  portent  encore  le  nom  de  chaussée  Rrunehaul.  On  les 
suit  aisément  à  Bouvincourt,  à  Aouste  et  à  Ponts,  où  elles  passaient  la  rivière.  Nous  avons 
mentionné  et  décrit  ces  routes  d'après  MM.  Capperon,  Cide,  Darsy  et  Estancelin. 

En  1724,  d'anciennes  sépultures  ont  été  trouvées  au  pied  du  Mont-Rlanc,  à  cent  cin- 
quante pas  delà  porte  de  l'Empire.  Des  fouilles  y  furent  faites,  en  1722,  par  M.  Capperon, 
qui  y  trouva  des  squelettes  et  des  vases.  Ces  découvertes  furent  décrites  dans  le  Mercure  de 


/ 


—  821  — 

France,  par  M.  Capperoa  lui-même ,  et  elles  donnèrent  lieu  à  une  discussion  à  laquelle 
prirent  part  l'abbé  Lebeuf  et  le  célèbre  abbé  des  Thuilleries. 

En  1 839,  en  creusant  le  canal  d'entrepôt,  on  a  trouvé,  à  la  distance  de  625  mètres  des 
moulins  Packham,  à  400  mètres  de  la  gare  d'Eu  et  à  2  mètres  de  profondeur ,  des  tuiles 
romaines  creuses  et  à  rebords;  des  vases  de  terre  grise,  jaune  et  noirâtre;  des  fragments 
de  vases  en  terre  rouge  très  fine,  une  figurine  de  Vénus,  une  Latone  en  terre  blanche  et 
un  moyen  bronze  de  Néron. 

En  1840,  M.  Deville,  fouillant  au  même  endroit,  trouva,  à  1  mètre  50,  des  tuiles  et  des 
poteries  romaines ,  des  fragments  de  vases  à  relief  et  un  grand  bronze  d'Adrien. 

Tous  ces  objets  sont  au  Musée  de  Rouen  depuis  1842.  Plus  tard,  M.  Deville  acheta  pour 
ce  même  Musée  trois  vases  en  verre  trouvés  à  Eu.  L'un  d'eux  était  un  barillet  à  deux  anses 
présentant  au  fond  la  marque  de  verrier:  Fronino.  Vers  1845,  il  acquit  pour  le  même 
Musée  un  denier  d'argent  de  Gallien  recueilli  dans  les  fortifications. 

Nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de  rattacher  à  la  cité  antique  d'Augusta  le  camp 
de  Mortagne  qui  commande  le  cours  de  la  Bresle,  au-dessus  d'Incheville ,  et  les 
sépultures  antiques  qui  ont  été  trouvées  soit  dans  l'enceinte  du  camp,  soit  à  ses  pieds, 
en  1 856. 

Il  est  probable  qu'il  faut  aussi  mettre  sur  le  compte  du  voisinage  de  la  station  antique  les 
débris  de  villas  et  d'établissements  romains,  que  M,  Darsy  a  exhumés  dans  la  vallée  de  la 
Bresle,  dans  les  fouilles  qu'il  a  faites  de  1845  à  1847  pour  le  compte  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  Picardie. 

Mais  nous  devons  voir  surtout  la  démonstration  de  notre  thèse  dans  les  explorations  et 
les  découvertes  faites  en  1820  et  1821,  sur  le  territoire  d'Eu,  par  M.  Louis  Esiancelin. 
Lui-même  a  raconté,  à  deux  reprises  différentes,  le  résultat  de  ses  découvertes  :  la  première 
fois,  ce  fut  dans  les  Mémoires  de  la  Société  des  Antiq'uaires  de  Normandie;  la  seconde,  ce 
fut  dans  son  Histoire  des  Comtes  d'Eu. 

M.  Estancelin,  que  nous  avons  connu  et  interrogé  sur  son  pays,  nous  a  parlé  d'un  amphi- 
théâtre qu'il  a  cru  reconnaître  dans  un  taillis  placé  sur  le  penchant  de  la  colline  qui  se  dé- 
verse sur  la  Bresle.  Cet  amphithéâtre  aurait  80  mètres  de  long  sur  66  de  large.  H  y  a 
trouvé  des  murs  et  une  médaille  de  Tibère.  Une  partie  de  la  cité  romaine  a  dû  occuper  le 
coteau  que  recouvre  aujourd'hui  le  Bois-l'Abbé.  C'est  dans  ce  bois  surtout  que  M.  Estan- 
celin a  fait  ses  fouilles  et  ses  découvertes. 

Sur  la  route  qui  conduit  d'Eu  à  Foucarmont,  il  trouva  un  bel  édifice  romain  à  hautes  et 
épaisses  murailles,  qu'il  regarda  comme  un  temple  qui  aurait  été  comblé  de  main  d'homme. 
Les  murs,  en  petit  appareil  chaîné  de  briques,  avaient  1  mètre  33  d'épaisseur  et 
conservaient  une  hauteur  de  3  mètres.  M.  Estancelin  a  dégagé  la  façade  occidentale,  de 
13  mètres  de  long.  Dans  certaines  parties,  les  constructions  étaient  en  pierre  de  grand 
appareil. 

41 


—  322  — 

U  a  trouvé  des  restes  de  colonnes  et  des  débris  de  corniche  décorés  de  sculpture,  le  tout 
d'une  grande  puissance.  Un  des  morceaux  de  cette  corniche  a  été  envoyé  par  nous  au 
Musée  départemental.  Cette  pierre  est  grande  et  magnifique;  elle  annonce  un  édifice 
gigantesque. 

Les  pavages,  décrits  par  M.  Estancelin,  étaient  on  ne  peut  plus  soignés. 

Il  a  été  trouvé  des  masses  de  tuiles,  de  briques,  de  faîtières  et  d'étuves;  des  martyres  de 
toutes  couleurs,  du  granit  comme  du  porphyre,  des  stucs  coloriés  et  des  peintures  mu- 
rales; des  fragments  de  poterie  de  toutes  sortes  et  de  toutes  couleurs;  du  verre  laminé 
provenant  sans  doute  des  fenêtres;  des  morceaux  de  fer  et  de  cuivre  et  une  petite  lionne 
en  bronze. 

Parmi  les  médailles ,  il  a  été  reconnu  des  monnaies  gauloises  avec  le  cheval  et  le  bœuf 
et  le  nom  Cirmanus  ou  Cernutnos  (?);  des  monnaies  romaines  d'Auguste  avec  Fautel  de 
Lyon,  de  la  colonie  de  Nîmes,  de  Tibère,  de  Caligula,  vingt  de  Néron,  une  de  Domitien , 
deux  ou  trois  de  Titus,  de  Vespasien,  de  Trajan,  d'Adrien,  beaucoup  des  Antonins  et  de 
leurs  épouses. 

Les  derniers  bronzes  étaient  de  Constantin  et  de  Vàlentinien  IL  II  n'a  été  trouvé 
que  deux  monnaies  d'argent  de  Trajan  et  de  Tibère.  Enfin ,  il  y  avait  aussi  des  épées  en 
fer,  des  anneaux,  des  épingles  à  cheveux  en  cuivre  et  en  argent,  des  fibules,  des  clés 
et  une  patère  en  bronze.  En  1833,  on  découvrit  encore,  au  BoM'Abbé,  un  coq  en 
bronze. 

M.  Estancelin  signale  aussi  des  constructions  antiques  au  lieu  dit  la  Côte  des  Câteliers. 
Enfin,  partout  où  il  a  sondé ,  dans  le  Bois-VAbbé,  dans  la  forêt,  comme  dans  la  ville ,  il  a 
trouvé  des  débris  antiques  qu'il  serait  curieux  d'explorer. 

Comme  corollaire  des  découvertes  de  M.  Estancelin ,  nous  citerons  la  belle  construction 
romaine  du  Bois-VAbbé  que  M.  Fauquet  a  déblayée  dans  les  grands  défrichements  qu'il 
vient  d'opérer.  Ce  débris  antique,  que  nous  avons  visité  au  mois  de  mai  4861 ,  se  compose 
de  murs  élevés  de  3  ou  4  mètres ,  formant  encore  plusieurs  salles.  Ces  murs ,  construits 
en  petit  appareil  de  tuf  ou  de  moellon ,  sont  chaînés  de  larges  Innques  comme  toutes  les 
grandes  constructions  romaines.  Une  couche  de  ciment  rouge ,  dur  et  épais ,  marque  au 
fond  des  appartements  la  place  d'un  pavage  qui  fiit  sans  doute  en  pierre  de  liais.  Ce  tronçoh 
est  imposant,  et  les  alentours  indiquent  les  jardins  et  les  terrassements  qui  environnaient 
l'édifice. 

Enfin  toute  la  forêt  d'Eu  paraît  remplie  de  constructions  et  de  débris  antiques.  M.  Estan- 
celin ,  qui  l'a  beaucoup  fréquentée  et  beaucoup  interrogée ,  y  signale  çà  et  là  des  traces 
d'habitations  qu'il  croit  gauloises.  Dans  ces  habitations ,  on  a  trouvé  des  meules  à  broyer  en 
poudingue ,  et  des  monnaies  de  bronze  des  Antonins.  Près  d'elles  sont  des  mares  qui 
n'assèchent  jamais.  Enfin  il  y  a  reconnu  tous  les  restes  qui  encadrent  ordinairement  une 
station  antique. 


—  933 


Depuis  les  découvertes  de  M.  Estancelin,  l'antique  Augusta  n'a  cessé  de  se  montrer 
fertile  en  objets  romains.  En  1862,  au  lieu  dit  le  Mmon,  sur  la  voie  antique  qui  con- 
duit à  Pons,  des  travaux  de  déblai  ont  fait  voir  des  incinérations  gallo-romaines.  EUes 
consistaient  en  vases  de  terre  et  de  verre,  dont  quelques-uns  ont  été  sauvés  de  la 
destruction. 
Mais  la  plus  riche  découverte  a  été  faite  en  1863,  à  la  ferme  de  Beaumont,  tout 

près  dxxBûiS'V Abbé.  Là,  dans  le  voisinage  du  grand  édi- 
fice romain  reconnu  en  1820  et  en  1861 ,  un  laboureur, 
promenant  sa  charrue ,  a  rencontré  un  beau  vase  en  bronze 
contenant  mille  quarante  monnaies  d'argent.  Ce  vase,  qui 
était  fort  élégant,  a  malheureusement  été  brisé.  (Nous  en 
reproduisons  ici  Tanse ,  le  col  et  l'embouchure.)  Quelques- 
unes  des  pièces  qu'il  contenait  étaient  frustes  ;  sur  neuf  cent 
quatre-vingt-seize  qui  ont  été  déchiffrées,  on  a  reconnu 
des  Trébonien-Galle ,  des  Volusien ,  des  Gallien ,  des  Salo- 
nine,  des  Salonin  et  surtout  des  Posthume.  Ces  dernières, 
au  nombre  de  six  cent  soixante-neuf,  sembleraient  in- 
diquer l'époque  de  l'enfouissement  du  trésor  (la  fin  du 
in«  siècle.) 

En  1 864,  nous  avons  vu  des  paysans  vendre  à  un  marchand 
de  Rouen  soixante-deux  grands  bronzes  de  Posthume ,  qu'ils 
disaient  trouvés  à  Eu. 


y 


VASE  ROMAIN  EN  BRONZE 
(Kdy  1863). 


ÉPOQUE  FRANQUE. 


Nous  avons  vu  que  les  rois  francs  avaient  donné  Id  villa  (f  Eu  à  un  évêque  d'Amiens; 
mais  de  cette  période ,  nous  ne  connaissons  guère  que  deux  monuments  qui  puissent  lui 
être  attribués  à  Eu.  Ce  sont  d'abord  les  sépultures  trouvées  en  1721  auprès  du  Mont-Blanc, 
dans  des  fosses  de  craie ,  sépultures  dont  nous  avons  déjà  parlé  d'après  M.  Capperon ,  les 
abbés  Lebeuf  et  des  Thuilleries;  puis  nous  croyons  pouvoir  lui  attribuer  aussi  des  squelettes 
avec  lances  et  armures,  rencontrés  autour  du  château  d'Eu,  dans  des  travaux  exécutés 
vws  1840. 

Il  nous  rei^  à  donner  la  liste  des  auteurs  et  des  ouvrages  sur  lesquels  s'appuient  toutes 
nos  assertions. 


—  824  — 


BIBLIOGRAPHIB. 


N.  Capperon,  «  Essai  hist.  sur  Tantiq.  du  comté  d'Eu,» 
dans  les«  Mém.  de  Trévoux,»  mai  1714,  art  lxii,  et  mai 
1716,  p.  999-1014. 

Id.,  <i  Lettres  au  sujet  de  deux  anciens  Tombeaux  dé- 
couverts à  Eu,  »  dans  le  «  Mercure  de  France .  »  de  mai 
1722,  p.  73-81. 

Id.,  «  Réponse  de  M.  Gapperon  à  la  défense  de  l'étymo- 
logie  du  nom  de  la  ville  d'Eu  »  (donnée  par  Huet),  dans 
le  u  Mercure  de  France  »  du  22  août  1722,  p.  67-73. 

Id.,  «Remarques  sur  l'hist.  nat.,  Thist.  civile  etecclé- 
siast.  du  comté  d'Eu,  »  dans  le  «  Mercure  de  France,  » 
de  juillet  1730,  p.  1541-1549;  aoust  et  septembre,  p.  1952 
1960. 

Id.,  «  Mém.  historiques  sur  les  personnes  origin.  du 
comté  d'Eu,»  dans  lea  Mercure  de  France,»  d'avril  1721, 
p.  667-679-,  de  mai,  p.  4056-1070. 

Id.,  «  Réflexions  sur  une  lettre  de  M.  Lebeuf  touchant 
les  anciens  Tombeaux  d'Eu ,  »  dans  le  «  Mercure  de 
France,  »  de  mai  1731,  p.  1045  et  p.  2362-2364. 

Id.,  «Suite  desréflex.de  M.  Capperon  sur  la  bizarrerie 
de  différents  usages,  »  dans  le  «  Mercure  de  France  ,  » 
de  février  1732,  p.  203-211;  de  juin  1732,  p.  1114-1125. 

Id.,  «  Descript.  des  curiosités  nat.  et  autres  du  Cabi- 
net de  M.  Capperon,  »  dans  le  «  Mercure  de  France  ,  » 
d'avril  1733,  p.  671-681  ;  de  mai,  p.  838-45. 

L'abbé  Lebeuf,  «  Mercure  de  France,»  de  juin  1731, 
p.  1209. 

L'abbé  des  Thuilleries  ou  Claude  du  Moulinet,  •  Objec- 
tion contre  l'essai  hist.  sur  l'antiq.  du  comte  d'Eu,  »  dans 
les  «  Mémoires  de  Trévoux ,  »  de  sept.  1716,  p.  1736-42. 

Id.,  «  Défense  de  l'étym.  que  feu  M.  Huet  a  donnée  du 
nom  de  la  ville  d' Eu,  etc.,  •  dans  Ie«Mercure  de]France,» 
de  juin  1722,  p.  31-46. 

A.  Le  Prévost,  «  Précis  analyt.  de  l'Acad.  de  Rouen,  » 
années  1823  et  1824,  p.  256. 

Id.,  «  Mémoires  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  I^orm.,  «  t.  xi, 
p.  8. 

Duplessis,  «  Dict.  géogr.  et  hist.  de  la  H. -Norman* 
die,  »  i  1",  p.  67-68, 


L.  Froland ,  «  Mémoires  concernant  le  comté-palria 
d'Eu  et  les  usages  prétendus  locaux ,  »  p.  in-4*,  de  332 
pages,  Paris,  1722,  p.  7. 

L.  Estancelin,  «  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  ville 
d'Eu  et  de  son  territoire ,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc. 
des  Antiq.  de  Norm.,  »  atinée  1825,  p.  I  à  24. 

Id.,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  n,  p.  2. 

Id.,  «  Histoire  des  comtes  d'Eu,  »  in-8'  de  458  pages, 
Rouen,  1828,  Surtout,  p.  1  à  20  et  399  à  404. 

Cide ,  «  Statistique  et  précis  hist.  du  canton  d'Eu ,  » 
in-8»  de  50  pages  avec  carte  ;  Versailles,  Martin,  1832. 

Désiré  Lebeuf,  «  Eu  et  Tréport,  Guide  du  Voyageur,  » 
in-18  de  173  pages  avec  6  pi. ,  Rouen  ,  Périaux,  1839; 
2-  édit,  de  175  p.  et  6  pi.,  Rouen,  1842. 

Id.,  «  La  ville  d'Eu ,  »  i  vol.  in-8-  de  x  et  61Î  pages, 
avec  lilhogr.,  Abbeville.  Jeunet,  1844,  p.  2,  8  et  34. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,» 
t  !•%  p.  129-160;  t.  II,  p.  338-342. 

«  La  Normandie  sont,»  1"  édit.,  p.  133;  2"  édit.,  p.  151. 

«  Sépul.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  4l6-43i. 
«Voies  rom.  de  la  Seine-Inf.,  »  dans  les  «  Mémoires  de 
la  Soc,  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxiv,  p.  337-41,  358-61. 

Darsy,  «  Gamaches  et  ses  Seigneurs,  »  p.  8-12  ;  in-8% 
Amiens,  1854. 

Id.,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Pic,  »  t.  xui. 

Id.,  «Bulletin  de  la  Société  des  Antiq.  de  Pic ,  •  t.  ii , 
p.  246-50^  t.  III,  p.  14  et  203. 

Bouquet,  «  Recueil  des  hist  des  Gaul.,»  t.  m,  p.  621. 

Boll.,  f  Actasanct,  mens,  april,  »  1. 1*',  p.  16,  17, 18. 
«Diplomataetchartœ  merovingicœœtatis,»p.  81,n"'XLVi  ; 
et  «  Diplômes  et  chartes  de  l'époque  mérov.,sur  papyrus 
et  vélin,  »  n*  xlv. 

Félibien,  «  Hist.  de  l'abbaye  de  Saint-Denis,  piècesjus- 
tiûcatives,  »  xxxiu  et  lu. 

Rob  Wace,  «  Le  Roman  de  Rou,  »  vers  11,500. 

Flodoard,  «  Chronicon  rerum  inter  flrancos  gestajpun,^ 
apud  Bouquet,  t.  viii,  p.  183,  185  et  283. 

Deville ,  «  Catal.  ill.  et  Mss.  du  Musée  de  Rouen.  » 

ft  Revue  de  la  Norm.^  »  t.  n,  p.  226,  297  -,  t.  m,  p.  3. 


PONTS-ET-MARAIS. 


Dans  une  des  ailes  de  l'église  de  Pons  se  trouvait  autrefois  une  fontaine  vénérée  portant 
le  nom  de. Saint-Valéry.  On  y  venait  en  pèlerinage,  on  s'y  baignait  et  on  y  jetait  des  mor- 
ceaux de  pain. 

Nous  pensons  que  cette  source  sacrée  est  celle  où  se  baigna  saint  Valéry  lui-même  au 
Yn«  siècle ,  et  où  il  baptisa  les  paysans  convertis  par  sa  parole  et  par  le  miracle  du  chêne 
sacré  dont  il  avait  si  heureusement  évité  la  chute. 


325  ~ 


«  Les  Eglises  de  Tarr.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  338-342. 
«  Etretat,  son  passé,  son  présent,  son  avenir,»  3*  édit., 
p.  42-43. 


Gide,  «  Stat.  et  précis  hist.  du  canton  d'Eu,»  p,  40-4) 

Ravin,  «  Vie  de  saint  Valéry,  »  p.  31. 

Boll.,  n  Acta  sanc,  mens,  april,  «  1. 1",  p.  16, 17,  18. 


LE  TRÉPORT. 

• 

Époque  gauloise.  —  En  4845,  au  Mont-Huon,  on  a  trouvé  une  hachette  de 
pierre.  Le  Tréport  est  appelé,  dans  les  chartes  du  xie  siècle,  Ultri-Portus  et  Ulterior 
Portus  y  ce  qui  fait  penser  à  quelques-uns  que  ce  pouvait  être  là  YUlterior  Portus  de 
César. 

Époque  romaine.  —  De  Tépoque  romaine,  on  ne  connaît  au  Tréport  que  quelques  dé- 
bris rencontrés  en  4840  par  M.  Deville.  Ce  savant  archéologue ,  ayant  fait  un  sondage 
dans  le  fond  même  du  vallon,  trouva ,  à  4  mètre  50  du  sol,  des  fragments  de  tuiles  et 
de  poteries  romaines ,  un  grand  bronze  d'Adrien ,  des  morceaux  de  poterie  rouge  à 
reliefs  et  une  pierre  à  rafiler  percée  d'un  trou.  Nous  pensons  qu'on  ne  serait  pas  fondé  à 
rechercher  au  Tréport  le  Phrudis  fluvii  ostium  de  Ptolémée,  que  quelques-uns  y  ont  placé 
par  hypothèse. 

Époque  franque.  —  De  l'époque  franque,  nous  ne  connaissons  au  Tréport  que  quelques 
sépultures  qui  pourraient  lui  être  attribuées.  Ces  sépultures,-  qui  se  trouvaient  à  la  côte  du 
Mont-Huony  ont  été  aperçues  en  4845  dans  une  extraction  de  cailloux.  La  plupart  des 
squelettes  avaient  avec  eux  des  pots  en  terre  que  les  ouvriers  ont  cassés  et  qui  ont  disparu. 
On  dit  qu'on  a  trouvé  avec  les  corps  ou  auprès  d'eux  un  couteau  à  manche  d'os  et  deux 
pièces  de  monnaie. 

Lebeuf,  «  Eglise  du  Tréport,  »  édit.  1647,  p.  61-62.      I       «  Notice  hist.  et  archéol.  sur  li,  \411e,  l'abbaye  et 
DeyUle,«  Catalogue  mss.  et  illustré  du  Musée  de  Rouen.  V  |    Téglise  du  Tréport,  »  p.  et  10. 


ÉTALONDES. 

Époque  .franqup,  —  Au  mois  de  mars  4860,  un  cultivateur  nommé  Macré  trouva, 
en  labourant  sa  terre  dite  de  la  Chapelle ,  auprès  de  Fauberge  de  la  Pipe,  sur  le  bord 
de  la  route  impériale  n^  25,  un  cercueil  en  pierre  de  Saint-Leu.  Ce  sarcophage,  d'un 
seul  morceau ,  avait  un  couvercle  en  dos-d'âne.  Sa  longueur  est  de  4  mètre  90  :  il  est 
plus  étroit  au)^  pieds  qu'à  la  tête.  Il  renfermait  un  squelette  orienté  est  et  ouest  ^  aux 
pieds  duquel  était  un  vase  en  terre  noire.  Des  fouilles  furent  faites  aux  alentours ,  et 
Ton  y  découvrit  un  sabre  en  fer,  un  grand  bronze  des  Antonins  et  trois  ou  quatre  vases 
en  terre  blanche  ou  noire.  Cette  sépulture  doit  appartenir  à  l'époque  firanque  (vn©  ou 
vme  siècle). 

Eu  4864,  en  démolissant  l'ancienne  église  d'Etalondes  pour  ea  coostruire  une  nouvelle, 


—  S26  — 

on  a  trouvé  dans  les  fondations  un  second  cercueil  en  pierre  de  Vergelé ,  semblable  i 
celui  de  la  Pipe  et  qui ,  comme  lui ,  paraît  remonter  à  l'époque  franque. 

«  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.  ,»!''*  année,    |        «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxyi,  p.  807. 
p.  115,2*  année,  p.  300. 


CRIEL. 

Époque  franque.  —  Quelques-uns  attribuent  à  Criel  le  vicus  qui  dicitur  Curborius  de  la 
charte  délivrée  par  Pépin-le-Bref  à  l'abbaye  de  Saint-Denis ,  en  751 ,  contre  le  monastère 
de  Sept-Meules.  M.  Le  Prévost  nous  a  dit  incliner  vers  cette  opinion  que  nous  ne  partageons 
pas  entièrement,  attendu  que  nous  sonunes  porté  à  attribuer  Curboriiis  à  la  ferme  de  la 
Corberie ,  qui  est  à  Sept-Meules  même. 

L'ancien  nom  latin  de  Criel,  au  xiiie  siècle,  était  Creolium  et  Criolium,  ce  qui,  à  la 
rigueur,  pourrait  bien  être  une  dérivation  de  Curborius. 

Ce  lieu,  du  reste,  a  toujours  été  important,  et  il  possède  encore  de  nombreux  débris  du 
moyen-âge.  Sur  le  mont  Joli-Bois ,  qui  domine  Criel  vers  le  nord-ouest,  et  qui  porta  autre- 
fois le  nom  de  mont  Aqueux ,  il  exista  une  chapelle  ou  église  de  Saint-Valery,  aujourd'hui 
complètement  disparue. 

Le  château  de  Criel  était  situé  dans  la  vallée ,  non  loin  de  FYère.  Il  porte  le  aom  de 
château  du  Baile ,  et  on  en  voit  encore  les  énormes  murailles.  Nous  croyons  qu'il  a  possédé 
une  motte  aujourd'hui  détruite. 

Un  quartier  de  Criel ,  placé  sous  le  village  et  le  château  de  Briançon ,  s'appelle  la  Cité  ou 
la  Vieille-Cité  ;  un  autre  se  nomme  les  Salines. 

On  croit  que  les  Normands  débarquèrent  à  Criel  et  ravagèrent  la  vallée  de  l'Yère  vers  840. 

Au  bord  de  la  mer,  on  remarque  les  restes  de  gros  murs  arasés  que  la  carte  de  Cassini 
désigne  déjà  sous  le  nom  de  Ruines. 

Nous  ignorons  si  l'on  a  trouvé  à  Criel  des  antiquités  romaines;  mais  nous  savons  que  des 
antiquités  franques  y  ont  été  rencontrées,  en  4846,  lorsque  l'on  traça  le  chemin  de  grande 
communication  n©  16,  qui  va  de  Criel  à  Foucarmont  et  à  GaBlefontaine  :  on;  trouva  alors, 
dans  la  tranchée  de  Chiffireville,  des  sépultures  avec  vases,  perles  de  verre,  couteaux,  etc. 

M.  D.  Lebeuf  raconte  que  des  sépultures  ont  été  vues  près  du  Bel  de  Criel  vers  1844. 

«  La  Normandie  sout.,»  1'*  édit.,  p.  341;  2*  édit.,  p.  4^9.    i       Gide,  «  Statist.  et  précis  hist.  du  canton  d*£u,  »  p.  31* 
«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t«  u,  p.  279-295.    |       D.  Lebeuf ,  «  La  ville  4*Eu ,  p.  2  et  19.  ' 

TOCQUEVELLE-SUR-CRIEL. 

Époque  incertaine.  — A  Tocqueville,  comme  à  Biville,  on  trouve  des  subsb*uctions 
dans  les  terres  qui  sont  entre  le  village  et  la  mer.  Près  de  TégEse  et  au  centre  du  hameau, 


—  327  — 

on  voyait  autrefois,  sur  un  tertre  élevé,  les  débris  d'un  vieux  château.  Motte  et  constructions 
ont  disparu  vers  4  846. 
On  fait  autour  de  l'église  des  processions  superstitieuses  dans  les  maladies  des  chevaux. 

Gide,  «8tati«t.  et  précis hist.  du  canton  d'Eu,  »  p.  44.     |       «  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  ii,  p.  2%. 

CANEHAN. 

Époque  franque.  —  Il  est  probable  que  ce  village  existait  dès  l'époque  franque ,  puis- 
qu'il est  mentionné  dans  la  charte  de  Gosselin,  vicomte  d'Arqués,  lorsqu'il  fonda,  en  1030, 
l'abbaye  de  Sainte-Trinité-du-Mont  de  Rouen.  Canehan  est  alors  rangé  dans  le  Talou  :  «  In 
page  Talou  villam  unam  quae  ab  incolis  dicitur  Keneham.  »  Dauis  le  même  Cartulaire^ 
ce  lieu  est  encore  nommé  Canahan,  Chenean  et  Chanaan. 

L'é^se  de  Canehan  est  donnée,  en  1059,  à  l'abbaye  du  Tréport  par  Robert,  comte  d'Eu, 
son  fondateur. 

On  connaît  encore  à  Canehan  le  Bois-VAbbé. 


DevUle,  «  Cartulaire  de  l'abbaye  de  laTrinité-du-Mont 
de  Rouen, V  dansla  aÇoUectlon  des  documents  inédits  sur 
rffistoire  de  France,  »  p.  422, 425, 426,  437,  451  et  460. 


A.  Le  Prévost,  a  Mémoires  de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  21. 
«  Les  Églises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  w  t  n,  p.  317. 


CUVERVILLE-SUR-YÈRE. 

Époque  romaine.  —  Sur  Cuverville  est  un  lieu  appelé  les  Vignes.  Presque  toujours,  ces 
points  remontent  à  une  haute  antiquité. 

Dans  un  bois  de  Cuverville  était  le  prieuré  de  Rouge-Camp ,  aujourd'hui  une  ferme. 
Autour  de  t^ premier  membre  de  V abbaye  du  Tréport,  situé  sur  la  plaine,  on  trouve  des 
tuiles,  des  briquies  et  des  poteries  romaines. 

Époque  franque  et  période  normande.  —  Dans  la  charte  de  Robert  1er  à  Ja  Cathédrale 
de  Rouen,  charte  qui  coï^me  les  biens  déjà  énumérés  par  Charles-le-Chauve,  nous  trou- 
vons le  nom  de  Cuverville-sur-Yère.  La  mention  est  différente  selon  les  deux  versions  que 
nous  possédons  de  la  charte  royale.  La  version  du  Gallia  Chris tiana  dit  :  «  In  comitatu 
Talou...  Culventivillam  quam  Reinardus ,  dédit  cum  appenditiis  suis.  y>  Le  cartulaire  mé* 
tropolitain  porte  :  «  In  comitatu  Talou  super  fluvium  qui  vocatur  Era  Culvertivillam  cum 
universis...  qu9B  pendent  ad  ipsam.  » 

Cuverville  possède  un  vieux  château  dont  on  voit  encore  les  ruines  parlantes.  J'ai  sur- 
tout remarqué  la  motte  du  donjon  qui  était  énorme.  L'enceinte  carrée  des  murs  était 
flanquée  de  tours  circulaires.  On  parle  de  souterrains  qui  s'avancent  sous  la  vallée ,  de 
cloches  et  de  canons  chargés  d'or  et  d'argent ,  d'apparitions  de  fées ,  etc. 

:A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti-    j       D.  Lebeuf,  «La  ville  d*Eu, »  p.  46. 
quaires  de  Normandie,  »  t.  xi,  p.,  10.  Gide,  «  Statist.  et  précis  historique  du  canton  d*Bu,  » 

«  Les  Églises  de  l'arrond.  de  Dieppe,  »  t.  n,  p.  323-27.        p.  34. 


—  328  — 


SEPT-MEULES. 

Époque  franque.  —  En  1840,  lorsque  Ton  confectionnait  la  route  départementale 
n^  10,  qui  va  de Londinières  à  Eu,  on  trouva ,  dans  la  traverse  de  Sept-Meules,  des  cer- 
cueils en  plâtre  et  en  pierre ,  que  nous  présumons  remonter  à  l'époque  franque. 

Du  reste ,  nous  avons  de  précieux  monuments  de  l'existence  de  Sept-Meules  aux  temps 
mérovingiens.  Ce  village  possédait  alors  un  monastère  de  femmes  dont  nous  ignorons  la 
fondation  et  la  destruction,  mais  dont  il  reste  un  document  dans  les  archives  de  l'abbaye 
de  Saint-Denis  et  dans  les  archives  de  l'Empire  :  c'est  un  diplôme  de  Pépin-le-Bref,  délivré 
comme  maire  du  palais  le  20  juin  751,  et  daté  d'Altigny,en  plein  Ut  de  justice.  Il  s'agissait 
d'un  procès  pour  des  biens  pendant  entre  Réganane,  abbé  de  Sept  Meules,  et  Fulrad, 
abbé  de  Saint-Denis. 

L'original  de  cette  pièce  curieuse,  conservé  aux  archives  de  l'Empire ,  a  été  reproduit  en 
fac-similé,  vers  1844-48,  dans  les  i)t/>/(3m^5  et  Chartes  de  V époque  mérovingienne,  sur  pa- 
pyrus et  vélin.  Déjà  il  avait  été  édité  par  Mabillon,  dans  son  livre  De  re  Diplomaticâ  y  par 
Félibien,  dans  son  Histoirede  l'Abbaye  de  Saint-DeniSy  et  enfin  par  nous, dans  nos  Eglises 
de  t arrondissement  de  Dieppe. 

Les  auteurs  du  Gallia  Christiana  qui  ont  connu  le  monastère  de  Sept-Meules ,  qui 
le  rangent  parmi  les  anciens  monastères  du  diocèse  de  Rouen ,  et  qui  conune  tel  le 
font  figurer  sur  leur  carte  ecclésiastique  de  la  province ,  supposent  qu'il  fut  détruit  par 
les  Normands. 

La  tradition  locale  et  populaire  indique,  comme  la  place  de  l'ancien  monastère  mérovin- 
gien, une  île  de  ITère  voisine  de  l'église  et  encore  entourée  de  ces  moulins  à  eau  qui  ont 
donné  leur  nT)m  au  village.  Dans  cette  île ,  nous  avons  remarqué  des  murs  en  tuf  encore 
arasés  au  sol. 

Sept-Meules  est  appelé  Septe-Molas  dans  la  charte  de  Pépin  à  l'abbaye  de  Saint-Denis,  et 
Septem-Molas  dans  celle  de  Charles-le-Chauve  à  la  cathédrale  de  Rouen.  Partout  il  est 
rangé  dans  le  pays  de  Talou  :  «  In  pago  Tallau.  >  Dans  les  documents  postérieurs , 
l'orthographe  est  rétablie,  et  on  lit  le  nom  de  Septem-Molœ  ou  de  Septem-Molas.  Ce  nom 
venait-il  au  village  des  sept  moulins  à  eau  qu'il  possédait  à  l'époque  franque  ?  Cela  est 
vraisemblable  et  considéré  conune  tel  par  tout  le  monde.  En  1846,  il  n'y  avait  plus  que 
trois  moulins. 

Sept-Meules  possède  une  ferme  appelée  le  Câtelier  qui  domine  le  cours  de  l'Yère. 

A  Sept-Meules,  il  y  a  tradition  d'une  égUse  déplacée. 

Sur  le  chemin  de  Sept-Meules  est  la  ferme  de  la  Corberie.  Nous  pensons  que  c'est  à  elle 
qu'il  conviendrait  d'appliquer  le  vicus  qui  dicitur  Curborius  de  la  charte  de  Pépin-le^ref , 
délivrée  à  Attigny,  le  20  juin  751 ,  en  faveur  de  Fulrad,  abbé  de  Saint-Denis,  coàtre 


—  329  — 


Réganane,  abbesse  de  Sept-Meules.  CurboriuSy  d'après  la  sentence,  était  une  propriété  de 
Tabbaye  de  Saint-Denis,  voisine  du  Monastère  de  Sept-Meules.  Nous  n'ignorons  pas  que 
quelques-uns  appliquent  le  nom  deviens  Curborius  au  bourg  de  Criel,  qui  est  également 
dans  le  voisinage. 


BIBUOGRAPHIR. 


A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  8. 

«  Diplômes  et  chartes  de  Tépoque  mérov.,  sur  papyrus 
etvélin,»  n**xLV;  et  «  Diplomata  et  chartae  merovingicœ 
œtatis,  »  p.  78,  n*  xlv. 

Dom  Félibien,  «  Histoire  de  Tabbaye  de  Saint-Denis,  » 
pièces  justificatives  xxxiv. 


Mabillon ,  a  De  re  Diplomatica ,  »  p.  490-491 ,  in-4*, 
Paris,  I68t. 

«  Gallia  Christ. ,  •  t.  xi,  p.  132,  carte  de  Nolin,  en  1767. 

Cide,  «  Statist.  et  précis  hist.  du  canton  d'Eu,  »  p.  43, 
et  carte. 

«  Les  Eglises  de  l'arrond.  de  Dieppe,»  t.  ii,  p.  318-22. 

«  LaNorm.  sout.,»  l'»édit.,  p.  342,2-  édit,  p.  430. 


VILLY-VAL-DU-ROY. 


Époque  franque. — Villy,  à  présent  surnommé  Val-du-Roy,  à  cause  de  l'ancienne  paroisse 
de  ce  nom  qui  y  a  été  annexée  en  1 823 ,  se  partageait  autrefois  en  deux  portions  ou  pa- 
roisses. La  partie  située  dans  la  vallée  de  l'Yère  s'appelait  Villy-le-Bas ,  et  la  partie  placée 
sur  la  plaine,  Villy-le-Haut  ou  Caude-Coste.  C'est  du  premier  qu'il  est  question  dans  une 
vie  de  saint  Wandrille  écrite  au  vue  siècle  et  citée  par  Mabillon.  On  y  dit  que ,  vers  660 , 
Érembert ,  père  de  saint  Hartbain ,  ayant  été  guéri  par  l'intercession  de  saint  Wandrille , 
donna  au  monastère  de  Fontenelle  «  praedium  aliquod  nômine  Virtlaïcum ,  situm  in  pago 
Tellau ,  super  amnem  Evra.  3>  Il  s'agit  bien  ici  de  Villy-le-Bas  ou  sur-Yère,  situé  alors  dans 
le  comté  de  Talou. 

En  713,  Hugues  ,  qui  fiit  plus  tard  abbé  de  Fontenelle,  donna  à  ce  même  monastère 
c  Vierlaïcum  villam ,  quae  sita  est  in  pago  Tellau  super  fluvium  Eora.  *  «  Visiblement,  dit 
M.  Le  Prévost,  c'est  le  même  Villy  qui  avait  déjà  été  donné  par  Érembert  un  demi-siècle 
auparavant.  >  Il  est  probable  que  les  invasions  normandes  auront  fait  perdre  Villy  à  l'ab- 
baye de  Fontenelle,  car,  en  1159,  Robert,  comte  d'Eu.,  donna  Verleium  à  l'abbaye  du 
Tréport,  qui  le  posséda  toujours  depuis. 

Dans  la  nef  de  Villy,  j'ai  remarqué ,  en  1 846 ,  au  côté  méridional ,  un  ceintre  orné  de 
losanges  en  creux  et  appareillé  en  tuf ,  qui  a  quelque  chose  de  carlovingien ,  peut-être 
même  de  mérovingien. 

Époque  incertaine.  —  «  Au  bord  de  la  prairie  de  Villy,  dit  M.  Cide ,  on  remarque  les 
débris  d'un  petit  fort.  » 


m  VitaS.  Wandregisil.  abb.  Fontanel.,  »  c.  xvii,  apud 
«  Acta  sanc.  ord.  S.  Benedict.,  »  sœc.  ii. 

A^Le  Prévost.  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires 
4e  Normandie,  »  t.  xi,  p.  6-7. 


0  Chronicon  Fontaneliœ,  »  c.  viii. 
f  Les  Eglises  de  Tarrond.  de  Dieppe,  »  t,  ii,  p.  327. 
Gide.  «  Statistique  et  précis  histon  du  canton  d'^u,  » 
p.  45. 

42 


—  330  — 

SAINT-REMY-BOSCROCOURT. 

Époque  romaine.  —  Vers  4820,  un  cultivateur,  en  labourant  ses  terres  situées  dans  la 
plaine  entre  Eu  et  Criel,  trouva  un  vase  contenant  cent  cinquante  monnaies  à  Teffigie 
d'Adrien  et  des  Antonins. 

Depuis  quelques  années,  il  a  été  recueilli  dans  la  même  plaine  un  vase  en  pierre,  mor- 
tier ou  mesure;  nous  ne  pouvons  prononcer. 

Epoque  franque.  —  M.  de  Malleville  nous  a  assuré  qu'à  Boscrocourt,  M.  de  Gromard , 
son  gendre ,  connaît  des  cercueils  de  pierre  qui  probablement  remontent  au  temps  des 
Francs. 

Estancelin,  «Mémoires  de  la  Sociélé  des  Antiquaires  de  Normandie,  v  t.  ii,  p.  22. 

MELLEVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Melleville  possède  une  motte  placée  devant  Téglise. 

«I  Les  Églises  de  Tarrondissement  de  Dieppe ,  »  t.  ii,  p.  334. 

MONCHY. 

A  Monchy,  il  y  a  tradition  d'église  déplacée.  On  dit  qu'elle  était  autrefois  dans  la  vieille 
enceinte  où  est  aujourd'hui  la  chapelle  de  Saint-Riquier .  On  y  enterre  encore. 

•  Les  Églises  de  rarrondissemenl  de  Dieppe ,  »  t.  ii,  p.  329. 

SAINT-PIERRE-EN-VAL. 

Sur  cette  commune  et  dans  la  forêt  est  la  ferme  de  la  Poterie ,  dont  le  nom  semble 
indiquer  une  industrie  ancienne. 

Dans  la  forêt  d'Eu,  près  le  triége  du  Banc  de  Madame ,  on  voit  une  grande  fosse  dans 
laquelle  est  une  grosse  pierre  qui  est  connue  dans  le  pays  sous  le  nom  de  pierre  bise, 

Gide,  «Statistique  et  précis  historique  du  canton  d'Eu,  »  p.  42,  et  carte. 

LONGROY. 

Entre  Longroy  et  Épinay  (hameau  de  cette  commune),  on  a  trouvé,  en  1849 ,  des.  osse- 
ments humains  en  pratiquant  une  tranchée  pour  la  traverse  de  la  route. 

INCHEVILLE-GOUSSAUVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Au-dessus  delà  colline  qui  domine  Incheville  du  côté  du  midi, 
on  trouve ,  sur  une  pointe  de  coteau  formée  par  la  grande  vallée  de  la  Bresle  et  le  petit 


—  33i  — 

vallon  de  Saint-Martin-au-Bos,  une  enceinte  antique  qui  est  isolée  de  la  plaine  à  l'aide 
de  douves  profondes  et  de  remparts  en  terre  de  4  et  5  mètres  de  hauteur;  la  longueur  du 
rempart  est  d'environ  82  mètres.  Nous  croyons  nous  souvenir  que  le  côté  de  la  colline  est 
également  fossoyé.  Cette  enceinte  vaste  et  curieuse  est  appelée  le  Camp  de  Mortagne,  et 
elle  paraît  avoir  été  destinée  à  observer  les  mouvements  de  la  vallée  et  à  protéger  l'ancienne 
cité  d'^  ugusta  à  laquelle  a  succédé  la  ville  d'Eu. 

On  nous  a  assuré  que,  dans  cette  enceinte ,  la  culture  avait  autrefois  rencontré  des  urnes 
en  terregrisecontenantdes  os  brûlés.  Eni847,  nous  avons,  avec  M.  Gide,  vu  extraire  de 
ce  sol  curieux  des  morceaux  de  succin  ou  d'ambre  jaune  qui  nous  paraissait  à  l'état  natif. 
M.  Gide  dit  que  de  nombreux  squelettes  ont  été  trouvés  en  creusant  les  fossés  qui  entourent 
la  forêt. 

Epoque  romaine.  —  Sous  Inclieville ,  comme  sous  Longroy,  M.  Darsy,  de  Gamaches , 
a  fait  des  fouilles  de  1845  à  1847,  et  il  a  trouvé  des  substructions  romaines  cachées  sous 
i'alluvion  de  la  vallée. 

En  1856,  auprès  du  coteau  que  domine  le  Camp  de  Mortagne,  le  nommé  Hénoque,  bri- 
quetier,  a  découvert  des  sépultures  antiques.  Ce  n'étaient  plus  que  les  restes  d'un  cimetière 
romain  de  l'époque  de  transition  (ive  et  v^  siècle).  J'y  ai  fait  des  fouilles,  et  en  tout  il  n'a 
été  rencontré  que  huit  à  dix  fosses  dont  plusieurs  déjà  avaient  été  violées.  Celles  qui  étaient 
intactes  ont  donné,  avec  leurs  squelettes,  trois  vases  de  terre ,  deux  coupes  en  verre,  un 
vase  en  bronze ,  un  collier  composé  de  vingt-(^inq  perles  de  verre  et  de  pâte  de  verre ,  une 
attache  en  argent,  un  anneau  en  cuivre  et  un  quinaire  d'argent  de  l'empereur  Magnus 
Maximus  (383-388). 


^\ /'^ 

VASES  DE   TERRE.  -  INCHBVILLB.        -      TABB  DB  VERBK. 


—  332  — 

Ces  pièces  ont  été  rachetéees  au  briquetier  Hénoque ,  par  M.  Darsy,  pour  le  compte  de 
la  Société  des  Antiquaires  de  Picardie,  qui  les  déposera  dans  son  Musée-Napoléon. 

Tous  ces  différents  objets  ont  été  décrits  et  reproduits  par  nous,  dans  nos  Sépultures 
gauloises^  romaines,  franques  et  normandes  (p.  416-434),  et  par  M.  Darsy,  dans  les  Mé- 
moires de  la  Société  des  Antiquaires  de  Picardie  (t.  xv,  p.  383-390,  pi.  fig.  5,  6,  7). 


Gide,  «  Statist.  et  précis  hist.  du  canton  d'Eu ,  »  p.  36. 
Darsy,  «  Gamaches  et  ses  Seigneurs,  »  p.  8-12,  in-8*, 
Amiens,  1854. 


Darsy,  »  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Pic,  »  L  xiii. 
Id.,  «  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.de  Picardie,  -  t.  n, 
p.  245-50;  t.  m,  p.  15  et  203. 


GOUSSAUVILLE  (section  d^incheville). 

Époque  franque.  -r-  Dans  une  terre  située  au-dessus  de  l'église  et  cultivée  par  le  sieur 
Levret,  on  a,  pendant  plusieurs  années,  de  1842  à  1848,  trouvé,  en  labourant,  des  lances, 
des  armes  et  des  ossements  anciens.  C'est  probablement  un  cimetière  franc. 

(Communication  de  M.  Tabbé  Aubry,  curé  de  Longroy  et  dlncheville.  ) 


fiMENÏ  DU    HAV.RE 


CANTONS     Dtr     HAVRR. 


LE  HAVRE. 

Le  Havre  est  une  ville  moderne ,  créée  en  1516  par  une  charte  de  François  h^j  dans 
une  Crique  déjà  peuplée  de  pêcheurs  et  autour  d'une  chapelle  dédiée  à  Notre-Dame  de 
Grâce.  Mais,  depuis  le  décret  du  9  juillet  1852,  cette  fille  du  Père  des  Lettres,  déjà 
agrandie  par  le  Roi-Martyr  et  par  Napoléon-le-Grand,  a  uni  à  sa  primitive  enceinte  tout 
le  territoire  d'Ingouville,  Fancienne  paroisse  de  Leure  et  une  portion  importante  des  com- 
munes de  Sanvic  et  de  Gràville.  Nous  croyons  devoir  grouper  sous  le  seul  titre  de  Havre 
les  diverses  antiquités  que  renferme  ce  vaste  territoire  qui ,  pour  l'avenir ,  n'aura  plus 
d'autre  nom. 

Temps  pré-historiques.  —  Nous  appelons  ainsi  les  découvertes  non  datées  et  recon- 
nues dans  le  banc  alluvial  sur  lequel  repose  le  Havre  des  trois  derniers  siècles. 

M.  Pinel  raconte  que  lorsque  l'on  creusa  la  nouvelle  enceinte  projetée  sous  Louis  XVI  et 
détruite  sous  Napoléon  HI,  on  trouva  des  couches  de  tourbe  dont  les  lits  s'étendaient  dans 
la  mer  par-dessous  la  Jetée  du  Sud.  A  environ  10  mètres  de  profondeur,  on  découvrit  une 
quantité  de  gros  arbres  résineux  avec  leurs  racines.  Ils  étaient  entiers  et  parfaitement  con- 
servés dans  cette  terre  imprégnée  de  sel  marin.  Les  terrassiers,  auxquels  ils  furent  aban- 
donnés, les  scièrent  et  les  fendirent  pour  leur  usage. 

Nous  pouvons  ajouter  que  grand  nombre  d'arbres  de  la  même  espèce  ont  été  rencontrés 
dans  le  creusement  du  Bassin  de  la  Barre.  De  1836  à  1840,  nous  en  avons  vu  sortir  des 
vases  et  des  tourbières  au  milieu  desquelles  est  assis  le  Bassin  Vauban. 

Enfin  on  en  trouva  encore  en  1848,  lorsqu'on  établit  le  Bassin  de  Leure;  mais  ces  sortes 
de  découvertes  appartiennent  probablement  plus  à  la  géologie  qu'à  l'archéologie. 

Mais  voici  où  commence  le  passage  de  l'homme.  —  En  1660,  lorsque  l'on  creusa  le 
Canal  Vauban  y  qui  va  du  Havre  à  Harfleur,  on  trouva  dans  la  plaine,  alors  dépendant  de 
Gràville,  une  quille  de  nef  d'environ  80  pieds  de  long. 

De  1788  à  1800,  pendant  les  fouilles  du  Bassin  de  la  Barre ^  on  rencontra,  à  3 
mètres  30  de  profondeur,  une  pirogue  de  40  pieds  de  long  creusée  dans  un  seul  tronc 
d'arbre.  Les  deux  extrémités  étaient  pointues  et  massives,  et  l'intérieur  renforcé  de 


—  nu  — 

courbes  foi-mées  à  même  de  l'arbre.  Elle  avait  près  de  1  mètre  30  de  creux.  Elle  était  si 
parfaitement  conservée,  qu'elle  put  être  transportée  derrière  la  maison  des  ingénieurs  des 
ponts-et-chaussées,  sui-  la  Jetée  du  Sud.  Mais  là  elle  périt  sous  l'action  de  la  pluie  et  du 
soleil.  Cette  pirogue  fut  reconnue  pour  être  de  bois  d'orme.  Dans  l'intérieur,  on  avait  ren- 
contré les  débris  d'un  squelette  humain. 

Époque  gauloise.  —  Nous  revendiquons  pour  le  territoire  qui  entoure  le  Havre  un 
beau  slatère  en  or  qui  y  fut  trouvé  en  1849,  et  que  M.  Lambert  vient  de  publier  dans  la 
seconde  partie  de  son  Essai  sur  la  numismatique  gauloise. 

Époque  noM.\iNE.  —  Selon  toutes  les  vraisemblances ,  nous  devons  attribuer  à  l'époqjie 
romaine  des  meules  à  broyer  en  poudingue  trouvées,  vers  1750 ,  dans  les  marais  qui  en- 
tourent le  Havre.  M.  Duboccage  de  Bléville,  le  premier  historien  de  la  cité,  nous  a  gardé 
souvenir  de  ce  fait  dans  ses  Mémoires  et  dans  une  note  manuscrite  que  M.  Pinel  a  pubUée 
dans  ses  Essais. 

Vers  -1 850,  trois  autres  meules  à  broyer,  aussi  en  poudingue,  ont  été  rencontrées  sur  le 
territoire  de  Leure. 

Dans  toute  cette  section  de  Leure ,  il  y  a  tradition  d'une  ancienne  ville  que  les  habitants 
nomment  Collimbes,  Collinges  ou  Coulimbes. 

D'autres  monuments  antiques  ont  été  exhumés  du  territoire  du  Havre,  notamment  à  In- 
gouville  et  à  Tourncville.  A  plusieurs  reprises ,  la  côte  d'ingouville  a  présenté,  à  la  base  de 
ses  riches  pavillons,  des  incinérations  romaines  des  premiers  siècles. 


TABES  HOHAINS  Ere  TEBRB  CVITK  (INGOUVILLB,   1B39). 

En  1839,  un  cimetière  romain  fut  aperçu  en  creusant  les  fondations  du  pavillon  de 
M.  Koch,  négociant  du  Havre.  M.  Certain,  entrepreneur,  qui  fit  cette  trouvaille,  en  offrit 
les  produits  pour  le  futur.Musée  du  Havre.  Ils  consistaient  surtout  en  des  restes  de  vases 
funéraires.  En  1 840 ,  M.  Morlent  publia  la  description  et  le  dessin  des  objets  dans  l'ouvrage 
intitulé:  le  Havre  et  son  arrondissement,  dont  il  était  l'éditeur.  Presque  tous  ces  vases 
avaient  été  entamés  par  la  pioche.  Je  me  souviens  d'avoir  vw  chez  M.  Certain  des  fioles  de 
verre,  des  soucoupes  rouges ,  des  trépieds  et  des  urnes  en  terre  grise. 


—  335  — 

M.  Deville  nous  a  assuré  qu'à  la  côte  d' Ingoiiville  on  a  trouvé,  à  3  mètres  de  profondeur 
environ ,  des  incinérations  en  terre  blanche  et  grise ,  et  des  monnaies  de  bronze  de  Titus , 
de  Commode,  de  Claude-le-Gothique  et  de  Constans.  Malheureusement,  il  ne  donne  pas  la 
date  de  la  découverte.  Il  ajoute  qu'à  la  côte  Morisse,  qui  est  sous  Sanvic,  on  a  rencontré 
un  dolium  en  terre  cuite  contenant  une  urne  cinéraire  en  terre  et  un  petit  vase  de  terre. 

En  4856,  près  le  cimetière  Sainte-Hélène,  au  bord  de  la  route  d'Etretat,  on  a  recueilli 
un  vase  en  terre  rouge  que  je  crois  romain.  Il  a  été  déposé  au  Musée  du  Havre  par 
M.  Fieury;  il  est  probable  qu'il  provient  de  sépultures 

•En  mars  1750 ,  à  la  section  de  Toumeville,  hameau  dépendant  alors  de  Grasville-la- 
Mallet  et  aujourd'hui  quartier  du  Havre ,  on  trouva  un  squelette  enseveli  sous  5  mètres  de 
terre.  (C'est  absolument  le  cas  d'un  cercueil  romain  trouvé  à  Veulettes  en  1851.)  M.  le 
comte  de  Beuvron ,  duc  d'Harcourt  et  seigneur  de  Grasville ,  qui  fit  cette  trouvaille ,  en  tira 
une  fiole  ou  flacon  de  verre  à  deux  anses  en  cou  de  cygne ,  semblable  aux  flacons  que  nous 
avons  trouvés  depuis  à  Neuville-le-Pollet,  à  Lillebonne,  à  Barentin  et  dans  tout  le  pays  de 
Caux.  Le  vase  de  Toumeville  a  été  gravé  au  siècle  dernier  par  M.  le  comte  de  Caylus,  dans 
son  Recueil  d'Antiquités. 

BISLIOGBAPIIIË. 

Caylus,'Rec.d'antiq.,-l.i",  p.  199,  pi.  lxw,  Dg.  iv. 
Duboccage  de  Biéville,  •  Mém.  sur  le  portetlanavig, 
du  navre-de-Grice,  »  p.  80-82;  iii-12,  1753. 
Lesueur,  >  Mëm.  sur  le  canal  de  Vaubaa  creusé  en 


1667,  .in-8-,  an  XI. 

Piuel,  «Essais  archéoU,  hist.  et  phys.  sur  les  envir. 
du  Havre,  »  p.  4&-49,  57. 

Morlent,  ■  Le  Havre  ancien  et  moderne,  "  l.  ii,  p.  56. 

•  Précis  analyt.  des  trav.  do  l'Acad.  de  Rouen,  »  t  iv. 


Q  arrondiss.  —  Canton 


Léon  Duquel,  «Le  Havre  e 
d'Ingouville,  «  p.  1  à  3  et  pi. 

Frissard,  "Hist.  du  port  du  Havre,"  p.  18-20;  in-4*, 
Havre,  1837-40. 
•  La  Normandie  sont.,  >.  1"  édiL,  p.   12G,  2-  édit., 
p.  144. 

L'abbÉ  Lecomle,  "  Recueil  des  public,  de  loSoo.  havr. 
d'étud.  div.,1  2G'  année,  p.  31,  32,  35. 

E.  Lambert,  «  Mém.  de  la  6oc.  des  Antiq  de  Norm-,  " 
l.  iiv,  p.  492,  pi.  VI,  llg.  2. 


SAINTE-ADRESSE. 


-     A 


i  '■ 


Le  nom  de  Sainte-Adresse  est  moderne. 
L'ancien  vocable  était  le  Chef-de-Caux  ou 
Saint-Denis-Chef-de-Caux  fCapul  Caleti). 

Époque  gauloise.  —  Les  éboulements  de 
la  Hève,  en  1862,  ont  fait  voir  trois  hachettes 
en  bronze  que  la  ville  du  Havre  a  achetées 
pour  son  Musée. 

En  1864,  M.  Toussaint,  avocat  au  Havre, 
a  recueilli  dans  des  terrassements  pratiqués, 
entre  Saiute-Adresse  et  !a  Hève,  une  hache 
polie  en  pierre  grise. 

Époque  romaine.  —  Une  vieille  tradition 


—  336  — 

« 

prétend  qu'après  le  martyre  de  saint  Denis  à  Montmartre,  près  Paris,  sa  tète  fut  jetée  à 
la  Seine,  et  qu'elle  vint  échouer  sur  les  grèves  du  Chef-de-Caux.  Recueillie  par  de  pieux 
fidèles,  elle  devint  pour  eux  l'objet  d'un  culte  et  d'une  querelle.  Ceux  de  Sainte-Adresse  et 
de  Sanvic  se  partagèrent  là  relique,  et  les  deux  églises  sont  restées  jusqu'aujourd'hui  sous 
le  patronage  de  saint  Denis,  de  Paris. 

Depuis  longtemps,  du  reste,  le  sol  de  Sainte-Adresse  montre  au  bord  du  rivage  grand 
nombre  de  débris  romains.  En  1840,  nous  y  avons  aperçu,  au  milieu  de  tuiles  à  rebords 
et  de  poteries  antiques,  un  bassin  construit  en  pierre  et  en  ciment,  semblable  à  un  baptis- 
tère ou  à  une  baignoire  antique.  En  4845,  ce  petit  monument  a  été  soigneusement  enlevé 
par  l'Administration  municipale  du  Havre  et  déposé  par  elle  dans  l'ancien  Hôtel-de-Ville. 
On  le  destinait  alors  au  futur  Musée-Bibliothèque,  où  il  n'est  point  encore  'entré. 

M.  Deville  a  connu  un  tambour  de  colonne,  en  pierre  calcaire,  provenant  de  Sainte- 
Adresse.  Il  nous  a  parlé  même  d'une  inscription  romaine;  mais  celle-ci  est  moins  certaine. 

Au  Musée  du  Havre,  j'ai  vu  seulement,  provenant  de  Sainte- Adresse,  des  briques  ou 
tuiles  à  rebords,  des  tuiles  carrées  provenant  d'étuves  ou  conduits  de  chaleur ,  et  les  restes 
d'un  mortier  antique  en  terre  de  Samos.  Le  fond  a  conservé  trace  d'aspérités  au  milieu  des 
frottements  qui  indiquent  qu'il  a  beaucoup  servi. 

Le  Chef-de-Caux.  —  On  appelait  ainsi  au  moyen-âge  le  cap  de  la  Hève  situé  sur  le 
territoire  de  Sainte-Adresse,  qui  alors  portait  aussi  ce  nom.  Camden  le  nomme  Ki-de-Caus. 
Un  livre  de  compte  de  la  ville  de  Harfleur'pour  1490  dit  Chief-de-Caux.  Une  charte  de 
Charles  V  de  1373-74  l'appelle  Quief-de-Caux.  Le  compte  de  Girard  le  Barillier,'en  1295, 
nomme  le  port  et  la  baie  Quief-de-Cauz.  Généralement ,  c'est  Chef-de-Caux ,  Quief-de- 
Caux ,  Chief-de-Caux.  Les  cartes  géographiques  écrivent  ce  nom  de  la  même  manière. 
Quelques-uns  portent  Groing-de-CauXj  ce  qui  a  été  appliqué  par  d'autres  au  cap  d'Antifer. 

La  paroisse  de  Sainte-Adresse  s'appelait  alors  Saint-Denis-Chef-de-Caux. 

Stapleton ,  dans  sa  Xlarte  de  Normandie  ,  dressée  pour  l'an  1200  à  l'aide  des  rôles  de 
l'échiquier,  dit  Caput  Caleti.  C'est  aussi  l'expression  du  pouillé  d'Eudes  Rigaud,  monu- 
ment du  xiiie  siècle.  Nous  ne  serions  pas  surpris  que  le  nom  de  Caput  Caleti  remontât 
à  l'époque  romaine. 

Le  cap  de  la  Hève  est  un  point  éminemment  géologique;  mais  en  dehors  de  trois  haches 
de  bronze  trouvées  en  1862,  nous  n'y  connaissons  pas  d'antiquités.  Le  Moniteur  universel 
du  11  thermidor  an  xin  (30  juillet  1805)  prétend  que  l'on  y  trouva  à  cette  époque  un 
marbre  noir  antique,  avec  une  inscription  romaine  qu'il  donne.  M.  Léon  Renier,  à  qui 
nous  avons  soumis  le  texte,  en  1859,  l'a  reconnu  pour  faux  et  apocryphe. 


K  Regestrum  visitât,  archiepisc.  Rothom.,  »  p.  137. 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  •  t.  xvi. 
Pinel,  «  Essais  archéol.,  hist.  et  phys.  sur  les  environs 

du  Havre,  »  p.  8, 12. 
«  Les  Eglises  de  Tarrond.  du  Havre,»  t.  i*%p.  50-55 


a  Revue  de  Rouen,  t  année  1846,  1"  semestre,  p.  320; 
2*  semestre,  p.  128-130. 

a  Les  Eglises  de  l'aiTondissement  d'Yvetot,  •  t.  ii, 
p.  178. 

«  Revue  du  Havre,  »  du  22  mai  1845. 


—  337 


GRAVILLE-SAINTE-HONORINE. 


Epoque  incertaine.  —  En  face  de  la  Barrière-d'Or  et  au  sommet  de  la  côte  de 
Grâville,  M.  Gaillard  signale  une  butte  ou  motte,  au  bord  du  bois.  Il  dit  que  d'un  côté  elle 
a  une  douve  énorme,  et  que  de  l'autre  l'abrupte  de  la  colline  lui  sert  de  défense.  M.  Tous- 
saint, avocat,  m'assura,  en  1864,  que  cette  butte  avait  été  détruite  récemment  et  qu'on 
n'y  avait  rien  trouvé. 

Epoque  romaine.  —  Grâville  est  un  point  passablement  fertile  en  antiquités;  il  s'y  en 
est  trouvé  même  assez  pour  que  quelques-uns  aient  songé  à  y  placer  le  Caracotinum  des 
anciens.  Le  château  de  Crétin  a  un  peu  contribué  par  son  nom  et  par  son  importance  féo- 
dale à  étayer  l'opinion  des  savants ,  qui  ont  émis  cette  hypothèse  aujourd'hui  abandonnée 
par  tout  le  monde.  L'archéologie  moderne  paraît  avoir  tranché  la  question  en  faveur 
d'Harfleur. 

Parmi  les  différentes  découvertes  d'antiquités  faites  à  Grâville,  nous  citerons,  dans  le 
bois  de  la  Hallate^des  vases  cinéraires  antiques  trouvés  en  1839  et  en  1840,  en  établis- 
sant le  jardin  et  le  pavillon  de  M.  A.  Michel  devenus  depuis  la  propriété  de  M.  Langer, 
négociant  du  Havre. 

En  mai  1861 ,  les  journaux  du  Havre  et  de  Rouen  nous  apprenaient  qu'à  l'extrémitéde  la 
rne  Montmirail^  au  versant  de  la  côte,  il  avait  été  rencontré  une  incinération  gallo-romaine 
des  premiers  siècles.  Elle  se  composait  de  vases  en  terre  et  en  verre  accompagnés  de  mor- 
ceaux de  fer  oxydé;  il  n'a  pu  être  sauvé  qu'un  joli  flacon  de  verre  à  six  pans  et  à  une  anse, 
lequel  est  présentement  déposé  au  Musée  du  Havre. 

Ayant  visité  au  mois  d'août  suivant  la  sablière  de  M.  Dubus ,  j'ai  reconnu  qu'il  avait 
été  rencontré  là  plus  de  cent  vases  romains  du  Haut-Empire.  C'étaient  des  urnes , 
des  vases  aux  offrandes,  des  fioles  de  verre  et  jusqu'à  des  doliums;  tous  avaient  été 
brisés. 

Une  tradition,  qui  remonterait  aux  temps  romains  si  elle  était  justifiée,  prétend 
que  le  corps  de  sainte  Honorine,  martyrisée  à  Mélamare  le  27  février  303,  fut  jeté 
à  la  Seine  et  serait  venu  échouer  sur  le  rivage  de  Grâville.  Recueilli  par  de  pieux 
chrétiens ,  il  aurait  été  inhumé  sur  la  colline  où  fut  élevée  plus  tard  l'abbaye  de  Sainte- 
Honorine. 

D'après  M.  Pinel,  on  aurait  trouvé ,  dans  le  cimetière  et  dans  l'église  même  de  Grâville , 
des  urnes  sépulcrales  et  des  vases  funéraires;  mais  nous  nesommes  pas  sûr  de  ces  asser- 
tions. Il  se  pourrait  bien  que  les  vases  dont  parlent  MM.  Pinel  et  Duboccage  de  Bléville 
fussent  des  vases  chrétiens ,  comme  ceux  que  nous  avons  mis  sortir  du  sol  de  l'église  en 

43 


—  338  — 

1844.  M.  Duboccage ,  d'ailleurs,  parle  de  Féinail  vert  qui  recouvrait  quelques-uns  de  ces 
vases;  c'est  bien  là  un  trait  qui  caractérise  la  cérauiique  du  moyen-âge. 

Epoque  franque.  —  Il  est  encore  un  dernier  fait  relatif  à  l'église  de  Grâville  et  qui 
s'est  passé  à  l'époque  franque  des  empereurs  carlovingiens.  Vers  842,  les  Normands  en- 
vahissaient presque  périodiquement  nos  contrées ,  et  remontaient  souvent  la  Seine.  Dans  la 
crainte  de  leurs  profanations,  les  clercs  attachés  au  tombeau  de  sainte  Honorine  brisèrent 
le  sarcophage  du  côté  de  la  tête  (fracto  à  capite  sarcophagoj^  et  en  tirèrent  le  corps  de 
la  sainte  qu'ils  transportèrent  jusqu'à  Conflans  fequo  stistentante).  C'est  depuis  ce  moment 
que  Conflans,  près  Paris,  a  pris  le  surnom  de  Conflans-Sainte-Honorine. 

Les  historiens  de  France  et  de  Normandie,  qui  ont  traité  des  invasions  normandes,  citent 
plusieurs  fois,  parmi  les  divers  campements  des  barbares  du  Nord,  un  lieu  dit  Giraldi-Fossa , 
Giroldi-Fossam  et  Fossa-GuiraldL  Les  pirates  du  Nord  campent  ou  hivernent  dans  cette 
station  en  807,  808,  809,  842  et  845.  Plusieurs  ont  pensé  qu'il  s'agissait  d'une  localité 
nommée  Jeufosse,  près  Mantes  (Sein e-et-Oise;  mais  quelques-uns  ont  cherché  cette  fosse 
à  Grâville,  appelé  à  la  période  normande  Girardi-Villa  :  MM.  Pinel,  Noël  de  la  Morinière , 
l'abbé  Lecomte  et  Frissard,  comptent  parmi  les  derniers.  Nous  devons  avouer  toutefois  que 
leur  autorité  est  secondaire  à  côté  de  celle  de  M.  Bonamy  et  de  l'abbé  Lebeuf,  qui  tiennent 
pour  Jeufosse. 

Maintenant,  il  convient  d'ajouter  que  le  port  de  Leure,  d'où  sortirent  en  1295  environ 
trente  nefs  pour  le  service  de  Philippe-le-Bel,  et  en  1340  trente-deux  nefs  armées  pour 
Philippe  de  Valois,  s'appelait  alors  la  Fosse-de-Leure. 

Ce  qui  prouve  que  fort  anciennement  les  marais  de  Grâville  et  la  plaine  de  Leure  étaient 
sous  l'eau  ou  submergés  périodiquement,  c'est  qu'en  1666,  lorsque  l'on  creusa  le  canal 
Vauban  qui  va  du  Havre  à  Harfleur,  on  trouva,  dans  les  prés  de  Grâville ,  une  quille  de  nef 
de  quatre-vingts  pieds  de  long. 

A  peu  de  distance  du  hameau  des  Neiges,  qui  portait  au  moyen-âge  le  nom  de  la  Qtiesnée^ 
on  rencontre,  dans  la  direction  du  midi,  une  vieille  chaîne  de  murailles  qui  durent  com- 
poser autrefois  les  quais  du  port,  de  la  crique  ou  de  la  fosse  de  Leure.  A  quelle  époque 
remontent  ces  vieux  murs  qui  sortent  de  dessous  l'herbe ,  mais  que  l'herbe  recouvrira 
bientôt?  Nous  ne  saurions  le  dire. 

La  Butte  aux  Sarrasins  (1).  —  A  60  mètres  du  hameau  et  de  la  chapelle  de  Notre- 

(1)  On  appelait  Sarrasins,  au  moyen-âge,  les  Normands  encore  païens.  —  Le  nom  de  Sarrasins  est  ici  synonjTne 
de  païens,  et  il  s'applique  indifféremment  aux  Romains  idolâtres  et  à  tous  ces  peuples  envahisseurs  qui,  au  déclin 
de  l'empire,  se  jetèrent  sur  nos  rivages  et  s'y  établirent,  soît  passagèrement,  soit  dune  façon  permanente. 

Le  nom  de  Sarrasins  ne  se  rencontre  pas  seulement  dans  les  parties  de  la  France  qui  subirent  l'invasion  du 
VII*  siècle ,  mais  il  se  trouve  encore  d^ns  nos  contrées  qui  n'eurent  pas  à  en  connaître.  Nous  allons  citer  quelques 
points  où  apparaît  encore  le  nom  de  Sarrasins. 

Dans  son  livre  intitulé  :  «  Invasions  des  Sarrasins  en  France ,  »  M.  Reinaud  cite  un  quartier  de  la  ville  de  Nice 
qui  porte  le  nom  de  canton  des  Sarrasins  (p.  180j.  —  Dans  la  Maurienne,  en  Savoie,  le  môme  auteur  assure  que  l'on 


—  339  — 

Dame-des-Neiges ,  on  remarque,  vers  le  nord-ouest,  une  élévation  de  terrain  sur  laquelle 
on  reconnaît  les  épaisses  murailles  d'une  forteresse  disparue.  Soigneusement  examinés  pai^ 
nous ,  ces  murs  nous  ont  paru  appartenir  au  moyen-âge. 

Ce  qui  me  confirme  dans  cette  opinion,  c'est  que  vers  4857  on  a  trouvé,  à  quel- 
ques pas  des  murs,  des  squelettes  humains  qu'accompagnait  un  vase  que  j'attribue  au 
xiiie  siècle. 

Cependant,  ce  tertre  porte  le  nom  de  Butte  aux  Sarrasins.  Comme  le  nom  de  Sarrasins 
s'applique  parmi  nous  aux  Normands  encore  païens,  je  suis  disposé  à  croire  qu'à  l'époque 
piratique  ce  point  put  servir  de  refuge  à  une  tribu  de  ravageurs.  Les  écrivains  locaux 
citent  ordinairement  deux  entrevues  qui  auraient  eu  lieu  sur  ce  tertre  :  la  première ,  en 
842 ,  entre  Louis-le-Débonnaire  et  les  hommes  du  Nord  qu'il  avait  appelés  contre  ses  frères 
Louis  de  Bavière  et  Charles-le-Chauve  ;  la  seconde  se  serait  passée  en  944  entre  le  roi 
'  Lothaire  et  notre  duc  Richard  1er.  Mais  ces  deux  événements  ne  sont  pas  suffisamment 
prouvés. 

trouve  aux  environs  de  Modane  le  vallon  Sarrazin  (p.  184).  —  Dans  le  Valais  (Suisse),  M.  Keller,  de  Zurich,  assure 
que  des  murailles,  des  sentiers,  des  crevasses,  sont  désignés  par  le  mot  de  Sarrasins.  (F.  Keller,  «  Dereinfall  der 
Saracenen,  »  Zurich,  1856.  —  «  Revue  des  Soc.  sav.,  »  t.  ii,  p.  11.)  —  A  Saint-Emiland,  près  Autun  (Saône-et-Loire), 
on  montre  les  Champs  Sarrasins  et  les  Molles  Sarrasines.  (•<  Le  Monde,  »  du  17  juillet  1860.)  —  A  Blagnac  (Haute- 
Garonne),  dans  un  champ  appelé  les  Sarrazis,  on  trouve  des  débris  romains  et  des  monnaies  d'Auguste,  de  Claude 
et  de  Néron.  («  Revue  des  Soc  sav.,  o  2*  série,  t.  vu,  p.  149.)  —  A  Pesmes  (Haute-Saône),  près  la  voie  romaine,  au 
lieu  dit  Theuriol,  est  un  bassin  circulaire  dit  Fonlaine  des  Sarrasins,  (•  Mém.  de  la  Commission  d'Archéol  de  la 
Haute-Saône,  »  t.  ii,  p.  40.)  —  A  Fauguerolles  (Haute-Saône),  est  la  Passée  des  Sarrasins,  où  les  habitants  disent  que 
les  Maures  ou  Sarrasins  ont  passé  en  brûlant.  («  Mém.  de  la  Commission  d'Archéol.  de  la  Haute-Saône,  m  t.  ii,  p.  43.) 

Ce  nom  s'explique  fort  bien  dans  l'ouest  et  le  midi  de  la  France  où  les  Sarrasins  ont  pénétré ,  combattu  et 
dominé  à  une  époque  bien  connue  de  notre  histoire.  Mais  comment  comprendre  cette  qualification  en  deçà  de  la 
Loire  et  de  la  Seine,  et  même  jusqu'en  Belgique,  où  les  Sarrasins  n'ont  jamais  pénétré.  Ce  nom  pourtant  y  est 
commun ,  comme  nous  allons  le  montrer. 

Auprès  d'Alaise-lès-Salins ,  dans  le  Doubs,  M.Delacroix  cite  une  Grolle  Sarrasine,  qu'il  croit  synonyme  d'une 
grotte  païenne.  (Delacroix,  «  Revue  des  Races  Latines,  •»  4*  année,  47*  livraison,  avril  1860,  p.  404.)  —  A  Ghalonne- 
sur-Loire,  près  Angers,  est  le  lieu  dit  le  Sarrasinerie.  (Barbier  de  Montault,  «  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou,  » 
année  1860,  p.  179.;  — Entre  Vadenay  et  Bouy,  sur  les  bords  de  la  Vesle,  au  voisinage  de  Ghappe  (Champagne), 
est  un  lieu  dit  le  Tombeau  des  Sarrasins.  (Peigné-Delacourt,  o  Recherches  sur  le  lieu  de  la  Bataille  d'Attila  en  451.» 
p.  39.)  —  A  Chelles,  près  Attichy  et  non  loin  de  Noyon,  est  le  lieu  dit  le  Cimetière  des  Sarrasins.  (Peigné-Delacourt, 
a  Bull,  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Picardie ,  »  année  1857,  n»  4,  p.  423.  —  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  France,  » 
t.  xxiv,  p.  110  du  «  Bulletin.  »)  —  On  y  a  constaté  la  présence  d'un  cimetière  franc.  —  A  la  Motte,  entre  Soissons 
et  Compiègne,  est  un  lieu  dit  le  Camp  des  Sarrasins.  («  Revue  archéol.,  »  nouvelle  série ,  août  1860,  p.  129.)  —  Le 
théâtre  romain  d'Evreux  est  appelé  le  Châtel  Sarrazin  dans  les  titres  du  xvi*  siècle.  —  Le  cadastre  de  Jumiéges 
présente  un  coin  de  terre  nommé  le  Tombeau  des  Sarrasins ,  et  à  Mortain  (Manche) ,  au  bord  de  la  forêt  de  la 
Lande-Pourrie ,  on  montre  la  Frotte  aux  Sarrasins. 

A  Grainville-la-Teinturière  (Seine-Inférieure),  qui  fut  probablement  l'antique  Gravinum^  une  tradition  populaire 
prétend  que  la  Cité  fut  brûlée  par  les  Sarrasins.  («Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  l"édit.,  1. 1*%  pj  I52;2«édit., 
1. 1*',  p.  166-67.  —  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  >•  t.  xxv,  p.  337.)  —  Une  tradition  populaire  d'Etretat,  que 
nous  avons  bien  des  fois  consignée  dans  nos  ouvrages,  parce  que  nous  avons  été  bercé  avec  elle,  veut  que  l'église 
actuelle  ait  été  construite  par  sainte  Olive,  à  la  suite  d'un  vœu  qu*elle  fit  pour  échapper  aux  Sarrasins  débarqués 
sur  le  rivage  et  qui  voulaient  s'emparer  d'elle.  Cette  sainte  et  riche  femme,  à  l'exemple  des  reines  mérovingiennes, 
lavait  elle-même  son  linge  sur  la  plage ,  à  une  fontaine  et  près  d'un  rocher  qui  s'appelle  encore  aujourd'hui  la 


—  340  — 

M.  Fallue  et  M.  Tabbé  Lecomte  m'ont  assuré  avoir  trouvé  des  objets  antiques  auprès  de 
la  Butte  mm  Sarrasins. 

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d'Ingouville,  »  p.  31-37. 

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«  Journal  de  Rouen,  »  du  3  mai  1861. 

«  Procès-verb.  de  la  Comm.  des  Ant.  de  la  Seine-Ini.  », 
t.  X",  p.  186. 


Fontaine  d'Olive.  —  A  Sermaise  (Marne\  il  y  a  une  fontaine  minérale  vulgairement  connue  sous  le  nom  de  Fontaine 
des  Sarrasins.  (L'abbé  Greppo,  «  Etudes  archéol.  sur  les  Eaux  thermales  et  minérales  de  France  ,  »  p.  273.)  —  A 
8aint-Pierre-le-Chastel ,  près  Pont-Gibaud  .Puy-de-Dôme),  un  amas  de  pierre  provenant  d'un  vicus  gaulois  porte 
le  nom  de  Camp  des  Sarrasins  («  Revue  archéologique,  •  nouvelle  série,  août  1864,  5*  année,  t.  x,  p.  159).  — 
Enfin,  d'après  M.  Hauzeur,  de  Ciney,  des  traditions  de  Sarrasins  sont  également  communes  en  Belgique.  A  Tré- 
sogne ,  près  Pessoux ,  et  à  Jonafife,  près  Condroz  (province  de  Namur),  on  attribue  aux  Sarrasins  ici  un  édifice 
antique,  là  un  camp  ou  un  couvent.  (Hauzeur,  «  Antiquités  gallo-germ.,  gallo-rom.  et  franq.  de  la  rive  droite  de  la 
Meuse,  a  p.  49  et  52.) 

Ceci  nous  conduit  tout  naturellement  à  conclure  qu'au  moyen-âge ,  c'est-à-dire  depuis  le  vni*  siècle  et  presque 
jusqu'à  nos  jours ,  pour  les  populations,  le  nom  de  Sarrasin  fut  synonyme  d'idolâtre  et  de  païen. 

C'est  ainsi  qu'à  Périgueux,  où  se  voit  encore  la  Porte  Sarrazine ,  le  mur  romain  qui  ferme  la  cité  s'appelait 
Sarrazin  au  viu'  siècle,  Sarracenvs,  (Galy,  «  Congrès  archéol.  de  France.  ~  Séances  gén.  tenues  en  1858,  »  p.  201.) 
—  M.  Reinaud,  de  l'Institut,  qui  a  profondément  étudié  la  question  des  Sarrasins  ,  considère  le  nom  de  Sarrasin 
comme  analogue  à  celui  de  Païen.  H  le  prouve  clairement,  ce  me  semble ,  en  montrant  qu'à  Lyon,  à  "Vienne,  à 
Orange,  etc.,  les  restes  d'édifices  romains  sont  appelés  par  le  peuple  Ouvrage  Sarrazin,  (Reinaud,  «  Invasions  des 
Sarrasins  en  France,  »  p.  xxvu.)  —  A  Quarré-les-Tombes,  on  prétend  que  les  milliers  de  tombeaux  de  pierre  qui 
88  trouvent  autour  de  l'église ,  sont  descendus  du  ciel  pour  recevoir  les  chrétiens  qui ,  sous  la  conduite  de  Gérard 
de  Roussillon ,  périrent  dans  la  bataille  que  les  Français  gagnèrent  sur  les  Sarrasins  (les  Normands),  en  925,  à 
Montculan,  près  Avallon  (Yonne).  («  Bullet.  de  la  Soc.  d'Étud.  d'Avallon,»  2*  année,  p.  64-71.)  —  Le  cirque  romain 
de  Montbouy  (Loiret)  est  désigné,  dans  un  vieux  plan,  sous  le  nom  de  Redoute  des  Sarrazins.  («  Bulletin  de  là 
Soc.  archéol.  de  l'Orléanais,  »  n*  32,  p.  10,  année  1859.)  —Nous  avons  déjà  dit  que  le  théâtre  romain  d'Ëvreux 
s'appelait  Châlel  Sarrazin.  —  Dans  les  Ardennes  ,  les  enfeCnts  appellent  les  petits  bronzes  de  Gallien,  trouvés  a 
Villiers,  la  Monnaie  des  Sarrazins.  (Ottman,  a  Mém.  de  la  Soc.  Dunkerquoise,  ■  année  1856-57,  p.  164.) 

Enfin ,  l'expression  de  Sarrasin  pour  Païen  était  familière  à  nos  anciens  chroniqueurs  français.  La  «  Chronique 
abrégée  par  l'Abbaye  de  Saint-Riquier,  v  par  Jean  de  La  Chapelle,  mentionne  ainsi  deux  rois  venus  en  France  sous 
Louis  à  La  Barbe  ou  Le  Débonnaire,  o  Reges  pagani  infidèles  cum  magnà  multitudine  Sarracenorum.  »  («  Mém. 
de  la  Soc.  d'Emul.  d'Abbeville  ,  »  années  1852-57  ,  p.  158.)  ~  Un  chapitre  de  la  «  Chronique  »  de  Guillaume  de 
Nangis  débute  ainsi  :  u  Ci  commencent  les  Chroniques  de  tous  les  rois  de  France  chrétiens  et  sarrazins.  »  (Reinaud, 
«Invasions  des  Sarrasins  en  France,  »  p.  xxvi.  —  Enfin,  une  vieille  généalogie  des  rois  de  France ,  conservée  & 
Bruxelles,  en  1655,  et  citée  par  J.-J.  Chiflet,  dit,  en  parlant  de  Mérovée  :  «  Il  régna  dix  ans,  puis  trespasn 
Sarrazin.  »  («•  Anastasis  Childerici  P,  •  p.  81.) 


341 


canton;     de     MONTIVILLIERS. 


MONTIVILLIERS. 

Époque  gauloise.  — En  1836,  on  a  recueilli  à  Montivilliers  une  hachette  de  bronze,  à 
présent  au  Musée  de  Rouen.  En  1854,  on  a  trouvé  au  hameau  de  Colmoulins  une  mon- 
naie gauloise  en  bronze,  qui  est  entrée  dans  la  Bibliothèque  de  Montivilliers. 

Non  loin  du  château  de  Colmoulins  est  un  carrefour  où  se  croisent  les  chemins  de  Monti- 
villiers, de  Goumay,  d'Escures  et  de  Colmoulins.  M.  Janvrain  prétend  qu'il  exista  dans  ce 
lieu  une  grosse  pierre  appelée  la  Pierre  grise,  laquelle  était  entourée  de  contes,  de  tradi- 
tions, de  mystères  et  d'apparitions  de  dame^  blanches.  Cette  pierre  aurait  disparu  depuis 
quelques  années. 

Nous  ne  savons  s'il  faut  reporter  à  l'époque  gauloise  la  découverte  d'une  pirogue  de  15 
à  20  pieds  de  quille ,  rencontrée  en  1780  dans  les  fossés  comblés  encore  connus  sous  le 
nom  de  la  Bergtie. 

Nous  ignorons  également  quelle  période  on  peut  assigner  à  l'introduction  sur  le  territoire  de 
Montivilliers  d'une  monnaie  de  bronze  que  M.  Lambert  attribue  aux  premiers  temps  de  Rome. 
D'un  côté  est  un  buste  de  cheval,  et  de  l'autre  deux  tètes  imberbes  dans  le  genre  de  Janus. 

Époque  romaine.  —  Généralement,  on  signale  peu  d'antiquités  romaines  sur  le  vaste 
territoire  de  Montivilliers.  Nous  croyons  cependant  pouvoir  rapporter  à  cette  période  un 
lot  d'antiquités  qui,  en  1835,  fut  acheté  35  fr.  par  M.  Deville  pour  le  Musée  de  Rouen  :  il 
se  composait  de  fibules ,- d'agrafes ,  d'une  plaque  et  d'un  morceau  de  lame  d'épée  en 
bronze.  On  assurait  que  ces  objets  avaient  été  trouvés  à  Montivilliers. 

Peut-être  serait-il  permis  d'enregistrer  pour  l'époque  romaine  l'existence  d'une  chaussée 
constatée  pour  le  xv©  siècle.  Les  historiens  racontent  qu'en  1415,  lors  du  siège  de  Ilarfleur, 
les  Anglais  détruisirent  la  chaussée  qui  s'étendait  d'Harfleur  à  Montivilliers. 

Epoque  franque  —  La  ville  de  Montivilliers  doit  son  nom  à  son  monastère.  Monder  ou 
Moutier,  comme  disaient  nos  pères.  Au  moyen-ûge,  en  effet,  on  appelait  ce  lieu  Moutier- 
VillierSj  Monstier-Villiers^  Moustier-Vieil.  En  latin,  c'était  M onasterium-V illare  ou  Monas- 
terium  Villarum.  A  l'époque  franque  et  au  moment  de  la  fondation  monastique ,  ce  lieu 
s'appelait  simplement  Villare  (Villiers). 

En  682,  saint  Philbcrt,  disciple  de  saint  Colomban  de  Luxeuil  et  fondateur  de  l'abbaye 
de  Jumiéges,  établit  à  Villiers  (Villare)  un  monastère  de  femmes  à  l'imitation  de  celui  de 
Pavilly.Waratton,  maire  du  palais  et  successeur  d'Ebroïn,  donna  au  pieux  cénobite  le  fonds 
sur  lequel  il  assit  cette  maison  de  prières  qui  dura  environ  deux  siècles.  «  Eodem  tempore, 
dit  la  vie  de  saint  Philbert  écrite  par  un  contemporain,  princeps  palatii  Warratto  nomine, 


in  Callivo  territorio  oppidum  tradidit  ad  monasterium  virginum  construendum,  vocabulo 
Villare,  ubi  usque  hodiè  religionis  norraa  fulget.  ■ 

En  831 ,  Anségise ,  abbé  de  Fonlenelle ,  dans  un  testament  devenu  célèbre,  légua  au 
monastère  de  Montivilliers  une  livre  d'argent. 

Le  monastère  de  Villiers  fut  détruit  par  les  Normands  du  ix^  siècle ,  comme  ceux  de 
Logiutn,  de  Fécamp ,  de  Pavilly  et  de  Sept-Meules.  Quelques-uns  attribuent  cette  destruc- 
tion à  Hastings ,  vers  850.  Guillaume  de  Jumiéges  range  Villare  monasterium  panni  les 
*  antiquiora  monasteria ,  >  qui  furent  détruits  c  à  Normannis  adbuc  Paganis.  » 

On  pense  qu'une  collégiale  de  chanoines  réguliers  fut  essayée  à  Montivilliers,  comme  à 
Fécamp,  par  les  ducs  normands  du  xe  siècle.  Richard  I^r  aurait  été  son  fondateur  en  990. 
Ce  qui  paraît  plus  sûr,  c'est  qu'en  1030  Robert-le-Magnifique  y  assit  une  abbaye  de  reli- 
gieuses qui  devint  puissante  et  joua  un  grand  rôle  dans  nos  contrées  jusqu'en  1790,  c'est- 
à-dire  pendant  plus  de  sept  siècles. 

Le  territoire  de  Montivilliers ,  comme  tous  les  anciens  fiefs  mérovingiens ,  était  d'une 
grande  étendue.  11  descendait  la  vallée  jusqu'à  Harfleur,  et  nous  croyons  qu'il  y  descend 
encore.  La  mer  baignait  les  terres  de  l'abbaye  au  xi^  siècle  ;  aussi  le  fondateur  des  religieuses, 
le  duc  Robert,  leur  donna-t-il  seize  salines  existantes  sur  le  territoire  de  Montivilliers,  mais 
par  le  fait  sous  les  murs  de  Harfleur.  On  en  montre  encore  la  place. 

En  1864,  au  hameau  de  la  Payennière,  on  a  trouvé  une  cachette  composée  de  deniers 
d'ai^ent  du  ixe  et  du  xe  siècle.  Plusieurs  de  ces  pièces  sont  à  la  bibliothèque  de  Montivilliers. 


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env.  du  Havre,  ■  p.  28-32. 


HARFLEUR. 

Époque  romaine.  —  Depuis  un  quart  de  siècle,  on  s'accorde  généralement  à  placer  à 
Harfleur  la  station  romaine  de  Garacotinum.  Le  nom  de  cette  cité  gallo-romaine  ne  se  lit 
que  sur  un  seul  monument  de  l'antiquité  ,  Xîtinéraire  d'Jntonitit  monument  attribué  au 
ive  siècle  de  notre  ère.  Ce  catalogue  des  grands  chemins  de  l'empire  romain  fait  de  Caraco- 
tinum  le  point  de  départ  d'une  voie  militaire  allant  de  l'Océan  jusqu'au  cœur  de  la  Gaule  par 
Rouen  et  Paris  (iter  à  Caracotino  Augustobonam  (Troyes  en  Champagne)  m.  p.  cliii). 

Caracotinam  est  enfin  retrouvé,  et,  s'il  est  à  présent  déterminé  pour  toujours,  c'est  grâce 
au  développement  qu'ont  pris  de  nos  jours  les  recherches  locales ,  les  fouilles  archéolo- 
giques et  les  découvertes  modernes.  Nos  prédécesseurs  dans  les  études  géographiques  de 
la  Gaule  ont  cherché  à  déterminer  la  place  de  cette  ville  et  des  autres ,  sans  jamais  venir 


—  343  — 

sur  les  lieux  :  ils  sont  partis  du  texte  même  de  l'Itinéraire  et  du  chiffre  des  mesures.  Ainsi 
Lillebpnne  étant  une  fois  pris  pour  Juliobona,  et  la  distance  de  cette  cité  étant  donnée 
pour  Caracotinum^  Gravinum,  Lotum^  etc.,  nos  devanciers  en  ont  fait  leur  point  de  départ 
pour  arriver  à  caser  ces  divers  établissements  ;  mais ,  l'appréciation  de  la  distance  variant 
selon  les  lieux,  les  temps,  les  accidents  du  terrain  et  les  caprices  de  la  voirie,  il  n'est  pas 
surprenant  qu'ils  n'aient  pu  obtenir  aucun  résultat  précis  et  définitif. 

C'est  ainsi  que  Cellarius  et  dom  Bouquet  plaçaient  Caracotinum  au  Havre.  Adrien  Valois, 
se  laissant  guider  par  la  seule  voie  étymologique,  le  cherche  jusqu'au  Crotoi. 

Dès  1740,  Toussaint  Duplessis  le  suppose  déjà  à  Harfleur;  mais  l'abbé  Kelley,  en  1744, 
se  partage  entre  Grasville-Crétin  et  Harfleur.  De  nos  jours,  tandis  que  MM.  Pinel,  Louis 
Dubois  et  J.-B.  Eyriès  le  reculaient  jusqu'à  Grâville,  toujours  appuyés  sur  le  château  de 
Crétin ,  M.  E.  Gaillard  le  rapprochait  jusqu'à  Orcher ,  dirigé  par  le  seul  instinct  de  la  châ- 
tellenie  du  moyen-âge. 

Cependant,  dès  1760,  d'An  ville  ,  qui  a  presque  deviné  la  Gaule,  inclinait  très  fort  pour 
Harfleur,  en  quoi  il  a  été  suivi  depuis  par  MM.  Fortia  d'Urban  et  le  colonel  Lapie.     . 

Mais  Caracotinum  nous  paraît  définitivement  fixé  à  Harfleur  depuis  vingt-six  ans,  et 
c'est  aux  fouilles  que  l'on  devra  ce  résultat  désormais  peu  contestable.  Le  puissant  empire 
des  faits  a  renversé  l'échafaudage  des  conjectures ,  et  c'est  à  cette  archéologie  nouvelle  que 
l'on  demandera  souvent  le  dernier  mot  de  l'histoire. 

Les  fouilles  faites  à  Harfleur,  en  1839,  nous  paraissent  avoir  déterminé  pour  toujours 
l'emplacement  de  Caracotinum.  C'est  ainsi  que  nous  l'assurions  en  1841  et  en  1844,  et  c'est 
ainsi  que  nous  le  croyons  encore  aujourd'hui.  Du  reste ,  voici  les  ouvrages  où  M.  Fallue 
a  pubHé  lui-même  le  résultat  de  ses  explorations  :  lés  Archives  du  Havre  et  de  la  Norman- 
die^ mai  1840;  les  Mémoires  de  la  Société  des  antiquaires  de  Normandie  j  t.  xii,  p.  117- 
130  et  2  pi;  la  Revue  archéologique,  année  1856-57,  t.  xiv,  p.  561-565,  pi.  320. 

Voici  maintenant,  en  quelques  mots ,  les  antiquités  trouvées  à  Harfleur  par  M.  Fallue , 
dans  les  fouilles  qu'il  a  faites,  en  1839,  aux  frais  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Norman- 
die. L'explorateur  a  rencontré  sur  plusieurs  points  les  fondations  des  maisons  et  édifices 
romains  qui  recouvraient  les  collines  de  Harfleur.  Il  y  en  avait  notamment  à  la  Côte  de 
Saint-Jubin,  à  la  Côte  des  Buquets,  au  Mont-Caber,  à  Notre-Dame-des-Bois  et  au  prieuré 
de  Saint-Dignefort.  Des  débris  antiques  se  rencontrent  aussi  au  fond  du  vallon.  Il  y  en  a 
qui  descendent  jusqu'à  7  mètres  du  sol  actuel;  on  en  trouve  même  dans  le  Clos-des-Galères. 
Dans  les  divers  sondages  qui  ont  été  pratiqués,  il  a  recueilli  des  poteries  rouges ,  des  restes 
d'amphores,  des  vases  antiques,  dont  quelques-un  s  étaient  à  relief  ;  deux  portaient  la  marque 
des  potiers  :  vn-po...  et  o  minvi.  Le  dernier  objet  recueilli  est  un  petit  bouc  en  bronze. 

M.  Viau,  enfant  d'Harfleur  et  ami  de  ses  antiquités ,  a  constaté  également  sur  plusieurs 
points  la  présence  de  restes  romains.  Plusieurs  fois  il  a  recueilli  des  monnaies  impériales 
notamment  un  bronze  de  Commode. 


—  344  ~ 

Déjà ,  sur  le  Mont-Caber ,  on  avait  constaté  à  diverses  reprises  la  présence  de  tombeaux 
en  pierre.  Le  siècle  dernier  en  reconnut,  et  M.  Pinel ,  du  Havre,  en  vit  aussi  en  1820. 

Une  découverte  qui  a  suivi  les  précédentes,  mais  qui  peut-être  les  précède  toutes  archéo- 
logiquement  parlant,  c'est  celle  qui  a  eu  lieu  en  4846,  lors  de  la  confection  du  chemin  de 
fer  dans  la  traverse  de  Harfleur.  Les  ouvriers  rencontrèrent  alors  un  dépôt  de  bronze  com- 
posé de  hachettes  et  d'autres  objets ,  parmi  lesquels  on  signale  une  petite  statuette  de  Diane 
haute  de  8  centimètres.  C'est  à  la  Côte  de  Saint-Aubin  que  cette  trouvaille  a  eu  lieu.  Elle 
fut  portée  en  partie  à  M.  Simon,  coutelier  du  Havre,  qui  acheta  douze  hachettes  et  en  donna 
une  au  Musée  de  celte  ville.  Ces  dernières  étaient  longues  de  15  à  17  centimètres,  et  elles 
possédaient  un  anneau  au  côté,  comme  celles  d'Orcher,  d'Antifer  et  du  Sussex. 

A  présent,  nous  sera-t-il  permis,  après  les  monuments  positifs,  d'enregistrer  ceux  de  la 
tradition,  môme  lorsqu'ils  présentent  un  côté  fabuleux. 

Letellier,  dans  ses  Recherches  historiqiies  sur  Harfleur,  publiées  au  siècle  dernier,  ra- 
conte sérieusement  qu'en  412  Arthur,  roi  de  la  Grande-Bretagne,  descendit  à  Harfleur  afin 
d'aller  combattre  le  général  romain  Lucius  qu'il  défît  près  de  Paris.  L'auteur  ajoute  que  le 
roi  d'Angleterre  revint  alors  à  Harfleur,  et  y  fit  achever  une  enceinte  flanquée  de  tours 
au-delà  du  Port-des-Galères,  murailles  que  les  Romains  avaient  laissées  imparfaites. 

Nous  croyons  que  cette  tradition ,  quelque  peu  légendaire ,  avait  déjà  été  relatée ,  dès 
1677,  par  de  La  Motte,  dans  ses  ^ntiquitez  de  la  ville  de  Har/levr.  Cet  auteur,  en  effet, 
donne  à  la  muraille  Uttorale  une  longueur  de  1,900  pieds. 

Époques  franque  et  normande.  —  Une  chose  qui  devra  surprendre ,  c'est  que  jusqu'à 
présent  nous  ne  connaissions  pas  à  Harfleur  de  monuments  que  l'on  puisse  attribuer  incon- 
testablement à  l'époque  franque;  tout  au  plus  nous  sera-t-il  permis  de  revendiquer  pour 
cette  période  des  cercueils  de  pierre  que  l'on  assure  avoir  été  rencontrés  au  Mont-Caber. 

Pourtant  le  nom  de  Harfleur ,  quoique  inconnu  à  nos  premiers  historiens ,  ne  m'en 
paraît  pas  moins  d'origine  saxonne ,  franque  ou  Scandinave. 

Nous  allons  établir  l'hortographe  de  ce  nom  d'après  les  auteurs  et  les  documents  du 
moyen-âge ,  et  nous  terminerons  par  une  bibliographie  de  la  localité. 

Quant  à  l'orthographe  du  nom  de  Harfleur,  Noël  dit  avec  raison  qu'il  en  connaît  peu  qui 
aient  autant  varié  ;  lui-même  en  effet  en  donne  dix-sept  versions  (  Second  Essai  sur  le 
département  de  la  Seine-Inférieure,  p.  45).  Cela  est  d'autant  plus  surprenant,  que  ce  nom 
apparaît  pour  la  première  fois  au  xie  siècle ,  époque  où  l'on  écrivait  beaucoup  et  dont  il 
nous  reste  un  bon  nombre  de  monuments. 

La  charte  du  duc  Robert,  de  Normandie,  en  1035,  qui  semble  le  premier  document  où 
Harfleur  soit  nommé,  dit:  Portus et  ecclesia  de Herosfluet  {Gallia  Christiana,  t.  xi,  p.  326- 
3!27,  appendix).  Richard  II  et  le  comte  d'Eu,  au  xie  siècle,  disent:  le  premier,  Herosfloth; 
le  second,  Houfleat,  d'après  M.Fallue  {Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  t.  xii,  p.  129-30). 
M.  Delisle,  dans  son  Cartul.  norm.j  cite  Hareflotum  {Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNorm., 


—  345  — 


''  t.  XVI,  nos  363^  728, 971).  Dans  une  bulle  du  pape  Célestin,  en  1192,  on  voit  Harofluet,  selon 
Y  Antimoine  de  MontivillierSj  manuscrit  de  1710.  La  carte  dressée  par  M.  Stapleton  d'après 
les  registres  de  l'échiquier,  et  qui  nous  donne  la  Normandie  telle  qu'elle  était  au  xii^  siècle, 
porte  Harefluctus  (  Mém.  de  la  Soc.  des  A  ntiq.  de  Norm.,  t.  xvi,  année  1 850,  d'après  l'édition 
de  Londres,  faite  par  l'auteur  lui-même  en  1844).  Le  pape  Innocent  III  écrivait  Hareflot  en 
1202,  et  une  charte  du  Valasse  nous  donne  Harefloet  en  1222  (Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq. 
deNorm.,  t.  xiv,  p.  157).  Enfin  le  Roman  d'Eustache  Lenioine^  pirate  fameux  du  xiii®  siècle, 
édité  par  M.  Francisque  Michel,  répète  plusieurs  fois  Hareflùe  (p.  71-77).  Un  arrêt  du 
Parlement  de  Paris  prononce  Harefleu  en  1299.  (M.  Beugnot,  les  0/m,  t.  m,  part.  I,p.  ii, 
no  xxm.  —  De  Fréville,  Mémoires  sur  le  Commerce  maritime  de  Rouen^  t.  1er,  p.  gl.) 

Nous  n'irons  pas  plus  loin  en  matière  de  citations  :  nous  ajouterons  seulement  que  d'après 
la  plupart  des  auteurs,  notamment  Noël  de  la Morinière et  M.  Florentin  Lefils,  d'Abbeville, 
le  nom  de  Harfleur,  ainsi  que  tous  ceux  qui  se  terminent  de  même,  vient  d'un  mot 
tudesque  ou  teuton  qui  se  rapporte  aux  flots  de  la  mer.  Toutes  ces  localités  en  effet  sont 
sur  l'océan  ou  sur  des  rivières  à  marée  (1). 

Il  nous  reste  à  citer  quelques-uns  des  ouvrages  qui  ont  traité  ou  seulement  parlé  de 
Harfleur;  à  ceux  que  nous  avons  déjà  nommés,  nous  ajouterons: 


Had.  Valesii,  «  NolitiaGalliarum,  •  verbis  Juliobona 
et  Caracotitium, 

Gellarius,  «  Geogr.  an  tiqua,  »  lib.  ii,  c.  3, 1687. 

Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  1. 1", 
p.  108,  note  6. 

D'Anville ,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  204-205. 

L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  TAcad.  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  ^  t.  xix,  p.  635-648 ,  650-53,  édit.  in-4'', 
et  t.  ui,  p.  304-309,  édit.  in-l2. 

Duplessis ,  «  Descript.  hist.  et  géogr.  dé  la  Haute- 
Nonn  ,  »  t.  I",  p.  4-5,  11  et  12. 

De  La  Motte,  «  Anliquitezde  la  ville  de  Harflevr,  » 
in-8' de  216  pages,  Havre-de-Grâce ,  Gruchet,  1677; 
2*  édition  réimprimée  en  Tan  vu . 

Letellier,  «  Recherches  hist.  sur  Harfleur,  w  in-4'  de 
12  pages,  1786;  réimprimé  en  1841,  à  Ingouville,  chez 
Lepetit,  in-12, 24  pages. 

Noël  de  la  Morinière ,  «  Second  Essai  sur  le  départ, 
de  la  Seine-Inférieure ,  »  p.  45-54. 

E.  Gaillard,  «  Gazette  de  Normandie,  v  du  16  mars  1834. 


Pinel,  «  Essais  archéol.,  hist.  et  phys.  sur  les  envir. 
duHavre,  î»p.  29-52. 

Guilmeth,  «  Description  géographique,  historique,  sta- 
tistique et  monumentale  des  arrond.,v  1. 1*',  p.  100-129. 

R.  Viau,  «  Le  Havre  et  son  arrondissem.  —  Canton 
de Montivilliers :  Harfleur,»  p.  19-50. 

Léon  Buquet,  «  Le  Havre  et  son  arrondiss.  —  Canton 
dlngouville  :  Grâville,  ■  p.  31-33,  36. 

Fortia  d'Urban,  a  Rec.  des  Itinéraires  anciens,  • 
p.  115,  et  f  rOrbis  romanus,  »  carte  du  colonel  Lapie, 
qui  accompagne  le  «  Recueil .  » 

De  Fréville,  «<  Mém.  sur  le  comm.  marit.  de  Rouen,  » 
in-8%  Rouen,  1857. 

«  Public,  de  la  Soc.  havr.  d*étud.  div.,  »  8*  année,  p.  84. 

L'abbé  Cochet,  a  Les  Églises  de  Tarrond.  du  Havre,  >» 
t.  i*%p.  139-167. 

Morlent,  «  Revue  du  Havre,  i  année  1846. 

«Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xu, 
p.  117-130;  t.  XIV,  p.  152,  157-168;  n-  xvi,  p.  363,  728, 
921;  t.  XXIV,  p.  319,  323. 


(1)  On  nous  pardonnera ,  pour  la  rareté  du  fait ,  de  citer  les  rapprochements  faits  par  M.  Lefils ,  dans  ses 
«  Recherches  sur  la  Configuration  des  Côtes  de  la  Morinie,  »  p.  99  et  121.  «  Fleur,  flier,  flou,  flew,  fleat,  flect,  fleot, 
dit^il,  en  celtique  et  en  tudesque,  signifient  flot  et  désignent  un  havre  où  monte  le  flux  de  la  marée.  Nous  avons  en 
France  Harfleur,  Honfleur,  Fiquefleur,  Barfleur  et  Wittefleur;  en  Angleterre,  Wainfleet,  Staltfleet,  Walfleet, 
Hemigfleet,  Gumfleet,  Beamfleat;  dans  le  Zuyderzée,  Bugefleet  et  Noulafleat;  dans  les  bouches  de  TEscaut, 
Bteryliet,  Geervliet,  Blynefliet,  Sandvliet;  dans  la  mer  de  Harlem,  Samtfloot,  MoUenfloot,  Keyserfloot,  Huysfloot» 
L'auteur  ajoute  encore  :  •  Amileat,  dans  la  Séloque,  rivière  près  Boulogne,  où  se  noya,  en  601,  un  moine  envoyé  en 
Angleterre  par  saint  Grégoire-le-Grand;  Oldfleet,  en  Irlande,  au  nord  de  Carrick-Fergus,  et  Elsfleet  sur  le  Weser.  » 

44 


—  346  — 

GONFREVILLE-L'ORCHER  ou  ORCHER. 

La  paroisse  portait  autrefois  le  nom  de  Gonfreville,  et  le  château  celui  d'Orcher  ou 
Auvricher.  Aujourd'hui,  l'agglomération  communale  porte  le  nom  officiel  de  Gonfreville- 
rOrcher.  Le  propriétaire  de  la  terre  et  du  château  d'Orcher  ou  Auvricher  était  autrefois 
maréchal  héréditaire  de  Normandie.  Le  territoire  de  cette  châtellenie  s'étendait  jusque  sous 
les  murs  de  Harfleur.  On  trouve  à  Orcher  plusieurs  genres  d'antiquités. 

Époque  gauloise.  —  Rappelons  d'abord  qu'à  diverses  reprises  on  y  a  rencontré  des 
hachettes  de  bronze,  et  nous  croyons  que  ce  fut  toujours  dans  le  voisinage  d'un  tertre 
appelé  le  Camp^Dolent.  La  première  découverte  a  eu  lieu  en  1845.  On  en  trouva  au  moins 
six  ;  quelques-unes  sont  entrées  au  Musée-Ribliothèque  du  Havre. 

En  1859,  la  découverte  fut  plus  nombreuse:  on  en  trouva  trente-neuf  empilées  Tune 
sur  l'autre.  La  première  était  presque  à  fleur  du  sol.  Elles  ont  été  achetées  par  divers 
particuliers. 

Enfin,  M.  Deville  nous  a  parlé  d'une  découverte  de  hachettes  de  bronze,  dont  le  dépôt 
ne  s'élevait  pas  à  moins  de  dix  kilogrammes. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Juliobona  à  Caracotinum  passait  à  Orcher. 
Dans  son  voisinage  se  voyait  la  Butte  du  Câtelier  ou  du  Camp-Dolent  (1),  appelée  dès  le 
xiiie  siècle  Kadolent  (Grangiam  monachorum  de  Kadolent). 

M.  Fallue  cite  à  Orcher  un  lieu  dit  le  Câtelier,  où  il  assure  que,  vers  1830,  on  a  trouvé 
un  vase  en  terre  grise  contenant  trente  monnaies  antiques  en  bronze  et  en  argent;  dans  le 
nombre  était  un  Néron  qui  est  passé  entre  les  mains  de  M.  Leberquier,  de  Rogerville. 

Nous  ne  savons  si  c'est  la  même  découverte  que  M.  Deville  a  connue  et  où  il  se  trouvait 
trente  monnaies  romaines  grand  et  moyen  bronze.  On  y  reconnaissait  les  images  d'Anto- 
nin ,  de  Marc-Aurèle ,  de  Commode ,  de  Domitien  et  de  Gordien  jeune. 

La  chapelle  de  Saint-Dignefort ,  qui  dépend  de  Gonfreville,  est  assise  sur  une  ancienne 
vUla  romaine ,  d'après  le  témoignage  de  M.  Fallue. 


«  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  » 
1.  xii,  p.  123-24;  t.  XIV,  p.  156-50,  et  t.  xxiv,p.  321-23. 


E.  Gaillard,  «  Gazette  de  Normandie,  «»  du  16  mars  1834. 
«  Procès-verbaux  de  la  Comm.  des  Antiq.»,  1. 1",  p.  187-88. 


GAINNEVILLE. 

Époque  romaine.  —  Sur  Gainneville  passait  la  voie  romaine  qui  de  Juliobona  (  Lille- 
bonne  )  allait  à  Caracotinum  (Harfleur).  Dans  ce  village ,  on  a  rencontré  des  médailles 
romaines. 

(1)  Sur  le  nom  de  Camp-Dolent,  et  les  souvenirs  qu'il  rappelle,  voir  la  note  que  nous  avons  insérée  pages  45-46. 
A  la  liste  que  nous  avons  déjà  dressée,  nous  pouvons  ajouter  le  Camp-Dolent,  au  Vieux-Corbeil ,  près  Paris. 
(L'abbé  Lebeuf,  «Recueil  de  divers  Écrits,»  t.  ii,  p.  164.) 


—  347  — 

SAINT-MARTIN-DU-MANOIR. 

Epoque  gauloise.  —  En  1855  on  trouva,  à  Saint-Martin-du-Manoir,  six  monnaies 
gauloises  en  bronze.  Deux  d^entre  elles  sont  à  la  Bibliothèque  publique  de  Montivilliers. 

ÉPOUVILLE. 

Époque  incertaine.  —  M.  Leroy  signale  sur  sa  carte  une  motte  à  Epouville. 

Époque  romaine.  —  Ce  que  nous  savons ,  c'est  qu'au  hameau  de  la  Payennière  il  a  été 
trouvé  une  meule  à  broyer  en  poudingue,  ayant  un  trou  au  milieu  et  un  trou  au  côté  pour 
la  manivelle.  Elle  est  déposée  à  la  Bibliothèque  de  Montivilliers. 

Époque  franque.  —  Le  même  hameau  a  donné  à  la  même  BibUothèque  des  deniers 
d'argent  des  ixe  et  xe  siècles. 

ROLLEVILLE. 

Epoque  gauloise.  —  En  1856,  on  recueillit  ici  une  petite  monnaie  gauloise  en  or  à 
présent  déposée  à  la  Bibliothèque  de  Montivilliers. 

n  est  peut-être  permis  de  classer,  parmi  les  sources  vénérées  des  anciens ,  la  fontaine 
dite  de  Sainte-Clotilde  qui  amène  àRoUeville  beaucoup  de  pèlerins,  surtout  au  mois  de  juin. 
On  y  baigne  les  enfants  ;  on  y  boit  de  l'eau ,  et  quelques-uns  en  emportent  avec  respect. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.,»  1. 1",  p. 90.    |    «  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,»  1. 1«',  p.  187-88. 

NOTRE-DAME-DU-BEC. 

Epoque  incertaine.  —  Dans  la  vallée  du  Bec  est  une  motte  voisine  de  l'église  de 

Notre-Dame. 

CAUVILLE. 

Epoque  romaine.  —  En  1844,  le  sieur  Bachelet,  en  labourant  son  champ,  trouva  avec 
sa  charrue  un  dolium  en  terre  cuite  haut  de  61  centimètres  et  large  de  52.  Ce  doliumy 
fermé  avec  un  petit  plat  en  terre  rouge,  contenait  une  urne  carrée  en  verre.  Aux  côtés  de 
l'urne  et  dans  le  dolium  étaient  deux  autres  petits  vases  :  l'un  en  terre  grise ,  l'autre  en 
terre  noire.  Quatre  de  ces  objets  sont  au  Musée  de  Rouen.  M.  Deville,  qui  les  a  achetés 
pour  le  Musée,  croit  que  les  os  sont  ceux  d'une  femme. 

«  Catalogue  du  Musée  départ,  d'antiquit.,  »  (1845),  p.  73.  1  L'abbé  Cochet,  «  De  la  coutume  dlnhumer  les  hommes 
Deville,  «  Revue  de  Rouen,»  année  1845,  X"'  sem.,  p.  59.  '  dans  des  tonneaux  en  terre  cuite,»  dans  la  «Revue  archéo- 
«  La  Norm.  sont.,  »  1"  édit. ,  p.  125;  2*  édit.,  p.  143-44.     |  logique ,  »  t  xiv,  année  1857-58,  p.  610. 

BUGLISE  (section  de  cauville). 

Epoque  incertaine.  —  En  1833 ,  j'ai  vu  à  Buglise,  dans  la  ferme  de  M.  Fidelin',  une 
meule  à  broyer  en  poudingue,  trouvée  dans  les  terres  labourées  de  cette  exploitation. 


—  348  — 

MANNEVILLETTE. 

Epoque  gauloise.  —  En  4857,  on  y  trouva  un  statère  gaulois  en  or  qui  se  voil  à  pré- 
sent à  la  Bibliothèque  de  Montivilliers. 

FONTAINE-LA-MALLET. 

Epoque  romaine.  —  M.  Deville  m'a  raconté  qu'à  Fontaine-la-MalIet ,  en  1820,  un 
torrent  mit  à  découvert  un  grand  nombre  de  sépultures  à  incinération  ,  dont  la  plupart 
des  vases  étaient  brisés. 

LE  FONTENAY. 

Epoque  romaine.  — Vers  1855,  la  construction  d'une  maison  d'école  a  fait  découvrir 
au  Fontenay  des  incinérations  antiques.  La  plupart  des  objets  furent  brisés  par  les  ouvriers. 
Une  fouille  pratiquée  par  les  soins  de  M.  le  maiire  de  Montivilliers  a  produit,  pom^  la  Biblio- 
thèque de  cette  ville,  les  objets  suivants  que  nous  y  avons  vus  en  1859  :  des  tuiles  à  rebords, 
des  tuiles  carrées,  creuses  et  rayées  pour  étuves,  une  assiette  en  terre  noire ,  une  urne  en 
terre  grise ,  en  forme  de  pot-au-feu ,  contenant  cinq  vases  en  verre  ,  une  coupe  en  terre 
rouge  et  des  fragments  samiens;  un  vase  rouge  vernissé  de  noir  ;  neuf  monnaies  romaines 
en  bronze:  un  Auguste,  six  Nérons,  un  Antonin,  un  Dioclétien;  et  une  monnaie 
consulaire  en  argent  :  d'un  côté  est  une  tète  et  Q.  cvrt  ,  et  de  l'autre  un  quadrige  avec  le 

mot  NASIA, 

Dès  1854,  on  m'avait  signalé  au  Fontenay  des  sépultures  romaines  dans  une  cavée. 
J'ignore  si  cette  découverte  est  la  même  que  la  précédente. 

t^«  La  Normandie  souterraine,»  2*  édit.,  p.  145. 


CANTON     DE    CRIQUETOT-LJESNEVAL 


CRIQUETOT-L'ESNEVAL. 

Epoque  romaine.  — -  Près  Téglise  de  ce  bourg  est  une  motte  assez  élevée  et  légèrement 
entamée  par  les  constructions.  Jusqu'ici  on  n'y  a  trouvé  que  des  écailles  d'huîtres  et  des 
toiles  à  rebords. 


—  349  - 

Epoque  incertaine.  —  On  dit  qu'autrefois  il  y  avait  à  Criquetot  deux  autres  mottes  : 
l'une  à  La  Malebrèque^  détruite  vers  1818,  et  l'autre  au  hameau  de  L Écluse^  d'où  le 
prince  de  L Écluse  se  battait  avec  celui  de  La  Corne. 

Dans  un  petit  bois  connu  sous  le  nom  à'Azélonde  est  une  ceinture  de  fossés  qui  porte  le 
nom  de  Camp  d'Azélonde.  On  assure  qu'en  1563  cette  enceinte  fut  occupée  une  dernière 
fois  par  Charles  IX,  lorsqu'il  vint  assiéger  le  Havre  livré  aux  Anglais. 


«  Le  Havre  et  son  arrondiss.  —  Canton  de  Criquetot,  » 

p.  1  à  4. 
«Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  ■  1. 1*',  p.  213-14. 


«  Histoire  communale  de  Criquetot-l'Esneval ,  »  p.  8 
et  13,  in-8%  Ingouville,  1840. 
GuiImeth,«Desc.géog*,hist.,stat.etmon.,»»t.i",p.  130. 


CUVERVILLE-SUR-ÉTRETAT. 

Époque  romaine.  —  Sur  le  territoire  de  Cuverville  sont  une  ferme  et  un  hameau  appelés 
les  Câtelets,  nom  qui  indique  ordinairement  une  origine  antique.  On  nous  a  parlé ,  dans 
cette  ferme,  d'un  caveau  construit  en  tuiles.  Nous  savons  qu'à  diverses  reprises,  de  1820  à 
1840,  il  a  été  trouvé  à  Cuverville  des  monnaies  de  bronze  du  Haut-Empire. 


FONGUEUSEMARE. 

Époque  romaine.  —  En  mars  1849,  j'ai  visité  les  bois  nouvellement  défrichés  par 
M.  Piednoël,  ancien  notaire  et  ancien  maire  de  Saint-Valery-en-Caux,  et  j'ai  reconnu,  dans 
les  terres  fraîchement  essartées,  les  fondations  de  plusieurs  maisons  romaines  que  les  bois 
avaient  recouvertes.  Les  murs,  les  tuiles ,  les  poteries,  les  meules  à  broyer ,  démontraient 
invinciblement  d'anciennes  exploitations. 

«  La  Normandie  sont.,  »  1"  édit.,  p.  83;  2-  édit.,  p.  95.  «  Revue  de  Rouen ,  •  année  1851,  p.  393-94. 

«  Bulletin  monumental ,  »  t.  xviii ,  p.  15-16.  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xix,  p.  31 1 . 


VILLAINVILLE. 

Époque  franque.  —  Dans  la  partie  du  fond  du  Vauckel  qui  relève  de  Villainville ,  est 
une  ferme  appartenant  à  M.  Delaunay,  du  Havre,  et  occupée  en  1852  par  le  nommé 
Beuzebosc.  A  cette  époque ,  cet  homme ,  cherchant  du  caillou  dans  sa  cour,  trouva  des 
sépultures  avec  des  épées,  des  poignards  et  des  monnaies.  C'était  sans  doute  un  cimetière 
firanc. 

ANGLESQUEVILLE-L'ESNEVAL. 

Epoque  romaine.  — Dans  une  ferme  d'Anglesqueville-l'Esneval,  occupée  aujourd'hui  par 
M.  Aubry  fils,  là  môme  où  est  décédé,  le  21  mai  1860,  l'amiral  Aubry-Bailleul ,  ancien 
gouverneur  de  la  Martinique,  on  a  reconnu,  en  1833 ,  des  incinérations  gallo-romaines. 

Les  vases  qui  nous  furent  alors  montrés  et  donnés  pour  le  Musée  de  Rouen ,  où  ils  sont 


850 


aujourd'hui ,  se  composaient  de  deux  urnes  en  terre  grise  en  forme  de  pot-aurfeu.  Ces 
allas  rustiques  étaient  accompagnées  d'assiettes  de  terre  cendrée,  de  soucoupes  rouges  et 
d'un  trépied  en  terre  grise  ;  ce  dernier  vase  était  entier,  tandis  que  les  autres  avaient  été  frac- 
turés par  la  b^che.  On  m'assura  que  ce  trépied  fermait  l'entrée  d'une  des  urnes  qui  aurait 
été  trouvée  sens  dessus  dessous. 

«  La  Normandie  souterraine,  •  !'•  édit.,  p.  126;  V  édit.,  p.  144-145. 

ÉCUQUETOT  (section  de  turretot). 

Époque  romaine.  —  J'ai  vu  à  Écuquetot  le  champ  labouré  du  nommé  Durécu  tout 
rempli  de  pierres,  de  tuiles  et  de  poteries  antiques.  Vers  1834,  on  y  avait  mis  à  jour  un 
édifice  romain,  que  l'on  prit  alors  pour  un  temple  et  qui  pourrait  être  une  villa.  J'ai  connu 
de  grands  bronzes  d'Adrien  et  de  Trajan  provenant  de  cette  fouille. 

M.  Guilmeth  dit  que,  vers  1825,  on  a  trouvé,  dans  le  fond  du  Bois-durBec ,  plusieurs 
urnes  contenant  des  os  brûlés  et  concassés. 

En  1859,  M.  l'abbé  Comont  a  recueilli,  dans  un  champ,  un  fond  de  vase  en  verre 
présentant  en  relief  ces  trois  lettres  :  fro.  Ce  doit  être  le  fond  d'un  barillet  Frontinien. 

A  propos  du  nom  d'Écuquetot,  le  même  M.  Guilmeth  fait  observer  que,  dans  l'Itinéraire 
d'Antonin ,  on  trouve  le  mot  Ecucotitium  appliqué  à  une  localité  antique. 


L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  » 
t.  v%  p.  237.  —  (Dernière  édition.) 


Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.,  ■ 
t.  I",  p.  177. 


SAINT-MARTIN-DU-BEC  (section  de  turretot). 

Période  normande.  —  Ce  village  est  situé  à  la  source  de  la  Lézarde,  l'ancien  Bec-. 
Vauquelin  et  Bec-de-Mortemer.  Ce  ruisseau  est  en  effet  appelé,  dans  les  plus  anciens  titres, 
Beccum  Vauquelini  et  Beccum  Mauritanie^. 

«  Les  Églises  de  rarrondissement  du  Havre ,  »  t.  i",  p.  189-190  et  237. 

SAINT-JOUIN-SUR-MER. 

Epoque  romaine.  —  Vers  1850  on  a  trouvé,  au  hameau  de  Beaumesnil,  des  urnes  «ft 
terre  grise  remplies  d'os  brûlés  et  des  vases  rouges  pour  les  libations.  J'ai  vu  ces  vases  en 
1852,  chez  M.  Dupont,  médecin  à  Sahit-Jouin.  J'ai  fouillé  sur  le  lieu  de  la  découverte, 
mais  je  n'ai  rien  trouvé. 

A  ce  même  Beaumesnil  ont  été  rencontrés ,  par  des  ouvriers  terrassiers  dont  le  chef 
d'atelier  s'appdiait  Gosselin ,  de  Beaurepaire ,  cinq  vases  en  argent  enfermés  dans  une 
chaudière  d'airain.  Ces  vases,  qui  ont  été  vus  par  M.  Couillard,  orfèvre  à  Fécamp,  pesaient 


—  S51  — 

huit  marcs,  et  l'un  d'eux  présentait  au  fond  un  Mercure  ailé ,  sculpté  en  relief  et  doré , 
a-vec  ôette  inscription  autour  :  t  deo  mercvrio.  »  C'était  le  diniinutif  de  la  découverte  du 
Villeret,  à  Berthouville ,  près  Bernay  (Eure).  La  découverte  de  Berthouville  eut  lieu 
en  4830;  celle  de  Saint-Jouin,  en  1831, 1832  ou  1833.  Les  vases  de  Saint-Jouin,  payés 
800  fr.  par  M.  Mézaize ,  orfèvre  de  Bolbec,  ont  été  détruits  par  lui. 

Les  Pfocès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités^  p.  ^  202  et  205 ,  donnent  les 
renseignements  suivants  sur  ceS  vases  d'argent.  Il  y  en  avait  cinq  pesant  neuf  livres. 
Trois  étaient  ronds  et  unis  en  forme  de  plat.  Un  quatrième ,  creux  et  oblong  comme 
une  cuvette,  avait  24  centimètres  d'ouverture  et  24  centimètres  de  profondeur;  au  fond 
de  ce  vase  était  un  Mercure  ailé,  et  autour,  le  nom  :  «  deo  mercvrio.  » 

Vers  1830  on  a  trouvé,  aux  Quatre-Fermes  y  autre  hameau  de  Saint-Jouin,  deux  meules 
à  b'-oyer  en  poudingue,  placées  l'une  sur  l'autre. 

En  1842,  M.  J.  Certain  recueillit  à  Saint-Jouin  une  assiette  romaine  en  terre  noire  , 
qu'il  a  offerte  au  Musée  du  Havre. 

Epoque  incertaine.  —  Une  tradition,  qui  peut-être  n'a  pas  une  haute  antiquité,  prétend 
que  le  patron  titulaire  de  cette  paroisse  est  un  saint  dont  le  corps ,  trouvé  en  mer  par  les 
pêcheurs  du  lieu^  se  serait  conservé  miraculeusement  en  terre,  et  que  l'on  appela  Juin 
parce  qu'il  aurait  été  découvert  pendant  le  mois  de  ce  nom.  Sa  fête  fut  placée  le  premier 
dimanche  de  juin  où  elle  se  célèbre  encore  aujourd'hui. 

On  dit  qu'il  y  a  sous  Saint-Jouin  de  longues  et  profondes  carrières  :  la  descente  qui  y 
conduit  s'appelle  encore  la  Valleuse-des-Carrières. 

Au  hameau  de  la  Maladrerie  on  rencontre  beaucoup  de  débris.  A  Beaumesnil  on  trouve 
également  beaucoup  de  fondations. 

Sur  la  motte  appelée  le  Château-de-Grémont  est  un  puits  creusé  dans  le  flanc  de  la 
colline. 


L*abbé  Cochet,  a  La  Normandie  soulerraine,  »  l"  éd., 
p.  126;  2-  édit.,  p.  144. 


Yi'abbé  Cochet,  «  Etretat  et  ses  environs,  w  p.  37-42. 
Id.,  «  Le  Havre  et  son  arr.— C"  deCriquetot,  »  p.  37-42. 


BRUNEVAL  (section  de  saint-jouin ). 

Époque  incertaine.  —  Bruneval  ou  Berneval  est  situé  dans  une  gorge  maritime,  à  peu 
de  distance  du  cap  d'Antifer.  Cette  ancienne  paroisse ,  qui ,  en  1114,  fut  donnée  à  l'abbaye 
de  Saint-Georges-de-Boscherville  par  les  chambellans  de  Tancarville ,  n'est  plus  qu'un 
hameau  de  Saint-Jouin.  On  y  trouve  beaucoup  de  débris  de  tout  genre  et  les  traditions  les 
plus  ambitieuses  et  les  plus  exagérées. 

Les  habitants  prétendent  que,  sous  une  épine  blanche  cachée  au  fond  du  Py-Vallet , 
sont  enfouis  des  canons  chargés  d'or  et  d'argent.  Cette  tradition  se  retrouve  un  peu  par- 
tout, appliquée  à  des  cloches  ou  à  des  trous  à  la  monnaie. 


-  352  — 

Le  vallon  de  Bruneval  est  barré  vers  la  mer  par  de  vieux  murs  qu'on  appelle  les  forts 
el  dont  on  ne  saurait  dire  l'origine. 

Dans  l'église ,  les  habitants  prétendent  que  l'on  a  inhumé  un  corps  merveilleux  trouvé 
en  mer  et  auquel  ils  donnent  le  nom  de  Saint-Paul. 

Entre  l'ancienne  église  et  la  mer  sont  de  profonds  ravins  appelés  les  crans,  où  Ton  trouve 
beaucoup  de  débris  :  ce  sont  des  puits,  des  maisons,  des  pavages,  des  charbons,  des  tuiles, 
des  poteries,  etc.  La  date  de  ces  objets  n'est  pas  facile  à  donner. 

Epoque  romaine. —  En  1850, nous  avons  vu  des  meules  à  broyer,  des  tuiles  à  rebords 
et  de  belles  poteries  samiennes  à  relief,  recueillies  à  Bruneval  après  l'inondation  du  24 
septembre  1842.  En  1834,  j'ai  vu  à  Bruneval  un  magnifique  aureus  de  Claude  trouvé  dans 
une  chaumière,  et  qui  fut  acheté  par  le  Musée  de  Rouen. 


«Le  Havreetson  arrond. —Canton  de  Griquetot,»  p.  43. 
A.  Bosquet, «La  Norm.  rom.  et  merv.»,  p.  499-99. 


a  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,  •»  1. 1*%  p.  232-3S. 
«  Journal  de  Tarrond.  du  Havre,»  des  19  et  23  cet  1842. 


LA  POTERIE. 

Epoque  gauloise.  —  M.  Deville  a  connu  une  hache  de  pierre  provenant  de  La 
Poterie. 

Epoque  romaine.  —  Ce  village ,  appelé  Pote^ia  au  xiiie  siècle  par  le  pouillé  d'Eudes 
Rigaud ,  paraît  avoir  une  origine  tout  industrielle.  Ce  que  nous  savons,  c'est  qu'au  bord 
de  la  route  départementale  no  17,  qui  va  du  Havre  à  Fécamp  par  Etretat ,  est  le  hameau 
de  La  Porie ,  où  l'on  a  trouvé  à  diverses  reprises ,  notamment  vers  1 835  en  faisant  la 
route  nouvelle,  des  débris  et  même  des  amas  de  poteries  rouges  et  fines  comme  celle 
des  Romains. 

Epoque  incertaine.  —  Sur  la  Carte  du  diocèse  de  Rouen  de  Frémont  et  Dezauche 
(1715  et  1785),  on  voit  figurer,  sur  le  territoire  de  La  Poterie,  un  point  appelé  le  Champ 
excommunié.  Nous  ignorons  la  raison  et  l'origine  de  cette  appellation. 

SAINTE-MARIE-AU-BOSC. 


Période  normande.  —  Ce  lieu  doit  être  fort  ancien  ;  je  n'en  veux  pour  preuve  que  sa 
possession  immémoriale  par  l'abbaye  de  Montivilliers  et  les  débris  qui  entourent  l'église. 
Une  curieuse  tradition  raconte  que  Guillaume-le-Conquérant  donna  Sainte-Marie  au  mo- 
nastère de  Montivilliers  pour  une  coupe  d'or. 

Cette  tradition  est  difficile  à  concilier  avec  la  charte  de  fondation  délivrée  pai'  le  duc 
Robert  en  1035,  et  où  Sainte-Marie  est  appelée  :  «  Sancta  Maria  in  Fiscannensi  sylvâ, 
quse  cognomento  vocatur  justa.  » 


—  353  — 

On  dit  que  cette  église  est  construite  sur  carrière.  Des  affaissements  se  remarquent  en 
effet  dans  le  cimetière  :  quand  on  y  fouille,  on  y  trouve  des  piliers  et  des  murs. 

Si  l'on  rapproche  ces  monuments,  ces  traditions  et  ces  textes,  consignés  dès  1845  dans 
nos  Eglises  de  l'arrondissement  du  Havre  (t  ler,  p.  240-41  ),  avec  le  passage  que  je  vais 
citer,  on  sera  frappé  assurément.  Voici  de  quoi  il  s'agit  : 

Le  25  décembre  1 856,  M.  Léopold  Delisle  m'a  envoyé  le  texte  suivant  dont  l'application, 
selon  lui,  me  revenait  de  droit,  t  Ce  passage,  ajoutait-il ,  se  trouve  dans  un  traité  sur  la 
Sainte- Vierge  composé  par  un  anonyme  vers  le  milieu  du  xiie  siècle ,  conservé  dans  plu- 
sieurs manuscrits  de  la  Bibliothèque  impériale  (notamment  dans  les  nos  248  du  fonds  de 
Saint-Victor  et  831  de  la  Sorbonne).  Le  chapitre  qui  peut  vous  intéresser  est  relatif  à  la 
guérison  miraculeuse  d'une  dame  des  environs  de  Fécamp,  à  savoir  de  Muriel,  femme  d'un 
chevalier  nommé  Roger,  fils  de  Guimond.  Je  copie  la  phrase,  continue  toujours  M.  Delisle  : 
t  ....  Perducta  est  ad  quamdam  ecclesiam  in  honorem  ipsius  Sanctœ  Dei  Genitricis  con- 
ditam  quae  in  medio  grandis  sylvae  olim  constructa ,  ut  fertur ,  à  Graecis ,  dissimilis  est 
valdè  aliis  ecclesiis,  satis  congrua  ad  habitandum  heremitis.  » 


a  Gallia  Christiania,  »  t.  xi,  «  Instrumenta,  »  p.  327. 
Duplessis.  «  Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute-Nor- 
mandie, »  t.  !•',  p.  576. 

«  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,  •  1. 1",  p.  240-41. 


«  La  Normandie  souterr.,»  !'•  édit. ,  p.  75;  2*  édit., 
p.  87. 

«  Antimoine  deMontiviiliers,  »  Mss.  de  1710.— Bulles 
de  Gélestin  III,  en  1192,  et  d'Innocent  III,  en  1203. 


BEAUREPAIRE. 


Époque  incertaine.  —  Ce  lieu,  appelé  au  xiiie  siècle  Bel-Repaire ^  possède  dans  un 
bois  voisin  de  l'église  une  ruine  appelée  le  Vieux-Château.  Là  se  trouvent  des  terrasse- 
ments ,  un  puits  et  un  chemin  pavé. 


L'abbô  Cochet,  «  Les  Eglises  de  l'arrondissement  du  Havre,  v  t.  i",  p.  255. 


PIERREFIQUES. 


Le  nom  de  Petra  fixa  (1),  donné  à  cette  localité  par  le  pouillé  d'Eudes  Rigaud  et  les 
autres  documents  du  moyen-âge ,  indique  peut-être  une  borne  miUiaire ,  mais  plus  proba- 

(l)  A  Villeneuve-Le-Roi  (  Seine-et-Oise  )  s'élève ,  près  du  bourg,  un  menhir  que  les  habitants  appellent  Pierre 
file.  (  «  Revue  des  Soc.  savantes,  »  2*  série,  t.  rv,  p.  282.)  —  Dans  un  diplôme  délivré  par  Dagobert  II  à  saint  Bé- 
nigne, abbé  de  Fontenelle,  on  lit  parmi  les  donations  faites  sur  Vatteville  ou  Bretonne  :  «  Petram  flctam.  »  (Pierre- 
fique.)  (Fallue,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Anliq.  de  Norm.,«  t.  ix,  p.  438-40.)  -  A  Bourbiers  (  Oise  )  est  une  pierre 
fichée  en  grès,  que  l'on  nomme  Pierre  frite.  On  cite  la  môme  chose  à  Saint-Cyr-sur-Chars,  dans  le  môme  dépar- 
tement. (Woillez,  «  Répertoire  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  32  et  40.)  —  Aux  environs  de  Connerré  (Sarthe)  est  unB 
vieille  roche  appelée  Pierre  fiche.  (De  Jouffroy  et  E.  Breton,  «  Introducl.  à  VHisloire  de  France,  »  pi.  4.— De  Péti- 
gny,  «  Hist  archéol.  du  Vendômois,  »  p.  48.) 

45 


S54 


blement  une  pierre  druidique.  Ce  pays ,  en  effet ,  tout  boisé  et  accidenté ,  dut  rester  long- 
temps idolâtre  et  païen. 

Nous  pensons  qu'il  dut  exister  ici  une  ou  plusieurs  pierres  druidiques ,  notamment 
sur  la  colline  appelée  la  Torniole.  C'est  de  là  que  nous  avons  vu  enlever,  en  1820, 
une  pierre  demi-ensevelie  qui  sert  de  première  marche  au  calvaire  d'Etretat,  planté  cette 
année-là. 

Au  hameau  du  Vauchel  sont  des  buttes  étranges  qui  semblent  avoisiner  d'anciennes  car- 
rières rebouchées.  On  dit  dans  ce  pays  que  de  grands  seigneurs  sont  enterrés  là  avec  de 
Targent. 

Epoque  franque.  —  Le  30  septembre  i850  on  a  trouvé,  en  défrichant  un  champ  à  la 
pointe  de  la  Torniole^  un  cercueil  en  pierre  du  pays.  L'auge,  composée  de  deux  morceaux, 
avait  à  l'intérieur  1  mètre  60  de  long ,  40  centimètres  de  profondeur  ,  45  centimètres  de 
large  aux  pieds  et  55  à  la  tête.  Elle  était  orientée  est  et  ouest.  Le  couvercle  était  fait 
de  plusieurs  morceaux.  Dedans  se  trouvait  un  squelette  dérangé  et  déjà  visité.  On  n'a 
recueilli  qu'une  bague  en  bronze.  Cette  sépulture  isolée  nous  paraît  franque  et  des  tempe 
carlovingiens. 


«Elretatet  ses  environs,  »  p.  xi,  in-S",  1839. 

a  Les  Eglises  de  l'arrondiss.  du  Havre,  o  1. 1",  p.  244. 


«  Revue  de  Rouen,  »  année  1850,  p.  303-304. 


LE  TILLEUL. 


Sur  plusieurs  points  de  la  commune  du  Tilleul  on  a  trouvé  ,  à  diverses  reprises  ,  des 
antiquités  de  différentes  espèces.  Nous  citerons  notamment  des  hachettes  gauloises,  des 
urnes  romaines  et  un  cercueil  franc. 

Époque  gauloise.  —  En  mai  1842,  le  sieur  Marais  labourait  un  champ  dans  le  vallon 
d'Antifer,  quand  sa  charrue  heurta  contre  une  chaudière  contenant  dix-huit  hachettes  de 
bronze  que  Ton  attribue  ordinairement  aux  Gaulois.  Je 
possède  une  de  ces  hachettes  ;  une  seconde  a  été  re- 
mise à  M.  Dupont-Delporte ,  alors  préfet;  je  crois  que 
les  autres  sont  aux  Musées  de  Rouen  et  du  Havre.  Cha- 
cune d'elles  pèse  500  grammes  et  compte  16  centi- 
mètres de  longueur.  Plusieurs  n'ont  été  qu'ébarbées. 
Généralement ,  elles  avaient  un  anneau  au  côté.  hachette  de  bronze  (antifer,  i842). 

Époque  romaine  —  Les  antiquités  romaines  trouvées  au  Tilleul  se  sont  révélées  dans  le 
Grand-Val  d'Etretat.  La  première  découverte  eut  lieu  vers  1781,  dans  le  champ  voisin  d'un 
bois  nommé  la  Haie-aur-Curé.  Un  fermier  y  trouva  un  jour  un  grand  dolium  contenant 
une  urne  en  verre  bleu,  remplie  d'os  brûlés,  et  plusieurs  vases  funéraires  en  terre  et  en 
verre.  Ils  furent  brisés,  parce  qu'on  les  crut  l'œuvre  de  la  sorcellerie. 


—  355  — 

La  seconde  découverte  eut  lieu  en  4855,  et  elle  fut  faite  par  M.  Vallois,  de  Rouen, 

propriétaire  du  château  du  Tilleul.  En  pratiquant  un  chemin  à  traverô 
le  bois  de  la  Garenne,  il  trouva,  près  de  la  ferme  du 

Vauchel ,  des  incinérations  ro- 
maines composées  d'urnes,  de 
lacrymatoires  en  verre  et  autres 
vases  aux  offrandes.  Au  mois 
d'août  de  la  même  année ,  je  fis 
une  fouille  en  cet  endroit,  et  j'y 
découvris  cinq  urnes  en  terre 
grise  remplies  d'ossements  hu- 
mains brûlés  et  concassés.  —  J'ai  eu  l'occasion  de  consigner  ces  diverses  découvertes 
dans  les  ouvrages  indiqués  à  la  bibliographie. 

Epoque  franque.  —  Vers  1830,  le  sieur  Banville,  cultivateur  du  Tilleul,  a  trouvé,  près 
de  la  ferme  de  la  Sauvagère ,  un  cercueil  en  pierre  renfermant  le  squelette  d'un  guerrier 
encore  armé.  Il  nous  a  assuré  avoir  refermé  le  sarcophage  sans  toucher  à  son  contenu. 


YA.SB8  E.f  TEItRE  (LB  TILLBUL»  1855). 


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> 


BIBLIOGRAPHIE. 


«  Revue  du  Havre,  »  12  juin  1842. 
a  Courrier  de  Dieppe,»  du  31  mai  1842. 
«  La  Seine-Infér.  au  temps  des  Gaulois,  v  p.  11  et  12. 
«  Histoire  communale  du  Tilleul,  »  p.  15  et  17,  in-S", 
Ingouville ,  1840. 
«  La  Norm.  sont.,»  1'*  édit.,p.  124;  2«  édit.,  p.  142. 


«  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p,  41-45 
et  48. 
«  Vigie  de  Dieppe,  »  du  24  juillet  1855. 
«  La  Normandie  (de  Rouen),  »  du  26  juillet  1855. 
a  Journal  de  Rouen,  »  du  26  juillet  1855. 
«  Nouvelliste  de  Rouen ,  »  du  26  juillet  1855. 


BORDEAUX-SAINT-CLAIR. 


Bordeaux-en-Caux ,  aujourd'hui  Bordeaux-Saint-Clair  depuis  l'annexion  de  l'ancienne 
paroisse  de  Saint-Clair,  en  1823,  est  appelé  Bordelli  au  xiii«  siècle  par  le  pouillé  d'Eudes 
Rigaud.  Cette  conunune,  entièrement  rurale,  possède  pourtant  encore  bon  nombre  d'anti- 
quités romaines. 

Époque  romaine.  —  Nous  citerons  d'abord  la  voie  romaine  de  Lillebonne  à  Étretat,  qui 
le  traverse  dans  toute  sa  longueur.  C'est  sans  doute  par  suite  de  ce  passage  que ,  en  1840,  il 
a  été  trouvé ,  dans  la  Grande-Rue  de  Bordeaux  (aujourd'hui  route  départementale  no  17,  du 
Havre  à  Fécamp),  une  sépulture  romaine  composée  d'une  grande  urne  grise  contenant  dans 
son  sein  une  autre  urne  en  verre  remplie  d'os  brûlés ,  d'une  cruche  et  d'autres  petits  vases 
en  terre  ou  en  verre. 

Deux  autres  monuments  romains  se  sont  révélés  depuis  1840  sur  le  territoire  communal 


356  — 


de  Bordeaux.  Le  premier  est  dans  le  bois,  vers  le  Grand-Val  (1),  au  lieu  dit  te  Château-- 
Gaillard.  Le  second,  au  contraire,  est  dans  la  plaine  labourée  qui  se  déverse  dans  le  Petit- 
Val  d'Étretat. 


L'edifîce  romain  du 
Château-Gaillard  peut 
appartenir  aussi  bien 
aux  Loges  qu'à  Bor- 
deaux, car  on  m'a  as- 
suré qu'il  était  sur  la 
lisière  des  deux  com- 
munes. Ce  fut  en  1840 
que  j'en  aperçus  les 
premières  traces  que 
les  eaux  des  ravines 
avaient  mises  à  décou- 
vert. J'y  fouillai  quel- 


.//"«> 


MAISON  ROMAINE    fCHATEAU-GAILLABD,   1842). 


qûes  heures  et  m'as- 
surai qu'il  y  avait  là  un 
curieux  édifice  romain 
que  j'explorai  complè- 
tement en  1842.  — 
La  nouvelle  fouille  de 
1850  ne  me  révéla 
que  des  détails  insi- 
gnifiants. 

En  1843,  je  publiai, 
&din%\dLRevuedeR(men 
etdansle  Bulletin  mo- 
numental, la  descrip- 


tion et  même  le  plan  du  petit  édifice  romain  du  Château-Gaillard.  Use  composait  de  trois 
parties  ou  appartements  dont  l'une  pavée  et  chauffée  au  moyen  d'un  hypocauste  avec  son 
appendice  pour  le  foyer;  l'autre  pavée  simplement  en  dalles  de  liais  avec  un  canal  pour  les 
eaux  ménagères  qui  s'étendait  assez  loin  ;  le  troisième  appartement  enfin  n'était  pas  pavé. 
J'ai  rencontré  dans  cet  édifice  quinze  monnaies  de  bronze  du  Haut-Empire ,  des  tuiles , 
des  poteries,  des  crépis  coloriés  et  un  morceau  de  barillet  frontinien  encore  marqué  :  fro. 

La  construction  romaine  si- 
tuée sur  la  plaine  de  Bordeaux,     P"! |  I        «  "  ^ 

vers  le  Petit-Val,  qui  fut  fouillée    Pimi^tmimfinii^^  ^  «i^  >.—..... ^.l.^..  ^^..^mi., 

en  1843,  était  beaucoup  plus    .< — 
importante.  C'était  une  véritable 
villa  romaine  dont  nous  n'avons 
entrevu  qu'une  partie. 

Dès  1834,  j'avais  eu  connais- 
sance par  M.  Lachèvre,  de  Bor- 
deaux, des  débris  nombreux  que 
l'on  trouvait  dans  les  terres  de 

M.  Doudement,  de  Rouen,  ainsi  villa  bomaine  (boudeal^x-saint-clair ,  \mu 

que  dans  celles  de  M.  Duval ,  son  voisin.  Il  me  fut  môme  donné  plusieurs  médailles  an- 
Ci)  On  appelle  ainsi  le  grand  vallon  qui  conduit  depuis  Grainville-l'Alouette  et  Écrainville  jusqu'à  Étretat  Ce 
vallon  flit  autrefois  arrosé  par  une  rivière  dont  il  est  parlé  aux  articles  Étrelat  et  Grainville-l'Alouette.  Il  renferme 


AMA.V.y<yMMSll 


—  357  — 

tiques ,  entre  autres  un  Néron  en  bronze  et  une  monnaie  consulaire  en  argent  portant  le 
nom  de  Dossen  de  la  famille  Rubria.  Cette  pièce  est  maintenant  au  Musée  de  Rouen. 

Ce  ne  fut  pourtant  qu'en  1843  que  je  pus  exécuter  une  fouille  archéologique  dans  la 
plaine  de  Bordeaux,  et  encore  je  ne  la  pratiquai  que  sur  les  terres  de  M.  Lachèvre  ;  celles 
de  M.  Duval,  que  je  me  proposais  d'explorer  ultérieurement,  contiennent  le  reste  de  réta- 
blissement. Ce  que  je  découvris  en  quinze  jours  de  fouilles  actives  n'était  rien  moins  qu'une 
importante  villa  romaine,  longue  de  plus  de  100  mètres,  laquelle  m'a  montré*  ses  murs  de 
clôture,  ses  tourelles,  ses  couloirs,  ses  salles,  ses  appartements  et  ses  galeries  dont  une  était 
soutenue  par  dix-neuf  colonnes  de  pierre  dont  les  bases  étaient  restées.  J'y  ai  rencontré 
aussi  des  monnaies  de  bronze  de  Néron ,  de  Trajan  et  de  Faustine.  —  J'ai  résumé  cette 
fouille  et  publié  ce  monument  dans  plusieurs  ouvrages  que  je  cite  à  la  Bibliographie. 

Epoque  franque.  —  A  présent ,  ce  que  nous  connaissons  à  Bordeaux  se  rapporte  à 
l'époque  franque  tout  au  plus. 

Nous  ne  parlerons  qu'avec  hésitation  de  l'ermitage  ou  de  l'abbaye  de  Childemarque  que 
quelques-uns  placent  à  Bordelli ,  au  pays  de  Caux ,  d'autres  à  Burdigala  en  Aquitaine. 
Nous  en  dirons  un  mot  à  propos  des  Loges. 

Ce  qui  nous  paraît  plus  sûrement  pouvoir  être  attribué  à  l'époque  franque ,  ce  sont  des 
cercueils  en  pierre  et  en  plâtre  qui  ont  été  découverts,  vers  1830 ,  au  hameau  d'Epivent , 
dans  la  cour  d'une  ferme  où  fut  une  ancienne  chapelle  de  Saint-Germain. 

Le  hameau  d'Epivent  portait  autrefois  le  nom  de  Villerville,  et  c'est  sous  ce  titre  que  sa 
chapelle  de  Saint-Germain  est  donnée  par  l'impératrice  Mathilde  au  monastère  de  Bonne- 
Nouvclle-lès-Rouen ,  et  confirmée  par  Henri  II,  en  1170,  et  par  LucellI,  en  1184. 

Ce  que  nous  pouvons  assurer,  c'est  que  nous-même  avons  fouillé,  en  1 840,  dans  la  cour 
de  l'ancienne  chapelle  d'Epivent ,  et  nous  y  avons  trouvé  plusieurs  cercueils  en  tuf  dont 
un  contenait  encore  des  ossements  et  une  épée  en  fer. 

Enfin  il  paraît  y  avoir  eu  des  chanoines  à  Bordeaux  au  xiie  siècle  et  auparavant  ;  nous 
manquons  de  détails  sur  cette  institution. 

BIBLIOGRAPHIE. 


«  Fouilles  duCh&leau-Gaillard,  dans  Tarr.du  Havre  ,  » 
in-8*de  7  pages,  avec  plan,  Périaux,  1843. 

«  Revue  de  Rouen ,  »  de  janvier  1843,  p.  21-47,  et  pi.; 
—  id.,  1*'  semestre  de  1844,  p.  23-38  et  pi. 

«  Bulletin  monum.,  «  t.  ix,  p.  106-111  -,  t.  x,  p.  160-64. 

«  La  Normand,  sout.,»  \^  édit.,  p.  83;  2"  édit.,  p.  95. 

a  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq,  etnorm.,  »  p.  48  et  49. 

«  Journal  de  l'arr.  du  Havre,  »  du  27  septembre  1843. 


«L'Etretat  souterrain,  2*  série,  fouilles  de  1843,»  in-S" 
de  15  p.,  avec  pi.,  Rouen,  Pérou,  1844. 

Guilmeth,aDesc.géog.,hist.,stat.  et  mon.»,  1. 1",  p.  171. 

«  Revue  du  Havre  (1840;.  » 

«  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,i  1. 1",  p.  256-57. 

Duplessis,  «Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  EUiute-Nor- 
mandie,  »  1. 1",  p.  354-55. 

«  Voie  romaine  de  Lillebonne  à  Etretal,  »  p.  4. 


des  pierres  druidiques  (voyez  Pierrefiques),  des  sépultures  romaines  (voyez  Étretat  et  Le  Tilleul)  ,  des  sépultures 
fVanques  (voyez  Pierrefiques) ,  des  cryptes  funéraires  (voyez  Écrainville),  des  édifices  romains  (voyez  Bordeaux , 
Les  Loges  et  Étretat).  —  Dès  le  xii»  siècle,  dans  les  chartes  de  Mathilde  et  de  Henri  II,  cette  gorge  est  appelée 
«  Magnam  Vallem.  »  («  Neustria  pia,  »  p.  853.) 


L 


—  358  — 


SAINT-CLAIR-SUR-ETRETAT  (section  de  bordeaux-saint-clair ). 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  d'Etretat  à  Lillebonne  traversait  Saint-Clair  dont 
elle  descendait  la  côte  délaissée  depuis  1844,  et  encore  connue  sous  le  nom  de  rvePer^ 
reuse;  elle  passait  près  d'un  lieu  nommé  les  Fosses. 

«Mém.delaSoc.desAntiq.deNorm.,»t.xiv,p.l68.    |    «  Voie  romaine  de  Lillebonne  à  Etretat,  »  p.  4. 
et  t.  XXIV,  p.  344.  | 

BÉNOUVILLE-SUR-MER. 

Epoque  incertaine.  —  H  existe  sur  Bénouville  un  genre  d'antiquité  qui  n'est  pas 
commun  :  ce  sont  des  retranchements  en  terre  qui  séparent  cette  paroisse  de  celle  d'Etretat. 
On  appelle  ces  terrassements  les  Fossés  de  Bénouville.  Il  s'y  rattache  des  légendes 
d'apparitions  de  femmes  blanches  et  de  chevaux  qui  se  jettent  à  la  falaise.  Ces  fossés , 
servant  de  limites  territoriales ,  doivent  être  fort  anciens  et  se  rapporter  à  des  coutumes 
perdues. 

Epoque  romaine.  —  Une  section  de  Bénouville  porte  le  nom  de  Bout-de-lonVille ^  ce 
qui  provient  peut-être  d'une  villa  antique. 

C'est  sur  Bénouville  et  au  vallon  de  la  Vévigne  (  la  vieille  vigne  ) ,  que  l'aqueduc  romain 
d'Etretat  devait  avoir  sa  prise  d'eau.  La  Ravine  de  la  Pentecôte  de  1806  a  révélé,  à  la 
Vévigne ,  des  murailles  qui  paraissent  fort  anciennes. 

Période  normande.  —  En  1851 ,  j'ai  vu,  dans  la  ferme  du  nommé  Décultot,  située 
près  l'église ,  une  maison  en  ruine  qui  possédait  une  cheminée  romane  à  colonnes  de 
pierre  du  xie  siècle.  L'église  elle-même  offre  une  abside  circulaire  du  même  temps. 

ETRETAT. 

Etretat  est  un  point  romain  qui  fut  aussi  occupé  par  les  Francs.  Cependant  son  nom 
n'apparaît,  pour  la  première  fois,  qu'au  xie  siècle.  Dans  une  charte  de  1024  donnée  à 
l'abbaye  de  Saint-Wandrille ,  il  est  nommé  Estrutat.  Dans  le  cours  des  xii«  et  xiii^  siècles, 
les  chartes  de  nos  abbayes  et  les  rôles  de  l'échiquier  disent  Strutat ,  Strutard ,  Eslru- 
dard ,  Estructat ,  Estrutard  et  Estrutat.  Malgré  ces  altérations ,  nous  pensons  que  dans 
la  composition  de  ce  nom  entre  le  mot  français  étrée^  en  latin  5/mto,  signifiant  voie  ferrée^ 
voie  perrée  ou  voie  pavée.  En  un  mot,  nous  croyons  qu'Etretat  tire  son  nom  d'une  ancienne 
voie  romaine. 

En  effet,  de  ce  point  maritime  et  littoral ,  une  route  antique ,  encore  bien  connue ,  con- 
duisait à  Lillebonne,  et  cette  voie  est  appelée  sur  tout  son  parcours  la  Chaussée^  la  Cauchte^ 


359  — 


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r 


VILLA  ROMAINE  (ÉTRETAT,  1835  ET   1842). 


le  chemin  des  Romains ,  le  chemin  de  César ,  la  chaussée  Brunehaut  A  diverses  reprises , 

nous  avons  retracé  cette  voie,  et  l'avons  déroulée  dans  plusieurs  ouvrages  que  nous  indi- 
querons à  la  bibliographie. 
Tous  les  autres  monuments  antiques  d'Étretat  ont  été  tant  de  fois  décrits  par  nous,  toutes 

les  découvertes  qui  y  ont  été  faites  ont  été  si  soigneusement  enregistrées,  qu'en  ce  moment 

nous  devons  nous  contenter  d'un  simple  énoncé  des  événements  et  des  choses,  en  invitant 

le  lecteur  à  se  reporter  aux  publications  spéciales  sur  cette  matière. 
Époque  romaine.  — Pour  l'époque  romaine,  nous  citerons  à  Étretat  les  restes  d'une 

villa,  dans  l'enclos  de  l'an-  ^^ 

cien  presbytère,  construc-  -K  ^  '    * 

lions  aperçues  dès  1 830 , 

et  fouillées  par  nous  en 

4835  et  en  1842.  Nous 

avons  alors  mis  à  découvert 

deux  salles,  aux  fond  d'une 

desquelles  était  un  baptis- 

tère  ou  baignoire  romaine  lambrissée  en  dalles  de 

liais,  précédée  d'un  pavage  orné  d'une  rose  et  ac- 
compagnée d'un  canal  souterrain  pour  l'écoulement 

des, eaux.  Là,  j'ai  trouvé  des  crépis  coloriés,  des 

tuyaux  de  chaleur ,  d^es  épingles  en  os ,  du  verre , 

du   plomb   fondu  et  des  monnaies  de  bronze 

d'Adrien ,  de  Tajan  et  de  Vespasien. 
En  1851  et  en  1852,  j'ai  fouillé  un  aqueduc  romain 

khcôte  du  Mont  et  dans  le  fond  du  Petit-Val.  J'aj 

constaté  qu'il 
avait  plus  de 
2,500  mètres 
de  longueur. 

Cet  aqueduc  ro»*  octogone  (étretat,  issô). 

m'était  connu  depuis  1 835.  —  Le  fond  de  ce  canal 
était  formé  par  une  couche  de  ciment  romain ,  rouge 
et  épaisse  de  4  à  5  centimètres  :  de  ce  même  ciment 
étaient  enduites  les  deux  murailles  collatérales  qui 
formaient  la  caisse  de  l'aqueduc.  Ces  murs  d'encais- 
sement étaient  en  silex  du  rivage.  Le  haut  était 
j. ,  „  .  «^/Il-n         recouvert  tantôt  avec  de  gros  cailloux ,  tantôt  avec  des 

AQUEDUC ('étrÎtat,  1862"'  ^^^^^^^  calcaircs ,  parfois  brutes,  parfois  taillées  en 


—  360  — 

nacelle  à  l'intérieur.  La  profondeur  du  canal  pouvait  êlre  de  25  centimètres,  la  largeur 
de  30.  En  1862,  j'ai  retrouvé  de  nouveau ,  dans  le  Petit-Val,  une  portion  de  cet  aqueduc 
parfaitement  conservée. 

En  1855,  j'ai  fouillé  sur  le  territoire  d'Étretat,  dans  le  Grand- Fa/ et  au  lieudit  le  Bois- 
ées Haulles ,  un  cimetière  romain  à  incinération.  Ce  cimetière ,  connu  dès  1850,  m'adonne 
dix-huit  vases  en  terre  et  en  verre.  Avec  les  urnes  grises,  en  forme  de  pot-au-feu,  il  y 
avait  des  vases  rouges  et  noirs  pour  les  offrandes,  et  des  cruches  pour  les  libations. 


VABBS  EU  TSABB  ET  EN  TEHBB    [bOIS-DIB-HADLLES,    ISSS). 

Je  tiens  de  personnes  avancées  en  ^e  que,  vers  1800 ,  le  fermier  de  la  Chapelle ,  l'an- 
cienne maladr erk  d%lTBtat,  située  dans  le  Grand-Val,  trouva,  en  labourant  autour  de  sa 
masure,  une  belle  urne  en  verre  bleu  remplie  d'ossements  brûlés.  Les  vieillards  d'aloR 
comparaient  cette  urne  avec  celle  qui  avait  été  rencontrée ,  vers  1781 ,  à  la  Haie-au-Cwi 
(territoire  du  Tilleul). 

Outre  ces  monuments  provenant  de  fouilles  archéologiques,  on  peut  signaler  une  quantité 
d'objets  antiques  trouvés  sur  tous  les  points  du  sol  d'Étretat;  par  exemple,  dans  la  citerne 
de  X'hôtel  Blanquet,  dans  le  cimetière  qui  entoure  l'église,  à  la  maison  de  M.  Gras-Dorus, 
dans  les  Verguies,  et  enfm  la  découverte  de  monnaies  romaines  en  faisant  l'écluse  du  canal 
en  1823.  —  Quant  aux  constructions  anciennes,  elles  se  trouvent  partout;  mais  il  est 
difficile  d'en  déterminer  l'époque. 


—  361  — 

Epoque  frasque.  —  De  l'époque  franque,  nous  avons  à  Etretat  deux  monuments  bien 
caracrérisés  :  une  chapelle  dite  de  Saint- Valéry  et  un  curieux  cimetière  qui  recouvre  les 
pieds  de  la  côte  du  Mont. 

La  chapelle  de  Saint- Valéry,  en  grande  partie  détruite  aujourd'hui,  est  dans  l'enceinte  de 
l'ancien  presbytère.  Elle  fut  élevée  au  commencement  du  christianisme  dans  ces  contrées , 
sur  l'emplacement  même  d'une  villa,  et  avecles  matériaux  de  l'édifice  antique.  Ainsi  l'on  voit 
dans  les  murs  des  tuiles  à  rebords ,  des  tufs  et  des  pierres  taillées.  Deux  chapiteaux  curieux 


3  Bénouville  jusqu'à 


CHAPITEAUX  KOMANB  DB  LA  CHAPELLE  DE  lAINT-TALERT  (X*  IlÉCLE), 

ornaient  ce  sanctuaire,  que  nous  croyons  le  fruit  des  prédications  de  saint  Valéry  sur  nos 
côtes  au  VIF  siècle.  Un  de  ces  chapitaux  est  au  Musée  de  Rouen  ;  l'autre  est  perdu. 

Quant  au  cimetière  franc  qui  entoure  la  chapelle,  il  recouvrait  les  ruines  romaines, 
remplissait  les  jardins  du  presbytère ,  et  s'étendait  depuis  le  chemin  di 
la  Batterie  de  droite.  Aperçu 
pour  la  première  foison  1799  et 
en  1800,  il  a  donné,  en  1807, 
un  tombeau  possédant  un  sabre 
ou  une  épée  et  des  agrafes  de 
bronze  avec  plaques  de  cein- 
turon. En  1822,  j'y  ai  vu  dé- 
couvrir une  sépulture  armée. 
En  1830,  les  corps  étaient  ac- 
compagnés de  vases.  Ceux  que 
je  fouillai  en  1842  ne  m'ont 
donné  que  des  vases  aux  pieds 
et  dans  les  jambes ,  et  une  tète 
entaillée  (voir  le  dessin',  p.  362). 
J'y  découvris  aussi  un  cercueil 
d'enfant,  en  pierre  du  pays.  De 

46 


A0BAFB3  En  BR0X2E  (ÉTKETAT,   IS07). 


n.KKK  (ÉTHBTAT,    1842). 


—  362  — 

1850  à  1851  ,  M.  d'Escherny,  en  fondant 
son  pavillon ,  a  trouvé  des  sépultures  renfer- 
mant des  sabres ,  des  boucles  et  des  plaques 

imasquinées,  des  vases  et  autres  ob-  • 

•ovingiens. 

[JE  INCERTAINE.  —  SoUS  CC  HOm  nOUS 

ns  un  certain  nombre  d'objets  ou  de 

ents  antiques ,  dont  on   ne  saurait 

tier  l'époque. 

''onlaine  d'Olive,  qui  est  sous-marine, 

>nstruclion  de  l'église  de  Notre-Dame,  tête  de  vieillard  avec  eittailli  (iTR.T*T,  i8«). 

'omane  dans  sa  nef,  se  relient  la  tradition  d'une  sainte  Olive  échappée  aux  Sarrasins 

m  d'un  vœu  fait  pour  la  construction  de  l'église ,  et  une  légende  où  ie  diable 

•tait  la  nuit  les  matériaux  des  Vergmes  au  pied  de  la  côte  Saint-Clair. 

nd  du  vallon  de  Catcuil  est  le  puils  Givet ,  vidé 

W,  et  auquel  se  rattache  une  tradition  de  cloches 

A  côté,  en  ISSO,  en  faisant  la  nouvelle  roule  du 

natrouvédesconslructionsdont  onne  saurait  pré- 
date. —  Enfin,  il  y  a  encore  à  Etrelat  le  souvenir 

^ière  disparue  sous  terre,  que  conserve  la  tradition 

:  d'une  bohémienne  en  voyage  et  rebutée  par  le 
raeunierdela 
source. 

Nous  termi- 
nerons cette 
dernière  série 

[en  rappelant      nnoc  eu  Miai«EB(ÉTnBTAT,  1833)." 

que,  vers  1833,  un  marin  nommé  Jérôme 
Iloullier,  qui  habitait  au  pied  du  Commandel 
une  maison  située  rue  des  Galeries,  a  trouvé , 
sousunegrosse  pierre,  une  chaudière  de  cuivre 
contenant  une  quantité  considérable  d'usten- 
siles déménage  en  fer  et  en  bronze.  Je mesou- 
viens  qu'on  y  voyait  un  marteau,  une  sernire, 
un  verrou,  etc. ,  et  un  broc  en  bronze  (1)  que 

(U  Chose  Lien  remarquable,  et  qui  aidera  peut-Élre  4 

dater  le  dépôt  d'Elretat,  c'est  qu'un  broc  en  cuivre  ou  en 

SOC  IN  uronïb  (Di'BAnviLLB,  18:9).  broniie,  pareilaunfltre,a  été  trouvé,  en  1859,  à  Duran- 


363 


je  fis  acheter  30  fr.  pour  le  Musée  d'antiquités  de  Rouen ,  où  il  est  aujourd'hui.  Ce  broc 
a  une  anse  et  un  goulot  qui  se  termine  par  une  tête  de  serpent.  (Voir  le  dessin ,  p.  362.) 


p.  Justin,  «  Le  Tour  de  France  :  Rouen,  Havre, 

Dieppe,  >  1829. 

Guilmeth,  «Description  géographique, historique, sta- 
tistique et  monumentale  des  arrond.,  w  1. 1",  p.  158. 

J.  Venedey,  «  Reise  und  Rasttage  in  der  Normandie,  » 
1. 1",  p.  465-506,  Leipsig,  1838. 

aÉtretat  et  ses  environs,  »  in-8**  de  xii  et  48  p.,  avec 
3  pi.,  Havre,  Morlent,  1839. 

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quetot,  •  p.  7  à  35,  Havre,  1838-40. 

«  Hist.  communale  du  Tilleul,  »  in-8%  Ingouville  , 
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«  L'Étretat  souterrain,  !'•  série,  fouilles  de  1835  et  de 
1842,  »  in-8'' de  27 p.,  avec  3  pi.,  Rouen,  Périaux,  1842. 

«  L'Étretat  souterrain,  2"  série,  fouilles  de  1843,  »  in-8» 
de  15  p.,  avec  1  pi.,  Rouen,  Péron,  1844. 

«  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre ,  »  t.  i",p.  260-76, 
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de  1850,  1853,  1857  et  1862,  avec  pi.  et  gravures  dans  le 
texte,  Dieppe,  Delevoye. 

«  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  » 
t.  XIV,  p.  164-69,  et  t.  xxiv,  p.  341-345. 

«  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  331-338  -, 
2-  édit.,  p.  417-425. 

o  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq  et  norm.,  »  p.  39-49. 

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«  Bulletin  monumental,  »  t.  x,  p.  160-173,  et  pi. 

«  Résumé  analyt.  des  trav.  de  la  Soc.  havr.  d*étud. 
div.,  »  8*  année,  p.  85-86. 

«  Yole  romaine  de  Lillebonne  à  Étretat,  «  in-12  de 
4  p.,  Bolbec,  Valin ,  1860,  et  o  Journal  de  Bolbec,  »  du 
17  novembre  1860. 

«  Bulletin  d'Étretat,  »  années  1859,  1860,  1861  et  1862, 
notamment  1861,  p.  93  à  112. 


CANTON    DE    FÉGAMP. 


FÉCAMP. 

Fécamp  apparaît  dans  l'histoire  au  vue  et  au  ix^  siècle.  Généralement  parlant ,  on  lui 
donne  le  nom  de  villa  :  Villa  Fiscannum^  dit  Charles-le-Chauve  :  In  ipsâ  villa  FiscannOy 
disent  les  chartes  du  duc  Richard  et  du  roi  Robert.  Fécamp ,  toutefois ,  dut  exister  dès 
Fépoque  romaine  et  peut-être  gauloise. 


ville ,  dans  le  département  de  TEure.  Ce  dernier  était  dans  un  puits,  avec  huit  ou  dix  assiettes  en  étain.  Ces  plats 
portent  des  noms  d'hommes,  en  caractère  du  xiii*  siècle,  et  des  écussons  de  cette  époque.  Ce  broc ,  qui  pourrait 
être  du  xiii*  siècle,  esta  présent  à  Bemay  chez  M.  Métayer-Masselin,  qui  Ta  fait  graver  et  qui  nous  a  permis  de 
le  reproduire.  — -  Vers  1835,  un  broc  en  bronze  avec  anse,  trois  pieds  et  goulot  terminé  par  ime  tète  de  serpent,  a 
été  trouvé  au  Neubourg  (Eure),  au  lieu  dit  le  bois  du  Champ-de- Bataille.  Ce  vase,  semblable  à  ceux  d'Etretat  et 
de  Duranville,  figurait,  en  1862,  à  Texposition  d'Elbeuf,  à  côté  d'un  manche  de  couteau  représentant  une  Vierge 
avec  l'Enfant  Jésus.  —  Enfin,  en  1864,  il  a  été  trouvé  au  Mesnil-Mauger  (canton  de  Forges)  un  broc  en  bronze  sem- 
blable à  celui  d'Etretat.  l\  était  caché  un  peu  au-dessous  de  la  chapelle  de  Trefforest,  avec  un  autre  beau  pot  de 
bronze  qui  porte  deux  lettres  du  xiv*  siècle.  (Voir  l'article  Treffbresl.) 


—  364  — 

Epoque  gauloise.  —  A  la  période  la  plus  reculée  nous  pourrions,  en  effet,  rattacher  la 
fontaine  mystérieuse  et  sacrée  qui,  au  moyen-àge,  fut  baptisée  du  nom  de  Précieux-Sang, 
et  qui,  de  nos  jours  encore,  est  l'objet  d'un  culte  superstitieux  que  toutes  les  prédications 
du  monde  ne  sauraient  détruire. 

A  la  côte  nord  de  Fécamp,  qui  porte  le  nom  de  côte  de  la  Vierge,  à  cause  de  la  chapelle 
de  Notre-Dame  de  Salut,  est  une  cavité  considérable  appelée  le  Trou-à-la-Monnaie.  Une 
vieille  tradition  prétend  qu'il  y  a  des  trésors  cachés,  et  déjà  la  crédulité  populaire  y  a  tenté 
plusieurs  fois  d'inutiles  recherches. 

Enfin,  nous  devons  citer,  comme  un  monument  probable  de  l'époque  celtique,  la  grande 
et  curieuse  enceinte  du  Canarfrt,  appelée  aussi  le  Camp  de  César,  laquelle  domine  Fécamp  du 
côté  du  midi,  et  commande  les  vallées  de  Ganzeville  et  de  Valmont.  Cette  enceinte,  qui 
au  siècle  dernier  avait  attiré  l'attention  de  dom  Tassin  et  des  Bénédictins  de  la  congré- 
gation de  Sainl-Maur,  du  comte  de  Caylus  et  de  l'Académie  des  Inscriptions ,  a  été  de  nos 
jours  l'objet  de  trop  peu  d'études  sérieuses.  Elle  le  mériterait  pourtant  sous  tous  les  rap- 
ports, car  cette  grande  circonvallation  est  la  sœur  de  Limes,  sL  souvent  visitée  et  si  fré- 
quemment étudiée  de  nos  jours.  Nous  devons  cependant  remercier  M.  le  comte  de  Kei^a- 
riou  qui,  en  1817,  fit  dresser  un  plan  géométrique  de  celte  enceinte  dont  la  contenance 
est  de  36  acres  ou  23  hectares  46  ares.  Ce  plan  est  aujourd'hui  déposé  dans  les  cartons  de 
la  Commission  départementale  des  Antiquités. 

Le  Canada  est  une  position  admirable,  fortifiée  par  la  nature  elle-même.  C'est  une  pres- 
qu'île isolée  de  la  plaine  par  deux  vallées  profondes  et  n'y  touchant  que  par  une  étroite 
langue  de  terre  énormément  fossoyée.  Pour  protéger  cette  unique  entrée,  les  anciens  éle- 
vèrent un  gigantesque  rempart  en  terre  accompagné  à  di'oile  et  à  gauche  d'un  fossé  très 
profond.  Un  rejet  de  terre  et  un  vallum  hérissent  le  pourtour  du  camp  et  en  fonnent  la 
crête  fortifiée.  A  l'intérieur  de  l'enceinte  est  un  carré  fossoyé  dont  nous  ne  saurions 
indiquer  l'usage. 

Ce  camp  antique,  contemporain  sans  doute  de  ceux  de  Limes  et  de  Sandouville,  dut  être 
comme  eux  réoccupé  à  diverses  reprises ,  et  il  n'y  aurait  rien  de  surprenant  quand  des 
fouilles  pratiquées  au  Canada  ou  d'heureux  textes  d'histoire  nous  montreraient  ici  la 
cendre  des  Romains,  des  Francs,  des  Normands,  et  peut-être  même  des  hommes  du 
moyen  âge  ;  mais  notre  conviction  est  qu'à  la  base  de  ce  monument  repose  la  poussière 
des  Gaulois. 

Les  autres  monuments  de  l'époque  gauloise  sont  deux  monnaies  celtiques  en  or 
déposées  à  notre  Musée  départemental  :  d'un  côté  est  une  tôle,  et  de  l'autre  une  bige. 

Époque  romaine.  ■ —  Quant  à  l'existence  de  Fécamp  à  l'époque  romaine ,  elle  est  suffi- 
samment démontrée  par  les  découvertes  faites  sur  son  territoire,  surtout  dans  les  derniers 
temps.  Des  voies  romaines  entouraient  la  ville,  et  nous  en  pouvons  citer  deux  :  l'une  venant 
de  Lillebonne,  et  l'autre  se  dirigeant  vers  le  nord:  Gravimm,  Portus  ou  Bononia. 


—  305  — 

Des  découvertes  d'objets  antiques  ont  été  faites  çà  et  là  :  au  Bailj  c'est  une  monnaie 
romaine;  à  la  Vicomte,  c'est  une  maison;  à  Renéville,  une  meule  à  broyer;  ailleurs, 
ce  sont  des  vases.  M.  Deville  m'assure  qu'on  a  trouvé  au  Canada  des  urnes  en  verre. 
Ce  que  je  sais  parfaitement,  c'est  que  des  monnaies  d'argent  et  de  bronze  aux  types  de 
Néron,  d'Antonin  et  de  Claude  le  Gothique,  ont  été  recueillies  à  Fécamp  et  dans  la 
vallée. 

Depuis  1839,  le  Musée  de  Rouen  possède  une  médaille  d'or  de  Lucius  Verus  ve- 
nant de  Fécamp.  Mais  les  découvertes  les  plus  importantes  ont  été  faites  depuis  vingt 
ans,  et  celles-là  sont  funéraires.  La  première  a  eu  lieu  vers  1847,  à  Saint-Léonard, 
à  la  briqueterie  de  MM.  Deneuve  et  Guinery.  Nous  en  parlons  à  l'article  de  cette 
commune. 

La  seconde  a  eu  lieu  en  1848,  au  Val-anx-Vaches,  lors  des  ateliers  nationaux.  En  ré- 
parant le  chemin  de  Senneville,  on  trouva  un  cimetière  et  des  vases  funéraires.  En  1852, 
j'achevai  l'exploration  de  ce  champ  de  repos. 

Après  cette  exploration,  je  découvris  un  autre  lieu  de  sépultures  rempli  d'incinérations 
des  trois  premiers  siècles  de  notre  ère.  Cette  terre  appartient  à  M.  Lanchon ,  qui  déjà  y 
avait  trouvé  des  tuiles  et  des  vases  en  plantant  douze  cents  pommiers.  Elle  est  située  en 
côte  le  long  du  chemin  qui  conduit  à  Dieppe.  J'y  ai  rencontré  des  urnes  en  terre  et  en  verre, 
des  vases  aux  offrandes  de  toute  sorte ,  cinq  noms  de  potier,  une  tablette  à  écrire ,  des 
miroirs,  des  fibules  et  des  monnaies  impériales  en  bronze.  J'ai  donné  la  description  de 
cette  fouille  dans  la  Normandie  souterraine  {i^^  édit.,  p.  89-96;  2e  édit.,  p.  87-109, 
pi.  v).  Les  objets  qui  ont  pu  être  conservés  sont  déposés  au  Musée  départemental  de 
Rouen. 

Déjà  à  la  fin  du  dernier  siècle,  vers  1775,  en  établissant  soit  des  fours  à  chaux ,  soit  la 
nouvelle  route  royale,  on  avait  trouvé  des  cercueils  de  pierre  riches  d'objets  et  de  monnaies 
antiques.  —  Voilà  pour  le  Fécamp  des  Romains;  maintenant,  passons  à  celui  des  Francs 
et  des  Normands. 

Époque  franque.  —  La  graijde  prospérité  de  Fécamp  dans  les  temps  anciens,  son 
principal  rôle  dans  nos  contrées,  ce  fut  à  l'époque  franque,  et  surtout  à  la  période 
normande  de  nos  premiers  ducs.  Sous  les  rois  mérovingiens,  Fécamp  devint  le  siège  du 
gouverneur,  le  chef-heu  du  comté  de  Caux.  Au  temps  des  fils  de  Rollon,  Fécamp  fut 
pendant  un  siècle  la  capitale  de  la  Normandie.  Retraçons  en  quelques  lignes  ce  gi'and  rôle 
historique. 

Convenons  tout  d'abord  qu'ici  la  fable  se  mêle  un  peu  à  l'histoire ,  et  que  si  Bozon  et 
Marca,  son  épouse,  nous  apparaissent  comme  des  missionnaires  chrétiens  et  mystérieux  de 
la  contrée ,  il  en  est  à  peu  près  de  même  de  cet  intrépide  chasseur,  le  duc  Anségise ,  avec 
son  cerf  merveilleux  et  sa  découverte  du  Précieux-Sang. 

Au  milieu  du  vu*  siècle,  nous  voyons  apparaître  Waninge ,  comte  de  Caux  et  gouverneur 


L 


—  366  — 

du  pays  pour  son  maître  le  roi  Clotaire  III,  dont  il  conservait  les  giboyeuses  forèls  (i).  En 
662  (658  selon  d'autres),  le  même  Waninge  inscrit  plus  tard  au  nombre  des  saints,  ainsi 
que  son  fds  Désiré  qui  fut  moine  de  Fontanelle,  fonda  à  Fécamp  un  monastère  de  viei^es 
qui  fut  détruit  par  les  Normands  en  842.  Childemarque  ou  Hildemarque,  amenée  exprès  de 
Bordeaux  par  le  vénérable  moine  Sindard,  devint  la  première  abbesse,  et  cette  pieuse  con- 
grégation passe  pour  avoir  donné  au  temps  de  l'invasion  normande  un  exemple  de  chas- 
teté qui  dut  singulièrement  frapper  les  imaginations  de  ce  temps  barbare.  Aussi  on  parla 
longtemps  au  monastère  de  Fécamp  de  la  chapelle  des  Vierges ,  où  ces  héroïnes  furent 
immolées.  Et  de  même  que  l'on  prétend  montrer  encore  la  maison  du  comte  Waninge 
dans  une  ferme  du  xiiie  siècle  qui  est  Sous  le  Bois,  près  le  pont  de  la  Pêche ,  et  sur 
la  roule  de  Valmont,  —  ainsi  on  croit  reconnaître  la  maison  des  premières  religieuses 
dans  un  vieux  bâtiment  de  la  Queue-du-Renard ,  à  l'angle  de  la  route  de  Valmont  et  de 
celle  de  Dieppe  ;  mais ,  dans  tout  ceci ,  l'archéologie  ne  retrouve  que  des  produits  du 
moyen-àge. 

Saint  Ouen,  de  Rouen ,  visita  Fécamp  en  664,  lorsqu'il  vint  bénir  et  consacrer  l'église  et 
le  monastère  des  vierges,  qui  étaient  probablement  le  fruit  de  ses  pieux  conseils.  Clotaire  III 
et  Waninge  assistèrent  à  cette  pieuse  cérémonie,  dont  une  égUse  dédiée  à  saint  Ouen  nous 
paraît  avoir  conservé  le  souvenir. 

(I)  I.*  FoHÈT  DB  FÉCAMP.  -^  Si/lvn  FiscaiinensU.  —  Elle  couvrait,  sous  les  rois  francs  et  même  soua  les  premiers 
ducs  de  Normandlo,  toute  cette  contrée  maritime  qui  s'étend  depuis  les  Dalles  jusqu'au  delà  d'Ëtretat.  Les  bois  de 
Bosqueloii,  ceuK  desHogucs  etdesl^oges,  en  sont  aujourd'hui  les  derniers  débris.  Les  traces  de  cette  grande  couche 
forestière  subsistent  encore  au  nord  de  Fécamp  dans  les  noms  des  P'an/i'i,  de  ia  rue  Sous-le-Boû  et  dans  la  tradition 
de  la  cloche  de  la  Riolte.A  l'occident  de  la  ville,  vers  le  Grand- Val  d'Étretat,  nous  trouvons  les  noms  des  Loges,  de 
Beaurepaire,  de  Kainte-Marie-au-Boc,  de  Notre-Dame -des- Bois ,  du  Bosquelon,  de  la  Haye,  de  la  Haute-Folie  ,  de 
Buccaille  et  de  Saint- Léonard.  Nous  savons,  par  l'histoire,  qu'Ânségise,  Clotaire  et  Waninge  chassèrent  dans  cette 
forât  ainsi  que  nos  premiers  ducs,  ces  Nemrods  du  moyen-âge.  Baudry,  archevêque  de  Dol,  au  m*  siècle,  médita 
encore  sous  ses  épais  ombrages  où  saint  Léger  avait  souQ'ert  les  douleurs  de  l'exil  et  où  saint  Ouen  et  saint  Valéry 
é van géli aèrent  des  populations  idolâtres. 

A  cette  première  voix  de  la  tradition  ajoutons  à  présent  les  preuves  que  l'histoire  nous  a  léguées  de  cette  grande 
forêt  de  Fécamp.  —  Dans  la  vie  de  saint  Waninge,  confesseur  et  comte  de<Caux  au  vu*  siècle,  elle  est  plusieurs  fois 
mentionnée.  On  l'appelle  lantût  FiscannensemSilvam,FiscanDensis  Saltus,  Sylvam  FiscannensometSaltum  Fican- 
nensem.  (BoU.,  >  Acta  sanc,  »  mens,  januarii,  t.  i",  p.  592.  —  Mabillon,  ■  Acta  sanc.  ord.  S.  Benedict.,  >  sœc.  ii.  — 
oNeustrla  pia,  »  p.  196  et  198.  —A,  Le  Prévost,  •  Mém.  de  laSocièté  des  Antiquaires  de  Normandie,  >  t.  xi,^.  12.  — 
■  La  Normandie  souterraine,»  1"  édil.,  p.  Ib-1G;  2'  édit,,  p.  87-88.) 

Un  cartulaire  de  Fécamp,  transcrit  au  xiil*  siècle,  et  relatant  plusieurs  actes  du  in',  se  trouve  aujourd'hui  h  la 
Bibliothèque  publique  de  Rouen.  Nous  y  avons  lu,  à  diverses  reprises,  les  noms  de  Sylva  Fiseannentis  et  de  Forttia 
Fiscanni.  Une  charte  de  Hugues  d'Amiens,  archevêque  de  Rouen,  à  Henry  de  Sully,  abbé  de  Fécamp,  lui  accorde  1& 
permission  de  construire  des  églises  nouvelles  dans  la  forêt  de  Fécamp.  •  Struere  ecclesias  novas  in  foresià  de 
Fiscanno  et  eas  quiE  œdificatse  sunt,  servare.  "  Dans  le  nombre  ,  il  cite  GoderviUe  et  Villainvillo ,  près  Criquetot- 
l'Esneval.  Ailleurs,  le  même  archevêque  parle  des  dîmes  de  Foresld  Fiscannensi  (p.  24-35). —  («La  Normandie 
souterraine,-  1"  édit,, p, 75;  2"  édit-,  p.  87.) 

D'après  la  charte  de  fondation  de  l'abbaye  de  Uontivilliers,  donnée  par  le  ducRobert,en  1035,  dans  la  ville  mèOM 
deFècamp.  et  conQrmée  plus  tard  par  les  papes  Gélestin  III,  en  1192,  et  Innocent  III,  en  1203,  Sainte-Marie-au-Bosc 
se  trouvait  dans  la  Ibrêt  de  Fécamp:  «Ecclesiam  Sancts  Marie  in  Sylva  Fiscannensi  quo  cognomento  vocator 


—  367  — 

D  en  fut  de  même  de  saint  Léger,  d'Autun,  exilé  à  Fécamp  par  le  cruel  Ebroïn ,  maire 
du  palais.  Une  église  a  gardé  ici  sa  mémoire  jusqu'à  la  fin  du  siècle  dernier. 

L'exil  de  saint  Léger  à  Fécamp  est  un  des  faits  les  plus  importants  de  l'histoire  du 
pays  de  Caux.  L'illustre  pontife  fut  parfaitement  accueilli  et  traité  dans  cette  contrée 
maritime  par  Waninge,  chasseur  renommé,  valeureux  soldat,  confident  et  secrétaire  de 
Clolaire  IIL  Le  gouverneur  permit  à  l'évêque  de  recevoir  la  visite  de  Wimbert  et  d'Her- 
manaire,  abbés  d'Autun  et  ses  meilleurs  amis.  Dom  Pitra  pense  que  ce  fut  de  Fécamp  que 
le  saint  écrivit  à  Sigrade,  sa  mère,  une  lettre  digne  des  Ignace  et  des  Poly carpe  (i). 

Nous  croyons  pouvoir  appliquer  la  même  règle  à  saint  Valéry,  abbé  de  Leuconaûs ,  que 
nous  présumons-l'apôtre  de  ce  pays  au  vie  et  au  vue  siècle ,  et  dont  une  église  nous  paraît 
avoir  perpétué  le  souvenir. 

Pour  nous,  nous  pensons  que  le  premier  monastère  de  Fécamp  fut  là  où  se  trouvèrent 
plus  tard  l'abbaye  des  Bénédictins ,  l'église  actuelle  de  la  Sainte-Trinité  et  l'Hôtel-de- Ville, 
établi  dans  l'ancien  monastère. 

Quant  au  palais  des  comtes  de  Caux,  il  devait  être  là  où  s'installa  plus  tard  le  château 
des  ducs  de  Normandie ,  ce  qui  est  aujourd'hui  le  presbytère,  ce  qui  était  hier  la  mairie  et 
autrefois  l'abbatiale.  Au  siècle  dernier,  on  voyait  encore  une  tour  carrée  que  les  religieux 
appelaient  Babylone. 

justa.  »  («  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  «  Instrumenta,  »  p.  328.  —  «  L'Antimoine  de  l'abbaye  de  Montivilliers,  »  Mss.  du 
curé  de  Rouelles,  en  1710.  —  «La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  76;  2«  édit.,  p.  88.; 

Vers  1157,  lorsque  Henri  II  et  l'impératrice  Mathildc,  sa  mère,  fondèrent  et  dotèrent  l'abbaye  du  Valasse,  ils 
offrirent  au  naissant  monastère  huit  cents  acres  de  terre  qui  devinrent  plus  tard  les  fermes  et  le  village  de  Fon- 
gueusemare.  Ces  terres  boisées,  dont  les  limites  sont  parfaitement  définies,  étaient  désignées  comme  faisant  partie 
de  la  forêt  de  Fécamp.  «  In  foresta  etiam  Fiscannensi  800  acras  terrœ.  »  («  Neustria  pia,  »  p.  853.) 

Il  est  vrai  que  lorsque  Henri  II  donne  à  l'abbé  de  Sully  le  bois  des  Hogues,  il  l'appelle  Foresta  ou  Silva  de  Hogis, 
M.  Stapleton  lui-môme,  dans  l'excellente  carte  qu'il  nous  a  dressée  de  la  Normandie  à  l'époque  anglo-normande , 
tout  en  ne  marquant  qu'une  traînée  de  bois  depuis  Fécamp  jusfju'à  Bruneval,  donne  spécialement  le  nom  de  forêt  de 
Fécamp,  Foresta  de  Fiscanno,  à  cette  partie  de  bois  qui  va  de  Bruneval  à  Bénouville  et  aux  Loges,  tandis  qu'il 
nomme  Foresta  de  Hogis  toute  la  portiou  renfermée  entre  Fécamp  et  les  Loges.  («  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t.  XVI,  année  1850.)  Mais  on  compend  que  si  cette  dénomination  avait  prévalu  au  moyen-âge ,  au  xii«  siècle ,  par 
exemple,  épocpie  de  la  carte  et  des  chartes  que  nous  citons,  à  la  période  franque  le  nom  de  Fécamp  devait  prédo- 
miner, et  la  forêt  maritime  du  comté  de  Caux  ne  devait  pas  avoir  d'autre  nom  que  celle  do  la  métropole  qu'elle 
entourait. 

Quand  nous  disons  entourer^  nous  avons  nos  raisons  pour  cela  -,  car  quoique  M.  Stapleton  ne  marque  pas  de  foréjt 
au  nord-est  de  Fécamp,  au  xii*  siècle,  nous  ne  saurions  douter  qu'il  n'y  en  eut  au  xi",  puisqu'une  charte  de  Robert  I", 
roi  de  France ,  délivrée  à  Fécamp  même,  en  1006,  s'exprime  ainsi  :  «  Sylvîo  unam  partem  a  publicâ  stratâ  ad  mare 
terminatam.  »  (t  Gall.  Christ.,  »  t.  xi,  «  Instrumenta,  »  p.  8.)  Un  acte  de  Richard  II,  en  1026,  fixe  vers  le  nord-est 
cette  donation,  quand  il  dit:  «  Partem  quoque  Sylvae  à  loco  qui  dicitur  Fustes  plantati  usque  ad  mare.  »  («Neustria 
pia,  »  p.  216.)  Or,  la  ferme  des  Planlis  est  encore  à  l'orient  de  Fécamp. 

Du  reste,  auxir  siècle  môme,  Fécamp  était  encore  si  bien  enveloppé  de  forêts ,  que  Baudry,  archevêque  de 
Dol,  dans  la  poétique  peinture  qu'il  nous  a  laissé  de  cette  ville  ,  ne  nous  la  montre  pas  autrement  :  «  Ab  hinc 
8ylvul&  gratissimà  circumseptus.  »  (  «  Neustria  pia ,  »  p.  238.)  Que  devait  donc  être  ce  pays  sous  les  Carlovingiens 
et  les  Mérovingiens  ? 

(1)  Dom  Pitra,  •  Hist.  de  Saint-Léger  et  de  l'Eglise  des  Francs  au  vu»  siècle,  »  p.  340,  345,  351,  352. 


L. 


Période  normande.  —  C'est  sur  cette  pointe  de  coteau, 
véi'ilable  capilole  normand ,  que  résidèrent  Rollon  peut- 
être  ,  mais  à  coup  sflr  Guillaume  Longue-Epée ,  son  fils , 
qui  rebâtit  l'abbaye  en  932  et  répara  J'œuvre  de  Hastings 
et  de  ses  barbares  ancêtres.  De  nouveaux  mystères  en- 
tourent cette  construction.  Un  ange  vient  du  ciel  exprès 
pour  dédier  cette  église  à  la  Sainte-Trinité  ;  un  couteau 
est  placé  sur  l'autel  portant  ce  nom  auguste  et  redou- 
table; une  pierre,  qu'on  montre  encore,  garde  le  dernier 
pas  du  messager  céleste  :  elle  se  nomme  le  Pas-de-l' Ange. 
Enfin  un  toit  venu  de  Goutances  est  déposé  par  la  mer 
pour  la  nouvelle  église. 

Richard  !<"■  fait  démolir  cette  église  et  en  reconstruit 
une  nouvelle  qui  fut  consacrée,  en  989  ou  en  990,  par 
l'archevêque  de  Rouen,  Robert  de  Normandie.  C'est  celle- 
là  qui  reçut  le  calice  du  prêtre  Isaac  et  le  vin  changé  m 
sang.  Richard  h'  et  Richard  II ,  son  fils,  furent  inhumés  sous  la  gouttière  de  cette  troisième 
église,  qui  fut  renouvelée  pour  la  quatrième  fois  à  la  fin  du  xie  siècle  et  consacrée  de  nou- 
veau le  IS  juin  H06  par  Guillaume  de  Bonne-Ame,  entouré  d'une  assemblée  de  prélats. 
Si  un  légat  du  pape,  un  roi  d'Angleterre  et  tous  les  évoques  de  Normandie  exhumèrent, 
en  H62  ,  les  corps  de  nos  très  chrétiens  consuls  ,  ce  fut  sans  pompe  que,  le  7  octobre 
4710,  on  découvrit  dans  la  chapelle  des  Vierges,  et  qa'oti  réinhuma,  le  4  décembre  sui- 
vant, dans  la  chapelle  de  Saint-Sauveur,  le  corps  et  l'inscription  tumulaire  du  prince 
Robert,  fils  de  Richard  h^,  mort  en  942.  La  science  toutefois^  s'en  occupa  dès  lors,  et 
nous  pouvons  donner  ici  l'inscription  (i)  conservée  par  les  moines  et  par  l'Académie 


*5VB  HOCTVHVÏÔ 
IfVIE  iCVHTMEM 
VRAFVERIROTBTr 
FIUICOHSVLU  RICAH 

DE  5ACR0F0NTC  ÎHB 


X1TA&  DOMINVM 

-^sL  MAACI 
REQyiE5CATÀNI 
MAClVi'IHJCPINO  I 

MINE  AM I 

Ll    PRINCE    ROBERT 


(Fi 


7  lu). 


(l)En  ntl ,  un  dessin  de  l'inscription  lumulaire  du  prince  Robert ,  peut-être  même  de  son  cercueil  de  pierre, 
long  de  2  pieds  (66  c),  Tul  communiiué  à  l'Académie  des  Inscriptions  ot  BoUes-Leitres,  soit  par  les  Dên&jictins, 
soit  par  l'ahbé  de  Villeroy.  Noire  illustre  compatriote  ,  l'abbù  de  Vertot ,  rédigea,  sur  ce  monument  de  son  pays, 
une  note  qu'il  lui  à  la  docte  assemblée  elqui  fut  insérée,  en  partie,  dans  les  n  Mémoires  «de  laGorapagnia  (  t.  n, 
p.  256-59).  l^e  savant  académicien  émit  l'opinion  que  le  Lion  de  Juda  pouvait  bien  être  uneallu^ion  au  léopard  nor- 
mand et  que  [eRatlir  Ûnnrfpouvail  bien  êlreunrapprocbement  du  mariagede  Richard  I"  avec  Gonnor,d'Equique- 
ville.CV.  p.  U7.)  L'e:sprossion  de  I'M(f6tMai['«rBppellcàrttbbêde  Vertot  que  Rollon,  lecbefde  la  diTiastie  normande, 
garda,  pendant  st'pt  jours,  la  robe  blanche  de  son  baptême.  C'est  en  cITet  ce  que  noua  apprend  Dudon  de  Baint- 
Quentin  (lib.  u,  p.  85).  —  Cette  pratique  était,  du  reste,  conforme  à  la  liturgie  ecclésiasHque  de  ce  temps,  car  le 
IT  canon  du  concile  do  la  province  de  Rouen  ,  tenu  on  1050,  dit  formellement  :  «  Raptiiali  in  eûdem  eccleaîà ,  in 
quâregenerationis  gratiara  «cceporunt  et  in  quâ  parochiani  eiislunl,  per  octaves  die  s  in  alMs  reprœsentenlurcuBi 
cereis  ardentibus.  (  "  Bulletin  de  laSoc.dea  Antiq.  deNorm.,  •  t.  ii,  p.  51.)  —  L'abbé  de  Vertot  trouve égaletnenl 
que  le  jeune  prince  mourut  dans  la  semaine  de  Piques,  fête  baptismale  qui ,  cette  annéi-là,  tombait  au  mois  de 
mars.— Quant  au  titre  d«  Consul,  accordé  à  nos  ducs,  t'abbé  de  Vcrlot  l^it  voir  que  les  princes  et  les  rois  d'alon 
prenaient  facilement  ce  titre.  Frédêgaire,  dans  sa  ■  Chronique,*  (c.  110)  parle  d'une  ambassade  envoyée  &  Cbarles- 
Hartel,  par  le  pape  Grégoire,  pour  sanctionner  son  consulat  ;  •  Utconsulatumprœfblo  principi  sancireL  >  Gharle- 
magne,  dans  son édit  pour  la  correctioD  des  lois  des  Lombards,  rapporté  par  Baliue  à  l'année  701 ,  date  pour  tes 


369  — 


des  Inscriptions  et  Belles-Lettres.  C'est  le  plus  ancien  monument  d'épigraphie  chrétienne 
et  funéraire  que  possède  le  diocèse  de  Rouen. 

N'oublions  pas  de  mentionner  à  l'honneur  de  Fécamp  les  trois  conciles  ou  assemblées 
politico-ecclésiastiques  de  990,  de  1027  et  de  1106.  On  peut  consulter  sur  eux  dom  Pom- 
meraye  et  dom  Bessin  indiqués  par  le  père  Lelong  dans  sa  Bibliothèque  historique  de 
France.  Terminons  en  rappelant  qu'en  1006  le  roi  Robert  1er  étant  venu  passer  à  Fécamp 
la  fête  de  l'Ascension ,  y  signa  un  acte  en  faveur  de  l'abbaye.  Dans  cet  acte ,  il  désigne  la 
ville  sous  le  nom  de  «  villa  Fiscanno  >  et  le  château  sous  le  titre  de  <  Castrum  quod 
dicitur  Fiscannum.  > 


BIBLIOGRAPnie. 


Dom  Poinraeraye ,  «  S.  R.  E.  Concilia  ac  synodal,  dé- 
créta, p.  59-61,  62-64. 

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quaires de  Normandie,»  t.  xi,  p.  9  et  13. 

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theca  Manuscriploruro,»  1. 1",  p.  325-329. 

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Id.,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm. ,  »  t.  xxiv, 
p.  345.  P 

Id.  «  La  Normandie  souterraine,  »  l'^édit. ,  p.  85-96-, 
2-  édit..p.  97-109,  et  1  pi. 

Id.  «Epigraphie  de  la  Seine-Inférieure,»  p.  9  et  II,  et 
«  Bulletin  monum.,  »  t.  xxi,  p.  290-292. 


Le  P.  Lelong,  «Biblioth.  hist.  de  France,»  t.  i",p.  429 
et  742,  dun*»  11,907  au  n*  11,920. 

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«Revue  de  la  Normandie,»  1. 1",  p.  297,  et  t.  ii,  p.  3. 

L'abbéCochet, «Bulletin  du  Comité  de  la  Langue,  de 
l'Histoire  et  des  Arts  de  France,  »  t.  m,  p.  154-156. 

Id.,  «  Voies  rom.  de  la  Seine-Inf.,  y  dans  leb  »  Mém.  de 
la  Soc.  des  Antiq.  de  Normandie,»  t.  xxiv,  p.  345-247. 

Id.  «  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,»  t.  ii,  p.  1  à  97. 

G.  Marette  ,  «  Esquisses  hist  sur  Fécamp,  »  un  vol. 
in-18  de  190  pages.  Rouen,  Périaux,  1839. 

Nodier,  Taylor  et  de  Cailleux,  «  Voyages  pitt.  et  rom. 
dans  l'anc. France. —Haute-Norm..,  »  1. 1",  7  pi.  et  3  feuil. 

De  Glan  ville ,  «  Promenade  arch.  de  Rouen  à  Fécamp,  » 
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Germain,  «  Guide  du  Voyageur  à  l'abb.,  dans  la  ville 
et  sur  le  terri  t.  de  Fécamp,»  in-12  de  178  pages ,  avec 
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Guilmeth,  «i  Descript.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.,  » 
t.  1",  p.  183-256. 

Fallue,  «Hist.  de  la  ville  et  de  l'abbaye  de  Fécamp,  » 
p.  16-28,  431-432,  in-8*,  Rouen,  Périaux,  1841. 

Leroux  de  Lincy,  «  Essai  hist.  et  litt.  sur  l'abbaye  de 
1  Fécamp,  »  un  vol.  in-8».  Rouen,  Périaux,  1840. 


années  de  son  ccJnsulat  :  «  Gonsultatûs  autem  noslri  prhno.  »  Eustache,  comte  de  Boulogne,  au  xi"  siècle  est  appelé 
«  Eustachius,  consul,  »  par  Orderic  Vital,  historien  du  xii*.  (  «  Hist.  ecolesiast.  ,  »  lib.  xii,  t.  ii,  p.  175,  édit.  Le 
Prévost.  )  — Mais  personne,  assurément,  ne  s'arrogea  plus  fréquemment  ce  titre  que  nos  chefs  Scandinaves.  M.  de 
Rafn  nous  assure  que  les  larls  ou  comtes  normands ,  de  856  et  859 ,  sont  appelés  «  comités  »  ou  «  consules  quos  ii 
Earlos  soient  nominare.  ■  (Rafn,  «Inscriptions  runiquesdu  Slesvig méridional,  •  p.  385,  année  I8G0.)— Richard  I'% 
dans  une  charte  donnée  à  l'abbaye  de  Fécamp,  dit  lui-même  :  «  Idcircô  ego  Richardus,  consul.  »  Guillaume-le- 
Bâtard,  dans  deux  actes  antérieurs  à  la  conquête  (1053  et  1058),  prend  les  titres  de  consul  de  Normandie  et  de  consul 
des  Normands  :  •  Gonsulis  Normanniae,  »  et  «  Normannorum  consule.  »  (  «  Gartulaire  de  l'abbaye  de  la  Sainte-Tri- 
Dité-du-Mont  de  Rouen,  »  dans  la  «  Collection  des  documents  inédits  sur  l'histoire  de  France,  «  p.  437  et  44 1 .)  —  Il  y  a 
plus,  de  simples  vassaux  de  la  couronne  de  Normandie  s'arrogeaient  aussi  le  titre  consulaire.  Ainsi,  d'après  M.  Semi* 
chon,  Guérinfroid,  comte  d'Aumale,  en  l'an  1000,  prenait  aussi  le  titre  de  consul.  —  La  charte  de  fondation  de  l'ab- 
baye de  Quimperlô,  cite  pour  1029,  Alain, comte  de  Gornouailles,  Alanus,  consul  Comuhiw.  -  (  Dom  Morice,  «  Hist.  de 
Bretagne, preuves,  1. 1«',  col.  365.  Voir  aussi  Ducange,  Semichon,  «  Hist.  de  la  ville  d'Aumale,  »  t.  i",  p.  13-14.)  —  La 
charte  d'Adelize,  épouse  d'Enguerrang,  fils  de  Berthe,  fille  de  Guerinfroy  (vers  1052)  dit  :  «  Jussu  Enguerram,  con- 
sulis,  »  voulant  dire  comte  d'Aumale.  (  «  Archœologia,  •  t.  xxvi,  p.  358,  »  Semichon,  «Hist.  d'Aumale,  »  1. 1",  p.  391. 

47 


—  370  — 

SAINT-LÉONARD. 

Cette  commune,  entièrement  rurale  aujourd'hui,  faisait  autrefois  partie  du  territoire 
même  de  Fécamp.  Avant  la  Révolution ,  elle  était  une  des  dix  paroisses  de  cette  ville. 

Époque  romaine.  —  Saint-Léonard  est  situé  sur  le  bord  des  voies  antiques  qui  de 
Lillebonne  et  de  Harfleur  conduisaient  à  la  station  romaine  de  Fécamp. 

A  quelques  pas  de  cette  voie ,  et  non  loin  de  l'église  actuelle,  on  a  trouvé  des  sépultures 
gallo-romaines.  De  1850  à  1853,  notamment  en  1852,  M.  Guinery,  briquetier,  a  rencontré, 
dans  la  terre  de  M.  Léon  Deneuve,  qu'il  exploitait  pour  son  industrie ,  plusieurs  carrés  en 
terre  cuite  renfermant  des  cendres,  dés  charbons,  des  urnes  et  autres  vases  funéraires. 
Ces  caisses  céramiques  tenaient  lieu  de  coffrets  de  bois  ou  de  pierre;  aussi  quelques-unes 
contenaient  des  cendres  et  des  os  brûlés  accompagnés  d'assiettes  et  de  cruchons.  Nous 
n'avons  pu  recueillir  de  la  bouche  des  ouvriers  que  des  renseignements  incomplets.  Ce- 
pendant, nous  avons  appris  qu'ordinairement  ils  étaient  avertis  de  l'approche  d'une  sépul- 
ture par  un  terrain  noir  et  charbonné,  et  par  des  silex  bruts  qui  semblaient  avoir  passé  au 
feu.  Quelques-unes  de  ces  sépultures  se  composaient  de  cinq  ou  six  vases  dont  les  petits 
étaient  parfois  renfermés  dans  des  grands.  Ceux  que  nous  avons  recueillis  ressemblaient  à 
tous  les  vases  romains  du  pays  de  Caux. 

Époque  franque  (?).  —  A  l'extrémité  de  la  commune  de  Saint-Léonard  se  trouvent  le 
vallon  et  le  hameau  maritime  de  Vau cotte,  où  l'on  m'a  dit  bien  des  fois  qu'il  avait  été  ren- 
contré des  tombeaux  de  pierre  au  bord  du  chemin  qui  va  d'Étretat  à  Fécamp.  Quelques 
auges ,  dit-on ,  renfermaient  des  armes. 

Époque  incertaine.  —  C'est  sur  le  territoire  communal  de  Saint-Léonard  que  se  trouve 
le  château  des  Bogues,  construction  féodale  des  abbés  de  Fécamp  à  la  fin  du  xiiie  siècle  et 
au  commencement  du  xrv^,  et  aussi  le  bois  ou  la  forêt  des  Hogues  donnée  par  Henri  II  à 
Henri  de  Sully,  abbé  de  Fécamp,  vers  1162.  Dans* ce  bois,  qui  est  sans  doute  un  démem- 
brement de  la  grande  forêt  de  Fécamp,  on  voit,  sur  un  plateau  couvert  de  bruyères ,  cul- 
miner des  buttes  de  terre  dont  les  eaux  dégradent  souvent  le  sommet.  A  côté  de  ces  buttes 
sont  d'énormes  fosses  dont  quelques-unes  ont  jusqu'à  30  mètres  de  profondeur.  Ces  fosses 
s'appellent  les  faisières  ou  ferrières.  Ce  nom  nous  fait  croire  que  ce  sont  d'anciennes 
raines  de  fer  et  de  poudingue ,  très  connues  chez  les  Gaulois  au  rapport  de  César  :  «  Apxid 
Gallos  magnœ  ferrariœ.  i> 

En  effet,  les  poudingues  y  abondent,  et  plusieurs  sont  ferrugineux.  On  y  rencontre  des 
pyrites  martiales,  des  cailloux  roulés,  du  charbon  de  bois,  en  un  mot  tout  ce  qui  annonce  la 
présence  du  fer  et  son  exploitation.  Nous  croyons  volontiers  que  les  meules  à  broyer  en 
poudingue,  qui  couvrent  la  surface  de  la  Seine-Inférieure  romaine  et  fràhque,  proviennent 
en  partie  des  ferrières  des  Hogues  et  de  celles  de  Vattetot,  qui  sont  voisines.  —  En  1864, 
nous  y  avons  remarqué  un  grand  nombre  d'essais  et  de  rebuts. 


—  374  — 


De  Glanville,   ■  Promenade  archéol.  de    Rouen   à 
Fécamp,  »  p.  138. 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxiv,  p.  346. 
«  La  Normandie  souterr.,  »  l'*édit., p.  86;  %*  édit.,p.98. 


L'abbé  Cochet,  ««Étretat  et  ses  environs,»  article  Yport. 
Id.,  «  Le  Havre  et  son  arr.,  t.ii.  —Canton  de  Fécamp,  » 
article  Ypori. 
Id.,  •  Disours  do  récept.  à  l'Acad.  de  Rouen,  »  p.  16. 


CRIQUEBEUF-EN-CAUX. 

Époque  incertaine.  —  A  Criquebeuf  est  une  motte  couverte  de  maçonneries,  laquelle  a 
servi  de  base  à  un  château  en  iniines. 
Au  fond  des  Vais,  la  tradition  dit  que  se  trouve  cachée  une  cloche  remplie  d'argent. 

L'abbé  Cochet ,  o  Les  Églises  de  l'arrondissement  du  Ilavre  ,  »  t.  ii ,  p.  109. 


YPORT. 

Époque  gauloise.  —  Dans  les  défrichements  du  bois  des  Hogues  opérés  pendant  ces 
dernières  années,  MM.  Hélie  et  Despruneaux  ont  recueilli  une  hachette  en  bronze. 

Époque  romaine  (?).  —  D'anciens  ouvrages  et  de  vieilles  cartes  géographiques  nomment 
ce  lieu  Icport,  et  quelques-uns  ont  été  jusqu'à  y  chercher  XIccius  portiis  de  César.  Aucun 
nom  en  effet -ne  se  présente  sous  un  meilleur  aspect  pour  cette  interprétation;  mais  aussi 
aucun  lieu  n'est  moins  favorablement  situé  pour  une  pareille  application.  Topographique- 
ment  parlant,  Yport  est  sans  développement  aucun ,  et  sa  plage  n'a  jamais  pu  jouer  un  rôle 
important  dans  l'histoire.  D'ailleurs,  Iccius  portas  paraît  être  bien  fixé  dans  la  Morinie,  soit 
à  Boulogne ,  soit  à  Wissant ,  entre  Calais  et  Boulogne.  Toutefois ,  il  est  malaisé  de  croire 
que  le  nom  d'Yport  ne  vienne  pas  dUcciw  portus.  Iccius  fut  un  nom  commun  dans  les 
Gaules ,  et  portus  est  une  terminaison  très  prodiguée  sur  le  littoral  de  la  Haute-Normandie, 

Enfin  M.  Deville  nous  assure  qu'en  1838  il  a  été  trouvé  à  Yport  des  tuiles  romaines,  un 
grand  bronze  d'Antonin ,  une  urne  cinéraire  en  terre  et  une  autre  en  verre. 

Époque  franque  (?).  —  On  connaît  à  Yport  deux  anciens  cimetières  qui  pourraient  bi» 
remonter  à  l'époque  franque.  Le  premier  est  celui  de  la  Trénegale ,  au  versant  de  la  côte 
d'amont.  Ce  champ  appartient  à  la  fabrique  et  porte  le  nom  de  Terre  de  VÉglisey  ce  qui 
me  paraît  une  preuve  de  son  ancienne  destination  sépulcrale.  La  tradition  l'appelle  le 
Cimetière  des  Anglais,  parce  que  ceux  qu'il  renferme  sont  inconnus.  Les  squelettes  que 
l'on  y  rencontre  ne  portent  pas  trace  de  cercueil.  Étretat ,  les  Dalles,  Veules  et  Saint-Valery- 
en-Caux  ont  aussi  des  cimetières  sur  le  versant  de  la  côte  d'amont. 

Le  second  cimetière  d'Yport  est  dans  la  Cavée  de  la  rue  Hottière^  au  versant  de  la  côte 
d'aval ,  sur  le  bord  du  grand  chemin  d'Etretat.  On  dit  que  dans  les  premières  années  du 
xnc*  siècle  on  y  a  trouvé  des  cercueils  de  pierre  dont  on  s'est  servi  pour  faire  des  bailles. 

Époque  incertaine.  —  Yport  paraît  avoir  été  de  tout  temps  un  lieu  très  habité.  Les 
habitants  que  j'ai  interrogés  racontent  tous  que  l'on  trouve  des  débris  au  fond  du  Val  et 


—  372  — 

sur  les  collines.  Ce  qui  est  encore  un  reste  vivant  d'antiquités ,  ce  sont  les  traditions  et  les 
légendes  populaires  dont  est  rempli  ce  pays  de  marins  et  de  gens  simples. 
Pour  les  faisières  du  bois  des  Hogues,  voir  l'article  sur  Saint-Léonard. 


«  Le  Havre  et  son  arr.,  t.  ii.  —  Canton  de  Fécamp,  »p.  58. 
«  Les  Eglises  de  Tarrond.  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  112-113. 


«  Etretat  et  ses  environs,  »  article  Yporl. 
«  Revue  de  la  Normandie,  »  t.  v. 


FROBERVILLE. 

Epoque  incertaine.  —  A  Froberville ,  on  m'a  signalé  la  Terre  des  Mottes^  où  Ton  dit 
que  des  buttes  ont  été  détruites. 
On  dit  aussi  que  l'église  est  tranférée,  et  qu'elle  fut  jadis  à  la  Mare-Blonde. 

GANZEVILLLE. 

Epoque  incertaine.  —  On  assure  à  Ganzeville  que  l'église  a  été  changée  de  place ,  et 
qu'elle  était  autrefois  au  hameau  de  la  Porte-de-Pierre. 


MANIQUERVILLE. 

Époque  robiaine.  —  La  voie  romaine  qui  de  Lillebonne  se  dirigeait  vers  Etretat  et 
vers  Fécamp  passait  sur  le  territoire  de  ManiquerviUe ,  non  loin  de  l'endroit  où  fut  assise 
au  moyen-âge  la  châtellenie  de  Thiboutot.  La  bifurcation  de  la  voie,  pour  Etretat  et  pour 
Fécamp,  devait  avoir  lieu  aux  environs  de  ManiquerviUe. 

Période  normande.  —  Derrière  l'église  de  cette  ancienne  paroisse  était  et  est  encore 
en  partie  une  motte  considérable ,  jadis  couverte  de  taillis.  Attaquée  en  1861,  elle  n'a 
donné  que  des  débris  du  moyen-âge.  Je  la  crois  l'assiette  ou  le  donjon  du  château  de 
Thiboutot ,  depuis  longtemps  disparu.  M.  Guilmeth  dit  que  près  d'elle  on  a  trouvé  des 
sarcophages  en  pierre. 


•  Neustria  pia,  »  p.  863. 

L*abbé  Cochet,  «  Mém.  de  laSoo.  des  Antiq.  deNorm.,  » 
t.  XIV,  p.  166-67,  et  t.  xxiv,  p.  364-45. 


Guilmeth,  "Desc.géog.jhist.stat.etmon.,»  1. 1",  p.  260. 
L'abbé  Cochet,  a  Voie  rom.  de  Lillebonne  à  Etretat^i 
p.  3. 


VATTETOT-SUR-MER. 

Epoque  incertaine.  —  Sur  le  territoire  de  Vattetot  sont  des  fosses  faisières  ou  ferrières, 
semblables  à  celles  du  bois  des  Hogues.  On  a  dû  en  extraire  du  poudingue  ferrugineux 
pour  meules  à  broyer,  et  probablement  aussi  du  fer ,  aux  époques  gauloise ,  romaine  et 
franque.  On  m'a  assuré  qu'au  point  appelé  la  Mahaise  est  une  mare  énorme  entourée  de 


-  373  — 


terrassements,  laquelle,  ayant  asséché  un  jour,  a  été  trouvée  remplie  d'ustensiles  de  toute 
sorte.  —  La  Bibliothèque  de  Fécamp  contient  un  poudingue  poli  ayant  servi  de  meule , 
qui  provient  des  ferrières  de  Vattetot. 


L'abbé  Cochet,  «  Discours  de  réception  à  l'Académie  royale  de  Rouen  ,  »  p.  14-16. 


LES  LOGES. 


La  commune  des  Loges  a  un  vaste  territoire  dont  une  partie  est  en  bois-taillis ,  tandis 
que  l'autre  est  en  terres  labourées  que  cultivent  ses  dix-neuf  cents  habitants.  Sur  un  si 
grand  espace,  il  n'est  pas  étonnant  que  bien  des  débris  se  rencontrent. 

Époque  romaine.  —  Un  des  plus  anciens  que  nous  connaissions  est  la  voie  romaine 
qui ,  en  1815,  a  été  trouvée  pavée  et  encaissée,  mais  ensevelie  sous  terre,  au  hameau  des 
Reniax. 

En  4  849 ,  dans  les  parties  de  bois  que  défrichait  M.  Piednoël ,  ancien  maire  de  Saint- 
Valery-en-Caux ,  j'ai  constaté  les  restes  de  plusieurs  habitations  romaines,  encore  recon- 
naissables  à  leurs  fondations,  à  leurs  tuiles,  à  leurs  poteries  et  à  leurs  meules  à  broyer  en 
poudingue. 

Mais  la  plus  belle  découverte  antique  des  Loges  est  celle  qui  a  été  faite,  en  janvier  1851, 
par  M.  Fauquet-Lemaître,  de  Bolbec,  qui  défrichait  alors  cent  quarante  acres  de  bois.  Il 
trouva  un  dolium  en  terre  rouge  contenant  une  belle  olla  en  terre  grise,  lacruelle  renfer- 
mait une  urne  de  verre  remplie  d'os  brûlés  et  concassés.  Une  soucoupe  rouge  recouvrait 
l'urne  cinéraire. 

Cette  découverte  ayant  fait  bruit ,  je  me  transportai  aux  Loges  le  8  février  1851 ,  et  j'y 
reconnus  aisénient  la  présence  d'un^cimetière  à  incinérations  que  j'explorai  au  mois  d'août 
suivant. 

Ce  cimetière,  qui  avait  16  mètres  de  long  sur  8  de  large ,  renfermait  au  moins  cent 
vingt  vases  dont  cinquante  environ  contenaient  des  os  brûlés.  On  nous  a  parlé  d'un  Auguste 
en  argent;  mais  nous,  nous  n'avons  rencontré  aucune  monnaie.  Parmi  les  vases,  nous 
avons  reconnu  trois  doliums  en  terre  rouge,  dix  vases  de  verre  dont  trois  barillets,  une 
clochette  et  un  anneau  en  bronze,  et  une  petite  cuillère  en  argent.  Un  seul  vase  de 
terre  rouge  portait  la  marque  de  potier  (damini  m).  Mais  deux  barillets  nous  ont  fourni 
des  marques  de  verrier  :  F.  p.  front;  —  front,  s.  c.  f.  Nous  attribuons  ces  incinéra- 
tions au  ne  ou  au  me  siècle  de  notre  ère.  Les  objets  qui  en  proviennent  sont  au  Musée 
de  Rouen. 

Du  reste,  nous  avons  donné  une  description  détaillée  de  notre  exploration  dans  les  divers 
ouvrages  que  nous  indiquons  dans  notre  bibliographie. 

Epoque  incertaine. — Une  autre  découverte  assez  curieuse ,  mais  d'une  date  incertaine , 
a  été  faite  aux  Loges,  en  1845,  par  le  sieur  Moignard,  cultivateur.  Elle  consiste  en 


L 


—  S74  — 

une  de  ces  chaudières  d'airain  à  trois 
pieds  et  deux  anses  assez  communes 
en  Normandie  et  dans  toute  laFrance. 
Celle-ci  contenait  trois  chandeliers 
ou  pieds  de  lampe  en  bronze^  et  trois 
cuillères  marquées  d'une  fleur  de  lis. 
Ce  dernier  détail  paraît  indiquer  une 
origine  assez  récente.  Nous  croyons 
que  ces  objets  ont  été  achetés  par 
M.  Deville  pour  le  Musée  de  Rouen. 

Époque  frasque  et  période  nor- 
mande. —  Nous  ne  pouvons  passer 
sous  silence  une  tradition  populaire ,  si  étrange  qu'elle  nous  paraisse.  Nous  avons  entendu 
dire  que  le  nom  des  Loges  (Logiœ)  venait  de  ce  que  les  comtes  de  Caux  ou  les  ducs  de 
Noimandie  avaient  établi  sur  ce  point  les  loges  de  leurs  chiens.  Ce  qui  est  plus  sûr,  c'est  qu'à 
l'époque  normande  il  y  avait  déjà  aux  Loges  un  vieux  château-fort  dont  les  murs  en  tuf 
présentent  encore  des  cintres  romans. 

M.  Leroy  a  marqué  sur  la  carte  un  monastère  aux  Loges  à  l'année  656.  Il  suit  en  cela  les  er- 
rements de  MM.  Guilmeth  et  Paillard  de  Saint-i\jglon,quiontcrudevoir  placer  à  Bordeaux, 
près  des  Loges ,  l'ermitage  de  Childemarque ,  première  abbesse  de  Fécamp ,  que  d'autres 
font  venir  de  Bordeaux  en  Aquitaine.  Nous  ne  sommes  pas  en  mesure  de  nous  piononcer. 


T  CHAnDBLIBK   E 


BIBLIOUKAPHIIi. 


L'abbâ  Cochel,  i  La  Voie  r 
Ëtretat ,  •  p-  4. 

Id.,>La  Normandie  souterraine,*  1"  édit.,p.  77- 
2*  édit-,  p.  87-95. 

Id.,  «Revue de  Rouen,  .  année  1651,  p.  385-394. 

Id.,  «Bulletin  monumental  ,b  t.  zvm,  p.  5-16. 


L'abbi:  Cochel,  •Hêm.  de  la  Soc.  des  AnUq.  de  Nonu.,> 
.  xnr,  p.  1C8;  t.  mi,  p.  303-312,  et  t.  liiv.  p.  344. 

Guilmelb,  ■  Desc.  géog.,  hiet.,  siat.  et  mon.,  ■  1. 1", 
>.  181,  S6I-65. 

Paillard ,  ■  Le  Havre  et  bdd  arrondiss.,  t.  ii.—  Canton 
le  Fècamp,!  p.  12. 


CANTON     DE     GODERVILLE. 


GODERVILLE. 

Époque  romaine.  —  Le  seul  vestige  d'antiquité  que  nous  connaissions  sur  le  territoire 
de  ce  boui^  est  le  passage  de  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lillebonne  à  Etretat  et  à  Fécamp. 
M.  Lecointe,  ancien  juge  de  paix,  a  vu  détruire  l'encaissement  de  cette  voie  vers  1845 ,  au 


—  375  — 

lieu  dit  la  Fosse-aux-Prêchetix ,  à  quelques  mètres  de  l'ancien  château  de  Goderville.  — 
M.  Deville  pourtant  nous  a  cité  un  moyen  bronze  de  Marc-Am"èle  trouvé  à  Goderville. 

Epoque  franque.  —  Ce  lieu  est  appelé  Godardi-Yillam  dans  la  charte  de  Charles-te- 
Chauve  qui ,  en  875,  fait  le  dénombrement  des  biens  du  chapitre  de  Rouen. 


JJsihbb  Cochet,  oMé m.  delaSoc.  des  Anliq.  deNorro.,1  i 
t.  XIV ,  p.  167 ,  et  l.  xx:v.  p.  344. 
Id-,  aVoie  romaine  de  Lilleboane  à  EtreUtL.^p.  3  et  4.  1 


A.  Le  Prévost,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm .  ,• 
.  XI,  p.  9. 


CRETOT  (section  de  goderville).  ^ 

Époque  incertaine.  —  Près  du  modeste  château  de  Cretot  est  une  motte  énorme 
couverte  de  hêtres  et  de  sapins  fort  élevés.  Les  sires  de  Cretot ,  dont  le  château  s'appuyait 
sur  la  motte,  étaient  autrefois  grands  Bouteillers  héréditaires  de  Normandie. 

Époque  romaine.  —  En  1832  ou  183.^ ,  lors  de  la  démolition  de  l'ancienne  église  de 
Cretot ,  M.  le  docteur  Robin  nous  a  assuré  avoir  trouvé  des  tuiles  à  rebords  et  plusieurs 
cercueils  en  pierre  sous  forme  d'auge. 

B.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »p.  4.  i      L'abbÈ  Cocliet,«Mêm.  de  la  Soc. des  Antiq.  deNonn.," 

L'abbéCochet,  «LesEglisesdel'arroTidiss.  du  na\-re,v     i.  xiv,  p.  167,  et  t.  ixiv,p.  3U. 
I.  Il,  p.  139,  I     Id..  •  Voie  romaine  de  Lillebonne  ù  Etrelat,  .  p.  4. 

ECRAINVILLE.      • 

Époque  incertaine,  probablement  fbanque  (?).  —  Dans  un  des  embranchements 
du  Grand-Val  d'Etretat,  près  d'un  hameau  appelé  le  Val-Miellé,  au  lieu  dit  Maucotnble, 
on  a  découvert,  le  5  juin  1778,  une  carrière  ou  crypte  curieuse  contenant  environ  cent 


—  376  — 

cinquante  squelettes  humains.  Cette  carrière,  lai^e  de  40  à  42  mètres  et  haute  de 
2  mètres  35,  a  été  dessinée  et  publiée  par  Tabbé  Dicquemare,  du  Havre,  dans  le 
Journal  de  Physique ,  de  l'abbé  Rozier.  M.  Dicquemare ,  qui  avait  visité  la  crypte  de 
Maucomble  (1)  en  compagnie  de  l'abbé  Anfray,  propriétaire  du  lieu,  nous  a  laissé  éga- 
lement une  description  de  ce  qu'il  vit  dans  cette  catacombe  cauchoise.  Les  squelettes 
étaient  dispersés  sur  tout  le  pavé  de  la  marnière,  mais  plus  spécialement  autour,  des 
parois.  Il  y  en  avait  de  tout  âge,  et  ils  paraissaient  être  là  depuis  bien  longtemps.  Il  croit 
que  les  infortunés  qui  peuplaient  cette  crypte  y  sont  entrés  vivants,  et  qu'ils  y  ont  été 
enfumés. 

Peu  d'objets  d'art  accompagnaient  ces  restes  humains.  On  n'a  recueilli  qu'une  clef  et 
deux  boucles  en  fer.  Ce  dernier  détail  nous  fait  penser  à  l'époque  franque,  probablement 
au  temps  des  invasions  normandes. 

(1)  La  crypte  de  Maucomble  n'est  pas  sans  analogue  en  archéologie.  D'abord,  nous  pourrions  rapprocher  d'elle 
les  nombreux  souterrains-refuges  dont  la  Picardie  est  semée.  L'abbé  Lebeuf  les  avait  connus  dès  le  siècle  dernier. 
Après  avoir  rappelé  ceux  de  la  vallée  de  la  Somme  «  qui  ont,  dit-il,  la  forme  d'une  croix  de  Saint-André ,  «  il  les 
attribue  à  l'époque  des  invasions  normandes.  Dans  les  recherches  qu'il  a  faites  sur  ces  cryptes ,  il  expose  qu'un 
acte  de  1181  leur  donne  le  nom  de  «  Territorium  sanctœ  liberationis.  »  Le  Beauvaisis  parait  avoir  été  couvert  de 
ces  souterrains.  Dans  son  «  Répertoire  archéologique  du  dépaïlement  de  l'Oise,'»  que  vient  de  publier  le  gou- 
vernement, M.  E.  Woillez  en  cite  presque  à  chaque  page.  Nous  noterons  spécialement  les  souterrains-refuges  de 
Grandvilliers,  de  Gempuis-le-Grand,  de  Dameraucourt ,  de  Fouquerolles,  de  Tillé,  de  Troissereux,  de  Novillers, 
de  Beauvoir,  de  Bonvillers ,  de  Bonneuil-le-Plessis ,  de  Fléchy,   de  Roquencourt,  du  Mesnil-Saint-Firmin ,  de 
Villers- Vicomte,  d'Agnetz,d' A vrechy,  de  Bulles,  de  Rémérangle,  de  Blanc-Fossé,  de  Gormeilles,  de  Choqueuse- 
lès-Besnard,  de  Groissy,  de  Doméliers,  de  Gampremy,  de  Froissy,  de  Noyers-Saint-Martin,  de  Saint-André-Fari- 
villers,  de  Nourard-le-Franc,  de  Fontaine-Bonneleau,  etc.  —  Des  grottes  et  des  souterrains  à  peu  près  semblables 
sont  également  signalés  dans  le  Gher.  (  «  Mém.  de  la  Gommission  hist.  du  Gher,  »  n»  5,  p.  88-100.)  —  Mais  en 
dehors  de  ces  généralités,  voici  des  cas  beaucoup  plus  rapprochés  du  nôtre.  En  1851,  sur  le  territoire  de  Ghouilly, 
dans  la  montagne  de  Sarran,  près  Epernay,  on  a  trouvé  une  caverne  taillée  dans  la  craie  en  forme  de  masse  de 
four.  Elle  se  partageait  aussi  en  deux  caveaux,  dont  le  plus  petit  contenait  quarante-huit  squelettes  d'hommes,  de 
femmes  et  d'enfants,  jetés  péle-môle  au  beau  milieu  de  la  pièce.  Trois  vases,  en  terre  cuite,  et  des  haches  en  silex, 
se  trouvaient  avec  les  corps.  —  Dans  le  voisinage  on  a  fait  encore  une  pareille  découverte  ;  mais  là  ,  il  y  avait 
seulement  trente  squelettes.  Le  Monl-Sarran  s'appelle  le  Tombeau.  (  «  Gongrès  archéol.  de  France,  séanc.  gén. 
de  1855,»  p.  I99et201.)— En  1816,  près  Nogent-les-Vièrges  ,  dans  le  département  de  l'Oise,  on  a  découvert  une 
grotte,  dite  à  présent  du  Reliro.  Elle  a  la  forme    d'une  fève,  et  l'on  y  pénètre  par  un  trou  pratiqué  dans  la 
craie.  Elle  est  dallée  en  pierre  naturelle.  On  y  a  compté  quatre-vingt-dix  squelettes  d'hommes ,  de  femmes  et 
d'enfants.  Avec  ces  corps  on  a  recueilli  une  hache  et  un  couteau  en  silex  et  un  fragment  de  poterie  gauloise. 
(Houbigant,  «  Recueil  des  antiq.  bellovaques,  »  p.  54-110,  et  «  Mém.  de  la  Soc.  acad.  de  l'Oise,  »  t.  iv,  p.  462-518. 
—  Barbie  du  Boccage,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  France,  »  t.  m,  p.  299.  —  «  Revue  encyclopédique ,  ■  de 
novembre  1820,  t.viii,  p.  41.  — Graves,  •  Notice  archéol.  du  départ,  de  l'Oise,  »  p.  17.)  —fin  1839,  à  Séry,  près 
Grépy  (Oise;,  on  a  trouvé  chez  M.  le  baron  de  Delfaut  de  Belfort  une  grotte  pavée  et  lambrissée  avec  des  dalles 
grossières.  On  y  a  également  reconnu  des  ossements,  un  anneau  de  pierre,  une  corne  de  cerf,  une  hache  en  silex 
et  de  la  poterie  gauloise.  (Houbigant,  «  RiMîueil  des  Antiq.  bellovaques,  »  p.  57-58.)—  En  1861,  à  Misy,  commune  de 
Levrigny,  canton  de  Dormans  (Marne),  o»  a  découvert  une  caverne  ovale,  ayant  4  mètres  $0  sur  3  mètres  à  1  mètre 
90  de  large,  et  1  mètre  25  de  haut.  Elle  était  remplie  d'ossements  humains  et  d'objets  en  sil0x.  Il  y  avait  trente-trois 
crânes,  des  haches,  des  couteaux  en  silex,  des  bois  de  cerfs  et  4e  la  poterie  grossière.  -*  A  Ghouilll  (  Marne  ) ,  en 
1851 , caveau  taillé  dans  la  craie,  haut  de  1  mètre  10,  long  de  4  mètres  30  sur  3  mètreft  40.  Il  contenait  quaranle- 
huit  squelettes],  trois  vases  de  terre  et  quelques  instruments  de  silex.  (  «  Revue  des  Soc.  Sav. ,  »  3*  série,  1 1", 
p.  129-130.) 


—  377  — 

Fermée  peu  après  révénement ,  la  crypte  de  Maucomble  fut  ouverte  de  nouveau  en  i  785 
et  en  1837.  A  présent,  on  y  pénètre  à  volonté. 


L'abbé  Cochet,  n  La  Normandie  souterraine,»  !'•  édit., 
p.  347-350;  2-  édiU,  p.  441-445. 
L'abbé  Dicquemare  ,  «  Remarques  sur  une  ancienne 


mamière  du  gouvernement  du  Havre  et  sur  des  squelettes 
humains  qu'on  y  a  trouvés,  »  dans  le  «  Journal  de  Physi- 
que, »  d'octobre  1779,  t.  xiv,  p.  302-306,  ôt  planches. 


AUBERVILLE-LA-RENAULT. 

Époque  incertaine.  —  Dans  sa  Carte  archéologique^  M.  Leroy  indique  ici  une  motte  ou 
vigie.  —  On  nous  a  assuré  qu'il  existait  à  Aubervilie  des  traces  écrites  et  monumentales 
de  Fancien  passage  de  la  rivière  disparue  d'Etretat. 


BEC-DE-MORTAGNE. 

Epoque  romaine.  —  En  i  864 ,  il  a  été  trouvé  au  Bec-de-Mortagne  une  très  belle 
meule  à  broyer  en  poudingue  avec  son  réceptacle.  Elle  est  entrée  dans  la  Bibliothèque  de 
Fécamp. 

Epoque  incertaine.  —  Sur  une  colline  et  dans  un  bois  dit  Bois-de-Notre-Dame 
ou  de-lor-Vieille-Tour^  est  une  motte  énorme  fossoyée,  du  côté  de  la  colline,  par  une 
douve  de  plus  de  25  mètres  dé  profondeur,  et  appelée  la  Vieille-^Tour.  Malgré  les 
broussailles  qui  la  couvrent  et  qui  Fenvironnent ,  il  m'a  semblé  y  reconnaître  des 
restes  de  maçonnerie.  On  parle  même  de  souterrains  communiquant  avec  le  Vieux- 
Châtel. 

Ce  Vieux-Châtel  est  une  ruine  encore  imposante  de  forme  carrée,  qui  dut  être  le 
château  du  moyen-âge.  On  parle  de  fées  et  de  fantômes  errant  la  nuit  -autour  de  ses 
débris. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre,  «  |     De  Glanville ,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à 
t.  Il,  p.  170.  I  Fécamp,  »  p.  123. 


BAIGNEVILLE  (section  du  bec-de-mortagne ). 

Époque  franque. —  Dans  la  vallée  opposée  à  celle  de  Valmont,  là  où  coule  aujourd'hui 
le  Bec-de-Mortagne  (  Beccum  de  Mortuo  stagna)^  vallée  toute  remplie  de  moulins  et  de 
vieilles  maisons  bâties  en  tuf,  on  remarque  sur  une  hauteur  abrupte  le  point  où  fut  jadis 
réghse  de  Baigneville.  Le  cimetière  de  cette  église ,  détruite  par  la  Révolution,  est  possédé 
par  M.  Lanchon,  de  Fécamp.  En  cherchant  du  caillou  dans  ce  terrain ,  des  ouvriers  ont 

48 


—  SV8  — 

trouvé,  en  1856  ou  en  4857,  un  cercueil  de  pierre 
contenant  une  sépulture  de  l'époque  franque.  Autour 
du  squelette  étaient  des  armes  de  fer  et  des  ornements 
de  bronze.  Malheureusement,  le  tout  a  été  détruit,  à 
l'exception  d'un  ornement  circulaire  dont  jusqu'ici  je 
n'ai  su  bien  déterminer  l'usage  (i).  J'en  ai  trouvé  de 
pareils  à  Envermeu.  D'autres  en  ont  rencontré  en 
Bavière ,  dans  le  Luxembourg ,  dans  le  Beauvaisis  et 
bien  ailleurs.  —  J'en  donne  ci-conlre  le  dessin. 


SAINT-MACLOIÎ-LA-BRUYÉRE. 


Période  normande.  —  Au  x»  siècle,  ce  lieu  est  appelé  Ecclesia  Sancli  Uachnti.  C'est 
là,  suivant  une  chronique  de  l'abbaye  de  Fécamp,  qu'aurait  eu  lieu,  en  990,  le  changement 
du  vin  en  sang  pendantla  messe  du  prêtre  Isaac,  le  jour  même  oii  Robert  de  Normandie 
dédiait  l'abbaye  de  la  Sainte-Trinité,  en  présence  de  Richard  !««■.  Ceci  serait  aussi,  selon 
nous,  l'origine  et  la  meilleure  explication  de  la  célèbre  relique  connue  sous  le  nom  de 
Précieux-Sang  de  Fécamp. 

Époque  incertaine.  —  Une  tradition  prétend 
que  l'église  de  cette  paroisse  a  été  changée  de 
place  :  les  uns  disent  qu'elle  était  à  la  Pointe  ; 


(1)  Ce  genre  i 
lïéquent  dans  li 


eent,DDa'api 
pendant  qu'il 
parure.  Nous 
Déjà  nous  en 
laine.fpLx.! 
Tenautde  cett 


rônnanl  la  r 
sépultures  franques  ou  teutoniques.  Gepeadant 
;  saotis  de  distinction.  Jusqu'à  pré- 
en  détorminerclairement l'usage.  Nousoroyons ca- 
se rattache  au  ceinturon',  dont  il  devait  Tonner  ta 
n  avons  tiouvâ  deux  ou  trois  analoguesà  Envermeu. 
ifons  reproduit  un  dans  notre  «  Normandie  souter- 
fig.  4.)  Aujourd'hui  nous  en  donnons  deux  autres 
même  vallfe  de  l'Eaulne.  Autant  que  nous  pouvons 
us  croyons  avoir  recueilli  cesobjelsàlacein- 
tore  des  morts.  —  Des  plaques  circulaires  et  découpées  de  la 
même  manière  ontëtë  lirées  du  magnifique  cimetière  de  Norden- 
dorr,  en  Bavière.  M.  Lindensehmita  bien  voulu  nous  en  adresser 
les  dessins.  Le  grand-duché  de  Luiembourg  en  a  égale  ment  fourni 
à  U.  Namur.  La  France  en  a  donné  sur  plusieurs  points.  Nous 
pouvons  citer  notamment  le  Beauvaisis.  En  1658,  les  fouilles  de 
Hontescourt-Lîzerolles  en  ont  présenté  une  à  M.  Ue ré,  de  Saint- 
Quentin.  (  •  Mém.  de  la  Soc.  acad.  de  Saint-Quentin ,  ■  3'  série , 
l,  1",  p.  305-70 ,  pi.,  Dg.  A.  )  En  1859,  M.  Doublet  de  Bois-Thi- 
bftnlt  en  signalait  une  autre  dans  une  sépulture  mérovingienne 
de  l'église  do  Sain t-Marlin-au- Val, aux  porte8deCliartreH.(iiHevue 
archéologique  ,  «  jvi-  année  ,  p.  3G6 ,  n"  8.)  —  A  Romilly  {  Cal- 


—  379  — 

les  autres,  à  la  Valette.  Ces  translations  indiquent  parfois  des  cimetières  mérovingiens.  -^ 
M.  Leroy  place  une  vigie  à  Saint-Maclou-le-Bruyère. 

«  Neustria  pia ,  »  p.  207.  |       «  Les  Églises  de  rarrond.  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  18,  145. 

DAUBEUF-SERVILLE. 

Cette  commune  se  compose  des  deux  anciennes  paroisses  de  Serville  et  de  Daubeuf-le-Sec. 

Époque  incertaine.  —  D'après  la  tradition ,  la  rivière  de  Ganzeville  ou  de  Fécamp 
prenait  autrefois  sa  source  à  Daubeuf,  surnommé  maintenant  le  Sec,  parce  que  sa  rivière 
s'est  trouvée  un  jour  subitement  asséchée.  La  tradition  rattache  à  cette  disparition  de  rivière 
l'idée  d'une  punition  céleste.  On  raconte  que  le  curé  fit  évanouir  la  source  parce  que  les 
habitants  de  la  vallée  avaient  chassé  des  fontaines  les  habitants  de  la  plaine ,  altérés  par 
une  grande  sécheresse. 


E.  Marchand,  a  Des  Eaux  potables  en  général,  etc.,  » 
p.  124,  J 64. 


L'abbé  Cochet,  «  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  » 
p.  84. 


MENTHEVILLE 

Époque  gauloise.  —  M.  E.  De  la  Quérière,  de  Rouen,  a  signalé  au  public  et  à  la  Com- 
mission des  Antiquités  la  découverte  faite  à  Mentheville,  en  1842,  de  deux  hachettes  en 
silex,  dans  le  voisinage  du  vallon  et  des  carrières  de  Pêtrevaly  d'où  sont  sorties,  dit-on,  les 
pierres  de  l'abbaye  de  Fécamp  et  de  beaucoup  de  nos  anciennes  églises  du  pays  de  Caux, 

«  Revue  de  liouen  »,  année  1843,  i*'  sem.,  p.  185-87. 

GONFREVILLE-CAILLOT. 

Époque  incertaine.  —  J'ai  connu  près  de  l'église  de  Gonfreville  une  motte  ou  tertre 
entouré  de  fossés ,  et  dont  il  m'est  impossible  de  déterminer  le  caractère. 

BRETTEVILLE-LA-CHÀUSSÉE. 

Époque  romaine.  —  C'est  peut-être  ce  lieu  qui  est  appelé  Britavilla  dans  une  charte  du 
duc  Robert  renouvelant  les  donations  faites  par  Charles-le-Chauve  à  la  Cathédrale  de  Rouen, 
Ce  que  nous  pouvons  affirmer,  c'est  que  l'affixe  ou  surnom  de  Chaussée  lui  vient  bien  cer- 

vados),  en  1863,  pendant  que  Ton  creusait  les  fondations  de  l'église,  M.  Gervais ,  de  Caen,  a  recueilli  une  plaque 
circulaire  en  bronze  formant  une  rose  découpée  à  jour,  représentant  Taspect  de  deux  guivres  entrelacées.  (  «  Bull, 
d©  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  ii,  p.  664.  —  M.  le  colonel  de  Morlet,  de  Strasbourg,  raconte  qu'à  Hochfetden , 
près  Brumath  (Bas-Rhin),  on  a  trouvé  ,  vers  1862 ,  dans  un  cimetière  franc,  une  plaque  de  bronze  découpée ,  où 
Ton  croit  voir  les  têtes  de  quatre  serpents  circulaires  à  rayons.  Cette  plaque  qu'il  reproduit  était ,  dit-il ,  sous  le 
crâne  d'un  squelette.  «  Notice  sur  des  cimetières  gaulois  et  germaniques  découv.  dans  les  environs  de  Strasbourg,» 
p.  6.  Une  plaque  du  même  genre  a  été  également  trouvée,  en  1861,  dans  le  cimetière  franc  de  Verly  (Oise).  «  Bull, 
de  la  Soc.  Acad.  de  Laon ,  »  t,  xin,  pi.  rv,  fig.  1. 


—  380  — 

tainement  de  la  voie  romaine  qui  traversait  le  village.  La  trace  de  cette  voie  antique ,  qui , 
partant  de  Lillebonne,  conduisait  à  Étretat  et  à  Fécamp,  est  encore  marquée  dans  les  deux 
hameaux  de  la  Grande  et  de  la  Petite-Cauchie  de  Bretteville. 

Époque  incertaine.  — Non  loin  de  la  chaussée  romaine  se  trouvaient  encore,  en  1834, 
deux  tertres  ou  tumuli  antiques  entièrement  couverts  de  taillis.  L'un  d'eux ,  dont  la  forme 
était  oblongue,  a  été  détruit  pour  la  culture  vers  1844;  l'autre,  qui  doit  subsister  encore, 
est  voisin  du  bourg  ou  du  carreau  de  Bretteville ,  comme  on  dit  dans  le  pays. 

Ce  terrassement  étrange,  que  j'ai  visité  bien  des  fois,  se  compose  d'abord  d'un  fossé 
profond  parfois  rempli  d'eau  comme  une  douve  féodale ,  lequel  isole  de  la  plaine  une  plate- 
forme en  demi-lune  assez  spacieuse  et  élevée  au-dessus  du  sol  environnant.  Puis,  à  l'un  des 
bouts  de  ce  terre-plein ,  s'élève  une  énorme  motte  circulaire  qui  n'avait  pas  moins  de  20  à 
25  mètres  de  hauteur.  Au  sommet  de  ce  donjon  en  terre,  j'ai  remarqué  avec  étonnement 
des  restes  de  fortes  et  épaisses  murailles  dont  je  ne  distinguais  pas  alors  le  caractère.  Ce 
terrassement  intéressant  et  mystérieux  doit  subsister  dans  son  intégrité. 

«  Mém.  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Norm.,  »    1       L'abbé  Cochet^  «Voie  romaine  de  Lillebonne  à  Étretat,» 
t.  XI,  p.  13;  t.  XIV,  p.  167-68,  et  t.  xxiv,  p.  344.  !    p.  3  et  4. 

GRAINVILLE-L'ALOUETTE  (section  de  grainville-imoville). 

Époque  incertaine.  —  D'après  les  monuments  géographiques  et  les  traditions  locales , 
Grainville-F Alouette  posséda  autrefois  une  rivière  aujourd'hui  disparue  sous  terre.  Ce  cours 
d^eau  prenait  sa  source  sous  le  mamelon  que  dominait  autrefois  l'église  démolie  de  Grain- 
ville,  et,  après  avoir  arrosé  tout  le  Grand-Val,  il  se  jetait  à  la  mer  à  Étretat.  Une  légende 
populaire,  digne  des  temps  héroïques,  attribue  à  une  bohémienne  la  disparition  de  cette 
rivière,  assez  forte  pour  faire  tourner  un  mouHn  à  sa  source.  D'après  les  monuments  histo- 
riques, la  perte  du  ruisseau  n'aurait  eu  lieu  que  depuis  deux  ou  trois  siècles. 

Nous  ne  saurions  dire  ce  que  cache  la  légende  de  cette  rivière.  Ce  ruisseau  a-t-il  disparu 
par  un  événement  géologique,  ou  par  la  volonté  des  missionnaires  chrétiens,  à  cause  du 
culte  que  portaient  à  cette  source  les  idolâtres?  Nous  serions  tenté  d'adopter  cette  dernière 
Tersion. 

Époque  romaine.  —  En  tous  cas,  Grain  ville  a  montré  au  siècle  dernier,  dans  un  de  ses 
champs  labourés ,  un  cimetière  romain  rempli  d'incinérations.  Aperçu  d'abord  vers  4750 
par  le  fermier  qui  exploitait  la  terre,  il  devint,  en  1755,  l'objet  de  l'attention  de  plusieurs 
personnes  savantes  de  la  ville  du  Havre.  Les  découvertes  provenant  de  la  culture  ayant  été 
portées  dans  cette  cité  commerçante  et  éclairée,  M.  Duboccage  de  Bléville,  l'historien  du 
Havre-de-Grâce,  se  transporta  à  Grainville  et  fouilla  une  journée  dans  le  Fief-des-Champs, 
qui,  depuis  lors,  prit  le  nom  de  Terre-à-Pots  on  de  Pièce-à-Pots ,  qu'il  porte  encore  aujour- 
d'hui. En  une  seule  journée,  M.  de  Bléville  mit  au  jour  cent  cinquante  vases  antiques  en  terre 
et  en  verre.  Il  en  emporta  une  partie  au  Havre,  rédigea  un  procès-verbal  de  sa  fouille,  dressa 


—  381  — 

un  plan  de  la  terre  et  tira  un  dessin  des  vases.  Si  les  objets  sont  de  nouveau  perdus ,  du 
moins  4e  procès-verbal  et  le  dessin  sont  arrivés  jusqu'à  nous.  Communiqués  vers  i  823  à 
la  Commission  des  Antiquités  par  M.  Pinel ,  du  Havre,  l'un  et  l'autre  ont  été  publiés  par 
nous,  en  1857,  dans  le  volume  de  nos  Sépultures. 

Outre  ces  vases ,  M.  Duboccage  de  Bléville  trouva  encore  dans  son  exploration  trois  mon- 
naies de  bronze  du  temps  des  Antonins,  un  anneau  d'ambre  ou  de  succin  et  un  ornement 
en  métal  ou  en  jayet. 

Nous  avons  toujours  désiré  faire  des  fouilles  dans  la  Terre-à-Pots  de  Grainville,  et  nous 
n'en  perdons  pas  l'espérance. 

Ce  lieu  paraît  avoir  été  fort  habité  à  l'époque  romaine ,  car,  en  4  834 ,  M.  Robin ,  de  Go- 
derville,  et  moi,  nous  avons  trouvé  chez  un  tisserand  une  belle  urne  grise  qui,  en  1830, 
était  sortie  du  fossé  d'une  ferme. 

BIBLIOGRAPHIE. 

L'abbé  Cochet,  «  Étretat  et  ses  environs,  »  p.  24-25. 

Id.,  «  Le  Havre  et  son  arrondiss.,  t.  ii.  —  Canton  de 
Criquetot,  »  p.  24-25. 

Id.,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  137. 

Id.,  a  Étretat,  son  passé,  son  présent,  son  avenir,  »  2* 
édit.,  p.  66-68  i  3«  édit.,  p.  96-100. 

Id.,  «  La  Normandie  souterraine,  »  i"  édit,  p.  122-24; 
2*  édit,  p.  140-42. 


L'abbé  Cochet,  «  L'Étretat  souterrain,  »  l"  série,  p.  6. 

Id.,  a  Sépult  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »»  p.  69-93, 
et  planche. 

E.  Marchand,  «  Des  Eaux  potables  en  général,  etc:,  » 
p.  172-173. 

Noël  de  la  Morinière ,  «  Second  Essai  sur  le  départ, 
de  la  Seine-Inférieure,  *  p  32,  38-39. 

A.  Bosquet,  a  LaNorm.  romanesq.et  merveil.,  »  p.  501. 


MIRVILLE. 

Époque  romaine.  —  Mirville  est  un  lieu  fort  ancien.  Dès  4814  et  1820,  en  travaillant  à 
la  fontaine  qui  coule  au  pied  d'un  coteau  et  au  bord  d'un  bois ,  on  trouva  une  quantité  de 
statuettes  en  terre  cuite  dont  j'ai  vu  les  derniers  vestiges  chez  M.  le  marquis  de  Mirville , 
à  Gommerville.  J'y  ai  reconnu  des  Vénus  anadyomènes  et  des  Lotones  assises  dans  un  fauteuil 
et  tenant  dans  leurs  bras  un  ou  deux  petits  enfants.  Il  est  évident  que  ce  sont  là  des  statues 
votives  jetées  dans  une  fontaine  vénérée  par  les  Gallo-Romains  idolâtres.  Une  statuette  de 
Latone  à  deux  enfants  et  un  tronc  de  Vénus  sont  au  Musée  de  Rouen ,  venant  de  la  vente 
d'Hyacinthe  Langlois,  qui  les  tenait  de  MM.  Rêver  et  de  Mirville.  MM.  Rêver  et  de  Mirville 
visitèrent  cette  découverte ,  et  offrirent  quelques  échantillons  de  ces  statuettes  au  Musée  de 
la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie. 

Époque  incertaine.  —  Non  loin  de  l'église  actuelle  et  dans  l'enceinte  du  château ,  est 
une  motte  de  vallée  assise  dans  une  prairie. 

Une  vieille  tradition  dit  que  l'église  de  Mirville  a  été  transférée,  et  qu'elle  était  autrefois 
placée  dans  des  terres  labourées  connues  sous  le  nom  de  Vieux-Cimetière.  On  prétend 
même  rencontrer  avec  la  charrue  les  fondements  de  l'édifice  disparu. 

Si  cette  translation  a  eu  lieu ,  il  faut  qu'elle  soit  bien  ancienne,  car  l'église  actuelle  est  du 
xiie  ou  du  xiiie  siècle. 


■  Mém.,  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm., 


<■  La  Nonn.  souterr.,  >  1"  ëdit.,  p.  168;  2*  édit,  p.  19t. 

s  Les  Églises  de  l'arroad.  du  Havre,»  t.  ii,  p,  153-M. 


BRÉÂUTÉ. 

Époque  incertaine.  —  J'ai  toujours  entendu  signaler  à  Bréauté  la  présence  d'une  motte 
ou  vigie  antique,  que  je  crois  avoir  été  détruite  vers  1830. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine ,  qui  de  Lillebonne  se  dirige  vers  Étrelat  et  vers 
Fécamp,passe  par  Bréauté  où  elle  est  encore  bien  reconnaissable  au  hameau  de  La  Caackie. 

En  avril  4856,  il  a  été  trouvé  à  Bréauté,  à  quelques  pas  de  la  route  départementale  n»  9, 
au  lieu  appelé  Givoust,  un  cimetière  des  trois  premiers  siècles  de  notre  ère.  On  a  cru  d'abord 
reconnaître  les  clôtures  et  les  barrières  du  champ  de  repos.  Mais  ce  qui  est  plus  certain , 
c'est  qu'à  50  centimètres  du  sol,  il  a  été  rencontré  une  cinquantaine  de  vases  antiques 
provenant  des  incinérations.  Nous  avons  décrit  ces  vases  qui  sont  aujourd'hui  au  Musée 
du  Havre ,  auquel  M.  Mochon ,  de  Goderville ,  propriétaire  du  terrain ,  tes  a  offerts.  Ces 
vases  consistent  surtout  en  une  belle  olla  ou  urne  en  terre  grise,  renfermant  dans  son  sein 
une  magnifique  urne  en  verre  de  forme  carrée  et  encore  remplie  d'os  brûlés.  Au  fond  de 
l'urne  est  figuré  un  autel  avec  ces  deux  lettres  ;  c.  F.  Deux  jolis  vases  de  verre  accompa- 
gnaient cette  urne.  ■ —  Nous  reproduisons  ici  ces  quatre  dernières  pièces. 


s  noMAiNs  (brëavtb,  iSje). 


—  383 


Dans  une  fouille  que  je  pratiquai  moi-même  à  Givoust  en  juillet  delà  même  année,  je  ren- 
contrai encore  trois  urnes  de  terre  en  forme  depol-au-feny  remplies  d'os  brûlés  et  concassés. 


«  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  nonn.,  »  p.  410-416. 
«  Courrier  de  Fécamp ,  »  d'avril  1856. 
«  Journal  de  Fécamp.,  »  d'octobre  1866. 


a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.   de   Norm.,  »  t.  xiv , 
p.  167,  et  t.  XXIV,  p.  343-44. 
«  Voie  romaine  de  Lillebonne  à  Étretat,  »  p.  3  et  4. 


BORNAMBUSC. 

Époque  incertaine.  —  J'ai  vu,  en  1835,  la  place  d'une  motte  circulaire  détruite  vers 
1830  par  un  propriétaire  de  Bornambusc.  Elle  était  au  bord  du  chemin  de  grande 
communication  n"*  11,  qui  va  de  Goderville  à  Saint-Romain.  M.  Gaillard  assure  avoir  connu 
un  fragment  de  voie  romaine  sur  le  territoire  de  Bornambusc. 

E.  Gaillard,  «Recherches  archéologiques,  »  p.  11. 

HOUQUETOT. 

J'ai  connu  à  Houquetot  un  chœur  en  tuf  et  une  abside  romane  circulaire  du  xi^  siècle. 
On  y  signale  aussi  quelques  antiquités  mal  caractérisées. 

VIRVILLE. 

On  m'a  parlé  d'une  motte  ou  vigie  antique  sur  le  territoire  de  Virville ,  dont  l'église  est 
romane  du  xi®  siècle. 

SAINT-SAUVEUR-LA-CAMPAGNE  (section  de  saint-sauveur-d'émalleville). 

Epoque  franque  —  Au  moyen-âge ,  ce  lieu  est  appelé  Sancti  Salvatoris  in  Campaniâ , 
dans  les  archives  du  prieuré  de  Grâville,  ce  qui  fait  croire  que  c'est  à  lui  qu'il  faudrait 
appliquer  le  nom  de  Villa  Campaniâ ,  in  pago  Caletensi ,  mentionné  dans  le  récit  des 
miracles  de  saint  Wandrille.  Ce  dernier  écrit  est  l'œuvre  *d'un  moine  du  ixe  siècle. 


A.  Le  Prévost,»  Mém.  delà  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
l.  XI,  p.  13.- 


Mabillon ,  «  Acta  sanc.  ord.  S.  Benedlct.,  »  sœc.  ii , 
p.  547. 


Va 


YASB    ROMAIN    EN  TEBRB 
(MANNBVILLBy  1861). 


MANNEVILLE-LA-GOUPIL. 

Époque  romaine.  —  En  avril  1858,  on  a  trouvé  à  Man- 
neville-la-Goupil  un  cimetière  romain  dans  une  ferme  située 
au  hameau  de  Ckambray,  à  quelques  pas  de  la  route  impé- 
riale no  25.  C'est  en  comblant  une  mare  que  les  incinérations 
antiques  se  sont  fait  jour. 

^  M.  le  curé  de  Manneville  et  le  fermier,  M.  Hélie ,  m'ont  cédé 
pour  le  Musée  de  Rouen  deux  urnes  en  terre  grise  en  forme 
de  pot-au-feu  :  l'une  contenait  encore  des  os  brûlés  ;  puis 
quatre  ou  cinq  vases  aux  offrandes,  se  composant  de  cruches 
et  d'écuelles  en  terre  en  mauvais  état  de  conservation. 


_  384  — 

J'ai  vu  au  Havre ,  chez  M^ies  de  Saint-Pierre ,  proprié- 
taires de  la  ferme,  une  belle  urne  carrée  en  verre  rem- 
plie d'os  brûlés  qui  trempaient  dans  l'eau  d'interposition. 
Le  fond  de  cette  urne  est  remarquable  par  des  reliefs 
reproduisant  des  oiseaux ,  des  poissons  et  une  douzaine 
de  lettres  placées  aux  angles.  Malheureusement,  l'en- 
semble est  indéchiffrable.  Nous  donnons  ici  un  dessin  de 
ce  curieux  vase  et  de  son  fond. 

Cette  urne  était  accompagnée  de  huit  à  dix  vases  en 
terre  rouge,  noire  ou  blanche  :  c'étaient  des  bols,  des  £ 
plateaux,  des  soucoupes  et  de  petites  amphores  pour  les 
offrandes  et  les  libations. 

En  septembre  4864 ,  j'ai  fait  une  fouille  à  Manneville, 
et  j'ai  encore  trouvé  une  urne  en  terre  grise  parfaitement 
conservée.  Elle  était  recouverte  d'une  écuelle  renversée , 

et  contenait,  avec  des  os 
brûlés,  une  coupe  de  verre,    j 
trois  palets  en  os  et  trois   | 
monnaies    de    bronze    du 


"WTTSW 


VASE  EN  TEBaE  (MANNEVILLE,! 861).  HaUt-EmpirC. 

fl  Bull,  (le  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  ii,  p.  136. 

a  Journal  de  Fécamp,  »  du  24  avril  1858. 

«  Journal  de  Tarrond.  du  Havre,  »  du  6  avril  1858. 

«  Journal  de  Rouen,  •  des  5  et  6  avril  1858. 

«  Revue  archéologique,  •  nouvelle  série,  t.  vi* ,  p.  33,  année  1863. 

li  Bulletin  monumental ,  »  t.  xxix,  p.  34. 

«  Revue  de  la  Normandie,  »  !'•  année,  p.  794-95. 


VASE      ROMAIN      EN     VERRB 
(MANNEVU^LE,  1858). 


CANTON    DE    SAINT-ROMAIN-DE-GOLBOSG. 


SAINT-ROMAIN-DE-COLBOSC. 

Ce  lieu  est  appelé  Colbosc  dans  la  charte  délivrée  (vers  1050)  par  Guillaume-le-Bâtard, 
pour  la  fondation  de  l'abbaye  de  Saint-Georges-de-Bocherville. 

Epoque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Juliobona  (Lillebonne)  à  Caracotinutn  (Har- 
fleur)  passait  par  Saint-Romain.  Elle  est  surtout  bien  reconnaissable  dans  la  traverse  de 
Saint-Michel-du-Haisel.  Les  fabuleuses  chroniques  de  la  Normandie  en  attribuent  la 
confection  à  Jules  César  lui-même,  avec  les  débris  de  la  ville  gauloise  de  Calet. 


—  385  — 

Epoque  franque*  —  D'après  le  pouillé  d'Eudes  Rigaud ,  au  xiii©  siècle ,  Saint-Romain 
aunait  partagé  avec  Gommerville  l'honneur  d'être  le  titre  d'un  doyenné  :  t  Decanatus  de 
Sancto  Romano,  aliàs  de  Gomervillà.  i>  Cela  suppose  une  existence  dès  l'époque  franque, 

A  cette  période  reculée,  nous  pourrions  peut-être  rapporter  les  ruines  du  Catiau-Robert^ 
situées  au  bord  du  vallon,  entre  les  anciennes  paroisses  de  Grosmesnil  et  de  Saint-Michel- 
du-Haisel ,  aujourd'hui  réunies  à  Saint-Romain  (1). 


Nagerel ,  «  Descrip.  du  pays  et  duché  de  Normandie,» 
p.  5  et  6. 

L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Acad.  des  Inscriptions  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635-653. 

Guilmeth,  a  Notice  sur  le  bourg  de  St-Romain,  «  p.  24. 


a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNorm-,  »  U  xiv,  p.  155, 
et  t.  XXIV,  p.  320-321.      ^ 

De  Duranville  ,  «  Essai  sur  l'Histoire  de  la  côte 
Sainte-Catherine ,  »  p.  344. 


LA  REMUÉE. 

Époque  romaine.  —  Ce  village,  qui  est  appelé  Remota  dans  les  titres  du  moyen-âge,  ne 
nous  est  connu,  archéologiquement  parlant,  que  comme  le  passage  de  la  voie  romaine  de 
Juliobona  (Lillebonne)  à  Caracotinum  (Harfleur). 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Eglises  de  l'arrond.  du  Havre ,  »  1     «  Mém.  de  la  Soc*  des  Antiq.  de  Normand.,  »  t.  ziv, 
t.  u,  p.  353.      ^  I  p.  154,  et  t.  xxiv,  p.  819-320. 

LES  TROIS-PIERRES, 

Époque  gauloise  (?).  —  Ce  lieu ,  nommé  Très  Petrœ  au  xine  siècle ,  semble  rappeler 
des  monuments  et  des  souvenirs  druidiques. 

Période  normande.  —  Dans  le  cimetière  est  un  vieil  if  de  plus  de  7  m  êtres  de  cir- 
conférence ,   et  dans  lequel  on  a  établi  une  chapelle  en  1 856. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Eglises  de  Tarrondissement  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  352-353. 

PRETOT  (SECTION  d'étainhus). 

Époque  incertaine.  —  On  signale  à  Pretot  une  motte  ou  vigie.  Ce  lieu  est  appelé 
Peltot  dans  le  pouillé  d'Eudes  Rigaud. 

L'abbé  Cochet,'  «  Les  Eglises  de  l'arrondissement  du  Havre.  »  t.  ii,  p.  341. 

GRAISIBOUVILLE. 

Époque  romaine.  —  Entre  Téglise  de  Graimbouville  et  le  château  de  Goustimesnil ,  un 
cultivateur  a  recueilli,  en  1862,  sur  une  taupinière ,  un  aureus  de  Tibère  pesant  huit 
grammes  et  ayant  traces  de  surfrappe. 

(1)  Une  enceinte  fortifiée,  portant  le  nom  de  Châleau-Bobert,  se  voit  aussi  au  nord  des  ruines  de  Cambremont, 
près  Acquigny  (Eujre.)(«Bull.  mon.,  »  t.  xxxi,  p. 66.) 

49 


38G  — 


SAINNEVILLE-SUR-SEINE. 

Époque  franque.  —  On  attribue  à  ce  village  la  dénomination  franque  de  Sennen  ou  de 
Sennau,  qui  se  lit  dans  la  Chronique  de  Fontenelte.  On  voit  en  effet  que  saint  Bénigne, 
religieux,  qui  devint  plus  tard  abbé  de  Fontenelle,  donna  au  monastère  du  bienheureux 
Wandrille  un  lieu  nommé  Sennan  ou  Sennau,  Cette  donation  eut  lieu  en  698,  la  iv©  année 
du  règne  de  Childebert  II. 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Anti-    |       «  Ghronicon  Fontanellae,  »  c.  vu. 
quaires  de  Normandie,  •  t  xi,  p.  13.  I 


SAINT-AUBIN-ROUTOT. 

Saint-Aubin,  à  présent  surnommé  Routôt  par  suite  de  la  réunion,  depuis  1823,  de  l'an- 
cienne paroisse  de  Routot,  s'appcjlait,  au  siècle  dernier  et  au  commencement  de  celui-ci, 
Saint-Aubin-de-la-Botte ,  à  cause  d'une  auberge  de  ce  nom.  Mais,  au  xviie  siècle  et  aupa- 
ravant, c'était  Saint-Aubin-des-Cercueils.  Cette  dernière  affixe  remonte  loin,  car,  au  xrve 
siècle,  les  registres  de  l'archevêché  de  Rouen  disent  Saint-Aubin-de-Sarcophagny,  proba- 
blement pour  sarcophage;  au  xiv^,  ils  le  nomment  Saint-Aubin-des-Serqueux,  et  enfin  le 
pouillé  d'Eudes  Rigaud,  rédigé  au  xni^  siècle,  l'appelle  Sanctus  Mhinus  de  Sarquelet. 

Époque  romaine  ou  franque  (?).  —  La  raison  de  ce  surnom  funèbre  vient  à  ce  village 
de  la  quantité  considérable  de  cercueils  de  pierre  qu'on  y  trouve  depuis  des  siècles.  Nous 
croyons  qu'au  siècle  dernier  l'abbé  Belley  a  entretenu  de  ces  cercueils  l'ancienne  Académie 
des  Inscriptions.  De  nos  jours,  vers  1820,  M.  Pinel,  du  Havre,  a  encore  connu,  dans  le 
cimetière  qui  entoure  l'église  de  Saint-Aubin ,  des  cercueils  de  pierre.  Il  assure  que  le 
fossoyeur,  en  creusant  les  tombes,  en  rencontre  fréquemment;  presque  toujours  il  brise  ces 
tombeaux,  vides  depuis  longtemps.  M.  Pinel  en  a  vu  découvrir  un  et  l'a  mesuré  :  il  avait 
1  mètre  88  centimètres  de  long ,  20  centimètres  de  profondeur,^56  centimètres  de  lai^e 
à  la  tête ,  et  28  aux  pieds ,  mesures  prises  au  dedans.  L'épaisseur  des  parois  était  constam- 
ment de  6  centimètres.  La  matière,  examinée  par  des  tailleurs  de  pierre,  a  été  reconnue 
provenir  des  environs  de  Paris.  Tous  étaient  orientés  est  et  ouest,  et  tous  se  ressemblaient 

M.  Gaillard  dit  «  qu'à  Saint-Aubin-des-Cercueils,  non  loin  de  l'auberge  de  la  Botte, 
existe  un  tertre  ou  tumulus ,  »  qu'il  assure  être  couvert  de  débris  romains. 

Par  Saint-Aubin  passait  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lillebonne  à  Harfleur. 

Période  normande.  —  En  1840,  j'ai  encore  vu  dans  le  cimetière  de  Saint-Aubin,  le 
long  de  l'ancienne  église,  des  dalles  de  moellon  provenant  de  cercueils  chrétiens  du  xie  au 
xiiie  siècle.  Les  précédentes  sépultures  appartiennent  probablement  à  l'époque  franque. 


«  Les  Églises  de  Tarrond.  du  Havre,  »  U  ii,  p.  319-320. 
€  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNorm.,  »  t.  xiv,  p.  155- 
156,  et  t.  x>iv,  p.  321-322. 


E.  Gaillard,  «  Recherches  archéol.,  etc.,»  p.  4. 
L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Acad.  des  Inscriptions  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  635-653. 


—  387  — 

BEAUCAMP  (section  de  saint-aubin-routot). 

Époque  romaine  (?).  —  A  Beaucamp,  près  de  l'église  détruite  en  1852,  se  trouve  une 
motte  peu  élevée ,  mais  intéressante.  Le  sommet  en  est  plat  comme  celui  d'un  camp.  Mal- 
heureusement, une  partie  du  terrassement  a  été  détruite  depuis  longtemps.  M.  Fallue  dit 
qu'on  y  trouve  des  tuiles  à  rebords. 

Nous-même  avons  écrit  déjà  que  la  motte  de  Beaucamp  était  circulaire  et  qu'on  y  trou- 
vait des  débris  romains.  Le  peuple  dit  que  c'est  un  ancien  camp  des  Romains ,  et  que  les 
soldats  qui  y  mouraient  étaient  enterrés  dans  le  cimetière  de  Saint-Aubin-des  Cercueils. 


L'abbé  Cochet,  c  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  » 
t.  Il,  p.  321-322. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  ix,  p.  291; 
t.  XIV,  p.  156,  et  t.  XXIV,  p.  322. 


OUDAI^LE. 

Époque  gauloise.  —  En  1853,  on  a  trouvé  à  Oudalle  une  monnaie  gauloise  en  or, 
'  portant  d'un  côté  la  tête  laurée  d'Apollon.  Cette  pièce  est  à  la  Bibliothèque  de  Montivilliers. 

Époque  romaine.  — M.  Fallue  mentionne  des  fragments  de  vases  en  terre  rouge  et 
brune,  des  cendres  et  des  ossements,  rencontrés  sur  la  déclivité  du  vallon  qui  descend  du 
camp  de  Sandouville.  —  M.  Deville  nous  assure  que,  dans  le  fond  d'Oudalle,  on  a  recueilli 
un  bronze  d'Antonin. 

Epoque  incertaine.  —  Dans  le  latin  du  moyen-âge ,  ce  lieu  est  appelé  Bulvedala.  J'ai 
lu  quelque  part  que  ce  vallon  renfermait  des  traces  de  barrage,  comme  plusieurs  de  nos 
vallées  littorales  de  l'océan.  Je  ne  les  y  ai  pas  constatées. 

M.  Gaillard  signale,  sur  le  coteau  qui  borde  la  vallée  d'Oudalle,  un  terrassement  isolé 
de  la  côte  à  l'aide  d'une  coupure  ou  tranchée  profonde. 

L'église  d'Oudalle,  aujourd'hui  sur  la  plaine,  était  autrefois  dans  la  vallée.  Mais  cette 
translation  est  récente  et  ne  doit  pas  dépasser  le  dernier  siècle. 

«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  ix ,  p,  279.    i       E.  Gaillard ,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  5. 
«  La  Normandie  sont.,  >»  !'•  édit.,  p.  127  ;  2*édit.,  p.  145.    |       «  Les  É^^lises  de  l'arrond.  du  Havre^  »  t.  h,  p.  335. 

SANDOUVILLE. 

Époque  gallo-romaine.  —  L'importance  et  la  célébrité  de  Sandouville  consistent  dans 
sa  grande  et  antique  enceinte  connue  sous  le  nom  de  Camp  de  César.  Ce  camp,  dont  beau- 
coup ont  parlé,  a  été  proposé  par  quelques-uns  comme  pouvant  être  un  des  Castra  Constantia 
de  Constance  Chlore.  Nous  ne  sommes  pas  en  mesure  de  décider  cette  question. 

L'enceinte  de  Sandouville  a  été  décrite  avec  assez  d'exactitude  par  M.  Fallue,  dans  son 
Mémoire  sur  les  Travaux  militaires  antiques  des  bords  de  la  Seine  et  de  la  Rive  saxonique 
(p.  3-12);  nous  y  renvoyons  le  lecteur.  Nous  dirons  seulement  les  impressions  qui  nous 
sont  restées  d'une  visite  faite  il  y  a  trente  ans.  Cette  enceinte  est  la  plus  grande  que  noiK 
connaissions.  M.  Gaillard  lui  donne  145  hectares;  d'autrps  lui  accordent  500  acres. 


L.,_ 


—  388 


Ce  camp  était  défendu  naturellement  par  trois  côtés  :  à  l'occident ,  par  la  Seine  et  la 
falaise  qui  borde  le  fleuve  sur  l'espace  de  900  mètres  ;  au  nord,  par  la  vallée  d'Oudalle,  et  au 
sud,  par  celle  de  Mortemer.  Cette  langue  de  terre  ne  communique  à  la  plaine  que  du  côté 
de  Test  ou  du  nord-est,  et  c'est  là  que  se  trouvent  de  gigantesques  remparts  en  terre,  sem- 
blables à  ceux  du  Hague-Dik,  du  Canada  de  Fécamp,  et  de  la  Cité  de  Limes,  près  Dieppe. 

Outre  les  terrassements  qui  protégeaient  son  entrée,  le  camp  de  Sandouville  avait  toute 
sa  crête  fossoyée  dans  toute  la  longueur  des  vallons  d'Oudalle  et  de  Mortemer.  Ceci  est 
conforme  à  l'ancien  système  des  enceintes  fortifiées.  Ce  camp  est  un  des  plus  curieux  de  la 
Seine-Inférieure,  et  peut-être  de  la  Normandie.  Il  lui  manque,  pour  être  mieux  apprécié, 
d'avoir  été  l'objet  des  mêmes  études  que  ceux  de  Limes  et  du  Hague-Dik.  Peut-être  celui-ci 
trouvera-t-il  son  M.  Feret  ou  son  M.  de  Gerville. 

Nous  sommes  très  porté  à  croire  que  le  secret  de  cette  mystérieuse  circonvallation  est 
dans  son  sol,  et,  quand  ce  sol  aura  été  interrogé,  il  répondra.  Nos  successeurs  lui  accorde- 
ront sans  doute  q^elque  attention.  En  ce  moment ,  nous  ne  pouvons  guère  citer  que  les 
découvertes  dues  au  hasard.  A  Sandouville,  la  tradition  locale  en  relate  plusieurs.  On  raconte 
notamment  que ,  vers  1785,  M.  de  Sandouville,  faisant  abattre  une  partie  du  vallum,  y 
trouva  un  tombeau  fait  de  dalles  de  pierre  et  contenant  un  corps  avec  une  lance  et  des 
fragments  d'armures.  Sur  la  pente  du  coteau  d'Oudalle,  vers  les  Fontaines,  on  a  trouvé  des 
vases  en  terre  rouge  et  grise,  des  ossements,  des  monnaies  anciennes,  etc.,  et  on  y  en  trouve 
encore  de  temps  en  temps.  Enfin  on  cite  à  Sandouville  des  meules  à  broyer  en  poudingue. 

En  1858,  on  a  trouvé  à  Sandouville  une  médaille  gauloise  en  or  du  poids  d'un  granune 
et  demi,  que  possède  M.  Délié ,  de  Manéglise ,  et  sur  laquelle  il  a  publié  une  note  dans  le 
Bulletin  delà  Société  des  Antiquaires  du  Normandie  (t.  ler,  année  1861,  p.  439-443). 
En  1864,  M.  E.  Lambert ,  de  Bayeux ,  a  décrit  de  nouveau  cette  pièce  dans  son  Second 
Essai  sur  la  numismatique  gauloise. 


Pinel,  «  Essais  archéol.,  hist.  et  phys.  sur  lesenvir.  du 
Havre,»  p.43-i4. 
E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  6  et  7. 
L.  Fallue,  •  Mém.  sur  les  trav.  milit.  antlq.  des  bords 


de  la  Seine  et  sur  ceux  de  la  rive  saxon ique ,  «  p.  t  à  12 
pi.  VI  et  vin,  in-8%  Caen,  1835. 

«  Mém.  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie,  »  t.  ix, 
p.  182-187,  279-280,  et  pi.  vi  et  viii,  t.  xxv,  p.  487,  535, 
pi.  IV,  fig.  14. 


LA  CERLANGUE. 

Époque  romaine.  —  En  1833,  on  a  découvert  des  incinérations  romaines  sur  le  terri- 
toire de  La  Cerlangue.  Ce  fut  au  hameau  du  Claque^  dans  une  ferme  possédée  par  ftP^®  Le- 
breton  et  cultivée  par  M.  Yon ,  que  cette  découverte  eut  lieu.  Outre  les  divers  vases  funé- 
raires qui  résultent  ordinairement  des  sépultures  antiques,  on  remarqua  surtout  la  pré- 
sence d'un  petit  bronze  de  Victorin ,  et  celle  d'un  dolium  à  présent  conservé  au  Musée  de 
Rouen ,  et  qui  a  été  décrit  par  M*  Deville. 


—  S89  - 

Époque  FRANQUE.  —  Vers  1814,  au  hameau  qui  porte  le  nom  de  Babylone^  un  culti- 
vateur a  trouvé,  en  labourant,  un  vase  en  terre  cuite  contenant  deux  à  trois  cents  monnaies 
d'argent  de  Charlemagne.  Je  tiens  ce  fait  de  M.  le  docteur  Hachard,  de  Saint-Romain. 


Deville,  «Notice  sur  quelques  doliunis  antiques,  »>  p.  3. 
Id.,  «Gâtai,  du  Musée  d'ant.  de  Rouen,»  année  1845,  p.  8. 
«  La  Normand,  sont,  »  !'•  édit.,  p.  124;  2*  édit.,  p.  143. 


«  Précis  analyt.  des  Trav.  de  l'Aoad.  de  Rouen,*  année 
1845,  p.  325. 
«  Revue  archéologique,  »  !'•  série,  t.  xiv,  p.  610. 


TANCARVILLE. 

Tancarville ,  puissante  châtellenie  féodale  qui  a  mérité  avoir  son  histoire  particulière , 
n*est  pas  non  plus  dépourvu  de  monuments  antiques  antérieurs  au  moyen-âge  propre- 
ment dit. 

Époque  gauloise  (?).  —  Le  plus  ancien  que  nous  puissions  y  citer  est  son  rocher  de 
Pierre  Gante  ou  de  pierre  du  géant,  roche  naturelle  que  la  simplicité  des  peuples  a  entourée 
de  mystères,  t  La  Pierre  Gante,  dit  M.  Deville,  forme  la  crête  de  la  falaise  qui  correspond , 
de  l'autre  côté  de  la  gorge  de  Tancarville,  à  celle  qui  porte  le  château.  Placée  à  200  pieds 
au-dessus  de  la  Seine,  cette  roche  surplombe ,  semblable  à  un  toit  immense,  et  paraît  prête 
à  chaque  instant  à  se  détacher  et  à  s'écrouler  dans  la  vase  du  fleuve.  » 

D'après  la  croyance  populaire,  cette  roche,  comme  la  chaire  de  Gargantua,  près  Duclair, 
«  aurait  servi  de  siégea  un  géant  qui  avait  coutume  de  s'y  asseoir  pour  laver  ses  pieds  dans 
la  Seine.  » 

Epoque  romaine. —  En  dehors  de  cette  antiquité  qui  n'a  pas  de  date,  que  les  uns  croient 
druidique  et  d'autres  Scandinave ,  Tancarville  possède  aussi  des  restes  de  la  civilisation 
romaine.  M.  Fallue  assure  qu'auprès  des  Fontaines  «  on  a  découvert,  vers  1832,  des  vases 
en  terre  ,  des  fioles  de  verre ,  des  cendres  et  des  charbons  provenant  d'anciennes 
sépultures.  i> 

En  1838,  lors  de  la  vente  du  cabinet  de  M.  H.  Langlois,  le  Musée  d'Antiquités  de  Rouen 
acheta  une  statuette  romaine  en  bronze,  que  l'on  disait  provenir  de  Tancarville  ou  des 
environs.  Le  dieu  tient  à  la  main  une  bourse  et  sur  le  bras  une  peau  de  lion.  C'est  Hercule 
ou  Mercure.  Cette  image,  haute  de  15  centimètres,  a  été  éditée  par  M.  Jorand  dans  ses 
Siècles  de  laUonarchie  française^  pi.  vi,  fig.  i^e,  publication  commencée  en  1823,  et  qui 
n*a  vu  le  jour  qu'en  1838  sous  le  titre  ^Introduction  à  r Histoire  de  France,  par  MM.  de 
Jouffroy  et  Ernest  Breton. 

Époque  incertaine.  —  Quoique  le  genre  d'antiquités  qui  nous  reste  à  signaler  n'ait  pas 
de  date ,  cependant  nous  ne  pouvons  le  passer  sous  silence. 

€  D  n'est  pas  rare,  dit  M.  Deville,  de  trouver  au  bas  de  la  terrasse  du  château  de 
TancarviUe ,  après  que  les  grandes  marées  en  ont  lavé  le  pied ,  de  petits  objets  plus  ou 
moins  anciens,  la  plupart  en  cuivre,  tels  que  boucles,  chaînettes,  clous,  poids  moné- 


390 


taires,  etc.  M.  Fallue,  pendant  son  séjour  à  Tancarville,  en  a  re- 
marqué lui-même  plusieurs  qu'il  a  bien  voulu  me  remettre  pour  le 
Musée  d'Antiquités  de  Rouen.  Le  plus  ancien  de  ces  objets  est 
un  pendant  d'oreille  ou  une  boucle  d'épingle  en  bronze,  qui  était 
ornée  de  dix  petites  pierres  de  couleur  dont  une  seule  reste  en- 
core. •  Par  la  bienveillance  de  M.  Deville,  nous  reproduisons  cette 
pièce. 


Deville,  «  Hist.  du  château  et  des  sîres  de  Tancarville,» 
p.  78-79,  96-98. 
A.  Bosquet,  «  La  Norm.  rom.  et  merv.,  »  p.  194. 


FIBULE  (TA?(CARYILLB). 

Fallue,  a  Mém.   de  la  Société  des- Antiq.  de  Nor- 
mandie, »  t.  IX,  p.  28,  191. 
•  La  Normandie  sout.,  »  1"  édit.,p.  127;  V  édit.  p.  145. 


CANTON    DE    BOLBEG 


BOLBEC. 

Bolbec  est  assurément  une  ville  très  moderne ,  puisque  son  importance  commerciale  et 
industrielle  date  d'un  siècle  au  plus;  mais,  comme  localité,  ce  point  remonte  au  moins  à 
la  période  romaine. 

Époque  gauloise  (?).  —  Nous  pourrions  peut-être  même  invoquer  Fépoque  gauloise 
pour  la  tradition  qui  prétend  que  la  rivière  de  Bolbec  fut  autrefois  bouchée  avec  de  la  laine. 
Cette  tradition ,  dont  l'analogue  se  rencontre  en  d'autres  endroits  de  ce  département,  doit 
remonter  à  une  haute  antiquité. 

Époque  romaine.  —  Quant  à  l'existence  romaine  de  Bolbec,  plusieurs  faits  la  démon- 
trent, principalement  des  sépultures  à  incinération.  D'abord  le  territoire  de  Bolbec  était  tra- 
versé par  la  voie  romaine  qui  de  Lillebonne  se  dirigeait  vers  le  littoral  de  la  Manche ,  no- 
tamment à  Fécamp  et  à  Étretat.  Ensuite,  il  a  été  trouvé  au  hameau  de  Ronckerolles,  sur  le 
bord  d'un  vieux  chemin,  plusieurs  vases  antiques  contenant  des  os  brûlés,  spécialement  une 
belle  urne  en  plomb  décorée  de  ronds  et  de  bâtons  croisés 
formant  saillie  sur  le  fond.  Cette  urne,  encore  pleine  d'os  in- 
cinérés, a  été  offerte ,  vers  1840,  au  Musée  de  Rouen,  par 
M.  Jacques  Fauquet,  ancien  maire  de  Bolbec.  Nous  en 
donnons  ici  le  dessin. 

Des  urnes  semblables  ont  été  trouvées  à  Lillebonne,  en 
1864,  au  Mesnil-sous-Lillebonne ,  vers  1830,  et  à  Saint- 
Maurice-d'Ételan,  en  1852. 

Outre  ce  vase  de  plomb,  M.  Fauquet  a  encore  offert  un  vase 
en  terre  et  un  vase  en  verre.  vbnb  en  plomb  (^olbbg,  im). 


^ 


1 


—  391  — 

Mais  la  plus  belle  découverte  de  sépultures  gallo-romaines  faite  à  Bolbec  a  eu  lieu  eiï 
1847  et  en  1848,  au  fond  de  la  vallée  de  Fontaine-Martel,  dans  un  petit  bois  appartenant 
alors  à  M.  Lemfidtre-Lavotte  et  voisin  de  son  usine.  Là,  pendant  plusieurs  mois  de  chô- 
mage, les  ouvriers  défricheurs  n'ont  cessé  de  trouver  des  urnes  et  des  vases  funéraires 
antiques ,  accompagnés  d'ornements  en  métal.  Les  objets  provenant  de  cette  fouille  ont 
été  dispersés  un  peu  de  toute  part.  J'en  ai  vu  à  Rouen,  chez  M.  l'abbé  Somménil,  directeur 
de  la  maîtrise  :  ce  sont  des  cruches  pour  les  offrandes  et  un  passe-lacet  en  os.  Mais  le 
meilleur  dépôt  est  aujourd'hui  chez  M.  Platel,  architecte  de  la  ville  du  Havre. 

En  18G0,  j'ai  visité  au  Havre,  rue  de  VAlma,  le  cabinet  de  M.  Platel,  architecte,  et  j'y  ai 
trouvé  onze  vases  entiers,  plusieurs  fragments  intéressants,  une  Vénus  anadyomènë  et  un 
couvercle  moulé  offrant  un  médaillon.  Ce  médaillon  présente  un  enfant,  Bacchus  peut- 
être,  tenant  à  la  main  un  oiseau  encadré  dans  un  rehef  formé  d'une  vigne  avec  ses  grappes 
de  raisin.  Parmi  les  vases  de  terre  se  trouvaient  une  urne  noire  pleine  d'os  brûlés,  des  coupes 
samiennes ,  des  cruches  et  des  vases  aux  offrandes.  Le  verre  était  représenté  par  l'anse 
d'une  urne,  par  quatre  perles  bleues  côtelées,  par  une  perle  de  verre  simple,  et  surtout  par 
un  magnifique  débris  de  plateau  en  verre  d'émail  nuancé  de  plusieurs  couleurs,  notamment 
de  bleu,  de  blanc,  de  jaune  et  de  rouge.  Cette  pièce,  rar§  dans  nos  contrées,  devait  être  de 

toute  beauté.  Enfin  les  objets  de  métal ,  au 
nombre  de  trois,  offraient  surtout  deux  fibules 
en  bronze  dont  une  était  découpée  à  jour, 
tandis  que  l'autre,  de  forme  bombée,  présen- 
tait des  dents  en  émail  du  plus  grand  éclat.  Ces 
dents,  qui  alternent,  sont  rouges,  bleues, 
vertes  et  orange.  Il  y  aurait  encore  de  belles 
découvertes  à  faire  dans  le  bosquet  qui  reste. 
C'est  probablement  par  suite  de  cette  découverte  que  le  Musée  de  Rouen  a  reçu,  comme 
venant  de  la  vallée  de  Bolbec ,  des  vases  en  terre  grise ,  un  plateau  en  terre  rouge ,  des 
fibules,  des  bracelets  et  une  bague  en  bronze,  et  enfin  des  grains  de  verroterie  bleus  et  noirs. 
Période  normande.  —  Au  bas  de  cette  colline  funéraire  est  la  chapelle  tuffeuse  et 
romane  de  Saint-Martin ,  voisine  d'un  vivier  qui  a  disparu. 

En  face  est  le  vieux  château  de  Fontaine-Martel  surmonté  d'un  if,  et  dont  la  motte,  ainsi 
que  les  fossés  profonds,  se  découpe  encore  sur  le  terrain  et  se  dessine  à  l'œil  du 
spectateur.  Ce  vieux  débris  du  monde  féodal  pourrait  bien  avoir  ses  racines  jusque  dans  le 
sol  romain  qui  a  reçu  les  urnes  dont  nous  venons  de  parler. 


FIBULB  EN  BBONJSB  ÉMA1LLÉ  (BOLBBC,   1 


Guilmeth,  «Notice  hist.  sur  Bolbec,  »  p.  2,  et  «  Hist. 
de  la  ville  et  du  canton  d*Elbeuf,  »  p.  270. 

Deville, «Calai,  du  Musée  départ.,»  année  1845,  p.  34. 

Uabbé  Cochet,  «La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édit., 
p.  m;2«é<Ut.,  p.  140. 


Uabbô  Cochet;  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,  »  t.  XIV,  p.  166-67,  et  t.  xxiv,  p.  343. 

Id.,  «  Voie  rom.  de  Lillebonne  à  Ëtretat.  «  p.  2  et  3. 

Roach  Smith,  «  CoUectanea  an  tiqua,  »  vol.  m» 
p.  62. 


—  392  — 

BEUZEVILLE-LA-GRENIER. 

Epoque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Lillebonne  à  Etretat  passait  par  Beuzeville,  où 
elle  est  mentionnée  sous  le  nom  de  chaussée  dès  le  xiie  siècle. 

<  Neustria  pia  >,  p.  853.  |       «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Normandie,  »  t.  ziV) 

«  Voie  romaine  de  Lillebonne  à  Etretat,  »  p.  3.  I    p.  166-67,  et  t.  xxrv,  p.  343. 

LE  PARC-D'ANXTOT. 

Epoque  gauloise  (?).  —  Sur  la  Carte  archéologique  de  M.  Leroy,  ce  lieu  est  indiqué 
conune  un  point  gaulois. 

Période  normande.  —  Cette  commune  est  composée  de  deux  anciennes  paroisses 
appelées  au  moyen-âge  :  l'une,  Par  cils  ,  l'autre,  Ansoltot.  Cette  dernière  est  mentionnée  dte 
1050  dans  la  charte  de  fondation  de  l'abbaye  de  Saint-Georges-de-Bocherville ,  confirmée 
par  Guillaume-le-Conquérant  et  par  le  pape  Innocent  IL 

«  Les  Eglises  de  l'arrondissement  du  Havre,  »  t.  u ,  p.  257. 

SAINT-JEAN-DE-LA-NEUVILLE. 

Epoque  romaine  (?).  —  Sur  sa  Carte  archéologique ,  M.  Leroy  signale  en  ce  lieu  des 
débris  romains. 

NOINTOT. 

Epoque  gauloise  (?).  —  Sur  sa  Carte  archéologique ,  M.  Leroy  indique  Nointot  comme 
un  point  où  existèrent  des  antiquités  gauloises. 

RAFFETOT. 

Epoque  gauloise  (?).  —  Sur  sa  Carte  archéologique ,  M.  Leroy  indique  Rafifetot  comme 
un  lieu  gaulois. 

BOLLEVILLE. 

Epoque  romaine  (?).  —  Sur  sa  Carte  archéologique ,  M.  Leroy  indique  ce  lieu  comme 
un  point  romain. 

GUILLERVILLE  (section  de  bolleville). 

Epoque  romaine.  —  Nous  tenons  de  M.  Deville  que,  en  1841 ,  on  rencontra  à  Guiller- 
ville  des  constructions  romaines,  et  qu'on  y  recueillit  une  meule  à  broyer  en  poudingue. 


—  393  — 

BIELLEVILLE  (section  de  rouville). 

Époque  incertaine.  —  Sur  la  paroisse  supprimée  de  Bielleville ,  appelée  aussi  Bileville 
et  Bier ville,  se  trouvait  naguère  encore  une  réunion  de  mottes  ou  de  terrassements  assez 
célèbres  dans  ce  pays,  où  elles  étaient  connues  sous  le  nom  de  parc  d'Hallebosc.  Les  mottes 
d'Hallebosc  jouissaient  dans  le  Grand-Caux  d'une  renommée  égale  à  celle  qu'obtenaient , 
dans  le  Petit-Caux ,  les  mottes  d*  Juppegard  ou  de  Colmesnil.  Les  tertres  d'Auppegard 
furent  détruits  en  1777  et  en  1800;  ceux  d'Hallebosc  n'ont  disparu  qu'en  1856. 

En  1844,  j'ai  encore  vu  et  mesuré  les  deux  dernières  mottes  qui  restaient  de  la  Baronie 
d'Hallebosc.  C'était  bien  le  terrassement  le  plus  étrange  que  j'aie  connu  en  Normandie. 
Ces  deux  buttes  survivantes ,  d'une  grandeur  inégale ,  formaient  une  espèce  de  camp 
hexagone  de  trois  cent  vingt  et  un  pas  de  circonférence ,  entourée  de  fossés  de  7  mètres 
de  profondeur.  Au  sud-ouest  de  l'enceinte  fossoyée  s'élevait  la  butte  principale,  qui 
avait  35  mètres  de  hauteur  et  qui  jouait  le  rôle  du  donjon  dans  un  château.  A  la  surface 
du  sol ,  je  n'ai  remarqué  aucune  trace  de  muraille  :  seulement  des  débris  de  tuiles  et  de 
poteries. 

Lors  de  la  destruction  de  ces  buttes ,  opérée  en  août  1856  par  les  ordres  de  M.  Blondel, 
fabricant  de  Bolbec ,  on  trouva  un  grand  nombre  de  vases  et  de  tuiles  antiques ,  des  objets 
en  fer  que  Ton  prit  pour  des  armes  oxydées,  une  espèce  de  tombeau  en  pierre  que  l'on  dit 
être  du  grès ,  des  couches  de  terre  cendrée  ou  charbonnée ,  et  enfin  un  puits  circulaire 
nommé  par  la  tradition  le  Trou-au-Diable. 

«  Les  Eglises  de  rarrondissement  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  267-68. 

LANQUETOT. 

Epoque  gauloise  (?).  —  Indiqué  sur  la  Carte  archéologique  de  M.  Leroy  comme  un 

point  gaulois. 

LINTOT. 

Epoque  romaine.  —  Par  Lintot  passait  la  voie  romaine  qui  de  Juliobona  (Lillebonne) 
allait  à  Gravinum  (Grainville-la-Teinturière). 

A  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  160,  et  t.  xxiv,  p.  336. 

TROUVILLE-EN-CAUX. 

Epoque  romaine.  —  Trouville-en-Caux  est  une  des  localités  archéologiques  les  plus 
intéressantes  des  campagnes  de  l'arrondissement  du  Havre.  Voisin  de  Juliobona  et  placé 
sur  le  passage  de  la  grande  voie  militaire  qui  de  cette  cité  romaine  conduisait  à  Bononia  et 
dans  le  nord  de  la  Gaule,  le  sol  de  Trouville  dut  être  couvert  d'habitations  à  cette  brillante 
époque  de  notre  histoire. 

50 


L 


—  394  — 

Déjà ,  depuis  près  d'un  siècle ,  des  découvertes  de  sépultures  plusieurs  fois  renouvelées 
sont  venues  déposer  en  faveur  de  notre  assertion.  Sous  Louis  XVI ,  en  effet ,  M.  le 
président  de  Coqueréaumont  fit  détruire  un  tumulus  antique  qui  bordait  la  voie  romaine  ; 
il  trouva  dans  ce  tertre  grand  nombre  de  vases  dont  quelques-uns  contenaient  des  ossements 
incinérés.  De  cette  découverte  première  et  primitive  il  ne  nous  est  resté  que  le  souvenir. 

Mais  en  voici  une  seconde  qui ,  venue  à  temps ,  nous  aura  laissé  de  beaux  restes.  Vers 
1857,  M.  Fleury,  maire  de  Rouen  et  propriétaire  du  château  de  Trou  ville,  fit  défricher 
une  portion  de  son  verger.  Il  y  trouva  plusieurs  incinérations  romaines  dont  les  vases 
furent  en  majeure  partie  détruits  par  l'incurie  des  ouvriers.  Toutefois,  il  échappa  à  la 
pioche  sept  ou  huit  vases  encore  conservés  à  Rouen ,  chez  M.  Fleury  fils,  architecte,  bou- 
levard Bouvreuil ,  no  23. 

Parmi  les  vases  sauvés  de  la  destruction  ,  quatre  sont  en  verre  et  trois  en  terre.  Dans 
les  trois  derniers  on  remarque  une  urne  grise  contenant  des  os  brûlés ,  olla  rustique  et 
ordinaire  des  Calètes.  Sur  les  quatre  vases  de  verre,  deux  sont  des  urnes  dont  une  pomiforme 
et  l'autre  cylindrique.  Les  deux  autres  sont  pour  les  offrandes  et  les  libations. 

Le  premier  et  le  moins  grand  est  un  charmant  petit  flacon  à  deux  anses  en  cou  de  cygne, 
d'un  type  fréquent  en  Normandie  et  connu  dans  tout  le  monde  romain.  Mais  le  second  est 
une  belle  coupe  de  verre  moulée  et  à  reUefs,  représentant  les  courses  du  cirque. 

Cette  belle  et  curieuse  pièce  ,  conservée  presque  entière,  a  été  reproduite  à  Londres,  à 
Caen  et  à  Chambéry.  On  y  voit  quatre  fois  reproduite  la  scène  d'un  quadrige  courant  dans 
un  théâtre  antique ,  et  au-dessus  est  une  inscription  malheureusement  illisible.  Ce  sujet  a 
été  retrouvé  en  partie  à  Autun  et  à  Londres.  Le  fragment  recueilli  à  Autun  figure  au  Musée 
céramique  de  Sèvres  ;  le  fragment  anglais,  rencontré  dans  la  métropole  même  de  la  Grande- 
Bretagne,  a  été  publié  par  notre  ami  Roach  Smith ,  dont  il  ornait  le  Musée  Londonien. 
Toutefois,  aucun  spécimen  n'est  sorti  de  terre  aussi  bien  conservé  qu'à  Trouville. 

Des  sujets  analogues,  mais  se  rapportant  à  des  combats  de  gladiateurs  (1),  ont  été 
reconnus  sur  des  coupes  funéraires  en  verre,  à  Chavagnes-en-Paillers  (\^endée),  à  Monta- 
gnole  (Savoie)  et  àHartlip  (Kent,  Angleterre).  —  Nous  donnons  à  la  page  suivante  le 
dessin  de  notre  précieuse  coupe. 

Sur  les  antiquités  romaines  de  Trouville ,  voir  : 


E.  Gaillard,  «  Recherches  archéologiques,  p.  10 

Id.  «  Conject.  sur  le  Roy.  d'Yvetot,  »  dans  le  «  Précis 
analyt  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année  1836,  p.  135. 

L'abbé  Cochet,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t.  XIV,  p.  160  et  XXIV,  p.  336. 

Id.,  «  La  Norm.  souterr.,  »  l'*éd.,  p.  127  ;  2^  éd.,  p.  145. 

Id.,  «  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm. ,  »  1" 
année,  1860,  p.  146-150. 


L'abbé  Cochet,  «  Bulletin  du  Comité  de  la  Langue,  de 
l'Histoire  et  des  Arts  de  la  France,  »  t.  iv,  p.  925-27. 

De  la  Villegille,  «  Notice  sur  un  verre  antiq.  à  boire, 
trouvé  en  Vendée,  »  p.  10-12. 

«  Proceedings  ofthe  Society  of  Antiquaries  ofLondon,» 
2'  séries,  vol.  i",  p.  45-48. 

«  Bulletin  de  la  Soc.  savoisienne  d'hist.  et  d'arch.,» 
année  1860-61,  p.  xxvi. 


(1)  Fr.  Lenormant,  •  Revue  archéologique,  »  nouvelle  série,  t.  x,  p.  304-310. 


—  395  — 

E   (iALLO-BOMAlNB ,  TftOLVËS   A   mOUVILLE-ErC-CAVX  RM    IS',6 


roMD  (unATivEOii  naturbllb). 


Époque  franque  (?;.  —  Peut-être  pourrait-on  attribuer  à  l'époque  franque  le  cercueil 
de  pierre  trouvé  vers  1824  au  côté  nord  de  l'église  de  Trouville. 


—  396  — 


CANTON    DE    LILLEBONNE. 


LILLEBONNE. 

Epoque  gauloise.  —  Bon  nombre  d'auteurs  ont  pensé  que  la  métropole  des  Calètes , 
avant  la  conquête  de  Jules  César,  était  placée  à  Lillebonne  même,  là  où  fut  plus  tard  la  cité 
romaine  de  Juliobona.  Ils  donnent  à  cette  ville  le  nom  de  Calet,  de  Calète  et  de  Cité  Calète. 
Les  savants  modernes  ,  et  surtout  les  numismates  (  Bouteroue , 
Conbrouse,  Lelewel,  de  La  Goy,  E.  Lambert  et  Deville),  attribuent, 
soit  à  la  métropole  gauloise  des  Calètes,  soit  aux  Calètes  eux- 
mêmes  ,  les  monnaies  celtiques  en  or,  en  argent  ou  en  bronze , 
qui  portent  les  noms  de  Kal  ,  Kalet,  Kaledv,  Kaletv.  —  Nous      ^'^-'^  af 
donnons  ici  un  spécimen  de  l'une  d'elles.  monnaie  gauloise  de8  calètes. 

Du  reste,  tous  ceux  qui  tiennent  pour  la  ville  gauloise  de  Calet  s'accordent  à  en  affirmer 
la  destruction  par  Jules  César  et  la  reconstruction  sous  l'administration  romaine. 

Nous  n'avons  guère  à  nous  prononcer  dans  une  question  tout  hypothétique  et  que  jus- 
qu'ici les  monuments  n'ont  pas  démontrée.  Nul  ne  sait  si  César  est  jamais  venu  chez  les 
Calètes. 

Sans  la  combattre  en  aucune  manière ,  nous  ferons  toutefois  observer  qu'il  est  dans 
l'ancien  pays  de  Caux  un  point  qui  pourrait  assurément  disputer  à  Lillebonne  l'honneur 
d'avoir  été  la  tête  des  Calètes  gallo-belges  :  c'est  une  colline  de  Caudebec  appelée  le  Mont- 
Calidu,  le  Calidu  ou  le  Calidois.  Cette  persévérance  de  dénomination  est  frappante. 
Ajoutez  à  cela  que  ce  mont  est  couvert  de  débris,  et  que  dans  l'opinion  de  bien  des  gens, 
Caudebec,  dont  le  nom  ne  paraît  cependant  pas  antérieur  au  moyen-âge ,  passe  néanmoins 
pour  la  capitale  du  pays  de  Caux,  Du  reste,  nous  renvoyons  pour  tout  ceci  à  l'article  que 
nous  consacrerons  à  Caudebec-en-Caux. 

Les  seuls  monuments  gaulois  de  Lillebonne  parfaitement  incontestables  sont  les  médailles 
celtiques,  dont  quelques-unes  sont  à  Caen,  à  Rouen  et  à  Bayeux.  Le  Musée  de  Rouen 
possède  une  monnaie  de  bronze  et  deux  petites  monnaies  d'argent.  En  1828,  on  trouva 
dans  une  tourbière ,  à  3  mètres  de  profondeur,  une  boîte  en  bois  contenant  cinq  cent  dix 
médailles  romaines  et  gauloises  en  argent.  Cinq  de  ces  dernières  ont  été  publiées  par 
M.  Edouard  Lambert ,  dans  son  bel  ouvrage  sur  la  Numismatique  gauloise  du  Nord-Ouest 
de  la  France  (pi  vu,  fig.  30, 31 ,  34,  35;  pi.  x,  fig.  28).  t  La  plupart  de  ces  pièces ,  dit 
cet  auteur,  étaient  anépigraphiques  et  du  plus  petit  module.  Il  s'y  trouvait  pourtant  un 


—  397  — 

certain  nombre  d'exemplaires  de  la  jolie  médaille  d'Epadnactus.  »  Espasnactus  est  un 
chef  arveme  nommé  par  César  lui-même. 

Peut-être  nous  serait-il  permis  de  classer  parmi  les  documents  gaulois  un  fragmment 
de  hachette  en  grès  noir  trouvé  près  le  théâtre,  en  4824. 

Epoque  romaine.  —  §  1er.  Le  Nom  de  Juliobona. — Lillebonne  fut ,  à  l'époque  romaine, 
la  cité  de  Juliobona.  Ce  nom ,  elle  paraît  l'avoir  pris  sous  Auguste ,  quoique  aux  yeux  de 
quelques-uns  ( MM.  Gaillard,  Cousin,  etc.)  cette  appellation  t  semble  révéler  un  bienfait 
même  de  Jules  César.  >  Ils  s'appuient  en  ceci  sur  une  assertion  d'Hirtius  qui  dit  que 
César  pacifia  les  Gaules  en  honorant  les  villes  :  «  Honorificè  civitates  appellando.  » 
(Hirtius ,  Lib.  viii,  c.  49.) 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  nom  de  Juliobona  apparaît  pour  la  première  fois  sous  les  Antonins 
dans  le  livre  de  Ptolémée  qui,  au  second  siècle  de  notre  ère,  écrivait  en  grec  une  géo- 
graphie qui  est  arrivée  jusqu'à  nous.  Traitant  des  Calètes,  cet  auteur  dit  :  k^x^tai  av  wohtç 
louAioCowefc.  (Ptol.,  Geograph.,  lïb.  il,  c.  8.) 

L'Itinéraire  d'Antonin ,  monument  du  ive  siècle  que  l'on  a  surnommé  le  livre  de  poste 
de  l'empire  romain ,  cite  une  seule  fois  Juliobonam ,  à  propos  de  la  grande  voie  militaire 
qui  allait  de  Caracotinum  (  Harfleur?),  situé  aux  bouches  de  la  Seine,  jusqu'à  Augustobona 
Tricassium  (Troyes  en  Champagne). 

La  Carte  Théodosienne  dressée  sous  l'empereur  Théodose  1er,  appelée  maintenant  Table 
dePeutinger,  mdiTqne  Luliobona  sur  la  voie  militaire  qui  de  GesoriacumouBononia  (Bou- 
logne-sur-Mer)  se  dirigeait  sur  la  Basse-Normandie,  la  Bretagne  et  la  Loire  par  Brevoduro 
(Brionne),  Condate  (Condé),  Durocassis  (Dreux),  Subdinnum  (le  Mans). 

Ailleurs,  le  même  monument  géographique  cite  encore  Juliobona  comme  tête  de  ligne 
de  la  voie  de  Subdinnum  (le  Mans),  laquelle  comptait  xci  milles.  Une  troisième  route  de 
XXXIV  milles  est  tracée  entre  Juliobona  et  Mediolanum  Aulercorum ,  aujourd'hui  Evreux  ou 
plutôt  le  Vieil-Evreux  qui  est  voisin.  Enfin  Juliobona  apparaît  encore  sur  une  quatrième 
route  de  lxxviii  milles  qui  allait  à  Durocassis  (Dreux)  et  à  Neomagus  for  tasse  Lexoviis ,  au- 
jourd'hui Lisieux.  Il  est  bon  d'ajouter  que  ces  trois  derniers  chemins  ne  sont  pour  Lille- 
bonne  et  l'arrondissement  du  Havre  que  la  première  voie ,  trois  fois  répétée ,  selon  les 
directions  qu'elle  prenait  au  delà  de  la  Seine. 

En  dehors  de  ces  trois  sources,  nous  n'avons  plus  rien  qui  parle  de  Juliobona  dans 
l'antiquité. 

Disons  tout  de  suite  que  son  identité  avec  la  Lillebonne  moderne  et  Ylllebonam  ou  l'/n- 
sulambonam  du  moyen-âge ,  n'a  fait  doute  que  pour  un  si  petit  nombre  qu'il  ne  doit 
compter  pour  rien. 

Dès  l'époque  carlovingienne,  nous  avons  pour  elle  la  Chronique  de  Fontenelle ,  et  au 
xue  siècle  les  deux  historiens  normands  Orderic  Vital ,  moine  de  Saint-Evroul ,  et  Robert, 
moine  du  Mont-Saint-Michel. 


398  — 


Au  xve  siècle  nous  possédons  en  faveur  de  Lillebonne  le  chroniqueur  Nagerel  et  le 
géographe  Abraham  Ortellius.  Mais  au  xviie  la  scène  change  ,  et  les  oracles  de  cet 
âge,  Philippe  Cluvier,  Nicolas  Samson  et  Hadrien  Valois,  cherchent  Juliobona  à  Dieppe 
ou  ailleurs. 

Le  xviiie,  dont  la  voix  sur  ce  point  est  unanime ,  remet  les  choses  à  leur  place  et  elles 
n'en  sortent  plus.  Nous  citerons,  parmi  les  principaux  organes  de  cette  légitime  restitution, 
M.  Clérot ,  de  Rouen,  l'un  des  écrivains  du  Mercure  de  France;  Toussaint  Duplessis,  dans 
sa  Description  géographique  de  la  Haute-Normandie  ;  l'abbé  Belley,  qui  en  fit  à  l'Académie 
une  dissertation  spéciale;  d'An  ville,  le  grand  restaurateur  de  l'ancienne  Gaule,  et  le  comte 
de  Caylus,  qui  le  premier  fit  revivre  les  monuments  antiques,  l'objet  de  la  constante  étude 
de  notre  époque. 

C'est  à  peine  si  dans  ce  concert  nous  devons  mentionner  la  dissonance  de  l'abbé  de 
Longuerue,  dont  l'impression  est  entièrement  effacée  aujourd'hui.  Si  nous  citons  cette 
exception ,  c'est  pour  ajouter  tout  de  suite  qu'au  xix^  siècle  pas  une  seule  voix  ne  s'est 
égarée.  On  le  verra  tout  à  l'heure  par  la  bibUographie  de  Lillebonne  et  par  la  série 
des  témoignages  qui  ont  inscrit  les  découvertes  sans  nombre  faites  sur  ce  sol  riche  et 
fécond. 

§  IL  Les  Monuments.  —  Les  monuments  qui  existent  encore  à  Lillebonne  et  ceux  qui 
y  ont  été  découverts  depuis  cent  cinquante  ans,  mais  surtout  depuis  un  demi-siècle  que  les 
observations  ont  été  suivies  avec  plus  de  soin,  démontrent  autant  que  les  opinions  des  savants 
l'importance  romaine  de  cette  ville  et  son  identité  avec  Juliobona.  Le  cadre  de  ce  travail 
nous  interdit  même  une  analyse  sommaire  des  travaux  publiés  et  du  récit  des  découvertes. 
Nous  nous  contenterons  d'indiquer  au  lecteur  studieux  la  série  des  monuments  trouvés  et 
les  ouvrages  qui  les -ont  décrits.  Nous  suivrons  en  ceci  l'ordre  chronologique. 

Dès  1705,  une  inscription  tumulaire,  à  la  mémoire  de  Magninus  Sénécion  (memoriae  m  | 
M  AGNiNi  SENECioNis) ,  fut  trouvéc  sur  Ics  colUncs  sépulcrales  du  Mesnil.  Encastrée  quelque 
temps  dans  une  muraille  voisine  du  château ,  de  l'église  et  du  marché ,  où  elle  a  été  vue 
par  Gaignières ,  cette  pierre  fut  portée  à  la  Mailleraye ,  puis  donnée  par  M.  le  marquis 
de  Harcourt-Beuvron  à  M.  Foucault,  intendant  de  la  généralité  de  Caen.  Conune  ce  haut 
fonctionnaire  explorait  alors,  à  ses  frais,  les  ruines  romaines  de  Vieux,  l'antique  Arœgenm , 
on  crut  volontiers  que  la  pierre  de  Lillebonne  avait  été  trouvée  par  lui.  De  là,  la  confusion 
qui  s'est  établie  à  son  sujet,  et  à  propos  de  laquelle  il  est  bon  de  consulter  : 


Galland,  «  Registre  de  TÂcad.  des  Inscript,  et  Belles- 
Lettres  ,  •  du  19  juin  1705 ,  et  «  Mém.  de  TAcad.  des  Ins- 
cript, et  Belles-Lettres,  »  année  1705,  t.  v%  p.  293. 

L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Académie  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  647. 

Caylus,  «  Recueil  d'anquités,  »  t.  iv,  p.  393-396. 

Gaignières,  «  Supplément  français,  o  n"  5,024,  vol.  15, 
p.  80.  Mss.  de  la  Bibliothèque  impériale. 


L'abbé  de  Longuerue ,  «  Mercure  de  France ,  »  avril 
1732,  p.  631. 

Mangon  de  la  Lande ,  «  Mém ,  de  la  Société  des  Antiq. 
de  Norm.,  »  année  1826,  p.  225. 

Guilmeth ,  «  Notice  hist.  sur  la  ville  et  les  env.  de 
Lillebonne,  p.  38. 

L'abbé  Cochet,  «  La  Normandie  souterraine,  •»  l'*  édil, 
p.99;2-édit.,p.  113-114. 


—  399  — 


Pendant  le  siècle  dernier,  plusieurs  auteurs  assurément  ont  parlé  de  Lillebonne;  mais  c'est 
dans  le  nôtre  que  la  bibliographie  antique  de  cette  ville  a  été  vraiment  créée  :  elle  a  grandi 
d'une  façon  vraiment  merveilleuse  et  à  proportion  des  fouilles  faites  et  des  découvertes  ob- 
servées dans  ce  pays  depuis  cinquante  ans.  Esquissons  à  grands  traits  ce  curieux  tableau. 
Le  théâtre  antique ,  propriété  du  château  de  Lillebonne,  fut  confisqué  sur  la  maison  de 
Harcourt  parla  Révolution  française,  et  vendu  le  17  frimaire  an  II  (7  décembre  1794)  à 
Pierre  Caron,  cafetier  du  lieu.  En  1812 ,  cet  industriel  permit  d'enlever  des  terres  pour  la 
filature  de  Jacques  Lemaître,  et  le  monument  alors  connu  sous  le  nom  de  la  Roqtielle  apparut 
dans  toute  sa  grandeur  et  sa  beauté.  Pendant  cinq  ans,  Caron  vendit  des  pierres  antiques 
jusqu'à  ce  que  le  département  de  la  Seine-Inférieure  achetât  l'édifice,  le  30  octobre  1818, 
pour  le  prix  de  6,750  fr.  Cette  acquisition  se  fit  aux  instances  de  MM.  Auguste 
Le  Prévost ,  Jean  Rondeaux  et  l'abbé  Rêver.  Ce  dernier,  qui  avait  appelé  l'attention  sur  ce 
grand  édifice,  fut  chargé  de  l'explorer,  ainsi  que  les  autres  ruines  de  Lillebonne. De  1819 
à  1826,  il  fouilla  aux  frais  du  département  de  la  Seine-Inférieure,  et  publia  à  diverses 
reprises  le  fruit  de  ses  explorations  qui  furent  généralement  heureuses. 
Parmi  les  découvertes  de  M,  Rêver,  on  peut  citer  en  première  ligne  l'aqueduc  romain  qui 

amenait  les  eaux  à  Lillebonne ,  puis  deux  têtes  de 
statues  en  marbre  blanc ,  des  fragments  d'inscrip- 
tions, des  médailles  et  des  épingles  en  os,  en 
bronze  et  en  ivoire,  et  un  cachet  d'oculiste  romain. 
Le  24  juillet  1823,  M.  Timothée  HoUey  décousit 
au  sein  de  la  terre  une  grande  et  belle  statue  en 
bronze  doré,  sur  laquelle  plusieurs  dissertations 
ont  paru  :  on  en  a  fait  un  Auguste,  un  Antinous, 
et  plus  généralement  un  Bacchus  ou  un  Apollon. 
Avec  elle  étaient  deux  autres  statuettes  de  bronze , 
dont  une  me  paraît  un  Hercule  ;  à  côté  s'est  ren- 
contré une  joUe  lampe  en  bronze  à  double  bec, 
présentant  un  enfant  porté  par  un  dauphin.  (Nous 
donnons  ici  cette  lampe).  La  grande  image  que 
nous  reproduisons,  après  avoir  été  achetée  par 
des  Anglais  et  avoir  longtemps  habité  Londres ,  est 
revenue  en  France  en  1853  :  elle  est  à  présent 
au  Musée  du  Louvre  qui  l'a  payée  1,250  fr.  seu- 
lement. 
De  1826  à  1836,  les  fouilles  de  Lillebonne  furent 
BRONZE (LiLLEBONif.,  1824).    ^^ntinuécs ,  toujours  aux  frais  du  département, 

par  M.  Emmanuel  Gaillard ,  qui  habita  tour-à-tour  Rouen  et  Saint-Jean-de-Folleville. 


LAMPE  EN 


laillard  continua  dedéblayerle  théâtre. 
1 827  à  i  829,  il  fouilla  un  édifice  qu'il 
lifia  de  balnéaire  et  dont  il  publia  le 
1  et  la  description.  —  Nous  repro- 
;ons  ici  le  plan  géométral  qu'il  nous 
issé. 

le  fut  dans  cette  construction ,  placée 
Died  du  château,  qu'il  découvrit,  le  Si 
1828,  la  belle  statue' pédestre  de 
■bre  blanc  qui  fait  aujourd'hui  l'un 
plus  beaux  ornements  du  Musée  de 
en.  Malheureusement,  la  tête  manquait 
it  antique  que  l'explorateur  crut  être 
âge  deFaustine,  d'une  tête  de  marbre 
me  d'Antonin-le-Pieux.  En  1862,  on 
irmonié  ce  tronc  blanc,  venant  de 

jbonne,  laquelle  par^t  s'adapter  parlaitement.  Nous  donnons  ici  la  statue  de  1828. 
.e    6   mai    1835, 

Timothée    HoUey  THEATRE    ROMAIN  DE  LILLEBONNE 

iva  encore  sur  son 
ain  une  belle  tête 
èmme,  en  marbre 
ic,  dont  le  tronc 
iquait  à  son  tour. 
[.  Gaillard  étant 
t  en  1836,  les 
Iles  du  théâtre  de 
îbonne  furent  con- 
ées  par  M.  De- 
(1)  jusqu'en  1840, 
le  monument  fut 
dans  l'état  où  il  est  | 
urd'hui.  Nous  re- 
Luisonsleplandece 
sux  édifice  d'après 
rchivesdelaCom- 
ion  des  Antiquités. 

M.  Deville  nous  a  révélé  un  fait  curieux  relatif  m  Ibéètra  de  Lillebonne.  11  parait  que  dans  les  murs  de  ce 
1  édifice  on  a  découvert  une  monnaie  d' Adrien,  ce  qui  tendrait  à  prouver  que  cet  illustre  César,  l'ami  des  Gaule» 


ItAtOi  tU  ÛIW  f»at  la.  mt&f 


'  -^^ 


SI 

111 


—  401  — 

Ce  fut  M.  Deville  qui  découvrit  le  puits  du  théâtre,  au  fond  duquel  était  un  seau  en 
bronze.  Il  trouva  aussi ,  le  long  de  la  muraille,  la  moitié  d'un  lingot  en  plomb ,  marqué  de 
ces  deux  mots  incohérents  : ,...  nacis  |  avg.  PA....,que  Ton  reconnut  plus  tard  pour  être  la 
marque  de  l'empereur  Septime  Sévère  (1). 

et  de  la  Bretagne,  serait  le  fondateur  de  ce  beau  monument.  Nous  pouvons  citer  un  grand  nombre  d'édifices  romains, 
publics  ou  privés,  où  l'on  a  également  rencontré  des  médailles  a  Ihérentes  ou  cachées  dans  la  maçonnerie.  —  A 
Luxeuil,  en  1857,  en  faisant  sauter,  à  l'aide  de  la  mine,  une  portion  des  bains  antiques  pour  préparer  le  Bain 
impérial  de  Napoléon  III,  on  a  trouvé,  au  milieu  d'un  bloc  de  béton,  une  médaille  de  bronze  toute  neuve,  de 
Marcus  Agrippa,  contemporain  d'Auguste.  («  Mém.  de  la  Commiss.  d'Archéol.  de  la  Haute-Saône,  »  t.  ii,  p.  12.)  —  A 
Beauvais,  en  1752,  lorsque  l'on  creusa  les  fondations  de  l'hôtel-de-ville,  on  trouva,  à  sept  pieds  du  sol,  des  pierres 
taillées  et  une  base  de  colonne  dans  laquelle  on  avait  introduit  une  monnaie  d'Adrien.  (L'abbé  Barraud,  a  Bull, 
monumental,  »  t.  xxvu,  p.  57.)  Dans  les  murs  romains  de  Beauvais  on  a  rencontré  un  Posthume  et  plusieurs  autres 
pièces.  (Id.,  ibid.,  p.  58.)  — M.  Bizeul,  de  Blain,  disait  au  Congrès  de  Nantes,  en  1856,  qu'en  1805,  lorsque  Ton 
démolit  dans  cette  ville  un  mur  de  construction  romaine  pour  y  asseoir  la  clôture  de  Thôtel-de-ville,  on  y  trouva 
deux  médailles  évidemment  placées  comme  date.  L'une,  en  bronze  neuf,  était  de  Faustine,  femme  de  Marc-Aurèle  ; 
l'autre ,  en  argent,  était  de  Lucile,  sa  fille.  («  Congrès  archéol.  de  France  :  séanc.  gén.  de  1856,  i»  p.  121.)—  «  Il 
paraît  bien,  dit  M.  Bizeul,  que  les  Romains  mettaient  des  monnaies  dans  les  fondations  comme  souvenir.  A  Nantes, 
ajoute-t-il,  on  a  encore  trouvé  trois  monnaies  de  Néron  dans  des  places  ménagées  avec  soin  dans  les  fondations 
de  murailles  antiques  qui  annonçaient  avoir  fait  partie  de  grands  monuments.  L'une  était  dans  la  rue  du  Porl- 
Maillard,  les  deux  autres  dans  la  rue  de  Verdun.  Ces  médailles  étaient  neuves  et  à  fleur  de  coin.  »  («  Congrès 
archéol.,  1856,  »  p.  118-19.)  Dans  cette  môme  rue  de  Verdun  on  a  encore  rencontré  dans  la  fondation  d'un  mur 
romain  deux  médailles  de  Trajan.  Elles  étaient  voisines  d'une  inscription  consacrée  à  cet  empereur.  (Ibid.,  p.  119.) 
—  Dans  les  fondations  de  l'ancien  pont  d'Acquigny  (Eure)  on  a  recueilli  une  monnaie  de  Constantin.  («  Congrès 
archéol.  de  France,  1856 ,  v  p.  262.)  —  M.  Bonnin  assure  que  dans  les  fondations  d'un  temple  du  Yieil-Ëvreux , 
M.  Robillard  a  rencontré,  en  1838,  entre  deux  pierres  d'appareil,  une  médaille  d'Antonin.  (Bonnin,  «Fers  anciens 
trouvés  au  Vieil-Évreux  (Eure),  »  p.  9,  Évreux,  1840.)  —  Dans  un  édifice  romain  situé  aux  Ponts-de-Cô,  près 
Angers,  on  a  rencontré,  en  1849,  une  monnaie  de  Yespasien  logée  parmi  les  blocs  d'un  édifice.  (Godard-Faultrier, 
«  Répertoire  archéol.  de  l'Anjou ,  »  p.  336,  année  1862.)  —  A  Auxerre,  dans  la  maçonnerie  de  la  tour  d'Orléandelle, 
qui  faisait  partie  de  l'enceinte  gallo-romaine,  on  a  trouvé  une  médaille  de  Tétricus.  («•  Congrès  archéol.  de  France,» 
année  1858,  p.  690.)  —  Le  15  juillet  1860,  le  «•  Bulletin  du  Bouquiniste  »  annonçait,  sous  le  n"  6,770  ,  une  «  Notica 
sur  une  Médaille  de  Valons,  trouvée  dans  la  maçonnerie  de  l'aqueduc  de  Gorze,  à  Metz,  en  1839.  »—  Il  en  est  & 
peu  près  de  même  à  l'étranger,  car  nous  lisons  dans  les  «  Publications  de  la  Soc.  archéoh  du  Grand-Duché  de 
Luxembourg,  »  (t.  xvii,  p.  165),  qu'à  Berdorf  on  a  trouvé,  en  1860,  im  moyen-bronze  de  Yespasien  dans  une  cons- 
truction romaine.  —  Dans  les  fouilles  même  de  Carthage ,  faites  en  1861  et  1862,  on  a  rencontré ,  à  la  source  de 
Taqueduc  de  cette  grande  ville,  un  monument  romain  enclavé  dans  le  temple  de  Djouggar  (Tunisie.)  Là  était 
caché ,  évidemment  avec  intention,  dans  le  mortier  qui  reliait  deux  pierres  de  taille,  un  tiers  de  sol  d'or  d'Hôraclius 
Flavius  (612).  («  Journal  général  de  l'Inst.  publique,  »  vol.  31,  p.  176,  12 mars  1862,  d'après  la  «Revue  africaine,» 
de  janvier  1862,  p.  76-77. 

(1)  Le  lingot  de  plomb  de  Lillebonne,  quoique  pesant  43  kilogrammes  «  a  été  coupé  en  deux:  d'où  il  suit  que 
nous  n'avons  que  la  moitié  de  l'inscription.  Malgré  cela,  notre  habile  épigraphiste,  M.  Léon  Renier,  a  pu  lui  rendre 

un  sens.  Il  l'attribue  à  Septime  Sévère  (197-211)  et  il  l'interprète  ainsi  :  «(imp.  l.  sevbri  perti)  |  nagis  avg.  pa. » 

Notre  savant  confrère  est  convaincu  qu'après  le  nom  de  l'empereur  se  trouvait  celui  du  fonctionnaire  chargé  de 
l'exploitation  de  la  mine.  —  D'autres  lingots  de  plomb  ont  été  également  trouvés  dans  les  Gaules.  Le  premier 
que  nous  connaissions  été  rencontré  par  M.  Bonnin  dans  ses  fouilles  du  «  Yieil-Évreux,»  le  Mediolanum  Auler- 
eorum.  L'autre  a  été  recueilli,  en  1855,  à  Sassenay  (Saône-et-Loire) ,  entre  Chàlon  et  Langres,  sur  le  bord  d'une 
voie  romaine.  Il  est  déposé  au  Musée  de  Ch&lon  et  il  porte  une  inscription.  (M.  Canat,  «  Mém.  de  la  Société  d'hist. 
et  d'archéol.  de  Chalon-sur-Saône,»  t.  lu,  p.  242-44,  271,  pi.  xi,  fig.  10.)  Un  troisième  saumon  a  été  rencontré  à 
Lyon  ou  aux  environs.  Celui-là  pèse  49  kilogrammes  et  porte  pour  inscription  :  sbgvsiavi  c  (Segusiavi  cudenint?). 
M.  A.  Bernard  croit  ce  lingot  originaire  du  Lyonnais  où  il  y  a,  en  effet,  des  mines  de  plomb.  (A.  Bernard,  «Descript. 
du  pays  des  Ségusiaves ,  »  et  A.  Jacobs,  «  Revue  des  Soc.  sav.,  »  2*  série,  t.  r»,  p.  380.)  —  Nous  croyons  que  notre 

51 


—  402  — 

Après  les  grandes  découvertes,  signalons  les  moindres.  Citons  d'abord  des  vases  ciné- 
raires rencontrés,  vers  1800,  à  la  côte  de  Caudebec,  vus  et  dessinés,  en  4807,  par  l'ingé- 
nieur Leboullenger,  et  deux  figurines 
de  bronze  représentant  Midas  et  Her- 
cule, rencontrées  en  4830,  au  bord 
de  la  route  de  Bolbec,  entre  le  presby- 
tère de  Saint-Denis  et  le  manoir 
d'AIaincourt.  Avec  ces  statuettes  se 
trouvaient  sept  monnaies,  un  petit 
cheval  et  un  petit  vase  de  bronze. 
Enregistrons  encore  les  deux  jolies 
mosaïques  aperçues,  en  1836,  par 
MM.  Lévesque  frères,  dans  l'enclos  de 
leur  fabrique.  (Nous  en  reproduisons 
ici  un  échantillon). 

Ces  beaux  pavages  que  M.  Deville  ,  ,„„, 

,  mosaïque  ROMAIDB  (t-ILLtBONSIÎ,   1836). 

a  relevés ,  et  dont  nous  donnons  ici 

un  échantillon ,  étaient  encadrés  dans  des  édifices  dont  on  a  reconnu  l'hypocauste  avec 

son  ouverture  cintrée  en  briques  romaines. 

N'omettons  pas  non  plus  une  jolie  fibule  en  bronze  émaillée  recueillie  en  1824,  une 
agate  gravée  en  creux  ramassée,  en  1826,  dans  l'enceinte  du  théâtre,  et  reproduisant  un 
guerrier  antique;  un  charmant  bouton  de  bronze  orné  d'une  mosaïque  délicieuse  ressem- 
blant au  bouton  mosaïque  d'Envermeu;  une. jolie  statuette  de  bronze  représentant  un 
gladiateur,  trouvée  en  1841 ,  et  décrite  par  MM.  Deville  et  de  Boutteville;  enfin,  de  magni- 
fiques constructions  romaines  reconnues  en  1852  sur  le  nouveau  chemin  de  grande 
communication  n»  29,  qui  va  de  Lillebonne  à  la  station  d'Alvimare;  la  belle  villa  anUque 
constatée  par  M.  Duval,  de  1853  à  1858,  dans  l'enceinte  de  l'église  et  du  cimetière  de 
Saint-Denis.  —  La  plupart  de  ces  meubles  et  monuments  figurent  dans  les  cartons  de  la 
Commission,  dessinés  par  MM.  Deville  et  Langlois. 

SBumon  de  Lillebonne  vienld'ADgleieire  et  deamines  de  plomb  du  pays  de  Galles.  Ces  niincsétoient  très  exploitées 
au  temps  des  Romains.  Outre  des  instruments  de  mineurs  rencontrés  fivec  des  tuiles  et  des  monnaies  antiques.OD» 
recueilli  plusieurs  lingots  présentant  la  marque  impériale.  Il  y  en  a  de  NOron  ,  de  Brilannnicus  ,  d'Adrien,  de 
Septime  Sévère,  ait.  Les  Musées  anglais  possèdent  environ  quarante  lingots  marqués  du  nom  des  Césars.  Plusieurs 
antiquaires  de  ce  pays  ont  fait  de  cette  manière  l'objet  de  leurs  études.  Voyez  :  Thomas  Wright,  >■  The  Celt,  ihe 
Roman  and  tlio  Bft:(on,  >  p.  237-38;  Albert  Way,  «  Archœological  Journal,»  l.  ivi;  Roach  Smith,  •  Collectanea 
antiqua,  •  vol.  ui,  p.  !58.  -  En  France,  M.  Eggor  a  cru  devoir  entretenir  de  cet  intéressant  sujet  TAcadÉmie  des 
Inscriptions  el  Belles-Lettres  :  c'éUit  à  l'occasion  d'un  saumon  antique  possédé  par  notre  Cabinet  des  Médaille». 
Ce  dernier  vient  d'Espagne,  où  l'on  CD  rencontre  aussi  un  certain  nombre.  Le  savant  académicien  a  bien  voulu 
citer  les  noies  que  nous  avons  publiées  sur  ce  sujet  dans  le»  Bulletin  monumental,  ■■  t.  xxii,  p.  409,  el  la  •  Revue 
archéologique,  1"  série,  t.  un,  p.  548-50.  Voir  •Journal  général  de  l'Inst.  publique  ,«  du  I"  Janvier  1862,  p.  8, 
vol.  31 ,  n'  1 .  ■       .        r . 


—  403  — 

Dans  ces  derniers  temps,  les  découvertes  n'ont  pas  été  moins  abondantes.  J'en  citerai 
surtout  trois  que  j'ai  eu  l'avantage  de  publier  et  qui  ne  sont  en  rien  inférieures  aux 
précédentes. 

L'une  d'elles  eut  lieu  en  1856, 
à  la  côte  de  Caudebec  et  assez  près 
de  l'ancienne  léproserie  de  Saint- 
Léonard.  Là ,  un  meunier  nommé 
Delacourt  rencontra  une  belle  sé- 
pulture antique  renfermée  dans  un  ^  ? 
doUum.  Cette  grande  amphore  con- 
tenait dans  son  sein  une  olla  en                                      ^*"'  "^  ■vbbbe. 
terre  noire,  une  urne  en  verre  remplie  d'os  brûlés ,  deux 
vases  aux  offrandes  en  terre  et  en  verre,  et  un  curieux 
petit  couteau  en  fer  avec  manche  de  bois  très  bien 
conservé.  Tous  les  objets  provenant  de  cette  trouvaille 
ont  été  donnés  par  M.  Delacourt  au  Musée  du  Havre ,  à 
l'exception  du  couteau  que  nous 
possédons. —  Nous  donnons  ici  le 
dessin  de  toutes  les  pièces  que 
renfermait  ce  dolium  funéraire. 

L'autre  découverte  eut  lieu,  en 
1860,  à  la  côte  de  FoUeville  et 
non  loin  de  la  voie  qui  conduisait  - 

à  Caracotinum  (Harfleur).  Elle  fut  ^ 

..       .  r,  VASBS  DB  TSRKG. 

faite  par  M.  Auguste  Fauquet,  qui 
recueillit  dans  son  château  de  FoUeville  les  objets 
qui  en  sortirent.  Nous  y  avons  surtout  remarqué 
des  clous  provenant  des  caisses  funèbres,  un  grand 
dolium  contenant  encore  des  os  brûlés ,  et  une 
belle  urne  de  verre  également  remplie  d'osse- 
ments incinérés  ;  puis  venaient  des  allas ,  cinq 
lacrymatoires  en  verre,  une  coupe  en  verre  blanc  , 
un  petit  godet  de  25  millimètres  de  hauteur,  et 
un  bâton  de  verre  long  de  16  centimètres.  Ce 

bâton,  tors  comme  une  corde,  se  termine  à  un  bout        couteau  b»  fkh  avec  uahchb  sa  boib. 
par  un  anneau,  et  à  l'autre  pas  un  bouton  (1).  II  y  avait  aussi  une  paire  de  fibules  en 


(1)  Il  est  probablt)  que  iie  bftton  de  verre  avait  chez  tes  Romain 
nous  le  relrouvoDS  si  souveal  dans  leurs  sépultures.  Ainsi  no 


—  404  — 

bronze  décorées  d'émail.  Mais  la  pièce  la  plus  curieuse  était  une  boîte  en  bronze  contenant 
deux  miroirs  métalliques  et  ornée  sur  ses  deux  couvercles  d'une  monnaie  de  Néron  coupée 
en  deux  parties.  —  Nous  reproduisons  ici  quelques-unes  des  pièces  les  plus  intéressantes 
de  cette  trouvaille. 


i!2223aaai!z: 


2aas 


fird-irtfiji^ 


riOLES  DB  VKRnE-  HATON  ItB  VBBRB. 


Enfin  il  uoik"  sera 
permis  de  citer  la 
fouille  importante  que 
nous  avons  faite  àLil- 
lebonneenl853.Nous 
avons  trouvé  à  la  Côte 
dttCâtillon,sil\iée  sur 
le  Mesnil,un  cimetière 
romain  à  incinération 
pour  les  adultes  et  à 
inhumation  pour  les 
enfants.  Plus  de  cent 


cimetière  romain  de  Cany,  en  1849.  (»  La  Normandie  souterraine,  i  ]'*édit.,  p.  59;  3'  édit.,  p.  70;  pi.  l",  flg  38  et 
39.  —  M.  Deville  en  a  également  recueilli  un  dans  les  incinérations  découvertes  à  Barentin,  eo  iB38.  [là.,  1"  édil-, 
p.  59  ;  a*  édit,,  p.  70.)  Nous  en  avons  vu  un  au  Musée  d"EvreuT  qui  provenait  du  cimetière  romain  de  Brionne.  — 
H.  de  Pormeville  en  signale  un  semblable  dans  les  urnes  exhumées  par  lui  à  Evreux,  vers  1S39.  (De  Fomteville . 
■  Uém.  de  la  Boc.  des  Antiq.  de  Norm.,  p  t.  xvit,  p.  291,  pi.  n*  t!.)  On  en  a  trouvé  bien  ailleurs  qu'en  Normandie. 
La  France  nous  en  montre  un  à  Chavagnes-en-Paillers  (Vendée)  dans  une  sépulture  de  la  plus  grande  distinction. 
(Do  laViilegille,  ■  Bulletin  du  Comité  de  la  Langue,  de  l'Hist.  et  des  Arts  de  la  France,  •  t.  iv,  p.  216.)  Ce  genre  de 


dk  pièces  sont  sorties  de  cette  exploration  dont  les  produits  ont  enrichi  les  Musées  du 
Hawe,  deNeufchâtel,  de  Saint-Germain-en-Laye ,  et  surtout  le  Musée  départemental  de 
Rouen.  Nous  avons  décrit  dans  le  ixe  chapitre  de  notre  Normandie  sovterraine  cette 
nécropole  gallo-romaine  dont  nous  reproduisons  ici  quelques  objets  seulement,  mais  dont 
l'ensemble  se  retrouve  sur  la  planche  vi  de  notre  ouvrage. 


DOLICM  m    TEBRB  GDITB.  FLACON   BN  BBOCZB   AVEC  CUAinETTE.  VASE  nOIlt  A    RELIEFS. 


raonumenl  ftbonde  dans  les  Aliscamps  d'Arles,  en  Provence.  M.  Houbeo  en  a  coDslatâ  aussi  dans  le  riche  cimetière 
romain  deXantensur  les  bords  du  Rhin.  (Houben,  "  Denkmaoter  von  Castra  Vetera  und  Colooia  Trajana,  »  pi.  17, 
Bg,  1.)  —  Enfin  an  1860  on  en  a  rencontré  un  semblable  à  celui  de  Foltevilie,  à  Cantorbéry  (Kent),  dans  une  riche 
sépulture  romaine.  A  ce  propos,  M.  Brent  cite  plusieurs  découvertes  de  la  même  espèce  faites  dans  la  Grande- 
Bretagne  ou  ailleurs.  (  Brent,  i  Gentleman's  Magazine ,  •  de  mars  18G2,  p,  3&4-U.  —  Grâce  &  l'obligeance  de 
M.  Parker,  nous  pouvons  reproduire  ici  ce  curieux  b&ton. 


V 


.   —   GA!*TOIlBt:RV  (Ar 


—  406  — 

Du  reste ,  le  Musée  de  Rouen  est  peuplé  des  débris  de  Lillebonne  :  on  peut  dire  qu'il  a 
été  en  partie  créé  par  eux  et  pour  eux.  Plusieurs  collections  de  médailles  et  d'objets  d'art 
ont  été  formées  avec  les  épaves  sorties  du  sol  de  Juliobona.  Nous  avons  connu  celle  de 
M.  Davois  de  Kinkerville  qui,  en  1840,  a  été  acquise  par  notre  Musée  départemental. 
Nous  avons  également  vu  celle  de  M.  le  docteur  Lechaptois ,  que  nous  croyons  entrée  au 
Musée  du  Havre. 

Nous  donnons  ici ,  d'après  M.  Deville ,  la  liste  des  monnaies  antiques  sorties  du  sol  de 
Lillebonne  et  entrées  dans  le  Musée  de  Rouen.  Outre  des  monnaies  gauloises  en  argent , 
il  s'y  trouve  des  médailles  consulaires  des  familles  Antonia ,  Julia  et  Petilia.  La  liste 
des  impériales  est  longue;  ce  sont  :  Auguste,  Drusus,  Caligula, Néron ,  Othon  ,  Vespasien, 
Domitien,  Galba,  Nerva,  Trajan,  Hadrien,  JEMiis  César,  Antonin,  Marc-Aurèle,  Commode, 
Faustine  mère ,  Faustine  jeune ,  Lucile  ,  Sabine ,  Elagabale ,  Julie  Mammée ,  Pertinax , 
Septime  Sévère,  Julia  Domna,  Diadumérien,  Caracalla,  Alexandre  Sévère,  Philippe 
père,  Maximien,  Trajan-Dèce,  Gordien  père,  Gallien  ,  Tétricus ,  Victorin ,  Posthume, 
Salonine,  Claude-le-Golhique ,  Aurélien,  Probus,  Maxence,  Constantin-le-Grand  et 
Cons^^nce. 

Du  reste ,  nous  croyons  rendre  service  au  lecteur  en  indiquant  ici ,  par  le  numéro  ou 
par  la  page  où  ils  se  trouvent  dans  le  dernier  Catalogue  du  Musée  départemental ,  les 
principaux  objets  provenant  de  Lillebonne  et  de  ses  fouilles  :  no  55,  la  statue  de  marbre 
blanc;  no  51,  moulage  d'une  tète  en  bronze;  nos  5^  n^  18,  35,  36,  47,  72  et  81, 
inscriptions  romaines,  la  plupart  funéraires;  nos  39^  74^  73^  74^  75^  76,  79  et  80, 
bas-reliefs  et  sculptures  ;  n®«  22 ,  32  et  36 ,  frise  et  fragments  d'architecture  ;  nos  82 ,  83 
et  84,  chapiteaux  et  corniches;  p.  39,  marbres  divers;  no  42,  lingot  de  plomb;  p.  20, 
meules  à  broyer  ;  nos  44  et  78 ,  briques ,  tuiles  et  tuyaux  ;  nos  26  et  27,  vases  et  noms  de 
potiers. 

Voici  maintenant,  par  ordre  d'entrée  au  Musée,  de  1836  à  1846,  la  liste  des 
objets  dont  M.  Deville  nous  a  conservé  le  dessin  dans  son  Catalogue  illustré  et 
manuscrit  : 

1836,  M.  Fallue  donne  au  Musée  dix-huit  objets  qu'il  dit  trouvés  à  Lillebonne  vers  1829. 
Il  y  avait  dans  le  nombre  cinq  vases  dont  trois  en  terre  rouge ,  une  fibule  en  bronze  doré 
avec  émail  vert  et  rouge,  cinq  perles  bleues,  striées  et  côtelées.  —  1840,  corniche  de 
la  porte  Césarine  recueillie  près  de  la  muraille  du  castellum.  —  1840,  de  la  coUecUan 
Davois  :  tablette  de  marbre  pour  écrire ,  creuse  d'un  côté  ;  une  fibule  de  bronze  émaillé 
représentant  un  dragon ,  un  dolium  en  terre  cuite  de  1  mètre  90  de  circonférence ,  un 
barillet  en  verre  blanc  avec  le  nom  de  fro  ,  une  urne  en  plomb  et  une  urne  en  bronze.  — 
1840,  statuette  d'Hercule  en  bronze  de  10  centimètres  de  hauteur,  lance  ou  javelot  en 
bronze,  pointe  de  flèche  en  bronze.  —  1841 ,  statuette  en  bronze  représentant  un  gla- 
diateur. Elle  a  été  trouvée  sur  la  route  de  Bolbec ,  dans  les  fondations  de  la  maison  du 


—  407  — 

sieur  Bouquain  (1).  —  1843,  plaquettes  en  os  losangées  et  triangulaires ,  masque  en  verre 
violet,  masque  de  Satyre  en  terre  blanche  émaillée  de  gris.  —  1846,  tête  d'homme  en 
bronze  découverte  à  Lillebonne,  dans  la  fabrique  de  M.  Lemaître.  Elle  est  haute  de 
12  centimètres,  ce  qui  suppose  une  statue  de  1  mètre  10  d'élévation.  Il  y  a  trois  trous  dans 
ce  bronze  derrière  la  tête. 

Outre  ces  objets  nettement  classés,  M.  Deville  cite  encore,  soit  à  la  mairie  de  Lille- 
bonne  (2),  soit  au  Musée  de  Rouen  :  ime  tête  de  Commode  en  marbre ,  une  tête  de  Lucile 
aussi  en  marbre  (c'est  probablement  celle  qui  s'adapte  très  bien  sur  la  statue  décapitée), 
des  bas-reliefs  en  marbre  et  en  pierre,  des  moulures ,  des  chapiteaux  et  des  fûts  de  co- 
lonnes, une  figurine  de  Jupiter  en  bronze,  une  figurine  d'échanson  et  une  figurine  d'athlète 
aussi  en  bronze,  un  pied  d'homme,  un  phallus  sculpté,  une  cornaline,  un  fragment  d'ins- 
cription en  bronze,  une  anse  de  seau  et  divers  ustensiles  en  bronze,  un  poignard  et  des 
styles  du  même  métal ,  une  enclume  en  fer,  des  clous  en  fer,  des  fibules  et  des  pieds  de 
lampe  en  bronze ,  des  meules  en  poudingue ,  des  tuyaux  en  plomb ,  un  dé  à  coudre ,  des 
épingles  en  ivoire  et  en  os ,  des  bracelets ,  des  bagues,  des  perles ,  des  vases ,  et  ces  mille 
objets  qui  caractérisent  d'ordinaire  le  sol  des  villes  romaines. 

Nous  voudrions  pouvoir  citer  les  dix-huit  inscriptions  antiques,  mutilées  ou  com- 
plètes, gravées  sur  pierre,  sur  marbre  ou  sur  bronze,  qui  ont  été  tirées  des  ruines  de 
Lillebonne.  Il  nous  serait  agréable  de  faire  passer  sous  les  yeux  du  lecteur  normand 
les  noms  quinze  fois  séculaires  de  severvs,  de  silanvs,  de  senator,  de  mecacvs, 
d'APRONA  et  de  ivlia  saeva,  ses  aïeux;  mais  la  nature  sommaire  de  notre  travail  nous 
interdit  des  détails  que  l'on  trouvera  dans  les  ouvrages  spéciaux  sur  le  Lillebonne  gallo- 
romain. 

Toutefois,  nous  ne  pouvons  nous* dispenser  de  reproduire,  au  cinquième  de  leur  gran- 
deur, les  deux  plus  belles  inscriptions  funéraires  sorties  du  sol  de  Juliobona.  Ces  pierres, 
après  avoir  orné  longtemps  les  cippes  lumulaires  du  Mesnil  et  du  Câtillon ,  sont  venues , 
aux  approches  des  Barbares ,  former  les  assises  du  Castrum  ou  de  la  muraille  militaire  que 
fit  élever  le  besoin  impérieux  de  la  défense. 

L'une  de  ces  pierres  est  celle  d'un  jeune  enfant  nommé  Pudor^  placée  par  Telesa ,  sa 
mère  ;  l'autre  est  celle  d'une  jeune  femme  appelée  Lucia  Paula ,  épouse  de  JuUtis  Ru  fus , 
soldat  de  la  me  légion.  On  dirait  que  la  farouche  légionnaire  a  gravé  avec  la  pointe  de  son 
javelot  la  sèche  inscription  d'une  jeune  femme  de  trente  ans.  Ces  deux  inscriptions ,  qui 
gardèrent  longtemps  le  vermillon  de  leurs  lettres ,  se  voient  au  Musée  de  Rouen.  —  Nous 
en  donnons  ici  le  desçin  Qjt  la  traduction. 

(1)  L'analogue  de  cette  image  se  trouve  dans  n  l'Antiquité  expliquée,  »  de  Montfaucon,  t.  m,  p.  154  et  158. Martial, 
deprisco  et  t>ero,  dit  que  pour  mettre  fin  &  un' combat,  o  Caesar  misit  rudes  et  palmas  utrique.  » 

9)  .Les  objets  qui  étaient  alors  à  la  mairie  de  Lillebonne  ont  été  transportés  au  Musée   de  Rouen   en 
1862. 


Dis  manibus  sacrum.  Tele^  Horatillavi  Blja 
Pudori,  filiosuo,  viva  posuit. 

AuzdiQuxm&Des.Telesa.QUed'Uoratillavus,  a 
ilédié  ce  monument  à  son  fils  Pudor. 


DSMAEJlEMoR  ' 
/t.LVCJWK:LM^ 

LEMÎ_#EFVNCT 


Dis  manibus  et  mamorio)  Luciœ  Pauls  uxoris  Julii  Bufi, 
militislegioniatertiœ.defunclœ  xis  annonun. 

Aux  dieux  mines  et  à  la  mémoire  de  Lucia  Paula,  épouse 
de  Juliua  Riifljs,  soldat  de  la  m*  légion,  morte  à  trente  ans  (I). 

Les  reliques  de  Juliobona  sont  un  peu  dispersées  de  tous  côtés.  M.  Raymond  Bordeaux 
a  exposé  à  Évreux,  en  1864,  un  marbre  provenant  de  Lillebonne  qui  porte  le  n"  1689,  du 
livret,  et  sur  lequel  on  lit  : 

VEGETI.... 

GRiECINA  V.... 

FILIA... 

PIENTIS... 

Mais  la  pièce  épigraghique  la  plus  importante,  par  la  nature  du  métal,  sont  deux  fro- 
ments de  plaque  en  bronze  trouvés  par  M.  Rêver,  en  li825.  Sur  trois  lignes  on  lit  les  lettres 
smvanles,  qui  ne  présentent  aucun  sens  : 

...VL... 
...HNET.  CVI... 
...lOHEN.  El... 

Ces  lettres  ont  i  centimètre  de  profondeur.  La  plaque  paraît  avoir  été  détruite  et  tordue  par  le 
feu.  On  peut  voir  dans  les  Procès-verbaux  de  ta  Commission  des  Antiquités,  notamment  à  la 
page  90,1a  quantité  énorme  d'objets  d'art  que  découvrit  M.  Rêver  dans  la  seule  année  1825. 
Enfin  nous  terminerons  notre  article  sur  le  Lillebonne  antique  par  la  liste  des  marques  on 
noms  de  potiers  el  de  verriers  gallo-romains,  trouvés  parmi  les  débris  de  cette  cité.  Jus- 
qu'à présent  les  marques  de  verriers  n'ont  donné  que  ces  deux  variantes  qui  appartiennent 
toutes  deux  à  la  grande  famille  frontinienne  :  fro.  —  front,  s.  c.  f. 

(1)  La  troisième  légion,  surnommée  Augvsta ,  a  été  longtemps  campée  en  Algérie ,  notamment  à  Lunbesca  oit 
l'on  a  trouvé  de  ses  inscriptlons.Voiràce  sujet  les  travaux  de  M.  Léon  Renior  dans  ses*  Inscriptions  de  l'Algérie," 
la  ■  Revue  archéologique  ■  do  1849  à  1860,  et  le  ■  Uonitaur  universol ,  ■  du  5  septembre  1864. 


Les  potiers  sont  au  nombre  de  vingt.  Leurs  marques  sont  imprimées  tantôt  au  fond  de 
bols  ou  d'assiettes  rouges,  tantôt  sur  le  bord  de  mortiers  ou  sur  le  flanc  des  vases  à  reliefe. 
L'un  d'eux  figure  sur  une  lampe  et  un  autre  est  sur  un  vase  sigillé  en  terre  noire. 

AMIOR.  —  ATILIANO.  — CANTO  MILIM.  —  CENSO...  — CRV...M.  — MANERIVS.  —  WATO.  —  OP 
CFI...  —  OF  MVRRAN.  —  OF  MVRRANI.  —  PRISCILLIM.  —  SCOT.  TIS...  —  ...  SISIAHI  P.  — 
STLPICIANI.  —  TACITVS  F.  —  TVL...  OF.  —  VIBIVS.  —  CELSIANl  P.  —  SANCTIA... 

Depuis  ta  rédaction  de  l'article  que  l'on  vient  de  lire  et  depuis  la  première  édition 
de  cet  ouvrage,  deux  importantes  découvertes  ont  été  faites  à  Ltllebonne  dans  le  cou- 
rant  de  l'année  1864.  Toutes  deux  ont  eu  lieu  sur  le  terrain  de  M.  Alfred  Lemaistre, 
qui  a  remplacé  MM.  Lévesque  frères.  La  première  est  une  construction  importante 
qui  est  apparue  sur  le  bord  du  chemin  de  grande  commimication  n°  99  conduisant 
à  la  station  d'Alvimare.  J'ai  fouillé  cet  édifice  pendant  tout  le  mois  de  septembre, 
et  j'ai  trouvé  une  habitation  considérable  dont  je  donne  ici  le  plan.  Plus  de  200  mètres 


ScJkiffe    </e   0^0/  j&cur    *?  oittr^s 


ËltIFICE  BOMAin  FomLLË  A  LILLKBOnnB  EM   l8Bt. 

53 


—  410  — 

de  murailles  ont  été  mis  à  nu.  Quelques 
murs  avaient  i  mètre  50  d'épaisseur,  leur 
hauteur  allait  parfois  à  2  et  3  mètres.  Sou- 
vent l'appareil  était  en  silex  et  en  pierre 
du  pays;  mais  parfois  il  était  en  tuf  ou  en 
moellon  de  petit  appareil ,  chaîné  de  briques 
rouges.  Plusieurs  absides  élégantes  termi- 
naient et  caractérisaient  les  appartements 
qui  étaient  nombreux  et  généralement  pe- 
tits. La  portion  la  mieux  conservée  était  le 
fourneau  ou  foyer  dont  nous  donnons  ici  le 

,  ,  ,  ,     -   .       ,  „  FOCnHEAU    It'aVPOC^DSTE  (I.II.LIiDOKNE,    1864). 

plan  et  qui  ressemble  tout  a  fait  a  un  four- 
neau d'hypocauste  trouvé  à  Rouen ,  en  1828  (voir  page  92) ,  et  à  un  autre  déjà  rencontré 
à  Lillebonne,  en  i  836,  chez  MM.  Lévesque. 

Près  de  ce  chauffoir  devait  se  trouver  un  temple  ou  oratoire,  car  c'est  dans  ce  quartier 
voisin  de  la  côte,  et  profondément  ensevelis,  que  nous  avons  rencontré  des  tronçons  de 
colonnes,  des  fragments  de  statue  de  grande  dimension,  une  tête,  des  jambes,  des  pieds, 
des  bras  de  statues  d'une  proportion  moindre,  des  morceaux  de  bas-reliefs  et  d'inscrip- 
tions. L'objet  le  mieux  conservé  était  un  stèle  représentant  Mithra  ou  le  Dieu-Soleil.  Sa 
vue  a  rappelé  à  M.  de  Longpérier  la  légende  des  monnaies  d'Eliogabale  :  «  Sacerdos  solis,  ■ 
tandis  que  le  nimbe  radié  le  rapproche  involontairement  d'un  buste  de  Claude  publié  par 
Visconti. 

Près  de  là  se  trouvaient  également  beaucoup  de  lampes  en  terre  cuite  de  la  façon  de  celle 
que  nous  reproduisons ,  et  plusieurs  coupes  en  terre  rougeàtre.  On 
est  tenté  de  voir  dans  ces  épaves  les  restes  d'offrandes  faites  au  dieu 
qui  habitait  ces  lieux  et  dont  le  prêtre  ou  le  pontife  occupait  peut-être 
cette  demeure  écroulée. 

Parmi  les  débris  sortis  de  celte  fouille,  nous  avons  à  mentionner, 
comme  toujours ,  des  crépis  coloriés ,  des  restes  de  verre  et  de  poterie, 
une  fibule  argentée ,  une  lampe  en  fer,  une  plaquette  en  os ,  des  clous, 
des  crampons ,  des  meules  à  broyer,  des  écailles  d'huîtres  et  des 
défenses  de  sanglier. 

Mais  la  plus  belle  découverte  est  celle  qui  a  été  faite  le  26  octobre 
de  la  même  année  à  2  ou  300  mètres  de  la  maison  romaine  qui  nous 

ni>l>linA  LAMPE  ES  TEtIRK  CUITE 

ULCU|JC.  (LILI-BBO^SE,  1864). 

M.  Alfred  Lemaistre ,  préparant  l'assiette  du  pavillon  qu'il  vient 
d'élever  sur  le  penchant  de  la  colUne  que  gravissait  la  voie  antique,  trouva  à  quelques 
mètres  de  cette  voie  une  sépulture  à  incinération  des  plus  remarquables.  Elle  se  composait 


—  411  — 


CAISSE  SÉPULCRALE  ROMAINE  (BARTI.OW-HILL  ,   ESSEX, 
1835),  SEMBLABLE  A  CELLE  DE  LILLEBONNE  (1864). 


d'un  carré  taillé  dans  la  craie ,  à  2  mètres  50  du  sol  actuel ,  et  formé  avec  quatre  pierres 
à  peine  dégrossies  que  recouvrait  une  lourde  dalle  de  1  mètre  en  carré.  La  profondeur  de 
la  caisse  était  de  60  centimètres. 
Une  enceinte  analogue   à  celle-ci  a  été  trouvée,  en  1835,  à  Bartlow-Hill ,  dans  le 

comté  d'Essex.  Nous  donnons  ici  le  dessin  de 
l'incinération  anglaise,  afin  de  mieux  faire  ap- 
précier l'incinération  française  qui  a  disparu. 
Dans  cette  caisse  antique  se  trouvaient 
réunis  près  de  trente  objets  de  toute  nature 
et  fort  intéressants.  Il  y  en  avait  en  fer,  en 
ivoire,  en  coquillage;  mais  les  substances 
dominantes  étaient  la  terre  cuite,  le  verre,  le 
bronze  et  l'argent.  Essayons  toutefois  de  pro- 
céder par  ordre  dans  notre  riche  inventaire. 
Le  premier  objet,  celui  pour  lequel  tous 
les  autres  étaient  là,  était  une  urne  en  verre 
de  forme  ronde  contenant  les  os  brûlés  d'un 
adulte.  Elle  était  renfermée  dans  un  cylindre 
en  plomb ,  semblable  à  ceux  d'Etelan  et  de 
Bolbec.  Comme  ces  derniers,  le  tube  de  Lille- 
bonne  était  orné  au  dehors  de  croix  de  Saint- André  formées  avec  des  baguettes  saillantes  ; 

des  anneaux  étaient  placés  dans  le  vide  des  croix- 
Cette  urne,  si  bien  préservée,  était  accom- 
pagnée de  six  vases  de  verre  consistant  en  une 
jolie  ampoule  en  cristal,  en  lin  barillet  dont 
les  cercles  étaient  gravés  en  creux,  en  une 
fiole  de  verre  noir  imitant  un  dauphin  et  re- 
couverte d'écaillés  dorées ,  enfin  en  trois  grandes 
ampoules  carrées  en  verre  vert  portant  au- 
dessous  les  marques  suivantes  :  B.  —  D  —  et 
SAB  ou  SVB.  Ce  vase,  qui  portait  cette  dernière 
marque,  et  que  nous  reproduisons  ici ,  était  rem- 
pli d'une  substance  brune  et  visqueuse  que  les  chi- 
mistes ont  reconnue  pour  de  la  chair  musculaire. 
Deux  vases  déterre  seulement  se  trouvaient  dans 
ce  dépôt.  L'un  était  une  cruche  en  terre  jaune, 
l'autre  un  vase  noir  allongé  en  forme  de  tulipe.  Ces 
AMPOULE  DE  iTERRB  REMPLIE  DE  cHAiB     vascssontcommunsdaus  lessépulturcsdcs  Calèles. 

MUSCULAIRE  (LILLEBOrVNE,  1864). 


_  412  — 

Le  bronze   était  représenté 
par  dix  pièces.  D'abord  une  jolie 
anse  terminée  par  deux  lions , 
un  gobelet  à  parois  fort  minces, 
une  coupe  en  forme  de  hanap , 
deux  strigilles  fort  élégants,  que 
nous  reproduisons  ici  avec  ceux 
du   Bartlow-Hill.    On   pourra 
comparer.  Puis  venaient  deux 
bassins  ou  plateaux  de  bronzo 
dont  un  avait  été  doré  :  l  un  a        ^ 
des  anses  mobiles  et  l'autre  une  seule  qui  est  fixe.  Un 
de  ces  plateaux  contenait  un  palet  en  os  et  douze  jetons 
hémisphériques  en  pâte  de  verre  blancs  ou  noirs.  Enfin 
il  y  avait  deux  belles  aiguières  aussi  en  bronze,  dont 
une  paraît  avoir  été  argentée  et  l'autre  dorée. 

Mais  la  pièce  de  bronze  la  plus  curieuse  était  un 
prœfericulum  ayant  forme  de  buste.  Le  buste  repré- 
sente un  jeune  chasseur  légèrement  drapé  d'une  peau 
de  bête  fauve  nouée  sur  l'épaule  gauche.  Les  yeux 
sont  en  fer  ou  en  mastic  rougeâtre  imitant  l'oxyde 
de  fer.  Une  ouverture  à  charnière  est  pratiquée  au- 
dessus  de  la  tête  que  surmonte  une  anse  fleurie. 
Ce  vase,  dont  le  résidu  a  révélé  à  la  chimie  un 
corps  gras,  est  considéré  comme  ayant  servi  à  porter 
l'huile  dans  les  bains.  Nous  reproduisons  cette  pièce 
curieuse. 

L'argent  composait  quatre  pièces  :  d'abord  deux 
cuillères,  ime  petite  et  une  grande.  On  peut  juger  par  notre  dessin  de  l'élégance  de  la 


^@ie«» 


—  443  ~ 

grande.  Puis  vient  une  coupe  en  forme  de  hanap  recouverte  d'ornements  gravés  en  creux. 
Enfin  un  plateau  ovale  dont  le  bord  aplati  est  recouvert  de  sujets  allégoriques  reproduits 
en  creux  et  en  relief.  Ces  sujets  sont  des  têtes  barbues ,  des  masques  scéniques ,  des 
dauphins ,  des  arbres ,  des  autels ,  des  temples,  le  pedum  orné  de  fleurs,  des  oiseaux ,  des 
chèvres,  des  écureuils  et  autres  sujets  bachiques  ou  funéraires.  Nous  reproduisons  dans  sa 
grandeur  naturelle  cette  pièce ,  la  plus  curieuse  qui  soit  sortie  de  nos  cimetières  romains. 

Terminons  ce  répertoire  par  une  éponge ,  une  coquille  rose  nommée  Triton  conifère 
par  Lamark ,  un  couteau  ou  poignard  en  fer  enveloppé  dans  une  gaîne  d'ivoire,  et  un 
autre  poignard  brisé.  Le  premier  des  deux  représente  vraiment  un  couteau  de  sacri- 
ficateur. 

Dans  le  dessin  ci-joint  nous  indiquons  la  place  que  le  caveau  de  cette  belle  sépulture 


PLAN  DE  LILLEBONTIB  ET  DU  CAVEAU  8ÉPULCBAL  DE  1864. 


occupait  par  rapport  aux  autres  monuments  de  Lillebonne.  Nous  hasarderons  sur  elle  les 
conclusions  suivantes  :  d'abord  nous  la  reporterons  au  second  siècle  de  notre  ère ,  puis 
nous  croyons  que  c'est  celle  du  propriétaire  de  la  maison  que  nous  avons  fouillée  dans  le 
voisinage  et  que  nous  venons  de  décrire.  Ce  riche  colon  aura  été  inhumé  au  bord  de  la 
voie,  selon  la  coutume  antique  et  dans  son  propre  fonds  (in  proprio  suo  fundo),  suivant 
une  habitude  également  romaine.  Sans  nul  doute,  il  a  été  entouré  des  objets  qui  lui  étaient 
chers  ou  usuels  pendant  sa  vie  ;  mais  de  ces  objets  nous  concluons  que  ce  grand  person- 
nage aimait  l'exercice  du  bain  ou  présidait  aux  bains  pubUcs  :  l'éponge,  les  strigilles  et  le 
prœfericulum  nous  semblent  le  démontrer-  suffisamment.  Nous  allons  plus  loin  :  nous 
croyons  pouvoir  affirmer  que  nous  possédons  en  lui  la  dépouille  d'un  prêtre  ou  d'un  pon- 
tife. Les  objets  qui  nous  paraissent  le  démontrer  sont  d'abord  le  couteau  de  sacrificateur, 
la  coupe  d'argent,  les  deux  cuillères  et  le  plateau  d'argent.  Une  coupe ,  un  plateau  et  des 


—  414  — 

cuillères  semblables  se  voient  dans  le  mobilier  du  temple  de  Mercure-Canet  rencontré 
en  4830  à  Berthouville ,  près  Bernay.  Il  ne  serait  pas  impossible  que  la  chair  musculaire 
se  rapportât  aussi  à  des  sacrifices  ;  mais  nous  croyons  que  la  plupart  des  objets  trouvés 
dans  cette  mine  précieuse  étaient  des  attributs  de  dignité  et  de  profession. 

Époque  franque.  —  Pendant  toute  la  période  mérovingienne,  nous  ne  connaissons 
qu'une  seule  mention  écrite  de  Lillebonne.  Elle  apparaît  au  concile  tenu  à  Châlons  en  650 
et  où  se  trouve  la  suscription  suivante:  t  Belto,  episcopus  ecclesiae  de  JuliaebonaB, 
subscripsi.  » 

On  ignore  profondément  quel  fut  cet  évêché  du  vue  siècle  dont  il  n'est  plus  question  dans 
notre  histoire.  Comme  le  style  canonique  eût  exigé  pour  un  évêché  réguher  c  episcopus 
ecclesiae  Juliobonensis ,  *  on  pense  qu'il  s'agit  simplement  d'un  de  ces  chorévêques  ou 
évoques  régionaires  assez  communs  à  l'époque  franque.  On  cite  dans  cette  catégorie 
Mandericus,  de  Tonnerre,  et  Austrapius,  de  Celle  en  Poitou.  (Gregor.  Turon.,  Hist.,  lib.  iv 
et  v.  —  Sirmond,  ConciL,  t.  vi,  p.  392.)  —  Dans  nos  contrées ,  nous  connaissons  de  ce 
genre  saint  Ribert,  de  Leuconaûs,  que  l'on  croit  un  chorévêque  du  vue  siècle,  et  Aillemundus 
qui ,  de  940  à  960,  apparaît  à  Berneval-le-Grand  avec  la  qualification  épiscopale,  sans  que 
nous  connaissions  son  véritable  titre. 

Ce  qui  nous  porte  à  penser  que  Lillebonne  ne  fut  pas  un  évêché  régulier  à  l'époque 
franque,  c'est  que,  dans  la  mention  faite  de  ce  lieu  par  la  Chronique  de  Fontenelle,  au  viiieet 
au  ixe  siècle,  il  est  toujours  appelé  Castrum^  et  non  Civitas.  Le  titre  de  cité,  d'après  Grégoire 
de  Tours,  qui  en  fait  lui-même  l'observation  à  propos  de  Dijon,  n'était  accordé  alors  qu'aux 
évêchés,  et  celui  de  castrum  aux  forteresses  non  épiscopales.  (Greg.  Tur.,  Ub.  m,  c.  3.) 

Quant  aux  monuments  de  l'époque  franque,  nous  ne  connaissons  jusqu'ici  que  les  chapi- 
teaux et  les  cercueils  qui ,  de  4853  à  4858,  ont  été  rencontrés  par  M.  Duval  dans  le  parvis 
de  l'ancienne  église  de  Saint-Denis. 

Cette  église,  vendue  et  démolie  en  4823,  avait  été  élevée  sur  un  édifice  romain  très 
important.  Lorsque,  en  4853  et  les  années  suivantes,  M.  Duval  en  arracha  les  derniers 
fondements  et  nivela  le  cimetière  pour  faire  un  jardin ,  il  reconnut  que  dans  les  fondations 
du  temple  chrétien  beaucoup  de  matériaux  antiques  étaient  entrés.  De  plus,  il  trouva  parmi 
les  débris  trois  chapiteaux  de  pierre  ornés  de  feuillages ,  dans  le  style  de  ceux  de  Saint- 
Gervais  de  Rouen  et  de  Saint-Samson-sur-Rille ,  et  des  chapiteaux  de  l'époque  franque  les 
mieux  constatés.  En  4860,  j'ai  reconnu  un  antéfixe  formé  avec  une  croix  grecque  cerclée 
comme  nos  plus  anciens  types. 

Mais  la  plus  intéressante  découverte  a  consisté  dans  huit  ou  dix  cercueils  en  pierre  de 
Vergelé,  d'une  longueur  moyenne  de  2  mètres  et  plus  étroits  aux  pieds  qu'à  la  tête.  Ces 
sarcophages,  conservés  chez  M.  Duval  lui-nmême,  sont  semblables  à  ceux  que  l'on  voit  au 
Musée  de  Cluny  et  que  l'on  rencontre  dans  toute  la  Seine-Inférieure  au  sein  des  cimetières 
mérovingiens. 


—  415  — 

M.  Guilmeth  dit  que  l'on  a  trouvé  à  Lillebonne  une  monnaie  de  Charleftiagne  avec  cette 
légende  d'un  côté  :  karlvs,  et  de  l'autre  :  tvrnaco.  Ce  qui  est  plus  sûr,  c'est  que  le  Musée 
de  Rouen  possède  un  denier  du  même  prince  recueilli  à  Lillebonne  en  4839.  Il  pèse  30 
grammes;  d'un  côté  on  lit  :  karlvs  rex  fr.,  de  l'autre  :  metvllo. 

Après  cela ,  il  ne  nous  reste  guère  à  signaler  pour  l'époque  franque  que  la  destruction 
du  théâtre  ou  de  l'enceinte  fortifiée  de  Juliobona^  en  734,  par  Teutsinde  et  Érinhard, 
abbé  et  moine  de  Fontenelle,  pour  la  construction  de  l'église  paroissiale  de  Saint-Wandrille  : 
•  Allatis  pétris  de  Juliâbonâ,  Castro  quondam  nobilissimo  ac  firmissimo.  »  {Chronicon 
Fontanellœ,  c.  x,  p.  27.  —  Neustria  pia^  p.  449.) 

Période  normande.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  un  denier  de  Richard  II  que  nous 
croyons  trouvé  à  Lillebonne.  Cette  pièce,  qui  a  été  frappée  à  Rouen,  porte  d'un  côté  : 
ROTOM.  civiTAS ,  et  de  l'autre  :  richardvs  c.  (Cornes). 

Nous  rapporterons  aussi  à  cette  époque  la  qualification  de  viens  regalis  accordée  à  Lille- 
bonne  par  Orderic  Vital,  le  prince  de  nos  historiens  normands.  Un  historien  normand  de 
la  même  période  cité  par  Duchesne  (p.  979),  appelle  ce  bourg  t  Oppidum  Juliambonam.  t 

Époque  incertaine.  —  Nous  croyons  devoir  ranger  dans  les  attributions  de  l'âge  in- 
certain deux  marmites  en  bronze,  trouvées  à  Lillebonne  et  entrées  au  Musée  de  Rouen  en 
1836.  Ces  vases  oUaires,  à  trois  pieds  et  deux  tenons  pour  une  anse,  n'ont  pas  d'époque 
déterminée,  et  ils  peuvent  appartenir  aussi  bien  au  moyen-âge  qu'à  l'antiquité. 


§  I".  —  MANUSCRITS. 

Oaignières,  «  Supplément  français,  »  n°  5,024,  vol.  xv, 
p.  80,  à  la  Bibliothèque  impériale. 

Leboullenger,  ingénieur,  «Voyage  dans  le  département 
delà  Seine-Infér.,  exécuté  en  1807  par  ordre  de  M.  Savoye- 
Hollin,  préfet,»  2  vol.  in-folio,  à  la  Bibliothèque  de  Rouen. 

«  Procès-verbaux  et  archives  de  la  Commission  dé- 
partementale des  antiquités  de  la  Seine-Inférieure,  »  à 
la  Préfecture  de  Rouen. 

Pigné  (de  Lillebonne),  «  Panorama  de  Lillebonne  ,  » 
1831,  conservé  dans  la  famille  de  l'auteur,  à  Lillebonne. 

8  n.  —  IMPRIMÉS. 

Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.  des  Gaules,  »  1. 1", 
p.  72,  73  et  108. 

D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  393-94. 

Fortiad'Urban,«Rec.desItinér.anc.,»p.  115, 116,236. 

Walckenaer,  «  Géographie  anc,  hist.  et  comp.  des 
Gaules,  »  t.  ii,  p.  434  -,  t  m,  p.  52,  53  et  54. 

Labbe  et  Cossart,  «  Sacro  Sancta  Concilia,  »  t.  vi, 
p.  391-92,  ad  annum  650  et  note  du  Père  Sirmond. 

«  Chronicon  Fontanellae,  v  c.  x,  p.  27. 

Orderic  Vital,  a  Hist.  ecclesiast,  »  lib.  v,  c.  5  ,  t.  ii , 
p.  323  ;  lib.  xii,  c.  23,  t.  iv,  p.  396.  Édit.  Le  Prévost. 

a  Neustria  pia,  »  p.  149. 

L'abbédèLonguerue,«Merc.deFrance,»av.  1732,p.631 . 


L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Acad.  des  Inscriptions  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  633-647. 

Dom  T.  Duplessis ,  «  Descript.  géogr.  et  hist.  de  la 
Haute-Normandie,  »  t.  i**",  p.  3-7. 

Le  comte  de  Caylus ,  «  Recueil  d'antiquités,  o  t.  vi , 
p.  393-396,  pi.  cxxvi  et  cxxvii. 

Noël  de  la  Morinière,  «  Second  Essai  sur  le  départe- 
ment de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  123-128. 

Raymond,  «  Première  Lettre  sur  les  antiquités  de  la 
Normandie.  —Lillebonne,  »  in-8'  de  99  pages.  Paris. 
Demonville,  1826. 

Mangou  de  la  Lande ,  «  Notice  archéologique  sur  le 
pays  de  Caux,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Ântiq. 
de  Norm.,»  t.  m,  p.  213-226. 

Rêver,  «Mémoire  sur  les  Ruines  de  Lillebonne,  arrond. 
du  Havre,  Seine-Inférieure,  »  in-8*  de  142  pages.  Évreux, 
Ancelle,  1821.  Avec  un  «  Appendice  au  Mémoire  sur  les 
Ruines  de  Lillebonne,  >»  in-S"  de  58  pages.  Ibid.,  avec 
5  pi.  —  Quoique  portant  la  date  de  1821,  cet  ouvrage  n'a 
paru  qu'en  1825. 

Id.,  «  Description  de  la  Statue  de  bronze  doré  trouvée 
à  Lillebonne,»  in-8"  de 58  pages.  Rouen,  E.  Périaux, 
1823.  —  2«  édition  de  45  pages.  Évreux,  Ancelle,  1824. 

Id.,  «Conject.  sur  les  Objets  d'antiq.  trouv.  à  Lille- 
bonne,  dans  les  dem.  jours  de  juin  et  les  prem.  jours  de 
juillet  1824,  »  in-8''  de  13  pages.  Rouen,  1824. 


416  — 


Hever,  «  Antiquités  de  Lillebonne.  Rapport  à  M.  le 
Préfet  de  la  Seine-Inférieure,  29  nov.  1825,  *»  dans  les 
A  Archiv.  de  la  Normandie,  »  année  1826,  p.  384-390. 

Guilmeth,  *  Notice  hist.  sur  la  ville  et  les  environs  de 
Lillebonne,  »in-8**de96  p.  Rouen,  Berdalle,  vers  1843. 

E.  Gaillard,  «  Notice  sur  la  Statue  pédestre  de  marbre 
blanc,  >»  in-8'  de  47  pages.  Rouen,  N.  Périaux,  1829. 

Id.  «  Recherches  archéol.  pour  servir  d'introd.  à  un 
Voyage  dans  la  Seine-Infér.,  »  in-8**  de  13  pages.  Rouen, 
N.  Périaux,  1832. 

Id.,  «  Mém.  sur  le  Balnéaire  de  Lillebonne,  »  in-8''  de 
52pagesavec5pl.de  M.  Ed.  Lambert.  Gaen,  Hardel,  1834. 

Id.,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Ant.de  Nor.,»  t.  iv,  p.  50-100. 

De  Jouffroy  et  E.  Breton ,  «  Introduct.  à  Thist.  de 
France,»  p.  91,  pi.  31,  fig.  2. 

Deville,  nCatal.  du  Musée  départemental  d'antiquités,* 
années  1834,  1836,  1838, 1840,  1845. 

Id.,  «  Précis  analyt.  des  Trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  » 
année  1837,  p.  184-93,  et  année  1838,  p.  261-66. 

Id.,  «Notice  sur  Lillebonne,  »  dans  le  •  Bulletin  monu- 
mental ,  k  t  xxin,  p.  566-573. 

Id.,  «  Revue  de  Rouen,  »  nov.  1841,  p.  315-21  et  1  pi. 

Id.,  «  Sur  une  Statuette  enbronze  découv.  à  Lillebonne, 
en  septembre  1841,  >  in-S^'de  6  pages  et  1  pL  Rouen, 
Périaux,  1841. 

De  Boutteville,  «Figurine casquée  de  Lillebonne,»  dans 
la  «  Revue  de  Rouen ,  »  février  1842,  p.  73-79  et  1  pi . 

Roach  Smith,  «Gollectanea  antiqua,  »  vol.  m,  p.  73-90, 
plates  XVII  à  XXV. 

»  Procès-verbaux  de  la  Gommiss.  départ,  des  Anti- 
quités de  la  Seine-Inf ,  »  1. 1". 

«  Notes  on  some  of  the  Antiquities  of  France,  Lille- 
bonne  ,  »  pi.  XVII  à  XXV.  Excellentes  notes  illustrées  de 
gravures  sur  le  thé&tre,  les  tombeaux,  les  statues. 

«La Normandie  pittoresque.— Le  Havre  et  son  arrond., 
t.  II.  Ganton  de  Lillebonne,  »  p.  1  à  32  et  planches. 

A.  Le  Prévost,  «  Annuaire  statist.  du  département  de  la 
Seine-Inférieure,  pour  1823,  »  1. 1*%  p.  552-57,  et  in-8»  de 
24  pages.  Rouen,  1824. 

Id.,  «Rapport  sur  la  Notice  de  M.  Rêver  relative  à  la 
Statue  de  bronze,  »  dans  le  f  Précis  analyt.  de  TAcad.de 
Rouen,  »  année  1824,  p.  149-163. 


A.  Le  Prévost,  «  Rapport  sur  la  première  Lettre  relat. 
aux  antiq.  de  Lillebonne,  par  M.  Raymond,  »  dans  le 
«  Précis  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  p.  93. 

Id.,  «Compte-rendu  du  Mém.  de  M.  Rêver  sur  les  Ruines 
de  Lillebonne,  »  dans  les  «Archives  de  la  Normandie,  > 
2*  année ,  p.  255  et  404,  in-8%  Gaen ,  1826. 

Nodier,  Taylor  et  de  Gailleux,  «Voyages  pittoresques 
et  romant.  dans  l'anc.  France.  —  Normandie ,  »  1. 1", 
p.  73-79,  pi.  32,  33. 

Gh,  Lenormant,  «  Notice  sur  le  Théâtre  antique  de 
Lillebonne,  ■  dans  les  «  Annales  de  l'Institut  de  corres- 
pond, archéol.,  »  t.  ii,  p.  51. 

L'abbé  Gochet ,  «  Discours  de  récept.  à  l'Acad.  de 
Rouen,  »  in-8*'  de  19  pages.  Rouen,  Périaux,  1842. 

Id.,  «  Aperçu  du  commerce  des  Galètes  à  l'époque 
gallo-rom.,  »  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1842, 
2*  sem.,  p.  257-72,  et  dans  «  l'Art  en  province,  «Moulins, 
184344. 

L'abbé  Gochet ,  «  Voies  romaines  de  l'arrond.  du 
Havre ,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,  »  t.  XIV,  p.  150-169. 

Id.,  «Voies  romaines  de  la  Seine-Inférieure, •  dans 
les  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxiv, 
p.  319-360. 

Id.,  «  Les  Églises  de  l'arr.  du  Havre,  »  t  ii,  p.  177-193. 

Id.,  A  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  97-120; 
2*  édit.,  p.  111-137,  avec  1  pi.  et  des  grav. 

Id.,  «  Épigraphie  de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  1  à  9,  et 
«  Bull,  mon.,  »  t.  xxi,  p.  281-92. 

L'abbé  Gochet,  «De  la  coutume  d'inhumer  les  hommes 
dans  des  tonneaux  en  terre  cuite,  à  propos  d'un-Dolium 
romain  trouvé  en  Normandie,  »  dans  la  «  Revue  archéolo- 
gique, »  XIV»  année  (1859),  p.  608-619. 

Id.,  «  L'Atheneeum  français,  »  du  30  juillet  1863. 

Id.,  «  Note  sur  des  incinérations  gallo-rom.  trouvées  à 
Lillebonne  en  1860 ,  »  dans  «  la  Picardie,  »  (Amiens), 
vu»  année  ,  p.  39-44. 

Id.,  Même  note  dans  le  «  Bulletin  de  la  Soc.  des  AnUq. 
de  Norm.,  »  1. 1",  p.  261-66,  t.  m,  p.  168-71.  ' 

J.-F.  Brianchon,  «  Les  Nouvelles  Antiquités  de  Lille- 
bonne,  »  in-8»  de  16  p.  Bolbec,  Valin  1864 ,  et  in-12  de 
21  p.  1865. 


LE  MESNIL-SOUS-LILLEBONNE  (section  de  lillebonne). 

Epoque  romaine.  —  Le  Mesnil,  où  passait  la  voie  romaine  de  Juliobona  à  Breviodurum 
et  NoviomaguSj  était  un  faubourg  de  la  cité  romaine,  et  il  peut  malaisément  en  être  séparé. 
Ce  sont  les  collines  du  Mesnil,  surtout  celles  qm  portent  le  nom  du  Toupin  et  du  Cotillon, 
qui  renferment  le  principal  cimetière  de  la  cité  antique.  Toute  la  collection  de  vases  el 
d'objets  antiques  formée  au  commencement  de  ce  siècle  par  M.  Davois  de  Kinkerviile,  el 
acquise  par  le  département  en  i  840,  provenait  des  incinérations  du  Mesnil. 


—  417  — 

Dès  1705,  on  tira  des  coteaux  boisés  du  Mesnil  une  inscription  qui  fit  grand  bruit  au 
siècle  dernier. 

En  1836 ,  le  Musée  de  Rouen  fit  l'acquisition  d'une  petite  cuiller  à  encens  ;  d'une  grande 
urne  cinéraire  en  terre  cuite;  de  plusieurs  vases  en  terre  rouge;  de  deux  perles  en 
verre  bleu  striées  et  forées ,  et  d'une  urne  cinéraire  en  plomb  de  forme  cylindrique  et 
tronquée.  Le  tout  provenait  du  Mesnil,  C'est  sans  doute  ce  qui  explique  comment  le 
Catalogue  du  Mmée  d'Antiquités  de  Rouen  pour  l'année  1845  (p.  34)  mentionne  une  urne 
en  plomb  provenant  du  Mesnil-sous-Lillebonne. 

C'est  aussi  au  Mesnil  que  M.  Duval,  percepteur  à  Lillebonne,  trouva  dans  un  petit  vase 
tout  un  assortiment  de  jolies  broches  ou  fibules  de  bronze,  qui  dut  former  l'écrin  de  toi- 
lette d'une  dame  romaine. 

Enfin  c'est  au  Mesnil  que  nous-même  avons  fouillé  en  1 852  le  cimetière  antique  de  Julio- 
bona,  fouilles  dont  nous  avons  donné  le  récit  dans  la  Normandie  souterraine  et  ailleurs. 
C'est  donc  aux  antiquités  de  Lillebonne  que  se  rattachent  celles  du  Mesnil. 


L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Académie  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  647, 

t  La  Normandie  sout.,  »  l'«édit.,  p.  99,  107-109,114- 
120;  2-  édit.  p.  U3,  121-123,  129-137. 


Caylus ,  «  Recueil  d'antiquités ,  »  t.  vi ,  pi .  126  et 
127. 

«  Mémoire  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie,  » 
t.  XIV,  p.  163,  et  t.  XXIV,  p.  333* 


SAINT-JEAN-DE-FOLLEVILLE. 

Époque  romaine.  — .Au  temps  où  prospérait  Juliobona^  Saint-Jean-de-Folleville  dutlui 
servir  conime  de  faubourg.  Aussi  trouve-t-on  sur  le  territoire  de  cette  commune  un  grand 
nombre  de  monuments  antiques. 

M.  E.  Gaillard,  qui  l'a  habitée  longtemps  et  qui  de  là  descendait  chaque  jour  surveiller 
les  fouilles  de  Lillebonne,  M.  Gaillard,  dis-je,  y  signale  un  Câtelier  à  l'entrée  de  la  .vallée 
Collarine.  Il  dit  aussi  que  dans  le  bois  des  Castellans ,  nom  significatif,  se  trouve  une 
motte  de  terre  entourée  de  fossés,  sen^blable  à  nos  anciens  tours  de  pressoir. 

La  voie  romaine  qui  de  Juliobona  (Lillebonne)  se  dirigeait  vers  Caracotinum  (Harfleur) 
passait  à  Saint-Jean-de-Folleville,  C'est  probablement  ce  qui  explique  la  découverte  faite 
en  février  1860,  par  M.  Auguste  Fauquet,  dans  le  bois  deFolleville  qui  est  vers  Lillebonne. 
Là ,  en  pratiquant  un  chemin  d'accès  pour  son  château,  il  a  trouvé  des  murs  antiques  et 
des  incinérations  romaines  des  premiers  siècles.  Les  ouvriers  ont  brisé  une  partie  des 
vases;  cependant,  il  est  échappé  à  leur  pioche  quatorze  objets  curieux,  soigneusement 
conservés  par  le  propriétaire.  Nous  avons  mentionné  ces  divers  objets  et  en  avons  donné 
le  dessin  à  l'article  Lillebonne  (p.  404). 

Ce  n'est  pas  la  première  fois  qu'une  découverte  intéressante  a  lieu  à  Saînt-Jean^de- 
FoUeviUe.  Déjà  en  1839  il  avait  été  trouvé  au  bas  de  la  côte,  toujours  vers  Lillebonne,  un 
beau  vase  en  bronze  haut  de  24  centimètres ,  aujourd'hui  déposé  au  Musée  de  Roiuen. 

53 


1 


—  418  — 

Enfin,  chose  plus  importante  encore,  en  1842,  M.  Friboulet,  de  Fécamp,  fit  fouiller 
une  terre  appelée  le  Champ-aux^Tuiles.  Il  y  reconnut  un  très  bel  établissement  romain 
dont  quelques  parties  étaient  encore  pavées  en  mosaïque  ;  il  y  recueillit  des  vases ,  des 
fragments  de  vases,  des  crépis  coloriés,  des  défenses  de  sanglier  et  une  foule  de  débris. 
Parmi  les  restes  qui  sortirent  de  cette  fouille ,  M.  Deville  signale  des  urnes  romaines.  Le 
même  M.  Deville  m'a  assuré  qu'à  Gouberville ,  près  Follèville ,  on  a  trouvé  des  mosaïques 
grossières  et  des  monnaies  romaines  dont  une  était  de  Commode. 

Un  chemin  d'intérêt  commim  ouvert,  en  4863,  dans  la  vallée  de  Lillebonne,  sur  le  terri- 
toire de  Saint-Jean-de-Folleville,  a  fait  rencontrer  d'importantes  substructions,  des  tuiles, 
des  poteries  et  des  monnaies  romaines. 

J'ai  visité  ces  débris  pendant  l'été  de  4864,  et  j'ai  reconnu  d'importantes  murailles,  restes 
d'habitations  antiques  contiguës  à  la  colline. 


E.  Gaillard  ,  «  Recherches  archéologiques ,  »  p.  5. 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  fîorm.,  »  t.  xiv,  p.  154, 
f't  t.  XXIV,  p.  319. 

«<  Bulletin  de  Id  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  r 
p.  260. 


f«r 


•  La  Normandie  souterr.,  »  l'*éd.,p.  421;  2*  éd.,  p.  !39. 
«  Revue  du  Havre,  »  du  12  juin  1842. 
o  Courrier  de  Dieppe ,  »  du  31  mai  1842. 
o  La  Picardie ,  »  vii«  année,  1861,  p.  39-44. 
a  Revue  de  la  Normandie,  «  t.  ni,  p.  4. 


RADICATEL  (section  de  saint-jean-de-folleville). 

Époque  romaine.  —  Eudes  Rigaud ,  au  xiiie  siècle ,  appelle  ce  lieu  Ratier^Castel.  Il 
nous  paraît  malaisé  que  le  nom  de  Castel  entre  dans  la  composition  d'un  nom,  sans  que  le 
Heu  qui  le  porte  ait  quelque  chose  de  romain.  —  Nous  avons  en  effet  appris  qu'il  y 
avait  à  Radicâtel  un  Câlelier  avoisinant  une  villa  romaine.  Au  lieu  dit  le  Champ-des- 
Oiseaux,  on  a  recueilli  de  moyens  bronzes  de  Trajan,  de  Titus  et  d'Antonin. 

MÉLAMARE. 


Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Juliobona  à  Caracotinum  passait  par  Mélamare, 
où  il  dut  y  avoir  des  briqueteries  à  l'époque  romaine. 

Une  tradition ,  basée  sur  une  chapelle  bâtie  dans  un  vallon  qui  porte  le  nom  de 
Fond  et  de  Côte  de  Sainte-Honorine,  prétend  que  là  fut  mise  à  mort  pour  la  foi,  le 
27  février  303,  sainte  Honorine ,  vierge  et  martyre.  On  ajoute  que  son  corps  fut  gorté 
jusqu'à  la  Seine ,  où  il  fut  jeté,  et  qu'ensuite  il  vint  échouer  sur  le  rivage  de  Grâville,  où 
il  fut  inhumé. 

Époque  incertalne.  —  J'ai  entendu  dire  qu'il  y  avait  une  motte  à  Mélamare. 


«  Mém.  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie,  t 
t.  XIV,  p.  154,  et  t.  XXIV,  p.  319. 


«  Les  Églises  do  l'arrondissement  da  Havre,  »  1 1", 
p.  84-90;  t  II,  p.  202. 


419 


SAINT-ANTOINE-LA-FORÊT. 

Époque  romaine.  —  La  voie  TOïùdiine  de  Julio bona  (Lillebonne)  à  Caracotinum  (HavReûr) 
passait  par  Saint-Antoine-la-Forêt. 

et  Mém.  de  la  Soc.  des  Àntiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  154,  et  t.  xxiv,  p.  319. 

SAINT-NICOLAS-DE-LA-TAILLE. 

Époque  gauloise  (?).  —  C'est  sur  le  territoire  de  Saint-Nicolas-de-la-Taille  que  se 
trouve  le  Camp  de  Bottdeville.  M.  Fallue  a  décrit  cette  antique  enceinte  qui  porte  aussi  le 
nom  de  C atelier.  Il  lui  donne  une  contenance  de  i  50  acres.  La  Seine  et  le  vallon  de 
Tancarville  forment  une  partie  des  défenses  naturelles  de  ce  camp,  qui  est  protégé  du 
côté  de  la  plaine  par  trois  fossés,  selon  M.  Gaillard;  par  deux  seulement,  d'après  M.  Fallue. 
Ce  camp ,  du  reste ,  qui  est  couvert  de  taillis,  doit  appartenir  à  la  famille  des  circonvalla- 
lions  antiques  de  Sandouville,  du  Canada  et  de  Limes. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  ime  monnaie  de  bronze  de  Néron , 
provenant  de  Saint-Nicolas-de-la-Taille. 

Époque  incertaine.  —  Vers  1846,  on  a  trouvé  à  Saint-Nicolas-de-la-Taille  une  mar- 
mite en  bronze  à  trois  pieds  et  deux  tenons  pour  une  anse  qui  a  disparu.  Ce  genre  d'an- 
tiquités, qui  est  difficile  à  dater,  pourrait  bien  être  du  moyen-âge.  La  pièce  est  entrée  au 
Musée  de  Rouen. 

L.  Fallue,  tMém.  delà  8oc.  des  Antiq.  do  Nonnandie,  «    1       E.  Gaillard,  f  Recherches  archéologiques,  «  p.  6 ,  7 
t.  IX,  p.  188-92,  et  pi.  v.  1    et  8. 

LA  TRINITÉ-DU-MONT. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  de  Juliobona  (Lillebonne)  à  Gravinum  passait  par 
la  Trinité-du-Mont. 

GRANDCAMP. 

Époque  incertaine.  —  Dans  une  liste  des  localités  de  la  Seine-Inférieure  contenant 
d'anciens  monuments,  dressée  par  M.  Le  Prévost  en  4822,  nous  trouvons  l'annotation 
suivante  :  «  Grandcamp  (arr.  du  Havre),  emplacement  d'un  campsur  la  croupe  d'une  colline.  > 

o  Procès-verbaux  de  la  Commiss.  départ,  des  Antiq.  de  la  Seine-Inférieure,  »  1. 1*',  p.  33. 

AUBERVILLE-LA-CAMPAGNE. 

Époque  romaine.  —  Ce  village  est  situé  sur  la  plaine  qui  sépare  Lillebonne  de  Cau- 
debec-en-Caux,  et  le  long  de  l'ancienne  voie  qui  conduisait  de  Juliobona  à  Lotum. 


—  420  — 

Nous  savons  que  vers  i  820 ,  on  trouva  à  Auberville ,  près  de  la  chapelle  ruinée  de 
Saint-Amateur,  un  cercueil  en  pierre  que  j'attribue  au  rv^  ou  au  v^  siècle  de  l'ère  chré- 
tienne. Ce  tombeau ,  d'une  seule  pièce ,  qui  a  longtemps  servi  de  baille  dans  une  fenne , 
renfermait  un  squelette  accompagné  de  divers  ornements,  parmi  lesquels  on  cite  un 
collier  de  perles  de  verre  dures  et  brillantes,  imitant  pour  la  forme  les  patenôtres  de 
nos  chapelets.  A  la  rigueur,  cette  sépulture  pourrait  être  franque.  Je  n'insiste  pas 
sur  son  attribution.  Je  tiens  les  détails  de  cette  découverte  de  M.  Hanot,  alors  curé 
d'Auberville. 

«  Les  Églises  de  l'arrond.  du  Havre,  »  t.  ii,  p.  211.         1        «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Normandie,  »  l.  xiv, 
«  La  Normandie  sout.,  »  1"  édit.,  p.  33;  2*  édit,  p.  40.    '    p.  150-151,  et  t.  xxiv,  p.  324. 

TRIQUERVILLE. 

Époque  incertaine  ,  peut-être  gauloise  (?).  —  Près  de  Téglisé  était  autrefiDis  une  fon- 
taine vénérée  qui  portait  le  nom  de  Saint-Jean.  On  y  venait  prier,  et,  le  jour  de  la  fête, 
on  y  allumait  un  feu* 

Époque  romaine. — Dans  des  champs  appelés  Lflfct>  ou  l' A  bbaye^  qui  dépendaient, 
dit-on,  des  moines  du  Valasse,  on  trouve  en  labourant  une  certaine  quantité  de  tuiles.  Il 
est  bon  d'ajouter  que  le  nom  d'abbaie  est  parfois  donné  par  les  habitants  des  cam* 
pagnes  aux  villas  antiques,  témoin  le  palais  de  Charles-le-Chauve  à  Pitres,  où  est  la  rtte  de 
r  Abbaye. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrondissemenl  du  Havre ,  »  t.  ii ,  p.  216-218. 

t 

m 

NOTRE-DAME-DE-GRAVENCHON. 

Epoque  incertaine.  —  A  Gravenchon,  M.  Fallue  signale  une  motte  couverte  de 
buis. 

«  Mém.  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie ,  »  t  ix,  p.  290. 

SAINT-GEORGES-DE-GRAVENCHON.  (section  de  notre-dame-de-gravenchon). 

Période  normande.  —  Les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités  possèdent  une 
vue  de  l'église  romane  de  SaintGeoi^e§-de-Gravenchon ,  prise  par  M.  H.  Langlois 
avant  la  démolition  de  cet  édifice  en  1825.  Cette  construction  romane  paraît  re- 
monter aux  derniers  Carlovingiens  ou  aux  premiers  Capétiens.  Dans  le  mur  du  nord 
est  logée  une  grossière  statuette  de  pierre  que  Ton  prendrait  volontiers  pour  une  sculpture 
païenne. 


SAiNT-MAURICE-D'ÉTELAN. 

Epoque  romaine.  —  En  -1852,  sur  la  pente  d'un  coteau  qui  sépare  le  presbytère  de 
ï'école,  au  lieudit  les  Mamns-des-Douaniers ,  oa  a  Iroayé  dans  un  jardin,  à  40  centi- 
mètres du  sol ,  un  dolium  en  terre  cuite  contenant  une  urne 
en  plomb  de  forme  ronde,  oraée  de  bâtons  comme  celle  de 
Bolbeo  et  entièrement  remplie  d'os  brûlés  ;  une  urne  de  verre 
de  forme  carrée  et  à  anse  rayée.  Ce  vase,  Haut  de  33  centi- 
mètres, est  également  rempli  d'osse- 
.  ments  incinérés  qui  trempent  dans  une 
eau  d'interposition.  Avec  ces  deux  pièces 
5     cinéraires  se  trouvaient  des  vases  aux 
offrandes  et  aux  libations,  tels  qu'une 
coupe  de  verre ,  un  vase  carré  aussi  en 
verre  ayant  une  anse  rayée  et  couvert  de 
tartre  au  fond  ;  en  dernier  lieu ,  un  petit 
vase  en  terre  cuite.  A  côté  du  dolium 
ont  été  recueillies  deux  cruches  vides  en 
rRKB  En  piANB.  uaKE  en  tbbre.        ^^^  rougcâtre.  De  cette  sépulture  il  a 

été  extrait  neuf  vases  conservés  par  MM.  Bettencourt,  régisseurs  du  château  d'Ételan. 
Enfin  il  s'y  trouvait  aussi  une  monnaie  de  bronze  demeurée  indéchiflrable. 

Antérieurement  à  cette  découverte ,  il  avait  élé  recueilli  à  Saint-Maurice  de  moyens  et 
de  petits  bronzes  d'Auguste,  de  Crispine  et  de  Constans. 
L'abbé  Cochet,  •  La  Normandie  souterraine,  •  1"  édi(.,  p.  121-122;  2*  édit.,  p.  139-140. 


ARRONDISSEMENT  D  YVETOT. 


CANTOÏSr    D'YVEITOT. 


YVETOT. 


DBACELBT  EN  OB. 


Époque  gauloise  (?).  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  un 
beau  bracelet  en  or  pesant  cinquante-neuf  grains ,  et  trouvé 
en  4843  à  Yvetot  ou  aux  environs.  M.  Deville  le  présume 
gaulois. 

Époque  franque.  —  Nous  ne  parlerons  que  pour  mémoire 
de  la  légende  fabuleuse  du  meurtre  de  Gauthier,  sire  d'Yvetot, 
assassiné  à  Soissons ,  par  Clotaire  1er,  le  21  mars  536.  C'est 
là  une  histoire  inventée  à  la  fin  du  xv^  siècle  par  Nicolle 
Gilles  y  dans  ses  Chroniques  de  France,  publiées  en  1492,  et 
par  Robert  Gaguin,  dans  son  Histoire  de  France,  qui  vit  le 
jour  en  1497.  Ces  chroniqueurs  voulaient  sans  doute  s'expliquer  l'étrange  existence  au 
moyen-âge  d'une  souveraineté  princière  à  Yvetot,  laquelle  dégénéra  parfois  jusqu'à  la 
parodie  royale.  Mais,  ce  qui  doit  surprendre,  c'est  la  foule  d'hommes  sérieux  et  lettrés  qui , 
depuis  trois  cents  ans ,  s'est  occupée  du  royaume  d'Yvetot. 

Le  nom  d'Yvetot  n'apparaît  pour  la  première  fois  dans  des  documents  historiques  qu'au 
xi«  siècle.  Dans  une  charte  de  Saint- Wandrille ,  Guillaume-le-Conquérant  cite  ivetot. 

Pour  l'époque  franque,  ce  qui  est  plus  sûr  pour  lui  que  sa  royauté,  c'est  un  tiers  de  sol 
d'or  trouvé  sur  son  territoire,  vers  1847,  et  entré  dans  la  collection  départementale. 

BIBLIOGRAPHIE  DU  BOTAVJIE  D'YVETOT. 


Xy*  SIÈCLE. 

Robert  Gaguin ,  «  Compendium  de  origine  et  gestis 
Francorum,  »  lib.  ii,  c.  i,  149t. 

Nicolle  Gilles,  aTrèsYéridiques  Annales  ou  Chroniques 
de  France,  »  1492  ou  1496. 

XVII*  SIÈCLE. 

Claude  Malingre,  *  Institution  du  Royaume  d'Yvetot,  » 
article  inséré  à  la  fin  de  son  «  Traicté  sur  la  loi  salique, 
armes,  blasons,  etc.,"»  in-^*,  Paris,  Collet  1614. 


A.  Momac,*  De  fklsâ  regni  Yvetoti  narratione,  etc.,  » 
in-S"  de  24  pages,  LutetisD,  Martinus,  1615. 

Jean  Ruault ,  «  Preuves  de  Thistoire  du  Royaume 
d'Yvetot,  avec  un  examen,  etc.,  »  in-4*,  Paris,  1631. 

Denis  Le  Bouthillier  (de  Rouen;,  «  Traité  des  prétendus 
droits  du  Royaume  d'Yvetot.  »  (Anonyme.) 

Ont  parlé  de  ce  Royaume  :  Robert  Cœnalis  ou  Geneau, 
évoque  d'Avranches  { «  Gallica  historia  ;  »  )  Charles  de 
Bourgueville,  sieur  deBras,  de  Gaen  («  Recherches  et  an- 
tiquitez  de  laNormandie;  »)  le  cardinal  Barooius,  Henri 


—  423 


Sponde,  Baptiste Fulgose,  duHaillan,  Gabriel  du  Moulin, 
Louis  Trincaut  («  Généalogie  du  Belley  en  Anjou,  »)  Cho- 
pin, Ghassanée,  etc. 

XVm*  filtCLE, 

L'abbé  de  Vertot,  «  Dissertation  sur  l'origine  du 
Royaume  dTvetot,  »  dans  les  «  Mém.  de  TAcad.  des  Ins- 
criptions et  Belles-Lettres,»  t.  iv,  p.  728,  année  1714. 

«Journal  de  Verdun,  »  déc.  1706,  p.  432  ;  nov.  1711 , 
p.  315  ;  sept.  1741 . 

«Mercure  de  France,  »  juin  1725,  p.  1481;  septembre 
1725,  p.  1938-44  ;  janvier  1726,  p.  48-54. 

L'abbé  de  la  Roque,  «  Traité  de  la  Noblesse,  »  ch.  ix 
et  XXVI. 

DomT.Duplessis,  «Descript.  géog.  ethist.  de  la  Haute* 
Normandie,  »  1. 1",  p.  173-189.  —  M.  Frère  attribue  cette 
dissertation  à  Foncemagne. 

L'abbé  des  Thuilleries (Claude  du  Moulinet),  »  Disser- 
tation sur  le  prétendu  Royaume  d'Yvetot,  »  dans  le 
«  Dictionnaire  universel  des  Gaules  et  de  la  France,»  par 
r«bbé  Expilly,  t.  m,  p.  1402  et  suiv. 

Leoerf  de  la  Viôville  (de  la  Rivière  selon  d'autres; , 
«  Origine  du  Royaume  d'Yvetot,  »  à  la  suite  de  «  l'Éloge 
des  Normands,  »  p.  118-32,  in-12,  Paris,  1748. 

«t  Factumpour  leséchevins,  bourgeois,  propriétaires  et 
habitants  de  la  principauté  dTvetot...  contre  messire 
d'Albon,  prince  d'Yvetot,  »  in-f"  de  24  pages,  Rouen,  Du- 
mesnil,  1737,  et  à  la  suite  deux  autres  Mémoires  de  1737 
et  1740,  puis  deux  autres  Mémoires  de  1776.  —  Voir  le 
a  Manuel  »  de  M.  Frère,  au  mot  Facium^  t.  i",p.  449. 

Noël  de  la  Morinière,«  Second  Essai  sur  le  département 
de  la  Seine-Inférieure,  »  p.  120-121,  in-8'»,  Rouen,  1795. 


XIX*  SIÈCLE. 

Frère  ,  «  Manuel  du  Bibliographe  normand  ,  »  t .  ii , 
p.  621. 

Guilmeth  ,  «  Descript.  géog.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arrond.,  »  t.  ii,  p.  8-16. 

Id.,  «  Jean  Baucher,  roi  d'Yvetot,»  une  brochure  in-8% 
Rouen,  1860,  extrait  du  «  Nouvelliste  de  Rouen,  »  des  5  et 
6  décembre  1862. 

Id.,  «  Nouvelliste  de  Rouen,  »  du  27  juillet  1857. 

M''*  Amélie  Bosquet,  «  La  Normandie  romanesque  et 
merveilleuse,  »  p.  431-33. 

E.  Gaillard,  «  Conjectures  sur  le  Royaume  d'Yvetot,» 
dans  le  «  Précis  analyt.  de  l'Acad.  de  Rouen,  »  année 
1836,  p.  129-143. 

Duputel,  «  Du  Royaume  d'Yvetot,  Mém.  lu  dans  une 
séance  part,  de  l'Académie  de  Rouen,  le  11  avril  1811,  • 
in-8»  de  31  pages,  Rouen,  Brière,  1835. 

A.  Canel,  a  Le  Royaume  d'Yvetot,  »  dans  la  «  Revue 
hist.  des  cinq  dép.  de  la  province  de  Normandie,  ■  année 
1836,  p.  436-58-,  année  1837,  p.  21-28. 

Fromentin,  «  Essai  hist.  sur  Yvetot,  »  p.  1  à  84,  in-8*', 
Rouen,  Pérou,  1845. 

Labutte,  «  Études  historiques  sur  l'arrond.  d'Yvetot,» 
p.  72-83. 

L'abbé  Cochet ,  «  Leâ  Églises  de  l'arrondissement 
d'Yvetot ,  »  l'«  édit.,  t.  ii ,  p.  311-314  ;  2«  édit. ,  t.  ii , 
p.  309-311. 

Chéruel ,  «  Dictionnaire  des  institutions  ,  mœurs  et 
coutumes  de  la  France,  »  p.  1270-71. 

Collin  de  Plancy,  «  Légendes  de  l'Hist.  de  France  : 
le  Roi  d'Yvetot,  etc.,  »  in-8%  Paris,  1850. 


ÉCRETTEVILLE-LES-BAONS. 

Période  normande.  —  En  i026,  Richard  II  donne  à  l'abbaye  de  Fécamp  l'église  et  la 
terre  d'Écretteville  :  «  Ecclesiam  de  Scrotavillâ.  3>  Les  moines  possédèrent  longtemps,  en  ce 
lieu,  une  magnifique  terre  féodale  appelée  au  moyen-âge  la  ferme  du  CâteL  Les  restes  de 
cette  habitation  semi-monastique,  semi-chevaleresque,  sont  encore  curieux  à  voir. 


A  Neustria  pia,  >  p.  217. 

Guilmeth,  «  Desc.  géog.,  hist.,  stat.  efjnon.   des 
arrond.,  »  t.  ii,  p.  62. 


Fallue,  •  Hist.  delà  ville  et  de  Tabb.  de  Fécamp,»p.  102. 
«  Les  Églises  de  l'arrond.  dTvetot,  »  l'«  édit.,  t.  ii, 
p.  369;  2«  édit.,  t.  n,  p.  363. 


VALLIQUERVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Valliquerville  possède  ou  a  possédé  un  tertre  revêtu  de  maçon- 
nerie ,  une  espèce  de  fer  té ,  fermeté  ou  roqueforte. 

On  m'a  cité  à  Valliquerville  une  enceinte  fossoyéé  que  M.  l'abbé  Somménil  attribue  aux 
guerres  de  Henri  IV  et  du  duc  de  Parme. 

L'abbé  Somménil ,  «  Campagne  de  Henri  IV  au  pays  de  Caux ,  »  p.  36-42. 


ALLOUVILLE-BELLEFOSSE. 


Période  mormande.  —  Cette  com- 
mune possède,  dans  le  cimetière  qui 
entoure  son  église,  une  antiquité  végé- 
tale qui  a  son  histoire  et  sa  bibliographie. 
Nous  voulons  pai'ler  du  chène-chapelle 
auquel  M.  Marquis,  professeur  de  bota- 
nique à  Rouen,  donnait  en  1821  de  huit 
à  oeuf  cents  ans. 

M.  Dubreuil ,  professeur  d'arboricul- 
ture au  Jai'din  des  Plantes  de  la  même 
ville,  ne  lui  donnait,  en  1843,  que 
huit  cent  soixante-dix  ans.  Cela  suffit 
pour  que  nous  ayons  un  motif  de  con- 
sidérer ce  végétal  comme  contemporain 
de  la  dynastie  de  Rollon. 


CBÊNE-CIIAPELLB  It'ALLOUVtLLB-BELLEFOME. 


BIBLIOGRAPBIB  DU  CBiXE-CUAPElXLB  D'ALLOCVILLB. 


Marquis,  »  Notice  sur  le  Chêno-Cliapolle  d'Allouvîlle 
dans  le  pays  de  Caux,*  ia-1!  de  7  p.,  Rouen,  1S23. 

Id.,  •  Précis  analyt.  dos  Trav.  de  l'Acad.  de  Rouen,  » 
année  1823,  p.  40-46. 

Id.,  «Archives  de  la  Normandie,*  1. 1",  p.  83-84  et  pi, 

Dubreuil ,  •  Quelques  Notes  sur  l'accroissement  des 
arbres  evogènes,  •  in-4°,  Caen,  1847. 

Id.,  «  Mém.  de  l'Institut  dos  Provinces,  i>  1. 1",  in-t", 
Caen,  1847. 

De  Glanville  ,  «  Promenade  archéol.  de  Rouen  à 
Fécomp  ,  »  p.  80-83. 

•  Les  Ëglises  de  l'arrond.  d'Yvelot,  *  l"  édit.,  t.  ii , 
p.  384-88  ;  2-  édit.,  t  ii ,  p.  379-63. 


L'abbé  Gholet ,  «  Le  Chêne- Chapelle  ,  etc. ,  dans  le 
cimetière  d'AIlouville-Bellefosse,  •  in-t2  de  24  paires, 
Paris,  Bailly,  1840.  Plusieurs  fois  réimprimé. 

Lesage,  e  Monuments  civils  et  religieux  de  Caudebec 
et  des  environs ,  <  Mes.  de  la  Bibliotlièqne  de  Rouen. 

•  Le  gros  Cbcne  ou  pâlerinage  d'un  aïeul  et  de  son 
petit-Q(s  hobitantsde  Saint-'Valery-sur-Sonmie,  Tait  au 
chêne  d'AIlcuvillc,  •  Abbeville,  1810. 

Nodior,Tay!or,«'Voyage3pitlor,etroni.dansr8ncienne 
France:  Haute-Normandie,»  t.  ii,  p.  173-75,  pi.  ccjixx. 

Canu,'»  Strophes  au  châoe  d'Allouvîlle,  •  iD-S°  de 
96  p.  Rouen ,  Péron ,  1858. 

Fromentin,  -Essai  hist.  sur  Yvetol,>  p.  155-lfô. 


TOUFFREVILLE-LA-CORBELINE. 

Époque  romaine.  —  En  1850,  M.  Lemarié,  agronome  distingué  de  cette  commune, 
nous  a  assuré  qu'en  cultivant  ses  terres  il  trouvait  parfois  des  tuiles  à  rebords,  des  poteries 
antiques  et  des  meules  à  broyer. 

Époque  incertaine.  —  A  l'extrémité  du  vallon  boisé  appelé  le  Val  de  Seine,  se  trouve 
un  épais  taillis  nommé  le  Bois-de-la-Salle,  qui  recouvre  de  ses  halliers  une  enceinte  for- 
tifiée. Cette  triple  enceinte  fossoyée  est  connue  sous  le  nom  de  Camp-de-la-Salle.  Ce 


—  425  — 

camp,  que  nous  avons  visité  deux  fois,  en  1850  et  en  4862,  a  une  forme  ovale.  Au  centre 
est  une  motte  considérable  qui  domine  de  très  loin  le  pays  d*alentour.  Cette  motte ,  haute 
de  plus  de  45  mètres,  est  entourée  de  fossés  profonds  dont  quelques-uns  sont  remplis 
d*eau.  Comme  à  Bretteville-la-Chaussée ,  comme  au  Parc-d'Hallebosc ,  une  première 
enceinte  touche  à  ce  tertre,  qui  figure  assez  bien  un  donjon.  Les  fossés  de  la  première 
enceinte  sont  profonds;  ceux  de  la  seconde  et  de  la  troisième  le  sont  beaucoup  moins.  Il  est 
malaisé  de  donner  la  date  d'une  pareille  fortification. 

«Les  Églises  de  Tarrond.  d'Yvetot,  m  l'^édit,  t.  n, 
p.  355;  2«  édit.,  t.  n,  p.  351. 


«  Mém.delaSoc.  desAntiq.  do  Norm.,»  t.  xxiv,  p.  355. 


Kabbé  Somménil ,  «  Campagne  de  Henri  IV  au  pays 
de  Caux,  »  p.  30. 


AUTRETOT. 


Époque  incertaine.  —  On  nous  a  assuré  qu'Autretot  avait  possédé  une  motte  qui  fut 
détruite  vers  1830.  Il  y  a  aussi  à  Autretot  tradition  d'église  transférée. 


CANTON     D'YER  VILLE. 


YERVILLE. 

Époque  romaine.  —  Vers  1858,  en  fouillant  dans  les  avenues  du  château  de  Thiber- 
mesnil,  on  trouva  \me  petite  coupe  et  un  plateau  rouges  en  terre  de  Samos.  M.  Foloppe , 
de  MotteviUe,  qui  a  bien  voulu  me  les  offrir,  m'a  assuré  que,  quelques  années  auparavant , 
on  avait  trouvé  dans  ce  lieu  une  foule  de  vases  antiques ,  ce  qui  me  fait  présumer  l'exis- 
tence d'un  cimetière  gallo-romain. 

ft  Bulletin  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  1. 1*',  p.  120-21. 

LES  BAONS-LE-COMTE. 

Époque  gauloise. —  En  novembre  1842,  il  a  été  trouvé  sur  le  territoire  des  Baons 
quatre-vingt-dix-neuf  monnaies  gauloises  en  argent.  J'ai  vu  une  ou  deux  de  ces  pièces  chez 
M.  ThoAias,  numismate  à  Rouen,  qui  m'a  confirmé  le  fait  de  la  découverte.  Le  petit  trésor 
était  logé  dans  un  vase  gaulois  en  terre  grise  et  avait  été  caché  dans  une  propriété  nommée 
le  Pré  y  appartenant  à  M.  Louis  Quesnel,  de  Rouen.  Ce  vase  était  déposé  &  50  centi- 
mètres du  sol.  On  ajoute  que  les  pièces  étaient  de  deux  dimensions  diverses,  mais  du  même 

54 


—  426  — 

type;  elles  pouvaient  dater  de  2  ou  300  ans  avant  l'ère  chrétienne.  —  Quelques  personnes 
m'assurent  que  la  découverte  eut  lieu  à  Ectot-les-Baons. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  nous  a  assuré  que  Ton  avait  trouvé  des  monnaies 
romaines  aux  Baons-le-Comte.  —  Nous  croyons  qu'une  voie  antique  passait  aux  Baons ,  et, 
sur  la  foi  de  Robert  Wace ,  nous  avons  dirigé  par  cette  localité  la  voie  qui  conduisait  de 
Lotum  (Caudebec)  et  de  la  Seine  à  Arques  et  à  Dieppe. 

Période  normande.  —  C'est  dans  une  chapelle  abandonnée  des  Baons  ou  des  environs 
que  les  légendaires  placent  l'histoire  du  duc  Richard-sans-Peur,  pourfendant  un  excom- 
munié qui,  sorti  de  sa  bière,  voulait  l'étouffer.  —  D'anciens  plans  du  village  mentionnent 
encore  au  bord  du  vieux  Chemin  d* Arques  le  Triége  de  la  Chapelle.  C'est  à  présent  une 
terre  de  labour. 

Lorsqu'en  1053  Guillaume-le-Conquérant  se  rendit  du  Cotentin  à  Arques  pour  y  étouffer 
la  révolte  de  Guillaume  du  Talou,  son  oncle,  il  passa  par  Baons-le  Comte. 

€  Quant  il  vint  à  Punt-Audomer.  De  Chaudebec  as  Bans-le-Cunie.  » 

A  Chaudebec  ala  passer. 

BIBLIOGRAPHIE. 


R.  Wace ,  «  Le  Roman  du  Rou  et  dos  ducs  de  Nor- 
mandie, »  t.  Il,  p.  15  et  16,  édit.  Pluquet  et  Le  Prévost. 

o  Les  Églises  de  l'arrond.  dTvetot,  »  V*  édit.,  t.  ii , 
p.  278  ;  2*  édit.,  t.  ii    p.  277. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t  xxiv,p.354. 
De  Glanville,  «  Promenade  archéologique,  »  p.  252. 
Amélie  Bosquet,  «  La  Normandie  romanesque  et 
merveilleuse,  p.  41-43.  » 


BOURDAINVILLE. 

Époque  romaine.  —  Duplessis ,  donnant  à  ce  lieu  l'affixe  de  Bourdinville-la-Chaussée , 
ferat  presque  supposer  ici  le  passage  d'une  voie  romaine. 

Époque  franque  (?).  —  En  1851 ,  en  creusant  les  fondations  de  la  nouvelle  église,  on 
trouva  une  quantité  considérable  de  pavés,  de  tuiles  à  rebords,  et  même  une  coupe  en  verre 
qui  fut  brisée  par  les  ouvriers. 

«Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  l"  édit.,  t.  ii,    1       Duplessis,  «  Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute- 
p.  274  ,  2«  édit.,  t.  ii,  p.  272-73.  |    Normandie,  »  t.  ii,  p.  469. 


AUZOUVILLE-L'ESNEVAL. 

Période  normande.  —  En  1074,  Raoul  de  Varenne,  et  Emma,  sa  femme,  du  consen- 
tement de  leurs  deux  fils,  vendirent  aux  moines  de  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen 
les  dîmes  d'Auzouville-en-Caux  :  c  Omnem  totius  Osulfivillae  ejusdem  Caletensis  pagi  cum 
ecclesia  decimam.  •  —  S'agit-il  d'Auzouville-l'Esneval? 

Époque  incertaine.  —  Au  hameau  de  La  Marguerite  existait  naguère  une  motte  consi- 


—  427  — 

dérable,  couvrant  bien  un  hectare  de  terrain  et  entourée  de  fossés  profonds.  En  1848 ,  elle 
a  été  en  grande  partie  détruite.  Dans  les  terrains  qui  en  sortirent,  on  remarqua  beaucoup 
de  charbon  de  bois. 

Deville ,  «  Cartulaire  de  l'abb.  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen,  »  dans  les  «  Doc.  inéd.  de  THist.  de  France,  »  p.  440. 

ÉTOUTTEVILLE-SUR-LA-MER. 

Epoque  incertaine.  —  Entre  Étoutteville  et  les  Baons ,  on  voit  au  bord  du  chemin  un 
taillis  appelé  le  Bois-des-Mottes.  Ce  nom  lui  vient  de  ce  que  sous  ses  halliers  se  cachent 
des  douves  profondes  dont  la  triple  enceinte  protège  une  motte  énorme  de  plus  de  30  mètres 
de  hauteur.  Ce  doit  être  Tassiette  d'un  vieux  câtel  des  Francs  ou  des  Normands. 

Il  y  a  à  Étoutteville  une  campagne  que  Ton  nomme  la  Plaine-des-Batailles. 

Période  normande.  —  Un  manuscrit,  rédigé  en  1610  et  conservé  aux  archives  de  la 
Seine-Inférieure,  constate  qu'à  cette  époque  la  tradition  prétendait  qu'un  sire  d'Estoutte- 
ville  s'étant  révolté  contre  le  duc  de  Normandie,  alors  roi  d'Angleterre,  aurait  été  battu 
près  l'église.  En  mémoire  de  cet  événement,  la  paroisse  aurait  été  érigée  en  prieuré. 

Époque  incertaine.  —  Il  y  quelques  années  on  a  trouvé,  dans  les  débris  de  l'ancien 
château  du  Plainbosc,  un  chandelier  ou  pied  de  lampe  en  bronze.  Il  est  chez  M.  le  curé 
de  Doudeville.  Ces  chandeliers  ou  pieds  de  lampe,  qui  sont  fort  communs,  ne  sont  pas 
encore  datés  en  archéologie. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  U*  édit.,  t.  ii,  p.  281-83;  2*  édit.,  t.  ii,  p.  280-81. 

CIDEVILLE. 

Époque  gauloise.  —  En  1818,  au  hameau  du  Brun-Câtel  ou  du  Brun-ChâteaUy  on  a 
trouvé  une  douzaine  de  hachettes  en  pierre  noire.  M.  Foloppe,  de  Motteville,  a  bien  voulu 
m'offrir  la  seule  qu'il  avait  conservée  de  cette  découverte  dont  il  fut  témoin. 

a  Bulletin  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  »  1. 1",  p.  120. 

CRIQUETOT-SUR-OUVILLE. 

Période  normande.  —  En  1777,  l'ancienne  église  fut  abandonnée.  Elle  était  voisine 
d'un  vieux  château  féodal  dont  il  reste  une  motte  en  terre  entourée  de  fossés  remplis  d'eau. 
Le  peuple  appelle  cette  douve  aquatique  :  la  Mare-des-Mottes. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit,  t.  ii,  p,  269  ;  2*  édit.,  t.  ii,  p.  266. 

FLAMANVILLE-L'ESNEVAL. 

Période  normande.  —  En  1059  et  en  1074,  Raoul  de  Varenne,  et  Emma,  son 
épouse,  du  consentement  de  leurs  deux  fils,  Raoul  et  Guillaume,  donnèrent  à  l'ab- 


—  428 


baye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen  : 
pagi.  » 

A.  Le  Prévost,«Méin .  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t.  XI,  p.  14. 

«  Les  Églises  del'arrond.  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  ii, 
p.  238;  2«édit.,  t.  ii,  p.236. 


Flamanvillae  ecclesiam. . .  villa  Caletensis 


Deville,««  Carlulaire  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen,» 
dans  les  «  Documents  inédits  de  THistoire  de  France,  » 
p.  439-440. 


FRETTEMEULE  (section  d'ancretiéville-saint-victor). 

Époque  franque.  —  Le  nom  de  Frettemeule  semble  indiquer  l'époque  franque,  soit 
qu'on  le  tire  de  Fracto  Molendino  ou  de  Fractâ  Molâ,  comme  l'appellent  le  pouillé  d'Eudes 
Rigaud  et  le  cartulaire  de  Saint-Wandrille.  M.  Le  Prévost  croit  reconnaître  ici  le  Quatuor 
Molas  donné  en  590  par  saint  Wandon,  moine  de  Fontenelle,  au  monastère  du  bienheu- 
reux Wandrille  ;  ma5s  ceci  mérite  confirmation. 


A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t.  XI,  p.  6. 


«  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  t.  ii, 
p.  253  ;  2«  édit.',  p.  251. 


LINDEBEUF. 
Époque  incertalne.  —  Il  y  a  à  Lindebeuf  tradition  d'église  transférée. 


MOTTEVILLE-LES-DEUX-CLOCHERS. 

Période  normande.  —  Motteville  est  appelé  «  Maltavilla  :&  ou  «  Maltaevillae  •  et  rangé 
dans  le  pays  de  Caux  «  in  pago  Caletensi,  •  par  deux  chartes  des  sires  de  Varenne  faisant 
des  donations  à  l'abbaye  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen.  Ces  deux  pièces  portent  les  dates 
de  1059  et  de  1074. 

Epoque  incertaine.  —  Il  y  a  à  Motteville  tradition  d'église  transférée.  On  prétend  que 
l'église  primitive  était  dans  un  verger  contigu  à  la  station  du  chemin  de  fer. 

Au  hameau  du  Bois-Guilbert,  on  voit  dans  une  ferme  une  motte  considérable  entourée 
de  fossés  profonds.  Au  milieu  du  tertre  est  un  puits  maçonné.  Ce  tumulus  recouvre  bien 
l'espace  d'une  demi-acre. 


Deville,  «  Cartulaire  de  la  Trinité-du-Mont  de  Rouen,  » 
dans  les  •  Doc.  inédits  de  TUist.  de  France,  »  p.  437-440. 

A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t.  XI,  p.  14. 


•  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  1'*  édit.,  t.  ii, 
p.  234  -,  2*  édit.,  t.  ii,  p.  232. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéologique,  de  Rouen 
à  Fécamp,  v  p.  255. 


—  429  — 


CANTON     DE    DOUDK  VILLE. 


DOUDEVILLE. 

Epoque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  hachette  en  bronze  trouvée  à 
Doudeville,  en  1840,  au  milieu  d'ossements  humains.  Le  même  Musée  renferme  une  mé- 
daille gauloise  en  or  rencontrée  vers  1846.  Un  des  quarts  de  statère  de  Doudeville  vient 
d'être  reproduit  et  décrit  par  M.  Lambert,  de  Bayeux.  Il  représente  d'un  côté  un  cheval,  et 
de  l'autre  un  grand  œil,  type  déjà  trouvé  à  Fallancourt.  M.  Leroy,  de  Cany,  assure  même 
cpi'il  y  en  a  deux.  Enfin,  M.  Guilmeth  parle  de  hachettes  en  silex  recueillies  au  hameau  du 
Vauthuit. 

M.  le  curé  de  Doudeville  possède  une  hachette  en  silex  blond  trouvée  à  Doudeville.  C'est 
un  ciseau  poli  plutôt  qu'une  hache. 

Époque  romaine.  —  M.  Guilmeth  mentionne  une  motte  existant  dans  les  bois  du 
Fresnay.  Il  ajoute  que  ce  tertre  ayant  été  coupé  pour  établir  la  route  départementale  no  3, 
qui  va  de  Doudeville  à  Saint-Valery  ;  on  y  a  recueilli  des  médailles  romaines  du  Bas-Em- 
pire :  €  un  casque  en  cuivre  et  un  large  sabre  gallo-romain  ?  j> 

lie  même  auteur  parle  de  tuiles  à  rebords  rencontrées  au  Vauthuit.  Il  assure  qu'au 
triége  du  Fourneau  les  tuiles  romaines  sont  si  abondantes  que  ce  quartier  mériterait 
d'être  exploré. 

Vers  1851,  dans  la  rue  de  Bas,  sur  une  propriété  appartenant  à  M.  le  marquis 
de  Montault,  on  a  trouvé  une  urne  en  terre  rouge  ornée  de  dessins  et  remplie 
d'ossements  brûlés.  Ce  vase  cinéraire  était  accompagné  de  plusieurs  autres  qui  furent 
brisés. 

Tout  près  de  là,  en  1856,  M.  Biard,  horloger,  faisant  travailler  dans  un  herbage,  ren- 
contra un  curieux  vase  de  terre  à  couverte  cendrée  renfermant  un  morceau  d'os  brûlé.  A 
10  mètres  de  ce  point,  les  terrassiers  découvrirent,  le  25  juin  1858,  au  milieu  de  tuiles  et  de 
poteries,  une  urne  en  terre  grise  de  forme  oUaire,  toute  pleine  d'os  brûlés  et  concassés. 
Cette  urne  était  fermée  avec  un  plateau  en  terre  de  couleur  semblable.  La  panse  du  vase 
principal  était  décorée  d'un  pointillé  à  reUef.  Ce  vase  trahit  la  présence  d'incinérations  des 
trois  premiers  siècles  de  notre  ère.  Il  est  à  présent  chez  M.  l'abbé  Simon ,  curé  de  Doude- 
ville. 


Guilmeth,  «Desc.  géogr.,  bist,  stat,  etc.,»  t.  n,  p.  412. 
«  Les  Égliseçde  Tarr.  d'Yvetot,  »  2* édit.,  1. 1", p.  231. 
L'abbé  Simon,  «  Inventaire  des  Archives  du  doyenné 
de  Doudeville,  »  p.  10,  11,  499. 


Leroy,  c  Journal  de  Rouen,  »  du  13  octobre  1859. 
Lambert,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Nor.,  » 
t.  XXV,  p.  454 ,  pi.  VI,  fig.  16, 


1 


-  430  — 


REUVILLE. 


Époque  incertaine.  —  Entre  les  deux  hameaux  de  Saboutot  et  d'Amontot,  est  un  petit 
vallon  où  l'on  dit  que  le  Dun  prenait  autrefois  sa  source.  La  tradition  prétend  que  cette 
fontaine  fiit  jadis  bouchée  avec  des  balles  de  coton. 

SAINT-LAURENT-EN-CAUX. 

Époque  romaine.  —  Au  hameau  de  Calletot  on  rencontre  des  débris  antiques  auxquels 
la  tradition  donne  le  nom  de  ville  de  Beauvais. 

Époque  incertaine.  —  Ce  même  hameau  de  Calletot  possède  les  restes  d*un  château 
ruiné  dont  le  nom  est  assez  répandu,  mais  dont  l'origine  est  inconnue. 

«  Los  Églises  de  rarrondissement  d'Yvelot,  »  !'•  édit.,  t.  i«%  p.  228;  2«  édit.,  1. 1^',  p,  244. 

HAUTOT-SAINT-SULPICE. 

Époque  romaine.  —  Entre  Doudeville  et  Hautot ,  au  lieu  dit  les  Cavées ,  on  a  trouvé , 
vers  1858,  une  monnaie  romaine. 

Époque  incertaine.  —  M.  l'abbé  Simon,  ancien  curé  du  lieu,  assure  qu*au  hameau 
du  Bois-Gribout  le  gazon  recouvre  de  vieilles  fondations.  Le  même  M.  Simon  assure  que, 
vers  Le  Toi,  il  exista  une  bourgade  appelée  Solimare  ou  Sonimarey  qui  a  laissé  beaucoup 
de  murs  arasés. 

L'abbé  Simon ,  •  Inventaire  des  Archives  du  doyennô  de  Doudeville ,  »  p.  499,  501  et  542. 

VICQUEMARE  (section  de  pretot-vicquemare). 

Époque  incertaine.  —  Dans  un  bois-taillis  placé  non  loin  d'une  grande  route ,  on  voit 
s'élever  deux  tertres  énormes  connus  sous  le  nom  de  mottes  de  Vicquemare  ou  Viguemare. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  1«%  p.  243  ;  2*  édit.,  t.  !•',  p.  258. 

BEAUVILLE-LA-CITÉ  (section  de  bretteville-saint-laurent). 

« 

Époque  romaine.  —  Dans  une  plaine  qui  avoisine  Beauville,  on  remarque  une  éminence 
factice  toute  couverte  de  taillis  et  de  joncs-marins.  Ce  tertre ,  dont  la  forme  a  été  altérée 
par  la  culture,  figure  assez  bien  au  théâtre  antique.  U  m'a  rappelé  le  théâtre  antique  du 
Vieil-Évreux.  J'y  ai  remarqué  de  grands  blocs  de  pierre  tuffeuse ,  taillés  et  apportés  de 
main  d'homme. 


—  431  — 

Autour  de  cette  éminence  antique  et  dans  les  jardins  du  village ,  on  trouve  partout  des 
médailles  romaines,  des  tuiles,  des  poteries  et  des  constructions  païennes. 

Je  pense  que  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lotum  (Caudebec)  à  Arques-Dieppe  devait 
passer  par  Beauville. 

Le  surnom  de  Cité^  donné  à  ce  modeste  village  qui  n'est  plus  même  une  commune, 
fait  supposer  volontiers  qu'il  y  a  ici  la  tradition  d'une  puissance  disparue. 


«  Les  Églises  de  l'arrondissemeiit  d'Yvetot,  »  !'•  édil., 
t.  !•»,  p.  231-32;  2-édit.,  1. 1-%  p.  247-48. 


ft  Mémoires  de  la  Société  des  Antiq.  de  Normandie,» 
t.  XXIV,  p.  355. 


CANVILLE-LES-DEUX-ÉGLISES. 

Époque  romaine.  —  Le  14  floréal  an  xii  (4  mai  1804) ,  le  domestique  de  Me  Prier, 
labourant  le  long  du  chemin  d'Héberville ,  près  d'un  lieu  nommé  la  Garenne ,  trouva  une 
incinération  gallo-romaine  des  trois  premiers  siècles.  Elle  se  composait  de  plusieurs 
vases  parmi  lesquels  on  en  a  surtout  reconnu  trois  :  le  premier  était  une  urne  en  terré 
rouge  très  épaisse,  possédant  encore  un  couvercle  à  anse;  cette  urne  brisée  avait  50  centi- 
mètres de  haut  sur  autant  de  diamètre;  elle  renfermait  des  os  brûlés.  —  Le  second 
vase  était  en  terre  grise  et  destiné  aux  offrandes.  —  Le  troisième  était  une  belle 
urne  en  verre  verdâtre,  épaisse  et  carrée,  avec  un  col  rond  et  une  anse  rayée;  au 
fond  de  ce  vase  rempli  d'ossements  brûlés  et  d'eau  d'interposition ,  on  voyait  des  ca- 
ractères en  relief;  on  a  cru  lire  :  ivstit...  g...ll.  ,  que  M.  l'abbé  Simon  propose  d'inter- 
préter par  ces  mots  :  Justitia  gallorum.  Nous  croyons  plutôt  qu'il  s'agit  d'une  marque 
de  verrier. 

Un  rapport  ou  procès-verbal  de  cette  découverte  fut  dressé  dans  le  temps  par  M.  Quesnel, 
et  envoyé  par  lui  à  M.  Legrand,  sous-préfet  d'Yvetot,  et  par  ce  dernier  à  M.  Beugnot, 
préfet  de  la  Seine-Inférieure,  qui,  tous  deux,  remercièrent  le  rédacteur.  Ce  rapport,  ainsi 
que  le  dessin  et  le  plan  qui  l'accompagnent,  existe  aujourd'hui  aux  archives  départe- 
mentales de  la  Seine-Inférieure.  Toutefois,  une  copie  en  fut  conservée  aux  archives  com- 
munales où  elle  se  trouve  encore. 

Les  objets  provenant  de  cette  découverte  paraissent  à  présent  perdus  pour  toujours. 
Cependant,  sur  la  demande  de  M.  le  sous-préfet  dTvetot,  ils  furent  adressés  à  l'Adminis- 
tration départementale.  La  preuve  de  ceci,  c'est  que  M.  le  Préfet  les  communiqua  à  l'Aca- 
démie de  Rouen  afin  d'avoir  son  avis.  Le  secrétaire  de  la  Société ,  dom  Gourdin,  lut,  en 
1805,  des  Observations  sur  des  urnes  funéraires  trouvées  à  Canville,  près  Yvetot.  Après 
avoir  donné  la  description  des  objets  et  avoir  remarqué  qu'une  <  partie  de  l'inscription 
«  ne  se  pouvait  lire  parce  qu'elle  avait  été  manquée  dans  le  moule ,  »  le  rapporteur  con- 
cluait que  c'étaient  des  gaulois  du  ive  siècle  au  plus.  —  Pour  nous ,  c'étaient  des  gallo- 
romains  du  second  siècle. 


—  432  — 

Tout  ceci  était  écrit,  et  nous  croyions  la  pièce  per- 
due quand  nous  avons  reconnu  qu'elle  était  dans  notre 
Musée  des  Antiquités.  Nous  l'avons  reconnue  à  ne  pas 
nous  y  tromper. 

Cette  belle  urne  carrée  en  verre  verdâtre  a  été 
achetée  en  1849,  chez  un  brocanteur,  pour  le  prix 
de  40  fr.  Elle  est  haute  de  32  centimètres,  comme 
celles  dTébleron  ;  son  anse  est  rayée  et  son  goulot 
est  rond.  Au  fond ,  on  voit  encore ,  entre  deux  lignes 
concentriques,  les  lettres  suivantes,  à  peine  déchiffra- 
bles :  ivsTiTVi  CLN? —  Nous  donnons  ici  un 

dessin  au  trait  de  cette  belle  pièce. 

Époque  franque.  —  Canville  était  un  des  trois 
doyennés  de  l'archidiaconé  du  Petit-Caux.  A  ce  titre, 
il  doit  remonter  à  l'époque  franque. 


«  Précis  analy  t.  des  Travaux  de  1* Académie  de  Rouen,» 
année  1805,  p.  39-41. 

L'abbé  Simon,  «  Inventaire  des  Archives  du  doyenné 
de  Doudeville,»  267-68. 


UBNB  ROMAINE  B.N  VBBBE  (CAmTILLB,  180i). 

«  La  Normandie  souterraine,  !'•  ôdit.,  p.   128;  2* 
édit.,  p.  U7. 
a  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  antiquités,** 

Mss. 


CANTON    DE    FONTAINE-LE-DUN- 


SAINT-AUBIN-SUR-MER. 

Époque  gauloise.  —  En  1859,  un  berger  trouva  sur  le  territoire  de  cette  commune 
une  monnaie  gauloise  en  or  ou  electrum  que  je  m'empressai  d'offrir  à  M.  de  Saulcy,  séna- 
teur. Ce  savant  membre  de  Tlnstitut  a  bien  voulu  me  dire  cpie  cette  pièce  était  un  bel 
exemplaire  de  la  monnaie  des  Bajocasses ,  et  que ,  par  la  conservation  et  Fensemble  des 
types ,  elle  était  le  plus  remarquable  échantillon  de  son  cabinet. 

Époque  romaine.  —  Le  territoire  de  Saint-Aubin  est  riche  en  antiquités  romaines. 
Deux  points  en  contiennent  surtout  :  la  Cour  des  Salles  et  le  vallon  de  Saussemare. 

La  Cour  des  Salles  renferme  des  terrassements  et  des  murs  arasés.  Il  y  a  des  traditions 
d'abbayes,  de  souterrains,  de  cloches  enfouies,  de  trésors  cachés,  etc.  En  général,  tout 
lieu  qui  porte  le  nom  de  Salle  doit  contenir  des  restes  romains. 

En  1850,  M.  Gauthier,  instituteur,  nous  a  remis  une  belle  soucoupe  en  terre  de  Saraos, 


—  433  — 

récemment  trouvée  à  Saint-Aubin  avec  d'autres  vases.  En  1827,  on  a  extrait  une  urne 
pleine  d'os  brûlés  d'une  argilière  placée  entre  Saussemare  et  l'église  de  Saint- Aubin. 

Mais  c'est  en  1824  que  les  principales  découvertes  d'antiquités  romaines  ont  été  faites 
au  bord  de  la  mer,  dans  le  vallon  de  Saussemare,  soit  par  les  douaniers,  soit  par  les  explo- 
rations de  MM.  SoUicoffre  et  Estancelin.  M.  SoUicoffre  a  exposé  les  découvertes  faites  par 
le  hasard  ou  par  lui-même  à  la  Conunission  départementale  des  antiquités ,  qui  les  a 
consignées  dans  ses  procès-verbaux  des  10  avril  et  30  septembre  1824.  M.  L.  Estancelin 
a  raconté  ses  découvertes  à  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  qui  en  a  imprimé  le 
récit  dans  le  tome  ler  de  ses  Mémoires ,  p.  lx,  lxi  et  113  à  120. 

Voici,  d'après  MM.  SoUicofireet  Estancelin,  le  résumé  des  fouilles  de  Saussemare:  à 
plusieurs  pieds  de  profondeur,  la  terre  est  noire  et  remplie  de  tuiles,  de  poteries  rouges, 
grises ,  et  môme  de  poteries  samiennes.  Çà  et  là  on  trouve  des  ossements  humains.  Les 
objets  les  plus  intéressants  que  l'on  ait  recueillis  furent:  lo  un  fragment  de  vase  à  reliefs; 
2o  un  fond  de  vase  rouge  présentant  une  marque  de  potier  où  l'on  a  lu  seulement:  o  et  d  ; 
3o  un  petit  dauphin  en  bronze  ciselé  long  de  7  centimètres  et  paraissant  avoir  fait  partie 
d'un  couvercle;  4o  une  médaille  petit  bronze  de  Constantin-le- Jeune  ;  on  la  disait  fort  rare; 
5o  à  4  mètres  du  sol,  deux  vases  funéraires,  dont  l'un  vide  et  l'autre  plein  d'os  brûlés;  ce 
dernier  contenait  une  fibule  en  bronze. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Estancelin ,  «  Notice  sur  quelques  Objets  d'antiquités 
trouvés  à  Saussemare,  commune  de  Saint- Aubin-sur- 
Her,  »  dans  les  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Nor- 
mandie,» t.i*%  p.  113-120,  année  1824. 

SoUicoffre,  «  Notice  sur  quelques  Antiq.  trouvées  dans 
une  fouille  près  de  la  mer,  à  Saussemare,  commune  de 
Saint-Aubin-sur>Mer,  a  Mss.  auxarch.  de  la  Commission. 


«  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit., 
t.  {•%  p.  363-64;  2"  édit.,  t.  i",  p.  379. 

«  La  Normandie  souterraine,»  1"  édit.,  p.  129; 
2«  édit.,  p.  147. 

«  Procès- verbaux  de  la  Commission  des  antiq.,  » 
séances  des  24  et  30  septembre  1824,  t.  i«%  p.  78-79. 

€  Bull,  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  1. 1",  p.  120. 


ÉPINEVILLE  (section  de  saint-aubin-sur-mer). 

Époque  romaine.  —  Le  nom  d'Épineville  indique  infailliblement  la  présence  de  débris 
antiques.  En  effet,  le  territoire  de  cette  ancienne  paroisse,  surtout  vers  la  mer,  est  rempli 
de  tuiles  à  rebords ,  de  meules  à  broyer,  de  poteries  et  de  médailles  impériales.  —  Nous 
sommes  disposé  à  penser  que  le  vallon  de  Saussemare  devait  faire  partie  de  l'ancienne 
paroisse  d'Épineville  (i). 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  dTvetot,  »  1"  édit.,  t.  i",  p.  364-65  -,  V  édit.,  1. 1«',  p.  380. 


(l)  Déjà,  à  propos  du  Bonchay  <p.  289^0),  nous  avons  donné  une  note  sur  l'excellent  diagnostic  que  présente,  aux 
yeux  de  l'archéologue,  le  nom  de  Ronce  :  nous  allons  dire  ici  quel  bon  signe  offre  également  le  nom  &" Épine,  —  Épine- 
ville,  que  nous  voyons  tout  couvert  de  ruines  romaines,  est  appelé  ^fpmm//e  par  Eudes  Rigaud.  «Jamais,  avons-nous 
écrit  dans  nos  «  Églises  de  l'arrondissement  dTvetot,  »  on  ne  manque  de  trouver  des  restes  anciens  dans  les  localités 
dont  les  épines  forment  le  nom  ;  »  et  pour  appuyer  ce  dire ,  nous  citions  le  hameau  Ù!Épinay^  près  Dieppe ,  nommé 

55 


—  434  — 

SAINT-PIERRE-LE-VIEUX. 

Époque  romaine,  —  Quelques-uns  pensent  que  la  voie  romaine  qui  de  Lillebonne  et  de 
Grainville  se  dirigeait  vers  Arques-Dieppe ,  passait  le  Dun  à  Saint-Pierre-le-Vieux. 

NOTRE-DAME-DE-LA-GAILLARDE. 

Époque  incertaine.  —  Dans  la  plaine,  on  connaît  d'anciens  puits  rebouchés  que  Ton 
dit  receler  des  trésors.  On  parle  aussi  de  fées  dansant  des  rondes. 

SOTTEVILLE-SUR-MER. 

Époque  gauloise.  —  En  1826,  un  tailleur  de  grès,  en  creusant  sa  carrière,  trouva  une 
monnaie  gauloise  en  or,  bombée  et  lisse  d'un  côté,  mais  présentant  au  côté  concave  un 
cheval  à  membres  disloqués  et  courant  à  droite.  Au-dessus  est  un  croissant  renversé,  et 
au-dessous  un  globule.  Cette  pièce,  de  fabrique  barbare,  paraît  remonter  à  100  ans 
avant  J.-C.  Elle  appartient  à  la  série  des  espèces  de  la  Belgique  et  se  trouve  assez  fréquem- 
ment de  la  Seine  à  l'Escaut.  —  Une  pièce  semblable  se  voit  au  Musée  de  Neufchâtel; 

Période  normande.  —  En  1005,  le  duc  Richard  II,  pour  récompenser  Dudon,  de 
Saint-Quentin,  de  son  histoire  des  ducs  de  Normandie,  lui  donna  la  terre  et  l'église  de 
Sotteville  au  pays  de  Caux.  Le  8  septembre  1015,  à  la  prière  même  de  l'historien,  il  trans- 
féra cette  donation  à  la  collégiale  de  Saint-Quentin,  en  présence  de  Richard  III,  son  fils, 
de  Gonnor,  sa  mère,  de  Judith,  son  épouse,  de  l'archevêque  Robert,  son  frère,  et  des 

de  Spineto,  dès  1282,  par  Guillaume  de  Flavacourt,  et  qui  nous  a  donné,  en  1847,  des  cercueils  de  Vergelé  eV  dw 
sépultures  franques.  («  Revue  de  Rouen,  »  1"  sem.,  p.  230-42  et  pi.  —  «  Bull,  mon.,  »  t.  xm,  p.  286-306.  —  « Sèp\iiV. 
anc. ,  »  in-8»  de  18 p.  —  «  La  Normandie  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  319-330  ;  2«  édit.,  p.  403-416.)  —  Les  champs  û'Èpiruiy  à 
8ainte-Beuve-en-Rivière ,  près  Neufchâtel,  sont  remplis  dedébrisetde  constructions  romaines.  Une  station  antique 
dut  les  couvrir  autrefois.  (Femel,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm. ,  »  t.  xi,  p.  173-74.  —  «  La  Norm.  souterr.,  • 
!'•  édit ,  p .  134-35,  158  ;  2«  édit,  p.  152-53,  186,  404.  —  «  Procès-verb.  de  la  Comm .  des  Ant .  de  la  Seine-Inf . ,  »  t  r, 
p.  76-77.)  —  Dans  le  bois  de  VÉpinette,  aux  Petites- Ventes,  près  Saint-Saëns,  on  a  rencontré  des  cercueils  de  pierre 
en  traçant  le  chemin  de  grande  communication  n"  12.  —  Le  hameau  éCÉpinat/j  à  Londinières ,  donne  toute  sorte  de 
débris  antiques.  («  La  Normandie  souterr.,  »  1^  édit. ,  p.  185;  2*  édit,  p.  205.)  —  Nous  croyons  que  l'on  trouve  aussi 
des  débris  anciens  auprès  de  la  chapelle  de  Notre-Dame-de-rÉpinette ,  à  Foucarmont,  l'ancien /bnf  Théodcre.- 
Nous  avons  la  môme  opinion  de  la  ferme  de  VÉpinay^  à  Fécamp,  de  laquelle  dépendait  autrefois  le  Camp  de  César. 
—  A  Saint-Pierre-Église ,  près  Cherbourg,  est  le  hameau  de  Ténéville  ,  où  se  trouve  la  pièce  de  VÉpineiie  toute 
remplie  de  tuiles  à  rebords  et  d'où  l'on  a  extrait  des  urnes  romaines  en  1816.  («Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,»  t  XXII,  p.  192.)  — A  Épineuil,  près  Saint-Amand  (Cher),  est  une  motte  ancienne,  et  on  y  trouve  des 
antiquités.  (•  Mém.  de  la  Commiss.  archéolog.  du  Cher,  »  p.  10,  année  1852,  n**  1  et  2.)  —  A  Épinay-sur-Seioe , 
près  Saint-Denis,  fUt  un  Palalium  de  Dagobert;  l'abbé  Lebeuf  cite  des  cepcueils  de  pierre  et  de  plâtre  rencontrés 
en  ce  lieu  ;  M.  Fallue  en  a  également  connu  en  1857  -,  en  un  mot,  on  signale  sur  ce  point  beaucoup  de  monuments 
antiques.  (A.  de  Saulcy,  dans  le  «  Courrier  de  Paris,  »  du  19  décembre  1857.)  —  Enfin  au  lieu  dit  VÉpine,  dans  la 
forêt  de  la  Hallate,  &  Fleurines  (Oise),  est  un  bloc  de  grès,  dit  le  Pas  de  Saint-RieuL  (Woillez,  «  Répert  archéol. 
de  l'Oise ,  »  p.  19.) 


—  435  — 

évêques  de  Bayeux,  de  Lisieux  et  d'Évreux  :  c  Ecclesias  in  Cassis  Comilatu  sitas...  alteraon 
secus  mare  positam  in  vico  qui  dicitur  SotaviUa.  » 


■  Gallia  Christiana,  <  t.  xi,  p.  124,  et  <  lasCrumenla,  > 
p.  284. 

Duplessis,  •  Descrlpt.  gdogr.  et  hist.  de  la  Haute- 
Norm.,  ■  t  1",  p.  362. 


A.  Le  Prévost,  <>  Mëia.  de  ta  Soii.  des  Aatiq.  da 
Norm.,  >•  t.  XI,  p.  13. 

■  Les  Églises  de  l'arroad.  d'Yvetot,  ■  1'*  édiL,  l.  i", 
p.  360-61  ;  2-  édit.,  t.  I",  p.  375-7fi. 


HÉBERVILLE. 

Époque  romaine.  —  En  i856,  deux  ouvriers  

occupés  à  tracer  le  chemin  de  grande  commu- 
nication no  50,  de  Doudeville  à  Fonlaine-le-Dun, 
trouvèrent,  à  l'entrée  du  village  d'Hébervilie , 
des  vases  antiques  provenant  d'incinérations 
gallo-romaines.  Dans  les  fragments  que  la  pioche 
a  épai^és,  j'ai  reconnu  des  vases  rouges  et  gris 
comme  en  donnent  souvent  les  cimetières  des 
trois  premiers  siècles.  Mais  la  pièce  que  j'ai  pu 
restituer,  et  dont  les  fragments  sont  au  Musée 
de  Neufchàtel,  c'est  une  belle  urne  hexagone  en 
verre  vert,  laquelle  contenait  des  os  brûlés. 
L'épaisseur  du  verre  est  de  15  millimètres;  la 
hauteur  du  vase  est  de  31  centimètres,  et  sa 
laideur  de  24  centimètres;  sa  capacité  devait 
être  de  trois  litres  au  moins.  Cette  belle  urne  , ,  , 

UEMB  HBXAOONB  EN  VEa»l  Cl8i6). 

possédait  un  col  rond  et  une  anse  rayée. 

Une  fouille  que  j'ai  pratiquée  dans  ce  quartier,  en  octobre  1857,  a  montré  près  du 
cimetière  les  restes  d'une  villa  romaine. 


ANCIENS. 

Époque  incertaine.  —  Près  de  l'église  d'Angiens  est  une  motte  circulaire,  vaste  et 
élevée,  dont  l'origine  et  la  destination  nous  sont  inconnues. 

■  Les  Églises  de  l'arroDdissement  d'Yvetot,  >  l"  ëdit.,  1. 1»,  p.  356;  2*  édit.,  1. 1",  p.  312. 

LA  CHAPELLE-SUR-DUN. 

Période  normande.  —  Vers  1005,  ce  lieu  fut  donné  par  Richard  II,  duc  de  Norman- 
die, à  Dudon,  de  Saint-Quentin,  et  à  la  coU^ale  qu'il  habitait,  pour  le  récompenser  de 


—  436  — 

son  histoire  des  premiers  ducs  normands.  En  1015,  le  même  prince,  en  présence  de 
Richard  III,  son  fils,  de  Gonnor,  sa  mère,  et  de  Judith,  son  épouse,  confirma  en  pleine 
cathédrale  de  Rouen  la  donation  faite  aux  chanoines  de  Vermandois. 


«  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvelot,  »  !'•  édit.,  t,  i*', 
p.  360;  2- édit.,  1. 1-%  p.  375.  ' 


fl  Gallia  Ghristiana,  v  t.  xi,  «  Instrumenta,  »  p.  284. 


HOUDETOT. 

Epoque  franque  ou  normande.  —  On  trouve  à  Houdetot  une  motte  considérable  cou- 
verte de  maçonneries  et  entourée  de  terrassements  ;  on  l'appelle  le  Câtel  de  Houdetot.  Il 
est  probable  que  c'est  la  ruine  de  l'ancien  château  féodal. 

Les  terriers  de  Houdetot,  de  1729  et  de  1752,  montrent  un  chemin  Arquais.  C'est  une 
de  ces  anciennes  voies  qui  sillonnaient  jadis  le  pays  de  Caux,  se  dirigeant  vers  Arques, 
chef-lieu  des  poids  et  mesures.  On  trouve  des  rues  Arquaises  et  des  chemins  d'Arqués^  à 
Fécamp,  à  Yvetot  et  à  Baons-le-Comte  (1). 


«  Papier  et  livre-terrier  de  la  seigneurie  de  Houdetot,i 
l'un  de  1752,  l'autre  de  1791.  Mss.  aux  archives  départ. 


«  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,  •  1"  édit. 
t  !•',  p.  354-57  î  2-  édit.,  1. 1",  p.  367-70. 


TONNEVILLE  (section  de  bourville). 

ÉPOQUE  franque.  —  Nous  croyons  que  Tonneville  est  l'ancien  Taunacum  qui,  en  705, 
fut  donné  à  une  abbaye  par  Sigebold,  leude  de  la  suite  de  Childebert  II  :  «  Anno  undecimo 
(  Hildeberti  II)  Sigboldus  Taunacum  villam  in  pago  Tellau  largitus  est.  »  Plus  lard,  en  715, 
le  prêtre  Leutbert  donna  au  monastère  de  Fontenelle  une  terre  dans  le  «  viens  de  Tau- 
naco  ï>  qui  ne  saurait  être  autre  chose  que  Tonne ville-sur-Dun. 

(1)  Le  titre  de  chemin  d'Arqués  ou  de  chemin  arquais  joue  un  grand  rôle  parmi  nous  aumoyen-àge.  l\  me  pa- 
raît à  peu  près  synonyme  de  chemin  du  Roi. 

Voici,  du  reste,  quelques-uns  des  points  où  nous  avons  trouvé  trace  de  lui.  On  verra  que.  son  réseau  s'éten- 
dait par  tout  le  département.  ~  Je  ne  parlerai  pas  du  grand  chemin  qui  de  Caudebec  conduisait  à  Arques  par 
les  Baons.  Il  est  bien  connu  par  l'itinéraire  de  Guillaume-le-Bâtard  vers  1055.  —  Fécamp  a  conservé  jusqu'à  nos 
jours  la  rue  Arqxiaise  qui,  dans  une  charte  de  1200, 'est  appelée  vicus  Archensis,  la  rue  Arquaze  en  1420,  et  la  rue 
Archaie  en  1553.  —  Les  titres  de  la  collégiale  d'Yvetot  conservés  au  dépôt  départemental  citent,  dans  un  acte  de 
1781,  le  grand  chemin  tendant  d'Yvetot  à  Arques.  (Voir  «  Égl.  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  t.  !•%  p.  370,  2*  édit.)  - 
Dans  une  espèce  de  papier-terrier  de  la  paroisse  de  Neuville-le-PoUet,  dressée  en  1387,  oh  y  voit  figurer  le  quemin 
Arquays.  (Arch.  départ.,  fonds  de  Longueville.)  —  Une  charte  du  xiii«  siècle,  délivrée  par  Nicole  Thomas,  de 
Veules,  mentionne  dans  ce  dernier  bourg  «  queminum  Arcois.  «(Arch.  départ.,  fonds  de  Fécamp.)  —  A  Croixmare 
nous  trouvons  «  keminum  Arqueis,  »  vers  1262  et  en  1308.  (Arch.  départ.,  fonds  du  Valasse.)-Les  titres  de  la  sei- 
gneurie de  Cany,  au  xvii*  siècle,  font  voir  un  chemin  Arquais  à  Englesqueville.  —  Le  coutumier  de  Londinières, 
dressé  par  le  chapitre  de  Rouen  en  1382,  cite  un  quemin  Arquais  et  un  quemin  Arquez.  —  Des  terriers  du 
xviu*  siècle  nous  font  voir  un  chemin  Arquais  à  Angiens  et  un  chemin  Arquet  à  Hautot-le- Valois  (fonds  de  Fé- 
camp).  —  Enfin  le  terrier  de  Saint-Martin-de-Boscherville,  dressé  en  1765,  nous  retrace  un  chemin  d'Arqués  à 
Ifénouville.  --  La  plupart  de  ces  notes  sur  des  chemins  Arquais  nous  ont  été  communiquées  par  M.  de  Beau- 
ropaire,  archiviste  de  la  Seine-Inférieure. 


—  437  — 

«  Chronic.  Fontanellae,  »  c.  ii  et  vu.  |       «  Les  Églises  de  Tarrond.  dTvetot ,   »  !'•    édit.^ 

A.   Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.   de    I    t.  i*%p.  350;  2«  édit.,t.  i",  p.  366. 
Norm.,  »  t.  XI,  p.  6  et  7.  i       «  Sépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  154. 


ANGLESQUEVILLE-LA-BRAS-LONG. 
Époque  incertaine.  —  On  m'a  cité  une  motte  existant  sur  cette  commune. 


AUTIGNY. 

Époque  franque.  —  Autigny,  dont  le  nom  semble  indiquer  un  cours  d'eau,  pourrait 
bien  avoir  été  autrefois  la  première  source  du  Dun.  En  tout  cas,  l'origine  du  vocable  in- 
dique les  temps  mérovingiens.  Autigny  doit  être  le  même  que  «  Atiliaco  et  Artiliaco,  in 
pago  Tellau,  i>  qui,  en  750,  fut  donné  par  Pépin-le-Bref  à  l'abbaye  de  Saint-Denis,  et  con- 
firmé, en  775,  par  Charlemagne,  son  fils. 


Dom  Félibien,  «  Hist.  de  Tabb.  de  Saint-Denis,  » 
pièces  justif.,  xxxm  etui. 

A.  Le  Prévost ,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,  »  t.  xr,  p.  8. 


«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  v  1"  édit., 
t.  1",  p.  341  ;  2"  édit.,  1. 1",  p.  357. 
A  Sépult.  gaul.,  rom  ,  A*anq.  et  norm.,  »  p.  154. 


GRAINVILLE-LA-RENARD  (section  de  brametot). 

Période  normande.  — ^  Robert  1er,  duc  de  Normandie,  confirma  au  chapitre  de  la 
cathédrale  de  Rouen  :  c  In  pago  qui  dicitur  Talou  partem  villae  unius  quae  Grainvilla  voca- 

tur.  >   Ce  pourrait  bien  être  Grain ville-la-Renard.  C'est  du  moins  l'opinion  de  M.  Le 
Prévost. 

^     a.  Le  Prevo8t,«Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»    1        «  LesÉglisesde  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  i^  édit., 
t.  XI,  p.  10.  I     1. 1",  p.  341  ;  2«  édit,  t.  !•',  p.  357. 


CRASYILLE-LA-ROQUEFORT. 

Epoque  incertaine.  —  Ce  village  doit  son  nom  à  ime  de  ces  anciennes  Fermetés  ou 
Roques  fortes  si  communes  à  l'époque  ft^anque  et  au  moyen-âge.  On  voit  en  efiet  les  restes 
de  cette  vieille  fortification  auprès  du  château  moderne. 

«  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  t.  i",  p.  336  ;  V  édit.,  1. 1*',  p.  352. 


—  438  — 


CANTON    DE    SAINT- VALERY-EN-OAUX. 


SAINT-YALERY-EN-CAUX. 

Époque  romaine.  —  La  petite  ville  de  Saint-Valery-en-Caux  dut  avoir  son  port  à 
l'époque  romaine.  La  meilleure  preuve  que  l'on  puisse  en  donner,  ce  sont  les  deux  cime- 
tières dont  l'un  était  placé  à  la  côte  d'Aval  et  l'autre  à  la  côte  d'Amont.  Le  quartier  d'Aval^ 
qui  devint  au  moyen-âge  le  quartier  Saint-Léger^  présente,  dans  les  jardins  possédés  na- 
guère par  la  famille  Thinon,  une  série  de  murailles  antiques,  des  tuiles  à  rebords,  des 
monnaies  romaines  et  des  squelettes  près  desquels  il  a  été  trouvé  un  javelot  en  fer  pré- 
sentement déposé  au  Musée  de  Rouen.  Le  quartier  d'Amont^  aujourd'hui  le  Bohême,  a 
montré  à  l'angle  de  la  rue  des  Escrocs  et  de  la  rue  aux  Anes  bon  nombre  d'urnes  conte- 
nant des  os  brûlés  et  des  monnaies  d'or  ou  de  bronze.  Notre  Musée  départemental 
possède  deux  médailles  d'argent  de  Trébonien  Galle  et  de  Valérien,  provenant  de  Saint- 
Valéry. 

Au  mois  d'avril  1833,  on  signala  à  la  Commission  des  Antiquités  la  découverte  d'an- 
ciennes murailles  et  de  monnaies  romaines  faite  à  Saint-Valery-en-Caux. 

Époque  franque.  —  En  l'absence  de  preuves  contraires,  et  quoique  nous  manquions 
de  motifs  suffisants,  cependant  nous  n'avons  pas  hésité  à  attribuer  à  la  dernière  période 
romaine  les  sépultures  trouvées,  vers  1832,  à  Idi  côte  d'Aval;  mais  nous  croyons  pouvoir, 
avec  certitude,  attribuer  celles  de  la  côte  de  Cany  à  l'époque  franque. 

Vers  1808,  à  quelques  pas  de  la  nouvelle  route  impériale  du  Havre  à  Lille,  un  culti- 
vateur, labourant  son  champ ,  vit  un  de  ses  chevaux  s'enfoncer  dans  le  sol.  Recherche 
faite ,  il  découvrit  une  pierre  brisée  recouvrant  un  tombeau  qui  fut  visité.  L^auge  ne 
contenait  qu'un  fémur,  une  vertèbre  et  une  partie  de  crâne,  ce  qui  prouverait,  selon 
nous,  que  la  sépulture  avait  été  antérieurement  violée.  On  recueillit  de  plus  un  fer 
de  lance ,  *  un  cimeterre  à  dos  large ,  court  et  recourbé  vers  la  pointe ,  i>  évidemment 
un  scramasaxe  mérovingien  {  enfin  un  morceau  de  fer  qu'on  prit  pour  c  une  partie 
d'éperon.  » 

Les  armes  «  furent  envoyées  au  Cabinet  d'antiquités  à  Paris,  »  dit  M.  l'abbé  Simon, 
qui  a  retrouvé  sur  ce  sujet  un  rapport  de  M.  Quesnel,  son  parent.  Ce  dernier  avait  été 
témoin  de  la  découverte. 

D'autres  personnes  nous  ont  parlé  d'une  vingtaine  de  cercueils  en  auge  trouvés, 
vers  la  même  époque,  à  cette  même  côte  de  Cany^  dans  un  champ  appelé  le  champ  du 
Cavalier. 


—  439  — 


Nous  devons  sans  doute  attribuer  à  l'époque  franque  la  tradition  qui  veut  qu'au 
vue  siècle  saint  Léger,  d'Autun,  exilé  à  Fécamp,  ait  prêché,  baptisé  et  opéré  des  prodiges 
à  Saint-Valery.  On  assure  même  que  sur  la  falaise,  où  est  à  présent  une  chapelle  de  son 
nom,  le  saint  aurait  perdu  son  chapelet.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  gens  du  peuple  portent  en- 
core leurs  enfants  à  l'ancienne  chapelle  de  Saint-Léger,  et  leur  font  faire  cinq  fois  le  tour 
des  ruines  pour  qu'ils  aient  le  pas  léger. 

Époque  incertaine.  —  Nous  ne  savons  à  quelle  époque  attribuer,  et  peut-être  appar- 
tiennent-elles un  peu  à  toutes,  certaines  traditions  mystérieuses  qui  ont  cours  à  Saint- 
Valery.  Nous  citerons  de  ce  genre  la  croyance  aux  gobelins,  aux  dames  blanches ^  aux 
loups-garovs  et  au  cheval  Bayard,  Enfin,  nous  rappellerons  la  tradition  qui  veut  que  l'an- 
cienne rivière  de  Saint-Valery,  qui  sortait  des  coteaux  de  Néville,  ait  été  bouchée  avec  des 
balles  de  laine. 

Le  quartier  maritime  de  Saint-Valery  s'appelait  autrefois  le  Port-Naval  ou  le  Port- 
Navarre.  Nous  ignorons  à  quelle  époque  cette  dénomination  a  pris  cours.  La  première 
fois  que  le  nom  de  Saint-Valery  apparaît,  c'est  dans  des  chartes  de  Richard  1er  et  de 
Richard  II,  et  il  est  appelé  t  Sanctum  Valericum,  >  et  «  Ecclesia  Sancti  Valerici,  ï> 
en  1026. 

La  vallée  de  Saint-Valery,  comme  la  plupart  de  nos  vallées  httorales,  était  autrefois 
fermée  avec  des  murailles  échelonnées  de  tours.  La  rv£  des  Remparts  est  un  reste  de  ce 
barrage  dont  nous  ne  saurions  donner  l'origine. 


Guilmeth,  «  Desc:  géogr.,  hist.,  stat.  et  monum.,  » 
t.  Il,  369-73. 

«  Les  Églises  de  rarrondissementd'Yvetot,  »  Inédit., 
t.  II,  p.  1  à  7  et  18;  2«  édit.,  t.  u,  p.  1  à  7  et  18. 


«  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  129,  342; 
2»  édit.,  p.  148,  430. 

L'abbé  Simon,  «  Invent,  des  arch.  du  doyenné  de 
Doudeville,  »  p.  268-69. 

«  Procès-verbaux  de  laComm.des  Antiq.,  »  t.  !•%  p.  192. 


NÉVILLE. 


Époque  incertaine.  —  Il  paraît  qu'une  rivière  ou  ruisseau  sortait  autrefois  de 
Néville  pour  se  jeter  à  la  mer  à  Saint-Valery.  Une  tradition  assure  que  ce  cours  d'eau  fut 
bouché  dans  sa  source  avec  des  balles  de  laine.  On  ajoute  que  ce  fut  pour  déraciner  une 
superstition. 

Période  normande.  —  Néville  posséda  autrefois  un  château  des  plus  forts  et  une 
châtellenie  des  plus  puissantes.  Cette  forteresse,  que  l'on  fait  remonter  jusqu'à  Hertel, 
compagnon  de  RoUon,  est  entièrement  démolie  aujourd'hui  :  on  n'en  connaît  plus  que  la 
place. 


Moréri,  «  Le  grand  Dictionnaire  historique,  »  t.  ii, 
p.  300-303,  édit.  1732, 
Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  etc.,  »  t.  ii,  p.  373-76. 


«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit., 
t.  n,  p.  27-28;  2^=  édit.,  t.  ii,  p,  26-27. 


—  440  — 

SAINTE-COLOMBE. 

Époque  incertaine.  —  Une  tradition  locale  prétend  que  Sainte-Colombe  fiit  autrefois 
un  bourg  que  les  guerres  ont  détruit,  et  que  dans  le  cimetière,  à  60  coudées  du  clocher, 
on  a  caché  une  cloche  d'argent. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  t.  ii,  p.  47  ;  2*  édit,  t.  ii,  p.  45. 

LE  MESNIL-DURDENT  (section  du  mesnil-geffroy). 

Époque  incertaine.  —  Au  Mesnil-Durdent,  autrefois  appelé  le  Mesnil-BaSy  existait 
une  mare  de  Saint-Qnuphre,  où  Ton  venait  se  baigner  comme  à  Saint-Arnould  et  à  Biville- 
la-Baignarde.  On  y  allumait  aussi  un  feu  comme  dans  les  précédentes  localités. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  l.  u,  p.  51;  2*  édit,  t  u,  p.  48-49. 

BLOSSEVILLE-ÈS-PLAINS. 

Époque  incertaine.  —  Le  territoire  de  Blosseville  renferme  un  certain  nombre  de 
débris  et  de  traditions.  Aux  Marettes^  la  charrue  rencontre  des  tuiles  et  des  murailles.  On 
parle  d'une  croix  Dyel  disparue  et  de  chevaux  allant  d'eux-mêmes  apporter  à  l'église  les 
superbes  vitraux  qu'elle  possède. 

On  montre  un  lieu  encore  appelé  la  Cour-le-Comte.  Cela  rappelle  l'ancienne  vicomte  de 
Blosseville,  très  puissante  à  la  période  normande*  Dans  une  charte  de  Richard  II ,  en  1026, 
ce  lieu  est  appelé  Blossa  :  c  Villa  quae  dicitur  Blossa.  » 

et  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  1"  édit.,  t.  u  ,  p.  55-66  ;  2*  édit.,  t,  ii ,  p.  52-57. 

MANNEVILLE-ÈS-PLAINS. 

Époque  romaine. —  En  avril  1863,  un  cultivateur  de  Manneville  a  trouvé,  en  labourant 
ses  terres,  un  bel  auretis  de  Vespasien  pesant  sept  grammes  et  de  la  plus  belle  conservation. 

VEULES. 

Le  bourg  de  Veules  est  assurément  un  lieu  fort  ancien ,  où  l'on  trouve  des  traditions  et 
des  débris  en  assez  grand  nombre.  Cependant,  à  l'exception  d'urnes  romaines  et  d'un 
cimetière  franc  bien  constaté,  il  nous  est  difficile  de  donner  à  tout  le  reste  4me  attribution 
précise;  nous  essaierons,  toutefois,  de  débrouiller  ce  chaos  où,  jusqu'ici,  la  lumière  de  la 
critique  a  fait  généralement  défaut. 

Disons  d'abord  qu'à  la  période  normande  et  anglo-normande  le  nom  de  Veules  est  écrit 
Vuelhy  en  1026,  par  Richard  II;  Wellis^  au  xiie  siècle,  par  l'archevêque  Thibaud  et  le 


—  44i  — 

pape  CéleslinlII;  Vetulio,  par  Honorius  III,  en  1220;  Welleis,  par  Rigaùd,  vers  1260, 
et  enfin  Veules,  Welles  et  Weules,  dans  les  chartes  de  Fécamp.  A  présent,  venons  aux 
traditions  et  aux  monuments. 

Époque  romaine.  —  Peut-être  pouvons-nous  reporter  à  l'époque  romaine  le  titre 
de  Cité  que  les  habitants  de  Veules,  comme  ceux  d'Étrelat,  de  Criel  et  de  Bruneval, 
donnent  à  leur  pays.  Ils  prétendent  même  que  Saint- Valery-en-Caux  est  une  colonie  de 
Veules. 

On  trouve  dans  tous  les  quartiers  de  Veules  des  maçonneries  dont  il  n'est  pas  aisé  de 
fixer  l'origine.  A  peine  oserons-nous  indiquer  comme  la  trace  d'une  voie  romaine  le  chemin 
des  Chasse-Marées,  qui  ailleurs  indique  presque  toujours  une  chaussée  antique. 

Nous  marcherons  avec  plus  d'assurance  en  copiant  une  note  de  M.  Achille  Deville,  dans 
laquelle  il  nous  assure  que,  vers  -1830,  on  a  trouvé  à  Veules  une  urne  cinéraire  en  terre 
cuite ,  des  monnaies  en  bronze  de  Probus  et  de  Constantin,  et  des  médailles  en  argent  de 
Trajan  et  d'Otacile. 

Époque  frahque.  —  On  a  cherché  à  attribuer  à  Veules  les  triens  mérovingiens  portant 
le  nom  de  vellaco  et  de  vellao.  MM.  Cartier  et  A.  de  Longpérier,  qui  proposent  cette  attri- 
bution, ajoutent  prudemment  un  point  d'interrogation  après  le  nom  de  Veules.  Ce  n'est 
point  nous  qui  éluciderons  celte  question.  Mais  ce  qui  prouve  bien  clairement  l'existence, 
et  même  l'importance  de  Veules ,  aux  temps  mérovingiens ,  c'est  le  cimetière  franc  que 
l'on  vient  de  nous  signaler  en  face  de  la  chapelle  du  Val ,  à  la  côte  orientale  qui  conduit 
vers  Dieppe ,  et  dans  les  tranchées  qui  bordent  la  route  impériale  no  25. 

Là,  depuis  cinq  à  six  ans,  les  chaufourniers  vasks  prakcs  {vgolbi,  issî). 

qui  exploitent  la  craie  de  cette  colline  ren- 
contrent des  sépultures.  Ils  en  ont  bien 
constaté  une  douzaine ,  et  cette  année  même 
(1862),  trois  nouvelles  fosses  viennent  d'ap- 
paraître.  Deux  d'entre  elles  ont  donné  des  i 

vases  dont  l'un  en  terre  blanche  et  l'autre  en  j_ 

terre  noire.  Une  des  fosses  a  fourni  une  boucle  * 

en  bronze,  et  l'autre  une  plaque  et  une  contre-plaque  de  ceinturon  en  fer  damasquiné. 

Je  rangerai  volontiers  parmi  les  restes  de  l'époque  franque  la  tradition  qui  attribue  la 
construction  de  la  chapelle  de  Notre-Dame-du-Val  à  un  chasseur  égaré  dans  la  forêt  qui 
couvrait  alors  le  canton  des  Plains.  Des  puits  et  de  vieilles  murailles  environnent  partout 
cette  chapelle  à  présent  isolée. 

Il  existait  à  Veules  une  vieille  voie  connue  sous  le  nom  de  Chemin  d'Arqués.  Une 
charte  du  xiiie  siècle ,  délivrée  par  Nicole  Thomas,  l'appelle  «  Queminum  Arcois.  » 

Enfin  je  citerai,  comme  dernière  trace  de  cette  période,  la  tradition  d'abbaye ,  qui  s'at- 
tache à  l'église  de  Veules. 

56 


442  — 


«  Les  Églises  de  rarrondissementd'Yvetot,»  !'•  édit., 
t.  II,  p.  66-80;  2-  édit.,  t.  ii,  p.  58-76. 

De  Longpérier,  «  Annuaire  hist.  de  1841  i)ub.  par  la 
Soc.  de  l'Hist.  de  France ,  »  p.  229. 


Cartier,  «  Catalogue  des  légendes  des  monnaies  méro- 
vingiennes, »  dans  la  «  Revue  numismatique,  »  année 
1840. 


CANTON    D'OUR\"ILLE. 


OURVILLE. 

Époque  romaine.  —  Ourville  est  le  passage  de  la  voie  romaine  allant  de  Juliobona 
(Lillebonne)  à  Gravinum  (Grainville).  Il  est  probable  que,  sur  le  territoire  d'Ourville,  la 
voie  bifurquait,  et  qu'un  embranchement  se  dirigeait  vers  Arques  et  Dieppe,  à  travers  le 
Petit-Caux. 

A  deux  kilomètres  au  nord-ouest  de  l'église  d'Ourville ,  sur  une  hauteur  et  dans  un  ter- 
rain aujourd'hui  livré  à  la  culture,  on  découvre,  depuis  plus  de  soixante  ans,  une  quantité 
de  fondations  antiques,  surtout  des  pierres,  des  briques  et  des  tuiles.  Ce  lieu  est  commu- 
nément appelé  les  Vieux^hatiax. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,»  t.  u,  p.  228-29. 


L*abbé  Cochet,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,  »  t.  XXIV,  p.  337  et  347. 


BEUZEVILLE-LA-GUERARD. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  allant  de  Juliobona  (Lillebonne)  à  Gravinum 
(Grainville)  passait  par  Beuzeville-la-Guerard,  au  hameau  de  La  Gauchie  dont  le  nom  est 
très  significatif. 

«Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,»  l'*  édit.,  t.  ii,    i       «  Mém.  de  la  Soc.  des  Anliq.  de  Norm.,  •  t  xiv, 
p.  87;  2*  édit.,  t.  u ,  p.  82.  p.  160-61  ;  t.  xxiv,  p.  336-36. 


CLEUVILLE. 

Époque  incertaine.  —  On  dit  que  l'ancienne  église  existait  au  Bos-de-Cleuville.  Là, 
dans  un  épais  taillis ,  on  montre  la  vaste  assiette  d'un  ancien  château  ;  on  y  distingue 
très  bien  la  motte,  les  fossés,  le  donjon,  en  un  mot  tout  le  squelette  d'une  forteresse 
disparue. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrondissement d'Yvetot,  »  l'«  édit.,  t.  ii,  p.  87;  2»  édit.,  t.  ii,  p.  83. 


1 


—  443  — 

HAUTOT-L'AUVRAY. 

Époque  romaine  (?).  —  Dans  la  plaine  connue  sous  le  nom  de  Drosay ,  auprès  d'un 
étang  appelé  la  mare  d'Engleniare,  on  recueille  une  quantité  de  briques,  tuiles  et  poteries 
anciennes. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arrond.,  »  t.  ii,  p.  231. 

SAINT-VAAST-DIEPPEDALLE. 

Époque  incertaine.  —  On  assure  que,  dans  le  vallon  sec  qui  descend  de  Saint-Vaast, 
coulait  autrefois  un  ruisseau  que  le  seigneur  du  Petit-Berménil  a  fait  boucher,  parce  que 
son  fils  s'y  était  noyé. 

Époque  romaine.  —  Près  de  la  croix  d'Eaumare,  on  trouve  en  labourant  beaucoup  de 
débris  et  de  substructions  antiques.  M.  Gauger,  géomètre  à  Cany,  assure,  d'après  la  tra- 
dition locale ,  qu'il  y  eut  là  l'ancienne  ville  d'Eaumare.  Il  raconte  que,  dans  la  propriété  de 
M.  Cavelan,  se  trouvait  une  motte  qui  fut  détruite  en  1820.  A  la  côte  du  For  tel,  on  à 
trouvé,  en  1849,  une  meule  à  broyer  en  poudingue,  puis  des  chandeliers,  des  fourchettes, 
des  tuiles  et  des  poteries.  Mais,  en  dehors  de  quelques  faits,  nous  devons  dire  que  le 
travail  de  M.  Gauger  ne  possède  ni  science  ni  critique. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrond,  d'Yvetot,  • 
l^*  édit.,  t.  u,  p.  91  ;  2*  édit.,  t.  ii ,  p.  86. 


E.  Gauger,  «  Essai  hist.  sur  rancienne  ville  d'Eaumare 
dans  le  pays  de  Caux,  w  in-8**  de  24  pages.  Fécamp,  1853 . 


LE  HANOUARD. 

Époque  gauloise.  —  Vers  1841,  en  faisant  la  route  départementale  no  19,  de  Cany  à 
Yvetot,  on  a  trouvé,  dans  la  traverse  du  Hanouard,  un  dépôt  de  bronze  antique  pesant 

sept  kilogrammes  et  demi ,  il  consistait  en  vingt  ha- 
chettes et  cinq  armilles  ou  bracelets.  Nous  croyons  que 
M.  Deville,  qui  nous  a  donné  ce  renseignement,  a 
ji_   ^^/  1^^       acquis  une  partie  de  ces  objets  pour  le  Musée  dépar- 

^    Iji^^  Jf  J       temental.  La  hachette  que  nous  y  avons  vue  ressemble 

à  celles  d'Antifer;  mais  elle  est  un  peu  plus  allongée. 
Deux  haches  et  deux  bracelets  sont  dessinés  dans  les 
cartons  de  la  Commission.  (Nous  reproduisons  ici  un 
des  bracelets  de  bronze  du  Hanouard.  On  y  recon- 

BBACELET  EN  BBONZE.  j^^^jj^  ^^^^  Jç  jyp^  gauloiS-) 

Époque  incertaine.  —  Au  Hanouard,  on  montre  encore  la  fontaine  de  Saint-Denis,  où 
l'on  dit  que  le  saint  évêque  de  Paris  baptisa  les  premiers  chrétiens  de  la  vallée. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  rarrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  ii,  p.  123;  2«  édit.,  t.  n,  p.  117. 


444 

X  M  M 


SOMMESNIL. 

Époque  incertaine.  —  Au  bas  de  la  côte  de  Sommesnil,  et  dans  la  vallée  de  la  Durdent, 
est  une  fontaine  autrefois  très  vénérée  qui  porte  encore  le  nom  de  fontaine  de  Saint- 
Firmin,  Une  tradition  locale  veut  que  saint  Firmin,  d'Amiens,  qui  fut  l'apôtre  des  Calètes, 
y  ait  autrefois  baptisé. 


Gh.  Salmon,  «  Hist.  de  saint  Firmin,  martyr,  premier 
évéque  d'Amiens,  v  p.  32,  33,  289,  304,  377,  379,  386, 
389,  468,  469;  in-S",  Arras,  1861. 


L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  » 
l'*  édit.,  t.  II,  p.  121-22;  2*  é4it.,  t.  ii,  p.  116-17. 


ANVÉVILLE. 

Époque  romaine.  —  En  1844,  dans  une  terre  couverte  de  ronces,  nommée  la  Ga- 
renne (1),  des  défrichements  opérés  par  M.  Mouquet,  de  Thiouville,  firent  découvrir,  à 


(  1)  Le  nom  de  Garenne^  assez  répandu  en  Normandie  et  par  toute  la  France,  me  paraît  un  bon  indice  archéologique. 
J'en  citerai  ici  un  assez  grand  nombre  d'exemples  pour  faire  croire  que  ce  n'est  pas  le  pur  effet  du  hasard.  —  En  1851, 
aux  environs  de  Caen,  au  lieu  dit  la  Garenne^  on  a  trouvé  quarante  médailles  de  bronze  de  Commode  et  de  Posthume. 
(-  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  t.  xix,  p.  254.)— Les  sépultures  romaines  que  nous  avons  fouillées  à  Étretat^ 
en  1855,  étaient  voisines  d'un  triage  appelé  les  HauUes  et  d'un  bois  nommé  la  Garenne*  (  «  Étretat,  son  passé,  son 
présent,  son  avenir,  »  4^  édit., p.  35-39.  —  «  Bépult.  gaul.,  rom.,  franq.  et  norm.,  »  p.  39-49.)—  Dans  le  bois  de  la 
Garenne  (commune  de  Chambord-en-Vexin ,  canton  de  Chaumont  (Oise),  on  a  trouvé,  dans  des  fouilles  pratiquées 
de  1856  à  1857,  un  dolmen  et  un  vase  contenant  vingt  monnaies  d'argent  de  César,  d'Auguste,  de  Tibère  et  de  Trajan. 
(-«Nouvelliste  de  Rouen,  »  du  4  mars  1857.)  —  A  Trye-Ghâteau(Oise),  on  remarque,  au  hameau  de  la  Garenne,  une 
pierre  druidique  autour  de  laquelle  on  à  recueilli  des  ossements  et  des  antiquités  gauloises.  (Woillez  ,  «  Répert. 
archéol.  de  l'Oise,  »  p.  41.  —  Frion,  a  Nouveau  Précis  statistique  sur  le  canton  de  Ghaumont-en-Vexin,  »  p.  188.)  — 
Les  curieuses  antiquités,  qui,  vers  1839,  furent  trouvées  à  Hérouval,  près  Montjavoult  (Oise),  sortirent  d'un  point 
nommé  la  Garenne,  (Frion,  «  Nouv.  Précis  statistique  sur  le  canton  de  Chaumont-en-Vexin  ,  »  p.  172.  —  Graves . 
«  Notice  archéol.  sur  le  départ,  de  l'Oise,  »  p.  7;  2"  édition.)  —  A  Saint-Germer ,  au  lieu  dit  la  Garenne  ,  on  a 
découvert  des  sarcophages  de  pierre.  (Woillez,  «  Répert.  archéol.  de  l'Oise,  »  p.  43.  —  Graves,  «  Notice  archéol. 
sur  le  départ,  de  l'Oise,  »  p.  313.)  —  A Balagny-sur-Thérain  ,  le  bois  de  la  Garenne  adonné  des  objets  de  bronze. 
(«  Répert.  archéol.  de  l'Oise,  »  p.   187.)  —  A  Étaples,  l'ancien  Quenlowic,  le  lieu  le  plus  riche  en  antiquités  se 
nomme  la  Garenne,  Les  découvertes  qu'on  y  fait  sont  innombrables.  —  Aux  Warennes,  commune  de  Marquise , 
près  Boulogne,  on  a  trouvé,  en  1841,  un  sarcophage  romain,  et,  en  1860,  un  Mercure  en  pierre.  («  Congrès  archéol. 
de  France  :  séances  gén.  de  1860,  »  p.  145-46.)  —  Les  sépultures  franques  aperçues  à  Scrupt  (Marne) ,  en   1841  , 
étaient  dans  un  endroit  dit  la  Garenne.  (De  Widranges ,  «  Mém.  de  la  Société  philomath,  de  Verdun.  »  t.  in , 
p.  213.)  —  A  la  Varenne-Saint-Hilaire  ou  Saint-Maur,  près  Paris ,  on  a  trouvé,  en  1859,  une  sépulture  gauloise 
contenant  trois  corps,  {k  L'Univers,  »  du  12  mai  1859.)  —  La  belle  et  célèbre  momie  des  Martres  (Auvergne)  qui 
figure  à  Paris  au  cabinet  d'histoire  naturelle,  a  été  trouvée,  en  1756,  au  terroir  de  la  Garenne,  Là  aussi,  le  10  juillet 
1862,  on  a  recueilli  un  cercueil  en  plomb  de  l'époque  romaine.  (  «  Bulletin  monumental,  »  t.  xxvm,  p.  783.)  — 
Enfin  c'est  encore  dans  la  Terre  des  Garennes j  à  Vemaison ,  près  Lyon ,  terre  toute  couverte  de  broussailles , 
qu'en  septembre  1856  on  a  trouvé  deux  vases  gaulois  en  terre  cuite,  contenant,  l'un  soixante-douze ,  l'autre  cent 
trente-cinq  objets  celtiques  en  bronze.  C'étaient  des  bracelets,  des  poignards,  des  stylets,  des  celts ,  etc.  (Comar- 
mond,  «  BuUet.  monumental,  »  t.  xxiv,  p.  67-69.  —  «Le  Courrier  de  Lyon,  »  du  11  juillet  1857.)  —  Les  urnes 
romaines  trouvées  à  Canville ,  en  1804 ,  étaient  voisines  d'une  Garenne, 


—  445  — 

50  centimètres  du  sol ,  trois  urnes  funéraires  dont  deux  étaient  en  terre  et  une  en  bronze. 
La  première  contenait  des  os  brûlés  et  plusieurs  petits  vases  qui  tombèrent  eil  poussière.  La 
seconde  renfermait  un  beau  vase  en  verre  de  forme  carrée  tout  rempli  d'os  incinérés. 
Cette  urne  m'ayant  été  donnée ,  je  l'ai  offerte  au  Musée  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie,  à  Caen.  L'amphore  de  métal  contenait  environ  deux  cents' monnaies  romaines 
de  bronze,  de  grand  module  et  du  Haut-Empire.  La  plupart  étaient  à  l'effigie  de  Nerva,  de 
Trajan ,  d'Adrien ,  d' Antonin ,  de  Faustine ,  de  Marc-Aurèle ,  de  Commode  et  d'Alexandre 
Sévère. 

Époque  incertaine.  —  Dans  ce  même  lieu  de  la  Garenne  sont  les  restes  du 
vieux  château  d'Anvéville.  Les  fondations  sont  à  présent  couvertes  de  lierres  et 
d'épines. 


«  Le  Progressif  cauchois,  »  du  4  septembre  1844. 
L'abbé  Cochet,  «  La  Normandie  souterraine,»  l'*édit., 
p.  130;  2«édit.,  p.  148. 


L'abbé  Simon,  «  Inventaire  des  arch.  du  doyenné  de 
Doudeville,  »  p.  499,  in-8-,  Rouen,  1857-1861. 


COINS  EIV  BBONZE  (1859). 


,     ROUTES. 

Époque  gauloise.  —  En  1859,  M.  Grenier  a  trouvé, 
en  arrachant  un  arbre,  deux  ou  trois  hachettes  ou 
plutôt  coins  de  bronze,  attribués  communément  à  l'é- 
poque gauloise.  —  Nous  reproduisons  ici  deux  de  ces 
celts  qui  nous  ont  été  offerts. 


HÉRICOURT-EN-CAUX. 


Le  territoire  d'Héricourt-en-Caux  se  compose  de  deux  anciennes  paroisses  et  communes 
de  Saint-Denis  et  de  Saint-Riquier-d'Héricourt,  fusionnées  vers  \  858  seulement.  Ce  terri- 
toire est  fertile  en  monuments  de  toutes  les  époques. 

Epoque  romaine.  —  Depuis  Saint-Denis-d'Héricourt  jusqu'au  moulin  de  Gréaume  qui 
en  dépend,  on  trouve  à  chaque  instant  des  débris  romains  tels  que  murailles,  médailles, 
poteries,  tuiles  et  meules  à  broyer.  Nous  savons,  par  M.  Deville,  qu'en  1837  on  a  ren- 
contré à  Gréaume  trois  urnes  cinéraires,  dans  l'une  desquelles  a  été  recueillie  une  mon- 
naie de  Faustine. 

Au  pied  de  la  colline,  qui  est  sur  le  bord  de  la  route  départementale  no  19  d'Yvetot  à 
Cany,  entre  Gréaume  et  l'église,  est  une  fontaine  vénérée  qui  porte  le  nom  de  Saint^ 
Mellon.  On  assure  que  c'est  là  que  saint  Mellon,  premier  évêque  de  Rouen,  a  baptisé  les 


446 


premiers  chrétiens!  L'histoire  ecclésiastique  affirme  que  saint  Mellon  est  mort  en  ce  lieu 
le  22  octobre  de  l'an  311.  Son  corps  y  fut  d'abord  inhumé,  puis  transféré  à  Rouen  dans  la 
crypte  de  Saint-Gervais.  Les  uns  disent  qu'il  est  mort  dans  une  maison  qu'il  habitait  au 
pied  de  la  colline  du  Pyval^  tout  près  de  la  fontaine  qui  porte  son  nom.  D'autres  assurent 
qu'il  est  décédé  sur  la  hauteur,  au  hameau  du  Petit-Vauville^  appelé  aussi  Vauville-la- 
Cabot. 

Dans  un  de  ses  ouvrages,  M.  le  marquis  Lever,  de  Roquefort,  plaçait  Gravinum  à 
Gréaume.  Une  certaine  analogie  de  nom  et  quelques  antiquités  romaines  déterminaient 
seules  la  conviction  du  noble  antiquaire. 

En  face  de  la  fontaine  de  Saint  -  Mellon  ^  on  voit,  dans  la  prairie,  des  traces 
de  fondations  importantes.  On  en  ignore  la  date;  mais  elles  pourraient  bien  être 
antiques. 

Assez  près  de  l'église  Saint-Riquier,  en  face  du  Bos-Col  et  au  bord  de  la  route  départe- 
mentale no  32,  qui  conduit  à  Fauville,  on  voit,  au  pied  d'un  coteau,  une  motte  circulaire 
en  terre  dont  il  n'est  pas  aisé  d'indiquer  l'origine. 

Vers  1854,  en  creusant  les  fondations  de  la  nouvelle  nef  de  l'église,  on  a  trouvé  une 
grossière  statuette  de  pierre  que  je  crois  l'image  d'un^dieu  du  paganisme. 

Époque  franque.  — Le  cimetière  qui  entoure  l'église  Saint-Denis-d'Héricourt  dut  servir 
dès  l'époque  mérovingienne.  En  1853  et  en  1857, 
on  y  a  trouvé,  à  deux  reprises,  des  sépultures  fran- 
ques  possédant  un  vase  en  terre  blanche  à  cou- 
verte noire,  dont  la  panse  était  ornée  de  zigzags  et 
de  points  en  creux;  un  scramasaxe  en  fer,  une 
fibule  de  bronze  en  forme  de  main,  et  l'ardillon 
d'une  agrafe  de  cuivre  étamé,  décorée  de  ciselures 
représentant  une  tête  humaine.  (Nous  reproduisons 
la  fibule  et  l'agrafe.) 

Mais  il  est  à  Héricourt  un  monument  qui  pour- 
rait appartenir  à  l'époque  franque,  et  qui  est  unique 
dans  ce  département.  Nous  voulons  parler  de  la 
crypte  qui  fut  découverte  le  12  novembre  1847 
sous  l'église  même  de  Saint-Denis  et  au  pied  de  la 
colline  qu'elle  surmonte.  Cette  crypte,  longue  de 

5  mètres  90  centimètres,  haute  de  2  mètres  25  cen- 
timètres, large  de  2  mètres  20  centimètres,  possède 
des  bras  de  croix  dont  la  longueur  totale  est  de 

6  mètres  50  centimètres.  S'ils  sont  plus  longs  que  le  vaisseau  principal,  cela  tient  à  ce  que 
ce  dernier  a  été  raccourci  par  l'enlèvement  des  terres. 


FIBULE  EN  BRONZE  (1857). 


ARDILLON  d'une  AGRAFE  DE   CUIVRE. 


.  447  ■ 


1  IT  COUPE  DE  LA  CdTPTE  D'UÉRICOtBT-ES-CAUX. 


Lrapi  tmjisKrsalï  duliu  Jabcrwi 


LUI.      ^. 

Cette  ci7pte  cruciforme,  taiUée  dans  le  roc 

yif,  possède  une  voûte  ogivale  revêtue  d'une 

maçonnerie  en  moellon  avec  arêtes  en  tuf. 

Dans  le  fond,  on  distingue  deux  trous  à  droite 

et  à  gauche  de  la  place  que  devait  occuper 

■'■''i'"'  i&  l'aulel.  Cette  crypte  a  tous  les  caractères  des 

martyrium  ou  confessions  qui  s'élevaient  sur  le  tombeau  des  premiers  martyrs.  A-t-elle 

été  creusée  primitivement  par  saint  Mellon  ?  Nous  l'ignorons  ;  mais  sa  forme  actuelle  nous 

paraît  la  rapprocher  plus  de  la  période  franque  que  de  l'époque  romaine. 

C'est  à  la  période  franque  que  nous  croyons  devoir  attribuer  le  nom  de  Hëricourt,  le 
seul  lieu  du  pays  de  Caux  qui  ait  cette  terminaison.  Ce  nom  s'écrivait  au  xii^  siècle 
Herecort,  Harecourt,  Harecort ,  Hericort,  Hericuria.  A  l'époque  carlovingienne  on 
rappelait  aussi  viens  Sancti  Malloni. 


BIBLIOCRAPUIE. 


Had.  Vales..  ■  Notilia  Galliarum,  >  verbo  Cakli. 
Pommeraye,  ■  Bist.  des  Archev.  de  Rouen,  ■  p.  44. 
Fftrin,  ■  Normandie  chrétienne,  i 
a  Gallia  Christiana,  ■  t.  xi,  p.  6. 
<•  Les  Églises  de  l 'arrondi Baement  d'Yvelot,  >  1"  èdit., 
1.  11,  p.  102-115;  2*  êdit.,  L  11,  p.  S7-11D. 
«  La  Norm.  souUrr.,  *  l"édit.,p.  47;  2'édil.,  p.^7. 


>  Mëm.de  la  Soc.  des  Antiq.de  Norni.,»  t.  xxiv,  p.  347. 
A,  Poitier,  -  Revue  de  Rouen,  .  annÉe  1849,  p.  218-19. 
Guilmeth,  ■  Desc.  gùogr.,  hist.,s[at.,  etc.,i>t  ii,  p. 232. 
E.  Gaillard,  n  Recherches  arcbfot.,  ■  p.  9. 
■  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norni.,>  I"  année, 
1860,  p.  54. 
Cousin,  ■  Mém.  de  la  6oc.  dunkerquoise,  ■  t.  vi,  p.  416. 


—  448  - 


CANTON    DE    GANY. 


CANY. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  monnaie  gauloise  en  brohEe, 
trouvée  dans  la  rivière  de  Cany  en  1 836. 

Époque  romaine.  —  Nous  n'oserions  fixer  Gravinum  à  Cany;  mais  jusqu'ici,  de  tous 
les  bords  de  la  Durdent,  de  tous  les  cantons  maritimes  de  l'arrondissement  dTvetot,  Cany 
est  le  lieu  qui  a  donné  le  plus  d'antiquités  romaines.  Il  en  a  tant  montré  depuis  bientôt  tm 
siècle,  que  nous  n'hésitons  pas  à  placer  dans  cette  petite  ville,  admirablement  située,  une 
station  romaine  aussi  importante,  pour  le  moins,  que  la  ville  actuelle.  Nous  avons  exposé, 
dans  notre  Normandie  souterraine,  la  série  des  découvertes  faites  à  Cany  ;  nous  avons  ra- 
conté avec  détail  l'heureuse  exploration  archéologique  que  nous  y  avons  pratiquée  en  1849. 
Nous  allons  ici  esquisser  ce  travail,  et  ajouter  les  faits  parvenus  à  notre  connaissance  depuis 
la  publication  de  cet  ouvrage. 

Une  ou  plusieurs  voies  romaines  traversèrent  Cany.  Celles  que  nous  soupçonnons  le  plus 
volontiers  sont  la  voie  de  Grainville  à  la  mer,  et  celle  qui  de  Fécamp  conduisait  dans  le  nord 
de  la  Gaule. 

Le  viens  antique  était  situé  sur  la  rive  droite  de  la  Durdent,  autrefois  nommée  la  Qui- 
té/lède.  n  occupait  la  portion  élevée  du  bourg  où  sont  aujourd'hui  les  halles,  la  mairie,  les 
hôtels  et  les  maisons  des  marchands.  A  cette  portion  principale,  nous  ajouterons  volon- 
tiers la  chapelle  et  le  vieux  château  de  Caniel. 

Vers  1780,  dit  M.  Guilmeth,  qu'il  faut  toujours  citer  avec  réserve,  on  voyait  encore  au 
centre  de  la  ville  actuelle,  dans  une  île  située  près  du  pont  des  Moulins,  les  restes  bien 
conservés  d'un  édifice  romain.  La  forme  de  la  construction  était  quadrangulaire,  les  fonde- 
ments profonds,  les  murailles  épaisses.  M.  Guilmeth  en  fait  un  fort  antique. 

Ce  qui  est  plus  certain,  c'est  que,  vers  1780,  M.  Reusse,  régisseur  du  château  de  Cany, 
faisant  construire  sur  la  route  de  Vittefleur  une  maison  devenue  aujourd'hui  l'épuration 
d'huile  de  M.  Souday,  trouva  plusieurs  tombeaux  en  terre  cuite,  et  une  urne  de  verre  blanc 
contenant  des  os  brûlés,  de  l'eau  d'interposition  et  une  cuiller  en  argent. 

En  1790,  de  nouvelles  constructions  ayant  été  faites  au  môme  endroit,  on  y  fit  de  nou- 
velles découvertes.  Note  de  cette  exploration  fut  conservée  par  un  habitant  de  Cany, 
M.  Hourcastremé,  grand-père  du  poète  Louis  Bouilhet.  Cette  note  fut  publiée  dans  un 
recueil  de  Paris,  en  1821.  On  y  expose  qu'en  creusant  des  fondations,  les  ouvriers  décou- 


—  449  — 

vrirent  de  douze  à  quinze  tombeaux  ;  que  plusieurs  de  ces  tombeaux^  faits  en  maçonnerie, 
contenaient  des  cercueils  de  plomb,  tandis  que  d'autres  étaient  fermés  par  des  tuiles  de 
15  à  18  pouces  de  grandeur,  placées  en  forme  de  toit.  Chacun  de  ces  cercueils  contenait 
une  fiole  de  verre  renfermée  dans  un  vase  de  plomb.  Dans  un  de  ces  vases  était  une  cuiller 
en  argent.  Un  de  ces  cercueils  était  celui  d'un  enfant  de  huit  ans  avec  son  lacrymatoire  en 
verre  et  sa  boîte  de  plomb. 

On  trouva,  de  plus,  une  trentaine  d'urnes  en  terre  cuite  closes  avec  un  colivercle.  Ces 
urnes  étaient  placées  à  distance  égale.  Il  y  avait  aussi  des  monnaies  ;  mais  on  n'a  reconnu 
qu'un  Trajan. 

Il  parsdt  bien  que  plusieurs  personnes  de  Cany  prirent  des  notes  sur  ces  découvertes  qui 
durent  impressionner  le  pays,  car  M.  E.  Gaillard  en  possédait  une  émanant  de  M.  Pessey, 
ancien  régisseur  du  château  de  Cany,  et  M.  Guilmeth  en  cite  une  autre  émanant  de 
M.  Guilbert,  juge  de  paix  du  canton  de  Doudeville.  Ces  notices  concordant  assez  bien  avec 
le  résumé  que  nous  venons  de  donner. 

Dans  ce  siècle-ci,  les  découvertes  n'ont  pas  été  moins  abondantes  à  Cany.  M.  Cottard, 
épicier,  a  trouvé  dans  son  jardin  une  urne  remplie  d'ossements,  des  tuiles  à  rebords,  des 
maçonneries  et  un  canal  antique.  Nous  croyons  qu'il  en  a  été  de  même  de  M.  Fouet, 
ancien  notaire.  Lorsqu'on  fonda  la  filature  exploitée  par  M.  Patrice,  auprès  de  l'ancien 
château  de  Cany  détruit  en  1697,  on  a  trouvé  une  médaille  dorée,  une  médaille  fourrée, 
une  épingle  en  or  et  plusieurs  monnaies  du  Haut-Empire.  Quand  M.  Hellouin  fit  construire 
à  Caniel  sa  maison  et  sa  filature,  il  ramena  du  fond  du  sol  force  débris  de  tuiles  et  de 
briques  romaines. 

En  1836,  M.  Deville  acheta,  pour  le  Musée  de  Rouen,  vingt-deux  morceaux  de  verre 
antique  qu'on  lui  assura  avoir  été  trouvés  à  Cany,  auprès  du  moulin.  Ces  pièces  se  compo- 
saient de  pieds  et  de  goulots  de  vases,  de  fioles  de  diverses  couleurs,  de  petits  plateaux 
dont  un  de  forme  ronde,  et  d'urnes  cinéraires  dont  deux  contenaient  encore  de  l'eau 
d'interposition.  Enfin,  il  avait  été  recueilU  au  même  endroit  des  vases  en  bronze  et  un 
sympulum  du  même  métal. 

C'est  muni  d'une  partie  de  ces  renseignements,  qu'en  avril  et  en  mai  1849,  nous  avons  fait 
à  Cany  une  fouille  archéologique  qui  a  eu  les  résultats  les  plus  heureux.  Nous  l'avons  pra- 
tiquée dans  la  cour  de  M.  Souday,  entre  sa  demeure  et  son  épuration jd'huile,  au  bord  de 
la  voie  qui  conduisait  à  Vittefleur  et  à  la  mer,  et  non  loin  d'une  motte  énorme  qui  sur- 
monte tout  à  la  fois  la  route  et  le  cimetière.  C'est  là  que  nous  avons  trouvé  un  cimetière 
romain  des  trois  premiers  siècles  de  notre  ère,  contenant  des  incinérations  pour  les 
adultes  et  des  inhumations  pour  les  enfants. 

Nous  avons  d'abord  rencontré  cinq  cercueils  de  tout  jeunes  enfants  inhumés  dans  cinq 
sarcophages  en  tuiles  qui  se  touchaient.  Trois  de  ces  sarcophages  contenaient  des  cercueils 
de  plomb.  Ces  enfants,  bien  orientés,  possédaient  avec  eux  de  petits  vases  de  terre,  un 

57 


EckiDftitairtltb.m 


—  450  - 

biberon  en  verre,  des  chaussures  de  cuir  dé- 
coupé à  jour,  des  boules  de  verre  bleu,  une 
Plclll     statuette  de  Latone  en  terre  cuite,  une  baguette 
1  de  verre,  une  épingle  en  os  et  quatre  boules 

iT>    i  en  verre  blanc.  Des  tombeaux  violés,  dans  le 

lOuiQEaUI  voisinage,  nous  ont  donné  une  tête  d'homme 
verdie  par  l'oxyde, et  trois  médailles  d'ai^ent, 
de  Valérien  et  des  deux  Philippe  père  et  fils. 
Les  incinérations  ont  été  rencontrées  sur  un 
espace  de  12  mètres  de  long  sur  5  de  lai^e,  et 
n'ont  pas  donné  moins  de  cent  soixante  objets 
de  toute  nature:  terre,  verre,  bronze  et  os-  Les 
vases  de  tefre  se  composaient  d'urnes  en  terre 
grise  en  forme  de  pot-au-feu ,  remplies  d'os 
brûlés  et  recouvertes  de  plateaux  rouges  ou 


—  451  — 

d'assiettes  grises  ;  les  autres  étaient  des  plateaux,  des  assiettes,  des  trépieds,  des  cruchons, 
des  pots  aux  offrandes  et  aux  libations.  Il  y  avait  bon  nombre  de  vases  en  terre  rouge  de 
Samos;  mais  un  seul  a  donné  le  nom  du  potier  primvs. 

Les  vases  de  verre  étaient  des  urnes  rondes ,  carrées 
ou  pomiformes,  des  barillets  qui  ont  fourni  la  marque  du 
verrier  fro,  des  tétines  ou  gottelfes,  des  fioles  dites  lacry- 
matoires,  de  jolies  ampoules  dont  quelques-unes  décorées 
d'émail,  des  coupes  à  boire,  etc.  Il  y  avait  aussi  des  perles 


VARBS  BOHAins  BN  VEBBB  (eAmr,  IS49). 

de  veire  pour  collier  et  bracelet,  des  boutons  de  verre  et  une  charmante  ampoule  en  pâte 
de  verre  jaune  ayant  forme  de  poire. 

Le  bronze  se  composait  principalement  d'un  miroir  de  forme  ronde ,  d'une  jolie  clé  de 
coffret,  d'une  pince  à  épiler,  de  petites  cuillers,  d'une  fibule  recouverte  d'émail  et  d'un 
charmant  flacon  à  deux  anses  liées  au  moyen  d'une  chaînette.  Il  n'y  avait  qu'une  seule 
monnaie  en  bronze  de  Nerva-Trajan. 

L'osserie  était  représentée  par  un  petit  tuyau ,  par  un  tube  percé  appelé  sifflet ,  par  un 
bouton  et  trois  épingles  à  cheveux. 

Nous  terminerons  en  citant  une  curieuse  construction  en  briques  épaisses  ayant  7â 
centimètres  de  long  sur  60  de  lai^e,  et  contenant  dans  son  sein  les  os  brûlés  d'un  adulte, 
et  cinq  fioles  ou  ampoules,  dont  une  en  plomb ,  deux  en  verre  dont  une  décorée  d'émail , 
la  quatrième  en  pâte  de  verre  et  en  forme  de  poire,  et  la  cinquième  en  bronze  avec 
chaînettes. 

Tous  les  objets  sortis  de  la  fouille  de  Gany  sont  déposés  au  Musée  de  Rouen  ;  la  plupart 
ont  été  reproduits  dans  la  Revtte  de  Rouen,  les  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
Normandie ,  enfin  dans  la  Normandie  souterraine. 

Époque  incbrtaihe.  —  N'oublions  pas  de  citer  à  Cany,  au-dessus  du  cimetière  romain 
et  au  bord  de  la  route  de  Vittefleur,  une  motte  considérable  placée  au  pied  d'un  coteau , 
entourée  de  fossés  et  recouverte  d'arbres  et  de  halliers.  L'origine  ne  nous  en  est  pas 
connue. 


452 


ttlBLIOGRAPHIE.  '^ 


Hourcastremé,  «  Anitales  flnançaises  des  sciences,  des 
arts  et  des  lettres,  »  v«  année,  t.  8  ,  n»  3,  année  1821. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arrond,,  »  t.  u,  p.  302-304. 

Deville,  «  Catalogues  du  Musée  des  antiq.de  Houeo,  » 
années  1836,  1838,  1840  et  1845. 

•  Revue  de  Rouen,  V  année  1849,  p.  217,  347-61,  407- 
420,  454-467. 


a  Mém.  de  la  Boc.  des  Antiq.  de  Norm.,  t.  xiv,  p.  1^^ 
t.  xvii,  p.  399-437  et  planche;  t.  xxxv,  p.  345,  34S-4Û. 

«  Notice  sur  un  cimetière  romain  découvert  en  Nor- 
mandie, en  1849,  »  in-8*  de  46  p.  avec  pi.  Rouen,  1849. 

ft  La  Normandie  souterraine,  »  1'*  édit.,  p.  48^9; 
2*  édit.,  p.  58-70  et  planche  1. 

a  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l"*  édit., 
t.  u,  p.  141-42;  2*  édit,  t  ii,  p.  157-58. 


BARVILLE  (section  de  cany). 

Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  dit  que,  sur  la  côte  de  Barville,  U  y  a  une  motte 
daps  un  bois. 

Guilmeth,  «Desc.  géogr.,  hist.,  stat.,  et  mon.,  »  t.  u,  p.  331. 

GRAINVILLE-LA-TEINTURIÈRE. 

Époque  romaine.  —  Jusqu'à  présent,  on  a  trouvé  peu  d'antiquités  romaines  bien 
caractérisées  à  Grainville  :  les  débris  que  Ton  y  rencontre  ne  sont  pas  encore  bien 
déterminés  à  nos  yeux.  Cependant,  nous  n'hésitons  pas  à  placer  à  Grain vflle  la  station 
romaine  de  Gravtnum. 

Gravinum  ne  nous  est  révélé  que  par  la  Carte  Théodosienne ,  dite  Table  de  Peutinger, 
attribuée  au  ive  siècle  de  notre  ère.  Cette  carte  étrange,  qui  appartient  à  l'enfance  de  l'art , 
met  notre  station  sur  la  grande  voie  militaire  qui  de  ce  lieu  et  de,  la  Seine  allait  à  Geso- 
riacum  ou  Bononia,  et  elle  la  place  à  dix  milles  nord  de  Juliobona.  Le  mille  romain,  dans 
nos  contrées ,  équivalait  à  la  lieue  gauloise ,  laquelle  représentait  2,220  mètres  environ. 
D'après  la  dernière  Carte  routière  de  la  Seine-Inférieure ,  il  y  a  28  ou  29  kilomètres  de 
Lillebonne  à  Grainville ,  tandis  que ,  selon  l'Itinéraire  antique ,  on  n'obtiendrait  guère  que 
22  à  23  kilomètres.  Mais  cette  différence  n'est  pas  sans  exemple  en  géographie  antique  : 
ainsi,  la  distance  indiquée  de  Juliobona  à  Caracotinum  est  de  10,000,  tandis  que  Fespace 
qui  sépare  Lillebonne  de  Harfleur  est  aussi  de  27  kilomètres.  Nous  persistons  donc  à 
penser  que  Grainville  réunit  les  meilleures  conditions  pour  représenter  parmi  nous  le 
Gravinum  gallo-romain.  En  dehors  du  comput  géographique,  les  points  que  l'archéologie 
semble  nous  indiquer  sont  Cany,  Thiédeville-sur-Saâne  et  Beauville-la-Cité  ;  or,  tous  ces 
points  sont  encore  plus  éloignés  de  Lillebonne  que  Grainville. 

La  plupart  des  géographes  qui  se  sont  occupés  de  restaurer  l'ancienne  Gaule  ont  égale- 
ment choisi  Grainville  pour  y  asseoir  Gravinum.  De  ce  nombre,  nous  citerons  d'Anville , 
dans  sa  Notice  de  l'ancienne  Gaule;  M.  Mentelle,  dans  la  Géographie  ancienne  de  FSn^ 
cyclopédie  méthodique  y  et  le  colonel  Lapie,dans  son  Or  bis  Romantts,  dressé  pour  le* 


j 


—  458  — 

Recueil  des  Itinéraires  anciens  de  M.  Fortia  d'Urban.  Qijant  aux  antiquaires  normands , 
nous  suivons  que  c'est  également  l'avis  de  MM.  Feret  et  Guilnieth ,  les  seuls  qui  se  soient 
occupés  de  cette  question.  Nous  avons  donc  quelque  raison  d'être  surpris  que  la  Commis- 
sion de  la  topographie  des  Gaules  croie  devoir  placer  Gravinum  à  Normanville. 

Pour  nous ,  nous  basons  notre  opinion  sur  la  position  même  de  Grainville,  presque  aussi 
favorable  que  celle  dô  Lillebonne  pour  asseoir  une  ville  romaine.  Ce  village,  en  effet,  est 
situé  sur  le  passage  de  la  voie  antique  venant  de  Juliobona,  voie  qui,  sur  tout  son  par- 
cours, se  nomme  la  chaussée,  la  cauchie,  le  chemin  de  César  et  la  route  des  Romains,  et  qui, 
dans  la  traverse  de  Grainville,  s'appelle  la  ruette  de  Rome,  comme  à  Arques  elle  se 
nomme  la  rue  de  Rome.  M.  Deville  nous  a  cité  des  monnaies  d'argent  d'Éliogabale  et  de 
Jutia  Sœmias. — Enfin,  nous  appuyons  encore  notre  opinion  sur  les  quelques  monuments 
antiques  et  les  traditions  ou  plutôt  les  prétentions  locales,  qui  sont  passablement 
exagérées.  ^ 

Grainville,  en  effet,  est  tout  empreint  du  sentiment  d'une  puissance  déchue  et  d'une 
grandeur  passée.  Les  habitants  ne  parlent  que  de  murailles ,  de  pierres ,  de  monnaies 
et  de  tombeaux ,  trouvés  à  toutes  les  époques  et  sur  tous  les  points.  On  cite  des  pots 
entiers  remplis  de  monnaies.  On  signale  surtout  force  débris  au  triége  du  Câtelet ,  nom 
significatif. 

Malheureusement,  tout  cela  ne  précise  rien.  —  Les  anciens  racontent  des  merveilles 
dès  carrières  percées  au  pied  des  collines ,  et  surtout  de  celle  qui  porte  le  nom  de  Trou* 
à-PierroL  Jouant  sur  le  mot  de  Grainville,  ils  disent  que  César  avait  étabh  ici  sa  Ville-aux* 
Grains ,  et  que  ce  village  est  plus  vieux  que  Jésus-Christ.  Enfin ,  rien  n'est  plus  enraciné 
dans  l'esprit  de  nos  populations  rurales  que  l'idée  d'une  cité  détruite  et  d'une  ville  brûlée 
par  les  Sarrazins. 

Période  normande.  —  D'après  une  donation  de  Richard  1er,  faite  vers  988 ,  l'église  de 
Grainville  était  la  propriété  de  Saint-Wandrille.  Richard  II ,  confirmant  cette  concession  en 
10^,  reconnaît  qu'elle  remontait  à  la  plus  haute  antiquité  :  c  Âb  antiquis  temporibus 
usque  ad  nostra  tempora.  i>  Cependant  vers  l'an  4000,  le  même  duc  Richard  avait  donné 
au  monastère  de  Fécamp  deux  moulins  et  ce  qui  lui  restait  à  Grainville-en-Caux  :  u  In 
comitatu  Calciacensi...  in  GirnivivUlâ  (ou  Gerunivillâ)  cmn  duobus  molendinis  quidquid 
habere  visus  sum.  » 

Époque  incertaine.  —  Au  centre  du  village  et  assez  près  de  l'église ,  on  voit  un  tertre 
couvert  de  murs,  de  lierres  et  de  broussailles,  que  l'on  considère  comme  la  base  de  l'ancieD 
château  de  Gramville,  possédé  et  occupé  au  xve  siècle  par  Jehan  de  Béthencourt,  le  roi 
des  .Ganartôs. 

n  j  a  à  Grainville  bradition  d'axiciennes  teintureries,  d'où  ce  village  a  pris  le  surnom  de 
Tein^ptrière  ou  de  Tinctuaria.  Ce  surnom,  il  le  portait  dès  1292;  il  est  probable  qu'il 
vemoïde  à  l'époque  franque. 


—  454 


BlBUOCaAPHIE. 


«Neustria  pia,  »  p.  166.  • 

D'Anville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  360-61. 

Feret,  «  Société  archéol.  de  Tarr.  de  Dieppe,  »  23. 

Mentelle,  a  Encyciop.  méthod.  :  Géogr.  anc.,»  t.  ii , 
verbo  Grainnum. 

«  Géographie  anc.  et  hist.,  «  composée  d'après  les 
cartes  de  d'Anville,  t.  ii,  Paris,  1807. 

Guilmeth  ,  «  Descript.  géog.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arrond.,  »  t  u,  p.  331-333. 


«  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  47; 
2*  édit.,  p.  58,  122,  145. 

«  Les  Églises  de  larrond.  dTvetot,  »  1"  édit,  1 1«, 
p.  151-53, 159;  2*  édit.,  t.  i«%p.  166^,  174. 

o  Mém.  (je  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  13; 
t.  XIV,  p.  161  ;  t.  XVII,  p.  400-410,  et  t.  xxiv,  p.  337,  347. 

Fortia  d'Urban ,  «  Recueil  des  itinéraires  ancienB,  » 
t.  I",  p.  H2. 

A.  Bertrand,  a  Revue  archéol.,  «  t.  viu ,  p.  63. 


MAUTEVILLE-SUR-DURDENT  (section  de  grainville-la-teinturiére). 

Époque  romaine.  —  A  Mauteville  est  le  hameau  de  la  Haute-Rue ,  où  passait  la  voie 
romaine  qui  de  Grainville  (Gravinum  ?)  se  rendait  à  la  station  de  Cany  et  à  la  mer. 

«'Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  161,  et  t.  xxiv,  p.  348. 

BOSVILLE. 

Époque  romaine.  —  Dans  le  vallon  qui  est  sous  l'église  et  le  village  de  Bosville ,  le 
laboureur  découvre  des  puits  >  des  murailles  et  des  monnaies  romaines.  Yers  4810,  un 
cultivateur,  nommé  Godard,  découvrit  avec  sa  charrue  un  cercueil  de  plâtre  en  fonne 
d'auge  contenant  les  restes  d'un  enfant ,  accompagnés  de  trois  médailles  de  Faustine  et  de 
deux  petits  bustes  en  bronze  doré.  D'après  les  détails  qui  m'ont  été  donnés  par  M.  l'abbé 
Godard,  curé  d'Autretot ,  j'ai  lieu  de  croire  que  cette  sépulture  date  du  ive  ou  du  v«  siècle 
de  notre  ère. 

Dans  un  bois  voisin ,  on  connaît  aussi  des  puits  rebouchés  et  des  murs  arasés. 

Époque  incertaine.  —  Vers  Flamanvillette ,  on  remarque  deux  mottes  avec  retranche- 
ments et  fossés.  M.  A.  Le  Provost  en  a  connu  trois. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr., hist.,  stat., etc.,  »  t.ii,p.  231. 
«  Les  Églises  do  J'arrondissement  d'Yvetot,»»  1"  édit., 
1. 1*',  p.  167;  2*  édit,  1. 1",  p.  182. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  t.  xxiy,  p.  339. 
c  Procès-verbaux  de  la  Gommiss.  des  Antiq.  de  It 
Seine-Inférieure,  »  p.  33. 


SASSEVILLE. 

Époque  franque  (?).  —  La  Bibliothèque  de  Fécamp  possède  un  vase  en  terre  noife 
trouvé,  en  1863 ,  lors  de  la  rectification  de  la  côte  de  Cany.  Ce  vase  a  tous  les  caractères 
francs  et  doit  provenir  d'une  sépulture  mérovingienne. 

OUAINVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Vers  4834,  on  a  démoli  une  motte  très  élevée  que  Ton  appelait 
dans  le  pays  les  VieuaoChâteaux.  On  m'a  assuré  qu'on  y  avait  rencontré  des  ossements.  Si 
ma  mémoire  est  bien  fidèle,  ce  tertre  était  située  près  de  l'église. 


j 


—  465  — 

-Guilmeth,  «  Descript.  géog.,  hist.,  stat.  et  mon.  -des    I       «  Les  Églises  de  rarrondissement  d'Yvetot,  ■  l"  édit., 
arrond.,  »  t.  ii,  p.  350.  1    t.  i",  p.  1T7;  2«  édit.,  1. 1",  p-  192. 


CANOUVILLE. 

Époque  romaine.  ~  En  1848,  en  démolissant  les  racines  du  vieux  château  de  Canou- 
ville,  si  puissant  au  moyen-âge,  on  déterra,  à  quelques  pas  des  murailles,  un  dolium  en 
tttre  cuite  renfermant  une  urne  en  plomb  remplie  d'os  brûlés.  Tous  ces  objets  ont  été 
détruits. 

Époque  franque  ou  normande.  —Le  vieux  château  de  Canouville,  démoli  en  4848, 
avait  des  fossés  profonds  et  des  murs  de  5  mètres  d'épaisseur. 

Guilmeth,  «Desc.  géogr.,hist.,stat.,etc.,»t.ii,  p.  355.    |       «  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  •  1"  édit.,  t  i*% 
«  La  Norm.  souterr.,  »  V  édit,  p.  128;  2»  édit.,  p.  147.     |    p.  178;  2»  édit.,  p.  193. 

AUBERVILLE-LA-MANUEL. 

m 

Époque  incertaine.  —  «  Sur  Auberville,  dit  M.  Guilmeth,  non  loin  du  rivage  de  la 
mer,  on  découvrit,  vers  1830,  sous  la  surface  du  sol  et  dans  la  craie  de  la  falaise,  une  vaste 
salle  carrée  parfaitement  taillée  au  ciseau,  laquelle  paraissait  avoir  servi  de  refuge,  soit  aux 
Gallo-Romains  contre  les  invasions  des  Barbares  à  l'époque  du  Bas-Empire ,  soit  aux  pre- 
miers chrétiens  dans  les  iii^  et  rve  siècles  de  notre  ère,  soit  enfin  aux  marins  de  la  Neustrie 
lors  des  invasions  des  hommes  du  Nord.  » 

Guilmeth,  «  Descript.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arrond.,  »  t.  ii,  p.  357. 

SAINT-MARTIN-AUX-BUNEAUX. 

* 

Époque  romaine.  —  En  1864,  en  faisant  des  fouilles  dans  le  vallon  des  Petites-Dalles, 
j'ai  rencontré  au  pied  de  la  colline  des  tuiles  à  rebords ,  des  débris  de  poteries  romaines 
et  même  quelques  fragments  de  vases  gaulois. 

Époque  frapjque. — Un  mouvement  de  terrain  pratiqué,  en  mai  1864,  dans  le  vallon  des 
Petites-Dalles ,  au  pied  de  la  côte  qui  porte  le  nom  de  Saint-Martin ,  révéla  plusieurs 
sépultures  déposées  dans  la  craie.  Ces  sépultures  étaient  accompagnées  de  vases  et  d'armes 
de  fer,  dont  M.  le  curé  de  Sassetot  conserva  quelques  débris.  Averti  par  ce  vénérable  con- 
frère, je  me  rendis  aux  Dalles,  au  mois  de  juin  suivant,  et  j'y  constatai  la  présence  d'un 
cimetière  franc.  A  l'aide  d'une  allocation  accordée  par  M.  le  Préfet,  je  fouillai  le  pied  de  la 
cdline  où  je  reconnus  quinze  fosses  taillées  dans  la  craie  et  orientées  nord  et  sud  dans  le 
sens  de  la  vallée. 

Plusieurs  de  ces  morts  n'ont  rien  donné,  mais  quelques-uns  possédaient  aux  pieds  des 


vases  noirs  semblables  à  tous  les'vases  francs  ou  saxons  de  nos  contrées.  Nous  reprodu- 
sons  ici  presque  tous  les  vases  des  Dalles. 


VASES  FBAnCS  BH  TKHKB  HOIBB  (PETtrEg-DALLEB,  ISGt). 

Avec  ces  vases  nous  avons  encore  recueilli  sur  quelques  objets  de  fer,  notanuneof 
un  scramasaiie  long  de  50  centimètres  et  large  de  5.  Un 
autre  scramasaxe  est  également  apparu  à  la  ceinture, 
celui-là  avait  été  coupé  avant  l'inhumation ,  particularité 
qui  s'est  déjà  révélée  ailleurs.  Outre  ces  deux  sabres, 
nous  avons  encore  recueilli  un  couteau  et  une  boucle  en 
fer.  Mais  la  plus  belle  pièce  qui  soit  sortie  de  ce  cimetière 
est  un  éperon  en  bronze  long  de  44  centimètres  et  large 
de  a  :  il  était  à  pointe  et  accompagné  de  quelques  détails 
propres  à  le  fixer  au  pied  du  défunt.  (  Nous  reproduisons 
ici  cette  pièce  remarquable). 

Déjà,  à  différentes  reprises ,  on  avait  aperçu  des  inhu- 
mations dans  cet  endroit,  notamment  lors  de  ta  construc-  J 
tion  du  corps-de-garde  sous  le  premier  Empire. 

Le  nom  de  Dalle  signifiant  vallée ,  indique  une  origine  ^ 
saxonne  ou  Scandinave  que  la  découverte  de  notre  cime- 
tière germanique  ne  fait  que  confirmer.  tpExan  m  uomi  (dallu,  tut). 


457  — 


THEUVILLE-AUX-MAILLOTS. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  assure  qu'à  Theuville-aux-Maillols  on  a  rencontré  des 
vases  antiques  en  terre  rouge. 

VITTEFLEUR. 

Époque  romaine.  —  Le  sol  de  Vittefleur  est  semé  de  médailles  romaines  :  on  les  ren- 
contre très  fréquemment.  Les  murailles  et  les  substructions  de  tout  genre  s'y  trouvent 
aussi  de  tous  côtés.  Les  tuiles  à  rebords  n'y  font  point  défaut  non  plus.  A  l'article  Paluel^ 
je  cite  une  mosaïque  romaine  aperçue  dans  une  maison  bâtie  en  tuf,  au  lieu  dit  la  Rosée, 
un  peu  au-dessous  de  Vittefleur.  En  1849,  j'ai  fouillé  et  reconnu  l'existence  de  cet  édifice 
antique  découvert  par  un  jardinier. 

Vittefleur,  tout  rempli  de  débris,  est  sur  le  tracé  de  la  voie  romaine  qui  de  Grainville  et 
de  Gany  conduisait  à  la  mer. 

Période  normande.  —  En  988,  Richard  1er  rendit  au  monastère  de  Fécamp  l'église  et 
la  terre  de  Vittefleur  qu'il  possédait  de  toute  antiquité,  ce  qui  veut  probablement  dire  depuis 
le  comte  Waninge. 

n  y  a  tradition  d'abbaye  à  Vittefleur. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  t.xnr,p.  163, 
et  t.  xxrv,  p.  349. 
«  La  Norm.  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  48-,  2»  édit.,  p.  58. 


«  Les  Églises  de  Tarrond.  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  i", 
p.  186-88;  2*  édit.,  t.  i",  p.  201-206. 


CROSVILLE-SUR-DURDENT  (section  de  vittefleur). 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  hache  en  pierre  venant  de 
Crosville. 

Époque  romaine.  —  Crosville  est  sur  le  passage  de  la  voie  romaine  qui  de  Cany  allait 
à  la  mer.  Nous  croyons  reconnaître  encore  sa  trace  dans  le  vieux  chemin  que  la  tradition 
appelle  la  rue  Sainte-Pierre,  et  que  les  titres  nomment  la  chamsée  de  Saint-Pierre. 

Dans  une  île  de  la  Durdent,  on  voyait,  en  1831 ,  une  motte  élevée  dont  la  destruction  a 
donné  bien  des  débris  romains.  Lorsqu'en  1832  et  en  1833 ,  M.  Limare,  de  Rouen,  fît 
niveler  le  sol  et  démolir  cette  butte,  on  rencontra  des  maçonneries  en  pierres  tuffeuses , 
restes  d'un  édifice  pavé  en  mosaïque.  Plus  tard,  à  l'époque  franque  peut-être,  on  avait 
inhumé  dans  ce  tertre  et  jusque  sur  l'ancien  pavage.  Une  vingtaine  de  cadavres,  en  effet, 
furent  déterrés  par  la  bêche.  L'état  de  conservation  de  ce  monument  antique  nous  fait 
supposer  qu'il  a  été  comblé  de  main  d'homme  et  à  dessein ,  peut-être  même  dans  une 
pensée  religieuse.  Malheureusement,  aucun  homme  intelligent  ne  présida  à  la  destruction 
de  1833.  Non-seulement  les  murs  furent  brisés,  mais  la  mosaïque  fut  mise  en  pièces.  Tous 

58 


458 


les  habitants  de  Cany  et  de  la  vallée  en  emportèrent  des  cubes  qui  étaient  assez  fins.  Un 
seul  morceau  a  été  conservé  et  donné  au  Musée  de  Rouen  par  M.  Limare;  il  représente 
deux  jambes  d'homme.  Dans  ces  ruines  se  sont  rencontrées  plusieurs  monnaies  du  Haut- 
Empire. 

Outre  un  fragment  de  mosaïque,  le  Musée  de  Rouen  possède  encore,  venant  de  la 
motte  de  Crosville ,  une  clé  en  fer  et  une  petite  tête  de  lion  en  bronze. 

En  4849,  non  loin  de  cet  édifice,  j'ai  vu  au  pied  de  la  colline  un  ancien  four  à  chaux 
qui  pourrait  bien  être  contemporain  de  la  mosaïque ,  car  on  y  a  recueilli  des  médailles  de 
bronze  d'Antonin  et  de  Faustine ,  que  j'ai  vues  à  Cany ,  chez  M.  Yger,  juge  de  paix.  Le 
fourneau  contenait  encore  de  la  chaux  vive. 

Époque  franque.  —  Le  duc  Richard  II  confirma  à  l'abbaye  de  Fécamp,  dans  le  comté 
de  Caux  :  t  In  comitatu  Calciacensi...  ecclesiam  Scrotivillae.  » 

Une  source  vénérée  existait  auprès  de  l'ancienne  église  de  Crosville,  transférée  en  1783. 


BIBLIOGRAPUIE. 


«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  antiquités  de 
la  Seine-Inférieure,  »  année  1834, 1 1*',  p.  199. 

E.  Gaillard,  «  Recherches  archéol.,  »  p.  3. 

Guilmeth,  «r  Desc.  géog. ,  hist. ,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  ii,  p.  804  et  368. 

Deville,  «  Catalogues  du  Musée  département,  d'ant 
de  Rouen,  »  années  1836  et  1845. 


n  Mém.delaSoc.  desantiq.  deNorm.,  »  t.  xi,p.  13; 
t.  XIV,  p.  162;  t.  xvii,  p.  400402,  et  t.  xxiv,p.  349. 

«LaNorm, souterr.,»l'*édit^  p.  47-48; 2*  édit.,  p.  58. 

a  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  l*«édit.,  1 1*^, 
p.  192-93;  2*  édit.,  t.  i",  p.  207. 

«  Notice  sur  un  Cimetière  romain  découvert  en  Nor- 
mandie, en  1849,  »  p.  2-6. 


PALUEL. 

Epoque  romaine.  —  Vers  1840,  on  a  trouvé  à  Paluel  des  monnaies  en  bronze  de 
Trajan  et  de  Faustine.  Elles  sont  entrées  au  Musée  de  Rouen. 

Entre  Vittefleur  et  Paluel,  j'ai  fouillé,  en  1849,  un  charmant  petit  édifice  romain  cons- 
truit en  tuf  et  pavé  en  mosaïque.  Il  était  situé  au  lieu  dit  la  Rosée,  sur  le  bord  du  grand 
chemin.  L'eau  des  marais  nous  a  empêché  de  continuer  l'exploration. 

o La Nonn .  souterr.,  1"  édit.,  p,  48 ;  2«  édit. ,  p.  58.       1       «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetotj^l'*  édit., 
«Mém.delaSoc.des  Antiq.de  Norm.,»t.  XXIV,  p. 349.  '    t.  i«%  p.  200;  2*  édit.,  t.  i«%p.  214. 


VEULETTES. 

Époque  gauloise. —  J'attribue  à  la  période  gauloise  le  Câtelier  de  Veulettes.  Ce  câtelier 
fut  une  vaste  enceinte,  en  grande  partie  tombée  à  la  mer.  Il  en  reste  encore  une 
portion  située  au  haut  d'une  falaise  et  assise  sur  le  penchant  méridional  d'un  vallon.  Ce 
qui  reste  debout  n'est  pas  grand  ;  mais  il  laisse  présumer  la  vaste  étendue  de  Y  oppidum 
antique.  Les  fossés  ou  retranchements  sont  encore  d'une  élévation  énorme.  Ds  sont  en 
terre  comme  ceux  de  Limes  et  du  Canada,  mais  plus  élevés.  M.  Guilmeth  croit  que  Fen- 
ceinte  était  carrée  ;  elle  nous  a  paru  plutôt  circulaire.  Il  dit  qu'il  y  a  quatorze  sièdes 


—  jm  — 


ce  can^)  pouvait  avoir  environ  1 ,470  mètres,  comme  Sandouville,  Boudevilie  et  La  Roque. 
On  assure  que  le  peuple  appelle  ce  grand  terrassement  le  tombeau  de  Gargantua. 

Époque  romaine.  —  Je  n'hésite  pas  à  attribuer  à  la  période  romaine  du  iv©  et  du 
ve  siècle  un  tombeau  d'enfant  fait  avec  des  tuiles  romaines,  reliées  entre  elles  au  moyen 
de  ciment.  Ce  petit  sarcophage,  long  de  72  centimètres,  large  de  ^  et  haut  de  27,  avait 
été  placé  à  la  pointe  de  Claquedent^  qui  sépare  le  vallon  de  Yeulettes  de  la  grande  vallée 
delaDurdent.  C'est  là  qu'il  a  été  trouvé,  en  1851,  sous  6  mètres  de  remblai.  Cette  pièce  est 
conservée  chez  M.  d'EudeviUe,  maire  de  Veulettes. 

Dans  le  Câtelier^  il  a  été  trouvé,  vers  1840,  de  petits  bronzes  romains  du  Bas-Empire. 
Us  sont  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  incertaine.  —  A  l'embouchure  de  la  Durdent,  il  y  a,  parmi  les  populations  de 
Veulettes  et  des  alentours,  tradition  d'une  cité  disparue.  Ils  l'appellent  la  Grande-Villerde- 
Durdent.  Ils  racontent  qu'au  laisse  de  la  basse-mer  on  voit,  sur  le  rivage,  des  restes  de 
murs  et  des  troncs  d'arbres,  qu'ils  regardent  comme  les  ossements  de  la  cité  disparue.  Ils 
parlent  aussi  du  port  de  Claquedentj  que  la  mer  aurait  enseveU  dans  un  jour  de  tempête. 

Le  port  de  Claquedent  existait  en  effet  au  moyen-âge  avec  son  hâble  et  ses  kays.  Il 
appartenait  alors  à  l'abbaye  de  Fécamp. 

Période  normande.  —  Il  y  a  à  Veulettes  tradition  d'abbaye.  On  parle  de  souterrains 
et  de  constructions  autour  de  l'église  actuelle  qui  est  fort  ancienne.  On  raconte  même  que 
l'église  et  la  terre  de  Veulettes  fiirent  données  à  l'abbaye  de  Saint-Ouen  de  Rouen,  le  jour 
de  la  dédicace  du  monastère.  Un  seigneur  allant  à  l'offrande  aurait  dit  :^  Do  Veulettam.  » 


BIBLIOGRAPHIE. 


Le  Boullenger,  ingén.,  «  Voyage  dans  le  département 
de  la  Seine-Inf. ,  exécuté  en  1807,  parordre  de  M.Savoye- 
Rolin,  préfet,  »  Mss.  tn-fol.  à  la  Bibliothèque  de  Rouen. 

«  La  Normandie  souterr.,»  l'^édit,  p.  33  et  48; 
2«édit.,p.  40  et  58. 

.  ■  Notice  hist.  et  descript.  sur  l'église  de  Veulettes,  » 
in-S""  de  8  pages  avec  pi.  Rouen,  1850. 


«LesÉgUses  de  rarrond.d'Yvetot,  »  l"édit.,  l.  i*% 
p.  194-200,  205-208  f  2»  édit.,  t.  i«',p.  209-214,220-224. 

Guîlmeth,  t  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  n,  p.  559-61. 

Amélie  Bosquet,  «  La  Normandie  romanesque  et 
merveilleuse,  »  p.  194 • 


CANTON    DE    VALMONT. 


VALMONT. 

Le  territoire  actuel  de  Valmont  se  compose  d'abord  de  l'ancienne  paroisse  de  Valmont, 
puisides  anciennes  paroisses  de  Saint-Ouen*au^Bosc,deRouxmesnil  et  du  Bec-aux-Cauchois. 


—  460 


Époque  gauloise.  —  Vers  1 845,  on  a  trouvé  des  hachettes  en  silex  à  Centrée  du  bourg. 

Époque  romaine.  —  En  1854,  on  a  recudlli  des  débris  de  vases  en  terre  rouge  sur  la 
propriété  de  M.  Villez. 

Époque  franque.  —  Valmont  était  le  titre  d'un  des  trois  doyennés  du  Grand-Caux,  et, 
comme  tel,  il  doit  remonter  à  l'époque  franque.  Au  xiiie  siècle,  il  contenait  soixante- 
quinze  paroisses,  et  soixante-dix-huit  au  xviie,  plus  Fécamp  et  son  exemption.  Il  allait  de 
la  Durdent  aux  gorges  d'Étretat. 

Période  normande.  —  Il  est  probable  que  le  puissant  château  de  Valmont  remonte 
jusqu'aux  Francs;  mais,  au  x^  siècle,  il  est  déjà  le  siège  d'une  grande  famille  normande. 

Époque  incertaine.  —  Au  haut  de  la  côte  qui  domine  Valmont  vers  le  nord-est,  on 
voit  un  ancien  camp  de  forme  carrée,  connu  dans  le  pays  sous  le  nom  de  Câtelier  ou  des 
Vieux^Châtiax.  Nous  ne  saurions  fixer  la  date  de  cette  enceinte  couverte  de  taillis. 


«  Recueil  de  titres  généalogiques  de  la  maison  d'Es- 
toutleville,  «  10-4",  Paris,  1741. 

Guilmeth,aDesc.géogr.,hist.,stat.,etc.,»  t.  ii,  p.  244. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéol.  de  Rouen  à  Fé- 
camp,» p.  181. 


««  Les  Églises  de  l'arrondissement  dTvetot,  »  l'«édit., 
t.  u,  p.  139-169;  2-  édit,  t.  n,  p.  140,  166. 

D'Estaintot.  o  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  » 
t.  XXIV,  p.  403-404. 


LE  BEC-AUX-CAUCHOIS  (section  de  valmont). 

Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  dit  que  sur  la  côte  du  Bec-aux-Cauchois  est  une 
enceinte  carrée  ayant  la  forme  d'un  ancien  camp. 

Période^normande.  —  Dans  la  ferme  voisine  de  Tancienne  église,  on  voit  encore  un 
tertre  en  partie  affaissé ,  mais  dont  les  fossés  sont  encore  visibles.  C'est  un  vieux  manoir 
appelé  au  moyen-âge  t  Beccum  Caletensium.  » 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist,  stat   et  mon.   des    1        L'abbé  Cochet,  «Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot, •» 
arr.,  »  t.  ii,  p.  272.  I     1'*  édit.,  t.  ii,  p.  145-47;  2«  édit.,  t.  ii,  p.  141-43, 


GOLLEVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Sur  le  territoire  de  Colle  ville,  M.  Delaporte,  de  Fécamp,  a  recueilli, 
vers  1860,  une  hachette  en  bronze  d'une  forme  peu 
commune ,  mais  dont  l'analogue  est  assez  fréquent 
en  Allemagne  et  en  Danemark.  On  attribue  ces  mo- 
numents à  l'âge  de  bronze  et  aux  temps  gaulois. 

Époque  romaine.  —  Dans  le  vallon  qui  conduit 
de  CoUeville  vers  Saint-Hélène-Bondeville,  et  qui 
est  partagé  entre  ces  deux  conununes ,  on  trouve , 
à  une  bifurcation,  d'innombrables  débris  gallo- 
romains.  Les  terres  cultivées  sont  marnées  de  tuiles 
et  de  poteries  antiques.  Dans  la  coupe  des  terrains       hachette «nB«opizB(c«twBviixB,t86i.) 


—  4M  - 

boisés,  on  aperçoit  d'épaisses  murailles  qui  courent  dans  tous  les  sens.  On  y  reconnaît 
aisément  l'intérieur  d'une  grande  salle.  Ce  sont  évidemment  les  restes  d'une  villa  consumée 
par  le  feu,  et  qui,  connue  depuis  vingt  ans,  n'a  cessé  de  donner  des  débris  de  toute  sorte. 
Parmi  les.monnaies  qui  en  sont  sorties,  le  Musée  de  Rouen  a  recueilli  un  denier  d'argent 
d'Alexandre  Sévère  et  des  bronzes  de  Posthume  et  de  Constans. 

Dans  une  sablière  exploitée  de  1860  à  1 862,  nous  avons  reconnu  une  masse  de  fragments 
de  poteries  de  toutes  couleurs.  Nous  croirons  volontiers  que  ce  sont  les  dépendances 
de  la  villa.  Nous  y  avons  recueilli  un  fri^ment  de 
tuile  à  rebords  percé,  avant  sa  cuisson,  d'un  grand  " 
nombre  de  troi^  circulaires ,  absolument  comme 
une  passoire.  —  Nous  donnons  ici  le  fragment  de 
cette  pièce  encore  inconnue,  mais  dont  les  analo- 
gues se  découvriront  sans  doute. 

M.  Deville  assure  qu'en  traçant  un  chemin  on 
aurait  trouvé  des  urnes  cinéraires. 

La  gorge  oij  se  trouvent  ces  curieuses  ruines  an-  ! 
tiques ,  si  intéressantes  à  fouiller,  s'appelle  le  vallon  ' 
d'Orival,  et  le  peuple  nomme  les  substructions  la  ; 
ville  d'Orival  (1).  Il  prétend  qu'il  y  a  des  trésors  \ 
cachés.  M.  de  Glanville  nous  donne  le  détail  de  ces  i 
traditions  de  trésors,  de  dragons,  de  cavernes  et  de  ^  « 

fontaines,  qui  accompagnent  presque  toujours  les  g 

monuments  du  paganisme. 

Pour  compléter  ce  qui  concerne  la  villa  romaine  d'Orival ,  il  faut  lire  l'article  sur 
Sainte-Hélène-BondeviUe. 

Époque  franque.  —  A  diverses  reprises,  et  presque  tous  les  ans  depuis  1855,  le 
cimetière  et  l'église  de  Colleville  ont  donné  des  cercueils  et  des  objets  mérovingiens. 
M.  le  curé  de  Colleville  a  recueîlh  une  partie  de  ces  pièces  curieuses ,  et  elles  forment  chez 
lui  un  petit  Musée  local  passablement  intéressant.  Dans  plusieurs  circonstances,  nous 
avons  eu  l'occasion  de  parler  de  ces  curieuses  trouvailles. 

Les  découvertes  de  Colleville  consistent  principalement  en  cercueils  de  pierre  de 
Vei^elé  ou  de  Saint-Leu  et  de  pierre  tuffeuse  du  pays.  Ces  sarcophages  contiennent 
encore  des  corps,  des  ossements  et  des  armes.  Parmi  les  armes,  j'ai  remarqué  une 
dizaine  de  couteaux  de  fer,  six  sabres  ou  scramasaxes  avec  rainures  sur  la  lame  (leur 


(1)  Dans  Maine-et-Loire  est  un  lieu  plein  d'anliquiiés  que  l'on  appelle  la  vilU-  dVi-vul.  On  assure  qui 
être  Tancienne  station  de  flutnca  .  (Quicherat,  ■  Bévue  des  Sociétés  sa  van  les,  »!•  série,  t.  v,  p.  i!. - 
de  la  Sociale  académique  de  Uùae-et-Loire ,  ■>  de  ISàd.) 


462  — 


longueur  varie  de  42  à  55  centimètres),  quatre 
lances,  des  boucles  et  plaques  de  ceinturon 
en  fer  damasquiné.  Les  objets  de  bronze  nous 
ont  présenté  deux  fibules  que  nous  reprodui- 
sons ,  Tune  en  forme  d'anse ,  l'autre  en  forme 
d'oiseau;  huit  à  dix  boucles  de  lanière  et  de 
ceinturon  :  quelques-unes  étaient  accompagnées 
de  plaques  ciselées.  Enfin  il  s'est  trouvé  des 
vases  en  terre  blanche  ou  noire  qui  accompa- 
gnaient les  corps. 


BIBLIOtiRAPUIE. 


A.  Bosquet,  «  La  Normandie  roman,  et  merv.,  »  p.  153. 

«Sépult.  gauL,  rom.,  franq.  et  et  norm.,  »  p.  337-38. 

a  La  Normandie  souterraine,  «  1"  édit.,  p.  87;  2*  édit, 
p.  99. 

De  Glanville ,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen 
à  Fécamp,  »  p.  176. 

a  Journal  de  Fécamp,  »  du  mois  d*août  1862. 


c  Journal  de  Rouen,  »  du  23  ou  du  25  août  1862. 

«  Revue  archôol.,  »  série  nouvelle,  année  1861,  t  iv, 
p.  482-83. 

«  Bulletin  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Nor- 
mandie, »  t.  II,  p.  157. 

«  Les  Églises  de  Tarrondlssement  d'Yvetot,»  Inédit., 

t.  n,  p.  172;  2«  édit,  t.  ii,  p.  169. 


VATECHRIST  (section  de  collevillb). 

Époque  incertaine.  —  M.  de  Glanville  parle  de  grottes,  de  superstitions  et  de  tradi- 
tions, existant  dans  ce  hameau. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Fécamp,  »  p.  178. 


SAINTE-HÉLÈNE-BONDEVILLE. 


Époque  romaine,  —  En  1842 ,  sur  une  propriété  de  M*  Limare ,  de  Rouen ,  on  a  trouvé 
des  poteries  romaines  et  un  grand  bronze  de  Septime  Sévère. 

A  Tarticle  Colleville^  nous  avons  parlé  des  restes  antiques  cpie  renferme  le  vallon 
d'Orival  et  des  découvertes  nombreuses  que  Ton  y  a  faites  depuis  plus  de  trente  ans.  Mais 
au  printemps  de  1864,  ce  même  vallon  a  été  le  théâtre  d'une  importante  découverte 
archéologique.  Nous  allons  la  raconter  en  peu  de  mots. 

Pendant  le  défrichement  d'un  taillis  situé  sous  la  partie  du  hameau  &Alventoty  qai 
porte  le  nom  de  Bout-de-Has^  les  terrassiers  ont  rencontré,  dans  le  courant  d'avril  1864, 
une  série  d'urnes  et  de  vases  funéraires  gallo-romains.  C'était  un  cimetière  à  incinération, 


—  463  — 

des  trois  premiers  siècles ,  probablement  celui  de  la  villa  d'Orival.  Mais  si  une  portion 
des  murs  est  placée  sur  Colleville,  une  autre  portion  et  le  cimetière  lui-même  appar- 
tiennent à  la  commune  de  Sainte-Hélène. 

Parmi  les  premiers  vases ,  beaucoup  furent  brisés  par  les  ouvriers.  On  sauva  cependant 
deux  urnes  dont  une  très  belle,  deux  coupes  en  cristal,  et  quelques  vases  aux  libations 
ou  offrandes.  On  tira  notamment  un  fond  de  bol  rouge  sur  lequel  on  lit  :  of.  seyeri. 
(  Officina  Severi.  ) 

Ayant  été  averti  de  cette  découverte  par  M.  Delaporte ,  de  Fécamp ,  et  M.  le  curé  de 
Colleville,  je  me  rendis  à  Orival  où  je  pratiquai ,  pendant  huit  jours,  une  fouille  qui  fut 
très  productive.  Je  constatai  la  présence  de  vingt-quatre  urnes  en  terre  encore  remplies 
d'os  brûlés;  toutes  étaient  recouvertes  d'une  assiette  noire  renversée  ou  d'un  trépied 
retourné.  Quelques  urnes  contenaient  dans  leur  sein  des  vases  pour  les  offrandes.  Quatre 
groupes  se  sont  distingués  de  tous  les  autres.  L'un  a  montré  dans  une  olla  en  terre  grise 
une  belle  urne  ronde  en  verre  verdâtre.  Le  second  a  offert  sept  vases  dans  son  sein  : 
c'étaient  d'abord  deux  pots  et  un  plateau  noir,  un  plateau  et  une  tasse  rouge  au  fond  de 
laquelle  on  lisait  :  damini.  m.;  puis  une  petite  marmite  en  terre  noire  et  une  fiole liexagone 
en  verre.  Le  troisième  groupe  contenait  deux  urnes  ou  deux  sépultures  :  la  première 
avait,  avec  Voila ^  deux  plateaux  rouges,  un  plateau  noir,  une  cruche  blanche,  une  coupe 
en  terre  grise,  une  coupe  de  verre  et  une  patère  en  bronze  en  forme  de  coquUle.  La 
seconde  urne  était  escortée  d'un  vase  côtelé  et  d'une  cruche  blanche. 

Le  quatrième  groupe,  le  plus  riche  de  tous ,  se  composait  d'abord  d'une  urne  cinéraire 
en  terre  grise  et  en  forme  de  pot-au-feu,  laquelle  était  en  partie  pleine  d'os  brûlés.  Elle 
avait  été  recouverte  d'un  trépied  noir  que  la  chute  des  terres  avait  brisé. 

A  côté  de  l'urne  et  dans  un  trou  circulaire  pratiqué  pour  cet  effet ,  à  1  mètre  du  sol , 
se  trouvaient  des  vases  aux  offrandes ,  où  l'on  remarquait  un  petit  pot  noir  et  deux  coupes 
de  cristal  placées  Tune  dans  l'autre.  Autour  des  vases ,  on  a  recueilli  une  statuette  de 
Latone  en  terre  cuite ,  une  grosse  perle  en  pâte  de  verre  noir  incrustée  d'émail  jaune , 
une  fibule  en  bronze  étamée  ou  argentée,  une  épingle  en  os,  trois  petits  palets  aussi 
en  os  et  un  moyen  bronze  de  Faustine,  destiné  peut-être  à  payer  l'avare  nocher  du 
Styx. 

La  plupart  de  ces  dépôts  funéraires  avaient  été  confiés  à  la  terre  dans  des  caisses  de 
bois  dont  on  retrouvait  les  clous  et  jusqu'aux  entrées  de  serrure ,  et  entourés  de  cailloux 
qui  tes  avaient  brisés. 

Dans  les  défrichements  est  apparu  un  fragment  d'inscription  romaine  où  nous  avons 
pu  à  peine  déchiffrer  les  lettres....  rianv...?  Nous  croyons  que  ce  fragment  provient  de 
quelque  titulus  funéraire. 

Nous  donnons  à  la  page  suivante  quelques-uns  des  objets  sortis  du  cimetière  d'Orival, 
regrettant  de  ne  pouvoir  en  offrir  davantage. 


bniVF:  OL  OLLA, 


rrcTTE  DE  LATOFIE. 


PLATBAD  ET  BOI.  BN  TBIIBE  ROCGE. 


4 


FIOLE.  EBNB. 


PIBULE  En  BKO!<SB  ARGEATE- 


COUPE  r.n  Bno>zE,  forme  de  coquille. 
OBJETS  noHAiNS  En  TEanE,  VERBE,  os  et  ononzE,  pbovbhant  du  gihbti6re  romain  db  la  villa  o'oritaL (""'' 


465  — 


TROIS  PALETS  EN  OS.  ËPI?iGLE  EN  OS. 

Comme  singularité ,  nous  signalerons  un  couteau  en  fer  qui  ne  fermait  pas  et  qui 
accompagnait  une  urne.  Ce  détail  n'est  pas  sans  exemple,  nous  croyons  l'avoir  déjà  vu  en 
France;  mais  M.  Berbrugger  signale  la  présence  de  lames  de  couteau  en  fer  dans  un 
tombeau  romain  du  ive  siècle,  découvert  à  Alger  ( l'ancienne  Icosium)^  dans  l'enceinte 
du  Lycée  actuel,  en  juillet  1862.  {Revue  africaine  y  juillet  1862,  p.  313.  ) 

BONDEVILLE  (section  de  sainte-hélène-bondeville). 

Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  signale  à  Bondeville  une  motte  ou  vigie. 

Époque  romaine  (?).  —  M.  de  Glanville  y  mentionne  des  habitations  antiques;  peut-être 
fait-il  allusion  à  la  villa  d'Orival.  Il  paraît  certain  que  l'on  a  rencontré  des  restes  romains 
au  hameau  d'Alventot. 

Sur  Bondeville  devait  passer  la  voie  antique  conduisant  de  Fécamp  à  Cany  ou  Grainville. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des    |       De  Glanville,  «  Promenade  archéol.  de   Rouen  à 
arr.,»  t.ii,  p.  83.  |    Fécamp,  »  p.  173. 

CONTREMOULINS. 

Époque  romaine.  —  En  juillet  1837,  des  ouvriers  occupés  à  ouvrir  un  fossé  rencon- 
trèrent, au  bord  d'un  ancien  chemin  cave,  quatre  vases  antiques,  dont  trois  en  terre  et 
un  en  verre.  Ils  ont  été  recueillis  par  M.  Ed.  B.  de  Franqueville ,  qui  les  possède  dans  son 
château  de  Contremoulins ,  où  je  les  ai  vus  en  1 850.  J'y  ai  reconnu  une  urne  romaine 
en  terre  grise ,  en  forme  de  pot-au-feu ,  contenant  encore  des  os  brûlés  ;  sa  hauteur  est 
d'environ  30  centimètres.  Les  deux  autres  vases  de  terre  étaient  vides  et  destinés  aux 
offrandes,  ainsi  que  la  fiole  de  verre,  haute  de  6  centimètres. 

Époque  franque.  —  L'ancien  nom  de  Contremoulins  est  «  de  Comitis  molendinis.  » 
On  est  disposé  à  y  voir  un  reste  de  la  propriété  des  anciens  comtes  de  Caux  résidant  à 
Fécamp.  —  L'église  ancienne  était  autrefois  dans  la  vallée. 

o  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  !•■•  édit.,  t.  ii, 
p.  175;  2*  édit.,  i.  il,  p.  172. 


Guilmeth,  «  Descr.  géogr.,  hist.,  etc.,  »  t.  ii,  p.  277-78. 
«  La  Norm.  souterr.,  »  Inédit.,  p.  87;  2«  édit.,  p. 99. 


TOUSSAINT. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  nous  a  cité,  comme  trouvées  à  Toussaint,  des  urnes 
cinéraires  en  verre  et  une  médaille  en  bronze  de  Constantin. 

59 


—  466  - 

TIÉTREVILLE. 

Époque  gauloise.  —  En  avril  1863,  M.  Pitnont  antiquaire  de  Valmont,  a  acheté  un 
statère  gaulois  en  or,  du  poids  de  7  grammes,  qui  venait  d'être  trouvé  à  Tiétreville.  D'un 
côté  est  la  tête  laurée  d'Apollon  et  de  l'autre  le  cheval  national. 

Époque  romaine.  —  Sur  Tiétreville  existe  le  hameau  du  Bue,  placé  au  bord  d'un  vieux 
chemin ,  à  peu  de  distance  de  la  route  impériale  no  26 ,  de  Paris  à  Fécamp.  Dans  une 
hêtrée  de  ce  hameau,  dont  le  nom  indique  d'anciens  haUiers(l),  on  avait  trouvé  à  diverses 
reprises  des  vases  antiques,  en  plantant  ou  en  abattant  des  arbres.  Mais,  en  1842,  une 
découverte  plus  importante  que  toutes  les  autres  eut  lieu,  et  alors  l'attention  publique  se 
porta  sur  ce  point.  Une  fouille  fut  improvisée  par  les  villageois  eux-mêmes,  et  M.  Pottier, 
bibliothécaire  de  Rouen,  averti  à  temps,  visita  ce  dortoir  gallo-romain. 

Pendant  les  deux  ou  trois  jours  qu'il  passa  sur  les  lieux ,  il  ne  vit  pas  moins  de 
trente-six  urnes  sortir  de  terre,  protégées  pour  la  plupart  avec  des  tuiles  ou  avec  des  pierres. 

«  A  côté  du  plus  grand  nombre  d'entre  elles  était  un  petit  vase  également  en  terre 
faisant  partie  de  la  même  sépulture  ;  quand  le  petit  vase  ne  se  trouvait  pas  à  côté,  il 
était  dans  l'intérieur  avec  des  ossements  brûlés ,  et  une  petite  assiette  en  terre  rouge 
vernissée  le  recouvrait.  Au-dessous  étaient  placées  les  cendres  qui  remplissaient  l'urne 
jusqu'au  haut ,  et  un  plat  de  plus  grande  dimension  en  terre  rouge  ou  noire  recouvrait 
le  tout. 

«  Des  vases  en  verre  blanc ,  semblables  à  nos  bocaux  et  contenant  des  ossements  cal- 
cinés, ont  été  recueillis  dans  trois  urnes  remplies  elles-mêmes  de  cendres.  D'autres  petits 
vases,  également  en  verre,  ont  été  trouvés  :  l'un  renfermant  des  verroteries  qui  ont  dû 
appartenir  à  un  collier  et  différant  de  forme  et  de  couleur  ;  l'autre ,  une  médaille  de  petit 
module,  fruste  et  méconnaissable. 

€  Tous  ces  vases,  dit  M.  Pottier,  ont  été  trouvés  sur  un  espace  qui  n'excède  pas 
40  mètres  en  carré  et  à  50  centimètres  de  profondeur.  » 

Bon  nombre  de  vases  ont  encore  été  découverts  postérieurement ,  et  dftiftiés  au  Musée 
départemental ,  par  le  propriétaire  du  terrain,  M.  Grégoire  de  Blésimare.  Avec  les  vases , 
notre  collection  départementale  a  reçu  des  dés  en  verroterie  et  de  petites  cuillers  en  argent. 

Un  grand  nombre  de  vases  ont  été  gardés  par  des  particuliers,  chez  lesquels  ils  ont  péri 
depuis.  En  1850  et  en  1859,  j'en  ai  vu  plus  de  trente  chez  M.  Bertel,  alors  maire  de 
Tiétreville  et  aujourd'hui  maire  de  Sotteville-lès-Rouen.  M.  Bertel,  de  concert  avec 
M.  l'abbé  Jumel ,  alors  curé  de  la  paroisse ,  instigateur  des  fouilles ,  voulaient  former  à 
Tiétreville  un  Musée  local.  Nous  désirons  vivement  que  leur  petite  collection ,  composée 

(I)  Bue,  d'après  M.  A.  Le  Prévost,  signifie  vieux  bois,  mauvais  bois,  absolument  comme  Buccaille.  Chose  sin- 
gulière ,  à  la  ferme  du  Biic,  à  Loyers,  près  Dinant ,  province  de  Namur,  on  a  trouvé,  vers  1845 ,  des  urnes  gallo- 
romaines.  (Hauzeur,  «  Antiq.  gallo-germ.,  gallo-rom.  et  franques  de  la  rive  droite  de  la  Meuse,  v  p,  86.) 


J 


—  467  — 
principalement  d'urnes  grises  en  forme  de  pot-au-feu,  soit  prochainement  réunie  à  la 
grande  collection  rouennaise. 

En  attendant  cette  heureuse  annexion,  nous  signalerons  au 
lecteur  cinq  des  plus  curieux  vases  de  ce  cabinet  municipal;  ce 
sont:  1"  une  fiole  de  verre  vert,  dite  lacrymatoirp.,  haute  de 
8  centimètres;  S"  un  plateau  rouge  non  vernissé,  mais  de  belle 
forme,   haut  de  3  centimètres   et  large  de  15;  S"  un   joli 
bol  en  terre  de  Samos,  large  de  13  centimètres  et   haut  de 
sept  (nous  en  donnons  ici  la 
forme);    4»   une   charmante 
coupe  de  verre  verdâtre,  re- 
vêtue de  filets  à  relief,  haute 
de  8  centimètres  et  pouvant 
contenir  deux  décilitres  (nous 
reproduisons  ici  ce  bel  objet); 
50  enfin   une  urne  en    terre 
TEHBK.  grise  à  fond  très  courbé  et  de  forme 

insolite.  Ce  vase,  décoré  d'un  simple 
bourrelet,  imite  assez  une  terrine.  Large  de  24  centimètres, 
il  est  profond  de  1 8.  Sa  capa- 
cité  est  d'environ  trois  litres. 
(Nous  donnons  ici  ce  singulier 
vase.) 

M.  Pimont  nous  a  cité  aussi 
des  poteries  grises  et  dos  traces 
de  fourneaux,  au  hameau  de 
u  CIMETIÈRE  DE  ti£tbevii.i,e  (IS41].  Bolsmarc 

■  La  Normandie  souterraine,  ■  1"  édil. ,  p.  131  ;  !■ 
édit.,  p.  Ii9-M. 

•  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  o  l**  Mit,  I.  h, 
p.  191;  2'  édit.,  t.  Il,  p.  188. 


Pottier,"  Revuede  Rouen,  «année  18112, 1-sem., p.  276. 
P.  Vasselin,  «Le  Progressifcauchois,  a  du  l&Juin  1S52. 
■  Le  Courrier  de  Dieppe ,  •  du  31  mai  1842, 
>  Revue  du  Havre,  ■  du  12  juin  1842. 


TIERGEVILLE. 

Époque  romaine.  —  Le  hameau  de  Gruville,  situé  sur  celte  paroisse,  paraît  fort  an- 
cien. Dans  des  défrichements  que  M.  Vimard,  de  Rouen,  y  a  fait  pratiquer  vers  1856,  il 
a  rencontré  des  tuiles  et  des  poteries  antiques.  Elu  1841 ,  M.  Dufresne,  des  Ifs,  a  trouvé 
une  urne  en  verre  vert  contenant  des  os  brûlés  et  un  petit  vase  noir  parfaitement  intact. 
Ce  vase  a  été  brisé  depuis. 


—  468  — 

Il  paraît  bien  que  ce  n'est  pas  d'aujourd'hui  que  l'on  trouve  des  antiquités  romaines  à 
Tiergeville,  car  une  note  communiquée  par  M.  Deville  nous  apprend  que,  dès  1815,  on 
avait  rencontré  des  constructions  antiques  allant  du  nord  au  sud.  Elles  étaient  accompagnées 
de  tuiles  et  de  briques  romaines.  En  1841 ,  on  a  reconnu  un  canal  fait  avec  des  tuiles,  et 
en  1842,  on  avait  recueilli  un  collier  en  perles  de  verre  avec  des  vases  funéraires  en  terre 
et  en  verre,  qui  sont  entrés  dans  le  Musée  départemental.  En  1847,  on  trouva,  au  Mont- 
de-Grès ,  des  médailles  romaines. 

Epoque  franque.  —  Vers  1856,  un  laboureur  a  trouvé  avec  sa  charrue  deux  cercueils 
de  pierre,  sur  le  versant  de  la  colline  où  est  situé  le  vieux  château  de  Gruville.  Nous 
n'avons  pu  savoir  si  ces  cercueils ,  qui  ont  été  refermés ,  contenaient  des  armes  ou  des 
objets  d'art;  mais  leur  forme  ou  leur  position  nous  les  fait  considérer  comme  francs. 

Période  normande  (?).  —  Nous  sommes  porté  à  attribuer  à  la  période  carlovingienne 
ou  normande  du  xe  siècle  la  motte  et  les  terrassements  considérables  que  l'on  voit  dans  le 
bois  de  Gruville^  et  auxquels  les  habitants  donnent  le  nom  de  Vieux-Château.  Ce  fut  en 
effet  une  ancienne  forteresse,  absolument  semblable  à  celle  du  château  d'Orival ,  aujourd'hui 
le  Château-Fouet.  On  connaît  en  Normandie  quelques  châteaux  de  ce  genre  :  le  Catiau- 
Robert,  auprès  de  Saint-Romain-de-Colbosc ;  la  Vieille-Tour,  au  Bec-de-Mortagne ,  et  le 
château  de  Robert-le-Diable ,  à  Moulineaux. 

Celui  de  Gruville  était  assis  sur  une  pointe  de  coteau  défendue  par  la  nature  de  plu- 
sieurs côtés;  mais  la  crête  même  de  la  colline  était  profondément  fossoyée.  Malgré  les 
taillis  nous  avons  reconnu  deux  enceintes  de  vallum.  Sur  l'assiette  et  élévation  principale, 
nous  avons  vu  des  tuiles  du  moyen-âge  et  des  murs  qui  paraissent  remonter  au  moins  au 
xie  siècle.  Dans  l'enceinte  du  Vieux-Château  et  sur  la  motte  elle-même,  nous  avons  re- 
connu un  puits  maçonné  d'un  diamètre  considérable.  Bien  des  contes  s'attachent  à  ces 
ruines  curieuses. 

On  signale  encore  sur  Tiergeville  d'autres  fortifications  ruinées  :  on  m'a  cité  entre 
autres  le  Camp-Carré  et  le  Mont-des-Grès ,  que  je  n'ai  point  visités. 

Guilmeth,«Desc.géogr.,hist.,stat.,etc.,»  t.  ii,p.276.    |       L'abbé  Cochet ,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetol,  » 
De  GlanviJle,aProm.arch.deRouenàFécamp,»p.207.         1«  édit.,  t.  ii ,  p.  194-95;  2*  édit.,  t.  ii ,  p.  191-94. 

GERPONVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Deux  points  jouissent  à  Gerponville  de  traditions  mystérieuses  qui 
nous  les  font  considérer  comme  gaulois.  Le  premier  est  une  pierre  qui  se  voit  dans  le  bois 
du  Pivallet  (1),  et  que  Ton  dit  apportée  de  Jérusalem.  Cette  pierre  a  le  don  de  détourner 
la  foudre  et  de  séparer  les  orages.  Cette  croyance  est  si  forte,  que  les  vieillards  prétendent 
que  le  tonnerre  n'est  jamais  tombé  sur  Gerponville. 

(1)  Il  y  a  un  Pivallet  dans  le  bois  des  Loges  et  un  Pifolet  dans  le  vallon  de  Bruneval. 


—  469  — 

Le  second  monument,  que  j'appellerai  druidique,  est  une  grande  fosse  située  au  hameau 
de  Vauville.  Cette  fosse,  appelée  le  Clos-Blanc,  montre  dans  le  fond  une  grande  table  de 
pierre,  espèce  de  dolmen  renversé.  C'est  un  calcaire  mêlé  de  silex.  La  dalle  a  3  mètres  de 
long  sur  1  mètre  50  centimètres  de  large  ;  elle  est  épaisse  d'un  mètre  et  est  percée  au 
milieu  d'un  trou  circulaire.  La  fosse  a  bien  20  mètres  de  profondeur  sur  une  ouverture 
d'environ  50. 

Le  peuple  assure  que  la  nuit  de  Noël ,  pendant  la  généalogie  qui  précède  la  messe  de 
minuit,  cette  pierre  fait  trois  fois  le  tour  de  la  fosse  (1).  Cette  nuit-là,  et  pendant  d'autres 
encore,  les  bergers  s'y  rassemblaient,  dit-on ,  pour  faire  leur  sabbat. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist,  stat.  et  mon.  des  ar.,»  i  L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  » 
t.  II,  p.  229.  I     V*  édit.,  t.  II ,  p.  196-97;  2«  édit.,  t.  ii,  p.  195-96. 

SAINT-PIERRE-EN-PORT. 

Époque  romaine.  —  Vers  1860,  M.  Pimont ,  archéologue  à  Valmont ,  découvrit  à  Saint- 
Pierre-en-Port  les  restes  d'une  villa  romaine. 

Époque  franque.  —  Au  hameau  du  Bouleville  ou  du  Boudeville,  on  trouva,  vers  1830, 
des  cercueils  de  pierre  ayant  forme  d'auge,  remontant  probablement  à  l'époque  franque. 

Époque  incertaine.  —  Les  habitants  du  village  et  des  environs  sont  pénétrés  de  l'im- 
portance ancienne  de  Saint-Pierre-en-Port.  Pour  la  prouver,  ils  citent  la  côte  du  Marché  et 
là  côte  de  V Eau-Salée^  qui  est  peut-être  un  reste  d'anciennes  salines.  Ils  affirment  aussi 
que  l'on  y  rencontre  des  fondations  et  des  murs. 

Le  €  Journal  de  Fécamp,  »  du  11  mai  1864,  annonce  que  dans  le  vallon  de  Saint- 
Pierre-en-Port,  à  la  côte  du  Marché^  un  journalier  vient  de  trouver  des  ossements 
humains ,  des  débris  de  vases  et  des  tuiles  à  rebords. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  i  L'abbé  Cochet,  a. Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  » 
arr.,  »  t.  n,  p.  246.  |     l"  édit.,  t.  li,  p.  221  ;  2*  édit, t.  ii,  p.  218. 

ÉLÉTOT. 

Époque  romaine.  —  M.  Pimont,  de  Valmont,  m'a  assuré  avoir  rencontré,  en  1859, 
des  débris  de  vases  en  terre  rouge  et  grise ,  des  tuiles  à  rebords ,  des  meules  à  broyer  en 
poudingue  et  des  traces  de  villa  romaine ,  au  pied  de  la  côte  des  Vagants. 

En  1862,  M.  le  curé  me  raconta  qu'il  y  a  quelques  années  le  cantonnier,  en  réparant  un 

(1)  A  Saint-Georges,  près  Bourges  (Cher),  est  un  menhir  qui  ferme  un  souterrain  que  l'on  dit  rempli  d'or.  Cette 
pierre  se  lève  tous  les  ans  tandis  que  le  prêtre  dit  AltoUUe  portas  à  l'église  paroissiale.  («  Commiss.  hist.  du  Cher,  » 
p.  75,  n*'  3,  année  1854.)  —  M.  Gomart,  de  Saint-Quentin,  a  donné  une  notice  sur  les  pierres  levées  dans  le  «  fiull. 
de  la  Soc.  acad.  de  Laon,  »  t.  vu,  viii  et  ix,  année  1858-59.  Il  cite  près  le  Ham  «  la  pierre  qui  pousse,  »  qui 
pendant  la  nuit  de  Noël  tourne  sur  elle-même,  d'après  la  tradition.  (Quicherat,  «  Revue  des  Soc.  sav.,  »  2*  série , 
t.  nr,  p.  426.)  —  Voir  ce  que  nous  disons  des  pierres  qui  tournent  pendant  la  généalogie  de  la  messe  de  minuit , 
p.  22  de  cet  ouvrage. 


—  470  — 

chemin,  trouva  à  moitié  roule ,  entre  Saint-Pierre  etÉlétot,  une  certaine  quantité  de  frag- 
ments de  poteries. 

Époque  franque.  —  En  1849,  un  cultivateur,  labourant  un  champ  situé  au  bord  d'un 
vieux  chemin  cave ,  rencontra  plusieurs  cercueils  de  pierre  sous  forme  d'auge.  Ils  conte- 
naient encore  des  squelettes;  mais  on  n'en  a  extrait  aucun  objet  d'art. 

Depuis,  on  a  trouvé  aussi  des  cercueils  dans  la  cour  de  M.  Tronel.  L'un  d'eux  contenait 
une  bague  d' aident. 

Période  normande.  —  Élétot  est  appelé  *  villa  quœ  dicitur  Esletot  »  dans  une  charte 
de  Richard  II,  donnée  en  1026  à  Kabbaye  de  Fécamp. 

.  Neustriapia,  •  p.  216.  i       oLesÉglisesderarTondissemeiit  d'Yvetot,  •  l"édil., 

«  I^Norm.soulorr.,»  l"édit.,  p.3i!;2*édit.,  p.  430.    I    i.  ii,  p.  223-24-,  2'édit.,  t.  ii,  p.  221. 

ANCRETTEVILLE-SUR-MER. 

Époque  incertaine.  —  Le  il  novembre  -1862 ,  M.  Cadinot ,  marchand  à  Ancrelteville , 
trouva  dans  son  Jardin ,  à  50  centimètres  de  profondeur ,  deux  vases  en  bronze  renversés 
l'ouverture  en  bas,  et  contenant  dans  leur  sein  d'autres  vases  ou  ustensiles  de  métal  en 
grande  partie  détruits.  Le  vase  principal  est  une  marmite  à  trois  pieds  et  deux  anses  ;  elle 
a   33  centimètres    de    hauteur,  '        '*""      '"' 

23  centimètres  d'ouverture  et  95   »  ! 

centimètres  de  circonférence.  Le 

second  est  une  espèce  de  chaudière  f  j 

sans  anse.  Haut  de  23  centimètres  f  f 

et  lai^e  de  32,  ce  vase  rappelle  un  j 
peu  ceux  qui  furent  trouvés  à  ■ 
Saint-Martin-en-Campagne    en 

1830.    Ces   deux   objets    encore  va8bs».«  bromzb  (amcbbttbvillb,  isoa). 

noircis  par  le  feu,  trahissent  parfaitement  leur  destination  cuUnaire.  La  date  de  leur 
enfouissement  ne  saurait  être  précisée.  En  Angleterre,  ces  vases  ont  été  jugés  du  mojen- 
âge. 

E.  Ferry,  ■  Journal  de  Rouen,  *  du  2S  novembre  1862.    I       «  BuUelin  monumental,  *  t  xxix ,  p.  314-316- 
■  Revue  de  la  Normandie ,  >  2*  année,  p.  51-53.  |       ■  Ueutleman'a  Magazine ,»  de  mars  1663,  p.  318. 

ÉCRETTEVILLE-SUR-MER. 

Époque  romaine.  —  M.  Pimont,  archéologue  à  Valmont,  possède  deux  fragments 
de  vases  rouges  à  relief,  trouvés  à  Écrelteville  vers  1860.  M.  Pimont  pense  qu'il  existe  en 
ce  lieu  une  construction  romaine. 


L 


—  471  — 


SENNEVILLE-SUR-FÉCAMP. 

Epoque  romaine.  —  La  voie  romaine  qui  conduisait  de  Fécamp  vers  le  nord  passait 
par  Senneville,  où  l'on  montre  encore  le  chemin  de  Saint-Vaast. 

L'église  de  Senneville  est  dédiée  au  saint  évêque  d'Arras,  et  dom  Grenier  a  remarqué 
que  presque  toutes  les  églises  dédiées  à  cet  apôtre  des  Francs  sont  placées  sur  des  voies 
romaines. 

Époque  franque.  —  On  est  tenté  d'attribuer  à  Senneville-sur-Fécamp ,  aussi  bien  qu'à 
Saineville-sur-Seine ,  la  localité  nommée  Sennan  ou  Sennau ,  qui ,  en  698,  fut  donnée  à 
l'abbaye  de  Fontenelle  par  Bénigne,  qui  devint  ensuite  abbé  de  ce  monastère. 

Senneville  renferme  quelques  traditions  des  temps  mérovingiens  ou  normands.  On 
raconte  que  ce  plateau  était  couvert  de  bois,  et  que  là  chassaient  Anségise,  Waninge  et 
Clotaire.  On  assure  qu'un  duc  ou  seigneur  normand ,  égaré  dans  les  bois ,  promit  et  donna 
à  l'abbaye  de  Fécamp  une  cloche  nommée  la  Riolte. 


Dom  Grenier,  «  Introd.  à  l'Hist.  gén.  de  la  Picardie,  » 
dans  les  «  Mém.  delà  Société  des  Ant.  de  Pic,  t.  m  , 
format  in-4'. 

<»  Chronicon  Fontanellse ,  ■  c.  vu. 


A.  Leprevost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm., 
t.  XI,  p.  13. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot ,  » 
^•édit.,  t.  II,  p.  216-17;  2«  édit.,  t.  ii,  p.  214-15. 


CANTON    DE    FAUVTLLE. 


FAUVILLE. 

Époque  romaine.  —  Le  territoire  de  Fauville ,  sillonné  de  vieux  chemins ,  est  couvert 
des  débris  du  peuple-roi.  D'abord,  la  voie  romaine  qui  de  Juliobona  (Lillebonne)  allait  à 
Gesoriacum  (Boulogne),  par  Gravinum  (Grainville)  et  Augusta{E\x)y\e  traversait  dans  toute 
son  étendue.  Elle  y  porte  encore  les  noms  de  chemin  des  Romains  et  de  chaussée  de  Jules 
César.  Son  passage  était  semé  de  médailles ,  de  puits,  de  sépultures  et  de  poteries.  C'est 
ainsi  cpie  M.  Lelaumier,  instituteur  à  Fauville ,  qui  vient  de  mourir  il  y  a  quelques  années, 
s'était  formé  un  petit  médailler,  rien  qu'avec  les  récoltes  du  pays.  Il  avait  même  été 
assez  riche  et  assez  généreux  pour  offrir  à  notre  Musée  départemental  un  grand  bronze  de 
Domitien ,  des  moyens  bronzes  de  Lucile ,  de  Maximin ,  de  Constance  et  de  Constantin ,  et 
ime  monnaie  d'argent  de  Valérien.  La  dernière  découverte  numismatique  de  M.  Lelaumier 
avait  eu  lieu  en  1847,  en  recueillant  dans  un  champ  labouré  trois  médailles  d'argent  de 
Valérien  et  de  Trajan-Dèce. 


—  47^2  — 

Les  deux  puits  communs  de  Fauville  sont  sur  la  voie  romaine ,  et  on  en  connaît  plusieurs 
autres  qui  ont  été  rebouchés ,  surtout  au  lieu  dit  le  Camp-de-Py  ou  du-Puits. 

Vers  1806,  à  la  jonction  des  routes  de  Rouen  à  Fécamp  et  de  Fauville  à  Cany,  on  a 
trouvé ,  en  creusant  la  cave  d  une  auberge,  une  amphore  ou  une  grande  urne  cinéraire  qui 
fut  brisée  par  la  cupidité  des  ouvriers.  A  cause  de  cela,  Tauberge  a  pris  le  nom  de  Pot-Cassé. 

D'autres  routes  anciennes ,  probablement  romaines ,  passaient  par  Fauville.  Nous  cite- 
rons d'abord  le  Chemin  des  Mareyeurs  ou  des  Chasse-Marée ,  qui  conduisait  d'Étretat  à 
Rouen,  puis  la  route  qui  allait  d'Arqués  à  Harfleur  (Caraco tinum),  voie  que  suivirent,  en 
1438,  les  comtes  d'Eu  et  de  Dunois,  les  bâtards  d'Orléans  et  de  Bourbon,  Lahire  et  de 
Broussac,  quand  ils  vinrent  reprendre  Harfleur  sur  les  Anglais. 

Enfin ,  il  ne  serait  peut-être  pas  trop  téméraire  d'attribuer  aux  Romains  la  construction 
de  la  butte  qui  avoisine  l'église.  Ce  tertre,  appelé  la  Cour-des-Mottes ,  a  été  en  partie 
détruit  en  1 838.  M.  Guilmeth  dit  qu'elle  <c  n'offrit  aucuns  vestiges  de  maçonnerie  ;  i  mais 
M.  de  Glanville  assure  qu'on  <c  trouva  dans  son  voisinage  des  briques,  des  poteries  et 
autres  débris  de  la  civilisation  gallo-romaine.  :^ 

Époque  franque.  —  Ce  qui  tendrait  à  prouver  l'importance  de  Fauville  à  la  période 
mérovingienne ,  c'est  qu'il  fut  un  des  trois  doyenné  de  l'archidiaconé  du  Grand-Caux. 

Au  xiiie  siècle ,  il  comptait  soixante-sept  paroisses  dans  sa  circonscription. 

«  La  Normandie  souterraine,  »  l'*  édit.,  p.  128; 
2Ȏdit.,  p.  147. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l'^édit., 
1. 1",  p.  257-58;  2«  édit.,  t.  !•',  p.  271-82. 

SAINTE-MARGUERITE-SUR-FAUVILLE. 

Époque  ROMAmE.  —  Sur  Sainte-Marguerite  passait  la  voie  romaine  de  Lillebonne  à 
Grainville,  dont  l'encaissement  a  été  détruit  pour  la  confection  de  la  route  départementale 
no  21 ,  de  Cany  à  Fauville. 

L'abbé  Cochet,  t  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit,  t  i",  p.  271  ;  2*  édit.,  t.  !•%  p.  284. 

NORMANVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  petite  monnaie  gauloise  en  or^ 
trouvée  à  Normanville  en  1846.  Cette  pièce  offre  d'un  côté  im  cheval,  et  de  l'autre  des 
rayons  symboliques  en  pointe.  M.  Lambert,  qui  l'a  décrite,  l'attribue  au  Belguin  maritime. 

Epoque  romaine.  —  Par  Normanville  passait  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lillebonne  à 
Grainville,  puis  de  là  à  Boulogne-sur-Mer .  Sur  le  territoire  de  cette  commune  la  tradition  place 
une  villa  détruite  dans  les  champs  couverts  de  tuiles,  de  poteries  et  de  monnaies  romaines. 

Epoque  incertaine.  —  Assez  près  de  l'égUse  et  de  la  voie  antique  subsiste  un  tumulus 
que  l'on  dit  le  tombeau  d'une  armée.  Depuis  1858,  on  abat  cette  motte  de  terre,  et  l'on  y 
rencontre  du  fer  oxydé,  des  cendres  et  du  charbon  de  bois. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist,  stat.,  etc.,»  p. 212. 
De  Glanville,  «  Promenade  archéol.,  »  p.  98-99. 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xrv,  p.  160, 
et  t.  XXIV,  p.  336. 


—  473  — 

On  raconte  cpi'à  Normanville  il  existe  une  source  que  Ton  a  fait  disparaître. 

Vers  1840,  on  a  trouvé  à  Normanville  une  épée  de  1  mètre  30  centimètres  de  longueur. 

tt  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit., 
t.  !•%  p.  300;  2«  édit.,  1. 1",  p.  314. 
a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  •  t.xiv,  p.  180; 


Guilmeth,  «  Desc.  géog.,  hist.,  stat.,etc.,  »  t.  ii ,  p.  213. 

Jd.,  «  Hist.  de  la  ville  et ducant.  dïllbeuf,»  p.  278  ou279. 

Id.,  «  Notice  hist.  sur  Bolbec ,  p.  3. 

DeGlanville,«Prora. arch.de RouenàFécamp,»,p. 220.    '    t.  xxiv,  p.  336,  et  t.  xxv,  p.  486,  535,  pi.  iv,  fig.  9. 


ENVRONVILLE. 

Epoque  romaine.  —  En  1824,  on  a  trouvé  à  En vron ville  un  conduit  d'étuve  gallo- 
romaine,  à  présent  déposé  au  Musée  départemental. 

CLIPONVILLE. 

Époque  romaine.  —  A  Cliponville,  on  connaît  un  tronçon  de  voie  romaine.  Nous 
croyons  cpie  c'est  un  fragment  de  la  route  qui  allait  de  Lillebonne  à  Arques  par  Héricourt 
et  Bacqueville. 

E.  Gaillard ,  «  Recherches  archéologiques,  »  p.  1 1 .         !        «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.de  Norm., »  t.  xxiv,  p.  347. 

BERMONVILLE. 

Epoque  incertaine.  —  En  1830,  Bermonville  possédait  encore  une  motte  placée  en 
plaine  et  au  nord-ouest  de  l'église.  Elle  était  circulaire  et  figurait  assez  bien  un  œuf.  Elle 
était  l'objet  de  traditions  mystérieuses. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  Tarrond.  d'Yvetot ,  ■    1       De  Glanville ,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à 
!'•  édit.,  1. 1*»,  p.  303;  2*  édit.,  1. 1",  p.  316.  |    Pécamp,  »  p.  227. 

ROQUEFORT. 

Epoque  franque  (?).  —  Ce  village  portait  ce  nom  dès  le  xiiie  siècle,  car  nous  le  trou- 
vons dans  le  Regestrum  d'Eudes  Rigaud  de  Tannée  1256  (p.  266).  Cette  appellation  lui 
vient  sans  aucun  doute  d'une  de  ces  roqu£s  fortes  ou  forteresses  remparées  de  silex,  com- 
munes chez  nous  au  moyen-âge.  Les  actes  mérovingiens  et  carlovingiens  leur  donnent  le 
nom  de  Firmitates  ou  Feritates,  d'où  est  venu  le  nom  de  Fer  té  y  encore  assez  répandu 
dans  nos  campagnes. 

Nous  avons  connu  à  Rocpiefort  une  motte  recouverte  de  silex ,  placée  dans  les  belles 
avenues  du  château  moderne.  C'est  elle  que  M.  E.  Gaillard  appelle  une  <c  miniature  de 
forteresse,  i^  au  sommet  de  laquelle  on  devait,  selon  lui,  monter  à  l'aide  d'une  échelle. 

Roquefort  parait  posséder  encore  plusieurs  de  ces  forteresses ,  qu'il  est  si  malaisé  de 
dater.  On  en  signale  une  dans  la  direction  d'Envronville.  Celle-là  est  au  sommet  d'une 
côte  qui  commande  plusieurs  vallons.  M.  Guilmeth  parle  d'une  autre  motte  située  au  fond 
d'un  petit  vallon.  Il  assure  que  M.  le  marquis  Lever  y  a  fait  quelques  fouilles,  vers  1835 

60 


474  — 


et  n'y  a  rien  trouvé.  Une  des  mottes  de  Roquefort  possède  un  puits  au  milieu  ;  une  d'elles 
porte  le  nom  de  Câtelier. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  Tarrond.  d'Yvetot,  » 
!'•  édit.,  t.  I",  p.  313;  2»  édit.,  t.  i",  p.  327. 


E.  Gaillard ,  •  Recherches  archéologiques,  p.  6. 
Guilmeth ,  «  Desc.  géogr.,  hist,  stat,  etc.,  »  p.  217-18. 


TRÉMAUVILLE-AUX-ALOYAUX. 

Période  normande.  —  M.  de  Glanville  raconte ,  sur  la  foi  de  M.  Fallue ,  que  l'ancien 
nom  de  Trémauville  est  Turmothvilla ,  et  que  ce  vocable  lui  vient  d'un  seigneur  normand 
nommé  Turmoth^  qui  vécut  au  xe  siècle.  Ce  Danois,  toujours  païen  de  cœur,  voyant  avec 
peine  les  progrès  du  christianisme  au  temps  de  Richard  1er  et  l'influence  cléricale  sur 
Tesprit  du  duc ,  se  serait  soulevé  contre  son  maître.  Mais  il  aurait  été  battu  et  défait  par 
Louis  d'Outre-Mer,  roi  de  France  et  protecteur  du  duc. 

De  Glanville,  «  Promenade  archéologique  de  Rouen  à  Féc^mp,  »  p.  107-108. 

FOUCART. 

Époque  romaine  —  Foucart,  autrefois  surnommé  Escales  y  est  le  passage  de  la  voie 
romaine  qui  de  Juliobona  (Lillebonne)  allait  à  Gravinum  (Grain ville)  et  Gesoriacum  (Bou- 
logne). Entre  Foucart  et  Fauville ,  l'agger  de  la  chaussée  est  fort  bien  conservé. 


Guilmeth, a  Desc.  géogr., hist., stat.,  etc.,»  t.iv,p. 219. 
«c  Mém.  de  la  Soc. des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xiv,  p.  160, 
et  t.  XXIV,  p.  336. 


E.  Gaillard,  «  Gazette  de  Normandie,  du  16  mars  1834. 
L'abbé  Cochet ,  «  Les  Églises  de  l'arrond.  dTvetot,  » 
1"  édit.,  t.  !•%  p.  280;  2«  édit.,  t.  i«%  p.  295. 


HATTENVILLE. 

Epoque  romaine.  —  Vers  1840,  il  a  été  fait^  à  Hatten ville  l'importante  découverte  de 
deux  cents  médailles  en  argent.  Le  plus  grand  nombre  appartenait  au^Bas-Empire.  Cepen- 
dant, M.  Deville,  à  qui  cette  trouvaille  fut  remise,  reconnut  une  médaille  consulaire  de  la 
famille  iEmilia,  et  des  impériales  de  Domitia,  de  Julia  Titi,  d'iEmilien,  de  Paula  et  de 
Mariana ,  toutes  pièces  rares.  Quoique  cette  cachette  fût  gallo-romaine ,  il  s'y  trouvait  ce- 
pendant une  monnaie  grecque  en  argent  d'Antiochus-le-Grand. 

Vers  1858,  il  a  été  trouvé  à  Hattenville  un  des  plus  jolis 
vases  romains  de  nos  contrées.  Cette  pièce  curieuse ,  qui  se 
voit  maintenant  à  Rouen  dans  la  collection  de  M.  l'abbé 
Colas,  est  en  terre  rougeâtre  revêtue  d'une  couverte  noire. 
La  panse  est  décorée  de  quatre  médaillons  en  relief;  ces 
médaillons  se  composent  de  personnages  accouplés.  Un 
nom  est  tracé  en  lettres  saillantes  et  forme  une  ligne  per- 
pendiculaire :  ...  BVTRio.  Nous  reproduisons  cette  curieuse 
pièce  à  moitié  de  sa  grandeur.  ^^sb  ^^^JJJJJ^j^^^J^.^^^t"* 


—  475 


ÉQUIMBOSC-LE-VAL  (section  de  hattenville). 

Époque  incertaine.  —  «  Dans  une  ferme  d'Équimbosc  on  remarque  de  curieux  ter- 
rassements et  une  motte  considérable,  »  dit  M.  Guilmeth,  et  répète  M.  de  Glanville. 

Guilmeth,  a  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arr.,  »  De  Glanville,  t  Promenade  archéologique  de  Rouen  à 


t.  Il,  p.  222. 


Fécamp,  »  p.  107. 


ALVIMARE. 

Époque  romaine.  —  M.  de  Glanville  assure  que  la  voie  romaine  de  Lillebonne  à  Grain- 
ville  traversait  une  partie  du  territoire  d'Alvimare,  et  que  son  passage  était  ici  marqué 
par  une  motte  qui  a  disparu. 

Époque  franque.  —  C'est]  à  Alvimare ,  d'après  M.  Guilmeth ,  que  serait  né ,  au 
vme  siècle ,  le  bienheureux  Hardwin  ou  Hardouin ,  moine  et  anachorète  de  Fontenelle ,  qui 
copia  les  Pères  de  l'Église  et  les  liturgies  ecclésiastiques.  On  attribue  à  ce  contemporain 
de  Charlemagne  la  résurrection  en  France  du  petit  caractère  romain.  Hardwin  mourut  à 
Fontenelle  en  811,  et  il  y  est  honoré  comme  saint.  ^ 

Guilmeth,  •  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.,  etc.,  »  t.  ii,  p. 219.    l       L'abbé  Cochet ,  «  Les  églises  de  l'arrond.  d'Y.vetot ,  » 
De  Glanville,  a  Prom.arch.de  Rouen  à  Fécamp,!  p.  89.    I     1"  édit.,  t.  i*%  i5.  277;  2»  édit.,  t.  i",  p.  65  et  291. 


YÉBLERON. 

4 
W 

Epoque  romaine.  —  La  plaine  d'Yébleron  fut  occupée  à  la  plus  belle  époque  de  la 
domination  des  Césars  par  une  famille  riche  et  puissante ,  car,  près  de  l'église ,  on  a  trouvé , 
à  deux  reprises  différentes ,  de  grandes  et  belles  urnes  qui  annoncent  des  sépultures  de 
distinction.  En  1819,  M.  Fondimare,  faisant  construire  la  maison  du  pharmacien ,  trouva 
dans  les  fondations  une  médaille  d'Antonin  avec  revers  de  Marc-Aurèle ,  plusieurs  vases 
funéraires  et  une  grande  urne  carrée  à  une  seule  anse  terminée  par  un  collet  et  un  goulot 
rond.  Cette  urne,  en  verre  à  teinte  bleue,  contenait  des  os  brûlés  et  deux  fioles  de  verre 
qui  furent  recueillies  par  M.  Cyprien  Deshayes ,  de  Hattenville ,  lequel  les  a  cédées  plus 
tard  au  Musée  de  Rouen. 

En  1835,  le  même  M.  Fondimare,  faisant  creuser  une  cave  ou  une  citerne  dans  la 
pharmacie  de  1819,  découvrit ,  avec  l'anse  d'un  coffret  et  les  débris  d'un  vase  de  bronze, 
un  beau  dolium  en  terre  cuite  et  plusieurs  vases  de  verre,  qui,  en  1837,  furent  demandés 
et  obtenus  pour  le  Musée  départemental ,  où  on  les  voit  aujourd'hui. 


—  476  — 

«  Le  plus  important  de  ces  vases  est  remarquable  par  sa  grandeur  et  sa  belle  conser- 
vation ;  il  n'a  pas  moins  de  42  centimètres  de  haut  sur  20  de  lai^e.  C'est,  dit  M.  Deville, 
une  des  plus  grandes  urnes  que  j'aie  vues.  Sa  forme  est  cylindrique ,  elle 
n'a  qu'une  anse.  Le  second  vase  est  à  deux  anses  et  carré,  et  n'a  guère  que 
20  centimètres  de  haut.  Le  troisième  est  un  petit 
barillet  en  verre  très  blanc  ;  sur  la  panse  sont  ces 
deux  lettres  en  relief:  d.  r.  La  grande  urne  était 
remplie ,  aux  trois  quarts,  d'os  brûlés.  > 

Ce  cimetière  est  évidemment  contemporain  des 
doliums  trouvés  à  Rançon ,  à  La  Cerlangue,  à  Cau- 
ville,  à  Saint-Maurice  d'Ételan,à  Saint-Denis-le- 
Thibout,  aux  Loges,  à  Lillebonne,  à  Barentin ,  etc. 
Nous  le  croyons  du  second  siècle  de  l'ère  chré- 
tienne. 

En  18S0,le  Musée  de  Rouen  acheta  150  francs  la  "■""'  •*"  **'"^  {yébi.e.os). 

trouvaille  de  1819.  Elle  se  compose  d'un  dolium  ayant  5  pieds  3  pouces  de  circonférence, 
et  ayant  contenu  ime  urne  ronde  en  verre,  haute  de 
15  pouces;  une  urne  de  verre  carrée  à  deux  anses;  un 
vase  de  verre,  forme  barillet;  un  vase  de  bronze,  et  ime 
anse  de  barillet.  —  Nous  reproduisons  ci-dessus  deux  des 
urnes  de  verre  d'Yébleron. 

Époque  incertaine.  —  En  1844,  un  cultivateur  trouva, 
à  Yébleron ,  un  seau  en  bois  avec  anse  et  cercles  de  fer, 
contenant  dans  son  sein  trois  chandeliers  en  bronze  dont 
un  est  porté  sur  un  petit  bouc  de  même  métal;  un  fer  de 
cheval,  un  éperon,  un  marteau  et  un  soc  de  charrue. 
Ces  quatre  derniers  objets  étaient  en  fer.  L'éperon ,  sans  J 
molette,  présente  une  pointe  carrée. 

A  la  rigueur,  ce  petit  mobilier  pourrait  être  antique; 
cependant,  quoi  que  nous  en  ayons  dit  ailleurs,  nous  ne 
serions  nullement  surpris 
quand  il  ne  remonterait 
qu'au  moyen-âge. — Nous 
reproduisons  ici  quelques- 
uns  de  ces  objets. 

On  a  signalé  à  M.  De- 
ville  les  restes  d'un  camp 
à  Yébleron.  "'"•  * 


477  — 


Deville,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Nonn.,  »  t.  x, 
p.  618  et  682-83. 

Id.,  «  Catalogue  du  Musée  dép.  d'Antiquités  de  Rouen , 
année  1845,  p.  14,  28  et  31. 


«  La  Norm.  souterr., »  1"  édit.,  p.  130;  2«  édit,,  p.  148 
«  Les  Églises  de  l'arrondissement d'Yve tôt,»  1"  édit., 
t.  !•',  p.  284  ;  2-  édit.,  t.  I",  p.  298-99. 
«  Le  tombeau  de  Ghildéric  !•',  roi  des  Francs,  »  p.  161 . 


CANTON    DK    GAUDEBEG. 


CAUDEBEC. 

Époque  gauloise.  —  On  trouve  quelques  monuments  gaulois  à  Caudebec ,  notamment 
sur  la  côte  appelée  le  Calidu.  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  hache  en  serpentine,  des 
hachettes  de  bronze ,  et  des  médailles  celtiques  en  or,  argent  et  bronze.  Ces  dernières 
proviennent  du  Mont-Calidu.  M.  le  docteur  Gueroult,  de  Caudebec,  montre  dans  son 
cabinet  une  hache  en  bronze  également  trouvée  au  Calidu ,  en  1 831 .  MM.  Guilmeth  et 
Fallue  citent  une  monnaie  gauloise  rencontrée  sur  la  même  colline. 

J*ai  remarqué  sur  la  côte  et  sur  le  plateau  du  Calidu  ^  appelé  en  1620  le  Calidois  et  le 

CalidîiSj  de  nombreux  terrassements  et  des  fossés  qui  paraissaient  enceindre  la  colline. 

La  vieille  voie ,  devenue  plus  tard  la  route  romaine  de  Lillebonne ,  longeait  cette  langue 

de  terre. 

Nous  ne  serions  pas  surpris  quand  le  Calidu  serait  le  Caudebec  des  Celtes ,  et  nous 

-v  y,  avons  toujours  été  disposé  à  attribuer  à  ce  point  antique,  qui  a 

tous  les  caractères  gaulois ,  les  médailles  celtiques  qui  portent 
répigraphe  caledv-senodon,  monnaies  que  tous  les  numisma- 
tistes  attribuent  aux  Calètes.  C'est  là  un  problème  que  nous 
livrons  à  la  numismatique  de  l'avenir;  mais  nous  avons  vu  avec 
plaisir  M.  Ed.  Lambert ,  de  Bayeux ,  sourire  à  cette  interpré- 
tation. Nous  ne  serions  pas  étonné  non  plus  quand  le  Calidu  serait  l'ancien  Caletum^ 
cette  vieille  capitale  des  Calètes  dont  les  auteurs  du  moyen-âge  attribuent  la  destruction  à 
Jules  César,  et  dont  la  tradition  a  consente  un  vague  souvenir  dans  le  nom  de  Cité  Calète. 
M*  Fallue  a  cru  voir  un  camp  sur  le  Calidu.  Quoique  M.  Guilmeth  abonde  dans  cette 
opinion ,  nous  croyons  cependant  devoir  réserver  la  nôtre.  Les  mêmes  écrivains  parlent 
d'une  seconde  enceinte  fossoyée  qui  existerait  dans  les  bois  qui  couvrent  la  colline  orien- 
tale de  Caudebec. 

Époque  romaine.  —  Lotum  est  une  ville  romaine  de  l'ancien  pays  des  Calètes  qui  n'est 
mentionnée  que  dans  le  seul  Itinéraire  d'Antonin.  Ce  livre  de  poste  de  l'Empire  place 


MONNAIE  DES  CAUÈTB8. 


-  478  — 

Lotnm  sur  la  route  qui  de  Juliobona  (  Lillebonne)  conduisait  à  Rotomagus  ou  Latomagus 
(Rouen).  La  station  est  fixée  à  vi  milles  de  la  première  cité,  à  xiii  ou  xiv  milles  de  la  seconde. 

Les  auteurs  modernes  ne  sont  pas  d'accord  pour  assigner  une  place  au  Lotum  des  an- 
ciens. M.  Fortia  d'Urban  la  place  à  Duclair;  M.  E.  Gaillard,  à  Caillouville ,  près  Saint- 
Wandrille;  l'abbé  Belley,  à  Logium,  entre  Caudebec  et  Caudebecquet.  M.  Guilmeth, 
adoptant  une  opinion  mixte,  met  Lotum  sur  les  deux  rives  de  la  Seine,  donnant  une 
moitié  à  Caudebec  et  l'autre  à  Bliquetuit,  qu'il  croit  être  l'ancien  Belcinac. 

RJ.  Guilmeth  ne  propose  cette  transaction  entre  les  deux  rives  que  pour  concilier  un  texte 
de  Thierri  III,  lequel,  parlant  de  l'île  de  Belcinac,  alors  au  milieu  de  la  Seine,  assure  que  l'an- 
tiquité l'avait  considérée  comme  la  ville  de  Lotum  :  t  Quam  antiquas  Lutum  esse  censuit.  > 

D'Anville ,  le  meilleur  restaurateur  de  la  Gaule ,  place  Lotum  à  Caudebec ,  et  nous  par- 
tageons cet  avis  déjà  émis  par  Duplessis,  au  siècle  dernier,  et  renouvelé  de  nos  jours  par 
MM.  Walckenaër,  Rêver  et  Fallue.  Pour  cette  attribution,  d'Anville  se  fonde  particulière- 
ment sur  les  distances ,  parfaitement  concordantes  dans  l'antiquité  comme  de  nos  jours. 
Ainsi,  Caudebec  est  à  1 3 ,  kilomètres  de  Lillebonne  et  à  30  de  Rouen  :  or,  le  mille  ancien 
étant  de  2,221  mètres ,  vi  milles  donnent  bien  13  kilomètres,  et  xiv  milles  feront  par- 
faitement 30  kilomètres,  déduction  faite  des  côtes  et  des  détours. 

Maintenant,  trouve-t-on  à  Caudebec  des  débris  romains?  Oui,  assurément,  mais  pas 
assez  pour  motiver  une  station.  Toutefois ,  nous  ne  désespérons  pas  des  découvertes  de 
l'avenir.  D'abord ,  la  voie  romaine  de  Lillebonne  à  Rouen  traverse  Caudebec,  où  elle  porte 
aujourd'hui  le  nom  de  Grande-Rue ,  tandis  qu'elle  s'appelait  au  moyen-âge  la  C haussée j  le 
chemin  du  Roi ,  le  pavement  du  Roi  notre  sire. 

Ensuite,  la  côte  de  Saint-Clair,  où  passe  aussi  la  voie,  a  montré  en  1852-53,  dans  le 
jardin  du  sieur  Hamelin ,  des  incinérations  du  Haut-Empire.  M.  le  docteur  Gueroult,  qui  a 
suivi  ces  découvertes,  a  recueilli  dans  son  cabinet  les  vases ,  les  monnaies  et  autres  objets 
qui  en  sont  sortis.  Ces  vases  sont  quatre  cruches  rougeâtres ,  une  tétine  rouge ,  un  joli 
vase  à  reliefs ,  un  petit  pot  noir,  des  jlébris  de  bols  et  de  plateaux  pour  les  ofifrandes ,  en 
un  mot  tout  ce  que  l'on  trouve  dans  les  cimetières  romains.  Ici ,  comme  dans  le  bois  des 
Loges  et  dans  la  forêt  de  Brotonne,  les  os  brûlés  étaient  renfermés  dans  des  cruchons 
blancs  ou  rouges.  Trois  de  ces  urnes  contenaient  au  fond  des  monnaies  de  bronze  :  deux 
étaient  frustes,  mais  une  troisième  était  de  Nerva-Trajan. 

La  côte  de  la  Vignette^  qui  est  voisine  de  celle  de  Saint-Clair,  a  montré  aussi  des  débris 
antiques.  Près  de  là  est  le  Mont-Dolent ,  indice  d'anciennes  sépultures. 

A  différentes  reprises ,  on  a  trouvé  à  Caudebec  des  restes  antiques.  C'est  ainsi  que  le 
Musée  de  Rouen  possède  des  meules  à  broyer,  une  statuette  de  Vénus  en  terre  cuite,  une 
statuette  en  bronze  et  des  monnaies  romaines  dont  une  d'Auguste. 

M.  Fallue  cite  sur  le  Mont-Calidu  la  présence  souvent  renouvelée  de  tuiles  à  rebords, 
de  vases  et  de  monnaies  romaines.  Pour  moi,  j'ai  à  plusieurs  reprises  reconnu,  sur  cette 


-  479  — 

colline,  de  la  poterie  romaine.  En  1848,  on  y  recueillit  une  meule  à  broyer  en  poudingue 
que  possède  M.  Gueroult. 

En  1858,  lorsque  M.  Thévenin,  ancien  président  de  la  Chambre  de  Commerce  de 
Rouen ,  fit  construire  la  maison  de  son  concierge,  il  trouva ,  en  entaillant  la  côte,  plusieurs 
bannelées  de  tuiles  romaines ,  des  squelettes ,  et ,  à  côté  d'eux ,  des  vases  en  terre  rouge. 
Un  de  ces  bols,  en  terre  de  Samos ,  présente  au  fond  la  marque  du  potier  :  ovadrani.  On 
m'a  montré  aussi  deux  objets  de  fer  :  une  espèce  de  lance  ou  couperet  et  un  javelot.  Il  est 
possible  qu'il  y  ait  eu  là  des  sépultures  des  iv^  et  ye  siècles. 

Époque  franque.  —  Le  nom  moderne  de  Caudebec  apparaît  pour  la  première  fois  en 
815,  dans  une  charte  où  Louis-le-Débonnaire  confirme,  à  l'abbaye  de  Fontenelle,  une 
donation  de  Charlemagne ,  son  père  :  «  Calidum  Beccum  cum  aquis  et  portu.  >  Le  21  mars 
853,  Charles-le-Chauve,  étant  à  Kiersy,  renouvela  ce  legs  avec  mention  de  :  c  passagiis  et 
traverso.  » 

Dans  une  charte  de  1271,  on  ht  ce  passage  :  «  Apud  CaUidum  Bequetum  inter  duos 
Calidos  Becquetas  pratum  de  la  Bataille.  »  (Cartulaire  de  Saint-Wandrille}.  Il  est  probable 
qu'il  s'agit  ici  de  la  période  franque  ou  normande. 

BIBLIOGRAPHIE. 


Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  Hist.,  »  t  i",  p.  108; 
t.  VIII ,  p.  522. 

Dom  Mabillon,  «  Ann.  ord.  8.  Benedict.,  »  t.  m,  p.  665. 

L'abbé  Belley,«Mém.de  TAcad.  des  Inscript,  et  Belles- 
Lettres,  ■  t.  XIX ,  p.  656-57. 

D'Auville,  «  Notice  de  l'ancienne  Gaule,  »  p.  419-20. 

Walckenaër,  »  Géogr.  anc,  hist.  et  comp.  des  Gaules,» 
t.  III,  p.  52. 

Fortiad'Urban,  «  Recueil  des  itinéraires  anc,  »  p.  115. 

Dom  Duplessis,  «  Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute- 
Normandie,  »  1. 1",  p.  7, 

Fallue,  «  Mém.  sur  les  travaux  milit.  des  bords  de  la 
Seine,  etc.,  »  p.  15-20. 

Id.,  «  Revue  archéol.,  »  t.  xii,  p.  446,  et  t.  xiv,  p.  556-61. 

Id.,  «Revue  numismat.,  »  année  1855,  p.  271. 


Fallue,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  «  t.  ix, 
p.  193-96,281. 

Id.,  «  Des  villes  gauloises  :  Lotum,  Juliobona,  Caraco- 
tinum ,  appartenant  au  pays  des  Calé  tes ,  p.  t  à  5. 

Rêver,  «  Mém.  sur  les  Ruines  de  Lillebonne  »,  p.  7. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  ii,  p.  81-82,  169-78. 

E.  Gaillard,  t  Gazette  de  Normandie,  »  du  16  mars  1834. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  Tarrond.  d'Y ve tôt ,  » 
l'-édit.,  t.  I",  p.  l  à  50;  2»  édit.,  t.  i«',  p.  1  à  48. 

Id.,«  La  Normandie  souterraine,  »  1"  édit.,  p.  45, 128; 
2«  édit.,  p.  55,  146. 

Id. ,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Norm.,  »  t.  xiv, 
p.  151;  t.  XXIV,  p.  324,  353-55. 

Lambert,  ibid.,  t  xxv,  p.  535-536. 


ILE  DE  BELCINAC. 

Époque  franque.  —  Il  ne  reste  plus  rien  aujourd'hui  de  l'île  de  Belcinac  :  on  en  ignore 
même  complètement  la  place. 

La  première  mention  de  cette  île  apparaît  en  670;  la  dernière,  en  1536,  et  enfin  une 
réapparition  en  1641.  Dans  cet  espace  de  temps,  elle  est  citée  par  Guillaume-le-Conqué- 
rant,  Philippe-le-Long  et  Jean-le-Bon. 

Les  historiens  racontent  qu'en  676,  Thierri  III ,  fils  de  ClovisII ,  donna  une  île  t  insulam  • 
à  saint  Condé,  moine  de  Fontenelle,  qui  y  bâtit  trois  églises  et  les  légua  ensuite  au  monastère 
du  bienheureux  Wandrille. 


Elle  est  ainsi  désignée  dans  les  acte& contemporains  :  •  Insulatn  in  fluvio  Secanse  sitam... 
quam  anliquitas /-«(wffi  censuit,  nunc  verô  Belcinacam  nuncupatam  in  longitudine  per 
m  millia  se  extendens,  et  in  latum  1 ,500  passibus.  > 

Guillaume-le-Conquérant  en  parle  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes  quatre  cents  ans 
plus  tard,  en  1074  :  <  Insulam  in  Sequanà  sitam  quae  vocatur  Belcinaca  quse  incipit  à 
Calido  Becco  et  se  extendit  usque  ad  castrum  de  Watevillà  et  ultra.  » 

'  GalliaChristiana,  •  t.  xi,  p.  m. 


Mabillon,  «  Annales  ord.  S.  Benedict.,  -  t.  :i ,  p.  863. 
Id.,  ■  AclaSantc.  ord.  S.  Beaedict.,  1. 1",  p.  525. 
>  Neustria  pia ,  ■  p.  167, 

«  Vila  sanoti  Condedi ,  >  dans  Duchesne,  t.  i",  p.  GS4. 
Fallue,'Mùm.dclaSoc.desAnt.deNorm.,>I.x,p,437. 
Noël,  a  Essais  sur  ledépartemeDl  de  la  Seine-lnfér.,  > 
1.  II ,  p.  156-57. 


(îuilmelb,  ■  Desc.  géagt.,  bist,,  stat.  et  mon.  des  air.,» 
t.  11,  p.  69,  73,  79-81. 

L'abbé  Miette.  <>  Quelques  antiq.  civiles  et  religieuses 
de  la  ville  de  Caudebec,  ■  Mss. 

L'abbâ  Cocliet,  •  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvelot,  • 
I"  édil.,  t.  I",  p.  130-31;  2-  édit.,  1. 1",  p.  137-29. 


MAULÉVRIEB. 

Époque  gauloise.  —  Des  monnaies  gauloises  ont  été  trouvées  à  Maulévrier.  Elles 
sont  entrées  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  romaine,  —  Des  ruines  romaines  ayant  été  aperçues  dans  la  forêt  de  Maulé- 
vrier par  M.  Lesage,  de  Caudebec,  la  Commission  départementale  des  antiquités  delà 
Seine-Inférieure  chargea  cet  excellent  homme  de 
vouloir  bien  les  déblayer,  M.  Lesage  fouilla  aux 
frais  du  département,  de  1832  à  1834,  et  il  mit  à 
jour  les  débris  d'une  villa,  d'une  ferme  ou  d'une  mé- 
tairie romaine.  L'ex- 
ploitation secomposait 
de  deux  corps  de  bâti- 
ment placés  à  deux 
cents  pas  l'un  de  l'autre 
(nous  en  donnons  ici 
le  plan).  Le  plus  grand 
avait  42  mètres  de  long 
sur  20  de  large;  le  se- 
cond ,  presque  carré , 
présentait  22  mètres 
de  long  sur  17  de 
large. 

M.  Lesage  envoya  à 
la  Commission  des  an- 
tiquités le  récit  de  ses  travaux,  et  au  Musée  le  produit  de  son  exploration.  En  1837,  il 


BATIMINTS 


VILLA  DB  MAULÉVRIEK. 


—  481  — 

communiqua  son  rapport  à  M.  Fallue,  qui  Ta  résumé  dans  son  Mémoire  sur  les  Antiquités 
de  la  forêt  de  Brotonne  et  sur  la  villa  de  Maulévrier. 

Outre  les  constructions  qu'il  fil  revivre,  M.  Lesage  tira  du  sol  une  quantité  consi- 
dérable de  débris.  Nous  citerons  en  première  ligne  un  pied  romain  en  bronze  de  la  lon- 
gueur de  132  millimètres,  sur  lequel  M.  Deville  a  publié  une  dissertation.  Il  recueillit 
une  quantité  innombrable  de  tuiles  à  rebords ,  d'étuves  et  de  faîtières ,  les  débris  de 
plus  de  deux  cents  vases  dont  plusieurs  étaient  en  terre  rouge  et  à  reliefs.  Au  fond 
des  coupes  et  des  plateaux  que  le  Musée  conserve ,  on  lit  les  marques  des  neuf  potiers 
suivants  :  atilian  o.  —  rebvri.  —  regini.  —  venera.  —  qviaïssa  m.  —  milia.  —  cracisa. 
—  PRVBCvs.  —  G  AGAVA.  —  TVLL  ...  OFF.  —  Il  y  avait  du  verre  plat  et  épais  comme  celui 
de  nos  glaces,  ce  qui  doit  être  un  reste  des  fenêtres. 

Le  fer  était  représenté  sous  forme  de  clous,  d'hipposandales ,  de  clefs,  de  hachettes,  de 
couteaux,  de  chaînes,  de  forets,  etc.  Il  y  avait  aussi  des  fibules,  des  styles,  des  épingles 
et  des  aiguilles  en  bronze;  un  socle  de  statuette  avec  ses  pieds  en  même  métal;  des 
meules  à  broyer,  des  tablettes  à  écrire  en  marbre ,  et  enfin  des  médailles  de  bronze.  On 
cite  dans  le  nombre  des  Antonin ,  des  Commode ,  une  Salonine  et  un  Gordien  en  argent. 
Cette  dernière  était  forée  au-dessus  de  la  tête. 

N'oublions  pas  de  dire  que  par  Maulévrier  passait  la  voie  qui  de  Lotumdllsiil  à  Arques- 
Dieppe.  Du  reste ,  nous  sommes  porté  à  rattacher  l'étabUssement  antique  de  la  forêt  à  la 
station  romaine  de  Lotum  qu'il  avoisinait. 

Dans  le  recueil  des  dessins  de  la  Commission  des  Antiquités,  on  voit  figurer  un 
fragment  de  bracelet  en  verre  noir,  comme  celui  de  Tourville-la-Rivière ,  repro- 
duit page  234.  A  la  rigueur,  cette  pièce  pourrait  être  franque,  comme  les  deux 
suivantes. 

Époque  franque.  —  Le  même  album  renferme ,  en  effet ,  un  dessin  de  boucle  avec 
plaque  de  bronze  appartenant  assurément  à  l'époque  franque. 

Époque  incertaine.  —  M.  Guilmeth  dit  qu'à  six  cents  pas  de  l'église  de  Mau- 
lévrier on  voit ,  dans  les  bois ,  de  vastes  retranchements  qu'il  croit  d'origine  gallo- 
romaine. 

n  existe  à  Maulévrier  un  très  vieux  château  dont  les  ruines  sont  encore  aujourd'hui 
très  majestueuses.  Les  ronces,  les  épines  et  les  taillis  recouvrent  les  salles ,  les  tours  et  les 
donjons.  Ces  débris  sont  entourés  de  légendes  mystérieuses.  Les  paysans  appellent  le 
donjon  la  Tour-du^Diable. 

Le  territoire  de  Maulévrier,  uni  à  celui  de  Sainte-Gertrude,  conserve  deux  ou  trois  camps 
ou  enceintes.  On  m'en  a  signalé  deux  à  Loraille  ou  Louraille,  et  une  autre  dans  la  forêt, 
entre  l'église  de  Maulévrier  et  le  vallon  de  Sainte-Gertrude. 


61 


482  — 


BIBLIOGRAPHIE. 


«  Procès- verbaux  de  la  Comm.  départ,  des  Antiquités 
de  la  Seine-Inf.,  »  1. 1",  p.  158,  169-74, 184,  200-205. 

Deville,  «  Note  sur  un  pied  à  mesurer,  en  bronze,  dé- 
couvert dans  la  fdrét  de  Maulévrier,  auprès  de  Caudebec, 
en  1834,  »  et  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  deNorm.,  » 
t.  IX,  p.  173-79. 

Fallue ,  «  Mémoire  sur  les  antiquités  de  la  forôt  et 
presqu'île  de  Bretonne ,  et  sur  la  villa  de  Maulévrier, 
près  Caudebec,  »  p.  8-19  et  pi.  n ,  et  «  Mém.  de  la  Soc. 
des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  x,  p.  374-387  et  pi.  vi. 

Deville,  »  Catalogue  du  Musée  départ,  des  Antiq.  de 
Rouen,  «  année  1845,  p.  21  et  27. 


Guilmeth  ,  «  Desc.  géogr.,  hist. ,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  t.  ii,  p.  149. 

L'abbé  Cochet,  a  Les  Églises  de  l'arrond.  dTvetot,  * 
l'^édit.,  t.  !•%  p.  51-52;  2«  édit.,  t  i-%  p.  84. 

Id.,  «  La  Norm.  souterr.,  !'•  édit.,  p.  128  ;  2*  édit., 
p.  146. 

Id.,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Njprm.,  •  t.  xiv, 
p.  151;  et^t.  XXIV,  p.  355. 

Labutte,  «  Etudes  historiques  sur  l'arrond.  d'Yvetot,  » 
p.  157-65. 

Octave  Féré,  «  Légendes  et  Traditions  de  la  Nor- 
mandie, »  in-8",  Rouen ,  1845. 


SAINTE-GERTRUDE  (section  de  maulévrier). 


Époque  romaine.  —  M.  Lesage ,  de  Caudebec ,  nous  apprend  qu'on  ne  saurait  fouiller 
à  Sainle-Gertrude  sans  trouver  des  murailles,  des  pavés  et  autres  débris.  Il  assure  que, 
vers  1760,  on  rencontra  près  de  l'église  des  médailles  romaines  et  des  vases  remplis  d'os 
brûlés.  En  1850,  nous  avons  recueilli  une  jolie  tête  de  statuette  en  pierre  que  quelques- 
uns  considèrent  comme  antique.  Elle  avait  été  ramassée  dans  le  cimetière  de  Sainte- 
Gertrude. 

Époque  franque.  —  Quelques  historiens  et  chroniqueurs  prétendent  qu'en  876, 
Rollon  et  ses  Normands,  remontant  la  Seine,  déposèrent  dans  le  vallon  de  Sainte- 
Gertrude  le  corps  de  sainte  Hermentrude,  pris  dans  la  Frise  ^  au  pays  de  Régnier^u^ 
long-Col. 

Période  normande.  —  A  la  période  normande,  ce  lieu  portait  le  nom  d'Ansgoth- 
Moulins. 


«  Neustria  pia ,  »  p.  167. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  l"édit., 

1".  p.  56-58;  2'  édit.,  t.  !•»,  p.  88-90. 


'     «  La  Norm.  souterr.,  »  l'*  édit.,  p.  128  ;  2«  édit,  p.  146. 
Guilmeth,  aDescript.  géog.,  hist,  stat  et  mon.  de? 
arrond.,  »  t.  ii,  p.  127-28. 


SAINT-WANDRILLE-RANÇON. 


Époque  gauloise.  —  Au  mois  de  juillet  1861 ,  il  a  été  trouvé,  à  la  Côte  des  Caillettes , 
un  cimetière  gaulois  à  peu  près  contemporain  de  la  conquête  de  César.  Il  consistait  en 
urnes  cinéraires  ayant  la  forme  de  nos  pots  à  fleur  et  dans  des  bols  grossiers  en  terre  à 
peine  cuite.  Ces  vases  pouvaient  être  au  nombre  de  cinquante  à  soixante.  Avec  les  urnes 


—  483  — 

remplis  d'os  brûlés,  on  a  recueilli  deux  ou  trois  lances  en  fer  et  des  épées  ployées  dans 
un  fourreau  métallique.  Les  débris  provenant  de  ces  sépultures  ont  été  sauvés  par 
M.  le  docteur  Gueroult ,  de  Caudebec. 

Quelques  années  avant  cette  découverte,  il  avait  été  trouvé  aux  Caillettes  deux  haches 
en  silex.  Une  nouvelle  hachette  a  été  trouvée  en  1863. 

Époque  romaine.  —  Par  Saint-Wandrille  passait  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lotum 
(Caudebec)  à  Rotomagus  (Rouen). 

Quelques-uns  ont  placé  Lottrni  à  Caillou  villa,  petit  hameau  di  Saint-Wandrille. 

Aujourd'hui,  on  cite  peu  d'antiquités  romaines  &  Saint-Wandrille;  mais  il  paraît  bien 
en  avoir  possédé  au  vue  siècle ,  car,  lorsque  Wandrégisilé ,  disciple  de  saint  Colomban , 
arriva  au  ruisseau  de  la  Fontenelle  pour  y  fondef,  en  646,  son  célèbre  monastère,  il 
trouva,  d'après  la  chronique,  le  pays  couvert  de  ruinU  antiques,  t  Monstrabantur 
namque  in  eodem  loco  vestigia  immo  ruinée  aediflciorunt  priscorum  accolarum  indus- 
triâ  olim  extructorum,  sed  exterorum  hostium  feritate  belluinâ  solo  funditùs  aequa- 
torum.  » 

Époque  franque.  —  Au  vue  siècle,  ce  lieu  se  nommait  RotkmariacaSy  du  nom  d'un 
leude  franc  appelé  Rothmarus^  dontle  nom  doit  revivre  encore  dans  celui  de  Roumure, 
Peut-être  pourrait-on  rapprocher  le  Rotnîarus ,  de  Fontenelle ,  du  Rodemarvs  qui  se  lit 
sur  un  triens  d'Ebroïn  (660-681). 

Vers  645-49 ,  Wandrégisilé  fonda  ici  un  monastère  appelé  d'abord  Fontenelle,  nom  sous 
lequel  il  devint  célèbre  dans  le  monde  entier. 

En  1861,  nous  avons  cru  retrouver,  devant  le  portail  de  l'église  ruinée  du  xiiie  siècle, 
les  fondations  imposantes  du  monastère  mérovingien. 

Ravagé  par  les  Normands  dans  le  cours  du  ix«  siècle ,  il  ne  reste  plus  rien  de  l'ancien 
Fontenelle.  Le  seul  monument  de  l'époque  franque  qui  soit  parvenu  jusqu'à  nous  est  le 
Chronicon  Fontanellense ,  aujourd'hui  réfugié  à  la  Bibliothèque  du  Havre.  On  y  reconnaît 
de  l'écriture  du  jx©  et  du  x*  siècle. 

On  ne  connaît  plus  aucun  débris  de  l'église  de  Saint-Michel  de  Fontenelle  qui,  vers  735, 
fut  bâtie  par  Erinhard  avec  des  pierres  apportées  des  ruines  de  l'antique  Juliobona  : 
c  iEdificavit  basilicam,  modico ,  sed  pulcherrimo  opère  ;  ablatis  videlicet  pétris  de  Julio- 
bona Castro  quondam  nobilissimo  ac  firmissimo  (1).  :» 

Période  normande.  —  Nous  pourrions  peut-être  attribuer  à  la  période  normande  du 
xe  siècle ,  ou  du  commencement  du  xi^,  la  curieuse  et  antique  chapelle  de  Saint-Saturnin , 


(1)  A  cette  église  mérovingienne  se  rattache  la  légende  d'un  fondeur  du  viu*  siècle  puni  pour  avoir  volé  du  métal 
de  la  cloche  de  Saint-Michel.  («  BriefVe  Chronique  de  l'Abbaye  de  Saint-Wandrille,  »  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  » 
de  1837.)  —  Du  reste,  il  parait  bien  que  la  tour  de  cette  église  (turricula)  mentionnée  par  les  chroniqueurs  est, 
après  celle  de  Laon ,  citée  dès  675,  la  plus  anciennement  nommée  de  toute  l'histoire  ecclésiastiquo.  (  «  BuUetîA  de 
la  Société  d'histoire  et  d'archéologie  de  la  Moselle,  •  v*  année,  1862,  p.  12.) 


—  484  - 

petit  édifice  bâti  en  croix  et  qui  se  termine 
par  trois  absides  circulaires.  —  Nous  repro- 
duisons ici  le  plan  et  le  dessin  de  cette  cu- 
rieuse chapelle. 

On  montre  aussi , 
auprès  de  la  chapelle 
de  Saint-Saturnin,  des 
cellules  que  l'on  croit 
avoir  été  habitées  par 
d'anciens  anachorètes, 
entre  au  très  par  le  bien- 
heureux Hardwin,  so- 
litaire du  IX'  siècle. 

M.  Lenoir  a  men- 
tionné et  reproduitces 

divers  monuments  dans  son  Architecture  monastique.  Nous  devons  l'avantage  de  [les 
publier  de  nouveau  à  la  bienveillance  de  S.  Exe.  M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique 
et  des  cultes. 

Époque  incertaine.  —  Al  kilomètre  des  ruines  de  Saint- Wandrille,  on  montre, au 
hameau  de  Caillouville,  une  mare  miraculeuse  oii  les  malades  viennent  encore  se  baigner. 
C'est  probablement  un  ancien  baptistère  des  temps  mérovingiens. 

Près  de  là  était  une  chapelle  de  Tous-les-Saints  à  laquelle  se  rattache  une  légende 
merveilleuse. 

Une  tradition,  qui  remonte  à  la  |)ériode  mérovingienne,  raconte  que  cette  église  fut 
fondée  vers  648,  par  saint  Wandrille  lui-même,  qui  avait  échappé  en  ce  lieu  à  la  lance  que 
Beco,  verdier  du  roi  Clovis  II,  avait  décochée  contre  lui. 


YCE  DE  LA  CHArELLB  DE  SAINT-SATVBNIK,  A  BAlNT'WAl'IDniLLE- 


BIBUOeftAPHIR. 


«  Chronicon  Fontanelle nae,  «  5  vol.  Mes.,  à  la  Biblio- 
thèque du  Hovre,  viii'  et  ix". 

•  Vita  sancli  ae  bealitsiml  Wandrigiscli  obbatis,  • 
Vas.,  in-4-  de  31  Teuillets  sur  vélin,  écriture  oncialc  du 
lit'  siècle,  k  la  Bibliot.  impériale.  Fonds  N.-Darae, 
n*  toi  bis. 

■  Chronicon  minus  FontAuellenso,  ■  Mbb.,  potit  iii-13, 
xii[°  siècle.  Bibliothèque  de  Rouen. 

■  Chronicon  Fontanetlensc,  ■  apud  d'Achory  •  Spî- 
cilegium,  V  t.  H,  p.  Î62-Î90. 

Dom  Bouquet,  •  Recueil  des  Hlst.  des  Gaules,  I.  ii, 
p.6&7. 
Dacbesne,  «  Hist.  ftvnc.  Script,  avi  cattanei,  <■  1,  ii, 


Dumoustier,  •  Neustria  pia,  ■  p.  132-50. 

D'Acherj',  n  Spicilepium,  •  t.  m,  p.  190. 

•  Gallia  Ghrisliana,  ■>  r.  \i,  p.  156. 

Mabillon,  •  Acifl  Sanc  ofd.  6.  BenedioC,  >  s»cï' 

Dom  P.  Guill.  La  Vieille,  <■  Briefve  Chroniqu«ii( 
TAbb.  de  Saint-Wandrille,  ■  M3S.  do  1500,  S  la  Biblio- 
thèque publique  lie  Rouen,  et  •  Revue    rétnwpec- 


■  Descript.    gèog-  et  hist.  de  la  Hiule- 


Duples! 

A.  Le  Prévost,  •>  Môm,  de  la  Soc.  des  Antiq-  & 
Nonn.,»t.  II,  p.  16  et  n, 

Ravaisaon,  »  Rapport  sur  les  Bibliothèque»  de  l'ooesl 
de  la  France,  >•  p.  391 . 


485  — 


Bethman,  dans  les  «  Archives  de  la  Société  des  Antiq. 
allemands,  »  publiées  par  Pertz,  t.  vin,  p.  375-76,  in-S", 
Hanover,  1843.  «  Archiv.  der  Gesellschafst  fur  olfen 
deutsche  geschits  tande  vin  bond .  » 

De  Montalembert,  f  Les  Moines  d'Occident,  »  t.  ii, 
p.  527-29. 

H.  Langlois,  <•  Essai  hist.  et  descrip.  sur  l'abbaye  de 
Fontenelle  et  de  Saint- Wandrille,  »  in-8",  Paris,  1827. 

Noël,  «  Essais  sur  le  département  de  la  Seine-Inf.,  » 
t.  II,  p.  140-144. 

Albert  Lenoir,  «  Architecture  monastique,»  1. 1**",  p.  9; 
t.  11,  p.  8,  9  et  10,  dans  la  a  Collection  des  Documents 
inédits  sur  l'Histoire  de  France. 


Guilmeth,  «  Descr.  géogr., hist.,  etc.,  »  t.  u,  p.  149 
187. 

Anatole   Saulnier,   «  Caudebec  et  ses  environs,  » 
p.  143-52. 

A.  Fromentin,  «Essai  historique  sur  Yvetot, »  etc., 
p.  209. 

l^butte,  «Études  historiques  sur  Tarrond.  d' Yvetot,  » 
p.  127. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetol,  «>  1''  édit., 
t.  Il,  p.  389-409;  2*  édit.,  t.  i*',  p.  55-80. 

o  Bulletin  do  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  i*', 
p.  450-53  ;  t.  ii,  p.  155. 

Pertz,  ((Monum.  Germaniœ  histor.,  t.  ii,  p.  270-304. 


CAUDEBECQUET  (hameau  de  saint-wandrille). 

La  Grotte  Milon.  —  A  l'entrée  du  hameau  de  Caudebecquet  on  voit,  au  bord  de 
l'ancienne  grande  route,  deux  grottes  abandonnées  dont  l'une  est  entièrement  rebouchée, 
tandis  que  l'autre  est  encore  ouverte.  Cette  grotte,  taillée  dans  le  roc,  à  2  mètres  de  haut, 
i5  mètres  de  profondeur  et  4  mètres  de  largeur.  On  la  nomme  la  grotte  Milon,  et  l'on  dit 
qu'elle  fut  habitée  au  viiie  siècle  par  saint  Milon,  fils  de  sainte  Wisle,  abbesse  de  Logium. 
L'histoire  assure  que  le  pieux  anachorète  avait  été  enterré  devant  la  porte  de  l'église  des 
religieuses.  La  route  de  Rouen,  pratiquée  sous  Louis  XV  ou  sous  Louis  XVI,  a  diminué  de 
beaucoup  la  profondeur  de  ces  grottes. 

On  m'a  assuré  que,  depuis  quinze  ans,  on  trouve  des  squelettes  dans  les  jardins  qui 
surmontent  ces  grottes. 

Abbaye  de  Logium.  —  On  place  communément  à  Caudebecquet,  dans  les  environs 
de  la  grotte  Milon,  l'ancien  monastère  de  Logium^  fondé  en  654  par  Bathilde,  épouse 
de  Clovis  II,  et  dont  sainte  Wisse  ou  Wisle,  mère  de  saint  Milon,  était  abbesse  en  702. 
En  831  ou  en  833,  Anségise,  abbé  de  Fontenelle,  donna  dans  son  testament  une  livre  d'ar- 
gent «  ad  Logium  »  ou  c  Laubias  monasterium.  »  On  pense  que  cet  ancien  monastère  fut 
détruit  par  les  Normands  en  862. 

A  Caudebecquet  on  montre  encore,  au  bord  de  la  rivière,  de  grosses  et  fortes  murailles 
dont  une  partie  forme  quai,  tandis  qu'une  autre  est  déjà  ensevelie  sous  la  Seine.  On  appelle 
ces  débris  le  port  et  le  qum  de  Saint-Wnlfran  ^  et  on  prétend  que  là  saint  Wulfran  s'est 
embarqué  pour  ses  missions  de  la  Frise,  et  qu'il  y  a  débarqué  à  son  retour. 

BIBLIOCTRAPHIE. 


Duplessis,  «Descript.  géogr.,  hi8t,stat.  et  mon.  de  la 
Haute-Normandie,  »  ti«',  p.  88-89. 

«  Gallia  Ghristiana,  »  t.  xi,  p.  132. 

Mabillon,  «  Annal,  ordin.  S.  Benedict.,  »  1. 1*',  p.  439. 

L'abbé  Belley,  «  Mém.  de  l'Acad.  des  Inscript,  et 
Belles-Lettres,  »  t.  xix,  p.  654-56. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.^hist.,  stat.,  et  mon.  de8arr.,« 
p.  182-87. 
L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  i^p.  53. 
D'Achery ,  «  Spicilôge,  »  t,  n,  p.  282  ;  t.  m,  p .  206, 242 . 
Lesage , «Monuments  de  Caudebec  et  des  envir . ,  »  Mss . 
«  Bulletin  de  la  8oc .  des  Antiq .  de  Norm . ,«  t .  i*%  p .  297 . 


_  486  — 

RANÇON  (section  de  sajnt-wandrille-rançon). 

Époque  gauloise.  —  M.  Beaucousin,  de  Caudebec,  possède  une  hachette  en  silex  trou- 
vée à  Rançon,  en  1863. 

Époque  romaine.  —  En  mai  1862,  des  ouvriers,  traçant  le  chemin  de  grande  com- 
munication no  37,  de  Guerbaviile  à  Veules,  trouvèrent  devant  Téglise  de  Rançon,  à 
70  centimètres  du  sol,  un  dolium  en  terre  cuite  qui  contenait  un  petit  vase  noir  et  proba- 
blement des  os  brûlés.  Ce  vase,  haut  de  60  centimètres,  avait  été  diminué  pour  être  con- 
sacré à  un  usage  funéraire.  Sa  circonférence  est  de  1  mètre  85  centimètres.  L'ouverture, 
de  23  centimètres,  était  recouverte  avec  des  tuiles  à  rebords.  Aux  environs,  on  a  remarqué 
beaucoup  de  poteries  noires.  Il  est  clair  qu'il  y  avait  là  une  incinération  gallo-romaine  des 
trois  premiers  siècles.  Ce  dolium,  bien  conservé,  est  entré  au  Musée  de  Rouen. 

Dans  cette  même  année  1 862,  on  aperçut  des  tuiles  à  rebords  près  la  filature  de 
M.  Pouyer. 

Époque  incertaine.  —  Du  côté  de  Saint-Wandrille,  au  Ueu  dit  le  Gîte,  on  voit  une 
motte  et  un  fossé.  Dans  ce  fossé  est  un  puits  dont  la  maçonnerie  a  encore  plus  de  20  pieds 
de  profondeur.  Cette  motte  est  couverte  de  buis.  M.  Guilmeth,  qui  nous  révèle  ces  détails, 
ajoute  t  qu'à  Beaumont-le-Roger,  à  Brionne  et  ailleurs,  des  buis  sont  jdantés  sur  des 
lieux  antiques  afin  de  les  purifier  des  profanations  du  paganisme,  t 

Vers  1864,  on  a  recueilli  aux  abords  de  l'église  un  pied  de  chandelier  ou  porte-lampe 
en  bronze  comme  ceux  des  Loges  et  d'Yébleron. 

GOVILLE  (section  de  SiJNT-WANDRILLE-RANÇON). 

Époque  franque.  —  Entre  Jumiéges  et  Saint-Wandrille ,  existe  le  hameau  de  Goville, 
voisin  du  Trait,  mais  dépendant  de  la  commune  de  Sant-Wandrille. 

Dans  ce  bosquet,  situé  au  bord  de  la  Seine,  le  bienheureux  Wandrille  fonda  un  oratoire 
dédié  à  saint  Amand,  évêque  de  Rodez,  dont  le  diacre  Sindard  lui  avait  apporté  des  re- 
liques. Le  saint  y  venait  souvent  prier,  et  l'histoire  raconte  qu'il  y  était  parfois  visité  par 
saint  Ouen  de  Rouen  et  saint  Philbert  de  Jumiéges.  Longtemps  on  a  montré  les  lits  où 
reposaient  ces  serviteurs  de  Dieu  et  les  bancs  de  pierre  où  ils  s'asseyaient  pour  parler  des 
choses  du  ciel  :  €  Monstrabantur,  écrivait  un  auteur  du  vu®  siècle,  ibi  destina  illius  basi- 
licae  grabata  et  sedes  ubi  B.  pontifex  Audoenus  et  confesser  Philibertus,  dum  virum  Dei 
inviserent,  requiescere  soUti  erant.  >  (VitaS.  Vandregisilii ,  dans  les  Acta  SaiicU  ord. 
S.  Benedicti,  t.  n,  p.  542.)  —  M.  Lesage,  de  Caudebec,  a  encore  connu  et  dessiné,  en 
1825,  le  clocher  de  l'église  de  Goville,  qui  aujourd'hui  est  entièrement  tonabé  h  hSmd. 


«Hist.  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,» 
p.  14,  Hss*  de  1762,  chez  M.  LepeKSointet. 
«  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,  »  2«  édit,  1. 1*',  p.  56. 


Lesage,  «Monuments  cItUs  et  religieux  de  Otudebdc,* 
t.  11 ,  B?  85,  Mss.  de  la  Bibliothèque  de  Rouen. 


—  487  — 

LOUVETOT. 

Époque  incertaine.  —  Il  existe  à  Louvetot  tradition  de  déplacement  d'église.  On  assure 
que  la  première  était  au  Viçux-LouvetoL 

Sur  le  hameau  du  Vieux-Louvetot  est  une  enceinte  qui  ne  m'a  paru  ni  ronde  ni  carrée, 
ei  qui  est  entourée  de  retranchements  en  terre  de  4  à  5  mètres  de  hauteur.  Cette  enceinte 
n'est  pas  grande  :  elle  contient  un  demi-hectare  à  peine.  A  l'angle  du  sud-ouest,  j'ai 
remarqué  un  tertre  élevé  qui  pourrait  avoir  de  15  à  20  mètres  au-dessus  du  sol  environ- 
nant, 11  n'y  a  pas  de  fossés  creux  autour  de  ce  camp.  —  La  partie  orientale  ayant  été 
détraite  cette  année,  je  n'y  ai  remarqué  que  des  débris  du  moyen-âge. 

Entre  Louvetot ,  Saint-Gilles  et  Maulévrier,  au  bord  de  la  forêt  et  sur  le  chemin ,  sont 
des  vestiges  d'anciens  retranchements  qui  paraissent  antérieurs  au  temps  de  la  Ligue. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr  ,  hist.,  stàt.,  etc., »  t.  ii,p.  146. 
L*abbé  Somménil,  «  Campagne  de  Henri  IV  au  pays 
de  Ganx,  »  p.  23. 


L'abbé  Cochet,  «Les  Églises  de  l'arrondiss.  d'Yvetot,« 
1^«  édit,  1. 1«%  p.  70;  2*  édit.,  1. 1",  p.  100. 


SAINT-GILLES-DE-CRETOT. 

Époque  incertaine.  —  Il  y  a  à  Saint-Gilles-de-Cretot  tradition  d'église  transférée. 

L'abbé  Cochet,  «  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  !'•  édit.,  t.  i*%  p.  73  ;  2*  édit.,  1. 1«',  p.  103. 

SAINT-NICOLAS-DE-LA-HAYE. 

Époque  romaine.  — En  1834,  j'ai  recueilli  le  fait  archéologique  suivant  de  la  bouche 
du  doyen  des  prêtres  du  diocèse  de  Rouen ,  M.  l'abbé  Lemsutre ,  né  à  Saint-Nicolas-de-la- 
Haye  en  1762,  et  mort  curé  de  Froberville  en  1861.  Dans  sa  jeunesse,  ce  vétéran  du  sa- 
cerdoce avait  vu  extraire,  des  terres  dépendant  de  la  ferme  de  Sainte-Marie^  de  grands 
vases  en  terre  cuite  remplis  d'ossements  brûlés,  des  cruches  vides ,  des  bouteilles  de  verre 
blanc  et  de  vieilles  monnaies  bien  usées,  t  Le  nombre  des  vases ,  ajoutait-il ,  était  très 
considérable.  »  C'est  là  un  cimetière  romain  des  premiers  siècles  dont  la  mémoire  du 
vieillard  a  seule  gardé  la  trace. 

«  Les  Églises  de  l'arrond.  d'Yvetot,   »  i"    édit.,    i       »  La  Normandie  souterraine,  »   !'•  édit.,  p.  128; 
1. 1«,  p.  79  ;  V  édit.,  t.  !•',  p.  109.  I    V  édit.,  p.  146-47. 

VILLEQUIER. 

Époque  gauloise  (?).  —  Derrière  l'ancien  fief  de  la  Martinièrej  qui  est  devenu  le  châ- 
teau de  M.  RouUeau ,  conseiller  général  de  Gaudebec  y  on  voit ,  sur  le  bord  du  chemin  de 
Saint-'Amoult,  une  roche  élevée  qui  ressemble  à  une  chaire  à  prêcher.  Cette  pierre  ou 


—  488  — 

aiguille  présente  au  sommet  une  dalle  assez  plate  qui  imite  un  pain  bénit  de  campagne. 
De  là  son  nom  populaire  de  Pain-Bénit.  On  assure  que  la  nuit  de  Noël  elle  tourae  sept 
fois  sur  elle-même  pendant  la  messe  de  minuit;  elle  ferait  aussi  trois  tours  pendant  les 
nuits  de  TAvent.  On  ajoute  que  de  riches  trésors  sont  cachés  sous  sa  base ,  et  que  parfois 
on  a  vu  roder  autour  d'elle  des  monstres  hideux  ou  des  jeunes  fiUes  vêtues  de  blanc. 

Époque  incertaine.  —  Près  du  château  de  Villequier,  on  voit,  sur  la  côte  qui  domine 
la  Seine ,  les  restes  d'une  enceinte  fortifiée  appelée  les  Câtels  ou  les  Câteliers. 

On  nous  a  aussi  cité  une  triple  enceinte  au  hameau  de  La  Guerche^  et  trois  tertres 
élevés  dans  le  bois  de  Bellemare. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  staL  el  mon.  des    i       A.  Bosquet,  a  La  Norm.  roman,  et  roerveill.,»  p.  173. 
arr.,  »  t.  ii,  p.  73-74,  136-37.  [ 

SAINT-ARNOULT. 

ÉPOQUE  ROMAINE.  —  La  voic  romaine  qui  allait  de  Juliobona  (Lillebonne)  à  Lotum  (Cau- 
debec)  passait  par  Saint-Arnoult,  où  elle  s^appelait  au  moyen-âge  le  chemin  du  Roy, 

Époque  incertaine.  —  Il  y  avait  autrefois  à  Saint-Arnould  une  mare  baigneresse  dite 
de  Saint-Onuphre ,  où  l'on  venait  se  plonger  le  49  juin.  Ce  jour-là,  on  allumait  un  feu  de 
carrefour  sur  lequel  descendait,  dit-on,  un  pigeon  blanc.  Ce  feu  a  cessé  en  1836. 

Dans  la  forêt ,  on  montre,  au  triége  de  la  Pommeraye ,  les  murailles  et  les  terrassements 
du  vieux  château  de  la  Pommeraye. 

«  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,  »  l'*édi t.    |        «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  •  t.  xiv, 
t.  !•',  p.  80-82;  2*  ôdit.,  t.  !•%  p.  110-112.  |    p.  151,  ett  xxiv,  p.  355. 

GUERBAVILLE-LA-MAILLERAYE. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  médaille  de  bronze  de  la  colonie 
de  Nîmes  et  une  monnaie  d'or  de  Julien-F Apostat ,  trouvées,  vers  1840,  sur  le  territoire 
de  cette  commune. 

M.  Fallue  assure  qu'à  Guerbaville  on  rencontre  des  'tuiles  romaines. 

Période  normande.  — Vers  1840,  une  épée  normande  fut  trouvée  dans  la  Seine,  en 
face  de  La  Mailleraye.  A  présent ,  elle  fait  partie  de  notre  collection  départementale. 

Fallue,  a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  x,  p.  432. 

SAINT-NIGOLAS-DE-BUQUETUIT. 

Époque,  romaine.  —  Sur  ce  village  passe  la  voie  romaine  qui  allait  de  Lotum  (Gaudebec) 
à  Breviodurum  (Pont-Audemer  ou  Brionne).  G'est  cette  voie  que  suivit  Guillaume-le- 


—  489 


Bâtard,  lorsqu'en  4055  il  allait  à  Arques  étouffer  la  révolte  de  son  oncle  Guillaume, 
comte  d^Arque^  ou  de  Talou. 

M.  Fallue  parle  aussi  de  villas  sur  le  territoire  de  Bliquetuit.  Il  cite  également  des  puits 
maçonnés. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.»  stat.  etc.,»  t.n,  p.  198. 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Nonn.,  »  t.  x,  p.  431, 
et  t.  XXIV,  p.  353. 


«•  Les  Églises  de  rarrondlssement  d'Yvetot,  »  l*^*  édit., 
t.  V%  p.  125;  2'  édit.,  1. 1",  p-  139. 


NOTRE-DAME-DE-BLIQUETUIT. 

Époque  gauloise.  —  M.  Fallue  cite  une  grande  pierre  où  Ton  voit  des  fées  et  des 
géants,  placée  dans  un  champ  du  hameau  du  Wuy,  près  la  route  de  Pont-Audemer.  Il  ne 
dit  pas  si  c'est  sur  Saint-Nicolas  ou  sur  Notre-Daipe. 

Epoque  romaine.  — .M^  Guilmeth  spécifie  mieux  la  circonscription,  quand  il  dit  qu'à 
Notre-Dame-de-Bliquetuit,  au  heu  appelé  Molle-Croute,  le  Molle  Crofta  du  Monasticon 
anglicanum,  on  a  recueilli  des  tuiles,  des  poteries,  des  médailles  romaines,  des  ossements 
humains  et  des  urnes  cinéraires  (?). 

M.  Fallue  parle  de  débris  de  villa  au  lieu  dit  le  Château-dvr-Mort. 

Époque  franque.  —  M.  Fallue  redevient  incertain  sur  la  question  de  territoire,  quand 
il  nous  dit  qu'à  une  époque  qu'il  ne  fixe  pas,  M.  Marescot,  de  Bliquetuit,  a  recueilli,  au- 
près de  squelettes  sans  cercueils,  des  boucles  en  bronze,  des  monnaies  et  divers  objets  de 
fer.  Il  ajoute  qu'en  face  de  l'église  de  Bliquetuit  on  a  également  trouvé  des  squelettes  dans 
des  cercueils  de  pierre. 


Fallue,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm. ,  t.  x,  » 
p.  430-32. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arrond.,  »  t.  u,  p.  198.  * 


VATTEVILLE. 

Le  territoire  de  Vatteville  est  immense,  attendu  qu'il  renferme  une  partie  de  la  forêt  de 
Brotonne.  Mais  nous  accorderons  un  article  particulier  à  cette  forêt.  Quoique  privé  de 
cette  portion  de  son  territoire,  Vatteville  n'en  est  pas  moins  riche  en  monuments  de  toutes 
les  époques. 

Époque  gauloise  (?).  —  On  pourrait  peut-être  attribuer  aux  temps  celtiques  et  au 
culte  des  pierres  un  lieu  appelé  Petra  ficta  (Pierre  fique  ou  Pierre  fichée),  mentionné 
dans  une  charte  de  715,  délivrée  par  Dagobert  II  à  saint  Bénigne,  abbé  de  Fontenelle. 

M.  Gueroult,  de  Caudebec,  possède  des  monnaies  gauloises  en  bronze  trouvées  à  Vatte- 
ville vers  1850. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  qui  allait  de  Breviodurum  à  Lotun  (  Caudebec) 
longeait  tout  le  village  de  Vatteville  qui,  à  cause  de  cela,  est  parfois  surnommé  La  Rue» 

62 


—  490  — 

C'est  cette  route  que  suivit  Guillaume-le-Conquérant  lorsque,  du  fond  du  Cotentin,  il  vint 
à  Arques,  en  1055,  pour  y  étouffer  la  rébellion  de  son  oncle: 

En  1855,  M.  HuUin,  maire  de  Vatteville,  a  trouvé  dans  le  Champ-de-la-Broche,  dépen- 
dant de  la  ferme  Féron^  un  cercueil  de  pierre  d'un  seul  niorceau,  qui  sert  aujourd'hui  de 
baille  à  une  métairie.  Ce  sarcophage,  long  de  2  mètres  15  centimètres,  haut  de  75  centi- 
mètres et  large  de  80,  est  en  pierre  du  pays  et  taillé  en  forme  d'auge.  Il  ne  contenait  que 
quelques  ossements  dérangés.  Il  a  un  trou  au  fond  et  affecte  la  forme  d'un  parallélo- 
gramme. Nous  le  croyons  du  Bas-Empire. 

La  ferme  dite  du  Câtelier,  ou  plutôt  des  Câteliers,  est  placée  sur  une  éminence  natu- 
relle que  le  séjour  de  l'homme  à  augmentée.  On  trouve  autour  d'elle  de  la  terre  noire,  des 
tuiles  à  rebords  et  des  murs,  qui  courent  dans  toutes  les  directions.  M.  Gueroult  a  recueilli 
aux  Câteliers  des  médailles  romaines,  deç  tuiles  et  des  poteries  antiques.  M.  Fallue  y  cite  la 
découverte  d'un  bronze  de  Germanicus  ;  M.  Deville  y  a  récolté  un  Titus. 

Au  lieu  dit  la  Maison-du-Roi^  on  rencontre'  beaucoup  de  tuiles  à  rebords  et  de  murs 
arasés.  On  raconte  aussi  que,  le  long  des  terrains  communaux,  on  a  trouvé  un  vase  rempli 
de  médailles  antiques. 

M.  Gueroult  possède  dans  son  cabinet  une  clef  en  bronze  doré,  trouvée  à  Vatteville  vers 
1838,  à  côté  de  deux  grands  bronzes  de  Vespasien  et  de  Domitien.  En  1863,  il  a  recueilli 
à  Vatteville  trois  autres  monnaies  de  bronze  parmi  lesquelles  se  trouvait  Septime-Sévère. 

Époque  franque.  —  On  s'accorde  généralement  à  placer  à  Vatteville  le  palatium  de 
nos  rois  mérovingiens,  qui  portait  le  nom  d'Arélaune.  Ce  palais  est  à  peu  près  le  seul  qu'ait 
possédé  notre  département.  Il  est  vrai  de  dire  qu'ici,  comme  à  Pitres,  comme  à  Kiersy, 
comme  à  Brainnes ,  à  Clichy  et  ailleurs,  il  n'en  reste  plus  rien.  Cependant,  on  croit  en 
reconnaître  une  dernière  trace  dans  les  noms  de  maison  du  Roi  et  de  mare  du  Roi,  que 
portent  encore  une  ferme  et  une  mare  de  Vatteville.  La  possession  de  cette  métairie  par 
nos  rois  capétiens  ne  contrarierait  pas  cette  attribution,  car  cette  possession  prolongée 
s'expliquerait  comme  héritage  royal.  M.  Fallue,  toutefois,  nous  assure  avoir  reconnu  les 
restes  dn  palatium  sur  un  espace  de  150  pieds  carrés. 

Le  Journal  de  Rouen,  du  23  janvier  1 854,  nous  apprend  qu'un  habitant  de  Vatteville- 
sur-Seine  a  trouvé  sur  sa  propriété  des  squelettes  ayant  des  pots  aux  pieds.  Ce  détail  a 
toute  la  physionomie  franque. 

Période  normande.  —  Nous  sommes  tenté  d'attribuer  à  la  période  normande  la  motte, 
lés  fossés  et  les  murs  épais  et  en  feuilles  de  fougère  du  vieux  château  de  Vatteville.  Le 
donjon,  connu  sous  le  nom  de  Tour-de-Vatteville,  est  une  construction  énorme. 

ÉPOQUE  incertaine.  —  A  l'extrémité  de  Vatteville,  sur  la  lisière  de  la  forêt  de  Brotonne, 
au  bord  du  chemin  d'Aizier  et  à  quelques  pas  de  la  Seine,  est  une  butte  haute  de  10  à 
12  mètres,  et  ayant  environ  90  mètres  de  circonférence  à  sa  base.  On  l'appelle  la  Rutle- 
M'Écuyer.  En  1 838,  M.  Charlier  y  a  pratiqué  un  sondage  qui  est  demeuré  sans  résultat. 


—  491  — 

En  1859,  au  lieu  dit  le  Roule  ^  des  ouvriers  ont  rencontré  une  marmite  en  bronze  avec 
anse  de  fer ,  contenant  un  chandelier  ou  porte-lampe  en  cuivre.  Ces  objets  sont  chez 
M.  Gueroult,  de  Caudebec. 

BIBLIOGRAPHIE. 

Fallue,  t  iièm.  sur  les  antiq.  de  la  forêt  et  presqu'île 
de  Bretonne,  »  p.  62-63,  68-7^. 


Id.,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  t.  ix, 
p.  2T7  et  289,  et  t.  x,  p.  429-31,  438-44. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr. ,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arr.,  » 
t,  u,  p.  74,  198-200,  206-208. 

Labutte,  «Études  hist. sur  Tarrond. d'Yvetot,  »  p.  147. 


Lesage ,  «  Monum.  civils  et  religieux  de  Caudebec  et 
des  environs,  »  Mss.  de  la  Bibliothèque  de  Rouen. 

«  Les  Églises  de  Tarrondissement  d'Yvetot,»»  !'•  édit., 
1. 1",  p.  125-13;  2*  édit.,  t.  !•%  p.  124-130. 

«  La  Norm.  souterr.,»  1'"  édit.,  p.  346;  2*  édit.,  p.  435, 

«  Note  sur  les  marmites  en  bronze,  ■  p.  4. 

«  Revue  de  la  Norm.,  »  2« année,  p.  226;  2*  année.,  p.  3. 


LA  FORÊT  DE  BROTONNE. 

Cette  vaste  forêt  étant  partagée  entre  les  deux  communes  de  Vatteville-la-Rue  et  de 
Guerbaville-la  Mailleraye ,  il  nous  serait  difficile  de  distinguer  ce  qui  appartient  à  chaque 
territoire.  Nous  avons  préféré  lui  consacrer  un  article  spécial. 

Époque  gauloise.  —  Nous  attribuons  à  l'époque  gauloise  des  cavités  qu'on  voit  dans 
cette  forêt  et  que  l'on  nomme  le  puits  du  Trésor,  des  fosses  de  4  à  5  mètres  de  profon- 
deur sur  10  ou  12  de  diamètre. 

Peut-être  pourrons-nous  reporter  à  Tépoque  gauloise  la  fontaine  de  Grainetieu ,  qui 
coula  de  nouveau  en  1835  et  que  l'on  disait  avoir  été  bouchée  avec  des  balles  de  coton.  On 
en  dit  autant  à  Brotonne  même  de  la  source  qui  alimentait  la  mare  des  Molents: 

C'est  près  de  la  forêt  de  Brotonne  et  du  triége  du  Lendin  que  M.  le  marquis  de  Sainte- 
Marie  trouva,  en  1821 ,  des  médailles  gauloises  et  le  beau  bracelet  d'or  que  possède  la 
Bibliothèque  impériale,  où  il  porte  le  n*>  2,663.  Au  triége  des  Trois-Pierres  sont  des  roches 
qui  ont  un  caractère  mystérieux.  Au  Torp  est  la  pierre-au-honneux  que  l'on  dit  cacher 
un  trésor. 

Dans  ce  même  quartier  du  Torp  on  a  trouvé,  vers  1820,  des  haches  en  bronze  et  des 
lingots  du  même  métal.  A  côté  de  ce  dépôt  métallique  étaient  les  restes  d'un  fourneau  fait 
en  tuiles  romaines ,  ce  qui  indiquerait  peut-être  que  les  haches  de  bronze  ont  duré  en 
Gaule  pendant  la  domination  des  Césars. 

Parmi  les  épaves  sorties  des  fouilles  de  la  forêt  de  Brotonne  et  entrées  dans  notre  Musée 
d'antiquités ,  les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités  reproduisent  une  hachette  en 
serpentine.  Nous  devons  citer  également  une  monnaie  gauloise  en  argent,  trouvée  en  1845, 
et  décrite,  en  1864,  par  M.  Lambert,  de  Bayeux.  Cette  pièce  présente  une  tête  d'ApoUon- 
Musagète  assez  commune  dans  notre  pays.  On  attribue  cette  monnaie  à  l'Aquitaine. 

ÉPOQUE  ROMAINE.  —  Ce  fut  en  1837  que  M.  Fallue  fit  entrevoir  à  la  Normandie  sa- 
vante les  richesses  archéologiques  que  possèdent  la  forêt  et  la  presqu'île  de  Brotonne,  et 
ce  fut  de  1838  à  1843  que  M.  CharUer,  par  trois  explorations  successives,  mit  au  jour  des 
monuments  qui  ont  acquis  une  renommée  universelle. 


492 


M.  Fallue,  au  moyen  d'un  plan  et  d'un  mémoire  détaillé,  révéla,  au  sein  de  celte  sombre 
et  vaste  forêt,  de  nombreux  puits  maçonnés  qui  trahissaient  le  passage  de  l'homme,  tels 
sont  ceux  du  Rouet ,  de  Lullin,  de  Timare  et  de  la  Houssaye,  les  points  significatifs  du 
Câtelier  à  Vatte ville  et  aii  Lendin  (1). 

Au  Lendin,  le  Câtelier  dimonivé  une  villa  avec  ses  salles,  ses  galeries  et  son  hypocauste. 
D'autres  villas  furent  entrevues  aux  triéges  de  la 
Petite-Houssay  ^ y  des  Buttes  ^  des  Landes  ^  da  la 
Londe  et  de  Saint-Croix-sur-Aizier.  Partout,  en 
ces  divers  Heux,  on  voyait  des  substructions  et 
des  puits,  et  l'on  y  rencontrait  des  tuiles,  des  po- 
teries, des  mortiers,  des  stucs,  du  fer  et  du 

bronze.  —  Nous  donnons  ici  un  des  édifices 

reconnus  par  M.  Fallue. 
Près  de  la  chapelle  du  Torp ,  on  avait  vu  de 

nombreuses  maçonneries,  et,  vei^  1820,  un 

fourneau  fait  avec  des  tuiles  romaines.  Un  vase 

avait  été  recueilli,  contenant  mille  sept  cents 

médailles.  Enfin  ,  sur  le  môme  point ,  on  avait 

trouvé  des  urnes  en  terre  remplies  d'os  brûlés.      ^"""'""^  '"^'^^'^  ''^  ""  ^^""^^  **"  bboto:mne. 

Des  incinérations  pareilles  avaient  été  observées  à  Sainte-Croix-sur-Aizier. 

En  dernier  lieu,  le  mémoire  signale  de  vraies  découvertes  à  faire,  et,  dès  l'année 

suiy^nte .  un  amateur,  qui  ne  connaissait  pas  ce  livre,  essayait  de  tirer  du  sol  les  intéres- 
sants débris  soupçonnés  par  M.  Fallue. 

Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  de  1838  à  1843,  trois  fouilles  successives  furent  tentées 

par  M.  Charlier,  Inspecteur  des  eaux  et  forêts  à  Caudebec.  L'une  fut  faite  aux  frais  du 

Gouvernement,  les  deux  autres  aux  dépens  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie; 

toutes  trois  eurent  lieu  au  triége  de  la  Petite-Houssaye. 

Là,  M.  Charlier  reconnut  une  villa  composée  d'une  vingtaine  d'appartements  dont  les 

murs  avaient  été  anciennement  lenlevés  par  des  ouvriers  cherchant  du  caillou.  Le  carré 

des  ruines  avait  bien  225  mètres  dans  tous  les  sens.  Il  y  recueillit  des  restes  de  peintures 

murales,  des  tuiles  noircies  et  des  solives  carbonisées  par  l'incendie  qui  avait  détruit  la  villa- 


mm !fc 


(l)  Quoique  le  Lendin  ne  soit  pas  de  la  Seine-Inférieure,  cependant,  comme  il  en  est  voisin  et  que  la  plupart 
(les  objets  qui  en  sont  sortis  sont  entrés  dans  notre  Musée  de  Rouen,  nous  croyons  pouvoir  les  mentionner  ici.— 
Il  y  a  longtemps  que  le  Lendin  attire  l'attention  des  antiquaires,  puisque  vers  1810  M.  Rêver  en  signalait  les  monu- 
ments antiques  à  l'Académie  de  Rouen.  —  Vers  1836,  on  y  a  recueilli  de  nombreux  tessons  de  poterie  rouge  à  orne- 
ments et  à  figures,  sur  lesquels  on  lit  les  marques  de  :  rvfi  ,  —  senitam  ,  —  svartim,  —  sinatas  ,  —  gastvs,  —  o 
SEVERi,  —  siLVANi.  On  lit  sur  un  vase  : ...  ni  m,  et  sur  un  grand  plat:  ...  iici.  On  a  également  rencontré,  au  milieu 
de  peintures  murales ,  rouges  et  jaunes,  un  Auguste  et  un  Trajan,  en  argent  ;  des  Marc-Aurèle ,  des  Tetricus,  des 
Posthume,  des  Dioclétien  et  des  Constantin,  en  bronze.  —  Enfin  M.  Uouel  cite  des  médailles  de  Maximien  recueillies 
dans  des  tombeaux  du  Lendin. 


—  493  — 

Lra  clous  étaient  aussi  très  fréquents.  Il  n'y  avait  qu'une  médaille  de  bronze  de  Conslaniin- 
Je-Grand.  Enfin,  le  13  septembre  1838,  il  rencontra  la  belle  mosaïque  d'Orphée  jouant  de 
la  lyre,  entouré  d'animaux  et  escorté  des  quatre  saisons  de  l'année.  Malheureusement, 
deux  animaux  et  trois  saisons  manquaient.  Cette  belle  pièce ,  de  4  mètres  50  centimètres 
en  carré,  a  été  enlevée  en  1844  par  H.  Deville  et  transportée  à  Rouen  pour  être  placée  au 
Musée  départemental,  où  M.  Pottier  vient  de  l'installer  en  1862  (1).  (Nous  reproduisons 
ici  un  fragment  de  cntto  pièce  rii[i!!;il(^  ;l'  Tioiiv  ;i;Thi'u;>  i^;;''  ■>.L"(i-i-oniaine\ 


(  l)  Le  lecteur  n'apprendra  pas  sans  intérêt  que  ce  qui  a  permis  à  M.  Pottier  de  restaurer  et  de  compléter  avec 
certitude  la  mosaïque  de  Bretonne,  aujourd'hui  le  plus  fler  ornement  du  Musée  de  Rouen,  ça  été  la  découverte 
l'ai  te  en  Algérie  d'une  mosaïque  semblable  et  parfaitement  intacte.  —  Il  sera  facile  de  se  rendre  compte  des  parties 
rastituf'es  en  comparant  la  pièce  actuelle  avec  le  beat»  dessin  colorié  publié  par  H.  Charlier  dans  les  sMém.  delà 
Soc.  des  Anliq.  de  Norm.  ■  (t.  xi,  p.  S64-79).  —  Du  reste,  c'était  un  sujet  cher  aui  maîtres  de  i'anclon  inonde,  que 
cette  allégorie  d'Orphée  domptantavec  ta  iyre  les  animawc  sauvages  :  car  ce  type  s'est  rencontré  sur  des  mosaïques 
découvertes  à  Blanzy  (Aisne)  en  1858  (Ed.  Fleury,  ■  Fouilles  de  Blanzy,  »  dans  le  a  Bulletin  de  la  Soc.  académ.  de 
Laon,  »  t.  ï,  p.  39-51)-,  à  Vienne  (Isère)  en  1859  (Allmer,  -  Progrès  de  Lyon ,  »  du  15  janvier  1860.  ~  De  Gaumont, 
■  Bulletin  monum.,  >  I.  xxvin,  p. 628-39);  &  San  Sebastiano,  près  BaCalha  en  Portugal,  en  1857  (i  Tbe  iltustrated 
LondonNews,  ■  dn  5  septembre  1857),  et  à  Rottmeil  en  Allemafnie  vers  1834.  On  ignore  encore  si  le'sitjel  est 
chrétien  ou  purement  païen. 


BBOTONKB,  ISjaJ. 


—  494  — 

A  200  mètres  de  la  mqsaïque  et  de  la  villa,  U.  Gharlier  fouilla  un  tumutus  sous 
lequel  il  trouva  bon  nombre  de  vases  brisés  et  trois  cruchons 
en  terre  cuite  remplie  d'os  brûlés  et  servant  d'urnes  cinéraires. 
Nous  reproduisons  ici  trois  de  ces  vases. 

Les  deux  fouilles  de  1843  ne  donnèrent  pas  d'objet  capital 
comme  la  mosaïque;  mais  elles  furent  plus 
riches  en  pièces  de  détail.  Ce  fut  encore  au 
triége  de  la  Petite-Haussaye  .que  M.  Gharlier  . 
commença  son  exploration.  Cette  fois, 
il  mit  au  jour  une  surface  construite 
de  150  mètres  sur  180.  Là  étaient  de 
nombreux  appartements,  des  galeries, 
des  hypocaustes  et  des  salles  peintes 
et  pavées  en  mosaïque.  M.  Gharlier 
crut  aussi  reconnaître  des  bains  : 
vida  un  puits  où  étaient  des  poteries  et  des  bois  de  cerfs.  Enfin  il  reconnut  que  ces 
corps  de  bâtiment  étaient  entourés  d'un  mur  de  clôture  dont  il  constata  fort  bien  les 
traces. 

De  nombreux  objets  furent  reconnus  ou  tirés  du  sein  de  la  terre.  Nous  en  donnons  ici  le 
court  inventaire.  On  a  rencontré  des  marbres  d'ItaUe,  des  peintures  murales,  des  mosaïques 
réproduisant  des  fleurs,  des  feuilles  et  des  oiseaux;  une  provision  de  tuiles  faîtières,  des 
bouts  de  flûte  en  os ,  un  vase  rempli  d'ocre  bleu  pouf  la  peinture ,  des  fers  de  chevaux  ou 
plutôt  des  bipposandales,  des  verres  à  vitre  encore  salis  du  mortier  qui  les  avait  fixés  au 
mur,  quarante-cinq  médailles  romaines  grand,  moyen  et  petit  bronze,  aux  effigies  de  Ti- 
bère, de  Trajan,  d'Adrien,  de  Marc-Aurèle,  d'Antonin-le-Pieux,  de  Faustine,  de  Commode, 
de  Posthume,  de  Claude  II,  de  GalUen,  de 
Solooine  et  de  Tétricus  ;  un  Gordien  III  en 
argent  ;  des  fibules  de  bronze ,  des  styles , 
des  anneaux,  des  clés,  un  miroir  de  bronze 
argenté,  une  tête  de  chandelier,  des  restes 
de  vase,  etc.  Il  ne  faut  pas  omettre  une 
déhcieuse  anse  de  bronze  provenant  d'une 
riche  patère.  Le  verre  et  l'email  se  sont 
montrés  sous  plusieurs  formes.  Le  plus 
curieux  morceau  fut  un  mascaron  marqué 
au-dessous  du  nom  d'AHARANVs.  —  Nous 
reproduisons  ici  ce  médaillon  de  verre. 

La  poterie  rouge  a  donné  des  vases  à  reliefs ,  des  bols,  des  soucoupes  et  des  plateaux,  ^ 


MKDAILLON  Bit  YERBE  (BBOTOnKE,  1843). 


—  495  — 

les  cpiatre  noms  de  potier  :  limetii  m  ,  —  genitoris  ,  —  senit a  m  —  et  adVocisi.  Ce 
dernier  est  sur  le  flanc  d*un  vase  à  relief. 

Le  fer  était  représenté  par  une  masse  d'objets  où  l'on  distinguait  des  clous  de  toit  et 
d'étuves ,  des  fers  de  chevaux ,  des  clés ,  un  porte-lampe ,  une  hache ,  un  fer  de  flèche , 
une  faucille,  des  anneaux,  des  crochets,  un  couteau,  une  hachette,  etc. 

N'oublions  pas  non  plus  une  trentaine  de  statuettes  de  Vénus  Anadyomène  en  terre  de 
pipe.  Ce  sont  probablement  des  ex-voto  comme  deux  priâmes  de  la  même  matière. 

Le  Musée  de  Rouen  et  celui  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  à  Caen ,  se 
sont  partagé  les  épaves  que  nous  venons  d'énumérer,  ainsi  que  des  tessères  en  or,  des 
épingles  à  cheveux  dont  une  belle  en  ivoire  à  tête  sculptée,  des  perles  d'émail,  des  pierres 
à  rallier,  des  faîtières,  des  étuves  et  des  tuiles.  Le  Musée  de  Rouen  possède  aussi,  venant 
de  Brotonne ,  des  meules  à  broyer  en  poudingue.  Deux  paires  de  ces  meules  ont  encore  été 
recueillies  en  1 861  en  faisant  une  route. 

Ajoutons  que  les  archives  de  la  Commission  des  Antiquités  renferment  deux  planches  colo- 
riées reproduisant  une  bonne  partie  des  découvertes  de  Brotonne;  ce  sont  des  dessins  d'ob- 
jets en  bronze,  en  fer,  en  verre ,  en  os ,  en  émail  et  en  terre  cuite.  Nous  y  avons  remarqué 
spécialement  un  chandelier  en  terre  cuite,  le  fragment  d'un  masque  en  bronze  et  l'anse  ad- 
mirablement décorée  d'un  vase  de  bronze  trouvé,  en  1844,  dans  le  quartier  de  la  Réserve, 

Époque  franque.  —  Jusqu'à  présent  nous  ne  connaissons  encore  dans  Brotonne  que 
bien  peu  de  monuments  bien  caractérisés  de  l'époque  franque.  C'est  à  peine  si  nous  osons 
attribuer  à  cette  époque  deux  lances  en  fer  trouvées  par  M.  Charlier  et  dessinées  par 
M.  DeviUe  pour  les  cartons  de  la  Commission  des  Antiquités.  Cependant,  cette  forêt  joua 
im  grand  rôle  à  cette  période. 

Généralement  toutes  les  constructions  de  Brotonne  ont  le  caractère  gallo-romain;  mais 
les  Mérovingiens  n'avaient  pas  d'architecture  proprement  dite.  Ils  s'abritaient  sous  des 
édifices  antiques,  et  le  palais  carlovingien  de  Pitres  ne  nous  a  révélé  jusqu'ici  que  des 
restes  de  l'art  romain.  Il  dut  en  être  à  peu  près  de  même  à  Arélaune.  C'est  pourquoi , 
jusqu'à  présent,  nous  sommes  dans  l'impossibilité  de  dire  si  l'agréable  palais  d' Arélaune 
était  dans  les  villas  sorties  du  sein  même  de  la  forêt,  ou  dans  la  prairie  de  Vatteville  connue 
sous  le  nom  de  Maison-du-RoL  En  attendant,  exposons  ce  que  l'histoire  nous  apprend  du 
rôle  de  la  villa  et  de  la  forêt  d'Arélaune  sous  la  première  race. 

Grégoire  de  Tours  raconte  qu'en  537  Clotaire  I^r,  roi  de  Soissons,  poursuivi  par  son 
frère  Childebert  l^,  roi  de  Paris,  et  son  neveu  Théodebert  1er,  roi  de  Metz,  et  ne  croyant 
pas  pouvoir  leur  résister,  se  réfugie  dans  une  forêt  que  l'auteur  des  Gesta  regum  francorum 
nous  apprend  être  celle  d'Arélaune  (Arenaulensem).  Un  orage  affreux  qui  éclate  pendant 
la  nuit  jette  la  terreur  dans  le  camp  des  alliés;  ils  se  réconcilient  avec  leur  frère  Clotaire 
qui  les  reçoit  dans  son  palais  d'Arélaune.  «  CMotecharius  œstimans  se  fratrum  exercitum 
sustinere  non  posse  in  silvam  confugit.  i> 


—  490  — 

En  599  ou  en  600,  Clotaire  II,  battu  à  Dormelles  (Doromello  vico)  (Seine-et-Marne)  par 
Thierry  II  et  Théodebert  II,  s'enfuit  à  Melun,  puis  à  Paris,  puis  dans  la  forêt  d'Arélaune 
(Arelauno  silva).  Thierry  le  poursuit  jusqu'à  Essone  (Scione  vicus),  près  Corbeil  (Seine- 
et-Oise). 

En  603,  Berthoalde,  maire  du  palais,  ayant  été  envoyé  en  Neustrie  avec  trois  cents 
hommes  pour  lever  des  tributs  sur  des  provinces  nouvellement  soumises,  et  s'étant  arrêté 
dans  la  villa  d'Arélaune  (Arelaunum  villam)  afin  de  chasser  dans  la  forêt,  faillit  y  être  sur- 
pris par  Landry,  chef  neustrien,  et  il  n'eut  que  le  temps  de  se  sauver  à  Orléans. 

En  670  ou  en  675,  Thierry  III,  chassant  l'automne  «  in  saltu  Arelaunensi,  3>  reçut 
dans  sa  villa  d'Arélaune  «  Arelao  villa ,  »  comme  l'appelle  Frédégaire ,  le  moine  saint 
Condé,  nouvellement  débarqué  de  l'île  de  Bretagne.  Il  lui  fit  cadeau  de  l'île  de  Bel- 
cinac,  sise  en  Seine,  en  face  de  son  domaine  royal  t  Belcinacca  insula...  fisco  Arelauïie 
vicina.  » 

.  En  671,  Childéric  II  donna  à  saint  Lambert,  abbé  de  Fontenelle,  Osmoi  (Uhnirum)  et 
Warenne  (Warinnam)  (Saint-Saëns?).  Cette  donation  fut  faite  au  palais  d'Arélaune: 
«  Edita  est  haec  largitio  Arelauno,  jucundo  palatio  apud  Caletes.  » 

En  701  et  en  708  Childebert  III  donna  à  saint  Bain ,  cinquième  abbé  de  Fontenelle, 
quelques  portions  de  la  forêt  d'Arélaune. 

Enfin,  en  715,  Dagobert  II  confirma  la  même  donation  à  saint  Bénigne,  sixième  abbé 
de  Fontenelle  :  «  ivm  partem  de  Arelauno  foreste.  » 

L'histoire  et  la  tradition  parlent  aussi  de  la  présence  au  palais  d'Arélaune  de  plusieurs 
saints  mérovingiens.  Nous  citerons  surtout  saint  Samson,  évêque  de  Dol  au  temps  de 
Clotaire  1er  et  de  Childebert;  saint  Meen,  son  successeur;  saint  Germer,  abbé  de  Pantalle 
au  vue  siècle;  saint  Condé,  moine  breton,  ami  de  Thierry  III  et  fondateur  des  mystérieuses 
églises  de  Belcinac. 

Il  resterait  à  présent  à  rechercher  à  quelle  époque  notre  forêt  quitta  le  nom  d'Arélaune 
qu'elle  portait  encore  au  viiie  siècle,  pour  prendre  celui  de  Bretonne  (Brothoniae),  sous 
lequel  elle  est  connue  à  présent  et  même  dès  le  ixe  siècle.  C'est  ce  qui  apparaît  par  des 
diplômes  ou  lettres-patentes  que  conservait  dans  ses  archives  l'abbaye  de  Fontenelle  : 
«  Littere  Karoli  régis  de  donis  Brothoniae  >  :  «  donis  omnibus  in  Brothoniae.  >  Mabillon,  suivi 
en  cela  par  MM.  A.  Le  Prévost,  A.  Jacobs  et  tous  les  autres  écrivains,  pense  que  cette  forêt 
aurait  pris  au  vnie  et  au  ixe  siècle  le  nom  de  c  Sylva  Britonis,  »  à  cause  du  Breton  saint 
Condé  auquel  Thierry  III  en  avait  donné  ime  partie,  celle  que  posséda  plus  tard  l'abbaye 
de  Saint-Wandrille. 

Antiquité  végétale.  —  Sur  les  bords  de  la  forêt  de  Bretonne  qui  avoisinent  le  Lendin, 
il  existe  un  chêne  extraordinaire  appelé  la  Cuve,  à  cause  de  sa  forme,  qui  ne  compte  pas 
moins  de  plusieurs  siècles  d'existence.  Ce  végétal  séculaire  a  eu,  en  1827,  les  honneurs 
de  la  gravure. 


j 


—  497 


BIBLIOGRAPHIE. 


Grcgr.  Turon,  «  Hist.  Eccles,,  m  l.  ni,  c.  28. 

«  Fredegarii  Ghronicon,  »  c.  xxv. 

«  Gesta  regum  franconim,  »  c.  xxv. 

Dumoustier,  «  Neuslria  pia,  »  p.  162. 

MabilloD,  «  Annales  ord.  S.  Benedict.,  »  1. 1",  p.  506. 

L'abbé  Lebeuf,  «  Recherches  sur  la  position  de  quel- 
ques lieux  nommés  dans  Frédégaire  et  ses  continua- 
teurs, Arelaus,  etc.,  »  dans  ses  «  Dissert,  sur  THist.  de 
Paris,  «  t.  !•%  p.  338-339,  édit.  de  1739. 

Rêver,  a  Précis  analytique  des  Travaux  de  l'Académie 
de  Rouen. » 

Houel,  «  Annales  des  Gauchois,  »  t.  i",  p.  251. 

Fallue,  «  Mém.  sur  les  antiq.  de  la  forêt  et  presqu'ile 
de  Brotonne,  »  in-S"  de  96  p.  et  2  pi.,  Caen,  1837,  et 
•  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  x,  p.  369- 
464  et  pi.  V  et  vi. 

Id.,  «  Revue  archéologique,  «  x\v  année,  p.  612. 

Id.,  «  Archives  du  Havre,  »  2*  année,  1838,  p.  309- 
311. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  liist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  u,  p.  199. 


a  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxrv,  p.  353, 
et  t.  xxv,  p.  522,  535  et  pi.  xvi,  fig.  9. 

Gharlier,  eMém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi, 
p.  264-69  et  2  planches;  t.  xiv,  p.  9-20  et  3  planches. 

Deville,  «  Gatalogue  du  Musée  départemental,  »  an- 
née 1845,  p.  20,  26,  28,  32. 

Labutte,  «  Études  hist.  sur  larrond.  d'Yvetot,  »  p.  147. 

a  Revue  de  Rouen,  »  année  1844,  2«  sem.,  p.  117-19. 

«  Les  Églises  de  l'arrondissement  d'Yvetot,  »  Inédit., 
t.  i",p.  126-32;  2«  édit.,  1. 1",  p.  125-139. 

«LaNorm.  souterr.,  »  1"  édit.,  p.  127,  158,  165, 168, 
346;  2«  édit.,  p.  146,  179,  180,  188,  192  et  435. 

Ghabouillet,  «  Gatalogue  gén.  et  rais,  des  camées  et 
pierr.  grav.de  la  Bibl.  imp.,  »  p.  395. 

Jacobs,  a  Revue  des  Soc.  sav.,  »  2«  série,  t.  ii,  p.  318, 
334-37. 

Id.,  «  Géographie  de  Grégoire  de  Tours,  de  Frédé- 
gaire et  de  leurs  continuateurs,  >•  p.  97-191. 

Deshayes,  «Notice  sur  un  Ghône  extraordinaire  appelé 
la  Cuve,  situé  dans  la  forêt  royale  de  Brothonne,  »  in-8», 
Rouen,  1827,  avec  grav.,  par  H.  Langlois. 


63 


MENT  DE  NEUFCHATEL 


CANTON    DE    NKUFGHATEL. 


NEUFCHATEL-EN-BRAY. 

Celte  ville  était  autrefois  la  métropole  de  ce  pays  de  Bray ,  assez  grand  pour  former  un 
pagvs  et  un  doyenné,  ce  qui  fait  remonter  son  importance  jusqu'au  temps  des  Fi^ancs. 
Mais  alors  le  chef-lieu  s'appelait  JDnv?c(?î/r^j  Driencoitrt ,  Dricourt ,  Driencort  ou  Lincourt. 
Ce  n'est  qu'au  xiie  siècle,  après  la  construction  du  célèbre  château  de  Henri  Beauclerc,en 
1106,  qu'elle  prit  le  nom  de  Neufchâtel,  et  encore  elle  garda  trois  siècles  le  surnom  de 
Drincourt,  car,  sur  une  pierre  tombale  du  xive  siècle,  récemment  sortie  de  l'église  et 
entrée  dans  le  Musée  de  la  cité,  on  lit  en  toutes  lettres  le  NeufcasteUde-Lincoiirt. 

Les  documents  écrits  ne  parlent  guère  de  Drincourt  ou  Driencourt  avant  la  période 
normande  du  xe  et  surtout  du  xp  siècle  ;  mais  nous  sommes  plus  heureux  du  côté  des 
monuments.  Le  Musée  de  Rouen ,  et  notamment  le  Musée  de  Neufchâtel ,  sont  les  biblio- 
thèques, ou  plutôt  les  sources,  où  nous  irons  puiser.  Cette  dernière  collection,  l'une  des 
plus  intéressantes  de  la  province,  est  l'œuvre  d'un  homme  de  cœur  et  de  savoir  qui,  depuis 
quarante  ans ,  n'a  cessé  de  s'y  dévouer  avec  un  zèle  rare  et  un  désintéressement  dont  il  y 
a  peu  d'exemples.  Nous  ne  connaissons ,  en  Normandie ,  que  M.  Ed.  Lambert  qui  ait  tenté 
pour  Bayeux,  sa  patrie,  ce  que  M.  Mathon  a  fait  pour  la  sienne  (1). 

Époque  gauloise.  —  Depuis  1 836 ,  le  Musée  de  Rouen  possède  trois  monnaies  gauloises 
en  bronze  trouvées  à  Neufchâtel  :  l'une  est  fruste  et  barbare ,  la  seconde  présente  le  nom 
de  viRici  ;  la  troisième  offre  d'un  côté  un  bige  lancé  montrant  au-dessous  le  mot  ratvma 
(cos)  :  de  l'autre  côté  est  une  tôle  juvénile  avec  le  nom  de  chef  svTicos.  Cette  pièce  est 
considérée  comme  une  monnaie  des  Vélocasses ,  dont  Rouen  était  la  capitale. 

(!)  Jean-Baptiste  Mathon,  né  à  Neufchâtel,  le  4  mai  1786,  est  bibliothécaire  de  cette  ville  depuis  1821.  Corres- 
pondant du  Ministère  de  l'Instruction  publique,  dès  1840,  il  n'a  cessé,  pendant  vingt-cinq  ans,  de  fournir  au 
Comité  d'utiles  communications.  Le  zèle  bien  connu  de  M.  Mathon  l'a  fait  associer  à  la  plupart  des  Sociétés  savantes 
de  notre  pays.  Nous  devons  à  ce  digne  homme  d'excellentes  notes  sur  l'arrondissement  de  Neufch&tel ,  dont  il  est 
la  personnification  archéologique. 


—  499  — 


Sur  les  côtes  dites  de  Saint-Antoine  et  de  Bihorel,  M.  Mathon  a  recueilli  des  couteaux 
et  une  flèche  en  silex. 

L'enceinte  même  de  la  ville  a  montré,  en  1850,  une  hachette  de  pierre,  sur  remplace- 
ment de  l'ancien  prieuré  de  Saint-Thomas-le-Martyr,  fondé  au  xiie  siècle  par  Roberl-le- 
Bourguignon. 

Époque  romaine.  —  Les  vestiges  romains  sont  rares  à  Neufchâtel;  cependant  ils  n'y 
sont  pas  inconnus.  Des  tuiles  à  rebords  ont  été  aperçues,  en  1850,  dans  l'enceinte  du 
prieuré-hôpital  de  Saint-Thomas;  en  1838,  au  pont  qui  conduit  vers  Rouen ,  à  2  mètres 
au-dessous  du  lit  de  la  rivière,  et  enfin,  en  1863,  sur  le  plateau  qui  domine  la  ferme 
de  Saint-Antoine.  Des  monnaies  romaines  ont  été  également  recueillies  à  différentes 
époques  et  sur  divers  points  :  en  1838,  c'est  une  Faustine  en  bronze,  au  pont  de  Rouen; 
en  1862,  c'est  une  monnaie  impériale,  sur  le  plateau  de  Saint-Antoine ,  et  en  1863,  c'est 
un  grand  bronze  d'Adrien ,  près  le  château.  Une  meule  à  broyer  en  poudingue  a  été 
recueilHe,  en  1860,  au  Mont-Ricard.  Mais  les  meilleures  découvertes  appartiennent  à 
l'époque  franque. 

En  1836,  le  Musée  de  Rouen  acheta  onze  monnaies  romaines  en  argent,  quatorze  en 
grand  bronze  et  trois  en  petit  bronze  venant  de  Neufchâtel. 

Epoque  franque.  —  L'existence  d'un  doyenné  à  Neufchâtel  prouve  suffisamment  l'im- 
portance de  Driencourt  à  la  période  franque;  mais  nous  avons,  pour  tirer  cette  conclusion, 
des  inductions  plus  directes. 

De  1850  à  1852,  le  nommé  Guignard  a  exploité,  pour  sa 
bâtisse  et  son  industrie ,  un  terrain  situé  auprès  du  calvaire  de 
Neufchâtel ,  à  l'angle  du  chemin  qui  conduit  au  nouveau  cime- 
tière et  de  la  route  départementale  n»  5.  Ce  champ  s'est  montré 
rempli  de  sépultures  franques.  Il  a  été  tiré  de  terre  au  moins  une 
centaine  de  corps.  Quelques  crânes  existent  au  Musée  de  Neuf- 
châtel. Cette  même  collection  municipale  a  recueilli  les  princi- 
pales épaves  sorties  de  ces  fosses  mérovingiennes.  Nous  citerons 
dans  le  nombre  vingt  vases  en  terre  grise,  noire  et  blanche;  des 
sabres ,  des  couteaux ,  des  fers  de  lance ,  des  boucles ,  des  plaques 
de  ceinturon  en  bronze  ciselé  et  en  fer  damasquiné.  Comme  par- 
ticularités remarquables ,   nous    reproduisons  un   bouton  de 

bronze  encadrant  un  morceau  de  verre  coloré 
en  bleu ,  et  une  trousse  composée  d'un  cure- 
oreille  ,  d'un  cure-dents  et  d'une  petite  pas- 
soire, le  tout  en  bronze  et  rattaché  à  un  an- 


-^«*^«  *«  .  --.^.„  »*  ^^^^^'  Nous  donnons  également  à  la  page  500 

BOSTON  EW  HRONZB  ET  *5  r'T? 

VERBE  COLORÉ.       huit  vascs  dc  terre  sortis  de  ce  cimetière. 


CURE-OREILLE  ET  PAS80IRB 
EN  BROPfZB. 


~  500  - 

En  1855,j'ai  pra- 
tiqué dans  ce  cime- 
tière une  fouille  qui 
m'a  donné  un  vase 
de  lerre ,  une  clé  en 
fer,  des  boucles  de 
bronze,  des  perles  en  verre  et  en  pâte  de  verre. 

En  1863eten  1864,M.  Guignard,  ayant  fait 
de  nouvelles  constructions  aux  abords  de  la 
route  départementale,  rencontra  encore  une 
douzaine  de  squelettes,  dont  plusieurs  étaient 
accompagnés  de  vases  aux  pieds,  de  haches, 
de  lances  et  de  couteaux  en  fer,  de  boucles, 
de  fd)ules  et  autres  ornements  de  bronze. 

Période  normande.  —  C'est  aux  Nor- 
mands ,  ou  plutôt  aux  Anglo-Normands,  que 
Neufchàtel  doit  son  dernier  nom  et  comme 
«ne  existence  nouvelle.  Le  duc-roi  Henri  I^r 
construisit  ici ,  de  1106  à  1119,  un  château 
immense  que  notre  Henri  IV  fit  démolir  en 
1595,  mais  dont  la  plate-forme  restée  avec  des  fossés  profonds  atteste  la  vaste  étendue 
de  la  forteresse  normande.  Ces  éloquents  vestiges  nous  semblent  répéter  comme  un  écho 
fidèle  cette  belle  définition  du  chantre  de  Philippe-Auguste  ; 

■ Comitis  Aagsi ,  not))le  castrum 

Quod  populi  indigense  Driencnria  voce  vocalur.  » 

BIBUOGBAPHIB. 


I 


VASEB  DE  TEnRB  {kevfcbatei.  ,  tg»-ï!). 


BoberfWace,  -le  Roman  de  Rou,»  t.  n  ,  p.S67,  fdil. 
PIoqueletLeprevost,  1837. 

Vili.  Bril.,  .  Philippidos,  ■  lib.  vi. 

Had.  Valeaii,  •  Notitia  Galliarum  ,  .  p.  116. 

Duplessis,  ■  Die.  géog.  et  hist.  de  la  H.-Nor.,  »  I.  i", 
p.  146. 

Bodin  et  Vigreux ,  x  Hist.  civile  et  miUtaire  de  la  ville 
de  Neuf?hatel-en-Bray,  etc.,»  Hss.  in-S",  du x vin' siècle. 

Deville,  «Essai  sur  les  médailles  gauloisesda  Rouon,  » 
in-4'de  10  p.,  et  «Mâm.delaBoc.  desAntiq.  deNorm.,» 
t.  Ti,  p.  64  et  pi.,  (ig.  3. 

Houel,  ■  Annales  des  Gaucbois,  •  1. 1",  p.  78. 

Guilmeth ,  «DeBcript.  hist.,  géogr.,  stot.  et  mon.  des 
arroDd.,  ■  t.  m,  p.  8-25. 


E.  De  Duranvillc,  «  Notite  sur  la  ville  de  Neufchilel- 
en-Bray,  ■  in-8"do  l!p.,  Rouen,  Péron,  1844,  el-Bevne 
de  Rouen,  >  de  septembre  1844. 

Id.,  "Nouveau!!  Documents  sur  la  ville  de  Neufcbilel- 
en-Bray,  »  in-8-de  24  p.,  Rouen,  Péron,  1851,  et .  Revue 
de  Rouen,  »  de  novembre  1851,  p.  395-418. 

L'abbé  Decorde,  i  Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton 
de  Keurchi\tel-en-Bray,  •  p.  23-60. 

P.  de  la  Mairie,  •  Recherches  hist.,  arcbêol.  et  biogr, 
sur  lo  Bray  normand  et  le  Bray  picard ,  •  art.  >  Heuf- 
chAtel. 

L'abbé  Cochet,  ■LaNornnndiesoutfi(Taina,»l''èdit, 
p.  347;  2*  édit.,  p.  441. 

Id.,  «  Le  Tombeau  de  Cbildéric  I",  .  p.  198. 


—  504 


SAINT-VINCENT-DE-NOGENT  (section  de  neufchatel).     . 

Époque  romaine. —  Ce  point  est  fertile  en  antiquités  roniaines.  Au  mois  de  mai  4834, 
quand  on  détourna  la  rivière  pour  la  construction  d'un  moulin ,  on  rencontra  beaucoup  de 
débris  antiques,  notamment  des  tuiles  à  rebords  et  un  chapiteau  de  colonne  en  pierre, 
que  M.  Mathon  a  fait  entrer  au  Musée  et  qu'il  considère  comme  romain. 

Époque  franque.  —  En  1835,  M.  Levarlet,  propriétaire  d'une  habitation  située  sur  le 
bord  du  chemin  de  grande  communication  no  l^r^  de  Dieppe  à  Neufchatel,  trouva,  en 
construisant  sa  demeure,  une  série  d'objets  francs  provenant  vraisemblablement  de  sépul- 
tures. La  plupart  des  objets  recueillis  ont  été  déposés  au  Musée  de  l'arrondissement,  où  je 
les  ai  vus.  Ils  consistent  en  deux  vases  de  terre  assez  grossiers  dont  la  forme  semble  se 
rapprocher  des  nôtres.  L'un  de  ces  vases  contenait  une  monnaie  d'argent  de  Domitien , 
des  parcelles  de  cuivre  oxydé  et  des  grains  d'orge  brûlés  qui  y  sont  encore.  Avec  ces 
vases  ont  été  recueillis  des  clous,  des  boucles  et  des  anneaux  de  bronze. 

En  1834,  au  bord  du  grand  chemin  qui  va  de  Dieppe  à  Neufchatel,  M.  Beaurain  a 
trouvé  dix-huit  à  vingt  squelettes,  inhumés  dans  la  craie,  à  70  centimètres  de  profondeur. 
Presque  tous  étaient  accompagnés  d'un  vase.  L'un  d'eux  possédait  encore  une  pièce 
d'argent  de  Domitien,  forée  au-dessus  du  buste. 

En  1838 ,  M.  Marc  trouva,  à  2  mètres  du  sol ,  des  vases  en  terre  noire,  des  lances ,  des 
sabres  et  une  monnaie  romaine. 

Période  normande.  —  Ce  lieu  est  appelé  Novientum  dans  une  charte  du  xie  siècle.  — 
Voir  le  Cartul.  de  l'abbaye  de  la  Trinité  du  Mont-de-Rouen ,  publié  par  M.  Deville,  p.  423. 

L'abbé  Cochet,  «  La  Normandie  souterraine,  »  2*  édit.,  p.  441. 

SAINT-MARTIN-L'ORTIER. 

Époque  romaine.  —  Je  tiens  de  M.  Mathon  que,  dans  le  cimetière  de  cette  commune 
et  dans  les  terres  environnantes ,  sur  une  espace  d'environ  deux  hectares ,  se  trouve  une 
très  grande  quantité  de  tuiles  à  rebords ,  de  constructions  et  de  débris  anciens.  Cette 
abondance  explique  la  présence  de  briques  antiques ,  de  meules  à  broyer  et  de  mortiers 
romains  qui  sont  entrés  dans  la  construction  même  de  l'église  paroissiale. 

C'est  de  ce  tertre,  païen  d'abord,  mais  consacré  ensuite  à  la  religion  chrétienne,  que  sont 
sorties  ces  belles  tuiles  à  rebords  (imbrices)  que  l'on  voit  à  présent  au  Musée  de  Neufchatel. 

En  1832,  sur  un  autre  point  de  la  commune,  M.  Mathon  a  reconnu  des  débris  romains 
de  toute  sorte. 

Époque  franque.  —  Nous  ne  craignons  pas  d'être  téméraire  en  attribuant  à  l'époque 
mérovingienne  la  première  création  d'une  église  dans  cette  localité.  C'est  une  conjecture 
que  le  nom  de  Saint-Martin  ne  fait  que  corroborer. 


—  502  — 

L'abbé  Dccorde,  «Essai  bist.  et  archéol.  sur  le  canton    |        P.  de  la  Mairie,  «  Recberches  hist.,  archéol.  etbiogr. 
de  Neiifchûtel-en-Bray,  »  p.  218.  I    sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  t.  u,  p.  80. 

AULAGE  (section  de  saint-martin-l'ortier.) 

Époque  gauloise.  —  En  4862,  une  hachette  en  silex  a  été  trouvée  sur  le  territoire 
d'Aulage.  Elle  se  voit  à  présent  dans  le  Musée  de  Neufchâtel. 

Epoque  romaine.  —  Au  lieu  dit  la  Briqueriez  près  le  bois  nommé  la  Queue-du-Uellet, 
on  voit  dans  les  terres  de  nombreuses  tuiles  romaines. 

QUIÉVRECOURT. 

Époque  romaine.  —  Je  suis  heureux  de  copier  ici  une  note  de  M.  Fourcin  dans  les 
termes  mêmes  où  elle  m'a  été  communiquée  :  •  Il  existe  à  Quiévrecourt  une  source  d'eau 
minérale  ferrugineuse,  dite  la  Cramaillon^  autour  de  laquelle  on  découvre  des  vases  en 
terre  et  en  verre  de  toute  espèce.  Un  pied  de  soucoupe  en  terre  de  Samos,  que  l'on  voit 
au  Musée  de  Neufchâtel ,  a  été  trouvé  en  cet  endroit.  Ceci  me  paraît  indiquer  que  cette 
source,  qui  aujourd'hui  a  perdu  sa  vogue,  a  été  connue  et  fréquentée  des  Romains.  » 

Époque  franque.  — Le  patron  de  cette  église  est  saint  Ribert,  moine  et  abbé  de  Leu- 
conaûs  aux  bouches  de  la  Somme.  Ce  successeur  de  saint  Valéry  fut  comme  lui  l'apôtre 
de  nos  contrées,  et  son  souvenir  est  conservé  par  les  fontaines  vénérées  de  Charles-Mesnil 
et  de  Torcy-le-Grand.  Nous  pensons  qu'il  baptisa  également  à  Quiévrecourt,  car  son  pas- 
sage est  encore  vivant  dans  la  mémoire  des  peuples. 

L'abbé  Decorde ,  «Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Neufchâtel,»  p.  195-96. 

MESNIÈRES. 

Époque  romaine.  —  A  la  limite  des  trois  communes  de  Fresles,  de  Bures  et  de  Mes- 
nières,mais  sur  le  territoire  de  cette  dernière ,  se  trouve  la  ferme  des  Murailles ,  ainsi 
appelée  à  cause  des  substructions  qu'on  y  rencontre.  En  1862,  M.  l'abbé  Decorde  a  pra- 
tiqué dans  la  masure  de  cette  ferme  une  fouille  archéologique  aux  frais  de  la  Société  fran- 
çaise. Notre  confrère  a  reconnu  l'existence  de  canaux  en  terre  cuite,  de  piliers  de  briques, 
de  tuiles  à  rebords  et  de  maçonneries  qui  couraient  dans  tous  les  sens.  M.  l'abbé  Decorde 
a  publié  lui-même  le  résultat  de  son  exploration.  —  Dans  les  champs  qui  entourent  le 
château  de  Mesnières ,  on  trouve  souvent  des  tuiles  à  rebords. 

Époque  franque.  —  Dans  le  parc  même  du  château  de  Mesnières,  en  abattant  des 
arbres  ou  en  creusant  les  fondations  de  la  chapelle,  on  a  rencontré  à  diverses  reprises  des 
sépultures  mérovingiennes  avec  vases  et  armes.  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  une  hache 
francisque  trouvée  dans  cet  endroit  en  1 855.  Vers  cette  même  année ,  le  sieur  Gressier 
rencontra  dans  son  herbage  plusieurs  corps  avec  des  sabres  en  fer.  Un  de  ces  sabres ,  long 
de  38  centimètres  et  muni  de  rainures ,  est  entré  au  Musée  de  Neufchâtel. 


—  503  — 

Il  y  a  quelques  années ,  j'ai  vu  un  scramasaxe  trouvé  à  Mesnières,  chose  bien  surpre- 
nante dans  une  masse  de  détritus  de  toutes  les  époques.  Ces  débris,  placés  dans  une  fosse 
ovoïde,  présentaient,  avec  des  vases  francs,  des  poteries  du  moyen-âge. 

M.  l'abbé  Decorde. a  publié  dans  le  Jwrwa/  de  Neufchâtel,  du  43  novembre  4860,  une 
note  dont  je  ne  puis  accepter  les  conclusions.  Il  attribuait  à  la  période  gauloise  deux  grands 
vases  en  terre  blanchâtre  décorés  de  sanguine.  Je  les  crois  au  contraire  du  xiii^  siècle. 


L'abbé  Decorde,  «Note  sur  plusieurs  Sépultures  an- 
ciennes, »  in-18  de  8  p.,  Neulchâtel,  1860. 


Id.,  «  Le  Magasin  normand,  »  2°  année,  p.  145-148. 
«  Revue  de  la  Normandie ,  »  2''  année,  p.  495. 


FRESLES. 

Epoque  incertaine.  —  On  me  signale  sur  cette  commune  un  monticule  boisé  qui  porte 
dans  le  pays  le  nom  de  Pas-de-Gargantria.  On  pense  que  c'est  ce  môme  lieu  qui  est  dési- 
gné sous  le  nom  de  Mont-de-Gargan ,  dans  un  acte  de  4337  conservé  au  trésor  des  chartes. 

M.  Fourcin  dit  que  c'est  un  enfoncement  dans  un  monticule  qui  a  pris  le  nom  de  Pas- 
dur-Cheval-de-Gargantua.  Le  peuple  assure  que  ce  cheval  faisait  des  pas  de  sept  lieues. 
On  ajoute  qu'un  lieu  semblable  existe  à  Sigy. 


BULLY. 

Temps  préhistoriques.  —  M.  Parisy,  de  Foucarmont,  possède  une  hache  en  silex 
trouvée  à  Bully,  dans  un  ravin,  laquelle  présente  la  forme  et  la  taille  des  hachettes  d'Ab- 
beville  et  de  Saint-Acheul.  Aussi  nous  croyons  devoir  la  classer  parmi  les  objets  des 
temps  préhistoriques. 

Époque  gauloise.  —  Le  même  M.  Parisy  possède  également  une  hachette  en  silex 
trouvée  à  Bully  en  4854.  Celle-là  a  tout  le  type  des  instruments  gaulois. 

Aux  environs  du  Château-du^Flot,  on  a  également  rencontré  des  haches  en  silex. 

En  4848,  au  lieu  dit  les  Grouelles,  on  a  trouvé  une  monnaie  gauloise  en  potin  apparte- 
nant à  la  Gaule  Belgique.  D'un  côté  était  un  homme  tenant  d'une  main  une  lance  et  de 
l'autre  une  couronne  ;  au  revers  figurait  un  bœuf. 

Époque  romaine.  —  En  4855,  il  a  été  rencontré  des  tuiles  à  rebords  au  hameau  du 
Bourgtin.  Dans  le  même  hameau  des  Grouelles  y  au  bord  de  la  fontaine  où  fut  recueillie  la 
médaille  celtique,  on  ramasse  souvent  des  tuiles  à  rebords  et  des  fragments  de  poteries 
de  toutes  les  couleurs.  —  Les  environs  du  Chàteau-du-Flot  sont  féconds  en  débris  de  toute 
espèce.  On  y  remarque  des  fondations ,  des  meules  à  bras,  des  tuiles  à  rebords,  des  restes 
de  vases  de  verre  ou  de  terre.  On  y  a  recueilli  des  vases  romains  à  forme  côtelée.  La 
plupart  de  ces  objets  sont  entrés  au  Musée  de  Neufchâtel. 

Période  normande.  —  Il  est  possible  que  le  vieux  château  du  Bully,  détruit  il  y  a  près 


—  50i  — 

de  deux  siècles ,  remonte  à  la  période  normande.  Ce  qui  est  certain ,  c'est  qu'en  1068 
Rogerius  de  Buslei  vendit  à  Renier,  abbé  de  la  Trinité-du-Mont-de-Rouen ,  les  dîmes  de 
Bully,  du  consentement  de  Guillaume-le-Bâtard  :  «  Willelmi,  principis  Normannorum, 
signo  et  autoritate.  » 

L'abbé  Decorde,  <i  Essai  hislorif(ue  et  archéologique  sur  le  canton  de  Neufchâtel-en-Bray,  »  p.  87. 

ESCLAVELLES. 

Époque  gauloise.  —  Dans  son  second  Essai  sur  la  numismatique  gauloise ,  M.  E. 
Lambert  signale  Esclavelles  parmi  lés  localités  qui  ont  donné  des  monnaies  celtiques. 

Époque  romaine.  —  Depuis  plusieurs  années ,  on  découvre  considérablement  d'anti- 
quités romaines  au  hameau  de  Morimont.  Le  Musée  de  Neufchâtel  renferme  un  bon 
nombre  d'objets  qui  en  proviennent,  et  qui  tous  se  rapportent  à  la  période  romaine.  On  y 
a  trouvé  surtout  un  grand  nombre  de  médailles  impériales. 

On  cite  notamment  deux  importantes  découvertes  pour  la  numismatique.  Vers  1803, 
on  trouva,  sur  le  bord  d'un  chemin,  un  dépôt  de  médailles  gauloises  en  or  dont  on  tira 
alors  12,000  fr.  M.  Mathon  m'a  cité  une  trouvaille  faite  en  1835.  On  aurait  rencontré 
dans  un  vase  en  terre  noire  trois  cent  quatre-vingts  monnaies  romaines  d'Antonin,  de 
Faustine,  de  Marc-Aurèle,  de  Trajan,  d'Adrien,  de  Commode  et  deSeptime  Sévère. 

Nous  ne  savons  s'il  faut  confondre  cette  trouvaille  avec  celle  que  mentionne  YEcho  du 
Monde  savant^  du  19  juin  1835.  D'après  ce  recueil,  on  aurait  à  mentionner  quatre  cent 
trente-huit  monnaies  romaines  en  bronze,  aussi  renfermées  dans  un  vase  de  terre.  Plu- 
sieurs de  ces  pièces  étaient  ^'une  belle  conservation.  Toutes  étaient  du  Haut-Empire  :  on 
lisait  les  noms  d'Auguste,  de  Vespasien,  d'Antonin,  de  Faustine,  etc. 

Mais  la  plus  curieuse  et  la  plus  précieuse  de  toutes  était  un  grand  bronze  de  Géta,  pièce 
estimée  30  fr.  par  Mionnet.  D'un  côté  est  la  tête  laurée  de  l'empereur ,  et  on  lit  autour  : 
iMP  CAES  p  sept  geta  pivs  avg;  de  l'autre  côté  sont  des  personnages  debout  et  se 
donnant  la  main  sur  un  autel  ou  trépied  surmonté  d'un  trophée  :  on  lit  autour  :  pont. 
TR.  p.  p. ...  cos  II,  et  au  bas  :  s.  c.  —  On  croit  que  cette  scène  représente  la  réconcilia- 
tion de  Géta  avec  son  frère  Caracalla,  qui,  néanmoins,  le  fit  assassiner  quelques  jours 
après.  Géta  ne  régna  que  trois  mois ,  ce  qui  explique  la  rareté  de  ses  pièces. 

M.  Fourcin  nous  a  raconté  que ,  vers  1853 ,  il  avait  remarqué  dans  la  traverse  d'Escla- 
velles ,  au  bord  de  la  route  impériale  no  29,  de  Rouen  à  Amiens ,  des  tas  de  tuiles  à  rebords 
que  le  cantonnier  avait  formés  en  bêchant  la  terre.  La  quantité  de  ces  tuiles  et  la  présence  de 
fosses  dans  le  voisinage  firent  supposer  à  M.  Fourcin  qu'il  y  avait  eu  là  une  tuilerie  antique. 

En  1864,  M.  Leclerc-Lefebvre  a  recueilli  aux  Hayons  une  meule  à  broyer. 

Époque  franque.  —  Après  tout  ce  que  nous  venons  d'exposer  de  l'importance  de 
Morimont  à  l'époque  romaine ,  on  ne  sera  pas  surpris  d'apprendre  que  cette  localité  est 


—  505  — 

citée  dans  une  charte  de  Charles-le-Chauve  comme  propriété  de  l'église  de  Rouen  :  «  In 
pago  Talano  (le  Tallou)...  Mormontem  cum  adjacentiis  suis.  > 

«  Môm.  de  la  Soc.  des  Anliq.  de  Nonn.,  »  t.  xi,  p.  9,    1       «  L'Écho  du  Monde  savant,  »  du  19  juin  1835. 
et  t.  XXV,  p.  535.  ' 

MASSY. 

Époque  romaine.  —  En  1860,  en  pratiquant  un  drainage  au  hameau  du  Quesnay^  on 
a  trouvé ,  dans  un  herbage ,  une  certaine  quantité  de  briques  et  de  tuiles  antiques. 

BRÉMONTIER  (section  de  massy). 

Époque  romaine.  —  M.  P.  de  la  Mairie  dit  que  les  Romains  ont  eu  à  Brémontier  une 
fabrique  de  tuiles  et  de  poteries.  Cela  veut  dire  sans  doute  que  Ton  trouve  beaucoup  de 
débris  céramiques  en  ce  lieu. 

Époque  franque.  —  C'est*  à  Brémontier  que  le  bénédictin  Duplessis  a  placé  le  fief  de 
Vintlana  ou  Vintlane,  qui,  vers  la  fin  du  vii«  siècle,  fut  donné  à  saint  Wandrille  par  Waratton, 
maire  du  palais,  où  le  saint  abbé  de  Fontenelle  bâtit  un  oratoire  et  plaça  des  moines. 
Duplessis  se  fonde  dans  cette  attribution  sur  le  nom  de  Montier  que  porte  encore  le  pays, 
sur  le  voisinage  d'un  ruisseau ,  sur  le  vocable  de  Saint-Pierre  encore  resté  à  l'église ,  et  sur 
la  possession  de  plusieurs  terres  et  églises  de  ce  pays  par  l'abbaye  de  Saint-Wandrille. 
Cette  conjecture  est  suffisamment  basée ,  et  nous  ne  sommes  pas  loin  de  partager  cet  avis. 

Il  faut  bien  que  cette  opinion  ait  été  un  peu  traditionnelle  dans  l'ordre  de  Saint-Benoît , 
car  la  carte  du  Gallia  Christiana,  dressée,  en  1767,  par  le  géographe  Nolin  sous  les  yeux 
de  la  congrégation  de  Saint-Maur,  place  Vintlana  sur  la  Béthume ,  au-dessus  de  Neufchâtel 
et  au-dessous  de  Bival. 


«  Chronicon  Fontanellœ ,  »  c.  viii. 
Mabillon,  f  Acta  8anct.ord.S.Benedict.,»  t.  ii,p.543. 
f  Neustria  pia,  v  p.  135-136. 
Duplessis ,  «  Descriptgéogr.  et  hist.  de  la  H.-Norm.,  » 
t.  !•»,  p.  86-87. 


P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  hist.,  archéol.  etbiogr. 
sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  1. 1",  p.  130 
et  131. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Neufchâtel-en-Bray,  v  p.  125. 


NEUVILLE-FERRIÈRES. 

Époque  gauloise.  —  Dans  le  bois  de  la  HatrellCj  sur  la  côte  qui  regarde  Brémontier, 
M.  Mathon  a  recueilli  pour  le  Musée  de  Neufchâtel  une  hache  en  silex,  tranchante  et  polie. 

Époque  romaine.  —  En  1761,  un  cultivateur  de  Neuville-Ferrières  trouva,  en  labou- 
rant, soixante-cinq  médailles  en  argent  du  temps  des  consuls  romains.  Elles  appartenaient 
aux  familles  Julia,  Pompeia,  Cassia,  Marcia ,  etc.  L'une  d'elles  représentait  le  triomphe  de 
Paul-Emile  sur  Persée  et  la  Macédoine.  Ces  pièces  précieuses ,  aujourd'hui  perdues  pour 
la  science ,  étaient  enfermées  dans  un  caillou  creux ,  sorte  de  tirelire  primitive  dont  l'ou* 

64 


—  506  — 

verture  avait  été  rebouchée  avec  du 
ciment. 

Époque  frasque.  —En  1840,  il  a 
été  trouvé,  dans  le  jardin  du  presbytère, 
une  belle  fibule  en  bronze,  en  forme  de 
.croix,  et  décorée  de  verroteries.  Elle 
figure  au  Musée  de  Neufchâtel.  —  Nous 
en  donnons  la  reproduction.  •'-">  "*•*'■ 

En  1863,  en  creusant  la  cave  d'une  maison  nouvelle,  située  devant  l'élise,  on  a 
trouvé  une  dizaine  de  corps  accompagnés  de 
boucles,  vases  et  couteaux.  C'est  alors  que  fut 
recueillie  la  plaque  de  ceinturon  que  nous 
reproduisons  ici.  Dès  1810  et  4811,  on  avait 
trouvé  sur  Ja  place  publique  des  cercueils  de 

pierre  contenant  des  corps  avec  sabres  et  lances  a 

de  fer.  A  différentes  reprises  on  a  trouvé  depuis 
des  objets  francs.  h-aoue  ds  cbintobi»!  (nEcviLLB-FEBBiftMi). 


Noël  de  la  Morinière, .  Essais  sur  le  diparlemont  de 
la  Seine-Inférieure,»  t.  i",  p.  48-49, 

L'abbé  Dcconle,-. Essai  hisl.  et  ardiiol.  sur  lo  cnnlon 
de  Neufchâtel,  »  p.  186. 


P.  de  la  Mairie,  "  Recherches  historiques,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
pLcard,»  1. 1",  p.  SÎO. 


SAINT-SAIRE. 

ÉPOQVE  GAULOISE.  -  En  1838,  il  a  été  recueilU  à  Sainl-Saire  une  médaille  gauloise  en 
bronze.  La  même  année ,  elle  est  entrée  au  Musée  de  Rouen. 

ÉPOQUE  ROMAME.  —  Une  note  de  M.  Deville  nous  apprend  qu'il  a  été  rencontré  à  Sainl- 
Saire  des  sépultures  romaines  à  incinération  composées  de  vases  de  terre  et  de  verre.  On 
a  spécialement  remarqué  un  gobelet  en  verre,  un  style  en  argent  et  une  agrafe  de  même 
métal  décorée  de  pierres  flnes.  M.  Deville  a  encore  connu,  provenant  de  Saint-Saire,  des 
monnaies  romaines  en  or,  en  argent  et  en  bronze.  La  seule  date  qu'il  "nous  ail  donnée 
est  1838.  -  Au  hameau  du  Uesnil-Sagol,  M.  Mattion  a  vu  des  tuiles  romaines. 

ÉPOQUE  FBANQUE.  —  Une  tradition  conservée  dans  ce  pays  depuis  longtemps,  et  recueillie 
liés  le  siècle  dernier  par  l'abbé  Godescard,  originaire  de  cette  contrée,  prétend  que 
saint  Salve  ou  saint  Saire  (sanctus  Salvius),  évêque  d'Amiens,  natif  d'AugusIa,  sur  la 
Brcsle,  avait  reçu  de  Thierry  I"  la  propriété  de  sa  terre  natale,  où  il  s'était  retiré. 
Cette  tradition  ajoute  que,  dans  le  désir  de  se  sanctifier,  il  vint  dans  cette  gorge  du  pays 
de  Bray,  et  y  établit  un  ermitage  qui  est  devenu  un  monastère  et  enfin  l'église  paroissiale. 

On  est  assez  d'accord  pour  placer  à  Saint-Saire  l'abbaye  de  Saint-Salve  (Sanctus  Salvins), 


—  507  — 

connue  dès  l'époque  mérovingienne  et  qui  existait  encore  sous  les  Carlovingiens.  Organe 
et  interprète  de  cette  tradition ,  la  Gallia  Christiana  place  ce  monastère  dans  la  localité 
dont  nous  nous  occupons.  (Voir  la  carte  du  tome  xi,  dressée  par  Nolin  en  4767.) 

Les  savants  auteurs  déclarent  ignorer  la  date  de  cette  pieuse  fondation.  Ils  savent  seule- 
ment que  le  célèbre  testament  d'Anségise ,  abbé  de  Fontenelle ,  mort  en  834  ou  en  833 , 
accorde  40  sous  d'or  à  cette  maison  de  prières:  «  40  solidos  ad  Sanctum  Salvium  in 
Brago.  »  Ils  ajoutent  que  cet  établissement  fut  détruit  par  les  Normands. 

Mais  telle  est  la  force  du  passage  des  saints ,  que  leur  souvenir,  comme  leur  trace , 
survit  aux  âges  et  aux  révolutions.  Dans  l'église  de  Saint-Saire ,  on  montre  encore  sous 
le  chœur  une  crypte  ancienne  renfermant  un  puits  où  les  pèlerins  viennent  prier  et  puiser 
de  Feau  pour  la  boire  et  pour  l'emporter 

Saint-Saire  est  aussi  une  très  ancienne  propriété  de  l'église  de  Rouen,  et  l'une  des  pré- 
bendes du  chapitre  portait  son  nom.  Cette  donation  paraît  remonter  aux  rois  francs,  car 
une  charte  de  Robert  1er,  énumérant  et  confirmant  les  biens  déjà  donnés  à  la  cathédrale 
dès  le  temps  de  Charles-le-Chauve ,  cite  Saint-Saire  cédé  par  lola:  «  Sanctum  Salvium 
quem  loda  dédit.  y> 

Époque  incertaine.  —  En  4774,  en  creusant  la  cave  qui  est  sous  le  four  du  presby- 
tère, on  trouva  des  squelettes  dont  on  ne  sut  assigner  la  date. 

BIBLIOGBAPUIE. 


«  Clironicon  Fontanellœ,  »  c.  xvi. 

Mabillon,  «  Annales  ord.  S.  Benedict.,  »  t.  ii,  p.  542. 

D'Achery,  «  Spicilegium ,  »  t.  m,  p.  243. 

Duplessis,  ■  Descript.  géogr.  elhist.  de  la  Haute-Nor  ,» 
t.  i%p.  114-116. 

Godescard ,  «  Vies  des  Pères  tnartyrs,  etc.,  »  t.  ix , 
p.  163,  édit.  de  1835  ou  1836. 


«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  122-23  et  carte . 

A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de 
Norm.,»  t.  XI,  p.  10. 

Guilmeth,  e  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  m,  p.  33. 

L'abbé  Decorde,  o  Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton 
de  Neufchâtol ,  »  p.  223, 227, 235-36. 


NESLE-HODENG. 

» 

Époque  romaine.  —  Près  l'église  on  trouva  des  tuiles  à  rebords. 

Époque  franque.  —  En  avril  1862,  il  a  été  apporté  au  Musée  de  Neufchâtel  un  frag- 
ment d'ancienne  poterie  découvert  à  Nesle.  M.  Mathon  attribue  cette  pièce  aux  temps 
carlovingiens. 

AUVILLIERS. 

ÉPOQUE  ROBiAiNE.  —  En  1834,  en  creusant  un  fossé  à  la  côte  dite  le  Mont-ohC^aillot, 
qui  descend  d'Auvilliers  à  Mortemer,  on  a  trouvé  un  grand  nombre  de  tuiles  à  rebords. 
Outre  cette  découverte  enregistrée  par  M.  Mathon ,  M.  Deville  a  connu  à  Auvîlliers  des 
briques  et  des  poteries  romaines. 

Époque  incertaine.  —  M.  Deville  m'a  signalé  une  motte  ou  un  tumulus  à  Auvilliers. 


—  508  — 

BOUELLES. 

Époque  gauloise.  —  J'attribue  à  la  pf^riode  gauloise,  mais  à  des  temps  voisins  de  la 
Conquête,  les  découvertes  faites  de  i842  à  i854  dans  un  champ  du  Uallais,  voisin  de  la 
briqueterie  dite  de  la  Maison-Rouge ,  et  au  bord  de  la  route  impériale  n»  29 ,  qui  mène  de 
Neufcbâtel  à  Âumale. 

A  60  centimètres  du  sol,  les  ouvriers  briquetiers  n'ont  cessé,  pendant  douze  ans,  de 
rencontrer  des  groupes  de  vases  funéraires  enveloppés  dans  une  couche  de  terre  cendrée 
et  charbonnée.  Ces  groupes,  placés  à  2  mètres  de  distance  environ,  se  composaient  de 
quatre  ou  cinq  vases  réunis  ensemble.  La  plupart  avaient  la  forme  d'écuelles  ;  d'autres 
ressemblaient  à  des  urnes. 

En  juillet  1854,  on  rencontra  une  urne  ressemblant  à  une  soupière  et  renfermant  des 


VABBS  GAULOIS  (DOUELLBS,   ISM). 

os  brûlés ,  des  perles  d'os ,  des  perles  de  silex  et  des  rondelles  en  fer.  Près  de  ce  vase ,  fermé 
avec  un  couvercle  à  peu  près  semblable  à  lui ,  se  trouvait  une  grande  épée  en  fer  large  de 
4  à  5  centimètres  et  longue  de  80.  Celte  belle  arme  était  renfermée  dans  un  étui  de  fer  large 
de  7  centimèlres.  Elle  avait  été  déposée  dans  la  tombe  légèrement  ployée  et  infléchie.  — 
Nous  reproduisons  ici  cette  pièce  rare ,  possédée  aujourd'hui  par  le  Musée  de  Neufchâtel. 


G  PAS  CADLOISB  E 


C  POtlnBEAU  n>  FER  (BOtBI 


—  509 


© 


Nous  donnons  également  le  dessin  des  perles  ou  anneaux  en  os  qui  ont  dû  former  col- 
lier ou  bracelet.  Ces  objets  ont 
^  passé  au  feu ,  ainsi  que  les  os. 

Nous  plaçons  à  côté  d'eux  des 
perles  de  silex  forées  et  polies 
avec  le  plus  grand  soin. 

Le  Musée  de  Neufchâtel  a 
recueilli  les  épaves  sorties  du 
cimetière  de  Bouelles.  Nous  y 
avons  reconnu  les  fragments 
de  dix  à  douze  vases  de  terre. 
Le  grain  en  est  grossier  ;  mais 
la  couverte  est  tantôt  lisse, 
tantôt  rugueuse.  La  pâle ,  mal 
pétrie,  présente  une  cassure 
celluleuse.  En  un  mot,  cette 
poterie  reproduit,  par  sa  forme 
et  par  sa  nature ,  la  céramique 
primitive  de  nos  contrées.  Les 
vases  de  Bouelles  sont  de  la 
même  famille  que  ceux  de  Moulineaux,  de  Saint-Wandrille,  du  Vaudreuil,  de  Port-le- 
Grand  et  de  Sainte-Beuve-en-Rivière.  Du  reste,  nous  avons  décrit  les  monuments  sortis 
du  sol  du  Hallais  dans  le  chapitre  xvii  de  nos  Sépultures  gauloises ,  romaines,  franques  et 
normandes  (p.  397-440). 

Époque  romaine.  —  Dans  les  terres  voisines  de  la  route  impériale  on  trouve  des  tuiles 
romaines. 

Époque  incertaine.  —  A  la  côte  de  Cornemesnil,  près  du  hameau  de  ce  nom,  on  voit 
dans  un  taillis  une  butte  circulaire  haute  de  4  à  5  mètres  et  d'environ  100  mètres  de 
circonférence.  Elle  est  entourée  d'un  fossé  profond  creusé  de  main  d'homme.  Au  milieu 
du  terrassement  on  a  trouvé  une  muraille  carrée  qui  a  été  détruite  dans  ces  derniers 
temps. 

M.  de  la  Mairie  nomme  ce  retranchement  un  stativa  romain.  Cela  me  parait  un  peu 
précipité. 


PERLES  EN  08   ET  SILEX   (BOVELLBS,  1854). 


P«  de  la  Mairie,  «Recherches  hist.,  arch^ol.  et  biogr. 
sur  le  Bray  nonnand  et  le  Bray  picard ,  »  1. 1*»^,  p.  182, 

Guilmeth,  «Desc.  géogr»,  hist.,  stat.  et  mon.  desarr.»» 
t*  iii)  p.  32. 


L'obbé  Decorde.  «Notice  sur  un  vase  gallo-romain  déc. 
au  Hallais,  en  1854,»  in-i8de  15p.,  Neufchâtel,  1854. 

L*abbé  Cochet, c  Sépult.  gaul.,  rom., franq.  etnorm., > 
p.  397^10. 


—  540  — 

GRAVAL. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  renferme  une  hache  en  silex  provenant 
de  Gravai.  Elle  est  datée  de  4837,  année  de  sa  découverte. 

Époque  franque(?).  —  Les  procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités,  pour 
Tannée  4824,  rapportent  qu'à  Gravai,  près  Mortemer,  un  cultivateur  trouva,  vers  1844, 
un  cercueil  en  pierre  blanche  d'un  seul  morceau ,  renfermant  encore  un  squelette  accom- 
pagné d'un  sabre  ou  d'une  épée  et  portant  une  boucle  de  ceinturon  en  bronze.  Le  tombeau 
a  été  brisé  ;  l'arme  et  la  boucle  ont  disparu.  La  présence  d'une  agrafe  et  la  position  sur  le 
penchant  d'une  colline  nous  font  naturellement  penser  à  l'époque  franque. 

«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités  de    |       L'abbé  Cochet,  «  La  Normandie  souterraine,  »  l  "  édil., 
la  Seine-Inférieure ,  «  t.  I*»",  p.  77.  j    p.  346;  2«  édit.,  p.  440. 

'  SAINT-GERMAIN-SUR-EAULNE. 

Époque  romaine.  —  Non  loin  des  bords  de  l'Eaulne,  sur  la  ferme  de  Tréhaumont,  on 
a  trouvé  à  plusieurs  reprises,  de  1825  à  1861,  des  débris  de  tuiles  et  de  poteries 
romaines.  Au  milieu  de  ces  divers  débris  antiques ,  on  a  remarqué  un  fragment  de  marbre 
noir  veiné  de  blanc  et  une  monnaie  de  bronze  de  Marc-Aurèle. 

FRÉTILS  (section  de  flamets-fretils). 

Époque  incertaine.  —  Le  célèbre  terrassement  connu  au  moyen-âge  sous  le  nom  de 
Fossé'dU'Roy,  devait  longer  la  paroisse  de  Frétils.  Vers  1130,  Henri  1er  approuve  la  dona- 
tion faite  par  Guillaume  de  Frétils  (de  Fretiaco),  à  l'abbaye  de  Foucarmont ,  de  terres 
placées  près  du  Fossé-dt^  lîoy ,  c  ad  Fossatum  régis.  • 

Estancelin,  a  Hist.  des  comtes  d'Eu,  n  p.  20. 

MÉNONVAL  ou  MÉNOUVAL. 

Époque  romaine.  —  Au  lieu  dit  Tremontj  Hautremont  ou  Hautrimont,  on  a  rencontré , 
vers  1860,  des  tuiles  romaines.  En  1864,  M.  de  Girancourt  a  recueilli,  dans  une  prairie, 
une  meule  à  broyer  en  poudingue 

VATIERVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  d'antiquités  de  Rouen  possède  une  petite  médaille  gau- 
loise en  or,  trouvée  à  Vatierville  en  1848. 


—  51  1  — 

Époque  incertaine.  —  Au  hameau  de  Brémonl,  sur  le  bord  de  la  basse-forêt  d'Eu,  on 
remarque  un  terrassement  circulaire  élevé  d'environ  3  à  4  mètres  au-dessus  du  sol  et 
entouré  d'un  fossé  profond  de  plus  de  2  mètres.  La  circonférence  de  cette  motte ,  prise  au 
fond  du  vallum,  est  d'environ  100  mètres,  et  son  diamètre  est  de  plus  de  30.  Le  centre 
du  tertre  est  creux  au  lieu  d'être  bombé,  ce  qui  distingue  ce  terrassement  des  travaux  du 
même  genre  connus  dans  le  département. 

En  1863,  M.  de  Girancourt  et  moi  avons  ouvert  ce  tertre,  nommé  dans  le  pays  la 
Butte  aux  Anglais  :  nous  n'y  avons  rencontré  que  du  charbon  de  bois. 

Sur  ce  même  Vatierville ,  également  au  hameau  de  Brémont,  M.  Mathon  m'a  signalé, 
au  sommet  de  la  côte,  une  enceinte  à  peu  près  carrée  que  les  gens  du  pays  appellent 7^ 
Couvent.  Les  murs ,  épais  d'environ  2  mètres ,  se  composent  d'une  maçonnerie  en  pierres 
sèches ,  ayant  près  de  60  mètres  de  long  sur  30  de  large. 

FESQUES. 

Époque  GAULOISE.  —  Vers  1825,  àlac(?7(?  de  Gauboîirg^  près  le  Val-aux- Moines  y  on 
a  trouvé  des  monnaies  gauloises.  M.  De\îlle,  M.  Femel  et  M.E.  Lambert  en  ont  eu 
connaissance. 

Époque  romaine.  —  Au  même  endroit,  et  à  peu  de  distance  de  la  route  impériale 
no  28,  qui  conduit  de  Neufchâtel  à  Blangy,  on  a  trouvé,  sur  un  espace  de  3  hectares,  des 
boucles  d'oreilles  en  ivoire ,  des  épingles  à  tête  d'ivoire ,  des  anneaux  en  cuivre  creux 
et  de  9  centimètres  de  diamètre ,  des  monnaies  romaines  en  grand  et  en  moyen  bronze , 
des  tuiles  et  de  la  poterie  antiques. 

En  septembre  1832,  M.  Femel  y  pratiqua  quelques  sondages,  et  il  découvrit  des  tuiles 
à  rebords  et  des  débris  romains  de  toute  espèce. 

A  Fesques ,  comme  partout  ailleurs ,  les  habitants  du  pays  prétendent  qu'il  y  eut 
là  une  abbaye.  Cette  opinion  se  rattache  à  un  très  grand  nombre  d'établissements 
romains. 

Époque  incertaine.  —  Sur  la  même  côte,  en  montant  vers  la  plaine,  on  voit  des  ter- 
rassements considérables  qui  semblent  d'anciennes  constructions  militaires. 

Fernel,a  Notice  sur  des  antiquités  découv.  en  1832  et  1833  dans  Tarrond.  de  NeufcMtel,  v  dans  les  «  Hém.  de  la 
Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi ,  p.  174-175  et  t.  xxv,  p.  535. 

LUCY. 

Époque  gauloise*  —  A  plusieurs  reprises,  on  a  trouvé,  à  Lucy,  des  statères  gaulois 
en  or.  En  1827 ,  on  en  recueillit  une  telle  quantité  dans  le  vallon  appelé  la  Queue-dU'Montj 
que  les  deux  orfèvres  de  Neufchâtel ,  qui  les  achetèrent  et  les  firent  fondre ,  en  obtinrent 


^  512  — 

plus  d'uD  marc  d'or.  En  1837,  on  trouva  une  nouvelle  monnaie  gauloise,  au  lieu  dit  le 
Manet  ou  le  Maneret.  Entrée  au  Musée  de  Rouen ,  elle  a  été  décrite  dans  la  Revue  numis- 
matique d'alors.  Enfin,  en  1840,  on  rencontra  encore,  à  la  Quem-du-Mont ,  un  nouveau 
statère  gaulais  pesant  six  grains. 

Époque  romaine.  —  Les  débris  romains  ne  font  point  défaut  à  Lucy.  En  1851,  nous 
avons  visité  les  terres  labourées  de  la  Queue-du-Mont ,  et  nous  les  avons  trouvées  marnées 
de  tuiles  et  de  potenes  antiques.  Un  acte  du  xiiie  siècle  parle  d'une  ancienne  voie  (viam 
antiquam)  passant  par  Lucy.  Ceci  ressemble  fort  à  une  route  romaine.  Cet  acte ,  émané 
de  Robert  Poulain ,  archevêque  de  Rouen,  en  1217,  donne  à  notre  village  le  nom  de 
Luciacum ,  tandis  qu'Eudes  Rîgaud  lui  prête  celui  de  Luchiacum. 

Époque  franque.  —  L'importance  archéologique  de  Lucy  se  révèle  surtout  à  l'époque 
mérovingienne.  Nous  ne  rapporterons  que  pour  mémoire  les  fouilles  et  découvertes  que 
nous  y  avons  faites  en  1851 ,  découvertes  que  nous  avons  racontées  un  peu  partout,  mais 
surtout  dans  notre  Normandie  souterraine. 

En  1 844,  M.  Suzémont ,  percepteur  à  Lucy, 
pratiquant  un  chemin  d'exploitation  dans  uo 
champ  situé  au  bord  de  la  route  qui  con- 
duit de  sa  maison  à  l'église ,  trouva  plusieurs 
squelettes  accompagnés  de  vases  et  d'armures. 
Je  distinguai  surtout  parmi  ces  trouvailles 
une  lance  en  fer  munie  de  deux  crochets. 

En  septembre  1851,  je  pratiquai  dans  ce 
champ  une  fouille  qui  fut  heureuse.  Je  trouvai 
environ  trente  squelettes  déposés  dans  des 
fosses  de  craie.  Aux  pieds  des  morts,  tournés 
vers  l'orient,  se  trouvaient  des  vases  en  terre 
noire  ou  grise,  comme  à  Londïnières  et  à 
Envermeu;  à  la  ceinture  étaient  des  couteaux 
et  des  boucles  ;  sur  la  poitrine  reposaient  des 
fibules.  J'ai  recueilli  trois  fers  de  lance  placés 
près  de  la  tête,  un  beau  style  en  bronze  et 
quelques  bronzes  romains  malheureusement 
frustes. 

Hais  la  découverte  la  plus  importante  fut 
une  plaque  de  ceinturon  en  bronze,  que  nous 

reproduisons  ici.  Placée  à  la  ceinture  d'un      pl^^be  db  ceintcrow  bi.  jiwhwb  (loct.  rsso- 
guerrier,  elle  couvrait  cinq  tiers  de  sol  d'or 
qui  avaient  été  cachés  dans  le  cuir  même  du  baudrier.  Nous  avons  reproduit  soutcdI 


—  513  — 

et  nous  reproduisons  ici,  mais  très  imparfaitement,  ces  curieuses  monnaies,  déposées  au 

Musée  de  Rouen.  D'après  les  numisma- 

tistes  qui  les  ont  cxaminées,elles seraient 

du  vue  siècle.  La  première  peut  remonter 

à  640 ,  et  la  dernière  toucher  à  l'an 

700.  Les  noms  de  seigneurs  monétaires 

que  l'on  a  cru  lire  sur  ces  triens  sont  : 

BEBEBODES,  ALEMVSDVS,  DOM.MGIZILE  et 

ADO  ou  adon;  ceux  des  villes  ou  des 
ateliers  étaient  :  bvrdigala  (Bordeaux), 

VATVNACVM,  TVROSV  (Tours),  DO..»VER  et 

ANSE.  On  peut  lire  sur  ce  sujet  les  obser- 
vations de  M.  Thomas,  habile  numis- 
matiste  de  Rouen.  —  La  plupart  des  objets  francs  trouvés  à  Lucy  sont  entrés  au  Musée 
de  Rouen  ;  quelques-uns  sont  demeurés  au  Musée  de  Neufchâtel. 


□  vit*  SIËCLE  (LUCT,  18SI). 


BIBLIOGRAPHIE. 


•  Note  sur  cinq  monnaies  d'or  trouvées  dans  le  cime- 
tièroiDËrovingieDdeLucy,  prôaNeurchùtel,  en  1851,  ■ 
iïi-8"  de  8  p.  et  pi.,  Rouen,  PÈron,lS52. 

«  Rei-ue  de  Rouen,  «  anniîe  1852,  p.  313-320  et  pi, 

■  itéta.  de  la  Soc.  des  Anliq,  do  Normandie,  »  t.  xix, 
p.  «7-483  et  pi. 

•  Bulletin  monumental,  »  t.  xviii,  p.  268-275. 

■  La  Normandie  souterraine,  ■  Inédit.,  p.245-!53i 
2'édit..p.297-304  et  pi.  n. 

Girardin,  "  Analyses  de  plusieurs  produits  d'art  d'une 
baute  antiquité,  >  p.  29-31  et  pi.  3. 


Id.,  ■  PréoiB  analyt,  des  travaux  de  l'Acad.  de  Rouen,  ■• 
année  1851-52,  p.  171-72  et  pi. 

Boach  Smith,  •  Collect.  antlq.,  •  vol.  ii ,  p.  211  et 
pi.  ^ux. 

*  Bulletin  du  Comité  de  la  langue,  de  l'hlst.  et  des 
arU  de  la  France,  .  année  1853,  n°2,p.  117-118. 

De  la  Saussaye,  «  Revue  numismatique,  »  t.  m,  p.  82, 
pi.  III,  flg.  1  ;  t.  IV,  p.  316,  pi.  XI». 

E.  Lambert,  •  Essai  surlanumismat.gBul.  du  Nord- 
Ouest  de  la  France ,  •  pi.  vi,  n"  3. 


MORTEMER-SUR-EAULNE. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  une  charmante  petite  hachette 
en  serpentine  provenant  de  Mortemer.  La  collection  de  M.  Joly,  établie  dans  l'enceinte 
même  du  château,  présente  un  fragment  de  hachette  en  silex  sorti  des  ruines. — Des 
monnaies  gauloises  en  or  ont  été  trouvées  sur  le  plateau  qui  domine  le  castel  normand. 
L'une  d'elles  est  entrée  en  1839  dans  le  Musée  de  Rouen. 

Sur  la  côte  du  château  existe  un  gros  poudingue  appelé  la  Pierre.  En  1836,  M.  E.  Gail- 
lard le  signalait  à  la  Commission  des  Antiquités  comme  pouvant  être  druidique. 

Époque  romaine.  —  Je  tiens  de  M.  Mathon  que  l'on  a  trouvé  des  monnaies  romaines 
&  Mortemer,  et,  de  M.  Deville,  que  l'on  y  a  recueilli  des  vases  en  terre  cuite  dont  la  des- 
tination paraît  funéraire.  Six  sont  entrés  au  Musée  de  Rouen  en  1835.  En  1839,  la  même 
collection  archéolt^ique  a  acquis  un  grand  bronze  de  Clodius  Albinus,  venant  de  Mortemer. 

Époque  franque  ou  normande.  —  On  ne  saurait  s'occuper  de  Mortemer  sans  saluer 
les  gigantesques  débris  du  château  de  la  famille  de  Mortemer,  si  illustre  en  Angleterre  et 

65 


—  514  — 

en  Normandie.  Le  moine  Benoît  de  Sainte-Maure  a  célébré  ce  castel  dans  sa  Chronique,  et 
c'est  près  de  lui  que  l'on  place  la  grande  bataille  de  1055  entre  les  Français  et  les  Normands. 

Assez  près  de  ce  château,  on  remarque  un  terrassementénorme  dont  on  ne  peutdéterminer 
la  forme  ni  le  but.  Ce  grand  mouvement  de  terrain  doit  remonter  à  une  haute  antiquité. 

M.  Mathon  me  signale  encore  à  Mortemer  un  reste  de  tour  ronde  qu'il  croit  antique.  Il 
pense  que  cette  construction  en  brique ,  silex  et  pierre  de  moyen  appareil,  pourrait  être 
antérieure  à  la  châtellenie. 

Epoque  incertaine.  —  Je  crois  devoir  ranger  parmi  les  choses  que  je  n'ai  pu  classer 
avec  connaissance  de  cause  les  différents  objets  que  M.  l'abbé  Decorde  assure  avoir  été 
trouvés  dans  les  fossés  et  parmi  les  débris  du  château  de  Mortemer.  Ce  sont  des  fers  de 
flèche,  des  éperons,  des  clés,  des  boucles,  une  lance,  des  monnaies,  une  portion  de 
chaudière  en  cuivre.  M.  Joly,  propriétaire  des  ruines,  en  conserve  chez  lui  une  partie; 
une  autre  a  été  offerte  au  Musée  de  Rouen. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  r  t  Procôs-verb.  de  la  Commiss.  des  Antiquités  de  la 
sur  le  conton  de  Neufchatel-en-Bray, .  p.  161-75.  Seine-Inf.,  i  t.  i",  p.  77,  223,  221. 

E.  Lambert ,  •<  Mém.  de  la  Soc-  des  Antiq.  de  Norm.  • 
I     t.  XXV,  p.  535. 

SAINTE-BEUVE-EN-RIVIÈRE. 

Epoque  galxoise. — Dans  la  partie  de  cette  commune  qui  est  enclavée  dans  la  basse-forêt 
d'Eu,  au  triégede  la  Mare-des-Cendricrs,  des  terrassiers  ont  découvert  un  cimetière  gaulois. 
Traçant  au  mois  de  juillet  1862  le  chemin  de  grande  communication  n»  60,  de  Neufchâtel 
au  Vieux-Rouen ,  ils  rencontrèrent  des  groupes  de  vases  qu'ils  brisèrent  sans  miséricorde. 
Averti  de  cette  découverte  en  octobre  1863,  je  me  rendis  à  l'endroit  indiqué,  et,  de 
concert  avec  M.  de  Girancourt,  conseiller  général  de  Blangy,  j'y  tentai  une  fouille  archéo- 
logique. Elle  ne  fut  pas  sans  succès,  puisqu'elle  nous  révéla  deux  groupes  de  sépultures  gau- 
loises. L'un  se  composait  de  quatre  vases  en  terre  grossière  déposés 
côte  à  côte  à  75  centimètres  du  soJ.Un  seul  était  entier  et  il  ressem- 
blait à  une  gamelle  ou  sou- 
pière. —  Nous  en  donnons 
ici  le  dessin.   —  L'autre 
groupe  consistait  en  une 
seule  coupe  grossière  sur- 
montant un  dépôt  d'osse- 
p  ments  incinérés,  simple- 
'  ment  déposés  dans  le  sol, 
ce  qui  est  bien  la  sépulture 
belge  de  nos  contrées.  — 
VASK  GAm.o,B  (isoïj.  Nous  donnons  ici  ce  vase.         va«  Qkvum.  ' 


—  545  — 

D'autres  vases  et  fragments  de  vases  ont  encore  été  rencontrés  dans  la  tranchée.  Nous 

pouvons  citer  le  petit  vase  dont  nous  reproduisons  ici  l'image.  Ces 
divers  objets  sont  entrés  soit  dans  la  collection  départementale ,  soit 
dans  celle  de  M.  de  Girancourt. 

Époque  romaine.  —  Dans  l'église  de  Sainte-Beuve ,  on  voit  un 
chapiteau  de  colonne  en  marbre  blanc  et  d'ordre  composite ,  servant 

TASE  GAULOIS (1S63).  ,        ,    ,     .    .  /^  ,  .,  a^  .-  a     J     «x  *       J 

de  bénitier.  Ce  chapiteau  nous  parait  antique  et  doit  provenir  des 
ruines  romaines  d'Epinay,  où  M.  Mathon  a  connu  dans  sa  jeunesse  un  chapiteau  en  pierre 
d'ordre  toscan  ou  romain. 

«  Journal  de  Neufchàtel,  »  du  6  octobre  1863,  i       «  Nouvelliste  de  Rouen,  »  du  8  octobre  1863. 

«Journal  de  Rouen,  ■  du  8  octobre  1863.  *     |        «  Moniteur  universel,  »  du  11  novembre  1863. 

ÉPINAY  (section  de  sainte-beuve-en-rivière). 

Nous  avons  dit,  page  433  de  cet  ouvrage,  que  le  nom  d'Épinay  était  un  bon  indice 
d'antiquités.  Aucun  exemple  ne  démontre  mieux  la  vérité  de  cette  assertion  que  le  hameau 
d'Épinay  situé  près  de  Mortemer,  aux  sources  de  l'Eaulne.  La  quantité  d'anciens  monuments 
qu'on  y  rencontre  est  considérable.  C'est  au  point  que  l'opinion  publique  y  place  une  ville 
disparue,  que  la  tradition  du  pays  appelle  le  Vieux-Neufc/iâtel.  Pour  nous,  Épinay  recèle 
le  squelette  d'une  station  romaine. 

Époque  gauloise.  —  Plusieurs  monnaies  gauloises  sont  sorties  du  sol  d'Épinay.  M.  De- 
ville  m'a  cité  des  monnaies  anépigraphiques ,  une  médaille  de  bronze  à  la  légende  atisio, 
et  une  autre  de  la  ville  de  Rouen  avec  les  noms  de  svticos  et  de  ratvmacos.  J'ai  vu  au 
Musée  de  Neufchâtel  dix  ou  onze  monnaies  gauloises  en  bronze  provenant  d'Épinay.  Sur 
l'une  d'elles,  j'ai  lu  le  nom  d'ATisios.  De  son  côté  M.  E.  Lambert,  dans  son  second  Essai 
sur  la  numismatique  gauloise,  décrit  et  reproduit  quatre  curieuses  pièces  de  potin, 
trouvées  à  Épinay,  et  qu'il  attribue  à  la  première  période  celtique.  Ces  pièces,  en  efifet, 
sont  coulées  et  d'une  grande  grossièreté.  Il  cite  aussi  cinq  monnaies  de  bronze  parmi  les- 
quelles il  reconnaît  le  type  de  viricfv. 

Époque  romaine.  —  Mais  ce  sont  surtout  des  restes  romains  que  l'on  découvre  à  Épinay, 
et  cela  depuis  longtemps.  Nous  tenons  de  M.  Mathon  que,  dès  1809,  on  a  trouvé  dans 
des  vases,  qui  furent  brisés  alors,  environ  quatre  mille  monnaies  de  bronze  appartenant 
aux  empereurs  Auguste,  Tibère,  Néron,  Vespasien,  Domitien,  Trajan,  Adrien,  iËlius, 
Antonin ,  Marc-Aurèle ,  Lucius  Verus ,  Commode ,  Septime  Sévère ,  Géta ,  Caracalla ,  Maxi- 
mien, les  deux  Philippe,  et  les  impératrices  Sabine,  Faustine  mère  et  fille,  Lucile,  JuUa 
Domna ,  Julia  Severa  et  Julia  Mammœa. 

Le  Musée  de  Neufchâtel  a  recueilli  une  partie  de  ces  monnaies ,  ainsi  qu'une  bonne 
portion  des  épaves  antiques  d'Épinay.  Le  Musée  de  Rouen  a  acheté  les  meilleures ,  et  elles 
sont  aujourd'hui  l'un  de  ses  ornements. 


—  516  — 

A  partir  de  1824  surtout,  l'attention  s'est  portée  sur  les  découvertes  d'Epinay.  C'est 
aux  efforts  tentés  par  MM.  Fernel,  avocat,  Mathon ,  bibliothécaire ,  et  Cartier,  sous-préfet 
de  Neufchâtel,  que  l'on  doit  les  premières  révélations  sur  ce  point  intéressant. 

En  1 824 ,  la  Commission  des  Antiquités  en  fut  saisie ,  et  nous  les  trouvons  inscrites  dans 
les  procès-verbaux  de  cette  année.  Le  10  avril,  elle  reçut  pour  le  Musée  départemaital  un 
beau  plat  en  bronze ,  ainsi  qu'un  vase ,  trouvé  avec  dés  médailles  du  ne  et  du  me  siècle. 

En  1 840 ,  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie  publia  une  note  de  M.  Femel ,  dans 
laquelle  il  expose  que,  le  8  mai  1832,  dans  une  pièce  de  terre  de  15  hectares  qui  sur- 
monte un  labour  de  2  hectares  nommé  h  C hamp-des-Tom  beaux ,  on  a  trouvé  des  tuiles 
romaines ,  un  style  bien  consené ,  de  la  poterie  rouge  à  reliefs  et  un  fragment  de  coupe  en 
verre. 

Dans  une  pièce  de  8  hectares  fut 
recueillie  une  meule  en  poudingue. 
En  1833,  M.  Fernel  fit  des  fouilles 
dans  ce  champ  et  rencontra  des  pote- 
ries noires ,  des  ossements  d'animaux , 
des  bois  de  cerfs,  des  os  d'aurochs, 
des  ossements  humains,  des  monnaies 
de  bronze  du  Haut-Empire  et  un  tré- 
pied en  cuivre  brisé. 

Je  me  suis  assuré  que  les  débris  an- 
tiques se  trouvent,  à  Épinay,  sur  un 


BirSETDEEILÏmsnBEOinE(£PinAT,ie42).  ITATl'ETTE  OE  HLKCCHE  EN  BnOKZB  (tPIlfAT,  IM3). 


—  517  — 

espace  de  plus  de  2  kilomètres.  On  m'a  dit  que  le  propriétaire  des  terres  s'était  enrichi 

avec  les  monnaies  d'or  antiques,  tant  elles  y  ont  été  abondantes. 
Les  principales  conquêtes  que  le  Musée  de  Rouen  a  faites  à  Épinay  sont  des  monnaies 

romaines  en  or,  en  argent  et  en  bronze,  des  poteries  rouges  avec  marques  de  fabricant, 

tdle  que  :  cos...  et  mansvetio. 
Mais  on  doit  citer  par-dessus  tout  deux  bustes  de  Silène  en  bronze  et  une  jolie  statuette  de 

Mercure  du  même  métal.  Ce  dieu  ailé  et  couronné  de  roses  est  assis  sur  un  rocher  ;  ses  yeux 

sont  inscrustés  d'argent;  sa  pose  est  ravissante:  c'est  un  petit  chef-d'œuvre  de  la  statuaire 

antique  que  nous  donnons  à  la  page  ci-contre.  Trouvés  en  1842  par  M.  Desquinemare,  ces 

trois  objets  sont  devenus,  en  1846,  la  propriété  de  notre  Musée  départemental.  —  Les 

deux  bustes,  dont  nous  reproduisons  un  seul  spécimen  (1),  sont  hauts  de  75  miUimètres. 

La  figurine  de  Mercure  compte  14  centimètres.  Ces  trois  images  ont  été  achetées  250  fr. 
M.  Desquinemare  nous  a  assuré  avoir  trouvé  ces  trois  statuettes  près  d'une  muraille 

antique  où  étaient  pratiquées  des  niehes  laraires.  Le  même  cultivateur  nous  a  également 

parlé  d'un  canal  et  de  cubes  de  mosaïque  pavant  un  appartement. 

Alléché  par  ces  curieuses  découvertes,  M.  Deville  fit  pratiquer  à  Épinay  des  fouilles  qui 

ne  rapportèrent  que  quelques  débris  et  des  noms  de  potiers. 
Mais  c'est  surtout  la  Bibliothèque  de  Neufchâtel  qui  s'est  enrichie  et  presque  formée 

des  épaves  romaines  d'Épinay.  Nous  y  signalerons  spécialement  un  nombre  considérable 

de  ferrures  qui  semblent  avoir  été  destinées  à  garnir  des 
portes  antiques.  Nous  reproduisons  ici  les  deux  plus  impor- 
tants spécimens  de  ce  genre  de  ferronnerie.  On  remar- 
quera la  ressemblance  de  ces  pentures  avec  celles  de 
Caudebec-lès-Elbeuf  reproduites  à  la  page  223  de  ce 
recueil.  Ces  nombreuses  ferrures  ont  été  surtout  recueillies 
en  1830  et  en  1831.  On  montre  également  une  suite  de 
tuiles  à  rebords  alternées  de  tuiles  convexes  qui  semblent 

m 

se  raccorder  entre  elles.  Le  Musée  garde  aussi  des  meules 

à  broyer  en  poudingue. 
FBBRunEs  BOMAiNEs  (ÉPINAY,  1831).  La  céramiquc  y  est  représentée  par  de  nombreux  mor- 

ceaux. Mais,  parmi  ces  derniers,  nous  distinguerons  seulement  un  fragment  de  vase  rouge 
offrant  le  nom  de  missi  ;  deux  fonds  de  soucoupe  qui  répètent  le  nom  de  severi  ,  et  un  autre 
qui  donne  celui  de  cacava  ,  déjà  apparu  dans  la  forêt  de  Maulévrier.  Une  des  pièces  les  plus 
remarquables  est  un  plat  en  terre  noire  à  couverte  ardoisée ,  au  fond  duquel  on  lit  trois  fois 
l'estampille  de  medi.  Enfin ,  parmi  les  diverses  pièces  antiques ,  nous  signalerons  spéciale- 
ment une  belle  passoire  en  terre  blanche.  La  passoire  romaine  est  commune  en  bronze  ; 
mais  elle  est  rare  en  terre  cuite.  Cela  se  comprend,  quoique  la  terre  soit  plus  commune  que 

(1)  Nous  devons  la  reproduction  de  ces  deux  images  à  la  bienveillance  et  au  talent  de  M.  E.  Nicolle,  courtier  à  Rouen 


—  518  — 


CLÉ  DE  COFFRET  EN  BEOKZB. 


le  métal.  Mais  le  bronze  se  conserve  mieux  que  la  poterie.  —  N'omettons  pas  une  chose  assez 
rare  dans  son  genre  :  c'est  une  tablette  à  écrire  en  schiste  malheureusement  mutilée. 

Le  métal  est  surtout  richement  représenté  à  Épinay.  Nous  avons  déjà  parlé  du  fer,  et 
nous  n'avons  pas  cité ,  au  milieu  de  clous  de  toutes  sortes  et 
de  toutes  dimensions ,  cinq  clés  et  plusieurs  styles  en  fer.  Le 
bronze  a  donné  une  patère  un  peu  brisée ,  une  johe  anse  de 
coffret ,  une  charmante  clé  de  coffret  en  bronze  que  nous 
reproduisons  et  deux  médailles  de  Constantin  fourrées  en  or. 

Enfin  l'osserie  peut  revendiquer  quatre  ou  cinq  plaquettes  carrées,  triangulaires  ou 
losangées ,  ornées  sur  la  surface  de  doubles  cercles  gravés  en  creux.  Ces  plaquettes  se  ren- 
contrent communément  dans  les  stations  romaines.  Nous  en  avons  vu  à  Lillebonne,  à 
Rouen  et  à  Caudebec-lès-Elbeuf.  Celles  d'Épinay  ont  passé  par  le  feu  comme  les  plaquettes 
de  la  Bibliothèque  de  Dieppe  qui  proviennent  des  incinérations  de  Caudecôte. 

La  Commission  des  Antiquités  possède  dans  ses  cartons  de  beaux  dessins  coloriés  des 
statuettes  d'Épinay. 


BIBLIOGEAPHIE. 


L'abbé  Cochet,  a  La  Normandie  souterraine,  »  !'•  édit., 
p.  134-35;  2«édit.,  p.  152-53,  180. 

«  Procès-verbaux  do  la  Commission  des  Antiq.  de  la 
Seine-Inférieure,  >.  1. 1",  p.  76-77,  327,  364 ,  372. 

Guilmeth,  «  Descript.  hist.,  géogr.,  stat.  et  mon.  des 
arrond.,  »  t.  m,  p.  32. 

L'abbé.  Decorde,  «Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton 
de  Neufchâtel-en-Bray,  »  p.  200. 


Fernel ,  «  Notice  sur  des  antiq.  découv.  dans  l'arrond. 
de  Neufchàtel-en-Bray,  »  dans  les  «  Mém.  de  la  Soc.  des 
Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  173-74. 

E.  Lambert,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  • 
t  XXV,  p.  476-78,  pi.  1 ,  fig.  14, 16, 17,  28,  pi.  xi,  fig.  if, 
pi.  xiî,  fig.  5,  6,  7,  8. 

«  Magasin  pittoresque ,  »  année  1865,  t.  xxxiii,  p.  243- 
244. 


CANTON    DE    SAINT-SAÊNS. 


SAINT-SAÊNS. 

Ce  bourg  important  dut  ôtre  habité  à  toutes  les  époques;  cependant,  jusqu'à  présent, 
quoique  nous  l'ayons  bien  interrogé,  il  est  loin  de  nous  avoir  donné  la  série  de  monu- 
ments que  nous  sommes  en  droit  d'en  attendre.  Jusqu'à  un  certain  point ,  l'histoire  ici  est 
plus  riche  que  l'archéologie.  Néanmoins,  nous  y  verrons  des  vestiges  de  toutes  les  périodes. 

Époque  gauloise.  —  M.  Buzot,  propriétaire  à  Saint-Saëns,  possède  plusieurs  hachettes 
de  silex  recueillies  sur  le  territoire  de  ce  bourg.  Le  Musée  de  Neufchâtel  montre  aussi  des 
haches  de  pierre  provenant  du  Mesnil-Bénard ,  hameau  de  Saint-Saëns.  De  son  côté, 
M.  Lambert,  de  Bayeux,  cite  des  monnaies  gauloises  trouvées  à  Saint-Saens. 


/.     J 


—  519  — 

Époque  romaine.  —  Au  Lihu ,  hameau  connu  pour  une  ancienne  verrerie,  on  a  trouvé, 
vers  1860,  des  monnaies  de  bronze  du  Haut-Empire,  possédées  par  M.  Sévry,  instituteur 
à  Saint-Saëns. 

Dans  une  excursion  archéologicpie  qu'il  fit  à  Saint-Saëns ,  en  i  835 ,  M.  E.  Gaillard  ra- 
conte avoir  vu  des  débris  romains.  M.  Deville ,  dans  les  notes  qu'il  nous  a  communiquées , 
a  connu  au  Câtelier  des  briques  et  des  poteries  antiques.  M.  Guilmeth  dit  la  môme  chose. 
Le  genre  de  monument  antique  qui  abonde  le  plus  à  Saint-Saëns,  c'est  la  meule  à 
broyer  en  poudingue.  Le  pays  en  est  véritablement  semé. 

Hais  ce  qui  est  plus  intéressant  qu'ailleurs ,  c'est  qu'il  a  dû  exister  sur  ce  territoire 
d'importantes  fabriques  de  meules.  Ces  fabriques  eurent  lieu  dans  le  bois  de  l'Abbaye  et 
dans  celui  qui  surmonte  la  propriété  de  M.  d'Haussez.  Sur  ces  deux  points,  on  voit 
d'énormes  fosses  accompagnées  de  buttes  très  élevées.  Là ,  le  poudingue  abonde ,  et  l'on 
ne  saurait  douter  que  ces  grands  mouvements  de  terrain  ne  soient  des  restes  d' extraction. 
Des  recherches  faites  sur  le  sol  nous  ont  montré  une  quantité  de  meules  à  l'état  de  for- 
mation :  ce  sont  des  ébauches  et  des  essais  abandonnés  par  les  anciens  industriels  (1). 

En  ISBl ,  dans  les  défrichements  des 
bois  de  l'Abbaye,  on  a  trouvé  une  hippo- 
sandale en  fer  {'i),  chose  assez  rare  dans 
notre  département,  puisque  je  n'en  con- 
nais encore  qu'à  Archelles,  près  Arques, 
et  à  Caudebec-lôs-Elbeuf,  l'ancienne  Ug- 
gate.  Celle  de  Saint-Saëns  a  été  recueillie 
par  M.  Chevreaux,  qui  a  bien  voulu  nous 
en  communiquer  le  dessin  ci-joinl.  — 
On  connaîtà  Saint-Saëns  un  lieu  nommé 
la  Salle.  D  est  très  vraisemblable  qu'il 
BippoBAnDALB  BK  vun  {ïAinT-sAËNs,  iHiiij.  y  cxlste  dcs  autiquîtés  romaines. 


£1)  Saint-Saéns  ne  serait  pas,  dans  notre  département,  la  seule  localité  où  l'on  aurait  mbriquÈ  des  meules  de 
poudingue'.  Nousavons  cru  en  reconnaître  un  atelier,  en  I8G3,  dans  lofasses  fa'rilresAii  Bois-des-Hogues.  (Voir  cet 
ouvrage ,  p.  370, 373,)  —  Au  carrefour  de  la  Futaie,  i  Fleurines  (Oise),  on  trouve  des  meules  antiques  en  si  grande 
quantité,  qu'on  suppose  qu'il  a  existé  là  un  centre  de  fabrication  de  ces  instruments.  {Woillez,  •  Répertoire 
.  archéologique  de  rOise,  •  p..  191.)  —  On  peut  consulter  è  propos  de  meules  à  broyer,  M.  Guérard,  ■  Polyptique 
d'Irminon,>t.  i",parLii,  p,632,  833,— «Cartulaire  de  SainUPèredeCliartres,  .  1. 1",  p.  11.— LesdéputésdeRennos 
aux  États-Généraux  de  1780,  nous  apprennent  que  l'ipreté  des  seigneurs  baniere  de  la  Bretagne  était  telle,  que  les 
paysans  étaient  revenus  aux  moulins  à  bras  de  la  Gaule  pour  se  soustraire  aux  portes  que  leur  imposait  la 
banalité.  Les  seigneurs,  en  vertu  d'un  droit  nommé  mile  du  moulin,  leur  vendaient  souvent  fort  cher  la  faculté  de 
broyer  entre  deux  pierres  une  mesure  d'orge  ou  de  sarrozin;  faute  par  eux  d'acquitlor  la  suite  dumovtin,  leurs  - 
meules  étaient  brisées.  Louandre,  ajournai  gén.  de  l'Inst.  puliliquc  ,  "  du  G  juillet  18Ci .  p.  415,  t.  ixxin,  n°  27. 

(2)  SaJnt-Saëna  n'est  pas  le  seul  point  de  la  Se  lue -Inférieure  où  s'est  rencontrée  la  pièce  de  fec  que  nous  nommons 
hipposandale.  Noua  en  avons  trouvé  à  Arques,  en  1853,  dans  l'établissement  romain  dArcholles:  d'autres  ont  été 


-  520  — 

Dans  les  terrassemenls  pratiqués  en  1865  pour  l'ouverture  du  chemin  de  grande 
communication  n»  38  de  Saint-Saéns  à  NoUéval ,  on  a  rencontré  au  pied  de  la  colline  et 
dans  l'enceinte  même  de  l'ancienne  abbaye  des  masses  de  tuiles  à  rebords,  des  faîtières, 

extraites  du  sol  de  Caudebec -1  Es- Blbeuf  (l'ancienne  Vggale-. 
et  sontcoQservÉcsà  Louviers,par  M.  Lalun.  Les  analogues, 
que  nous  connaissons  en  Normandie,  ont  él'!  rencontrées  à 
lttRivi(Te-Thibouville(Eure),  à  Vieui,  près  Caen,  que  l'on 
croit  Arcrgenus,  et  au  Vieil-Évreux  (l'antique  Mediolaniim). 
Les  trois  sabots  de  Vieux  se  voient  au  Musée  de  Caen. 
Nous  reproduisons  ici  un  des  sabots  d'Évreux  dfjà  édité  par 
Roacli  Smith  et  par  MH.  fionnin  et  Chcvraux.  (Bonniu, 
■  Fers  antiques  trouvés  au  Vieil-Évreux  (Eure),  »  in-4'  de 
H  p.  avec  3  pi.,  Éïreujt,  1840.  —  Id.,  n  Antiquités  gallo- 
rom.  duVieil-Évreux,  «atlas, pi.  xLi.  —  Chovraux," Bulle- 
tin  monumental ,  =  t.  vi,  p.  473,  p.  v.  —  Roach  Smith  , 

"Colleclaneaanliqua,  «vol.  m,  p.  Iî8.  —  Naniur,.  Public.  hipposaj«oalb  en  FCa  (vieil-BVRKUx). 

de  laSoc.  archfoi.  duLuxomb.,  p  t.  ii,  p.  xcdi.)  —  Dans  lo 

reste  de  la  France  des  bipposandales  ont  été  recueillies  :  au  Ch&telet  (Grivaud  de  la  Vincelle,  ■  Arts  et  métiers 
des  anciens,-  pi.  xiv,  Ilg.  1.5;  pi.  cxxvn,  fig.  1,  2  et  3);  à  Dijon  (■  Bulletin  mon.,  »  t.  vi,  p.  173;<GoUect.  anliq.,i 
vol, m, p.  128);  à  Aulun  (.  Bull,  mon.,  »  t.  vi,  p.  473-74;  .  Collect.  antiq.,  »  vol.  m,  p.  128);  à  Troj-es  (ThioUet , 

•  Congrès  archéol.  de  France:  séanc.  gén.  de  Troyes,  eu  1853,  »  p.  375,  378,  fig.  1  et  2);  ù  Montbéliard  («Bull, 
mon.,»  t.  VI,  p.  474;  oCollect.  antiq.,»  vol.  m,  p.  128);  à  Mandeure  , 

près  Hontbéliard  {^'Epamanduodunim  des  Itinéraires);  à  Bcrupt  et  k 
Remennecourt  dans  l'ancienne  Lorraine  (  •  Le  Tombeau  àa  Chil- 
déric  I",  »  p.  153-54).  —  Dans  une  lettre  particulière  M,  de  Pibrao 
nous  apprend  qu'il  a  trouvé  à  Saint-Euvcrte- d'Orléans  une  hipposan- 
dale, en  1863  ou  1864.  Il  en  possède  une  autre  trouvée  près  8aint-Ay, 
dans  le  Loiret.  —  Nous  reproduisons  ici  les  trois  fers  lorrains  recueillis 
par  M.  de  Widranges ,  en  1840,  1843  et  1846.  -  A  l'étranger  ces  mêmes 
fers  se  sont  produits  :  h  Londres,  à  Stony  Stratford  et  ù  Spring  Head, 
dans  le  Kent(Roacb  Smith), 

•  GoUectanea  anliqua  ,  ■ 
»ol.  m,  p.  128;  id.,  -  Cata- 
logue ofthe  Muséum  ofLoQ- 
don  anUquities,  ■  p.  77  ; 
Namur,  ■  Public,  de  la  Soc. 
archéol.  du Luxemb.,«  l.  ra, 
p.  xcin).  —  Dans  le  Luxera- 
bourg  ,  le  seul  camp  de 
Dalheim  en  a  montré  dix, 
de  1851  à  1855.  (^  Publica- 
tions de  la  Soc.  archéol.  du 
Grand-Duché  de  Luxem- 

boure  »  t.  vu  i)  185  ni  x  hipposanoales  en  fbh  (kbmbnnbgockt  bt  acKUPT,  lBiO-48). 

flg.25;  l.ix,p.  126,  etl.xi, 

p.  93-94,  pi.  ui.fig.  21  et24).  -  M.  de  Bonstetten  en  signale  un  trouvé,  en  1758,  à  Culm,  prés  Avencheg  (Suisse), 
(Schmidt,  t  Recueil  d'antiq.  trouv.  à  Avenchas,  Culm,  etc., .  p.  88,  pi.  v,  fig.  2,  10-4°,  Berlin,  1760),  et  M.  Troyon 
m'en  a  cité  quatre  recueillis  sur  un  squelette  de  cheval  dons  les  ruines  romaines  des  Granges  (canton  de  Vand). 
—  BnDn  MM.  Roach  Smith  et  Namur  prétendent  qu'en  Hollande  la  coutume  des  bipposandales  est  encore  habi- 
tuellement pratiquée  (Roach  Smith,  >  Collect.  antiq.,  >  vol.  m,  p.  129;  Namur,  ■  Public,  de  la  Soc.  arcbéol.  du 
Luxembourg,  ■  t.  xi,  p.  lciv;  '  La  tombeau  de  Childéric  I",  ■  p.  163). 


—  521  — 

des  éluves ,  des  briques  antiques ,  un  bronze  romain  et  des  fragments  de  poterie  gallo- 
romaine. 

Époque  franque.  —  Le  grand  monument  de  l'époque  franque,  c'est  la  fondation  du 
monastère  du  Camp-Souverain  ou  du  Camp-Soudain  par  Sidonius^'^moine  de  Jumiéges,  en 
670  selon  les  uns,  en  675  selon  les  autres.  Sidonius,  connu  en  français  sous  le  nom  de 

4 

Saëns ,  était  un  pauvre  enfant  irlandais  ou  écossais ,  qui ,  ayant  été  racheté  par  les  reli- 
gieux de  Jilmiéges ,  devint  novice  de  ce  monastère  et  disciple  de  saint  Philbert.  Il  resta 
dans  la  grande  abbaye  des  bords  de  la  Seine  jusqu'à  ce  que  saint  Ouen ,  évêque  de  Rouen , 
lui  enjoignît  à  son  tour  de  fonder  une  colonie  dans  le  bassin  de  la  Varenne.  Il  fut  aidé  par 
Thierry  1er,  flis  de  Clotaire  III,  qui  lui  donna  le  terrain.  Pendant  quelques  années,  il  eut 
pour  disciple  et  pour  compagnon  saint  Leufroy,  qui  ne  quitta  cette  solitude,  en  686,  que 
pour  aller  fonder,  sur  les  bords  de  l'Eure ,  l'abbaye  de  la  Croix. 

Après  avoir  accompagné  saint  Ouen  au  tombeau  des  saints  apôtres,  saint  Saëns  mourut 
le  14  novembre  689  ou  695,  et  fut  inhumé  dans  sa  propre  égHse.  Où  était  située  cette 
église,  comme  ce  monastère?  C'est  ce  que  nous  ne  saurions  dire  depuis  sa  destruction 
par  Hastings  et  ses  Normands  du  ix^  siècle. 

La  tradition  assigne  deux  places  au  monastère  primitif  comme  au  tombeau  de  saint 
Saëns  :  la  ferme  du  Camp-Soiiverain^  voisine  de  la  forêt  d'Eawy,  à  3  kilomètres  du 
bourg  et  où  se  trouve  la  mare  du  Puits-Merveilleux,  ou  bien  la  butte  du  Câtelier, 
voisine  du  bourg  et  de  l'ancien  château.  Là  se  trouve  une  fontaine  vénérée  dite  du 
Bienheureux  saint  Saëns.  On  y  vient  en  pèlerinage  et  même  en  procession  dans  les 
sécheresses. 

Aucun  document  historique,  aucun  monument  archéologique,  n'est  venu  jusqu'à  pré- 
sent nous  révéler  le  lieu  précis  du  séjour  et  du  tombeau  de  Sidonius.  Nous  savons  seule- 
ment que  son  œuvre  fleurit  longtemps ,  et  qu'au  viiie  siècle ,  saint  Laude  ou  saint  Landon , 
abbé  de  Fontenelle ,  gouvernait  en  731  cette  maison,  appelée  alors  Cella  Sancti  Sidonii. 
En  734,  Charles  Martel  confirma  les  dons  et  privilèges  de  cette  fondation.  On  croit  qu'elle 
fut  détruite  par  les  Normands  vers  860. 

MM.  Deville  et  Guilmeth  parlent  de  tombeaux  de  pierre  et  de  plâtre  trouvés  à  Saint- 
Saëns,  sans  donner  la  date  de  ces  découvertes.  Par  leur  nature,  ces  cercueils  pourraient 
être  reportés  à  l'époque  franque. 

Période  normande  et  Époque  incertaine.  —  Nous  devons  ranger  parmi  les  monu- 
ments d'une  époque  incertaine  les  lieux  nommés  par  la  tradition  le  Camp-Auger  et  le 
Camp-Tillou ,  où  l'on  remarque  d'anciens  retranchements. 

La  butte  dite  du  Câtelier  peut  être  antique,  comme  elle  peut  n'être  aussi  que  le  débris 
de  la  forteresse  normande  de  Saint-Saëns,  car  on  sait  que  Saint-Saëns  joua  un  rôle  dans 
l'histoire  de  Normandie,  sous  les  fils  du  Conquérant.  Le  château,  donné  en  partage  par 
Robert  Courte-Heuse  à  Lambert  de  Saint-Saëns,  avait  sous  lui  les  forteresses  d'Arqués  et  de 

66 


—  522  — 


Bures,  et,  un  dimanche  de  Tannée*!  106,  il  protégea  l'évasion  de  Guillaume  Cliton,  Tin- 
fortuné  fils  de  Robert,  poursuivi  par  les  gens  de  Henri  Beauclerc. 

Au  commencement  du  xviie  siècle,  il  existait  encore  au  Câtelier  une  apparence  de 
vieilles  murailles  avec  mottes  et  fossés  ^  cour  et  arrière-cour.  En  1806,  la  triple  enceinte 
de  fossés  ne  présentait  pas  moins  de  10  mètres  de  profondeur  sur  une  largeur  égale.  On 
connaissait  également  le  château  de  la  Butte  dans  la  prairie  de  la  Salle.  Des  fouilles  faites 
en  1777  y  découvrirent  un  escalier  de  pierre.  En  1626;  on  indiquait  aussi  la  place  d'un  châ- 
teau ruiné.  Enfin,  en  1777,  on  a  trouvé  un  chemin  de  30  pieds  de  large  à  chaussée  épaisse. 

Comme  dernier  vestige  de  Thistoire  de  Saint-Saëns ,  nous  citerons  la  tradition  d'an- 
ciennes foires  qui  auraient  existé  dans  ce  pays  dès  la  plus  haute  antiquité.  Pour  preuve 
de  cette  industrie  disparue  déjà  depuis  longtemps ,  le  peuple  cite  la  rue  des  Forges  et  la 
rue  d'Enfer.  Pour  nous ,  nous  ajouterons  ces  restes  de  fourneaux ,  ces  masses  de  scories 
et  de  mâchefer,  que  rend  partout  le  sol  quand  on  l'interroge  avec  le  louchêt  et  la  bêche. 

Saint-Saêns  est  un  lieu  remarquable  pour  ses  fontaines  sacrées,  outre  la  source  du  Câta- 
lier  dédiée  au  patron  du  Bourg,  il  y  a  encore  la  fontaine  de  Saint-Martin ,  près  la  chapelle 
de  Saint-Martinet,  et  la  fontaine  de  Sainte-Marguerite,  près  Tabbaye  des  Bernardines. 


Fridegode,  t  Vita  8.  Audoeni  Rothom.  archiepiscopi.  » 

«  Neustria  pia ,  »  p.  335-337. 

Mabillon ,  «  Ann.  ord.  S*^  Bene.,  •  1. 1*%  lib.  16,  p.  522. 

Id.,  «  Acta  ss.  ord.  S*'  Bened.,  »  Soc.  m,  p.  583. 

Ménard,  «  Observations  sur  le  martyrologe  bénédic- 
tin, »  au  14  novembre. 

«Gallia  Ghristiana,  »  t.  xi,  p.  122. 

Boll.,  «Acta  Sanctorum,  »  mens  febr.,  a  Vit.  8. 
Ansbert.  » 

DupleSsis,  «Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute- 
Norm.,  »  t.  1",  p.  103-105. 

D.  Bouquet,  «  Recueil  des  Historiens  des  Gaules  et  de 
la  France,  »  t.  m*  p.  644,  t.  iv,  p.  17. 

«  Hist.  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Pierre  de  Jumiéges,» 
Mss.  in-folio  de  1762,  p.  12  et  13 ,  à  Jumiéges,  chez 
M.  Lepel-Gointet. 

DTeppes,  «Chronic.  ord.  S.  Benedict.,  »  t.  ii ,  ad 
annum  677. 

Baillet,  «  Vie  des  Saints ,  »  t.  m,  14  novembre. 

«  Histoire  de  Saint-Saëns,  •  Mss.  de  18  pages  in-folio, 
rédigée  par  M.  E.-R.  Bosquier,  en  1806,  et  conservée  au 
château  du  Quesnay  par  M,  Hély  d'Oissel. 


BIBUOGRAPHIE. 

Bosquier,  «  Notice  sur  Saint-Saëns,  »  dans  les  «  Mém.  de 
la  Soc.  des  Antiq.  de  France,  »  t.  iv,  p.  128-133  (1823). 

«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  7, 
t.  XXIV,  p.  362. 

E.  De  Duranville,  «Notice  sur  la  vallée  de  la  Varenne,» 
dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1851,  p.  193-212, 
289-310. 

E.  De  Duranville,  «  Saint-Saëns,  »  dans  la  «  Revue  de 
Rouen,»  année  1845,  p.  155-158;  mars  1845. 

Id.,  Articles  insérés  dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  in-8* 
de  16  p.,  Rouen,  1845. 

«  Bulletin  monumenlal ,  »  t.  xxix,  p.  37. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat  et  mon.  des 
arr.,  »  t.  m,  p.  208-10  et  223. 

P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  hist.,  archéol.  etbiogr. 
sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  t.  n,p.  150-51. 

L'abbé  Cochet,  «  Notice  hist.  et  archéol.  sur  l'église  et 
Tabbaye  de  Saint-Saëns,  »  dans  les  &  Mém.  de  la  Soc. 
des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xx ,  p.  442-457. 

«  Revue  de  la  Normandie ,  »  1"  année ,  p.  797-98. 

E.  Lambert ,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Nonn.,  • 
t.  XXV,  p.  535. 


PERDUVILLE  (section  de  bosc-mesnil). 

Époque  romaine —  Vers  1780,  on  a  trouvé  à  Perduville  un  dépôt  de  monnaies  ro- 
maines en  argent.  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  un  Caracalla  venant  de  cette  collée  ion 


—  523  — 

qui  était  considérable.  On  assure  que  les  pièces  étaient  dans  un  vase ,  à  50  centimètres 
du  sol. 

SAINT-MARTIN-OSMONVILLE. 

Époque  ROMAINE.  —  En  1857,  on  a  trouvé,  au  hameau  de  Bréquigny,  un  certain 
nombre  de  monnaies  de  bronze  du  Hàut-Empire.  Parmi  celles  que  conserve  M.  Sévry, 
instituteiœ  à  Saint-Saëns,  j'ai  reconnu  une  Faustine  et  un  Auguste ,  au  revers  de  Tautel  de 
Lyon.  M.  Léopold  Quenouille ,  de  Saint-Saëns ,  ih'a  montré  un  grand  bronze  de  Lucius 
Verus  et  un  autre  de  Didia  Clara ,  qu'il  assure  provenir  du  même  endroit.  Cette  dernière 
pièce  est  rare.  —  Sur  Saint-Martin ,  il  existe  un  hameau  appelé  La  Salle.  Ce  nom  est 
presque  toujours  un  indice  d'antiquités. 

Époque  incertaine.  —  En  terrassant  et  en  nivelant  le  sol  qui  environne  le  château 
d'Osmonville ,  appartenant  à  M.  Bouctot ,  on  a  trouvé ,  à  diverses  reprises ,  des  squelettes 
humains ,  dont  il  est  malaisé  de  déterminer  la  date. 

En  face  de  la  ferme  du  Fontenil^  on  remarque  dans  la  colline  qui  est  vers  Mauray  des 
terrassements  auxquels  on  donne  le  nom  de  Fort  et  auxquels  se  rattachent  des  traditions 
de  guerre. 

BEAUMONT-BEUSEMOUCHEL  (section  de  roquemont). 

Époque  incertaine.  —  Sur  le  tracé  du  chemin  de  fer  de  Rouen  à  Amiens ,  on  re- 
marque un  tertre  nommé  la  motte  du  Grand-Parc.  On  pense  que  cette  butte  doit  dispa- 
raître par  suite  des  travaux  de  la  voie  ferrée. 

MONTÉROLLIER. 

Époque  romaine.  —  Une  extraction  de  caillou  pour  la  bâtisse  fut  pratiquée,  en  juillet 
1863,  dans  un  herbage  de  la  ferme  de  Bellevue,  appartenant  à  M.  Bouctot,  conseiller 
.  général  du  canton  de  Saint-Saëns.  Ce  travail  amenala  découverte  d'un  important  et  curieux 
édifice  romain  dont  le  mérite  ne  fut  bien  constaté  que  lorsqu'il  avait  en  grande  partie 
disparu.  Une  fouille  que  j'y  pratiquai  au  mois  d'octobre  de  la  même  année  me  fit  recon- 
naître un  beau  mur  romain  épais  de  65  centimètres  et  revêtu  de  ciment  rouge.  L'angle 
de  l'édifice  est  formé  en  tuf  de  petit  appareil,  comme  le  théâtre  de  Lillebonne  et  nos 
belles  constructions  antiques.  J'ai  suivi  ce  mur  sur  une  longueur  de  10  à  12  mètres 
seulement. 

Dans  les  débris  provenant  des  démolitions ,  j'ai  remarqué  des  tufs  et  des  pierres  taillées, 
des  tuiles  à  rebords  et  très  peu  de  poterie.  J'ai  eu  le  bonheur  d'y  rencontrer,  chose  rare 
dans  nos  contrées,  un  fragment  d'inscription  romaine.  Elle  avait  été  gravée  en  lettres  capi- 
tales sur  une  pierre  de  Saint-Leu.  Il  n'y  restait  que  ces  trois  lettres  : ...  vpa,  que  je  crois 


—  524  — 

tracées  en  caraclêrcs  du  ii»  ou  du  m»  siècle.  Il  y  avait  d'autres  ligues  dont  on  ne  recon- 
naissait que  les  points  ou  les  entêtes. 

Pour  que  ce  monument  eût  une  inscription ,  il  fallait  qu'il  fût  important.  Jusqu'à  pré- 
sent, nous  ne  connaissons  d'inscriptions  dans  ce  déparlement  qu'au  cimetière  d'Orival  et 
aux  nlles  i'Uggale,  de  Rolomagvs  et  de  Juliobom. 

M.  Mathon  a  encore  connu  une  monnaie  consulaire  en  argent  de  Sextus  Pompeius 
provenant  de  Montérollier. 

ÉPOQUE  FBAMQUE.  —  Les  ruiues  de  l'édifice  romain  dont  nous  venons  de  parler  furent 
occupées  par  les  Francs.  Nous  n'en  voulons 
d'aulre  preuve  que  les  sépultures  rencon- 
trées en  juilIeH863,lorsdeladémolition 
des  murs  antiques.  Avec  les  corps,  conciles 
le  long  des  murs,  les  ouvriers  ont  recueilli 
des  vases,  des  ornements  et  des  armes.  La 
plus  grande  partie  de  ces  objets  a  été  brisée. 
Mais  il  a  été  sauvé  du  naufrage  trois  scra- 
masaxcs  ou  sabres  de  fer,  encore  munis  de 

leurs  rainures;  une  plaque  de  ceinturon  en  | 

fer,  recouverte  de  damasquinurcs  d'argent, 
et  deux  boucles  de  ceinturon  en  bronze  ci- 
selé, accompagnées  de  leurs  plaques  garnies  •"«""""'""■»»«">"»™»l™"«"<»-"".'»- 
de  dessins  gravés  en  creux.  —  Nous  en  donnons  ci-dessus  le  dessin.  —  Enfin,  il  a  élé 
recuedli  un  mojen  bronze  du  Haut-Empire. 

Un  monument  gallo-franc  étant  reconnu  sur  une  des  collines  boisées  de  Montérollier  et 
J>  une  légère  distance  des  sources  de  la  Varenne  (i),  il  devient  assurément  plus  possible 
que  jamais  d'y  placer  le  monastère  de  femmes  connu  sous  le  nom  de  Varinm,  dont  il  est 
fait  mention  au  vn.  siècle  dans  la  vie  de  saint  Riben,  et  au  viii.  dans  celle  de  saint 
Leufroi. 

Les  anciens  auteurs  qui  parlent  de  l'abbaye  de  Varinm  disent  que  saint  Ribert,  moine, 
chorévêque  et  apôtre  de  nos  contrées,  y  fut  enterré  au  vue  siècle  (2).  Ds  assurent  que  saint 
Leufroi,  après  y  avoir  passé  quelque  temps  près  de  saint  Saêns,  son  maître  et  son  ami, 
dans  le  monastère  .  quod  vocatar  Vulgô  Varcnna, .  le  quitta  pour  aller  fonder  le  monastère 
de  la  Croix ,  où  il  mourut  en  738.  Enfin ,  on  connaît  la  possession  de  Varenne  par  Teutsinde, 
abbé  de  Fontenelle,  en  734.  Voilà  à  peu  près  tout  ce  que  l'on  sait  de  cette  mystérieuse 
maison  que  quelques-uns  disent  délruite  par  les  Normands,  tandis  que  d'autres  la  font 
supprimer  dès  le  temps  de  Charles-le-Chauve.  Adrien  Valois ,  qui  donne  ce  renseignement, 

(l)Uï.rei.ne..t,pp,lé,,  d.u  1.  CliroMque  de Ponlenoll. ,  .uix'.iède.  fùro.et  ri.r.ra. 
(î)  .  Wannna ,  m  quA  sttnctus  Ribertus  corpore  quiescil. . ,  Nenstria  pin, .  p.  U9. 


—  525  — 

dit  que  ses  biens  ftirent  réunis  à  l'église  de  Rouen.  Le  même  historien  la  place  dans  le 
comté  de  Tallou,  et  les  auteurs  du  Gallia  Christiana  la  mettent  sur  leur  carte  de  4767, 
aux  sources  de  la  Varenne.  Dès  le  siècle  dernier,  le  bénédictin  Duplessis  croyait  déjà  voir 
dans  Montérollier  le  monastère  perdu,  et  il  s'appuyait  sur  l'ancien  vocable  de  ce  pays,  qui, 
dans  les  plus  anciens  titres,  est  Monasterium  Hoolerii,  Odelerii  ou  Odilerii.  Si,  de  nos 
jours,  MM.  Leroy  et  de  la  Mairie  partagent  cette  opinion  sans  l'appuyer  davantage,  de  son 
côté,  M.  de  Duranville  la  repousse.  Il  est  possible  que  les  découvertes  modernes  fournissent 
une  occasion  d'y  revenir. 

w 

Epoque  normande  (?).  —  Nous  sommes  tenté  d'attribuer  à  la  période  normande  la 
motte  circulaire  que  l'on  voit  dans  la  ferme  du  Mont-Hognet.  C'est  un  tertre  élevé  cou- 
vert d'herbe  et  entouré  d'un  fossé  circulaire ,  autrefois  remparé  de  murailles.  Le  diamètre 
a  bien  50  mètres,  et  la  circonférence  150.  La  profondeur  des  fossés  est  encore  de  5  à 
6  mètres.  Nous  croyons  que  c'est  là  le  château  normand  des  chevaliers  Osbeçne  et  Ansfrède, 
frères  de  Papie ,  épouse  du  duc  Richard  IL  Ces  deux  vaillants  soldats  portèrent  avec  eux  la 
terre  de  Montérollier  à  l'abbaye  Fontenelle,  lorsqu'en  1024  ils  se  firent  moines  dans 
l'abbaye  du  bienheureux  Wandrille  (1).. 

BIBLIOGRAPHIE. 


«  Cbronicon  Fontanellœ,  «  c.  ix . 

«  Neustria  pia,  »  p.  166. 

Mabillon,  «  Acta  Ss.  ord.  S.  Benedict.,  »  t.  m,  p.  585. 

Dom  Bouquet,  «  Recueil  des  hist.  desGaul.,  »  t.  m , 
p.  644. 

«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  132  et  carte. 

Duplessis ,  •  Descript.  géogr.  et  hist.  de  la  Haute- 
Norm.,  »  t.  I",  p.  42-43  et  600-601. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
arr.,  •  t.  m,  p.  229. 

De  Duranville ,  «  Notice  sur  la  vallée  de  la  Varenne,  » 
dans  la  «  Revue  de  Rouen,  »  année  1851,  p.  196. 

P.  de  la  Mairie ,  «  Recherches  hist.,  archéol.  et  biogr. 
sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  •  1. 1*',  p.  140. 
Leroy,  t  Histoire  de  la  commune  de  Montérollier,  » 
p.  43,  46-47  et  57,  in-8%  Rouen ,  1859. 
«  Revue  de  la  Normandie,  »  t.  m ,  p.  801-804. 


MATHONVILLE. 

Époque  incertaine.  —  Vers  1844,  au  lieu  dit  le  Bos-Robinet^  on  a  trouvé  des  sque- 
lettes humains. 

LE  NEUFBOSC. 

Période  normande.  —  Au  bord  d'un  taillis  nommé  le  bois  du  Vieux-Château ,  on  re- 
marque un  tertre  circulaire  situé  sur  le  penchant  d'une  colline.  Son  élévation  au-dessus 
du  sol  est  d'environ  2  à  3  mètres,  sa  circonférence  est  de  120  et  son  diamètre  de 40.  Dans 
tout  son  pourtour,  il  est  environné  d'un  fossé  de  4  à  5  mètres  de  profondeur.  D'épaisses 
murailles  ont  autrefois  formé  ce  donjon  circulaire  qui,  en  1853,  a  été  démoli  dans  ses 
racines  pour  ferrer  le  chemin  de  grande  communication  no  39 ,  qui  va  dé  Bradiancourt  à 
la  route,  impériale  no  28. 

(1)  Charte  de  Richard  II  délivrée  à  Fécamp,  en  1024.  «  Neustria  pia ,  »  p.  166. 


—  526  — 


FONTAINE-EN-BRAY. 

Époque  franque.  —  Un  cultivateur,  en  labourant  ses  terres,  voisines  de  la  Fontaine^ 
Mogne  (la  Fontaine-du-Moine?),  trouva,  en  1860,  un  cercueil  de  pierre  qui  est  encore 
conservé.  Dans  cette  auge  sépulcrale  était  un  squelette  et  une  arme  de  fer,  sabre  ou  épée. 

Époque  incertaine.  —  On  raconte,  dans  le  pays,  que  l'église  a  été  transférée  et  qu'elle 
était  autrefois  à  la  côte  de  Fontaine ^  que  l'on  nomme  parfois  la  côte  de  Saint-Wandrille y 
parce  qu'elle  était  possédée  par  les  moines  de  ce  nom. 

Nous  croyons  peu  à  cette  tradition ,  attendu  que  l'église  actuelle  date  du  xi«  siècle. 

SAINTE-GENEVIÈVE-EN-BRAY. 

Époque  romaine.  —  De  1840  à  1850,  on  a  trouvé,  à  plusieurs  reprises,  des  tuiles  à 
rebords  dans  les  terres  qui  environnent  le  hameau  du  Carrouge. 

Époque  franque.  —  Dans  le  cours  du  dernier  siècle,  un  cultivateur  de  Sainte-Gene- 
viève trouva ,  dans  une  terre  voisine  de  ce  même  hameau  du  Carrouge ,  au  bord  du  vieux 
chemin  des  Maréyeux  qui  conduisait  de  Dieppe  à  Paris ,  des  cercueils  en  pierre  contenant 
des  ossements  humains.  Cette  découverte  fit  alors  quelque  bruit,  puisque  les  feuilles  pu- 
bliques et  l'Académie  de  Rouen  s'en  préoccupèrent. 

On  a  conservé  dans  le  pays  le  souvenir  de  cette  découverte ,  et  on  nous  en  a  montré  la 
place  en  octobre  1863.  On  nous  a  assuré  que  les  sépultures  étaient  environ  à  50  centi- 
mètres du  sol ,  que  la  terre  du  champ  est  noire  dans  certaines  parties  ;  enfin ,  on  nous  a 
fait  voir  dans  le  fossé  et  sous  la  haie  un  cercueil  en  pierre  de  Vergelé  encore  en  place.  Son 
couvercle  en  dos  d'àne  indique  suffisamment  l'époque  franque. 

Epoque  incertaine.  — sAu-dessusde  ce  champ  de  sépultures,  on  remarque,  dans  le 
flanc  de  la  colline ,  des  coupures  et  des  terrassements  qui  ressemblent  à  la  motte  d'un  an- 
cien château.  Dans  le  pays,  on  appelle  ces  retranchements  le  camp  de  la  CôteniU'Carrouge. 

Il  y  a  aussi,  à  Sainte-Geneviève,  tradition  d'église  transférée.  On  assure  qu'elle  était 
auprès  des  tombeaux  francs  du  Carrouge.  Nous  craignons  que  cette  idée  ne  soit  venue  des 
sépultures  elles-mêmes. 

SOMMERY. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  deux  hachettes  en  silex  prove- 
nant de  Sommery.  L'une  a  été  trouvée  en  1852,  et  l'autre  en  1859. 

En  1860,  on  a  trouvé  à  Sommery  une  monnaie  gauloise  en  potin. 

Époque  romaine.  —  Vers  1780,  lorsque  l'on  traçait  la  grande  route  de  Dieppe  à  Paris, 
aujourd'hui  connue  sous  le  nom  de  route  impériale  no  15,  on  trouva  un  groupe  de  mé- 
dailles romaines.  Dom  Bodin ,  alors  procureur  à  l'abbaye  de  Beaubec  et  auteur  d'une  his- 


—  527  •— 

toire  manuscrite  de  Neufchâtel ,  recueillit  ces  épaves  antiques  et  les  conserva  à  travers  la 
Révolution  (1).  En  mourant,  il  les  transmit  à  sa  sœur,  qui  les  donna  à  un  de  ses  parents, 
médecin  à  Paris. 

Je  tiens  de  M.  Fourcin ,  cultivateur  à  Sommery,  qu'au  hameau  de  Tôtes  on  aperçoit 
souvent,  dans  le  talus  du  chemin,  des  tuiles  à  rebords  et  des  murs  antiques  qui  trahissent 
encore  le  passage  des  conquérants  du  monde. 

Époque  franque.  —  Lors  de  la  confection  du  chemin  de  grande  communication  no  38, 
de  Buchy  à  Senarpont,  ou  trouva  dans  la  coupe  de  la  côte,  dite  des  Grands-Monts,  des 
ossements  humains  accompagnés  de  sabres,  de  vases  et  d'ornements  de  métal.  Ayant  visité 
cette  tranchée ,  il  me  fut  aisé  de  reconnaître  un  cimetière  franc  de  l'époque  mérovingienne. 
La  fouille  de  quelques  heures,  que  je  pratiquai  en  juin  1859,  me  donna  deux  squelettes, 
un  couteau  de  fer ,  un  sabre  franc  coupé  en  deux  lors  de  son  dépôt  et  \m  vase  en  terre 
blanche  placé  aux  pieds  du  défunt. 


Fernel,  «Notice  sur  des  antiquités  découvertes  en  1832 
et  1833  dans  Tarrond.  de  Neufchâtel,  »  dans  les  «  Mém. 
de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xl ,  p.  177. 


«  Bulletin  monumental ,  »  t.  xxvi,  p.  807. 
«  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  «  t.  i 
p.  51. 


CANTON    DE    LONDINIÊRES. 


LONDINIÈRES. 

Londinières  est  un  modeste  bourg  de  l'arrondissement  de  Neufchâtel  ;  mais,  au  point  de 
vue  archéologique ,  cette  terre  a  pour  nous  une  grande  importance.  Depuis  un  quart  de 
siècle,  le  sol  précieux  de  cette  bourgade  nous  a  révélé,  sur  ses  collines,  les  monuments 
les  plus  curieux  des  anciennes  civilisations.  L'époque  celtique ,  et  surtout  Tépoque  franque, 
ont  trouvé  dans  Londinières  une  mine  riche  et  non  encore  épuisée.  Les  Musées  de  Neuf- 
châtel, de  Dieppe,  de  Rouen,  de  Caen,  de  Paris  et  de  Saint-Germain-en-Laye ,  présentent 
chacun  une  page  de  cette  histoire  souterraine  qu'il  nous  faut  esquisser. 

Époque  gauloise.  — Parmi  les  monuments  de  l'époque  gauloise  rencontrés  à  Londi- 
nières,  nous  devons  citer  un  poignard  en  bronze  recueilli,  en  1861,  par  M.  Bavard, 
greffier  de  la  justice  de  paix ,  et  conservé  par  lui. 

n  a  été  trouvé  çà  et  là ,  sous  le  sol  de  Londinières ,  des  hachettes  en  silex  polies  ou 
ébauchées;  mais  la  mine  la  plus  précieuse  de  ce  genre  de  monuments  s'est  révélée  sur 

(1)  Dom  Hobert  Bodin,  religieux  de  l'ordre  de  Citeaux,  était  procureur  de  l'abbaye  de  Beaubec,  en  1753,  quand 
il  composa  une  «  Histoire  civile  et  militaire  de  la  ville  de  Neufchàtel-en-Bray,  »  à  présent  aux  bibliothèques  de 
Rouen  et  de  Neufchâtel.  —  Né  â  Neufchâtel,  le  31  juillet  173t,  il  est  mort  en  cette  ville  le  18  mai  1803. 


une  colline  connue  sous  le  nom  des  Marelles,  qui  s'étend  en  partie  sur  le  territoire  de 
Fréauville.  Les  champs  labourés  durent  être  autrefois  le  centre  d'un  atelier  de  fabricaUon 
de  ces  instruments  de  pierre  :  la  quantité  qui  en  est  sortie  est  inappréciable.  Pendant 
vingt  ans,  M.  H.  Cahingt  en  a  bien  recueilli  la  charge  d'un  baoneau.  Ces  pièces  s'y 
trouvent  à  tous  les  états,  parfois  polies,  mais  surtout  ébauchées.  Elles  s'y  montrent  no- 
tamment à  l'état  de  fragments  et  de  rebuts.  Il  y  en  a  de  toutes  les  formes  et  de  toutes  les 
dimensions.  Afin  de  donner  au  lecteur  une  idée  de  cet  arsenal  lapidaire,  nous  produisons 
ici  une  série  d'échantillons  de  rebuts  tels  qu'ils  se  sont  rencontrés  dans  l'Oise,  au  camp  de 


CI8BAII  EN  nSBRE. 


■AGBBTTSS  JSN  HLEX  :  «EBOTS  ET  PB&OMBNTS.  —  CAMP  DE  G&TB»OT  (OISE). 

Calcnoy,  où  ils  ont  été  recueillis  et  publiés  par  MM.  Ledicle-Duflos  et  Houbigant.  Ces 
gravures  donnent  une  parfaite  idée  des  ébauches  des  Marettes,  qui  peuplent  à  présent  le 
Musée  d'artillerie  de  Paris,  le  Musée  gallo-romain  de  Saint^Germaîn-en-Laye  et  les  collec- 
tions de  Neufehâtel  et  de  Dieppe. 
Outre  les  hachettes  de  pierre 
M.  Cahingt  a  recueUli  récemment 
aux  Marettes  des  couteaux  et  des 
gouges  en  silex,  et  surtout  des 
pointes  de  flèches  bien  marquées 
et  quelques  autres  instruments  de' 
l'âge  de  pierre.  De  plus  en  plus  nous 
sommes  convaincu  qu'il  y  avait  ici 
un  atelier  d'outils  pour  la  civilisa- 
tion primitive.  (Nous  reproduisons 
ici  une  gouge  ou  ciseau  en  silex  et 
deux  pointes  de  flèches  parfaite- 
ment taillées)  (1). 


3*^2teî^»>;° 


FLECHE  a  DE  PIGnaE. 

(1)  Des  pointes  de  flèches  en  ailes  pareilles  à  la  nûtre  ont  été  trouvjes  en  Angleterre  dans  le  comtS  d'York 
(Th.  Wright ,  .  On  ihe  remains  of  a  primitive  people  in  IJie  South  corner  of  Yorltahire ,  -  pi.  i  et  ii.j  En  Irlande 
(Wilde,  .Catalogue  oftheanliquiUea  of  atone, etc.,  in  the  Muséum  of  the  royal  Irieii  Academv,  .  p.  I8à2ï),et 
en  IUlie (de  Mortillet,  -  Matériauï  pour  rHiat.  posit.  et  phiioaoph.  de  l'homme, .  2*  année,  p.  87  89.)     ' 


—  529  — 

Époque  romaine.  —  La  civilisation  romaine  jonche  partout  le  sol  de  Londinières.  On 
en  trouve  des  débris  dans  le  bourg,  au  pré  des  Préaux,  à  Epinay,  sur  les  bords  de  TEaulne 
comme  sur  ceux  de  la  Héanne.  Partout  ce  sont  des  murs,  des  médailles,  des  tuiles,  des 
poteries ,  des  huîtres ,  des  moules ,  et  tout  le  limon  de  la  vieille  mortalité.  Une  voie  romaine 
venant  de  Dieppe  à  Beauvais  traversait  le  bourg  de  Londinières ,  dont  le  nom  même  in- 
dique un  marché  antique.  En  1836,  M.  Deville  acheta,  pour  le  Musée  de  Rouen,  un  petit 
lion  en  bronze  trouvé  près  du  cimetière. 

Mais  le  point  le  plus  romain  de  cette  terre ,  c'est  le  terroir  des  Fosses,  haute  colline , 
plateau  élevé,  tout  semé  de  céramique,  tout  sillonné  de  constructions.  Les  Fosses,  souvent 
examinées  par  M.  Cahingt,  n'ont  cessé  de  lui  donner  des  restes  de  vases,  parmi  lesquels 
nous  devons  signaler  un  débris  de  mortier  et  de  beaux  fragments  samiens,  réfugiés  à 
Neufchâtel.  Nous  ne  pourrions  tout  dire;  mais  nous  ne  voulons  pas  oublier  un  superbe 
aureiis  de  Domitien,  recueilli  aux  Fosses,  vers  1856,  et  acquis  par  la  ville  de  Neufchâtel. 
M.  Cahingt  possède  encore  chez  lui  toute  une  série  de  bronzes  antiques  sortis  de  Londi- 
nières ,  et  surtout  des  Fosses. 

Époque  franque.  —  Le  bourg  de  Londinières  apparaît  dans  l'histoire  au  temps  de 
Charles-le-Chauve,  et  cette  mention  suppose  une  existence  dès  le  temps  de  Pépin  et  de 
Charlemagne.  Le  7  mars  872.  ou  875,  nous  voyons  le  successeur  de  Louis-le-Débonnaire 
confirmer  au  chapitre  de  la  cathédrale  de  Rouen  les  églises  de  Londinières ,  de  Clais ,  de 
Douvrend,  d'Angreville  et  de  Martin-Eglise,  données  par  l'archevêque  Riculfe;  d'autres 
disent  déjà  cédées  à  la  métropole  par  saint  Remy,  de  Rouen.  Les  Normands  pillèrent  ces 
biens  ;  mais  les  ducs  Guillaume  Longue-Epée  et  Robert-le-Magnifique  les  restituèrent  aux 
chanoines,  dont  ils  restèrent  la  propriété  jusqu'en  1789. 

Voici  en  quels  termes  s'expriment  les  Francs  et  les  Normands:  t  In  pago  Talano... 
Lundinarias  cum  appenditiis  suis,  »  disent  Riculfe  et  Charles-le-Chauve ,  t  Cleidas  et  Lun- 
dinarias  cum  omnibus  appenditiis  quae  sunt  in  pago  Talou.  »  —  «  vi  hospites  apud  Lundi- 
narias et  totidem  apud  Cleidas ,  »  disent  Guillaume  et  Robert.  Enfin ,  il  est  encore  fait 
mention  de  Londinières  dans  le  hameau  d'Epinay,  appelé  Spinetum  dès  le  temps  des 
Francs. 

Mais,  à  nos  yeux,  ce  ne  sont  pas  là  les  meilleurs  titres  de  Londinières.  Son  sol  a  con- 
servé la  plus  riche  de  ses  chartes,  et  c'est  elle  que  nous  avons  essayé  de  déchiffrer  dans 
trois  fouilles  successives  dont  nous  allons  exposer  sommairement  le  résultat. 

Ces  trois  explorations  eurent  heu:  la  première,  le  22  septembre  1847  jusqu'au  10  no- 
vembre suivant;  la  deuxième,  du  25  septembre  au  5  octobre  1850;  la  troisième,  enfin  , 
du  26  septembre  au  2  novembre  1852.  Elles  furent  pratiquées  sur  le  penchant  d'une  colline 
appelée  le  Mont-Blanc ,  presque  à  l'angle  des  routes  départementales  de  Neufchâtel  à  Eu 
et  de  Dieppe  à  Beauvais.  Elles  étaient  motivées  par  la  découverte  de  quinze  ou  seize  sque- 
lettes, faite  en  1825,  lors  de  la  construction  des  murs  du  nouveau  cimetière,  et  par  suite 

67 


—  530  — 

des  trouvailles  que  faisait  chaque  jour  le  fossoyeur  en  creusant  des  fosses.  Dans  ces  divers 
travaux ,  il  avait  été  rencontré  des  vases ,  des  boucles ,  des  couteaux ,  des  sabres  et  des 
haches.  Ces  objets,  brisés  et  dispersés  par  les  ouvriers,  avaient  été  en  grande  partie 
perdus ,  sauf  un  vase  de  terre  et  une  coupe  de  verre ,  sauvés  par  M.  Cahingt,  qui  me  les 
offrit  en  1841. 

L'espace  total  que  j'ai  fouillé  dans  mes  quatre  campagnes,  car  j'en  ai  fait  une  dernière 
en  1865,  n'a  pas  moins  de  70  mètres  dans  tous  les  sens,  mais  je  crois  avoir  tout  vu.  Le 
nombre  des  squelettes  extraits  de  cet  espace  de  terre  ne  peut  pas  être  estimé  à  moins  de 
425.  Il  y  en  avait  de  tout  sexe,  de  tout  âge  et  de  toute  condition.  L'âge  qui  dominait  chez 
ces  morts  était  de  vingt  à  quarante  ans.  Les  corps  étaient  dans  des  fosses  alignées  nord  et 
sud ,  tandis  qu'eux-mêmes  étaient  orientés  est  et  ouest.  La  profondeur  des  fosses  variait  de 
75  centimètres  à  2  mètres.  Il  y  avait  parfois  plusieurs  corps  superposés  ou  placés 
côte  à  côte.  Quelques-unes  de  ces  fosses  avaient  été  violées ,  mais  moins  fréquemment 
qu'à  Envermeu.  Les  corps  étaient  souvent  enveloppés  dans  des  matières  noires  qui  res- 
semblaient à  du  charbon ,  ou  plutôt  à  du  bois  consumé  par  le  temps. 

Quelques  ossements  ont  été  analysés  par  la  chimie  pour  des  études  scientifiques  de  tout 
genre.  Il  en  a  été  de  même  des  différents  objets  meubles  sortis  de  ce  cimetière.  Plusieurs 
crânes  venus  de  Londinières  trônent ,  à  Paris ,  au  Musée  anthropologique  du  Jardin  des 
Plantes.  M.  Serres  lui-même  nous  a  fait  faire  des  fouilles  pour  sa  collection  et  y  a  assisté. 
En  un  mot ,  le  cimetière  franc  de  Londinières  a  été  une  des  mines  les  plus  utiles  à  la 
science ,  à  l'histoire  et  à  l'archéologie. 

Quelques  inhumations  avaient  été  déposées  assises;  presque  toutes  eurent  lieu  habillées; 
bon  nombre  étaient  armées. 

Nous  allons  énumérer  à  présent  une  partie  des  richesses  sorties  de  cette  nécropole 
gallo-franque.  Elles  sont  considérables  et  de  toute  espèce.  Après  Envermeu,  Londinières 
a  été  notre  meilleur  arsenal  mérovingien. 

Les  vases  étaient  en  terre  et  en  verre  seulement.  Toujours  ils  étaient  placés  aux  pieds 
des  morts;  rarement  ils  étaient  plusieurs  à  la  fois.  La  terre  était  grise,  noire,  rouge  ou 
blanche.  Les  vases  noirs  avaient  reçu  une  couverte  de  graphite  ou  de  plombagine;  leur 
nombre  n'a  pas  été  moindre  de  cent  cinquante.  Les  vases  de  verre  ont  à  peine  atteint  le 
nombre  de  dix.  Il  y  avait  des  ampoules  et  des  coupes;  une  de  ces  coupes  était  revêtue  dç 
filets  de  verre. 

Les  haches ,  toujours  aux  pieds ,  allaient  de  dix  à  douze  ;  les  sabres ,  placés  au  côté 
gauche  comme  les  épées,  allaient  jusqu'à  vingt,  tandis  que  les  dernières  n'étaient  guère 
que  deux  ou  trois;  les  couteaux,  rangés  à' la  ceinture,  étaient  innombrables:  j'en  ai  bien 
recueilh  cent  trente  d'une  grandeur  variant  de  6  à  30  centimètres;  les  ciseaux  ne  nous 
ont  apparu  que  trois  ou  quatre  fois;  le  bouclier,  une  seule,  mais  alors  il  nous  a  donné, 
outre  l'umbo ,  un  manipule  armature  d'une  triple  vei^e  de  fer. 


J 


—  531  - 

La  ceinture  du  Franc  est  d'une  grande  richesse  archéologique;  aussi,  on  ne  s'étonnera 
pas  de  nous  en  voir  tirer,  à  Londiniëres,  de  grandes  boucles  pour  le  baudrier  et  de  petites 
pour  les  lanières,  des  plaques  de  ceinturon  en  cuivre  ciselé  et  de  belles  plaques  en  fer 
damasquiné.  Il  y  en  avait  ici  qui  pesaient  860  grammes  la  paire ,  et  qui  étaient  longues  de 
45  centimètres  et  larges  de  10.  Les  boucles  de  fer  étaient  sans  nombre.  Il  est  également 
sorti  du  bassin  des  morts  des  anneaux  en  fer,  des  alênes,  des  fers  de  flèches,  des 
chaînettes,  des  peignes  en  os,  des  briquets,  des  pierres  à  feu,  des  pierres  à  rafiler,  des 
aiguilles  et  des  pinces  épilatoires  en  bronze.  Il  ne  s'y  est  rencontré  que  trois  ou  quatre 
monnaies  romaines  en  bronze,  toutes  frustes,  excepté  un  petit  bronze  de  Tetricus 
père  (273). 

Ici ,  comme  ailleurs ,  la  poitrine  nous  a  donné  des  fibules  presque  toujours  apairées. 
Londinières  ne  nous  en  a  pas  donné  moins  de  cinquante,  variées  dans  leur  forme.  Géné- 
ralement, elles  étaient  en  bronze:  plusieurs  étaient  parées  de  verroteries  coloriées;  quel- 
ques-unes étaient  décorées  d'émail.  Nous  avons  aussi  recueilli  quelques  boutons  ;  mais  un 
ornement  qui  abondait,  c'était  la  perle  de  verre,  ou  plutôt  de  pâte  de  verre.  Placée  au 
cou  comme  collier  et  à  la  main  comme  bracelet ,  elle  est  fréquemment  sortie  des  fosses 
d^  Londinières.  Nous  en  avons  également  tiré  de  grandes  perles  plates  ou  hémisphériques 
dont  l'usage  nous  est  inconnu. 

Enfin ,  la  tête  nous  a  donné  sa  parure  ordinaire ,  la  boucle  d'oreille  en  bronze  ou  en 
aident  avec  des  boules  de  pâte,  et  enfin  la  lance  ou  framée,  l'arme  privilégiée  de  la  race 
germanique.  Nous  n'en  avons  pas  trouvé  moins  de  soixante-quinze,  de  longueur  et  de 
forme  très  variées. 

Tout  ce  bel  assemblage  de  richesses  franques  est  entré  en  très  grande  partie  dans  le 
Musée  départemental  de  Rouen  :  toutefois,  quelques  spécimens  sont  venus  s'échouer  dans 
la  Bibliothèque  de  Neufchâtel ,  au  Musée  céramique  de  Sèvres,  au  Musée  d'artillerie  de 
Paris  et  à  la  collection  gallo-romaine  de  Sainl-Germain-en-Laye.  Grand  nombre  de  ces 
objets  ont  été  gravés  à  Londres,  à  Paris,  à  Caen,  à  Rouen,  dans  notre  Normandie  sou- 
terraine et  notre  Tombeau  de  Chtldéric. 
Nous  donnons  ici  quelques  spécimens  de  ce  petit  Musée  franc. 


OHM  BT  AMIATUIIE  DB  BOCCMi 


SACBE  DE  PEU. 


tPÊF.  EM  FER. 


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—  5S4  - 


PLAQUES  DB  cEiNTunon 


Pour  ceux  qai  voudront  connaître  dans  ses  détails  cette  mine  mérovingienne,  nous  in- 
diquerons les  ouvrages  suivants  : 


BIBLIOGRAPHIE. 


L'abbé  Cochet,  n  Fouilles  do  Londiniôres,  en  1847,  • 
in-8°  Ue  8  p.  et  pi.,  Rouon,  1848. 

Id-,  n  Revue  de  Rouen,  >■  année  1848,  p.  65-91  et  pi. 

Id.,«  Revue  de  Rouen,  u  année  1851,  p.  62-64. 

Id.,  •  Bulletin  monumental ,  v  t.  xiv ,  p.  506-534  et  pi. 

rd.,  i  La  Normandie  souterraine,  »  l"édU.,  p.  176-244; 
2*  édit.,  p.  201-294,  pi.  vu,  vm,  ix,  xv  et  xvii. 

Id.,  "  Le  Tomb.  de  Childéric  I",  roi  des  Francs ,  • 

Id.,  ■  Bulletin  du  Comité  de  la  langue,  de  l'histoire  et 
des  arts  de  la  France,  u  t.  i",  p.  210-13  et  pi. 

" Mém; de la8oc.desAntiq.de  Norra.,-L  XI,  p.  9et  10; 
l-Kiiv,  p.  557. 


Girardin ,  «  Analyse  de  plusieurs  produits  d'art  d'une 
haute  antiquité,  »  in-8°  de  39  p. 

Id.,  •  Précis  analyt.  des  Trav.  de  l'Acad.  de  Koaen,» 
année  1S51-52,  p.  142-180. 

L'abbé  Decorde,  •  Essai  hist.  etarchéol.  sur  lo  canton 
de  Londinières,»  p.  153-65. 

P.  de  la  Mairie,  c  Recherches  hist.,  archéol.  et  biogr. 
sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  ■  t.  u,  p,  73. 

D.  Lebeur,  .  La  ville  d'Eu',  .  p.  21, 

Trigan,  a  Hist.  ecclés.  de  la  Normandie,  >  t.  u,p-ï1^' 

Farin,  *  Histoire  de  la  ville  de  Rouen,  ■  t.  ii,p.  l^i 
édil.  de  1710. 

Id.,  ■  Revue  de  la  Normandie ,  >  I.  v,  p.  512-13- 


BOISSAY  (SECTION   DE  LONDINIÈRES). 

Époque  romaine.  —  Le  hameau  de  Boisselet,  placé  en  face  du  village  de  Boissay, 
présente  tout  un  quartier  rempli  de  restes  romains.  Ce  point  est  au  bord  de  la  route  dé- 
partementale no  5 ,  qui  remplace  la  voie  antique  conduisant  de  Dieppe  à  Beauvais.  Dans 
une  seule  tranchée,  M.  Cahingt,  de  Londinières,  a  recueilli  pendant  bien  des  années  de 
beaux  fragments  de  poterie  romaine  eu  terre  blanche,  noire  et  rouge.  De  nombreui 


—  535  — 

échantillons  ont  été  déposés  par  lui  au  Musée  de  Neufchâtel.  M.  Havard ,  de  Londinières 
m'assure  que,  vers  1820,  le  terrassier  Deschamps,  chargé  de  l'élargissement  du  chemin  ou 
carrefour  de  Boisselet,  trouva  de  la  poterie  et  des  armes  de  fer,  parmi  lesquelles  on  crut 
reconnaître  un  casque? 

Époque  franque.  —  Boissay  est  appelé  sur  d'anciens  titres  Buxetum  et  Buxetum  Sancti 
Philibertiy  nom  qui  semble  indiquer  un  lieu  planté  de  buis.  On  sait  que  les  buis  sont  une 
bonne  indication  de  restes  romains. 


L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Londinières,  »  p.  174. 
Duplessis,oDesc.géogr.,etc.,delaH.-Nor.,»t.i",p.351. 


L'abbé  Cochet,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.deNorm.,» 
t.  XXIV,  p.  357. 


SMERMESNIL. 

Époque  romaine.  —  Dans  le  cimetière  et  autour  de  l'église ,  on  trouve  des  tuiles  à  re- 
bords et  des  vases  en  terre  de  Samos. 

Époque  incertaine.  —  La  veille  de  Saint-Jean-Bapliste ,  on  allume  un  feu  de  joie  que 
l'on  nomme  fm  d'or.  Chaque  habitant  apporte  un  bâton  au  bûcher,  et,  après  la  danse, 
il  emporte  un  tisson  comme  préservatif  contre  la  foudre. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton  de  Londinières,  »  p.  2i2. 

PARFONDEVAL  (section  de  smermesnil)  (d). 

Epoque  gauloise.  —  En  1858  une  hachette  en  silex  a  été  trouvée  à  Parfondeval. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  montre  de  belles  tuiles  à  rebords  prove- 
nant de  Parfondeval. 

Époque  franque.  —  Le  modeste  vallon  de  Parfondeval  a  donné  à  la  science  un  cime- 
tière mérovingien  des  plus  intéressants.  En  1844,  lorsque  l'on  préparait  la  route  départe- 
mentale no  30 ,  qui  va  de  Londinières  à  Aumale ,  on  découvrit ,  en  face  du  château  de 
M.  de  Croutelles ,  des  sépultures  accompagnées  de  tuiles  à  rebords ,  de  vases  de  terre , 
d'une  agrafe  en  bronze ,  d'une  lance  en  fer  à  pointe  quadrangulaire  (2)  et  de  deux  haches 
de  fer  d'une  forme  curieuse  et  insolite.  Ces  haches,  en  effet,  déposées  avec  le  reste  à  la 
Bibliothèque  de  Neufchâtel ,  ont  ceci  d'extraordinaire  :  l'une  est  plate  et  aussi  large  à 

(1)  Près  de  Metz  est  le  vallon  de  Parfondeval  où  passe  un  aqueduc  romain  (Simon,  «  Mém.  de  TAcad.  imp.  de 
Metz,  »  année  1858-59).  — Il  y  a  aussi  dans  l'Aisne  un  lieu  nommé  Parfondeval,  il  contient  un  tumulus  et  des 
sépultures  antiques  («  Mém.  de  la  Soc.  acad.  de  Laon,o  t.  xui,  p.  64-66).  Enfin,  il  existe  en  Belgique ,  entre  Namur  et 
Binan,  un  lieu  dit  Parfondeville  (Del  Marmol ,  «  Ann.  de  la  Soc.  archéol.  de  Namur,  »  t.  i*%  p.  484). 

(2)  Cette  arme  étrange,  à  pointe  quadrangulaire  comme  une  dent  de  fourche ,  n'est  pas  sans  exemple  en  archéo- 
logie. Nous  en  avons  rencontré  une  pareille  au  Musée  d'artillerie  de  Paris,  où  elle  figure  sous  le  n"  32.  Elle  est  en 
bronze  et  provient  du  royaume  de  Naples.  —  Sur  une  des  planches  consacrées  par  M.  Lebas  à  Tancienne  Allemagne 
dans  «l'Univers pittoresque  »  («  l'Allemagne,  »  t.  i",p.  48,  pi.  15),  on  voit  figurer  une  arme  semblable.  —  Enfin  , 
M.  Joly  a  trouvé ,  à  Mortemer-sur-Eaulne ,  une  pièce  analogue  à  celle  de  Parfondeval ,  mais  on  n'indique  pas  le 
milieu  de  la  décQïffrôite. 


—  536  — 

l'emmanchement  qu'à  la  tranche.  Longue  de  17  centimètres,  elle  pèse  1  kilog.  7  hectog., 
— la  seconde,  qui  a  déjà  été  gravée  plusieurs 
fois,  tant  en  France  qu'en  Angleterre,  et  que 
nous  reproduisons  ici  avec  la  lance,  est  à 
deux  tranchants  et  rappelle  assez  la  bi- 
penne des  Francs  ou  Yascia  des  Romains. 
HACHE  EN  F..H  A  DEUX  TRANCHAMs  Longuc  dc  22  cenlimètres,  cette  hache  pèse  «  3 

i  kilog.;  elle  coupe  par  un  bout  et  dole  de 
l'autre. 

La  vue  de  ces  prédeux  objets  attira  mou 
attention  et  excita  mon  intérêt.  Je  résolus 
immédiatement  de  tenter  une  exploration 
dans  un  sol  si  fertile,  et,  du  ^20  octobre  au  ^ 

16  novembre  1851,  je  fis  une  fouille  que 
M.  Gahingt  voulut  bien  surveiller. 
Je  constatai,  sur  le  penchant  de  la  coUine  septentrionale  de  Parfondeval ,  la  présence 
d'un  cimetière  franc  occupant  24  mètres  de  long  sur  20  de  larçe.  Il  contenait  environ 
cent  cinquante  squelettes  dont  un  grand  nombre  étaient  jeunes.  Ils  étaient  par  rangs,  et 
il  y  avait  environ  10  Ugnes  de  cinq  à  vingts  fosses.  Généralement,  les  corps  étaient  à 
1  mètre  25  du  sol,  orientés  est  et  ouest. 
Outre  de  bonnes  observations  consignées  dans  notre  Normandie  souterraine,  ce  cime- 
tière nous  a  donné,  pour  le  Musée  départemental  de  Rouen, 
trente  vases    en    terre  grise,    noire, 
blanche  ou   rougeâtre;  trois   sabres, 
trois  haches  francisques,  douze  cou- 
teaux, deux  ciseaux,  une  alêne,  cinq 
anneaux,  trois  boucles  et  plusieurs 
'     plaques  damasquinées.  Tous  les  objets 
qui    précèdent    étaient    en    fer.   Le 
bronze  était  représenté  par 
deux    paires    de    boucles 
d'oreilles  à  boules  de  pâte, 
par  un  style  long  de  17  cen- 
timètres, par  une  passoire, 
-i    deux  boucles,  une  fibule, 
un  dard  et  une  boîte  de 
forme  ronde  que  nous  re- 
TASE.  DE  TSRRB  <PA»FOKiiEVAL.  i8bi)  produisoHS  à  la  page  537. 


K  [liai] 

J 


—  587  — 

Ajoutons,  parmi  les  choses  les  plus  précieuses,  une  fibule 
de  bronze  ornée  de  segments  de  verre  coloré,  un  peigne  en 
os,  une  boucle  d'oreilles  en  aident,  une  plaque  d'ai^ent  c 
Corée  de  cercles  en  relief  et  semblable 
I  à  un  écusson  ;  enfm ,  deux  admirables 

fibules  rondes ,  les  plus  élégantes  que 
nous  ayons  encore  rencontrées.  Com- 
posées d'une  feuille  d'or  de  2S  milli- 
mètres de  diamètre,  elles  sont  en- 
châssées dans  un  cercle  d'argent  de  ™""  ««  ob  et  aboemt. 
5  millimètres  de  lai^e.  La  feuille  d'or  est 
BoiTB  BN  BROHEB.  maiutcnue  par  un  anneau  d'or  en  forme  de 

corde;  le  champ  est  orné  au  centre  d'un  bouton  de  pâte  verte,  et,  sur 
les  rayons,  de  segments  de  verroterie  rouge,  rehaussés  de  paillons;  le 
fond  est  couvert  d'un  filigrane  d'or.  —  Nous  donnons  ici  une  de  ces  deux 
belles  pièces.  «.w...«o..t. 

L'abbé  Cochet ,  •  La  Normandie  souterraine,  u  I"  i       Wj^lie,  «ArohiBOlogia,  »  vol.  ïïïv,  p.  229-30. 
édtt.,  p.  253-258;  2-  édil.,  p.  305-312,  et  pi.  n,  n"  11,  Wyfie,  ■  Some  account of  tha  merovingian  cemetery 

12;  pi.  ïii,  flg.  6;  pi.  xtv ,   flg.  S;  pi.  XV,  flg.  2 ,  6        of  Envermeu,  aUo  of  certain  weapous  of  tha  Franks,  » 

et  ï.  I    p.  7,  ia-1%  Loadon,  185t. 


WANCHY. 

Époque  gauloise.  —  Vers  4860,  il  a  été  trouvé  une  hachette  en  silex  au  hameau 
du  Mont-Landrin.  Cette  pièce  est  possédée  par  M.  Havard,  greffier  de  Londi- 
nières. 

Époque  romaine.  —  La  partie  du  territoire  de  Wanchy,  qui  est  arrosée  par  l'Eaulne, 
est  traversée  par  la  voie  romaine  qui  allait  de  Dieppe  à  Beauvais. 

Époque  incertaine.  —  Dans  cette  même  porUon  du  village ,  on  voit  un  tertre  placé 
daçs  une  prairie  voisine  du  pont  de  Wanchy. 

L'abbé  Cochet,  «Hém.  delà  Soc.  desAntiq.  de  Nonn.,  »  I  L'abbô  Deoorde,  «  Essai  hist.  et  archôol.  sur  le  canton 
t.  xxïv,  p.  357.  I    de  LondlniéreB ,  •  p.  248. 

CAPVAL  (section  de  wanchï-gapval). 

Période  normande.  —  Ce  lieu  est  appelé  Capetval  dans  une  charte  de  1043 ,  où  Robert 
de  Mesnières  donne  à  l'abbaye  de  la  Trinité  du  Mont-de-Rouen  20  acres  de  terre  figurées 
par  un  couteau  à  manche  blanc  :  c  Per  unum  aibi  manubrii  cultellum.  > 


p.  de  la  Mairie,  •  Recherches  htst,,Brchéol.  et  biogr,  L'abbë  Decorde,  n  Essai  hisl.  et  archéol.  sur  le  canton 

sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  t.  ii,  p.  87.  do  LondiDières,  •  p.  350. 

Deville,  «  Cartulaire  de  l'abbaye  de  la  Sainte -Trinité  Id.,  -  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton  de  NeuT- 

du  Mont-de-Rouen,  »  p.  443et  149,  danslnnCollect.  des  cMtel,  «p.  148. 
Doc.  inédits  de  l'Hist.  de  France.  ■ 


FRESNOY-FOLNY. 

Époque  gauloise.  —  En  1862,  on  a  trouvé,  sur  le  territoire  de  ce  village,  une  ha- 
chette en  silex  qui  est  maintenant  à  Londinières,  entre  les  mains  de  M.  Havard. 

Époque  romaine.  —  Une  villa  romaine  existe  au  hameau  de  Touffre-Ecales,  sur  la  route 
qui  conduit  de  Ncufchâtel  à  Eu.  Dans  une  ferme  qui  appartient  maintenant  à  M.  Edou,  du 
Havre,  on  trouve  depuis  longtemps  des  tuiles,  des  poteries  et  des  monnaies  romaines. 
On  m'a  signalé ,  à  différentes  reprises ,  des  constructions  arasées ,  des  canaux  et  des  con- 
duits en  terre  cuite. 

Dans  les  terres  de  la  ferme  de  Doumesnil,  M.  Havard  me  signale  la  présence  de  beau- 
coup de  tuiles  à  rebords. 

GRANDCOURT. 

Époque  gauloise.  —  Dans  le  tertre 
qui  entoure  l'église,  appelé  dans  le  pays 
la  motte  du  Charron ,  il  a  été  trouvé,  en 
1863,  deux  haches  de  silex  qui  m'ont 

été  remises  par  M.  D.  Deipiy.  —  Nous  » 

reproduisons  ici  l'une  d'entre  elles.  bacmette  eu  bilm  polie  et  aigchée. 

Le  même  M.  Dei^ny  m'a  raconté  que  daqs  la  forêt  d'Eu ,  au  triage  de  Sainte-Catherine, 
il  avait  été  trouvé  des  instruments  en  os  et  en  silex. 

Époque  romaime.  —  Grandcourt  a  donné  des  débris  romains  sur  plusieurs  points  de 
son  vaste  territoire.  En  1863,  j'en  ai  remarqué  une  quantité  considérable  dans  la  motte 
au  Charron  qui  entoure  l'église.  Déjà  M.  Derçny  y  avait  recueilli  des  tuiles  à  rebords. 

Dans  le  tertre  placé  jadis  sur  le  bord  de  l'Yères ,  et  qui  a  été  démoli  pour  le  passage 
de  la  route  départementale  no  32,  de  Bolbcc  à  Blangy,  il  a  été  rencontré  un  certain 
nombre  de  débris  romains.  Il  est  probable  que  cette  motte  était  la  base  de  l'ancien  châ- 
teau de  Grandcourt. 

On  a  vu  également  des  restes  romains  au  Mont-Dion ,  lorsque  l'on  démolit  un  monticule 
qui  y  existait.  Il  s'y  est  rencontré  quelques  amphores. 

Mais  la  plus  importante  découverte  d'archéologie  romaine  a  eu  lieu  au  Mont-Gosselin, 
où  M.  l'abbé  Decorde  a  découvert  des  constructions  romaines  vers  1861. 

ÉPOQUE  FRANQUE.  —  Dans  le  tertre  du  Charron  qui  entoure  l'église  paroissiale,  il  a  été 


—  539  — 

»  

trouvé  il  y  a  quelques  années  un  vase  franc  qui  est  à  présent  à  Foucarmont,  chez  M.  Pa- 
risy-Dumanoir.  En  1 863 ,  deux  plaques  de  ceinturon  en  bronze  ciselé  y  ont  été  également 
rencontrées.  Nous  les  avons  reçues  de  la  bienveillance  de  M.  D.  Dergny.  En  1864,  il  a  été 
recueilli  également  une  lance  en  fer,  une  boucle  en  bronze  et  un  vase  en  terre  noire  marqué 
à  l'estampille.  Ce  dernier  était  aux  pieds. 

«  Revue  de  la  Normandie,  »  2»  année,  p.  495  et  498.      i       Guilmelh,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arr.,  « 


P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  historiques,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
picard ,  »  t.  r%  p.  52. 


t.  m.  p.  40-41. 

L'abbé  Decorde ,  i  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Londinières,  »  p.  147. 


ÉCOTIGNY  (section  de  grandcourt). 

Époque  romaine.  —  M.  Parisy,  de  Foucarmont,  possède  dans  sa  collection  deux  mon- 
naies en  bronze  de  Faustine ,  trouvées  à  Ecotigny. 

Époque  incertaine.  —  Vers  1850,  lors  de  la  destruction  du  vieux  château  d'Ecotigny, 
on  trouva  des  souterrains  se  dirigeant  vers  la  forêt  d*Eu. 


PREUSEVILLE. 

Époque  gauloise.  —  M.  Parisy,  de  Foucarmont,  possède  une  hachette  en  silex  trouvée, 
en  1861,  sur  le  territoire  de  Preuseville. 

Époque  romaine.  —  Dans  les  terres  qui  entourent  le  cimetière  et  l'église  de  Preuse- 
ville, on  rencontre  du  charbon  et  de  nombreux  fragments  de  tuiles  à  rebords.  En  1840, 
un  berger  a  trouvé  dans  une  terré  labourable,  à  65  mètres  de  Téglise,  un  col  de  vase  en 
métal,  six  cuillers  d'argent,  une  chaîne  et  deux  anneaux  en  or.  Le  tout  a  été  vendu  140  fr. 

A  Coqueréaumont ,  hameau  de  Preuseville,  on  trouve  des  monnaies,  des  maçonneries, 
de  la  ferraille  et  des  tuiles  romaines.  On  y  reconnaît  également  des  traces  de  terrassements. 

Sur  le  chemin  qui  conduit  à  la  Leuqueue,  on  remarque  d'anciennes  fondations  aux 
approches  d'un  petit  bois  qui  avoisine  ce  chemin. 

En  1850,  en  traçant  le  chemin  qui  conduit  à  Foucarmont,  on  a  rencontré  une  foule  de 
débris  antiques.  Des  murailles  même  ont  apparu  au  milieu  d'un  sol  tout  semé  de  restes 
romains,  tels  que  meules  à  broyer  en  poudingue,  ossements  humains,  défenses  de  san- 
glier, tuiles  à  rebords,  clous  à  large  tête,  clef  en  fer,  poterie  rouge,  noire  et  grise.  Sur  un 
fragment  de  terre  samienne,  on  Usait  :  c  of  iv :» 

Époque  incertaine.  —  La  veille  de  la  Saint-Jean-Baptiste,  on  allume  un  feu  de  carre- 
four que  l'on  nomme  feu  d'or. 

L'abbé  Decorde ,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton    l       «  Journal  de  Neufchâtel,  »»  du  !•'  avril  1861. 
de  Londinières,  »  p.  181-188  et  2i2.  i 


1 


540 


HESMY  (section  pe  preuseville). 

Époque  franque.  —  La  xie  année  du  règne  de  Childebert  II  (696),  lorsque  saint 
Wandon,  originaire  du  Talou,  se  fit  moine  dans  le  grand  .monastère  de  Fontenelle, 
il  porta  avec  lui  la  troisième  partie  du  domaine  de  Hesmy  :  «  Heismedis  villa  tertiam 
partem.  > 

Le  Livre  des  Miracles  de  saint  Wandrille ,  écrit  par  un  moine  du  ixe  siècle ,  raconte 
qu*une  femme  de  Hesmy  fut  guérie  par  l'invocation  du  saint  fondateur  de  Fontenelle; 
«  Quaedam  femina...  de  pago  Tellau  et  praedio  cognomento  Haismesdies.  » 

Mabillon,  •  Acta  Sanct.  ord.  8.  Bencdict,  »  sœc.  ii.      |       A.  Le  Prévost,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
«  Chronicon  Fontanellae,  »  c.  ii.  I    t.  xi,  p.  6. 

BOSC-GEFFROY. 

Époque  gauloise.  —  En  1 862 ,  il  a  été  trouvé  au  hameau  de  Callengeville  une  hachette 
en  silex,  conservée  chez  M.  de  Girancourt,  à  la  verrerie  de  Varimpré.  Une  autre  a  été 
recueillie  aux  Callenges. 

Époque  romaine.  —  Dans  le  champ  appelé  le  Moulin ,  on  trouve  des  tuiles  à  rebords 
et  des  constructions  que  l'on  dit  provenir  d'un  ancien  château.  —  Près  de  la  motte  dont 
nous  allons  parler ,  on  a  recueilli,  en  1859,  une  monnaie  de  bronze  du  Haut-Empire, 
conservée  par  M.  Parisy.  —  Au  hameau  de  La  Coudroie,  on  a  trouvé  des  ferrements,  des 
tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  impériales. 

Epoque  incertaine.  —  Auprès  du  carrefour  du  puits  commun  est  une  motte  en  terre 
à  peu  près  circulaire  et  entourée  d'un  fossé.  La  hauteur  du  tertre ,  prise  du  fond  du  fossé , 
est  de  5  à  6  mètres  ;  le  diamètre ,  dans  sa  plus  grande  largeur,  est  d'environ  50  mètres.  On 
l'appelle  la  Tour  y  et  ton  dit  qu'on  s'y  est  battu. 

Au  hameau  de  Hambures,  il  existait  naguère  une  motte  pareille,  dans  la  cour  de  M.  Le- 
Uond.  Elle  a  été  détruite  depuis  quelques  années  par  le  propriétaire. 

Au  hameau  du  Coudroy,  il  a  été  trouvé,  en  1862,  un  pied  de  lampe  en  bronze. 

FRÉAUVILLE. 

Époque  gauloise.  —  Le  terroir  des  Marettes ,  où  l'on  trouve  tant  de  hachettes  de 
pierre  brisées  et  ébauchées,  est  en  partie  sur  Fréauville.  Voir,  à  ce  propos,  Tarlide 
Londinières. 

Époque  romaine.  —  A  la  ferme  de  la  Motte  et  au  bord  de  la  rivière,  on  trouve  dans 
les  terres  des  tuiles  et  des  poteries  romaines.  Il  s'y  rencontre  jusqu'à  des  fragments  de 
vases  en  terre  de  Samos. 


541  — 


CLAIS. 

Époque  gauloise.  —  Il  a  été  trouvé  à  Clais  irhe  hache  en  silex. 

Époque  romaine.  —  Clais  étant  situé  sur  la  voie  romaine  de  Dieppe  à  Beauvais ,  il  n'est 
pas  surprenant  que  Ton  y  rencontre  des  tuiles  à  rebords. 

Époque  franque.  —  Clais  figure  parmi  les  biens  donnés  à  la  cathédrale  de  Rouen  dès 
le  ixc  siècle.  Nous  croyons  que  ce  fut  un  présent  de  l'archevêque  Riculfe  au  chapitre  de 
son  église.  En  tout  cas ,  une  charte  de  Charles-le-Chauve ,  délivrée  de  872  à  876  et  con- 
firmée par  les  rois  de  France  et  les  ducs  de  Normandie,  cite  au  pays  de  Talou  :  «  Cleidas  » 
et  t  Claies,  *  parmi  les  prébendes  de  la  métropole. 

Après  cela,  nous  n'avons  pas  été  étonné  d'apprendre  qu'en  4850  un  cimetière  franc 
avait  été  aperçu  au  hameau  de  Bonnerue.  En  démolissant  une  butte ,  on  rencontra  un  vase 
en  terre  noire,  puis  l'on  constata  la  présence  de  plus  de  soixante  squelettes  dans  des 
fosses  alignées.  Près  d'eux  étaient  des  armes  de  fer. 

«  Hém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  'Nonn. ,  »  t.  xi ,  p.  9  et    1       «  La  Normandie  souterraine,  »  ch .  xvi . 
10,  et  t.  XXIV,  p.  357.  I 

BAILLOLET. 

Époque  gallo-romaine.  —  En  juin  4862,  il  a  été  fait  à  Baillolet  une  découverte  inté- 
ressante, assez  difficile  à  classer,  puisqu'il  s'y  rencontre  les  éléments  de  deux  périodes. 
En  défrichant  un  bois  qui  appartient  à  M.  Magné ,  de  Lucy,  et  qui  est  voisin  de  la  croix 
dite  des  Trots-Frères  y  des  ouvriers  ont  trouvé,  sous  un  tas  de  cailloux,  une  maçonnerie 
à  pierres  sèches,  épaisse  de  80  centimètres  et  formant  un  carré  de  5  mètres  dans  tous  les 
sens.  Dans  un  des  angles  de  cette  construction  se  trouvait  un  dépôt  de  hachettes  en  silex  à 
peine  dégrossies  et  ébauchées. 

Parmi  les  débris  de  cette  ruine  antique,  M.  Mathon,  qui  a  visité  le  travail,  a  reconnu 
des  vases  romains.  L'un  d'eux  est  déposé  au  Musée  de  Neufchàtel. 

Du  reste,  la  civilisation  romaine  a  laissé  plusieurs  traces  à  Baillolet.  La  collection 
neufchàtelloise  possède  une  belle  tuile  à  rebords  provenant  d'un  herbage  appartenant 
à  M.  Dupuis ,  avoué ,  où  les  restes  romains  abondent.  Cette  tuile  a  été  recueillie  en 
1860. 

.  ÉPOQUE  FRANOUE.  —  Vers  1858,  M.  Dupont,  propriétaire  à  Baillolet,  faisant  enlever 
une  partie  du  rideau  crayeux  sur  lequel  sa  maison  est  assise ,  trouva  des  squelettes  hu- 
mains accompagnés  de  vases,  de  sabres,  de  couteaux  et  de  boucles  en  ter.  Il  est  évident 
qu'il  se  trouvait  là  un  cimetière  mérovingien. 
Outre  l'archéologie,  qui  démontre  l'existence  franque  de  Baillolet,  les  documents  histo- 


—  542  — 

riques  viennent  l'attester.  Les  donations  mérovingiennes  et  normandes  faites  au  Chapitre 
de  Rouen  inscrivent  «  Balileto  »  et  «  Bailloletum  in  pago  Talou,  > 

Il  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie ,  »  t.  xi,  p.  9  et  10. 

BAILLEUL-SUR.EAULNE. 

Époque  romaine.  —  M.  Guilmeth  assure  qu'il  a  été  trouvé  à  Bailleul  des  briques  y  des 
tuiles  et  des  poteries  romaines. 

Époque  franque.  —  M.  Le  Prévost  donne  au  nom  de  Bailleul  une  racine  celtique  et 
une  désinence  mérovingienne.  Ce  que  nous  pouvons  affirmer,  c'est  que  le  lieu  qui  nous 
occupe  existait  sous  les  Mérovingiens  et  qu'il  s'appelait  alors  «  Baliolum.  •  En  696, 
Wandon ,  moine  de  Fontenelle ,  donne  à  ce  monastère  :  «  Tertiam  partem  de  Baliolo ,  in 
pago  Tellau.  » 


«  Chronicon  Fontanellse ,  »  c.  ii. 
A,  Le  Prévost,  •  Notes  pour  servir  à  l'hist.  des  Comm. 
du  départ,  de  l'Eure,  »  p.  28  et  39. 
Id.,  <i  Mém.  de  laSoc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.xi,  p.  16. 


L'abbé  Decorde ,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Londinières,  »  p.  17-18. 

Guilmeth,  «Descrîpt.  hist.,  géogr.,  stat.  et  mon.  des 
arrond.,v  t.  m,  p.  43. 


NEUVILLE  (section  de  bailleul-neuville). 

Époque  gauloise.  —  M.  Mathon  nous  a  assuré  qu'au  Mont-Jean  il  avait  été  trouvé  une 
hache  en  silex,  en  défrichant  un  bois. 

Époque  romaine.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  un  petit  vase  en  terre  grise  qui 
fiit  trouvé  à  Neuville-sur-Eaulne  en  1853,  Je  le  crois  de  fabrique  romaine. 

En  1863,  nous  avons  reconnu  dans  le  terrain  bouleversé  du  lieu  dit  les  Carrières  y  des 
fragments  de  tuiles  a  rebords  et  de  poteries  samiennes.  La  même  année,  M.  Havard  y  pra- 
tiqua un  sondage  et  en  quelques  heures  remua  également  force  tuiles  et  poteries  antiques. 
Il  recueillit  entier  un  joli  vase  en  terre  rouge.  En  1 865 ,  un  sondage  de  quelques  heures 
nous  a  procuré  une  charmante  coupe  samienne. 

Époque  franque.  —  En  1859,  au  lieu  dit  les  Carrières  ^  sans  doute  parce  que  l'on  y 
remarque  de  grands  mouvements  de  terrain ,  on  {i  trouvé  d'anciennes  sépultures  que  je 
suis  tenté  d'attribuer  à  l'époque  mérovingienne ,  ou ,  tout  au  plus ,  aux  derniers  temps  de 
la  domination  romaine.  On  nous  a  assuré  qu'il  y  avait  été  rencontré  un  ou  plusieurs  ac- 
cueils en  tuiles  à  rebords ,  et  que  des  vases  accompagnaient  les  corps.  Ce  qui  nous  fait 
présumer  que  ces  inhumations  étaient  franques ,  c'est  que  l'on  assure  qu'il  en  a  été  tiré 
des  objets  de  fer  et  de  bronze ,  tels  que  fibules ,  boucles ,  lances ,  couteaux ,  etc. 

Époque  incertaine.  —  Nous  ne  saurions ,  en  effet,  à  quelle  époque  attribuer  les  im- 
menses cavités  et  ondulations  de  terrain  situées  sur  le  bord  de  la  route  qui  conduit  de 
Neuville  à  Bailleul-sur-Eaulne.  Ces  mouvements  du  sol,  fruit  de  l'industrie  humaine ,  por- 


—  543  — 

tent  le  nom  de  Carrières,  et  doivent  être,  en  effet,  d'anciennes  extractions  dont  on  pour- 
rait malaisément  fixer  la  date. 

CROIXDALLE. 

Époque  romaine.  —  En  1859,  en  traçant  le  chemin  de  communication  qui  va  de  Lon- 
dinières  aux  Grandes-Ventes ,  les  agents  et  ouvriers  de  la  voirie  ont  découvert ,  au  haut  de 
la  côte  de  Croixdalle  qui  encaisse  la  vallée  de  TEaulne,  les  restes  d'une  villa  romaine.  Ces 
restes  consistaient  surtout  en  maçonneries  et  substructions  encore  bien  reconnaissables , 
en  tuiles  à  rebords,  en  meules  à  broyer  et  en  poteries  romaines.  Une  des  meules  à  broyer 
est  à  présent  entre  les  mains  de  M.  Delattre,  avocat  à  Eu. 

De  son  côté,  M.  l'abbé  Decorde  assure  que,  dans  les  bois  de  M.  Lelong,  on  a  trouvé 
des  meules  à  broyer  et  des  monnaies  de  Trajan  et  de  Commode. 

Époque  incertaine.  —  Non  loin  de  l'église  de  Croixdalle,  dans  laquelle  on  honore  par- 
ticulièrement saint  Fiacre,  il  existe  une  mare  qui  porte  le  nom  de  ce  saint  solitaire.  Â 
cette  mare  vénérée  affluent  toute  l'année  de  nombreux  pèlerins  qui  s'y  lavent  les  mains  et 
emportent  de  l'eau  pour  se  préserver  des  gerçures  du  froid  de  l'hiver.  Le  peuple  assure 
que  cette  mare  profonde  a  été  creusée  par  saint  Fiacre  lui-même  d'un  seul  coup  de 
louchet. 

L*abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Londinières,»  p.  llt-121. 

SAINTE-AGATHE-D'ALIERMONT. 

Époque  romaine.  —  Depuis  environ  trente  ans,  il  a  été  trouvé  des  restes  romains  à 
Sainte-Agathe.  La  première  fois,  ce  fut,  en  1836,  du  côté  de  Lasseneuse;  la  seconde  fois, 
vers  1850,  du  côté  de  la  Preuse.  Ces  restes  consistaient  en  tuiles  à  rebords. 

FRESLES. 

Époque  franque.  —  Je  crois  pouvoir  attribuer  à  l'époque  firanque  un  sarcophage  en 
pierre  d'un  seul  morceau,  rencontré ,  vers  1833,  dans  un  champ  dépendant  de  la  ferme 
du  BeaiJhSoleiL  H  ressemblait  à  une  auge  et  présentait  au  fond  un  trou  en  forme  d'en- 
tonnoir. Ces  détails  font  penser  à  la  période  mérovingienne. 

BURES. 

Époque  romaine.  -^  On  a  rencontré  à  Bures  quelques  débris  romains ,  tels  que  mon- 
naies ^  tuiles  et  poteries,  mais,  jusqu'à  présent,  en  assez  petite  quantité.  M.  Deville  a 
cependant  connu  de  la  verroterie  romaine  provenant  de  Bures. 


—  544  — 

Époque  franque.  —  Bures  était  un  lieu  important  à  la  période  franque,  puisque  jus- 
qu'au xiiie  siècle  il  fut  un  des  sept  doyennés  de  Tarchidiaconé  d'Eu. 

Si  le  nom  de  Bures  n'est  pas  cité  dans  les  documents  francs,  celui  de  Burettes  (Buretum) 
y  apparaît.  Burettes  est  un  hameau  de  Bures. 

Période  normande.  —  Les  Normands  avaient  établi  à  Bures  un  château  qui  resta  tou- 
jours la  propriété  de  nos  premiers  ducs.  On  croit  en  connaître  l'emplacement  dans  la 
ferme  de  la  Cour. 

Je  suis  disposé  à  attribuer  aux  ducs  de  Normandie  la  fondation  du  prieuré  de  Bures , 
soumis  par  eux  à  leur  chère  abbaye  de  Fécamp.  L'assiette  du  prieuré  était  près  l'église , 
dans  la  rue  Sous-le-Moustier. 

Époque  incertaine.  —  Derrière  l'admirable  Hostel  de  la  Renaissance,  présentement 
connu  sous  le  nom  de  Maison  du  Général  Desmarets,  on  voit  une  motte  circulaire 
entourée  de  fossés,  et  qui  n'a  pas  moins  de  12  à  45  mètres  de  hauteur.  On  serait  tenté 
d'y  reconnaître  le  donjon  d'une  forteresse  disparue.  —  Je  range  parmi  les  monuments 
d'une  époque  incertaine  une  tête  de  chandelier  en  bronze ,  acquise  par  le  Musée  de 
Rouen. 


A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
t  XI,  p.  10. 

«Proc.-verb.de  laC.des  Antiq.  de  la  Seine-Inf.,»  1. 1", 
p.  223. 

L'abbé  Decorde,  «Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Londinières,  »  p.  38-93. 


L'abbé  Decorde,  «  Un  Coin  de  la  Normandie,  »  in-8* 
de  15  p.,  Rouen,  Pérou,  1846. 

«  Revue  de  Rouen,  »  année  1846,  2«  sem.,  p.  233-47. 
et  année  1845,  p.  261-291. 


SAINT-VALERY-SOUS-BURES. 

Époque  gauloise.  —  M.  Gosset,  ancien  avoué  à  Rouen,  possède  une  hachette  en  silex, 
ébauchée,  et  un  fragment  de  hache  pohe,  recueiUis  au  hameau  de  La  Valouine,  en  1863. 

Époque  romaine.  —  En  d  848 ,  il  a  été  trouvé  à  Saint-Valery  une  monnaie  d'argent  de 
Gordien  III ,  qui  a  été  déposée  au  Musée  de  Neufchâtel. 

OSMOY  (section  de  saint-yalery-sous-bures). 

Epoque  romaine.  —  M.  P.  Havet,  juge  de  paix,  possède  une  meule  à  broyer  en  pou- 
dingue, trouvée  dans  ses  terres  d'Osmoy. 

Sur  le  bord  du  chemin  de  grande  communication  n®  1er,  de  Dieppe  à  Argueil,  on  a 
trouvé,  de  1840  à  1852,  d'anciennes  sépultures.  M.  Tabbé  Decorde  dit  que  Ton  a  ren- 
contré des  squelettes  humains  accompagnés  de  vases.  Notre  confrère  ajoute  que  Ton  y  a 
également  recueilU  une  monnaie  d'or.  Pour  nous,  nous  avons  reconnu,  dans  la  coupe  du 
terrain  y  des  urnes  grises  en  forme  de  pot-au-feu,  que  nous  considérons  comme  gaBo^ 
romaines  du  Haut-Empire. 


—  545  — 

Dès  1831,  M-  Fernel,  avocat  à  Neufchâtel,  avait  connu  un  petit  bronze  de  Maxence 
recueilli  dans  un  herbage  de  M.  Havet  y  notaire  à  Neufchâtel. 

Époque  franque.  —  L'existence  mérovingienne  d'Osmoy  est  prouvée  par  deux  docu- 
ments. Le. premier  est  une  donation  faite,  en  672,  par  Childéric  II,  à  Tabbaye  de  Fonte- 
nelle,  dans  la  personne  de  saint  Lambert ,  son  abbé:  «  Fiscos  duos...  quae  sunt  vocabulo 
Ulmius  in  pago  Tellau  justa  fluvium  Tellas.  »  Le  second  est  la  cession  de  «  Ulmirum ,  » 
faite ,  en  734 ,  au  comte  Rathaire ,  par  Teutsinde ,  abbé  de  Fontenelle. 


A.  Le  Prévost,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norin.,  » 
t.  XI,  p.  6  et  7. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  LondiniôreB,  »  p.  229-230. 


Mab.,  «  Annal,  ord.  S.  Benedict.,  »  1. 1«%  p.  506. 

Fernel,  «  Notice  sur  des  antiquités  découvertes  en  1832 
et  1833  dans  Tarrondissement  de  Neufchâtel ,  »  dans  les 
«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  176. 


CANTON    DE    BLANGY. 


BLANGY. 

Époque  romaine.  —  Le  fond  de  la  vallée  de  la  Bresle  a  révélé  à  Blangy  une  métairie 
romaine,  semblable  à  celles  que  M.  Darsy  a  explorées  sous  Gamaches,  de  1846  à  4849. 
C'est  dans  une  prairie  appartenant  à  M.  Cyr  Leroy  que  cette  découverte  a  eu  lieu  en 
1859.  Sur  un  point  nommé  la  Planche^du-JLieutenant ,  on  a  trouvé,  à  50  centimètres  du 
sol ,  des  moellons ,  restes  de  murailles  antiques ,  des  tuiles  à  rebords  et  surtout  beaucoup 
de  poteries.  Un  assortiment  de  ces  vases  a  été  conservé  par  M.  de  Morgan.  Cinq  ou  six 
monnaies  de  bronze  sont  sorties  de  ces  tranchées  remplies  d'eau  :  c'étaient  des  Néron,  des 
Adrien,  des  Faustine,  des  Tétricus  et  des  Constantin. 

En  1863,  M.  de  Bommy  a  reconnu  dans  le  marais  de  Blangy  des  tuiles  à  rebords,  des 
fragments  de  poterie  et  des  monnaies  de  bronze.  Les  fouilles  pratiquées  pour  la  scierie 
mécanique  de  M.  Varal  ont  fait  voir  plusieurs  meules  à  broyer  en  poudingue. 

En  1864,  dans  le  marais  de  Bouttencourt ,  le  même  M.  de  Bommy  a  recueilli  près  du 
Moulin-aux- Armures  des  morceaux  de  poterie  romaine  rouge  et  noire.  J'ai  lu  sur  un  fond 
de  soucoupe  la  marque  :  of  maci  ou  mari. 

Dans  la  prairie,  on  a  également  trouvé  une  intaille  antique  reproduisant  un  petit  per- 
sonnage et  un  oiseau. 

H  est  vraisemblable  qu'une  voie  romaine ,  allant  de  Beauvais  à  Eu ,  traversait  Blangy. 

Enfin ,  nous  tenons  de  M.  Deville  qu'il  a  été  trouvé  à  Blangy  des  vases  cinéraires ,  une 
lampe  en  terre  cuite  et  un  rouleau  céramique  percé  de  trous. 

69 


—  546  — 

Époque  franque.  —  Au  mois  de  janvier  1862,  une  plantation  d'arbres  faite  au  camp 
Comtois,  hameau  du  Petil-Fontaine,  a  fait  voir  un  cimetière  mérovingien.  Des  fosses  que 
rencontra  la  pioche  des  terrassiers ,  il  fut  extrait  deux  haches  de  fer,  six  vases  de  lerre , 
une  coupe  et  un  bol  de  verre.  —  M.  de  Morgan,  propriétaire  du  camp  Comtois,  ayant 
bien  voulu  me  permettre  d'y  fouiller  au  mois  de  mai  suivant,  j'y  reconnus  plusieurs  fosses, 
presque  toutes  violées.  Elles  me  donnèrent  cependant  une  hache  et  une  lance  en  fer,  trois 
vases  de  terre  (dont  nous  reproduisons  ici  deux) ,  une  coupe  de  verre  et  une  pince  à 
épiler  en  bronze. 

Après  cette  preuve  de  l'existence  franque  de  Blangy,  on  ne  s'étonnera  pas  d'apprendre 

que  ce  bourg  est  mentionné  par  Charles-le-Chauve ,  en  843  

ou  en  845,  comme  appartenant  à 
l'abbaye  de  Saint-Denis  en  France. 

Période  normande.  —  C'est  pro- 
bablement à  la  période  normande 
qu'il  faut  attribuer  le  vieux  château 
de  Blangy,  détruit  par  Henri  IV.  Il   -j 
était  situé  au  bout  de  la  riie  du  Jeu-  ,        _  ,„„ 

VABES   FRANCS  (BLANGT,    1863). 

de-paume ,  au  lieu  dit  à  présent  le 

Ménage.  On  y  voit  encore  des  terrassements  imposants,  et  l'on  parle  de  souterrains  aperçus 

dans  ce  quartier. 

C'est  sans  doute  à  cette  civilisation  qu'il  faut  attribuer  l'enceinte  murée  du  bourg  de 
Blangy,  dont  on  connaît  encore  les  trois  portes.  On  voit  également  une  tour  ronde  et  une 
tourelle  carrée,  qui  durent  entrer  dans  l'ancien  système  de  défense. 

Époque  incertaine.  —  Nous  devons  nous  abstenir  de  donner  une  date  à  un  tertre 
circulaire  très  élevé ,  nommé  la  Motte ,  situé  dans  le  bois  de  ce  nom ,  au  pied  de  la  côte  de 
Gremonlmesnil,près  du  Petit-Fontaine. 

Dans  un  petit  bois  appelé  le  Détroit,  M.  l'abbé  Decorde  signale  des  monticules  faits  de 
main  d'homme. 

BIBUOGRjtPBIE. 


DupleBsis,nDe5C.géogr.ethist.dc!aH.-N.,.t.i",p.65. 

Guilmeth,  ■  Desc.  g^ogr.,  hist-,  Btat.  et  mon.  des  arr.,> 
1 1»,  p.  5. 

L'abbé  Déco  rdo ,  aEfsaihist.  etarchéol.  surlecanton 
de  Blaogy,  >  p.  38. 

Delérue,  «  Histoire  de  la  ville  de  Blangy-aur-Breslo,  » 
p.21,m-18,  Rouen,  1860. 


B  Mém.  do  ta  Soc,  dos  Aoliq.  de  Norra.,  ■  t.ixiv.p.  360. 

•  Bulletin  monumental,  ■  t.  xxix,  p.  38. 

»  Revue  archéologique,  i  1.  vu,  p.  03.  Nouvelle  série. 

•  Revue  de  la  Normandie,  ■•  1"  année,  p.  798-99. 
-Journal  de Nourohftlol,  »  du  27  mai  186Ï. 

■  Nouvellisto  do  Rouen,  .  du  29  mai  1862. 

«  L'Éclio  de  la  valléo  de  Bray,  .  du  7  juin  1862. 


RIEUX. 

Époque  gauloise.  —  Près  la  petite  rivière  desséchée  qui  a  donné  son  nom  à  la 
localité,  on  a  trouvé  une  hache  en  silex. 


—  547  — 

'  Époque  romaine.  —  La  civilisation  romaine  a  laissé  beaucoup  de  traces  à  Rieux.  Nous 
citerons  d'abord  des  tuiles  à  rebords  que  l'on  rencontre  un  peu  partout,  notamment  dans 
les  prairies  arrosées  par  la  Bresle ,  au  Cornet  et  à  la  Mare-Pavée. 

On  m'a  parlé  d'un  trésor  composé  de  monnaies  en  or ,  recueilli  par  M.  Desjobert , 
ancien  député.  A  la  Mare-Pavée,  il  a  été  rencontré  une  pile  de  monnaies  de  bronze  du 
Haut-Empire.  Elles  ont  été  remises  à  M.  Darsy,  alors  notaire  à  Gamaches. 

On  m'a  cité  encore  qu'en  1828  on  avait  trouvé  au  Cornet  un  chandelier  en  bronze. 

Enfin ,  les  meules  à  broyer  sont  fréquentes  près  des  mares  et  sur  les  côtières. 

BAZINVAL. 

Époque  incertaine.  —  Sur  le  bord  de  la  forêt  qui  domine  le  hameau  des  Sceaux ,  on 
voit  des  restes  de  cave  dans  un  lieu  appelé  les  C  atelier  s. 

L*abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  30-31. 

GUERVILLE. 

Époque  romaine.  —  Au  sud  et  au  nord  du  village  actuel ,  on  trouve  des  tuiles  à  rebords 
et  des  meules  à  broyer ,  qui  font  penser  à  d'anciennes  habitations  dans  ce  quartier. 
Période  normande.  —  Il  existe  à  Guerville  les  restes  d'un  château-fort. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  143. 

m 

DANCOURT. 

Époque  romaine.  —  Dans  la  plaine  située  en  face  de  l'église,  à  l'opposé  de  la  forêt 
d'Eu,  on  trouve  des  tuiles  à  rebords. 
Époque  incertaine.  —  Une  motte  se  trouve  au  lieu  dit  le  Bolard,  près  de  la  rivière. 

SAINT-REMY-EN-RIVIÈRE  (section  de  dancourt). 

Époque  gauloise.  —  Au  mois  de  février  1 865 ,  des  terrassiers  comblant  une  marnière 
située  dans  la  plaine,  vers  Preuseville,  ont  trouvé  plusieurs  vases  de  terre  et  de  forme 
gauloise;  Ces  vases  étaient  semblables  à  ceux  que  j'ai  trouvés  dans  la  basse  forêt  d'Eu , 
en  1863  et  en  1865. 

Époque  romaine.  —  Vers  1860,  en  traçant  à  travers  la  forêt  d'Eu  le  chemin  de  grande 
communication  no  14,  de  Neufchâtel  à  Gamaches,  on  a  trouvé,  au  lieu  nommé  le  Poteau- 
Saint-Remy,  un  vase  contenant  environ  cinq  cents  monnaies  romaines  du  iii^  siècle. 
Presque  toutes  ces  pièces  furent  dispersées  et  perdues  par  l'incurie  des  ouvriers  et  des 


—  548  — 

agents  de  la  voirie.  Les  seules  que  nous  ayons  pu  voir  à  Poucarmont ,  chez  M*  Parisy- 
Dumanoir,  sont  des  Philippe  et  des  Posthume.  —  On  trouve  aussi  sur  le  territoire  de 
Saint-Remy  des  tuiles  à  rebords  et  des  débris  de  construction. 

Époque  franque.  —  En  703,  Rothmond  j5t  Milon  donnent  à  l'abbaye  de  Fontenelle 
deux  domaines  dans  le  Tallou.  L'un  d'eux  s'appelait  «  Bettonis  Curtem...  in  pago  Talano.  » 
C'est  probablement  Bettencourt ,  hameau  de  Saint-Remy.  Il  est  vraisemblable  que  c'est  ce 
môme  domaine  qui,  en  734,  fut  donné  par  Teutsinde  au  comte  Rathaire.  Cette  fois,  on 
le  place  dans  le  Vimeu  :  t  In  pago  Vinnau  Bettone  Curte  super  fluvium  Eura.  * 

•A.  Le  Prévost,  «Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires    |       ajournai  de  Neufchâteî,  »  du  13  juin  1865. 
de  Normandie,  »  t.  xi,  p.  6  et  7.  | 

SAINT-RIQUIER-EN-RIVIÈRE. 

Époque  romaine.  —  Au  printemps  de  1863,  un  terrassier,  travail- 
lant dans  une  sablière  située  près  de  l'église,  trouva  un  bel  anneau  en 
argent  que  nous  reproduisons  ici.  Cette  riche  bague,  qui  a  la  forme  de 
chevalière ,  est  considérée  par  M.  de  Longpérier  comme  appartenant 
à  l'époque  romaine  (1).  Ce  qui  fait  le  grand  intérêt  de^cette  pièce ,  c'est 
que  dans  le  chaton  est  enchâssé  un  denier  d'argent  de  l'empereur 
Macrin  (248).  Autour  de  la  tête  impériale,  dont  la  conservation  est  anneau  en  ARGcifr 
parfaite,  on  lit  :  imp.  g.  mopil.  sev.  magrinvs  aug.  ^"^  ^^°*^  ^^  w^cnn. 

Ce  ne  serait  pas  d'ailleurs  la  seule  antiquité  romaine  trouvée  à  Saint-Riquier,  car,  dès 
1850,  M.  l'abbé  Decorde  avait  entendu  parler  de  monnaies  impériales,  et  il  en  a  consigné 
la  découverte  dans  ses  Essais.  —  Notre  confrère  ajoute  que  l'on  trouve  également  à  Saint- 
Riquier  des  armes  et  des  fers  de  chevaux ,  dont  il  ne  pourrait  aussi  aisément  fixer  la  date. 

Près  de  la  verrerie  du  Val-d'Aulnoy  est  un  petit  camp  où  l'on  a  trouvé  des  pièces  d'or, 
notamment  un  aureus  de  Néron  entré  au  Musée  de  Rouen. 

Époque  franque.  —  Je  suis  tenté  d'attribuer  à  l'époque  franque  les  sabres,  les  lances 
et  les  ossements  trouvés,  vers  1822,  dans  un  monticule  voisin  de  l'église. 

(l)  Ce  qui  nous  feit  croire  que  Topinion  de  notre  savant  confrère  est  fondée,  c'est  que  dans  ses  «  Recherches 
sur  les  Empereurs  qui  ont  régné  dans  les  Gaules  au  iv«  siècle  de  Tère  chrétienne,  »  M.  le  baron  de  Witte  fait 
figurer  sur  sa  planche  xxxix,  au  n"  150,  une  bague  en  or  du  Musée  d'Autun,  laquelle  contient  un  aureus  de  Tétricus. 
Cette  bague  par  sa  forme  côtelée  se  rapproche  beaucoup  de  celle  de  Saint-Riquier.  Or,  comme  l'anneau  d'Autun 
est  estimé  antique ,  je  suis  porté  à  penser  que  celui  de  8aint-Riquier  l'est  également  C'est  du  reste  roplnion  de 
M.  de  Witte.  A  propos  de  cette  coutume  antique,  nous  rapporterons  le  trait  suivant:  «  Sous  le  règne  de  Claude, 
dit  Pline  l'Ancien ,  on  vit  naître  à  Rome  une  mode  insolite  :  c'était  celle  de  porter  sur  l'anneau  le  portrait  du 
prince,  gravé  en  or\  il  fallait  obtenir  ce  droit  de  ses  affranchis.  Cet  usage  donna  lieu  à  nombre  d'accusations 
rendues  impossibles  aujourd'hui  par  l'heureux  avènement  de  Vespasien  à  l'Empire.  U  décréta  que  rinafe  de 
l'empereur  appartenait  à  tous  ses  sujets.  »  «  Hist.  nat.,  »  lib.  xxxiii,  ch.  xii.  —  L'abbé  Barraud,  Des  Bagues ^ 
dans  le  «  Bull,  mon.,  »  t.  30,  p.  418. 


I 


—  549  ^ 

Époque  incertaine.  —  M.  Parisy  m'a  cité  une  motte  détruite,  au  hameau  de  Dérizan- 
court.  Sur  remplacement  de  l'ancien  château,  on  trouve  des  caves,  des  puits  et  des 
décombres» 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  238. 

FALLENCOURT. 

Époque  gauloise.  —  M.  Parisy,  de  Foucarmont,  possède  une  jolie  petite  hachette  en 
jade,  trouvée  au  hameau  de  Puchervin.  —  En  4861  ;  le  hameau  des  Vastines  a  donné 
au  môme  auteur  une  hachette  en  silex.  —  Enfin,  en  1846,  le  Musée  de  Rouen  a  acheté 
une  monnaie  gauloise  en  or,  provenant  de  Fallencourt.  Cette  pièce  symbolique  vient  d'être 
décrite  par  M.  Lambert 

Époque  romaine.  —  M.  Parisy  '^m'a  signalé,  sur  Fallencourt,  plusieurs  points  où  l'on 
trouve  des  tuiles  à  rebords  et  des  médailles  romaines.  Je  cite  particulièrement  le  Val- 
Jacob,  Ptichervin  et  la  HatUe-Maladrerie.  — {Au  pied  de  la  motte  du  Bois-Sourd,  on  a 
recueiUi,  vers  1830,  plusieurs  monnaies  de  bronze  marquées  à  la  louve. 

Époque  incertaine.  —  Il  existe  à  Fallencourt  une  motte  ou  tertre  entouré  de  fossés  et 
présentant  un  puits  au  miheu. 

Une  tradition  dont  il  n'est  pas  aisé  d'indiquer  ni  l'origine  ni  la  date  prétend  qu'au 
hameau  de  Puchervin ,  au  lieu  dit  la  Hêtrée,  il  exista  autrefois  un  couvent,  et  que  là  est 
encore  cachée  une  cloche  d'argent.  Il  n'est  pas  sans  exemple  que  le  peuple  ait  attaché 
des  traditions  de  couvent  et  d'abbaye  à  des  villas  romaines. 

L*abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton    |       E.  Lambert,  «  Mém.  de  la  Soc.  des  An  t.  de  Norru.,  » 
de  Blangy,  »  p.  104.  I    t  xxv,  p.  494,  pi.  vi,  fig.  14. 

FOUCARMONT. 

Grâce  à  M.  Parisy-Dumanoir,  qur,  depuis  vingt-cinq  ans,  collectionne  les  antiquités  de 
cette  contrée ,  nous  connaissons  avec  détail  les  divers  monuments  antiques  sortis  du  sol 
de  ce  bourg  et  de  ses  environs. 

Époque  gauloise.  —  Le  cabinet  de  M.  Parisy  renferme  un  bon  nombre  de  hachettes 
en  silex ,  recueillies  sur  tout  le  territoire  de  Foucarmont.  Nous  citerons  parmi  les  plus 
belles  la  hache  de  silex  trouvée  en  1846,  et  la  hache  de  grès  noir  rencontrée  en  1861. 

En  cette  même  année  (1861),  une  hachette  en  silex  a  été  récoltée  au  hameau  du  Haut- 
FromenteL  Le  Musée  de  Neufchâtel  contient  également  une  hachette  recueillie  en  1862. 

Enfin,  de  l'existence  gauloise  de  Foucarmont,  M.  Parisy  possède  un  bon  nombre  de 
fragments  de  poteries  grossières ,  trouvées  au  lieu  dit  le  Font-Théodore  ou  Théodoric,  près 
de  la  chapelle  de  l'Epinette.  On  en  rencontre  également  au  cœur  du  bourg. 


550 


Époque  romaine.  —  Il  est  peu  de  bourgs  de  rarrondissement  de  Neufchâlel  où  la  pé- 
riode romaine  ait  laissé  autant  de  traces  souterraines  qu'à  Foucarmont.  Nous  croyons 
toutefois  que  la  connaissance  de  ces  précieux  débris  est  surtout  due  à  l'étude  64  aux  obser- 
vations que  fait  chaque  jour  M.  Parisy-Dumanoir.  Aussi  sa  maison  est-elle  devenue  un 
Musée  local ,  et ,  dans  ses  notes ,  il  enregistre  soigneusement  toutes  les  découvertes  qui  se 
font  dans  son  cher  pays.  Nous  citerons  parmi  les  principaux  objets  que  nous  avons  re- 
marqués chez  lui  de  très  belles  poteries  rouges  en  terre  de  Samos ,  des  meules  à  broyer 
en  poudingue  (une  de  ces  meules  est  en  silex ,  chose  rare),  des  tuiles  à  rebords ,  des  tuiles 
convexes ,  des  poteries  grises ,  blanches  et  noires ,  un  style ,  des  perles  de  verre ,  des  mon- 
naies surtout  et  de  bien  des  règnes;  nous  citerons  notamment  Agrippa,  Antonin,  Gordien, 
Posthume  et  Constant. 

Les  Ueux  où  l'on  fait  ces  découvertes  sont  innom- 
brables ;  mais  nous  signalerons  spécialement  la  place  des 
CâtelierSyle  Camp-durBourgjhFont-Théodorejldi  chapelle 
de  rEpinette,  la  rue  du  Four^  l'ancienne  abbaye  de  Fou- 
carmont, et,  par-dessus  tout,  les  terres  labourées  de 
l'abbaye  qui  sont  vers  Preuseville.  Là ,  vers  1 850 ,  on  a 
rencontré,  en  traçant  une  route,  d'importantes  construc- 
tions antiques ,  des  médailles ,  des  tuiles],  des  poteries  et 
des  verroteries  de  toute  sorte. 

En  1853,  lorsque  l'on  draina  l'enceinte  de  l'abbaye,  on 
recueillit  des  monnaies  romaines  et  une  statuette  de  bronze 
que  M.  Mathon  regarde  comme  celle  du  dieu  Pan.  Elle 
est  possédée  par  M.  Denoyelle,  conseiller  général  de 
Neufchâtel.  Nous  donnons  celte  figurine  dans  sa  grandeur 
naturelle. 

ÉfpoQUE  FRANQUE.  —  Cette  période  est  également  représentée  à  Foucarmont.  Un  de  ses 
plus  éloquents  vestiges  c'est  l'ancien  doyenné ,  un  des  six  de  l'archidiaconé  d'Eu. 

Nous  pourrions  peut-être  lui  attribuer  la  rue  et  le  ruisseau  de  la  Vigne;  mais  nous 
sommes  plus  certain  en  lui  accordant  les  découvertes  faites  en  1858  et  en  1862.  En 
1858 ,  au  lieu  dit  les  Câteliers,  près  l'église,  on  a  trouvé  des  sépultures  qui  ont  donné  des 
perles,  un  fragment  de  sabre  et  une  plaque  de  ceinturon.  En  1862,  une  suite  de  terras- 
sements a  montré  au  même  endroit  des  fosses  pratiquées  dans  la  craie.  Quelques-unes 
contenaient  des  vases  en  terre  noire ,  des  couteaux  et  un  scramasaxe.  M.  Parisy  a  soi- 
gneusement recueilli  tous  ces  débris. 

Je  suis  porté  à  attribuer  à  une  sépulture  de  la  même  époque  des  perles  de  verre  et  de 
pâte  de  verre  rencontrées,  en  1863,  chez  divers  habitants  de  Foucarmont.  Ces  perles 
provenaient  de  tranchées  faites  sur  la  route  neuve  qui  conduit  à  Preuseville. 


STATUETTE  BOMA1NB  BN  BBOIVSE 
(FOLXABMONT,  1863). 


554  — 


n  me  semble  que  Ton  peut  attribuer  également  à  l'époque  franque  non-seulement  la 
dénomination  de  camjt  de  Théodorick ,  donnée  à  un  quartier  de  Foucarmont  et  retrouvée 
par  M.  Parisy,  mais  encore  le  nom  de  Foucarmont  lui-même,  que  le  peuple  prétend  venir 
d'un  géant.  D'après  la  tradition,  le  géant  Foucard,  dont  l'existence  nous  paraît  un  roman, 
aurait  été  le  père  ou  le  parrain  du  bourg.  Le  peuple ,  qui  ne  veut  pas  avoir  tort ,  prétend 
même  qu'il  a  vu  son  cercueil  avec  son  épée  et  ses  grands  ossements  lorsque  l'on  enleva 
des  terres  autour  de  l'église  et  des  halles.  M.  l'abbé  Decorde  place  cette  découverte  en 
1800,  et  M.  Parisy,  en  4796,  lorsque  l'on  traça  à  travers  le  bourg  la  route  impériale 
no  28.  Nous  n'avons  point  à  nous  prononcer  sur  cette  tradition  qu'il  nous  suffit  de  citer. 

Enfin ,  il  est  un  dernier  monument  que  nous  croyons  pouvoir  rapporter,  pour  cette  même 
époque,  à  l'existence  de  Foucarmont  et  de  la  forêt  d'Eu.  Nous  voulons  parler  d'un  roman 
du  moyen-âge,  intitulé:  «  Histoire  plaisante  et  récréative  faisant  mention  des  prouesses 
et  vaillances  du  noble  Sypéris  de  Vinevaulx  et  de  ses  dix-sept  fils.  »  Ce  roman ,  dont  un 
manuscrit  original  est  à  la  Bibliothèque  impériale ,  se  trouve  dans  un  recueil  intitulé  : 
Mélanges  tirés  d'une  grande  Bibliothèque,  t.  ii,  p.  207-222,  in-8o,  4780.  On  croit  qu'il  a 
été  composé  à  Foucarmont,  au  xiie  ou  au  xiii^  siècle.  —  L'histoire  conunence  à  l'an  632, 
et  l'on  y  voit  oc  comment  le  géant  Foucard  fut  occis  par  le  gentil  Sypéris  de  Vinevaulx  ;  » 
Vinevaulx  était,  à  cette  époque,  le  nom  d'une  partie  de  la  forêt  d'Eu  (4). 

Période  normande.  —  Nous  enregistrons ,  seulement  pour  mémoire ,  la  (pndation  de 
l'abbaye  de  Foucarmont,  par  les  comtes  d'Eu,  en  4430,  dans  un  lieu  dit  alors  le  Font- 
Théodore ,  et  nommé  depuis  la  fontaine  de  Saint-Martin. 


BIBLIOGRAPHIE. 


P.  de  la  Mairie,  «  Recherch.  hist.,archéol.  et  biogr.  sur 
le  Bray  normand  el le Bray  piciard,  »  t.  u,  p.  41, 63. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des 
an*.,  M  1. 111,  p.  63. 

Parisy,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  4  octobre  1862. 

Id.,  «  Journal  de  Neufchâtel,  »  des  19  mars  1850,  22 
novembre ,  20  décembre  1853  et  6;décembre  1859. 

«  Neuslria  pia,  »  p.  744-749. 

«  Gallia  Christiana,  ».t.  xi,  p.  304-307. 


L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton 
de  Blangy,  »  p.  107,  108,  112. 

D.  Lebeuf,  «La  ville  d'Eu,  »  livre  ii. 

Duplessis,  oDesc.  géogr.  et  hist.  delaHaute-Norm.,» 
t.i",  p.  154-55  et  472-74. 

«  Histoire  plaisante  et  récréative  faisant  mention  des 
prouesses  et  vaillances  du  noble  Sypéris  de  Vinevaulx  et 
de  sesdix-septfils,»(nouvellementréimprimée),Ms8.  delà 
Biblioth.  imp.,  dans  un  recueil  intitulé  :  «Mélanges  tirés 
d'une  grande  Bibliothèque,»  t.  ii,  p.  207r223,  in-8'',  1780. 


VILLERS-SOUS-FOUCARMONT. 

Époque  gauloise.  —  En  1857,  on  a  recueilli,  à  La  Quesnoye,  deux  hachettes  en  silex, 
Époque  romaine.  —  Une  meule  à  broyer  en  poudingue  a  été  trouvée  vers  1850. 


(1)  Il  existe  dans  un  faubourg  méridional  de  Paris  un  lieu  dit  la  Tombe-Issoire.  D'après  M.  Quicherat,  il  y 
aurait  eu  là  un  grand  tumulus  ou  dolmen  décrit  par  Gervais  de  Tilbury.  Cet  auteur,  du  xii^  ou  du  xiii*  siècle,  le 
présente  comme  le  sépulcre  du  géant  Isoré,  tué  en  combat  singulier  par  Guillaume  d'Orange.  «  Revue  des  Soc. 
sav.,  »  3*  série,  t.  iv,  p.  383,  sept.-oct,  1864. 


—  552  — 


LES  ESSARTS-VARIMPRÉ. 

Époque  gauloise.  —  En  1852,  on  a  trouvé,  au  hameau  de  La  Belloye,  une  hachette 
en  silex  que  possède  M.  Parisy,  de  Foucarmont.  D'autres 
hachettes  en  silex  du  même  genre  ont  été  trouvées  au- 
hameau  de  La  Quesnoye.  —  En  mai  1864,  on  a  recueilli, 
dans  la  forêt  d'Eu,  près  le  poteau  Duhême,  une  hache  de 
bronze  qui  est  chez  M.  de  Girancourt.  Par  la  bonté  de  ce 
gentilhomme-verrier,  nous  pouvons  reproduire  cette  pièce 
aussi  rare  que  curieuse  (1). 

Au  mois  de  juin  1865,  M.  de  Girancourt  et  moi  nous 
avons  fait  une  fouille  dans  la  forêt ,  au  triége  de  Varimpré , 
et  nous  y  avons  trouvé  une  sépulture  gauloise  des  plus 
intéressantes.  Notre  fouille  avait  été  motivée  en  cet  endroit 
à  cause  d'un  mouvement  de  terrain  de  forme  ovoïde,  que 
nous  supposions  le  reste  d'une  habitation  gauloise.  Dans 
l'enceinte,  légèrement  fossoyée,  nous  n'avons  trouvé  qu'une 
assiette  charbonnée  et  cendrée.  Dans  le  fossé ,  au  con- 
traire, nou%  avons  rencontré  à  un  1  mètre  30  centimètres 
une  incinération  composée  d'os  brûlés  déposés  dans  la 
terre  nue  et  entourée  d'objets  de  métal ,  parmi  lesquels  il 
n'a  été  possible  de  reconnaître  qu'une  hache,  un  grand 

couteau ,  des  ciseaux  ou  forces ,  une  fibule  à  ressort  et  un  vase  ayant  la  forme  d'une  tête 
humaine ,  ce  qui  lui  donnait  l'apparence  d'un  casque.  Cette  pièce  se  composait  d'un  cercle 
de  fer  miné,  d'anses  rondes  et  mobiles,  et  d'un  fond  consistant  en  une  lame  de  cuivre  très 
fine  et  s'en  allant  en  morceaux.  Dans  ce  casque  ou  vase  étaient  des  chaînettes  de  fer  et 
des  objets  peu  reconnaissables. 

Autour  de  ce  dépôt  de  fer  et  d'os  se  trouvaient  dix  vases  de  terre ,  dont  deux  avaient  la 
forme  d^olla  ôude  pot-au-feu,  quatre  celle  de  bols  ou  écuelles,  et  quatre  autres  affectaient  le 
type  d'une  patère.  La  terre  qui  composait  ces  vases,  leur  forme,  leur  épaisseur  et  leur  cuis- 
son, tout  dénotait  une  industrie  nationale  et  indigène:  l'art  gaulois  au  temps  de^J.-C.  ou 
au  premier  siècle  de  son  ère. 

Enfin,  chose  plus  rare  encore  que  tout  ce  qui  précède,  du  moins  pour  une  sépulture,  il 
s'est  rencontré  une  meule  à  broyer  en  grès  avec  réceptacle  en  pierre  meulière;  évidem- 
ment, elle  avait  été  mise  là  toute  montée ,  et  tout  porte  à  croire  que  les  vases ,  aujourd'hui 
vides,  ont  autrefois  contenu  dans  leurs  flancs  une  provision  de  grain. 


HA€HB  EN  BRONZB  (yAKIMPRÉ,  1864). 


(1)  Des  haches  pareilles  se  trouvent  en  Irlande  et  sont  conservées  au  Musée  de  TAcadémie  royale  de  Doblio- 
Wakeman,  a  A  hand-boock  of  irish  antiquities ,  »  p.  153). 


_  553  — 

Je  suis  porté  à  croire  que  nous  avons  trouvé  ici  un  soldat  indigène  qui  habitait  la  contrée 
à  l'époque  gauloise,  ou  qui  la  traversait  au  moment  de  sa  mort  et  que  l'on  aura  inhumé 
en  ce  lieu  avec  tout  son  mobilier  de  campagne. 

Grâce  à  la  bienveillance  de  M.  de  Girancourt ,  nous  pouvons  reproduire  dans  les  deux 
pages  suivantes  la  plus  grande  partie  des  objets  sortis  de  la  fouille  de  Varimpré. 

Époque  romaine.  —  En  octobre  4865,  M.  de  Girancourt  et  moi  nous  avons  fouillé  un 
tertre  ou  tumulus  situé  dans  la  basse-forêt  d'Eu ,  au  triége  des  Essarts.  Ce  monticule  fait 
de  main  d'homme  avait  1  mètre  60  d'élévation  sur  iO  mètres  de  diamètre.  Il  était  parfaite- 
ment circulaire.  Dans  son  enceinte ,  que  nous  avons  soigneusement  étudiée ,  nous  n'avons 
trouvé  que  des  charbons  et  des  cendres ,  et  au  sommet  les  restes  de  deux  vases  romains  du 
Bas-Empire,  broyés  depuis  longtemps.  Ces  vases,  tput  brisés  qu'ils  étaient,  nous  donnent 
la  date,  si  non  de  l'élévation ,  du  moins  de  l'occupation  du  tertre. 

Dans  ce  même  mois  d'octobre  4865,  nous  avons  interrogé,  aux  environs  de  la  verrerie 
de  Varimpré,  une  de  ces  grandes  fosses  circulaires  et  profondes,  telles  qu'en  renferment 
la  forêt  d'Eu  et  toutes  les  forêts  de  la  Seine-Inférieure ,  de  la  Normandie  et  mùne  de 
la  France.  Jusqu'à  présent  ces  fosses  n'ont  pas  été  étudiées  et  leur  date  reste  aussi 
inconnue  que  leur  situation,  aussi  mystérieuse  que  leur  existence.  Après  avoir  enlevé 
successivement  environ  2  mètres  de  terres  éboulées,  nous  sommes  arrivés  au  sol  naturel. 
Dans  cette  profonde  couche  de  déblais,  nous  n'avons  cessé  de  rencontrer  du  charbon  et 
même  des  cendres.  Au  milieu  de  ce  limon,  qui  trahit  le  passage  de  l'homme,  mais  qui  ne 
date  rien,  nous  avons  été  assez  heureux  pour  recueillir  quatre  ou  cinq  morceaux  de  tuiles 
à  rebords ,  ce  qui  nous  a  paru  prouver  que  les  fosses  existaient  déjà  à  l'époque  romaine. 

Époque  incertaine.  —  On  m'a  assuré  qu'au  début  de  ce  siècle,  il  avait  été  détruit  une 
motte  dans  la  direction  de  Villers  et  de  Foucarmont. 

En  4796,  lors  de  la  confection  de  la  route  impériale  no  28,  de  Rouen  à  Saint-Omer, 
on  a  rencontré  des  squelettes  à  la  côte  de  Varimpré. 

Sur  le  bord  de  la  basse-forêt  d'Eu,  il  existe  une  mare  dite  de  Saint-Germain.  On 
raconte ,  à  ce  propos ,  que  saint  Germain  y  désaltéra  son  cheval  lorsqu'il  se  dirigeait  vers 
la  Picardie;  nous  ne  savons  s'il  s'agit  de  saint  Germain  d'Auxerre,  l'apôtre  de  la  Grande- 
Bretagne,  ou  de  saint  Germain  l'Ecossais,  son  disciple,  martyrisé,  vers  490,  sur  les  bords 
de  la  Bresle. 

L'abbé  Décorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton- de  Blangy,  »  p.  84. 

AUBERMESNÏL-LES-ERÂBLES. 

Époque  gauloise.  —  Je  tiens  de  M.  l'abbé  Duvallet,  aujourd'hui  curé  de  Saint-Riquier- 
en-Rivière,  et  qui  a  longtemps  desservi  Aubermesnil,  qu'entre  les  hameaux  des  Buleux 
et  des  Erables,  il  existe  un  terrain  tout  couvert  de  hachettes  en  silex  à  l'état  de  rebut  ou 

70 


—  65/1  — 

OBJETS  y.y  TERRE   PR0VE>a:1T   de   la   UPULTIRE  gauloise    de  VARIMPIÏÉ  (ISO.V. 


OnAKD  VASEE\  TEKtlCnniSr,  DU  FOnHE  OM.AIBE.  VhSR  EK  TEKKE  UIIISG,  EN  FOIIME  Dt  CUtPB  OL' FATÈBE. 


En  FORME  DF.nOLOtl  ËCUELLB.         VASE  EN  TERRE  GRISE  ,  EnFOnVE  DECOUPE  OU  PATËRS. 


BOL  on  EGVBLLK  EN  TEHBB  CUITS.  IIOL  OU  ÉCUBLLE  EN  TFBI 


ONITS  DB  TERBE  ,   D 


PIERRE   ET    DE   F 


T  DE  l,A  SËPt'I.Tri>: 


E  DB  VAIIIHPBË  (['OMET  D 


J  tCL*£LI,B  En  TBRnS  C 


USEAUK  ot;  FoncEs  en  f 


COUTEAU  Kt  rSR,  a  MANCnS  creux,  INITAVIT  L«  MtUtLLB  D'UNB  I.AnCB. 


—  556  — 

de  formation.  Sa  conviction  est  qu'il  a  existé  ici  une  fabrique  d'instruments  de  pierre , 
comme  celle  des  Marettes  à  Londinières.  Il  m'a  assuré  avoir  recueilli  beaucoup  de  silex 
travaillés ,  qu'il  a  remis  à  M.  Parisy,  de  Foucarmont. 

M.  de  Girancourt,  conseiller  général  aux  Essarts-Varimpré ,  possède,  depuis  1862,  une 
hachdtte  en  silex  provenant  du  territoire  d'Aubermesnil. 

M.  Parisy  m'a  fait  voir  une  hachette  en  bronze,  recueillie,  en  1856,  au  hameau  des 
Erables.  Enfin ,  on  cite  à  Aubermesnil  la  découverte  d'une  monnaie  gauloise. 

Epoque  romaine.  —  M.  Parisy  a  également  collectionné  à  Aubermesnil  un  bronze  de 
Constantin,  un  autre  de  Julie  Mammée  et  un  troisième  de  Posthume  père.  On  nous  per- 
mettra d'attribuer  à  la  même  période  une  meule  à  broyer. en  poudingue,  recueillie  en 
cet  endroit.  —  Enfin ,  nous  savons  qu'en  démolissant  le  vieux  château ,  il  a  été  trouvé  de 
la  poterie  romaine. 

Époque  franque.  —  Nous  attribuons  à  la  période  franque  un  scramasaxe ,  un  vase  et 
des  ossements  trouvés,  en  1852,  par  MM.  Aventin  et  des  Buleux,  ainsi  qu'un  cercueil 
de  pierre  rencontré  et  conservé  par  M.  Delahaye. 

En  1857,  on  a  recueilH,  à  Aubermesnil,  un  denier  d'argent  de  Louis-le-Débonnaire. 
Cette  pièce  intéressante  est  conservée  par  M.  Parisy. 

Decorde,  «  Essai  Iiist.  et  arch.  sur  lo  c.  de  Blangy,  »  p.  17.    1       Parisy,  «  Journal  de  Rouen,  »  du  16  octobre  1858. 


RÉTONVAL. 

Époque  romaine.  —  En  1853,  on  a  trouvé  à  Rétonval,  au  Heu  dit  la  M are-des- Jardins, 
deux  grands  bronzes  de  Vespasien ,  que  possède  M.  Parisy,  de  Foucarmont. 

Dans  ce  village,  on  trouve  également  des  tuiles  et  autres  débris  romains. 

Époque  incertaine.  —  Une  tradition  locale  prétend  que  le  village  de  Rétonval  était 
autrefois  situé  aux  Câteliers,  où  l'on  découvre  souvent  des  puits  et  des  constructions.  On 
attribue  ce  changement  à  un  incendie. 

Les  vieillards  prétendent  également  que  l'église  a  été  transférée ,  et  qu'elle  était  autre- 
fois sur  la  côte ,  auprès  du  chemin  qui  conduit  à  Sainl^Leger-aux-Bois. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  208. 


SAINT-LEGER-AUX-BOIS. 

Époque  romaine.  —  On  rencontre  à  Saint-Léger  des  tuiles  romaines. 
Époque  incertaine.  —  On  assure  que  l'ancienne  église  était  au  Mesnil-Allard,  et  que 
la  cloche  y  est  restée  cachée  avec  de  l'argent. 


—  557  — 


RICHEMONT. 

Époque  gauloise.  —  Aux  Câteliei^s,  M.  Parisy  a  recueilli  une  hachette  en  silex. 

Époque  romaine.  —  Les  restes  romains  ne  manquent  point  à  Richemont.  On  y  trouve 
beaucoup  de  tuiles  à  rebords.  —  Dans  le  pays,  il  existe  une  tradition  de  ville  détruite. 

Époque  incertaine.  —  On  m'a  assuré  qu'aux  Câteliers  on  voyait  une  motte  avec  puits 
au  milieu.  Elle  a  disparu  vers  4  830. 

Dans  la  déclaration  du  comté  d'Eu,  de  1658,  on  voit  figurer  Richemont  comme  un 
<  village  où  il  y  a  des  ruines  et  où  il  ne  reste  plus  que  de  petits  buissons.  » 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Blangy,  »  p.  217. 

RÉALCAMP. 

Epoque  romaine.  —  Des  débris  romains  se  sont  fait  jour  sur  plusieurs  points  de  Réal- 
camp.  Dans  le  jardin  du  presbytère,  on  a  recueilli  un  bronze  de  Trajan.  Une  monnaie 
d'Adrien  s'est  montrée  au  Camp-atix-Malades,  au  milieu  des  tuiles  à  rebords.  On  trouve 
des  tuiles,  des  meules  à  broyer,  des  poteries  et  des  verroteries,  aux  Essartis,  au  Grand- 
Marché  et  au  Bout-de-la-Ville. 


MONCHY-LE-PREUX  (section  de  campneuseville). 

Ce  village  est  appelé  tantôt  Monchy,  tantôt  Mouchy.  Quant  à  son  affixe ,  anciennegient 
on  disait  le  Ferreux ,  aujourd'hui  on  dit  le  Pretix. 

Époque  romaine.  —  On  recueille  à  Monchy  des  fragments  de  tuiles  et  de  poteries 
romaines. 


Guilmeth,  «Desc.  géogr.,  hist.,  etc. ,  des  arr . ,»  t.  m,  p.  60. 
L'abbé  Decorde,  «Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Blangy,  »  p.  69. 


P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  historiques,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
picard,  »  t.  n,  p.  10. 


HODENG-AU-BOSC. 

Époque  franque.  —  En  734,  Teutsinde,  abbé  de  Fontanelle,  donne  au  comte Rathaire 
«  Hosdinium,  »  que  le  chroniqueur  place  en  Vimeu.  Nous  pensons  qu'il  s'agit  deHodeng, 
alors  dans  le  Talou. 

Époque  franque  {?).  —  Sur  le  Mont-aux-Prêtres ,  au  lieu  dit  le  Vieux-Cimetière,  on  a 
rencontré,  en  1852,  un  cercueil  de  pierre  renfermant  un  scramasaxe.  Depuis  ce  temps, 
on  y  a  encore  aperçu  d'autres  sépultures. 

«  La  Normandie  souterraine,  »  2»  édit.,  p.  44t.  |       «  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  7. 


—  558  — 

GUIMERVILLE  (section  de  hodeng-au-bosc). 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  m'a  signalé  à  Guimerville  la  présence  de  briques,  de 
tuiles  et  de  poteries  antiques.  M.  Parisy  y  ajoute  la  présence  d'ossements  et  de  tombeaux. 

PIERRECOURT. 
Époque  incertaine.  —  On  voit  à  Pierrecourt  une  motte  et  la  place  d'un  vieux  château. 

NESLE-NORMANDEUSE. 

Époque  gauloise.  —  M.  Parisy  possède  une  belle  hachette  en  silex ,  trouvée  à  Nesle 
en  1858.  Une  autre,  entièrement  pareille,  se  voit  au  Musée  d'Abbeville;  elle  provient 
également  du  même  endroit.  Il  paraît  qu'on  en  trouve  beaucoup  dans  ce  canton. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  m'assure  qu'on  trouve  à  Nesle  des  tuiles  à  rebords. 

Époque  incertaine.  —  Sur  des  coteaux  qui  dominent  la  vallée  de  la  Bresle ,  entre 
Nesle  et  Blangy,  on  remarque  une  enceinte  circulaire,  terrassée  et  fossoyée  comme  celle 
de  Brémont,  à  Vatierville,  et  celle  de  Cornemesnil,  à  Bouelles. 

On  signale  aussi  une  motte  au  Bois-durDétroit, 

BOURBELLE  (section  de  nesle-normandeuse). 

Époque  incertaine.  —  Il  existe  à  Bourbelle  tradition  d'une  ancienne  ville.  On  dit 
qu'elle  était  placée  autour  de  l'église  démolie ,  où  l'on  rencontre  beaucoup  de  débris. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  arcliéol.  sur  le  canton    i       Guilmeth,  «  Desc.  hist,  géogr.i  stat.  et  mon.  des 
de  Blangy,  »  p.  189-191.  1    arr.,  »  t.  m,  p.  58. 


CANTON    D'AUMALE. 


AUMALE. 

Période  normande.  —  D'après  les  monuments  écrits ,  Aumale  ne  fait  son  apparition 
dans  le  monde  que  sous  la  domination  des  Normands.  Jusqu'à  présent ,  aucun  monument 
important  n'est  venu  reculer,  pour  la  ville,  cette  origine  historique.  Toutefois,  nous  ne 


j 


—  559  — 

devons  pas  dissimuler  que  son  titre  de  doyenné  suppose  une  existence  et  même  une  impor- 
tance franque. 

Aumale  (Albamala  ou  Albamarla)  n'apparaît  dans  l'histoire  qu'avec  son  premier  comte, 
Guérinfroid,  qui,  de  996  à  l'an  1000,  fonda  le  château  et  l'abbaye.  Ces  deux  créations 
étaient  foncièrement  conformes  aux  habitudes  normandes. 

Une  charte  d'Adelize ,  sœur  de  Guillaume  le  Bâtard  et  épouse  d'Enguerrand,  comte 
d' Aumale  et  de  Ponthieu ,  délivrée  vers  l'an  1052,  confirme  par  les  détails  les  plus  précis 
la  fondation  de  l'abbaye  et  du  château  d' Aumale,  par  le  comte  Guérinfroid.  Nous  ne 
pouvons  nous  empêcher  de  citer  ce  texte  si  précieux  pour  nous  et  dont  nous  devons  la 
publication  première  à  la  Société  des  Antiquaires  de  Londres  :  o:  Juxtà  oppidum  Albamar- 
lense. . .  Guerinfrido ,  qui  condidit  castellum ,  quod  Albamarla  nuncupatur,  in  extremis 
partibus  Normanniae,  super  flumen  quod  Augus  dicitur,  in  eâ  parte  quae  dividit  Ambia- 
nensem  provinciam  à  terra  Normanniœ.  » 

L'abbaye,  connue  sous  le  nom  d'Auchy,  a  duré  jusqu'à  la  révolution;  mais  le  château 
est  démoli  depuis  le  xvi^  siècle.  On  n'en  connaît  que  la  place,  aujourd'hui  nommée  la 
Motte ^  la  Garenne  et  Bailly,  tous  noms  très  significatifs.  La  tradition  affirme  qu'un  sou- 
terrain conduisait  jusqu'à  la  ferme  de  Bretagne ,  où  Henri-le-Grand  pansa  sa  blessure  de 
hi  journée  ou  plutôt  de  \ erreur  d' Aumale, 

Pour  nous ,  l'Aumale  des  Romains  et  des  Francs  est  aux  environs  de  la  ville ,  et  nous 
croyons  bien  faire  de  lui  rattacher  deux  points  aujourd'hui  détachés  du  canton ,  mais  qui , 
autrefois ,  firent  partie  du  doyenné  comme  du  comté. 

DIJEON,   PRÉS   AUMALE   (1). 

Époque  gauloise.  —  M.  Fernel  raconte  que  dans  la  plaine  de  Dijeon ,  qui  fait  face  à 
la  commune  de  Fourcigny,  le  long  du  chemin  qui  s'embranche  à  la  route  d'Amiens  à 
Grandvilliers ,  on  remarque  quatre  pierres  qu'il  croit  druidiques.  Deux  ont  7  pieds  de 
long;  les  deux  autres,  5  seulement. 

Époque  romaine.  —  La  plaine  de  Dijeon  présente  à  l'observateur  une  masse  de  débris 
romains.  Il  est  évident  qu'une  station  antique  a  existé  dans  ce  lieu.  Il  y  a  trente  ans  déjà 
que  M.  Fernel  s'est  fait  le  rapporteur  de  découvertes  qui  n'ont  pas  cessé  depuis  cette 
époque.  Dès  1833,  il  exposait  qu'au-delà  des  herbages  et  de  la  vallée  de  Quincampoix  on 
remarque  quarante  acres  de  terre  remplies  de  débris.  Une  portion  s'appelle  le  Câlelet,  et 
l'autre  la  Remise. 

AuCâtelet,  on  a  trouvé,  en  1833,  des  tuiles,  des  poteries  et  des  briques  de  toute 
;espèce;  plusieurs  ont  été  déposées  à  la  Bibliothèque  de  Neufchâtel.  A  la  Remise,  on  ren- 

(t)  Commune  de  Morvilliers-Saint-Saturnin,  canton  de  Poix,  arrondissement  d'Amiens  (Somme). 


—  .-.60  — 

contre  des  débris  pareils,  mais  en  plus  grande  quantité.  La  terre  est  tellement  semée  de 
médailles,  qu'on  l'appelle  la  Icrre  à  l'argent.  Parmi  les  médailles  qu'on  y  recueille,  il  y 
en  a  en  or,  en  argent  et  en  bronze. 

En  1832,  on  détruisit  une  construclion  circulaire  de  50  pieds  de  diamètre.  Elle 
contenait  des  poteries  romaines.  On  appelle  Romescamp  le  champ  qui  renferme  cette  tour 
antique.  —  Depuis  la  visite  de  M.  Femel,  on  a  encore  recueilli,  près  du  Câtelet  de 
Dijeon ,  ia  statuette  en  bronze  d'un  soldat  romain  armé  de  la  haste.  Le  Musée  de  Neuf- 
chàlel  possède  beaucoup  d'objets  venant  de  Dijeon,  l'Aumale  gallo-romain.  EnGn,les 
antiquaires  de  l'Oise ,  M.  Graves  en  tôte ,  tracent,  à  travers  la  plaine  de  Dijeon  et  dans  ta 
■direction  d'Aumale ,  une  voie  antique  conduisant  do  Beauvais  à  Augiista  (Eu). 

M.  René  de  Belloval,  de  Bois-Robin,  possède  beaucoup  d'objets  antiques  recueillis  à 
Dijeon. 

Le  Musée  de  Neufchàtel  montre  un  vase  romain  en  terre  rouge ,  trouvé  au  lieu  dit  le 
Catenoy,  près  Aumale. 

FLEUZY,  PRÈS  AUMALE  (1). 

Époque  frasque.  —  En  1839,  M.  Ancelin,  maître  de  poste  à  Aumale,  trouva,  dans 
un  labour  situé  à  Fleuzy,  sur  le  penchant  d'une  colline,  sept  ou  huit  squelettes  accom- 
pagnés d'objets  en  fer  et  en  bronze;  parmi  eux  se  rencontra  un  cercueil  en  pierre  contenant 
deux  squelettes  accompagnés  d'objets  dont  plusieurs  furent  perdus.  Il  ne  conserva  qu'un 
vase  en  terre  noire  et  une  belle  agrafe  de  ceinturon  en  cuivre  ciselé,  qui  me  furent  remis 
en  1859.  —  Je  donne  ici  le  dessin  de  ces 
deux  pièces.  —  Au 
même  année,  je  pn 
telicudela  décou- 
verte, et  j'y  cons- 
tatail'existencede 
fosses    de    craie 
renfermant     des 
corps.    J'ai     pu 
m'assurer,  par  la 
présence  de  six  à 
huit  corps,  qu'il  , 


VA3EDBTRRnE[FI.ElZY.  1839).     —       ACBAFB  CK  B^OHZE  CISELÉ  (PLEMT,  1839), 

y  avait  eu  la  un 
cimetière  mérovingien. 

(1)  Commune  de  Qoincampoii,  canlon  da  Formcrie  (Oise). 


—  561  — 


BIBLIOGRAPHIE 


Had.  Vales  ,  «  Notitia  Galliarum,  »  p,  9. 

Duplessis,  1  Descript.  géog.  et  hist.  de  la  Haute- 
Norm.,  »  t.  1",  p.  57-65. 

Fernel,  «  Notice  sur  des  antiq.  découv.  en  1832  et  1833 
dans  Tarrond.  de  Neufchà tel,  »  dans  les  •  Mém.  de  la  Soc. 
des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  173,  177-78. 

Guilmelh,  a  Desc.  géogr.,  etc.,  desarr.,  »  t.  m,  p.  69- 
94. 

Pape ,  a  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton 
d'Aumaie,  »  p.  5-33,  157-164. 


Graves,  «  Notice  archéol.  sur  le  département  de  l'Oise,  »» 
2'édit,  p.  211-213. 

Semichon,  «  Histoire  de  la  ville  d'Aumaie,  t.  i«', 
p.  1-48,290-318,  391. 

Id.,  «  Quelques  Pagi  picards  et  normands,  »  in-8''  de 
38  p.  et  carte. 

Id.,aRevuearchéol.,»  nouv.  sér.,t.v,p.62-67, 187-207. 

L'abbé  Cochet,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Anliq.  de  Norm.,» 
t.  XXIV,  p.  360-61 . 

John  Gage,  «  Archaeologia,  »  vol.  xxvi,  p.  349-360. 


SAINTE-MARGUERITE-D'AUCHY  ou  LÉS-AUMALE. 

Époque  franque.  —  Dans  le  bois  de  Boitel ,  on  voit  une  ruine  de  château  à  laquelle  le 
peuple  donne  le  nom  de  château  Hubauld.  On  rattache  ce  débris  à  l'existence  du  gallo- 
romain  Hubault  qui,  en  490,  martyrisa,  sur  les  bords  de  la  Bresle,  saint  Germain  l'Ecos- 
sais ou  de  la  Roue. 

M.  Semichon ,  dans  son  Histoire  de  la  ville  d'Aumaie,  t.  i^r^  p.  239,  dit  que  «  dans 
le  bois  de  Boitel,  au  triége  appelé  Dieu-le-Père ,  il  existe  sur  un  plateau,  au-dessus  et 
à  l'ouest  de  la  Bresle,  un  parallélogramme  formant  une  éminence  qui  occupe  une  sur- 
face de  75  à  80  ares  entourées  de  fossés  :  ces  fossés  peuvent  avoir  de  14  à  16  mètres 
de  large.  On  dit  que  cette  éminence  était  l'emplacement  d'un  château  appelé  château 
Hubaut.  » 

Le  hameau  de  Morienne,  qui  dépend  de  Sainte-Marguerite,  existait  dès  l'époque 
franque,  car  ilest  cité  dans  un  acte  de  ce  temps  comme  appartenant  au  pays  de  Talou: 
€  Morinnam ,  in  pago  Talano.  » 

Période  normande. — Le  lieu  dont  nous  nous  occupons  s'appelait  alors  Auchy  (Alceium 
ou  Alciacum).  Vers  l'an  1000,  Guérinfroid,  comte  d'Aumaie,  y  fonda  une  collégiale  de 
chanoines  réguliers  qui,  vers  1096,  fut  transformée  en  prieuré,  et  élevée  à  la  dignité 
d'abbaye  en  1130. 

Dans  une  charte  d'Adelize,  déUvrée  vers  1052,  on  lit:  «  In  villa,  quae  dicitur  Alcis, 

juxta  oppidum  Albamarlense ,  fundata  est  ecclesia  temporibus  JRichardi  principis  quarti 

Normannorum.  » 

bibliographie. 


«  ArchsBologia , »  t.  xxvi,  p.  39.  —  Semichon,  t.  i", 
p.  391. 

Duplessis,  Cl  Desc.  géogr.  et  hist.  dç  la  Haute-Nonn.,  » 
t.  I",  p.  57-65. 

Mabillon,  «  Annales  ord.  8.  Benedicti,  »  t.  vi,  p.  192. 

«  Neustria  pia,  »  p.  731-737. 


«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  274-78. 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon. desarr.,  >» 
t  m,  p.  69-94. 

A.  Le  Prévost,  «M. de  la  8.  des  A.  de  Norm.,»  t.  xi,  p.  9. 

Pape,  «  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton 
d'Aumaie ,  »  p.  172,  157-164. 

71 


562  — 


LE  VIEUX-ROUEN. 


Époque  romaine  (?).  —  Je  tiens  de  M.  Parisy  qu'en  établissant,  il  y  a  quelques  années, 
la  route  de  Foucarmont  à  Liomer  (Somme),  on  a  trouvé,  dans  la  traverse  du  Vieux-Rouen, 
des  sépultures ,  des  tuiles  à  rebords ,  des  poteries  et  des  médailles  romaines. 

Vers  1846,  en  élargissant  un  chemin,  près  de  l'ancienne  maladrerie  de  Çanivet,  on  a 
trouvé  des  vases,  dont  un  nous  a  été  remis  :  il  a  la  physionomie  romaine. 

Une  tradition  locale  affirme  que  l'église  du  Vieux-Rouen  remplace  un  temple  de  Jupiter. 

On  est  tenté  d'attribuer  à  cet  édifice  romain  de  vieux  murs  qui  se  voient  autour  de  cette 
éghse,  laquelle  remonte  au  moins  au  xiie  siècle. 

Époque  franque.  —  Le  Vieux-Rouen  portait  déjà  cé'nom  il  y  a  neuf  cents  ans.  Car 
dans  une  vie  de  saint  Germain,  évêque  régionnaire  communément  surnommé  l'Ecossais 
ou  De  la  Roue ,  vie  écrite  au  x^  siècle  et  publiée  par  les  BoUandistes ,  ce  lieu  est  appelé 
M  Vêtus  Rothomagus.  >  A  cette  époque ,  il  possédai  un  château  muni  de  tours, 
connu  depuis  longtemps  sous  le  nom  de  Hubauld,  seigneur  païen  qui,  au  v^  siècle  selon  les 
uns,  ou  au  vue  suivant  les  autres,  avait  mis  à  mort  l'apôtre  des  rives  de  la  Bresle. 
€  Turris  maenibus  quae  hodieque  mansio  Hubaldi  tyranni  dicitur  ubi  tune  temporis 
manebat  Hubaldus  idololatriœ  cultor  prœcipuus.  j> 

On  montre  encore  aujourd'hui,  dans  le  bois  de  Brétizely  les  ruines  d'une  forteresse  que 
les  gens  du  pays  appellent  le  château  Hubauld. 

Puisque  nous  avons  nommé  le  tyran  Hubauld  et  sa  victime  saint  Germain  l'Ecossais , 
qu'on  nous  permette  une  excursion  au  tombeau  du  saint  martyr.  Nous  ne  sortirons 
pas  de  la  vallée  de  la  Bresle ,  quoique  nous  entrions  pour  un  instant  dans  le  département 
de  la  Somme. 

Le  tombeau  du  disciple  de  saint  Germain  d'Auxerre  est  à  Saint-Germain-sur-Bresle , 
auquel  il  a  donné  son  nom.  Conservé  dans  le  sanctuaire  même  de  l'église,  dont  il  est  pour 
ainsi  dire  l'autel ,  il  m'a  paru  un  monument  du  xiiie  siècle.  On  y  remarque  un  trou  cir- 
culaire afin  d'y  passer  la  tête,  suivant  une  coutume  fort  ancienne  qui  se  trouvait  à  Graville 
au  tombeau  de  sainte  Honorine. 

Les  fidèles  de  l'époque  franque  voulurent  reposer  autour 
des  restes  vénérés  du  saint,  car  le  cimetière,  qui  entoure 
l'église ,  est  rempli  de  cercueils  de  pierre  et  de  fosses  de  craie 
qui  rendent  des  vases  semblables  à  ceux  d'Etretal,  de  Martin- 
ÉgHse,  de  Londinières,  d'Envermeu,  de  Saint-Pierre- 
d'Epinay,  etc.  Quatre  de  ces  vases  mérovingiens  m'ont  été, 
remis,  en  1859,  par  M.  l'abbé  Malais,  qui,  cette  année-là 
même ,  les  avait  recueillis  sur  place. 


VASE  «OIR  (1857). 


—  563  — 

Période  mormande.  —  C'est  au  Vieux-Rouen,  et  avec  raison ,  selon  nous,  que  plusieurs 
(MM.  Valois,  Estancelin,  Pape  et  P.  de  la  Mairie,)  placent  le  château  de  Mateputenam, 
construit  eu  1119  par  Henri  Beauclerc,  contre  Etienne,  comte d'Aumale,  et  Havoise,  son 
épouse.  Quelques-uns  le  mettent  à  Matebrune  sur  la  Feuillie.  (Voir  La  Feuillie ,  canton 
d'Argueil.)  Mais  le  texte  d'Orderic  Vital  nous  semble  précis  :  •  In  Stephanum ,  comilem  de 
Albamarla,  qui  solus  adhuc  resistebat,  exercitum  rex  aggregavit  et  in  loco,  qui  Vêtus  Roto- 
magus  dicitur,  castrum  condere  caepit  quod  Mate  Putenam  pro  despectu  Hadvisiae,  comi- 
tissae ,  nuncupavit.  »  —  Le  château  actuel  du  Vieux-Rouen  est  une  construction  des  xvi^ 
et  xviie  siècles.  Cependant  il  y  existe  encore  la  tradition  qu'une  comtesse  d'Aumale  y  fut 
autrefois  enfermée  ;  pour  nous,  nous  sommes  tenté  de  voir  les  restes  du  château  de  Mate- 
putenam  dans  les  ruines  de  la  forteresse  polygone  qui  se  voit  au  hameau  de  Brétizel.  Cette 
grande  tour  est,  en  effet,  du  xiie  siècle. 


BoU.,  «  Acta  Sanctor,  »  Mens.  Maii,  1. 1«',  p.  268-69. 
Orderic  Vital,  «  Hist.  ecclesiast.,  »  lib.  xii,  t.  iv,  p.  395, 
édit.  Le  Prévost.  • 
Had.  Vales.,  «  Notitia  Galliarum,  »  p.  322. 
L.  Estancelin,  a  Histoire  des  Comtes  d'Eu,  «  p.  39. 


E.  Semichon,  «  Hist.  de  la  ville  d'Aumale,  1. 1",  p.  239. 
Pape,  «  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton 
d'Aumale,  »  p.  172-175. 
L'abbé  Malais,  «  Calendrier  normand,  »  p.  31. 
Id.,  o  Journal  de  Neufchâtel,  »  du  2  mars  1858, 


AUBÉGUIMONT. 

Époque  romaine.» —  A  la  Mare-Close,  on  trouve  à  chaque  instant  des  tuiles  à 
rebords. 

Pape,  «  Notices  historiques  et  biographiques  sur  la  ville  et  le  canton  d'Aumale,  »  p.  89. 

MARQUES. 

Époque  eranque.  t-  En  734,  Teutsinde,  abbé  de  Fontenelle,  donna  au  comte  Rathaire 
un  domaine  nommé  «  Malcham ,  »  que  l'on  suppose  être  Marques.  Le  chroniqueur  méro- 
vingien place  la  localité  dans  le  Vimeu.  Il  est  probable  qu'il  s'agit  du  Talou. 

A,  Le  Prévost,  «M.  de  la  S.  des  A.  de  Norm.,»  t.  xi,  p.  7.    |       «  Chronicon  Fontanellœ,  »  c,  x. 


ILLOIS. 

Époque  incertaine.  —  Cette  commune  est  traversée  par  le  fameux  retrmchement 
connu  au  moyen-âge  sous  le  nom  de  fossé  du  Roy^  et  appelé,  dans  un  acte  féodal  de 
1314,  fossata  Régis.  Ce  retranchement,  long  de  12  kilomètres,  a  8  mètres  d'épaisseur  à  la 
base,  et  3  ou  4  au  sommet. 

Époque  romaine.  —  On  a  recueilli  sur  lUois,  et  dans  les  environs  du  fossé  du  Roy, 
des  briques,  des  tuiles  à  rebords  et  deux  meules  en  poudingue,  conservées  chez  le  maire 


—  564  — 

du  lieu.  M.  Mathon  a  su  qu'à  66  centimètres  du  sol  on  avait  trouvé ,  il  y  a  cpielques  années, 
douze  vases  romains  en  terre  fine  qui  ont  été  brisés. 

«Mém.  de  la  Soc.  des  Anliq.  de  Nonn.,»  t.  xxiv,p.  361.    |       Guilmeth,«De8c.géogr.,hist.,etc.,de8arr.,»t.iii,p.%. 

MESNIL-DAVID  (section  d'illois). 

Époque  romaine  (?).  —  Entre  le  Mesnil-David  et  Neuville-Gouvion ,  on  a  trouvé  deux 
meules  à  broyer  en  poudingue. 

RONCHOIS. 

Époque  incertaine.  ~  On  cite  au  Ronchois  de  grands  et  longs  fossés  que  je  suppose 
être  un  démembrement  du  fossé  du  Roy.     ' 

LES  VENTES-MÉSANGÈRES  (section  de  caule). 
Époque  romaine.  —  On  signale  des  tuiles  à  rebords  dans  ce  village  du  canton  de  Blangy. 

SAINT-MARTIN-AU-BOSC. 

Epoque  franque.  —  En  1864,  en  creusant  des  fosses  devant  Téglise  de  Saint-Martin- 
au-Bosc,  on  a  trouvé,  au  bord  du  chemin,  là  où  furent  autrefois  Me  vieux  ormes,  deux 
cercueils  en  pierre  de  Vergelé  :  ils  étaient  placés  côte  à  côte;  mais  il  avaient  été  vidés  et  ne 
contenaient  plus  rien. 

CONTEVILLE. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  qui  allait  de  Dieppe  à  Beauvais  passait  par  Con* 
teville ,  où  l'on  a  trouvé  à  plusieurs  reprises  des  tuiles  romaines. 

Époque  incertaine.  —  Aux  limites  sud-est  de  Conteville ,  dans  la  direction  de  Gaille- 
fontaine  et  de  Criquiers ,  il  exista  une  motte  aujourd'hui  détruite. 

«  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Nor-    1       Pape,  «  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton 
mandie,  »  t.  xxiv,  p.  356.  |    d'Aumale,  »  p.  102. 

NEUVILLE-GOUVION  (section  de  conteville). 

Époque  incertaine.  —  C'est  sur  ce  village  que  commence  le  célèbre  terrassement 
connu  dans  le  pays  sous  le  nom  de  fossé  du  Roy,  fossata  Régis.  Ce  fossé,  long  de  12  kilo- 
mètres, traverse  Ronchois,  Illois,  le  Mesnil-David  et  Sainte-Beuve  pour  finir  à  Rétonval. 

Ce  retranchement  prend  naissance  à  une  motte  très  élevée  dont  le  diamètre,  au  sommet, 
n'a  pas  moins  de  30  mètres.  On  y  remarque  l'ouverture  d'un  puits  très  bien  conservé.  Cette 
motte  porte  le  nom  de  Câtel  ou  de  Château. 


—  565  — 

En  1861 ,  M.  de  Hardentun  fouilla  cette  butte  antique,  et  y  découvrit  des  ferrements 
oxydés  et  des  tuiles  à  rebords. 

Pape,  «Notices  historiques  et  biographiques  sur  la  ville  et  le  canton  d'Aumale,  »  p.  101. 

CRIQUIERS. 

Époque  romaine.  —  La  voie  romaine  allant  de  Dieppe  à  Beauvais  passait  par  Criquiers 
et  Le  Pierrement ,  hameau  de  cette  même  commune. 

M.  Mathon  pense  qu'une  voie  antique ,  se  dirigeant  de  Rouen  vers  Amiens ,  traversait 
également  ce  village.  Ce  qui  est  certain ,  c*est  que  la  rue  principale  de  Criquiers  porte , 
dans  le  pays,  le  nom  de  chaussée  Brunehaut.  On  raconte,  à  son  sujet,  une  légende  diabo- 
lique qui  doit  remonter  à  une  bien  haute  antiquité. 

A  la  section  des  Authieux ,  on  trouve  des  débris  romains.  —  Au  hameau  du  Bos-des- 
Puits  (Boscum  Puteorum),  possédé  jadis  par  Tabbaye  de  Beaubec,  on  rencontre  beaucoup 
de  débris.  La  tradition  locale  prétend  qu'il  a  existé  là  une  ville  détruite  par  les  guerres 
de  France  et  d'Angleterre. 

Époque  incertaine.  —  Il  existait  autrefois  un  grand  fossé  entre  Criquiers  et  Formerie. 
On  le  nommait  le  fossé  Cas  tresse,  et  les  anciens  titres  l'appelaient  fossa  Castrensis. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xxnr,  p.  356. 
Pape,  «  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton 
d*Aumale,«>p.  102, 113-114. 


P.  de  la  Maire ,  «  Recherches  historiques ,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
picard,  »  1. 1*',  p.  188. 


HAUDRICOURT. 

Époque  franque  (?).  —  Depuis  1840  ou  environ,  on  trouve,  à  Haudricourt,  une  éérie 
de  cercueils  en  pierre  ou  en  plâtre.  Ils  sont  situés  sur  le  penchant  d'une  colline ,  dans  un 
lieu  nommé  le  Camp-Varnier.  —  Haudricourt  existait  dès  Tépoque  franque,  et  paraît 
avoir  porté  le  nom  de  «  Straticurtem.  > 

Pape,  «  Notices  hist.  et  biogr.  sur  la  ville  et  le  canton    1       A.  Le  Prévost,  «Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,» 
d'Aumale,»  p.  129.  I    t.  xi,  p.  9. 

VILLERS-SUR-AUMALE  (section  d'haudricourt). 

Époque  franque.  —  Dès  cette  période ,  le  hameau  portait  le  nom  de  «  Villare.  » 
Sur  la  route  de  Gaillefontaine,  dans  un  champ  possédé  et  cultivé  par  M.  Barte,  on  a 
trouvé  trois  ou  quatre  cercueils  comme  celui  de  Fleuzy. 

A.  Le  Prévost,  «  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  Normandie,  t  t.  xi,  p.  10. 


—  566  — 


CANTON    DE    FORGES-I .ES-EAUX. 


FORGES-LES-EAUX. 

Le  sol  de  Forges-les-Eaux  est  couvert  de  débris  antiques.  Il  n'a  point  encore  été  exploré 
par  la  science;  mais  il  a  montré,  à  diverses  reprises,  des  vestiges  qui  sont  restés  inscrits 
dans  la  mémoire  des  contemporains. 

Époque  incertaine,  présumée  gauloise.  —  Al  kilomètre  du  bourg,  au  sein  même 
de  la  forêt  de  Bray,  au  triage  des  Minières ,  on  remarque  une  grande  enceinte  fossoyée 
d'environ  700  mètres  de  longueur.  Le  creux  des  fossés  a  bien  4  mètres  de  profondeur,  sur 
une  très  grande  largeur.  La  coupe  et  le  retranchement  marquent  surtout  d'un  côté  ;  d'autre 
part,  l'enceinte  était  protégée  par  des  marais. 

Époque  romaine.  —  Les  tuiles  à  rebords  et  les  poteries  antiques  parsèment  de  tous 
côtés  le  territoire  de  Forges.  Tous  ceux  qui  ont  écrit  sur  Forges  s'accordent  sur  ce  point 
Il  est  probable  que  les  ferrières  de  ce  pays ,  comme  ses  eaux  minérales ,  étaient  connues 
et  exploitées  par  les  Romains. 

Quant  aux  mines  et  aux  fourneaux  antiques ,  le  nom  du  lieu  en  témoigne  suffisamment. 
On  connaît  à  Forges  des  points  nommés  les  Minières ^  les  Ferrières,  les  Forgettes,  le 
Bout'd' Enfer,  etc.  Le  terrain  est  recouvert  d'une  croûte  de  scories  de  fer,  et  des  monceaux 
de  minerai  existent  encore  sur  divers  points.  Ce  qui  prouve  l'origine  ancienne  de  ces 
dépôts ,  c'est  que  des  tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  romaines  sont  mêlées  à  ces  couches 
de  laitier. 

Derrière  la  place  de  l'ancienne  église  est  une  petite  montagne  de  scories  de  fer 
mélangées  de  tuiles  antiques. 

Parmi  les  monnaies  recueillies  à  Forges^  on  cite  notamment  des  Auguste,  des  Néron, 
des  Trajan ,  des  Antonins ,  des  Domitien ,  des  Lucile ,  des  Gordien ,  des  Tétricus  et  des 
Constance. 

On  reconnaît  la  place  d'anciens  fourneaux ,  et  l'on  a  recueilli  des  tuyaux  en  terre  cuite 
et  en  pâte  vitrifiée. 

M.  de  la  Mairie  assure  que  la  voie  romaine  qui  allait  de  Rouen  à  Amiens  traversait 
Forges,  passant  ensuite  par  Le  Pierrement  et  Criquiers.  M.  l'abbé  Decorde  cite  à  Forges 
une  me  des  Fées ,  sur  le  compte  de  laquelle  le  public  raconte  de  curieuses  histoires. 

Mais  le  point  le  plus  romain  de  Forges ,  c'est  la  butte  du  Donjon ,  placée  dans  le  bois 
de  ce  nom.  Cette  butte  est  située  en  face  des  eaux  minérales  et  à  peu  de  distance  de  la 


—  567  — 

route  impériale  no  15,  qui  va  de  Paris  à  Dieppe.  Elle  est  parfaitement  ronde  et  compte 
60  pieds  de  diamètre;  le  terrassement  a  10  pieds  d'épaisseur  et  le  fossé  18  de  large.  Sa 
profondeur  actuelle  n'est  que  de  7  pieds ,  mais  il  a  été  comblé. 

Vers  1832,  M.  Fernel,  avocat  à  Neufchâtel ,  à  sondé  le  Donjon  et  les  terrains  environ- 
nants. Partout  il  a  trouvé  des  tuiles  à  rebords  en  quantité  ;  plusieurs  d'entre  elles  sont  au 
Musée  de  Neufchâtel.  M.  Fernel  assure  que  des  habitations  antiques  s'étaient  groupées 
autour  de  cet  établissement,  surtout  du  côté  de  Y  avenue  des  Capucins.  En  1865,  nous 
avons  encore  vu  des  tuiles  et  des  poteries  romaines  au  Donjo7i^  situé  en  face  de  l'établisse- 
ment thermal. 

Enfirf,  on  trouve  des  tuiles  et  des  briques  romaines  jusqu'au  sein  de  la  forêt,  au  lieu 
dit  le  Fayel.  Elles  s'y  sont  fait  jour  dans  diverses  circonstances. 

BIBLIOGRAPHIE. 


Fernel,  «  Notice  sur  des  anliq.  découv.  en  1832  ef  1833 
dans  l'arrond.  do  Neufchâtel,  »  dans  les  «  Mém.  de  la 
Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,  »  t.  xi,  p.  175-76. 

Guilmeth,«Desc.  géogr.,  hist,  stat.  et  mon.  desarr.,» 
t.  iu,  p.  99-101. 

r  Journal  de  Neufchâtel,  »  du  27  septembre  1859. 


L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Forges,  »  p.  83, 84,  85, 122-27. 

P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  historiques,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
picard,»  1. 1",  p.  89-90. 

«  Bulletin  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm.,»  1. 1",  p.  50. 


RONCHEROLLES-EN-BRAY. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  monnaie  gauloise  en  or,  trouvée  à 
Roncherolles  en  1842.  Bombée  et  fruste  d'un  côté,  elle  présente  un  cheval  au  côté  concave. 

Époque  romaine.  —  Le  nom  de  ce  village  est  d'un  favorable  augure  pour  les  ruines 
antiques ,  car,  à  nos  yeux,  il  viendrait  des  ronces  et  des  halliers  cpii  recouvrent  toujours  les 
restes  romains.  Aussi ,  M.  de  la  Mairie  assure  que  les  bruyères  de  Roncherolles  sont  semées 
de  briques,  de  tuiles,  de  poteries  et  de  monnaies  du  peuple-roi.  MM.  Decorde  et  Guilmeth 
rendent im  témoignage  favorable  à  cette  assertion,  et  ils  indiquent  le  voisinage  du  hameau 
de  Liffremont  comme  le  quartier  le  plus  riche  en  découvertes. 

M.  l'abbé  Delamare ,  le  récent  historien  de  Roncherolles ,  le  confirme  quand  il  dit 
que  les  habitants  du  pays  vont  juqu'à  prétendre  qu'à  Liffremont  était  autrefois  le  Vieux- 

Eouen. 

•  Dans  la  plaine  de  Liffremont,  ajoute-t-il,  la  charrue  met  à  découvert  tant  de  tuiles 
et  de  briques  romaines  que  le  sol,  après  son  passage,  prend  une  teinte  rougeâtre,  et  que 
le  cultivateur  est  obligé  de  les  faire  ramasser  en  monceaux;  ces  larges  fondations  des 
antiques  édifices  se  font  reconnaître  en  donnant  une  maturité  précoce  aux  blés  qu'elles 
supportent. 

€  C'est  dans  cette  plaine .  que  M.  Marcadé  a  fait  la  découverte  d'un  ancien  piédestal. 


^  —  568  — 

Ce  piédestal,  de  1  mètre  environ  d'élévation,  est  de  forme  carrée  ;  appuyé  contre  un  mur, 
il  ne  présentait  que  trois  faces ,  décorées  de 
cariatides  nues  pour  en  supporter  la  corniche  ; 
la  perfection  des  fonnes  de  ces  cariatides  dé- 
note peut-être  l'habileté  d'un  ciseau  antique, 
et  une  chasse  au  lièvre  sculptée  sur  sa  base 
nous  fait  penser  qu'il  était  destiné  à  sup- 
porter une  statue  de  Diane. 

•  Enfoui  à  40  centimètres  de  profondeur,  . 
il  présentait  à  la  charrue  sa  face  murale ,  qui 
a  été,  à  la  lettre,  sillonnée  pendant  le  cours 
de  plusieurs  siècles.  Il  est  allé  meubler  le 
nouveau-Rouen,  et  il  se  trouve  en  la  posses-  ■ 
sion  de  la  famille  Desrocques,  aujourd'hui 
propriétaire  de  la  terre  de  Liffremont  (1). 

t  C'est  dans  cette  plaine  qu'un  autre  culti- 
vateur a  trouvé  diverses  médailles  d'or,  d'ar- 
gent et  de  billon ,  à  l'effigie  des  empereurs.  » 

M.  l'abbé  Delamare  cite  une  monnaie  de 
bronze  d'Adrien  et  des  deniers  d'arçent  de 
Néron, deNerva-Trajan,  d'Adrien, de  Sabine, 
d'Antonin ,  de  Faustine  et  de  Domitien. 

Époque  INCERTAINE. — M.  Guilmeth  signale 
à  Roncherolles  les  traces  d'un  camp  antique, 
de  forme  carrée,  et  il  révèle  l'existence  d'une 
butte  nommée  la  Motte-au-Leu.  Enfin,  nous- 
même,  sur  la  foi  de  M.  l'abbé  Decorde ,  nous  avons  indiqué  une  voie  antique  dans  la  direc- 
tion de  Liffremont. 

M.  l'abbé  Delamare,  après  avoir  cité,  d'après  M.  Guilmeth,  l'enceinte  de  la  Motte-aa-Leu, 
signale  encore  à  Liffremont  «  un  vaste  carré  où  l'on  remarque  les  énormes  pierres 


FIBftlIS  ANTIQUE  aCULPTÊB  A  HAUT  BEUEP  SDH  Tl 
COTÉS  ,  THOIIVÊE  A  LIFFREMONT  VEIIS  ISU 
PKâXUMÉB   UN   AUTEL  PAiEM. 


(1)  Depuis  que  cet  article  est  composé  ,  et  au  moment  oii  il  allait  être  iiiis  sous  presse,  nous  avons  pu  visiter  à 
Roueii,chezM.DosroqueS|ruBdeLenùire,  18,  le  morceau  de  sculpture  dont  parle  M.  l'abbé  Delamare.  Ce  n'est  pasle 
socIh  d'une  statue,  mais  c'est  bien  évidemment  un  autel  antique  renversé  aui  temps  cbrétiens  par  quelque  apitra 
de  la  religion  nouvelle,  a  Subvertit  altaria  pcregrini  cultùs.  ■>  Ia  pierre  a  1  mètre  4  de  haut  sur  40  centimèlros  da 
long,  dans  sa  partie  la  plus  large.  Trois  personnages  sont  sculptés  sur  trois  côtés.  Sur  la  fkce  principale  est  une 
femme  nue, 'Vénus  se  contemplant  dans  un  miroir;  à  ses  pieds  se  tient  son  enftint.  Sur  un  cûté  est  un  homme  nu, 
Hercule  ou  Mercure  ;  sur  l'autre  flanc  un  personnage  trop  elTacé  ;  à  la  base  sont  des  lièvres  qni  courent.  — 
Quoique  le  haut  de  l'autet  ait  été  bien  mutilé  ,jl  reste  cependant  encore  trace  du  creux  pratiqué  pour  tes  libationi 
des  idolâtres.  —  Cette  pi^ce  est  unique  dans  la  Seine-Inrérieure  et  peut-être  en  Normandie.  Aussi  nous  avons  fait 
notre  possible  pour  en  donner  ci-dessus  une  esquisse  d'après  un  dessin  imparlait  de  H.  Breviôre. 


—  569  — 

qui  en  formaient  les  assises  et  non  loin  de  là  se  trouve  l'entrée ,  impraticable  aujourd'hui, 
d'immenses  souterrains.  y> 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  Antiq.  de  Norm. ,  »  t.  xxiv,  p.  361 . 

Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  hist.,  stat.  et  mon.  des  arr.,«» 
t. m,  p.  121-12i. 

P.  de  la  Mairie,  «  Recherches  historiques ,  archéolo- 
giques et  biographiques  sur  le  Bray  normand  et  le  Bray 
picard,  »  1. 1",  p.  146 


L*abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Forges,  »  p.  228. 

L'abbé  Delamare,  •  Hist.  de  la  paroisse  et  de  la  com- 
mune de  RoncheroUes  en-Bray,»p.  322-24, 340-41;  in-8». 
Rouen,  Cagniard,  1865. 


MAUQUENCHY. 

« 

Époque  romaine.  —  C'est  au  hameau  de  Liffreraont,  situé  entre  Mauquenchy  et 
RoncheroUes ,  que  se  font  les  plus  grandes  découvertes.  Elles  y  sont  si  fréquentes  et 
si  importantes,  que  les  habitants  du  pays  disent  qu'il  y  eut  là  une  ville,  à  laquelle  ils 
donnent  le  nom  de  Rotien.  Dans  ce  quartier,  la  charrue  heurte  souvent  contre  des 
murailles,  et,  tout  récemment,  M.  Gambier  a  démoli  un  mur  très  épais  en  silex  et  en 
briques  romaines. 

On  cite  une  monnaie  romaine  en  or,  trouvée  il  y  a  quelques  années.  En  1850,  on  y  a 
recueilli  une  monnaie  consulaire  en  argent;  elle  était  de  Sextus  Pompée  et  a  été  acquise 
pour  le  Musée  de  Neufchàtel.  Du  reste,  le  terrain  sur  lequel  se  font  les  découvertes* an- 
tiques  recouvre  un  grand  espace. 

Dans  un  des  contre-forts  de  l'église  de  Mauquenchy  j'ai  vu,  en  1865,  une  base  de 
colonne  en  marbre  blanc,  que  je  crois  antique. 

On  cite  encore  sur  Liffremont  une  enceinte  fortifiée,  que  les  gens  du  pays  attribuent 
aux  Romains. 

Guilmeth,<iDesc.géog.,hist.,etc.,desarr.,»l.iu,p.  122.    i       L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
«  Journal  de  Neufchàtel,  •»  du  29  avril  1851.  I    de  Forges,  »  p.  228. 


ROUVRAY-CATILLON. 

Époque  romaine.  — Vers  1855,  lorsque  l'on  construisit  la  maison  qui  sert  de  mairie 
et  d'école ,  on  trouva  des  poteries  noires  et  rouges.  M.  le  curé ,  qui  les  a  vues  alors , 
estime  qu'elles  étaient  romaioes.  En  1863,  l'adjoint' de  la  commune,  faisant  construire  une 
maison  voisine  de  l'église,  a  rencontré  une  meule  à  broyer  en  poudingue,  qui,  aujourd'hui, 
est  encastrée  dans  le  mur  d'entrée  de  sa  cour. 

Dans  le  bois  de  Rouvray,  on  remarque  une  motte  et  des  fossés  que  l'on  attribue  aux 
temps  romains.  La  raison  de  cette  attribution,  c'est  qu'en  1838  on  y  a  trouvé  des  cons- 
tructions, des  armes,  des  tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  romaines.  Nous  tenons  ces 
détails  de  M.  l'abbé  Louvet,  curé  de  la  paroisse. 

72 


—  570  — 

Époque  incertaine.  —  Dans  un  bois  est  une  source  vénérée,  appelée  la  fontaine  de 
Saint-Samson.  On  y  vient  en  pèlerinage.  —  On  a  signalé  à  M.  Deville  un  camp,  supposé 
romain ,  dans  la  direction  de  Bosc-Edeline. 

GuJiDietli ,  <•  Description  gfogreptiique  ,  historique  ,  statistique  et  moDumentale  des  arrondi ssemenls,  >  L  iii, 
p.  IS2. 

CATILLON  (section  de  rolvray-catillon). 

Époque  incertaine.  —  Le  nom  de  Câtillon  indiquerait  volontiers  une  origine  antique. 
Toutefois,  on  ne  nous  a  signalé  dans  ce  hameau  d'autre  point  archéologique  qu'un  lieu 
voisin  dfe  l'église  appelé  les  Jardinels.  Là,  on  remarque  beaucoup  de  substiiiclions,  et 
l'on  reconnaît  encore,  à  la  surface  de  l'herbage,  une  construction  circulaire  qui  ressemble 
à  une  tour  ou  à  un  colombier. 

LA  FERTÉ-EN-BRAY. 

Période  normande.  —  De  989  à  996,  M.  Gautier,  sire  de  Gournay,  fonda  à  La  Ferté  une 
collégiale  de  chanoines  réguliers.  Il  est  probable  que  ce  fut  à  l'ombre  de  son  château 
féodal  qu'il  établit  cette  colonie  religieuse.  Toujours  est-il  qu'il  obéissait  en  cela  aux  or- 
dres de  son  frôre  aîné ,  le  sire  de  Gournay ,  son  suzerain  :  «  Imperante  fratre  Hugone.  » 
L'église  fut  dédiée  par  un  évêque  du  nom  de  Hugues ,  de  l'autorité  de  l'archevêque  Robert 
de  Normandie.  Cette  fondation 
semble  avoir  disparu  dans*  le 
cours  du  xie  siècle.  En  1047, 
elle  me  paraît  supplantée  par 
le  prieuré  de  Sigy.  De  la  collé- 
giale du  xe  siècle  nous  croyons  . 
qu'il  reste  encore  l'abside  cir- 
culaire,  qui    termine  l'église 
actuelle,  et  surtout  l'appareil 
très  irrégulier,  \opm  incertum, 
que    l'on   remarque   au    côté 
méridional  de  la  nef(i).  (Nous 
donnons  de  cette  église  une  vue 

un  peu  vague).  éolisb  db  la  pertë-en-iikav. 

{l)  Si  nos cootrées  sont  «lëpourvues  dVgllscs  du  x*  siècle,  il  n'en  est  heureusement  pas  do  mCme  dans  toute  la 
France.  H.  de  Caumont ,  ix  vigilant  inspecteur  de  tous  nos  monuments  historiques ,  a  cominencé  une  Étude  ^ur 
l'archiiecture  mérovingienne  ei  ceriovlngienno,  et  il  a  eu  le  bonheur  de  rencontrer  plusieurs  spécimens  de  celle 
dernière  période  dans  la  vallée  de  la  Loire.  Nous  citerons,  avec  lui  et  d'après  lui,  les  églises  de  Saint-Christopho 
de  Suëves  (Loir-et-Cbcr),  de  Saiot-Véterin,  de  gaint-Eusëbe,  de  Saint-Uacé  (Maine-et-Loire)  et  de  Crevant  près 


—  57i  — 

Celte  basilique  des  chanoines,  qui  est  devenue  le  Moutier  paroissial ,  s'abritait  à  l'ombre 
d'un  château  féodal,  dont  on  voit  au  midi  l'énorme  tertre ,  que  les  gens  du  pays  appellent 
la  côte  des  Châteaux.  Ce  point  commande  tout  la  vallée  de  Bray,  depuis  Neufchâtel  jus- 
qu'à Gou^nay  et  même  jusqu'à  Beauvais. 

Ce  mont,  semi-naturel,  semi-artificiel,  est  entouré  de  grandes  coupures  faites  de  main 
d'homme.  La  surface  du  plateau  n'a  pas  moins  de  80  à  iOO  mètres  de  diamètre.  La  pro- 
fondeur du  vallutn  est  d'environ  40  à  50  mètres. 

Dans  les  coupes  que  l'on  fait  à  ce  monticule  pour  en  enlever  le  terrain,  j'ai  remarqué 
une  couche,  épaisse  d'environ  1  mètre  50 ,  composée  de  terre  noire ,  de  charbons ,  d'osse- 
ments et  de  tuiles.  Ce  sont  vraisemblablement  les  restes  de  cette  terrible  et  inexpugnable 
tour  de  La  Ferté,  construite  par  les  sires  de  Gournay,  seigneurs  de  la  contrée,  et  qui  fut 
prise  d'assaut  par  Henri  II,  en  ilSl  :  •  Munitionem  Hugonis  de  Gornaco,  quam  Feritatem 
vocant,  assultu  capiens  igni  tradidit,  excepta  turre  quœ  in  alto  monte  sita  est.  »  (Robertus 
a  Monte,  Append.  ad  Sigeberlitm ,  apud  iîerum  gallic.  et  fraude,  scriptores,  t.  xiii, 
p.  294.)  —  Grâce  à  la  bienveillance  de  M'.  Daniel  Gurney,  nous  pouvons  donner  ici  b  plan 

du  château  de  La 
Ferté,  déjà  publié 
par  lui  en  Angleterre. 
Le  bourg  de  La 
Ferté  est  un  type  de 
féodalité  normande. 
Ce  village ,  perché 
sur  une  colline  inac- 
cessible, s'appelle  en- 
core le  hovTg ,  et  il 
montre  dans  son  en- 
ceinte le  tribunal  et 
CHATEAU  »E  LA  rGiiTÉ-E5(-BHAY.  U  ^wo».  A  quclquc 

distance  de  là,  vers 
Saint-Samson ,  on  remarque  une  énorme  butle  artificielle  affectant  la  forme  d'un  tertre 
tumulaire.  On  appelle  ce  lieu  terrible  le  Mont-à-Fourques  ou  le  Mont-aux-Fourc/ies. 
C'est  le  Montfaucon  du  pays  de  Bray. 


Chinoa.  {Congrèi  archéo!.  de  France,  sémices  gén.  de  18C2  ,  p.  112,  130-31,  135,  131  ,  138,  14Î,  149,  150,  151.— 
BuUetinmonumenlal,t.yxvut,  p.  G5Î-678  et  l.  jtiii,  p.  61,  62,75).  La  mieux  caractérisée  serait  celle  drstré(oantoQ 
de  Montreuil-Belloy)  {Congrès  archéol.  de  France,  de  1862,  p,2G7,  ÎC8,ÎC3).  M.  de  Caumoni  cite  encore  la  vènérabta 
église  de  Saint-Pierre ,  A  Vienne  en  Daupliiq^  (ibid.,  p.  501-505).  MM.  Cordeaux  et  Eouct  nous  offrent  comme 
spécimen  en  Normandie  l'ancienne  église  de  Rugles,  dont  l'appareil  se  compose  de  blocs  de  pierres  irTég:uliére5  et 
do  forme  presque  ronde,  {llutl.  mon.,  t.  xix,  p.  360-361). 


—  572  — 


D.  Gurney,  «  The  Records  of  the  house  of  Gournay,  » 
p.  16,22,26,28,31,33,  34,35. 
Duplessis,««Desc.géog.ethist.cielaII.-N.,»t.  i«%p.ll6. 


L'abbé  Decorde,  «  Essai  hîst.  et  arcbéol .  sur  le  canton 
de  Forges,  »  p.  p.  68-72. 


SAUMONT-LA-POTERIE. 

Époque  romaine.  —  M.  l'abbé  Jacquemet,  curé  de  Limésy,  possède  une  faitière 
romaine  trouvée,  en  1839,  à  Saumont-la-Poterie.  Le  surnom  de  la  Poterie,  donné  à  ce 
village,  fait  croire  à  d'anciennes  fabriques  de  produits  céramiques. 

Époque  incertaine.  —  Il  existe  sur  cette  commune  un  pont  appelé  le  pont  de  Coq.  A 
ce  nom  étrange  se  rattache  une  légende  quelque  peu  diabolique,  rapportée  par  M.  l'abbé 
Decorde ,  dans  son  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Forges^  p.  802. 

LE  FOSSÉ. 

Époque  incertaine.  —  Jusqu'à  la  révolution ,  le  clergé  du  Fossé  allumait  solennelle, 
ment  le  fende  Saint-Pierre  y  d^ns  un  herbage  voisin  de  l'église.  Ceci  avait  lieu  le  28  juin, 
veille  de  la  fête,  et  auprès  d'une  source  appelée  la  fontaine  de  Saint-Pierre.  —  Le23  . 
juin ,  on  allumait  aussi  le  feu  de  Saint-Jean. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Forges,  «  p.  147. 

HAUSSEZ. 

Époque  gauloise  (?). — Je  tiens  de  M.  Mathon  qu'^n  1857  on  a  trouvé  à  Haussez 
un  beau  bracelet  en  or,  en  forme  de  torque,  pesant  80  grammes  et  valant  280  fr.  de  métal. 
Sa  circonférence  était  de  19  centimètres.  Cette  pièce,  que  j'ai  tout  lieu  de  croire  gauloise, 
a  été  vendue  à  Paris  et  passée  au  creuset. 


GAILLEFONTAINE. 

Époque  incertaine.  —  En  1835,  M.  E.  Gaillard  signalait  à  la  Commission  des  Anti- 
quités un  camp  à  double  enceinte  qu'il  avait  visité  sur  le  territoire  de  GaiUefontaine.  D 
était  disposé  à  attribuer  ce  terrassement  à  l'époque  romaine. 

M.  l'abbé  Decorde  rapporte  que  vers  1 850  on  trouva,  au  bord  du  chemin  de  Longuedalle, 
plusieurs  squelettes  dont  l'un  conservait  encore  les  fers  qui  l'avaient  autrefois  chargé. 

Époque  franque.  —  Vers  1850,  on  a  trouvé  à  GaiUefontaine  un  vase  en  terre  renfer- 
mant  soixante  pièces  d'argent  qui  toutes  portaient  la  légende  :  karlvs  francorvm  rex. 

Période  'normande.  —  Nous  sommes  disposé  à  attribuer  à  la  période  des  ducs  de  Nor- 
mandie et  des  comtes  de  Gournay  le  grand  tertre  et  les  terrassements  qui  dominent  au 
midi  le  bourg  de  GaiUefontaine.  Nous  regardons  ces  mouvements  de  terrain ,  aujourd'hui 
couverts  de  broussailles,  comme  les  restes  du  château  normand.  En  1050,  Guillaume- 


—  573  — 

le-Bàtard  date  un  de  ses  actes  de  l'année  môme  de  la  fondation  du  château  de  Gaillefon- 
taine  :  «  Primo  anno  constructionis  caslri  quod  Goislenfontana  dicilur.  »  —  Par  la 
bienveillance  de  M.  D.  Gurney,  nous  pouvons  donner  ici  le  plan  de  cette  forteresse 
disparue,  et  un  dessin  de  la  vieille  léproserie. 


LOSlililli  un:  fiAILI.EFUNTAINli.  UIAIBAL    LE  VAILI^FmK 


Had.  Vales.,  *  Nolitia  GallJarum,  >  p.  236. 
Orderic.Vita].,iiHisi.ecclesinst.,"l.iv,p.3ÎO,ïioi 
ëdition  Le  Prerost. 
D.Gumey,<iTheRecordsofUiehoHseorGcFumay,>| 


L'abbé  Decorde ,  ■  Essai  historique  et  archéologique 
sur  le  canton  de  Forges,  n  p.  151 . 

P.  de  la  Mairie,  •  Recherches  hlslor.,archéol.  et  biogr. 
sur  le  Bray  aormand  et  le  Bray  picard,  »  1. 1",  p.  165. 


BEAUSÂULT. 

Époque  franque.  —  En  mars  et  avril  1851 ,  on  a  trouvé  à  Beausault  des  sépultures 
mérovingiennes  placées  dans  des  fosses  de  craie,  au  penchant  d'une  colline.  La  décou- 
verte eut  lieu  dans  un  hameau  nommé  La  Fontaine-du~Puits ,  au  bord  de  la  route  de 
Senarpont  à  Buchy.  Grâce  au  zèle  de  M.  Mathon, 
le  Musée  de  Neufchâtel  a  hérité  des  épaves  prove- 
nant de  cette  découverte.  Nous  signalerons  dans  le 
nombre  deux  vases  en  terre  noire ,  recueillis  aux 
pieds  des  morts,  et  une  fibule  de  bronze.  Cette 
broche,  à  forme  ansée,  est  d'un  type  lourd  et  gros- 
sier. Elle  est  décorée  à  la  surface  d'ornements  en 
creux  de  la  plus  grande  fantaisie  et  du  plus  mauvais 
goût.  Nous  la  croyons  carlovingienne  ou  normande, 
et  nous  reproduisons  ici  le  dessin  de  cette  pièce  rare 
par  son  ornementation  barbare. 
Période  normande.  —  C'est  probablement  à  la  conquête  normande  que  nous  devons 
attribuer  le  vieux  château  de  Beausault,  dont  le  tertre,  les  fossés,  les  ponts  et  les  souter- 
rains sont  encore  si  importants. 

L'abbâ  Decorde,  *  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Forges,  ■  p.  19. 


—  574  — 

SERQUEUX. 

Époque  romaine.  —  En  août! 865,  j'ai  \-u  beaucoup  de  tuiles  et  de  poteries  romaines 
dans  la  prairie  où  l'on  établit  le  pont  sous  lequel  passera  le  chemin  de  fer  de  Rouen  à 
Amiens. 

Époque  franque(?).  —  M.  P.  de  la  Mairie  assure  que  Serqueux  s'écrivait  autrefois 
Sarqiieux  et  Sarcopfiagii ,  autant  de  variantes  du  nom  de  sarcophage.  Il  est  possible  que 
cette  dénomination  vienne  à  ce  pays  d'une  fabrique  ou  d'un  dépôt  de  cercueils  de  pierre; 
mais  nous  serions  plus  disposé  à  croire  qu'ici ,  comme  à  Saint-Aubin-des-Cercueils  (arron- 
dissement du  Havre),  comme  à  Saint-Pierre-dea-Cercueils  (aiTondissement  de  Louviers), 
le  nom  lui  ^■ieIlt  du  grand  nombre  de  tombeaux  de  pierre  trouvés  dans  son  sein.  Ces  tom- 
beaux doivent  provenir,  selon  toutes  les  vraisemblances,  de  l'époque  mérovingienne,  qui 
en  plaçait  un  peu  partout,  et  qui  les  entassait  particulièrement  sur  certains  points,  alors 
privilégiés  pour  des  motifs  inconnus  aujourd'hui.  Nous  disons  l'époque  mérovingienne, 
parce  que  la  plus  grande  partie  des  dépôts  connus  et  bien  critiqués  de  nos  contrées  date 
de  ce  temps. 

p.  do  laMairie,>RechRrcheslii$lor.,arcbéol.  elbiogr.    1       L'abbf  Decordc,  •  Essai  liistorique  cl  archéologique 


cbéol.  el  biogr.    1 
.r',p.  5Î3-Î4.     I 


■aj- normand  elloBraypicartl,  •(.!", p.  5Î3-Î4.     1    sur  le  osnioik  de  Forges,  »  p.  302-30Î. 

TREFFOREST  (section  du  mesnil-mauger). 

Époque  romaine.  —  Je  suis  porté  à  croire  que  l'ancienne  église  de  Trefforest,  qui  est 
devenue  une  chapelle  privée,  remplace  une  cella  ou  un  sacellum  antique.  Ce  qui  me  le 
fait  croire,  ce  sont  les  tuiles  à  rebords,  les  meules  à  broyer,  les  dalles  en  pierre  de  liais 
et  les  blocs  de  ciment  rouge ,  entrés  dans  la  construction  du  vieux  temple  chrétien.  Des 
débris  du  même  genre  se  rencontrent  aussi  dans  le  cimetière. 

Au  bas  du  cimetière  est  une  fontaine  vénérée  par  la  population  rurale  des  alentours. 

Époque  incertaine,  probablement  moyen-age.  —  Au  printemps  de  1864  des 
ouvriers,  occupés  à  élargir 
le  lit  de  la  Béthunc,  au- 
dessus  do  la  chapelle,  de 
Trefforest,  trouvèrent  deux 
beaux  vases  de  bronze  qui 
paraissaient  avoirétédorés. 
Ils  les  remirent  àM.  de  Tref- 
forest, maire  du  Mesnil- 
Mauger,  qui  nous  en  a 
procuré  le  dessin  que  nous 
reproduisons  ici.  Un  de  ces 

VASES  EN  iiauTtïE  DOBË  (tbeffobbbt,  iSflt). 


—  575  — 

vases  est  un  broc  avec  anse  et  goulot  terminé  par  une  tête  de  serpent.  Les  analogues  ont 
été  déjà  rencontrés  à  Èlretat,  au  Neubourg  et  à  Duranville  (Eure)  (i).  Le  second,  beau- 
coup plus  remarquable  que  le  premier,  possède  aussi  une  anse  et  un  goulot  très  élégant; 
il  est,  de  plus,  fermé  avec  un  couvercle  fort  gracieux.  Sur  le  pied  de  ce  vase  sont  les  deux 
lettres  P  et  T  qui  me  paraissent  tracées  en  caractères  du  xiv*  siècle.  Celte  circonstance 
et  d'autres  encore  nous  font  penser  que  cette  espèce  de  vases  pourrait  bien  appartenir 
au  moyen-âge  ;  du  reste,  nous  mettons,  par  la  reproduction  des  objets ,  le  lecteur  à  même 
déjuger.  —  On  peut  consulter  sur  cette  découverte  la  Note  que  nous  avons  publiée  dans 
\e Bulletin  delà  Soc.  des  Antiq.de  Normandie,  l.  m,  p.  471-177. 


BEAUBEC-LA-ROSIÈRE. 

Époque  romaine.  —  Au  mois  de  février  1859,  un  journalier  de  Beaubec ,  abattant  un 
poirier  au  hameau  du  Vimel,  section  de  La  Rosière,  trouva  environ  trente-quatre  vases 
romains  en  terre  rouge  et  blanche;  plusieurs  conte- 
naient des  ossements  brûlés.  An  milieu  de  ce  groupe  de 
sépultures  se   trouvaient  également  quelques  veri-o- 
tories,  des  objets  en 
fer,   notamment  une 
petite  hache  que  nous 
reproduisons    ici ,   et 
enfin  une  colombe  en 
terre  cuite  renfermant 
un  petit  grelot.  Nous 

co..oMu«  E«  T«B«E  cv.TB.  -  BACBET«  El.  «».   -  <BEAUBEc.  ,w9o    donuons  égalcmout cc 

joujou  d'enfant. 
Au  mois  de  juin  de  la  même  année,  nous  avons  fait,  pour  le  département,  une  fouille 
à  La  Rosière.  Dans  un  espace  d'environ  5  mètres  de  long  sur  autant  de  large  ,^nous  avons 
constaté  !a  présence  d'au  moins  cent  quarante  vases  antiques,  disposés  par  quarante-six 
groupes  de  sépultures.  La  profondeur  de  leur  gisement  variait  de  30  à  70  centimètres. 
Une  centaine  de  ces  vases  étaient  cinéraires,  c'est-à-dire  qu'ils  contenaient  des  os  brûlés 
et  concassés;  les  autres  étaient  pour  les  offrandes.  La  forme  générale  de  ces  vases  était 
notre  pot-au-feu,  \olla  rustique  des  anciens.  Les  vases  aux  libations  étaient  des  coupes , 
des  assiettes  et  de  petits  pots.  L'un  d'eux  rappelait  les  tétines  de  nos  enfants  et  peut  être 
considéré  comme  un  gotlelfe  romain. 

(t)  Voir  pour  les  anolognes  l'article  Ëtretat,  p. 363. 


—  576  — 

Les  seuls  objets  de  verre  étaient  deux  perles  côtelées  en  émail  bleu ,  semblables  à  celles 
d'Ouville  et  de  Saint-Martin-en-Campagne. 

En  fait  de  métal,  nous  avons  rencontré  fort  peu  de  chose  :  deux  ou  trois  monnaies  de 
bronze  du  Haut-Empire  gisaient  au  fond  d'une  urne,  à  côté  d'une  autre  reposait  une 
clochette  en  fer,  et  autour  des  groupes  étaient  des  clous,  restes  des  coffrets  de  bois  qui 
avaient  enveloppé  les  urnes. 

Nous  attribuons  ce  cimetière  antique  aux  trois  premiers  siècles  de  notre  ère.  Les  vases 
et  autres  objets  qui  en  sont  sortis  sont  entrés  au  Musée  de  Rouen  et  dans  la  Bibliothèque 
de  Neufchàtel.  Nous  en  reproduisons  ici  quelques-uns. 


BN  TrSHB  (LÀ  ROSIÈRB  ,  IK9). 


Dans  les  bois  nouvellement  défrichés  de  La  Rosière,  nous  avons  remarqué,  en  1859, 
des  masses  de  tuiles  à  rebords  et  des  débris  antiques. 


—  577  — 

Époque  incertaine.  —  Le  mont  Grippon  est  un  des  points  les  plus  élevés  et  les  plus 
culminants  de  la  vallée  de  Bray.  Il  est  indiqué  par  la  nature  elle-même  comme  un  véri- 
table lieu  stratégique.  Aussi,  nous  n'avons  été  nullement  surpris  de  lire  que  sur  son 
plateau,  dont  l'assiette  est  d'environ  2  hectares,  on  avait  cru  reconnaître  un  stativa 
antique.  M.  Guilmeth  assure  que  l'on  y  remarque  une  motte  et  les  fossés  d'une  enceinte. 

Le  peuple  de  la  contrée  dit  que  le  nom  de  la  colline  lui  vient  de  ce  que  le  général 
Grippon  a  livré  une  bataille  en  cet  endroit.  Quel  fut  ce  général  Grippon  et  en  quel  temps 
vivait-il?  Là  est  toute  la  question.  La  consonnance  et  l'analogie  du  nom  semble  lui  assi- 
gner l'époque  franque. 

Un  ancien  mémoire  de  l'abbaye  de  Beaubec  parle  d'un  château  Grippon  comme  existant 
au  xje  siècle.  Des  titres  de  1400  à  1500  l'appellent  Grippont-CasteLUne  vieille  chronique 

■ 

en  attribue  l'érection  un  peu  fabuleuse  c  au  duc  Grippon ,  ambassadeur  de  Clotaire , 
roi  des  Francs,  auprès  de  Maurice,  empereur  de  Constantinople,  en  588  (1).  »  D'autres 
empruntent  le  nom  de  ce  mont  à  Griphon ,  fils  «  de  Charles  Martel  et  de  Sonechilde,  mort 
en  752  (2).  C'est  à  ce  prince  que  Pepin-le-Bref  donna  la  ville  du  Mans  et  12  comtez  en 
Neustrie.  »  Du  reste ,  le  nom  de  Grippon  était  assez  commun  chez  les  Francs ,  car  le 
Livre  des  Miracles  de  saint  Wandrille  et  de  saint  Ansbert  nous  apprend  qu'en  856  le  port 
de  Quentowic  avait  pour  préfet  (praefectus  emporii)  Grippon,  officier  de  Charles-le-Chauve 
et  son  ambassadeur  en  Angleterre  (3).-  L'archevêque  qui  succéda  à  saint  Ansbert  et  qui 
gouverna  le  diocèse  de  Rouen  de  695  à  713  portait  aussi  le  nom  de  Grippon. 


Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  etc.,  des arr., M  t.  m,  p.  142. 
L'abbé  Decorde,  «•  Essai  historique  etarchéologique  sur 
le  canton  de  Forges,  »  p.  4. 


P.  de  la  Mairie,  «Recherches  hist.,  archtol.  et  biogr. 

sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  1. 1*%  p.  170» 

ff  Journal  de  Neufchàtel,  »  des  15  fév.  et  27  sept.  1859. 


CANTON     D'ARGUKIL 


ARGUEIL. 

Époque    franque  (?).   —  Au  sud-ouest    d'Argueil   est   une   haute  colline   boisée, 
appelée  le  Mont-Sauveur,  sur    laquelle   exista   peut-être    une   église  paroissiale    au 


(1)  Dom  Bouquet,  «Recueil  des  Historiens  des  Gaules  ot  de  la  France,  »  t.  m,  p.  82. 

(2)  Id.,  ibid.,  t.  m,  p.  98  et  707. 

(3)  -  Acta  sanctor.,  »  mensis  julii,  t.  v,  c.  ii  et  m.  —  Souquet,  «La  Picardie,»  p.  111-112,  7**  année,  2' série,  mais 
1861,  pt  6' année,  n. 'U2. 

73 


—  578  — 

xie  siècle  (1).  M.  Guilmeth  assure  que,  vers  1830 ,  on  recueillit  sur  cette  colline  des  vases 
et  des  armes  en  fer. 

Guilmeth,  c  Description  géographique,  historique,  statistique  et  monumentale  des  arrondissements,  »  t  m,  p.  198. 

LA  FEUILLIE. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Rouen  possède  une  hachette  en  bronze  trouvée  à 
La  Feuillie. 

Époque  romaine.  —  M.  Deville  nous  a  appris  que  des  nnédailles  romaines  avaient  été 
recueillies  sur  le  territoire  de  celte  commune.  —  M.  de  la  Mairie  croit  que  le  manoir  de 
la  Londe-Corcel  (Landa  de  Calceio)  prend  son  nom  de  la  chaussée  allant  de  Rouen  à 
Gournay. 

Période  normande.  —  Duplessis  et  M.  Guilmeth  placent  dans  un  hameau  voisin  de  La 
Feuillie,  et  appelé  Matebrune,  le  célèbre  château  de  Jl/ateputenam,  construit  en  1 119  par 
le  roi  Ilenri-Beauclerc.  M.  de  la  Mairie  et  plusieurs  autres  contestent  cette  application,  et 
croient  avec  raison  que  le  fameux  château  a  été  construit  au  Vieux-Rouen ,  dans  le  voi- 
sinage d'Aumale.  La  raison  qu'ils  en  donnent,  c'est  que  cette  forteresse  était  surtout 
dirigée  contre  Havoise,  épouse  d'Etienne,  comte  d'Aumale,  partisan  ou  ami  de  Guillaume 
Cliton.  Cette  raison  me  paraît  fondée. 

Had.  Vales.,  «  Notitia  Galliarum,  »  verbo  «Matepu-    i       Guilmeth,  «  Desc.  géogr.,  etc.,  des  arr.,  »  l.  m, 
tenam.  •  t    p.  239. 


Duplessis,  «  Desc.  géogr.  ethist.  de  laHaute-Norm.,» 
t.  II.  p.  212.  541  et  641. 


P.  de  la  Mairie,  «Recherch.  hist.,  archéol.  et  biog.  sur 
le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  »  t.  ii,  p.  25, 170. 


SIGY. 

Sigy  est  un  point  important,  et  il  gardé,  au  milieu  de  restes  romains'^et  francs,  des 
preuves  de  la  première  civilisation  normande. 

Époque  romaine. — En  octobre  4863,  faisant  une  fouille  dans  le  transept  nord  de 
l'éghse  paroissiale  de  Sigy,  j'ai  reconnu ,  à  2  mètres  de  profondeur,  le  sol  romain  avec 
ses  charbons,  ses  tuiles  à  rebords,  ses  meules  à  broyer  et  ses  moulures  en  pierre  de  liais. 

En  1854,  il  a  été  trouvé,  dans  le  jardin  de  l'école  des  filles,  une  jolie  petite  coupe  en 
verre  bleu  dont  les  bords  sont  ornés  d'un  faisceau  de  cercles  blancs.  Ce  vase  provenait 
sans  doute  d'une  sépulture  gallo-romaine  des  derniers  temps. 

A  diverses  reprises,  il  m'a  été  communiqué  des  restes  romains  extraits  de  l'enclos  du 
presbytère  et  de  celui  de  l'école. 

Époque  franque.  —  Deux  points  du  territoire  de  Sigy  ont  donné  des  sépultures  fran- 

(t)  «  Ecclesiam  de  Orgoil  et  ecclesiam  de  Mont-Seiwolt  et  terram  presbyteri,  »  charte  de  fondation  du  prieuré  de 
Sigy,  en  1047,  dans  le  «  The  Record  of  the  house  of  Gournay,  »  p.  34. 


J 


—  579  — 

ques:  le  cimetière  actuel  qui  entoure  l'église,  et  le  terrain  qui  environne  le  presbytère  et 
l'école  des  filles. 

Depuis  bien  des  années,  le  fossoyeur,  en  creusant  des  tombes,  rencontre  des  cercueils 
de  pierre  entiers  ou  par  morceaux.  En  1855,  il  en  a  trouvé  un  entier  au  côté  nord  du 
chœur.  Cette  auge,  que  j'ai  visitée  en  1858,  était  en  pierre  de  Vergelé,  plus  étroite  aux 
pieds  qu'à  la  lête  et  ayant  tous  les  cnraclères  de  l'époque  mérovingienne.  En  octobre  ISôS, 
j'ai  trouvé ,  dans  le  transept  septentrional  de  l'église ,  une  moitié  de  sarcophage  franc  en 
pierre  de  Vergelé. 

Lafouilledel855  procura  un  vase  enterre  noire  et  deux  sabres  francs  longs  de  45  ceo- 
timètres ,  larges  de  4 ,  et  munis  d'une  double  rainure  sur  la  lame. 

Mais  le  point  le  plus  riche  en  antiquités  franques,  c'est  le  quartier  du  presby  tère.Vers  ■1844,en 
construisant  une  maison  qui  est  près  de  l'école  des  filles,la  famille  Lefebvre  rencontra  dans 
les  fondations  des  corps  inhumés  avec  des  vases ,  des  boucles ,  des  couteaux  et  des  armes. 
En  iSSB,  de  plus  belles  (jécouvertes  furent  faites  à  Sigy  en  construisant  la  classe  des 
filles.  Outre  les  vases  et  les  armes,  produit  habituel  des  inhumations  franques,  elles  ont 
fourni  cette  fois  deux  admirables  fibules  rondes  en  bronze  recouvertes  d'une  feuille 

d'or.  Cette  feuille  d'or 
estampée  reproduit  trois 
fois  un  animal  fantastique 
à  tète  et  à  queue  de  pois- 
son, que  je  prends  pour 
la  baleine  de  Jonas,  sym- 
bole du  tombeau  du  Christ. 
Une  de  ces  pièces,  dépo- 
sée au  Musée  de  Rouen, 
a  été  gravée  en  Angleterre 
dans  les  procès -verbaux 
de  la  Société  des  Anti- 
quaires de  Londres.  —  Je 
la  reproduis  ici  dans  sa 

riBHi.E  DE  nnonzB  becoutchtb  d'une  feuili.k  don  eat.vmpiïe  (sigy,  ISiSK    grandeur  naturelle. 

Enfin,  en  i  863 ,  en  nivelant  une  partie  du  jardin  de  l'école, 

on  a  encore  recueilli,  au  miheu  d'ossements  humains,  un  vase 

franc,  un  grand  couteau  et  deux  haches  francisques.  Ce  point 

fut  évidemment  un  vaste  cimetière.  —  Je  donne  ici  un  des 

;  vases  francs  de  Sigy. 

Période  normande.  —  La  période  ducale  vit  s'élever  dans 


—  580  — 

La  Ferté,  descendant  des  sires  de  Gournay.  On  n'est  pas  d'accord  sur  la  date  de  cette  fon- 
dation que  quelques-uns  placent  en  1060,  en  1052  ou  en  1040.  Nous  suivrons  cette  der- 
nière version.  L'acte  fut  signé  par  Manger,  archevêque  de  Rouen,  et  ses  sufiragants  de 
Séez  et  d'Evreux.  Ce  prieuré,  uni  dès  sa  naissance  à  la  grande  abbaye  de  Saint-Ouen  de 
Rouen,  dura  jusqu'à  la  révolution.  Assis  sur  un  sol  romain  occupé  par  les  Francs,  il  reçut 
dans  son  sein  les  reliques  de  saint  Vulgain ,  un  des  apôtres  de  la  France  du  vue  siècle. 


BIBLIOGRAPHIE. 


D.  Gurney,  «The  Record  ofthehouseof Gournay,  » 
p.  32-35,269-270. 

Pommeraye,  «  Hist.  de  l'abbaye  royale  de  Saint-Ouen 
de  Rouen,  »  p.  3G0-363,  460-480. 

«  Gallia  Christiana,  »  t.  xi,  p.  29,  130, 131,  et  «  Instru- 
menta, •  p.  12. 

«  Bulletin  monumental,  »  t.  xiii,  p.  654-659. 

•  Revue  de  Rouen,»  annùe  1852,  p.  317-323  et  pi. 


«  Notice  hist.  et  descript.  sur  l'église  prieurale  de 
Sigy,  »  in-S"  de  8  p.,  t"  édit.  imp.  à  Rouen,  en  1852  ; 
2-  édit.  à  Dieppe,  en  1854. 

«Sépult.  gauloises,  romaines,  franquesetnormandes,» 
p.  435-37. 

«  Le  Tombeau  de  Childéric  I",  •  p.  134  et  248. 

Wylie,  «  Proceedings  of  the  Society  ofAntiquaries  of 
London,  »  t.  iv,  p.  237. 


CANTON     DE    GOURNAY-F.N-BRAY. 


GOURNAY-EN-BRAY. 


Epoque  gauloise  (?).  —  Près  de  Gournay  est  le  carrefour  de  la  Rouge-Pierre. 

Époque  romaine.  —  La  chaussée  des  Ferrières  est  peut-être  une  voie  romaine.  Elle 
est  mentionnée  sous  le  nom  de  chaussée  dans  un  acte  de  i  202  :  «  Pro  Calceiâ  de  Chan- 
tamellâ  et  porta  reparandâ  lviii  sol.  et  m  den.  » 

Près  de  l'ancien  chapitre  de  Saint-Hildevert  est  le  Jardin-de-la-Salle  dont  le  nom  semble 
indiquer  des  restes  antiques. 

Période  normande.  —  Dans  les  actes  du  x*  et  du  xi^  siècle ,  Gournay  est  appelé 
Gornacum;  selon  Duplessis,  il  fut  donné  à  Hugues  ou  Eudes,  compagnon  de  RoUon,  à 
condition  que  lui  et  ses  successeurs  garderaient  les  marches  ou  frontières,  et  que  dans  les 
guerres  ils  fourniraient  aux  ducs  douze  de  leurs  vassaux.  Grâce  à  la  bienveillance  de 


—  58-1  — 
M.  Daniel  Gumey,  du  Norfolk,  nous  donnons  ici  le  plan  de  la  ville  et  du  rhûteau  do 


VILLE  DE  GOURRAV-EN-BRAT 

*  L'ÉPOQUE  NOnilAHDE. 


Gournay,  à  l'époque  normande  des  Hues,  qui  conquirent  en  Beauvaisis  et  en  Grande- 
Bretagne. 

Par  un  efTet  de  ta 
même  bienveillance, 
nous  pouvons  repro- 
duire la  chapelle  ro- 
mane de  Sainte-Ma- 
deleine ,  seul  débris 
resté  de  l'ancienne 
maladrerie.  C'est  évi- 
demment une  cons- 
\  tniction  normande  du 
xie  siècle. 

I.£paO«KBIB  DE  GOt-RKAV. 


—  582  — 


BIBLIOGRAPHIK. 


Duplessis,  «  Desc.  géogr.  el  hist.  de  la  Haute-Norm.,  » 
t.  I",  p.  17-30. 

Guilmeth,  »  Desc.  géog.,  etc.,  des  arr.,  ■  l.  iv,  p.  143- 
183. 

Id.,  «  Recherches  historiques  sur  la  ville  de  Gournay- 
en-Bray,  »  2  vol.  in-8%  Gournay,  1842. 

P.  de  la  Mairie,  «Recherches  hist.,  nrchéol.  et  biogr. 
sur  le  Bray  normand  et  le  Bray  picard,  •  t.  i»',  p. 7. 

Id.,  «  Supplément  aux  Recherches  historiques  sur  la 
ville  de  Gouinay-en-Bray,  «  1  vol.  in-8*,  Gournay,  1844. 


«  Mém.  de  la  Soc.  des  An tiq.  de  Norm.,»  t.  xxiv,  p.  360. 

D.  Gurney,  «  The  Record  of  the  house  of  Gournay,  • 
in-4'*  de  724  p  et  pi.,  London,  1848. 

Id.,  «Supplément  to  the  Record  of  the  house  of  Gour- 
nay, »  in-4'',  London,  1858. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Goumay-en-Bray.  »> 

L'abbé  Cochet,  «  Notice  hist.  et  descript.  sur  l'égl. 
coll.  de  Saint-Hild.  de  Gournay, »  in-8«  de  32  p.  Rouen, 
1851. 


FERRIÈRES. 

Ce  lieu  tire  son  nom  d'anciennes  ferrières  fort  communes  chez  les  Gaulois. 
Période  normande.  —  Ferrières  fit  partie  des  Conquêls  Hue  de  Gournay  et  spéciautez 
du  Beauvoisis. 

p.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  historiques  sur  la  ville  de  Gournay,  »  451. 

MOLAGNIES. 

Époque  incertaine.  —  Vers  1850,  le  fermier  de  Tancien  manoir  de  Humermont,  fai- 
sant exécuter  un  pavage  devant  son  habitation ,  découvrit  quatre  fosses  à  peu  près  carrées, 
dont  chaque  ouverture  était  recouverte  d'une  grande  dalle  en  pierre.  Ces  fosses  contenaient, 
dit-on ,  des  ossements  et  des  fragments  de  fer. 

On  découvrit  aussi  une  ouverture  de  porte  qui  donnait  entrée  dans  une  cave  placée 
sous  la  cuisine. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Gournay,  »  p.  320-21. 

GANGOURT-SAINT-ÉTIENNE. 

Période  normande.  —  Gancourt  fait  autrefois  partie  des  paroisses  situées  sur  la  rive 
gauche  de  FEpte  et  qui  portaient  le  nom  de  Conquêts  Hue  de  Gournay  et  spécmutez  du 
Beauvoisis.  Cette  circonstance  me  paraît  indiquer  une  existence  au  xe  siècle. 

p.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  historiques  sur  la  ville  de  Gournay,  »  p.  459. 


SAINT-ÉTIENNE  (section  de  gancourt-saint-étienne). 

Époque  franque  (?).  —  En  démolissant,  vers  4840,  la  nef  de  la  vieille  église  de  Saint- 
Etienne,  la  plus  ancienne  du  pays,  on  a  trouvé  un  cercueil  de  pierre  recouvert  d'une 


—  583  — 

dalle  d'un  seul  morceau.  Dans  le  sarcophage,  on  n'a  rencontré  que  des  ossements;  la  tête 
était  aux  pieds,  ce  qui  s'observe  fréquemment  à  l'époque  franque ,  temps  auquel  nous 
reportons  cette  sépulture. 

Ce  qui  nous  confirme  dans  cettre  attribution ,  c'est  la  tradition  du  pays  qui  assure  que  le 
cimetière  de  Saint-Etienne  servait  autrefois  à  plusieurs  paroisses  éloignées,  notamment  à 
Beauvoir  et  à  Escames.  Des  portions  de  ce  vieux  dortoir  portent  encore  le  nom  de  cime- 
tière de  Beauvoir  et  de  cimetière  d* Escames,  paroisses  qui  sont  à  8  et  à  10  kilomètres  de 
ce  village. 

On  ne  voit  plus,  près  de  cette  église,  qu'une  seule  ferme;  mais,  en  creusant  la  terre 
dans  les  environs ,  on  trouve  des  tuiles  et  des  charbons  qui  annoncent  un  déplacement  de 
population. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton    j       P.  de  la  Marie,  «  Supplément  aux  Recherches  histo- 
rié Gournay,  p  p.  146-47.  I    riques  sur  la  ville  do  Goumay-en-Bray,  ■  p.  460-61. 


DOUDEAUVILLE. 

Période  normande.  —  Doudeauville  était  autrefois  une  des  \îngt-quatre  paroisses 
situées  au-delà  de  l'Epte,  qui  dépendaient  des  sires  de  Gournay  et  qui  étaient  connues 
sous  le  nom  de  Conquêts  Hue  de  Gournay  et  spéciautez  du  Beauvoisis.  Ces  expressions 
indiquent  bien  une  conquête  normande  et  seigneuriale  du  x^  siècle. 

p.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  historiques  sur  la  ville  de  Gournay,  »  p.  437. 


DAMPIERRE. 

Époque  romaine.  —  Les  habitants  de  Dampierre ,  pénétrés  de  l'importance  de  leur 
pays  aux  temps  antiques,  disent  qu'il  fut  autrefois  une  ville,  qualification  que  l'on  retrouve 
au  moyen-âge  dans  un  acte  de  4403.  Les  découvertes  nombreuses ,  faites  sur  tous  les 
points  du  village,  semblent  justifier  cette  tradition.  On  a  en  effet  trouvé  toutes  sortes  de 
monuments  à  Dampierre;  mais  ceux  de  la  civilisation  romaine  y  dominent. 

La  plus  iancienne  et  la  plus  importante  trouvaille  connue  est  celle  qui  eut  lieu  en  mars 
4822,  dans  un  champ  appelé,  je  crois,  le  Champs-des-Morts ,  situé  dans  un  hameau  nommé 
La  Vieux-Ville.  Une  taupe  avait  ramené  à  la  surface  quelques  monnaies  d'argent;  un  tau- 
pier,  les  ayant  remarquées ,  fouilla  la  taupinière  et  découvrit  un  vase  de  bronze  qui  con- 
tenait un  dépôt  que  l'on  porte  à  six  mille  pièces ,  mais  dont  on  ne  sut  au  juste  le  nombre 
exact.  Partagées  entre  le  taupier  et  le  cultivateur ,  ces  pièces  furent  vendues  un  peu  par- 
tout et  à  tous.  On  en  porta  beaucoup  à  Rouen,  et  dix-neuf  arrivèrent  plus  tard  jusqu'au 


—  584  — 

Musée  départemental;  une  douzaine  au  plus  prit  la  route  de  Neufchâtel.  En  1827,  il  en 
restait  encore  deux  cent  vingt  à  Dampierre.  M.  Tabbé  Jacquemet,  alors  curé  du  lieu, 
s'en  empara,  et  en  fit  la  base  de  sa  collection.  D'après  des  renseignements  qui  émanent 
de  lui ,  nous  pouvons  assurer  que  la  suite  se  composait  de  sept  Gordien ,  de  trois  Philippe 
père,  d'une  Otacile,  de  deux  Philippe  fils,  de  quatre  Dèce,  d'une  Etruscile,  de  deux 
Hostilien ,  de  deux  Trébonien-Galle ,  de  quatre  Volusien ,  de  huit  Valérien ,  d'une  Julia 
Domna,  d'un  Maximien,  de  douze  Gallien,  de  neuf  Salonin,  de  sept  Valérien-Solonin , 
et  de  cent  quarante-trois  Posthume^  à  soixante-neuf  revers  différents.  Ces  monnaies 
étaient  en  aident,  en  bronze  et  en  billon  saucé.  Malheureusement,  le  vase  n'a  pas  été 
conservé. 

M.  l'abbé  Jacquemet  possède  dans  son  cabinet  de  Limésy  beaucoup  d'objets  provenant 
de  Dampierre.  Nous  citerons  une  tuile  entière  et  d'autres  pièces  céramiques  recueillies  en 
1839.  Le  seul  cimetière  paroissial  lui  a  donné  dix  pièces  romaines  en  argent  et  en  bronze. 
Les  monnaies  d'argent  sont  de  César,  d'Auguste,  de  Herennius  Etruscus  et  de  Posthume; 
les  monnaies  de  bronze  sont  d'Adrien ,  d'Antonin ,  d'Aurélien ,  de  Tétricus ,  de  Gallien  et 
Probus. 

N'omettons  pas  de  dire  qu'en  avril  1822,  en  même  temps  que  M.  Cartier,  sous-préfet 
de  Neufchâtel,  signalait  à  la  Commission  des  Antiquités  la  découverte  des  monnaies  de 
Dampierre ,  il  lui  communiquait  le  desssin  de  deux  pièces  de  cuivre  ou  de  bronze,  trouvées 
dans  un  lieu  dit  le  Cimetière,  Une  de  ces  pièces  était  un  plateau,  et  l'autre  un  pot  en 
forme  de  bouilloire. 

En  1843,  à  peu  de  distance  de  la  rivière  qui  vient  du  Monlin-de-Bray ,  on  a  aperçu 
beaucoup  de  tuiles  romaines ,  des  débris  de  poterie  antique  et  des  ossements  humains. 
Dans  la  cour  et  dans  le  jardin  du  presbytère,  on  a  également  rencontré  des  ossements  et 
des  briques  romaines.  —  Dans  un  herbage  qui  appartient  à  M.  Dujardin  ,  on  a  trouvé,  à 
fleur  du  sol,  des  tuiles  et  des  pierres  d'appareil  qui  indiquent  de  belles  habitations 
antiques.  —  Vers  1853,  à  peu  de  distance  de  l'église,  dans  un  herbage  appartenant  à 
M.  Arrachequesne ,  on  a  rencontré ,  en  plantant  un  arbre ,  un  dolium  en  terre  cuite  ren- 
fermant une  urne  en  verre,  de  forme  circulaire ,  toute  remplie  d'os  brûlés. 

Époque  franque.  —  En  1845,  le  fossoyeur  de  Dampierre  trouva,  dans  le  cimetière 
de  ce  village,  une  belle  plaque  de  ceinturon  en  bronze,  qui  est  conservée  à  Limésy, 
chez  M.  l'abbé  Jacquemet,  alors  curé  de  Dampierre.  C'est  un  monument  de  l'époque 
franque. 

Période  normande.  —  La  tradition  assure  qu'au  Pont-Rou^e,  sur  la  route  de  Goumay 
à  Forges,  on  vit  pendant  plusieurs  siècles  des  bracelets  et  des  chaînes  d'or  suspendus  à  un 
arbre  que  l'on  saluait  avec  respect.  On  raconte  la  même  chose  des  c  bagues  et  carquans 
d'or  »  de  RoUon,  dans  la  forêt  de  Roumare  (G.  Dumoulin,  Histoire  générale  de  la  AV- 
mandiej  p.  219). 


585 


«  Procès-verbaux  de  la  Commission  des  Antiquités  de 
la  Seine-Inférieure,  «  t.  r%  p.  48. 

Guilmetb,  «Desc.géogr.,hist.,  stat.  etmon.desarr.,! 
p.  192-93. 


P.  de  laMairie,«Supplém.  aux  Recherches  historiques 
sur  la  ville  de  Gournay,  »  p.  409,  410,  411,  416,  430. 

L'abbé  Decorde ,  c  Essai  historique  et  archi^ologique 
sur  le  canton  de  Goumay,  «  p.  90-91. 


BRÉMONTIER-MERVAL. 

Époque  gauloise.  —  En  4831 ,  il  a  été  recueilli  à  Brémontier  une  hache  en  silex, 
longue  de  13  centimètres. 

Époque  franque.  —  Dom  Duplessis  conjecture  que  saint  Guitmar,  abbé  de  Jumiéges 
et  de  Saint-Riquier,  mort  en  750 ,  a  été  enterré  dans  la  collégiale  de  Brémontier. 

Époque  incertaine. —  Dans  le  cours  du  siècle  dernier,  on  a  trouvé,  près  de  l'église, 
des  fondations  anciennes  d'une  grande  importance.  On  les  attribua  alors  à  une  vieille 
collégiale  qui,  suivant  une  tradition  locale,  aurait  existé  ici  à  l'époque  normande.  Généra- 
lement, on  tire  le  nom  de  Brémontier  de  l'un  des  deux  radicaux  suivants:  Braii  Monas- 
terium  ou  Brève  Monasterium.  On  prétend  même  que  les  chanoines  de  Brémontier  lurent 
transférés  à  Gournay,  de  1130  à  1132.  M.  de  la  Mairie,  qui  combat  cette  opinion, 
attribue  nos  anciennes  murailles  à  un  manoir  disparu. 

M.  Daniel  Gumey,  d'après  un  passage  du  Gallia  Christiana  qu'il  cite ,  incline  à  penser 
qu'au  xie  siècle  les  chanoines  de  Braïmontier  (Braii  Monasterium)  furent  transférés  à 
Gournay. 


Duplessis,  ^Desc.géogr., etc., delà H.-N.,»  t.i«',  p.21. 
Guilmeth,«Desc.  géogr.,hist.,etc.,des  arr.,i*t  m,  p.  189. 
D.  Gurney,  •  The  Record  of  the  house  of  Gournay,  » 
p.,  201. 


P.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  histo- 
riques sur  la  ville  de  Goumay-en-Bray,  »  p.  395. 

L'abbé  Decorde,  «  Essai  hist.  etarchéol.  sur  le  canton 
de  Gournay,  »  p.  33-35. 


BELLOZANNE  (section  de  brémontier-merval). 

Période  normande.  —  En  4198,  les  sires  de  Goumay,  divinœ  pietatis  intuitu,  fon- 
dèrent, dans  la  forêt  de  Bray,  in  forestâ,  une  abbaye  de  Prémontrés.  Cette  fille  de  File- 
Dieu  fut  assise  entre  deux  étangs  aujourd'hui  desséchés  :  V étang  du  Mont-Louvet ,  qui 
avait  quinze  cents  arpents ,  et  Y  étang  de  Bray,  qui  en  avait  neuf  cents. 


«  Neustria  pia,  «  p.  891-92. 

f  Gallia  Christiana,  •  t.  xi, p. 334-36,  et  «  Instrumenta,» 
p.  29. 
L'abbé  Cochet ,  c  Notice  historique  sur  l'ancienne 


abbaye  de  Bellozanne,!  dans  le  «Précis de  l'Acadômio 
de  Rouen,  *  année  1846-47,  p.  327-337. 

P.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  histo- 
riques  sur  la  ville  de  Goumay-en-Bray,  •  p.  398. 


BEZANCOURT. 

Époque  gauloise.  —  Sur  les  limites  de  Bezancourt  et  de  Bezu-la-Forèt,  assez  près  du 
lieu  dit  la  Fontaine-Lehoux ,  il  existe  un  monument  connu  sous  le  nom  de  pierre  qui 

74 


~  586  — 

tourne.  —  Dans  la  forêt  de  Lyons ,  au  triége  du  Câtelier ,  non  loin  de  La  Feuillîe , 
M.  Guichard,  garde  forestier,  a  trouvé  une  hachette  en  bronze,  une  flèche  et  un  poignard 
du  même  métal.  On  m'a  parlé  aussi  d'un  torque  et  d'un  ornement  de  cheval. 

Époque  romaine.  —  Près  Bezancourt  est  un  lieu  nommé  le  Câtelier^  excellent  indice 
d'antiquités  romaines.  Aussi  on  y  a  trouvé  des  tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  impé- 
riales. On  m'a  cité  dans  le  nombre  un  bronze  de  Gordien  et  un  denier  d'argent  de  César- 
Auguste.  On  m'a  parlé  également  d*un  petit  cerf  en  bronze ,  haut  de  9  centimètres.  Enfin , 
on  assure  qu'il  existe  quelques  puits  dans  le  voisinage. 

Époque  pranque.  — A  /a  Fontaine-Lehonx ,  lieu  voisin  de  Bezanzourt,  on  a  trouvé, 
vers  1842,  des  sépultures  franques  avec  vases,  boucles  et  bagues  de  cuivre.  Quelques 
objets  provenant  de  cette  découverte  se  voient  à  Rouen ,  chez  M.  de  Ramfreville,  conseiller 
à  la  Cour  impériale. 

p.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  histq-    i       L'abbé  Decorde ,  «  Essai  historique  et  archéologique 
riques  sur  la  ville  de  Goumay-en-Bray,  •  p.  381-82.         |    sur  le  canton  de  Goumay,  »  p.  16-22. 


BOSHYON. 

Époque  incertaine.  —  Dans  la  plaine  de  Boshyon ,  il  existait  une  réunion  de  pierres 
hautes  de  2  mètres  et  plus ,  à  peu  près  rangées  en  cercle.  Ces  pierres  ne  paraissaient  pas 
être  du  pays. 

Époque  romaine.  —  Vers  1850,  M.  J.-B.  Canu  a  trouvé  dans  son  jardin  d'anciennes 
fondations  entourées  de  tuiles  romaines. 

Uabbé  Decorde,  «  Essai  historique  et  archéologique  sur  le  canton  de  Goumay,  »  p.  28. 


ELBEUF-SUR-ANDELLE  ou  EN-BRAY. 

Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de  Neufchâtel  possède  une  hache  en  silex  trouvée,  en 
1831 ,  entre  Elbeuf  et  Brémontier. 

Époque  romaine.  —  Je  tiens  de  M.  Mathon  que  le  territoire  d'Elbeuf  a  donné  des 
tuiles  à  rebords  et  des  monnaies  de  bronze  de  Tétricus  et  de  Gordien  père. 


AVESNES. 

Époque  franque(?).  —  «  En  1682,  dit  M.  de  la  Mairie,  dans  une  partie  du  domaine 
de  Cottentray,  qu'on  nommait  alors  le  Closnles- Anglais  et  qui  s'appelle  à  présent  YHer- 
iagf^^-ilnjf/aw,  un  laboureur,  conduisant  sa  charrue,  sentit  une  résistance  qui  s'oppo- 


587 


sait  au  passage  du  soc.  On  sonda,  puis  on  ouvrit  la  terre.  11  se  trouva  que  c'étaient 
d'anciens  tombeaux  de  pierre  d'un  seul  morceau  et  couverts  chacun  d'une  pierre  de  même 
espèce.  Dans  quelques-uns  de  ces  tombeaux ,  quelques  dents  étaient  encore  reconnais- 
sablés  ;  le  reste  &tait  en  poussière.  jOh  voyait  pourtant  bi^ ,  dit  un  ancien  mwuscrit  qui 
contient  des  notes  relatives  à  l'histoire  de  Gournay,  que  les  corps  y  avoient  été  placés 
dans  toute  leur  longueur  et  les  bras  allongés  à  leurs  côtés.  On  n'a  pu  découvrir  ce  que 
ce  pouvait  être,  ni  en  quelle  occasion  ces  tombem9>  étaient  là  :  il  y  en  avait  environ 
huit.  » 


p.  de  la  Mairie,  «Supplém.  aux  Recherches  historiques 
sur  1a  ville  de  Gournay,  9  p.  378,  iA-B*,  Gournay,  1844. 


L'abbé  Decorde,  «Essai  hist.  et  archéol.  sur  le  canton 
de  Gournfijy,  »  p^  10. 


MONT-ROTY. 

Époque  gauloise.  —  M.  l'abbé  Jacquemet,  curé  de  Limésy,  possède  dans  son  cabinet 
deux  hachettes  en  grès  noir,  trouvées  au  Mont-Rôty. 


NEUFMARCHÉ. 

Époque  romaine.  —  M.  de  la  Mairie  dit  que  par  le  Neufmarché  passait  une  voie 
romaine  qui,  partant  de  Lyons ,  se  dirigeait  sur  Espaubourg  (Oise).  Ce  fut,  au  moyen-âge, 
la  route  de  Rouen  à  Beauvais. 

Sur  la  rive  gauche  de  l'Epte,  en  face  du  faubourg  de  Neufmarché,  à  la  côte  dite  de 
Sainte-Hélène ,  commune  de  Saint-Pierre-ès-Champs  (Oise),  on  trouve  des  tuiles  romaines 
à  la  surface  du  sol. 

Au  hameau  du  Campadon,  il  a  été  recueilli  des  monnaies  romaines. 

Période  normande.  —  On  fait  venir  Neufmarché  de  Marche,  Marcha,  Marchie,  signi- 
fiant les  nouvelles  marches  de  la  Normandie.  A  l'an  i  065 ,  Orderic  Vital  dit  :  t  Castrum 
quod  Novus  Mercatus  dicitur.  >  —  C'est  dans  ce  château ,  selon  toutes  les  vraisemblances , 
que  fut  tenu,  en  4460,  le  concile  des  évoques  normands  appelés  à  prononcer  entre  les 
papes  Alexandre  III  et  Victor  III.  Les  évoques ,  les  abbés  et  les  barons  anglo-normands , 
convoqués  par  Henri  II ,  décidèrent  en  faveur  d'Alexandre. 

BIBLIOGBAPHIE. 


Orderic  Vital,  •  Hist.  ecclesiast.,  »  t.  u,  p.  34, 112  113, 
tl4;  t.  IV,  p.  198,  207,  322,  440,  485. 
Had.  Vales.,  «  Notitia  Galliarum,  »  p.  388. 
Labbe  etCossart,  s  Sacro-Sancta  Concilia,»  t.x,p.  1,406. 
L'abbé  Fleury,  «  Hist.  ecclésiast.,  »  t.  xv,  p.  98  et  107. 
I>aplessi8,«De8c.géogr.etc.,de  laH*-Nor.,  »i.n,  p.  308. 


Guiimethi  «  Desc.géogr.  bist.  slat.  et  mon.  des  arr.,  * 
1. 111,  p.  184-85. 

P.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  histo- 
riques sur  la  ville  de  Gournay,  »  p.  489-96,  507. 

L'abbé  Decorde ,  «  Essai  historique  et  archéologique 
sur  le  canton  de  Gournay,  »  p.  338-349. 


588  — 


WARDES  (section  de  neufm arche). 

Époque  franque.  —  C'est  à  Wardes  et  au  château ,  dont  quelcpies  restes  subsistent 
encore,  que  naquit  saint  Germer,  le  fondateur  de  l'abbaye  de  Flay,  mort  en  658  ou  en  664. 
Il  vint  au  monde  sous  Clotaire  II;  il  était  fils  de  Rigobert  et  d'Age.  Avant  de  fonder  les 
abbayes  dePentale  et  de  Flay,  où  il  s'est  sanctifié,  il  avait  épousé  Domane  ou  Domaine, 
dame  de  La  Roche-Guyon  et  native  de  Gany-sur-Epte ,  laquelle  est  inscrite  au  catalogue  des 
bienheureux.  —  De  l'an  500  à  540,  pendant  que  saint  Vaast,  d'Arras,  séjournait  à  Beau- 
vais  et  administrait  cette  église ,  il  visita  le  seigneur  de  Wardes  et  l'engagea  à  bâtir  un 
hôpital  et  une  église  dont  il  fit  lui-même  la  dédicace  (l'abbé  Delettre ,  Histoire  du  diocèse 
de  Beauvais,  t.  ler,  p.  186). 


Uabbê  Decorde ,  «  Essai  historique  et  archéologique 
sur  le  canton  de  Gournay,  »  p.  376-380. 

Guilmeth,  «  De&cript.  géogr.,  histor. ,  statist.  et  monum. 
des  arrondiss.,  »  t.  m. 


L*abbé  Malais,  f  Calendrier  normand,  •  p.  35  et  62. 
P.  de  la  Mairie,  «  Supplément  aux  Recherches  histo- 
riques  sur  la  ville  de  Gournay,  •  p.  315. 
Id,  «Recherches  hist.  sur  lavillede  Gournay,»  p.  39-45« 


ERRATA. 


Page  41,  ligne  23,  au  lieu  de  :  8TRVTA,  lisez  :  8TRVCTA. 
Page  165,  ligne  8,  au  lieu  de  :  avocat ,  lisez  :  ancien  magistrat. 
Page  165,  ligne  20,  au  lieu  de  :  t.  m,  lisez  :  t.  iv. 
Page  166,  ligne  32,  au  lieu  de  :  égales,  lisez  :  êcallbs. 
Page  211 ,  ligne  28,  au  lieu  de  :  1865,  lisez  :  1863. 


SUPPLÉMENT 


C.0NTB9IART 


LES    FAITS    CONNUS    OU    ACCOMPLIS 


ARRONDISSEMENT  DE  ROUEN. 


CAITON  DE  PAYILLT. 

PAVILLY.  —  Époque  franqub.  —  Il  est  probable  que 
Pavilly,  qui  avait  une  abbaye  au  vn^  siècle ,  était  déjà 
un  bourg  aves  seigneur  monétaire.  C'est  pourquoi  nous 
sommes  tenté  de  lui  attribuer  les  pièces  portant  la 
légende  :  pavliaco  vico  ,  mentionnées  par  M.  de  Barthé- 
lémy dans  la  Liste  des  noms  de  lieitx  inscrits  sur  les 
monnaies  mérovingiennes  dans  la  Bibliothèque  de  l'Ecole 
des  Charles^  6«  série ,  t.  i",  p.  460 ,  n*  500. 

BARENTIN.  —  Époqvr  inc£rtaimb.  —  Chaque  année,  au 
mois  de  juillet,  la  veille  de  la  fête  de  saint  Hellier,  on 
allumait  autrefois  un  feu  auprès  de  la  chapelle  du  saint 
martyr  de  Jersey.  (  De  Glanville,  Promenade  arcMoL  de 
Rouen  à  Fécamp,  p.  286.  ) 

GAITOI  DE  MAROMME. 

SAINT- AIGNAN  (section  du  Mont-Saint-Aignan).  — 
Époque  imcsrtainb.  —  Sur  Saint-Aignan  se  trouve  la 
Mare  aux  Galeux^  qui  guérissait  des  maladies  de  la  peau. 
La  tradition  prétend  que  la  reine  Blanche  s'y  est  baignée 
et  y  a  baigné  saint  Louis. 

CARTOI  DE  BUCHT. 

BRNEMONT-SUR-BUGHY.  —  Époqub  incbrtainb.  — 
Il  y  a  ici  tradition  d'église  transférée  ;  on  assure  qu'elle 
était  dans  les  terres  appelées  les  TuileKes, 

B0IS8AY.  —  Époqub  incbrtaikb.  —  On  assure  que 
réglise  de  Boissay  a  été  transférée  et  qu'elle  était  autre- 
fois au  haut  d'une  côte. 

CAITOI  DE  DARIÉTâL. 

DARNÉTAL.  —  Époqub  romainb.  —  Le  25  octobre  1865, 
on  a  trouvé  un  nouveau  cercueil  en  plomb  à  côté  de  celui 
qui  a  été  rencontré  au  mois  de  juillet  précédent.  Ce  sar- 
cophage, qui  était  accompagné  de  trois  vases  en  terre 
cuite,  était  long  de  1  mètre  76,  haut  de  32  et  large  de  35. 
(Thaurin ,  Journal  de  Rouen  des  t*'  et  2  novembre  1865). 


CANTON  DE  DUCUIR. 

VILLERS-ÉCALLES.  —  Époqub  bomainb.  —  Dans  le 
courant  de  1865,  des  terrassiers,  occupés  à  extraire  du 
moellon  sur  le  penchant  d'une  côte  appartenant  à  M.  Le- 
cerf ,  ont  trouvé  un  squelette  inhumé  à  1  mètre  de  pro- 
fondeur. Ce  corps  était  accompagné  de  plusieurs  objets , 
parmi  lesquels  on  .a  pu  extraire  entiers  un  vase  de  terre, 
une  jolie  coupe  de  cristal  blanc ,  un  lacrymatoire  en 
verre  et  une  petite  cuillère  en  os.  Tous  ces  objets  étaient 
romains  et  appartenaient  au  iv*  ou  au  v*  siècle.  Ils  sont 
entrés  au  Musée  de  Rouen. 

HÉNOUVILLE.  —  Époqub  romainb.  —  Vers  1845 ,  dans 
un  champ  voisin  de  la  Càboterie ,  un  cultivateur  a  ren- 
contré une  belle  urne  en  verre  verdàtre  et  en  forme  de 
pomme ,  comme  celle  de  Cany. 

Époqub  frakqub.  —  A  l'article  Uénouville  (p.  165),  nous 
avons  parlé  d*un  tombeau  antique  qui  aurait  été  trouvé 
sur  cette  paroisse  en  1T75.  Nous  devions  cette  indication 
générale  et  un  peu  vague  au  Précis  de  l'Académie  de 
Rouen  et  nous  désespérions  d'avoir  jamais  sur  ce  fait  des 
renseignements  que  nous  croyons  perdus  ou  inédits.  Une 
heureuse  circonstance  nous  permet  aujourd'hui  non-seu- 
lement de  connaître  exactement  laplace  où  furent  trouvées 
ces  sépultures ,  mais  encore  de  pouvoir  en  déterminer  la 
nature,  à  l'aide  des  détails  précis  donnés  par  des  documents 
contemporains.  A  l'époque  de  cette  découverte,  il  se  trou- 
vait heureusement  à  Hénouvilie  un  curé  intelligent  nommé 
Rousselin  qui  ne  laissa  pas  le  fait  tomber  dans  l'oubli. 
Il  le  communiqua  à  l'Académie  de  Rouen  pour  avoir 
son  appréciation,  et  hMX  Annonces^  affiches  et  avis  divers 
de  la  Haute  et  Basse-Normandie ,  pour  enregistrement  et 
publicité.  Grâce  au  zèle  d'un  autre  confrère ,  M.  l'abbé 
Faye,  curé  actuel  d'Hénouville,  nous  avons  pu  retrouver 
des  renseignements  plus  complets  et  connaître  le  lieu 
de  l'événement.  Voici ,  du  reste ,  la  note  publiée  par  les 
Affiches  de  Haute  et  Basse-Normandie ,  du  7  avril  1T76 , 
n**  U,  p.  55  : 

«  Dans  une  ferme  de  la  paroisse  d'Hénouville,  dont  est 
propriétaire  M.  l'abbé  Pizelier,  curé  de  Rocquemont,  on 
a  découvert ,  le  30  mars  dernier,  en  défrichant  le  pied 
d'une  montagne ,  deux  tombeaux  ;  dans  l'un,  qui  est  en 
pierre  taillée,  se  sont  trouvés  les  ossements  d'un  corps 


590 


humain  dans  leur  situation  naturelle;  aux  pieds  é<oit  un 
vase  scellé  en  plâtre  dans  lequel  étoit  une  lame  de  fer 
rouillée  qu'on  présume  avoir  été  gravée;  dans  l'autre,  qui 
s'est  moins  conservé  parce  qu'il  n'étoit  qu'en  plâtre,  étoient 
aussi  des  ossements  et  un  vase  de  terre  qui  contenoit 
une  lame  de  fer  plus  petite  que  la  première ,  incrustée 
en  la  forme  d'un  écusson,  une  bague  en  or  brisée  dans  son 
anneau  et  quatre  boutons  de  cuivre.  Il  paraît  difficile 
de  deviner  de  qui  et  de  quel  temps  sont  ces  tombeaux.  » 

Une  note  complétant  celle-ci  parut  de  nouveau  dans  les 
Affiches  de  Noi^maridie ,  le  24  novembre  1775 ,  p.  183. 
Celle-ci  émanait  évidemment  du  secrétaire  de  l'Académie, 
■dont  ce  périodique  parait  avoir  été  l'organe.  Nous  la 
donnons  telle  qu'a  bien  voulu  nous  la  copier  M.  de  Beau- 
repaire. 

«  M.  le  curé  de  la  paroisse  d'Hénouville  vous  a  fait 
savoir  que,  le  30  mars  de  cette  année,  en  défrichant 
au  pied  d'une  montagne  du  dixmage  de  cette  paroisse, 
l'on  avoit  découvert  un  tombeau  dans  lequel  il  s'étoit 

trouvé  quelques  antiquités G'étoit  deux  plaques  de 

fer,  dont  l'une  offroit  quelques  vestiges  d'incrustations 
en  argent;  c'étoit  un  anneau  en  or  et  quelques  boutons 
ou  clous  de  cuivre  que  l'on  peut  soupçonner  avoir  origi- 
nairement Ûxé  les  deux  plaques  dont  on  vient  de  parler. 
L'on  y  a  trouvé  de  plus  un  pot  en  terre  grise  de  3  pouces 
de  profondeur,  et  le  tout  étoit  avec  des  ossements  hu- 
mains que  recouvroit  une  pierre  triangulaire.  La  tra- 
dition du  pays  vous  apprend  qu'en  ce  même  endroit,  jadis 
l'on  a  vu  de  forts  anneaux  de  fer  scellés  comme  pour  y 
attacher  des  vaisseaux,  quoique  aujourd'hui  la  rivière  de 
8eine  en  soit  éloignée  d'un  quart  de  lieue.  Enfin  Ton  se 
souvient  que  anciennement  on  a  tiré  en  cet  endroit  de 
très  grosses  pierres  de  taille  qui  sembloient  annoncer 
d'anciens  fondements  d'un  édifice  considérable.  L'Aca- 
démie est  devenue  propriétaire  de  cette  espèce  de  trésor.  » 

(Je  dont  l'Académie,  ni  le  journal ,  ni  le  public  ne  se 
doutaient  alors  ,  c'est  que ,  moins  d'un  siècle  après  naî- 
trait en  Normandie  une  science,  appelée  Archéologie, 
qui  donnerait  la  raison  et  la  date  de  ce  tombeau  où  eux 
ne  voyaient  que  les  ténèbres  de  la  mort.  Ces  cercueils, 
en  elTet,  sont  francs  ;  ces  plaques  sont  des  agrafes  damas- 
quinées si  communes  dans  nos  sépultures  mérovin- 
giennes ,  et  enfin  ce  vase  aux  pieds  c'est  le  trait  caracté- 
ristique de  l'inhumation  barbare. 

GAÏÏTOI  D'ELBEUF. 

CAUDEBEC-LÈS-ELBEUF.  —  Époque  gauloisb.  — 
Dans  la  nie  Alfred^  à  côté  du  jardin  où,  en  juillet  1864 , 
il  avait  été  trouvé  des  urnes  gallo-romaines  du  premier 
siècle,  j'ai  pratiqué  une  fouille  au  mois  de  décembre  1865. 
Cette  exploration  a  eu  lieu  dans  le  jardin  de  M.  Rault, 
marchand  de  déchets.  J'ai  rencontré  dans  une  terre  argi- 
leuse une  douzaine  d'urnes  cinéraires,  dont  six  au  moins 
appartenaient  à  l'art  gaulois,  tandis  que  six  autres  pou- 
vaient être  revendiqués  par  Tart  romain  du  premier  siècle. 
Les  urnes  gauloises,  toutes  en  forme  de  pot-à  fleur ,  étaient 
en  terre  grossière  et  mal  cuite,  et  n'avaient  pas  été  faites 
au  tour.  Ces  vases  contenaient  des  os  brûlés;  au  milieu  du 
dépôt  incinéré ,  se  trouvait  une  fibule  en  fer  à  ressort. 


Les  six  urnes  gallo-romaines  étaient  en  terre  noire , 
se  rapprochant  de  la  forme  ollaire  du  pot-au-feu  ^  mais 
d'une  pâte  bien  choisie ,  bien  vernie  et  élégamment  faites. 
Une  seule  d'entre  elles  était  recouverte  d'un  bol  ren- 
versé. Toutes  étaient  remplies  d'os  brûlés  et  plusieurs 
avaient  leur  fibule  de  fer,  ornementasses  caractéristique 
de  l'époque  gauloise.  Une  cependant  avait  une  fibule  à 
ressort  en  fil  de  cuivre  accompagnée  d'une  chaînette  de 
bronze. 

La  plus  riche  de  ces  urnes,  qui  était  peut-être  tîelle  d'une 
fbmme,  renfermait,  outre  la  fibule  de  fer,  une  clé  aassi 
en  fer  et  à  trois  dents,  un  anneau  en  cuivre  pour  le  doigt 
et  trois  bracelets  de  bronze.  L'un  des  bracelets  est  un  cercle 
assez  semblable  à  une  grande  boucle-d'oreille;  l'autre  est 
un  cercle  incomplet  formé  avec  un  fil  très  fort;  le  troisième 
enfin  est  un  grand  anneau  fait  d'une  lame  de  cuivre 
arrrondie  qui  doit  contenir  dans  son  sein  du  bois  ou  du 
liège. 


ARRONDISSEMENT  DE  DIEPPE. 


GAITOI  DE  LOIGUEYILLE. 

CROSVILLE  -  SUR  -  SCIE.  —  Époqub  aoMAncB.  — 
M.  l'abbé  Comont  possède  un  bronze  de  Faustine,  trouvé 
à  Crosville  en  abattant  un  arbre. 

BELME8NIL.  —  Époque  romaike.  —  Dans  le  cimetière 
qui  entoure  l'église,  on  a  vu  des  fragments  de  vases 
romains  sortir  des  fosses. 

CAinrOII  DE  BELLEVCOHBRE. 

ROSAY.  —  Époque  franqub.  —  Dans  une  charte  de 
Pépin-le-Bref  délivrée  en  750  à  l'abbaye  de  Saiut-Denis , 
il  est  question  d'une  localité  du  Talou  appelée  «  Rau- 
sedo...  in  Tello  pago.  »  Nous  sommes  porté  à  penser  avec 
Duplessis  qu'il  s'agit  de  Rosay,  près  Bellencombre. 
{Desc,  géogr.  et  hist.j  t.  i»*",  p.  4T7.  —  Le  Prévost,  Mém» 
ds  la  Soc.  des  Antiq,  de  Nomi.^  t.  xi,  p.  8). 

CAMTOH  0*£n. 

EU.  —  Époque  frjinque.  —  Dans  sa  Liste  des  noms  de 
lieux  inscrils  sur  les  monnaies  mérovingiennes,  publiée 
par  la  Bibliothèque  de  l'École  des  Charles  (6*  série,  t.  i**, 
p.  450-451.)  M.  A.  de  Barthélémy  cite  les  noms  de  agvsta 
et  de  AVSTA,  et  il  propose  les  noms  de  Aoste  (Italie)  et 
d'Aouste  (Drome).  Pourquoi  ne  pas  proposer  aussi  Eu  et 
Aouste  qui  portaient  également,  au  vu*  et  au  viii*  siècle, 
les  noms  d'Austa  et  d'Agusta, 

GÂNTOIf  D'OFFRiNTIUE. 

LE  PETIT- APPEVILLB  {section  is  Hauiol).  —  Époo«e 
FRAKQUB.  —  Dans  le  courant  de  janvier  i8G6,  M.  Harlé, 
chaisier  au  Petit-Appeville,ftiisait  niveler,  pour  la  culture, 
un  terrain  situé  sur  le  penchant  dHine  eetUne  qui  porte 
le  nom  de  Câte-Enragée,  Les  ouvriers  employé»  à  oe  tra- 


voit  na  Urdëreat  pas  i  découvrir  des  ossemonts  humains 
placAs  dans  des  fosses  de  craie  et  accompagnés  de  vases 
en  terre  noire ,  de  sabres  de  Ter  et  de  plusieurs  autres 
«Menulea  de  métal.  H.  Harlé  ayant  eu  la  bonne  pensée 
de  me  prévenir  de  cette  découverte,  je  continuai  le  tra- 
vail de  l'exploration.  Pendant  cette  opération ,  qui  ne 
durs  pas  moins  de  dix  jours,  Je  constatai  la  présence 
d'une  vinglaine  de  sépultures,  parmi  lesquelles  on  recon- 
naissait aisément  la  présence  d'bommes  et  de  femmes  ,- 
d'enlanta  el  de  jeunes  gens,  d'adultes  et  de  vieillards. 

Tous  ces  corps,  posés  dans  des  fosses  de  craie  et  â  peu 
de  profondeur,  étaient  orientés  dans  le  sens  de  la  vallée; 
les  pieds  au  sud-est,  la  tôte  au  nord-ouest.  Presque  tous 
possédaient  avec  eux  des  objets  meubles  déposés  par  ]es 
parents  dans  une  pensée  religieuse  dont  nous  nous  ren- 
dons diSicilement  compte  aujourd'hui.  Une  dizaine 
avaient  aux  pieds  des  vases  noirs  qui  ont  dû  contenir  de 
l'eau  bénite.  Trois  d'entre  eux  montraient  des  bagues  de 
bronze  à  l'un  des  doigts  de  la  main  gauche.  Quatre  ou 
cinq  avaient  à  la  oeinture  de  belles  plaques  de  kronie 
ciselé  et  argenté.  Un  plus  grand  nombre  ont  présenté 
des  plaques  et  des  contre-plaqués  de  ceinturon  en  fer 
damasquiné. 

L'incrustation  et  la  plaque  d'argent  étaient  encore  bien 
conservés.  Sept  soldats  ont  rendu  leurs  sabres;  beaucoup 
d'autres  ontdonné  des  couteaux.  Une  femme  a  offert  son 
collier  de  perles  en  p&te  de  verre,  ses  Obules  ou  broches 
de  bronie  dont  une  avait  la  forme  d'une  double  croix. 
Une  autre,  que  nous  repro- 
duisons ici,   était  recouverte 
d'une  feuille  d'argent  estampée. 
L'objet  le  plus  précieux  était 
une  boucle  d'oreille  composée 
d'un  grand  anneau  de  cuivre 
avec  pendant  en  boucle  de  pAte, 
recouvert  de  lamelles  d'or.  Ces 
lamelles,  ornées  de  filigranes, 
avaient  des  tubes  de  verre.  — 
Ce  cimetière  avait  tous  les  ca- 
ractères de  l'époque  mérovingienne  du  vu*  au  w'  siècle 

e&RTOI  D'EHVERIEV. 

DOUVKETJD.  —  Époqoe  frakqub.  —  Dans  le  courant 
d'octobre  1865,  j'ai  pu  faire  à  Douvrend  une  fouille 
archéologique;  je  l'ai  dirigée  dans  le  Camp  de  l'arbre 
là  où  avaient  eu  lieu  les  découvertes  de  1838.  J'offre 
l'analyse  de  celles  qu'il  m'a  été  donné  de  faire  en  1865. 
Ne  pouvant  énumérer  les  objets,  je  les  classerai  par 
principauiL  groupes. 

n  s'est  rencontré  deux  vases  de  verre,  chose  rare  dans 
les  sépultures  franques.  L'un  est  un  bol  légèrement  cûtelé, 
l'antre  une  petite  Ûole  ronde  et  unie.  Los  vases  de  terre 
étaient  infiniment  plus  nombreux.  Nous  en  avons  compté 
jusqu'à  vingt-quatre ,  tant  entiers  qu'en  morceaux.  Quel- 
ques-uns étaient  blancs,  d'autres  rouge&tres;  mais  le 
plus  grand  nombre  étaient  noirs;  deux  avaient  des  anses, 
trois  étaient  en  forme  de  plateau.  Presque  tous  avaient 
sur  ta  panse  des  ornements  en  creux,  faits  &  l'estampille 
et  reproduisant  des  motilb  byzantins.  { 


Plusieurs  de  ces  vases  étaient  accompagnés  de  patelles, 
coquilles  marines  venant  de  nos  cAtes ,  dont  la  présence- 
ici  a  quelque  droit  de  nous  surpendre. 

Les  Francs  de  Douvrend,  comme  ceux  de  Londinières 
st  d'Envermeu,  étaient  escortés  de  leurs  armures  et  parés 
de  leurs  bijoux.  Les  armes  se  composaient  de  couteaux , 
de  sabres,  de  haches,  de  lances  et  de  (lèches,  le  tout  en. 
fer.  Il  a  été  recueilli  quatre  pointes  de  Qéclies,  dont  une 
en  losange  et  l'autre  barbelée;  cinq  haches,  dont  une 
é^it  à  lame  ouverte  et  carrée;  cinq  sabres  tranchant 
d'un  seul  c6té  et  presque  toujours  munis  d'une  double 
rainure  ;  sept  fers  de  lance  ,  de  forme  et  de  longueur 
variées,  et  enfin  plus  de  vingt  couteaux  dont  un  étoit 
dans  un  étui  de  bois  et  plusieurs  dans  une  gaine  de  cuir 
ou  de  peau. 

L'arme  la  plus  étrange  qui 
se  soit  présentée  est  une  espèce 
de  faucille  ou  crochet  tran- 
chant et  recourbé,  muni  an  dos 
d'un  dard  ou  d'une  pointe. 
Nous  reproduisons  ici  cette 
arme  dont  l'analogue  ne  nous 
était  pas  encore  tombé  Eotis  la 
main  el  nous  ne  l'avons  jamais 
vue  figurer  dans  aucun  recueil 
d'archéologie  germanique  (1). 
Nous  la  croyons  une  arme 
parce  que  nous  l'avons  ren- 
contrée aux  pieds  d'un  mort,  à 
cété  d'une  lance. 

Les  bijoux  et  objets  de  toi- 
lette se  com  posaient  de  boucles, 
defibnles,  de  boucles  d'oreilles, 
de  boutons,  d'anneaux,  de  col- 
liers, de  bracelets,  de  ciseaux, 
de  pinces  à  épiler,de  terminai- 
sons de  ceinturon,  de  chaî- 
nettes, etc.  Il  y  en  avait  en  fer, 
en  bronze  et  en  argent.  Les  col- 
liers et  les  bracelets  se  compo- 
saient surtout  de    perles  de 
verre  où  dominaient  le  blanc 
et  le  bleu.  Quelques-uns  cependant  étaient  en  émail  ou 
pâte  de  verre  ;  il  y  avait  aussi  quelques  perles  d'ambre. 
La  plupart  des  fibules  étaient  en  bronze  ou  en  verro- 
terie cloisonnée  ;  les  unes  étaient  circulaires,   d'autres 
imitaient  des  animaux  tels  que  vers  de  terre  et  oiseaux  de 
proie.  Les  boucles  d'oreilles  étaient  généralement  en 
laiton,  ayant  pour  pendants  quelques  perles  de  vorre. 
Une  toutefois  était  en  argent,  de  forme  torse,  avec  boule 
de  pAte  garnie  de  verroterie  coloriée. 

Quelques  monnaies  se  sont  rencontrées,  mais  &  l'excep- 
tion d'une  !>eule ,  toutes  servaient  d'ornement.  Cea  der- 
nières étaient  romaines  du  ni'  siècle.  Elles  avaient  été 
Ibrées  pour  être  suspendues  à  un  bracelet  ou  à  un  collier  ; 
c'est  ainsi  qu'elles  ont  été  rencontrées.  Une  seule  était 

[llJ'exuple,  loiiletait,  la  pieu  de  brouc  nEnrtepu  U.  Liodriisrliinit 
dui  ■«!  ■  ÀntiqiiiUt  dt  nu  a%Mni  palfu.  >  Hcll.  xit.  Tilel  S,  n-  3  : 
U  iMca  CM  m  Uiite  d«  Stsugirt. 


592 


placée  sur  la  poitrine  d'un  mort,  et  celle-là  est  le  monu- 
ment le  plus  curieux  de  la  fouille.  C'est  une  pièce,  ou 
plutôt  une  pellicule  d'argent,  d'une  ténuité  sans  pareille 
et  d'un  poids  à  peine  appréciable.  Son  diamètre  est  de 
15  à  16  millimètres.  Au  moment  de  la  découverte,  la  frappe 
en  était  parfaite  et  la  conservation  admirable.  Malheu- 
reusement elle  a  été  brisée  depuis.  La  rencontre  de 
pareilles  pièces  est  tellement  rare ,  que  c'est  presque  un 
événement  numismatique.  Il  en  fut  ainsi  de  quatre 
pièces  semblables  trouvées  à  Envermeu,  en  1854,  et  qiii 
ont  été  interprétées  par  M.  Thomas ,  de  Rouen. 

Ces  sortes  de  monnaies ,  fines  et  légères ,  ont  un  avan- 
tage inappréciable ,  celui  de  mieux  dater  que  toute  autre 
chose  le  milieu  où  elles  se  rencontrent,  leur  fragilité  s'op- 
posant  à  leur  longue  durée. 

La  pièce  de  Douvrend  a  été  soumise  à  M.  de  Longpérier, 
ie  véritable  oracle  de  la  numismatique  française.  Voici 
quelle  a  été  la  réponse  du  savant  archéologue  :  «  Votre 
monnaie  est  si  fine  qu'on  n'ose  y  toucher;  ce  qui  n'est 
pas  commode  pour  l'étude.  Ensuite  la  fracture  eat  un 
obstacle  à  la  vue  du  type  complet.  On  distingue  quelque 
chose  comme  DIVT  JV8TI. . .  Il  y  a  peut-être  une  imita- 
ion  des  légendes  :  D.N.  IVST  GRAT.  HONORI.  — 
D.N.  IVL  MAIORIANVS.  -  D.N.  LIBIVS  SEVERVS. 
-D.N.  IVL  NEPOS. 

«  Quant  au  type  de  la  Victoire  tournée  à  gauche,  tenant 
une  croix  longue ,  il  commence  vers  421  avec  Théodose  II 
et  Galla  Placidia,  pour  finir  avec  Anastase  (518)  et  em- 
brasse par  conséquent  environ  un  siècle.  Mais  il  ne  se 
voit  que  sur  l'or.  Justin  I**  y  a  substitué  la  Victoire  de  face. 

«  Nous  avons  donc  sous  les  yeux  une  imitation  d'argent 
d'un  quinaire  d'or  du  v*  siècle  ou  du  commencement 
du  VI*,  très  différent  des  monnaies  mérovingiennes  pro- 
prement dites.  • 

Nous  avons  laissé  la  parole  au  savant  numismate.  Nous 
ne  la  reprendrons  que  pour  dire  que  nous  supposons 
cette  pièce  frappée  en  Gaule  et  au  milieu  de  l'anarchie  qui 
y  régna  pendant  le  v*  ou  le  vi'  siècle.  Nous  la  considé- 
rerons ensuite  comme  déposée  ici  au  vi*  ou  au  vu*  siècle 
sur  un  mort  de  cette  époque.  Dans  quel  but?  c'est  ce  que 
nous  ne  saurions  dire. 


ARRONDISSEMENT  DU  HAVRE. 


CÂITOH  DE  lOHTlYILLIERS. 

ÉPOU VILLE.  —  Époque  ingbrtaimb.  —  Vers  1853,  il  a 
été  trouvé ,  en  abattant  un  arbre ,  un  vase  de  bronze  avec 
anse  en  fer. 

CAITOH  DE  GODERYnXS. 

DAUBEUP-SERVILLE.  —  Époqub  franque.  —  Le  9  fé- 
vrier 1866,  on  a  trouvé,  en  plantant  un  arbre,  un  cercueil 
de  pierre  en  deux  morceaux ,  plus  étroit  aux  pieds  qu'à 


la  tète  et  contenant  un  squelette  humain.  Ce  sarcophage 
orienté  est  et  ouest  avait  20  centimètres  d'épaisseur, 
2  mètres  30  de  long ,  80  centimètres  de  large  à  la  tôte 
sur  65  aux  pieds,  la  hauteur  était  de  60  centimètres.  Avec 
le  mort  se  trouvaient  un  couteau  de  fer  placé  à  la  ceinture 
et  une  jolie  petite  fiole  de  verre  couleur  jaune  olive,  de 
forme  bombée  et  placée  aux  pieds  du  défunt.  Je  crois  cette 
sépulture  de  l'époque  franque.  J'en  dois  la  communi- 
cation à  M.  l'abbé  NicoUe ,  curé  de  la  paroisse. 


GANTOH  DE  8AIHT-R0IAIH-DE-C0LB08G. 

SAINEVILLE-SUR-SEINE.  —  Époque  romaine. 
a  trouvé  sur  Saineville  im  bel  aureus  d'Adrien. 


-  On 


aNTOH  DE  BOLBEC. 

LANQUETOT.  —  Ëpopus  romaine.  —  En  élargissant  un 
chemin  qui  conduit  de  Lanquetot  à  la  station  de  Nointot, 
on  a  trouvé ,  au  lieu  dit  VEpine ,  des  vases  romains  en 
terre  rouge.  Un  bronze  du  Bas-Empire  a  été  recueilli  à  la 
Haricoiière. 

Époque  incertaine.  —  Près  VEpine ,  le  peuple  prétend 
que  l'on  voit  une  dame  blanche;  il  assure  également  que 
près  le  château  on  voyait  une  béte  blanche  et  un  cheval 
sans  tète. 

CAITOH  DE  LILLEBOHE. 

AUBERVILLE-LA-GAMPAGNE.  —  Époque  incertainb. 
—  Au  hameau  du  Garrouge ,  il  y  a  tradition  de  dame 
blanche. 


ARRONDISSEMENT  DE  NEUFCHATEL. 


GAHTOH  DE  HEUFCHATEL. 

MANONVAL  ou  MÉNOUVAL.  —  Époque  gauloisb.  — 
Le  Musée  de  Neufchàtel  possède  une  belle  hache  en  silex 
gris,  trouvée  sur  cette  commune. 

aNTOH  DE  LOHDIHIÈRES. 

LONDINIÊRES.  —  Époque  gauloise.  —  Le  Musée  de 
Neufchàtel  contient  quatre  hachettes  de  pierre,  trouvées 
dans  le  bourg  de  Londinières. 

aHTOH  D'AUHALE. 

GRIQUIERS.  ~  Époque  romaine.  —  Au  dépôt  de  nos 
Archives  départementales ,  on  trouve  une  pièce  de  1782, 
sur  laquelle  on  lit  qu'en  faisant  des  fouilles  au  Bois^des- 
Puits  «  où  étoient  une  chapelle  et  un  cimetière  avant  Té- 
rection  de  la  paroisse  de  Griquiers,  en  1304,  on  découvrit 
les  marches  de  fondation  d'un  bâtiment  de  40  pieds  de 
longueur  et  de  30  de  largeur,  des  tuiles  très  antiques  par 
la  forme,  sans  pouvoir  dire  quel  genre  de  bâtiment  exis- 
toit  jadis  dans  les  communes  (p&tis  communaux).  On  dé- 
couvrit aussi  plusieurs  ossements  de  corps  humains  en 
plusieurs  endroits.  > 


TABLE  GÉOGRAPHIQUE 


OBS 


NOMS  DE.  LIEUX  DE  LA  SEINE-IHFÉEIEURE  MENTIONNÉS  DANS  LES  TITBES  OD  MONUMENTS 

DES    ÉPOOIES    GAILOISE,    ROMAINE,    FnA^•0«E    ET    NOBMAKDE. 


g»t"T    l« 


Abbatia,  246. 

Aencuria,  253. 

Ajusta,  3! 9-320,  590. 

Aiencort,  253. 

Alacris  Mons,  308. 

Albamalla,  559. 

Albamarla,  659,  5GI. 

AlceiuiD,  561. 

Alciacum,  561. 

Alcis,  561. 

Alfaçium,  278. 

Altafagus,  278. 

AltifaguSj  278. 

AmundiviUa,  285. 

Angerivilla,  307. 

Anglicevilla,  279. 

Anselmivilla,  19!. 

Ansgerivilla,  307. 

Ansgoth  Moulins,  482. 

Ansoltot  y  392. 

Arcas,  33.  250. 

Arelao  villa,  493. 

Arelaune  fiscus,  493-496. 

Arelaunensis  foresta,  32,  493-96. 

Arelaunensis  Sylva,  32.  495-96. 

Arclauno  palatio,  495. 

Arelaunura  villa,  32,  495-96. 

Arsigny,  264. 

Artiliacum,  437. 

Atiliacum,  437. 

Auchy,  32,  561. 

Aucum,  319. 

Auga,  28,  29,  30,  00,  01,  318,  320, 

331,  471,  506. 
Angensis  pagus,  33-34,  318-320. 
Augum,  33,  559. 

Augusta,  33,  42,  56,  60,  77,  78,  325. 
Ausciacum,  32. 
Austa,  33,  318,  590. 
Auva,  33,  319. 


Balciduum,  275,  278. 
Balcinium,  275,  278. 
Baliletum,  542. 
Baliolum.  542. 
Barentini  villa,  37,  184. 


Barentinum,  3^,  184. 
Bascheryth  villa,  481. 
Bcaubequet,  272. 
Beccum  Caletensium,  460. 
Beccum  de  Mortuo  stagno,  377. 
Beccum  MauritaniaB,  350. 
Beccum  Vauquelini,  3:o. 
Belcinac,  32,  480,  495. 
Belci'naca  insula,  32,  480,  495. 
Bellum  Bequetum,  272. 
Belnaium,  279. 
Bel-Repaire,  353.      . 
Belvaium,  279. 
Berchégny,  254. 
Berthevilfe^  255. 
Bertinevalhs,  235. 
Betone  Curtis,  rî48. 
Bettonis  Curtis,  548. 
Bierville,  393. 
Bileville,  393. 
Blossa,  440. 
Blesse  villa,  33. 
Bolbec,  44,  63. 
Bordelli,  355,  337. 
Boscum  Puteonim,  565. 
Boulent.  225. 
Bracensis  pagus,  33. 
Bracbemonlis,  263. 
Brachemunt,  263. 
Braciacum,  287. 
Braii  Monasterium,  585. 
Brève  Monasterium,  581. 
Brinevallis,  255. 
Britavilla.  379. 
Britenevallis,  33,  255. 
Britonis  sylva,  495. 
Brothonl8d  sylva,  495. 
Bninent,  225. 
Buretum,  .S44. 
Buris,  33. 
Burnent,  32,  225. 
Busley,  604. 
Buxetum,  535. 


Calceia,  63,  71,  266,580. 
Calcia,  187. 
Caldebec,  32,  226. 


Calodu,  9,  11,  396. 

Calet,  9,  396. 

KciKerai    396. 

Calètes,  9-12,  23-29,  :)9f.. 

Caletensis  pagus,  32-33. 

Galetum,  11,  396,  477. 

Calidois  (Le),  396,  477. 

Galidos  Bequetos,  479. 

Calidu,  477. 

Calidum  Beccum,  479,  480. 

Galidum  Bequetum,  479. 

Calliaco,  197. 

Calliacum,  32,  197,  273. 

Calliacus,  32,  197,  273. 

Ganehan,  327. 

Capetval,  537. 

Caprimont,  241. 

Caput  Caleti,  335,  336. 

Garacotinum,  43,  46,  69,  66,  342, 

363,  397. 
Gastellarium,  265. 
Gastellum,  265. 

Castra  Constantia,  25,  387,  501 . 
Cella  Sancti  Sidouii,  32,  521. 
Chanaan,  327. 
Ghantemella,  580. 
Chauchée.  187. 
Cbef-de-Caux,  61,  335,  336. 
Chenean,  327. 
Chevillei,  158. 
Chief-de-Caux,  336. 
Cité  Calet,  9,  396. 
Cité  Calète,  9,  396,  477. 
Cité  de  Limes,  16,  97-102. 
Cleidas,  529,  54  t. 
Colleno,  197. 
Colliaco  vico,  197. 
Comitis  Molendina,  465. 
Conouets  Hue  de  Gournay,  582,  L$3. 
Corolm,  151. 
Creolium,  326. 
Cresciaco,  27 1. 
Gressenium,  271. 
Griolium,  326. 
Crisciaco,  271. 
Gultis  pa^s,  289. 
Culventivilla,  327. 
Culvertivilla,  327. 
Curborius,  34,  326,  329. 
Curia  Gigantis,  1C6. 

75 


594  - 


Deppty  235. 
Dersigny,  254. 
Douvrend,  307. 
Dricourt,  498. 
Driencourt,  33,  498. 
Driencuria,  33,  498,  500. 
Drincourt,  498. 
Dunum,  33,  246,  247. 
Durclaro,  163. 
Duroclanim,  32,  163. 


Ëawy,  272. 

Ebrardi  Ecclesia,  246. 

Ebremau,  292. 

Ebremou,  292. 

Ecucotitium,  309,  350. 

Edremau,  33,  292. 

Ëliocati,  (25. 

Eora,  329. 

Era,  327. 

Ërmeinvilla,  44. 

Ernoldi  Mens,  205. 

Escales,  474. 

Esletot,  470. 

Estructat.  358. 

Estrudara,  358. 

Estrutat,  358. 

Evra,  329. 

Evrardi  Ecclesia,  32,  246. 

Evremou,  33,'  292. 


Feritas,  571. 

Firmitas,  275. 

Fiscannensis  sylva  ou  foresta,  63, 

66,  352,  366-367. 
Fiscannum,  363,  369. 
Flamanvilla,  428. 
Font  Théodore,  34. 
Fontanella,  32,  483. 
Fossa  Gastrensis,  565. 
Fossa  Guiraldi,  338. 
Fossata  Régis,  5lo,  563,  564. 
Fosse-de-Leure ,  338. 
Fract&  Molâ,  428. 
Fracto  Molendino,  428. 
Franchœ  Villulœ,  212. 
Fretiaco,  510. 
Fustes  planlati,  66,  367. 


Gauriacum.  33,  288. 

Gemedico  Caletorum,  171. 

Gemegias,  170. 

Gemeiiaco,  171. 

Gemeticum  ouGemnTeticuro,  32, 169, 

170. 
Geminiaco,  170. 
Gemmapium,  34. 
Gerunvilla,  453. 
Gimeias,  170. 
Giraldi  Fossa,  338. 
Girardi  Fossa,  338. 
Girardi  Villa,  338. 
Girnivivilla,  452. 
Godardi  Villa,  375. 
Goislenfontana,  573. 
Gommerviile,  385. 
Gornacum,  33,  580. 


Grainvilla,  437. 

Gravinum,  28,  29,  54,  56,  58,  59,  67, 

452-453,471. 
Gregium  ,  254. 
Gressus,  289. 
Gressus  villa,  289. 
GroiDg-de-Caux,  336. 
Guiroidi  Fossa,  338. 
Gyraviila,  63. 


Haia  Archiarum,  248. 
Haismesdis,  .'>40. 
Haismesdies ,  540. 
Harecort,  447. 
Harecourt,  447. 
Hareileu,  345. 
Harefloet,  44,  345. 
Harflor,  32. 
Haretlot,  345. 
Hareflotum,  344. 
Hareiluctus  345. 
Hareflue,  345. 
Harofluet,  45,  345. 
Haroflutum,  344-45. 
Herecort,  447. 
Hericort,  447. 
Hericuria,  33,  447. 
Herosfloth,  344. 
Herosfluet,  344. 
Hesmedis.  540. 
Hogis  (Sylva  de),  367. 
Hosdinium,  557. 
Hulfloat,  343. 
Huivedala,  387. 


Iccius  Portus,  371. 
Icport,  371. 
lifebona,  397. 

Insula  Bona,  33,  44,  63,  397. 
lov^KtoCovet,  24,  28,  396-97. 
Isnelli  Villa,  278. 
Isnelville,  33,  278. 
Ivetot,  422. 


Jardin  (T^e),  247. 

Juliabona,  24,  33,  414,  415. 

Juliobona,  24,  26,  28,  30,  31,  32,  48, 
46,  54,  55,  58,  59,  67,  343,  396-415, 
471,478.  ' 


Kadolent,  45,  346. 
Kaledu,  il,  396. 
Kalet,  11,  396. 
KoLKêTùtt,  396-97. 
Kenehatn,  327. 
Ki-de-Caus,  336. 


Landa  de  Calceio,  578. 

Lalomagus,  8J. 

Laubias,  485. 

Limes  (Cité  de).  16,  257-263. 

Limis  (Castellum  de),  257. 

Limouse,  178. 

Limoux,  178. 


Lincourt,  498. 
Littus  saxon icum  ,  26. 
Logiae,  33,  374. 
Logium,  32,  342,  478,  483. 
Londinarias,  33,  529. 
Longa  Pelentis  villa,  207. 
Longavilla,  264. 
Longum  Pedanum,  32,  207. 
Longum  Penanuni,  207. 
Lotomagus,  83. 
Lotum,  28,  46,  67,  72,  7J,  343,  477- 

479,481,  483. 
Luchiacum,  512. 
Luciacum,  75,  512. 
Luliobona,  397. 
Lundinarias,  529. 
Luneracum,  33,  291. 
Luturo,  478,  480. 
Lymœ,  235. 
Lymes  (Cité  de),  257. 


Magna  Vallis,  44,  63, 357. 

Malcha,  563. 

Maltavilla,  428 

Martineium,  248. 

Martini  Ecclesia,  252. 

Mateputenam,  563,  578. 

Mesnil-Haquet,  268. 

Molle  Grofta,  489. 

Monasteriolum,  276. 

Monasterium  Oolerii ,  Hoolerii ,  Ode- 

lerii,  Odilerii,  33,  525. 
Moriacùm ,  25,  288. 
Morimonteni ,  505. 
Morinnam,  561. 
Mucedent,  268. 


M 


Novavilla,  44. 
Novientum,  501. 
Novum  Castrum ,  75. 
Novus  Mercatus,  33,  587. 


Oiseleria  44 

Oscellus/Oscellum,  31,  32,  136,  157. 
Osulflvilla,  426. 
Ou,  33,  318,319. 


Pagus  Augensis,  33-34,  313-319. 

Pagus  Caletensis,  32-33. 

Pagus  Rotomagensis,  31-32. 

Pagus  Talogiensis,  32-33. 

Paldriacus,  48,  187. 

Parcus,  392. 

Pauliacum,  32,  176,  276,  589. 

Pauliacus,  32,  i76,  276. 

Peltot,  385. 

Peniieu,  318. 

Penlyu,  388. 

Petrœ  Vallis,  205. 

Petra  Ficta,  73. 

Petra  Fixa,  353. 

Phnidis  fluvius,  325. 

Phrudis  ostium,  325. 

Pisceium,  188. 

Pistis ,  32. 

Portus.  58-59. 

Portus  Veneti,  58-59. 


—  595 


Poteria,  3&2. 

Pratum  de  la  Bataille,  479. 


Quatuor  Molas,  428. 
Quief-de-Caux,  336. 
Quitefleda,  Quitêflôde,  32,  67. 


Bames,  44. 

Ratier-Gastel,  418. 

Ratuma,  I2ô. 

Ratumacos,  10,  125,  49S. 

Ratumagus*  28,  83. 

Rausedo,  à90. 

Remota,  37ô. 

Rodemarus,  483. 

Rodobech  fluviolus,  209. 

Rodomu3,  Rotomvs,  Rodomo,  Ro- 
tomo,  Rotome,  etc.,  32,  83,  8",  91, 
129,  131,  132,  133,  140-l50. 

Rotmariacas,  483. 

Rotmarias,  47. 

Rotmarus,  32,  483. 

Rotmensis  mara,  187. 

Hotmensis  pagus,  187. 

Vo70(JLaLyof,  10,  24,  28. 

Rotomagus,  Rothomagus,  Rotomagi, 
Rotomago,  etc.,  10,  26,  28,  29,  3o, 
32,  48,  49,  62,  68,  70,  83-87,  129- 
133,  140-150. 


Salbus,  154. 
Sancta  Maria,  356,  528. 
Sancti  Stephani  villa,  160. 
Sanctus  Aibinus  de  Sarquelet,  386. 
Sanctus  Jacobus,  209. 
Sanctus  Machutus,  378. 
Sanctus  Mallonus,  33,  447. 
Sanctus  Medardus,  284. 
Sanctus  Roroanus,  43, 44,  63^  385. 
Sanctus  Salvator  in  Campanià,  383. 
Sanctus  Salvius  in  Brago,  32,  507. 
Sanctus  Sidonius,  33,  52  i. 


Sanctus  Vadastus,  309. 

Sanctus  Valericus,  439. 

Sarcophagii,  574. 

Sarcophagny,  386. 

Sarqueux,  574. 

Scibertivilla ,  264-265. 

Scrotœvilla,  223,  458. 

Sedana,  287,  288. 

Sennan,  291,  336. 

Sennau,  291,  386. 

Septe  Molas,  33,  328. 

Septem  Moloe  ou  Molas,  328. 

Skekevilla,  310. 

Sotavilla,  435. 

Spinetum,  238,  527. 

Stratella,  160. 

Straticurtis,  565. 

Stritella.  160. 

Strudard,  358. 

Strutat,  358. 

Strutella,  160. 

Sylva  Arelaunensis,  495. 

Sylva  Britonis,  63.  66,  496. 

Sylva  Fiscannensis,  352,  366-67. 

•     T 

Talanus  pagus,  277. 

Talogiensis  pagus,  33. 

Talou  pagus  ou  comitatus,  284,  288, 

292,  307,  309,  327,  437,  505. 
Taunacum,  436. 
Tellau  pagus,  287,  289,  328,  389,  436, 

529,  540. 
Tinctuaria,  452. 
Toscarias,  275. 
Tractus  Armoricus,  26,  28,  33. 
Très  Petrae,  385. 
Tristisvilla,  309. 
Turholmum,  151,157. 
Turbulmum,  157. 
Turmothvilla,  474. 


U 


Tthtoïictdi    11,  125. 
Uggate  ou  Uggade ,  27  ,  50 ,  52  ,  53  , 
217,  218,  219,  220-227. 


Ulmirus,  495,  545. 
Ulmius,  545. 
Ulterior  Portus,  325. 
Ultri  Portus,  325. 


Varenna,  524. 

Varinna,  32,  197,  524-525. 

Te\toKa,6t,  11. 

Vellaco,  32,  441. 

Vellao  441. 

Velocasses,*9-l2,  23-24,  29,  30. 

Ventis  Aquosis,  272. 

Verleium,  329. 

Votera  Domus,  32,  202-204. 

Veteres  Domos,  202-204. 

Vetulio,  441. 

Vêtus  Domus,  202-204. 

Vêtus  Rothomagus,  561 ,  562. 

Veuletta,  4.>9. 

Vicus  Sancti  Malloni,  33,  447. 

Vierlaïcum,  329. 

Villare,  32,  341.  342,  565, 

Vintlana,  505. 

Vintlane,  505. 

Virlaïcum,  33,  34,  39.9. 

Virtlaïcum,  33,  329. 


HT 


Wadre  Locus,  264. 
Wadrevilla,  264. 
Warinna,  33,  495. 
Wastus,  189. 
Watevilla,  480. 
Weez  (les),  168. 
Wellebou,  32,  218. 
Welleis,  441. 
Welles,  441. 
Wellis,  440. 
Weules,  441. 
Weulis,  Ul. 
Wifs  (les),  168. 
Wis  (les),  168. 
Wuella,  440. 


\ 


TABLE  GÉOGRAPHIQUE 


des 


AILLES,  COlHlilUlVES,  HAMEAIIIK  OU  LIEUX  DITS  DE  Là  SEINE-INVÉRIECRE , 


MENTIONNÉS  DAN9  CET   OUVRAGE. 


Nota.  —Les  lieux  indiqiiô.^  civec  dos  caractères  or.linaires  (romain?)  sont  les  communes  ou  sections  de  communes 
auxquelles  un  article  spécial  est  consacré.  —Les  localités  maniuèes  en  italique  sont  les  seclions,  hameaux  ou  lieux 
dits ,  simi)lement  cités  dans  ce  livre. 


Aizier  (Eure),  55.  49!X. 
Aliermont  (!'),  75,  308. 
Alleurs  (Côte  des),  193. 
Allouville-Bellefosse,  424. 
Alveniot,  463. 
Alvimare,  475. 
Amfreville-la-Mi-Voie,  213. 
Amont  (Côte  d'),  438. 
Anceaumeville,  191. 
Ancourt,  253 
Ancretteville-sur-Mer,  470. 

Angiens,  434. 

Anglesqueville-la-Bras-Long,  437. 
Anglesqueville-l'Esneval,  349. 
Anglesqueville-sur-Saâne,  279. 
Angreville,  307. 
Anneville-sur-Seine,  175. 
Anlifer,  t3.  355. 
Anveville,  444. 
Aouste,  319-320. 

Appevillo  (le  Petit),  240,  590-91. 
Archelles,  248-250. 
Argueil,  577. 
Arques,  32,  248-251. 

Asnerie(r),  ifiô. 

Aubéguimont,  563. 

Aubermeshil-les-Erables,  553. 

Auberville-la-Campagne,  419-20,  592 

Auberville-la-ManueL  455. 

Auberville-la-EenauIt,  S77. 

Aubervillc-sur-Eaulne ,  73. 

Auchy^  56  L 

Auffay,  278. 

Augeville,  274. 

Alliage,  502. 

AumalOy  558-5  S9. 

Auppegard  ou  Le  Pougard,  285. 

Auquemesnil,  312. 

Authieux-le-Port-Saint-Ouen(les),264 

Authieux-Ratiéville  (les),  190. 

Autigny,  437. 

Autretot,  425. 


Auvilliers,  507. 
Auzouville-l'Esneval,  426. 
Aval(nout  dl,  308. 
Aval  (Côte  d'),  438. 
Avesnes,  586. 
Azêloiule  (Camp  rf'),  349. 


Babyîone ,  389. 

Bac  (le),  54. 

Bacqueville,  280-281. 

Baigneville,  377. 

Baiîleul-sur-Eaulne,  542. 

Baillolet,  .S4I. 

Bailly,  à  Aumale,  559. 

Bailly-en-Riviôre.  311. 

Baons-Ie-Comte  (les),  32,  425-26. 

Balançon,  275. 

BanC'de-Madahie ,  330. 

Barentin,  28,  32,  180-184,  589. 

Baretle,  186. 

Barre  (Faubourg  de  la),  72. 

Barrière  d'Or  (la),  337. 

Barville.  452. 

Bazinval,  547. 

Beaubec-la-Rosière,  575-77. 

Beaucamp,  387. 

Beaumesml,  360. 

Beaumont,  323. 

Beaumont-Beusemouchel ,  523. 

Beaumont-le-Hareng,  270. 

Beaunay,  278. 

Beaurepaire,  353. 

Beausault,  573. 

Beau-Soleil  (le),  548. 

Beau  tôt,  177. 

Beauvais  (Ville  de)  :  à Saint-Laurent- 

en-Gaux,  430;  à  Brachy,  287;    à 

Beauville-la-Cité,  430. 
Beauvoir  (Cimetière  de),  58*. 
Bec-aux-Gauchois  (le),  460. 
Bec'Crespin  ou  de-Alortem^r,  360. 
Bec-de-Mortagne,  377. 


Bel  ou  Bêle  :  à  Arques,  72  ;  à  Criel,  32C; 

Grand-Bel,  205;  Petit-Bel,  206. 
Belbeuf,  213.  ^    . 

Belcinac  (Ile  de),  479. 
Bellaitre,  165. 
Bellemare,  488. 
Bellencombre,  269-270. 
Bellengreville,  31  f. 
Bellenqrevilleile ,  31 1. 
Belleville-sur-Mer,  265. 
Bellevue  (Ferme  de),  523. 
Belloye  (la),  552. 
Bellozanne,  585. 
Belmesnil,  590. 
Bénouville-sur-Mer,  358. 
Bergue  (la),  341. 
Bermonville,  473. 
Berneval-le-Grand,  255-56. 
Bertreville-Saint-Ouen,  264. 
Bertrimont,  275. 
Bettencourtj  548. 
Bcuzeval  (Côte  du)j  244. 
Beuzeville-la-Grenier,  392. 
Beuzeville-la-Guerard,  442. 
Bezancourt,  585. 
Bielleville,  392. 
Biennais,  276. 
Biessard  (Cavée  de),  154. 
Bihorel  :  a  Neufchàtel,  499;  à  Rouen, 

105. 
Biville-la-Baignarde,  278. 
Biville-sur-Mer,  314. 
Blanc-Mesnil,  60. 
Blangy,  545. 
Bliquetuit  (Saint-Nicolas  et  Notre- 

Dame-de-\  488-489. 
Blosseville-Bon-Secours,  214. 
Blosseville-ès-Plains,  440. 
Bocace(le),  191. 
Boliéme  (te),  438. 
Bois  :  du  Détroit,  558;  du  Dretiil.  I77  ; 

Blanc,  197;  Lévêque,  285;  du  Boitai  y 

561  ;  de  Boquelon,  20*  Guilbert,  478; 

de  BooSt  2I0;  de  Brétigmj,  "Mi:  de 


1 


—  597  — 


la  Motte,  288;  du  Bec  y  350;  Dange- 
reuXy  229;  Sourd,  54U. 

Jiois  de  Bretizelj  ^62. 

Bois  de  V Abbaye  ,319. 

Bois  de  Bouvrarj,  669. 

Bois  des  Moites^  427. 

Bois-GuUberl  (Ferme  du\  428. 

Bois-Guillaume  (le),  207. 

BoiS'Labbé,  320-322,  327. 

Boismare^  467. 

Bois-Parquet,  270. 

Bois-Robert  (le),  265. 

Boissay,  524,  589. 

Boissefet,  524. 

Botardf  à  Dancourt,  547. 

Bolbec,  390-392. 

Bolleville,  302. 

Bondeville,  186. 

Bondeville,  'i65. 

Bonne-Nouvelle,  237. 

Bonnerue,  54 1 . 

Boos,  210. 

Boquelon  (Bois  de\  20. 

Bordeaux-Sain t-Glair,  355-357. 

Bornambusc,  383. 

Bosc  (/e),  186. 

Bosc-Berençer,  278. 

Bosc-Bordeï,  205. 

Bosc-Edeline,  204. 

Boscherville,  163. 

Bosc-Geirrov,  .*»40, 

Bosc-le-Hard  Cle),  273-74. 

Bos-Col  {le),  440. 

Bos-  de-CleuviUe,  442. 

Boi-des-Puits,  5C5. 

Bosrocourt,  330. 

Bosguerard-Saint- Adrien,  i94. 

Boshyon^  586. 

BoS'Hobinety  525. 

Bosquet  (le),  !56. 

Bosville,  464. 

Botte  (la),  386. 

Boudeville  (Camp  de),  245. 

Boudeville  :  à  saint-Pierre-en-Port , 
4(59;àSaint-Nicolas-de-la-Taille,4I9. 

Bouelles,  608-509. 

Bouille  (la),  (54. 

Bouleville,  469. 

Boulvey  ou  Boulvet,  199-200. 

Bourbelle,  558. 

Bourdainville,  426. 

Bourg-de-Saâne,  286. 

Bourg-Dun  (le),  32,  246-47. 

Bourgtin.  503. 

Boul'de-berville,  64. 

Bout-de-IIas,  462. 

Bout-de-la- Ville  :  à  Arques,  251;  à 
Saint-Martiu-en-Gampagne,  si 5  ;  à 
Réalcamp  ,  557  ;  à  Préaux ,  208  ;  à 
Caudebec-lès-Elbeuf,  219;  à  Es- 
lettes,  193;  à  Bénouville,  3o8. 

Bout'du-GarcL  219. 

Bouteillerie  (Camp  de  la),  176. 

Bouteilles,  251. 

Boullevé,  199-200. 

Boultencourl,  54. 

Brachy,  286-287. 

Braquemont,  257-263. 

Bréauté,  382-383. 

Brémonl^  511. 

Brémontier,  505. 

Brémontier-Merval ,  585. 

Bretagne  (Ferme  de),  559. 

Bretèque  (la)^  226. 

Brétiany  (Bots  de),  312. 

Bréltsel,  663. 


Bretteville-la-Ghaussée,  379. 

Breuil  (Bois  du),  43H-,  (Ferme  du),  à 

Saint-Maclou-de-Folleville,  277. 
Broche  {Champ  de  la),  49o. 
Bretonne,  491-97. 
Brulin  (le).  215. 
Brun-Câtel,  427. 
Brun-Château,  427. 
Bruneval,  351-352. 
Brunville,  180. 
Bue  (le),  466-67. 
Buglise  ,  347. 
Buïeux  (les),  663. 
Bully,  bOI, 
Burès,  543. 
Burettes,  544. 
Butot,  177. 
Butte  (la),  522;  (Ctmmp  de  la),  201  ; 

(à  l'Ecuyer,AdO\  (aux  Anglais),  511  ; 

{aux  Sarrasins),  338  ;  (des  Salines), 

238;  {de  Saint-Pierre,  238);   (de 

Noient),  242. 


Caboierie  (la),  165,  589. 

Caillettes  {Côte  des),  18,  482. 

Caillouville,  484. 

Gailly,  28,  32,  194-97. 

Calidu,  396.  479. 

Californie  (la),  207. 

CalteTigevilley  540. 

Calletotj  430. 

Galleville-les-Deux-Églises,  299. 

C allouette ,  23U 

Camineau,  19i. 

Camp:  Augef ,  521  ;  Tillou^  621  ;  Carré, 
468  ;  de  Pyy  471  ;  Soudain,  521;  Sou- 
verain, b2\  ;  aux  Malades,  557  ;  Com- 
tois, 52 1  ;  du  Bourg,  650  ;  Vamier, 
565  ;  Ad<)n,  587;  du  Canada.  364;  rfe 
l  Arbre,  306;  de  /a  Bouteillerie,  276. 

Camp-de-Py,  472. 

Camp'Doleni,  346. 

Campsart,  194. 

Canada  (Camp  du),  364. 

Ganehan,  327. 

Caniel,  448. 

Canivel,  562. 

Ganouville,  455. 

Ganteleu,  184-185. 

Ganville-les-Deux-Églises,  431-32. 

Cany,  448-462. 

Copilote  (le),  196. 

Gapval,  527. 

Cardonville,  193. 

Carrières  (les),  542. 

Carrouge  (le) ,  626. 

Castellans  (les),  4i8. 

(;d/^  (^e)  :  à  Envermeu,  292;  à  Limes, 
261  ;  à  Houdetot,  437  ;  à  Duclair, 
163;  au  Mont-Gauvaire,  192;  à 
Ecretteville,  423. 

Câtelet  :  à  Grainville-la-Teinturièro  , 

453;  à  Dijeon,  559. 

Câtelets  {les,  à  Guverville,  349. 

Cdtelier,  Cdteliers  :  à  Varengevillo- 
sur-Mer.  241;  à  Torcy-le-Grand , 
26;!  ;  à  Bellencombre.  270  ;  à  Saint- 
Jean-de-Folleville,4i7;  à  RadiaYtel, 
418;  à  Saint-Nicolas-de-la-Taille , 
419;  à  Veulettes,  4.58;  à  Val"mont, 
460  ;  à  Eu,  322;  à  Sept-Meules,  328; 
à  Gonfreville-rOrcher ,  346;  à  Ro- 
quefort, 474;  àVillequier,  488;  à 
vattevillo,  490;  à  Saint-Saëns,  521  ; 


à  Bazinval,  647  ;  à  Foucarmont,  560  ; 

àRétonval,  656;  àRichemont,  566; 

à  Saint-Pierro-flo-Yarongéville,  166; 

à  Maunv,  176;  à  Bezancourt,  686. 
Gîitelier-Pelletot  (le) ,  V66. 
Catenoy,  660. 
CatiaU'Bobert ,  386. 
Gâtillon ,  570. 
Cddllon  :  à  Lillebonno,  404  ,   410;  à 

Barentin,  180-182. 
Gauchie  (la)  :   à  Bouzeville-le-Gue- 

rard,  67  ;  à  Bt'autot,  '\i  ;  à  lîréauté, 

382;  h  Bretteviile-la-Ghaussée,  380. 
Caude-CCte,  236. 
Gaiidebec,  477-479. 
Gaudebec-lès-Elbeuf,  27,  32,  67,  218- 

227,  690. 
Caudebecquet,  484-86. 
Gauvillo,  347. 
Cavalier  (Champ  du\  438. 
Covc-au- Diable,  197. 
Gavées  {les),  430. 
Go vée-de-ÉifSsard,  1 54 . 
Cavéc-dcs-Fontoincs,  240. 
Ghaire-de-Gargantua ,  105. 
Ghambray,  383. 
Champ-aux-Tuiles  [le),  4i8. 
Ghamp-de-la-Butte,  201. 
Champ'des-Morts  :  à  Dampierre,  583; 

à  Morgny-la-Pommeraye  ,  205. 
Champ-au-Coffre ,  215. 
Ghamp-dU'Trésor,  178. 
Champ-Excommunié,  332. 
Chapelle , {la)  :  à  Etalondes,   325,*  à 

Saint-Étienne-du-Rouvray,   168;  à 

Etre tat,  360. 
Ghapelle-du-Bourgay  (la),  265. 
Ghapelle-sur-Dun  (la),  436. 
Chapitre  (Je),  54. 
Gharlcs-Mesnil,  268. 
Charron  (Motte  du),  538. 
Chartreux  (les),  103,  lo8. 
Château: du  Flot,  603;  de  Bobert-le- 

l}iable ,    161-164;  du    Mort,    489; 

Ilubauld,  661;  Gaillard,  360;  Fouet, 

2?8 

Ghdte'oux  (Côte  des)  :  à  la  Ferté,  570  ; 

au  Mont-Gauvaire,  192. 
Ghateau-du-Bel,  2(»6. 
Chdtetet  (le)  :  aux  Grandes-Ventes , 

272;  au  Bourg-de-Saàne ,   286;  à 

Saint-Vaast-d'Ëquiqueville,  309. 
Chaussée  (la)  :  à  Eu,  320;  à  Arques, 

260;  à  BréautH,  63;  à  Bretteville, 

380;  (.Vieille),  à  Vatteville,  72;  à  la 

Neuville,  216. 
Ghaussée-Bois-Hulin  (la),  266. 
Chêne-à-VAne,  172. 
Ghiffreville,  326. 
Gideville  ,  427. 

Cimeticre-des-Huguenots,  27  3. 
Glais,  641. 
Claque  {le),  387. 
Glaquedent  :    à  Veulettes ,    469  ;    ti 

Rouen,  5.3. 
Claville-Motteville ,  189. 
Glères,  188-189. 
Gleuville,  442. 
Gliponville,  473. 
Clos-Blanc,  306,  468. 
Clos-des- Anglais ,  586. 
Clos-Oiapitre,  215. 
Clos-des-Galères.  343. 
Clos-Madame,  1^:^. 
Col-de-Tourville,  234. 
Gollevillo,  4C0. 


598 


CoUimbes.  CoUinges.  CoulimbeSy  334. 
Colmesnil-Manneville,  285-286. 
ColmotUinSy  34  r. 
Conihout,  l74. 
Conteville,  564. 
Gontremoulins,  465. 
Cogueréaumoni  :  à  Graincourt,  254  ;  à 

Preuseville,  539. 
Corberie ,  326,  328. 
Comemesnily  509. 
Cornet  {le),  547. 
Côle-auX'MortSy  205. 
Côle-aux-Prêlrts  (la),  190. 
Cale  des  Alleurs,  193. 
Cale  des  Buquels,  343. 
Côie-des-Fredeaux^  191. 
Côte  de  Sainl-Aignan^  184. 
Côte  de  Saint-Germain^  265. 
Côle  du  Floquet,  I97. 
Ctfftf  du  Gibet ^  189. 
C^/c  du  Moulin,  164,  268. 
C^7e  dii  Toi,  191. 
Ci?/«  Saint' Auct^  218. 
Collentray,  586. 
Cottévrard,  273. 
Coudroye  \la\  540. 
Couronne  (Grand),  151. 
Couronne  (Petit),  155. 
Cour^ux-Eluves  {la) ,  236. 
Cour-deS' Mottes,  472. 
Cowr  df5  5a//é!5,  432. 
Cour-le- Comte  (la),  440, 
Cramaillon  (la),  502. 
Crasville-la-Roquefort,  437. 
Cressieusemare,  291. 
Cressy.  271. 
Cr<î/in,  337,343. 
Cretot,  375. 
Crèvecamr,  202. 
Criel,  34,  326. 
Criquebeuf-en-Caux,  371. 
Criquetot-l'Esneval ,  348-349. 
Criquetot-sur-Ouville,  427. 
Criquiers,  565,  592. 
Croixdalle,  543. 
Crosville-sur-Durdent,  451. 
Crosville-8ur-8cie,  590. 
Cuve  (la),  496. 
Cuverville-sur-Etretat,  349. 
Cuverville-8ur-Yère,  327. 


Dalles  (Petites),  455-456. 
Dampierre,  583. 
Dancourt,  547. 
Darnétal,  32,  206-207,  589. 
Daubeuf-Serville,  379,  592. 
Dénestanville,  266. 
Dercbigny,  254. 
Derizancourt,  549. 
Détroit  (U),  546;  {Dois  du),  558. 
Déville,  185-186. 
Dieppe,  27,  33,  235-238. 
Dieu^e-Père,  561. 
Dijeon  (Somme),  659. 
Donjon  (le),  566. 
Doudeauville,  583. 
Doudeville,  429-430. 
Doumesnil,  538. 
Douvrend,  305-307,591-92. 
DreuUes  (Cité  de:,  273. 
Drosay,  443. 
Druel.  273. 
Duclair,  32,  162-163. 
Durdent  (  Ville  de),  68,  459. 


Eaumare  (  Ville  et  Croix  d*),  443. 
Ëauplet.  214. 

Eau-Salée  (la  côte  de  /),  469. 
Ecotigny.  539. 
Ecrainville,  375. 
Ecretteville-les-Baons,  423. 
Ecretleville-sur-Mer,  470. 
Ecuquetot,  .'^50. 

Elbeuf,  32,  52,  216-218. 

Elbeuf-sur-Andelle ,  586. 

Elétot,  469. 

Emendrevilley  53. 

Englemare  (Mare  rf'),  443. 

Envermeu,  291-305. 

Envronville,  473. 

Epinay,  514-518. 

Epinay.k  Londinières,529;  à  Dieppe, 

237-238:   à  Longroy,  330. 
Epinette  (O,  550. 
Kpineville,  433. 
£pîvé5n(.  357. 
Epouville,  347,  592. 
Equimbosc-le-Val,  475. 
Equiqueville,  309-310. 
Erables  (les),  553. 
Ernemont-sur-Buchy ,  205,  590. 
Escames  (Cimetière  d  ;,  583. 
Esclavelles,  504. 
Eslettes,  I93. 
Esquinemare ,  205. 
Essarts  (les),  5>7. 
Essarts-Varimpré  (los),  552-5S. 
Etalondes,  325. 
Etelan,  421. 

Etoutteville-sur-Buchy,  206. 
Etoutteville-sur-la-Mer,  427. 
Etran,  252. 
Etretot,  358-363. 
Eu,  27,  33,  58,  318-324,  590. 


Fontenay  (le),  347. 

Fontenil,  523. 

Font-Théodore  ou  Théodorick,  543. 

Forêt  de  Brotonne  (la),  491-497. 

Forêt-Verte  {la),  186. 

Forges  (les),  43. 

Forges-les-Eaux,  566-67. 

Forgeltes  (les)^  566. 

Forlel  (Côte  du),  UZ. 

Fortelle  ou  Forterelle  (la).  180  182. 

Forteville  (cHté  de),  277. 

Fosse-auX'Moules,  221. 

Fosse-au  ou  aux-Précheujr,  375. 

Fossé  Castresse,  565. 

Fosse-de-Leure,  338. 

Fossé-durRoy  (le),  510,  563. 

Fossé  (le),  572. 

Fosses  ferrières  :  &  Saint-Léonard.  370; 

&  Vattetot,  372. 
Fosses  {les)  :  à  Saint-Clair-sur-Etret&t, 

358-,  à  Londinières,  529. 
Fosse'Piquet(la),\69. 
Fossés  de  Bénouville,  358. 
Fossés-Saint-Philbert,  168,  173. 
Foucarmont,  549-651. 
Foucart,  474. 
Fouet  (Château-),  228. 
Fourches  (Mont-à-),  571. 
Fourneau  (le),  429-30. 
FranqueviUeïte,  211. 
FréauTille,  540. 
Fresles,  503,  543. 
Fresnay  (le),  429-30. 
Fresnoy-Folny,  538. 
Frétils,  510. 
Frettemeule,  428. 
Frévent,  74. 
Fréville,  178. 
Froberville,  372. 
Fromentel  [Haut-),  549. 


Fallencourt,  559. 

Fauville,  471-472. 

Fayel  (le),  567. 

Fécamp,  363-369. 

Fées  (Arbre  des),  168. 

Féron  (Ferme),  490. 

Ferrières,  582. 

Ferrières:  &  Saint-Léonard,  370;  à 

Forges-les-Eaux,  566. 
Ferrières  (Chaussée  de),  580. 
Ferté-en-Bray  (la),  570-71. 
Fesques,  511. 
FeuUlle  (la),  578. 
Flamanville-rEsneval,  427. 
Flamanvillette,  454. 
Flamets-Frétils,  510. 
Fleuzy  (Oise),  560. 
Flot  (Château  du),  503. 
FoUemprise,  273. 
Fond-de-Belleville,  255. 
Fond-de-la-  Ville,  275. 
Fongueusemare^  349. 
Fontaine-du-Puits,  573,  686. 
Fontaine-en-Bray,  526. 
Fontaine  (la),  165-66. 
Fontaine-la-Mallet,  348. 
Fontaine-le-Bourg ,  189. 
Fontaine-le-Hoits  (la)  (Eure),  586. 
Fontaine-Martel  (Vallée   et    Château 

de),  391-392. 
Fontaine-Mogne,  526. 
Fontaine-sous-Préaux,  208. 


Gaillard  (Château-),  356-57. 
Gaillefontaine ,  572. 
Gainneville,  346. 
Gancourt-Saint-Etienne,  582. 

Ganzeville,  372 

Cardin  (le),  247. 

Garenne  (la)  :  à  Anvéville,  444-45  ;  au 

Tilleul,  355;à  Aumale,  559. 
Gargantua  (Chaire-de-),  165-166. 
Gauoourg  (Côle  de),  5i  1. 
Gerponville,  468. 
Gibet  {Côte  du),  189. 
Gite  (U),  486. 
Givoust,  383-387. 
Goderville.  374-375. 
Gonfreville-Oillot,  379. 
Gonfreville-rOrcher,  S46. 
Gov^erville,  418. 
Gourel   le),  288. 
Gournay-en-Bray,  580-82. 
Gousseauville,  332. 
Gouville,  189. 
Gouy,  211. 
Govilie,  486. 
Graimbouville,  3^5. 
Graincourt-Derchlgny.  254. 
Graxnetieu  (Fontaine  de),  491. 
Grainville-rAlouette,  380-381. 
Grainville-la-Renard,  437. 
Grainville-la-Teintunère,  45MS4. 
Grandcamp.  419. 
Grand-Couronne  (le),  151. 
Grandcourt,  538. 
Grande-Houssaye  (la),  591-95. 


599 


Grande-Mare^  244. 

Grandes-Ventes  (les),  272. 

Grand-Marché  {le),  5^7, 

Grand-Quevilly  (le),  158. 

Grand'  Val  (le),  356,  359, 360. 

Gravai,  5io. 

Gravenchon  ,420. 

Gràville-Ste-Honorine,  335, 337-360. 

Gréaume^  445. 

Grèges,  254. 

Grémont  {Chdleau  de),  357. 

Greuville,  289. 

Grosmesnil,  273. 

Grosse-Butte,  186. 

Grotte  Milon  (la),  485. 

GrotAelles,  503. 

Grttchet,  248. 

Gruville  (Château  de),  468. 

Guerbaville-la-Mailleraye,  488. 

Guerche  {la),  488. 

Guerrots  {les),  268. 

Guerville,  547. 

Gueures,  288. 

Gueutteville,  178. 

Guillerville,  392. 

Guilmécourt,  311. 

Guimerville ,  558. 


Haie-au-Curé,  355. 

Haie-de-Soquence,  164. 

Haistrey  {le),  66. 

HaUais{le),iiO^, 

EalkUe,  337. 

HaUebosc  {Parc  d\  393. 

Hambures,  540. 

Hamelet  {le) .  247. 

Hanouara  (le),  443. 

Harelle  {la),  174. 

Harfleur,  27,  33,342-346. 

Harteauville,  174. 

HatieUe,  505. 

HattenvUle,  474. 

Haudricourt,  565. 

HauUes,  360.  444. 

Haussez,  572. 

Haute-Maladrerie,  549. 

Haute-Motte,  215. 

Haute-Rue,  454. 

Haui-Fromentel  t  649. 

Hautot-l'Auvray,  443. 

Hautot-Saint-Sulpice,  430. 

Hautot-sur-Mer,  240. 

Hautremont  ou  Hautrimont,  610. 

Havre  (le),  332-335. 

Hayons  (les),  504. 

Héoerville,  485. 

Hénouville,  165,  591. 

Héricourt-en-Gaux,  445-447. 

Hermanville,  284. 

Héron  (le).  210. 

Héronchelles,  206. 

Besdin{ViUe  de).  272. 

Hesmy,  540. 

Bitrée,  549. 

Heugleville-sur-Scie,  267.* 

Heurteauville,  174-76. 

Héoe  fla)^  336-336. 

Hodeng-au-£osc,  557. 

Hogues  {bois  des),  370, 371-72. 

Houdetot,  436. 

Houppeville,  186. 

Houquetot,  382. 

Houssaye-Bérenger  (la) ,  191. 

Houssayâ  {Grande  et  petite),  492-96. 


Houssaye  {la),  ?09. 
Hubauld  (Château),  5(tl-562. 
Huit- Acres,  245. 
Humemiont,  .'*82. 


Ues  (Trou des),  i72. 
Ile  de  Belcinac,  479. 
Illois,  563. 
Imbleville,  279. 
Incheville-Goussauville,  330 
Ingouville,  au  Havre,  334-335. 
Isneauville,  209. 


Janval,  72. 
Jardin  (le),  247. 
Jardin-de-la-Salle,  580. 
Jardin  des  Douaniers,  240. 
Jardinets  (les),  570. 
Jérusalem,  237. 
Jumiéges,  32,  169-174. 
Jeu-de-Paume,  546. 


Labié,  420. 

Lacerlangue,  387-388. 
Lamberville,  281. 
Landes  {les),  492. 
Lanquetot,  393,  592. 
Lasseneuse,  543. 
Lendin  (le)  {Eure),  492-97. 
Leuqueue  (la),  539. 
Leure  (Havre),  334-338. 
Liffremonl,  567-68. 
Lxhu  (le),  519. 
Lillebonne.  396-416. 
Limes  {Cité  de),  257-262. 
Limésy,  178-189. 
Limoux,  Limouse,  178-180. 
Lindebeuf,  428. 
Lintot,  393. 
Loges  (les),  373-374. 
Londe  (la),  227. 
Londe  (la),  492. 
Londe-Corcel  (la),  387. 
Londiniôres,  527-34,  592. 
Long-Boël,  211. 
Long- Paon,  32, 207. 
Longroy,  830. 
Longuedalle,  572. 
Longueville,  32,  264. 
LoraiUe,  481. 

Loup-Vert  {Croix  du),  172. 
Louve  tôt,  487. 
Lucy,  511-513. 
Luneray,  289-291. 


Mailleraye  (la\  488. 
Maison-des-Douaniers,  421. 
Maison-dU'Roij  490. 
Maison-Rouge  (la),  608. 
Malebrèque,  349. 
Malesaises,  209. 
Mal-Franques,  213. 
Mané  {le)  :  à  Saint-Nicolas-d'Alier- 

mont,  308;  à  Lucy,  612. 
Manéhouville ,  268. 
Manerel,  512. 
Maniquerville,  372. 


Mannevillc-ès-Plains ,  440. 

Manneviile-la-Goupil ,  382-383. 

Mannevillette,  3'f8. 

Marché  aux- Raies  {le),  64. 

Marché  (Côte  du),  469. 

Mare  :  au  Roy,  490  ;  des  Molents,  491 
aux  Sangsttes,  270;  aux  Dœtifs,  219 
des  Cendriers,  514;  Blonde,  372 
Pavée,  547;  Saint-Germain,  663;  des 
Jai*dins,  666  ;  Close,  663  ;  des  Mottes, 
427;  du  Four,  272. 

Marettes  (les)  :  à  Londinières  et  & 
Fréauville,  627,  540;  à  Blosseville- 
ès-Plains.  440. 

Marguerite  {la),  426. 

Maromme,  184. 

Marques,  563. 

Martigny,  248. 

Martin-Eglise.  252. 

Martinière  {la),  487. 

Massy,  506. 

Matebrune,  578. 

Mathonville,  525. 

Maucomble,  276-76. 

Maulévrier,  480-481. 

Mauny,  175-76. 

Mauquenchy,  569. 

Mauray,  523. 

Mauteville-sur-Durdent,  454. 

Maune{la),  184. 

Mélamare,  418. 

Melleville,  330. 

Ménage  {le),  544. 

MénouvaU  510-511,  592. 

Mentheville,  379. 

Mesnières,  502. 

MesnilrBas,  440, 

Mesnil-Bénard,  518. 

Mesnil-David,  564. 

Mesnil-Durdent  (le),  440. 

Mesnil-Esnard,  213. 

Mesnil-Follemprise  (le),  273, 

Mesnil-GefProy,  44o. 

Mesnil-Raouf  (le),  213. 

Mesnil-Sagot,b06. 

Mesnil-sous-Lillebonne  (le),  898,  416- 
417. 

Minières  {les),  566. 

Minon  (le),  323. 

Mirville,381. 

Molagnies,  582. 

Moncny,  330. 

Monchy-le-Preux,  557. 

Mondétour,  206. 

Mont-aux-Malades  (le),  186. 

Mont-Blanc:  à  Eu,  320-323;  à  Lon- 
diniôres, 529. 

Mont-<Jauvaire,  191-192. 

Mont  {Côte  du),  369-361  ;  {le)  :  à  Caillot, 
507  ;  aux  Fourches  ,  57 1  ;  à  Four- 
ques,  57 1  ;  aux  Prêtres,  557;  Aqueux, 
161;  Caber,  343-46;  Calidu ,  477; 
Détour,  205;  de  Grès,  468;  Dion, 
538;  Dolent,  478;  Gosselin,  538; 
Grippon,  577  ;  Haauet,  212;  Hognet, 
625  ;  Jean,  542  ;  Joli- Bois,  326;  Lan- 
drin,  537;  Louvet,  586;  Sauveur, 
577;  d'Ancourt,  253;  Huon,  325; 
Ricard,  499. 

Montérollier,  523. 

Montivilliers,  32,  341-342. 

Mont-Main  (le),  21.'». 

Mont-Pinson,  267-268. 

Montrcuil-en-Caux,  276. 

Mont-Rôti,  587. 

Monts-Raz  {les),  310. 


OXFORD 


—  600  — 


Monville,  192-193. 

Mor^ny-la- Pomme  raye,  205. 

Morienne^  5fil. 

Morimontj  503. 

Mûrisse  {Çôlc),  333. 

Mortagne  {Camp  de),  321, 331. 

Mortemer-sur-Eaulne,  513. 

Motte  {ta)  :  à  Aumale,  569;  à  Blangy, 
546;  à  Cottôvrard  ,  273;  (du  Char- 
ron)y  à  Grandcourt,  538  ;  {au  Leu)j 
à  Roncherolles,  568  ;  à  Frôauville  , 
540;  {Puits  de  ta),  209. 

Moites  [les)  :  à  Froberville,  372;  [Cour 
des)y  à  Fauville,  472  ;  du  Pougard , 
285  ;  {^Bois  des) ,  à  Étoutteville-sur- 
Mor,  427;  {Mare  des),  à  Griquetot- 
sur-Oaville,  427. 

Mottevil lo-les-Deux-Glochers,  428. 

Moutin  {te),  540,  de  Bray.  584;  {Côte 
du),  à  Oissel,  164;  à  Muchedent,  268. 

Moulineaux,  17-18,  151-54. 

Muchedent,  268. 

Muette  (la),  202,210. 

Murait  tes  {Ferme  des).  502. 


Neiges  (tes),  338-339. 
Nesie-Hodeng,  507. 
Ncsle-Normandeuse,  558. 
Neufbosc  (le),  5*25. 
Neufchàtel-cn-Bray,  498-500. 
Neufmarché,  587. 
Neuville,  542. 

Neuville-Ghamp-d'Oisel  (la),  215-216. 
Neuville-Ferrières,  505. 
Neuville-Gouvion,  564. 
Neuville-le-Pollet,  238-239. 
Neuvitlette,  314. 
Néville,  439. 
Nogent,  501. 
NointQL  392. 
Noient  (Butte  de),  243. 
Normanville,  472. 
Notre-Dame-de-Bliquetuit,  489. 
Notre-Dame-de-Gravenchon,  420. 
Notre-Dame-de-la-Gaillarde,  434. 
Notre-Dame-du-Bec,  347. 
Notre-Dame-deS'Bois ,  343. 


Offranville,  239. 
Oissel,  32,  155-158. 
Omonvilleen-Gaux,  285. 
Orcher,  346. 
Orival,  27i. 
Orival   227 

Orival\Vilk  d\  460-61. 
Osmonville.  34o. 
Osmoy,  544. 
Ouainville,  454. 
Oudalle,  387. 
Ourville,  442. 
Ouste,  27,  319-323. 

Ouville-la-Rivière,  244-246. 


Pain-Bénit  (le),  488. 
Pakheut,  76,  254. 
Paluel,  458. 
Parc  (Grand),  623. 
Parc  d'Anxtot  (le),  392. 
Parfondeval,  525-27. 


Parquet  (te),  204. 
Pas- de-Gargantua,  503. 
Pavilly,  32,  176-177,  690. 
Poyennière  (la),  342, 347. 
Pêcherie  (la),  46. 
Pelletot,  265. 
Penly,  3i8. 
Perduvillfc,  572, 

Petit-Appeville  (le),  240,  590-91. 
Petit'Bernevat ,  256. 
Petit' Bennènil,  443. 

Petit-Couronne  (le),  155. 

Petite -Houssaye,  492-495. 

Petites-Dalles,  455-456. 

Petit-Fontaine  (le),  545. 

Petit-Quevilly  (le),  158. 

Pelil'Vat,  356,  359,  360. 

Petit-  Vauville,  446. 

Peiitvitle,  54. 

Pêtreval  ou  Prestreval^  379. 

Pierre  (la),  278. 

Pierre  (laU  à  Mortemer,  613. 

Pierre  d'Etat  {la),  166. 

Pierre  gante,  389-390. 

Pierrecourt,  558. 

Pierretîques,  21,  353-54. 

Pierremcnt  (le),  565. 

Pierreval,  205. 

Pierreville,  281. 

Pipe  {!a\  32:». 

Pissy-Poville,  188. 

Pitres  (Eure),  32-33, 

Plaine-des-Batailles  (la),  427. 

Planche  du-Lieuienant^  545. 

Plantis  (tes),  66,  367. 

PlessisUe),  à  Gouy,211. 

Pointe  (la),  378. 

Potlet  (le),  236-39. 

Pommeraye  (Château  de  la),  488. 

Pommerval  ou  Pommerévai,  271. 

Pont  de  Coq,  572» 

Pont-Rouge  :  à  Paluel,  78;  à  Dam- 
pierre,  583. 

Ponts-et-Marais,  324. 

Pont-Trancard,  76. 

Porie(tu).3à2. 

Porte-de-Pierre  (la),  372. 

Por tes  de-la- Ville  (les\  166. 

Port-Naval  ou  Port-Navarre,  439. 

Pot- Cassé,  471-72. 

Poteau  Duhême^  552. 

PoleaurSaini-Remy,  541. 

Poterie  (la),  352. 

Poterie  (la),  330. 

Pougard  (le;,  285. 

Pougard  {Mottes  du),  285. 

Pourville,  240-241. 

Poville,  188. 

Pré  (le),  425. 

Préaux,  208. 

Pretot,  385. 

Preuse  (la),  543. 

Preuseville,  539. 

Puchervin,  549.  *" 

Puits-aux-Aîiglais,  165. 

Puits-Eperon,  145. 

Puits-Merveilleux,  521. 

Puys,  239,  257. 

Py-Vallet:  à  Bruneval,  151;  à  Ger- 
ponville  ,  468. 

Pyval,  446. 


Quarante- Acre  s  (les),  256. 
Quatre-Fermes  (les),  351. 


^uatre-Mares,  53,  100-61. 

^uesnay  (le),  505. 

^uesnée  (la),  338. 

^uesnoy  (la),  55 1. 
snoye  (la),  551,  552. 

ueue-Baigneresse  (ta),  265. 
eue-du-netlet,  502. 

ueue-du-Mont,  511. 

ueue-du-Renard,  366. 

[uevillon,  164. 

uevilly.  158. 

uévreville-la-Poterie.  21 1. 
juiberville-sur-Mer,  244. 
Quiévrecourt,  502. 
Quincampoix,  202. 


Radicàtel,  418. 

Raffetot,  392. 

Rançon,  486. 

Réalcamp,  557. 

Rebets,  206. 

Remise  (la),  559. 

Remuée  (la),  385. 

Renéville,  365. 

Reniax  (les),  373. 

Réserve  (ta),  495. 

Retenue  (la),  236. 

Rétonval,  556. 

Rieux,  646. 

Richement.  556. 

Rivière- Bourdet  (la),  165. 

Rivière  (Ferme  de  la) ,  277. 

Robert-le-Diable  (Château  de),  15M55. 

Roches  (les),  166. 

Rai  (Maison  et  Mare  du),  490. 

Rolloville,  347. 

Romescamp  (Somme),  560. 

Ronchay  (le),  289-290. 

Roncherolles,  390- 

Roncherolles-en-Bray,  567-668. 

Ronchois,  564. 

Roquefort,  473. 

Roquemont,  523. 

Roquelle  (la)  :  à  Sainte-Margoerito- 

sur-Mer,  399  ;  à  lillebonne,  242. 
Rosay,  273,  590. 
Rosée  (la),  457,  458. 
Rosière  (ih),  575-77. 
Rouen  ,  il ,  24,  25,  27,  29,  ^,  46-4», 

81  à  151. 
Rouen  (Ville  de),  567. 
Rouge- Camp  j  327. 
Rouges 'Carrières,  21 1. 
Rouges-Fosses  (les),  213. 
Rouge-Pierre,  580 . 
Roule  (le)  :  à  Vatteville,  491  ;  (mUe 

et  château  du),   à   Damôtal,  207; 

(Hedwin),  à  Orival»  227. 
Roumare,  187. 
Routes,  446. 
Routot,  386. 

Rouvray  (Saint-Etienne-dUf),  158. 
Rouvray-Gâtillon,  569-70. 
Rouxmesnil-Bouteiltos,  25l-392« 
Rue  (ta),  489. 
Rue  d'Enfer  (la),  64. 
Rue  HoUibre,  37i. 
Ry,  210. 


8ahurs,  154. 
Bainneville-sur-Seine,  3S6. 


601 


I 
I 


Salle  (la)  :  à  Saint-Martin-Osmonville, 
523  ;  (Bois  de),  à  Toufireville-la-Cîor- 
beline,  «4;  iCamp  de),  id.,  250; 
(Cour  de),  à  Beint-Aubin-sur-Mer , 
432  ;  à  Saint-Saëns,  519;  {Jardin  de 
la),  à  Gournay,  590. 

Sandouville,  387. 

Sarrasins  {BtUle'auX')^  173-75. 

Sasseville,  454. 

Sauceniare  ou  Saitssemare,  432,  433. 

Sauchay,  313-314. 

8aumoDt-Ia- Poterie,  572. 

Sauvoffère  {la),  355. 

Sceaux  (les),  547. 

Senneville-sur-Fécamp,  47 1 . 

8ept-Meules,  328-3)9. 

SerqueuXy  574. 

Serville,  379. 

8igy,  578-80. 

Hmermesnil,  525. 

SoHmare,  430. 

Sommery,  526. 

SommesniU  444. 

8oiteville-lô8-Rouen,  5f,5S,  160-161. 
Sotteville-sur-Mer,  434. 


SAINTS  ET  SAUTTBS. 

Adresse,  335-336. 
Adrien,  214. 

A^the-d'Aliermont,  543. 
Aignan,  3i2,  589. 
Aignan  (Mont-),  186,  589. 
Amateur,  4'>o 

André-sur-Gailly,  28,  198-102. 
Antoine  (Côte  dé)^  499. 
Antoine-la-Forét,  419. 
Apolline ,  244. 
Amoult,  488. 
Aubin  (Côte  de),  343-44. 
Aubin-Epinaj^.  214. 
Aubin-Geiiovilie,  214. 
Aubin-le-Gauf,  310-311. 
Aubin-Routot,  386-87. 
Anbin-sur-Mer,  432-33. 
Aubin-sur-Scie,  247. 
Auci  (Côte  et  Chapelle  de),  218. 
Austreberte.  177. 
Beuve-en-Rivière,  514. 
C:athald  (Maladerie  de),  254. 
Catherine  (Côte  de),  478. 
Clair  {Côte  de),  478. 
Clair-sur  Etretal,  358. 
Colombe,  440. 
Crespin,  2i^6. 
Croiz-sur-Buchy,  205. 
Denis-d'Héricourt,  445-447. 
Denis-le-Thiboult,  208-209. 
Dignefort,  843,  346. 
Etienne,  582. 

Btienne-du-Rouvray .  1 58- 160. 
Etienne  {Maladerie  de),  249. 
Filleul  {Fontaine  de)^  140. 
Foy,  2«7. 

Geneviôve-en-Bray,  526. 
GeorgeS'de-Gravenchon,  420. 
Germain-de-  Villerville,  359. 
Gemurin-sur-Bresle  {Somme)^  562. 
Germain-sur-Cailly,  197. 
Germain-sur-Eaulne,  510. 
Gertrude,  482. 
GUles-de-Grétot.  487. 
Hauct  {CôU  et  Chapelle  de)^  218. 
Hélône-Bondeville,  462-65. 
Hélène  {Côte  de),  335. 


Hellier,  270. 

Hetlier  (Chajpelle  de),  184. 
Honorine  (Côle  de),  418. 
Jacques-d'Aliermont.  809. 
Jacques-sur-Darnétai,  269, 
Jeande-Folle  ville  .417. 
Jean-de- la-Neuville,  392. 
Jouin-sur-Mer,  360-51. 
Laurent-en-Caux,  430. 
Léger-aux-Bois,  456. 
Léger  {Quartier)^  439. 
Léonard,  370-71. 
Léonard,  403. 
Maclou-de-FoUeville,  277. 
Maclou-la-Bruyére,  378. 
Mards,  284. 

Marguerite-d'Auchy.  561. 
Margaerite-sur-Duclair,  168. 
Marguerite-sur-Fauville,  472. 
Mar^erite-sur-Mer,  244. 
Mane-au-Bosc,  352-53. 
Marie  {Ferme  de),  487. 
Martin- au- Bos,  331. 
Martin- Eglise,  2o2. 
Martin-aux-Buneaux,  455-56. 
Martin-de-Boscherville,  163-64. 
Martin-du-Bec.  359. 
Martiu-du-Manoir,  347. 
Martin-du-Plessis,  206. 
Martin-du-Vivier,  206. 
Martin-en-Campagne,  815*18. 
Martin-rOrtier.  60l. 

Martin-Osmonville,  523. 

Maurice-d*Etelan,  420. 

Mellon,  446. 

Michel  (Côte),  266-67. 

Mic/ieMU'Haisel,  217,  218. 

Nicolas-d'Aliermont,  308. 

Nicolas-de-Bliquetuit,  488. 

Nicolas*de-la-Haye,  487. 

Nicolas-de-la-Taille,  419. 

Onuphre  (Mare  dey.  à  Biville-la-Bai- 
gnarde,  278,  à  Saint-Arnoult,  488. 

Ouen-du-Breuil,  177. 

Ouen-sous-Bailly,  313. 

Ouen-sous-Bellencombre,  270. 

Paul  (Chapelle  et  Hameau  de),  169. 

Philbert  {Fossés  de),  168,  173. 

Pierre-d'Epinay,  237-238. 

Pierre-de-varengéville,  165. 

Pierre-en-Port,  469. 

Pierre-en-Val,  330. 

Pierre  et  N.-D.-de-Franqueville,  212. 

Pierre-le-Vieux,  434. 

Pierre  (Rue  et  Chaussée),  451. 

Remy-Boscrocourt,  ^. 

Remy-en-Rivière,  647. 

Ribert  (Baianerie  de),  268. 

Riquier  (CnapeUe  de),  330. 

Riquier-d'Héricourt,  446. 

Riquier-en-Rivière,  548. 

Romain-de-Golbosc ,  384. 

Romain  [Mare  de),  185. 

Saëns,  518-522. 

Saire,  506-507. 

Samson  (Fontaine  de),  570. 

Saturnin  {Chapelle  de),  484. 

8auveur-la-Gainpagne,  383. 

Siméon  (Fontaine  de),  185. 

8ulpice-de-Bellengrevillette,  311. 

Thomas-la-Chaussee,  187. 
Thomas  (Pâtis  de),  240. 

Valery-en-Caux,  438-39. 

Valery-sous-Bures,  544. 

Victor-r Abbaye,  277. 

|Yincent-de->Iogent,  501.  , 


Vaast-d'Equiqueville,  309. 
Vaast-Dieppedane ,  443. 

WandrilU{Côtede):k^îiTii^Yf  248, 
à  Gonneville-ies-Hameaux,  248,  a 
Saint- Vaast-Dieppedalle ,  443  ,  à 
Fontaine-en-Bray.  525. 

Wandrille-Rançon.  482-84. 

Wulfran  (Port  et  Quai  de),  485. 

T 

Table-de-Pierre  (la);  206. 
Taillis  (le),  169. 
Tancarville,  389-90. 
Terre  à  fols,  i90, 
Terres-Noires  (les),  280. 
Thémare (Venle-de),  211,  213. 
Thieuville-aux-Maiiiots,  457. 
Thibermesnil,  425. 
Thiboulot,  372. 
Thiède  (  Ville  de),  280. 
Thiédeville-sur-Saàney  280. 
Thuringe,  21 4. 
Tiergeville,  467-68, 
Tiétreville,  466-67. 
Tilleul  (le),  13,  14.354-56. 
Tocqueville-sur-Criel,  326. 

Tombe  (Jia),  292. 
Tonneville,  436. 
Torcy-le-Grand,  269. 

Torniole  (la):  à  Belleville-sur Mer. 
256  ;  à  Pierreflques,  21,  364. 

rorp(/c),  491. 

Tot(le),\92, 

Tôtes,  274. 

Tôles,  &  Sommery,  527. 

TouWre-Ecales^  638. 

Touifreville-la-Corbeline,  424-25. 

Toufnn(lé),  416. 

Tour  (la):  à  Bosc-Geffroy,  540;  à 
Yatteville,  49o  ;  (du  Diable),  à  Mau- 
lévrier,  481;  (yieille),  au  Bec-de- 
Mortag^ne,  377. 

Tourneville,  334-35. 

Tourville-la-Chapelle,  314. 

Tourville-la-Rivière,  224-228. 

Touslesmesmls,  244-246. 

Toussaint,  465. 

Trait  (le),  168. 

Trefforest,  575-76. 

Trémauville-aux- Aloyaux,  474. 

Trémonty  510. 

Trénegale  (la),  371. 

Tréport  (le).  325. 

Trinité-du-Mont  (la),  419. 

Triquerville ,  420. 

TroiS'Fréres  [Croix  des),  541 . 

Trois-Pierres  (les),  385. 

TroU'à'Pierrot,Ub^. 

Trou-deS'Iles,  i72. 

Trouville-en-Caux,  393-396. 


Vaganls  (les),  469. 

Val  :  des  Leux,  176  ;  des  Comtes,  3i8  ; 
aux  Moines,  ànt-,  d'Aulnoy ,  548; 
Jacob,  549;  aux  Vaches^  366;  Miellé, 
275-76;  aux  Grès,  63;  (Chapelle  du\ 
441  ;  de  Seine,  424;  GtUes,  270;  de 
Bouteilles,  25 1. 

Val-de-la-Haye,  461. 

Val-du-Roy,  329. 

Valleuse-deS'  Carrières,  35 1 . 

Valette  (la)  :  &  8aint-Maclou-la- 
Bruyère,  379;  àMaromme,  46-48 


76 


—  602  — 


Valliquerville,  423. 
Val-Martin  (le),  191. 
Valmont,  459-60. 
Valouine  {la),  543.      ' 
Vais  {Fonds  des),  371. 
VareDgeville-sur-Mer,  241. 
Varimpré,  552-63. 
Varneville-aux-Grés,  276-76. 
Varvannes,  279. 
Vassonville,  3i5-\e. 
Vasiines  (les),  549. 
Vatechrist,  462. 
Vatierville,  510. 
Vattetot-sur-Mer,  372-73. 
Vatteville,  489-91. 

Vauchel  (le)  :  à  Villainville,  349  ;  à 
Pierrefiques,  354;  au  Tilleul,  355. 
Vaucotle,  370. 
Vaudichon,  209. 
Vûudreville.  264. 
Vaupalière  (la),  186. 
Vatâhuil  {le),  429. 
Vauvaie(la),3ti. 
Vauvill€,^69. 
Vauville-lorCàbot,  446. 
vénestanville,  288. 
Vente-de-Thémare,  2Ï1-I2. 
Ventes  (Les  Grancïes),  272. 
yenleS'Mésangères{les)j  546. 


Verguies  (les),  360-62. 

Vertus  {les),  247. 

Veules,  440-42. 

Veulettes,  458-59. 

Vévigne{la),  358. 

Vicquemare,  430. 

Vieille-Tour  (la),  377. 

Vieille-Chaussée,  69. 

Vieuville  (la),  583. 

Vieux  (les),  167. 

Vieux-Biville(le),3tk. 

Vtrux  -  Château  ,     Vieux  -  Châteaux , 

Vieux-^hâtiau  :  au  Neufbosc ,  525 , 

à  Beaurepaire ,   3ô4  ;  au   Bec-de- 

Mortagne,  377  ;  à  Tier^eville,  468  ; 

à  Valmont,  460  ;  à  Ouainville,  454 . 
Vieux-Cimetière  (le):  à  Mirville,  381  ; 

à  Hodeng-au-Bosc,  557. 
Vieux- Louve  tôt  (le),  487. 
Vieux-Manoir  (le),  202-204. 
Vieux-Neufcfiâtel  (le),  515. 
Vieux-Rouen  (le),  562. 
Vieux- Rouen  (le),  507. 
Vignes  {les),  327. 
Vignette  (la)  :  à  Caudebec-lès-Elbeuf , 

219;  {Cole  de  la),  à  Caudebeu-on- 

Gaux,  478. 
Villainville,  349. 
Ville-aux-Guets,  275. 


ViOe-des-CâleUers  (la),  166. 
Villequier,  487. 
Villers-Chambellan,  166-167, 
Villers-sous-Foucannont,  551. 
Villers-sur-Aumale,  565. 
Villy-Val-du-Roy,  327. 
Vtmel{le),  515. 
Virville,  383. 
Vittefleur,  457. 


.'*89. 


"^W 


Wanchy,  527. 
Wardes,  588. 
Wargemont,  61. 
Wastine  (la),  189. 
Wuy  (le),  489. 


Yainville,  168. 
Yébleron,  475. 
Yerville,  425. 
Ymare,  211. 
Yport,  371. 
Yquebeuf,  194. 
Yvetot,  422. 
Yville,  175. 


TABLE  GENERALE 


PRINCIPALES  MATIÈRES  CONTENUES  DANS  CE  LIVRE. 


Abbayes  :  des  Saints-Apôtres  ou  de 
Saiut*Ouen,  à  Rouen,  i4l,  144;  de 
Saint- Amand ,  de  Rouen,  142;  de 
Belcinac ,  479  ;  de  Galle ville-les- 
Deux-Eglises,  299;  d'Envermeu,  292; 
de  Sept-Meules,  328;  de  Sainte- 
Trinite  ou  de  Sainte-Catherine  du 
MDnt-de-Rouen,2l4,l5i;dePavilly, 
177;  de  Duclair,  162;  de  Foucar- 
mont,  550;  d'Aumale  ou  d'Auchy, 
ÔÔ9-50I;  de  Bellozanne,  685;  de 
Fontenelle  ou  de  Saint- Wandrille , 
483;  de  Logium,^Sà;  de  Saint-Salve 
ou  Saint-Saire,  506;  de  Saint-Saëns, 
521  ;  de  Varenne  ou  Varinna^  627; 
de  Montivilliers,  341;  de  Fécamp, 
364;  de  Jumiéges,  169-174;  de 
Bures ,  543. 

Absides  romanes.  253,  383. 

Aicaire  Saint), abbé  de  Jumit^ges,  170. 

Aillemundus,  évéque  franc,  256-414. 

Allouville  (Chône  d'),  424. 

Alverède  (Prince  et  Tour  d'),  150. 

Ambre,  247,  2^2^293, (Anneau d'),  881. 

Ambre  naturel  a  Incheville,  331. 

Amphithéâtre  de  Rouen ,  sa  descrip- 
tion ,  sa  destruction ,  son  emplace- 
ment, 142-144. 

Analyses:  de  bronze  gaulois,  13-14; 
de  bronze  romain,  200;  de  monnaies 
gauloises,  i<j8;  de  monnaies  ro- 
maines, 200;  d'épées  gauloises,  154; 
de  hachettes  denronze,  187. 

Anneaux  pour  les  navires,  106-107. 

Ansbert  (Saint),  évêque  de  Rouen, 
146,  187. 

Anségise  (Saint),  abbé  de  Fontenelle, 
485. 

Antélixe  mérovingien,  414. 

Aprius  IlUomarus,  26. 

Aqueducs  romains,  3ô9,  399. 

ArDres  souterrains  ou  sous-marins, 
332-333. 

Archéogéologie,  16,  160,  248,  332-33. 

Arcosoiia  :  à  Rouen,  137-38;  au  Gou- 
rel    288 

Arélaune  (Forêt  d'),  491-497;  (Pa- 
lais d'),  490-496. 

Armilles  gauloises,  422,  443,  590. 


Armorique,  26. 

Arques  et  Archelles  (antiquités  ro- 
maines dans  la  prairie,  dans  la  ri- 
vière et  surtout  au  coteau  d'Ar- 
cheiîes;  bel  édifice  antique  sous  la 
forêt;  fouilles  de  1862:  découvertes 
de  pierres  taillées,  de  tuiles,  de 
poteries  ,  de  monnaies  de  bronze  , 
d'hameçons,  d'une  romaine,  etc.; 
Chaussée,  rue  de  Rome,  rues  cu- 
rieuses; monétaire  franc;  château 
normand  et  donjon  du  xi'  siècle), 
248-261. 

Arquois  (Chemins),  436. 

Asclepiodote,préfetduprétoire,25, 127 

Ateliers  monétaires  :  a  Rouen,  125- 
134;  à  Veules?44l;  à  Jumiéges, 
171  ;  à  Pavilly,  589;  à  Eu,  a90. 

Auct  (Chapelle  de  Saint-),  218. 

Aumale  et  Auchy  (pierres  druidiques, 
à  Dijeon;  villa,  tour,,  statuette , 
monnaies,  tuiles  et  autres  débris 
romaines,  dans  la  plaine  de  Dijeon  ; 
cimetière  franc  de  Fleuzy  ;  fouilles  : 
cercueil  de  pierre ,  vase ,  agrafe  de 
ceinturon;  abbayed'Auchy),  558-560. 

Austreberte  (Sainte),  de  Pavilly,  son 
tombeau,  176. 

Avitien  (Saint),  deuxième  évêque  de 
Rouen,  30,  135. 


Babylone  (Tour  de),  3c7. 

Bague  d*^argent  avec  denier  de  Ma- 

crin,  548. 
Bagues  d'or,  2:)9,  293,  590. 
Bailles(CercueiIs  servant  de),  37 1,420. 
Bains  romains  :  à  Sainte-Marguerite- 

sur-Mer,   242;  à  Etretat,  359;  à 

Lillebonne.  400. 
Bajocasses  (Monnaie  des),  432. 
Baptême  à  l'église-mère,  168- 
Baplistôreschrélions,140,4'i3, 444,446. 

Baptistères  romains,  336-359. 
Bassins  en  bronze  :  â  Envermeu,  295; 

àSainte-Martin-en-Campagne,  315; 

à  Bailly,  312;  à  Lillebonne,  412. 
Bataille  (Pré  de  la)  :  à  Caudebec,  479; 

à  Rouen,  149. 
Batailles  (Plaine  des),  427. 


Bâtons  de  verre  dans  les  sépultures , 
404,  405,  450. 

Beaubec-la-Rosière  (cimetière  romain 
de  la  Rosière,  fouilles  et  décou- 
vertes en  I8a9,  mont  et  château 
Grippon),  575-577. 

Bel,  a  Crielj  326;  à  Arques,  251;  à 
Sainte-Croix-sur-Buchy,  205-206. 

Belcinac  (Ile  de),  sa  situation,  sa  do- 
nation, sa  disparition,  4  ^9-80. 

Belges,  9-12. 

Bellencombre  (ferrières,  haches  de 

f)ierre  et  de  bronze ,  monnaies  dan- 
oises, restes  romains,  cimetière 
franc,  château  normand),  V69-270. 

Bénédictionnaire  de  l'archevêque  Ro- 
bert, 173. 

Béra,  comte  de  Barcelone,  147. 

Boîte  en  bronze,  avec  monnaie  de 
Néron,  404. 

Boîtes  à  parfums,  en  bronze,  3i7. 

Bolbec  (sources  disparues,  urne  en 
plomb  et  vases  romains  de  Ronche- 
roUes,  cimetière  romain  de  la  vallée 
de  Fontaine-Martel,  chapelle  et  châ- 
teau de  Fontaine-Martel),  390-392. 

Bornes  milliaires,  26;  à  Rouen,  114. 

Bracelets  gaulois  :  en  or ,  422  ,  491  , 
572;  en  bronze,  443. 

Bracelets  romains  en  verre,  234,  481 . 

Brandons,  203. 

Braquemont  (la  Cité  de  Limes  ou  le 
Camp  de  César,  sa  description,  son 
histoire,  sesfouilles,  ses  découvertes 
gauloises  et  romaines;  villa  ro- 
maine ,  donation  carlovingienne , 
prébendes  canoniales ,  anciennes 
coutumes),  257-263. 

Breuil  (ce  que  signifie  ce  nom),  277. 

Brocs  en  bronze,  362,  574. 

Bronze  (Analyse  de),  voyez  Analyses. 

Bronze  (Hachettes  de),  voyez  Ha- 
chettes. 

Bronze  (Vases  de),  voyez  Vases. 

Briqueteries  romaines,  418. 

Brunehaut,  4  Rouen.  i4l. 

Buis  (indice  d'antiquités  romaines) 

181-82,  486  536. 

Bustes  de  Silène,  616. 
Buttes,  211.  337,  346;  â  l'Ecuyer,  490; 
aux  Anglais,  611.  Voyez  Mottes. 


604 


Cachets  d'oculistes,  li«,  399. 

Cachettes  monétaires  -*  gauloises  :  à 
Limes,  263;  à  Limésy,  I79>80;  à 
Hénouville,  163;  aux  Baous-le- 
Comte ,  425  ;  &  Liliebonne ,  396;  à 
Saint -André- sur -Cailly,  198;  à 
Cailly,  196;  —  romaines:  à  Pour- 
ville,  240  ;  au  Bourg- Dun,  246;  à 
à  Derchigny,2a4;  à  Augeville,  270; 
à  8auchay,  ai3;  à  8aint-Martin-en- 
Campagne,  3 là;  à  8aint^emy-en- 
Campagne,  330;  à  Vatteville,  4«j6; 
dans  Bretonne,  494  ;  à  Ësclavelles, 
504;  à  Neuville-Ferrières,  5i2;  a 
Lucy,  boh  ;  à  Epinay,  51 5  ;  à  Perdu- 
ville,  522;  à  Sommery,  526;  à 
Bieux,  546;  à  Saint-Romv-en-Ri- 
viôre.  547  ;  à  Tourville-la-Rivière , 
229;  a  Amfreville-la-Mi-Voie,  213; 
&  Cailly ,  196  ;  à  Saint- André-sur- 
Cailly,   198-2(M»;  au  Trait,  168;  à 

-  Jumiéges,  169;  à  Rouen,  126-28; 
à  Eu,  323;  à  Gonfreville-rOrcher, 
346;  —  franques  :  à  Imbleville,  279; 
àGaillefontaine,  572;— normandes: 
à  Rouen,  134. 

CSailly  (monnaies  gauloises,  monnaies 
romaines  en  or  et  en  bronxe,  collier 
en  or.  balance  romaine  en  bronze , 
incinérations  gallo-romaines,  Capi- 
toie  et  voies,  station  antique,  trions 
mérovingiens,  doyenné,  saint  Leu- 
froy),  194-197. 

Galétes,  9-12, 28-27,  396;  ^  leur  capi- 
tale, 396-^00. 

Galida,  Galeium,  396, 477. 

<2ampB  anciens,  22,  24  (de  la  Bouteil- 
ierie),  à  Vamevilie,  376  ;  à  Bailly, 
31 1  ;  i  Douvrend,  307  ;  à  Inohevilie, 
330  ;  à  Braquemont,  2;»7-63;  à  Va- 
rengeville->sur-Mer.  24i  ;  &  Fécamp, 
363-69  ;  à  Sandouville,  397  ;  à  Saint- 
Nicolas-de-la-Taille,  4i9;  à  Grand- 
camp,  419;  (d'Azélonde),  à  Crique- 
to(4  Esneval ,  348-49  ;  à  Louvetot , 
487  ;  &  Viltequier,  488  ;  à  Rouelles, 
béffi;  &  Vatierville,  511;  à  Saint- 
fiaëns,  521  ;  à  8ainte-Geneviéve-en- 
3ray.  52f^  ;  à  Nesle-Normandeuse , 
558  ;  a  Forges-les-Eaux,  566  ;  à  Mau- 
quenchy.    569  ;   à  Gaillefontaine  , 
572;  à  Beaubec-la-Rosiére,  ,S76;  à 
Brémontier-Merval ,  585;  à  Neuf- 
marché,  587  ;  à  Gouy,  211  ;  à  Blos- 
•eville-Bon-Secours ,  214;  à  Saint- 
Aubin-Celloville .   2i4;   au  Mont- 
Cauvaire,  191;  a  Saint-Ouen-du- 
Breuil,  177;  à  Varengeville-sur- 
fleine,   165;  à  Jumiéges,    169;  à 
Yville,  i75;àYaIliquerville,  423;  à 
Touffreville-la-Corbeline ,   424;    à 
Veulettes,  458  ;  à  Val  mont,  460  ;  à 
Caudebec-en-Caux,  477-79;  à  Mau- 
lévrier,  480;  à  Ueugleville-sur-Scie, 
«67. 
Camps  de  César  :  à  Braquemont,  237- 
262  ;  &  Fécamp.  364  ;  à  Sandouville, 
387  ;  à  Boudeville,  419. 
Gnnp-Dolent  (indice  d'antiquités),  45, 

Canada  (Camp  du).  364. 

Cany  (monnaie  gauloise,  tunmhiSj  sta- 
tion romaine  ,  voies  ;  antiquités  : 
vaste  nécropole  romainoi  incinéra* 


lions  trouvées  en  1780  et  1790; 
fouilles  de  1849  :  cercueils  d'en- 
fants), 448-452. 

Capitole ,  à  Caiil^  et  en  Gaule,  107. 

Carausius,  117. 

Carrières  anclennea,  277,  8.^9,  379. 

Carrières  sépulcrales,  375-76. 

Casque  romain  en  bronze,  262. 

Castra  Constantia,  25.  127,  387. 

C&teliers,  C&telets,  Chàtelets,  Càtel, 

125,  163, 192,  201,  261,209,  270,  292, 
322,  328,  346,  349,  418,  419,  417,  423, 
439,  453,  458,  460,  474,  488,  490,  521, 
150,  5  »6,  559. 

Caudebec-en-Caux  (ancien  Caletum? 
le  CcUidu  ;  monnaies  et  haches  gau- 
loises; l'ancien  Lotum  des  Romains 
et  Lutum  ces  Francs;  chaussées  an- 
tiques, incinérations  romaines,  mon- 
naies impériales,  débris  nombreux; 
CaHdumBeccum  desCiarlovingiens), 
477-479. 

Caudebeo-lès-Elbeuf  (rancien  Ugaate; 
monnaies,  haches  gauloises,  débris 
romains  sans  nombre  ;  découvertes 
qui  durent  depuis  cent  ans  :  meules, 
monnaies,  statuettes,  poteries,  ins- 
criptions ,  puits ,  seau  en  cuivre , 
noms  de  potiers, dépôts  monétaires; 
fouilles  de  1864  :  découverte  d'un 
temple  ou  laraire ,  cimetières  gau- 
lois, romains  et  francs,  tombeaux 
en  pierre ,  fibules  d'or  ;  fouilles  de 
1 855  et  de  1 864  :  marmite  en  bronze), 

218-277. 

Caux  (Pays  de%  32-33. 

Cercles  en  bronze  découné,  378. 

Cercueils  en  pierre  :  &  oept-Meules, 
328;  à  Etalondes,  32 j  ;  à  Saint- 
Aubin-Routot,  386  ;  à  Dieppe,  237-38; 
àDaubeuf-Serville,  592;  a  Pourville, 
240-241  ;  à  Hautot^sur-Mer ,  240;  à 
Saint-Marguerite-sur-Mer ,  243;  à 
Lamberville,  281  ;  &  Douvrend,  305- 
307;  &  Biville-sur-Mer,  314;  à  Grà- 
vîUe- Saint -Honorine,  337-340;  à 
Harfleur,  342-3*6;  h  Pierrefiques, 
353-54;  au  Tilleul,  835;  à  Bordeaux, 
357  ;  &  Etretat,  361-62;  à  Fécamp, 
368;  à  Auberville- la -Campagne, 
419-20;  à  Vaucotte,  370;  à  Yport, 
371  ;  à  Maniquerville,  372  ;  à  Cretot, 
375;  àSaint-Aubin-Routot,  380;  à 
Sandouville,  388  ;  à  Liliebonne,  4 14  ; 
à  Bliquetuit,  488-89;  à  Vatteville, 
490;  à  Gravai,  520;  à  Saint-Saëns, 
521;  à  Sainte-Geneviève,  52 1  ;  a 
Fresles,  543;  à  Aubermesnil-les- 
Erables,  553 ;  &  Hodeng-au-Bosc , 
557;  à  Fleuzy,  560;  à  Haudricourt, 
565;  h  Saint-Martin-au-Bosc.  564; 
à  Yillers-sur-Aumale ,  505  ;  a  Ser- 

reux  ,  574  ;  à  Molagnies  ,  582  ;  à 
Gancourt-Saint-Etienne,  582;  à 
Avesnes,  586;  à  Saint- Valery-en- 
Caux,  438  ;  à  Colleville,  461  ;  à  Tier- 
geville,468;  àSaint-Pierre-en  Port, 
469;  à  Elétot.  470;  à  Caudebec-lès- 
Blbeuf,  225;  a  Tourville-la-Rivière, 
234;  à  Amfreville  la-Mi- Voie,  2i3  ; 
à  Saint- Aubin-Epinay,  215;  à  Mor- 
gny,  205;  à  Clères,  189;  à  Gouville, 
189;  aux  AuthieuX'Ratiéville ,  190; 
à  Anceaumeville,  191  ;  à  Monville, 
192-93;  à  Saint-André-sur-Cailly , 
196-97  ;  à  Déville,  2o9;  à  Isneauville, 


185;  à  Houppeville,  186;  à  PavUly, 
176-77;  à  Rouen,  ii9-t25;&Limé6y, 
178-180;  à  Hénouville,   l65-5a9;  è 
Villers-Chambellan,  1 67  ;  à  Mauny, 
17d-76;  &  Grand-Couronne ,   151  :  à 
Oissel,  155-59;  à  Saint-Etienne-du- 
Rouvray,    159;   à    Sottevilie-lôs- 
Rouen,  16O-CI  ;  à  Jumiéges,  171-74; 
à  Ouvillela-Rivière,  24M6;  à  Mar- 
tin-Eglise, 352. 
Cercueil  de  Robert  Champart,  173, 
Cercueils  en  tuiles  romaines,  449, 459. 
Cercueils  en  piomb,  11 7*  121,  160-41 , 
207,  229,  449,  389. 

Cercueils  en  bois,  118,  112 ,  160-61 , 

238-230.  „ 

Cercueils  de  pierre  :  de  sainte  Hono- 
rine, 337;  de  sainte  Austreberte, 
176. 

Cercueils  de  marbre.  110-124. 

Cercueil  de  marbre  de  saint  Romain, 

124. 

Cercueils  en  plâtre,  156, 159, 238, 144, 

276,  278,  328,  434,  3H«-590. 

Chaînettes  franques.  190,212,199,533. 

Champ  excommunie,  331. 

Champart  (Robertj,ai)bé  de  Jumiégos, 
173. 

Chandeliers  en  bronse,  207,  195,311, 
361,  363,  515. 

Chapelles  anciennes  :  aux  Baons-le« 
Comte ,  416  ;  de  Goville ,  à  Saint- 
Wandrille,  486;  de  Saint-Valery»  à 
Etretat,  :i6{-6:i;  de  Saint-Martin^  à 
Bolbec,  391-92:  de  Saini*Satnmiii, 
à  Saint-Wandrllle,  483-84;  de  CmI- 
louville,  &  Saint-Wandrtlle ,  4843 
du  Torp,  dans  Bretonne,  491-91;  de 
Saint-Léger,  à  Saint-Valery,  43»; 
de  Notre-Dame-du-Val.  à  Veulea, 
441  ;  de  Saint-Auct,  à  filbeuf,  117- 

218* 

Chapiteaux  fVancs,  195,  241,  445. 

Chapiteaux  romains ,  333,  510. 

Charlemagne,  à  Rouen,  1 46-47. 

Charles-le-Chauve,  131-147. 

Châteaux  anciens:  à  Pommerval,  171  ; 
fde  Crétin),  à  Gràville ,  337;  (de  la 
Butte-aux-âarrasins),  à  Leure,  338; 
(d'Orcher),  à  Gonfreville,  3i6;  (de 
Grémont),  à  Saint- Jouin,  351;  à 
Beaurepaire,  3^8  ;  t  Fécamp,  365-99; 
(des  Hogues),  à  Saint-Léonard,  370; 
à  Criquebeuf ,  37 1  ;  (de  Thiboutot), 
à  Maniquerville,  872  ;  à  Bretteville- 
la-Chauss<''e ,  380;  (du  Catiau-Ro- 
bert),  à  Sa  lut-Romain,  38  >  ;  de  Taii- 
carville,  3S9  ;  (de  Fontoine-Martel), 
à  Bolbec,  39 1  ;  (d'Hallebosc),  à  Biel- 
leville.  39.1  ;  (de  la  Pommeraye) ,  i 
Saint- Amould ,  488;  à  VatteviUa, 
490  ;  à  Neufchàtel,  500  ;  à  Mortemer, 
513:  àSainl-Saëns.  521-22  ;  à  Monté- 
rollier,  525  ;  au  Neufbosc ,  515  ;  à 
Grandcourt,538;  à  Ecotigny,  639; 
à  Bosc-Geffrov,  340  ;  à  Bures,  S<3; 
à  Gaillefontaine,  571;  à  Brémon- 
tier-Merval.  587;  au  Neufmarcliô, 
385;  à  Wardes.  588  ;  à  la  Ferté^^m- 
Bray,  576;  à  Blangy,  445;  à  SalaU 
Rlquier-en-Rivière,  548;  à  Auoor- 
mesnil-Ies-Erables,  553;  &  Pierre- 
court,  5  8;  à  Aumale,  559;'Hubauld}, 
au  Vieux-Rouen,  56 1  ;  (de  Matepa- 
tenam),  au  Vieux-Rouen,  561 -ai  ;  à 
Neuville-Gouvion,  564;  àBeausaoIt, 


573;  du  Mont-Grippon,  577  ;  à  Gour- 
nay-en-Bray ,  680 ;  à  Etoutteville- 
8ur-Mer,  427;  (de  Calletot),  à  Saint- 
Laurenl-en-Gaux,  430  ;  à  Houdetot, 
43fi;  à  Néville.  439;  à  Anvéville , 
444;  àCanouville,455;  àGrainville- 
la-Teinturière,  453;  Cde  Gruville>,  à 
Tiergeville,  46«  ;  (de  Caniel),  à  Cany. 
448;  à  Ouainville,  454  ;  à  Valmont 
♦«0;  à  Manié vrier,  480;  (Fouet) ,  à 
Orival,  228  ;  (de  Thuringe),  à  Bon- 
Secours,  214  ;  (du  Roule),  à  Darné- 
tal,  207  ;  à  Saint-Denis-le-Thiboul, 
tO§;  à  Pontaine-Ie-Bourg  ,  189  :  à 
Cailly,  196;  à  Limésy,  I79;  à  Du- 
olair,  162;  à  Villere-Chambellan, 
168:  au  Trait,  167;  (de  Robert-Ie- 
Diable),  à  Moulineaux,  151-54;  à 
Otssel,  157-58;  à  Envermeu,  292;  à 
Longueville,  264  ;  à  Hautotsur-Mer 
240;  à  Ancourt.  253;  à  Dénestan- 
viHe,  266;  'du  Mont*Pinson),  à  Heu- 
gleville-sur-Scie,  2rt7;  (de  Charles^ 
Mesnil),  à Manéhonville,  268;  h  Auf- 
fey,  278  ;  à  Beaunay,  278  ;  à  Griel . 
326;  à  Cuverville-sur-Yère ,  327;  à 
Villy.  329  ;  à  Tocqueville-sur-Criel, 
M7  r  a  Eu.  319-22;  à  Arques,  249;  i 
Bemeval-le-Grand,  255. 

Château  des  ducs  de  Normandie,  à 
Fécanip,  267-369. 

Chaussée,  Gauchie,  Chaussée  Brune- 
haut,  de  Jules  César,  etc.,  39,  42  , 
43,49,50,55,60,61,66,71,75,76; 

Ghef-de-Caux  (le).  335-336. 
Chefs  desCalètes,  il. 
Cfcemins  Arouois,  261. 
Chemin  des  Fées,  voyez  Fées, 
^emins  du  Roi,  39,  46,47,  433,  455. 
iinônes  séculaires:  à  Allouville,  424- 
dans  Bretonne,  496.  ' 

Ghildemarque ,  abbesse  de  Fécamp , 
357,  366. 

Christianisme  à  Rouen  et  dans  le  dio- 
cèse :  ses  commencements,  134-136- 
son  développement  sous  saint  Vic- 
tnce,  136-142;  son  triomphe  au 
vil*  siècle,  H2-I50. 

Chronicvn  Fontanellense,  483. 

Cimetières  gaulois  :  à  Saint- Wan- 
dnlle,  482;  à  Bouelles,  508-609;  à 
8ainte-Beuve-en-Rlvière,  614  là-  à 
Moulineaux,  151-64;  à  Rouen.  116; 
aSaint-Remy-en-Rivière,  547;  aux 
Bssarts-Varimpré ,  652-56:  à  Cau- 
debec-lès-Blbeuf ,  234,  690. 

Cimetières  romains:  à  Dieppe,  236-37; 

à  Neuville-le-Pollet,  238;  à  Sainte- 
Maiiguerite-sur-Mer.  244 ;  à Luneray, 
289-0O;  à  Equiqueville,  3o9;  à  Eu 
320-24;  à  Incheville,  33o;  au  Havre' 
334-335;  à  Graville,  33.-338;  à  Cau- 
Tille,  347;  au  Fontenay,  547;  à  An- 
gleequeville-rEsneval,  349;  àSaint- 
Jpuin,  360;  au  Tilleul,  364-55;  à 
Bordeaux.  366-67; à Etretat,  3:8-62; 
àFécamp.  364-66  ;  à  Saint-Léonard 
^<>?  *"^  ^^s,  373;  à  Grainville- 
1  Alouette  ,  380;  à  Bréauté  .  382  ;  à 
Manneville-la-Goupil ,  382;  à  La 
Cerlangiie.  387  ;  à  tancarville,  389; 
àBolbec  390;àTrouville.en.fcaux 

3a3-9j;    à    Llllebonne,   402-414;   à 

Salnt-NicoIas-de-la  Haye,  487  ;  dans 


—  605  ~ 

Brotonne,    494;    à  Neuville-sur- 
Eaulne,   542;    à    Osmoy,    544;    à 
Blangy,  545;  à  Beaubec-la-Rosière, 
675;li  Sigy    578;  à  Yerville,  425  | 
à  Doudeville,  429;  à  Héberville , 
435;  à  Veules,  44i0-44;  à  Canv,  448- 
462;  à  Gontremoulins,  466;  a  Tié- 
tr^ville,  466;  à  Tiergeville,  467  ;  è 
Sainte-Hélène-Bondeville,  462-66; 
à  Fauville,  47 1  ;  à  Vébleron,  476;  à 
Caudebec-en-Caux,  478-79;  à  El- 
beuf,   217-218;  à  Tourville-la-Ri- 
vière,  228-234;  à  Saint- Denis -le- 
Thibout,  208-2O9  ;  à  Monville,  1 92-93; 
à  Eslettes,  193-94;  à  Cailly,  196-96; 
à  Barentin,  180-184;  à  Rouen,  117- 
123;  à  Muchedent,  2ii8  ;  à  Darnétal, 
206,  689;  à  Hénouville.  689; 
Cimetières  francs  :  à  Dieppe .  238-39  ; 
à  Hautot-sur-Mer,  240;  a  Pourville, 
240-41;    à    Martin-Eglise,    262;   à 
Sa  in  te -Marguerite -sur -Mer,  244; 
au    Bois-Robert,    265;   à  Bellen- 
combre,  269-70;  a  Orival-sous-Bel- 
lencombre,  278;    à  Lamberville, 
282;  à  Envermeu,  29i-3o6;  à  Dou- 
vrend,  306,  591;  a  Biville-sur-Mer, 
314  ;  à  Eu,  322-24;  à  Criel,  326;  à 
Sept-Meules,  828;  à  Gouseauville , 
332;  au  Tréport,  325;  à  Etalondes, 
326;  â  Villainville,  349;  à  Etretat, 
362  63  ;  à  Yport ,  37!  ;  a  Vaucotte, 
380  ;  k  Baigneville,  377;  à  Saint-Au- 
bin-Routot.  380-87;  à  Blangy,546;  à 
Saint  Riquier-en-Riviére;    648;    à 
Foucannont,   550;    à  Hodeng-au- 
Bosc,  567;  à  Saint-Martin-au-Bosc, 
564;  à  Fleuzy-lès-Aumale ,  560  ;  à 
Saint-Germam-sur-BresIe  ,  662  ;  à 
Haudricourt,    666;  à  Villers-sur- 
Aumalo,  665;  à  Beausault,  573;  à 
Serqueux,  574  ;  à  Sigy,  678  ;  à  Dam- 
pierre,  583;  à  Bezancourt,  686;  à 
Avesnes,  686;  à  Saint- Valery-en- 
Caux,  438-39  ;  à  Veules,  440-444  ;  à 
Héricourt,  446;  à  Golleville,  460;  à 
Tiergeville,  467;  àEiétot,  469;  à 
Saint-Pierre-en-Port,  469;  àElbeuf, 
217-218;  à  Caudebec-lès-Elbeuf, 
224-27;  â  Orival-sur-Seine ,  227;  à 
Quévreviile-la-Poterie,  2  1  ;  à  Am- 
freville-la-Mi-Voie ,  213;  à  Saint- 
Aubin-Epinay,  214;^  à  la  Neuville- 
Champ-d'Oissel ,  216-I6  ;  à  Morgny, 
206  ;  à  Gouville,  i89;  aux  Authieux- 
Ratiéville,  I90;  à  Anceaumeville , 
191  ;  au  Mont-Ciauvaire,  i9l  ;  à  Mon- 
ville, 192;  à  Eslettes,  193;  à  Saint- 
André-sur-Cailly,  lo2;  à  Duclair, 
162;  àCanteleu,  184;  à  Isneauville, 
200;  à  Pavilly,  170;  à  Limésy,  i7h; 
à  Barentin,  184;  à  Mauny,  176;  au 
Grand -CJouronne,    I6I  ;   a   Saint- 
Etienne-du-Rouvray,  158;  à  Sotte- 
ville-lès-Rouen^  161;  à  Rosay,  272; 
à  BailIy-en-Rivière ,  311;  aux  Pe- 
tites-Dalles,  456  ;  à  Rouen,  1V3-24: 
à  Ouville-la-Rivière,  246;  k  Saint- 
Aubin -sur-Mer,  432;  à  Bliquetuit, 
488;  à  Vatteville.  490;  à  Neufchàtel, 
498-600  ;  à  Saint-Vincent-deNogent, 
501  ;  à  Mesnières.  502;  à  Neuville- 
Ferrières,  506;  a  Gravai,  5lo;  à 
Lucy,  511;  à  Montérollier,  523;  à 
8ainte-Geneviève-en-Bray.  626;  à 
Sommery,  526;  à  Londinières,  ^27- 


34  ;  à  Profondeval,  535-37;  à  Grand- 
court.  638;  ô  Clais,  540;  à  Baillolet. 
"541;  à  Neuville,  542;  à  Hénouville, 
589-90;  au  Petit-Appeville ,  590;  à 
Daubeuf-Serville,  99i. 

Cimetières    anciens     indéterminés 
t)Of/0z  Squelettes. 

Cippe  tumulaire  de  Cassiola,  1 15. 

Cm  de  Rouen  (la),  91-113. 

Cité,  nom  commun  dans  les  anciennes 
villes  romaines,  9i. 

Cités  (Lieux  dits)  :  Galet  ou  Calète , 
9;  de  Dreulles,  273;  de  Beauville  , 
431  ;  de  Forteville,  277;  de  Limes, 
267-243;  à  Veules,  440;  à  Eu,  318;  à 
Criel ,  326. 

Cités  romaines  de  la  deuxième  Lyon- 
naise, 24-31. 

Clés  romaines  en  bronze,  194,  518.  ' 

Clotilde  (sainte)  fonde  une  aj>bayd  à 
Rouen,  14 1. 

Collégiales:  à  Montiviliers,  341;  à 
Bordeaux,  366;  à  Auchy,  66I  ;  à  la 
Ferté-en-Bray,  676;  k  Sigy,  578;  à 
Brémontier-Merval ,  586;  a  Sainte- 
Foy,  267. 

Collier  d'or,  195. 

Colonnes  de  marbre  antique  &  Du- 
clair. 142. 

Commerce  de  Rouen,  144-151. 

Conciles:  d'Oissel,  157-68;  de  Fécamp, 
268-69  ;  de  Pitres,  148  ;  de  Rouen , 
140-15<»;  de  Neufmarchô,  587. 

Coudé  (Saint),  479. 

Conquets  Hue  de  Goumay,  582,  583. 

Consul,  titre  donné  aux  ducs  de  Nor- 
mandie, 368-69. 

Corps  merveilleux,  350,  351. 

Coupes  de  verre:  coloriées,  391  ;  or- 
nées de  figures.  394-95. 

Couplets  en  fer,  122,  234. 

Couteau  romain  conservé,  403. 

Couteaux  en  silex,  499,  5?8. 

Croix  de  Saint-André  sur  des  cercueils 
en  plomb,  1 18,  229. 

Crypte  à  Héricourt,  446-447. 

Crypte  de  Saint-Gervais ,  à  Rouen  . 
137-140. 

Cryptes  sépulcrales,  137-38,  375-376. 

Cure-oreilles  et  cure-dents ,  225,  3©o, 
499. 

Cuve  (la),  chône,  496. 

Dadon,  voyez  Ouen. 
Damasquinures,  245,  591,  294,  499, 

53 1 . 

Danois  à  Rouen,  146-149. 

Débris  romains:  à  Arques,  248-51  ; 
àElran,  261  ;  à  Bouteilles.  2i2;  à 
Martin-Eglise  ,  252  ;  à  Graincourt, 
264;  à  Grèges,  2.54;  au  Càtelier- 
Pelletot.  26»;  à  Muchedent,  268;  & 
Varneville-lès-Grès,  276;  à  SaîAt- 
Victor-r Abbaye,  277;  àimbleville, 
279;  à  Thiédeville,  2«0;  à  Brachy, 
286  ;  au  Gourel ,  288  ;  sur  TAlier- 
mont,  308;  à  Equiqueville,  309;  à 
Sauchay,  3i3;  à  Baillv-en-Riviôre , 
311  ;  à  Biville-sur-Mer,  314  ;  à  Saint- 
Martin-en-(^m pagne  .  315;  à  Bu, 
318-24;  au  Tréport,  326;  à  Cuver- 
ville-s^-Yère.327;à  Sainte-Adresse. 
336-36;  k  Gràville,  337;  à  Criquetot* 

77 


TEsDeval ,  348;  au  Fonteoay,  H7  ; 
à  Fongueu-semare ,  3)9;  à  Ecu- 
quetot,  a.>0;  à  Bruneval,  3&i  ;  & 
Fécamp,  364;  à  Yport,  37 1  ;  aux 
Loges,  37 j;  à  Beaucamp,  387; 
à  Guillerville.  392;  à  Bolleville , 
392;  à  Guerbaville.  488;  à  Blîque- 
tuit,  488;  à  Vatteville  ,  489;  dans 
Brotonne,  4'.ii-97;  à  Neufch&- 
tel.  498  ;  à  Saint-Vincent-de-Nogent, 
ôOl  ;  àSaiot-Martin-rOrtier,  501  ;  à 

guiévrecourl,  àU2  ;  à  Bully,  &02  ;  à 
sclaveiles,  504;  à  Massy,  âOà;  à 
Brémonlier,  505;  àAuvilUers,  5u7  ; 
à  Saint-Germain-sur-Ëaulne,  5fO; 
à  Ménouval,  ôio;  à  Fftsques,  511  ; 
à  Lucy»  511  ;  à  Saint-Saens,  518;  à 
Sainte-Geneviève,  526  ;  à  Sommery, 
627;  à  Londinières,  526  ;  à  Boissay, 
534;  à  Smermesnil,  535;  à  Parfon- 
deval,  538;  à  Grandcourt,  538;  à 
Preuseville,  539;  à  BoscGelTroy, 
540;  à  Fréauville.  640;  à  Clais,  54o; 
À  Baiilolet,  64i  ;  à  Bailleul,  542  ;  à 
Neuville-sur  Eauine,  542  ;  à  Sainte- 
Agathe,  '>4:i  ;  à  Burei<,  543  ;  à  Blangy, 
545:  à  Dancourt,  5i7  ;  à  Rieux,  546; 
à  Saint-Remy-en-Rivière ,  547;  à 
Foucarmont,  549;  à  Rétonval,  &jO; 
à  Saint- Léger -aux -Bois,  556;  à 
Monchy-le-Preux,  5'>7;  à  Guimcr- 
ville,  558;  à  Nesle-Normandeuse , 
558;  à  Richemont  556  ;  à  Rêalcamp, 
557  ;  à  Aumale  .   568  ;  à  Aubégui- 
mont,  5r>3  ;  au  Vieux-Rouen,  562  ;  à 
Ulois,  661;  à  Conteville»  564;  à 
Forges-les-Eaux ,  666;  à  Ronche- 
roUes-en-Bray.  567;  à  Griquiers, 
564;  à  Neuville-Gouvion ,  585;  à 
Trefferost,  6i5;  à  Beaubec-la- Ro- 
sière, 575;  à  Sigy,   578;   à  Dam- 
êierre ,  583  ;  à  Bezancourt ,  585  ;  à 
toshyon,  586;  à  Neufmarché,  587  ; 
Trouffreville-la-Corbeline,  424  :   à 
Bourdainville,  426;  à  Doudeville, 
429  ;  à  Saint-Laurent-en-Gaux,  43C  ; 
à    Hautot- Saint -Sulpice,   430;  a 
Beauviile-la'Gité,  430;  à  Bloeseville- 
ès-Plains,440;  à  Ourville.  442;  à  Hau- 
tot-l'Auvray,  443;  à  Saint- Vaast- 
Dieppedalle,  443  ;  à  H(^ricourt,  445  ; 
à  Cany,  448;  à  Bosville,  4.>4;  à 
Theuville-aux-Malades,  4»7  ;  à  Vitle- 
fleur,  457  ;  à  Crosville,  4;»7  ;  à  Colle- 
ville,   460;  à  Tiergeville,  407;  à 
Elétot,  41.9;  à  Ecretteville-sur-Mer, 
470;  à  Fauville,  47i  ;  à  Envronville, 
473  ;    à    Sainte-Gertrude ,    482  ;    à 
Bellencombre,  269;  à  Orival,  27 1  ; 
àCottévrard,  273;  à  Blosseville- 
Bon-Secours,  214;  à  Monville,  I92; 
au  Bosguerard,  194;  à  Canteleu, 
184  ;  à  Pissy-Poville,  188;  à  Limôsy, 
178;  àUénouville,  165,  580;  à  An- 
neville-sur-Seine,  175;  à  Sotteville- 
lôs-Rouen,   itio;  à  Saint-Jean -de- 
Folleville,  4i7;  à  Saint-Pierre-en- 
Port,  449;  à  Saint- Wandrille-Ran- 
çon,  482;àFontaine-le-Bourg,  189; 
Villers-Ecalles ,  nSO  ;  à  Belmesnil , 
590;  à  Grosville-sur-Scie ,  590;  à 
Lanquetot,  592  ;  à  Criquiers,  592. 

Denis  (Saint)  de  Paris  :  son  apostolat, 
29,  135,  141  ;  sa  présence  à  Rouen, 
141  ;  son  chef,  33ti;  sa  fontaine,  443. 

Dieppe  :  origine  et  nom  de  cette  ville, 


235;  cimetières  romains  fouillés  à 
Dieppe ,  236:  station  romaine  de 
Bonne-Nouvelle,2.'i7;  cimetière  franc 
d'Epinav,  238-39;  fouilles  et  inciné- 
rations de  Neuvilie-le-Pollet,  235-38. 

Divisions  TERRITORIALES  :  époque  gau- 
loise, 9-24  ;  époque  romaines,  24-31  ; 
époque  franque,  31-34. 

Doigt-de-Gargantua,  241; 

Dolent  (Camp  et  Mont),  45,  346,  478. 

Dolium  romains,  180-H4,  202, 208,  2i7, 
332-3.1,  337,  347,  374.  387,  403-410, 
420,  486,  583. 

Doudeville  (haches  de  bronze  et  de 
sileXj  monnaies  gauloises,  mottes  et 
débris  antiques  dans  les  hameaux , 
urnes  romaines   dans  le  bourg) , 

429-430. 
Dov  ennés  :  à  Ry,  2 10  ;  à  Gailly,  137;  à 
Pavilly,  177;  à  SaintrGeorges,  164  ; 
I     à  Longueville,  264  ;  à  Bacqueville, 
280;  à  Brachy,  286;  à  Eu,  318-24  ; 
à  Saint-Romain-de-Golbosc,  384  ;  à 
Neufchàtel-en-'Bray,  493;  à  Bures, 
543  ;  à  Foucarmont,  550  ;  à  Ganville , 
431;  à  Valmont,  460;  à  Fauville, 
471;  à  Envermeu,  29 >. 
Duclair  :  haches  gauloises  en  pierre , 
antiquités  romaines ,  colonnes  de 
marbre  antiques,  chapiteaux  méro- 
vingiens ,  ancienne  abbaye,  ancien 
château,  cimetière  franc,  163-163. 
Dudon  de  baint^uentin,  434. 


Edifices  romains  :  à  Limes,  258-62  ;  à 
Canteleu,  184-8.»;  à  Rouen,  90-105; 
à  Arques,  248-2 j1  ;  à  Gaudebec-lès- 
Elbeuf,  222. 

Edouard-le-Gonfessur  (Saint),  160. 

Eglise  étrange,  3.i3. 

Eglises  bdties  avec  des  débris  an- 
tiques, 361. 

Eglises  carlovingiennes,  171, 327, 414, 
.'>(M,570,  574 

Eglises  transférées,  ^41,  244,  3.io,  362, 
372,  378.  381,  387,  428,  440,  442,  487, 
526,  .S 66,  ^8<«J  .'189. 

Elbeuf  (monnaies  gauloises^  faubourg 
d'Uffgate  ,  voies  et  sépultures  anti- 

?|ues,  monnaies  romaines,  cimetière 
ranc ,  chapelle  de  Saint-Auct ,  pé- 
riode normande),  216-218. 
Email  (Fibules  en).  391,  404. 
Emendreville  (Faubourg  d*),  160. 
Enceinte  carrée  des  vil^s  romaines , 

110-111. 

Enceinte  militaire  de  Rouen,  104-1 13. 

Enervés  (Tombeau  des),  172. 

Envermeu  :  débris  et  monnaies  des 
temps  ^allo-romains ,  nom  franc , 
doyenne,  fief  et  ch&teau.  cimetière 
mérovingien  de  la  Tombe  ,  fouilles 
nombreuses  et  riches,  admirable 
série  d'objets  francs  reproduitts  par 
la  gravure,  29 1 -305. 

Epées  gauloises  en  bronze,  13-14; 
à  Heiirteauville,  i74  ;  à  Oissel.  155  ; 
à  la  Bouille,  i  ^4  ;  à  Rouen,  90. 

Epées  ployées,  gauloises,  13, 482,  508, 
193,  I61-5i. 
'  Epée  normande,  48ii. 

Eperon  en  fer,  297  ;  en  bronze,  466. 

Epînay  (ancienne  ville  ou  station  ro- 


maine, monnaies  ffanleises,  omb* 
naies  romaines,  touilles,  raomi'* 
ments  de  toute  sorte,  constrûi^lioBS, 
vases,  ferruree,  statuettes  de  SilàDa 
et  de  Mercure),  5i4-5i«. 

Epines  (indice  d'antiquités),  433. 

Epines  serrant  de  limites,  274. 

Ermitages,  374. 

Etangs  du  pays  de  Bray,  68S. 

Ethelred  II,  roi  anglo-saxon,  tm, 

Etretat  (le  nom ,  les  fouilles,  la -villa 
romaine,  le  baptistère,  ragit«d80,:le 
cimetière  romain,  le  cimetière  ffsac, 
la  chapelle  de  Saint-Valery,  les  tra- 
ditions, les  ustensiles  antiques), 
3o8-363. 

Eu  :  son  histoire,  ses  monuments,  ton 
nom  romain ,  firmnc  et  nonnaiMl  : 
évangélisé  par  saint  Valéry,  possédé 
par  saint  Saire;  château  franc, 
centre  d'un  po^ii;  —  débris  ffaulois 
et  romains,  anciennes  sépultores, 
découver  tes ,  foui  1  les  du  Bois-l'AMié; 
—  dans  la  forôt  d'Eu;  —  séçutatres 
romaines  et  franques;  —  bibliogn- 
phie,  318-324. 

Evéchés  de  la  deuxième  Lyonnaise  ou 
Normandie,  29*1 1. 

Evêché  de  Lillebonne,31,  414. 

Evôché  de  Rouen,  30,  311,  134-44. 

Evoques  et  Archevêques  de  Rouen, 

134-151. 

Evéques  régionaires,4l4. 

Evode  (Saint),  évèq^e  de  Rouen ,  I4l 


Fabriques  de  hachettes,  I6,26i2,  518, 

655. 

Faubourgs  romains  de  Rouen,  97- 

106. 

Fauville  (chaussée  antique,  monnaies 
romaines  ,  incinérations ,  anciens 
puits,  motte  et  doyenné,  47 1-471. 

Fécamp  (le  nom,  sources  et  traditions 
mystérieuses,  le  camp  de  César  «u 
du  Canada,  les  débris  antiques  eties 
cimetières  romains,  les  fouilles,  le 
Précieux-Sang ,  la  forôt ,  Tabbaye 
construite  au  vu*  siècle,  relevée  «ar 
les  ducs  ;  l'inscription  du  prince  Ro- 
bert (x*  siècle  ',  les  comtes  de  Csiix, 
les  ducs  de  Normandie,  3e3-a69. 

Fées  ^Chemins,  Danses,  Apparitions 
et  Arbre  des),  70,  72,  262,  «a, 
285  ,  291  ,  434  ,  489 ,  660  ,  572  , 
168. 

Ferrières  et  Forges:  à  Bellencombre, 
264;  au  Bosc-le*Hard ,  273;  à 
Monlreuil,  276;  à  Saint-Maclou,  177  ; 
à  Saint-Saëns,  516-21;  àForges-les- 

EûUX,  566-67. 

Ferronnerie  romaine,  113,  517. 

Fers  de  chevaux,  476,  619-20. 

Feux  des  Saints,  172,  263,  184,  4lO, 

440,  488,  516,  539.  672,  689. 
Fibules  romaines  en  bronze,  39l,39i, 

417,  227,636. 
Fibules  flranques  en  or.  67S. 
Filleul  (Saint),  évoque  de  Rouen,  «0; 

(Fontaine  de),  140. 
Firmln  (Saint ,  29,  444. 
Flavius  ou  Filleul  (Saint),  évèone-de 

Rouen,  l4o;  (Fontaine  a€(}f  t40. 
Flèches  de  pierre,  618. 


609 


MMiM  «te  fer,  197,  ft91. 

Flèches  de  bronze.  à36. 

Fieitr  (Noms  terminés  en),  345. 

Fontaines  bouchées,  438,  430. 

Fontaines  sacrées,  «91  ;  à  Gharles- 
Ketail,  968;  à  Torcy,  %m\  à  Saint- 
Hellier,  27u;  à  Biennais,  276;  à 
Bellengrerille,  Stl;  à  Ponts,  3'>4; 
àHenoanville,  284;  à  RollevilU; 
349;  il  Fécamp.  364.;  à  Triquer- 
irUle.  420;  À  Gaillouviile,  4»4;  dans 
Bretonne,  431  ;  à  Quiévrecouru  ô02  ; 
À  Baint-Saire,  &(K>  ;  à  Saint-Saôns, 
^MO;  à  Poucarmont,  549:  à  la  Ferté- 
Saint-Samsou,  57o  :  au  Fossé,  672  ; 
àTreiTorest.  57ô;  à  Rouen,  140;  à 
Héricoort,  44à  ;  à  ëommeenil,  444; 
au  Hanouard.  4  «3;  à  Néville,  439; 
à  8ainte*Au8treberte,  177;  à  Dé- 
ville.  iHâ. 

Forêt  de  Bretonne  (monuments  celti- 
ques, fosses,  pierres,  fontaines  et 
fiaohes  gauloises,  nombreux  débris 
romains,  villas  romaines  du  Lendin 
et  de  la  Petite-Houssaye,  fouilles  de 
Bretonne  ou  du  Lendin,mosaique  à 
Ttmage  d'Orphée  et  des  guatre  sai- 
sons, incinérations  romaines,  mar- 
ques de  potiers  et  de  verriers,  an- 
cien naiais  d'Arélaune  ,  séjour  des 
Tois  francs,  le  nom  de  I^rotonne 
substitué  à  celui  d'Arélaune,  chêne 
curieux),  491*497. 

Pm^èlde  Fécamp,  167,  353-365. 

Forêt  d'Arélaune  ou  de  Bretonne , 
491-497. 

Forôt  d'Eu,  551. 

Forôt  des  Hogues,  366-67. 

Forges-les-Eaux  (enceinte  antique, 
mines  de  fer  et  forges,  scories, 
tuiles  à  rebords,  nombreux  débris 
romains  au  donjon,  monnaies  impé- 
riales et  scories  de  fer),  â6i-ô67. 

Fortelle  ou  Forlerelle,  nom  commun  à 
des  lieux  antiques,  1 80-81. 

Fosses  de  j)oudingue,  20,37o,  519, 

Fosse  ovoïde,  f»02. 

Fossesdites  gauloises,  19,  20, 288, 451. 

Fosses  ferrières,  20,  37o,  372,  519. 

Fosse  de  Grâville,  337. 

Fosse-de-Leure.  3J8. 

Fossés  limitrophes,  173,  210,358,  510, 
563 

Fossés  de  Saint- Philbert,  168-175. 

Fossé  du  Roi,  ôlO,  563,  564. 

Foucard  iGéant\  55i. 

Foucarroont  ^hoches  de  pierre  et  pote- 
ries gauloises,  nombreux  débris  ro- 
mains, monnaies  et  poteries  anti- 
gues,  doyenné,  sépultures  franques, 
fontaine  et  camp  de  Théodore,  tra 
dition  du  géant  Foucard,  le  roman 
de  Sypéris  de  Vinevaulx,  l'abbaye 
des  comtes  d'Eu,  549-5511. 

Foudre  (Pierres  de),  15-16. 

Fouilles:  à  Dieppe,  23j-38;  à  Neu- 
ville-le-Pollet,  2.18-39;  à  Pourville, 
240;  au  Petit-Appeville  ,  591;  à 
Sainte-Marguerite-sur-Mer,  244  ;  à 
Grèges,  2ô4;  à  Belleville-sur-Mer, 
245  ;  à  la  Cité  de  Limes.  207-262  ;  à 
Braquemont ,  263;  A  Arques  ,  248- 
51  ;  a  Lamberville,  281  ;  a  Luneray, 
289;  à  Bnvermeu,  291-30»;  à  Dou- 
vrend ,  805-307  ;  59,  92  ;  à  Biville- 
sur-Mer,    3i4;  à  6aint-Martin-en- 


Campagne,  815-18;  à  Bo,  320-21  ;  au 
Bois-l'Abbé,  321-23;  au  Tréport , 
325;  à  Ëtalondes,  325;  à  Incheville, 
3.u>;  à  Harfleur.  342-46;  au  Fonte- 
nay,  847  ;  au  Tilleul,  354;  à  Bor- 
deaux, 345  ;  à  Etretat,  358-63  ;  dans 
Bretonne,  491-96;  à  Saint- Wan- 
drille,  487.;  à  Neufchàtel,  498-500; 
à  Mesnières,  502  ;  à  Vatierville  , 
510  ;  à  Fesques,  511  ;  à  Lucy,  511  ; 
à  8ainte-Beuve-en-rivière,  .M4  ;  à 
à  Epinay  ,  M4-18;  à  Montérollier, 
523;  à  Sommery,  526  ;  à  Londi- 
niôres,  527-34;  à  Parfondeval,  535- 
37  ;  aux  Essarts-Varimprô,  5. 2  5>3; 
à  Fleuzy,  .i60  ;  à  Neuville-Gouvion, 
564;  à  Beaubec-la-Rosière.  575-77; 
à  Sigy,  578  ;  à  Fécamp,  3d3-69  ;  aux 
Loges,  373  ;  à  GrainvQle-l' Alouette, 
380-81  ;à  Bréaulé,  382  ;  Manneville- 
la-Goupil,  382  ;  à  Lillebonne,  396- 
416;  à  Héberville,  435;  à  Cany, 
448-52  ;  à  Vittelleur,  457  ;  à  Tiétre- 
ville,  466  ;  à  Maulévrier,  480-81  ;  à 
Caudebec-lès-Elbeuf,  218-227,  590; 
à  Tonrville-la-Rivière,  228-34  ;  à 
Quévreville-la-Poterie.  211;  à  Es- 
léttes,  193-94;  à  Saint- André-sur- 
Cailly,  198-292  ;  à  Canteleu,  I8'i  ;  à 
Pavilly,  176  ;  à  Limésy,  178  ;  à  Ba- 
ron tin,  180-84. 

Francon,  archevêque  de  Rouen,  t49. 

Frédégonde  à  Rouen,  141. 


Gante  (Pierre),  389-90. 

Garenne  Chon  indice  archéologique), 

444. 
Gargantua,  146,  241,  389,  (Chaire  ou 

Chaise  de),  165-65. 
Gargouille   de  Saint-Romain  (La)  , 

142 
Géant  Foucard  (Le),  551. 
Germain  l'Ecossais  (Saint),  son  mar- 
tyre, 562. 
Germer  (Saint),  sa  naissance.  588. 
Gervais  (Saint-),  de  Rouen  :  la  crypte 

et  l'église,  136-140  ;  les  tombeaux 

et  les  chapiteaux.  13^-140. 
Godard  (Saint),  évèque  de  Rouen,  140  ; 

(Eglise  et  Crypte  de),  I40. 
Gomoaud  ,  archevêque  de    Rouen  , 

147. 
Gontard,  archevêque  de  Rouen,  149. 
Gosselin  le  vicomte,  loi. 
Gottelfes  ou  Tétines,  153,  230. 
Grand-Val  (Le),  356,  3..9, 360. 
Gravinuni^    ville   romaine,  452-454, 

472. 
Grade,  patriarche   grec,  à  Rouen, 

147. 
Grec  (Le)  en  Gaule,  12. 
Grimon,  évoque  de  Rouen,  146. 
Grotle  Milon  (La).  486. 
Guilbaud  (Saint),  a  Rouen,  145. 
Guillaume  Longue-Epée,  149. 
Guitmar  (Saint),  abbé  de  Jumiéges, 

son  tombeau,  585. 


Habitations  celtiques,  19,  20,  257-59, 

552. 
Haches  bipennes,  536, 


Haches  de  pierre  (Fabrique  de),   10^ 

17,262,  .'i28,  5i5. 

Hachettes  diluviennes,  16,  248,  501-  . 

Hachettes  de  bronze.  iJ  I4.  148, 150; 
à  In  Hève,  33  >;  à  Montiviliiers,  341  ; 
à  Harfleur,  313;  à  Orcher,  346;  & 
Antifer,  355;  dans  Bretonne,  491- 
î»3;à  Aubermesnil-lès-Erables,  .'i53; 
à  la  Feuillie,  578;  à  Bezancourt, 
585;  à  Doudeville,  42»*;  au  Ha- 
nouard.  443  ;  à  Roules,  445  ;  à  GoUe- 
ville.  4C0;  à  Caudebec-Iès-Elbeuf , 
218-27;  à  Roumare,  i87  ;  à  Heur- 
teauville  ,  i74-7.>;  au  Val-dc-la- 
Haye,  i54;  aux  (Grandes- Ventes, 
272;  à  Yport,  381  ;  à  Rouen,  8»; 
aux  Essarts-Varimpré,  552. 

Hachettes  de  pierre,  I4,  I5,  16;  à 
Longueville,  204  ;  à  Bellencombre, 
209;  sur  l'Aliermont,  3u8  ;  à  Saint- 
Jacques-d  AUermont.  30*)  ;  à  la  Cité 
de  Limes,  258-fiO;  à  Bellengreville, 
311;  à  Auquemesnil,  3(2;  à  Eu, 
320;  au  Tréport,  325;  à  Salnt-Mar- 
tin-en-Campagne,  135;  à  Menthe- 
ville.  379  ;  a  Saint-Wandrille,  482  ; 
à  Aulage,  .■»02;  à  Bully,  502  ;  à  Neu- 
ville-Ferrières,  50»;  a  Gravai,  5lO; 
à  Mortemer-sur-Eaulne  ,  513;  û 
Saint-Saëns,  518  ;  à  Sommerv',526; 
à  Londinières,  527-692  ;  à  Parfon- 
deval,  535;  à  Wanchv,  5  57  ;  à  Fre«- 
noy,  538  ;  à  Granacourt,  ô38  ;  à 
Preuseville,  539;  à  Bosc-Geffroy, 
54o;  à  Ctais,  5^0;  k  Baillolel,  54i  ; 
àNeuville-sur-Eaulne,  5'i2;àRieux, 
546  ;  à  Fallencourt,  553  ;  à  Foucar- 
mont,  519  ;  à  Villers ,  55i  ;  aux  Es- 
sart«t-Varimpré,  552  ;  à  Aubermes- 
nil-les-Erables,  553;  à  Richement, 
à  Nesle-Normandeuse,  558  ;  à  Bré- 
montier-Merval,  58o;  à  Elbeuf-en- 
Bray,  586;  au  Mont-Roty,  587  ;  à 
Cideville,  427;  à  Doudeville,  429; 
àCrosville,  451;  à  Valmont,  459; 
à  Caudebec-en-Caux ,  477-79;  à 
Saint- Aubin-Epinay,  214;  à  Clêres, 
18s  k  Clavilte-Motteville,  189;  à 
Bondeville,  186;  à  Pavilly,  176;  à 
Limésy,  176  ;  à  Duclair,  162;  à 
Sainte-Margnerite-sur-Duclair,  168; 
à  Solteville  lès-Rouen  ,  169  ;  à 
Rouen,  89. 

Hameçons  romains  en   bronze,    249, 

2)4,2o3,  294. 
Harald,  roi  de  Danemark,  150. 
Hardwin  (Saint), d'Alvimare,  475. 
Harfleur:  ancien  Caracotinum,  ses 

antiquités  romaines  ;  son  nom  franc 

et  normand  ;  analogues  à  ce    nom, 

342-346. 

Harold,  roi  de  Danemark,  1 49. 

Hartbaini  Saint),  329. 

Hercule  (Statuettes  d),  103,  2(9,  390, 

402 
Héricourt  (son  nom,  ses  antiquités 

romaines,  son  cimetière  franc,  sa 

crypte,  lieu  de  la  mort  de    saint 

Mefton),  4i5-447. 
Hériol,  roi  de  Danemark,  150. 
Hermentrude  (Sainte).  482. 
Hervé,  archevêque  de  Reims,  149. 
Hève  (La),  335. 

Hincmar,  archevêque  dç  Reims,  148. 
Hipposandales,  481,  519,  520. 
Honorine  (Sainte) ,  29  ;  son  martyre, 


m 


—  608  — 


418;  son  corps,  331  ;  son  tombeau, 
337. 
Hypocaustes  romains  :  à  Sainte- 
Marguerite-sur-Mer,  244;  au  Châ- 
teau-Gaillard de  Bordeaux,  356;  à 
Lillebonne,  400-406  ;  à  Saint-André- 
sur-Cailly,  200-201  ;  à  Rouen,  92- 
165. 


Idolâtrie  à  Rouen,  134-149. 

Illiomarus,  26, 

Incinérations  gauloises  :  à  Limes, 
258-60  ;à  Caudebec-lès-Elbeuf,  224, 
590;  aux  Essarts-Varimpré,  5n2-j.i; 
àSaint-Wandnlle,58i;  àBouelles. 
508-509;  àSainte-Beuve-en-Rivière, 
&14  ;  à  Saint-Biquier-en-Rivière , 
547  ;  à  Moulineaux  ,  151-54  ;  à 
Rouen,  89-90. 

incinérations  romaines  :  à  Sainte- 
Marguerite-sur-Mer,  244  ;  à  Bou- 
teilles, 251;  A  Dieppe,  235;  A  Neu- 
ville-le-Pollet,  238  ;  à  Braquemont, 
262-63;  à  Luneray,  289-90;  à  Equi- 
aueville,  300;  à  8aint-Martin-cn- 
Campajrae,  3i5  ;  au  Havre,  334-3.»  ; 
à  Graville,  337  ;  à  Gauville,  347  ;  au 
Pontenay,  347  ;  à  Anglesqueville- 
l'Esneval.  349;  à  Saint-Jouin,  3j0; 
au  Tilleul,  3^4  ;  à  Bordeaux,  355  ;  à 
Etretat,  360-62  ;  à  Fécamp,  303-64  ; 
à  Saint- Léonard  ,  370  ;  aux  Loges  , 
373  ;  à  Grainville-rAlouette.  38o;  à 
Bréauté,  382;  à  Manneville -la- 
Goupil,  382;  à  LaCerlançue,  387; 
k  Tancarville ,  389  ;  à  Bolbec,  390  ; 
à  Trouville-en-Caux ,  393  ;  à  Lille- 
bonne,  396-415;  à  Saint- Jean-de- 
Folleville,  417  ;  à  Caudebec-en- 
Caux,  478;  à  Rouen,  486;  à  Saint- 
Nicolas-de-la-Haye,  487  ;  à  Blique- 
tuit,  4H8;  dans  Brotonne,  491-96;  à 
Saint-Saire,  506;  à  Mortemer,  5i3; 
à  Osmov,  .'»44  ;  à  Beaubec-la-Rosière, 
515  ;  à  Yerville,  425;  à  Doudeville, 
429;  à  Canville-les-Deux-Eglises , 
431  ;  à  Saint- Aubin-sur-Mer,  432  ; 
à  Héberville  ,  485;  à  Saint- Valery- 
en-Caux,  438;  à  Veples,  440;  à  An- 
véville,  444;  à  Cany,  448-52;  à 
Contremoulins,  465;  à  Toussaint, 
465;  à  Tiétreville,  466;  à  Fauville, 
471;  à  Yébleron.  475;  à  Sainte- 
Gertrude,  4.s2  ;  à  Sainte-Hélène- 
Bondeville ,  462-65  ;  à  Rouen,  1 16- 
122;  à  Elbcuf,  7.16  ;  à  Tourville-la- 
Rivière,  229;  à  Monville  ,  192;  à 
Pavilly,  176;  à  Barentin,  180-84;  à 
Saint-Martin-de-Boscherville  ,163; 
i  Eu,  3'>.  1-323;  à  Hénouville,  589. 

Inhumations  romaines:  à  Rouen,  1 19- 
122;  à  Tourville-la-Rivière,  2'?8-234; 
il  Darnélal ,  589  ;  à  Osmoy,  544  ;  au 
Havre.  332;  à  Veulettes,  458  ;  à  In- 
cheville ,  3.U)  ;  h  la  Cité  de  I  imes  , 
258-62;  à  Villers-Ecalles,  589;  à 
Sig)',  578. 

Inscriptions  romaines  :  à  Rouen.  113- 
124  ;  à  Caudebec-lô.s-Elbeuf,  2 18-224  ; 
à  Eslettes,  193;  à  Saint-André-sur- 
Caillv,  198-200;  à  Saint-Jouin,  350; 
à  Lillebonne,  398-408;  à  Trouville- 
en-Caux,  395;  à  Saint-Hélène,  462- 
63;  à  MontéroUier,  5^7. 


Inscription  romaine,  fiiusse,  335. 
Invasions  normandes,  146-150,  îbe-bf, 
338-40. 


Jean,  archevêque  de  Rouen,  148. 

Jumiéges  (traditions  et  monuments 
druidiques ,  Caslrum  romain,  mon- 
naies impériales,  nom  franc  de  Ju- 
miéges, abbaye  fondée  par  saint 
Phiibert,  ses  saints,  son  histoire  , 
ses  monnaies  et  son  atelier  moné- 
taire, invasions  normandes,  tradi- 
tions et  légendes,  le  loup- vert,  le 
feu  de  Saint-Jean  ,  les  énervés  et 
leur  tombeau,  les  rats  de  saint 
Valentin,  Tabbé  Robert  Champart, 
son  tombeau,  ses  manuscrits  anglo- 
saxons  ,  le  fossé  de  Saint- Philberl , 
les  trous  fumeux,  la  nef  ensevelie  ; 
—  antiquités  de  la  HareUe  de  Heur- 
teauvilie),  169-175. 


Lacman  ou  Lancina,  roi  de  Suède,  15C. 
Lampes  romaines  en  terre  cuite,  loi, 

178.  410, 
Lampes  romaines  en  bronze,  246, 399. 
Lances  gauloises  en  fer,  158,  483. 
Lance  en  fer.  carrée,  536. 
Langue  grecque  en  Gaule,  12. 
Laraire,  22 '-23. 
Latone  (Statuettes  de),  184,  219,  262, 

290,  381,  465. 

Légendes,  171-74,  363,565,  672. 

Léger  (Saint)  à  Fécamp,  367,  439. 

Léon  (Saint) ,  archevêque  de  Rouen , 
148. 

Lettres  à  Rouen  au  vu*  siècle,  i44. 

Leufroi  (Saint)  :  à  Gailly,  197;  à 
Rouen,  i45. 

Lieue  gauloise ,  42. 

Lillebonne  (capitale  des  Calètes?  mon- 
naies des  Calètes,  monnaies  gau- 
loises en  argent  et  en  bronze,  trou- 
vées à  Lillebonne  ;  le  nom  de  Lille- 
bonne  aux  temps  romains,  francs  et 
normands;  identité  de  ce  lieu  avec 
Juliobona  ,  monuments  romains , 
théâtre,  bains,  statues  de  bronze  et 
de  marbre,  date  du  théâtre  donnée 
par  les  monnaies,  lingot  de  plomb  à 
marque  impériale,  ugurines  trou- 
vées a  Lillebonne, sépultures  de  tout 
fenre,  monnaies  romaines  trouvées 
Lillebonne.  principales  décou- 
vertes faites  dans  cette  ville,  objets 
de  Lillebonne  au  Musée  de  Rouen , 
inscriptions,  noms  de  verriers  et  de 
potiers,  évéchA  de  Lillebonne,  an- 
cienne église  Saint-Denis,  ses  cha- 
piteaux et  ses  sarcophages  mérovin- 
giens ;  monnaies  franques  et  nor- 
mandes, marmites  de  bronze,  bi- 
bliographie ;  villa  fouillée  en 
I8n4,  sépulture  remarquable  d'un 
prêtre  ou  pontife,  caveau  de  pierre, 
urnes ,  coupes  ,  aiguières ,  plateau 
d'argent,  éponge,  etc.,)  396-416 

Limites  (  Epines  servant  de  ) ,  274  ; 
(Fossés  servant  de),  173,210,  358, 
510,  56.r 

Lingots  de  plomb  gallo-romains,  401. 

Lingot  de  plomb  À  Lillebonne,  401. 


Lô  (Saint),  évèque  de  Coutaoces,  f  40, 
149. 

Logium,  abbaye,  48.'». 

Londinières  (  hachettes  et  flèches 
en  silex,  fabrique  d'instruments  de 
pierre,  poignard  gaulois  en  bronxe, 
débris  romains ,  viUa  des  Fosses^ 
monnaies  romaines  en  bronze  et 
en  or^  nom  franc,  donation  car- 
lovingienne  ,  prébende  du  cha- 
pitre de  Rouen,  découverte  d*im 
cimetière  mérovingien,  ses  diverses 

fouilles,  en  1847,  l850,  1852  nt  ISftj; 

véritable  musée  franc  ,  nombreux 

objets  reproduits),  527-534. 
Lotum.  ville  romaine,  477-481. 
Louis-le-Débonnaire  à  Rouen,  147. 
Loup-Vert  (Tradition  du),  172. 
Lyonnaise  (Seconde),  23-25. 


Magenard,  archevêque  de  Rouen,  I4ft. 
Maison  du  Roi,  490. 
Manuscrits  anglo-saxons,  173. 
Marbres  antiques,  124,  162,  200,  244* 

322,  515. 
Mare  du  Roi,  490. 
Mares  vénérées,  22  ;  à  Biville-la-Bai- 

fnarde,  ?78  ;  au  Mesnil-Durdent, 
40  ;  à  Saint- Amould,  488;  à  Croix- 
dalle,  .^43  ;  à  Déville,  185;  aux  Es- 
sarts-Varimpré, &52;à  Saint-Aigoan, 

589. 

Marmites  en  bronze  :  à  Tourville-la- 
Chapelle,  314  ;  à  Lillebonne  ,  415; 
aux  Loges,  374  ;  àSaiot-Nicoias-de- 
la-Taille,  419;  à  Vatteville,  470;  à 
Ancretteville-sur-Mer,  470;  A  Cau- 
debec-lès-Klbeuf,  227;  au  Val-de- 
la-Haie  154. 

Marnière  sépulcrale ,  376-77. 

Mars  (Statuette  de),  219. 

Marteau  en  fer,  470-77. 

Martin-Eglise  (monnaies  gauloises, 
voie  antique ,  débris  romains,  mon- 
naies impériales ,  cimetière  méro- 
vingien, nom  franc,  donation  carlo- 
vingienne),  2.s2. 

Martyre  de  saint  Denis  de  Paris,  330. 

Martyre  de  sainte  Honorine,  337-410. 

Masque  romain  en  bronze,  40  >. 

Maulévrier  (monnaies  gauloises,  yilla 
romaine,  fouilles  de  M.  Lesage^ 
pied  romain,  noms  de  potiers,  verre 
à  vitres,  nombreux  débris  antiques, 
château  normand,  Tour-du-Diable, 
enceintes  fortifiées),  480-82. 

Mélisse,  287. 

Mellon  (Saint) ,  premier  évèque  de 
Rouen ,  29  ;  sa  prédication  à  Kouon, 
135;  sa  mort  à  Héricourt,  446;  son 
tombeau  à  Rouen,  137-38. 

Ménard,  archevêque  de  Rouen,  140. 

Menhirs,  22. 

Mercure  (Vases  d'argent  dédiés  à) , 

350. 

Mercure  (Statuettes  de),  95,  187,  219, 
5in;  son  culte,  H2,  165,  179,  109, 
191,214,217,218-21,  927. 

Meules  à  broyer,  240,  2*8,  261,  î«0, 
315,  322,  333,  347,350,  357,  36S,  370, 
388,  392,  406-407,  424,  469,  481,  49S, 
499,  501,  504,  510,  518,  &I9,  5i3,  644, 
546,  5oO,  551, 553,  557,  504,  560,  578. 


r 


Meules  à  broyer  (Fabriques  de),  370, 

5ia. 

Mille  romain  (le),  42. 

Milon  (Saint),  anachorète,  485. 

Miperve (Statuette  de),  ur9. 

Mines  de  fer.  274, 277,  507. 

Miroirs  métalliques,  I83,  365,  404. 

Monétaires  (Ateliers);  à  Jumiéges, 
i7l;àRouen,  I2.»-i:M;  a  Pavilly, 
689;  à  Eu,  :m;  à  Veules,  441. 

Monétaires  francs,  128-34,  171,512. 

Monnaies  gauloises  de  Rouen,  lO,  11, 

I2&-26,44I,.^89,  590. 

Monnaie  des  Calètes,  9,  1 1,  396,  477. 

Monnaie  des  Vélocasses,  lo.  il,  125- 
26,  498.  s 

Monnaie  des  Lexoviens,  198,  262,  219. 

Monnaie  des  Bcgocasses,  432. 

Monnaies  romaines  dans  les  fonda- 
tions d'édiiTces,  400-401. 

Monnaies  consuïiires ,  357,  i74,  505, 
569.  ^  >         »         ï         I 

Monnaies  grecques,  474. 

Monnaies  gauloises,  9- in,  ii,  267  ;  à 
Pesqnes,  5il;  à  Mortemer,  ôlJ;  à 
Epinay,  514;  à  Lucy,  5i  i  ;  en  or  :  à 
Envermeu,  2m|;  à  Equiqueville, 
3W;  à  Saint-Martin-en-Campagne , 
315;  à  Martin  Eglise,  2o2;  à  Grèges, 
254  ;  à  Rollevilîe,  347;  à  Fécamp 
363;  à  Mannevillette ,  348;  à  Ou- 
dalle  ,  387;  à  Sandouville,  387  ;  à 
Vatierville,  510;  à  Fallencourt,  549; 
à  RoncheroIles-en-Bray,  567  ;  à  Dou- 
deville,  429;  à  Saint^Aubin-sur-Mer, 
432;  à  Sotteville-sur-Mer,  434  ;  à 
Tiétreville, 464 ;  à  Normanville.472; 
à  Caudebec-en-Caux,  4T7  ;  à  Elbeuf, 
2l6;àCaudebec-lès-Elbeuf,  219;  à 
Hénouville,  16.-»;  à  Rouen,  SH,  125; 
'—  en  argent  :  aux  Baons-le  Comte  , 
425;  à  Elbeuf,  216;  à  Saint-André- 
sur-Cailly,  198  ;  à  Pavilly,  no;  à 
Limésy,  î78  ;  i  Lillebonne,  396  ;  — 
en  bronze  et  potin,  269,  322;  à 
Limes,  158-59;  à  Montivilliers,  341  ; 
à  8aint-Martin-du-Manoir.  c:47  ;  à 
Lillebonne,  39G  ;  à  Vatteville,  489  ; 
dans  Bretonne,  432  ;  à  Neufchâtel, 
498;àBully.  503;  à  Saint-Saire , 
506  ;  à  Caudebec-en-Caux ,  477  ;  à 
Caudebec-lès-Elbeuf,  219;  à  Yque- 
beuf,  194;  à  Cailly,  I9i;  àSaint- 
André-sur-Cailly,  198  ;  à  Pavilly, 
176;  à  Rouen,  88,  125. 

Monnaies  romaines  :  à  Dieppe,  23.>- 
36;  à  Neuville-le-Pollet ,  238;  à 
Pourvllle,  240  ;  à  Cottévrard,  273  ; 
à  Augeville,  274;  A  Thiédeville, 
280  ;  à  Luneray,  289  ;  à  Envermeu 
291-92  ;  à  Douvrend,  306-307  ;  à  Saa- 
chay,  313;  à  Saint-Martin-en-Cam- 
pagne,  315  ;  à  Eu,  318-324;  au  Tré- 
port,  3^5;  H  Etniondes,  326;  à 
Saint-Remy-en-Campagne,  33o;  A 
Incheville,  330;  A  Bainte-Margue- 
rite-sur-Mer,  244  ;  au  Bourg-Dun, 
245  ;A  Arques,  246  ;  A  Martin-Eglise, 
252  ;  A  Ancourt,  2.>3  ;  A  Limes,  262  ; 
A  Longueville,  264  ;  au  Havre,  332  ; 
A  Ecuquetot,  3  jo  ;  à  Bordeaux,  .155; 
A  Bruneval,  3ii  ;  A  Etretat.  3j8-«il; 
à  Harfleur,  342-46  ;  A  Orcher,  346  ; 
à  Fécamp,  364-65  ;  A  Yport,  371  ;  A 
Grainville-rAlouette,  380  ;  aux  Lo- 
ges, 373;  A  Manneville-la-Goupil, 


—  609  — 

384  ;  A  Graimbouville,  385  ;  A  Ou- 
dalle,  387  ;  A  Lillebonne,  401-406  ;  A 
8aint-Jean-de-Folleville ,  4l7  ;  A 
Saint-Nicolas-de-la-Taille  ,  4»9;  A 
Saint-Maurice-d'Etelan  ,  420  ;  A 
Guerbaville,  488;  A  Bliquetuit,488; 
A  Vatteville,  490  ;  dans  Bretonne  , 
492  ;  A  Neufch&tel,  499  ;  A  Saint- 
Vincent-de-Nogent ,  501  ;  A  Neu- 
villeFerrières,  505;  A  Saint-Saire, 
506;  A  Mortemer,  513;  A  Epinay, 
514-18;  A  Saint-Saens,  518*20;  A 
Perduville,  522;  A SaintMartin-Os- 
monville,  523;  A  MontéroUier,  523; 
A  Sommery,  526;  A  Londinières, 
629-30  ;  A  Ecotigny,  539  ;  A  Preuse- 
viile,  539;  A  Bosc-Geifroy,  540;  A 
Croixdalle  ,  543  ;  A  Saint- Valery- 
sous-Bures,  544  ;  A  Osmoy,  544  ;  A 

.  Blangy,  545  ;  A  Rieux,  546  ;A  Saint- 
Remy-en  Rivière,  547  ;  A  Fallen- 
court, 549  ;  A  Foucarmont,  549  ;  A 
Réalcaoïp.  549;  A  Dijeon  ou  Aumale, 
547;  au  Vieux-Rouen,  56?  ;  A  For- 
ges, 566  ;  A  Liffremont,  5G7  ;  A  Rou- 
vray,  569  ;  A  Beaubec- la-Rosière, 
515  ;  A  laFeuillie,  578  ;  A  Dampierre- 
en-Bray,  583  ;  à  Bezancourt^85  ;  A 
Elbeuf-sur-Andelle,  586;  aux  Baons- 
le-Comte,  425  ;  A  Doudeville.  42u  ;  A 
Hautot-Saint-Sulpice,  43o  ;  A  Saint- 
Aubin-sur-Mer,  4S2  ;  ASaint-Valery- 
eU'Caux  ,  438;  A  Manneville-ès- 
Plains,  440  ;  A  Veules,  440  ;  A  Our- 
ville,  442  ;  A  Héricourt,  445  ;  A  Cany, 
448  ;  A  Bosville,  454  ;  A  Crosvillê, 
457;  A  Paluel,  458;  A  Veulettes, 
458  ;  A  Golleville,  460  ;  A  Toussaint, 
465  ;  A  Tiétreville,  466  ;  A  Tierge- 
ville,  467  ;  A  Sainte-Hélène,  462  ;  A 
Fauville.  471  ;  A  Hattenville,  474  ;  A 
Yôbleron,  475  ;  A  Caudebec-en- 
Caux,  4T8  ;  A  Sainte-Gertrude,  482  ; 
A  Elbeuf,  216-18;  A  Caudebec-lês- 
Elbeuf,  218-227;  A  Tourville-la- 
Rivière,  258-30;  A  Amfreville-la- 
Mi-Voie,  2i3;  A  Blosseville-Bon- 
Secours,  214;  A  Préaux,  2U8;  A 
Clères.  188;  au  Val-Martin.  l9o  :  au 
Mont-Cauvaire,  191  ;  A  Monville , 
192  ;  A  Eslettes,  193  ;  A  Yquebeuf, 
194  ;  A  Cailly,  194  ;  A  Saint-André- 
sur-Cailly  ,  i98-2(>0;  A  Canteleu  , 
184;  au  Mont-aux-Malades,  186; 
au  Bois-Guillaume.  207  ;  A  Pavilly, 
176  ;  A  Butot,  1 77  ;  a  Limésy,  178  ;  A 
Barentin,  180;  A  Duclair,  162;  A 
Saint-Pierre  de-Varengeville,  I65  ; 
au  Trait,  168  ;  A  Jumiéges,  169-70  ; 
A  Yville,  175;A  Anneville-sur-Seine, 
175;  au  Petit-Couronne  ,  15.>;  A 
Saint-Etiennedu-Rouvray ,  1.S8;  A 
Sotteville4è5-Rouen,  I60;au  Petit- 
Quevilly,  158  ;  A  Que vreville -la- 
Poterie,  211  ;  A  Rouen,  126-128. 

Monnaies  franques  —  en  or  :  à  Ar- 
ques, 250;  à  Yvetot,  422;  à  Lucy, 
512;  —  en  argent  :  à  Imbleville, 
279;  à  Rouen.  502;  à  Envermeu, 
293-304;  à  Lillebonne,  415;  à  Au- 
bermesnil-les-Erables,  553;  àGail- 
lefontaine,  572  ;  à  Rouen  ,  503  ;  à 
Douvrend,  ^91. 

Monnaies  franques  frappées  à  Ju- 
miéges, 171;  a  Rouen,  128-132;  à 
<:ailTy,i97;  A  Pavilly,  589;  à  Eu,  590. 


Monnaies  normandes  :  à  Lillebonne, 
415;  à  Sotteville-lès-Rouen,  161;  à 
Rouen,  132-36. 

Mont-à-Fourches  ou  à-Fourques,  571. 

Montivilliers  *.  antiquités  gauloises  et 
romaines,  abbaye  et  collégiale, 
341-342. 

Mosaïques  romaines  :  à  Sainte-Mar- 
guerite, 244-45;  A  Lillebonne^  399- 
462;  dans  Bretonne,  493;  à  Epinay, 
515;  à  Crosville-sur-Durdent,  457; 
A  Vittefleur  ou  Paluel,  457  ;  à  Saint- 
André-sur  Cailly,  199. 

Mosaïque  d'Orphée,  493. 

Mottes,  21  ;  à  Dieppe,  238;  &  OlTran- 
ville,  239;  à  Varengeville,  24i;  à 
Ancourt,  2»3;  au  C&telier,  265;  à 
Manéhouville,268;  A  Dénestanville, 
266;  à  Bertrimont,  275;  à  Saint- 
Victor-r Abbaye,  277  ;  A  la  Pierre, 
278  ;  à  Beaunay,  278:  A  Auppegard, 
Pougard  ou  Colmesnil,  285;  au 
Bourg-deSaâne,  286  ;  à  Saint- Vaast- 
d'Equiqueville,  309;  A  Melleville, 
3'JO;  AGràville,  33.;  à  Gonfreville- 
rOrcher,  346;  A  Notre- Dame-du- 
Bec,  347;  A  Criquetot-l'Esneval , 
348  ;  A  Saint-Jouin,  3oO;  à  Frober- 
ville,  37;;  A  Maniquerville,  372;  à 
Cretot,  375;  A  Gonfreville-^'aillot, 
379;  A  Bretteville-la-Chaussée,  379; 
A  Mirville,  381;  A  BrJauté,  382;  A 
Bornambusc,  383;  A  Beaucamp, 
381;  à  Virville.  283;  A  Pretot,385; 
A  Saint- Auhin-Routot,  386;  au  Parc- 
d'Hallebosc,  39 1;  A  Gravenchon, 
42(1  ;  au  Bosc-le-Hard,  273  ;  A  Cot- 
tévrard, 273;  A  Rançon,  486;  à  Vil- 
lequier,  487;  A  Vatteville,  490;  A 
Auvilliers,  507;  A  Rouelles,  508;  A 
Vntierville.  510;  A  Beaumont,  523; 
à  Montôrollier,  527  ;  A  Wanchy,  537; 
A  Grandcourt,  538;  au  Bosc-Geffroy, 
540;  A  Bures,  543;  A  Blangy,  545; 
A  Dancourt,  547  ;  A  Fallencourt,  549; 
aux  Essarts-Varimpré,  552,  A  Ri- 
chemont,  556;  A  Pierrecourt,  558; 
A  Nesle-Normandeuse,  5j8;  A  Con- 
teville.  .564;  A  Neuville-Gouvion, 
564;  à  Forges.  566;  A  Roncherolles, 
567  ;  A  Rouvray,  563  ;  à  la  Ferté-en- 
Bray,  »7o;  A  Valliqueiville,  423;  A 
Autretot,  42.>;  A  Auzouville-l'Esne- 
val,  426;  A  Etouttevi  lie -sur-Mer, 
42?  ;  A  Criquetot-sur-Ouville,  427; 
A  Beauville-Ia-Gité,  «ao;  A  Angiens, 
4(4;  A  Motteville,  428;  A  Doude- 
ville. 429;  A  Vicaiiemare,  430;  A 
Anglesqueville-la-Brap-Long,  43?  ; 
A  Crasville-la-Roquefort ,  437;  A 
Saint-Vaast-DiepDcdalle.  443  ;  AHé- 
ricourt,  445;  A  dany.  448;  A  Bar- 
ville.  457;  A  Bosville.  454  ;  A  Ouain- 
ville,  4;»4  ;  A  Crosvillê,  457;  A  VaK 
mont,  4.»9;  A  Fauville,  471  ;  A  Nor- 
manville,  472;  A^Bermonville,  473; 
A  Roquefort,  473;  A  Equimbosc, 
475;  A  Alvimnre,  47.>;  A  Darnétal, 
206  ;  au  Héron  ,  2î0  ;  A  Anne- 
ville-sur-Seine ,  174;  A  GrAville, 
XV 

Moulineaux  (cimetière  gaulois,  urnes 
et  vases  cinéraireSj  armes  de  fer, 
vases  romains,  cimetière  franc,  chA- 
tean  de  Robert-le-Diable),  151-154. 

Murailles  littorales,  344, 352. 

78 


—  610 


Murailles  militaires  de  Rouen,   95, 

105-13,  11.1. 
Murailles  mérovingiennes,  482. 


NT 


Nefs  ensevelies  sous  la  vase,  174, 
332-34,338,3)1. 

Neufchàtel-en-Bray  (le  nom  de  cette 
ville;  ses  antiquités;  monnaies  gau- 
loises, objets  en  silex,  débris  ro- 
mains, monnaies  impériales,  doyen- 
né, cimetière  franc,  ch&teau  nor- 
mand de  Henri  P'),  498-500. 

Neufmarché  (voie  et  débris  romains, 
château  normand  et  concile,  châ- 
teau et  église  de  Wardes,  saint 
Germer),  587. 

Neustrie,  32. 

Nicaise  (S*),  apôtre  des  Vélocasses,  29. 

Niches  laraires,  222,  517. 

Noms  de  lieux  tirés  des  rivières,  286. 

Normands  (Les),  146-150,  156-57, 171, 
338-340. 


Oculiste  (Cachets  d'),  116,  399. 

O^er-le-Danois,  147,  i7i. 

Oissel  (épée  en  bronze,  nombreuses 
sépultures  franques,  cercueils  de 
pierre  et  de  plâtre,  île  dOscellus, 
station  des  Normands  de  la  Seine, 
château  des  ducs  normands,  concile 
du  xr  siècle),  1 55-158. 

Oissel  (L'île  d\  1. 6-15. 

Olaf  ouOIave  (oaint),  roi  de  Norwège 

150. 

Orphée  jouant  de  la  lyre,  493;  (type 

de  mosaïque  romaine),  493. 
Oscellus(Ueiy  iâ6-58. 
Othon,  empereur  d'Allemagne,  148. 
Ouen  (Saint),  évéque  de  Rouen,  son 

épiscopat,  ses  œuvres,  ses  reliques, 

144-14.S-207. 
Ouville-la-Riviôre    (restes   romain.^, 

cimetière  franc  et  fouilles  de  1854), 

244-246. 


Paganisme  romain,  142-44,  568. 

Paganisme  Scandinave,  149. 

Pagi  francs,  3U-33. 

Pain-Bénit,  487-88. 

Palatia  des  rois  francs  :  à  Vatteville, 
490;  dans  Bretonne,  495-96;  d'Aré- 
laune,  495-96;  de  Vetera-Domus^ 
202-204. 

Paifondeval  (hache  de  pierre,  tuiles 
à  rebords,  cimetière  mérovingien, 
fouilles  de  1 85 1 ,  belles  fibules),  525- 

527 

Passoires  romaimîs,  'Xhf.,  499,  517. 

Paulin  iSaint),  de  Noie,  correspond 
avec  saint  Victrice  et  décrit  Rouen, 
136-37. 

Pavages  romains,  9.1,  20 1,  356,  358. 

Pavé  romain  en  marbre,  représen- 
tant Mercure,  20i. 

Peintures  murales  romaines,  93. 

Pepin-le-Bref  à  Rouen,  146. 

Perles  d'ambre,  247,  252,  293. 

Perles  de  silex,  .S09. 

Perle  hémisphérique,  25  >. 


Pbilbert  (Saint),  abbé  de  Jumiéges,  I 
145,  170-72,  ^^^. 

Pied  romain  en  bronze.  481-82. 

Pierres  celtiques,  druidiques  ou  tour- 
nantes, 21-92,  155,  18,  165,  206, 
354,  389,  468,  487,  489,  491,  513, 
559,  565,  ."186. 

Pierres  fiques  ou  fichées,  353. 

Pierre  gravée,  193. 

Pirogues  ensevelies  dans   la  vase , 

174,  332-334.  338,  341. 
Plaques  d'airain,  i99. 
Plaque  on  plomb,  175. 
Plateau  de  verre  romain,  182-83. 
Plateau  romain  en  argent,  4i3. 
Pontifical  de  Robert  (x*  siècle) ,  173. 
Port  (Noms  terminés  en),  371.- 
Ports  à  Saint- Valéry.  429. 
Port  de  Saint- Wulfran,  485. 
Portes  romaines  de  Rouen.  105-113. 
Porte  de  l'Empire,  à  Eu.  320. 
Portes  en  fer.  96.  222-23,  517. 
Posthume  à  Rouen,  2ft,  I27. 
Poterie  gauloise,  17-19,  552-56. 
Potiers  (Marques  de),  1 I5-M6 .  161 , 

183,  920-221,  237,  239.  286.  344,  373, 

409,  433,  451,  463,  474,  479,  481,  492, 

49.5,514-517,  539. 
Poudingue,  370,  373,  519;   Fabriques 

de  meules  en),  370,  373,  ol9. 
Précieux-Sang  de  Fécamp ,  364 ,  368 , 

378. 
Pré-de-la  Bataille,  149,479. 
Prétextât  (Saint),  évéque  de  Rouen  , 

son  épiscopat  et  son  martyre,  140- 

142. 
Prieurés,  voyez  Al)bayes.   * 
Prison  de  saint  Philbert ,  à  Rouen . 

145. 
Puits,  164,  176,  191,428,434,454,491, 

494,  507. 


Ragnoard,  archevêque  de  Rouen,  147. 
Rats  à  Jumiéges,  172. 

Réganane,  abbcsse  de  Sept-Moules, 
328.  * 

Remy  (Saint),  archevêque  de  Rouen, 

146. 
Répertoire  historiqub  et  archéolo- 
gique ,    81-^.88;  son   supplément, 

589-92. 
Ribert  (Saint),  268,  269,  502. 
Richard-Sans-Peur  :  aux  Baons ,  42d  ; 

A  Fécamp,  3fiK. 
Rivières  dispanies,  2f0, 212,  362,  377, 

380,  390,  439. 

Robert,  archevêque  de  Rouen,  160. 
Robert  Ghampart,  abbé  de  Jumiéges, 

Rois  francs  à  Bretonne ,  495-496. 

RoUon,  148-49. 

Romain  (Saint) ,  évéque  de  Rouen  : 
^son  épiscopat,  142-43;  son  tombeau. 
124,  144. 

Romain  (Mare  de  saint),  185. 

Romaines:  à  Gailly,  196;  à  Arques 
750.  ^       '  I 

Rome  (Rues  de>,  4o,  58,  61,  250. 

Ronces,  Ronchay  (bon  indice  archéo- 
logique). 289.  \ 

Roth,  son  culte  tt  son  temple ,  97, 

135.  I 

Rotmarus,  seigneur  franc,  187.  - 

Rotomagus  ou  RotJiomagus,  82-88       I 


Rouen  :  le  nom  de  Rouen  sous  les 
Gaulois,  les  Romains  et  les  Francs, 
versions  et  variantes,  82-87  ;  le  nom 
gaulois  de  Rouen,  monnaies  auto- 
nomes frappées  et  trouvées  à  Rouen, 
88  ;  hachettes  de  pierre  et  de  bronze, 
trouvées  à  Rouen ,  88-90  ;  vases 
gaulois  et  incinérations  gauloises  , 
89-90  ;  épée  en  bronze,  90  ;  le  Rouen 
des  Romains,  indication  par  quar- 
tiers et  par  rues  des  différents  dé- 
bris romains  trouvés  à  Rouen,  tels 
que  constructions,  murailles,  hypo- 
caustes,  pavages,  tuiles  et  briques, 
vases,  poteries,  nomy  de  potiers  étde 
verriers,  statuettes,  monnaiet:,  etc., 
90-104  ;  voies  romaines  qui  sortaienl 
de  Rouen  ou  qfii  le  traversaient,  la 
nature  de  leur  pavage ,  io4-io:»  ; 
Tenceinte  romaine  de  Rotomaaus , 
ses  tours,  ses  portes,  ses  murailles, 
105-113;  forme  carrée  de  la  Cité, 
110;  pont  de  Rouen,  lai,  147;  Cité 
de  Rouen ,  4 1  ;  Suiurbium  ou  fan- 
bourgs,  97-101;  le  Rouen  cpigra- 
phique  ou  inscriptions  romaines 
trouvées  à  Rouen,  borne  milliaire? 
lombeaux,noras  de  potiers,  113-116; 
le  Rouen  sépulcral  ou  sépultures 
antiques  trouvées  a  Rouen ,  cime- 
tière gaulois ,  incinérations  ro- 
maines ,  inhumations  romaines , 
cercueils  de  pierre  et  de  plomb, 
cimetières  francs ,  sarcophage  de 
saint  Romain,  sépultures  a  date  in- 
certaine, 116-124;  le  Rouen  numis- 
matique ou  monétaire ,  monnaies 
frappées  et  trouvées  à  Rouen ,  ate- 
liers monétaires  de  Rouen  sous  les 
Gaulois,  les  Romains,  les  Francs  et 
les  Normands.  125-134;  le  Rouen 
historique  et  chrétien  ,  prédication 
et  établissement  du  christianisme  à 
Rouen,  temples  d'idoles,  premières 
églises ,  série  des  évéques  et  arche- 
vêques de  Rouen  tombeaux  de  saint 
Mellon  et  de  saint  Avitien.  église  et 
crypte  de  Sainl-Gervais,  chapiteaux 
romains,  fontaines  sacrées,  théâtre 
antique  renversé,  mort  de  saint 
Prétextât,  conciles,  rois  francs,  ducs 
normands  et  rois  étrangers  à  Rouen', 
développement  commercial  et  chré- 
tien de  Rouen  pendant  les  dix  pre- 
miers siècles,  134-151. 

Rougemare  (la),  149. 

Roumois  (le),  32. 

Royaume  d'Yvetot,  422. 


Sacellura  antique,  222.  242,  262,  575. 

Saint- André -sur- Cailly  (monnaies 
gauloises  et  leur  analyse,  station 
romaine,  fouilles  de  810,  de  1817, 
de  1K48  et  de  18G2,  édifices,  mosaï- 
que, hypocauste.  monnaies  romai- 
nes, théâtre  antique,  cercueils, 
Pavé  de  Mercure),  198-202. 

Saint-Saëns  (hachettes  ■  de  pierre  , 
monnaies  romaines,  meules  à 
broyer,  fosses  ferrières,  extrac- 
tions de  poudingue,  fabrique  de 
meules  à  broyer,  fer  à  cheval  ou 
hipposandale,  buttes  et  câteliers, 
prieuré   fondé    par    saint    Saêns 


i^smmtmm 


VainpSouverain^chèiie€LU  normand, 
anciennes  forges),  5i8->2'î. 

Saint-Wandrille-Rançon  :  haches  de 
pierre,  cimetière  fçaulois  avec  urnes 
et  armes,  voie  et  restes  antiques, 
abbaye  de  Fontenelle  fondée  par 
saint  Wandrégisile ,  chapelle  de 
Safnt-Saturnin.  mare  de  Gaillon- 
ville,  482-80  ;  abbaye  de  Logiumy  la 
groUe  Milon,  le  port  de  Saint- 
Wulfran,  485. 

Salines.  238,  252,  342. 

Salve,  Sauve  ou  Saire  (Saint),  318, 

Sarrasins,  synonvme  de  Païens,  338- 
340,  362. 

Sarrasins  (Butte-aux-),  338-340. 

Seaux  :  en  bronze,  220,  401  ;  en  bois, 
470. 

Sénodon,  chef  Calète,  1 1 . 

Sépultures,  voyez  Cimetière  et  Inci- 
nérations. 

Sever  (Saint),  évéque  d'Avranches, 
lào. 

Sidonius  ou  Saëns  (Saint),  (45,518- 

520. 

Siçy  (restes  .  romains  ,  cimetières 
francs,  belles  Hbules  en  or,  prieuré 
normand),  578-80. 

Silène  (Bustes  de»,  516. 

Siméon  (Saint)  à  Rouen,  151;  (Mare 
de),  185. 

Sotteville-lès-Rouen  (hache  de  pierre, 
nombreuses  sépultures  romaines, 
curieux  cercueils  de  pierre,  sépul- 
tures franques,  denier  normand), 
1C0-16I. 

Sources  rebouchées,  284,  362,  377, 
379,  380,  390,  420,  439,  430,  443. 

Sources  sacrées, -I40,  I77,  186.  268, 
484,  502,  506,  519,  570,  269,  270. 

Squelettes  humains  indéterminés,  122, 
124,  164,  108,  2N.  213,  280,  320, 
375-76,  454,  457,  4C9,  479,  484,  489, 
490,  507,  523,  544,  54S,  572,  .')79 

Stations  romaines,  28-29;  à  Dieppe, 
235-38;  à  Arques,  248-251;  aux 
Grandes-Ventes,  272  ;  à  Cottévrard, 
273;  à  6aint-Maclou.de  Folleville, 
277;  à  Thiédeville,  280;  à  Epinay, 
514-18;  à  Dijeon  (Aumale),  659;  à 
Forces,  566;  à  Liffremont.  567;  à 
Cailly,  194-97;  à  Saint- André-sur- 
Cailly,  198-202. 

Statue  de  bronze  (Lillebonne),  399. 

Statue  de  marbre  blanc  (Lillebonne), 
400. 

Statuettes  de  Latone,  184,  219,  263, 
290,  321,  381,  4.)0,  463. 

Statuette  de  Diane,  344. 

Statuette  de  Pan.  550. 

Statuette  de  bronze.  95,  103, 21 9,  221, 

280,  389,  402.  406,  516,  f>64,  569. 

Statuettes  de  Vénus,   184,  210,  321, 

381,  391,  478. 
Statuettes  de  Mercure,  95,  516. 
Statuettes  d'Hercule,  103,  389,  399. 
Suburbium  de  Rouen,  97-106. 
Suticos,  chef  Calète,  il. 

T 

Tablettes  à  écrire,  180,  199,  365,  406. 

481,  .S18. 
Talou  (le),  33. 


—  611  — 

Tassillon,  duc  de  Bavière,  172. 
Teintureries,  453. 

Temples  romains,  222,  242, 262,  575. 
Terres  noires  (indice  d'antiquités), 

290. 

Têtes  entaillées,  362. 

Tétricus  à  Rouen,  26. 

Théâtres  romains  :  de  Lillebonne.  sa 
découverte,  ses  fouilles,  son  plan, 
321  ;  à  Eu,  321  ;  à  Saint-André-sur- 
Cailly,  200;  à  Rouen.  142-43. 

Théâtre  romain  de  Rouen,  sa  descrip- 
tion, renversé  par  saint  Romain,  son 
emplacement,  142-143. 

Thierry  I",  roi  des  Francs,  318. 

Thuringe  (Camp  de),  2i4. 

Tombe  (la),  nom  indiquant  des  sépul- 
tures, 292-93. 

Tombeaux  de  la  crypte  de  Saint-Ger- 
vais,  137-140. 

Tombeaux  avec  inscriptions,  il 3- 16, 
407-408. 

Tombeau  de  saint  Germain  l'Ecossais, 

,'»62. 

Tombeaux  des  ducs  de  Normandie,  à 
Fécamp,  368. 

Torniole  (Butte  de  la),  155. 

Tours  romaines  de  Rouen^  105-113. 

Tourville-la-Rivière  (cimetière  romain 
à  inhumation  des  iv*  et  v*  siècles, 
fouilles  de  i862,  nombreux  dessins 
de  vases  Ainéralres  en  terre  et  en 
verre ,  bracelet  en  verre  ,  cercueil 
franc),  228-234. 

Traditions,  170-174,  178,  241,  262,  309, 
3jO,351,  ae?,  365,  3fi8,  371,  372,  379, 
3flO,  387.  389,  418,  425,  427,  430,  432, 
434,  439,  441,  458,  462,  408,  469,  471, 
487,  491,  511,  549,  550,  568,  576-77, 
584. 

Trésors  cachés,  178,  291,362,371,440, 
549. 

Triens  francs,  250,  422,  441,  511-513, 
589-590. 

Trous  dans  les  cercueils,  159, 189, 190, 

490. 
Trous  fumeux,  169,  174,  364. 
Tuguria,  19,  20,  261,553. 
Turmod  ou  Turmoth,  seigneur  danois, 
païen,  149. 

U 
Uggate  ou  Uggade,  ville  romaine,  216- 

225. 

Urnes  romaines  en  terre  et  en  verre , 

117-120.  151-52,  180-84,  195-96,  202, 
208-209,  217,  220,  224,  229,  244,  251, 
263,289-90,  309,  315-17,  321-322,  334, 
335,  337,  347,  348,  3)9.  350,  354, 355, 
360,  365,  370,  373,  380,. 382,  38.1, 384, 
388,  389,  390,  39 <,  394,  403-406,  4 II- 
412,416,417,  420,  425,  429,  431-32, 
433, 435,  438,  441 ,  444-45, 448-51,  462- 
65,  466,  474.  4-5-76,  4-8,  486,  487, 
494,  513,  644,575-76,584,  689. 
Urnes  romaines  en  plomb,  390,  406, 
411,417,  421,  455. 

Ursariens  (Soldats)  à  Rouen,  27. 
Usages  païens,  169. 


Vaast (Saint)  fonde  l'église  de  Wardes, 

688;  Indice  de  voie  romaine,  47 1. 
Valentin  (Saint),  172. 


Valéry  (Saint),  son  apostolat,  154, 241, 

318,  324,  361,  3t.7. 

Valery-en-Caux  (Saint-)  Ile  nom  du 
lieu,  son  ancien  port,  ses  antiqui- 
tés romaines,  ses  incinérations,  ses 
cimetières  francs,  sa  chapelle  de 
Saint-Léger,  ses  traditions),  438-39. 

Varinna  (Abbaye  de),  524. 

Vases  gaulois  :  a  Limes,  261  ;  à  Saint- 
Wandrille,  482;  à  Rouelles^  508; 
à  Saihle-Beuve-Epinay,  514  ;  a  Fou- 
carmont.  519;  à  Moulineaux,  152; 
à  Rouen,  89;  à  Saint-Remy-en- 
Rivière,  547;  auxEssarls-Varimpré, 
.5.s2-5a;  àCaudebec-lès-Elbeuf,  224, 
590  ;  aux  Baons-le-Comte,  425. 

Vases  romains,  9()-i05,  ilj-l23,  153, 
158,  160-61,  163,  166  1)8,  109,  r80-84, 
188,  192,  193,  I9.')-I96,  198-201,  202, 
20j,  208,  216,  217,  219  2i,  228-234, 
236,  237,  239,  240,  242,  248-49,  231, 
253,  2  4,  962,  2'.3,  2<»6,  268,  276,  277, 

280,  287,  2Î)0,  291,  310,  311,  315-17, 
321,  322,  321,  330,  331,  33'4,  335,  336, 
337,  343,  344,  346,  :i47,  348,  349,  350, 
351,  35'i-55,  356,  3.i9-6i»,  365,  370, 
373,  380,  381,  382,  383-84,  387,  388, 
389,  390,  391,  394-95,  40r-407,  410- 
412,  417,418,421,425,  429,  'i3l,432. 
433,  435,  438,  441,  445,  448-52,  455, 
461,  462-64,  465,  466,  467,  469,  470, 
472,  474,  475,  476,  47h,  479,  481,  482, 
486,  487,  490,  492-96,  502,  503,  504, 
506,  510,  513,  516-518,  521,  523,  529, 
534,  539.  542,  544,  545,  547,  550,  559- 
60,  567,  575-76,    578,  583-84,  589. 

Vases  romains  en  bronze,  I75,  195, 
220,  239,274,311,32.3,  31,S,406,  412, 
417,444,451,  475,  516,  583. 

Vases  en  argent,  330,  412-413. 

Vase  de  fer,  230. 

Vases  francs,  153,  155-56,  159,  185, 
190,  191,  192,  193,  194,201,  206,  206, 
209,  210,  21 1,  212,  213,  216,  224,  225, 
227,  237,  245,  247,  252,  265,  270,  279, 

281,  28?,  292,  296,  306,  307,  314,  325, 
326,  361,  389,  44 1,  446,  4^6,  461-62, 
499-600,  501,  502-503,  606,  512-513, 
524,  527,  529-33,  536-36,  589,  541, 
546,  550,  560,  562,  672,  673,  679, 
589-90,  590-91,  .')92. 

Vatteville  (monnaies  gauloises,  pier- 
res druidiques,  voie  romaine,  lom- 
beau  de  pierre,  càtelier  antique, 
palais  mérovingien,  maison  et  mare 
du  Roi,  sépultures  franques,  le 
château  et  la  tour,  la  Butte-à-rE- 
cuyer,  marmite  en  bronze).  489-491. 

Vélocasses,  9-i2,  24-29;  (Monnaie 
desi,  498,  515. 

Vénilon,  voyez  Wénilon. 

Vénus  (Statuettes  de),  184,  219,  321, 
381,  391,  478;  (Temple  de),  142- 
143;  (Autel  de).  5G8. 

Vermillon  sur  les  inscriptions  ro- 
maines, 40*. 

Verre  à  vitres^  romain,  481, 

Verriers  romains  (Marques  de),  f03, 
183,  193,  239,  350,  356,  .'i73,  382,  394- 
95,  406,  408,  431.  475,  494. 

Vêlera  Domus  'Palais  de),  202-204. 

Veules  (son  nom,  ses  antiquités,  ses 
traditions,  vases  et  monnaies  ro- 
maines, son  existence  franque,  son 
cimetière  mérovingien,  sa  chapelle 
du  Val),  4*0-442. 


612 


Vietrice  (Saint),  évêque  de  Rouen , 

'    136-140. 

Vieux-Manoir  (le),  peut-être  le  palais 
de  Vêlera  Doinus,  20'>.-20i. 

Vignes,  Vignobles  (indication  d'anti- 
quités), 181,  919,  327,  3J8,  478. 

Villas  romaines,  57-69-,  àSainte-Mar- 
guerite-sur-Mer,  244;  à  Grèges, 
254  :  à  Braquemont,  260-63  ;  à  Var- 
neviUe-lès-ôrès,  276;  à  Thiédeville, 
280;  à  Brachy,  286;  sur  l'Alier- 
mont,  308;  à  Eu  et  dans  la  forêt, 
318-324  ;  à  8aint-Marlin-en-Cam- 
pagne,  315-18;  à  Harfleur,  342-46;  à 
Orcher,  340;  à  Ecuquetot,  3^0;  à 
Bordeaux,  355  ;  à  Etretat,  3  J8-63  ;  à 
Fécamp,  364-68  ;  aux  Loges,  373-74  ; 
à  Saint-Jean-de-Foileville  ,  417;  à 
Triquervillej  420;  à  Bliquetuit,  488- 
89;  a  VatteviUe,  489-91  ;  au  Lendin, 
492;  dans  Bretonne,  491-97  ;  à  Saint- 
Martin-l'Ortier,  60;  à  Mesnières, 
502  ;  à  MontéroUier,  523  ;  à  Londi- 
nières,  528;  à  Fresnov,  527 -:W;  à 
Grandcourt ,  538  ;  à  Preuseville , 
539;  à  Croixdalle,  543;  à  Osmoy, 
544  ;  à  Foucarmont,  540-51;  à  Au- 
male,  558-59  ;  à  Forges,  566  ;  à  Hé- 
berville,  435  ;  à  Vitlefleur,  457  ;  à 
CrosvillH,  457;  à  Colleville,  460; 
à  Tiergeville ,  407  ;  à  Saint-Pierre- 
•n-Port,  469;  à  Maulévrier,  480  ;  à 
8aint-André-sur-Caillv,  198-202  ;  à 
Poville,  18S. 

Villes  détruites  (Traditions  de),  I78 , 


2lt0,  286,  430,  433,  440,  443,  Ah3,  459, 
461,  556,  558,  565,  567,569,  583. 

Villes  romaines ,  27-2»;  à  Eu,  318- 
324;  à  Harfleur,  342-346;  à  Lille- 
bonne,  3U6-416;  it  Epinay,  514-518; 
à  Caudebec-en-Caux,  477-79;  à  Cau- 
debec-iès-Elbeuf,  218-227;  à  Cailly 
et  Saint-André-sur-Cailly,  390-402  ; 
à  Rouen,  8I-I5L 

Ville  (Lieux  dits),  178,  27?,  273,  275- 
76,  28u,  287,  334,  3jI,  430,  443,  452, 
4:»9,  460,  472,  5f.9,  583. 

Villes  romaines  carrées,  lio-lil. 

Vinevaulx  (Forêt  de),  551. 

Vintlane,  fief  franc,  505. 

Voies  romaines  :  premiers  travaux  sur 
les  voies  romaines  de  la  Normandie, 
35-36;  travaux  actuels  sur  les  voies 
romaines  en  France  et  à  l'étranger, 
37-38  ;  noms  vulgaires  des  voies  ro- 
maines, 39-41  ;  mesures  itinéraires 
des  voies  antiques,  4i-42.  — Voies  : 
de  Lillebonne  à  Harfleur,  43-46  ;  de 
Lillebonne  à  Rouen ,  46-49  ;  de 
Rouen  à  Paris  par  Pontoise,  49-52; 
de  Rouen  à  Paris  par  Elbeuf  et 
Evreux ,  52-54  ;  de  Lillebonne  à 
Evreuxetà  Dreux,  54-56;  de  Lille- 
bonne  à  Grainville-la-Teinturière, 
f>6-58  ;  de  Grainville  àEu,  58-61  ;  de 
Lillebonne  à  Etretat,  61-65  ;  de  Fé- 
camp à  Lillebonne,  65  06;  de  Lille- 
bonne  à  Arques ,  66-67  ;  de  Grain- 
vil  le-la-Teinturiére  à  Cany  et  à  la 
mer,  67-68  ;  de  Rouen  à  Beauvais , 


68  ;  de  Rouen  à  Paris  par  la  Seine, 
ou  route  d'en  baSj  69-7u;  de  Rade- 
pont  à  Arques-Dieppe  ,  70-72  ;  de 
Caudebec  à  Brionne  ou  Pont-Aude- 
mer,  72-73  ;  de  Caudebec  à  Arques- 
Dieppe,  73-74;  de  Beauvajs  à 
Dieppe ,  74-76  ;  d'Amiens  à  Eu,  7T- 
78  ;  de  Beauvais  à  Aumale  et  Eu  , 
78-79.  —  Tronçons  de  voies  dans  la 
Seine-Inférieure,  79-^.  -  Voies  ro- 
maines de  Rouen,  104-105. 

Wandrille  ou  Wandréffisile  (Saint) , 

fondateur  de  FonteneTle,  482-86. 
Waninge  (Saint),  360-367. 
Waratton ,  maire  du  palais  ,341. 
Wénilon,  archevêque  de  Rouen,  1 48. 
Wénilon,  archevêque  de  Sens,  148. 
Willibert.  archevêque  de  Rouen,  i  »6. 
Wisse  ou  Wisle  (Sainte  < ,  48.'i. 
Witon,  archevêque  de  Rouen,  l40. 
Wulfran  (Port  de  Saint),  485. 


Yport  (Icciuspprlusf  hache  de  bronze, 
restes  romains ,  cimetières  francs , 
monuments  incertains,  fosses  fai- 
sières),  371-72. 

Yvetot  (bracelet  gaulois  en  or,  tnens 
friinc,  bibliographie  du  royaume 
d'Yvetot) ,  422-23. 


LISTE  DES  SOUSCRIPTEURS, 


(2*    LISTE.) 


MM.  Armand^  agent-voycr  à  Rouen. 

Baudry  (rabbé),  curé  doyen  de  Duclair. 

Blosseville  (le  marquis  Ernest  ;,  ancien  député,  à  Rouen. 

BOBÉE  (l'abbé;,  curé  doyen  d'Ytetot  (décédé). 

Boucher  de  Perthbs,  président  de  la  Société  d'Emulation,  d'AbbefiUe. 

BouELLEs  (M'B^  la  comtesse  de),  au  château  de  Bouelles. 

Bousquet  (l'abbé),  Supérieur  du  grand  séminaire  de  Rouen. 

Brayer,  maire  des  Authieux-Port-S^)ueD. 

Brunyille,  courtier  de  naYires  à  Dieppe. 

BuccAiLLE,  à  Caudebec-lës-Elbeuf. 

Cadot,  négociant  à  Dieppe. 

Calyiëres  (W^^  la  marquise  de),  à  Paris,  2  exempt. 

Cheyreaux,  propriétaire  à  Bosc-Mesnil. 

Colas  (l'abbé),  chanoine  de  Rouen. 

Colette,  commerçant  à  Rouen. 

COMONT  (l'abbé)^  Yicaire  de  Caudebec-en-Caux. 

Dainez,  ancien  recteur,  au  Pont-de-r Arche. 

Dauphiné,  architecte  à  Rouen . 

De  Biencourt  (M'A'  la  comtesse),  à  Paris. 

De  Bouys,  docteur-médecin  à  Paris. 

De  la  Couldre  (Alex.),  à  Neufchâtel-en-Bray. 

De  l'Espinay,  Yicomte  de  Canny,  à  Lizy  (Aisne). 

Deraghe,  libraire  à  Paris,  250  exempl. 

Desnoyers,  membre  de  l'Institut,  biblothécaire  du  Muséum  à  Paris 

DiMPRE  (Oswald),  artiste  à  AbbeYille. 

Faugonnet  (l'abbé),  curé  du  Mont-CauYaire. 

Gambet  (l'abbé),  curé  de  Maromme. 

GLiiKYiLLE  (de),  de  l'Académie  de  Rouen. 

Gordon  Smythies  (H?'^),  à  Londres. 

GROsjEiiN  (l'abbé),  directeur  du  séminaire  de  Namur. 


—  eu  — 

MM.  JoLY«  archéologue  à  Renaix  (Belgique). 

Kerr  (M"**"  Louisa^  membre  de  plusieui*s  Sociétés  Savantes,  à  Londres,  2  exempt 

HÉDOUiN  (Pabbé),  curé  doyen  de  Boos 

Herpin,  libraire  à  Rouen ,  3  exempt. 

Imbleval  (le  chevalier  d')  de  Guilmesnil,  à  Dieppe. 

Lafosse  (Guslavc ,  HôUl^HùyaL  à  Dieppe. 

Langtin,  libraire  à  Rouen,  3  exempl. 

La  Société  archéologique  de  Namur. 

La  Société  paléomtologique  et  archéologique  de  Charleroi  (  Belgique). 

Le  Brumemt,  libraire  à  Rouen,  iOO  exempl. 

Lemaistre  (Alfred),  fabricant  à  Lillebonne. 

Letellier  (M*"),  HôUl-du'Commerce^  à  Dieppe. 

Limelette  (Aug.  ),  propriétaire  à  Namur.  ' 

LoRMiER,  avocat  à  Rouen. 

Marais,  libraire  à  Dieppe,  20  exempl. 

Marraine  (i'abbé),  curé  doyen  de  S*-Michel  du  Havre. 

Mathon,  bibliothétaire  à  Neufchâtel. 

■ 

Neveu  (M*  Jules),  à  S*«-Geneviève-du-Petit-Beaunay. 

O'Reilly,  conseiller  à  la  Cour  impériale  de  Rouen. 

Quesmé  (H^"  Victor),  banquier  à  Elbeuf. 

Ramfreville  ^de',  conseiller  à  la  Cour  impériale  de  Rouen. 

RouLAND  .Gustave),  receveur  général  à  Niort. 

Rousselet,  avoué  à  Paris. 

SoMMÉNiL  (Pabbé),  chanoine  honoraire,  directeur  de  la  maison  de  Bonsecours. 

Tarré  de  S*-Hardouin,  ingénieur  en  chef  de  la  Seine-Inférieure,  à  Rouen. 

Teissoknier  (Pabbé),  directeur  du  grand  séminaire  de  Nîmes. 

YiiiARD,  greffier  en  chef  de  la  Cour  impériale  de  Rouen. 

Yirtue  (M^o')»  chapelain  de  Parmée  janglaise,  à  Colchesier. 

Wylie,  esq.  F.  S.  A.,  à  Black- Water  (Hampshire). 


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